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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 10:24
C'était en juin 2014 (en haut à gauche), lors de l'hommage à Georges Perros. En bas, Georges Perros dans sa « piaule » (photo Michel Thersiquel, avec l'autorisation du Port-musée de Douarnenez), et, à droite, l'une des oeuvres de Georges Perros (collection particulière Catherine Marchand-Frédéric Poulot). | Georges Perros

C'était en juin 2014 (en haut à gauche), lors de l'hommage à Georges Perros. En bas, Georges Perros dans sa « piaule » (photo Michel Thersiquel, avec l'autorisation du Port-musée de Douarnenez), et, à droite, l'une des oeuvres de Georges Perros (collection particulière Catherine Marchand-Frédéric Poulot). | Georges Perros

Gaël HAUTEMULLE.

« Je suis toujours ce que je vais devenir » est un entretien de l'écrivain, paru aux éditions Dialogues.« Georges au Sporting » est une pièce radiophonique à paraître en novembre.

L'événement

Mon premier est un fort joli livre paru aux éditions Dialogues. Il s'agit de la réédition d'un entretien de Georges Perros avec le journaliste Michel Kerninon.

La librairie et maison d'édition brestoise a eu le goût de rééditer cet entretien de mai 1973 dans sa collection « La Petite Carrée », enrichi d'une quinzaine d'illustrations inédites de l'écrivain, pour certaines mis au jour par la famille après sa mort.

« À la fin de ses jours, mon père dessinait de plus en plus, confie Frédéric Poulot. Dans sa petite piaule, cela prenait plusieurs formes, des dessins, des peintures, du collage. »Quelques-uns de ces dessins ont d'ailleurs été exposés lors de l'ouverture de la médiathèque de la Ville, il y a dix ans. Un anniversaire dont on reparlera.

L'entretien date de mai 1973, écrit Michel Kerninon, dans un court texte de préambule. « La matinée est ensoleillée. Une belle lumière blanche éclaire la baie. [...] Le port du Rosmeur est paisible. Du bistrot sur le quai lieu du rendez-vous, Georges Perros nous conduit à la pièce sans confort et secrète où il lit, dessine, écrit. Sa piaule. »

« [...] Celle-ci se trouve au-dessus du port. [...] La pièce est sommairement arrangée, hermétique au dehors. Au sol, des journaux, des piles de livres, d'autres sur des étagères où sont disposés des dessins et des photos. »

Voilà pour le décor. Entièrement toiletté, l'entretien est passionnant, de la première question, « Georges Perros, qui êtes-vous ? », à la dix-neuvième, qui lui fait répondre sur « sa manière d'être présent ».

Yann Paranthoën

« C'est à cause de cette espèce de fréquentation entre complices que j'aime de moins en moins quitter Douarnenez, parce qu'après tout, on est ensemble, et que ce n'est peut-être pas si mal d'être ensemble »

Douarnenez et, donc, « son rapport aux autres, dans la rue, dans les cafés, chez soi, cela constitue tout de même un semblant de fraternité efficace », confie-t-il un peu plus tôt. Mais, aussi, la religion, la poésie, les femmes, la Bretagne, son enfance, la politique même : au fil de l'entretien, le poète se livre avec une touchante sincérité sur des questions personnelles, ou pas, « en parlant comme il écrit, souligne Frédéric Poulot, et, souvent, d'ailleurs, avec humour. »D'ailleurs, l'entretien est ponctué de quelques rires.

Une fraternité que l'on pourra entendre de nouveau, cette fois sur la pièce radiophonique de Yann Paranthoën, « Georges au Sporting ». Ce disque du maestro de la maison de la Radio (disparu en 2005), que l'on appelle le tailleur de sons, date de 1983.

Une centaine de chanceux ont déjà pu l'entendre en juin 2014, quand la médiathèque municipale a rendu hommage à Georges Perros, en partenariat avec l'Institut national de l'audiovisuel (Ina). Pour fêter les dix ans du lieu culturel, la Ville a eu l'heureuse idée de coéditer la pièce (Prix de la société des Gens de lettres) avec l'association Ouïe-Dire. Un très joli cadeau d'anniversaire.

Je suis toujours ce que je vais devenir, entretien de Georges Perros avec Michel Kerninon, aux éditions Dialogues (14 €).

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 10:18
« Le droit, rien que le droit mais tout le droit »

AFPS, mardi 26 juillet 2016

Le Conseil municipal de Bondy a adopté le 23 juin, sur proposition du maire, Madame Thomassin, un vœu affichant sa volonté de ne pas acheter de produits ou services provenant des colonies israéliennes en Palestine et étiquetés « Israël » en toute illégalité. Ce vœu demande également que soit mise en œuvre la notice interprétative européenne enjoignant les états membres à appliquer l’étiquetage réel de la provenance de ces marchandises.

Ce vœu largement adopté par les élus PS, PC, Verts, l’opposition de gauche ainsi que l’UDI, fait l’objet d’une attaque en justice engagée par le BNVCA, relais habituel du pouvoir extrémiste israélien en France, et d’un recours en annulation auprès du Préfet de Seine St-Denis.

Alors qu’il a donné lieu à une multitude de messages injurieux, une cinquantaine de groupes locaux ont envoyé au maire des messages de solidarité, plusieurs d’entre eux saisissant des élus.

De son côté, le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) vient de publier un communiqué de soutien à la municipalité de Bondy. [1]

Il est toujours temps d’envoyer, y compris à titre individuel, des messages de soutien à cette municipalité courageuse qui a pris là une belle initiative pour la défense du droit.

[1] Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

Madame Thomassin, Maire de Bondy en Seine St-Denis et son conseil municipal ont adopté le 23 juin dernier un voeu intitulé : « Le droit, rien que le droit mais tout le droit ». Ce voeu, partant de la liberté de choix des consommateurs de la commune et de responsabilité de la Mairie à ne pas proposer de marchandises ou des services reconnus comme illégaux par le droit international, affirme ne pas vouloir acheter des produits et des services provenant des colonies israéliennes en Palestine et étiquetés « Israël » en toute illégalité. Il demande également que soit mise en œuvre la notice interprétative européenne demandant aux états membres d’appliquer l’étiquetage réel de la provenance de ces marchandises dans les magasins.

Ce vœu largement adopté par les élus PS, PC, Verts, et l’opposition de gauche ainsi que l’UDI fait l’objet d’une attaque en justice engagé par le BNVCA, relais habituel du pouvoir extrémiste israélien en France, et d’un recours en annulation auprès du Préfet de seine St-Denis.

Ne pas être complice de la violation du droit international et demander la simple application des règles internationales, que tout Etat de droit devrait au minimum porter haut et fort, ne plaît visiblement pas à ceux pour qui l’occupation et la colonisation de la Palestine ne peut souffrir ni critique, ni contestation.

Le Collectif National, pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) se déclare pleinement solidaire du conseil municipal de Bondy et du voeu qui ne fait que traduire dans la vie communale l’application des principes de droit international.

Le CNPJDPI constate que les poursuites devant les tribunaux de plusieurs villes dans la dernière période comme Stains, Aubervilliers, Bezons… pour des raisons similaires mettant en cause le droit d’expression, la liberté des Maires à exprimer leur solidarité active avec le peuple palestinien, se multiplient en s’appuyant sur le prétexte fallacieux d’antisémitisme. C’est honteux et complètement déplacé.

Le droit est le droit, il ne saurait y avoir en la matière, deux poids deux mesures. L’un pour Israël autorisé à enfreindre les lois internationales sans sanctions et de l’autre le reste du monde soumis au strict respect de ces mêmes lois.

C’est aussi cette raison qui pousse notre collectif national à lancer une grande campagne internationale pour demander la suspension de : l’Accord d’Association qui lie l’UE à l’État d’Israël, accord qui offre des avantages fiscaux considérables aux exportations israéliennes. Son article 83 précise en effet, que « le présent accord s’applique … au territoire de l’État d’Israël. » excluant donc les colonies de peuplement israéliennes.

Nous serons donc présents et solidaires avec Madame Thomassin comme nous l’avons été il y a quelques semaines avec Azzedine Taïbi Maire de Stains et avec tous ceux que les officines extrémistes qui relaient les dictats du pouvoir Israélien en France voudront faire taire.

Signataires membres du Collectif pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

Agir Contre le Colonialisme Aujourd’hui (ACCA) – AFD International – AILES Femmes du Maroc - Alternative Libertaire (AL) - Américains contre la guerre (AAW) - Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF) - Association des Tunisiens en France (ATF) - Association France Palestine Solidarité (AFPS) - Association Nationale des Elus Communistes et Républicains (ANECR) - Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne (ATTAC) - Association pour les Jumelages entre les camps de réfugiés Palestiniens et les villes Françaises (AJPF) - Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC) - Association Universitaire pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) - Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP) - Cedetim / IPAM - Collectif des Musulmans de France (CMF) - Collectif Faty Koumba : Association des Libertés, Droits de l’Homme et non-violence - Collectif interuniversitaire pour la coopération avec les Universités Palestiniennes (CICUP) - Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP) - Collectif Paix Palestine Israël (CPPI Saint-Denis) - Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR PO) - Comité Justice et Paix en Palestine et au Proche-Orient du 5e arrt (CJPP5) - Droit-Solidarité – Ensemble ! - Europe Ecologie les Verts (EELV) – Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) - Fédération Syndicale Unitaire (FSU) – Forum Palestine Citoyenneté - Génération Palestine - La Courneuve-Palestine - le Mouvement de la Paix - les Femmes en noir - Ligue des Droits de l’Homme (LDH) - Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté, section française de la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF) (LIFPL) - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) - Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF) – Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) -Organisation de Femmes Egalité - Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF) - Parti Communiste Français (PCF) - Parti de Gauche (PG) - Parti de l’émancipation du peuple - Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM) – Socialistes pour la Paix – Sortir du colonialisme - Une Autre Voix Juive (UAVJ) – Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) - Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT) – Union Juive Française pour la Paix (UJFP) - Union Nationale des Etudiants de France (UNEF) - Union syndicale Solidaires

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 05:25
Sept métropoles et le désert français

LA CHRONIQUE DE JEAN-CHRISTOPHE LE DUIGOU (*)

L'HUMANITE DIMANCHE

Jeudi 28 juillet 2016

LA RÉINDUSTRIALISATION EST POSSIBLE, À CONDITION DE ROMPRE AVEC CETTE IDÉOLOGIE QUI AMÈNE À CONSIDÉRER COMME INÉLUCTABLE L'ABANDON DE PANS ENTIERS D'ACTIVITÉS.

Chacun mesure bien les effets du recul des services publics en matière de fermeture de lignes SNCF, de regroupement des guichets administratifs, de fermeture d'écoles et de bureaux de poste. La réalité est là, les inégalités sociales se combinent désormais avec de profondes inégalités géographiques. Mais plusieurs études menées par l'INSEE montrent que les profondes fractures entre territoires prennent racine dans les évolutions de l'emploi et le recul des activités industrielles.

Cinq régions sont en grande difficulté : Bourgogne-Franche-Comté, Grand-Est, Centre-Val de Loire, Normandie et Hauts-de-France. Le niveau d'emploi y est plus faible, de 7 à 9 % inférieur à ce qu'il était il y a dix ans. En cause l'activité industrielle en recul sous les coups de boutoir des grands groupes qui se sont restructurés, privilégiant les implantations dans quelques métropoles, à la recherche de la compétitivité à tout prix.

Soutenir que cette évolution est intenable ne revient pas à revendiquer un retour en arrière. Arrêtons la caricature ! Seule une nouvelle industrialisation de nos régions peut permettre de répondre aux enjeux sociaux et environnementaux posés aujourd'hui. Il n'y a aucune raison de se résigner au clivage entre anciennes régions industrielles et nouveaux territoires, ancienne ou nouvelle industrie. La réindustrialisation est possible à condition de rompre avec cette idéologie qui amène à considérer comme inéluctable l'abandon de pans entiers d'activités.

Pas question de nier l'intérêt qu'il y a à concentrer, à un moment donné, sur un territoire, des moyens substantiels pour franchir des seuils technologiques. Il s'agit cependant de savoir si l'on cherche, par là, à dynamiser la plus large partie du potentiel productif correspondant, pour obtenir des effets d'entraînement s'exprimant, y compris localement, en termes d'activités et d'emplois, ou si l'on se contente d'écrémer ce potentiel en se désintéressant des besoins plus larges de développement, pour prioritairement alimenter une stratégie mondialisée de créneaux ou de « niches », tirée par le marché et par les stratégies financières des grandes entreprises.

Faire de la « compétitivité » le cœur d'une stratégie « d'attractivité des territoires » est une grave erreur. La « baisse des coûts » est une démarche contradictoire et dangereuse qui accentue la compétition entre les espaces productifs alors que de nouvelles dépenses massives dans l'humain, la recherche, les équipements publics sont indispensables. La place de services collectifs et de services publics efficaces et proches des citoyens est stratégique. Pour la seule industrie, trois lignes de contre-offensive sont possibles : montée en gamme des productions comme on l'a vu dans certaines filières de biens de consommation ; effort d'investissement, de recherche et d'innovation, notamment via l'utilisation des technologies de l'information ; articulation aux services afin d'intégrer des gains d'efficacité dans l'organisation même du processus productif.

La multiplication d'écosystèmes territoriaux autonomes peut faire rêver. Reste une leçon majeure que nul responsable ne peut ignorer : plus on mise sur l'initiative territoriale, plus il est indispensable de développer de puissants instruments de solidarité entre territoires et de véritables services publics, amortisseurs des inégalités sociales.

(*) Économiste et syndicaliste

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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 05:20
L'HUMANITE
Jeudi 22 juillet 2016

Le Syndicat de la magistrature dénonce le texte issu de la commission mixte paritaire. Il pointe notamment que des mesures portées par la droite y ont été intégrées à la hussarde, alors qu'elles resteront en vigueur bien après la fin de l'état d'urgence.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la commission mixte paritaire (CMP) chargée de mettre au diapason l'Assemblée nationale et le Sénat sur le projet de loi de prorogation de l'état d'urgence a abouti à un texte d'accord qui devait être par la suite validé une dernière fois par les deux chambres. Mais, à la sortie de la commission, découvrant le texte, le Syndicat de la magistrature (SM) tire la sonnette d'alarme. Officiellement, le texte s'intitule « projet de loi prorogeant l'application de la loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence et portant mesures de renforcement de la lutte antiterroriste ». « Ainsi que son intitulé l'indique, ce texte ne se cantonne pas à la prorogation de l'état d'urgence, mais est devenu un nouveau texte antiterroriste », alerte le SM, qui précise : « À l'allongement à six mois de la durée de prorogation, à l'introduction de pouvoirs de fouille et de contrôle sans motif, à la réintroduction des saisies informatiques, viennent ainsi s'ajouter de très nombreuses dispositions qui intégreraient, de manière permanente, l'arsenal pénal et administratif antiterroriste hors état d'urgence. »

Des dispositions à peine débattues

La liste de ces mesures, qui s'appliqueront donc désormais même hors de l'état d'urgence est extrêmement impressionnante. Le SM détaille : « Exclusion de la possibilité d'accorder une suspension ou un fractionnement de peine, mais aussi et surtout une semi-liberté ou un placement extérieur aux personnes condamnées pour des faits de terrorisme ; possibilité de soumettre à une vidéosurveillance permanente, 24 heures sur 24 heures, les personnes en détention provisoire criminelle (non uniquement terroriste) ; extension de un à trois mois de la durée de l'assignation administrative à résidence pour les personnes de retour d'un théâtre d'opérations de groupement terroriste contre lesquelles il n'existe pas d'indice grave ou concordant de participation ou de préparation d'une infraction pénale ; allongement de la durée de la détention provisoire des mineurs à deux et trois années en matière de terrorisme ; prononcé automatique d'une interdiction du territoire français ; extension des possibilités de recueil en temps réel sur les réseaux (donc d'accès direct aux réseaux) des données de la personne "susceptible d'être en lien avec une menace", au lieu de "présentant une menace", et de "l'entourage de la personne concernée susceptible de fournir des informations"; autorisation sans condition du port d'arme par les agents de la police municipale (par la suppression de la condition liée à la nature de leurs interventions et aux circonstances)... » entre autres... Ces mesures ne sortent pas de nulle part.

« Les amendements ainsi validés par la CMP sont dans leur grande majorité connus : la droite les a soutenus à chaque examen des lois du 21 décembre 2012, du 13 novembre 2014, du 24 juillet 2015, de la proposition de loi initiée par Michel Mercier et, il y a M à peine deux mois, de la loi du 3 juin 2016 », rappelle le SM. « Et, à chaque fois, la majorité les a rejetés avec raison », ajoute-t-il.

Le plus choquant dans cette histoire est que ces dispositions n'auront qu'à peine été débattues. L'ensemble du projet de loi n'a véritablement connu qu'un seul passage dans chacune des deux chambres, et chaque fois au pas de course. Lors du passage en commission à l'Assemblée nationale, le 19 juillet, le gouvernement avait même menacé de définir d'autorité la version soumise en séance publique si les députés n'arrivaient pas à examiner la centaine d'amendements déposés en moins de cinq heures.

« La méfiance à l'égard du juge est manifeste »

Ces mesures n'offrent pas de réelle protection contre le terrorisme mais ne sont que l'expression d'une idéologie sécuritaire », tranche le SM dans une lettre ouverte aux députés, les appelant à « s'élever contre » cette logique, avant que le texte ne soit définitivement adopté, jeudi après-midi. Toutes les dispositions ainsi introduites s'ajoutent à celles concernant réellement l'état d'urgence, déjà fortement dénoncées par les défenseurs des libertés.

La présidente du SM, Clarisse Taron, s'inquiète, citant des exemples : « L'autorité administrative est désormais libre d'effectuer des fouilles et des vérifications d'identité sans aucun contrôle du parquet.

Or, une fouille de bagage ou de coffre de voiture est attentatoire aux libertés, cela justifierait donc que cet acte soit contrôlé par un magistrat. » « la méfiance à l'égard du juge est manifeste », estime le syndicat, qui rappelle que « la prévention de la récidive est un objectif fondamental de l'exécution d'une peine prononcée pour des actes de terrorisme: ce sont les possibilités d'aménager les peines, d'organiser une sortie accompagnée et contrôlée, notamment dans le cadre de la mesure contraignante que constitue la semi-liberté, qui pourvoient le mieux à la protection de la société ».

« Sous prétexte que le premier ministre leur (aux députés) a fait injonction de renoncer au débat, la gauche se renie en votant ce texte », dénonce Clarisse Taron. La journée de jeudi lui a donné raison: les deux chambres ont largement voté le texte issu de la CMP L'état d'urgence est officiellement prorogé et aggravé pour les six mois à venir. Et les libertés ont reculé encore plus durablement.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 06:16
Il faut sauver Antonio Gramsci de ses ennemis (Robert Maggiori, Libération, mercredi 3 août 2016)

La droite et l’extrême droite ont revendiqué le penseur du Parti communiste italien. Récupération tactique de celui qui rappelait que la conquête du pouvoir passait par les idées. Mais pas n’importe quelles idées, aurait ajouté le penseur sarde.

Suivant les données de la Bibliografia gramsciana, fondée par John M. Cammett, et de l’International Gramsci Society, il existe plus de 18 000 études consacrées au philosophe, homme politique et révolutionnaire italien, publiées dans une quarantaine de langues (2 500 en anglais, 600 en japonais). Preuve de la richesse de sa pensée, mais aussi de la difficulté à définir, sans trop de simplifications, «ce que Gramsci a vraiment dit». S’il est normal que son œuvre (dont il faut rappeler qu’elle a été pour une large part rédigée en prison, qu’elle a de ce fait un caractère «non systématique», et qu’il a fallu plusieurs décennies pour en présenter une édition scientifique), fasse l’objet d’une multitude d’interprétations, il apparaît plus paradoxal qu’après avoir constitué l’une des assises fondamentales du marxisme d’après Marx, elle soit, depuis le début des années 80, «annexée» par la pensée d’extrême droite. Il y a même eu un Sarkozy, philosophe bien connu, pour déclarer (au Figaro) : «Au fond, j’ai fait mienne l’analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées.»

Antonio Gramsci est né le 22 janvier 1891 à Ales, en Sardaigne. Enfant, il fait une grave chute qui déforme à jamais son dos. Pour aider sa famille, le jeune Antonio trouve un travail de «transporteur de dossiers» au cadastre de Ghilarza. Une bourse lui permet de partir pour Turin et de s’inscrire à la faculté de lettres. Membre des jeunesses socialistes, il entre, en 1916, à la rédaction de l’Avanti ! comme chroniqueur et critique théâtral. Il étudie l’idéalisme allemand, Hegel, et découvre Marx. Un an après, il dirige le Cri du peuple : c’est dans ses pages qu’il commente la révolution russe.

En 1919, il fonde l’Ordine nuovo. Dans un article de cette revue, il lance l’idée des «conseils d’usine», qui aussitôt se multiplient. Gramsci devient le leader du mouvement conseilliste, lors des grandes grèves de mars-avril 1920. L’année suivante, il entre au Comité central du Parti communiste, juste né à Livourne, qui le délègue à l’Internationale. Il part pour Moscou fin mai 1922. Malade, il reste six mois au sanatorium de Serebryany Bor, où il rencontre une jeune musicienne russe, Julia Schucht, qui deviendra sa femme.

Le «cerveau» à supprimer

En 1923, le Komintern l’envoie à Vienne pour suivre de plus près la situation en Italie, où le fascisme s’est installé. Chef effectif du PCI, Gramsci est élu député de Vénétie le 6 avril 1924. Revenu en Italie, il est, pour les mussoliniens, le «cerveau qu’il faut empêcher de fonctionner».Malgré son immunité parlementaire, il est arrêté par les fascistes le 8 novembre 1926. Il restera en prison jusqu’à sa mort, le 27 avril 1937. On sait aujourd’hui - il faudrait tout un livre pour en expliquer les sombres raisons - que les cadres du Parti n’ont pas fait grand-chose pour le libérer.

Du côté opposé, une certaine historiographie de droite, pour détruire l’idée qu’il aurait été le «cerveau» à supprimer, s’escrime désormais à montrer qu’en réalité Mussolini a «aidé» Gramsci et a «sympathiquement» veillé à ce qu’il reçoive dans sa cellule les livres dont il avait besoin.

Toujours est-il qu’au début des années 30, toute référence au fondateur du journal du Parti, L’Unitá, disparaît de la presse communiste. Ce n’est qu’après la guerre que sa mémoire devient objet de culte. Gramsci est le Parti par antonomase, son héros, son label, sa «philosophie». Son portrait est dans toutes les cellules, son effigie sur les drapeaux, les polos et les agendas. Durant la période révolutionnaire, en Union soviétique, il était par l’action, Lénine, et par sa pensée, Marx. Mais lorsque, en Italie, le parti de Togliatti, puis de Luigi Longo et d’Enrico Berlinguer, le transforme en théoricien de l’eurocommunisme, antidogmatique et antistalinien, à Moscou on l’efface des tablettes. Il sera réhabilité, comme les autres hérétiques György Lukács ou Nikolaï Boukharine, lorsque Gorbatchev lancera la glasnost.

En juillet 1987, la revue Kommunist titre : «L’actualité des idées d’Antonio Gramsci» et annonce la parution en russe des Cahiers de prison. En Italie, grâce à l’hégémonie culturelle exercée par le Parti communiste, Gramsci devient un auteur classique, étudié dans les écoles. La gauche française, en revanche, l’ignore ou le sous-estime. Une partie des raisons est éditoriale. Gallimard publie les Lettres de prison en 1971 et, de 1974 à 1980, les Ecrits politiques (rédigés avant l’emprisonnement). Ce n’est qu’en 1984 que Robert Paris commence la publication des ouvrages de captivité, les cinq volumes des Cahiers de prison.

Longtemps, autrement dit, on n’a guère disposé en France d’une édition fiable de l’œuvre gramscienne. Les autres motifs sont politiques et philosophiques. Le marxisme, en France, c’était en grande partie Louis Althusser. On lui doit probablement d’avoir introduit de force Gramsci dans le débat théorique. Mais d’une façon assez paradoxale, puisque, au nom de la «scientificité» du marxisme (mère porteuse de bien des catastrophes), il soumet à une violente critique toute la pensée gramscienne, réduite à une forme d’«historicisme». L’opération ne réussit guère, et, à mesure que les œuvres du philosophe sarde paraissent et que paraissent, de plus en plus nombreux, les commentaires et les études, Gramsci devient la «coqueluche» de la gauche française. «Le siècle sera gramscien ou ne sera pas», lance audacieusement un hebdomadaire.

On pourrait supposer que les Cahiers ne sont pétris que de politique et de théorie marxiste. Ce n’est pas le cas. Ils représentent six ou sept années d’écriture dans la solitude d’une cellule ou d’une chambre de clinique, mais tout y est : réflexions personnelles, développements philosophiques, portraits, remarques psychologiques, études littéraires, notes bibliographiques, essais de traductions… Il voulait faire, écrit-il à sa belle-sœur, Tatiana Schucht, «quelque chose "für ewig"», «pour l’éternité», qui pût l’«absorber» et «centrer [sa] vie intérieure».

Une assise théorique

En entamant son premier cahier, le 8 février 1929, il dresse la liste, en seize points, des principaux thèmes qu’il se propose d’étudier : «Théorie de l’histoire et historiographie», «Formations des groupes intellectuels italiens», «Littérature populaire des romans-feuilletons», «Le concept de folklore», «La question méridionale», «Le sens commun», etc. Publiés à partir de 1948 en volumes thématiques - le Matérialisme historique et la philosophie de Benedetto Croce, les Intellectuels et l’organisation de la culture, Notes sur Machiavel… - les Cahiers feront de Gramsci «le plus grand philosophe marxiste après Marx». Sa pensée, diversifiée et articulée, offre, en effet, une assise théorique à partir de laquelle il est possible de rendre compte de la complexité des sociétés occidentales avancées, dans lesquelles le «dessein révolutionnaire» ne peut reproduire les schémas du modèle soviétique, mais exige d’abord la«direction intellectuelle et morale» de la société civile et la conquête de l’«hégémonie».

A la critique de l’économisme dominant, Gramsci ajoute donc les dimensions culturelles et éthiques de l’exercice du pouvoir politique. Son apport spécifique au marxisme, qu’il nomme «philosophie de la praxis»,tient à la façon dont il a repensé les liens entre l’infrastructure économique et la superstructure idéologique, à laquelle il donne une importance capitale. C’est dans ce cadre - l’analyse des conditions culturelles de l’action - qu’il a élaboré ses recherches sur les intellectuels et a forgé le concept, très opératoire, d’«hégémonie».

A partir de làont fleuri les «études gramsciennes», en nombre infini, et dans tous les pays. Elles ont surtout proliféré au sein de la gauche intellectuelle - l’Argentin Ernesto Laclau pour ne citer qu’un nom - qui, exploitant la «philosophie de la praxis» de Gramsci, mais aussi sa vision de l’Etat et de la société civile, a tenté, comme le voulait Marx, de faire l’«anatomie» des sociétés contemporaines, dont le mode de production a radicalement changé, où les notions de «classe», de «parti», de «prolétariat», etc. ont perdu de leur prégnance et où la politique a été dessaisie de son gouvernail par les puissances absconses de la finance.

Dans les pays anglo-saxons et aux Etats-Unis - où une anthologie desPrison Notebooks figure parmi les lectures obligées des étudiants en philosophie, sociologie, sciences politiques et journalisme - la pensée gramscienne alimente les cultural studies, par l’intermédiaire de penseurs tels que Edward W. Said ou de l’Anglo-Jamaïcain Stuart Hall, les postcolonial studies, à travers la derridienne Gayatri Spivak, et les subaltern studies, nées en Inde du travail de l’historien Ranajit Guha et de son élève Partha Chatterjee, qui a interprété la lutte de libération indienne au moyen des catégories utilisées par Gramsci pour le Risorgimento italien. Le penseur sarde est même devenu une sorte de drapeau de la lutte des minorités sexuelles ou ethniques sous la plume de l’Afro-Américain Cornel West («Councillor West», dans Matrix Reloaded des sœurs Wachowski).

En Amérique latine, et au Brésil en particulier, Gramsci continue, en revanche, à être lu (entre autres par Carlos Nelson Coutinho, Marco Aurélio Nogueira ou Marcos del Roio) comme théoricien politique révolutionnaire, dont les outils restent opératoires pour comprendre les dynamiques du monde globalisé (et en sortir). On n’oublie pas, enfin, que Gramsci est une référence tant pour Aléxis Tsípras et les inspirateurs de Syriza en Grèce, ou pour Pablo Iglesias et les philosophes de l’université Complutense de Madrid, où est né Podemos. Dans tous les cas, il s’agit d’une exploitation légitime de la pensée gramscienne, qui en poursuit la visée émancipatrice, de gauche.

«Gramscisme de droite»

Plus paradoxale est sa «récupération» par les penseurs néoconservateurs ou d’extrême droite. C’est sans doute Alain de Benoist qui insista le premier, dès les années 70, sur la nécessité de forger un «gramscisme de droite» (oxymore ?) qui puisse inciter les politiques droitières à faire davantage attention aux dimensions culturelles de l’action politique. En 1985, huit de ses textes sont réunis et traduits en allemand sous le titre Kulturrevolution von rechts. Gramsci und die Nouvelle Droite,et la revue Junge Freiheit («jeune liberté») explicite encore le propos en appelant la droite et l’extrême droite à la reconquête de l’«hégémonie sociale» perdue contre la gauche, en travaillant sur la notion (gramscienne) de «sens commun».

L’appel, depuis, a été entendu, des think tanks «néocons» américains au Front national lepéniste - même si l’on oubliait que, pour Gramsci, c’est le Parti communiste qui devait construire l’hégémonie et, en tant qu’intellectuel collectif, donner cohérence au «sens commun», afin que de là sourdent, majoritaires, les idées de justice sociale. A voir la façon dont il est aujourd’hui utilisé par ceux qui furent toute sa vie ses ennemis, Antonio Gramsci se retournerait dans sa tombe. Là où il est, il a sans doute gardé avec plus d’émotion la «vidéo lettre» que lui envoya, en 1997, l’historien marxiste Eric Hobsbawm : «Tu es mort depuis soixante ans, mais tu vis dans le cœur de ceux qui veulent un monde où les pauvres aient la possibilité de devenir de vrais êtres humains.»

Robert Maggiori

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 06:11
Daniel Roucous
L'Humanité
Vendredi, 29 Juillet, 2016
Demain, c’est l’accord d’entreprise, à défaut le patron, qui règlementeront les congés payés. C’est ce que prévoit la loi Travail qui vient d’être adoptée.
La trame de la loi Travail qui vient d’être adoptée en force par le gouvernement ce 21 juillet est que c’est l’accord d’entreprise, à défaut l’employeur, qui fait la loi. Ce n’est qu’à défaut que le code du travail s’applique ou met des limites. Les congés payés n’y échappent pas.

Certes les principes fondamentaux issus de la loi du 20 juin 1936 et de l’actuel code du travail ne sont pas remis en cause :

- tout salarié aura toujours droit à 2,5 jours ouvrables de congés par mois de travail effectif, payés par l’employeur,

- la durée totale des congés est toujours de 30 jours ouvrables (inchangé depuis 1982),

- les congés payés, maternité, paternité, d’accueil de l’enfant, les arrêts maladies, accidents du travail, les RTT etc. sont toujours considérés comme du travail effectif et donc pris en compte dans le calcul des jours de congés payés,

- les salariés de moins de 21 ans et les mères de famille pour chaque enfant à charge (également les pères de famille c’est la nouveauté) bénéficient toujours de un à deux jours de congés supplémentaires à défaut de conventions collectives ou d’accords collectifs prévoyant des dispositions plus favorables,

- l’indemnité de congés payés est maintenue en l’état, mieux elle sera due même en cas de rupture de contrat pour faute lourde (merci au Conseil constitutionnel) !

Cependant un accord d’entreprise ou de branche (à défaut l’employeur) peuvent fixer le début de la période de référence pour l’acquisition des congés et la majoration de la durée du congé en raison de l’âge (Moins de 21 ans), de l’ancienneté ou du handicap. A défaut c’est un décret qui les fixera.

Examinons ce qui va changer avec toujours ce principe d’accord d’entreprise.

La période de référence

Actuellement la période de référence pour l’acquisition des jours de congés se situe entre le 1er juin de l’année précédente et le 31 mais de cette année… sauf accord dit de modulation. Un accord d’entreprise pourra prévoir une dérogation à cette période (nouvel article L3141-11 du code du travail).

La prise de congés

Comme pour la période de référence c’est un accord d’entreprise ou de branche professionnelle qui en décidera. La nouveauté qui a été apportée par la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale est que le code du travail (article L3141-12) impose que les congés payés pourront être pris dès l’embauche et non plus dès l’ouverture des droits (soit au moins après un mois de travail). L’employeur pourra, par accord collectif, fixer les délais qu’il doit respecter s’il modifie la date de départs en congés. Cependant ce délai ne pourra être inférieur à un mois avant la date prévue du départ.

- Nouveaux articles L 3141-12 à L3141-16 du code du travail.

L’ordre des départs

C’est l’employeur qui décidera, à défaut d’indication dans les conventions collectives ou accords d’entreprises ou de branche… après avis du comité d’entreprise, à défaut des délégués du personnel (quand ils existent). Cependant le nouvel article L3141-16 du code du travail l’obligera à tenir compte de :

- la situation de famille du salarié (congés du conjoint, du partenaire d’un PACS, présence dans son foyer d’un enfant ou d’un adulte handicapé ou d’une personne âgée en perte d’autonomie),

- l’ancienneté du salarié dans l’entreprise,

- l’activité du salarié chez un autre ou plusieurs autres employeurs.

Quoi qu’il en soit, l’employeur ne peut modifier l’ordre des départs moins d’un mois avant la date prévue.

Les règles de fractionnement et de report

Elles sont inchangées et donc s'appliquent les règles actuelles du code du travail

Cependant un accord d’entreprise peut prévoir que les jours pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre ne donnent plus droit à des jours de congés supplémentaires comme prévu actuellement, par l’article L3141-19 du code du travail. Aujourd’hui l’employeur doit faire une demande de renoncement aux salariés.

Les congés spécifiques

La loi Travail les regroupe en trois familles :

- les congés d’articulation entre la vie professionnelle et personnelle. Il s’agit des congés pour évènements familiaux (mariage, naissance, décès, adoption, déménagement), le congé pour enfant malade, le congé de solidarité familiale, le congé de proche aidant et le congé sabbatique,

- les congés pour engagement associatif, politique ou militant (congés de formation économique et sociale, syndicale, de formation professionnelle etc.),

- le congé pour création ou reprise d’entreprise.

Leur principe est maintenu (ce sont toujours des congés payés) mais leur durée dépend du bon vouloir de l’accord d’entreprise ou du patron dans les limites fixée par le code du travail. Ces limites demeurent celles existantes aujourd’hui sauf en cas du décès d’un enfant (5 jours au lieu de 2) et du décès d’un conjoint, concubin, partenaire d’un PACS, père, mère, beau-père, belle-mère, frère ou sœur (3 jours au lieu de 1).

Quant à l’ancienneté pour prendre un congé de proche aidant elle passe de 2 à un an.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 05:59
1936-2016 - 80 ans de congés payés : ce que dit le code du travail

DANIEL ROUCOUS pour l'Humanité

Aujourd’hui, tout salarié a droit chaque année à 5 semaines de congés payés. S’y ajoutent d’autres congés et se posent bien des questions auxquelles nous répondons.

80 ans après, les fondamentaux de la loi du 20 juin 1936 sur les congés payés sont toujours valides. Ils sont inscrits comme alors dans le code du travail notamment les articles L3141-1-a-L3141-21 et D3141-1-a-D3141-6

Ils répondent comme en 36 aux questions les plus posées : combien de jours ? Quand les prendre ? Qui décide de la période ? Comment sont-ils rémunérés ? Sont-ils perdus si on ne les prend pas ? Que se passe-t-il en cas de maladie pendant les congés ? Etc.

Précisons qu’à ces congés payés légaux peuvent s’ajouter des congés payés au titre de l’ancienneté dans l’entreprise, au titre de jeune salarié(e) de moins de 21 ans et de femme salariée ayant des enfants à charge, pour évènement familiaux, pour cause de maladie, maternité, accident du travail, accompagnement d’un proche malade etc. La liste des congés payés est consultable ici

A combien de jours de congés payés a-t-on droit ?

Tout salarié, quelle que soit son ancienneté dans l’entreprise et quel que soit son contrat de travail (CDD, CDI, temps partiel, autres), a droit à des congés payés par son employeur.

Ces congés payés sont au nombre de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif soit 24 jours chez le même employeur. Ils sont limités à 30 jours ouvrables par an. Ce qui donne 5 semaines de congés payés annuels légaux.

Des dispositions plus favorables (pas moins favorables) prévues par les conventions collectives, des accords interprofessionnels ou d’entreprises peuvent prévoir plus de congés payés.

Pour atteindre ce nombre de jours, il suffit de justifier de 48 semaines de travail effectif. En effet, certaines absences (maladie, maternité, paternité, évènements familiaux, formation, congés payés eux-mêmes etc.) sont prises en compte pour le calcul des jours de congés.

Jours ouvrables jours ouvrés quelle différence ?

Vous avez lu que les congés payés sont calculés en jours ouvrables. Cela dit, l’employeur peut les calculer en jours ouvrés sous réserve que les droits aux congés payés soient les mêmes que ceux calculés en jours ouvrables.

Ainsi les jours ouvrables sont constitués de tous les jours de la semaine sauf le jour de repos hebdomadaire qui (loi Macron oblige) n’est plus obligatoirement le dimanche + les jours fériés légaux chômés dans l’entreprise. Ca donne 6 jours ouvrables dans la semaine si elle ne comporte pas de jours fériés (du lundi au samedi inclus). Par contre la semaine du 15 août comptera 5 jours ouvrables puisque le lundi 15 août est férié et chômé, soit du mardi 16 au samedi 20 août inclus.

Les jours ouvrés correspondent à tous les jours de la semaine durant lesquels votre entreprise est ouverte. Il s’agit donc de jours normalement travaillés. Ainsi lorsque l’entreprise est ouverte 5 jours par semaine, ça donne 5 jours ouvrés. Si elle est ouverte 6 jours c’est 6 jours ouvrés.

Sur quelle période sont-ils calculés ?

En l’état actuel du droit, les congés payés sont calculés du 1er juin de l’année passée ( par exemple) au 31 mais de l’année en cours (2016 par exemple)… sauf disposition conventionnelles ou collectives contraires. Par exemple dans le BTP et les Spectacles, les entreprises doivent s’affilier à une caisse de congés payés, ceux-ci sont alors calculés du 1er avril de l’année passée au 31 mars de l’année en cours.

Qui décide des dates de départ en congés ?

C’est l’employeur ou les conventions collectives ou accords interprofessionnels qui décident de la prise de congés.

Les congés doivent légalement être pris entre le 1er mai et le 31 octobre mais peuvent s’étendre toute l’année.

L’employeur est tenu à :

- informer le personnel de la période de prise de congés au moins deux mois avant son ouverture (par exemple au moins le 1er mars si la période des congés débute le 1er mai),

- fixer les dates et l’ordre des départs en congés (sauf s’il est fixé par conventions collectives, accords ou usage). En pratique le personnel pose les jours de congés qu’il souhaite prendre mais il doit savoir que l’employeur peut refuser. Dans ce cas, les vacances sont reportées à une autre date.

Peut-on fractionner ses congés sur l’année ?

Oui ! Même si en pratique beaucoup prennent 4 semaines l’été et une semaine l’hiver.

Mais ce n’est pas obligatoire sauf dans deux cas :

- vous n’avez acquis que 12 jours ouvrables de congés, vous devez le prendre en une seule fois,

- vous avez acquis entre 12 et 24 jours ouvrables de congés, vous devez prendre au moins 12 jours consécutifs entre le 1er mai et le 31 octobre (période légale de prise de congés)… sauf accord avec l’employeur ou conventions collectives ou accords collectifs.

Certaines entreprises ferment au mois d’août. L’employeur peut alors imposer à ses salariés de prendre leurs congés le temps de la fermeture. Deux réserves :

- l’employeur doit d’abord consulter et avoir l’accord du comité d’entreprise et des délégués du personnel, à défaut l’accord des salariés est nécessaire ;

- l’employeur doit avertir informer les salariés suffisamment à l’avance (au moins deux mois).

Les salariés qui n’ont pas acquis suffisamment de jours de congés n’ont plus droit à une allocation de chômage partiel comme autrefois. Ils peuvent alors bénéficier de jours de congés payés supplémentaires ou faire une demande d’aide financière pour congés non payés auprès de Pôle emploi.

Les jours non pris peuvent être reportés sur l’année suivante ?

Oui ! Trois conditions :

- une convention ou un accord collectifs le prévoit,

- l’employeur est d’accord,

- la 5ème semaine de congés payés peut être reportée pour les salariés qui souhaitent prendre l’année suivante un congé pour création d’entreprise, un congé sabbatique ou placer les jours de congés acquis sur un compte-épargne-temps

Attention, hors ces trois cas et en l’absence d’accord de l’employeur, le salarié qui n’a pas pris ses congés dans la période prévue dans l’entreprise, les perd. L’employeur n’est pas tenu de les lui payer sauf s’il est fautif.

Comment est calculée l’indemnité de congés payés ?

Les congés non pris dans la période prévue pour les prendre (dite de référence) ne sont pas indemnisés.

Exceptions :

- en cas de rupture du contrat de travail,

- le salarié n’a pas pu les prendre (en tout ou partie) par la faute de l’employeur,

- l’employeur est d’accord pour les indemniser, - une convention collective ou un accord collectif prévoient de les indemniser.

Peut-on travailler pendant les congés ?

Non ! La seule dérogation est de faire les vendanges à condition d’être embauché par contrat vendanges.

Et si on tombe malade ou est accidenté en vacances ?

La réponse est sur notre site Internet www.humanite.fr

Les chômeurs ont-ils droits de partir en vacances ?

Oui ils peuvent partir en vacances ou en voyage jusqu’à 35 jours par an (samedis et dimanches inclus). Ils doivent simplement informer au préalable Pôle emploi s’ils partent plus de 7 jours.

Ne pas oublier de prévenir son conseiller Pôle emploi pour reporter l’entretien prévu.

Peut-on cumuler RTT et congés payés ?

Les RTT (réduction du temps de travail) ne sont pas des congés payés mais des jours de repos de récupération des heures supplémentaires. En effet les heures supplémentaires peuvent être payées ou faire l’objet de RTT lorsqu’un accord collectif ou d’entreprise le prévoit ou encore un mélange des deux.

Ainsi donc, pour savoir si les RTT sont cumulables avec les congés payés il faut consulter l’accord d’entreprise ou interprofessionnel sur les RTT. S’il ne dit rien le cumul n’est pas interdit selon la jurisprudence.

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 05:45
Jean-Yves Camus : « Parler de guerre civile, c'est se précipiter vers le piège tendu par Daech »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR DIEGO CHAUVET

L'Humanité Dimanche

Le politologue, spécialiste des mouvements d'extrême droite radicale, réfute l'idée que la France soit au bord de la « guerre civile ». S'il n'exclut pas l'acte fou d'un individu isolé, il considère que l'extrême droite n'est pas en situation de créer une confrontation. Utiliser des mots tels que « guerre civile » fait alors le jeu de l'« État islamique ».

HD. Avant l'attentat de Nice, naissait une polémique sur un risque de « guerre civile » en France. Qu'en pensez-vous ?

Jean-Yves Camus.

Il faut revenir à l'origine de ce qui provoque la séquence consacrée à la guerre civile. Le directeur de la DGSI est intervenu à deux reprises au mois de mai devant les commissions parlementaires en indiquant non pas la possibilité d'une guerre civile, mais d'une confrontation entre l'ultradroite et le « monde musulman ». Ce n'est pas la « communauté musulmane », contrairement à ce que certains ont essayé de faire croire. Il parle d'une possibilité que, après un autre attentat commis par des islamistes radicaux, des militants d'extrême droite passent à l'acte contre des personnes ou des biens identifiables comme « d'origine musulmane ».

Et que, à partir de là, s'enclenche un engrenage de confrontation ethnique. La première fois, il dit que sa direction a déplacé des effectifs pour le suivi de l'ultra droite. La seconde fois, ses propos sont un peu différents : il explique qu'il faudra à un moment donné mettre des effectifs sur cette mouvance. Le chaînon manquant de ces déclarations, c'est qu'il ne donne pas d'indications précises quant aux individus, aux groupes et aux mouvements qui seraient actuellement dans le radar de sa direction. On ne sait pas s'il s'agit d'un schéma intellectuel ou d'une réalité.

Il est normal et logique que le patron des services de renseignements français ait ce schéma dans la tête. Nous avons depuis les attentats de janvier et novembre 2015 une augmentation des actes anti-musulmans, qui restent ¬ c'est relatif bien sûr quand on en est victime ¬ de « basse intensité ». La rhétorique de l'ultradroite sur la guerre ethnique est connue depuis plus de 20 ans. Cela étant, ce scénario d'apocalypse voulue ne s'est jamais réalisé... Pour autant, si un individu isolé passait à l'acte, cela pourrait avoir des répercussions énormes.

HD. Serait-ce pour autant une « guerre civile » ?

Jean-Yves Camus.

Une guerre civile implique que deux factions ou fractions de la population se disputent la légitimité de la représentation nationale, et qu'elles soient décidées à s'annihiler l'une et l'autre. On a un schéma extrêmement simple : c'est la Résistance et la collaboration sous l'Occupation. Or, on n'en est pas là. Pour l'instant, dans cette hypothétique guerre civile, la population subit les actes terroristes, mais elle n'est pas organisée pour soutenir les terroristes, ni pour les contrer. Il n'y a pas d'armée en marche de citoyens musulmans qui soutiendraient l'« État islamique » et on n'a pas davantage de citoyens qui auraient formé des milices pour s'y opposer. Pour une vraie guerre civile, il faut que les deux factions soient de niveau de force égal ou, du moins, pas complètement disproportionné. Ce n'est pas le cas. Nous assistons à une multiplication des actes imputables à l'islamisme radical, mais en face le seul protagoniste est le détenteur de la violence légitime, c'est-à-dire l'État, via la police et l'armée. En revanche, on ne peut pas demander à une population de subir des actes aussi massifs, répétés, dont l'objectif est de contester le modèle de valeurs que la République constitue, de simplement rester vigilante, de faire corps, et de commémorer.

« Nos armes : le renforcement de la coordination du renseignement. Et la sobriété de la parole. » La commémoration est utile, mais elle ne fait pas une politique.

Or pour l'instant personne ne porte des mesures politiques qui seraient à même, non pas de contenir le danger, mais de le refouler. On demande aux gens de s'installer dans l'attitude d'un pays qui fera face à d'autres attaques. C'est à la fois courageux de le dire, et en même temps désespérant.

HD. Est-ce qu'une réaction de l'ultradroite a plus de chance de survenir sur le terreau local niçois ?

Jean Yves CAMUS

Soyons clairs. Les groupes d'extrême droite en France aujourd'hui qui ont pignon sur rue (y compris le Bloc identitaire sur Nice) ne passeront pas à la violence. Le risque aujourd'hui provient plutôt d'un individu qui préparerait son acte seul. Ou de celui qui, militant dans un groupuscule, se dirait que s'il y a une rhétorique verbale de la violence, il n'y a rien derrière... Ces groupuscules proposent au mieux à leurs adhérents des défilés autorisés, des distributions de tracts et d'autocollants, et éventuellement quelques stages de survie et des cours d'arts martiaux. Il existe peut être d'autres choses infiniment plus sophistiquées.

La DGSI le sait peut être, mais moi je n'ai pas de données là-dessus. Mais ces activités qui consistent à chauffer les militants à blanc génèrent chez certains une réelle envie d'en découdre. En dehors de ça, le Bloc identitaire est dans une trajectoire de normalisation, il est dans l'orbite du FN, surtout à Nice... Il n'a aucune espèce de raison de tuer le patient travail d'implantation et de notabilisation qu'il a réussi à accomplir en laissant ses militants faire n'importe quoi.

HD. Dans ce cas, l'utilisation du terme de « guerre civile » dans le débat politique et médiatique est-elle dangereuse ?

Jean Yves CAMUS

Je n'aime jamais quand on parle de guerre civile... Ça induit l'image d'une France qui se scinde en deux camps qui prennent les armes l'un contre l'autre. La situation actuelle est celle d'un mouvement, religieux et politique, qui décide d'attaquer un certain nombre de pays occidentaux. Dans quel objectif ? Celui de rallier à leur idéologie le plus grand nombre possible de personnes d'origine musulmane. Même si le nombre de « radicalisés » augmente, ça ne représente qu'une infime partie de la population musulmane. Comment en rallier davantage ? Peut-être en tendant à la population française le piège qui consiste à favoriser cette montée aux extrêmes qui verraient les actes antimusulmans augmenter. L'un des objectifs de Daech serait ainsi de transformer en communauté soudée ce qui n'est pas une communauté. On tomberait de cette manière dans une forme d'essentialisation des identités.

HD. Si la capacité de résilience est limitée, quelles sont nos armes pour ne pas tomber dans ce piège ?

Jean Yves CAMUS

Peut-être la solution est-elle de ne pas dire tous les jours, plusieurs fois par jour, quelque chose qui vienne rajouter une couche au mille-feuille. La sobriété de la parole est aussi nécessaire. Depuis l'attentat de Nice, nous avons entendu trop de petites phrases, trop de commentaires. C'est extrêmement imprudent par ailleurs de la part de l'opposition puisque bien malin aujourd'hui celui qui peut dire que s'il était au pouvoir rien ne se serait passé. On a plutôt besoin de voir des résultats dans la prévention des attentats, tout en sachant bien que le risque zéro n'existe pas. On a besoin d'améliorer encore la coordination internationale du renseignement. De savoir comment on va gérer les centaines et peut-être milliers de retours de gens qui considèrent que la partie est déjà perdue en Syrie et en Irak, et qui veulent passer à l'action ici.

Jean-Yves Camus est l'auteur, avec Nicolas Lebourg, de l'ouvrage « les Droites extrêmes en Europe », paru en 2015 aux Éditions du Seuil, 320 pages, 20 euros

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 05:28
Photo de la soirée crêpes du PCF à Fouesnant - Le Télégramme, août 2015

Photo de la soirée crêpes du PCF à Fouesnant - Le Télégramme, août 2015

Le dimanche 7 août 2016 la section PCF de Fouesnant vous convie à sa grande soirée crêpes.

A partir de 15h vous pourrez venir vous amuser en pratiquant le jeu de palets et dès 19h la dégustation des crêpes à la salle polyvalente du vieux port de La Forêt Fouesnant.

La soirée sera animée par Patricia Dupont.

Si vous souhaitez passer un moment convivial n'hésitez pas a nous rejoindre joie et bonne humeur garantis!!

Entrée libre

Les prochaines fêtes du PCF en Finistère:

Samedi 20 août: repas de fruits de mer sur le port de Loctudy (section PCF du Pays Bigouden)

Samedi 20 août-Dimanche 21 août: fête de l'Isole à Scaër (au Grand Champ)

Voir le calendrier complet des fêtes de l'été:

Les fêtes des sections du Parti Communiste dans le Finistère cet été 2016

Et un bref compte rendu des deux fêtes déjà passées dans le pays bigouden:

Fête du PCF à Guilvinec: les photos de Karo Berardan sur le Facebook du PCF Finistère

Photos de la fête du Travailleur de la Mer le 23 juillet 2016 à Lesconil et discours d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère: Tant de raisons de ne pas abdiquer!

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 05:00

Vincent Bolloré, l'actionnaire principal du groupe Vivendi et le patron de Canal +, réclame 50 millions d'euros à France 2 pour la programmation d'un documentaire "Un ami qui vous veut du bien", rediffusé le 21 juillet, qui montre comment les intérêts particuliers de Bolloré interfèrent sur les choix de programmation de Canal +, dans la mesure où la chaîne cryptée a décidé d'annuler la diffusion d'un documentaire sur le Crédit Mutuel qui déplaisait au grand patron breton, lequel a finalement été présenté sur le service public...

De quoi rappeler que quand les médias sont détenus par le grand capital, la liberté d'investigation et d'expression des opinions a pour limite, le plus souvent, les intérêts des actionnaires. Ce qui est d'autant plus préoccupant quand ceux-ci sont très proches du pouvoir politique, dépendent de ses autorisations et de ses commandes, financent ses campagnes électorales, emploient ses collaborateurs.

Liberté d'expression? Pourquoi Bolloré réclame 50 millions à France 2?
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