Salah Hamouri sera à Plourin-les-Morlaix le 8 avril et à Brest le 6 avril pour des conférences-débat
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Après les 5 premières projections qui avaient réuni 200 personnes et permis de récolter 2450 euros pour les caisses de solidarité vis à vis des grévistes, le collectif retraites du pays de Morlaix organise trois autres projections a Plouigneau, Roscoff, Locquenole la semaine prochaine. Venez nombreux voir "La Sociale" et débattre autour de ce film militant de Gilles Perret sur l'origine de la Sécurité sociale et du système de retraite par répartition, créés et mis en oeuvre par la CGT et Ambroise Croizat, ministre communiste du travail, dans la continuité du programme du conseil national de la résistance: " Les jours heureux".
Plouigneau - le mardi 4 avril - Salle de la médiathèque, 20h
Roscoff - le vendredi 7 avril - Espace Mathurin Méheut, 20h
Locquénolé - mardi 11 avril - Salle du Préau, 20h
ACTIONS CONTRE LA REFORME DES RETRAITES SUR LE PAYS DE MORLAIX
La nouvelle secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a accordé son premier entretien dans les médias à l’Humanité. Elle tire les premières leçons du 53e congrès, qui l’a élue, à Clermont-Ferrand, et dit sa détermination à gagner le combat contre la réforme des retraites. Entretien.
Nous avons rencontré Sophie Binet à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), vendredi après-midi, juste après son élection à la tête de la CGT, et alors que se profilent le rendez-vous de l’intersyndicale avec Élisabeth Borne, mercredi 5 avril, et la nouvelle journée d’action interprofessionnelle à l’appel des syndicats contre la réforme des retraites, jeudi 6 avril.
C’est d’abord une grande fierté que la CGT soit capable d’élire une femme à sa direction. C’est une grande responsabilité sur mes épaules. Les congressistes ont envoyé un signal très fort aux travailleuses, aux militantes de tous horizons et aux syndiquées.
Avec ce congrès, un cap a été franchi. Il n’était plus possible de dire qu’on voulait qu’une femme dirige la CGT pour se retrouver, à la fin, avec un homme.
Cette séquence a été malheureusement difficile, parfois violente pour Marie Buisson. Je pense vraiment à elle, je souhaite que nous puissions travailler ensemble, et je suis contente que Céline Verzeletti soit au bureau confédéral.
Nous avons collectivement une obligation de résultat. La spécialité de la CGT, ce sont les luttes sociales. Et quand nous les menons, nous sommes capables de nous rassembler pour dépasser toutes les difficultés. Cela tombe bien, nous sommes engagés dans un bras de fer sur la réforme des retraites.
Cette dynamique militante a permis de sortir de ce congrès avec une CGT rassemblée. Loin d’être un slogan marketing, la culture des débats est notre ciment commun.
La CGT fonctionne sans fraction ni tendance, elle a cent vingt-huit ans derrière elle et porte l’essence du monde du travail. Elle a toujours su, et vient de le démontrer, faire face aux difficultés, se rassembler et en sortir dans l’intérêt des travailleuses et travailleurs.
Les militants ne sont pas enfermés dans des cases, au contraire, les échanges sont libres et nous travaillons à trouver des points communs. Durant les débats, l’ensemble des congressistes ont rappelé leur attachement à la CGT. C’est ce point qui permet de nous rassembler.
Mais notre force réside aussi dans notre diversité, contrairement à d’autres centrales syndicales. À la CGT, il n’y a pas de majorité et de minorité. Notre démarche est de toujours chercher à rassembler le plus largement possible.
De l’extérieur, ceux qui ne connaissent pas le monde syndical pensent que nos élections internes sont jouées d’avance parce que, en général, elles se soldent par des scores très élevés. C’est tout le contraire, ces majorités larges résultent d’un travail long et passionnant. Notre texte d’orientation a été adopté à 72,8 % des voix. C’est un point d’appui solide, rendu possible par les amendements de nos syndicats. La direction sortante a eu l’intelligence de les entendre.
La CGT fonctionne par en bas. Cela s’est une fois de plus vérifié. Les congressistes ont pris le pouvoir. Ils avaient une grande exigence démocratique. Mais quand la violence s’invite sur certains points de tension, c’est inacceptable. Ces pratiques virilistes excluent les femmes des cadres militants.
Cela étant dit, j’étais confiante dans notre CGT, et dans la maturité de ses organisations qui ont décidé de mener ce congrès à bon port. Soyons lucides par rapport aux attentes des jeunes générations : si la transparence et la démocratie ne restent que des slogans, la CGT se fera sans eux.
Je souligne aussi le respect des militants pour l’intervention de Marie Buisson, lors de l’ouverture du congrès. Elle a été bien applaudie.
Lors de mon discours, j’ai tenu à saluer Marie Buisson, Philippe Martinez et Olivier Mateu (opposant dans la CGT à l’orientation de Philippe Martinez – NDLR). C’est un principe évident de respect. Les congressistes ont applaudi, ce qui démontre leur grande responsabilité.
Oui. Les médias, le patronat et le gouvernement annoncent tous les jours la fin de l’intersyndicale, mais cette union des organisations contre la réforme des retraites démontre une confiance collective, une maturité et une détermination à gagner. Avec un seul mot d’ordre : le retrait.
Nous irons à Matignon dans cette optique. Cette unité très forte de l’intersyndicale est un acquis très important du bilan de Philippe Martinez.
Enfin, si la CGT sort rassemblée de ce congrès, c’est aussi grâce à Emmanuel Macron. (Rires.) Je lui adresse mes grands remerciements : nous sommes soudés pour combattre sa politique, à commencer par sa réforme des retraites. C’est notre priorité numéro un.
e suis convaincue que nous obtiendrons le retrait de cette réforme avant d’aller au bout du processus de RIP (référendum d’initiative partagée, lancé par les parlementaires de gauche – NDLR). Ce référendum est un étage supplémentaire dans la lutte.
Mais notre point d’appui essentiel reste le rapport de force social. Cela passe par la grève et les manifestations. Nous appelons les salariés à les développer, notamment le 6 avril, puis le 7 avril, journée d’action dans la santé.
Pendant notre congrès, j’ai relevé l’intervention de Lætitia Gomez, secrétaire générale de la CGT de l’intérim. Elle a rappelé que notre pays compte 800 000 intérimaires. Ils représentent près de 20 % des ouvriers. La syndicalisation des précaires est centrale, bien que ce défi soit complexe. La CGT a déjà gagné des droits nouveaux pour les intérimaires, même si les pratiques de dumping social permettent trop souvent de les contourner.
La syndicalisation des travailleuses et travailleurs de plateformes est aussi un enjeu des années à venir. Mais la transformation du salariat est à appréhender dans sa totalité. En se questionnant, bien sûr, sur la précarisation des ouvriers et la tertiarisation de l’économie, mais aussi sur le chantier central des ingénieurs, cadres et techniciens. Ils pèsent pour près de 50 % du salariat.
Si nous ne parvenons pas à les impliquer dans les luttes en partant de leurs revendications, nous ne pourrons pas construire de rapport de force majoritaire. C’est indispensable pour agir comme syndicat de classe dans les luttes sociales, et comme syndicat de masse dans les élections professionnelles.
La CGT a perdu sa première place (aux mesures de la représentativité nationale – NDLR) du fait des votes dans les deuxième et troisième collèges (ceux des cadres, ingénieurs et agents de maîtrise – NDLR).
Ce n’est pas la CFDT qui progresse, puisqu’elle baisse au profit de la CFE-CGC, mais bien la CGT qui n’a pas su s’adresser à ces salariés.
Mon profil n’est pas entièrement une nouveauté. En réalité, l’élection de Philippe Martinez a déjà constitué une forme de transition. C’est un technicien supérieur, il était secrétaire général chez Renault de son syndicat Ufict (union fédérale des ingénieurs, cadres et techniciens – NDLR). C’était donc aussi un militant de l’Ugict (le syndicat dont Sophie Binet est la secrétaire générale – NDLR).
Mais c’est vrai : je n’ai pas le même vécu que les ouvriers ou les employés. Les cadres ne doivent pas voler la parole des ouvriers, ce sera une de mes grandes préoccupations. Au contraire, je travaillerai à ce qu’ils et elles soient davantage visibles dans le débat public : les ouvriers et les employés représentent la moitié du salariat et pourtant ils et elles sont absents des radars médiatiques.
’est pour cela que nous avons élu beaucoup d’ouvriers et d’employés dans la direction confédérale. Le syndicalisme est un outil d’émancipation de classe dans les rapports sociaux à l’œuvre au travail. Le centre de gravité de la CGT ne va pas bouger.
Je suis secrétaire générale de l’Ugict – je vais bien sûr passer la main dans les prochains jours –, les délégués m’ont élue en connaissance de cause. Le signal envoyé vers les ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise est évident. Mais la CGT doit rester le premier syndicat chez les ouvriers et les employés, c’est sa marque de fabrique.
Cela fera l’objet d’un débat de la direction. Et je ne prendrai aucune décision seule. Le document d’orientation traite des enjeux environnementaux du rapport avec les ONG et les associations, en rappelant que ces dialogues doivent se nouer à partir des principes de la CGT. Nous devons dépasser les contradictions entre le social et l’environnement, en partant du travail.
Ces luttes conjointes doivent partir de l’entreprise, de notre travail syndical, au quotidien. Si nous ne transformons pas l’appareil productif, nous ne répondrons pas aux enjeux environnementaux.
C’est aussi très important de souligner que les amendements votés ont renforcé les orientations féministes du document d’orientation, et notamment l’enjeu de lutter contre les violences sexistes et sexuelles, au travail, dans la vie comme dans la CGT.
Les syndiqués ont envoyé des messages forts, il faudra les prendre en compte. La démocratie est une pratique quotidienne. Ce congrès a révélé une culture commune du débat, tout comme une opposition à toute forme de passage en force.
Les désaccords doivent être exposés pour, ensemble, les dépasser. Le but n’est pas de réaliser une synthèse molle, mais d’en appeler à notre intelligence collective.
Le 21 mars est le jour d’équinoxe du printemps. Ce jour correspond également au nouvel an célébré par 300 millions de personnes en Iran, Afghanistan, Azerbaïdjan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Inde et chez les Kurdes. Des peuples sous l’influence du zoroastrisme, il y a environ 3 000 ans. La nouvelle année appelée Norouz, qui veut dire le « jour nouveau », symbolise l’éveil de la nature, « la renaissance du monde » disait le poète Omar Khayyam. C’est la victoire de la lumière sur les ténèbres, de la vie (le printemps) sur la mort (l’hiver).
Le dernier mercredi de l’année est appelé le « mercredi enflammé ». La veille, on allume un feu et on saute par-dessus en adressant au feu ces mots comme une formule magique : « Ma couleur jaune pour toi, ta couleur rouge pour moi », plus poétiquement : « Je te donne ma pâleur, je te prends ta force. »
Petite, je trouvais ça très amusant de sauter par-dessus le feu en lui parlant directement. L’excitation et le danger mêlés dans ce saut. Les flammes pouvaient embraser un bout de pantalon ou de jupe. La couleur rouge, symbole de vitalité ; se changer en couleur noire, symbole de brûlure. La distance est fine entre les deux. C’est toute la symbolique du feu, élément de civilisation et de vie, mais aussi de destruction et d’anéantissement.
Cette année, le mercredi enflammé en Iran était l’occasion de faire du feu le symbole de la révolte et de la colère. Partout dans le pays, les jeunes filles ont jeté leur foulard dans les flammes ; les rassemblements autour du feu ont été détournés en protestation contre le régime ou en fête géante en plein air, et on pouvait entendre les slogans de « Mort au dictateur ! » ou « Azadi, azadi, azadi ! » (« Liberté » en kurde).
Norouz avait un goût d’amertume. L’inflation, la hausse des prix, la pauvreté galopante ont privé la majorité des Iraniens de pouvoir le fêter comme il se doit. Une mère de famille à Téhéran raconte qu’elle s’est contentée de se promener parmi les étalages de produits et de regarder simplement.
Dans le Kurdistan iranien, la célébration de Norouz a tourné au drame, et plus de 40 Kurdes ont été blessés par les tirs des forces de sécurité. Les familles endeuillées par la mort d’un fils, d’une fille, d’un parent n’ont pas eu le cœur à célébrer ce « jour nouveau ».
La distance est fine entre la lumière et les ténèbres, et la victoire de l’une sur les autres, incertaine.
Depuis quelques jours, on brûle aussi en France. On brûle des poubelles, la porte de l’hôtel de ville à Bordeaux, le mobilier urbain. Des cocktails Molotov sont jetés. Ce feu-là est le même qu’en Iran. On me répondra que le contexte est différent ; ici, c’est une démocratie ; là-bas, une dictature. Ici, ce sont de vilains casseurs ; là-bas, de gentils manifestants. Mais le feu est le même : celui de la colère, celui du peuple quand il n’est pas entendu, la réaction à un pouvoir qui s’exerce sans démocratie. La distance est fine aussi entre démocratie et dictature.
Les parlementaires de gauche appellent le président à renoncer à sa réforme des retraites, à moins d’organiser un référendum. Ils ont, pour cela, refusé de rencontrer Élisabeth Borne lundi 3 avril, hormis Olivier Faure.
Hors de question de tourner la page concernant la réforme des retraites, puis de poursuivre tranquillement le quinquennat. Les élus des groupes parlementaires de gauche de l’Assemblée et du Sénat se réunissent ainsi ce mardi matin devant l’Élysée.
« Nous allons envoyer une délégation auprès des services de la présidence de la République, pour remettre un courrier dans lequel nous demandons solennellement à Emmanuel Macron de renoncer à sa réforme des retraites », indique André Chassaigne.
Pour le chef de file des députés PCF, abandonner ce texte « ne constituerait pas un aveu de faiblesse, mais une démonstration de sagesse, car le pays est très largement opposé à cette réforme. Il s’agit d’apaiser et de redonner confiance à l’ensemble des citoyens, en considérant que notre société a besoin d’être écoutée ».
« Le président doit prendre conscience de la crise démocratique dans laquelle nous sommes. Il en est comptable. Il doit retirer sa réforme, ou bien organiser un référendum », ajoute le communiste Pierre Dharréville.
Ce rassemblement intervient alors que, lundi 3 avril, les forces de gauche ont majoritairement boycotté le rendez-vous proposé par la première ministre, Élisabeth Borne, pour « définir le calendrier parlementaire des prochains mois et identifier des majorités texte par texte ».
Cet « exercice est en total décalage avec les extrêmes tensions qui traversent notre pays », estiment les parlementaires EELV, pour qui « le pays n’est pas prêt à passer à autre chose, et nous non plus ». « La sortie de crise passe nécessairement par l’arrêt de la réforme des retraites et la reprise du dialogue social P», poursuivent les écologistes, qui souhaitent par ailleurs s’entretenir d’urgence avec la première ministre « pour sortir de la spirale des violences et de la criminalisation des militant·es écologistes ». Ils seront reçus en ce sens ce mardi à midi.
Même son de cloche du côté des insoumis : « À quoi bon aller perdre son temps à Matignon et faire semblant de discuter là où nos demandes sont extrêmement claires ? » questionne l’eurodéputée Manon Aubry.
« Cette invitation d’Élisabeth Borne constitue une provocation. Le gouvernement a méprisé le Parlement, en utilisant les articles les plus répressifs possibles dont le 49.3 pour faire passer un projet de loi devenu illégitime, et il faudrait aller discuter du nouvel agenda parlementaire ? » insiste André Chassaigne. Seul Olivier Faure, député et secrétaire national du PS, a indiqué qu’il acceptait de s’entretenir avec la première ministre.
Mais les socialistes ont aussitôt précisé qu’ils refusaient toute « consultation sur la suite du calendrier parlementaire », Olivier Faure ne se déplaçant qu’ « aux seules fins d’évoquer la situation générale du pays » que l’exécutif conduit dans « l’impasse ».
Reste à savoir si le président de la République entendra le message issu d’un rassemblement qui devait initialement prendre la forme d’une marche républicaine vers l’Élysée, sur proposition des communistes. Quoi qu’il en soit, les parlementaires iront cette après-midi défendre leurs recours devant le Conseil constitutionnel et leur proposition de référendum d’initiative partagée concernant la réforme des retraites.
La Nupes a défendu, mardi 4 avril, un recours devant le Conseil constitutionnel. Les élus PCF se sont rendus à l’Élysée pour exiger que le texte soit retiré.
« Nous avons de très solides raisons de penser que le Conseil va censurer tout ou partie du texte, car le gouvernement a multiplié les occasions d’être hors la loi avec cette réforme », mesure le député Sébastien Jumel (PCF). « Le véhicule législatif utilisé, avec le 47.1, détourne la Constitution. De plus, nous dénonçons une insincérité des débats, puisque l’exécutif n’a pas apporté les informations dont le législateur avait besoin. Nous avons notamment été privés d’étude d’impact », insiste Boris Vallaud. « Cinq cavaliers législatifs n’ont rien à faire dans un tel texte. Le gouvernement a pris un risque et est tout sauf sûr de ce type de procédure », ajoute Charles de Courson (Liot).
Après être passée en force contre les syndicats, contre l’opinion publique, puis contre le Parlement, la Macronie ne pourra pas « passer en force contre la Constitution », espère Éric Coquerel (FI). « Nous sommes venus faire du droit. Nous n’avons pas fait de discours politique : nous avons livré un argumentaire juridique, sur lequel devra se prononcer le Conseil. La balle est dans son camp et je pense que rarement sa décision aura été aussi importante », précise Jérôme Guedj (PS). « Son jugement constituera un précédent fondamental pour notre démocratie », poursuit Cyrielle Chatelain (EELV).
En attendant l’avis des sages, le 14 avril, la gauche a interpellé le gouvernement. Marine Tondelier (EELV) et Olivier Faure (PS) ont été reçus à Matignon, où ils ont demandé à Élisabeth Borne de retirer la réforme. Le PCF et la FI ont décliné l’invitation, la première ministre ne souhaitant discuter que de l’agenda parlementaire à venir. À la place, les parlementaires communistes ont sonné à la porte de l’Élysée.
Ceints de leur écharpe tricolore, ils ont traversé la place de la Concorde depuis l’Assemblée nationale avant d’être arrêtés par un important dispositif policier, devant une forêt de caméras. Rejoint par les députés du groupe Liot, le cortège a parcouru les jardins des Champs-Élysées jusqu’au palais présidentiel, où Patrick Strzoda, directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, a reçu une délégation ainsi qu’un courrier. « Nous avons eu un échange très franc et direct. Le pays est en crise. Il faut que le président retire sa réforme, ou la soumette à référendum », a déclaré Fabien Roussel (PCF).
« Le feu couve sous la cendre. On ne peut pas continuer à gouverner le pays comme cela », a ajouté Bertrand Pancher (Liot), qui précise que l’exécutif dit attendre la décision du Conseil constitutionnel. « Ce qui veut dire que, d’ici là, il faut maintenir la pression la plus forte possible, notamment lors de la manifestation du 6 avril », appelle Fabien Roussel.
Initialement attendus, les députés FI, PS et EELV n’étaient pas présents à cette marche. « Une question de sécurité et d’organisation », évoquent certains. « Une question de tensions à la Nupes », soulignent d’autres.
« L’événement majeur, c’est notre recours commun, défendu collectivement, devant les sages », balaie Éric Coquerel (FI). « On est une famille, il y a des débats, c’est vivant, on n’est pas un bloc monolithique. Mais le problème, ce n’est pas l’état de cohésion de la Nupes, plus que jamais soudée pour faire tomber cette réforme des retraites. Le problème, c’est Macron », répond Jérôme Guedj (PS). La Nupes avait justement rendez-vous, mardi soir, pour un séminaire collectif concernant la suite de la coalition.
voir aussi: Les communistes et l'Algérie - par Alain Ruscio - Une histoire algérienne, Claude Mazoric
Les parlementaires PCF se dirigeront vers le Palais mardi 4 avril avec un message pour Emmanuel Macron : « Retirez la réforme des retraites. » Ils invitent leurs collègues signataires de la demande de RIP à se joindre à eux.
« E st-ce que l’on peut, nous, députés, sénateurs, continuer de travailler, de discuter avec les ministres, avec le gouvernement, comme si de rien n’était ? » s’interrogeait le secrétaire national du PCF et député du Nord, Fabien Roussel, la semaine dernière, au lendemain d’une journée de mobilisation historique contre la réforme des retraites. La réponse est tombée jeudi. Les parlementaires des groupes GDR et CRCE, où siègent les communistes respectivement à l’Assemblée et au Sénat, formeront un « cortège républicain » vers l’Élysée, le mardi 4 avril. Ils invitent à se joindre à eux tous les signataires – 252 au total – de la demande de référendum d’initiative partagée (RIP) actuellement entre les mains du Conseil constitutionnel. L’objectif ? « Remettre, en main propre, au président de la République un courrier dont l’objet est clair : “M. le Président, retirez votre projet de recul de l’âge de départ à la retraite à 64 ans’’ », expliquent les élus.
Une pierre de plus dans une semaine qui s’annonce chargée sur le front de la réforme entre la 11e journée d’action prévue jeudi 6 avril à l’appel de l’intersyndicale et les rendez-vous en début de semaine à Matignon. « Le point de départ, c’est l’éventualité qu’Élisabeth Borne demande à rencontrer les groupes parlementaires et les partis. Pour l’instant on n’a aucune nouvelle, mais on considère que ce n’est pas à Matignon que peut se jouer l’issue de la crise, c’est à l’Élysée », explique la présidente du groupe CRCE, Éliane Assassi. « C’est le président de la République qui détient les clés d’une résolution politique de la crise, poursuit la sénatrice de Seine-Saint-Denis. C’est lui qu’il faut rencontrer pour exiger une seule chose : le retrait de la réforme. »
Face au refus majoritaire de la retraite à 64 ans, aux manifestations, aux grèves, « Emmanuel Macron et son gouvernement ont réagi par l’autoritarisme en usant de manière abusive et dévoyée des mécanismes du parlementarisme rationalisé », dénoncent, dans leur communiqué, les parlementaires qui comptent se faire entendre de vive voix. « Nous voulons donner à cette initiative toute la solennité qui s’impose pour relayer la colère populaire que le président de la République doit enfin prendre en compte, ajoute le chef de file des députés communistes, André Chassaigne . C’est tout le sens de notre appel et du choix d’un cortège républicain des parlementaires ».