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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:55
Le nouveau conseil municipal, ici, dans la salle du conseil de l’hôtel de ville de Morlaix. (Le Télégramme/Cécile Renouard)

Le nouveau conseil municipal, ici, dans la salle du conseil de l’hôtel de ville de Morlaix. (Le Télégramme/Cécile Renouard)

A l'ordre du jour du prochain conseil municipal de Morlaix, le vendredi 24 juillet à 18h30, le deuxième depuis l'élection de la nouvelle équipe majoritaire de gauche:

- Élection des adjoints et présentation de leurs délégations, de la délégation des conseillers municipaux délégués

- Désignation des élus au sein des commissions, structures et organismes divers

- Commission de délégation de service public: désignation des membres

- Commission consultative des services publics locaux: désignation des membres

- Commission consultative des impôts directs: désignation des membres

- Désignation des représentants du conseil municipal au sein des organismes et structures extra-communales

- Commissions communales pour l'accessibilité: désignation des membres

- Délibération fixant le montant des indemnités de fonction du maire, des adjoints et conseillers municipaux

- Exercice du droit à la formation des élus

- Autorisation d'un collaborateur de cabinet

- Vote du compte de gestion 2019 du budget de la commune et des budgets annexes

- Vote du compte administratif 2019 du budget de la commune et des budgets annexes

- Affection des résultats 2019

- Décision modificative n°1 du budget de la commune et des budgets annexes prévoyant notamment un plan de soutien post-covid à l'animation du centre-ville et au commerce (25 000€) et au social (25 000€)

- Autorisation de signature d'un emprunt bancaire

- COVID 19 - Mise en place d'un abattement sur la taxe locale sur la publicité extérieure

- Marché de maîtrise d’œuvre pour la création du skatepark à La Boissière - fixation du coup prévisionnel des travaux et du forfait définitif de rémunération   

- Fourniture de denrées alimentaires pour les besoins de la cuisine centrale

- Fourniture et livraison de titres de restauration pour les personnels de la ville et du CCAS

- Avenant pour les travaux de construction d'une plateforme culturelle à Morlaix

- Renouvellement de la convention d'objectifs et la mise à disposition de locaux avec l'association Le Patio - Centre d'initiation aux Arts

- Le Patio - Aide aux familles pour l'année 2020

- Tarifs dégressifs de cantines et garderies (inchangés par rapport à l'an passé)

- Dispositif d'initiation au breton dans les écoles primaires publiques de la ville en 2020-2021: engagement financier de la ville maintenu

- Mise à disposition des équipements sportifs

- Convention d'objectifs avec la Région Bretagne, Morlaix Communauté, la ville de Morlaix et Wart

- Bilan des acquisitions et cessions immobilières

- Acquisition d'entreprises foncières

- Lotissement communal rue de Réo: vente du numéro 2

- Convention avec le SDEF (syndicat départemental d'énergie et d'équipement)

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:50
Une crise anthropologique. Faut-il préférer les liens ou s’occuper des biens ? - par Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône (L'Humanité, Débats, 21 juillet 2020)
Mardi, 21 Juillet, 2020 - L'Humanité
Une crise anthropologique. Faut-il préférer les liens ou s’occuper des biens ?

Une tribune de Pierre Dharréville Député PCF des Bouches- du-Rhône

 

Faut-il préférer les liens aux biens ? On aurait envie de le dire. Ce qui nous fait humains, nous l’avons bien éprouvé au cœur de ce confinement, c’est la relation.

D’une façon ou d’une autre, c’est dans la rencontre que se fait reconnaître notre dignité, que nous nous révélons et que nous nous épanouissons. Et l’état des rapports sociaux est profondément dégradé dans notre société et au-delà. Ils sont gravement affectés par la grande compétition de tous contre tous, par l’injonction à la rentabilité de la personne, par le culte de la réussite, par l’accumulation de richesses, par l’insécurité sociale qui pousse au repli sur la gestion de ses seuls intérêts.

C’est pourquoi, avec Lucien Sève, j’affirme que la crise anthropologique dans laquelle nous sommes plongés est au moins aussi profonde que la crise écologique. Et qu’elle résulte du capitalisme qui nous impose « une décivilisation sans rivage ». Tout cela n’a pas de sens, et s’il continue de faire preuve de formidables élans, le genre humain s’abîme. Il s’abîme parce que, comme l’écrivait Marx, l’essence humaine, « c’est l’ensemble des rapports sociaux ». Même si nous sommes chacune et chacun singuliers, nous sommes sociétaires du genre humain et pris dans son histoire et ses contradictions. Or, dans la même veine, il a aussi eu cette formule qui interroge : « L’homme, c’est le monde de l’homme. » Et le monde de l’homme n’est pas que relationnel, il est aussi matériel.

C’est avec nos corps que nous entrons en relation. Ces corps qu’il faut nourrir, qu’il faut protéger, qu’il faut transporter, qu’il faut soigner… Nous habitons le monde, dont nous ne sommes pas séparables (d’où l’enjeu de respecter notre environnement). Et nos liens (plus ou moins immatériels) ne sont pas décorrélés des biens matériels. Il n’y a pas les liens purs et les biens impurs. Ce qui est problématique, ce n’est pas qu’on puisse aspirer à certains biens, c’est l’obsession qu’ils représentent au point d’occuper tout l’espace de nos désirs ; c’est l’illusion qu’ils représentent d’un bonheur confondu avec le confort et la surabondance ; c’est la quête sans mesure et sans fin de posséder. Nous nous perdons dans cette volonté d’avoir, qui se confond avec l’être au point de l’annexer. Nos liens sont détournés et instrumentalisés, vouant les humains à d’autres fins que celle qu’on leur imagine et qui a quelque chose à voir avec le bonheur. Alors l’humain est chosifié.

Cette volonté d’avoir est le fondement du capitalisme, un régime de grands propriétaires qui ne tient que par l’exploitation du travail dont la rémunération est réinvestie dans la consommation. Mais, dans cette volonté d’avoir, il y a aussi une part légitime ; ils le diront avec éclat, celles et ceux qui manquent. Il y a ces biens dont nous avons besoin pour vivre, et dont nous avons besoin pour être liés. Alors on ne peut pas en rester à sembler inciter les gens à se contenter de peu. Dans le respect des autres et des ressources finies de la planète, chacune et chacun a droit à la vie belle. Au plein épanouissement. « L’entière croissance », disait Jaurès. La croissance de soi, pas la croissance capitaliste qui dévore tout comme un ver de terre. Qu’on en soit convaincu, la pleine émancipation, cela va bien au-delà des conditions matérielles d’existence, cela va même bien au-delà de bonnes relations aux autres, c’est l’émancipation de soi-même partie prenante de l’émancipation et de la création de l’humanité.

Alors il faut s’occuper des biens, s’en occuper autrement. C’est incontournable pour modifier les rapports sociaux. À l’heure de la privatisation du monde, il ne suffira pas de s’en désintéresser. C’est autour des biens communs que peut se jouer une nouvelle dynamique de progrès humain. C’est dans des démarches de réappropriation sociale que peut se réinventer le devenir humain. C’est pourquoi j’ai lancé, dans ma circonscription, « le grand inventaire des biens communs ». Avec tous ceux et celles qui le veulent, nous allons dresser cet inventaire, depuis la planète jusqu’au square en bas de la cité, depuis les brevets de molécules qui sauvent jusqu’au droit à la retraite, depuis l’hôpital public jusqu’à l’eau du robinet…

Nous allons y mettre la sécurité sociale, cet outil formidable de civilisation empêché de prendre tout son élan, qui fait du travail un de ces biens qu’on partage et qui donne des droits. Une des caractéristiques d’être humain est de produire et de créer : de travailler. Nous voulons que travailler ait un sens, que nul n’en soit exclu, que ce soit un geste d’émancipation : de chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins. Le pouvoir acquis par l’humanité sur la vie elle-même, à travers le travail, à travers la connaissance et la technologie, interroge notre destin commun. Que faire de ce pouvoir, de ce superpouvoir et à quelles fins ? Que devenons-nous en l’exerçant ? Nous voici face à des questionnements vertigineux, face à des enjeux de civilisation qui engagent l’avenir du genre humain.

Nous allons regarder le monde autrement, regarder nos vies autrement. Nous allons réintroduire de la politique démocratique là où elle est économique et financière. Pour être liés autrement aux autres et au monde. Pour dire ensemble quelle humanité nous voulons être.

Une crise anthropologique. Faut-il préférer les liens ou s’occuper des biens ? - par Pierre Dharréville, député PCF des Bouches-du-Rhône (L'Humanité, Débats, 21 juillet 2020)
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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:45

 

Traditionnellement acquis au souverainisme, les militaires brésiliens s’alignent sur Washington, tout en achevant leur conversion à l’ultralibéralisme. Jamais, depuis la dictature, un gouvernement n’avait compté tant de gradés dans ses rangs.

Ce 10 juillet, à Doral, en Floride, Donald Trump, entouré de son secrétaire à la Défense, Mark Esper, et de l’amiral Craig Faller, chef du commandement sud des États-Unis, fait le point sur les opérations de lutte contre le narcotrafic, avec des « partenaires » latino-américains. « Vous savez, sur le terrain, quand vous jouez au golf ou au baseball, vous voulez les meilleurs joueurs avec vous. Et nous avons certainement ces gagnants parmi nous aujourd’hui », lance Faller, avant d’introduire un haut gradé colombien, puis le général major David, « l’un des plus pointus des forces armées brésiliennes », envoyé par « notre Brésilien – le président Bolsonaro ». « Dites bonjour », leur dit Trump. Les militaires se lèvent. « Les Brésiliens ont payé pour qu’il vienne ici, il travaille pour moi, se réjouit Faller (…). Vous savez, le Brésil est avec nous depuis la Seconde Guerre mondiale, et notre relation se renforce encore, Monsieur le Président. » « C’est génial ! » s’exclame Trump.

 

OPA sur le Brésil

Effarante manifestation de la transformation du Brésil en protectorat militaire des États-Unis, déjà annoncée par la vente à Boeing, en 2018, du constructeur aéronautique Embraer, créé par l’armée brésilienne, par la promotion du Brésil au rang d’ « allié privilégié » en dehors de l’Otan en mars 2019, après la première visite de Bolsonaro à la Maison-Blanche, ou encore par le feu vert donné par Brasilia à l’utilisation, par Washington, de la base de lancement spatial d’Alcàntara.

Dès l’installation du président d’extrême droite, Jair Bolsonaro, et de son gouvernement, début 2019, le ton était donné, avec les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Ernesto Araújo, qui envisageait l’installation d’une base militaire américaine en territoire brésilien : « Nous souhaitons accroître notre coopération avec les États-Unis dans tous les domaines. Cette base ferait partie d’un programme beaucoup plus vaste que nous souhaitons mettre au point avec les États-Unis. » Aux antipodes de la « stratégie nationale de défense » adoptée en 2008, sous le gouvernement de Lula, qui célébrait un « Brésil indépendant ». Cet alignement sur Washington trahit l’abandon de la ligne souverainiste traditionnellement défendue par l’armée, qui joua un rôle décisif, parfois contre l’oligarchie foncière, pour jeter les bases d’une industrie nationale, au nom de l’ « idéologie du développement » revendiquée au cœur de sa réflexion stratégique.

 

Bolsonaro : l'incarnation de la nouvelle droite brésilienne

Monstrueux produit d’une crise économique et politique, Jair Bolsonaro a su agréger autour de lui des forces hétéroclites, et même centrifuges ; dans une démocratie fracturée par le coup d’État de 2016, ses appuis militaires tiennent la charpente de cette construction politique, dominée par un ultralibéralisme autoritaire. Une nouvelle droite prend corps, dans l’articulation de l’anticommunisme, du fondamentalisme religieux et de l’intégrisme du marché. Dans ce mouvement, l’armée achève sa mue libérale, tandis que de haut gradés saluent la « libération d’énergie nationaliste » permise selon eux par l’élection de leur favori.

Son terne et long parcours parlementaire (1991-2019) a laissé à Jair Bolsonaro le temps d’imaginer son régime idéal, avec des institutions démocratiques privées d’indépendance. Depuis sa prise de pouvoir, il n’a cessé de s’en prendre au Congrès, espérant en faire une instance à sa botte. À la fin du mois de février, il envoyait à ses proches une vidéo, appelant à des manifestations pour le défendre contre les pouvoirs législatif et judiciaire, « ennemis du Brésil », accusés de l’empêcher de travailler – en réalité, de faire passer des textes anticonstitutionnels – et surtout coupables à ses yeux de détenir la clé d’une procédure d’impeachment (40 demandes déposées en ce sens). Démarche appuyée par le chef du cabinet de sécurité de la présidence, le général Augusto Heleno, un vieux nostalgique de la dictature qui invite régulièrement le Congrès à « aller se faire foutre » et promet un coup d’État si la Cour suprême devait rendre la destitution possible.

 

L'armée en rang d'oignon derrière le président

À la tête de tous les ministères stratégiques, présents sur les bancs du Congrès, installés à tous les échelons de l’appareil d’État, les militaires, plus nombreux au gouvernement que sous la dictature, sont aujourd’hui les vrais maîtres d’œuvre de la politique de démolition sociale, de dérégulation, de privatisation des entreprises nationales initiée sous Michel Temer et amplifiée par Jair Bolsonaro. L’institution fait corps : elle ne laisse rien filtrer des dissensions, voire des tensions qui la traversent. Surtout, elle a toujours arbitré, jusqu’ici, en faveur du président. Au mois d’avril, alors qu’il contestait l’opposition criminelle de Bolsonaro aux mesures de confinement et de protection sanitaire face au Covid-19, c’est finalement le ministre de la Santé, Luiz Henrique Mandetta, qui prenait la porte. Un mois plus tard, son successeur, Nelson Teich, prenait le même chemin. Soutenu dans ses pires dérives, l’hôte du palais du Planalto a beau jeu d’affirmer son autonomie, et celle de son clan…

 

Le système politique brésilien en pleine destruction

«  Même avec un Congrès et un pouvoir judiciaire parties prenantes du coup de 2016 contre Dilma Rousseff, ces deux instances restent considérées comme des ennemis par Bolsonaro », remarque Beatriz Oliveira, professeur de droit à l’université fédérale Santa Maria (Rio Grande Do Sul). Le discrédit jeté sur le Congrès, où la majorité lui échappe, va de pair avec sa croisade idéologique. Pour Bolsonaro, le « parlementarisme absolu » serait imposé par la gauche et la presse. La justice est, elle, mise au pas via la désignation de magistrats acquis à sa cause et chargés de transformer le système judiciaire en une machine de guerre contre l’opposition. Nul besoin de tanks ici : le président brésilien fait dans le harcèlement, affiche comme Donald Trump son mépris des journalistes, encourage les agressions de reporters lors des manifestations progouvernementales et les graffitis appelant à « tuer un journaliste par jour ».

Des digues institutionnelles contraignent encore le chef de l’État. Mais pour combien de temps ? Les chiffres du chômage publiés par l’Institut brésilien de géographie et de statistiques sont contestés. Impossible d’obtenir des données sérieuses du ministère de la Santé sur la progression du Covid-19. Le gouvernement démantèle un à un les organes de contrôle de l’environnement qui font obstacle à ses projets, comme la loi favorisant l’exploitation agricole et minière des territoires indigènes.

 

Quel avenir pour Jair Bolsonaro ?

Dans un pays à la dérive, où le chômage monte en flèche, l’hécatombe provoquée par le coronavirus et la nécropolitique choisie par Bolsonaro au nom de la « préservation de l’économie » pourrait pourtant rebattre les cartes. Les militaires commencent à distiller un message : ils ont beau occuper tous les postes de décision dans le secteur de la santé, ils ne sont pas responsables des erreurs du président – déjà visé par plusieurs plaintes devant la Cour pénale internationale. Jair Bolsonaro pourrait être tenté de conforter son pouvoir grâce à l’article 142 de la Constitution, qui l’autorise à recourir aux forces armées pour le maintien de « la loi et d(e) l’ordre » contre le Parlement. Quitte à fragiliser la cohésion de l’armée. Les militaires s’embarqueraient-ils dans une telle aventure ? Si la raison l’emporte, le président Bolsonaro, capitaine exclu de l’armée pour avoir planifié de faire exploser des bombes dans les toilettes d’une caserne, pourrait de nouveau se retrouver sur un siège éjectable.

 

Rosa Moussaoui et Lina Sankari

 

 

 

L’Amazonie, le président et les orpailleurs

Cette année pourrait être plus meurtrière que 2019 pour l’Amazonie. Avec 2 248 foyers d’incendie recensés au 1er juillet et une augmentation de 19,5 % en un an, la région enregistre le pire record depuis treize ans. Ces départs de feu, majoritairement d’origine criminelle, font les affaires du président Jair Bolsonaro. « J’espère que ce rêve va se concrétiser », disait-il, en février, à propos du projet de loi favorisant l’exploration minière et agricole des territoires indigènes. Les orpailleurs et voleurs de bois ont profité de la réduction des patrouilles de la police environnementale en période de Covid-19 pour s’adonner à des raids illégaux qui ont conduit à la destruction de 2 000 km2 de forêt. Une situation qui a de nouveau provoqué une levée de boucliers internationale. S’ils ne sont pas allés jusqu’à appeler à une mise en commun de ce patrimoine environnemental de l’humanité, les grands fonds d’investissement internationaux se sont dits « inquiets de l’impact financier » que les feux et la déforestation pourraient avoir sur leurs clients. Des réactions propres à irriter Bolsonaro qui n’avait pas hésité à qualifier les appels internationaux – et notamment de la France – pour la protection de l’Amazonie de comportement « colonial » mettant à mal la souveraineté nationale.

Mercredi, 22 Juillet, 2020
La police militaire, un « tribunal de la rue » meurtrier

Le tournant sécuritaire de Jair Bolsonaro a offert à l’armée un véritable « permis de tuer ». En avril, à Rio de Janeiro, 177 personnes ont été assassinées par la police militaire.

Filmée le 30 mai dernier à Parelheiros, un quartier populaire de São Paulo, la scène a soulevé l’indignation après sa diffusion, le 12 juillet, sur TV Globo. Terribles images, qui montrent une femme noire de 51 ans, à terre, le cou sous la botte d’un policier, dans un frappant mimétisme avec le geste qui coûta la vie à George Floyd le 25 mai dernier à Minneapolis, aux États-Unis. «  Plus je me débattais, plus il appuyait sur mon cou », a témoigné cette commerçante, violentée parce qu’un attroupement s’était formé autour de la modeste boutique où elle vendait des boissons à emporter, alors que le confinement interdit l’ouverture des bars et restaurants. Elle s’en est sortie avec une fracture à la jambe ; les policiers, eux, ont été suspendus, en attendant les conclusions de l’enquête ouverte par le gouvernement de l’État de São Paulo. Le gouverneur, João Doria, a qualifié cette scène de « répugnante » : « La conduite violente et inutile de certains policiers est inacceptable. »

Ces procédés sont pourtant courants… et plus meurtriers que jamais, depuis l’adoption du paquet « anticrime » de l’ex-ministre de la Justice Sergio Moro, qui offre aux forces de l’ordre, et singulièrement à la police militaire, un véritable « permis de tuer ». « Au prétexte de lutter contre la grande criminalité, le renforcement de l’appareil répressif et policier doit concrétiser (un) projet de militarisation de l’espace public et de gestion autoritaire du risque social », analyse Laurent Delcourt, historien et sociologue, chargé d’études au Centre tricontinental. Résultat : pour le seul mois d’avril, l’Institut de sécurité publique recense 177 personnes assassinées par la police militaire à Rio de Janeiro, où ce corps, qui désigne ses victimes comme des « marginaux », se comporte en véritable « tribunal de la rue ». Les enfants ne sont pas épargnés. Le 19 mai, un adolescent de 14 ans, João Paulo Mattos, s’effondrait, criblé de balles tirées depuis un hélicoptère. Ce crime a suscité des manifestations et de violentes controverses, la Cour suprême a fini par interdire les actions policières dans les favelas placées sous isolement sanitaire et des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour demander la démilitarisation de la police. Reste une doctrine raciste que le pouvoir d’extrême droite tient à ancrer : celle d’un modèle de sécurité publique dirigé contre un « ennemi de l’intérieur » qu’il faudrait anéantir par des méthodes de guerre. L’an dernier, au Brésil, 6 000 personnes ont été assassinées par la police. Cinq fois plus qu’aux États-Unis.

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:45

 

Alors que plus de 700.000 jeunes vont arriver sur le marché du travail et que notre pays compte plus de 600.000 nouveaux bacheliers, le plan gouvernemental annoncé ne leur offre d’autre perspective que la précarité avec la promesse de contrats de trois mois faiblement rémunérés. En outre, les exonérations de cotisations sociales associées affaibliront davantage la sécurité sociale au moment où il faudrait la renforcer et l’étendre. Concernant la formation, le gouvernement prend prétexte de la crise pour la livrer au privé.

 

 

Contrairement aux déclarations du Président de la République, « le jour d’après » est bel et bien un retour aux politiques d’avant, à l’idée qu’un jeune devrait « coûter moins cher ». C’est d’une toute autre ambition dont notre pays et la jeunesse ont besoin pour répondre aux défis posés par la crise sanitaire et économique !

La France doit se fixer l’objectif de création d’emplois de qualité pour une reconquête industrielle, le développement des services publics et la transition écologique. La crise a révélé le besoin de centaines de milliers d’emplois et de formations, notamment dans la santé et dans l’éducation, dans des filières essentielles à la transition écologique comme la rénovation thermique de l’habitat, et dans les collectivités territoriales.

Pour l’emploi public, le PCF propose un plan massif de pré-embauches immédiates des jeunes, dans le cadre statutaire, pour renforcer l’ensemble des services publics. Ces embauches doivent être accompagnées d’un plan de formation rémunérée. Pour l’emploi privé, nous proposons la création de contrats longs, d’au moins deux ans, en CDI, comprenant un temps important de formation qualifiante, inclus dans le temps de travail, et rémunéré au même taux. Pour le permettre, l’État doit prendre en charge une partie du coût de la formation et les banques publiques doivent reprendre les crédits des entreprises qui s’engagent à de telles embauches à un taux proche de zéro.

C’est aussi avec l’ambition de créer des emplois de qualité pour les jeunes que le PCF demande l’abandon de la réforme gouvernementale des retraites au profit d’une retraite à 60 ans et à taux plein pour chacun et chacune afin de favoriser l’embauche et la formation d’un jeune.

 

Aussi, le PCF lance ce jour une pétition nationale pour l’emploi, les salaires et les services publics, comprenant un volet jeunes portant la double exigence d’un plan d’embauches à la hauteur des besoins et la création d'un revenu minimum, à un niveau décent, pour les 18-25 ans.

 

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:41
Chômage: de fausses assurances (L'Humanité, Stéphane Guérard, jeudi 23 juillet 2020)
Jeudi, 23 Juillet, 2020 - L'Humanité
Chômage. De fausses assurances

La suspension de la réforme de l’assurance-chômage ne sera pas totale, malgré les dires de Castex.

Les syndicats avaient quitté la « conférence du dialogue social » de vendredi dernier avec une belle promesse en poche : celle de la suspension de la régressive réforme de l’assurance-chômage. Certes, ce n’est que jusqu’au 1er janvier 2021 et ça ne vaut pas annulation, ce que revendiquent toutes les organisations de travailleurs. Mais la suspension devait s’accompagner du retour aux règles mieux-disantes socialement en vigueur avant cette réforme. Yves Veyrier avait même pris soin d’obtenir confirmation de ce retour à meilleure fortune auprès de Jean Castex. Cinq jours plus tard, c’est une tout autre musique que joue le projet de décret.

La suspension de la réforme ne sera pas entière. D’une part, elle ne concernera pas celles et ceux ayant perdu leur emploi entre le 1er novembre (date d’entrée en vigueur de la réforme) et le 1er août (date de sa suspension), ce qui aurait contraint Pôle emploi à recalculer leurs droits. D’autre part, ce décret crée de nouveaux seuils, certes moins défavorables que ceux de la réforme, mais moins avantageux que ceux d’avant. Il faudra ainsi avoir travaillé 4 mois sur les 24 derniers mois pour avoir accès aux droits. C’est mieux que les six mois sur les 24 derniers mois de la réforme, mais moins bien que les 4 mois sur 28 d’avant. Même constat pour le mécanisme de rechargement des droits. Avant la réforme, un mois de travail suffisait. Après la réforme : 6 mois. Cette fois, il en faudra quatre. « C’est une façon de poursuivre les économies sur le dos des chômeurs. Cela va produire des milliers de perdants », déplore Denis Gravouil, de la CGT. S. G.

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:41

 

Le chef de l’État assure que le contribuable français n’aura pas à débourser un sou pour rembourser le prêt européen.

Sur TF1, mardi soir, le président français a salué les résultats du Conseil européen qui s’est tenu de vendredi à mardi à Bruxelles. Il s’agit, selon Emmanuel Macron, du « moment le plus important depuis la création de l’euro » et le résultat du sommet, la « réponse à la plus grande crise de l’UE depuis sa formation ». Mardi, les Vingt-Sept se sont mis d’accord sur la création d’un fonds de relance de 750 milliards, capable de financer des subventions aux États membres pour un montant de 312,5 milliards d’euros, des politiques européennes à hauteur de 78,5 milliards d’euros et des prêts aux États à hauteur de 360 milliards d’euros. La manne de ce dispositif sera levée par emprunt de l’Union européenne sur les marchés financiers - ce qui est inédit.

« Ce n’est pas le contribuable français qui » paiera pour le remboursement, a tenu à rassurer Emmanuel Macron, qui met en avant que sera « levé un impôt sur les grandes entreprises et acteurs internationaux qui ne jouent pas le jeu de notre politique », à savoir les géants du numérique. Le propos peut surprendre de la part d’un chef d’État qui, au sein des frontières de l’Hexagone, mène campagne contre tout impôt sur les entreprises… Il oublie que si les fameuses « nouvelles ressources propres » de l’UE annoncées au sommet ne voient pas le jour du fait de la pression des États frugaux emmenés par les Pays-Bas, qui ont tenté de faire capoter le plan de relance, ce seront bien les États membres qui mettront la main à la poche.

Emmanuel Macron a fait valoir que la France bénéficiera de ce fonds avec 40 milliards d’euros de subventions européennes, ce qui représenterait « 40 % de notre plan de relance », tourné vers l’emploi des jeunes, les petites et moyennes entreprises, la rénovation énergétique et « le financement de l’industrie comme l’hydrogène ou la batterie électrique ».

Il n’était pas le seul, mercredi, à assurer le service après-vente du plan de relance européen. Enrico Letta, ancien chef du gouvernement de centre gauche de l’Italie, le pays qui sera le principal bénéficiaire du fonds, voyait dans ce plan de relance une « défaite des populistes » et une victoire des fédéralistes, dont il est, qui souhaitent plus de pouvoir à l’Union européenne. Il faisait mine de ne pas voir à quelles conditions seront délivrés les fonds européens ; il faut dire qu’au pouvoir entre 2013 et 2014, il s’est appliqué à mettre en œuvre les diktats de Bruxelles. D’ores et déjà, de l’autre côté des Alpes, une réforme des pensions datant du début de l’année 2019, qui permettait de partir en retraite plus tôt, est au dire de tous les observateurs dans le viseur.

Gaël De Santis

 

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24 juillet 2020 5 24 /07 /juillet /2020 05:35

Entretien du 18/07/2020 avec Frédéric Boccara, membre des Economistes atterrés et du PCF.

Pour RT France, il était invité à commenter le report des échéances liées aux réformes des retraites et de l’assurance chômage. Il dénonce une mesure temporaire qui ne va pas dans l’intérêt des nouveaux arrivants sur le marché du travail.

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 10:13
Jacqueline Héré, Mathilde Maillard, Jean-Michel Le Lorc'h, Eric Guellec, Anne-Catherine Cleuziou, Sandra Le Roux, Taran Marec - 7 élus communistes à Brest

Jacqueline Héré, Mathilde Maillard, Jean-Michel Le Lorc'h, Eric Guellec, Anne-Catherine Cleuziou, Sandra Le Roux, Taran Marec - 7 élus communistes à Brest

Intervention du groupe des élu.e.s communistes

Par Eric Guellec, responsable du groupe des élus communistes brestois

Conseil Municipal du 17 juillet 2020 

Permettez-moi, car nous n’avons pas eu l’occasion de le faire lors du précédent conseil, de vous féliciter au nom des communistes brestois et brestoises, Monsieur le Maire, pour votre élection.

Mesdames, Messieurs,

Chers Collègues, nous avons vécu ces deux tours de scrutin dans un contexte particulier. La crise sanitaire de Covid-19 que nous traversons a bouleversé nos vies et le fonctionnement de nos sociétés. Et risque de les bouleverser durablement. Le second tour des élections municipales a dû être reporté. Il a ensuite fallu faire campagne différemment. Innover dans la manière de diffuser les propositions, de convaincre, d’échanger avec la population. C’est ce que notre liste s’est attachée à faire avec dignité, le regard tourné vers l'avenir, vers le progrès social et écologique, quand d’autres choisissaient d’utiliser des moyens parfois détestables sur la forme, en se donnant des objectifs sur le fond que nous ne partageons pas. A l’issue de ces deux tours de scrutin, c’est une majorité de gauche et écologiste, renouvelée et élargie dans ses composantes, qui l’a emporté et va avoir la responsabilité de la gestion de notre belle cité durant les six prochaines années. A ce titre, nous assurons les Brestois et les Brestoises que cette victoire, nous la mettrons au service de toutes et tous, sans exclusive.

Agir dans le sens de l’intérêt général, répondre aux besoins de la population, dans la perspective d’une société plus juste, plus humaine, plus fraternelle. C’est ce qui nous anime depuis toujours et c’est ainsi que nous allons continuer à conduire l’action publique ces six prochaines années. Nous nous appuyons sur un long travail déjà mené pour Brest sur un projet municipal que nous avons construit avec la population. Un projet qui prend à bras le corps les défis qui nous sont posés pour aujourd’hui, bien sûr, mais également pour demain. Durant cette nouvelle mandature, notre équipe aura à cœur de mettre en œuvre, de traduire en actes, le projet que nous avons porté pendant la campagne. C’est là notre conception de l’action publique, tenir ses engagements. Les 7 élus communistes membres de la majorité s’y attelleront avec rigueur et exigence, profondément attachés à l’esprit d’équipe. Esprit d'équipe qui, s'il ne garantit pas la réussite, en est la condition sine qua non dans la durée. Ces élections municipales 2020 se sont donc déroulées dans un contexte totalement inédit. Et les signaux envoyés sont clairs.

- Ces élections ont montré que face aux difficultés de leur vie quotidienne, beaucoup de nos concitoyens ont sanctionné sévèrement la politique d’Emmanuel Macron. C’est un échec lourd pour toutes celles et ceux qui espéraient conquérir une multitude de villes avec l’étiquette de la république en marche. C’est un premier coup d’arrêt électoral pour le Président des riches.

- Ces élections ont également montré, mes chers collègues, que l’abstention s'est révélée très forte partout en France, notamment dans les quartiers populaires. Et l’explication d’un tel niveau d’abstention dépasse la question conjoncturelle de la crise sanitaire que nous traversons. Elle est aussi le signe d’un sentiment de rupture éprouvé sur l'ensemble du territoire national par une partie de la population. Ce message de nos concitoyens, il nous faut l’entendre, le prendre en compte et y répondre, même si, bien évidemment, les solutions ne sont pas que locales, loin s'en faut. 

- Enfin, ces élections municipales 2020 ont montré que là où les forces de gauche et écologistes se sont unies et ont donc travaillé ensemble à un projet, social, écologique et démocratique, un projet en phase avec les besoins des populations, elles ont bien souvent emporté la victoire ! C’est le cas ici à Brest, mais aussi à Quimper, à Rennes, à Nantes, etc. Dans une période où la crise sanitaire a accentué les situations de précarité chez beaucoup, les services publics doivent être le pivot de la sortie de crise, buts et moyens d'un mode efficace de développement écologique et social. Investir dans le service public local, dans le bien public, est plus que jamais notre priorité. Ce mandat sera l’occasion pour notre majorité de continuer à développer des politiques sociales toujours plus ambitieuses dans toute la ville, dans tous les quartiers :

- Il nous faudra ainsi poursuivre le travail mené notamment par notre camarade Claude Bellec, élue communiste sortante que nous saluons et remercions pour son engagement depuis 2008, dans le domaine du renforcement des solidarités. 

- L’évolution de la tarification sociale de l’eau et le développement d’un réseau d’épiceries solidaires accessibles au plus grand nombre constitueront de nouvelles étapes importantes de nos politiques sociales, pour un Brest toujours plus solidaire.

- Par ailleurs, la crise sanitaire met en lumière, de façon aveuglante, les enjeux de santé et les grandes difficultés que connaît l’hôpital public depuis de nombreuses années. Les fortes inquiétudes qui pèsent sur notre service public hospitalier, dont le CHU représente le pilier ici à Brest, nous conduisent à exiger que tout soit mis en œuvre pour que notre centre hospitalier dispose des moyens adaptés aux enjeux de santé et d’accès aux soins. La priorité doit être donnée à l’humain au-delà des logiques purement budgétaires et comptables. Au niveau de la ville, nous serons vigilants à ce que le travail concernant la création d’une mutuelle santé communale soit rapidement enclenché et à ce que de nouvelles solutions d’accès aux soins puissent voir le jour. 

- Enfin, l’enjeu des solidarités ne saurait se penser sans une ambition toujours réaffirmée pour la vie associative brestoise et la promotion de l’éducation populaire dans les quartiers. Le soutien à la vie associative est le terreau de la solidarité et de la cohésion sociale. Renforcer les dynamiques collectives dans les quartiers, pour la construction de nouvelles solidarités, pour l’émancipation de chacune et chacun. Soyez assuré, et j’en terminerai là mon propos, que les communistes apporteront toute leur énergie au seul service qui vaille, le service à la population. Avec pour objectif, le seul objectif qui vaille, la construction d'une société meilleure. Monsieur le Maire, je vous remercie.

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 07:27

 

Des trois grandes revendications des personnels soignants, seule celle des salaires trouve un début de satisfaction dans les conclusions du processus de concertation dévoilées ce mardi. La déception prévaut chez leurs représentants.

En une année et demie de mouvement social, parti des services d’urgences pour embraser l’ensemble des hôpitaux publics, les revendications portées par les personnels soignants avaient eu le temps de s’affiner. La mobilisation générale de tous les personnels soignants face à l’épidémie de Covid-19 a fini de définir ces demandes, si bien que celles-ci tiennent sur l’équivalent d’une « antisèche » très pédagogique. Premièrement : 300 euros d’augmentation mensuelle pour tous les paramédicaux et revalorisation et rééchelonnement des salaires des médecins hospitaliers (début de carrière à 4 500 euros, fin à pas moins de 10 000 euros), afin que les émoluments rattrapent la moyenne des rémunérations des soignants pratiqués dans les autres pays de l’OCDE. Deuxièmement : 100 000 recrutements à l’hôpital et 200 000 dans les Ehpad et les établissements du médico-social. Troisièmement : fin des fermetures de service et réouverture des capacités d’accueil qui ont été amputées de 100 000 lits en dix ans. Le message était simple. Au vu des conclusions du Ségur de la santé rendues ce mardi par Olivier Véran, il n’a été que très partiellement entendu. « Il y a certes eu la crise sanitaire du Covid, mais il faut souligner que, sans la lutte, nous n’aurions rien eu. Néanmoins, ce sont des annonces a minima », résume Michèle Leflon, présidente de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. Mireille Stivala, de la CGT santé, reste elle aussi sur sa faim : « Globalement, ces annonces sont décevantes, le gouvernement reste au milieu du gué et ne renonce pas à sa politique austéritaire. Nous serons très vigilants sur la manière dont ces annonces seront traduites dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale. »

1. Le Ségur, machine à noyer les revendications

Le processus même de ce grand raout, mené en un mois et demi express, ne promettait pas le meilleur. Avec des participants en grand nombre (200) – sans les collectifs Inter-Urgences et Inter-Blocs, fers de lance des mobilisations sociales, pas invités – pour noyer dans la masse des paramédicaux sous-représentés par rapport aux organisations de médecins dont certaines, les plus récalcitrantes, ont été éjectées des derniers arbitrages. Avec quatre « piliers » de discussion permettant de délayer les sujets. Et un téléscopage de calendriers avec le changement de premier ministre, dont la préoccupation première est de faire des appels du pied aux élus des territoires, non aux soignants.

Durant les cinq premières semaines, les participants n’ont eu pour seul interlocuteur que Nicole Notat, animatrice en chef avec son pedigree crispant. Le ministre de la Santé n’a dévoilé ses cartes que dans l’emballement final, avec de faibles marges de manœuvre budgétaire et un mantra bien ancré et rappelé hier : « Les constats ne sont pas nouveaux. La loi relative à Ma santé 2022 n’est pas caduque. Nous accélérons dans tous les domaines de transformation. » Le changement, ce n’est pas pour maintenant.

2. Des augmentations de salaires au minimum

Les revalorisations demandées par les paramédicaux nécessitaient 9 milliards d’euros annuels. Celles des médecins hospitaliers étaient estimées autour de 7 milliards. Au bout des négociations, le gouvernement a consenti 8,2 milliards au global. Soit 7,6 milliards pour les premiers, incluant une augmentation de 183 euros net mensuelle, une revalorisation des métiers et 15 000 recrutements. Et 450 millions pour les seconds, bonifiés de 200 millions pour les indemnisations des étudiants internes et externes. Si une majorité des organisations syndicales (FO, CFDT et Unsa pour les paramédicaux ; INPH, Snam-HP et CMH pour les médecins) s’est résolue à signer l’accord, ce fut selon le vieil adage : « Ce qui est pris n’est plus à prendre. » « Le “quoi qu’il en coûte”, on ne le voit pas, déplore le docteur Jean-François Cibien, vice-président d’Action praticien hôpital (non signataire). On aurait pu remettre les salaires des infirmières au niveau médian des salaires français ou de celui des infirmières des autres pays européens. La France ne le fait pas, contrairement à d’autres pays. Et comment va-t-on rendre l’hôpital public attractif alors que les jeunes médecins y commencent, après huit années d’étude, à 3 500 euros par mois, et que le privé leur offre 10 000 à 15 000 euros ? »

3. L’esbroufe de l’augmentation des effectifs

De 5 % à 10 % d’étudiants infirmiers en plus à la rentrée 2021, doublement des places de formation pour les aides-soignants et 15 000 embauches chez les paramédicaux. La coupe présentée par Olivier Véran n’est pas pleine, selon Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf). « La montagne accouche d’une souris. Pour les Ehpad, le ministre renvoie à la loi sur l’autonomie attendue depuis deux ans. On espère toujours les 200 000 créations de postes demandées. Quant aux 15 000 postes créés, il n’y en a en réalité que 7 500, puisqu’on y compte les 7 500 postes déjà budgétés et non pourvus. » Pas sûr que les revalorisations salariales consenties par le gouvernement rendent plus attractives ces fonctions dans les hôpitaux publics. D’autant que la pénibilité de ces métiers, avec bonification des retraites, n’a jamais été prise en compte dans ce Ségur.

4. Des moyens accrus sans changer la donne

En dix ans, 11,7 milliards d’euros d’économies ont été imposés aux hôpitaux. En vingt ans, 100 000 lits et 95 services d’urgences ont été fermés. En guise de changement, Olivier Véran annonce la création de 4 000 lits, qu’​​​​​​​« (il) appelle “à la demande”, en fonction des besoins saisonniers ». « Ces 4 000 lits ne compensent même pas le nombre de lits fermés sous Macron », pondère Christophe Prudhomme.

Le ministre de la Santé assure pourtant que la donne va changer concernant les moyens. Dix-neuf milliards vont être investis pour la « transformation du quotidien ». Soit 13 milliards de reprise de dettes annoncés il y a un an, auxquels s’ajoutent 6 milliards d’investissements pour rénover et moderniser les bâtiments comme les pratiques dans les hôpitaux et le médico-social. « On nous annonce aussi l’assouplissement de la T2A (tarification à l’acte) et une mécanique nouvelle de l’Ondam (objectif national des dépenses de l’assurance-maladie), relève Christophe Prudhomme. Mais l’Ondam demeure, soit ce système d’enveloppe financière fermée qui a fait que le système de santé n’a pas les moyens de faire face aux besoins, engendrant des déficits et des dettes. » « Tant qu’on n’aura pas fait sauter cet Ondam, les choses ne changeront pas. Tant qu’on ne prendra pas en compte les coûts évités par une bonne prise en charge, on tournera en rond », abonde le docteur Cibien.

5. De vrais-faux changements de gouvernance

La loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) de 2009 a donné les pleins pouvoirs aux directeurs d’établissement. Olivier Véran se fait fort de rééquilibrer le rapport de forces soignants-gestionnaires aux profits des premiers, en leur conférant plus de place dans les instances consultatives et décisionnaires. Pour cela, il reprend les préconisations du rapport Claris sur la gouvernance de l’hôpital. « Ce rapport a une grande faiblesse. Ses auteurs se fondent sur les retours d’expérience des directions actuelles des établissements. Or, tous ces gens ont dit que ça marchait très bien comme cela », soulignait récemment Laurent Heyer, président du conseil national professionnel Anesthésie-Réanimation.

De même, Olivier Véran se fait fort de rendre du pouvoir aux « élus des territoires », en les associant à la définition des objectifs de santé locaux, en lien avec des agences régionales de santé, sommées de muscler leurs échelons départementaux pour coller au plus près des besoins. Preuve de cette ouverture, les Copermo, ce vilain acronyme désignant les instances technocratiques qui ont instruit les fermetures d’hôpitaux téléguidés de Bercy, sont remplacés par des conseils nationaux et locaux de l’investissement de santé, dans lesquels se retrouveront ces mêmes élus. Et les expérimentations « territoriales » sont les bienvenues. « Sur la question de la proximité du soin, la ministre de la Cohésion des territoires sous-entend que les collectivités pourraient contribuer à financer l’accès aux soins. C’est inquiétant en termes d’égalité dans l’accès aux soins entre les territoires », relève Michèle Leflon, de la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité.

 

 

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 07:01
Après Parcoursup, des milliers de bacheliers en errance (L'Humanité, Camille Bauer, 21 juillet 2020)
Mardi, 21 Juillet, 2020
Après Parcoursup : ces dizaines de milliers de bacheliers en errance

C’est une hausse sans précédent. Au 17 juillet, date de clôture de la principale phase de Parcoursup, plus de 90 000 jeunes étaient encore en attente d’affectation dans l’enseignement supérieur, soit 34 000 de plus que l’année dernière. Entre la hausse démographique et le taux de réussite exceptionnel au bac cette année, les universités font face à une hausse sans précédent des demandes d’inscription. Et ne peuvent y répondre.

 

Au 17 juillet, date de clôture de la principale phase de Parcoursup, plus de 90 000 jeunes étaient encore en attente d’affectation dans l’enseignement supérieur, soit 34 000 de plus que l’année dernière. La ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, communique, elle, sur les plus de 88 % de bacheliers inscrits et en décompte seulement 9 500 en attente de place. « Le ministère n’assume pas les chiffres. Au lieu de regarder la situation en face pour trouver des solutions, il ne compte que les élèves qui ont fait des recours auprès des commissions rectorales pour parvenir à trouver une place », s’agace Mélanie Luce, présidente de l’Unef. Or, leur nombre est d’autant plus bas que ces recours sont des « procédures administrativement complexes, estime Anne Roger, cosecrétaire générale du Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur. En outre, le 20 juillet, il n’y a plus personne dans les rectorats pour orienter les étudiants ».

Aucun budget supplémentaire

Les chiffres vertigineux tiennent du structurel et du conjoncturel. À la hausse démographique des bacheliers - 20 000 cette année -, se sont ajoutés 48 000 bacheliers de plus que d’habitude, en raison du taux de réussite exceptionnel au bac postconfinement. Cette hausse va être d’autant plus complexe à gérer qu’elle va s’accompagner de règles sanitaires qui devront limité le taux d’occupation des salles. « En TD, on est déjà assis par terre, à 40 dans des classes de 30 places. Je ne vois pas comment on va faire pour appliquer les mesures sanitaires dans ces conditions », souligne Mélanie Luce. « Il faudrait louer des locaux, embaucher pour dédoubler les cours. Nous n’y sommes pas », soupire Anne Roger.

Face à cette situation inédite, le ministère n’a pas pris de mesure. Aucun budget supplémentaire n’a été demandé pour trouver des locaux ou augmenter le nombre d’enseignants et de personnels administratifs. Pour l’instant, la seule réponse consiste à accroître la pression sur les universités pour qu’elles ouvrent plus de places. « Celles qui le font doivent pousser les murs et recruter du personnel précaire, pas toujours à la hauteur », s’alarme Anne Roger. Même avant cet afflux, l’université était à la peine pour accueillir les étudiants dans des conditions minimales. Selon le Snesup-FSU, 525 millions d’euros seraient nécessaires pour une simple remise à niveau. Il en faudrait 158 de plus pour faire face à l’afflux de la rentrée à venir. La Conférence des présidents d’université est sur la même longueur d’onde. Le 8 juillet, elle a alerté « sur l’extrême urgence de la situation et la nécessité impérieuse d’un effort de tous ». Elle aussi demande entre 150 et 300 millions d’euros pour la rentrée 2020.

Une sélection accrue

« Il y aura une solution pour chacun », continue pourtant de claironner Frédérique Vidal. « Elle raisonne de manière arithmétique. La question n’est pas de trouver n’importe quelle place, mais de répondre aux projets de vie des étudiants. Ça n’a pas de sens d’orienter en espagnol un gamin qui voulait faire des maths », insiste Anne Roger. C’est pourtant ce qui se passe, car le manque de places se traduit par une sélection accrue, notamment dans les filières les plus demandées : droit, Staps ou formations infirmières, pour lesquelles aucune nouvelle place n’a été créée. Le problème est encore plus fort pour les titulaires de bacs techniques et professionnels. D’un côté, ils se heurtent à un manque de place en BTS et en IUT, de l’autre, en raison de la sélection, ils n’ont aucune chance de voir leurs dossiers acceptés en filières générales. « Alors que la ministre annonce que 95 % des bacheliers généraux ont trouvé une place, on est en train d’éjecter ceux qui viennent des lycées pros et technologiques », explique Mélanie Luce.

« Ce manque de réaction est incompréhensible, sauf à penser qu’on veut favoriser un changement de modèle et rompre avec l’idéal d’une université qui donne une chance à chacun », analyse Anne Roger. Face à la crise, la ministre n’a eu de cesse de chanter les louanges de l’enseignement à distance, qu’elle présente comme une « révolution pédagogique ». « Si on généralise le distanciel, surtout avec les premières années qui n’ont déjà pas eu cours pendant quatre mois, ça va être catastrophique, s’alarme Anne Roger. C’est un moyen d’accroître encore la sélection déjà mise en place. »

Camille Bauer
Pas d’annonce pour l’université

Le président Macron a promis 200 000 formations qualifiantes dans ses annonces pour la jeunesse le 14 Juillet. Mais, pour l’instant, pas un centime n’a été débloqué pour l’université. C’est l’apprentissage et surtout le service civique, avec 100 000 places supplémentaires, qui ont le vent en poupe. Une façon d’accueillir une partie des étudiants restés sur le carreau pour pas cher.

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