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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 06:49
Yolanda Diaz (photo publiée par le site Mozaïk Radio)

Yolanda Diaz (photo publiée par le site Mozaïk Radio)

Marché du travail : l’Espagne détruit la machine à broyer
Samedi 17 Juillet 2021 - L'Humanité

Ministre du Travail du gouvernement de Madrid, Yolanda Diaz s’attelle depuis des mois à détricoter une par une toutes les mesures imposées lors de la crise des dettes publiques. Par cette contre-réforme, il s’agit de rétablir les droits et les protections volés il y a dix ans aux salariés.

Cela peut paraître technique. De la cuisine juridique, en quelque sorte. Mais cela ne l’est pas, en réalité : la réforme du marché du travail, en gestation en Espagne, est éminemment politique. Derrière le minutieux détricotage des mesures de dérégulation les plus néfastes imposées à la faveur de la crise des dettes publiques il y a une dizaine d’années – dans la péninsule Ibérique, mais également en Irlande, en Italie, à Chypre et, bien sûr, pour le pire du pire, en Grèce –, le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez opère une forme de « contre-contre-révolution néolibérale » et tente de remettre les droits comme les protections sociales à l’endroit dans un pays ravagé par les diktats de l’Union européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE).

Sous l’impulsion, dans ce domaine, de la communiste Yolanda Diaz, ministre du Travail et troisième vice-présidente du Conseil des ministres, la coalition au pouvoir à Madrid, rassemblant les socialistes (PSOE) et Unidas Podemos, s’attaque ainsi à quelques-uns des totems austéritaires, hérités des années de gouvernement de droite dirigé par Mariano Rajoy : modération ou même glaciation salariale, multiplication des contrats précaires, hiérarchie des normes inversée avec prééminence de l’accord collectif d’entreprise, etc.

Relance par les salaires

Dans le détail, après avoir augmenté le salaire minimum de près de 30 % depuis l’automne 2019 – il est désormais à 1 108 euros, alors qu’il culminait autour de 800 euros sous Rajoy –, le gouvernement de gauche espagnol promet de persévérer dans cette voie. « Politiquement, il y a toujours de la marge », constate Yolanda Diaz, à rebours des « comités d’experts » qui, sous couvert d’objectivité, limitent, comme mécaniquement, les évolutions salariales dans la plupart des autres pays européens. La Banque d’Espagne a, dans cet esprit, essayé d’allumer un contre-feu, avec une étude censée démontrer que la hausse du salaire minimum détruisait les emplois.

Pour les syndicats, c’est complètement faux, bien sûr. Selon Unai Sordo, le secrétaire général des Commissions ouvrières (CCOO), l’augmentation du salaire minimum « produit », au contraire, « un effet de création nette d’emplois » car les travailleurs peuvent utiliser l’argent pour « relancer la consommation dans les magasins, les bars et les librairies ». Aussi, afin de rattraper le retard en la matière par rapport aux autres pays de l’Union européenne, il convient, pour les CCOO, mais aussi pour l’autre grand syndicat espagnol, l’UGT, de programmer des hausses jusqu’à la fin de la législature. De quoi permettre au salaire minimum en vigueur d’atteindre 60 % du salaire médian, soit 1 200 euros.

Icon QuoteLe recours à des contrats temporaires sera limité à des situations données, comme l’augmentation réellement imprévue de l’activité.

Endémique en Espagne, la précarité des contrats est également au cœur du projet de réforme du marché du travail. Pour le gouvernement, en général, et pour Yolanda Diaz, en particulier, il s’agit de réduire drastiquement le nombre et la variété de contrats à durée déterminée, alors que, parmi les Vingt-Sept, le pays crève tous les records : 27 % des contrats sont à durée déterminée en Espagne. « Le principe fondamental doit être la stabilité dans l’emploi et on n’acceptera plus de limitation temporelle que lorsqu’une cause précise le justifie », avertit la ministre du Travail.

Particulièrement prisée par les employeurs espagnols car extrêmement souple et dénuée d’obligations, la forme du contrat de mission – « contrato de obra y servicio » en castillan – pourrait ainsi disparaître. Dans le projet gouvernemental, le recours à des contrats temporaires sera limité à des situations données, comme l’augmentation réellement imprévue de l’activité. Ce qui permet d’écarter catégoriquement tous les statuts précaires pour les situations « normales et permanentes » dans une entreprise…

Garantir des socles de droits

Dernier volet phare de la réforme en Espagne : le gouvernement introduit une « dérogation » aux lois austéritaires de 2012 qui, engagées dès la victoire du leader du Parti populaire (PP, droite), Mariano Rajoy, avaient renversé la hiérarchie des normes, en faisant de l’entreprise, le lieu où les relations sociales sont les plus inégales au plus grand bénéfice des patrons, le centre névralgique de la négociation et de la fixation des garanties collectives. Comme ailleurs en Europe, et notamment en France, ces textes ont donné la priorité aux accords d’entreprise sur les accords de branche, avec des possibilités de mettre en place des régimes moins-disants en matière de salaires, de temps et d’organisation du travail.

C’est cette machine à broyer les cadres de protection pour les salariés que le gouvernement Sanchez entend détruire. Le but est clairement de garantir des socles de droits au niveau des branches en dessous desquels il sera impossible d’aller dans les entreprises : finis les accords allongeant le temps de travail ou rognant sur les congés au nom de la « compétitivité » !

Dans ce champ, Yolanda Diaz veut également rétablir un principe assez inédit en Europe et protecteur qui avait été annihilé par les forces austéritaires : la « ultraactivitad », qui est un régime juridique garantissant la persistance des dispositions d’un accord arrivé à expiration tant qu’un autre accord n’a pas été validé entre patronat et syndicats. Une manière d’empêcher la dénonciation intempestive permettant aux employeurs de se délester de certaines obligations, sans rien proposer en contrepartie.

Retour de bâton de Bruxelles

Alors que les syndicats CCOO et UGT applaudissent ces mesures, l’Union européenne mais aussi l’OCDE veillent. Ces derniers mois, Valdis Dombrovskis, le vice-président de la Commission européenne, n’a pas manqué de tancer le gouvernement espagnol, en particulier sur la faveur qu’il entend rétablir aux accords de branche, au détriment des accords d’entreprise : les institutions européennes considèrent que les accords dérogatoires apportent de la « flexibilité » sur le marché du travail. Et tout le plan a de quoi faire sourciller à Bruxelles, où, pour l’heure, les gardiens du temple, aiguillonnés par le patronat espagnol ou européen, attendent encore leur heure avant de dégainer leur arme de dissuasion et de chantage favorite, l’accès aux fonds européens de sauvetage post-Covid-19.

Espagne. Titre du journal de Galice: "Yolanda Diaz ( la nouvelle ministre du Travail):la lutte ouvrière arrive au gouvernement."

 

Espagne. Yolanda Diaz, la nouvelle ministre du Travail du gouvernement de coalition "plus aimée par les syndicats que par les patrons" est une élue communiste de Galice. Elle annonce trois premiers objectifs: augmentation du salaire minimum, réforme du travail, nouveaux statuts pour les travailleurs.

 

Un nom qu'il faut retenir. La ministre du Travail du nouveau gouvernement de gauche en Espagne.

Une énorme responsabilité pour une femme qui, à l'inverse de Margartet Thatcher, a pour mission de redonner fierté et honneur au monde du travail espagnol, qu'il soit catalan, castillan, galicien, basque ou autre en commençant par faire tomber les loi anti-sociales scélérates qui ont été imposées par le PP et Ciutadanos et soutenues, ne l'oublions pas, par la droite catalane (CIU) à l'époque du président Mas.

Yolanda est galicienne. Quand on parle de la Galice, on évoque souvent Franco et le bastion du PP... mais les choses changent. Pour exemple, Martiño Noriega Sánchez, né en 1975, le maire de la capitale galicienne, Saint Jacques de Compostelle, est soutenu par Podemos.

Yolanda est militante du Parti communiste de Galice affilié au PCE et membre de la coalition IU. Elle a été députée de la Corogne puis de Pontevedra. Elle est titulaire d'une licence de droit et de 3 masters en sciences humaines. Tout un programme diraient certains. Franco doit se retourner dans sa nouvelle tombe ! Pourvu qu'il y reste...

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 05:23

 

Du 6 juillet au 26 août, la caravane des Jours Heureux, floquée aux couleurs de la campagne de Fabien Roussel, s’élancera sur les routes françaises pour présenter aux habitant·e·s, aux saisonnier·e·s et aux touristes la candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022. Cette caravane d’été sera le premier grand temps de mobilisation depuis le vote des militant·e·s pour la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle le 9 mai dernier.

Elle sera présente sur Morlaix le vendredi 13 août

 

 

La caravane partira de Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, pour rejoindre Malo-les-Bains, dans le Pas-de-Calais, en passant par la côte Méditerranéenne, le littoral atlantique et les côtes de la Manche. Ce sont au total 25 fédérations de notre parti qui prendront part à cette belle aventure estivale, pour plus de 30 étapes prévues et 4 000 km parcourus ! Une ébauche de parcours avait été préparée en amont, à la présentation du projet aux fédérations, mais ce sont elles qui ont vraiment décidé des lieux d’implantation de la caravane dans chaque ville traversée. L’une des forces de notre parti est ce découpage en fédérations, qui permet un ancrage local extraordinaire, au plus près des gens et des militant·e·s et une meilleure connaissance du terrain.

Si l’objectif principal de la caravane d’été est de faire connaitre la candidature de Fabien Roussel, de partager nos propositions pour l’élection présidentielle et de renforcer notre base militante, nous souhaitons également écouter et recueillir les besoins et les attentes de milliers de citoyens afin d’enrichir notre programme et de présenter des propositions en adéquation avec les demandes de la population. La caravane des Jours Heureux alliera échanges politiques et convivialité, nous souhaitons en faire un lieu de débats, de rencontres, mais également de jeux et de bonne humeur.

Pour cela, plusieurs idées ont été retenues pour faire participer la population tout au long de la journée. Tout d’abord, les personnes rencontrées pourront remplir un questionnaire afin que l’on en sache un peu plus sur leurs intérêts et sur leurs souhaits pour la campagne. Pour rester dans le thème de l’été et pour donner un côté un peu plus léger à notre démarche, des cartes postales ont été dessinées par notre directrice artistique sur plusieurs thèmes : le pouvoir d’achat, la jeunesse, les retraites ou encore le droit aux vacances. Après les avoir remplies, les participant·e·s pourront ensuite les envoyer au Président de la République afin de faire entendre leurs revendications et leurs propositions sur ces thématiques. Enfin, un carnet de jeux pour adultes d’une dizaine de pages a été conçu afin d’en apprendre plus sur notre parti et nos idées tout en s’amusant. D’autres jeux seront prévus tout au long des étapes, avec des petits goodies aux couleurs de la campagne à remporter.

Si la caravane d’été est l’occasion rêvée pour rencontrer un grand nombre de personnes, elle sera aussi un grand moment d’échanges et de rencontres avec les camarades des fédérations traversées. Nous n’avons que rarement l’occasion de rencontrer les camarades des fédérations autres que la nôtre et la crise sanitaire a empêché la tenue des grands événements qui nous rassemblent d’habitude, comme la Fête de l’Humanité ou l’université d’été. La caravane d’été sera donc l’occasion de renouer des liens autrement qu’en visioconférence et de relancer les rencontres entre camarades.

Pendant ces deux mois, deux équipes de quatre personnes se relaieront pour conduire la caravane et le véhicule qui va l’accompagner, et des camarades du siège viendront elles et eux aussi passer plusieurs jours ou quelques semaines sur le parcours. Les camarades de la caravane seront logé·e·s chez les camarades des fédérations visitées, ce qui permettra de tisser des liens, d’échanger sur le fonctionnement de leurs fédérations respectives et peut-être d’apporter de nouvelles idées et des nouvelles manières d’envisager le militantisme.

Nous vous donnons rendez-vous tout au long de l’été sur le parcours de la caravane pour rencontrer les camarades et participer vous aussi à relever le défi des Jours Heureux !

Lena Mons

 

 

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 05:12

 

 

 

 

 

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 05:06

 

Face à l'ingérence des États-Unis à Cuba, le PCF exige la levée du blocus et affirme sa solidarité avec le peuple cubain

Prenant pour prétexte des manifestations dans plusieurs villes cubaines, les États-Unis se livrent aujourd’hui à une nouvelle ingérence à Cuba

 

Le PCF ne saurait accepter cette provocation. C’est à la nation cubaine et à son peuple de déterminer souverainement leur destin. Pas à l’impérialisme américain qui s’efforce depuis des décennies d’étrangler la révolution qui a débarrassé Cuba d’une dictature sanglante et qui l’a protégée des prédations des multinationales et des institutions financières mondiales. 

Les officines étatsuniennes, dotées de millions de dollars, s’emploient à exploiter les dures épreuves imposées au peuple cubain en pariant sur un rejet du gouvernement. Elles viennent de passer à une vitesse supérieure avec une nouvelle tentative de déstabilisation du pays.

Nous sommes résolument aux côtés du peuple cubain.

Les administrations nord-américaines, hier celle de Trump, aujourd’hui celle de Biden, portent pourtant l’écrasante responsabilité d’une situation économique dévastatrice. Le blocus est la principale source des difficultés du pays en interdisant à Cuba de commercer, d’échanger, de recevoir les matières premières, notamment pour les vaccins contre le Covid-19, et en visant ainsi à asphyxier l’économie cubaine et à attaquer sa souveraineté. Cuba n’a pas besoin de tutelle ou de "corridor humanitaire". Avec les Présidents mexicain et argentin, avec l’ancienne Présidente brésilienne Dilma Rousseff, le PCF demande, en reprenant leurs propos : « Si vous vous intéressez réellement à Cuba, mettez fin au blocus. »

Le PCF demande au Président de la République, à son gouvernement, à l’Union européenne :

• D’agir en faveur de la stricte application des résolutions de l’ONU exigeant la levée totale et immédiate du blocus contre Cuba

• De faire entendre la voix de la France pour exiger de M. Biden l’arrêt des ingérences et le respect de la souveraineté de Cuba.

• De développer nos échanges économiques, culturels, politiques avec Cuba.

Les communistes français sont résolument aux côtés du peuple cubain. Ils prendront dans les prochaines semaines toutes les initiatives de solidarité nécessaires.

 

Parti communiste français,

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 08:13
Libérez Khalida Jarrar, dirigeante de la gauche palestinienne, députée emprisonnée en détention administrative par Israël
Libérez Khalida Jarrar, dirigeante de la gauche palestinienne, députée emprisonnée en détention administrative par Israël
Libérez Khalida Jarrar, dirigeante de la gauche palestinienne, députée emprisonnée en détention administrative par Israël

Suha Jarrar, la fille de Khalida Jarrar, dirigeante politique et ancienne députée palestinienne, actuellement détenue politique est décédée il y a 3 jours. 

Malgré des années de harcèlement de la part de l’occupant israélien, de nombreuses années derrière les barreaux, loin de son mari et de ses filles, Khalida Jarrar a toujours su rester forte et combative. Aujourd’hui, Khalida Jarrar fait face à la pire des souffrances en apprenant le décès de sa fille, Suha, 31 ans. Elle va l’appris par ses avocats, derrière les murs froids de la prison dans laquelle elle est enfermée depuis deux ans, loin de son mari Ghassan et de leur fille Yafa. Une demande de libération sera déposée par ses avocats afin de lui permettre d’enterrer sa fille et d’être parmi les siens pour affronter cette tragique épreuve.
Khalida est une prisonnière politique palestinienne qui a été arrêtée en raison de son engagement politique. Elle aurait dû avoir le droit d’assister aux funérailles de sa fille.

Khalida est détenue depuis près de deux ans et sa peine doit prendre fin dans deux mois. Elle a été arrêtée de nombreuses fois par le régime israélien et a été l’objet de plusieurs formes d’abus et de persécutions.

Les autorités israéliennes doivent libérer Khalida au plus vite.

🔴 Signez la pétition https://bit.ly/freeKhalidaJarrar 🔴

***

Mardi 13 juillet à Ramallah en Cisjordanie occupée, des centaines de personnes se sont réunies pour l’enterrement de Suha Jarrar, tragiquement disparue le 11 juillet dernier. Suite à une décision de l’occupation israélienne, sa mère Khalida Jarrar a été empêchée d’assister à la cérémonie pour dire adieu à sa fille alors qu’elle purge une peine de deux ans de prison en raison de ses activités politiques et doit être libérée dans deux mois. Prisonnière palestinienne et dirigeante du Front Populaire de Libération de la Palestine, elle a adressé un dernier message à sa fille...
"Je souffre tellement, mon enfant, seulement parce que tu me manques.
Je souffre tellement, mon enfant, seulement parce que tu me manques.
Du plus profond de mon agonie, j’ai tendu la main et embrassé le ciel de notre patrie à travers la fenêtre de ma cellule de la prison de Damon, à Haïfa. Ne t’inquiète pas, mon enfant, je me tiens debout et inébranlable, malgré les chaînes et le geôlier. Je suis une mère dans la douleur qui se languit de te voir une dernière fois.
Cela ne peut se passer qu’en Palestine. Tout ce que je voulais, c’était faire un dernier adieu à ma fille, avec un baiser sur son front et lui dire que je l’aime autant que j’aime la Palestine. Ma fille, pardonne-moi de ne pas avoir assisté à la célébration de ta vie, de ne pas avoir été à tes côtés pendant cette déchirure du ciel, aspirant à te voir, à te caresser et à planter un baiser sur ton front à travers la petite fenêtre de ma cellule de prison.
Suha, ma précieuse. Ils m’ont privé de te donner un dernier baiser d’adieu. Je te dis adieu avec une fleur. Ton absence est douloureuse, atrocement douloureuse. Mais je reste inébranlable et forte, comme les montagnes de la Palestine bien-aimée."
Khalida Jarrar, 13 juillet 2021

 

Lire aussi:

1er novembre 2019: Ramallah : l’armée israélienne kidnappe la députée palestinienne Khalida Jarrar (communiqué de l'AFPS)

décembre 2017: Khalida Jarrar, Ahed Tamimi, Salah Hamouri: C'est la Palestine indomptée qu'on embastille!

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 08:02
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
Les premiers noms de la fête de l'Huma 2021: Souchon, Louis Chedid, IAM, TRYO...
LES PREMIERS NOMS DE LA FÊTE DE L'HUMANITÉ 2021 ! 🔥
IAM, Alain Souchon, Tryo, Soso Maness, Boulevard des Airs BDA & Louis Chedid seront avec nous les 10, 11 & 12 septembre prochains pour le grand retour de la Fête de l'Humanité ! 🎉
Prochaine annonce de programmation mercredi 21 juillet ! 😏
👉 Plus d'informations sur bit.ly/3r4FRuV
👉 Rejoindre l'évènement Facebook : bit.ly/3AX1vpp
 
Préparons une belle fête de l'Humanité 2021! - Par Patrick Le Hyaric

Les 10, 11, 12 septembre prochains, la Fête de l’Humanité vous ouvrira ses bras et ses portes au parc de La Courneuve-Le Bourget. Évidemment, nous tenons compte des incertitudes dues à la pandémie, à son évolution et aux variants du Covid-19. Les espaces et les jauges de participants seront réduits. Nous travaillons en lien étroit avec les autorités sanitaires et préfectorales afin de sécuriser les participants par la mise en place d’un important et strict dispositif sanitaire comme pour tous les événements qui se tiennent actuellement.

Nous avons d’autant plus l’ambition de tenir la Fête de l’Humanité que l’année écoulée a été marquée par des épreuves, des restrictions et par la solitude que certains ont éprouvée douloureusement. Le besoin de se retrouver, de partager des moments de joie, de rire, de danser, mais aussi de débattre, de discuter sans écrans interposés, celui d’envisager les luttes à venir, tout commande de maîtriser ensemble les conditions exceptionnelles de son organisation pour que l’esprit de la Fête l’emporte : la convivialité, le sens du partage, la franchise des échanges fraternels. Il réside dans le bonheur des découvertes artistiques et musicales, les émotions et vibrations des corps vivants et mêlés.

Tenir la Fête relève encore de la nécessité quand le pouvoir tente par tous les moyens de faire oublier le sacrifice des « premiers de corvée » qui ont maintenu le pays à bout de bras pendant les confinements, travailleuses et travailleurs essentiels, indispensables même, autant que méprisés et sous-payés. Au moment où les puissances d’argent profitent de la tétanie provoquée par la crise sanitaire pour affermir leur pouvoir, cette Fête se veut celle du réveil citoyen, du combat social et démocratique et de l’action pour construire l’alternative au système de prédation et d’exploitation des êtres humains et de la nature. La préparation de l’élection présidentielle trouvera dans les allées de la Fête des prolongements pour aider à dégager une issue de transformation sociale et écologique.

Nous y retrouverons le Village du monde, qui fera vivre la solidarité internationaliste avec les peuples en lutte pour leur dignité, malgré les restrictions qui empêcheront le déplacement de certaines délégations. L’Agora de l’Humanité, carrefour des débats sur les enjeux brûlants de l’actualité, prendra ses quartiers au cœur de la Fête, les stands militants et associatifs provoqueront la rencontre, susciteront la discussion fraternelle et mettront en partage leurs tablées. Le Forum social livrera les expériences et actions du monde syndical mobilisé contre la casse des retraites et celle de l’assurance-chômage, pour le renouveau industriel, la défense des services publics et la création d’emplois. Le Village du livre initiera quant à lui de riches débats et des rencontres fécondes avec les auteurs et éditeurs. L’espace du conseil national du Parti communiste permettra de porter des propositions nouvelles dans le cadre des échéances à venir.

Une fois encore, nous voulons vous offrir ce mélange unique de fête et de débats. De grands noms de la scène musicale française dont IAM, Alain Souchon, Boulevard des airs, Louis Chédid, Tryo, Soso Manès et d’autres dont nous dévoilerons les noms dans quelques jours viendront animer les trois scènes que nous mettrons à disposition du public. Les bons de soutien seront à votre disposition dans une dizaine de jours et pourront être défiscalisés à hauteur de 66 %, dès lors que le versement sera labellisé au fonds de dotation « l’Humanité en partage ». Fidèle à sa vocation solidaire, la Fête de l’Humanité reversera 1 euro sur chaque bon au Secours populaire français pour l’aider à financer ses actions.

Sans attendre, popularisons autour de nous, en famille, au travail, entre amis, cette nouvelle édition de la Fête de l’Humanité pour en faire le tremplin des idées nouvelles et le grand moment de fraternité dont nous avons toutes et tous tellement besoin.

Patrick Le Hyaric

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 07:54
Allocution de Macron : Un président-candidat au service du capital (PCF, 13 juillet 2021)
Allocution de Macron : Un président-candidat au service du capital

Communiqué du PCF suite au discours du président Macron du 12 juillet

L’allocution du président de la République, ce 12 juillet, n’a pas été à la hauteur de la crise politique, sanitaire et économique que vit la France.

Pour le Parti communiste français, la vaccination doit devenir une grande cause nationale et mondiale car elle est la meilleure protection contre l’épidémie. Elle doit être accompagnée d'une politique ambitieuse de prévention et d'un investissement massif dans la recherche publique pour développer, en plus des vaccins, des traitements efficaces contre le Covid-19.

On ne peut combattre un tel virus à l’échelle d’un seul pays. Alors qu’une faible proportion de la population mondiale a jusqu’alors bénéficié de la barrière des vaccins et que les promesses du G7 en direction des pays les plus pauvres n’ont pas été suivies d’effets, il y a plus que jamais urgence à lever les brevets et à investir massivement dans la production de vaccins pour l’ensemble des peuples. Le chef de l’État l’a confirmé hier soir. Le gouvernement français se refuse toujours à imposer cette solution aux grands laboratoires pharmaceutiques. Il est également décisif d'apporter une aide immédiate aux pays les plus touchés, notamment ceux du Sud, par des moyens financiers, en matériel médical, médicaments et protections, et d'agir pour développer les capacités de production partout dans le monde.

Dans notre pays, les constats formulés par le chef de l’État résonnent comme l’impitoyable aveu de l’échec des politiques sanitaires mises en œuvre par le gouvernement.

Si trop peu de nos concitoyennes et concitoyens sont aujourd’hui protégés, c’est d’abord du fait d’une gestion libérale de la pandémie et du choix de déléguer une partie de cette gestion à des cabinets privés qui n'agissent en rien pour l’intérêt général, ainsi qu’à des opérateurs privés pour les prises de rendez-vous. La suspicion d’une partie du pays envers la parole publique a en outre été aggravée par les incohérences de l’action gouvernementale et son absence de transparence, comme par les défaillances de l’État pour répondre aux besoins de l’hôpital ou des soignants qui réclament une juste reconnaissance et des moyens supplémentaires leur permettant de mener au mieux leurs missions. Le Ségur de la santé n'est pas à la hauteur de leurs besoins et de leurs attentes.

 

Le pays a besoin d’une politique nationale de santé publique d’un tout autre niveau pour combattre efficacement l'épidémie et convaincre largement nos compatriotes. Elle implique de développer la Sécurité sociale, de renforcer l'hôpital public et les Ehpad, de créer des centaines de milliers d'emplois et de développer la formation, de mettre en place un pôle public du médicament et de développer des centres de santé. Si les personnels soignants, ainsi que les agents du service public en contact avec les usagers, doivent être incités à se faire vacciner, une stratégie publique offensive, élaborée démocratiquement à tous les niveaux et placée sous le contrôle du Parlement, doit permettre d’aller à la rencontre de toutes celles et ceux qui n’ont pas encore eu l’occasion de recevoir un vaccin. Si l’on veut réellement améliorer la couverture vaccinale du pays, aucun territoire, aucune catégorie sociale, à commencer par les plus fragiles, ne doit être abandonné. Et si un pass sanitaire peut se révéler nécessaire pour endiguer la nouvelle vague épidémique qui s’annonce, une telle mesure ne peut être que transitoire, sous peine d’accroître les fractures dont souffre déjà notre société.

L’essentiel de son allocution, Emmanuel Macron l’a consacrée à son autopromotion et aux axes de sa future campagne présidentielle.

Alors que la profondeur des difficultés économiques que connaissent nos concitoyennes et concitoyens, comme l’aggravation constante des inégalités, appellent une politique d’urgence sociale, il choisit de remettre à l’ordre du jour les contre-réformes néolibérales qu’il n’a pu encore faire aboutir du fait du contexte sanitaire et du rejet massif qu'elles suscitent.

Avec l’annonce de l’entrée en vigueur prochaine des nouvelles conditions d’indemnisation des sans-emploi, la volonté réaffirmée de faire travailler plus longtemps les salarié.e.s par le recul de l’âge du départ à la retraite, la relance du démantèlement de la protection sociale et de l'ensemble des missions protectrices de l’État, c’est une politique de casse sociale aggravée qu’il entend imposer au pays.

C’est aux hommes et aux femmes qui ne vivent que de leur travail que ce Président des ultra-riches veut faire payer la crise. Tanpis si le chômage, la pauvreté et la précarité progressent pour l'immense majorité des Françaises et des Français pendant que la fortune des plus riches familles de France atteint 1000 milliards d’euros. Tanpis si les délocalisations se sont poursuivies à un rythme soutenu, déchirant sans cesse davantage le tissu industriel de la France.

Il faut mettre en échec ce projet. Notre pays a un besoin impératif d’une politique de gauche qui s’attaque à la domination et aux privilèges insolents du capital, afin de répondre à l’immensité des besoins populaires.

L'heure est à une politique qui permette à tous les secteurs de s'organiser, à des embauches massives dans les services publics, à commencer par la santé et l'éducation, au soutien à la culture. L'heure est à une autre utilisation de l'argent, à une sécurisation de l'emploi et de la formation de chaque salarié.e, à une aide à la hauteur des besoins des TPE-PME au lieu de déverser des centaines de milliards d'euros à des groupes supprimant des activités et des emplois, à un nouveau mode de développement social et écologique, à une nouvelle industrialisation, à des mesures d'ampleur contre la pauvreté et la précarité.

C’est ce à quoi le Parti communiste français, avec son candidat à l'élection présidentielle Fabien Roussel, entend s’attacher.

 

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 07:50
Financement de la dépendance - l'Etat a détourné 20 milliards affirme  Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (L'Humanité, 13 juillet)
Financement de la dépendance. Pascal Champvert : « L’État a détourné 20 milliards »
Mardi 13 Juillet 2021

Coup de colère lundi de l’Association des directeurs au service des personnes âgées contre les ponctions des gouvernements successifs dans la dépendance. Entretien

 

D’habitude tout en retenue, l’AD-PA est très remontée. L’association qui fédère les dirigeants d’Ehpad et d’associations d’aide à domicile a fait ses comptes. L’État a pris 20 milliards d’euros dans les financements à la ­dépendance depuis 2006. Entretien avec Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées.

N’allez-vous pas un peu fort en parlant de détournements ?

Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées

Pascal Champvert Le mot est fort. Il est assumé. L’État a détourné 20 milliards ! La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a été créée en 2004. Dès son deuxième budget, en 2005, l’État a commencé à piocher dedans. Il a ensuite organisé de façon méthodique et au fur et à mesure des gouvernements et des majorités une reprise des crédits. Et ce au vu et au su de tout le monde. Cyniquement, les députés Éric Woerth, ancien ministre du Budget sous Sarkozy, et Christian Eckert, secrétaire d’État au Budget sous Hollande, l’ont reconnu devant le Parlement. Et quand Christian Eckert a été sollicité pour créer la contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (Casa), en 2013, le gouvernement auquel il appartenait a manœuvré pour reprendre massivement l’argent.

Comment arrivez-vous à ce total de 20 milliards d’euros ?

Pascal Champvert Ce total correspond à plus de 1 milliard pris chaque année dans les différentes lignes budgétaires dédiées à l’autonomie. L’État organise la sous-consommation de crédits affectés aux personnes âgées et leur reprise, construit des budgets à partir de dépenses non effectuées, oblige à mettre en réserve ce qu’il reprend ensuite, réalise des économies sur les dépenses d’investissement. Pour la Casa, le gouvernement de l’époque a pris prétexte du retard du vote de la loi d’adaptation de la société au vieillissement pour détourner, de mi-2013 à fin 2015, 1,5 milliard d’euros. Tout cet argent qui aurait dû aller à la restructuration des établissements, au recrutement de personnels, à l’amélioration de l’équipement au domicile, a été repris pour financer des collèges, des routes… Mais ce n’est pas tout. L’État annonce un déficit de 1,2 milliard de la CNSA. On sait très bien que l’étape suivante sera de demander des économies. C’est tout l’inverse qu’il faudrait faire. Géné­ralisons les prestations autonomie pour améliorer l’accompagnement des établissements et des personnes à leurs domiciles. Le secteur peut créer des milliers d’emplois.

La crise sanitaire n’a-t-elle donc rien changé ?

Pascal Champvert Le quoi qu’il en coûte a été extrêmement positif, mais calculé étroitement. Si bien que l’État ne compense pas les dépenses supplémentaires. Nous avons salué les annonces de recrutements, les augmentations non négligeables dans le cadre du Ségur de la santé comme de la convention collective de l’aide à domicile. Mais le Ségur a ses oubliés et les augmentations dans l’aide à domicile ne concernent que les associations. Le secteur devra se ­débrouiller pour assurer une partie de toutes ces dépenses. Nous travaillons à les chiffrer.

Qu’est devenu le « cinquième pilier » de la Sécu­rité sociale dévolu à l’autonomie ?

Pascal Champvert Il n’y a rien de nouveau. La ministre déléguée à l’autonomie se bat pour obtenir des choses. Notre crainte est que tout cela débouche sur quelques bricoles, mais aucun changement sur le fond. Depuis dix ans, les rapports se succèdent et affirment tous qu’il faut nous préparer à l’augmentation du nombre de personnes âgées, en recrutant des personnels et en les formant mieux. Malheureusement, rien n’a bougé. Des nouvelles pistes de financement ont été évoquées. Bien expliquées, je suis convaincu que les Français y seraient favorables. Le problème est que l’État crée des taxes pour la dépendance qui financent toujours autre chose.

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 07:42
Intervention d'Emmanuel Macron : un tour de vis sanitaire et social - L'Humanité, 13 juillet 2021
Intervention d'Emmanuel Macron : un tour de vis sanitaire et social
Mardi 13 Juillet 2021

À neuf mois de sa fin de mandat, le chef de l’État renforce la lutte contre le Covid-19, avec la vaccination obligatoire des soignants et l’extension du passe sanitaire. Des décisions prises pour « bloquer le virus », avec pour ligne de mire la poursuite de la reprise économique.

 

Le plan devait se dérouler sans accroc avec une intervention présidentielle « avant le 14 juillet », annoncée de longue date, pour dérouler la feuille de route de la fin du quinquennat. Mais le variant Delta est venu perturber le scénario bien orchestré. L’allocution présidentielle prend donc un air de déjà-vu et se recentre sur la gestion sanitaire. Après un énième Conseil de défense, Emmanuel Macron a annoncé de nouvelles restrictions qui feront l’objet d’un projet de loi examiné par le Parlement à partir du 21 juillet. Le président n’a toutefois pas totalement abandonné ses ambitions initiales. « Je vous l’avais dit l’année dernière, nous allons devoir vivre avec le virus. Les semaines à venir seront donc celles de la mobilisation contre l’épidémie et pour la relance », a lancé le chef de l’État depuis l’Élysée. Sur l’un des sujets les plus attendus, la réforme des retraites (lire ci-contre), le chef de l’État a tout de même temporisé : « Je ne lancerai pas cette réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la relance bien assurée », a-t-il déclaré tout en assurant qu’il faudrait mettre fin aux régimes spéciaux et « travailler plus longtemps ».

Vaccin : « Une course contre la montre »

C’était attendu : le président de la République a annoncé d’emblée dès le début de son allocution que la vaccination sera obligatoire pour « les personnels soignants et non soignants des hôpitaux, des cliniques, des maisons de retraite, des établissements pour personnes en situation handicap, pour tous les professionnels ou bénévoles qui travaillent au contact des personnes fragiles, y compris à domicile. ». Une décision motivée, a-t-il justifié, par la « reprise forte de l’épidémie sur tout le territoire » du fait de la progression du variant Delta, exigeant « un été de mobilisation pour la vaccination » afin d’éviter une forte augmentation « dès le mois d’août » des contaminations et des hospitalisations. Toutes les personnes concernées devront être vaccinées avant le 15 septembre. À partir de cette date, « des contrôles et des sanctions » seront mis en œuvre. Ces décisions (et celles concernant le passe sanitaire) seront portées par un projet de loi présenté dès ce mardi en Conseil d’État, en Conseil des ministres le 19 juillet puis débattu à l’Assemblée nationale le 21. Le chef de l’État a enfin annoncé des campagnes de vaccination dès cet été, « au plus près du terrain » et à la rentrée dans les établissements scolaires et universitaires. « 9 millions de doses vous attendent », a-t-il lancé, laissant finalement entendre qu’au cas où ces mesures ne suffiraient pas à obtenir une couverture vaccinale suffisante, la vaccination obligatoire pour tous n’était plus un tabou.

Le passe sanitaire, un sésame bientôt incontournable

Le chef de l’État a annoncé lundi soir d’autres mesures destinées à freiner le redémarrage de l’épidémie, dopée par le variant Delta. Parmi celles-ci, la plus importante est sans doute l’extension du passe sanitaire, dont l’objectif est de « faire peser les restrictions sur les non vaccinés ». Jusqu’ici exigé pour les événements rassemblant plus de 1 000 personnes (dans les stades par exemple) ou à l’entrée des discothèques accueillant plus de 50 personnes, ce passe va devenir obligatoire pour accéder à de nombreux autres lieux accueillant du public : dès le 21 juillet, ce sera le cas, pour les personnes de plus de 12 ans, « des lieux de culture et de loisirs » (parcs d’attractions, théâtres, cinémas…). Le temps de faire voter une loi en ce sens, cette extension concernera aussi, début août, les bars et restaurants, mais aussi les centres commerciaux, les hôpitaux, les maisons de retraite, les avions, les trains et les cars effectuant de longues distances, « pour les clients, les usagers, comme les salariés », a précisé Emmanuel Macron. Objectif : inciter les derniers récalcitrants à se faire enfin vacciner. Dans le même ordre d’idées, les tests PCR seront aussi rendus payants cet automne, sauf prescription médicale. Par ailleurs, deux territoires vont subir des mesures de freinage plus drastiques encore, avec le retour ce mardi de l’état d’urgence sanitaire et du couvre-feu : la Martinique et La Réunion.

Économie : la relance du satisfecit

Sur le bilan économique et social de la crise, Emmanuel Macron a joué du satisfecit : « le quoi qu’il en coûte a protégé nos entreprises et nos emplois ». Avec « une croissance de 6 % attendue en 2021, la France est en tête des grandes économies européennes », a ainsi fait valoir le président de la République. Selon lui, « l’emploi a résisté » à la crise, malgré la « destruction de près de 300 000 emplois » en 2020. La preuve que « les plans de soutien ont permis d’envisager une reprise sereine ». Mais il entend « aller plus loin », sans jamais donner plus de détails. « Nous resterons pleinement mobilisés pour aider les jeunes, les indépendants et ceux dont l’entreprise n’a pas résisté à la crise », a-t-il tout juste évoqué.

Quant au plan de relance de 100 milliards d’euros, là aussi, l’autosatisfaction est de rigueur, « mais nous devons faire plus », affirme Emmanuel Macron via, pêle-mêle, la « levée des contraintes » pour les entreprises qui souffrent de la pénurie de matières premières ou de main-d’œuvre. « Notre priorité est de nous réinscrire dans une trajectoire de plein-emploi », a-t-il martelé, évoquant un futur « plan d’investissements pour bâtir la France de 2030 ».

Enfin, en matière de production industrielle, Emmanuel Macron a insisté sur « la nécessité de recouvrer le chemin de l’indépendance française et européenne ». La présidence tournante de l’Union européenne qui incombe à la France devant être, selon lui, l’occasion d’acter un « agenda commun d’indépendance industrielle et technologique », là encore, sans plus de détails.

Passage en force sur l’assurance chômage

Quoi de mieux, pour vanter le modèle social français, ce « joyau à préserver », que de maintenir coûte que coûte la réforme de l’assurance-chômage dont l’objectif est de sabrer 2,5 milliards d’euros dans les indemnités des privés d’emploi ? Le en même temps macronien permet de s’accommoder de toutes les incohérences. Son auteur n’a pas hésité à en user pour affirmer que cette réforme « sera mise en œuvre au 1er  octobre ». Avec toujours le même argument : « On doit gagner sa vie en travaillant plutôt qu’en restant chez soi ». Profiteurs de chômeurs !

L’Élysée compte passer en force sur le sujet. Peu importe que le Conseil d’État ait par deux fois bloqué l’application d’une partie du texte du fait de ses incohérences, ou que cette même haute juridiction administrative doive encore se prononcer sur le fond. Il en va de la parole du gouvernement qui a fait de cette réforme un donnant-donnant contre les mesures structurelles demandées par Bruxelles en échange des 40 millions d’euros du plan de relance tricolore.

En revanche, rien de tangible n’a été annoncé pour renforcer le modèle social. Pas de généralisation de la garantie jeunes à un million de moins de 26 ans, comme chuchotée dans les couloirs du ministère du Travail. Il faudra se contenter de l’évocation d’un « revenu d’engagement pour les jeunes sans emploi ni formation, avec des droits et des devoirs ». Mêmes promesse creuse d’un « accompagnement renforcé » pour les aînés et les personnes en situation de handicap.

Retraites : Macron veut reculer l’âge de départ
Mardi 13 Juillet 2021 - L'Humanité

Lors de son allocution, le président a confirmé son intention de reculer l’âge de départ à la retraite et d’en finir avec les régimes spéciaux. Sans plus de détails.

 

Ferme sur ses intentions, volontairement flou sur le calendrier. Lundi soir, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté d’engager une réforme des retraites : si son projet de refonte originel (dynamitage du système actuel au profit d’un régime par points) semble pour le moment enterré, il a en partie confirmé les rumeurs qui bruissaient dans la presse depuis plusieurs semaines. Après avoir vanté les vertus de « notre modèle social », un « joyau qu’il faut préserver », le président a en effet avancé deux pistes : un recul de l’âge de départ et une suppression des régimes spéciaux. « Il nous faudra travailler plus longtemps, affirme Emmanuel Macron. Pas demain, pas brutalement, pas de manière uniforme, mais progressivement, sur plusieurs années. Et donc, l’âge de départ devra être plus tardif. »

« Dès que les conditions sanitaires seront réunies »

À quelle échéance ? La réforme «  sera engagée dès que les conditions sanitaires seront réunies ». « Je ne lancerai pas la réforme tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée », a-t-il complété. De quoi laisser libre cours à toutes les interprétations… Puisqu’il se laissera le soin, on s’en doute, de décréter à quel moment la pandémie sera « sous contrôle ».

On n’est guère plus avancé non plus sur le contenu précis de cette nouvelle réforme, sur laquelle les « partenaires sociaux » pourraient plancher dès la rentrée. Pour ce qui est des régimes spéciaux, le président a tout juste déclaré qu’ils devraient « être supprimés pour les nouveaux employés ». Pour ce qui est du recul de l’âge de départ à la retraite, il n’a évoqué aucun chiffre.

Ces dernières semaines, des fuites dans la presse évoquaient l’hypothèse d’un recul à 64 ans de l’âge légal, contre 62 aujourd’hui. Seraient concernées la génération née en 1961 (qui partirait à 62 ans et demi), puis celle de 1962 (63 ans), celle de 1963 (63 ans et demi) et enfin, celle de 1964 (64 ans). Gain financier espéré : 14 milliards d’euros dès 2026.

Mais les motivations d’un tel recul seraient évidemment au moins autant politiques que budgétaires : il s’agit de donner des gages à l’électorat de droite, en prévision de la prochaine élection présidentielle. Selon un récent sondage (Elabe pour les Échos et Radio Classique), seuls les anciens électeurs de François Fillon sont favorables à un relèvement de l’âge de départ, à 62 %. En revanche, 71 % des Français y sont toujours opposés. Tout comme l’ensemble des organisations syndicales.

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14 juillet 2021 3 14 /07 /juillet /2021 07:35
États-Unis. Course aux armements nucléaires : Biden ne change rien (L'Humanité, Odile Tsan, 11 juillet 2021)
États-Unis. Course aux armements nucléaires : Biden ne change rien
Dimanche 11 Juillet 2021 - L'Humanité

L’augmentation des dépenses prévues par la Maison-Blanche au budget 2022 pour « la modernisation » de l’arsenal nucléaire, reprend la périlleuse fuite en avant initiée par l’ex-président.

 

Joe Biden s’inscrit dans la poursuite de la course aux armements nucléaires engagée par son prédécesseur. Cette volonté transpire dans les chiffres que vient de fournir la Maison-Blanche sur ses propositions de budget pour l’année 2022. Le financement de la « modernisation de l’arsenal nucléaire » lancée à grands frais par Donald Trump, est maintenu dans les mêmes ordres de grandeur. Au grand désappointement de plusieurs ONG engagées en faveur de la lutte pour la paix et le désarmement. L’Association pour le contrôle des armes (Arms Control) prend les citoyens à témoin en citant des extraits de discours de campagne où Joe Biden se répandait contre « l’excès des dépenses pour les armes nucléaires ».

« 1,5 fois plus importante que le budget total des centres sanitaires et de prévention. » Mark Pocan et Barbara Lee, membres démocrates de la Chambre des représentants

Au sein de l’aile gauche du Parti démocrate, inquiétudes et critiques s’accroissent après les récents renoncements d’un plan bipartisan sur les infrastructures – le projet d’augmentation de l’impôt sur les sociétés de 21 % à 28 % y a été tout simplement biffé. À elle seule, l’augmentation des dépenses militaires programmée est sur un an « 1,5 fois plus importante que le budget total des centres sanitaires et de prévention » contre la pandémie de Covid-19, s’insurgent dans une déclaration commune Mark Pocan et Barbara Lee, membres démocrates de la Chambre des représentants.

Un budget historique de 752,9 milliards de dollars

La hausse des dépenses pour les armes nucléaires contribue pour une bonne part à l’augmentation de 11 milliards de dollars du projet de budget consacré aux armées et à leurs engins de mort. Soit un niveau historique de 752,9 milliards de dollars, qui pulvérise les records déjà atteints ces quatre dernières années.

La « modernisation » de l’arsenal nucléaire obéit à une logique extrêmement périlleuse. Elle est en effet en bonne partie destinée à l’élaboration d’armes dites de « plus faible puissance » (lower field), qui rendraient leur usage plausible sur un éventuel champ de bataille. En rupture donc avec les principes de la dissuasion nucléaire fondés sur un non-usage des armes atomiques par crainte d’un anéantissement réciproque. Lors du lancement du processus en 2018, Trump avait soulevé un tollé et avait été accusé, à juste titre, de se comporter comme un docteur Folamour justifiant le recours d’une éventuelle « frappe nucléaire en premier » contre un adversaire sans risquer l’apocalypse en retour.

Miniatures mais monstrueux

La « modernisation » reprise à son compte par l‘équipe Biden suppose la poursuite de la mise au point de missiles dits « miniaturisés » tirés depuis des sous-marins, dont la puissance ne permettrait certes pas, selon les spécialistes, de vitrifier des métropoles entières, mais serait tout de même équivalente à celle de la… bombe d’Hiroshima.

C’est la gabegie de dépenses militaires sur le long terme qui inquiète le plus les progressistes états-uniens. La « modernisation » des arsenaux nucléaires répond en effet à la nécessité d’une programmation sur au moins une décennie. L’Association pour le contrôle des armes a calculé que cela induit un surcroît de dépenses militaires de quelque 634 milliards de dollars (510 milliards d’euros) sur les dix prochaines années.

De plus, ce type de décision risque d’aiguiser dangereusement les tensions internationales. Elle devrait conduire Russie et Chine à répliquer dans la course aux armes nucléaires de toutes sortes. Moscou et surtout Pékin ont été présentés en juin lors des sommets de l’Otan et du G7 comme les ennemis d’un Occident dont Joe Biden s’est proclamé le guide.

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