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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 05:26
Construire une politique offensive à gauche pour la France en Europe: grand débat du PCF le 30 juin à Paris
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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 05:00

Notre-Dame-des-Landes: un Oui teinté de Non

27 JUIN 2016 | PAR JADE LINDGAARD

Avec plus de 55 % des votes, la majorité exprimée en faveur du projet d’aéroport est confortable mais des poches inattendues de résistance apparaissent. À l’issue de la consultation, deux camps irréconciliables se font face.

A peine une demi-heure après l’annonce par la préfecture de Loire-Atlantique de la victoire du « oui » à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avec 55,2 % des voix, Manuel Valls annonçait le commencement des travaux dès l’automne et l’évacuation prochaine des occupants de la ZAD : « Le gouvernement fera appliquer le verdict des urnes. Les travaux préparatoires à la réalisation du nouvel aéroport s’engageront dès l’automne prochain. » Quant aux « personnes qui occupent illégalement le site du nouvel aéroport », elles « devront partir d’ici le début des travaux. L’autorité de l’État et les lois de la République s’appliqueront à Notre-Dame-des-Landes comme partout ailleurs dans le pays ». Sur sa page Facebook, Johanna Rolland, la maire de Nantes, célébrait un « oui en clarté » : « La volonté démocratique qui vient de s’exprimer doit permettre la réalisation de ce transfert dans la sérénité, la sécurité et le respect de l’état de droit. L’État doit maintenant mener à bien ce projet essentiel pour l’accessibilité de l’Ouest, pour le développement économique et pour l'emploi. » Le président (LR) de la Région Pays-de-la-Loire, Bruno Retailleau, se réjouissait de « la victoire du civisme et du bons sens. Les habitants ont dit oui à l’emploi, ils ont aussi dit non aux casseurs de la ZAD. Ce soir, c’est la défaite de la violence et de la décroissance ». À ses yeux : « Les habitants ont eu la détermination que François Hollande a été incapable d’avoir. François Hollande n’a pas eu le courage de décider, qu’il ait au moins le courage d’agir. »

Mais le scrutin révèle un paysage politique éclaté en Loire-Atlantique. Si la majorité des voix exprimées en faveur du projet est confortable, et la participation supérieure aux prévisions autour de 51 %, leur répartition géographique fait apparaître des poches inattendues de résistance au projet d’aéroport. À Nantes, bastion PS, dont l’ancien maire Jean-Marc Ayrault est l’un des plus fervents promoteurs du nouveau site aéroportuaire, le oui ne l’emporte qu’avec 100 voix d’avance (41 906 votes contre 41 806). C’est une grosse surprise et une gifle pour les socialistes qui n’ont cessé de justifier le projet au nom du développement de Nantes et du bien-être de ses habitants. À Rezé, importante commune PS (30 000 habitants), située sous le trajet des avions empruntant l’actuel aéroport de Nantes Atlantique, dont le maire Gérard Allard est aussi vice-président de Nantes Métropole chargé du développement économique des territoires, le non l’emporte avec plus de 53 % des voix. À La Chapelle-sur-Erdre (16 000 habitants), ville dirigée par Fabrice Roussel, premier fédéral du PS en Loire-Atlantique, le non gagne à plus de 51 %. À Bouguenais, commune qui accueille l’actuel aérogare et en subit les nuisances sonores, le oui l’emporte de justesse, avec 50,6 % des voix (À ce sujet, écouter l’analyse du politiste Goulven Boudic lors de notre live du 26 juin). En revanche à Saint-Aignan-de-Grandlieu, construite en bout de piste de l'aéroport de Nantes Atlantique, le oui est très largement majoritaire.

Sans surprise, les villages impactés par le projet d’aéroport ont voté massivement contre le projet : à 73,6 % à Notre-Dame-des-landes, à 60,3 % à Fay-de-Bretagne, à 66,6 % à Grandchamp-des-Fontaines, à 69,4 % à Vigneux-de-Bretagne. Ainsi, les habitants directement menacés par le projet le refusent, tandis qu’une partie de ceux qui sont dérangés par l’actuel aérogare ne le rejettent pas. Au total, 268 981 personnes se déclarent favorables à la construction du nouveau site. Elles sont majoritaires. Mais 218 537 autres s’y refusent. Cela représente une forte minorité d’opposants. À l’issue de la consultation, deux camps irréconciliables se font face.

Dans ce contexte de polarisation politique, quelles pistes de sortie de crise ? La situation semble en partie bloquée. La ZAD, cette zone de 1 800 hectares réservée pour le chantier de l’aéroport il y a quarante ans et aujourd’hui occupée par 200 à 300 opposants, sera-t-elle évacuée de force ? Lundi matin, au lendemain du scrutin, Ségolène Royal a laissé entendre sur RTL que le gouvernement y travaille d’ores et déjà : « Ça a été promis par le premier ministre. Je pense que ceux qui ont voté oui l’attendent. Je crois que les discussions entre le premier ministre et le ministre de l’intérieur ont commencé pour savoir comment procéder ».

La ministre de l’environnement a aussi déclaré qu’« il y a eu une consultation démocratique, maintenant la procédure doit se poursuivre », sans préciser de quoi elle parlait exactement : la construction de l’aéroport validé par la déclaration d’utilité publique en 2008 (avec deux pistes), celui de moindre envergure (une seule piste) qu’elle appelait de ses vœux au printemps, ou l’épuisement de la procédure de l’Union européenne contre la France (concernant le non-respect de la loi sur l’eau notamment). Elle a annoncé la publication d’une ordonnance sur la participation du public aux décisions qui ont un impact sur l'environnement, et son envoi au Conseil d’État. Il s’agit en réalité du texte adopté par le Conseil national de la transition écologique (CNTE) le 16 février dernier, organisant plus généralement l’accès à l’information du public et le débat en amont de la décision des projets d’aménagement. L’ordonnance créant spécifiquement la possibilité de consulter les citoyens sur les projets ayant un impact sur l’environnement a déjà été publiée – et fait l’objet de recours sur le fond devant le Conseil d’État par France nature environnement et Attac.

Les écologistes apparaissent divisés sur le sens à accorder au résultat de la consultation. Nicolas Hulot, dont la fondation a défendu le principe d’une consultation des électeurs mais sur un périmètre plus large que la seule Loire-Atlantique, a déclaré sur Europe 1 lundi midi : « On ne peut pas demander d’aller voter et après, si le résultat ne nous plaît pas, ne pas en tenir compte. Je prends acte. Je suis profondément attristé par ce que je vois, cette espèce de rouleau compresseur d’artificialisation des sols, de destruction de la biodiversité, ne s’arrête jamais » mais « en ce qui me concerne, je m’incline ».

Le député François de Rugy, ex-EELV, va dans le même sens : « Le oui majoritaire à l'échelle départementale est un fait politique qui ne peut être ignoré. Nous aurions préféré l'inverse, mais nul ne peut ignorer ce résultat qui, du point de vue de ses promoteurs, notamment l'État, ouvre la voie à la poursuite du projet d'aéroport. »

« Il faut que tout le monde reste très calme parce que j'ai entendu ce matin des déclarations très véhémentes sur le sujet et ce n'est pas par la violence qu'on règlera la situation, a déclaré de son côté Emmanuelle Cosse, ministre EELV du logement,
avant d’ajouter qu'il fallait que « les choses rentrent dans l'ordre au fur et à mesure » et qu’« en effet, il y a un moment où se posera la question du maintien des zadistes dans la zone ».

Mais, pour Cécile Duflot, députée et potentielle future candidate à la présidentielle de 2017, « pour nous, ça ne change rien sur le fond » : « ce dispositif a été choisi pour aboutir à ce résultat. Ce n'est pas un aéroport pour les habitants de Loire-Atlantique. C'est un aéroport pour tout le grand Ouest. Les régions Bretagne et Pays de la Loire vont payer pour ce projet ». À la question « Est-ce que cet aéroport doit se faire ? » que lui a posée le journaliste Patrick Cohen sur France Inter lundi matin, elle a répondu : « Je pense que non. »

France nature environnement, l’une des ONG qui ont le plus travaillé sur les enjeux de la démocratie environnementale et qui portent le deuil de Rémi Fraisse, ce jeune homme tué par les gendarmes lors d’un rassemblement contre le barrage de Sivens fin 2014, considère qu’« étant donné le périmètre incohérent et la partialité de l'information délivrée par la CNDP et certaines collectivités pro-bétonnage à l’attention des citoyens, il est difficile d’affirmer que ce vote légitime un projet qui continue d’être rejeté sur le plan national ». Dans un sondage publié la semaine dernière, 60 % des personnes interrogées dans toute la France se prononçaient contre le projet d’aéroport. « Le bricolage du code de l’environnement engagé pour pouvoir organiser cette consultation est regrettable, mal pensé, médiocrement mis en œuvre et parfaitement néfaste pour la protection de la nature et de l'environnement, indispensable aux générations actuelles et futures », précise le réseau d’associations dans un communiqué.

Tous les collectifs d’opposants au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes s’étaient prononcés contre l’idée d’une consultation de type référendaire, par crainte qu’une question binaire n’aggrave la polarisation des opinions sans dégager de solution. Mais cette critique est bien difficile à faire entendre alors qu’ils ont accepté de faire campagne et n'ont pas choisi de la boycotter. Depuis la ZAD dimanche soir, le mouvement contre l’aéroport a publié une déclaration commune expliquant que « le cadre, le processus et le contenu de cette consultation étaient fondamentalement biaisés. Celle-ci était basée sur une série de mensonges d'État et radicalement inéquitable. Il ne s'agissait pour nous que d'une étape dans la longue lutte pour un avenir sans aéroport à Notre-Dame-des-Landes ». Ils annoncent : « De notre côté, nous n'allons pas cesser pour autant d'habiter, cultiver et protéger ce bocage. Il continuera à être défendu avec la plus grande énergie parce qu'il est porteur d'espoirs aujourd'hui indéracinables face à la destruction du vivant et à la marchandisation du monde. Nous appelons tous les soutiens et comités partout en France et au-delà à se mobiliser et à redoubler de vigilance dans les semaines et mois à venir. Il n'y aura pas d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. » Face à cette détermination militante, nul ne sait si le oui teinté de non à l’aéroport suffira au gouvernement pour justifier une évacuation de force de la ZAD, au risque de causer un ou plusieurs morts et de nombreux blessés.

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 04:36
A Lannion aussi, un comité de défense de l'hôpital appelle à agir

Hôpital : le comité de défense appelle à agir
http://www.ouest-france.fr/bretagne/lannion-22300/hopital-le-comite-de-defense-appelle-agir-4328098

Les Trégorrois sont appelés à « prendre leur santé en main » en rejoignant ce comité qui appelle à la mobilisation dès vendredi.

« En réaction aux menaces qui pèsent sur le centre hospitalier de Lannion-Trestel, nous appelons les habitants du Trégor à prendre leur santé en main, et à peser sur les décisions qui régiront son avenir », résume Jean-Jacques Durand, à la tête du bureau provisoire du tout nouveau comité de défense du centre hospitalier de Lannion-Trestel. Celui-ci s'est créé sous l'impulsion d'« usagers, professionnels et syndiqués » dans la foulée de la manifestation du 9 juin, qui a réuni près d'un millier de personnes dans les rues de Lannion, en soutien à l'hôpital.


Citoyens, assos, professionnels de santé...

« Ce jour-là, la présence des Trégorrois et d'élus a fait chaud au coeur : le personnel s'est senti un peu moins seul face aux inquiétudes », témoignent les représentants syndicaux, qui ont rejoint le comité.

« Notre particularité est de vouloir réunir tant des citoyens, que des représentants d'associations en lien avec la santé. » Mais aussi d'effectuer un travail de mobilisation pour lutter contre la perspective d'un désert médical, en apportant des solutions à cette population vieillissante de médecins généralistes, peu ou pas remplacée : « Les conséquences se ressentent déjà sur la prise en charge par l'hôpital de patients à l'état de santé dégradé », avance le comité, résolu à « convaincre les élus locaux qu'ils peuvent agir, contrairement à ce qu'ils pensent ».

Redoutant un « engrenage » fatal au maintien de la qualité des soins dans le Trégor, ce comité de défense évoque la perspective « des 40 suppressions de postes et de la fermeture envisagée de plus de 20 lits sur le site de Lannion, sans oublier la fermeture (finalement suspendue) des 5 places d'accueil pour les enfants au centre de Trestel ». Raison pour laquelle il exhorte les Trégorrois à le rejoindre au centre de Trestel, à 10 h, vendredi 1erjuillet, jour de conseil de surveillance du centre hospitalier. Une réunion publique se tiendra ensuite le 6 juillet, à 20 h 30, au centre Savidan.

Contact par courriel : comitedefensech.lanniontrestel@gmail.com

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 07:05

Des annonces plus précises sur cette action de solidarité avec les Migrants du 2 juillet seront données ultérieurement. Par ailleurs, la prochaine plénière du collectif des personnes concernées par les Migrants et les Réfugiés en pays de Morlaix aura lieu:

MERCREDI 29 JUIN 20H30

Moyenne salle Steredem à LANMEUR (en face du collège)

***

Tract du collectif de soutien aux Personnes sans papier de Rennes:

HÉCATOMBE AUX PORTES DE L’EUROPE

Pour les touristes, baignade…

Vous vivez au Nord, êtes européen et voulez vous rendre au Sud, pour le travail ou les vacances. C’est simple : si vous avez besoin de papiers vous les obtiendrez sans nul doute et passerez sans problème les frontières. Vous pourrez même peut-être vous prélasser sur les plages de Méditerranée !

… pour les migrants : noyade !

Vous vivez au Sud, êtes migrant et voulez rejoindre le Nord parce que vous fuyez la guerre, les dictatures ou la misère. Ça risque d’être beaucoup plus compliqué… Sans les papiers nécessaires, vous devrez peut-être monter à bord d’une embarcation de fortune pour traverser la mer au péril de votre vie. Vous aurez eu beaucoup de chance si vous atteignez les plages de la Méditerranée vivant…

Depuis le début des années 2000, au moins 30 000 personnes migrantes sont mortes en Méditerranée.

10 000 depuis début 2014.

3000 depuis début 2016, soit presque 16 personnes par jour (source : ONU)

Les récits de naufrages, avec ou sans sauvetage, et les morts, s’accumulent. Sans compter les disparus. Tous les jours dans les médias des chiffres macabres viennent nous rappeler qu’aux frontières de l’Europe des personnes se noient en Méditerranée, meurent de soif dans le désert. Ces migrants venus d’Afrique, du Proche ou du Moyen-Orient, périssent aussi dans des camps où ils sont entassés en attendant que les États décident de leur sort, en attendant que l’Europe les marchande, comme elle le fait par exemple par son accord honteux avec la Turquie.

Ces tragédies en mer ou sur les routes migratoires s’enchaînent, choquent, sans toutefois que l’Europe change sa politique ! Des gens crèvent, parce que les dirigeants européens se sont mis d’accord pour limiter l’immigration, parce que ces dirigeants se disent réalistes et s’organisent pour faire le tri entre les « bons » et les « mauvais » migrants.

Est-ce être réaliste que de laisser mourir des milliers de personnes en mer Méditerranée ou aux frontières terrestres de l’Europe ?

L’Europe propose davantage de moyens pour l’aide humanitaire mais aussi pour barricader ses frontières…Parce que nous ne voulons plus de mort, parce que nous sommes réalistes, exigeons l’ouverture des frontières et la liberté !

Non à l’Europe forteresse !

Pour que la Méditerranée ne soit plus un cimetière :

OUVRONS LES FRONTIÈRES !

LIBERTÉ

DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION

POUR TOUS, PARTOUT, MAINTENANT !

Pour que la Méditerranée cesse d'être le plus grand cimetière d'Europe, liberté de circulation et d'installation, non à l'Europe forteresse: actions symboliques de solidarité avec les Migrants et pour le droit d'asile à Lannion et à Morlaix le samedi 2 juillet
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 06:41

Brexit : déclaration de la délégation du PCF reçue à l'Elysée

Dans le cadre des consultations menées par la Président de la République après le vote du Brexit, la délégation du PCF, dirigée par Pierre Laurent a rappelé son analyse de la situation. La sortie du Royaume Uni de l'Union Européenne est le résultat des surenchères populistes et nationalistes de la droite britannique qui a joué avec le feu. C'est une nouvelle alerte, un désaveu de la construction libérale de l'UE, conséquence des dénis répétés de démocratie depuis le referendum de 2005.

Après ce vote, le risque est grand que les dirigeants européens fuient une nouvelle fois leurs responsabilités et cherchent à faire payer le Brexit aux travailleurs britanniques et européens. C'est l'Europe qui doit changer.

La délégation a clairement signifié que l'heure n'est pas à l'immobilisme mais à la refondation progressiste de l'Europe, jusqu'à l'élaboration d'un nouveau traité centré sur le progrès social et écologique et la lutte contre la finance. Assez de mots, des actes !

Nous avons présenté des propositions concrètes dont la France devrait être porteuse au Conseil Européen :

- Mesures contre le dumping social : suspension des négociations sur les traités de libre échange (TAFTA, CETA, TISA), stopper la mise en œuvre des directives de déréglementation sociale, à commencer par la Loi travail en France, renégociation immédiate de la directive sur les travailleurs détachés.

- Mesures pour sortir de l'austérité : renégociation du traité budgétaire, conférence européenne sur la dette, fléchage des 80 milliards d'euros injectés chaque mois par la BCE sur les marchés financiers vers les services publics et l'investissement public, lutte contre l'évasion fiscale.

Pour refonder l'Europe, les peuples doivent être écoutés et respectés. Le mandat de la France et l'avenir de l'Europe ne doivent plus se décider dans leur dos. Nous exigeons un débat public national et avons proposé une conférence citoyenne, associant tous les partis politiques, les organisations syndicales, les ONG et les associations citoyennes.

A l'issue de ce dialogue avec François Hollande et Manuel Valls, nous n'avons pas le sentiment qu'ils seront à l'offensive pour changer l'Union Européenne. L'angle mort dans l'approche du Président et du Premier Ministre est assurément la question sociale.

Les parlementaires communistes porteront ces propositions dans les débats à l'Assemblée, au Sénat et au Parlement Européen. Nous tiendrons un débat national ouvert à tous jeudi 30 juin « Pour une politique offensive à gauche de la France en Europe ».

Pierre Laurent, Patrick Le Hyaric, Michel Billout, Anne Sabourin

Brexit: déclaration de la délégation du PCF reçue à l'Elysée
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 06:00

Stathis Kouvelakis: «L’UE n’est pas réformable»

25 JUIN 2016 | PAR JOSEPH CONFAVREUX

Stathis Kouvelakis, enseignant en philosophie politique au King's College de Londres, ancien membre du comité central de Syriza, actuel membre d’Unité populaire, analyse pour Mediapart les enjeux du Brexit.

Stathis Kouvelakis était membre du comité central de Syriza lors de la victoire de ce parti en Grèce en janvier 2015. Il fit ensuite partie de ceux qui, prônant une sortie de l’euro et une rupture franche avec les institutions européennes, ont décidé de faire scission avec le premier ministre Alexis Tsipras. Enseignant et vivant à Londres, il analyse pour Mediapart les conséquences du référendum britannique.

Mediapart : Quelle lecture faites-vous du vote en faveur du Brexit ?

Stathis Kouvelakis : Le premier constat est que l’UE perd tous les référendums qui se déroulent autour des propositions qui en émanent ou de l’appartenance à l’une de ses instances. Les défenseurs inconditionnels du projet européen devraient quand même commencer à se demander pourquoi. Mais c’est la première fois que la question du maintien ou du départ a été posée directement. Et le fait que l’un des trois grands pays européens choisisse la rupture avec l’UE signe, pour moi, la fin du projet européen actuel. Ce résultat révèle définitivement ce qu’on savait déjà, à savoir qu’il s’agissait d’un projet construit par et pour des élites, qui ne bénéficiait pas d’un soutien populaire.

Vous en réjouissez-vous ?

Oui. Certes, ce rejet légitime de l’UE risque d’être confisqué par des forces de droite et xénophobes, comme la campagne britannique l’a montré. Mais, pour moi, il peut aussi s’agir d’une opportunité pour des forces progressistes en lutte contre l’Europe néolibérale et autoritaire, c’est-à-dire l’UE telle qu’elle existe. Je pense que des forces antilibérales de gauche peuvent plus facilement s’exprimer dans d’autres pays qu’en Grande-Bretagne, où il est vrai que le « Lexit » (contraction de Left et Exit -ndlr) a été très peu audible, et a révélé une fracture entre la direction des principales forces de gauche, politiques et syndicales, et la base populaire et ouvrière, qui a dans sa grande majorité rejeté l’UE.

Le parti travailliste, notamment, est fracturé entre une large partie de son électorat d’un côté et ses élus et son appareil de l’autre, avec les cadres et les militants écartelés entre les deux. De surcroît, son dirigeant actuel, Jeremy Corbyn, est en réalité très hostile à l’UE, mais il a été contraint de faire campagne pour le maintien, compte tenu du rapport de force interne à l’appareil et au groupe parlementaire.

En février 2015, lorsque je faisais encore partie du comité central de Syriza, à l’occasion d’une grande réunion qui s’était tenue à Londres, au siège de la confédération des syndicats britanniques, pour fêter la victoire de notre parti en Grèce, Jeremy Corbyn, dont personne n’envisageait alors qu’il puisse prendre la direction du parti travailliste, était venu me parler en marge de la réunion, en me disant : « Est-ce que vous avez un plan B ? Parce que l’UE va vous écraser, en commençant par attaquer votre système bancaire. »

Il m’a raconté le choc qu’il avait subi lorsqu’il était jeune militant et que le parti travailliste avait gagné les élections de 1974 sur un programme radical. Le système bancaire britannique avait immédiatement été attaqué, contraignant le Royaume-Uni à faire appel au FMI pour demander un prêt et à mettre en place des politiques austéritaires en échange. Il voulait que je le rassure sur le fait que nous avions un plan B, et moi qui appartenais à la minorité de la direction de Syriza, je ne pouvais que lui répondre qu’il fallait qu’il en parle avec Tsipras, pour tenter de le convaincre.

Cette anecdote montre qu’il ne se fait aucune illusion sur l’UE. Seulement, l’appareil du parti travailliste et ses élus lui sont farouchement hostiles. Et on lui reproche désormais d’avoir fait un service minimum en faveur du « Remain ». Les mêmes médias, qui avaient appelé à voter « Remain », voudraient qu’il parte, alors même que le Brexit a gagné, parce qu’il n’en aurait pas fait assez…

Avez-vous été surpris de ce résultat ?

Non. Ce qui m’a frappé pendant cette campagne britannique, c’est une impression de déjà-vu. J’ai eu la chance de vivre à la fois le référendum sur la Constitution européenne de 2005 en France, celui de l’année dernière sur le plan d’austérité Juncker en Grèce, et celui de cette année en Grande-Bretagne. À chaque fois, ceux qui défendent l’UE portent de moins en moins de discours positifs et emploient essentiellement des arguments fondés sur l’intimidation et la peur, en mettant en scène tous les maux qui s’abattraient sur le Royaume-Uni si les Britanniques votaient mal.

Schaüble et Juncker se sont faits menaçants, comme à l’accoutumé, et même Obama a joué sa partition pour expliquer à quel point un Brexit serait catastrophique. En France, on a beaucoup focalisé sur le fait que la campagne pro-Brexit était animée par des personnages effectivement peu ragoûtants, de Boris Johnson à Nigel Farage. Mais les médias ont moins souligné que le « Remain » était porté par tout l’establishment content de lui-même, avec la City arrogante en première ligne, ce qui avait de quoi motiver le rejet de l’électorat populaire.

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Une refondation démocratique de l’Europe, que beaucoup appellent de leurs vœux au lendemain du Brexit, vous semble-t-elle encore possible ?

De plus en plus de forces de gauche comprennent que l’UE n’est pas réformable dans un sens progressiste, avec un fonctionnement plus démocratique, parce qu’elle est conçue, dans son architecture intrinsèque, pour ne pas être réformable. Tout est verrouillé et, pour enseigner dans un département d’études européennes, je peux vous assurer que mes collègues spécialistes le savent. L’UE n’a pas été conçue pour fonctionner avec les règles de la démocratie parlementaire, dont on craint toujours la tentation « populiste ».

Le vote britannique est donc une occasion à saisir pour toutes celles et ceux qui réfléchissent à un plan B, et sont conscients que de véritables alternatives impliquent une rupture avec l’UE. Que ce soit Jean-Luc Mélenchon en France, Oskar Lafontaine et Sahra Wagenknecht en Allemagne, l’aile gauche de Podemos ou ceux qui ont quitté Syriza l’an dernier : toutes ces forces anti-libérales et progressistes doivent se saisir de ce moment, si elles ne veulent pas être gravement punies par une droite nationaliste et xénophobe qui capterait la colère populaire.

Mais, en Grèce, la gauche qui a fait scission avec Tsipras, semble pourtant plutôt atone ?

Le dernier sondage américain PEW sur l’europhilie, effectué sur un très large échantillon de populations européennes, a montré que plus de 71 % des Grecs n’acceptaient plus l’UE et qu’un bon tiers souhaitaient sortir de l’euro. Certes, le champ politique grec est bloqué et, suite à la capitulation de Tsipras l’été dernier, le sentiment de défaite et de démoralisation reste fort. Mais on commence à voir des mouvements à gauche de Syriza, que ce soit Unité populaire ou le mouvement lancé par Zoé Konstantopoúlou, gagner du terrain. Nous sommes à la veille de reclassements importants, à l’échelle de l’Europe, et face à un choix entre une radicalité qui sera soit de gauche et internationaliste, soit de droite et xénophobe. Si la gauche qui se veut hostile au néolibéralisme continue à répéter la litanie de l’« Europe sociale » et de la « réforme des institutions européennes », elle ne s’enfoncera pas simplement dans l’impuissance, elle sera tout bonnement balayée.

La manière dont la Grèce a été traitée l’été dernier a-t-elle joué dans le vote britannique ?

Nigel Farage en 2015

Nigel Farage, le dirigeant du parti nationaliste et xénophobe UKIP, avait tenu au Parlement européen des propos dans lesquels il accusait l’UE de se comporter de manière dictatoriale avec la Grèce. Il disait des choses qui auraient dû être dites par toute la gauche britannique et européenne. Le référendum britannique est juste un nouveau signe du rejet de l’UE, dont les électeurs comprennent qu’elle se situe au cœur du problème de la politique représentative actuelle, celui d’une élite européiste qui méprise les couches populaires et la notion même de souveraineté du peuple. Passivement toléré lorsque la situation économique paraissait fluide, le projet européen se délite lorsque celle-ci se dégrade et que le carcan des politiques d’austérité se durcit partout, sous l’impulsion et le contrôle tatillon des instances de l’UE.

Le découpage spatial du vote britannique est saisissant. Il y a deux pays. La bulle de la City et du Sud-Est du pays face à un autre pays, dont on ne parle jamais parce qu’on préfère évoquer le Londres branché et multi-culturel. Avant d’enseigner à Londres, j’exerçais dans une université de la banlieue de Birmingham, Wolverhampton. La différence est abyssale. Le centre-ville était en ruine. Dans cette Angleterre où la révolution industrielle a commencé, tout le monde se sent abandonné et condamné à une mort économique et sociale. Le parti travailliste a abandonné à leur sort des populations entières et laissé ainsi le champ libre à des partis comme le UKIP.

Ce qui est d’ailleurs paradoxal, parce qu’alors que le Front national a toujours su, en France, se parer d’un vocabulaire et d’atours pour « faire peuple », le UKIP incarnait, à l’origine, tout ce dont les classes populaires anglaises se sont toujours moqué : un côté vieillissant, anglican, traditionnel, classes moyennes coincées, 100 % blanches, le conservatisme de grand-papa en somme. On imagine la colère et le sentiment d’abandon qu’il a fallu pour qu’un tel parti ait pourtant réussi à capter le vote des classes populaires…

Comment vous positionnez-vous face à la perspective de nouveaux référendums sur l’appartenance à l’UE dans d’autres pays d’Europe ?

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L’UE n’est pas réformable et je pense qu’il n’existe pas d’autre solution que sa dissolution. Une vraie refondation de l’Europe signifie briser la cage de fer de l’austérité perpétuelle et du néolibéralisme autoritaire, et cela passe par une rupture avec la machinerie institutionnelle de l’UE. Il faudra donc jouer le jeu des référendums, tout en empêchant les forces de la droite xénophobe et nationaliste de gagner l’hégémonie et de dévoyer la révolte populaire. La gauche de la gauche a pris beaucoup de retard, mais elle ne peut plus penser qu’elle parviendra, sans rupture avec l’UE, à changer le rapport de force à l’intérieur d’une machinerie spécialement conçue pour empêcher toute divergence, et face à un rouleau compresseur dont on a vu comment il a pu écraser la Grèce.

Statis Kouvelakis photo L'Humanité

Statis Kouvelakis photo L'Humanité

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 05:57

http://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2016/06/25/le-siege-de-la-cgt-a-montreuil-vandalise_4958166_1656968.html

Communiqué CGT suite au saccage du siège à Montreuil:


La CGT ne se laissera pas intimider par la violence
Le siège de la CGT a été attaqué et vandalisé cette nuit par des individus cagoulés. Des vitres et la porte d’accès ont été cassées à la masse. Le pire a été évité car ils n’ont pu rentrer dans l’immeuble suite à l’intervention des services de sécurité interne.
Après la CFDT, c’est la CGT qui est attaquée. Nous réaffirmons que seuls le débat et l’action syndicale par les mobilisations permettent de faire entendre les revendications des salariés et du monde du travail.
Les violences commises ne font que desservir ces revendications et contribuent à essayer de discréditer le mouvement social en cours. Les violences verbales et les insultes contre la CGT contribuent également à entretenir ce climat délétère.
La CGT reste déterminée dans son opposition à la loi « travail » et pour l’obtention de droits nouveaux à l’image de son projet de code du travail du 21ème siècle.
Plus que jamais, la mobilisation reste à l’ordre du jour.
Montreuil, le 25 juin 2016

Le siège de la CGT à Montreuil vandalisé dans la nuit de vendredi à samedi
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 05:44
Pétition de "Peuples solidaires" contre l'accord de partenariat économique entre l'Union Européenne et l'Afrique (APE) qui protège surtout les intérêts des multinationales européennes

STOPPONS L'ACCORD DE PARTENARIAT ÉCONOMIQUE QUI APPAUVRIRAIT L’AFRIQUE DE L’OUEST !

Initié par l’Union européenne en 2000, l’Accord de partenariat économique (APE) est censé favoriser le développement économique et réduire la pauvreté en Afrique de l’Ouest. Mais en contraignant cette dernière à supprimer la plupart de ses protections commerciales vis-à-vis des importations de produits européens, l’APE servirait avant tout les intérêts d’une poignée de multinationales européennes au détriment des populations les plus vulnérables d’Afrique de l’Ouest.

En Europe, le Parlement européen a prévu de voter sur la ratification de l’APE en septembre 2016. Il est urgent d’agir et de se mobiliser dès maintenant pour demander un vote contre l’Accord. Les eurodéputé-e-s ont une dernière chance de stopper l’Accord, qui est une menace pour la souveraineté alimentaire et économique de l’Afrique de l’Ouest et qui est synonyme d’appauvrissement pour des millions de familles africaines.

Si l’APE était conclu, l’Afrique de l’Ouest ne pourrait, par exemple, plus taxer l’importation de poudre de lait et cela mettrait en concurrence la production laitière européenne et la production locale : les producteurs et productrices africaines perdraient à terme leurs moyens de subsistance.

Par votre signature, demandez aux eurodéputé-e-s qu'ils votent NON à la ratification de l’APE avec l’Afrique de l’Ouest !

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