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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 07:39
Assemblée nationale. L’opposition se démène contre une Macronie qui étrangle le débat (L'Humanité, 20 février 2020)
Assemblée nationale. L’opposition se démène contre une Macronie qui étrangle le débat
Jeudi, 20 Février, 2020

Les députés hostiles à la réforme des retraites multiplient les rappels au règlement et les interruptions de séance. Ils protestent contre une majorité qui fait tomber en cascade les amendements et élude la discussion.

 

Un seul amendement illustre parfois toute la nocivité d’un texte. Le premier qui a été débattu sur la réforme des retraites, mardi soir à l’Assemblée nationale, est de ceux-là. « Nous demandons un audit financier indépendant sur l’impact de votre réforme, qui va faire des millions de perdants », démarre l’élu LR Fabrice Brun en attaquant l’article premier. En quelques mots, tout est dit. Car l’exécutif, qui a tenté de duper les députés avec une étude d’impact mensongère, leur demande en plus de se prononcer sans aucune garantie sur le sort qui sera réservé aux retraites des Français. « Ce texte, c’est du gruyère. Et les seuls éléments dont nous disposons sont inacceptables : l’âge de départ sera repoussé, le niveau des pensions va baisser, la pénibilité est exclue de la loi. Pour les précisions, tout est renvoyé à des ordonnances, à un chèque en blanc signé à un gouvernement qui a déjà fait la preuve de sa duplicité », s’indigne le député PCF Sébastien Jumel.

C’est bien la Macronie qui tente de masquer le débat

Sans surprise, la majorité a repoussé le recours à cet audit. Pas besoin. De toute façon, les macronistes se moquent royalement des futures retraites. Le président du groupe LaREM, Gilles Le Gendre, synthétise le mieux cet état d’esprit. « C’est une loi-cadre. Les critiques viennent de ceux qui veulent savoir ce que l’on met dans le cadre, dans cinq ans, dans dix ans, dans vingt ans », élude-t-il. En résumé, les critiques viennent de ceux qui veulent mettre en lumière le véritable visage de la réforme. De ceux qui souhaitent débattre du fond du texte, en refusant tout enfumage et toute dissolution dans le temps du droit à la retraite.

En renvoyant systématiquement les échanges à la conférence de financement, aux ordonnances et décrets du gouvernement, c’est bien la Macronie qui tente de masquer le débat. « Nous sommes contraints de déposer des amendements par milliers pour faire surgir la vérité, pour laisser aux Français le temps de mesurer l’ampleur du hold-up, et obtenir le retrait de ce texte », explique Sébastien Jumel. Mais le refus du débat en éludant sans cesse, n’est pas la seule arme à la disposition de la majorité. Des tas d’amendements ont d’emblée été jetés à la poubelle par ses soins, ce que l’opposition n’a pas manqué de contester lors de multiples rappels au règlement.

Furieux, André Chassaigne s’est dressé contre la suppression d’amendements au motif que l’exposé à venir serait abusif. « Dans la mesure où nous ne nous sommes pas encore exprimés sur nos amendements, de quel droit allez-vous dire que nous interventions sont abusives ? », tonne le chef de file des députés PCF. Son homologue LR Damien Abad monte lui aussi au créneau au sujet des amendements, décrochés de leur article de référence et renvoyés après le dernier article, à la toute fin du débat. « Vous créez une sorte de voiture-balai pour que la discussion n’ait pas lieu. Merci de laisser nos amendements là où nous avons décidé de les placer pour avoir la véritable discussion ! », argumente à ce sujet Pierre Dharréville.

L’élu PCF s’alarme aussi de la suppression d’amendements au motif qu’ils présentent un « dispositif » identique. « Nous avons une série d’amendements qui ont été déposés sur la réforme des retraites de 2013 et ont alors été examinés. Nous ne pouvons pas accepter que cette assemblée fonctionne sous des règles aléatoires et arbitraires », affirme-t-il. Tel est pourtant le cas. « Le Parlement perd chaque jour de son influence. Notre groupe a déposé 80 amendements et la moitié sont en train de tomber », alerte ainsi Philippe Vigier, ex-UDI et président du groupe Liberté et territoires. Sans parler de l’émoi de Marc Le Fur, élu LR, qui a vu ses amendements liés aux recettes de la Sécurité sociale écartés d’office en séance, alors qu’ils avaient été examinés en commission spéciale. « Ces amendements sont pourtant essentiels, car il s’agit de savoir qui détermine les recettes entre Bercy et l’Assemblée », pointe-t-il.

« La CGT est partie et même le Medef demande des réponses »

Le député dénonce aussi le nombre d’orateurs retenus par amendement : un par groupe parlementaire. « Quel est le groupe le plus victime de cette règle ? C’est le plus important de l’opposition. Nous sommes 105 et n’avons la possibilité de nous exprimer qu’une fois », regrette-t-il. Nombre d’amendements ont enfin été balancés aux orties au titre de l’article 40, pour cause d’irrecevabilité financière, alors que l’équilibre économique de la réforme n’est pas débattu à l’Assemblée, mais à la conférence dédiée dont les résultats seront tranchés par le gouvernement. « Cette conférence est mort-née. La CGT est partie et même le Medef demande des réponses », fustige Sébastien Jumel.

Dédaigneux quand il n’est pas exaspéré, Richard Ferrand a été vertement attaqué jusqu’à mercredi soir. L’opposition, qui reproche au président de l’Assemblée de s’être mis à faire tomber en cascade les amendements dès lors qu’ils sont jugés identiques, a multiplié les demandes d’interruption de séance. « Des amendements sont considérés à l’identique, car le libellé est le même, mais, en réalité, s’ils sont placés à différents endroits dans le texte, leur conséquence est forcément différente », s’époumone en vain Christian Jacob. « Nous sommes cinq présidents de groupe sur sept qui ne sont pas d’accord », a insisté Jean-Luc Mélenchon pour la FI, sans être entendu.

Aurélien Soucheyre avec Marion Rivet
Assemblée nationale. L’opposition se démène contre une Macronie qui étrangle le débat (L'Humanité, 20 février 2020)
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22 février 2020 6 22 /02 /février /2020 07:29
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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 06:31
Après avoir tenté de censurer les députés communistes, le maréchal Ferrand bat en retraite - Débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale
Après avoir tenté de censurer les députés communistes, le maréchal Ferrand bat en retraite - Débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale

Communiqué de Presse des députés communistes, 20 février 2020

Pris en flagrant délit de violation du droit constitutionnel, Richard Ferrand bat en retraite.

Pour étouffer notre droit de parole, le Président Richard Ferrand a voulu imposer, dès l'ouverture des débats, une règle sortie de sa manche, sans fondement légal, mais pire encore inconstitutionnelle.

Il voulait ainsi empêcher la discussion de 1184 de nos amendements, faisant ainsi des députés communistes la cible de son autoritarisme. Sans nos demandes réitérées de convocation de la Conférence des présidents, nos rappels au règlements et suspensions de séances, l'expression de notre colère, cette violation du droit parlementaire aurait perduré sous le regard complice de la majorité.

Pris en flagrant délit de violation du droit d'amendement, le Président Richard Ferrand n'a eu d'autre choix que de reculer et de réintégrer nos amendements dans la discussion. Il aura fallu 24 heures pour prendre une décision qu'il présente comme une faveur à notre égard, alors que le Gouvernement prenait le risque d'une censure constitutionnelle.

Hier, la majorité s'est agacée et nous a invectivé, parce que nous demandions le simple respect des droits de l'opposition. Nous espérons qu'elle saura tirer les leçons de son autoritarisme et de sa suffisance pour, enfin, laisser place au débat et affronter nos arguments.

***

COMMUNIQUE des députés communistes le 19 janvier

Fait inédit sous la Vème République: nos amendements sont interdits de discussion par la Présidence de l'Assemblée Nationale

Prétextant une décision prise, par la seule majorité, en Conférence des Présidents, Richard Ferrand a décidé de ne pas soumettre à la discussion et au vote 1184 de nos amendements, en parfaite violation de notre droit constitutionnel.

Cette possibilité n'existe ni dans le règlement, ni même dans la pratique constante, contrairement à ce que prétend le Président de l'Assemblée nationale. À plusieurs reprises, des amendements qui ne sont pas identiques mais qui poursuivent un objectif identique ont bien été défendus sur de nombreux projets de loi antérieurs. Ce fût notamment le cas sur la réforme des retraites en 2013 ou bien encore lors de la discussion sur le mariage pour tous. Avec le groupe de la France Insoumise, le groupe Socialiste, le groupe des Républicains et le groupe Liberté et Territoires, nous avons dénoncé cette décision qui prive les députés de leur droit d'amendement de façon arbitraire.

Face à la bronca soulevée par un tel acte, le Président Richard Ferrand a décidé de ne s'en prendre qu'aux seuls amendements des députés communistes. La veille, sûr de son fait, il avait pourtant annoncé que sa nouvelle "règle" s'appliquerait à tous les groupes.

Au final, seuls les députés communistes pâtiront de cet acte autoritaire qui n'a d'autre visée que de nous faire taire et de passer en force ce projet de loi dont les Français ne veulent pas.

Nous ne nous laisserons pas impressionner par cette manœuvre dilatoire et resterons à la hauteur de notre histoire politique et sociale.

Après avoir tenté de censurer les députés communistes, le maréchal Ferrand bat en retraite - Débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale
Après avoir tenté de censurer les députés communistes, le maréchal Ferrand bat en retraite - Débat sur la réforme des retraites à l'Assemblée Nationale
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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 06:00
A l'Assemblée Nationale, le député LREM Meyer Habib traite de petites connes Elsa Faucillon et Clémentine Autain, s'attirant les foudres de Marie-George Buffet indignée contre le sexisme satisfait de ce grossier personnage

Ça sent la fin....les masques tombent...le naturel prend le dessus. Certains deviennent insultants car sans argument pour répondre à leur incompétence.... Mayer Habib insulte et traite de "petites connes" Elsa Faucillon et Clémentine Autain qui avaient participé à un flashmob féministe devant le Palais Bourbon lundi dernier.

Marie-George Buffet a remis à sa place ce salaud, inconditionnel de Netanyahou et du Likoud:

"Vous n'acceptez pas que des femmes se lèvent pour dirent ce qu'elles pensent, et vous les rabaissez par vos propos sexistes et vulgaires... Et je peux vous dire monsieur que vos propos donnent à voir de votre pensée politique, pas très grande" (Marie-George Buffet à Meyer Habib)

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 09:15
Des représentants du PCF, du PS, de Génération.s, d'EELV, des Radicaux de gauche, de l'UDB étaient présents hier à Brest pour promouvoir les contours d'une autre réforme des retraites et appeler au retrait de la réforme de Macron et de son gouvernement (photo Jean-Yves Cabon)

Des représentants du PCF, du PS, de Génération.s, d'EELV, des Radicaux de gauche, de l'UDB étaient présents hier à Brest pour promouvoir les contours d'une autre réforme des retraites et appeler au retrait de la réforme de Macron et de son gouvernement (photo Jean-Yves Cabon)

Le PCF Finistère avait invité mercredi 12 février toutes les organisations de gauche qui combattent le projet de réforme des retraites de Macron à se réunir pour réfléchir à une prise de position et des initiatives communes dans le département en reprenant pour base l'appel national de la plateforme unitaire de la gauche et des écologistes "Retraites: d'autres choix sont possibles" adopté le 22 janvier.

Ce mardi 18 février, les représentants de 7 organisations de gauche souhaitant s'associer à cet appel se sont réunis à nouveau au local du PCF rue André Berger à Brest pour faire un appel commun à destination des journaux et de la population pour que Macron et le gouvernement abandonnent leur projet de loi retraites rejeté par la population et montrant qu'on peut construire une réforme des retraites juste sur de toutes autres bases. 

Ce tract commun (en pièce jointe) commencera à être distribué lors des manifestations du jeudi 20 février à Brest, Quimper, Morlaix, Quimperlé, Carhaix. 

 

Retraites, d’autres choix sont possibles !

Le 18 février, à Brest, les représentants de 7 organisations de gauche et écologistes (PCF, EELV, Génération.s, UDB, les Radicaux de gauche, République et socialisme, et PS) se sont retrouvées pour présenter le tract commun qui sera diffusé lors des manifestations contre le projet de réforme des retraites qui se dérouleront jeudi dans le Finistère.

Cet appel unitaire départemental reprend les grandes lignes de la plateforme commune des forces de gauche et écologistes adopté le 22 janvier au niveau national.

Emmanuel Macron doit écouter le peuple et renoncer à son projet qui ne satisfait personne.

D’autres choix sont possibles. Nous pouvons garder et améliorer le système par répartition en mobilisant le fonds de réserves des retraites (127 milliards), en revenant sur les exonérations de cotisations sociales (66 milliards), en élargissant l’assiette de financement aux revenus du capital (30 milliards), en développant une politique au service de l‘emploi et en appliquant une réelle égalité salariale entre les femmes et les hommes (6 milliards).

Une réforme des retraites juste ne peut pas faire l’impasse sur la question de la pénibilité, ni sur un niveau de pensions minimum au niveau du SMIC.

Ces 7 organisations appellent les Finistériennes et Finistériens à continuer à se mobiliser fortement, contre ce projet de réforme, notamment jeudi 20 février, journée de mobilisation nationale.

Brest le 18 février 2020 

Le tract unitaire commun: Retraites, d'autres choix sont possibles!

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 07:41
Les députés communistes et GDR (Groupe démocrate et républicaine: communistes + alliés des DOM TOM) demandant un référendum sur le projet de réforme des retraites, 17 février 2020

Les députés communistes et GDR (Groupe démocrate et républicaine: communistes + alliés des DOM TOM) demandant un référendum sur le projet de réforme des retraites, 17 février 2020

Assemblée nationale. « On ne saurait voir bafouées autant de règles démocratiques »
Mardi, 18 Février, 2020

Le projet de loi sur les retraites est arrivé hier dans l’Hémicycle. L’opposition de gauche, déterminée, a fustigé le texte et appelé l’ensemble des députés à soutenir le recours au référendum.

 

Sous les roulements de tambour, la marche déterminée de Richard Ferrand a quelque chose de martial. Beaucoup plus que d’habitude, au moment où le président de l’Assemblée nationale entre dans l’Hémicycle. À l’ordre du jour : la réforme des retraites. L’examen du texte le plus dangereux et contesté du quinquennat a démarré hier devant la représentation nationale. D’emblée, juste avant la séance, les députés communistes et membres du groupe GDR ont fait front, épaule contre épaule. Salle des Quatre-Colonnes, ils forment une ligne compacte.

Olivier Véran a osé se réclamer d’Ambroise Croizat

Le premier d’entre eux porte un tee-shirt floqué d’un immense « R ». Le dernier bombe le torse avec la lettre « M ». « Référendum » peut-on lire en passant de l’un à l’autre. « Nous avons pris l’initiative d’une bataille déterminée pour que le peuple soit consulté sur ce projet de loi qui remet en cause fondamentalement notre contrat social », tonne sans micro André Chassaigne. « Nous avons derrière nous le peuple uni dans sa majorité : 67 % des Français veulent un référendum sur la réforme des retraites », poursuit le président de groupe, qui termine ainsi : « Nous lançons un appel à l’ensemble des députés de respecter la volonté du peuple. » Et l’ensemble des élus de scander à l’unisson : « Référendum ! Référendum ! Référendum ! »

La voix du peuple est donc entrée à l’intérieur du Palais-Bourbon. Mais au pupitre, dans l’Hémicycle, c’est un ennemi résolu des conquis sociaux qui prend en premier la parole : Olivier Véran. Le ministre de la Santé a été nommé dimanche soir à ce poste, en remplacement d’Agnès Buzyn. Sûr de lui, il reprend sagement à son compte les mensonges du gouvernement. La « réforme » aurait ainsi trois objectifs : « l’universalité, la solidarité et la responsabilité », lance-t-il. Qu’importe, pour Olivier Véran, qui provoque ensuite la gauche en se réclamant d’Ambroise Croizat. Le ministre du Travail communiste, bâtisseur de la Sécurité sociale qui a généralisé le droit à la retraite, espérait certes créer une « caisse unique ». Mais il voulait par-dessus tout « libérer les travailleurs de l’obsession permanente de la misère », et leur assurer un droit inaliénable à la retraite, en tant que « nouvelle étape de la vie » plutôt que comme « antichambre de la mort ». Tout l’inverse de ce que veut faire Macron. Hué, le ministre de la Santé l’a encore été quand il s’est exclamé en souriant : « C’est beau la démocratie sociale », alors que les syndicats ont été méprisés par le gouvernement.

Mais c’est Laurent Pietraszewski qui a décroché la palme de l’abject en crachant à l’opposition : « Prenons garde que l’obstruction mécanique ne transforme certains députés en robots d’une organisation terroriste d’obstruction. » Le secrétaire d’État chargé des retraites faisait ici référence aux 41 000 amendements déposés en séance. « La lutte sera implacable, et nous ferons tout ce que nous pourrons pour dévoiler toujours plus son contenu et pour bloquer cette loi », qui constitue « un viol du droit des gens », avait peu de temps avant prévenu le député FI Jean-Luc Mélenchon.

« Vous avez le pouvoir et le devoir de mettre fin à ce cauchemar »

L’élu PCF Pierre Dharréville a ensuite défendu une motion de rejet préalable, déployant un réquisitoire implacable contre cette réforme. « Vous avez le pouvoir, et même le devoir, de mettre fin à ce cauchemar, à ce supplice, à cette lourde faute », a-t-il insisté auprès de tous les députés. Marqué par « un sentiment de profanation » devant ce texte, le député a listé l’ensemble des injures qui constituent la démarche de l’exécutif. Celle faite à des « organisations syndicales dessaisies » ; aux parlementaires avec un texte composé de 29 ordonnances ; au Conseil d’État, qui a rendu un avis cinglant devant une étude d’impact « insincère » et « lacunaire » ; mais aussi à tous les Français, dont 67 % souhaitent l’organisation d’un référendum. « On ne saurait voir bafouées autant d’institutions et de règles démocratiques. On ne saurait enfin décider contre le peuple au nom duquel nous sommes rassemblés », argumente Pierre Dharréville, qui estime que « rarement une loi aura autant mérité le rejet ».

La motion a finalement été repoussée. Les communistes devaient ensuite, avec les insoumis et les socialistes, défendre une motion référendaire. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple, ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? » interroge le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, qui voulait inviter les députés à la raison. « Le moment est venu de mettre fin à l’incompréhension et la colère de nos concitoyens. Et de la meilleure façon qui soit en démocratie : en redonnant la parole au peuple. »

Aurélien Soucheyre avec Lola Ruscio
Assemblée nationale, Retraites: On ne saurait voir bafouées autant de règles démocratiques (L'Humanité, 18 février 2020, Lola Ruscio et Aurélien Soucheyre)
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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 07:33
Retraites. Fabien Roussel écrase les insultes de Guérini et de LREM - L'Humanité, Aurélien Soucheyre, 19 février 2020
Retraites. Roussel écrase les insultes de Guérini
Mercredi, 19 Février, 2020 - L'Humanité

Les élus PCF d’aujourd’hui seraient indignes de ceux d’hier ? Leur secrétaire national Fabien Roussel n’a pas laissé passer l’offense infligée par le dirigeant de LaREM, Stanislas Guérini, qu’il a éreinté mardi en plein débat sur les retraites.

 

Il ne fallait pas le chercher. Mardi, en plein débat sur la réforme des retraites, Fabien Roussel a étrillé les députés de la majorité. Le secrétaire national du PCF a vertement répondu à Stanislas Guérini, délégué général de LaREM. Un duel violent, déclenché lundi soir par le macroniste qui s’en est pris directement à l’histoire des communistes. « Le député Guérini a insulté ici les députés communistes. Il a convoqué Croizat. Il a convoqué Thorez. Et en insultant leur mémoire il a insulté tous les députés communistes et tous les communistes », démarre dans l’hémicycle Fabien Roussel. Le député du Nord poursuit sa charge en utilisant toutes ses cordes vocales : « Comment osez-vous faire ça ici ? Oui nous, le Parti communiste français, nous avons versé le sang dans la Résistance, et nous l’avons fait avec d’autres. Oui nous, nous avons écrit le programme Les Jours Heureux et nous avons créé la Sécu, et nous l’avons fait avec d’autres. Mais vous, vous avez fait quoi, avec d’autres ? Pour nous, nos racines, c’est la France, et pour vous c’est quoi ? C’est la finance ! » La veille, Stanislas Guérini avait ainsi provoqué ses opposants : « Ce débat sera un rendez-vous de l’histoire social de notre pays. Et je vous le dis avec un peu de tristesse pour l’histoire des communistes : vous n’êtes pas à la hauteur de l’histoire sociale de notre pays. Vous n’êtes pas à la hauteur de votre histoire. Celle d’Ambroise Croizat que vous avez cité, celle de Maurice Thorez, celle du Conseil national de la Résistance. » Puis le dirigeant du parti présidentiel, perfide, avait continué de la sorte : « Vous n’êtes pas d’accord avec tout ? C’est normal. Si vous étiez d’accord avec tout nous serions sur les mêmes bancs. Mais vous n’êtes d’accord avec rien », avant de citer Maurice Thorez, secrétaire général du PCF de 1930 à 1964. « Il disait ‘‘mieux s’unir pour obtenir le bonheur sur la terre que se disputer sur l’existence d’un paradis dans le ciel’’. Eh bien je vais vous dire comment je comprends moi cette citation : pour moi la gauche qui ne fait rien, elle ne sert à rien. La gauche qui s’oppose à tout, elle ne sert à rien du tout. » Outré, Fabien Roussel lui renvoie le missile: « Comment pouvez-vous dire que nous nous opposons à tout quand c’est vous qui dîtes non à tout. Vous, qu’est-ce que vous avez fait ? Vous, vous êtes ‘‘en même temps’’ ! Vous auriez été beaux dans la Résistance ! Vous auriez été ‘‘en même temps’’ quoi ? ». Les députés LaREM s’étouffent alors et roulent des yeux. Mais le communiste continue sa démonstration : « Quand on vous propose de taxer les riches et le capital, vous dîtes non. Quand les forces de gauche vous font des propositions, vous dites non. Tout ce que vous proposent les syndicats, vous dîtes non. Vous n’écoutez pas les Français. Et quand on vous propose un débat dans tout le pays vous dîtes non. » Fabien Roussel fait ici référence à la proposition des communistes d’organiser un référendum sur la réforme des retraites, qui a été rejetée lundi soir avec dédain et malhonnêteté intellectuelle par les macronistes. « Alors venez chercher les communistes, osez venir faire le débat dans les usines, dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les bureaux ? Osez dire ce qu’il y a dans votre texte de loi. Osez le référendum, voilà ce que nous voulions vous dire ! », termine Fabien Roussel devant des députés devenus palots. Plus tôt, les porte-parole des députés PCF s’étaient eux aussi indignés. « Nous n'avons pas de leçon à recevoir de Stanislas Guérini. Comment ce monsieur, invisible jusqu'à hier, ose-t-il nous donner des leçons sur nos valeurs, dire que la gauche ne sert à rien, lui qui est à la tête d'un parti qui a mis la République en miettes ? », assène Sébastien Jumel. « Au nom de quoi peut-il se permettre de nous dire ce qu'il nous a dit ? Nous n'avons pas de leçon de progrès social à recevoir de LaREM. Les leçons de progrès social qui nous ont été données par Guérini m'évoquent un type qui roulerait à contre-sens sur l'autoroute en faisant des appels de phares », tranche Pierre Dharréville, déterminé à mener « une bataille extrêmement offensive » dans l’hémicycle.

Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 19 février

Retraites. Fabien Roussel écrase les insultes de Guérini et de LREM - L'Humanité, Aurélien Soucheyre, 19 février 2020
Assemblée nationale. Les députés LaREM rejettent la motion référendaire
Mercredi, 19 Février, 2020 - L'Humanité

Lundi, les élus de la majorité ont voté contre l’organisation d’une consultation populaire sur les retraites. Ils mentent sur leur réforme et craignent l’avis des Français.

 

Ils n’ont écouté que d’une oreille distraite les échanges. Puis les députés LaREM ont repoussé par 160 voix contre 70 la motion référendaire déposée par les communistes. Lundi soir, en ouverture du débat sur la réforme des retraites, les élus PCF, PS, FI et quelques Libertés et territoires (LT) ont appelé à laisser les Français décider de l’adoption ou non du texte voulu par Macron. « C’est un acte rare, un acte fort ! » tonne André Chassaigne en lançant la procédure. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? » interroge le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

La réponse, pour LaREM, est oui. Et tant pis si 67 % de nos concitoyens se déclarent favorables à la tenue d’un référendum. « La démocratie représentative est la règle, la démocratie référendaire est l’exception », argumente Laurent Pietraszewski, qui qualifie la démarche de « manœuvre dilatoire pour empêcher l’Assemblée de faire ce pour quoi elle a été élue ». Le secrétaire d’État aux retraites oublie bien vite que la réforme est composée de 29 ordonnances, qui privent l’Assemblée de ses propres prérogatives législatives au profit de l’exécutif.

Un mépris pour le peuple et la démocratie

Il raille même ses opposants. « Quelle serait la question du référendum ? Pour ou contre un système solidaire par répartition ? Pour ou contre le maintien d’un système dans lequel les pensions des femmes sont 40 % moins élevées que celle des hommes ? » ironise-t-il sous les huées. « Pourquoi pas 41 000 référendums pour chacun de vos amendements ? » poursuit Jean-René Cazenove. « Vous nous dites “nous savons ce que veut le peuple” mais seulement un million de Français ont signé pour votre référendum sur ADP », moque le député LaREM, étalant son mépris pour le peuple et la démocratie.

Car le million de signatures atteint pour ADP est un score exceptionnel, largement suffisant pour déclencher un référendum en Suisse ou en Italie. Au mépris, l’élue Modem Nathalie Elimas ajoute le mensonge, affirmant que la réforme des retraites est fidèle à ce qui est écrit « noir sur blanc dans le projet du candidat Macron élu démocratiquement ». Faux, dénonce Olivier Faure. « Puisque les Français n’ont jamais été consultés, qu’ils le soient désormais », répond le premier secrétaire du PS, qui invite la Macronie à renoncer publiquement à tout 49-3. « On le veut, ce référendum, on veut voir et savoir si les Français avalent vos bobards », interpelle enfin l’insoumis François Ruffin. Passé le rejet et le comportement irresponsable des élus LaREM, le député PCF Sébastien Jumel leur a promis une « bataille de tranchées dans l’Hémicycle ».

Lola Ruscio et Aurélien Soucheyre
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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 07:00
Les députés communistes se battent pour que les revenus du conjoint ne soient pas pris en compte dans le calcul de l'allocation adulte handicapé et obtiennent une première victoire à l'Assemblée
 
Coup de théâtre le 13 février à l’Assemblée nationale : la majorité s’est retrouvée minoritaire et la disposition qui met fin à la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de l'Allocation Adulte Handicapé a été votée !

Ce n’est qu’une première manche de gagnée, mais à nouveau, la majorité se couvre de ridicule et de honte, une semaine après avoir refusé d’augmenter le congé de deuil pour enfant de 5 à 12 jours.

Voici le communiqué de presse de Marie-George Buffet qui a porté cette disposition il y a un an.
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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 07:08
Gauche. Les nouveaux défis du communisme municipal
Mardi, 18 Février, 2020 - L'Humanité

En campagne pour les élections de mars, les édiles et candidats PCF ou apparentés entendent défendre leurs « conquis », comme proposer une version 2020 de ces politiques publiques au service des classes populaires.

 

Àl’heure d’un nouveau scrutin les 15 et 22 mars prochain, « la créativité communiste municipale » est toujours d’actualité, affirme le maire de Montreuil, Patrice Bessac, l’un des deux édiles d’une ville de plus de 100 000 habitants étiquetés PCF et candidat à la tête d’une liste de large rassemblement. Incarnée par l’expression « communisme municipal », la gestion des villes par le PCF, qui cette année fête ses 100 ans, a marqué autant l’histoire de la formation que celle du pays. « Rien que dans la période qui s’étend de 1965 à aujourd’hui, environ 2 900 communes ont eu à un moment ou un autre un maire communiste ou apparenté, ce qui représente 10 millions d’habitants. Cela donne l’ampleur de l’impact de l’action communiste à l’échelle loc ale », explique l’historien Roger Martelli. Un espace qui « s’est rétracté à partir de 1984 et surtout des années 1990, constate-t-il. Mais un ancrage non négligeable s’est maintenu au-delà de ce qu’est l’influence nationale du Parti commun iste ».

Si nombre des politiques d’abord mises en œuvre dans leur commune ont traversé les frontières locales, les élus communistes se revendiquent toujours de l’innovation dans leur gestion communale. Pour le maire de Seine-Saint-Denis, celle-ci s’articule désormais autour de « trois grands axes » que l’on retrouve peu ou prou chez nombre de ses homologues : « le partage, l’écologie du quotidien, la participation citoyenne ». « On tourne des pages mais c’est toujours le même livre », résume Michèle Picard, la maire de Vénissieux (Rhône).

En matière sociale, les édiles du PCF partent avec une certaine expérience. « Ce qui a caractérisé cette gestion communiste, c’est la volonté de réduire les inégalités en utilisant les ressources de la pu issance publique, détaille Roger Martelli. Cela s’est traduit en premier lieu par des politiques ambitieuses de constructions de logements sociaux, mais aussi de mise à disposition des plus modestes de services publics de qualité dans le domaine de la santé, de la culture, ou encore de l’enfance. »

Régie publique de l’eau, transports gratuits, arrêtés anti-expulsion…

Forts de ces « conquis », les maires communistes ont de nouveaux projets. « Nous avons créé à Montreuil la première mutuelle communale santé d’une ville de plus de 100 000 habitants », prend en exemple Patrice Bessac, qui prévoit de l’étendre et propose également en vue du prochain mandat un « check-up santé » gratuit pour tous les jeunes de 18 ans. « L’accessibilité des services » est aussi une marque de fabrique, souligne Philippe Bouyssou, maire dans le Val-de-Marne : « Je suis très fier qu’à Ivry les enfants des familles les plus modestes puissent manger à la cantine pour 42 centimes d’euro ou que l’union sportive puisse proposer les licences les moins chères du département. » Régie publique de l’eau, lutte contre la spéculation immobilière, transports gratuits, arrêtés anti-expulsion figurent aussi sur l’arc des politiques communistes. À Tarnos (Landes), on mise également sur l’économie sociale et solidaire, explique son maire, Jean-Marc Lespade. Comme avec la société coopérative d’intérêt collectif de restauration, qui approvisionne personnes âgées, salariés de la zone industrialo-portuaire, écoles, avec 6 000 repas par jour. Soit de « nouvelles formes de solidarité », selon l’édile de Raismes (Nord), Aymeric Robin. « Cela permet de créer de l’emploi non délocalisable, pas dans une logique de profit mais de redistribution des richesses produites », pointe l’élu du bassin minier, qui propose d’élargir l’ « écoferme » déjà créée avec « une ressourcerie ».

« Le communisme municipal a souvent été réduit à de l’action sociale mais “l’Humain d’abord”, c’est aussi la place qu’on laisse aux individus dans l’élaboration des politiques », assure Aymeric Robin, fier du slogan lancé par son homologue de la ville voisine de Saint-Amand-les-Eaux, l’ancien député Alain Bocquet. « Nous avons eu le trophée de la concertation », ­enchaîne-t-il, exemples d’« urbanisme ­participatif » à l’appui. Une ­exigence démocratique qu’il s’agit de mettre en œuvre dès la campagne, indique Philippe Bouyssou : « La désignation d’un tiers de notre liste par les citoyens eux-mêmes est une véritable innovation. »

Tandis que l’écologie caracole en tête des préoccupations des Français, le communisme municipal version 2020 entend en faire un de ses points forts. « Red is new green », a lancé le PCF lors des élections européennes pour tenter de tourner la page de l’image productiviste qui lui colle à la peau. Sur les territoires, le slogan national se décline au quotidien. « Incontestablement, il y a une prise de conscience chez les communistes », confirme Jean-Marc Lespade. Les maires PCF ont ainsi figuré ces derniers mois parmi ceux qui ont pris des arrêtés antipesticides. « Selon le baromètre des villes cyclables, les deux communes de plus de 100 000 habitants en plus forte progression sont Grenoble et Montreuil », se réjouit Patrice Bessac, qui pointe aussi le développement de l’isolation thermique des logements ou de la géothermie. Un enjeu d’importance dans une ville conquise par EELV entre 2008 et 2014. Leur bilan et projet restent cependant disputés. À l’instar d’Ivry-sur-Seine, où une coalition réunissant FI, PS et EELV se présente face à Philippe Bouyssou. La principale pomme de discorde concerne le projet d’incinérateur défendu par le candidat ­communiste. « Cette reconstruction va permettre de traiter les déchets en polluant beaucoup moins que l’usine actuelle et c’est aussi un lieu de production de chaleur urbaine en remplacement d’une multitude de petites usines de chauffe qui brûlent du gaz, du charbon ou du fioul », oppose le maire.

« Il n’y a jamais d’acquis, ce sont des droits qu’il faut défendre »

Plus au sud, dans la banlieue lyonnaise, Michèle Picard explique que « la première préoccupation des Vénissians, c’est la sécurité ». Un terrain semé d’embûches pour la gauche, qui doit faire face à la surenchère sécuritaire de la droite : « Mes opposants dans la campagne veulent doubler, voire tripler la police municipale », constate l’élue. Mais « une ville est un puzzle », poursuit-elle. « Si vous faites de la sécurité sans faire de prévention, d’éducation, si vous ne développez pas la culture, le sport, les politiques d’emploi, cela ne fonctionne pas », assure l’édile, tout en rappelant qu’il s’agit d’ « une mission régalienne de l’État ».

Souvent assimilé aux villes de la banlieue rouge, le communisme municipal s’est aussi invité en zone rurale. En Auvergne, Saint-Amant-Roche-Savine, un petit village de 500 habitants, dont le député André Chassaigne a été maire de 1983 à 2010, est connu aux alentours pour son festival la Belle Rouge, explique Serge Joubert, le maire actuel, qui évoque aussi l’expérience menée pour accueillir des réfugiés. Si l’agriculteur tout juste retraité insiste sur le fait qu’à l’échelle d’une petite commune « on est parfois impuissant », la priorité numéro un reste le service public : « Avec un collège sur la sellette, c’est la grosse bagarre. »

Tout n’est pas rose (ou rouge) pour autant. Comme dans toutes les communes de France, les maires communistes doivent faire face à l’austérité budgétaire imposée par les gouvernements successifs. « En 2013, nous avions 1,6 million de dotation, en 2020 nous avons 60 000 euros », dénonce le maire de Tarnos. Le constat est unanime. « En quatre ans, nous avons perdu 6 millions d’euros. C’est la moitié d’une école, un an et demi de maintenance de tous nos équipements publics. À cela s’ajoute la contractualisation, qui contraint par ricochet les investissements », fustige la maire de Vénissieux. Mais pour eux, comme pour Patrice Bessac, « même en temps de crise, de difficultés financières, il faut continuer d’inventer, de s’appuyer sur les citoyens. Il est toujours possible de se battre, de trouver des idées nouvelles ». « Tout faire pour maintenir le périmètre des services publics tel qu’il est aujourd’hui avec un conservatoire, une médiathèque, un cinéma d’art et d’essai, deux théâtres, deux galeries d’art, des équipements sportifs, un accès aux vacances, des foyers de retraités, des maisons de quartier… Ne rien vouloir lâcher, c’est déjà en soi d’une extrême modernité. Cela crée une identité de la ville qui dév eloppe l’attachement de ses habitants », ajoute Philippe Bouyssou.

Mais, dans ces villes comme ailleurs, l’abstention, en particulier des classes populaires, gagne tout de même du terrain. « Une partie de la population ne se reconnaît plus dans ces notables qui ne ressemblent plus au corps social et qui n’habitent plus les mêmes cités populaires qu’eux. C’est particulièrement vrai dans le Val-de-Marne », avance l’historien Emmanuel Bellanger, dans un entretien au Monde. Un argument que réfute le maire d’Ivry-sur-Seine : « Parmi les élus communistes d’Ivry, la plupart d’entre nous habitons dans des cités populaires. Cette proximité, je ne suis pas certain qu’elle existe dans les autres forces politiques », réplique-t-il. « Dans nos villes, les habitants sont là depuis longtemps, il y a le sentiment d’une banalité de nos politiques publiques comme si elles existaient partout ailleurs », estime le maire val-de-marnais, qui reconnaît que la crise de confiance nationale dans les partis de gauche à force de « trahisons » ne les épargne pas. Aymeric Robin, qui doit faire face à un RN qui a recueilli 43 % des voix aux européennes, en tire une conclusion : « Il n’y a jamais d’acquis, ce sont des droits qu’il faut défendre. » « Le vote RN est aussi l’expression d’un sentiment d’abandon de la République parce qu’on ferme des classes, des bureaux de poste, des hôpitaux… Le communisme municipal est un rempart parce qu’on a cette proximité avec les habitants, mais jusqu’à quand ? » interroge-t-il, renvoyant à « un malaise beaucoup plus profond ». « Les colères peuvent se transformer en amertume », met aussi en garde Roger Martelli. « Alors que les gilets jaunes ont témoigné du phénomène de relégation des catégories p opulaires, poursuit l’historien, cette façon (du communisme municipal – NDLR) de ra ccorder la fierté des territoires populaires et la fibre sociale mérite d’être aujourd’hui encore poursuivie. »

Julia Hamlaoui
Gauche. Les nouveaux défis du communisme municipal (Julia Hamlaoui, 18 février 2020)
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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 06:09
Retraites. La macronie a peur du peuple - les députés LREM refusent le recours au référendum sur la réforme des retraites demandé par la gauche
Retraites. La macronie a peur du peuple
Lundi, 17 Février, 2020 - L'Humanité
 
La majorité parlementaire a rejeté lundi 17 février la motion référendaire, par 160 voix contre 70 voix, alors que 67 % se déclarent favorables à un référendum.
 
 
Nouveau déni de démocratie sur la réforme des retraites : en dépit des contestations sociales et de son rejet massif par les Français, les députés LaREM ont largement repoussé la motion référendaire déposée par le groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR), lundi soir à l’Assemblée nationale, par 160 voix contre 70.
Pour être recevable, cette motion devait être signée par au moins 58 députés, qui avaient pour obligation d’être tous présents en même temps dans l’hémicycle en vue de son examen. L’objectif des 61 parlementaires signataires issus des rangs du PCF, de la FI, du PS et du groupe LT était simple : soumettre le projet de loi sur les retraites à un référendum.
Chacun leur tour, ils ont soutenu cette motion. A la tribune, le député PCF Fabien Roussel a ouvert les débats. « Peut-on imaginer qu’une telle réforme, aussi importante, se fasse sans le peuple, ou malgré le peuple, voire, plus grave encore, contre le peuple ? », a interrogé le secrétaire national du PCF. « Êtes-vous seulement à l’écoute du Président ou êtes-vous à l’écoute de tous les Français ? », a-t-il également demandé. 
 
A ses yeux, l’exigence du référendum est la seule sortie par le haut possible. Un constat partagé par François Ruffin. « Bien sûr qu’on le veut ce référendum, bien sûr qu’on veut voir si les Français avalent vos bobards ! », a insisté l’insoumis auprès des députés LaREM. « La voilà votre justice sociale : vous l’avez vu cette publicité d’Axa qui présente votre réforme ? Pour combler la baisse des pensions à venir, Axa offre de cotiser un plan épargne retraite. C’est un hold-up préparé dans l’ombre ! », s’indigne-t-il. Moins tonitruant, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, se dit « prêt » à ne pas voter cette motion référendaire à condition que « le 49.3 ne soit pas enclenché par le gouvernement. » Pour l’heure, l’exécutif ne compte pas recourir à cet article explosif de la Constitution., mais n’a fait aucune promesse.  
Sans surprise, les arguments de la gauche ont été balayés d’un revers de main par la majorité et le gouvernement. « Je ne peux m’empêcher de me demander quelle serait la question qui serait posée aux Français », s’interroge, non sans malice, Laurent Pietraszewski, secrétaire d’Etat chargé des retraites. Avant d’énumérer avec arrogance: « Pour ou contre un système solidaire par répartition ? Pour ou contre le maintien des départs anticipés pour celles et ceux qui mettent leur vie en danger pour protéger la nôtre ? Pour ou contre le maintien d’un système dans lequel les pensions des femmes sont 40% moins élevées que celle des hommes ? ». 
 
Le membre de l’exécutif se garde bien de dire que son système prétendu universel va aggraver en réalité les inégalités de pensions entre les sexes. Surtout, sa réforme par points va baisser mécaniquement les pensions au gré des aléas économiques. Qu’importe, Laurent Pietraszewski tacle sévèrement l’opposition de gauche, voyant dans la motion référendaire un simple « artifice de procédure » pour empêcher le débat parlementaire. 
Un peu plus tôt dans l'Hémicycle, Fabien Roussel (PCF) avait pourtant prévenu : « En refusant d'écouter le mouvement social, en refusant de donner le temps du débat au Parlement, vous prenez un grand risque. Celui d’une fracture profonde avec nos concitoyens, avec  les syndicats, les partenaires sociaux. Celui d’un fossé qui va se creuser entre des députés et les Français et abîmer encore plus la politique.»  
Retraites. La macronie a peur du peuple - les députés LREM refusent le recours au référendum sur la réforme des retraites demandé par la gauche
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