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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 07:10
Salah Hamouri sera à Plourin-les-Morlaix le 8 avril et à Brest le 6 avril pour des conférences-débat
Salah Hamouri sera à Plourin-les-Morlaix le 8 avril et à Brest le 6 avril pour des conférences-débat
Salah Hamouri sera à Plourin-les-Morlaix le 8 avril et à Brest le 6 avril pour des conférences-débat
SALAH HAMOURI, MILITANT INFATIGABLE DE LA CAUSE PALESTINIENNE INVITE A TEMOIGNER EN PAYS DE MORLAIX
Salah Hamouri est un avocat franco-palestinien. Militant des droits humains, il défend ses compatriotes victimes de l’arbitraire et des exactions des gouvernements israéliens et des colons.
Jeune militant contre la colonisation, il subit sa première inculpation en 2005, pour une prétendue participation à un complot visant à assassiner un rabbin d'extrême-droite. Pour éviter une sentence de 14 ans de prison, il a dû plaidé coupable. Aucun élément concret ne figurant dans le dossier d'accusation, le gouvernement français de l'époque a reconnu que rien ne pouvait lui être reproché juridiquement, que les accusations contre lui étaient fausses (M. Juppé alors ministre du président Chirac). Salah Hamouri a finalement passé sept ans en prison, avant d’être relâché le 18 décembre 2011.
Deuxième accusation récurrente contre lui une prétendue appartenance au FPLP (une organisation de la gauche palestinienne interdite en Israël ) qu'il a toujours contestée, mais qui servira de prétexte à ses arrestations successives. Nouvelle arrestation le 23 août 2017 pour être simplement « soupçonné d’avoir renoué avec une organisation politique illégale puis libéré le 30 septembre 2018 après 13 mois de détention administrative.
La détention administrative est un régime carcéral totalement arbitraire hérité du droit anglo-saxon permettant d’incarcérer n’importe qui sans preuve, sans inculpation, sans dossier, par périodes de 3 ou 6 mois renouvelables indéfiniment.
C'est en décembre 2018 que l'AFPS avait reçu Salah Hamouri en Finistère, après une campagne unitaire pour sa libération tout à fait exemplaire.
Malheureusement, Salah Hamouri a de nouveau subit la vengeance de l'état colonial israélien qui l'a de nouveau mis en détention administrative entre mars et décembre 2022 jusqu'à son expulsion pour la France le 18 décembre 2022.
Un bannissement absolument illégal selon le droit international à la suite de la décision de la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked de lui retirer son statut de résident permanent de Jérusalem, sa ville natale, pour "refus d'allégeance à l'Etat israélien"...
Avocat des prisonniers politiques palestiniens au sein de l'ONG Addameer, Salah Hamouri ne connaîtra jamais de répit dans le harcèlement que vont exercer contre lui les autorités israéliennes durant plus de 20 ans : Une dizaine d’années en détention, des restrictions de mouvements, la séparation forcée d’avec sa femme et ses deux enfants, l’infestation de son téléphone par le logiciel espion Pégasus, la suppression de son assurance maladie, la révocation de sa carte de résident permanent de Jérusalem et pour finir l'exil en France.
Aujourd'hui, Salah Hamouri continue son combat pour la Palestine, notamment pour faire connaître la situation des 4800 prisonniers politiques palestiniens.
Les 20 et 21 mars 2023, Salah Hamouri a été auditionné au siège des Nations Unies, à Genève. Il a pu témoigner des conditions de détention des prisonniers politiques palestiniens ainsi que des conditions de son expulsion, devant la commission d’enquête dédiée aux Territoires Palestiniens Occupés et à Israël.
Il a également rencontré les représentants de nombreux Etats ainsi que l’équipe de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU pour la Palestine occupée.
A L'INITIATIVE DE L'AFPS SOUTENUE PAR PLUS DE 20 ASSOCIATIONS, PARTIS ET SYNDICATS DU PAYS DE MORLAIX, SALAH HAMOURI EST INVITE A TEMOIGNER LE SAMEDI 8 AVRIL A PARTIR DE 18H 30 - SALLE DU CHEVAL BLANC à PLOURIN LES MORLAIX.
Salah Hamouri sera à Plourin-les-Morlaix le 8 avril et à Brest le 6 avril pour des conférences-débat
SALAH HAMOURI SERA EN BRETAGNE NORD LA SEMAINE PROCHAINE
( pour le sud c'est en mai, du 24 au 27).
 
Venez nombreux écouter, soutenir et dialoguer avec cet avocat franco palestinien de Jérusalem victime de 4 emprisonnements arbitraires en Israël, dont plusieurs internements administratifs sans procès, récemment expulse manu militari de sa ville natale et de son pays par les autorités coloniales israéliennes qui ne supportent pas sa volonté tenace de dénoncer l’occupation et l’apartheid dans sans pays contre les palestiniens.
Rennes le 3 avril à 19h45 · Centre social Kennedy
 
42 bd Kennedy
 
Saint Brieuc le 4 à 20 h 20h · MJC du Plateau
1 avenue Antoine-Mazier
 
Lannion le 5 à 20h30 · Espace Saint Anne, salle 1
2 rue de Kérampont
 
Brest le 6  avril à 19 h 30 19h30 · Faculté Victor Segalen
20 rue Duquesne, Salle Yves Moreau
 
Brest Vendredi 7 avril de 17h30 à 18h30 avec HK au foyer Saint-Marc: quel avenir pour la non-violence?
 
Plourin-lès-Morlaix le 8 avril à 18h30 · Salle du Cheval Blanc 1 rue Tanguy-Prigent
 
Vous trouverez sur ce lien https://pcf29.org/salah-hamouri-sera-en-conference-debat.../ l’affiche pour la venue de Salah Hamouri à Brest le 6 avril La conférence se tiendra à la fac Segalen à Brest, à 19 h 30 dans l'amphi Yves Moreau.
Salah nous parlera des atteintes au droit que commet Israël, des prisonniers palestiniens et aussi de sa propre histoire. La conférence est à l'initiative de l'AFPS avec le soutiendes Amis de l'Huma,de la CGT, de Solidaires,d'Amnesty international,de la LDH, de l'UEP , la France Insoumise, le Mouvement des Jeunes Communistes de France, le Parti Communiste Français, l'Union Démocratique Bretonne.
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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 07:08
Nouvelle série de projections de La Sociale dans le pays de Morlaix et Saint-Pol-de-Léon
Nouvelle série de projections de La Sociale dans le pays de Morlaix et Saint-Pol-de-Léon

Après les 5 premières projections qui avaient réuni 200 personnes et permis de récolter 2450 euros pour les caisses de solidarité vis à vis des grévistes, le collectif retraites du pays de Morlaix organise trois autres projections a Plouigneau, Roscoff, Locquenole la semaine prochaine. Venez nombreux voir "La Sociale" et débattre autour de ce film militant de Gilles Perret sur l'origine de la Sécurité sociale et du système de retraite par répartition, créés et mis en oeuvre par la CGT et Ambroise Croizat, ministre communiste du travail, dans la continuité du programme du conseil national de la résistance: " Les jours heureux".

Plouigneau - le mardi 4 avril - Salle de la médiathèque, 20h

Roscoff - le vendredi 7 avril - Espace Mathurin Méheut, 20h

Locquénolé - mardi 11 avril - Salle du Préau, 20h

Article Le Télégramme

Article Le Télégramme

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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 07:07
ACTIONS CONTRE LA REFORME DES RETRAITES SUR LE PAYS DE MORLAIX
ACTIONS CONTRE LA REFORME DES RETRAITES SUR LE PAYS DE MORLAIX

ACTIONS CONTRE LA REFORME DES RETRAITES SUR LE PAYS DE MORLAIX

 

MORLAIX EN LUTTE CONTRE LA REFORME DES RETRAITES 
3 rendez-vous
 
Barrages-filtrants - mardi 4 avril ( 7 h - ronds-points Sermeta et St-Fiacre) ; mercredi 5 avril ( 7 h - ronds-points Decathlon et Keriven)
 
Manifestation - jeudi 6 avril, 11h - Place Puyo
 
Pique-nique revendicatif et musical - jeudi 6 avril,13h - Rond-point Charles de Gaulle
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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 07:01
« J’irai à Matignon pour exiger le retrait » - Grand entretien de l'Humanité avec Sophie Binet, nouvelle secrétaire générale de de la CGT, pendant le Congrès de Clermont-Ferrand
Sophie Binet : « J’irai à Matignon pour exiger le retrait »

La nouvelle secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a accordé son premier entretien dans les médias à l’Humanité. Elle tire les premières leçons du 53e congrès, qui l’a élue, à Clermont-Ferrand, et dit sa détermination à gagner le combat contre la réforme des retraites. Entretien.

Publié le Dimanche 2 avril 2023

Nous avons rencontré Sophie Binet à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), vendredi après-midi, juste après son élection à la tête de la CGT, et alors que se profilent le rendez-vous de l’intersyndicale avec Élisabeth Borne, mercredi 5 avril, et la nouvelle journée d’action interprofessionnelle à l’appel des syndicats contre la réforme des retraites, jeudi 6 avril.

Vous êtes à ce jour l’unique femme secrétaire générale en titre d’une grande confédération. Est-ce un message adressé à l’ensemble du monde syndical ?

C’est d’abord une grande fierté que la CGT soit capable d’élire une femme à sa direction. C’est une grande responsabilité sur mes épaules. Les congressistes ont envoyé un signal très fort aux travailleuses, aux militantes de tous horizons et aux syndiquées.

Avec ce congrès, un cap a été franchi. Il n’était plus possible de dire qu’on voulait qu’une femme dirige la CGT pour se retrouver, à la fin, avec un homme.

Cette séquence a été malheureusement difficile, parfois violente pour Marie Buisson. Je pense vraiment à elle, je souhaite que nous puissions travailler ensemble, et je suis contente que Céline Verzeletti soit au bureau confédéral.

Votre candidature a été portée pour rassembler la CGT et éviter une fracture. Êtes-vous prête à relever ce défi ?

Nous avons collectivement une obligation de résultat. La spécialité de la CGT, ce sont les luttes sociales. Et quand nous les menons, nous sommes capables de nous rassembler pour dépasser toutes les difficultés. Cela tombe bien, nous sommes engagés dans un bras de fer sur la réforme des retraites.

Cette dynamique militante a permis de sortir de ce congrès avec une CGT rassemblée. Loin d’être un slogan marketing, la culture des débats est notre ciment commun.

La CGT fonctionne sans fraction ni tendance, elle a cent vingt-huit ans derrière elle et porte l’essence du monde du travail. Elle a toujours su, et vient de le démontrer, faire face aux difficultés, se rassembler et en sortir dans l’intérêt des travailleuses et travailleurs.

Les militants ne sont pas enfermés dans des cases, au contraire, les échanges sont libres et nous travaillons à trouver des points communs. Durant les débats, l’ensemble des congressistes ont rappelé leur attachement à la CGT. C’est ce point qui permet de nous rassembler.

Mais notre force réside aussi dans notre diversité, contrairement à d’autres centrales syndicales. À la CGT, il n’y a pas de majorité et de minorité. Notre démarche est de toujours chercher à rassembler le plus largement possible.

De l’extérieur, ceux qui ne connaissent pas le monde syndical pensent que nos élections internes sont jouées d’avance parce que, en général, elles se soldent par des scores très élevés. C’est tout le contraire, ces majorités larges résultent d’un travail long et passionnant. Notre texte d’orientation a été adopté à 72,8 % des voix. C’est un point d’appui solide, rendu possible par les amendements de nos syndicats. La direction sortante a eu l’intelligence de les entendre.

Durant le congrès, les délégués ont donné l’impression de vouloir reprendre en main les débats, en dehors des cadres confédéraux préétablis. Est-ce révélateur d’une demande de plus de dialogue dans la centrale ?

La CGT fonctionne par en bas. Cela s’est une fois de plus vérifié. Les congressistes ont pris le pouvoir. Ils avaient une grande exigence démocratique. Mais quand la violence s’invite sur certains points de tension, c’est inacceptable. Ces pratiques virilistes excluent les femmes des cadres militants.

Cela étant dit, j’étais confiante dans notre CGT, et dans la maturité de ses organisations qui ont décidé de mener ce congrès à bon port. Soyons lucides par rapport aux attentes des jeunes générations : si la transparence et la démocratie ne restent que des slogans, la CGT se fera sans eux.

Je souligne aussi le respect des militants pour l’intervention de Marie Buisson, lors de l’ouverture du congrès. Elle a été bien applaudie.

Lors de mon discours, j’ai tenu à saluer Marie Buisson, Philippe Martinez et Olivier Mateu (opposant dans la CGT à l’orientation de Philippe Martinez – NDLR). C’est un principe évident de respect. Les congressistes ont applaudi, ce qui démontre leur grande responsabilité.

On a parfois eu le sentiment d’un décalage entre les tensions du congrès, et la popularité des syndicats dans la rue, l’unité de l’intersyndicale et de ses dirigeants. Cette unité va-t-elle perdurer ?

Oui. Les médias, le patronat et le gouvernement annoncent tous les jours la fin de l’intersyndicale, mais cette union des organisations contre la réforme des retraites démontre une confiance collective, une maturité et une détermination à gagner. Avec un seul mot d’ordre : le retrait.

Nous irons à Matignon dans cette optique. Cette unité très forte de l’intersyndicale est un acquis très important du bilan de Philippe Martinez.

Enfin, si la CGT sort rassemblée de ce congrès, c’est aussi grâce à Emmanuel Macron. (Rires.) Je lui adresse mes grands remerciements : nous sommes soudés pour combattre sa politique, à commencer par sa réforme des retraites. C’est notre priorité numéro un.

e suis convaincue que nous obtiendrons le retrait de cette réforme avant d’aller au bout du processus de RIP (référendum d’initiative partagée, lancé par les parlementaires de gauche – NDLR). Ce référendum est un étage supplémentaire dans la lutte.

Mais notre point d’appui essentiel reste le rapport de force social. Cela passe par la grève et les manifestations. Nous appelons les salariés à les développer, notamment le 6 avril, puis le 7 avril, journée d’action dans la santé.

La CGT est une organisation implantée chez les salariés à l’emploi stable et statutaire. La syndicalisation des précaires reste un défi. Est-elle une priorité ?

Pendant notre congrès, j’ai relevé l’intervention de Lætitia Gomez, secrétaire générale de la CGT de l’intérim. Elle a rappelé que notre pays compte 800 000 intérimaires. Ils représentent près de 20 % des ouvriers. La syndicalisation des précaires est centrale, bien que ce défi soit complexe. La CGT a déjà gagné des droits nouveaux pour les intérimaires, même si les pratiques de dumping social permettent trop souvent de les contourner.

La syndicalisation des travailleuses et travailleurs de plateformes est aussi un enjeu des années à venir. Mais la transformation du salariat est à appréhender dans sa totalité. En se questionnant, bien sûr, sur la précarisation des ouvriers et la tertiarisation de l’économie, mais aussi sur le chantier central des ingénieurs, cadres et techniciens. Ils pèsent pour près de 50 % du salariat.

Si nous ne parvenons pas à les impliquer dans les luttes en partant de leurs revendications, nous ne pourrons pas construire de rapport de force majoritaire. C’est indispensable pour agir comme syndicat de classe dans les luttes sociales, et comme syndicat de masse dans les élections professionnelles.

La CGT a perdu sa première place (aux mesures de la représentativité nationale – NDLR) du fait des votes dans les deuxième et troisième collèges (ceux des cadres, ingénieurs et agents de maîtrise – NDLR).

Ce n’est pas la CFDT qui progresse, puisqu’elle baisse au profit de la CFE-CGC, mais bien la CGT qui n’a pas su s’adresser à ces salariés.

L’élection d’une cadre à la tête de la CGT n’était pas évidente. Redoutez-vous un procès en non-représentation des travailleuses et travailleurs ?

Mon profil n’est pas entièrement une nouveauté. En réalité, l’élection de Philippe Martinez a déjà constitué une forme de transition. C’est un technicien supérieur, il était secrétaire général chez Renault de son syndicat Ufict (union fédérale des ingénieurs, cadres et techniciens – NDLR). C’était donc aussi un militant de l’Ugict (le syndicat dont Sophie Binet est la secrétaire générale – NDLR).

Mais c’est vrai : je n’ai pas le même vécu que les ouvriers ou les employés. Les cadres ne doivent pas voler la parole des ouvriers, ce sera une de mes grandes préoccupations. Au contraire, je travaillerai à ce qu’ils et elles soient davantage visibles dans le débat public : les ouvriers et les employés représentent la moitié du salariat et pourtant ils et elles sont absents des radars médiatiques.

’est pour cela que nous avons élu beaucoup d’ouvriers et d’employés dans la direction confédérale. Le syndicalisme est un outil d’émancipation de classe dans les rapports sociaux à l’œuvre au travail. Le centre de gravité de la CGT ne va pas bouger.

Je suis secrétaire générale de l’Ugict – je vais bien sûr passer la main dans les prochains jours –, les délégués m’ont élue en connaissance de cause. Le signal envoyé vers les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise est évident. Mais la CGT doit rester le premier syndicat chez les ouvriers et les employés, c’est sa marque de fabrique.

La démarche d’ouverture de la CGT vers d’autres mouvements, notamment écologistes, a été durement critiquée durant le congrès. Va-t-elle se poursuivre ?

Cela fera l’objet d’un débat de la direction. Et je ne prendrai aucune décision seule. Le document d’orientation traite des enjeux environnementaux du rapport avec les ONG et les associations, en rappelant que ces dialogues doivent se nouer à partir des principes de la CGT. Nous devons dépasser les contradictions entre le social et l’environnement, en partant du travail.

Ces luttes conjointes doivent partir de l’entreprise, de notre travail syndical, au quotidien. Si nous ne transformons pas l’appareil productif, nous ne répondrons pas aux enjeux environnementaux.

C’est aussi très important de souligner que les amendements votés ont renforcé les orientations féministes du document d’orientation, et notamment l’enjeu de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, au travail, dans la vie comme dans la CGT.

Les congressistes ont insisté sur la nécessité d’un fonctionnement plus démocratique. Cela va-t-il conduire à des changements dans la vie de la CGT ?

Les syndiqués ont envoyé des messages forts, il faudra les prendre en compte. La démocratie est une pratique quotidienne. Ce congrès a révélé une culture commune du débat, tout comme une opposition à toute forme de passage en force.

Les désaccords doivent être exposés pour, ensemble, les dépasser. Le but n’est pas de réaliser une synthèse molle, mais d’en appeler à notre intelligence collective.

SON PARCOURS

  • Âgée d’à peine 41 ans, Sophie Binet est la première femme élue à la tête de la CGT, en cent vingt-huit années d’existence du syndicat.
  • Elle a fait ses armes dans le syndicalisme étudiant au sein de l’Unef, où elle a pris part au combat victorieux contre le contrat première embauche (CPE) en 2006.
  • La nouvelle secrétaire générale de la CGT a intégré l’éducation nationale comme conseillère principale d’éducation, en poste à Marseille (Bouches-du-Rhône) à partir de 2008, puis au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis).
  • Elle a été élue secrétaire générale de l’Ugict, l’important syndicat des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT, en 2014, responsabilité qu’elle a assumée en codirection avec Marie-José Kotlicki jusqu’en 2022.

 

 

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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 06:56
Note de lecture - Beyrouth-sur-Seine de Sabyl Ghoussoub
Beyrouth-sur-Seine est un roman autobiographique de Sabyl Ghoussoub qui a reçu le prix Goncourt des Lycéens 2022, une exploration temporelle et géographique, des années 1960 à 2020.
 
Des allers-retours entre Paris où sont exilés ses parents libanais depuis la fin des années 70 et le Liban où la guerre fait rage dans les années 1970 et 1980, où la famille se partage entre des oncles communistes et combattant au côté de la gauche et des Palestiniens dans la guerre civile, et des oncles phalangistes combattant avec la droite chrétienne, Moscou, où va étudier un des oncles communistes.
 
La lourdeur de l'héritage, la complexité et les contradictions de la situation politique et de l'histoire libanaise sont amenés avec beaucoup de subtilité dans une écriture fluide et proche de la vie et de l'humain procédant par allusions, évocations par petites touches, avec une tendresse qui ne tombe jamais dans la sensiblerie, qui restitue l'élégance, l'étrangeté, et la singularité irréductible des êtres.
 
Un récit lumineux, facile à lire, plein d'empathie et d'humour, sur une guerre atroce, les paradoxes de l'exil et de la gauche libanaise, qui revient aussi sur les attentats et attaques à Paris dans les années 80 qui ont prolongé cette guerre du Proche-Orient aux imbrications et instrumentalisations si complexes entre la Syrie, l'Iran, Israël, les États-Unis, l'Irak, la France, les Palestiniens.
 
Ismaël Dupont, 3 avril 2023
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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 06:53
Maryam Madjidi à Morlaix (librairie Dialogues) en 2019

Maryam Madjidi à Morlaix (librairie Dialogues) en 2019

Cette fois-ci, le feu… (1)
Publié le Samedi 1 avril 2023
 

Le 21 mars est le jour d’équinoxe du printemps. Ce jour correspond également au nouvel an célébré par 300 millions de personnes en Iran, Afghanistan, Azerbaïdjan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Inde et chez les Kurdes. Des peuples sous l’influence du zoroastrisme, il y a environ 3 000 ans. La nouvelle année appelée Norouz, qui veut dire le « jour nouveau », symbolise l’éveil de la nature, « la renaissance du monde » disait le poète Omar Khayyam. C’est la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la vie (le printemps) sur la mort (l’hiver).

Le dernier mercredi de l’année est appelé le « mercredi enflammé ». La veille, on allume un feu et on saute par-dessus en adressant au feu ces mots comme une formule magique : « Ma couleur jaune pour toi, ta couleur rouge pour moi », plus poétiquement : « Je te donne ma pâleur, je te prends ta force. »

Petite, je trouvais ça très amusant de sauter par-dessus le feu en lui parlant directement. L’excitation et le danger mêlés dans ce saut. Les flammes pouvaient embraser un bout de pantalon ou de jupe. La couleur rouge, symbole de vitalité ; se changer en couleur noire, symbole de brûlure. La distance est fine entre les deux. C’est toute la symbolique du feu, élément de civilisation et de vie, mais aussi de destruction et d’anéantissement.

Cette année, le mercredi enflammé en Iran était l’occasion de faire du feu le symbole de la révolte et de la colère. Partout dans le pays, les jeunes filles ont jeté leur foulard dans les flammes ; les rassemblements autour du feu ont été détournés en protestation contre le régime ou en fête géante en plein air, et on pouvait entendre les slogans de « Mort au dictateur ! » ou « Azadi, azadi, azadi ! » (« Liberté » en kurde).

Norouz avait un goût d’amertume. L’inflation, la hausse des prix, la pauvreté galopante ont privé la majorité des Iraniens de pouvoir le fêter comme il se doit. Une mère de famille à Téhéran raconte qu’elle s’est contentée de se promener parmi les étalages de produits et de regarder simplement.

Dans le Kurdistan iranien, la célébration de Norouz a tourné au drame, et plus de 40 Kurdes ont été blessés par les tirs des forces de sécurité. Les familles endeuillées par la mort d’un fils, d’une fille, d’un parent n’ont pas eu le cœur à célébrer ce « jour nouveau ».

La distance est fine entre la lumière et les ténèbres, et la victoire de l’une sur les autres, incertaine.

Depuis quelques jours, on brûle aussi en France. On brûle des poubelles, la porte de l’hôtel de ville à Bordeaux, le mobilier urbain. Des cocktails Molotov sont jetés. Ce feu-là est le même qu’en Iran. On me répondra que le contexte est différent ; ici, c’est une démocratie ; là-bas, une dictature. Ici, ce sont de vilains casseurs ; là-bas, de gentils manifestants. Mais le feu est le même : celui de la colère, celui du peuple quand il n’est pas entendu, la réaction à un pouvoir qui s’exerce sans démocratie. La distance est fine aussi entre démocratie et dictature.

(1) En référence à l’ouvrage de James Baldwyn, « La prochaine fois, le feu ».
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5 avril 2023 3 05 /04 /avril /2023 06:46
La gauche se rassemble à l’Élysée et interpelle Macron (L'Humanité, 4 avril 2023)
La gauche se rassemble à l’Élysée et interpelle Macron

Les parlementaires de gauche appellent le président à renoncer à sa réforme des retraites, à moins d’organiser un référendum. Ils ont, pour cela, refusé de rencontrer Élisabeth Borne lundi 3 avril, hormis Olivier Faure.

Mardi 4 avril 2023 - L'Humanité

Hors de question de tourner la page concernant la réforme des retraites, puis de poursuivre tranquillement le quinquennat. Les élus des groupes parlementaires de gauche de l’Assemblée et du Sénat se réunissent ainsi ce mardi matin devant l’Élysée.

« Nous allons envoyer une délégation auprès des services de la présidence de la République, pour remettre un courrier dans lequel nous demandons solennellement à Emmanuel Macron de renoncer à sa réforme des retraites », indique André Chassaigne.

« Le président doit prendre conscience de la crise démocratique dans laquelle nous sommes »

Pour le chef de file des députés PCF, abandonner ce texte « ne constituerait pas un aveu de faiblesse, mais une démonstration de sagesse, car le pays est très largement opposé à cette réforme. Il s’agit d’apaiser et de redonner confiance à l’ensemble des citoyens, en considérant que notre société a besoin d’être écoutée ».

« Le président doit prendre conscience de la crise démocratique dans laquelle nous sommes. Il en est comptable. Il doit retirer sa réforme, ou bien organiser un référendum », ajoute le communiste Pierre Dharréville.

Ce rassemblement intervient alors que, lundi 3 avril, les forces de gauche ont majoritairement boycotté le rendez-vous proposé par la première ministre, Élisabeth Borne, pour « définir le calendrier parlementaire des prochains mois et identifier des majorités texte par texte ».

Cet « exercice est en total décalage avec les extrêmes tensions qui traversent notre pays », estiment les parlementaires EELV, pour qui « le pays n’est pas prêt à passer à autre chose, et nous non plus ». « La sortie de crise passe nécessairement par l’arrêt de la réforme des retraites et la reprise du dialogue social P», poursuivent les écologistes, qui souhaitent par ailleurs s’entretenir d’urgence avec la première ministre « pour sortir de la spirale des violences et de la criminalisation des militant·es écologistes ». Ils seront reçus en ce sens ce mardi à midi.

L’invitation à Matignon, une « provocation »

Même son de cloche du côté des insoumis : « À quoi bon aller perdre son temps à Matignon et faire semblant de discuter là où nos demandes sont extrêmement claires ? » questionne l’eurodéputée Manon Aubry.

« Cette invitation d’Élisabeth Borne constitue une provocation. Le gouvernement a méprisé le Parlement, en utilisant les articles les plus répressifs possibles dont le 49.3 pour faire passer un projet de loi devenu illégitime, et il faudrait aller discuter du nouvel agenda parlementaire ? » insiste André Chassaigne. Seul Olivier Faure, député et secrétaire national du PS, a indiqué qu’il acceptait de s’entretenir avec la première ministre.

Mais les socialistes ont aussitôt précisé qu’ils refusaient toute « consultation sur la suite du calendrier parlementaire », Olivier Faure ne se déplaçant qu’ « aux seules fins d’évoquer la situation générale du pays » que l’exécutif conduit dans « l’impasse ».

Reste à savoir si le président de la République entendra le message issu d’un rassemblement qui devait initialement prendre la forme d’une marche républicaine vers l’Élysée, sur proposition des communistes. Quoi qu’il en soit, les parlementaires iront cette après-midi défendre leurs recours devant le Conseil constitutionnel et leur proposition de référendum d’initiative partagée concernant la réforme des retraites. 

Retrait ou censure, la gauche veut faire tomber la réforme

La Nupes a défendu, mardi 4 avril, un recours devant le Conseil constitutionnel. Les élus PCF se sont rendus à l’Élysée pour exiger que le texte soit retiré.

Mercredi 5 avril 2023
 
La gauche est plus que jamais déterminée à affronter la réforme des retraites en la prenant par les cornes. Mardi 4 avril, elle s’est présentée devant le Conseil constitutionnel pour défendre deux atouts qu’elle tient solidement dans sa manche. Celui d’un référendum d’initiative partagée (RIP), pour permettre aux citoyens de voter contre cette loi, si besoin. Car elle entend bien voir tomber la réforme dès le 14 avril, grâce aux deux recours déposés devant les sages.

« Nous avons de très solides raisons de penser que le Conseil va censurer tout ou partie du texte, car le gouvernement a multiplié les occasions d’être hors la loi avec cette réforme », mesure le député Sébastien Jumel (PCF). « Le véhicule législatif utilisé, avec le 47.1, détourne la Constitution. De plus, nous dénonçons une insincérité des débats, puisque l’exécutif n’a pas apporté les informations dont le législateur avait besoin. Nous avons notamment été privés d’étude d’impact », insiste Boris Vallaud. « Cinq cavaliers législatifs n’ont rien à faire dans un tel texte. Le gouvernement a pris un risque et est tout sauf sûr de ce type de procédure », ajoute Charles de Courson (Liot).

La Macronie ne pourra pas « passer en force contre la Constitution »

Après être passée en force contre les syndicats, contre l’opinion publique, puis contre le Parlement, la Macronie ne pourra pas « passer en force contre la Constitution », espère Éric Coquerel (FI). « Nous sommes venus faire du droit. Nous n’avons pas fait de discours politique : nous avons livré un argumentaire juridique, sur lequel devra se prononcer le Conseil. La balle est dans son camp et je pense que rarement sa décision aura été aussi importante », précise Jérôme Guedj (PS). « Son jugement constituera un précédent fondamental pour notre démocratie », poursuit Cyrielle Chatelain (EELV).

En attendant l’avis des sages, le 14 avril, la gauche a interpellé le gouvernement. Marine Tondelier (EELV) et Olivier Faure (PS) ont été reçus à Matignon, où ils ont demandé à Élisabeth Borne de retirer la réforme. Le PCF et la FI ont décliné l’invitation, la première ministre ne souhaitant discuter que de l’agenda parlementaire à venir. À la place, les parlementaires communistes ont sonné à la porte de l’Élysée.

« Maintenir la pression la plus forte possible »

Ceints de leur écharpe tricolore, ils ont traversé la place de la Concorde depuis l’Assemblée nationale avant d’être arrêtés par un important dispositif policier, devant une forêt de caméras. Rejoint par les députés du groupe Liot, le cortège a parcouru les jardins des Champs-Élysées jusqu’au palais présidentiel, où Patrick Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a reçu une délégation ainsi qu’un courrier. « Nous avons eu un échange très franc et direct. Le pays est en crise. Il faut que le président retire sa réforme, ou la soumette à référendum », a déclaré Fabien Roussel (PCF).

« Le feu couve sous la cendre. On ne peut pas continuer à gouverner le pays comme cela », a ajouté Bertrand Pancher (Liot), qui précise que l’exécutif dit attendre la décision du Conseil constitutionnel. « Ce qui veut dire que, d’ici là, il faut maintenir la pression la plus forte possible, notamment lors de la manifestation du 6 avril », appelle Fabien Roussel.

À la Nupes, « on est une famille, il y a des débats, c’est vivant, on n’est pas un bloc monolithique »

Initialement attendus, les députés FI, PS et EELV n’étaient pas présents à cette marche. « Une question de sécurité et d’organisation », évoquent certains. « Une question de tensions à la Nupes », soulignent d’autres.

« L’événement majeur, c’est notre recours commun, défendu collectivement, devant les sages », balaie Éric Coquerel (FI). « On est une famille, il y a des débats, c’est vivant, on n’est pas un bloc monolithique. Mais le problème, ce n’est pas l’état de cohésion de la Nupes, plus que jamais soudée pour faire tomber cette réforme des retraites. Le problème, c’est Macron », répond Jérôme Guedj (PS). La Nupes avait justement rendez-vous, mardi soir, pour un séminaire collectif concernant la suite de la coalition.

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3 avril 2023 1 03 /04 /avril /2023 05:57
Note de lecture - Les communistes et l'Algérie. Des origines à l'indépendance, 1920-1962. Par Alain Ruscio (La découverte)
Une synthèse historique qui prend son temps et traite cette question en profondeur, avec un vrai travail sur les archives, et un temps pris pour parler des femmes et des hommes acteurs de l'histoire, des dirigeants politiques aux simples militants.
Alain Ruscio était déjà l'auteur d'une biographie remarquable d'Ho Chi Minh - Ho Chi Minh, écrits et combats (Temps des Cerises, 2019).
Dans ce livre de référence de 550 pages, sans les notes (très intéressantes elles aussi), l'historien revient sur la rupture qu'opère l'apparition du PCF et l'influence de l'Internationale communiste sous l'influence anti-colonialiste et anti-impérialiste de Lénine avec une certaine complaisance paternaliste de la gauche française (un certain socialisme) avec un colonialisme prétendument civilisateur.
A l'inverse, dans les années, le jeune PCF s'engage avec les colonisés et les opprimés, vietnamiens, africains, nord-africains. C'est l'époque où Ho Chi Minh adhère au PCF, comme d'autres futurs grands dirigeants indépendantistes comme Messali Hadj. "L'Humanité n'hésite pas à publier des documents horribles pendant la guerre du Rif, telle cette photo en une de soldats français souriants, exhibant des têtes de rebelles coupées". C'est sur ces bases anticolonialistes que de grands intellectuels et artistes d'avant-garde vont rejoindre le PCF, Aragon, Breton, René Crevel, Robert Desnos, Paul Eluard, Michel Leiris, Benjamin Péret, Philippe Soupault, rejoignent le PCF.
Dès le printemps 1922 Paul Vaillant-Couturier voyage en Algérie et en tire des idées nuancées sur l’Islam et la culture de l’Algérie, dénonce l’esprit raciste et colonialiste qui règne en Algérie, y compris chez les ouvriers d’origine européenne.
Au début des années 20, le PCF présente des travailleurs immigrés aux élections en région parisienne : le communiste Abdelkader Hadj Ali échoue de 20 voix à être élu à Paris. Le Sénégalais Lamine Senghor est présenté aux municipales dans le quartier de la Salpétrière.
C’est une époque où des élus sont arrêtés pour opposition à la guerre coloniale du Maroc : Thorez condamné à 14 mois de prison, en 1925, avec 257 militants, la plupart communistes, mais aussi quelques anarchistes. Le PCF est le seul parti en France qui axe sa propagande sur l’exigence de l’indépendance des pays colonisés. Le secrétaire national Pierre Sémard écrit dans L’Humanité le 20 août 1925 : « La paix dans l’Afrique du Nord, la seule qui soit durable, ne s’obtiendra que par l’octroi de l’indépendance complète aux peuples coloniaux opprimés. Si l’impérialisme français et les autres ne s’accordent pas sur cette indépendance de bon gré, les peuples coloniaux la conquerront par la force ».
En 1926, l’Etoile Nord Africaine, organisation et société d’aide mutuelle d’immigrés coloniaux nord-africains, est créée avec l’appui du PCF. Ce sera un des creusets du futur mouvement nationaliste.
En 1931, le PCF organise avec la CGTU une contre-exposition coloniale, place du Combat, devenue depuis place du Colonel Fabien, où se tient le siège du PCF.
Quant au Parti communiste algérien, dès 1925, il se positionne pour l’unité inter-confessionnelle et ethnique des exploités, et la libération des peuples opprimés des colonies. Les Algériens d’origine « musulmane » y adhèrent. Le parti communiste algérien s’« arabise » progressivement.
La logique de Front Populaire et de compromis avec la gauche classique, socialiste et radicale, souvent complaisante avec les logiques coloniales, va modérer le discours du PCF et ses revendications sur la question coloniale.
1936 est aussi le retour du drapeau tricolore, de la nation, des thématiques d'union nationale, de la Marseillaise, dans le discours et les symboles du PCF. Conjurer le danger fasciste devient plus important sur le moment que pousser les feux de la révolution.
En octobre 1936, le PCA d’autonomise, selon une volonté de l’Internationale communiste. Le PCF défend des réformes démocratiques en Algérie, l’égalité des droits, mais plus l’indépendance en tant que telle. Camus sera adhérent au Parti communiste de août 1935 à 1937.
Après la seconde guerre mondiale, la Libération est synonyme pour l’Algérie de reprise en main ultra-violente du système colonial, avec l’écrasement féroce de la « révolte » de Sétif.
Le PCF est membre du gouvernement et s’il cherche à établir la vérité sur les responsabilités et dénonce les massacres du Constantinois dans L’Humanité, avec une ambiguïté maintenue sur les responsabilités, il ne quitte pas le gouvernement pour autant et garde une forme d'adhésion de facade au discours de l'union française librement consentie portée par le CNR.
A la fin des années 40 et au début des années 50, le PCA est plus avancé que le PCF pour défendre une perspective d’indépendance. Ses effectifs atteignent 15 000 membres en 1950. Il contrôle des journaux indépendants et critiques de l’exploitation coloniale (« Alger Républicain », dirigé par Boualem Khalfa, « Liberté »). Son bureau politique est composé d’européens comme d’arabes et de berbères culturellement musulmans. A la veille de la guerre d’indépendance, le PCA compte 60 % de musulmans et c’est la deuxième force politique chez les musulmans derrière le PPA-MTLD de Messali Hadj. Des grands écrivains comme Kateb Yacine et Mohamed Dib se rapprochent du PCA et écrivent dans « Alger Républicain ». La CGT algérienne a la même politique d’intégration des exploités coloniaux et est en pointe des grands combats internationalistes, notamment contre la guerre d’Indochine.
Alain Ruscio décrit aussi à merveille l’état de la société française et sa relation à l’Algérie, la production de cet imaginaire colonial et son existence plus ou moins affirmée selon les secteurs de la population.
Il explore aussi les évolutions, les affrontements de tendance et d'analyses, les hésitations et les oscillations, sur la question algérienne, à l'intérieur du PCF et du PCA, se gardant bien de tomber ni dans l'hagiographie, ni dans une histoire inquisitoriale, et faisant la part des circonstances et du contexte.
Dans les années 50, "L'Humanité" est le seul grand journal français à faire état sans fard de la violence de l'exploitation et de la répression coloniale en Algérie, des tortures policières. Le PCF est à l'origine d'une expérience militante originale: l'envoi en Algérie de deux peintres, tous deux anciens résistants, Boris Taslitzky, rescapé de Buchenwald, et Mireille Miailhe, témoigner en un ouvrage d'art de la détresse matérielle d'une large part de la population algérienne en même temps que de la combativité maintenue de certains groupes sociaux comme les dockers et les travailleurs agricoles et pour dénoncer de la répression coloniale.
Au début de la guerre, ce sera l'Humanité qui qualifiera la première les "évènements" d'Algérie pour ceux qu'ils sont, une véritable guerre, et menée contre les civils, avec une succession d'articles coups de poing de l'ancienne résistante et députée landernéenne Marie Lambert et Madeleine Riffaud dénonçant les exactions de l'armée française. "L'Humanité" sera d'ailleurs censurée à plusieurs reprises pendant la guerre d'Algérie.
Au début des années 50, les communistes algériens soutiennent les volontés d’indépendance au Maroc et en Tunisie. Néanmoins, les relations du PCA avec le nationalisme indépendantiste algérien à la référence dominante islamique sont marquées par la méfiance à la veille du 1er novembre 1954, début de la guerre d’Algérie.
Partisan d'une politique de front unique anti-impérialiste et anti-colonial depuis 1950, à partir de 1955, les communistes algériens vont soutenir l’insurrection, sommés par le FLN de choisir leur camp définitivement. De nombreux militants, et parmi plusieurs « européens », plusieurs militants communistes juifs, vont rejoindre les maquis indépendantistes, livrer des armes et des colis. Les militants communistes sont alors persécutés et poursuivis par l’armée et la police coloniales au même titre que les nationalistes algériens. Les journaux communistes sont interdits, les journalistes arrêtés et torturés, comme Henri Alleg. Une centaine de militants communistes « non-musulmans », européens et juifs, au moins ont combattu avec les Algériens indépendantistes, beaucoup y perdant leur vie, certains tués par des chefs de maquis FLN sectaires, d’autres étant emprisonnés pendant de longues années et torturés. Certains militants, comme Fernand Iveton, sont exécutés, avec un refus de grâce à l’époque de Mitterrand, ministre de la justice.
Pendant ce temps là, sans encourager la désertion pour ne pas se couper des masses, le PCF milite pour la paix et la négociation en Algérie, pour aller vers l’indépendance.
En 1956, avec son soutien au gouvernement de Guy Mollet et au retour de la gauche au pouvoir, gouvernement qui vite décevoir les promesses de paix et de négociation en Algérie, avec le durcissement de la guerre, la position du PCF va être de plus en plus équilibriste et difficile à tenir, avec notamment le vote des pouvoirs spéciaux par les députés communistes en mars 56, provoquant un malaise au sein du PCF. La répression de l'insurrection de Budapest et l’opposition du PCF à l’agression de l’Égypte nassérienne après la nationalisation du canal de Suez vont isoler encore plus le PCF dans un retour de logiques de guerre froide, ce qui va amener les communistes à être progressivement de plus en plus ouvertement critiques vis-à-vis du gouvernement, de la politique de guerre, et des violations des droits humains et libertés en Algérie et en Métropole, comme dans l’affaire de l’arrestation, de la torture et de la disparition du brillant mathématicien communiste Maurice Audin, membre du PCA, agent de liaison, ou de la publication du livre brûlot d’Henri Alleg sur « La Torture ».
 
En revanche l’appareil du PCF, qui au départ soutenait en sous-main le ralentissement et le blocage des convois d'appelés, n’encourage pas non plus les logiques de désertion, de sabotage, de refus net d’engagement, ni de soutien militaire à la rébellion même si certains militants communistes y participent, et alors même que les militants communistes algériens, et parfois aussi des communistes français séjournant en Algérie, soutiennent complètement le FLN et la révolution algérienne.
 
La position du PCF va se renforcer et se clarifier au moment où de Gaulle engage une voie de discussion pour l’indépendance, s’exposant une tentative de coup d’État qui va amener le PCF à engager tout son poids pour la paix en Algérie, contre l'OAS, contre la dérive factieuse d’une partie des officiers, tandis que son influence sur de nombreux appelés explique peut-être le refus de suivre les militaires félons.
 
Auparavant, politiquement, les communistes vont perdre du poids et des positions électorales avec la logique plébiscitaire que De Gaulle a réussi à mettre en place et leur échec à faire obstacle à l'installation d'une Ve République monarchiste avec les autres forces de la IVe République, du centre et du centre-gauche.
 
Au début des années 60, le PCF malgré des positions parfois équilibristes et contorsionnistes, pour ne pas dire pleines de contradictions, sur la guerre en Algérie, va être porté et renforcé par l’exigence du retrait des troupes et de la paix qui montent dans l’opinion, qu’il exprime avec force, défendant l’autodétermination de l’Algérie, la négociation et la paix immédiate.
 
On ne peut qu’encourager la lecture de ce livre d'une immense richesse, facile et agréable à lire et particulièrement éclairant, fruit d’un travail de recherche et de synthèse monumental !
 
Ismaël Dupont - 3 avril 2023
 
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2 avril 2023 7 02 /04 /avril /2023 14:10
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2 avril 2023 7 02 /04 /avril /2023 10:53
Contre la réforme des retraites - Un « cortège républicain » de l’Assemblée à l’Élysée - L'Humanité, 31 mars 2023
Un « cortège républicain » de l’Assemblée à l’Élysée

Les parlementaires PCF se dirigeront vers le Palais mardi 4 avril avec un message pour Emmanuel Macron : « Retirez la réforme des retraites. » Ils invitent leurs collègues signataires de la demande de RIP à se joindre à eux.

Publié le Vendredi 31 mars 2023 - L'Humanité
 

« E st-ce que l’on peut, nous, députés, sénateurs, continuer de travailler, de discuter avec les ministres, avec le gouvernement, comme si de rien n’était ? » s’interrogeait le secrétaire national du PCF et député du Nord, Fabien Roussel, la semaine dernière, au lendemain d’une journée de mobilisation historique contre la réforme des retraites. La réponse est tombée jeudi. Les parlementaires des groupes GDR et CRCE, où siègent les communistes respectivement à l’Assemblée et au Sénat, formeront un « cortège républicain » vers l’Élysée, le mardi 4 avril. Ils invitent à se joindre à eux tous les signataires – 252 au total – de la demande de référendum d’initiative partagée (RIP) actuellement entre les mains du Conseil constitutionnel. L’objectif ? « Remettre, en main propre, au président de la République un courrier dont l’objet est clair : “M. le Président, retirez votre projet de recul de l’âge de départ à la retraite à 64 ans’’ », expliquent les élus.

Une pierre de plus dans une semaine qui s’annonce chargée sur le front de la réforme entre la 11e journée d’action prévue jeudi 6 avril à l’appel de l’intersyndicale et les rendez-vous en début de semaine à Matignon. « Le point de départ, c’est l’éventualité qu’Élisabeth Borne demande à rencontrer les groupes parlementaires et les partis. Pour l’instant on n’a aucune nouvelle, mais on considère que ce n’est pas à Matignon que peut se jouer l’issue de la crise, c’est à l’Élysée », explique la présidente du groupe CRCE, Éliane Assassi. « C’est le président de la République qui détient les clés d’une résolution politique de la crise, poursuit la sénatrice de Seine-Saint-Denis. C’est lui qu’il faut rencontrer pour exiger une seule chose : le retrait de la réforme. »

Face au refus majoritaire de la retraite à 64 ans, aux manifestations, aux grèves, « Em­manuel Macron­ et son gou­vernement ont réagi par l’autoritarisme en usant de manière abusive et dévoyée des mécanismes du parlementarisme rationalisé », dénoncent, dans leur communiqué, les parlementaires qui comptent se faire entendre de vive voix. « Nous voulons donner à cette initiative toute la solennité qui s’impose pour relayer la colère populaire que le président de la République doit enfin prendre en compte, ajoute le chef de file des députés communistes, André Chassaigne . C’est tout le sens de notre appel et du choix d’un cortège républicain des parlementaires ».

 
 
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