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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 15:40

 

"Halte aux spoliations" est le titre du dixième ouvrage de Gérard Le Puill, paru en mai dernier. Journaliste professionnel depuis 35 ans, Gérard Le Puill est un spécialiste des sujets environnementaux, climatiques et agricoles. Dans son dernier livre, il est question de ces enjeux. Mais pas que. Il y aborde aussi la situation des retraités, des corps hospitaliers ou encore des gilets jaunes.

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24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 15:24

 

Une fois de plus, les tenants du "nouveau monde" reprennent les recettes de l'ancien : culpabilisation des chômeurs et déresponsabilisation sociale des entreprises comme seules perspectives.

 

Assurance chomage : une attaque de grande ampleur contre les bases mêmes de notre modèle social

Avec sa réforme de l'Unedic, le gouvernement veut faire payer 3 milliards d’euros d'indemnisation du chômage par les chômeurs. Au nom de l'idéologie ultra-libérale selon laquelle l'indemnisation du chômage serait un facteur de désincitation au travail, il veut une fois encore changer les règles de l'indemnisation des chômeurs en rognant sur le droit à indemnisation. 
Mais cette fois, l'ambition est bien d'ajouter une pierre à la mise à bas de notre système solidaire de protection sociale, en introduisant le principe que l'indemnisation calculée ne pourra pas dépasser la moyenne des salaires perçus. 

Cette décision prolonge en effet la réforme précédente de l'Unedic et la réforme des cotisations salariales engagées toutes les deux au début du quinquennat. La suppression des cotisations salariales chômage par l'intégration dans le salaire net de leur montant monétaire a modifié les modalités de la gouvernance de l'Unedic où le poids de l’État a remplacé le paritarisme syndicats-patronat. Le refus du patronat d'accepter une solution viable à la dette de l'Unedic (35 Mds d'euros) par une augmentation des cotisations patronales a laissé le champ libre au gouvernement pour cette nouvelle régression des droits des chômeurs. 

En vérité, à l'instar de sa future réforme systémique des retraites qui veut plafonner ad vitam æternam la richesse produite par le pays consacrée aux pensions de retraite, le gouvernement déroule sans le dire sa réforme systémique de l'indemnisation du chômage qui imposera de limiter la contribution sociale du pays en faveur des chômeurs et donc la part de richesses que le pays voudrait leur consacrer. C'est ni plus ni moins qu'une nouvelle "règle d'or d'austérité sur la dépense publique et sociale" qui est ainsi imposée aux salariés, et en premier lieu aux chômeurs, dont le but est de remettre en cause les bases mêmes de notre modèle social.

Les dispositions relatives à un bonus-malus pour les entreprises utilisatrices des contrats courts n'étant là que pour servir d'appât pour de futurs signataires de l'accord.

Le Premier ministre prétend qu'il faut "que le travail paie plus que l'inactivité". Il aspire à un "plein emploi" ... à 7% de chômeurs ! De qui se moque-t-on ?!

Si le gouvernement veut vraiment réduire le nombre de chômeurs et relancer l'emploi, eh bien qu'il crée les conditions d'une éradication réelle du chômage. Et pour cela, le PCF a des suggestions à lui faire. A commencer par empêcher les fermetures de site industriels et par créer en urgence les centaines de milliers d’emplois qui manquent cruellement dans les services publics.

Et il pourrait inscrire cette ambition dans la mise en place d'une véritable sécurité d'emploi ou de formation qui, en assurant une rotation emploi-formation-nouvel emploi sans perte de rémunération, permettrait d'assurer une véritable mobilité professionnelle choisie des salariés sans passer par la case chômage, ni par l'inactivité. Et pour financer cela, qu'il mette à contribution ceux qui sont les premiers responsables de la hausse du chômage : le Medef, qui privilégie la rémunération des actionnaires au développement de l'investissement productif, des compétences et de l'emploi !

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 17:13
Communist'Art: Charlotte Delbo
Communist'Art: Charlotte Delbo

Lire Charlotte Delbo est une expérience qui ne vous laisse pas indemne.

Une écriture poétique au scalpel, sans sentimentalisme, économe, précise, violente, lucide, désenchantée, froide, intérieure et charnelle à la fois. Un concentré de paradoxes et d'interrogations. Une écriture contemporaine, novatrice, vibrante.

L'expérience terrible des camps de concentration et d'extermination a fait naître des récits littéraires d'une force extraordinaire, chez Jorge Semprun, Primo-Levi, Robert Antelme et d'autres. 

Charlotte Delbo est de ses écrivains qui ont construit leur écriture et leur vision du monde au plus noir et cruel de l'expérience humaine, face au mal et à la souffrance absolus, regardant la mort en face:

"Nues sur les grabats du Revier, nos camarades ont presque toutes dit: "Cette fois je vais "claboter". Elles étaient nues sur les planches nues. Elles étaient sales et les planches étaient sales de diarrhée et de pus. Elles ne savaient pas que c'était leur compliquer la tâche, à celles qui survivraient, qui devraient rapporter aux parents leurs dernières paroles. Les parents attendaient le solennel. Impossible de les décevoir. Le trivial est indigne au florilège des mots ultimes. Mais il n'était pas permis d'être faible à soi-même. Alors elles ont dit "Je vais claboter" pour ne pas ôter aux autres leur courage, et elles comptaient si peu qu'une seule survécût qu'elles n'ont rien confié qui pût être message".

(Le Convoi du 24 janvier, Charlotte Delbo).

Charlotte Delbo ne triche pas.  

Le 2 mars 1942, Charlotte est arrêtée avec son mari, dirigeant de la résistance communiste, à leur domicile, où elle tapait des textes pour la presse communiste de résistance. Ils sont remis aux Allemands par les Brigades spéciales de la Police française. Elle est emprisonnée à la Santé, lui à la prison du Cherche-Midi. Dudach est interrogé, torturé, fusillé au Mont-Valérien.

Georges Dudach

Elle retrouvera son amoureux Georges Dudach une dernière fois en prison, comme ses amies Maï Politzer, Marie-Jeanne Bauer, Hélène Solomon et Germaine Pican, le jour de son exécution, le matin du 23 mai 1942: "J'écoutais son cœur qui battait au rythme que je connaissais, comme je l'écoutais quand je m'endormais dans ses bras. Je l'écoutais et, malgré moi, j'en comptais les battements, je mesurais combien de coups son cœur avait encore à battre. Chaque battement dévorait les minutes et c'est ainsi que j'ai pris la mesure de ma vie et de mon amour". 

Charlotte Delbo expose sa souffrance mêlée d'incompréhension et de colère à perdre Georges dans Une connaissance inutile:

"Sans doute avez-vous raison

vous qui avez des mots pour tout

Mais

il y en avait

ni forts, ni faibles

qui n'ont été

ni jusqu'au sacrifice

ni jusqu'à la trahison

Il m'est arrivé de penser

qu'il aurait pu être de ceux-là

Et d'avoir honte

Je voudrais être sûre

d'avoir eu honte

Il faut

il faut

Que vous ayez raison

 

Je me demandais

pour qui

pour qui il mourait

pour lequel de ses amis

Y avait-il un vivant

qui méritait sa vie à lui

lui

le plus cher

Doucement il est revenu

de là-bas où il en était allé

revenu me dire

qu'il était mort pour le passé

et pour tous les devenirs

J'ai senti que ma gorge éclatait

mes lèvres ont voulu sourire

mais c'était que je le revoyais.

 

Vous ne pouvez pas comprendre

vous qui n'avez pas écouté

battre le cœur

de celui qui va mourir".

 

Elle avait rencontrée Georges en 1934. Elle avait 21 ans. C'était une fille de la classe ouvrière, d'une famille d'immigrés italiens venant du Piémont. Avec lui et les Jeunesses Communistes, elle suivait des cours du soir de marxisme, notamment avec le philosophe Henri Lefebvre qui va la former intellectuellement et politiquement, comme Georges Politzer et Jacques Solomon. C'est en février 34, dans le contexte du péril des ligues d'extrême-droite, qu'elle prend sa carte à la JC. Georges, lui, était adhérent à la JC depuis 1928, à l'âge de 14 ans. Il était apprenti fondeur en bronze à l'époque. En 1935, il devenait rédacteur de l'Avant-garde, le mensuel des JC. Il devient correspondant à Moscou, chargé de la réorganisation du journal des jeunes communistes belges.

Charlotte le décrit ainsi rétrospectivement:

"Je lui disais mon jeune arbre

Il était beau comme un pin

La première fois que je le vis

Sa peau était si douce

la première fois que je l'étreignis

et toutes les autres fois

si douce

que d'y penser aujourd'hui

me fait comme

lorsqu'on ne sent plus sa bouche.

Je lui disais mon jeune arbre

lisse et droit

quand je le serrais contre moi

je pensais au vent

à un bouleau ou à un frêne.

Quand il me serrait dans ses bras

je ne pensais plus à rien"

(Une connaissance inutile)

Georges et Charlotte sont très sportifs, ils nagent, font du vélo, de grandes promenades, vont au cinéma. Ils habitent 115 rue de Turenne à Paris, à deux pas du métro Filles-du-Calvaire. Ils se marient le 17 mars 1936 à la mairie du IIIe arrondissement. En mai 1935, ils participent tous deux au soutien à la nouvelle grève des Midinettes avec les couturières des maisons Chanel, Worth, Paquin, Molyneux, Nina Ricci. Avec les JC, Charlotte élabore les argumentaires et les tracts. Dans l'organisation de la grève, elle rencontre une jeune dentiste d'origine corse, Danielle Casanova, d'un an de plus qu'elle. Son mari, Laurent Casanova, est l'assistant du secrétaire général du PCF, Maurice Thorez. C'est une militante charismatique et infatigable, une meneuse née. Il y a là aussi Marie-Claude Vogel, la fille du patron de presse Lucien Vogel, et la compagne, bientôt la femme, de Paul Vaillant-Couturier, le rédacteur en chef de L'Humanité. Violaine Gelly raconte dans sa biographie de Charlotte Delbo qu'"en 1933, pour le magazine Vu, elle est allée en Allemagne comme reporter photographe. Elle a assisté aux cérémonies du 1er mai, mettant déjà en scène l'une de ces spectaculaires manifestations à la gloire du Führer. Puis, grâce à l'entremise de militants communistes clandestins, elle a réussi à "voler" quelques photos des camps de concentration d'Orianienburg et de Dachau. De retour en France, elle dit son inquiétude pour les Juifs allemands. Puis elle prend sa carte au PCF". Elle a 24 ans, Danielle 27 ans, et Charlotte 26 ans. 

Charlotte assiste à la création de l'Union des jeunes filles de France (UJFF), liée au PCF, avec Danielle Casanova à sa tête en 1936. "Il n'est plus désormais possible à la femme de se désintéresser des problèmes politiques, économiques et sociaux que notre époque pose avec tant de force. La conquête du bonheur est, pour la femme, liée à son libre épanouissement dans la société, cet épanouissement est une condition nécessaire du développement du progrès social", déclare Danielle Casanova à la tribune le 26 décembre 1936 (cité par Violaine Gelly).

En septembre 1936, Charlotte Delbo-Dudach démissionne de l'Occidentale africaine, une entreprise d'import-export située faubourg Saint-Honoré. Elle est sans travail pendant un an puis reprend du service à Pechiney en 1937. Dudach était-il permanent du parti en Espagne à ce moment-là? Il y a des zones d'ombre dans la chronologie. En mai 37, Georges Dudach devient rédacteur en chef des Cahiers de la jeunesse dirigés par le philosophe communiste Paul Nizan. Charlotte y écrit des critiques théâtrales. Elle réalise une interview de Louis Jouvet pour les Cahiers et celui-ci s'attache à elle, lui proposant de devenir sa secrétaire particulière.  Charlotte va alors le suivre dans toutes ses tournées. Après la défaite et l'exode de mai-juin 40, Charlotte retrouve Georges Dudach qui avait été mobilisé. Dans la clandestinité, celui-ci travaille avec Politzer, Pierre Villon, Jacques Solomon, à la reconstitution d'un réseau de résistance à l'université, autour de la revue La Pensée libre. Georges Dudach va aussi aider Aragon à passer la frontière entre la zone sud et la zone nord et à lancer ses activités de résistance et de constitution de réseaux d'intellectuels pour le Parti communiste clandestin. Aragon lui dédiera un poème après l'annonce de son exécution: En étrange pays dans mon pays lui-même.  

Charlotte était partie dans des tournées en Suisse et en Amérique du Sud avec la troupe de Louis Jouvet en 1941 mais elle avait tout fait pour abréger sa tournée américaine afin de rejoindre Georges. Elle le retrouve en novembre 1941.

Ses mots sont simples et purs pour décrire son amour pour Georges:

"Je l'appelais

mon amoureux du mois de mai

des jours qu'il était enfant

heureux tellement

je le laissais

quand personne ne voyait

être

mon amoureux du mois de mai

même en décembre

enfant et tendre.

Et nous marchions enlacés

la forêt était toujours

la forêt de notre enfance

nous n'avions plus de souvenirs séparés..."

(Une connaissance inutile)      

A partir de novembre 41, Georges et Charlotte vivent dans une planque du Parti au 93, rue de la Faisanderie près du métro Rue-de-la-Pompe dans le 16e arrondissement, sous les identités d'emprunt de M. et Mme Délépine. Georges est engagé à la fois dans la rédaction des journaux clandestins du PCF, pour laquelle Charlotte met à profit ses compétences de dactylo, et dans l'organisation du réseau des intellectuels.

Après l'arrestation et l'exécution de Georges Dudach, pendant des jours, à la prison de la Santé, "Charlotte reste prostrée dans son silence. Les mots l'ont fuie. Et la douleur est ravivée par un nouveau départ pour le peloton d'exécution. Le 30 mai, huit jours après Georges, ce sont d'autres hommes du réseau qui partent pour le Mont Valérien: Félix Cadras, Arthur Dallidet et Jacques Decour. A huit jours d'intervalle, Maï Politzer a vu partir vers la mort les deux hommes qu'elle aimait, son mari et son amant. A Mounette Dutilleul, sa compagne, Arthur Dallidet laisse quelques mots, transmis par Marie-Claude Vaillant-Couturier: "Nous reournerons à Garches, à la fête de l'Huma et nous aurons un fils". A l'aube du 30 mai, Mounette est à la fenêtre de sa cellule pour voir partir celui qu'elle aime, qu'il faut soutenir, car la torture l'a rendu aveugle. Cramponnée aux barreaux, elle entonne crânement La Marseillaise avec l'ensemble de ses compagnes, agrippées à ce chant comme à un espoir" (Violaine Gelly. Paul Gradvohl. Charlotte Delbo. Pluriel). 

" Et voilà qu'elles me rejoignent dans le long cortèges des veuves. Les veuves qui n'ont pas veillé leur mari mourant, qui n'auront pas fermé ses yeux. Nos mains inutiles. Elles me rejoignent dans une douleur inutile que chacune est seule à porter. A quoi sert ma priorité, mon expérience ne peut les aider. Chacune est seule, isolée dans ses souvenirs, dans la mémoire du bonheur passé, dans la mémoire du combat clandestin, si épuisant, si exaltant aussi, avec ses peurs et ses joies. Et quoiqu'elle puissent faire, rien n'effacera le passé. Il pèsera de plus en plus lourd à nos cœurs maintenant réduits en cendres. Toutes ces jeunes vies anéanties. Les enfants que nous n'aurons pas. Ce petit garçon au regard grave et au front bombé, ce fils que je n'aurai pas".  (Charlotte Delbo, Les hommes)   

Romainville

Charlotte est transférée avec ses co-détenues au fort de Romainville, situé dans la commune des Lilas, sur un terrain militaire, le 24 août. Après avoir été séparées pendant 4 mois à la prison de la Santé, les femmes se retrouvent avec beaucoup de joie. Charlotte sympathise avec des résistantes FTP: Cécile Borras, les soeurs marseillaises Carmen (Serre) et Lulu (Thévenin), l'Italienne Viva (Vittoria Nenni, 27 ans), femme d'un militant communiste et imprimeur, raflé par les Brigades Spéciales le 18 juin 1942. Le mari de Viva, Henri Daubeuf, est fusillé au Mont Valérien le 11 août 1942. Viva est transférée à Romainville et les autorités allemandes lui proposent de lui retirer la nationalité française et de la renvoyer en Italie. Par fidélité à l'égard de son mari et de ses compagnes, elle refuse.

"Avec ces trois jeunes femmes, écrit Violaine Gelly, Charlotte va réapprendre à rire. A vivre. "Cela aussi c'était l'oubli - des amitiés nouvelles et des distractions obligées avec une espèce de goût de vivre qui s'emparait de moi, repoussait dans un lointain presque imaginaire tout mon passé, tout ce qui avait été moi disant adieu à Georges. Une autre vie avait commencé, avec d'autres souvenirs".

Avec Marie-Claude Vaillant Couturier et Danielle Casanova, elle participe à un journal clandestin, Le Patriote de Romainville. "Ecrit au bleu de méthylène sur des papiers d'emballage de la Croix-Rouge, il circule dans les chambres et finit brûlé dans les poêles une fois lu. "Tu penses bien que notre sens de l'organisation ne perd pas ses droits, même et surtout pas ici", écrit le résistant communiste Octave Rabaté à sa femme". (Violaine Gelly, opus cité, p. 105). Très vite des cours sont instaurés: Viva Nenni donne des leçons d'italien, Marie-Claude d'histoire politique, Maï de philosophie, Charlotte de théâtre... "On échange des cours de maths contre des cours de couture, des exercices d'anglais contre des recettes de cuisine".  (Violaine Gelly, opus cité, p. 105)

Les deux sœurs Marie et Simone Alizon, du réseau Johnny de Rennes, parmi les plus jeunes détenues de Romainville et les rares non-communistes, découvrent avec stupeur la hiérarchie qui s'est installée, l'organisation structurée, la discipline sans faille, la cohésion peu commune:

" Un bon nombre de ces femmes étaient des scientifiques et des intellectuelles de haut niveau, avec une fois inébranlable dans leur idéal. Elles étaient une partie de l'élite féminine du parti communiste. Il nous fallut du temps pour découvrir ce milieu nouveau et incompréhensible pour nous. Nous étions tombées sur une autre planète. Nous qui ignorions tout des partis politiques, nous étions arrivées au milieu d'un des plus intenses foyers d'activité intellectuelle communiste", racontera Simone, dite Poupette. (Violaine Gelly, opus cité, p. 105-106). Charlotte organise des pièces de théâtre avec Danielle Casanova dans le rôle de Jeanne d'Arc, surveillée par un soldat allemand joué par Marie-Claude Vaillant-Couturier. Elle monte Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux. 17 des co-détenues de Charlotte Delbo au fort de Romainville apprennent l'exécution de leurs maris ou compagnons. Charlotte prépare une autre représentation, On ne badine pas avec l'amour, quand le 18 janvier 1943, 222 détenues sont réunis dans la cour du fort. On leur apprend leur départ pour l'Allemagne.

Avec 229 femmes en majorité résistantes et communistes, Charlotte est déportée le 23 janvier 1943 à Fresnes, Compiègne, puis vers Auschwitz. 3 mois plus tard, il ne restera que 70 femmes survivantes de ce convoi classé Nuit et Brouillard. Les 4 derniers wagons d'un convoi de 18 sont réservés aux femmes quand le convoi part de Compiègne le 24 janvier. Dans le dernier wagon où grimpe Charlotte, par chance, elles ne sont que 27, et non 60 à 70 comme dans les trois autres, ce qui leur permettra de respirer et de dormir couchées.

"Personne ne comprendra jamais pourquoi, écrit Violaine Gelly, ces prisonnières ont été déportées à Auschwitz, qui était essentiellement un camp d'extermination de Juifs... Les "politiques "étaient ordinairement dirigées sur Ravensbruck. Sauf le convoi du 24 janvier 1943, dit "convoi des 31 000" car tous les matricules à cinq chiffres que les survivantes porteront tatoués sur l'avant-bras gauche pour le restant de leur vie commencent par 31. Désorganisation allemande due à la panique de voir Stalingrad sur le point de tomber? Simple erreur humaine lors de la séparation avec le train des hommes à Halle? La réponse s'est perdue avec la destruction d'une partie des archives d'Auschwitz - à supposer qu'elle s'y trouvait..." (Violaine Gelly, opus cité, p.115)

Auschwitz

"Rue de l'arrivée, rue du départ.

Il y a les gens qui arrivent. Ils cherchent des yeux dans la foule de ceux qui attendent ceux qui les attendent. Ils les embrassent et ils disent qu'ils sont fatigués du voyage. 

Il y a les gens qui partent. Ils disent au revoir à ceux qui ne partent pas et ils embrassent les enfants. 

Il y a une rue pour les gens qui arrivent et une rue pour les gens qui partent.

Il y a un café qui s'appelle "A l'arrivée" et un café qui s'appelle "Au départ".

Il y a les gens qui arrivent et il y a les gens qui partent.

Mais il est une gare où ceux-là qui arrivent sont justement ceux-là qui partent

une gare où ceux qui arrivent ne sont jamais arrivés, où ceux qui sont partis ne sont jamais revenus.

C'est la plus grande gare du monde.

C'est à cette gare qu'ils arrivent.  

C'est à cette gare qu'ils arrivent, qu'ils viennent de n'importe ou.

Ils y arrivent après des jours et après des nuits

ayant traversé des pays entiers

ils y arrivent avec les enfants même les petits qui ne devaient pas être du voyage.

Ils ont emporté les enfants parce qu'on ne se sépare pas des enfants pour ce voyage-là.

Ceux qui en avaient ont emporté de l'or parce qu'ils croyaient que l'or pouvait être utile.

Tous ont emporté ce qu'ils avaient de plus cher parce qu'il ne faut pas laisser ce qui est cher quand on part au loin.

Tous ont emporté leur vie, c'était surtout la vie qu'il fallait prendre avec soi.

Et ils arrivent

ils croient qu'ils sont arrivés

en enfer

possible. Pourtant ils n'y croyaient pas

Ils ignoraient qu'on prît le train pour l'enfer mais puisqu'ils y sont ils s'arment et se sentent prêts à l'affronter

avec les enfants les femmes les vieux parents

avec les souvenirs de famille et les papiers de famille.

Ils ne savent pas qu'à cette gare-là on n'arrive pas.

Ils attendent le pire- ils n'attendent pas l'inconcevable".

( Aucun de nous ne reviendra. Charlotte Delbo, 1970)

 

"Ce point sur la carte

Cette tache noire au centre de l'Europe

cette tache rouge

cette tache de feu cette tache de suie

cette tache de sang, cette tache de cendres

pour des millions

un lieu sans nom.

De tous les pays d'Europe

de tous les points de l'horizon

les trains convergeaient

vers l'in-nommé

chargés de millions d'êtres

qui étaient versés là sans savoir où c'était

versés avec leur vie

avec leurs souvenirs

avec leurs petits maux

et leur grand étonnement

avec  leur regardait qui interrogeait

et qui n'y a vu que du feu,

qui ont brûlé sans savoir où ils étaient.

Aujourd'hui on sait.

Depuis quelques années on sait.

On sait que ce point sur la carte

c'est Auschwitz.

On sait cela

Et pour le reste on croit savoir".

(Une connaissance inutile, Charlotte Delbo)

Charlotte arrive à Auschwitz le 27 janvier au petit jour. Les déportées survivantes sont transportées à Birkenau, à trois kilomètres d'Auschwitz I. Les chantent La Marseillaise à la suite de Mounette. "Partout sur le sol, des cadavres qu'elles enjambent, des rats gros comme des chats qui courent entre des alignements de baraquements en brique, une odeur épouvantable qui envahit tout et dont elles découvriront très vite que c'est celle qu'exhalent les fours crématoires où jour et nuit sont brûlés des corps" (Violaine Gely). 

15 ans plus tard, suite aux guerres d'Algérie et du Vietnam qui ravivent les blessures de sa mémoire, Charlotte tentera de restituer l'horreur indicible d'Auschwitz par touches successives, en évoquant les sensations limite de cette vie enfer, ses amies, ses moments d'espoir, de désespoir, de combat contre la facilité du découragement et de l'abandon à la mort. Danielle Casanova est nommée dentiste du Revier, elle y mourra du typhus le 9 mai (Charlotte écrira: "Elle reposait, belle parce qu'elle n'était pas maigre, le visage encadré de tous ses cheveux noirs, le col d'une chemise blanche fermé sur son cou, les mains sur le drap blanc, deux petites branches de feuillage près de ses mains. Le seul beau cadavre qu'on ait vu à Birkenau"). Marie-Claude Vaillant-Couturier interprète de l'administration du camp. Charlotte, elle, malade, est protégée par ses camarades sur les lieux de travail en extérieur. Charlotte racontera l'extraordinaire solidarité de survie entre les déportées, leur amitié, leur bravoure et leur endurance inimaginables, leur beauté arrachée à la vie: 

" Yvonne Picard est morte

qui avait de si jolies seins.

Yvonne Blech est morte

qui avait les yeux en amande

et des mains qui disaient si bien

Mounette est morte

qui avait un si joli teint

Une bouche toute gourmande

et un rire si argentin

Aurore est morte

qui avait des yeux couleurs de mauve.

Tant de beauté tant de jeunesse

Tant d'ardeur tant de promesses...

Toutes un courage des temps romains.

Et Yvette aussi est morte

qui n'était ni jolie ni rien

et courageuse comme aucune autre.

Et toi Viva

et moi Charlotte

dans pas longtemps nous serons mortes

nous qui n'avons plus rien de bien"

(Une connaissance inutile)

En mai 43, Charlotte va être affectée à Rajsko, grâce à Marie-Claude Vaillant-Couturier à la culture du kok-sanghiz, un pissenlit d'Asie centrale dont la racine et la sève contiennent du latex transformable en caoutchouc.  Les conditions de vie et de travail sont moins mortifères, le harcèlement des kapos moins dangereux. Pendant trois mois, Charlotte et ses amies font l'aller-retour entre Birkenau et Rajsko matin et soir. Avec ses co-détenues, pour se divertir de l'enfer du camp, Charlotte évoque Electre, Dom Juan, elle tente de reconstituer avec Claudette Bloch, une détenue française, juive résistante, l'intégralité du Malade imaginaire de Molière. Elles montent la pièce au lendemain de Noël, le 26 décembre 1943, avec des costumes réalisés par le plus grand esprit d'expédient et d'invention.

"Le dimanche de la représentation, tout est en place. "C'était magnifique parce que chacune, avec humilité, joue la pièce sans songer à se mettre en valeur dans son rôle. Miracle des comédiens sans vanité. Miracle du public qui retrouve soudain l'enfance et la pureté, qui ressuscite à l'imaginaire. C'était magnifique parce que, pendant deux heures, sans que les cheminées aient cessé de fumer leur fumée de chair humaine, pendant deux heures nous y avons cru. Nous y avons cru plus qu'à notre seule croyance d'alors, la liberté, pour laquelle il nous faudrait lutter cinq cent jours encore"  (Une connaissance inutile) - Cité dans Charlotte Delbo- Violaine Gelly, Paul Gradvohl, Pluriel

Vers l'impossible libération

Tout début 44, Charlotte et quelques-unes de ses co-détenues sont transférées à travers un train ordinaire à Ravensbrück. La vie y est presque aussi inhumaine et dure, mais il n'y a plus de chambres à gaz. Les travaux forcés visent moins la mort rapide que l'entretien de la machine de guerre nazie. Charlotte travaille pour Siemens, puis pour un atelier de couture nazi, un centre de récupération des vêtements des déportées décédées. Le 23 avril 45, elle quitte l'Allemagne pour le Danemark, puis la Suède, où elle est libérée.  Arrivée à Paris fin juin, il est écrit sur son rapport d'examen médical: typhus avril 1943, aménorrhée pendant 39 mois (retour des règles en juin 1945), œdème des membres inférieurs, goitre thyroïdien, rhumatismes et douleurs sciatiques, soins dentaires, tachyarythmie". De retour en France, Charlotte s'effondre.  Elle racontera son sentiment d'irréalité, de culpabilité, de perte irréparable de ses amies chères et du précieux de l'amitié, jamais aussi forte que dans les épreuves inouïes de la déportation, son impossibilité à revenir à la vie ordinaire, dans Auschwitz et après, Mesure de nos jours, en 1970. Charlotte reprend néanmoins du service après trois mois auprès de Louis Jouvet, mais son état de santé l'oblige à partir se soigner en Suisse. Elle écrit pour le Journal de Genève des cours récits témoignant de la vie à Auschwitz. Elle écrit deux nouvelles pour un magazine féminin suisse. L'une raconte un Noël à Rajsko, l'autre l'histoire de Lily, la petite juive fusillée pour un mot d'amour. 

Dans ses cahiers personnels, elle raconte Auschwitz, d'une traite, sans rature: un long poème en prose qui ouvrira Aucun de nous ne reviendra (fini d'être écrit en 1965, mais qui ne sera publié qu'en 1970 chez Minuit). Ce manuscrit, elle ne cherchera à le publier qu'après 1965. Interrogée par Jacques Chancel pour l'émission Radioscopie en 1974, elle explique ce délai de publication ainsi: 

" Pour moi, ce livre aurait tant d'importance dans ma vie qu'il fallait que ce fût une œuvre. Pour m'assurer que c'en était une, il fallait que je le laisse dormir pendant vingt ans. Cela peut paraître un pari stupide, orgueilleux en même temps, j'avais des raisons très prosaïques. Nous arrivions dans un pays ravagé par la guerre, des gens meurtris, qui ont subi des deuils, des bombardements, des déprédations, qui ont été très malheureux. Et leur malheur, même s'il était sans comparaison avec le nôtre, il faut bien l'admettre, était présent alors que le nôtre était lointain. Nous étions dans la situation de celui qui est en train de mourir d'un cancer et qui essaie d'attirer l'attention de quelqu'un qui souffre d'une rage de dents: la rage de dents vous possède tant que vous ne faîtes pas attention à l'autre et que vous n'entendez pas la plainte du proche". 

Dans l'après-guerre, Charlotte, quoique agacée par le culte sélectif des résistants, le culte de la personnalité, l'idolâtrie même de Thorez, Staline, et rebelle et indépendante vis-vis de l'état-major du PCF, reste proche des communistes et défend l'expérience soviétique. Elle va amèrement déchanté après le rapport Khrouchtchev en 56 révélant l'ampleur et le caractère systématique des crimes du stalinisme et un voyage personnel en Russie en 59. Elle écrit un essai très critique sur l'expérience soviétique Un métro nommé Lénine mais ne trouve personne pour l'éditer. Dans les années 60, Charlotte Delbo est embauchée au CNRS et y collabore avec Henri Lefebvre, philosophe marxiste exclu du PCF en 1957 pour avoir violemment critiqué le stalinisme. Elle écrit contre la guerre d'Algérie.  

Après la publication de ses premiers livres sur la déportation aux éditions de minuit, Charlotte se lance dans l'écriture théâtrale. En 1966, elle écrit Qui rapportera ces paroles?, une pièce en trois actes où 22 comédiennes campent des détenues du block 23.   

Dans les années 68 et les années 70, Charlotte Delbo reste révolutionnaire, de gauche et sans doute communiste, mais s'éloigne fortement du PCF, au point qu'elle critique Henri Lefebvre quand il appelle à voter pour le PCF en 78 et s'éloigne de lui. Elle combat par ses écrits les dictatures de droite au Portugal et au Chili, comme la répression du printemps de Prague. Elle réfute avec la dernière énergie les tentatives négationnistes de Faurisson.    

Charlotte Delbo, atteinte d'un cancer du poumon depuis 1982, s'éteint en 1985 à Paris. 

A lire:

Charlotte Delbo, Auschwitz et après, Mesure de nos jours,

Charlotte Delbo. Aucun de nous ne reviendra

Charlotte Delbo. Une connaissance inutile

Charlotte Delbo, Le Convoi du 24 janvier

Violaine Gelly. Paul Gradvohl. Charlotte Delbo. Pluriel

Ghislaine Dunant. Charlotte Delbo. La vie retrouvée. Essais. Seuil 

Charlotte Delbo, rescapée des camps de la mort, immense écrivain, militante communiste anti-colonialiste : l'écriture comme ultime moyen de résistance (L'Humanité, Violaine Gelly - décembre 2013)

Et dans la rubrique Communist'Art:

COMMUNIST'ART: Mahmoud Darwich, le poète national palestinien, voix universelle de l'amour et de la nostalgie (1941-2008)

Un grand poète victime de la barbarie nazie - le 8 juin 1945, mort de Robert Desnos au camp de Terezin

COMMUNIST'ART: Paul Eluard - par Hector Calchas

COMMUNIST'ART: Frida Kahlo - par Hector Calchas

COMMUNIST'ART: Louis Aragon par Hector Calchas

COMMUNIST’ART - Erik Satie

COMMUNIST'Art: Fernand Léger

COMMUNIST'ART - Jacques Prévert, par Hector Calchas

COMMUNIST'ART: Elio Petri, le cinéaste renégat - par Andréa Lauro

COMMUNIST'ART: Mario Monicelli, cinéaste italien, auteur de Les camarades (1963)

Communist'Art: Soy Cuba - Un film de Michail Kalatozov, une émotion visuelle incroyable qui laisse enchantés et déconcertés - la chronique cinéma d'Andréa Lauro

Communist'Art : Vladimir Maïakovski

 

   

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 16:37
Ordre du jour du prochain conseil communautaire de Morlaix-Communauté du 1er juillet 2019 à 18h

Ordre du jour du prochain conseil communautaire de Morlaix-Communauté du 1er juillet 2019 à 18h

- Information relative aux décisions prises par délégation par le Président de la communauté d'agglo

- Culture: présentation de la phase d'avant-projet définitif de la scénographie de l'espace des sciences (plan de financement approuvé à l'unanimité par le conseil de communauté du 22 mars 2014 pour un montant global de 9,1 millions d'€ HT, portés depuis à 9,4 millions d'€ HT). 

- ZAE Aéropôle de Morlaix: Cession de terrain à la société Sermetta (extension de bâtiments d'environ 11 000 m2 prévue en 2019-2020 - un projet industriel pour un investissement prévu de 10 millions d'euros). Morlaix Communauté devrait réaliser des travaux d'extension du bassin de rétention des eaux pluviales pour augmenter son volume. Le coût prévisionnel est prévu à 235 000 € HT. Le prix de vente proposé pour le terrain est de 15€ HT le m2 et le projet pourrait bénéficier, dit la délibération, d'une aide à l'immobilier d'entreprise plafonnée à 150 000€.

- Requalification et extensions de la zone de Keriven à Saint-Martin des Champs (75 entreprises, 600 salariés).

- Zone de Keriven, cession d'un terrain d'environ 7200 m2 au groupe SPIE Probia Ingenierie (20€ HT/ m2)

- Zone de Kerviven, cession de terrain à la société Bondu (négoce de levures): 9500 m2 pour 20€/m2

- ZAC Saint-Fiacre: Avenant à la convention d'aménagement - prolongation de la durée de concession d'aménagement avec la SAFI jusqu'en décembre 2020

- Cession d'un local à Henvic à la SARL Serdo (Maison et services)

- Centre de ressources techniques de Morlaix (CRT): Attribution d'une subvention ACI 2019 (30 000€)

- Convention de programmation et de suivi des déploiements de la fibre optique pour tous (de type FTTH) Morlaix et Saint-Martin des Champs entre Etat/ collectivités/SFR

- Avenant de prorogation à la convention d'objectifs 2016-2019 de la Maison du Tourisme

- Approbation du compte administratif 2018 de la Maison du Tourisme

- Attribution d'une subvention à la CCI MBO Morlaix pour l'opération: "Ma Bretagne, c'est par ici!" (10 000€ proposé)

- Linéotim: tarification solidaire. Actualisation des tranches du quotient familial. Adoption du guide d'instruction pour l'accès aux droits à la réduction. Actualisation des niveaux de quotient familial tenant compte de la revalorisation de certains minima sociaux au bénéfice des usagers pour qu'ils ne perdent pas les tarifs réduits auxquels ils avaient droit. 

- Déchets: changement de repreneur pour les cartons et cartonnettes.

- Sotraval SPL et SEML Rapports d'activité 2018

- Tarifs 2019 Eau potable pour la commune de Pleyber-Christ

- Conventions de partenariat 2019 avec le Syndicat mixte du Haut Léon pour les actions GEMAPI et hors GEMAPI du Bassin Versant de la Penzé

- SAGE Baie de Lannion. Comité du bassin versant du léguer. Financements 2019

- PLU de Morlaix - Approbation de la modification n°2 relative au projet de chaufferie bois

- Institution de la commission locale du site patrimonial remarquable de Morlaix

- Programmation travaux HLM 2019 (à Morlaix, 79 logements à La Boissière et 30 logements à La Cité d'Aumont concernés pour un montant prévisionnel des travaux de 2 millions d'€

- Portail de cartographie de l'occupation du parc social

- Modification des des critères de l'aide à l'accession à la propriété pour les aides communautaires à l'habitat privé. 

- Expérimentation d'un service de rade au port de Primel

- Demande de soutien à la candidature du Parc Naturel Régional d'Armorique au label "Géopark UNESCO"

- Zones de préemption départementale au titre des espaces naturels sensibles: étude pour la mise à jour des périmètres à Carantec, Locquirec, et la création d'un périmètre à Plouégat-Guerrand

- Attribution de subventions aux centres sociaux (Ti an Oll, Ulamir, Carré d'As

- Décisions budgétaires modificatives

- Avenant à la convention ADEUPa (conseil en urbanisme)

- Avenant n°6 au contrat de territoire 2014-2020 pour l'évolution du soutiens aux projets SEW, salle Omnisports de Lanmeur, Station d'épuration et réseaux de transfert sur la commune du Cloître St Thégonnec 

- Mandat spécial pour le déplacement d'élus en Cornouailles

- Révision du catalogue des tarifs. Espace Aquatique et Auberge de Jeunesse

- Révision des statuts de Morlaix-Communauté pour les actions hors GEMAPI

 

*********

 

Lire aussi:

Interventions d'Ismaël Dupont, élu PCF Front de Gauche - Conseil communautaire de Morlaix-Co du 13 mai 2019

Voici un résumé de mes interventions et de mes votes au dernier conseil communautaire du 13 mai 2019:

- 1°) Sur une augmentation de la contribution forfaitaire de 6 600€ pour la DSP de l'espace aquatique communautaire de Plourin-les-Morlaix (géré par l'UCPA Sport Loisirs), consécutif à un différentiel de 90 000€ par rapport au budget prévisionnel lié à un manque de recettes en 2018 de - 57 000€ pour les entrées piscine grand public, de - 20 000€ sur les activités, et de -13 000€ par rapport au prévisionnel en équilibre, j'ai rappelé ma proposition faite au dernier conseil communautaire, en contrepartie du soutien légitime de Morlaix-Communauté à un équipement utile aux loisirs populaires et à l'apprentissage de la nage et de la natation pour tous, une politique tarifaire plus incitative pour les enfants des familles à faibles revenus et pour ces familles elles-mêmes, lesquels bénéficient pour certaines actuellement d'une aide de 4000 € du secours populaire pour l'accès de tous à la piscine, alors que l'accès de tous à la piscine devrait être garanti par la collectivité qui la subventionne fortement, et non par une association solidaire qui a par ailleurs beaucoup d'autres engagements. Au dernier conseil communautaire, il m'avait été répondu par Thierry Piriou que ma demande ferait l'objet d'un examen prochain pour envisager une réflexion sur les tarifs, la même réponse a été faite aujourd'hui par le président de Morlaix-Communauté. J'ai également interrogé une démarche de communication vis-à-vis des écoles et des habitants, une réflexion précise sur l'accessibilité de la piscine par les scolaires par les transports en commun, de manière à retrouver une fréquentation plus importante de l'espace aquatique afin de justifier pleinement les fonds publics investis dedans.   Christian Le Manac'h est aussi intervenu sur l'insuffisance à prévoir de l'augmentation de la contribution forfaitaire annuelle de 6 600€ par rapport au montant du déficit. J'ai voté malgré tout cette délibération, adoptée à l'unanimité. 

- 2°) Sur le logement social, et le projet de démolition des immeubles des Jardins du Launay à Kerfraval pour faire 63 nouveaux logements pour les Genêts d'Or, j'ai pointé l'absence de communication, de prise en compte suffisante des intérêts et du besoin d'information et de concertation des locataires sur ce dossier, depuis 3-4 ans, par le bailleur social Aiguillon, certains locataires ne s'étant pas vu encore proposé de solutions de relogement adaptées, et ayant eu beaucoup de difficultés à avoir des interlocuteurs et des réponses à leurs interrogations pendant des mois et depuis des années. 

  - 3°) Seul parmi les conseillers communautaires, j'ai voté contre la recapitalisation de la SEM du Golf de Carantec et la décision d'annuler 87 048€ d'actions de Morlaix-Communauté (4836 actions de 18€), soit autant d'argent définitivement perdu pour elle, pour venir combler des pertes de 109 000€ pour le golf ces 4 dernières années, assorti d'un réengagement de 82 440€ de Morlaix Communauté en actions dans la somme, qu'on est pas sûr de pouvoir retrouver au bout du compte, soit un engagement potentiel de 169 000€ et effectif de 87 048€ pour un golf qui compte 280 abonnés et 300 licenciés à l'association sportive. J'ai justifié ma décision en disant que je n'avait rien contre cette pratique sportive et les gens qui la pratiquaient mais que le modèle économique du financement public d'un golf, et son caractère prioritaire par rapport à une pratique sportive qui est aujourd'hui souvent majoritairement le fait de catégories aisées, pouvait être remis en cause. En disant qu'il y avait pour moi d'autres priorités, soutien à des pratiques sportives populaires, démocratisation des pratiques sportives, soutien au transport public, au social, à la justice sociale. A part moi, tous les élus présents ont voté pour cette annulation de 87 000€ d'actions (concédés donc définitivement à la SEM du golf, qui existe depuis 2011, et cette recapitalisation). 

- 4°) Sur la plate-forme régionale de covoiturage OuestGo, plateforme publique régionale gratuite pour les usagers alternative à blablacar pour le covoiturage, notamment sur des trajets courts et de proximité, j'ai dit mon soutien à la proposition de financement à la hauteur de 1500€ en demandant si on pouvait en attendre des retours de connaissance sur l'usage du covoiturage sur le territoire, les fréquences, les trajets, les différents types d'usagers et en soulignant tout de même que le co-voiturage ne devait pas avoir vocation à remplacer des solutions de transport en commun défaillantes ou abonnées, notamment le transport par car péri-urbain sur le territoire de Morlaix Communauté, dont je réclame la densification et la diversification de l'offre depuis 2014, et j'en ai souligné à cette occasion que je regrettais la décision de ne pas inviter le collectif citoyen pour le développement du transport en commun sur Morlaix Sud à la réunion de bilan des expérimentations des lignes 36+ et 40+ sur Plourin, Plouigneau, Plougonven, et des secteurs non desservis de Morlaix, ce collectif ayant fait la preuve de son expertise nourrie d'un contact direct avec les usagers, potentiels ou avérés, et de sa capacité à faire des propositions concrètes pour améliorer la fréquentation des bus.    

- 5°) Sur la révision des modalités d'abonnement sur le parking longue durée du pôle d'échange multimodal de la gare de Morlaix, je me suis abstenu en rappelant mon opposition au stationnement payant sur la gare (la mise sous barrière n'imposait pas le stationnement payant) qui a des conséquences pour les usagers du train (financières ou de l'ordre de la complication du stationnement), pour les habitants des rues proches de la gare, qui voient des voitures d'usagers du train compliquer le stationnement pour leur propre véhicule.

J'ai remarqué que pour moi, comme pour beaucoup de Morlaisiens et d'usagers de la gare, les 13 millions d'euros investis dans le pôle gare, dont près de la moitié par Morlaix-Communauté, n'avaient pas produit un réel gain d'accessibilité de la gare et du transport ferroviaire du fait d'un aménagement mal pensé, notamment pour le parking, le dépose-minute, moins pratique, un parvis immense qui ne sert pas à grand chose. J'ai dénoncé le paradoxe qu'il y avait à proposer des abonnements payants à un parking sous barrière aux riverains de la gare pour remplir un parking rempli qu'à 50 ou 60% parce que payant, et à rendre très restrictif l'accès aux stationnements dans les rues (zones bleues pour les non riverains, verbalisations) aux abords de la gare pour contrebalancer les effets pervers de ce stationnement payant tout autour de la gare. 

J'ai été le seul à m'abstenir sur cette délibération qui s'appuyait sur un prenez acte du stationnement payant à la gare.  

Conseil de communauté de Morlaix-Co du lundi 1er avril 2019: interventions de Ismaël Dupont et photos de Pierre-Yvon Boisnard

Interventions d'Ismaël Dupont, conseiller communautaire communiste (Morlaix) - conseil de communauté du 1er avril 2019:

 

Première intervention démocratie locale

 

en début de séance, j'ai signalé en le regrettant que les compte rendus du conseils de communauté précédents nous arrivent très tardivement (le dernier mis en ligne sur le site de Morlaix Communauté date du 5 novembre 2018 au 1er avril 2019 alors qu'il y a eu deux conseils communautaires depuis). De la sorte, il nous est impossible d'approuver le compte rendu du dernier conseil communautaire ou de faire des remarques dessus en début de nouveau conseil comme cela se fait en conseil municipal. J'ai aussi signalé que les ordres du jour des conseils communautaires ne sont pas communiqués sur le site de la communauté d'agglo (annoncés souvent au dernier moment dans la presse, moi je les publie dès que je peux dans le Chiffon Rouge mais cela me demande un temps important de réécriture, …).

Rien n'est fait semble t-il pour encourager les citoyens à venir assister à nos assemblées et leur faciliter la compréhension et le suivi des débats. J'ai demandé à nouveau, pour la troisième fois depuis 2014, qu'on puisse filmer les séances du conseil communautaire et mettre un lien vidéo avec les débats sur le site de Morlaix Communauté car la lecture des compte rendus de délibérations ou de débats peut être fastidieuse et ingrate.

Le public est rare dans nos conseils communautés : pourtant il importe pour la réalité et la qualité de la démocratie locale que les citoyens puissent s'informer des débats sur l'utilisation des dizaines de millions d'euros, produit de leurs impôts, que gèrent les élus communautaires et sur les débats de leur assemblée de communauté. A Morlaix, les conseils sont filmés depuis deux ans et demi. Il n'y a pas énormément de vues mais on peut revoir facilement l'ensemble des débats, interventions et votes des conseils municipaux.

C'est une trace pour mémoire et un moyen d'intéresser aussi à la vie locale, voire de faire venir plus de citoyens pour suivre nos assemblées. Hier, il n'y avait qu'une personne dans le public, Pierre-Yvon Boisnard lui-même !!!

Deuxième intervention – adoption du compte administratif

J'ai souligné que le document de présentation synthétique du compte administratif réalisé 2018 présenté et commenté par le nouveau vice-président aux finances Jean-Michel Parcheminal était beaucoup plus lisible que le dossier d'accompagnement du budget primitif qu'on aurait à voter ensuite, 236 pages avec une présentation analytique sans réelle regroupement et des milliers de lignes de chiffres plus difficile à lire que l'Ancien Testament (une présentation synthétique du budget primitif 2019 a été faite finalement, mais pas envoyée en avance aux conseillers communautaires : elle était présente sur les tables et consultable au moment du conseil communautaire).

J'ai dit que ce compte administratif 2018 témoignait d'un certain point de vue d'une bonne situation financière car les recettes sont en légère hausse et l'excédent est important (11 millions d'euros brut, 5 millions d'€ d'épargnes de gestion) mais qu'on pouvait avoir aussi une autre lecture de ce document : une communauté à l'aise une certaine opulence, dans un territoire qui l'est beaucoup moins et qui a plus que jamais besoin d'une grande qualité de services rendus à la population.

Et de ce point de vue, j'ai souligné que les politiques en matière de transport, de soutien aux associations, sportives notamment, au secteur des personnes âgées, était encore très perfectibles. J'ai donné deux exemples pour soutenir l'idée qu'il y avait un risque à ce que le projet de territoire serve à limiter le droit d'entrée à l'éligibilité aux subventions pour nombre d'associations et que l'on ne prête qu'aux riches ou à des gros associations qui sont déjà bien soutenues dans leurs missions.

J'ai donné l'exemple du récent refus difficilement explicable d'accorder une subvention de 800 euros à l'association Dont Acte qui met en place depuis plusieurs années un festival littéraire et artistique rue des Cent Marches dans le quartier de la gare, mettant ainsi en valeur les artistes locaux, de grand talent, et un quartier qui est stratégique sur la redynamisation du quartier de la gare, et une association qui pourtant voit sa demande de subvention refusée pour l'instant.

J'ai aussi parlé d'une réflexion à avoir sur un soutien communautaire aux associations sportives en donnant l'exemple du Morlaix Saint Pol Gym qui sur 400 adhérents n'a qu'une cinquantaine de morlaisiens et qui est pourtant principalement soutenu par la ville, quand l'essentiel de son budget vient des adhérents. Comme ce club, beaucoup d'associations sportives basées à Morlaix ont une dimension de territoire.  Les soutenir permettrait aussi de rencontre l'accès aux inscriptions plus accessible à toutes les familles. 

Troisième intervention - Ouverture d'une ligne de crédit pour une étude sur un nouveau bâtiment communautaire

J'ai demandé des éclaircissements sur ce projet et sa justification - Guy Pouliquen et Thierry Piriou ont répondu sur la nécessité d'offrir des locaux plus adaptés au service environnement, de regrouper les services. J'ai demandé aussi s'il y avait des informations sur un troisième département de l'IUT et un éventuel élargissement de l'emprise de l'IUT sur l'actuel bâtiment de Morlaix-Communauté à la Manu. On m'a répondu (Agnès Le Brun) qu'un troisième département pouvait se concevoir dans les locaux actuels de l'IUT. J'ai alors posé le problème d'une bibliothèque universitaire et d'un espace de travail et d'information à concevoir pour les étudiants de Morlaix, pourquoi pas sur le site de la Manu. J'ai voté cette ligne de crédit pour une étude et une construction de projet d'un nouveau bâtiment communautaire qui semble justifiée par les nouvelles compétences de Morlaix Communauté et les besoins du service et un loyer élevé payé actuellement par Morlaix-Co à la CCI (182 000€ en tout/ an pour le 1er et le 2e étage, 222 000€/an pour l'ensemble des loyers).  

 

Quatrième intervention - Vote du budget primitif 2019

J'ai voté pour le budget tout en disant que je ne partageais pas l'ensemble des choix et orientations de la communauté (en matière de manque d'ambition de la politique transport par exemple - réseau, gratuité - ou de stationnement payant à la gare) parce que je trouve qu'il y a eu l'an passé et cette année des choix d'investissements que je juge importants pour Morlaix et le territoire: à la Manu avec le projet SEW/c et l'espace des sciences qui vont amener du dynamisme, de l'attractivité, avec la montée en puissance du soutien communautaire à l'enseignement artistique et musical, avec une option envisagée sérieusement de la construction d'une école de musique et artistique communautaire, avec la prise de compétence en régie de la gestion de l'eau. 

Le budget a été voté à l'unanimité.

J'ai remarqué que pour ce qui était de la DSP sur l'espace aquatique de Plourin-les-Morlaix, où Morlaix Communauté prévoit de mettre 10 000€ de plus cette année, il y avait de quoi soutenir davantage un accès de tous les enfants et publics à la piscine et de ne pas laisser une association comme le Secours Populaire, qui reçoit 1300 personnes par an à Morlaix, financer pour plusieurs milliers d'euros un accès à la piscine pour les enfants des familles ayant moins de revenus, alors que ce devrait être le rôle de la communauté de prévoir d'emblée des dispositions tarifaires permettant à tout le monde d'aller à la piscine.   

Le Président Thierry Piriou a dit que cette proposition allait être prise en compte et examinée.

 

Cinquième intervention - redressement de Global Sea Food au Diben et achat par Jean-François Jacob, ex président de la SICA, avec Bezhin Breizh  

Je me suis abstenu (seul) sur la délibération d'autorisation de cession de terrain en rappelant le triste historique de crises d'activité et de destruction d'emplois depuis 97 entre Intermarché, Capitaine Houat, Global Sea Food, avec à chaque fois beaucoup d'argent public qui n'a pas été retrouvés, ni conditionné à un droit de regard sur la gestion de ces entreprises, ni traduit en emplois pérennes. J'ai dit que les conditions du rachat par JF Jacob n'était pas sans poser de lourdes interrogations: une gestion économique pas forcement reluisante de ses affaires dans le secteur de Roscoff, une société au capital initial de 10 000€  qui reçoit une aide colossale de 500 000€ de la région, alors qu'il suffit d'un emprunt bancaire pour capitaliser. L'homme aux écus, là, vit au crochet du panier percé de la collectivité. Bien sûr, on souhaite une reprise d'activité sur ce site, mais pas dans la réédition des mêmes erreurs, pas avec une débauche d'argent public que l'on n'est pas sûr de retrouver au bout du compte et qui ira probablement alimenter surtout des profits privés. On peut être échaudé par les exemples récents de Gad, Tilly, et Global Sea Food. Yves Moisan a confirmé que Global Sea Food avait reçu une avance remboursable de 300 000€, dont 75 000€ venant de Morlaix, le reste de la région, et qu'avec le redressement judiciaire (21 emplois détruits, avec des salariés qui n'ont pas bénéficié de PSE), Morlaix-Co n'avait pas beaucoup de chance de récupérer ces 75 000€.  Il a dit que l'argent de la région servait à remettre en état l'outil nécessaire (nouvelle pompe d'eau de mer, remise en état des bassins) pour de la culture marine.

 

Sixième intervention - sans me prononcer sur l'utilité et les retombées pour les territoires sur les opérations de communication et de mise en contact des entreprises de la French Tech Brest+, émanation de la Technopole Brest Iroise, à qui nous avons attribué une subvention de 12 500€, j'ai remarqué l'aspect complètement incompréhensible et ronflant du sabir managérial servi dans la délibération que l'on avait à voter, avec son lot de néologismes, d'anglicismes: "Demo Day", "French Tech Diversité", "animer l'écosystème", "management opérationnel de la French Tech", "Ticket to Pitch à bord du Pont Aven"...

 

Septième intervention - J'ai dit mon interrogation sur l'aide de 20 000€ accordée par Morlaix-Communauté à la CCI pour l'organisation de l'étape roscovite de la Solitaire du Figaro (35 000€ demandé, alors que l'étape est à Roscoff), non parce que je doute des répercussions en terme de publicité, d'image du territoire, et même de public, mais parce que ce type d'évènement sportif professionnel génère déjà beaucoup de profit avec les publicités, les sponsors du sport business, et s'adosse à des entreprises capitalistes (groupes de presse, groupe de jeux d'argent) qui vont un peu facilement à la chasse au subvention en faisant une sorte de chantage sur les collectivités: je ne viens pas si tu ne viens pas à la caisse. 

 

Huitième intervention - à propos de la subvention accordée au Roudour de 76 500€ pour l'organisation de trois soirées d'arts de rue à Plougasnou (24 août), Plouigneau (1er septembre), Plounéour-Menez (8 septembre), j'ai rappelé la perte sèche qu'avait été le départ du FAR et la suppression du festival des Arts dans la rue à Morlaix, qui avait tout de même un autre impact culturel et touristique, sur l'image et la renommée de Morlaix et sa région, évoquant les belles affiches de Dantec visibles au Baiser de l'hôtel de ville Place de Viarmes. Agnès Le Brun a piqué une colère froide en me reprochant de faire de la démagogie de campagne électorale, d'idéaliser le passé, et en faisant comme si Morlaix avait la même attractivité l'été aujourd'hui qu'avec le FAR, en prenant les commerçants ou d'autres compagnies de théâtre à témoin sur la lassitude prétendue vis-à-vis des organisateurs du festival des arts dans la rue liquidé en 2009.

 

Neuvième intervention - Par rapport au festival Panoramas, j'ai évoqué les surcoûts liés à la législation en terme de sécurité, et de protection sonore, la belle réussite d'estime et de fréquentation d'un festival qui attire énormément de jeunes bretons, du festival le plus jeune de Bretagne et de France sans doute, et qui constitue un bel atout pour notre territoire. 

 

Dixième intervention -  Réagissant par une remise en cause par la majorité de droite morlaisienne (par la voix de Marlène Tilly) du besoin de surveillance et de contrôle sur les retombées réelles des subventions données dans le cadre des activités du RESAM et de Jeunes en TTTrans et de son lieu de vie jeunesse 18-30 expérimental du 2B voie d'accès au port, j'ai dit mon enthousiasme pour ce projet innovant et très riche de sens pour la jeunesse qui développe l'autonomie, la mixité, la construction collective des jeunes, avec une proximité des partenaires du monde associatif et jeunesse. Il y avait beaucoup de jeunes à la soirée de lancement où j'ai eu la chance d'être présent avec Glenn Le Saoût, et on a pu percevoir tout le potentiel et l'audace de ce projet.      

 

   

 

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 07:44
Ordre du jour du prochain conseil municipal de Morlaix - le mardi 25 juin à 19h en mairie et vidéo du dernier conseil municipal du 10 mai 2019

Ordre du jour du prochain conseil municipal de Morlaix - le mardi 25 juin à 19h en mairie:

- Avis sur la composition du futur conseil communautaire: Proposition de 51 élus communautaires (Morlaix 12, Plouigneau 4, St Martin des Champs, Plourin-les-Morlaix 3, Plougonven, Carantec, Pleyber-Christ, St Thégonnec-Loc-Eguiner, Taulé, Plougasnou, Lanmeur 2; les autres communes 1 élu communautaire). 

- Décisions budgétaires modificatives

- Achat et livraison de fournitures administratives et scolaires - autorisation de signature  

- Réhabilitation du musée de Morlaix: mission de maîtrise d’œuvre.

- Tarifs cantines, garderies, accueil de loisirs "La ferme des enfants" pour 2019-2020: inchangé

- Fonds local à l'initiative des Jeunes (FLAIJ)

- Projet éducatif local (PEL)

- Convention d'objectifs et d'occupation des locaux de la maison de quartier Zoé Puyo avec le centre social Carré d'As

- Signature d'une nouvelle convention d'objectifs et d'occupation des locaux de la maison de quartier Zoé Puyo avec l'association Le Patio

- Politique de la ville - Contrat de veille active: repartition des fonds émanant de la ville de Morlaix pour MAJ, "La courte échelle", "La récré", la MJC, Carré d'As (Morlaix s'engage à hauteur de 60 000€, dont 50 000€ pour le dispositif de réussite éducative, Morlaix Communauté pour 88 000€, la CAF pour 15 000€, le Conseil Départemental pour 23 000€). 

- Attribution d'une subvention exceptionnelle à l'association "A fer et à flots" de 500€

- Attribution d'une subvention complémentaire à Morlaix-Réo, comité de jumelage et coopération avec cette commune du Burkina Faso

- Participation de la ville à la réfection de la partie supérieure d'un mur soutenant la venelle des eaux et appartenant aux mutuelles de Bretagne (travaux de 2500€ partagés entre les mutuelles de Bretagne et la ville de Morlaix)

- Réfection de murs mitoyens avec propriétés privées

- Convention constitutive de groupement de commande entre l'établissement public foncier de Bretagne et la ville de Morlaix

- Vente par la SNCF Mobilités des volumes du tunnel et du bâtiment situés rue général Le Flô : 49 000 € HT

- Acquisition de terrain lieu dit Kerc'honvel

- PLU de Morlaix- Avis sur la modification concernant la chaufferie bois

- Tableau des emplois: création de 3 postes d'adjoint technique à temps complet et de trois postes d'adjoint technique principal de 1ère classe à temps complet

- Subvention complémentaire de 110 000 € pour le théâtre du Pays de Morlaix (en plus de 522 000€ de subvention de la ville, dont il faut déduire 262 000€ de loyer reversé à la ville par l'association du théâtre)

- Subvention complémentaire de 3850 € pour la MJC

- Aides aux familles pour le Patio relatives au quotient familial

- Autorisation de principe pour la vente du bien cadastré situé 19 rue du Kersaint Gilly et propriété du centre communal d'action sociale.    

 

Lire aussi:

Voeu pour le référendum contre la privatisation d'ADP présenté par Ismaël Dupont au prochain conseil municipal de Morlaix, 25 juin 2019

Question orale posée par Ismaël Dupont au prochain conseil municipal de Morlaix du 25 juin 2019 - Pour un budget participatif et des procédures de co-construction avec les citoyens et la population des projets municipaux à Morlaix

Compte rendu du conseil municipal de Morlaix du 10 mai 2019 par Monique Keromnès, Le Télégramme: des comptes et des projets

Conseil municipal de Morlaix du 10 mai 2019 - Interventions des élus PCF, Ismaël Dupont et Valérie Scattolin :

33': Intervention de 7 minutes d'Ismaël Dupont (PCF) sur le Compte administratif de la ville

"Si la situation financière de la ville est bonne, il ne faut pas oublier que la situation économique, sociale et démographique de la ville l'est beaucoup moins". "Un taux de réalisation des dépenses d'investissement relativement faible". Décalage entre ce compte administratif et l'ensemble des besoins qui permettraient à la ville de rebondir. "Il ne faut pas se féliciter de la baisse des "charges de personnel", car ce sont des services rendus à la population. Baisse des affectations de moyens pour la vie associative." J'ai dénoncé l'augmentation du forfait aux écoles privées de l'ordre de 63 000€. J'ai défendu la prise de compétence communautaire sur le Théâtre du Paix de Morlaix. J'ai interrogé la baisse de subventions aux associations sportives.  

1h13: Intervention d'Ismaël Dupont (PCF) de 4 minutes sur la baisse de travaux en régie et l'état de la voirie à Morlaix et sur le Théâtre du pays de Morlaix 

1h17: Intervention de Valérie Scattolin (PCF) sur la destruction des nids de frelons asiatiques

1h49: Intervention d'Ismaël Dupont (PCF) sur la politique sociale de la ville et ses origines: MAJ créé sous une majorité de gauche, tarifs de cantine par quotient familial portés à l'époque par Alain David, politique de mixité de l'habitat, la précarité qui existe à Morlaix. "A Morlaix on a à la fois un taux de précarité élevé à l'échelle régionale et nationale et une cohésion sociale et une qualité de vivre ensemble bien présentes, grâce notamment aux acteurs de la politique sociale, municipalité, acteurs publics et associations". 

1h55: Intervention d'Ismaël Dupont (PCF) sur la disparition de l'OMS (Office Municipal des Sports) et la construction d'une commission extra-municipale des sports impliquant les associations sportives à la construction d'une politique sportive ambitieuse pour la ville.

2h17: Intervention d'Ismaël Dupont (PCF) sur la culture, le Tiers Lieu "Micro Folies" de la rue de Paris (5 minutes) sur la jauge d'accès aux étages, la question de l'ouverture du dimanche, des services culturels proposés, des moyens de fonctionnement, les impacts financiers, le lien avec la MJC, l'avenir de la médiathèque des Ailes du Temps   

2h32: Intervention d'Ismaël Dupont (PCF) sur la question des travaux de la voie d'accès au port

2h45: Intervention d'Ismaël Dupont (PCF) sur la participation de la ville aux financements des camps d'été qui devrait/ pourrait être plus importante pour les camps de plusieurs jours pour les familles aux revenus modestes.

2h53: Intervention de 5 mn d'Ismaël Dupont (PCF) sur les subventions aux associations:  "Comme l'an passé je regrette que nous ayons deux absents de marque dans les subventions accordées aux associations de solidarité internationale: association pour un jumelage Morlaix-Wavel (camp palestinien du Liban qui accueille aussi beaucoup de réfugiés syriens) et le projet de solidarité avec le camp palestinien de Jalazone près de Ramallah de l'AFPS Morlaix". Par rapport aux associations culturelles, je demande un changement des critères d'attribution des subventions: une subvention possible pour la première demande plutôt que de faire jouer la "sélection naturelle", étudier les demandes de subvention plus en amont dans l'année pour calibrer la dotation globale en fonction de la qualité des projets plutôt que d'avoir une enveloppe fixe à partager, demande de dotation supplémentaire pour le festival Les Originales. 

3h11: Intervention d'Ismaël Dupont sur les subventions aux associations sportives: la part du subventionnement public dans le club Morlaix St Pol Gym est très inférieure aux subventions reçus par d'autres clubs de gym régionaux du même niveau et de villes aux populations voisines. La faiblesse des subventions aux clubs sportifs se traduit sur des coûts d'adhésion annuelle aux clubs sportifs qui restent assez élevés. Enjeu de la démocratisation du sport et de la construction d'une ville sportive.

 

 

 

 

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 07:34
22 juin 2019: les communistes sur le marché de Morlaix pour distribuer un tract mobilisant pour la votation afin d'obtenir un référendum contre la privatisation d'ADP Aéroports de Paris (photos Pierre-Yvon Boisnard)
22 juin 2019: les communistes sur le marché de Morlaix pour distribuer un tract mobilisant pour la votation afin d'obtenir un référendum contre la privatisation d'ADP Aéroports de Paris (photos Pierre-Yvon Boisnard)
22 juin 2019: les communistes sur le marché de Morlaix pour distribuer un tract mobilisant pour la votation afin d'obtenir un référendum contre la privatisation d'ADP Aéroports de Paris (photos Pierre-Yvon Boisnard)

Les communistes sur le marché de Morlaix ce samedi 22 juin pour distribuer un tract contre la privatisation d'ADP aéroports de Paris et rassembler contre la politique de casse sociale tout azimut et de privatisations de Macron. D'excellents échanges sous le soleil, sur les conditions de travail a l'hôpital et dans les EHPAD, le renouveau à construire à Morlaix, les liens entre le communisme et les idéaux chrétiens, les politiques régionales.

Photos de Pierre-Yvon Boisnard

22 juin 2019: les communistes sur le marché de Morlaix pour distribuer un tract mobilisant pour la votation afin d'obtenir un référendum contre la privatisation d'ADP Aéroports de Paris (photos Pierre-Yvon Boisnard)
22 juin 2019: les communistes sur le marché de Morlaix pour distribuer un tract mobilisant pour la votation afin d'obtenir un référendum contre la privatisation d'ADP Aéroports de Paris (photos Pierre-Yvon Boisnard)
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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 06:55
Communist'Art : Vladimir Maïakovski

Étrange personnage que Vladimir Maïakovski.

Communiste de la première heure, très engagé dans la Révolution, il est en même temps très égocentrique et aime à se mettre en scène dans ses textes.

« Là où le regard trop court des hommes s’interrompt,
A la tête des hordes affamées, Article Maiakovsky a 17 ans
Avec la couronne d’épines des révolutions
S’avance l’an mil neuf cent seize.
Et moi je suis parmi vous son précurseur ;
Je suis partout où l’on a mal
Je me suis crucifié
Sur chaque goutte de flot lacrymal.
Il ne faut plus rien pardonner.
J’ai cautérisé les âmes où poussait la tendresse.
C’est plus difficile que de prendre mille Bastille. »


Sans doute a-t-il foi en la mission novatrice du poète, à la façon d’Arthur Rimbault.

"Votre pensée

rêvant dans votre cerveau ramolli,

comme un laquais repu se vautre au gras du lit,

je la taquinerai sur un morceau de cœur sanglant,

j'en rirai tout mon saoul, insolent et cinglant.

Dans mon âme je n'ai pas un seul cheveu blanc,

ni la douceur des vieilles gens!

A mon puissant verbe, le monde est tremblant,

je vais - superbe

avec mes vingt-deux ans.

Tendres!

Vous mettez votre amour dans les violons.

C'est dans les timbales qu'un dur met l'être cher.

Mais vous ne pouvez pas vous retourner les chairs.

Pour n'être comme moi que lèvres tout au long".

Il est né en 1893 à Bagdadi dans le Caucase où son père est garde forestier. Il abandonne ses études et est mobilisé pendant la Première Guerre Mondiale. Sa vie de soldat lui inspire un long poème « La Guerre et le Monde ». Dans ces années, le mouvement futuriste, qui célèbre la vitesse et la modernité, est très influent en Italie et en Russie. Maïakovski y adhère. Son recueil « Le Nuage en pantalon » connaît un grand retentissement.

Claude Frioux écrit dans la préface à l'Anthologie poétique de Maïakovski chez Gallimard A pleine voix: "Le Nuage en pantalon", "La flûte de vertèbres" et "La guerre de l'univers" dessinent tout un système d'implications du motif amoureux tragique. L'amour vécu du poète est insoutenablement malheureux à cause du monde dominé par l'argent, la guerre, la grossièreté bourgeoise qui bafoue l'esprit de ferveur.  Aussi bien lutter contre le conflit déclenché en 1914 par les cupidités impérialistes, pour la modernité de l'art, les opprimés du monde industriel et surtout pour promouvoir sur la terre un style d'existence chaleureux et affranchi, c'est combattre pour rendre l'amour possible".

Figure étrange, il aime à déclamer ses vers, vêtu d’une blouse jaune. Sa passion pour Lily Brik, sœur d’Elsa Triolet et femme d’Ossip Brik, lui inspire le recueil « La Flûte des vertèbres ». Ses pièces de théâtre satiriques « Mystère-bouffe », « La Punaise », « Les Bains » sont mises en scène par « Meyerhold », qui sera exécuté en 1942 sur les ordres de Staline.

Dans le recueil paru sans nom d'auteur « 150 000 000 », composé en 1919-1920, en pleine guerre civile, il utilise des « vers en escalier » qui deviendra constante dans son œuvre. "150 000 000" décrit la lutte mythique du peuple russe soulevé comme symbole des classes opprimées contre la citadelle du capitalisme, les Etats-Unis de Wilson. Cette odyssée révolutionnaire de plus de 1700 vers exprime sur un ton tour à tour pathétique, fantastique et drolatique mais toujours plein de joie et d'optimisme, l'élan profond et imprévisible de la Russie des Soviets". 

Dans ce long poème, Maïakovsky exalte la révolution. Cependant, Lénine ne l’apprécie pas du tout, le jugeant trop difficile pour les masses encore peu instruites. Les critiques acerbes de Lénine à l’encontre de « 150 000 000 »ne seront publiées qu’après 1958, avec le « dégel ». On a voulu préserver l’image de « Maïakovsky poète engagé totalement dévoué à la cause communiste ». Or, Vladimir Maiakovsky a toujours défendu sa liberté d’artiste, et ce malgré sa conscience politique. 

Il célèbre Lénine après sa mort, il l’appelle « le plus terrestre des hommes ». Mais il ne peut aimer l’évolution bureaucratique et bientôt criminelle du régime stalinien.

Qu’est-ce qui le poussera à mettre fin à ses jours le 14 avril 1930 ?

Le poète qui exhortait la jeunesse à vivre à la mort d’Essenine est lui aussi « reparti vers les étoiles ». Il aura des funérailles nationales.

D'après un article réalisé par Christine Laurant

-Traductions françaises :

– Vers et Proses, traduction Elsa Triolet, Editeurs Français réunis, 1952
– Lettres à Lili Brik (1917-1930) traduction Andrée Robel, 1969
– Maïakovsky – Poèmes 1913-1917 traduction Claude Frioux Editions Messidor-Temps Actuels 1984
– Maïakovsky – Poèmes 1918-1921 traduction Claude Frioux Editions Messidor-Temps Actuels 1985
– Maïakovsky – Poèmes 1922-1923 traduction Claude Frioux Editions Messidor-Temps Actuels 1986
– Maïakovsky – Poèmes 1924-1930 traduction Claude Frioux Editions Messidor-Temps Actuels 1987
Vladimir Ilitch Lénine traduction Henry Deluy Edition Le Temps des Cerises 2011
Jean Ferrat fera référence à Maïakovski dans sa chanson « je ne chante pas pour passer le temps »

Ce qui nous étonne aujourd’hui, alors que le recul des ans éclaircit la pensée, c’est de voir à quel point certains destins sont liés. Liés par le sang, liés par l’histoire, liés par les vers. Aragon et Maïakovski, Elsa Triolet Lili Brik. Deux grands poètes ayant deux sœurs pour muses, et deux pays, la France et la Russie, deux langues et deux cultures auxquelles ils ont laissé les plus fous des poèmes d’amour qui aient jamais été écrits. Un amour au prisme duquel devait se métamorphoser le temps, un amour qui a traversé l’Histoire et qui demeure intact au-delà des révolutions et des tourmentes du 20e siècle.

 

Lire aussi:

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23 juin 2019 7 23 /06 /juin /2019 06:00
JEAN FERRAT ET OSCAR NIEMEYER (au premier plan) SUR LE PARVIS DU SIÈGE DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS (PCF) LORS DE LA CÉRÉMONIE EN HOMMAGE A LOUIS ARAGON LE 28 DÉCEMBRE 1982.

JEAN FERRAT ET OSCAR NIEMEYER (au premier plan) SUR LE PARVIS DU SIÈGE DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS (PCF) LORS DE LA CÉRÉMONIE EN HOMMAGE A LOUIS ARAGON LE 28 DÉCEMBRE 1982.

Oscar Ribeiro De Almeida Soares Niemeyer
 
Né en 1907 à Lanjareijas au Brésil, il entre à l’école nationale des Beaux-arts du Brésil en 1929 et obtient son diplôme en 1935.
Il devient en même temps l’élève de Lucio Costa : architecte et directeur de l’école nationale des Beaux-Arts.
En 1936, Lucio Costa et Le Corbusier sont chargés de réaliser le ministère de l’éducation et de la santé du Brésil avec comme disciple Oscar Niemeyer.
Au début des années 40, Niemeyer alors membre du Parti communiste brésilien, fait la rencontre de Juscelino Kubtschek, homme politique de progrès et maire de Belo Horizonte.
En 1942, Kubitschek demande à Niemeyer de construire le complexe de Pampulha dans la banlieue de Belo Horizonte dont l’église St François d’Assise, le restaurant, le Yacht Club, le tennis club et le casino. Devenu président de la République du Brésil en 1955, Kubitschek décide de confier la construction de la nouvelle capitale Brasilia à Lucio Costa pour la réalisation de l’urbanisme et à Oscar Niemeyer pour l’édification des bâtiment d’Etat dont le palais présidentiel, les deux tours de l’exécutif, les deux coupoles du sénat et de l’assemblée nationale, les ministères, la cathédrale, le superquadra (quartier d’habitations)…
En 1964 la dictature militaire au Brésil l’exile à Paris.
Il rencontre Jean Nicolas (architecte français communiste) en 1965 qui le présente à Georges Gosnat (responsable de l’administration du Comité Central) pour la construction du nouveau siège du PCF).
Georges GOSNAT : « le projet d’un nouveau siège remonte à de nombreuses années.
De son vivant Maurice Thorez s’en est entretenu souvent avec moi et je précise même qu’il souhaitait beaucoup voir édifier ce siège à Mathurin Moreau qui est un des hauts lieux du mouvement ouvrier français et international. L’entreprise nous paraissait toutefois ardue et coûteuse, ce qui explique les hésitations dont nous avons souvent fait preuve pendant longtemps. Mais les choses se sont brusquement transformées lorsque Jean Nicolas me présenta à Oscar Niemeyer. Avec lui tout devenait simple, sinon bon marché, encore que notre ami nous offrait bénévolement son concours ».
La décision de confier la construction du nouveau siège à Oscar Niemeyer se fait fait en juin 1966.
Oscar Niemeyer est décédé en décembre 2012 à l'âge de 104 ans.
Il se plaisait à dire "ce n'est pas l'angle droit qui m'attire, ni la ligne droite, dure, inflexible, inventée par l'homme. Seule m'attire la courbe libre et sensuelle, le courbe que je rencontre dans les montagnes de mon pays, dans le cours sinueux de ses rivières, dans les nuages du ciel, dans le corps de la femme préférée. De courbes est fait l'univers, l'univers courbe d'EINSTEIN".
 
Eliane Girma
 
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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 12:34
Leçons d’Histoire...

 

http://pcbigouden.over-blog.com: un article de Torreben sur le blog du PCF Pays Bigouden: Le Travailleur Bigouden

 

La grande salle de l’Amicale Laïque au port de Lesconil avait fait le plein. 250 personnes se sont retrouvées à 18 heures pour assister à la conférence de Gaston BALLIOT et Jean KERVISION consacrée à la Résistance en Pays Bigouden de 1940 à 1944. Preuve s’il en est que la mémoire et l’intérêt historique restent vifs chez de nombreux bigoudens.

Gaston Balliot et Jean Kervision sont les auteurs du site internet « bigouden1944 » (www.bigouden1944.wordpress.com), site sur lequel on peut retrouver les très nombreux documents, biographies et photos qu’ils ont pu recueillir concernant cette époque.

Cette conférence a pu être réalisée en liaison avec la municipalité de Plobannalec-Lesconil dont nous remercions particulièrement le maire Bruno JULLIEN ainsi que son adjoint Guy LEMOIGNE. De nombreux membres de la municipalité étaient présents vendredi soir. Nous remercions également Mme Desnos de l’Amicale Laïque de Lesconil, pour avoir accepté d’accueillir cette manifestation dans leur magnifique salle.

Beaucoup de monde donc, mais nous déplorons pour notre part l’absence remarquée de la presse pourtant invitée (Ouest-France et Le Télégramme) qui aura fait preuve ainsi d’une singulière cécité.

Joël HEDDE au nom de la section bigoudène du PCF a tiré la conclusion de cette soirée en appelant à une indispensable vigilance face à la montée du fascisme en Europe et en France, tant il est vrai – comme le rappelait Berthold Brecht que « Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde.».

Il n’est pas inutile non plus de souligner que les «  Fusillés de 1944 », ces martyrs de la Résistance, étaient nos camarades... des communistes.

ALRX

Leçons d’Histoire...
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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 07:20
Vœu pour un référendum contre la privatisation d'ADP - Aéroports de Paris
 
Conseil Municipal de Morlaix du 25 juin 2019
 
Rapporteur :  Ismaël Dupont
 
Le  Président de la République et le Gouvernement ont pour objectif de privatiser complément  les Aéroports de Paris (ADP) – qui gèrent Roissy Charles de Gaule, Orly, Le Bourget – un groupe  dont l’État reste actionnaire à 50,6 %. La privatisation d'ADP (aujourd'hui l’État est actionnaire à hauteur de 50,6%) a été votée par la loi Pacte au printemps 2019. Outre ADP, elle prévoit aussi la vente de ENGIE et de la Française des Jeux. Ils rapportent à eux trois 800 millions d'euros par an à l’État : 173 millions de dividendes pour l’État l'an passé pour ADP. ADP est la deuxième valeur boursière détenue par l’État après EDF.
 
Ce projet soulève une très forte opposition dans tout le pays, à l'Assemblée Nationale et au Sénat..
 
En effet, la maîtrise publique de nos plus grands aéroports nationaux est un enjeu d'intérêt national avec une forte dimension stratégique, économique et sécuritaire.  86 % des aéroports dans le monde sont sous contrôle public, dont 100 % aux États-Unis.
Si ADP est privatisé, quel impact sur l'aménagement du grand Paris ? Sur une augmentation des coûts des prestations pour les compagnies aériennes et les usagers ?
 
Pour privatiser l’État devra payer les actuels actionnaires minoritaires d'ADP à hauteur de 1 milliard. Parmi eux, le groupe Vinci, qui est candidat au rachat !ADP est le principal hub d’Air France, le privatiser c’est faire courir des risques à la compagnie nationale. La privatisation d'ADP fait peser de lourdes menaces sur les conditions de travail des salariés de l'entreprise.
 
Un exemple devrait inciter le président de la République à plus de prudence : le précédent de la vente de l'aéroport de Toulouse : Vendu pour 308 millions d'euros à un groupe chinois sans aucune expérience en matière aéroportuaire et composé à 51% d''une entreprise publique chinoise et à 49% d'un fonds d'investissement Hong Kongais domicilié dans un paradis fiscal (les îles vierges britanniques). Il a été revendu 200 millions d'euros plus cher après que les actionnaires en aient vidé les caisse. Cette privatisation a été épinglée par la Cour des comptes.
 
Les compagnies aériennes se sont déclarées défavorables à la privatisation car elles craignent une augmentation des coûts pour eux et donc une répercussion sur les prix des billets. L'association internationale du transport aérien a en effet mené une étude sur  près de 90 aéroports internationaux qui confirme que les aéroports privatisés sont plus chers que ceux restés dans le giron public
 
A l’initiative des parlementaires PCF, FI, PS et LR, la représentation nationale a réussi à imposer un Référendum d’Initiative Partagée (RIP) sur la reconnaissance du caractère de « service public national » des aérodromes parisiens, proposition d'un RIP validé le 9 mai dernier par le Conseil Constitutionnel.
 
Il faudra réunir avant le 12 mars 2020 4,7 millions soutiens à la loi cosignée par 248 parlementaires de gauche et de droite qui consacre ADP comme un service public national donc non cessible au privé. Si ces 4,7 millions de signatures sont recueillies, le gouvernement se trouvera l'obligation de consulter les français sur ce projet. Il va être possible de s'opposer à une nouvelle privatisation et au bradage du patrimoine public au profit exclusif des intérêts privés.
 
En tant qu'élus de Morlaix, nous nous sentons concernés par la possibilité que puisse se tenir ce Référendum d'initiative partagée et appelons un maximum de Morlaisiens à le demander en s'exprimant en mairie où sur le site internet du ministère de l'intérieur.
C'est un enjeu de maîtrise publique d'un secteur stratégique pour notre pays, un enjeu de démocratie, et aussi un enjeu financier pour l’État car ADP est rentable et permet d'investir des millions chaque année dans le service public.
En tant qu'élus de Morlaix, nous sommes pour un abaissement du seuil de 4,7 millions de soutiens à la loi pour le Référendum d'initiative partagée sur ADP. En tant qu'élus de Morlaix, nous exprimons notre refus de la privatisation complète d'ADP.
Voeu pour le référendum contre la privatisation d'ADP présenté par Ismaël Dupont au prochain conseil municipal de Morlaix, 25 juin 2019
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