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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 16:28
ÉRADIQUER LA PAUVRETÉ EN FRANCE PAR UN CHOC DE SOLIDARITÉ (Pierre Laurent, 16 octobre 2019)

Nous avons demandé à Florent Guéguen Directeur de la fédération des acteurs de la solidarité (FNARS) de travailler avec nous sur 12 propositions pour éradiquer la Pauvreté. Voici ce travail.

Avec près de 9 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté (soit 14 % de la population), 4 millions de mal-logés et 2,5 millions de chômeurs de longue durée, c’est tout une partie du pays qui se sent exclue des effets de la croissance économique, de la reprise de l’emploi et de la mondialisation. Si notre système de protection sociale a partiellement joué son rôle d’amortisseur face à la crise financière et économique, il n’a pas permis d’endiguer la pauvreté qui touche un Français sur 7 avec 1 million de personnes supplémentaires vivant avec moins de 1000 euros par mois depuis 2008- et la diversification des situations de précarité. Aux inégalités de ressources, de patrimoine et d’accès aux biens essentiels (éducation et formation, emploi, logement, soins, culture) qui perdurent, s’ajoute la fragilisation d’une partie de la population (jeunes décrocheurs, familles monoparentales, chômeurs sans qualification…) la plus exposée au risque d’exclusion.

Des décisions gouvernementales qui aggravent la situation des plus fragiles : Depuis l’été 2017, une succession de mesures gouvernementales ont dégradé la situation des ménages pauvres ou modestes :
– La réduction drastique du nombre de contrats aidés (suppression de 200 000 emplois depuis 2017) qui permettent une reprise d’emploi des personnes en difficulté dans les associations et collectivités locales autour d’activité d’intérêt général. Une mesure qui frappe en premier lieu les quartiers populaires.

– La réduction des APL (-5 euros) qui diminue le pouvoir d’achat des plus modestes et d’une partie des classes moyennes et aggrave le risque d’endettement locatif. La saignée sur les APL continue en 2020 avec une nouvelle ponction d’1,3 milliards inscrite dans la loi de finances, qui va pénaliser les jeunes actifs.

– La désindexation de plusieurs prestations sociales (APL, Allocations familiales, pensions) décidée dans la loi de finances 2019 qui n’augmentent plus avec l’inflation, occasionnant une baisse du pouvoir d’achat d’une partie de la population la plus modeste

– la ponction de 3 milliards d’€ entre 2018 et 2020 sur le budget des offices HLM qui contraint les bailleurs à revoir à la baisse la production de logement sociaux et très sociaux quand le pays compte 140 000 personnes sans domicile fixe (INSEE 2012) et 2 millions de ménages en attente d’un logement social.

– Un plan d’économie sur les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) avec une première coupe de 20 millions en 2018 occasionnant des réductions de l’aide alimentaire et de l’accompagnement des personnes hébergées et des licenciements dans les associations.

– Une réforme de l’assurance chômage d’une brutalité inouïe qui se met en œuvre à partir du 1er novembre 2019 et qui va pénaliser 40 % des chômeurs indemnisés avec des ruptures d’allocations, des baisses de montant et des durées d’indemnisation réduites. Ces mesures qui vont toucher les travailleurs les plus précaires et provoquer le basculement de plusieurs centaines de milliers de personnes dans les minima sociaux.

La philosophie de ces mesures repose sur des postulats néolibéraux traditionnels : primat de la réussite individuelle sur les protections collectives, personnes pauvres « responsables de leur situation », priorité à la diminution de la dépense publique et à une gestion strictement comptable des politiques de solidarité sans mesure de l’impact social, pilotage verticale et autoritaire des politiques de solidarité créant un climat de défiance avec les corps intermédiaires. A cette brutalité, s’ajoute une remise en cause de la solidarité à l’égard des personnes migrantes, exilées et refugiées qui fuient la misère, la guerre ou la répression, avec un durcissement- sans précédent depuis la Libération- des politiques migratoires visant à « trier » les migrants dans l’hébergement (circulaire Collomb du 12 décembre 2017, circulaire du 4 juillet visant à recenser les demandeurs d’asile dans les centres d’accueil des personnes SDF), à restreindre les droits à la procédure d’asile ( PJL asile et immigration : réduction des délais de recours devant la CNDA, fin des recours suspensif…) ou à augmenter les mesures de rétention et d’éloignement (doublement de la durée de rétention administrative, rétention des personnes sous statut Dublin, assignation à résidence dans les centres d’hébergement….). Ce durcissement s’exerce aussi à l’égard des actions de solidarité menées par les associations et citoyens solidaires (exactions à Calais, délit de solidarité…) tout en entrainant une reconstitution des campements indignes (3000 personnes dans l’est parisien, 2000 personnes dans la métropole nantaise, 3000 personnes sur Toulouse…).

L’annonce en septembre 2018 d’une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté des jeunes et des familles a permis quelques avancées en faveur des enfants en difficulté (accueil en crèche, accès cantines et petits déjeuners, soutien aux jeunes sortant de l’aide sociale à l’enfance ect…) mais n’est pas de nature à éradiquer la pauvreté.

Réagir face au sentiment d’abandon d’une partie de la population :
Les difficultés quotidiennes d’accès à l’emploi, au logement, aux droits sociaux pour des millions de personnes mais aussi l’angoisse face à l’échec scolaire ont renforcé la désespérance sociale d’une partie de la population qui se sent légitimement exclue de la mondialisation, de la croissance et des progrès technologiques dont les bienfaits seraient captés par une élite urbaine et culturellement favorisée. La désindustrialisation et l’affaiblissement des services publics sur certains territoires, le logement trop souvent inaccessible dans les grandes métropoles, l’incapacité du système scolaire à corriger les inégalités socio-culturelles alimentent ce sentiment d’abandon, de déclassement d’une partie de l’opinion, souvent issue des classes populaires ou moyenne, qui ne croit plus à l’ascension sociale et vit dans la crainte de l’exclusion. Cette société duale est une menace pour la démocratie, la cohésion sociale et le pacte républicain. Elle est une source de division du corps social et d’opposition « malsaine » entre les personnes pauvres, précaires et salariés modestes.

S’opposer à la stigmatisation des plus fragiles, redonner du pouvoir d’agir aux personnes :
Dans ce contexte anxiogène, la solidarité est un atout, notre bien commun le plus précieux. Elle est pourtant menacée par des réactions de rejets de l’autre, de « pauvrophobie » qui se traduisent par exemple par des oppositions à des projets d’ouverture de structures d’accueil ou de logements sociaux et des arrêtés anti –mendicité à l’approche des élections municipales . La tentation du « séparatisme social » est un danger mortifère pour la République et la cohésion sociale : il faut la combattre. Les politiques de solidarité sont trop souvent décriées à travers des discours de stigmatisation des plus fragiles, qui font porter la responsabilité de la précarité sur la personne elle-même, qui contestent la légitimité des politiques sociales et leur efficacité. Certains évoquent les problèmes financiers, la lutte contre l’assistanat, la fraude sociale, l’arrivée des migrants et la concurrence entre les publics. La décision récente de renforcer le contrôle des chômeurs, présentés comme ne faisant pas les efforts nécessaires pour retrouver un emploi, tout en réduisant leur indemnisation, participe à la stigmatisation des précaires tenus « responsables de leur situation ». Pourtant seul un chômeur sur 2 perçoit l’allocation chômage pour un montant moyen d’environ 1100 euros/mois selon l’UNEDIC. Ces campagnes de discrimination à l’encontre des précaires ont pour effet d’accroitre le non recours aux droits sociaux : 30 % des personnes ayant droit au RSA ne le demandent pas, 25 % pour la CMUC. Le refus de soins se développe également (médecins généralistes ou spécialistes refusant les personnes à la CMUC ou à l’AME), ce qui a amené plusieurs associations à saisir le défenseur des droits et le conseil de l’ordre pour que ces pratiques soient sanctionnées. Les associations d’action sociale s’efforcent d’être un rempart quotidien contre la tentation du repli identitaire et du rejet des plus fragiles. Elles doivent s’appuyer sur les capacités d’action et d’innovation des citoyens, sur les richesses des territoires, sur les valeurs de solidarité et de fraternité qui s’exprime à travers des projets concrets d’accueil et d’accompagnement solidaire. Elles doivent mobiliser le pouvoir d’agir des personnes pour combattre les discriminations et soutenir la participation des plus fragiles aux politiques publiques.. Être le lobby des plus fragiles, s’organiser pour peser sur les décisions publiques, développer l’innovation sociale sur les territoires, telle est la responsabilité du mouvement associatif qui doit pouvoir compter sur le soutien et l’alliance des forces politiques et syndicales progressistes.

Réintroduire la solidarité au centre des politiques publiques :
Nous devons convaincre le plus grand nombre que la solidarité est un investissement collectif nécessaire pour une société plus cohésive, plus égalitaire, plus ouverte, plus accueillante. Elle est nécessaire à la préservation du « vivre ensemble » et donne une traduction concrète au désir d’engagement pour les autres qui restent fort dans la population, notamment chez les jeunes.

Relancer les politiques de solidarité suppose donc de s’appuyer sur la société civile, sur la capacité de mobilisation, d’interpellation et d’innovation des associations pour redonner un espoir aux plus fragiles et répondre aux inquiétudes. Ce projet de solidarité ne peut être mené dans le seul cadre national. L’Union Européenne doit prendre ses responsabilités en définissant des règles communes « par le haut », sur la protection sociale, le revenu minimum, les services sociaux d’intérêt généraux ou encore l’accueil des demandeurs d’asile pour éviter le dumping social et la concurrence des systèmes sociaux. La solidarité doit aussi et surtout être repensée comme un investissement économique, social et sociétal qui créé du bien-être et de la croissance pour tous. Ce n’est pas une charge pour éviter le pire mais le moyen de réparer les fractures sociales et territoriales, C’est la construction d’une société ouverte ou chacun trouve sa place et peut développer son projet de vie. Cet investissement prend du temps, ses effets ne sont pas immédiats, il nécessite une vision prospective, déconnectée des contingences politiques, médiatiques, et budgétaires immédiates, selon une logique d’investissement social et de développement durable.

Engager des réformes structurelles pour éradiquer la pauvreté :
Le renforcement de notre modèle social ne se fera pas sans réformes structurelles des politiques de solidarité qui répondent à plusieurs enjeux : la diversification des publics touchés par la précarité, notamment les jeunes et les familles, la dégradation du marché du travail et l’augmentation du chômage de longue durée, la pénurie de logements abordable dans les grandes agglomérations ou encore l’accueil digne des demandeurs d’asile.

Dans le cadre de la concertation proposée par le gouvernement pour une stratégie de lutte contre la pauvreté des enfants, des jeunes et des familles, le collectif Alerte qui regroupe les principales associations nationales de lutte contre l’exclusion a défendu 12 PROPOSITIONS :

1. Un droit formel à un accueil de tous les enfants de moins de 3 ans
Pour lutter contre la reproduction des inégalités, chaque enfant doit pouvoir bénéficier d’un accueil de qualité collectif ou individuel, intégrant des actions d’accès à la culture, au savoir et au développement cognitif. Ces actions intégreront également un volet d’accompagnement des parents par un soutien à la parentalité.

2. Améliorer l’accompagnement des familles notamment en santé
Il est nécessaire de développer l’accompagnement des parents, notamment via la création systématique d’« espaces parents » dans les établissements scolaires des territoires en difficultés ou le renforcement des dispositifs de prévention des ruptures comme la médiation familiale ou les espaces de rencontre. L’accompagnement des familles pour suivre la santé de leurs enfants est déterminant et passe par un renforcement des moyens de la médecine en milieu scolaire et de la protection maternelle infantile (PMI) afin que chaque famille puisse accéder effectivement à la prévention en santé et aux soins.

3. Aucune famille, aucun enfant sans solution de logement digne
Il convient de fixer des objectifs de développement de l’offre de logements à loyers accessibles, par le vote d’une loi de programmation financière pluriannuelle prévoyant 60 000 logements en Prêt Locatif Aidé d’Intégration (soit un doublement du niveau actuel de production du logement très social) et 50 000 logements dans le parc privé à vocation sociale par an. Il est également nécessaire de soutenir l’accès au logement des ménages précaires par l’augmentation des Aides Personnelles au logement (à minima la suppression de la baisse des – 5 euros et réindexation sur l’inflation), la mise en place d’une Garantie universelle des loyers et la mise en œuvre de l’encadrement des loyers prévu par la loi ALUR. Enfin, la prévention des ruptures (sortie d’institutions – prison, hôpital, aide sociale à l’enfance, expulsions locatives, expulsions de terrain) doit être significativement renforcée.

4. Ne laisser personnes à la rue ou dans des conditions indignes d’hébergement, résorber les campements
Le gouvernement a réalisé 20 millions d’euros d’économies sur les CHRS en 2018, alors qu’il continue d’augmenter les budgets de l’urgence et de l’hôtel, particulièrement en période hivernale. Il privilégie donc des solutions court-termistes de faible qualité qui ne facilitent pas l’insertion future des personnes sans-abri, a fortiori pour les étrangers alimentant le risque d’augmentation de personnes à la rue ou dans des conditions indignes (campements). ALERTE demande donc d’annuler les mesures d’économies sur les CHRS, de garantir l’accueil inconditionnel dans ces structures et de pérenniser les places de qualité créées chaque hiver. Alors que près de 100 000 demandeurs d’asile ne sont pas hébergés dans le dispositif national d’accueil, les associations demandent la création de 30 000 places d’hébergement en Centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) afin de proposer une solution à toutes les personnes qui demandent la protection de la France.

5. Des régularisations pour sortir les familles de la précarité
La régularisation des ménages présents depuis plus de 2 ans, « non expulsables » pour des raisons humanitaires, familiales ou administratives est indispensable. Par ailleurs il est nécessaire de simplifier le parcours administratif pour l’obtention des autorisations de travail dès 3 mois, pour les demandeurs d’asile ainsi que des cours de français accessibles à tous les étrangers primo-arrivants

6. La création d’un revenu minimum décent
Le collectif propose de fusionner les minima sociaux pour créer un revenu minimum décent d’environ 850 euros par mois, allocation différentielle. Dans l’attente de cette réforme, Alerte demande une revalorisation immédiate du RSA et pour les familles fragiles des ressources complémentaires, et son ouverture aux jeunes dès 18 ans. Les personnes les plus précaires doivent pouvoir obtenir un accompagnement de qualité pour pouvoir sortir de la pauvreté. Dans ce cadre, l’Etat doit assurer en intégralité le financement du RSA, en contrepartie d’engagements des conseils départementaux à mener une réelle politique d’insertion en proposant à toutes-s un accompagnement social et une insertion professionnelle.

7. Faire de la lutte contre le non recours aux droits sociaux une priorité absolue
Les caisses et organismes versant des prestations sociales doivent se voir fixer par l’Etat des objectifs de lutte contre le non recours et être incités à les atteindre par un mécanisme financier de « bonus/malus ».. Parallèlement il faut progresser vers l’attribution automatique des prestations sociales et ce tout particulièrement en profitant de la mise en place en 2019 de l’impôt à la source. Puisque l’accès aux droits est plus large que l’accès aux prestations monétaires, il faut lancer une expérimentation « territoires 0 non recours » visant la coordination des acteurs pour une meilleure information des personnes sur les droits et accompagnements dont elles disposent. Les Points Conseil Budget en font une préfiguration.

8. Aucun jeune sans ressource, ni accompagnement ni formation
Tout jeune dès 18 ans doit pouvoir accéder à un parcours combinant : l’accès au RSA comme garantie de ressources, un accompagnement adapté à ses besoins et l’accès à des situations d’emploi et de formation. Contrairement à la Garantie Jeunes actuelle, ce nouveau parcours ne doit pas avoir de limitation de durée ni d’enveloppe contrainte pour ne laisser aucun jeune sans solution et ressource. Il doit devenir le droit commun du parcours d’insertion des jeunes.

9. Développer massivement l’offre d’emploi et de formation accessible aux personnes les plus éloignées de l’emploi
Il faut doubler le nombre d’emplois dans le champ de l’insertion par l’activité économique (+130 000) en ciblant prioritairement les territoires subissant une disparition des emplois peu qualifiés. Il faut également garantir leur accès au financement spécifique de la formation professionnelle pour permettre la réalisation du tryptique accompagnement/emploi/formation nécessaire au retour à l’autonomie des personnes.

10. Un accès réel aux soins de tous, sans obstacles
Le collectif demande de fusionner l’Aide médicale d’Etat (AME) et la Protection Universelle Maladie (PUMA) dans une protection maladie réellement inclusive. Il demande également de simplifier les démarches pour obtenir la couverture maladie universelle (CMU C- PUMA) avec par exemple un accès automatique lors de l’ouverture des droits au RSA. Il faut aussi permettre l’accès physique aux soins en développant les permanences d’accès aux soins de santé (PASS), et des postes de médiateurs santé pour aller vers les personnes qui ont renoncé à se soigner. Enfin pour l’accès aux soins de tous il est indispensable de généraliser le tiers payant. Les associations demandent également la réaffirmation d’un accès inconditionnel aux soins des étrangers malades au moment où ce principe, pilier de la protection sociale, est remis en cause.

11. La garantie d’un accès digne à l’alimentation
Lutter contre la précarité alimentaire passera par des plans territoriaux de l’alimentation associant tous les acteurs de la filière pour lutter contre les « déserts alimentaires », et pour un accès à la cantine scolaire pour tous (impliquant la gratuité pour les ménages vivant en dessous du seuil de pauvreté) afin que les enfants aient accès à une alimentation de qualité au moins une fois par jour.

12. Une gouvernance territoriale concertée et coordonnée
Le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) doit devenir une véritable instance de coordination et de pilotage des politiques de lutte contre la pauvreté associant l’Etat, les collectivités locales, les associations et les personnes en précarité. Au niveau départemental, une instance similaire doit être mise en place pour piloter la mise en œuvre territoriale de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté sur la base d’une contractualisation respectant les compétences de chacun.

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 08:27
Photo Le Télégramme du 11/10/2019: Françoise Anne, Alain Fouche, Jeannine Daniel, Dominique Gontier, du réseau partage des savoirs du PCF Finistère-Sud

Photo Le Télégramme du 11/10/2019: Françoise Anne, Alain Fouche, Jeannine Daniel, Dominique Gontier, du réseau partage des savoirs du PCF Finistère-Sud

Le Télégramme du 11/10/2019


Jeudis rouges. Des conférences pour décrypter le monde

*Non, ce n’est pas un appel à la colère mais le titre d’un cycle de conférences organisé par le réseau Partage des savoirs de Bretagne sud. Après le succès de la première édition, l’an passé, la section du parti communiste du pays de Quimperlé, à l’origine de ces rencontres, a décidé de proposer une deuxième saison.

L’esprit des cafés philo

« On reprend un peu l’esprit des cafés philo. On a besoin de décrypter ce monde avec des spécialistes », explique Dominique Gontier, l’un des organisateurs. « Nous mettons à disposition du public les moyens de la réflexion et de la connaissance », ajoute-t-il. Pour la première saison, ils avaient programmé sept rendez-vous. « Nous avons réuni en moyenne 20 à 30 personnes à chaque soirée, avec un pic à 60 personnes pour la conférence-débat sur l’immigration », rappelle Françoise Anne.

Pauvreté, Afrique du Sud, Bible…

Pour la seconde saison, le réseau a souhaité mettre l’accent sur deux thèmes : le climat, du constat à l’action, et la Bretagne en vrai. « C’est-à-dire loin des clichés et des images de carte postale ».

La première conférence, prévue le jeudi 24 octobre, salle de l’Isole à l’espace Benoîte-Groult, évoquera les changements climatiques avec Alain Pagano, responsable national de la commission écologie du PCF et enseignant-chercheur en biodiversité animale à l’université d’Angers. La deuxième conférence, le jeudi 28 novembre, abordera le droit au territoire et les inégalités sociales avec Françoise Gourlay, maître de conférences à l’université de Bretagne sud. Après la parenthèse des fêtes de fin d’année, le cycle reprendra le 30 janvier avec une conférence sur « Les visages de la misère et de la pauvreté dans le Finistère », animée par des représentants du secours populaire et secours catholique. « Nous avons aussi prévu des débats sur l‘Afrique du Sud, l’Irlande et la Bible », précisent les organisateurs.

Pratique
Jeudi 24 octobre, à 18 h 30, salle Isole à l’espace Benoîte-Groult, conférence-débat sur le climat. Entrée gratuite.

PCF Finistère - Les Jeudis Rouges à Quimperlé : des conférences pour décrypter le monde (Le Télégramme et Ouest-France, 11 octobre 2019)
PCF Finistère - Les Jeudis Rouges à Quimperlé : des conférences pour décrypter le monde (Le Télégramme et Ouest-France, 11 octobre 2019)
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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 08:09
Mardi de l'éducation populaire, 15 octobre 2019 - Main basse sur l'énergie: le film de Gilles Ballastre (2018) et Bernard Jasserand exposent la grande arnaque du démantèlement, de la privatisation, et de la mise en concurrence du service public de l'énergie
Mardi de l'éducation populaire, 15 octobre 2019 - Main basse sur l'énergie: le film de Gilles Ballastre (2018) et Bernard Jasserand exposent la grande arnaque du démantèlement, de la privatisation, et de la mise en concurrence du service public de l'énergie
Mardi de l'éducation populaire, 15 octobre 2019 - Main basse sur l'énergie: le film de Gilles Ballastre (2018) et Bernard Jasserand exposent la grande arnaque du démantèlement, de la privatisation, et de la mise en concurrence du service public de l'énergie
Mardi de l'éducation populaire, 15 octobre 2019 - Main basse sur l'énergie: le film de Gilles Ballastre (2018) et Bernard Jasserand exposent la grande arnaque du démantèlement, de la privatisation, et de la mise en concurrence du service public de l'énergie
Mardi de l'éducation populaire, 15 octobre 2019 - Main basse sur l'énergie: le film de Gilles Ballastre (2018) et Bernard Jasserand exposent la grande arnaque du démantèlement, de la privatisation, et de la mise en concurrence du service public de l'énergie
Mardi de l'éducation populaire, 15 octobre 2019 - Main basse sur l'énergie: le film de Gilles Ballastre (2018) et Bernard Jasserand exposent la grande arnaque du démantèlement, de la privatisation, et de la mise en concurrence du service public de l'énergie
Mardi de l'éducation populaire, 15 octobre 2019 - Main basse sur l'énergie: le film de Gilles Ballastre (2018) et Bernard Jasserand exposent la grande arnaque du démantèlement, de la privatisation, et de la mise en concurrence du service public de l'énergie
Mardi de l'éducation populaire, 15 octobre 2019 - Main basse sur l'énergie: le film de Gilles Ballastre (2018) et Bernard Jasserand exposent la grande arnaque du démantèlement, de la privatisation, et de la mise en concurrence du service public de l'énergie
Mardi de l'éducation populaire, 15 octobre 2019 - Main basse sur l'énergie: le film de Gilles Ballastre (2018) et Bernard Jasserand exposent la grande arnaque du démantèlement, de la privatisation, et de la mise en concurrence du service public de l'énergie

La rentrée des mardis de l'éducation populaire du PCF Morlaix hier avec un échange passionnant et très instructif avec Bernard Jasserand, camarade communiste de Quimper, ancien responsable syndical et technicien EDF, sur les enjeux de l'énergie, du service public et de sa privatisation pour satisfaire les appétits financiers, autour du film choc de Gilles Balbastre, Main basse sur l'énergie, qui montre comment le Monopoly financier de la privatisation progressive du gaz et de la production et distribution d'électricité se pare de couleurs vertes. Yves Cochet, Ségolène Royal, Lionel Jospin, Chirac et Sarkozy donnant aux financiers le développement des productions d'énergie alternative en leur assurant une profitabilité grâce à la vente à prix coûtant de l'électricité d'EDF et le rachat au prix fort de l'énergie renouvelable, tout ça payé par l'usager sur la facture d'électricité, qui grimpe, qui grimpe, et par le service public qui a moins de moyens pour la recherche-développement, les investissements de long terme (par exemple dans les barrages), la sécurité des usagers, agents, et du nucléaire. Les voix de Daniel Mermet (dans le film de Gilles Balbastre), des syndicalistes CGT de l'énergie interviewés par le réalisateur de "Main basse sur l'énergie" et de Bernard Jasserand se sont mêlés pour décrire les ressorts et conséquences de ce hold-up sur le service public de l'énergie construit par Marcel Paul et les députés communistes en 1946 que les libéraux sont en train de démanteler pour satisfaire les appétits de la finance. 

Photos Jean-Luc Le Calvez et Ismaël Dupont

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 07:55
Agression militaire des Kurdes en Syrie par la Turquie - lettre de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, au président Macron

LETTRE DE FABIEN ROUSSEL AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

Vous trouverez ci-dessous un courrier envoyé par Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord, au Président de la République à propos de l'offensive turque dans le Rojava et de la situation des kurdes.

 

Agression militaire turque contre les kurdes : Fabien Roussel écrit au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

J'appelle solennellement votre attention sur la situation dans le Rojava, région autonome du Kurdistan de Syrie, aujourd'hui sous le feu d'une agression militaire de grande ampleur des forces turques, décidée en violation du droit international par le Président Erdogan.

Cette offensive générale de la Turquie peut entraîner des conséquences humanitaires graves, une résurgence de Daech dans la région, et dans le monde, à commencer par l'Europe, comme vous l'avez souligné lors du Conseil de défense tenu ce dimanche soir.

Vous le savez, Monsieur Erdogan poursuit ainsi son vieux projet de massacrer les Kurdes, de procéder à un véritable nettoyage ethnique et de poursuivre sa politique d'expansion territoriale, en violation totale du droit international. Les dirigeants turcs relancent ainsi la guerre en Syrie et encouragent la résurgence des organisations terroristes islamistes, comme en témoigne la fuite de 800 prisonniers djihadistes et leur famille.

Un très grand nombre de gouvernements réprouve cette opération militaire et le déchaînement de violence qui frappe une nouvelle fois le peuple kurde et les forces démocratiques syriennes. Cette agression ouvre la voie à un engrenage pouvant échapper à tout contrôle.

Au regard de cette situation extrêmement grave, l'ONU, l'Union européenne et la France en particulier ont le devoir de tout mettre en œuvre pour obtenir l'arrêt immédiat de l'agression militaire turque, avec le retrait définitif de leurs troupes et pour placer durablement le Rojava sous protection internationale, avec la perspective de construire un processus de paix durable dans la région, comme y appellent les forces démocratiques.

Pour répondre à l'appel des forces démocratiques syriennes et permettre l'engagement d'un processus de paix juste et durable dans toute la région, une zone d'exclusion aérienne doit être décidée et garantie par l'ONU. La France doit rapidement saisir le Conseil de Sécurité pour définir les modalités d'intervention en ce sens, dans le respect du droit international, et plus généralement pour placer sous protection les populations et porter assistance aux victimes des combats.

La France, membre du Conseil de Sécurité de l'ONU et du commandement intégré de l'OTAN, doit agir en ce sens avec la plus grande détermination et sans attendre.

Pour ne pas se rendre complice de la politique expansionniste et meurtrière du Président R.T. Erdogan, il est urgent de procéder à un embargo immédiat, total et durable sur toutes les ventes d'armes à la Turquie, y compris les commandes déjà enregistrées, comme notre pays l'a déjà décidé dans son histoire s'agissant de la commercialisation de Mistral.

Cette mesure pourrait également être prise par l'ensemble des pays membres de l'Union Européenne, que je vous appelle à interpeller en ce sens à l'occasion du Conseil européen, le 17 octobre prochain.

Des sanctions doivent par ailleurs être prises contre le Chef de l'État turc, par la saisie de ses avoirs personnels, en réaction à la violation du droit international dont il est le responsable.

Enfin, l’agression de la Turquie est un acte extrêmement grave, venant d’un membre important de l’OTAN, créant ainsi une situation explosive pour toute cette région du monde qui se trouve aux portes de l’Europe.

C’est pourquoi, au regard de l'attitude conciliante de l'OTAN à l'égard de l'agresseur turc, le Parti Communiste Français demande l'organisation en urgence d'un débat parlementaire sur le rôle et la place de la France dans l'OTAN ainsi que sur les orientations de la politique internationale et de défense de notre pays. Le PCF est pour sa part favorable à une sortie de la France du Commandement intégré de cette organisation. Il n'est plus tolérable que la structure intégrée de l'Alliance engage la France contre son gré dans cette agression, comme dans toute autre.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’assurance de ma haute considération.

Fabien ROUSSEL

Secrétaire national de Parti communiste français

Député du Nord

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 07:33
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise
Mercredi, 16 Octobre, 2019

Devant le ministère de la Santé, les députés et sénateurs communistes ont dévoilé hier leurs propositions « d’urgences ». Ce texte de loi ambitionne de redonner un nouveau souffle à un système de santé abîmé par des politiques d’austérité.

 

En plein mouvement social des paramédicaux, les parlementaires communistes ont présenté, hier, leur proposition de loi pour sortir de la crise des urgences et de l’hôpital. Depuis dix-huit mois, des élus PCF ont sillonné de nombreux territoires à la rencontre des soignants, des syndicats et des usagers. « Le constat est accablant : les hôpitaux et les Ehpad sont à genoux ! a lancé la sénatrice PCF Laurence Cohen devant le ministère de la Santé. Cela a des conséquences sur la qualité des soins, mais le gouvernement Macron continue les restrictions budgétaires. » « Cette crise majeure de l’hôpital est présente sur l’ensemble du territoire, c’est une grande question nationale », a abondé son homologue à l’Assemblée ­nationale, le député Pierre Dharréville.

La mise en place d’un moratoire sur les fermetures d’établissements

Face à ce climat social explosif, les communistes défendent 43 mesures « d’urgence pour la santé et les hôpitaux ». L’un des volets du projet de loi porte sur le maintien du service public hospitalier. Cette exigence passe par la mise en place d’un « moratoire » sur les fermetures d’établissements, de services et de lits hospitaliers. Comme le rappelle Laurence Cohen, « le gouvernement dit ne pas “fermer les hôpitaux”, mais partout, des services, des lits ferment à cause des restrictions budgétaires ». La tendance est lourde : 39 % des maternités ont disparu depuis 1995, et les soignants se battent ici et là pour sauver des services hospitaliers, comme les urgences ou la chirurgie. Jugés peu rentables, les hôpitaux de proximité voient leurs services fermer les uns après les autres. « Ils sont aujourd’hui des coquilles vides », dénonce l’élue communiste. Pour garantir l’égalité d’accès aux soins, les parlementaires PCF défendent une refonte des petites structures basée sur « des activités obligatoires de médecine d’urgence, de chirurgie et d’obstétrique ».

L’autre gros morceau concerne le financement de l’assurance-maladie. Pour ­investir dans la santé, les parlementaires communistes proposent de fixer la hausse de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam) à 4,5 % en 2020. Son relèvement permettrait de dégager des recettes supplémentaires à hauteur de 5 milliards d’euros, notamment pour « embaucher 100 000 agents hospitaliers et titulariser les contractuels ». Les communistes le savent bien : la crise de l’hôpital et des urgences est le résultat des Ondam passés, qui ne correspondent pas à l’évolution des besoins croissants de l’hôpital public et de la santé. Et le gouvernement récidive : en l’état, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020 ne prévoit pas de hausse globale des dépenses de santé. La cure d’austérité sera toujours aussi sévère pour les hôpitaux. « Le gouvernement ne répond pas du tout à l’urgence, a estimé le député PCF Alain Bruneel. Et le déficit de la Sécurité sociale s’élève maintenant à 5 milliards d’euros. Avec les ­allègements de cotisations, le gouvernement tue la ­S­écurité sociale ! »

À rebours de cette logique, les communistes font des propositions pour renforcer le financement de la Sécu. Ils préconisent, par exemple, la fin « progressive » sur deux ans de l’allègement de cotisation patronale Cice qui représente un « coût annuel de 22,1 milliards d’euros pour l’assurance-maladie », la disparition du « dispositif Fillon », qui représente un manque à gagner de « 23 milliards d’euros pour la Sécurité sociale en 2018 ». Ils ­défendent également la suppression de la taxe sur les salaires, prélevée sur les établissements publics de santé, pour dégager « 4 milliards d’euros ». Cette somme permettrait de financer des réouvertures, des créations de postes et des hausses de salaires dans l’ensemble des services. Une ambition aux antipodes des mesures dévoilées par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, depuis les mobilisations aux urgences et à l’hôpital. « Nous sommes aux côtés des personnels hospitaliers et des pompiers en lutte », a souligné le député Alain Bruneel.

Lola Ruscio
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
Hôpital public. Les élus PCF présentent 43 mesures pour sortir de la crise (L'Humanité, mercredi 16 octobre 2019)
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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 17:03
Voile/Conseil regional Bourgogne Franche Comté : "Comportement indigne des élus" (PCF)
 
La provocation des élus du Rassemblement National lors du Conseil Régional du vendredi 11 octobre ne relève pas du combat pour la laïcité.
Par cette stigmatisation grossière et ses effets désastreux sur l'image que les enfants pourront garder des institutions de la République, elle ne vise qu'a aiguiser les divisions, entretenir les haines, saper les bases du vivre ensemble pour mieux déployer son idéologie xénophobe.
 
Les règles collectives sont claires : l'absence de signes religieux apparents concerne les agents des services publics dans le cadre de leur fonction, et non l'espace public, où est reconnue la liberté vestimentaire.
 
La violence de l'incident, son caractère d'agression et d'humiliation, indigne du comportement d'élus, mérite que leurs auteurs soient sanctionnés.
 
Parti communiste français,
 
Paris, le 13 octobre 2019.
Voile/Conseil regional Bourgogne Franche Comté : "Comportement indigne des élus" (PCF)
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13 octobre 2019 7 13 /10 /octobre /2019 16:23

Immigration: l’illusion des quotas au service d’une nouvelle hystérisation du débat (PCF)

Lors du débat à l’Assemblée nationale sur l’immigration, le premier ministre, Edouard Philippe, a remis à l’ordre du jour la notion de quotas en affirmant qu'«il faudrait s’interroger sur les quotas par nationalité ou par secteurs professionnels». E. Philippe annonce donc qu’il veut «choisir ses immigrés» mais se contredit en précisant qu’il n’est pas possible de fixer des quotas au sujet des demandeurs d’asile et du regroupement familial.

Faut-il rappeler à M. Edouard Philippe qu’il existe d'ores et déjà des quotas par métier pour ce qui concerne l’immigration de travail sous la forme d’une liste de métiers «sous tension» prises par arrêté ministériel? Alors que le premier ministre n’hésite pas à faire une évaluation de cette politique avant de lancer des slogans inadaptés à la situation.

Sa vision utilitariste de l’immigration est bien éloignée d’un projet d’avenir et ressemble à une volonté de coller au projet d’une politique de contrôle des flux migratoires existant en France depuis au moins 2006 sous l'ère Sarkozy. C'est une politique illégale au regard du droit et qui n'a apporté aucune solution à la crise de l'accueil des réfugiés ou en matière de politique migratoire digne et juste en France et en Europe.

D’ailleurs, en 2008, la commission Mazeaud avait rendu un rapport sur le sujet: «La Commission écarte l’idée d’instaurer des quotas d’immigration, estimant que ce dispositif n’est pas utile à la maîtrise des flux de l’immigration professionnelle, est inefficace contre l’immigration irrégulière, et impossible à réaliser, d’un point de vue constitutionnel et conventionnel, pour l’immigration familiale.» La commission montrait que fixer des quotas par nationalités ou par région du monde constituait une rupture d’égalité entre les individus. Elle concluait même que le rôle d’une politique migratoire est de faciliter «le va-et-vient» des migrant-e-s entre pays d’origine et la France.

Le Parti communiste français estime que la notion de quotas est une nouvelle manière d’hystériser le débat sur l'immigration, et que cela respecte ni les principes d’égalité et de fraternité de notre pays, ni le droit et les conventions internationales.

La régularisation des travailleurs sans papiers, le renforcement des structures d’accueil, le respect scrupuleux du droit international, de la Déclaration universelle des droits humains, de la convention des droits de l’enfant, le soutien aux associations de solidarité venant en aide aux migrant-e-s, aux ONG qui sauvent des milliers de vies, et la lutte contre le fantasme de «l’appel d’air» auraient été des propositions bien «audacieuses» et utiles au débat, la crise de l'accueil et à l’unité de notre pays.

Parti communiste français
Paris, le 8 octobre 2019

Immigration: l’illusion des quotas au service d’une nouvelle hystérisation du débat (PCF)
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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 15:33

Appel de Ian Brossat, Président de l'Association Nationale des Élu·e·s Communistes et Républicains, à soutenir le peuple kurde.

Il propose 3 choses :
➡️ Participer très nombreux aux manifestations qui ont lieu ce samedi un peu partout en France (liste des rassemblements en fin de vidéo) ;
➡️ Déposer des voeux dans l’ensemble des conseils municipaux ou c’est possible ;
➡️ Apposer des banderoles sur les hôtels de ville pour exprimer la solidarité avec le peuple kurde.

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11 octobre 2019 5 11 /10 /octobre /2019 15:16
 

Pour le Conseil constitutionnel, l’enseignement supérieur est une des composantes du service public de l’éducation

Ce 11 octobre 2019, à la suite de sa saisine par des organisations syndicales et estudiantines, le Conseil constitutionnel vient de rendre une décision, qu’il qualifie d’inédite, par laquelle il considère que l’enseignement supérieur public est une des composantes du service public de l’éducation. Les Sages estiment donc qu’il doit être intégré dans le champ d’application du treizième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 qui stipule que : « La Nation garantit l’égal accès […] de l’adulte à l’instruction […] L’organisation de l’enseignement public gratuit […] à tous les degrés est un devoir de l’État ». Le Conseil constitutionnel admet toutefois une dérogation au principe de gratuité de l’enseignement en autorisant la perception de « droits d’inscription modiques […] en tenant compte, le cas échéant, des capacités financières des étudiants ».

Les conséquences de cette décision historique sont considérables pour l’organisation et le financement de l’enseignement supérieur, pour les universités, mais aussi pour les écoles d’ingénieur publiques, pour les grandes écoles et pour tous les établissements publics de l’enseignement supérieur. Conformément à la décision du Conseil d’État du 27 janvier 1988 (n° 64076), le ministère chargé de l’enseignement supérieur, comme celui de l’Éducation nationale, aura l’obligation d’assurer sa mission d’intérêt général d’enseignement en organisant notamment l’enseignement de toutes les matières obligatoires.

Non seulement, la décision d’une augmentation des droits d’inscription des étudiants étrangers perd tout fondement légal, mais elle oblige Gouvernement à refonder toute l’économie de l’enseignement supérieur public sur le principe de la gratuité. L’importance historique de la décision du Conseil constitutionnel et ses conséquences considérables pour l’organisation de ce service public imposent au Gouvernement d’engager, sans délais, des discussions avec le Parlement et tous les représentants des organisations représentatives des étudiants, des enseignants et des établissements pour assurer la rentrée 2020, dans le nouveau cadre fixé par le Conseil constitutionnel. Avant le vote du budget, la convocation d’un « Grenelle » de l’enseignement supérieur est d’une absolue nécessité.

Pierre Ouzoulias, sénateur PCF

 
À Paris le 11 octobre 2019 
Pour le Conseil constitutionnel, l’enseignement supérieur est une des composantes du service public de l’éducation (Pierre Ouzoulias, PCF)
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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 06:15
Débat sur l'immigration - Eliane Assassi (présidente du groupe communiste au Sénat) - Les nouvelles causes d'exil doivent être reconnues (L'Humanité, 9 octobre 2019, entretien avec Julia Hamlaoui)
« Les nouvelles causes d’exil forcé doivent être reconnues »
Mercredi, 9 Octobre, 2019

Lors du débat sur l’immigration au Sénat aujourd’hui, la sénatrice communiste, qui dénonce les « manipulations du gouvernement », proposera de repenser les critères de la convention de Genève sur le statut des réfugiés.
Éliane Assassi

 

Éliane Assassi

Sénatrice PCF

Le débat sur l’immigration arrive au Sénat aujourd’hui. Ce sujet est régulièrement source de clivage à gauche entre les tenants du « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde » et les défenseurs de la liberté de circulation. Comment l’appréhendez-vous ?

Éliane Assassi La phrase de Michel Rocard est principalement utilisée par celles et ceux qui brandissent l’immigration comme la responsable de tous les maux de notre société. Ces considérations sont aujourd’hui complètement obsolètes. On ne peut pas être pour ou contre l’immigration : on parle d’hommes, de femmes, d’enfants. Ni de chiffres, ni de numéros. Les tenants du capitalisme sont tout à fait d’accord avec la liberté de circulation dès lors qu’il s’agit d’argent, eh bien, nous, nous la prônons pour les humains. D’ailleurs, la migration est un phénomène aussi ancien que l’humanité, on ne l’empêchera pas. C’est d’autant plus vrai avec les conflits internationaux, l’ordre économique établi et les bouleversements climatiques. Je proposerai donc lors du débat de repenser les critères de la convention de Genève, qui ne tient pas compte des nouvelles causes d’exil forcé.

À l’Assemblée, lundi, Édouard Philippe a évoqué l’instauration de quotas et estimé que la France « ne doit être ni plus ni moins attractive que ses voisins ». Qu’y opposez-vous ?

Éliane Assassi D’abord, le gouvernement manipule les chiffres. Par exemple, les 400 000 demandeurs d’asile enregistrés en France depuis 2015 ne représentent que 10 % du total européen. Imaginons qu’ils soient tous restés, ils n’auraient accru la population que de 0,6 %. Or, en Allemagne, c’est 2 % et 0,8 % dans l’ensemble de l’Union européenne. La France est donc en deçà. Un spécialiste comme le sociologue et démographe François Héran estime que les cris d’orfraie sont indécents et qu’on se fourvoie en jugeant que les prestations sociales ou l’AME mettraient notre pays en première ligne. Quant aux quotas, on essaie sous ce vocable de réintroduire l’immigration choisie promue par Sarkozy avec l’idée de bonnes nationalités et de mauvaises, qu’on laisserait à la porte. C’est intolérable.

Quelles mesures peuvent être prises face à la crise de l’accueil ?

Éliane Assassi Nous ne sommes pas à la hauteur de la désespérance de ces milliers de migrants qui cherchent refuge, y compris pour des raisons économiques. Malgré ce qui est dit, il n’y a pas assez de places d’accueil. Il faut répondre sans délai aux situations d’extrême urgence. Nous en avons les moyens, nous sommes un pays riche. Mais il n’y aura pas de solution miracle à court terme, une réflexion pour un vrai plan de logement dans des conditions dignes est indispensable.

Un autre éternel débat fait son retour. Christophe Castaner juge que « nous avons loupé, ces dernières années, l’intégration ». Partagez-vous ce constat ?

Éliane Assassi Qu’une chose soit claire : je ne pense pas partager la même définition du mot intégration que M. Castaner. Si cela signifie « créer du lien et de la cohésion sociale », je suis d’accord. Mais je n’ai pas le sentiment que ce soit ce qui est proposé. Mesurer l’intégration à la seule capacité des immigrés, voire de leurs descendants, à se fondre dans la communauté nationale est un appauvrissement, un leurre quant aux réels enjeux sociaux et politiques. On voit désormais resurgir, comme à la convention des droites, le concept d’assimilation. Là encore, la ligne est rapidement franchie.

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui
Débat sur l'immigration - Eliane Assassi (présidente du groupe communiste au Sénat) - Les nouvelles causes d'exil doivent être reconnues (L'Humanité, 9 octobre 2019, entretien avec Julia Hamlaoui)
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