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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 06:07

Attentat/Istanbul : « La politique guerrière d'Erdogan alimente le terrorisme »

Un nouvel attentat suicide à l'aéroport d'Istanbul, et attribué à l'organisation Etat islamique (Daesh), vient d'endeuiller la Turquie. Il fait suite à une longue série d’attaques meurtrières qui, depuis deux ans, frappe des dizaines de civils innocents et défenseurs des droits humains et démocratiques en Turquie.

Le Parti communiste français tient à exprimer sa profonde tristesse et à assurer les familles des victimes, les rescapés, les forces démocratiques et progressistes turques et tous les peuples de Turquie de son entière solidarité et de son soutien.

Le peuple turc paie aujourd’hui la complicité qu’a entretenue, pour lutter contre les Kurdes et contre les démocrates turcs, le président Recep Tayyip Erdogan avec les organisations djihadistes.

Des cellules terroristes ont proliféré en toute impunité dans tout le pays ; des troupes l'ont maintes fois traversé pour accéder au front à Kobané et attaquer les forces démocratiques syriennes. Des individus parfaitement identifiés depuis longtemps ont été laissés en liberté comme ceux qui ont commis l’horrible carnage d’Ankara le 10 octobre 2015 contre la manifestation populaire pour la paix et la démocratie.

Après avoir rompu les négociations avec Abdullah Ocalan, en vue d’instaurer un processus de paix avec les Kurdes, Erdogan a mis en œuvre une stratégie totale du chaos en déclenchant une guerre meurtrière dans la région du Kurdistan turc tout en bombardant le Kurdistan d'Irak et de Syrie, détruisant en Turquie des villes entières, faisant un millier de victimes et provoquant l’exode de 200 000 femmes, hommes et enfants.

Erdogan s’ingénie depuis des mois à instaurer une dictature en Turquie : il emprisonne et poursuit des journalistes pour délits d'opinion, des intellectuels, des militants politiques et syndicaux, y compris à l'étranger et avec l'assentiment des gouvernements européens ; il active les réseaux ultranationalistes turcs, encourage les pogroms.

Il y a quelques semaines, le président turc a réussi tant bien que mal à faire lever l’immunité parlementaire de 51 députés du HDP (Parti démocratique des peuples de Turquie) parmi lesquels son co-président qui encourt une sentence de 480 ans de prison (!) pour s'opposer aux choix du « sultan fou ». Erdogan poursuit son délire d’imposer un régime hyperprésidentiel sans aucun contre-pouvoir.

La Turquie est devenue un bateau ivre de plus en plus isolé sur le plan diplomatique, qui ne trouve plus d'appui que dans le régime d'extrême droite israélien dirigé par Benjamin Netanyahou et dans le silence complice et cynique des pays membres de l'UE, Allemagne et France en tête.

La politique de Recep Tayyip Erdogan est un des principaux facteurs d’instabilité régionale, un des principaux obstacles à la paix au Proche et Moyen-Orient ; elle alimente le terrorisme et le déplacement de populations entières, la misère et la guerre.

L'Union européenne, elle-même en pleine crise de légitimité, ne peut plus décemment cautionner la tyrannie d'Erdogan.

La France a le devoir d'appuyer de toutes ses forces les militants et organisations démocratiques, progressistes, les syndicats et associations citoyennes turques, qui cherchent à ouvrir pour les peuples de leur pays et de la région une véritable perspective de paix et de solidarité.

Le PCF entend interpeller sans relâche le gouvernement et le président français qui, depuis maintenant plusieurs années, ont fourvoyé la politique française en en faisant un soutien actif du régime turc.

Attentats terroristes d'Istambul: la politique guerrière d'Erdogan alimente le terrorisme (PCF)
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 04:29

Rencontre avec le Premier ministre et la ministre du Travail

Intervention liminaire de la délégation CGT

INTERVENTION LIMINAIRE DE LA DELEGATION CGT

Philippe Martinez, Catherine Perret, Fabrice Angeï, Mohammed Oussedik

Monsieur le Premier ministre,

Madame la ministre du Travail,

Vous connaissez notre position sur le contenu de la loi qui mobilise, aujourd’hui, contre elle une majorité de l’opinion publique, une majorité des organisations syndicales représentatives de notre pays et qui ne parvient pas à réunir une majorité de députés à l’Assemblée nationale.

Vous connaissez aussi nos propositions en faveur d’un Code du travail du XXIe siècle, à même de protéger les salariés contre les effets de la course au moins-disant social sur fond de précarisation du travail et de ceux qui l’exercent.

Je vais donc concentrer mon propos sur ce que, peut-être, vous ignorez encore : avant même son éventuelle adoption, la loi dite travail que porte votre gouvernement viole de façon magistrale les conventions fondamentales de l’OIT.

En effet, en 2012, le comité de la liberté syndicale de l’OIT a jugé une affaire très similaire concernant un projet de réforme du gouvernement grec de l’époque organisant la décentralisation de la négociation collective au niveau des entreprises. Souvenez-vous, la Grèce était alors dans le viseur de la Troïka qui avait imposé au pays un bouleversement des règles de négociation collective ressemblant à s’y méprendre à l’article 2 de votre projet de loi.

Les conclusions du comité ne laissent aucun doute possible quant à l’infraction que constitue ce type de réforme par rapport aux conventions de l’OIT. Je me permets de vous en citer un court extrait qui résonne comme un avertissement :

« Le comité souligne que la mise en place de procédures favorisant systématiquement la négociation décentralisée de dispositions dérogatoires dans un sens moins favorable que les dispositions de niveau supérieur peut conduire à déstabiliser globalement les mécanismes de négociation collective ainsi que les organisations d’employeurs et de travailleurs et constitue en ce sens un affaiblissement de la liberté syndicale et de la négociation collective à l’encontre des principes des conventions 87 et 98 ».

Pour la CGT, la signification de cette jurisprudence est claire. Elle transforme en avorton l’article 2 du projet de loi dit travail.

Si le gouvernement s’entêtait à le maintenir, il est clair qu’il exposerait la France à une violation grave et immédiate des conventions fondamentales 87 et 98 de l’OIT qui, je vous le rappelle, protègent les libertés syndicales et la négociation collective dans le monde.

Il serait irresponsable de demander la semaine prochaine aux députés d’adopter une loi bafouant aussi clairement le droit international du travail, et encore davantage d’utiliser une nouvelle fois le 49-3 à cette fin.

Nous prendrions alors immédiatement nos responsabilités en alertant l’opinion publique sur ces violations et en portant plainte devant les instances habilitées de l’OIT. Et croyez-moi, nous trouverons une majorité des organisations syndicales de ce pays pour le faire.

De notre point de vue, vous n’avez par conséquent, pas d’autre choix que de retirer immédiatement l’article 2 de la loi.

Mais il y a plus grave encore, Monsieur le premier ministre. Il n’y a pas que l’article 2 qui contrevient aux engagements internationaux de la France.

Le projet de loi dans son ensemble viole le Pacte des Nations Unies relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Si vous lisez les communiqués de la CGT, vous savez sans doute que nous sommes intervenus le 5 juin dernier à Genève lors de l’examen de la France par le Comité des Droits Économiques, Sociaux et Culturels des Nations-Unies. Nous avons alerté ce comité sur le climat social en France, la stigmatisation et la répression du fait syndical, les dispositions du projet de loi Travail ainsi que son processus d’adoption.

Il y a quelques jours, les experts du comité ont rendu leur rapport. Il est accablant pour la France. Là encore, je me permets d’en citer de courts extrait. Voici ce que disent les experts des
Nations-Unies de votre projet de loi de manière générale :

« Le Comité est préoccupé par les dérogations à des protections acquises en matière de conditions de travail proposées dans le projet de loi travail (…), y compris pour accroître la flexibilité du marché du travail, sans qu’il ne soit démontré que l’État partie a considéré toutes les autres solutions possibles. Le Comité engage l’État partie à s’assurer que les dispositifs proposés pour accroître la flexibilité du marché du travail n’ont pas pour effet la précarisation du travail et la diminution de la protection sociale du travailleur. Il l’exhorte également à s’assurer que toute mesure rétrograde concernant les conditions de travail :

a) Est inévitable et pleinement justifiée (…) ;

b) Est nécessaire et proportionnée à la situation, (…) ;

c) N’est pas discriminatoire (…). »

Et voici ce que ces mêmes experts onusiens disent des atteintes aux droits syndicaux en France :

« Le Comité déplore les actes de représailles contre les représentants syndicaux signalés. Il constate aussi avec inquiétude que l’espace démocratique de négociation des conventions collectives s’amenuise. Le Comité engage l’État partie à prendre des mesures efficaces de protection des personnes engagées dans des activités syndicales, et de prévention et de répression de toute forme de représailles. Il l’engage également à assurer l’effectivité de la négociation collective et du droit de bénéficier d’une représentation syndicale conformément aux normes internationales afin de protéger les droits des travailleurs (…) ».

Je vous épargne, Monsieur le premier ministre, les infractions qu’auraient pu constituer au regard du droit international les éventuelles interdictions de manifestation que vous vous êtes permis d’agiter la semaine dernière.

Vous l’aurez compris, le projet de loi « travail » est hors-la-loi internationale. Il l’est doublement : devant l’Organisation internationale du Travail et devant les Nations-Unies. Vous n’avez pas d’autre option que de le retirer. Sans quoi, nous n’aurons pas d’autre choix que de poursuivre la mobilisation contre un projet injuste et illégal.

Intervention liminaire de la CGT lors de son entrevue avec Manuel Valls le 29 juin
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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 16:05
Carhaix: incident au moment de la venue de Marisol Touraine ce mercredi 29 juin

Carhaix. Incident au cours de la visite de Marisol Touraine [Vidéo]
http://www.letelegramme.fr/finistere/carhaix/carhaix-incident-a-l-arrivee-de-marisol-touraine-video-29-06-2016-11128689.php

Voir aussi cette condamnation par le PCF de la loi santé et des Groupements Hospitaliers de Territoire

La loi santé et les GHT de vrais dangers vendredi 24 juin 2016

Globule Rouge, le journal de la commission nationale santé et protection sociale du PCF, donne en ce mois de juin de nombreux éléments sur la mise en place de la loi santé, et tout particulièrement sur les groupements hospitaliers de territoire à l’origine de nombreuses réactions et luttes : il n’y a pas de bons GHT !

Edito

En fait, il s’agit de viser le démantèlement de tout le dispositif sanitaire mis en place depuis la Libération . Au travers de la mise en place de la loi Santé, nous assistons à l’une des plus graves attaques contre le système de santé français depuis la création de la Sécurité sociale. Avec la loi Santé, c’est la première fois que tous les hôpitaux vont être confrontés dans le même temps à une restructuration régressive d’ampleur inégalée… L’outil en est la mise en place des GHT (Groupements hospitaliers de territoires). Ces GHT doivent regrouper dans une même entité les établissements sanitaires et médico-sociaux publics du territoire. C’est ce principe même qui est contestable… Il n’y a pas de bons GHT dans ce contexte-là. Pour cette raison, il est indispensable de s’opposer à cette loi et aux GHT et d’exiger leur retrait. C’est dans leur logique même que la loi et les GHT sont dangereux… Il ne peut y avoir de mise en œuvre douce ou acceptable… D’autres forces sont en train de prendre conscience des enjeux catastrophiques de cette loi. Le rassemblement large est possible. Nous devons y travailler sans relâche. Le contenu professionnel, les conditions de travail, la reconnaissance professionnelle sont bafoués dans les GHT. Mais au-delà, ce sont les conditions de réponses aux besoins diversifiés et de proximité de la population qui sont en jeu. Nous devons tout faire pour nous opposer à la mise en œuvre de cette loi ! Il n’est jamais trop tard ! Nous avons de nombreuses propositions en matière d’organisation de la santé, de réponses aux besoins de la population, de conditions de travail pour les professionnelle-s et les personnel-le-s. Nous ne sommes pas à court de propositions alternatives… Une autre politique est possible, une politique vraiment de gauche pour la santé et la protection sociale existe…Soyons imaginatifs, déterminés et rassembleurs…

Maryse Montangon - animatrice de la commission Santé/protection sociale

Jean-Luc Gibelin

Lire Globule rouge

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 12:30

Le PCF, avec le Front de gauche et des syndicalistes, est à l’initiative d’une rencontre citoyenne le 1er juillet à Baud sur le thème : donner un débouché politique à la contestation. En d’autres termes, comment faire que tous ceux et celles qui se sont battus contre la loi Travail, se retrouvent pour donner un prolongement politique à la mobilisation sociale.

Il s’agit de travailler sur le contenu du changement que nous souhaitons et sur la construction politique qui portera ces propositions.

Pour créer cette perspective et donner de l’espoir, nous comptons sur l’intervention citoyenne.

Ci-joint, l'invitation qui nous a été transmise par Philippe Jumeau, secrétaire de section PCF de Lanester et animateur du Comité Régional du PCF:

Aux organisations, militants, citoyens soucieux d’ouvrir une alternative à gauche

Invitation à une rencontre le 1er juillet

Lorient, le 6 juin 2016

Cher.es ami.es,

Nous sommes dans une situation où l’effervescence sociale pose en grand la question du débouché politique à la contestation de la politique gouvernementale.

Depuis plusieurs mois, nous nous heurtons à une politique libérale et autoritaire, illustrée par le passage en force sur la loi Macron et la loi Travail, de la part d’un gouvernement qui se dit de gauche.

Cette politique ouvre la voie aux pires scénarios durant la période électorale qui se profile. Il est urgent de construire une alternative réellement de gauche, y compris sur ce terrain électoral.

Nous sommes convaincus de la nécessité de définir collectivement un projet alternatif au libéralisme et au productivisme, décliné dans nos territoires.

Quelle que soit notre approche sur la Présidentielle, nous avons en commun de refuser l’éparpillement de la gauche de transformation et de vouloir travailler à la préparation des élections législatives du printemps 2017.

C’est pourquoi nous, militants politiques, syndicalistes, proposons aux forces et aux citoyens soucieux d’ouvrir une perspective politique rassembleuse de se retrouver vendredi 1er juillet, à 18 h 30, au local de la Fête de l’Evel au lieu-dit pont de Baud à une 1ère rencontre citoyenne pour répondre à l'urgence sociale et construire l'alternative à gauche.

Joël Gallais, PCF 56

Josiane Nigaut, Ensemble 56

Alain Barbier, PG 56

Jean-Pierre Fourré, République et Socialisme

Joël Bouglouan, collectif FG pays de Lorient

Collectif FG est-Morbihan

Pascal Le Mentec, militant syndicaliste CGT

Anita Kervadec, militante syndicaliste FSU

Yves Panelay, militant syndicaliste Solidaires

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 11:52

NOTE DU Comité exécutif national du PCF

Éléments de la nouvelle situation en Europe

Les évolutions en Europe confirment l'analyse faite au congrès d'un rejet massif de l'UE actuelle et de la lutte engagée entre trois grandes conceptions et les processus politiques qui vont avec: fuite en avant libérale, autoritaire et centrée sur les grandes puissances / nationalismes et dislocation de l'UE / refondation progressiste. Cette dernière semaine, le vote pour le Brexit a mis en évidence les deux premiers processus (rejet conduisant à la sortie de l'UE et déni, fuite en avant des tenants de l'UE actuelle) et les élections en Espagne, le processus « positif » plus difficile à faire triompher (blackout médiatique, modes de scrutin, forces encore fragmentées), mais en progression (installation de Unidos Podemos au dessus de 20 %).

BREXIT


1/Résultats et analyse du vote

Résultats définitifs :

  • Participation élevée : 72 %.
  • La sortie de l'Union européenne (Leave) l'emporte avec 17,410,742 voix soit 51.9% des exprimés. Il est composé de 60 % électorat conservateur, des électeurs du UKIP et d'1/3 des électeurs du Labour.
  • Le maintien (Remain) dans l'Union européenne enregistre 16,141,241 voix soit 48.1% des exprimés. Il est essentiellement composé des 40 % de l'électorat conservateur restant (les plus libéraux), des deux tiers de l'électorat travailliste. L'Ecosse (dans toutes ses circonscriptions) et l'Irlande du Nord (avec des différences confessionnelles nettes entre catholiques et protestants)

Un vote de désaveu de la construction libérale de l'Union Européenne

En annexe, la déclaration de Pierre Laurent après les résultats.

Le désaveu est clair, y compris du point de vue de ceux qui ont voté pour le maintien. Le vote de gauche s'est majoritairement exprimé pour le maintien, mais ce n'est pas un vote de conviction, pas un vote d'adhésion à l'UE actuelle. La position de Corbyn et du TUC (Confédération syndicale), a été celle du maintien pour éviter le piège droite-extrême droite. Par ailleurs, les forces du « remain » en l'Ecosse on utilisé l'UE comme une alternative à la domination de Londres (c'était déjà un argument lors du dernier referendum sur l'indépendance).

L'entêtement des dirigeants européens à poursuivre sur la voie libérale et à nier les messages des peuples est la cause première de cette situation. Ce sont eux qui créent la dislocation. Il y a un risque de réaction en chaîne de ce point de vue, non seulement au Royaume Uni, mais dans toute l'Europe.

Une campagne dominée par la droite et extrême droite qui a détourné la colère populaire.

David Cameron a été pris à son propre jeu. L'« arrangement » négocié avec l'UE portait essentiellement sur la limitation du droit d'accès à la protection sociale pour les travailleurs immigrés dont la plupart viennent d'Europe de l'Est et sont citoyens communautaires. La campagne a été dominée par des arguments xénophobes, la surenchère raciste de l'extrême droite populiste, et les tabloïds assoiffés de sensationnel. Le pire a été libéré comme le prouve l'assassinat de Jo cox.

Le piège : un choix entre euro-libéralisme et national libéralisme.

La question « leave or remain » ne laissait pas la place au débat d'alternative, tant à la politique d'austérité de Cameron (renvoi de responsabilité à l'UE), ni à une vision, développée avec difficulté par les forces progressistes d'une autre construction européenne. L'idée du changement n'a pas existé. Ce n'est ni la finance ni la concurrence qui ont été mises en cause, mais les populations immigrées.

Une colère détournée : Nous portons une attention particulière au vote pour la sortie de l'UE qui s'est exprimée fortement chez les travailleurs pauvres, précaires et/ou confrontés au dumping social organisé au niveau européen avec les travailleurs de l'Est, et dans circonscriptions désindustrialisées comme au Pays-de-Galles. Un vote de colère s'est exprimé, liant sentiment d'abandon social et rejet de la politique d'austérité de Westminster et de l'UE. Ainsi nous sommes dans la situation paradoxale où les classes populaires, comme à de nombreuses reprises dans toute l'Union européenne, expriment un rejet fort de la politique libérale, mais où l'issue politique générale poussera au renforcement des politiques contestées.

En imposant les termes du débat rester/sortir, la droite et l'extrême droite ont réussi le tour de force de détourner un vote des classes populaires, les principales victimes de l'Ue libérale, vers une issue négative.

2/ Une crise politique majeure au Royaume Uni

Un futur gouvernement encore plus à droite : David Cameron a démissionné sans convoquer d'élection anticipée. Il y aura un remaniement à l'automne, après une convention du parti conservateur mais c'est lui qui devrait mener les première négociations de sortie de l'UE. C'est Boris Johnson, l'ancien maire de Londres, le « Trump européen » qui est en bonne position pour prendre la suite.

Crise politique dans les principaux partis :

- Les conservateurs se sont divisés entre les lignes Cameron et Johnson.

-Au parti travailliste, Jeremy Corbyn est mis en cause par les anciens blairistes et une part conséquente des parlementaires. A noter : ses électeurs engagés pour le Brexit restent des soutiens de Corbyn malgré leur vote contraire.

Niveau record d'irresponsabilité politique parmi les tenants du Brexit : ni les uns, ni les autres n'avaient de plan pour appliquer la sortie. Cameron a joué avec le feu, Johnson martèle que la sortie ne doit pas se faire dans la précipitation. Quand à Nijel Farage, dès le lendemain du vote, il a renié publiquement une proposition qui avait trouvé un fort écho : injecter dans le système de santé britannique l'argent versé à l'Union européenne.

Relance de la décomposition du Royaume Uni :

Irlande du Nord : Sinn Fein appelle à un referendum pour le rattachement de l'Eire à la République d'Irlande. Mais nos camarades sont très inquiets des tensions que cela ravive en Irlande du nord, entre les protestants, pro Brexit et les catholiques, pro-remain et revendiquant la réunification de l'Irlande.

Ecosse : le SNP juge que les conditions sont réunies pour un nouveau referendum d'indépendance. Déjà sondé : 56 % pour l'indépendance.

3/Processus de sortie : respecter le vote, protéger les classes populaires

L'article 50 du TUE mentionne la possibilité d'une sortie négociée en 2 ans maximum (extensible à l'unanimité). Les déclarations se multiplient dans les institutions européennes pour que la sortie se fasse au plus vite, dans la logique de punition déjà vue avec la Grèce. L'objectif est de ne pas laisser penser qu'il existerait une « sortie ordonnée », un divorce « à l'amiable ». Un débat est engagé au Parlement européen sur la suppression des moyens alloués et du droit de vote des eurodéputés britanniques. Une eurodéputée du groupe GUE-NGL serait concernée, Martina Anderson, du Sinn Fein d'Irlande du Nord. Le Parlement européen tient une session extraordinaire mardi 28 juin. Au niveau intergouvernemental : réunion du conseil européen à 28 le 28 juin et à 27 le lendemain.

La sortie brutale paraît cependant irréaliste. Bien que le Royaume Uni soit moins intégré que certains pays (il ne fait pas partie de la zone euro ou de l'espace Schengen), les interdépendances sont très grandes et sur des questions cruciales comme la défense, la coopération scientifique, les programmes industriels.

Les intérêts capitalistes seront protégés, n'en doutons pas. Beaucoup de dirigeants européens pointent l'intérêt commun à maintenir l'accès au marché unique et à trouver de nouveaux accords commerciaux, comme avec les pays européens non membres de l'UE mais membres de l'EEE (espace économique européen).

Mais il y a danger pour les classes populaires.

La crise politique et les possibles dislocations à venir, sur fond de crise financière risquent d'avoir des effets désastreux pour l'ensemble des pays européens.

Les craintes sont fortes dans le monde syndical du Royaume Uni. Le TUC vient de publier un communiqué intitulé : « Les travailleurs ne doivent pas payer le prix de la sortie de l'UE » appelant à la prise en compte par le gouvernement, dans les négociations de sortie, de la nécessité de protéger l'emploi et à la mise en place d'un plan industriel national. Il y a fort à craindre aussi pour les migrants. Par exemple, les accords du Touquet prévoient que la France, notamment à Calais, les bloque aux frontières pour le Royaume Uni. Xavier Bertrand vient de revendiquer la fin de cet accord. La peur existe aussi pour les milliers d'Européens vivant au Royaume uni et les milliers de britanniques vivant dans les pays d'Europe.

=> Le PCF, bien entendu, partage ces craintes et entend que soient pris en compte les intérêts de toutes ces populations. Patrick Le Hyaric l'a rappelé dans l'édito de l'Humanité du 27 juin, nous entendons que ce choix souverain soit respecté sans chantage et sans menace de représailles. Nos parlementaires nationaux vont proposer la mise en place d'une commission spéciale de suivi du Brexit.

3/ L'Europe sera un débat clé des échéances de 2017 en France

Rencontre avec François Hollande samedi 25 juin (Pierre Laurent, Patrick Le Hyaric, Michel Billout, Anne Sabourin). En annexe, la déclaration de la délégation à l'issue de la réunion. Le Président et le Premier ministre sont en cohérence avec la logique de « sortie expéditive ». Ils n'ont pas donné de signe de leur implication pour changer les fondements de l'UE et ont même fait preuve d'un certain immobilisme. Leur logique reste un renforcement de l'intégration de la zone euro et le premier enjeu mentionné est celui de la sécurité (renforcement de la coordination contre le terrorisme, frontières, « sécurité au Moyen Orient »). Il est clair qu'ils sont dans le déni, et de la question sociale (négation du lien entre le dumping social, les déréglementations du marché du travail et la loi travail) et de la question démocratique.

PS : Cambadelis soutient sans commentaire la position de François Hollande

LR : Nicolas Sarkozy demande un nouveau traité axé sur la sécurité, des frontières notamment, avant la fin de l'année.

FN : Marine Le Pen demande un referendum du même type que celui organisé Outre-Manche. Elle propose un processus de « récupération de la souveraineté et de l'indépendance » de la France, une sortie de l'UE réalisée en 6 mois. Reprise du discours « les mondialistes contre les patriotes ».

PG : Après le résultat du Brexit les mots de Jean-Luc Mélenchon ont été « L'Europe, on la change ou on la quitte ». Il s'est présenté comme le « candidat de la sortie des traités », donc son option est plutôt la sortie. Jacques Généreux a précisé sur France inter qu'il s'agissait d'une position différente de celle de l'Humain d'abord.

Derniers sondages en France

Odoxa 24 juin :

  • 59% des Français auraient choisi le « remain »
  • Les deux tiers des Français (64%) souhaitent le maintien de la France dans l’Union européenne (en progression)
  • Seul un quart des Français voient dans l’Europe une source d’espoir

Opinion way

  • 81 % des Français jugent indispensable la construction d'un nouveau projet pour l'Europe (dont 82 % de l'électorat de JLM en 2012)

4/ L'heure est à la bataille politique pour la refondation progressiste de l'UE

Notre analyse du scrutin au Royaume Uni doit nous prémunir d'une lecture « française » de cet événement politique, qui assimile spontanément cette campagne à celle de 2005 sur le traité constitutionnel européen qui, elle, était dominée par des arguments de gauche, l'idée qu'il fallait construire une autre Europe et qui avait fait appel à l'intelligence des Français, notamment avec le décryptage des du dit traité.

Les peuples n'en veulent plus, il faut changer l'Europe. Aujourd'hui, nous devons mener une bataille de l'ampleur de celle de 2005, sur l'alternative. La lutte des classes se mène aussi sur l'alternative. Vu la nouvelle alerte exprimée par les peuples du Royaume Uni, après tant d'autres, l'heure est à la refondation progressiste de l'Union Européenne, jusqu'à l'élaboration d'un nouveau traité centré sur le progrès social et la lutte contre la finance. Les échéances de 2017 seront marquées par le débat entre visions globales. Il est temps de passer à l'offensive sur les alternatives et de faire exister celle qui a été étouffée avec le coup d’État contre la Grèce, celle qui est systématiquement écartée quand la question est « rester ou sortir ». Cela implique des propositions pour sortir de l'austérité (ex : renégociation du traité budgétaire, fonctionnement de la zone euro) et produire du développement (voir la tribune de la section économique dans l'Huma du 28 juin). Cela implique un vision de la coopération de peuple et de nations libres, souverains et associés contre le fédéralisme autoritaire et les nationalismes.

Le processus démocratique que nous proposons a été explicité au Sénat par Pierre Laurent « Le temps est venu d'avancer vers une nouvelle Union refondée, une Union de peuples et de nations libres, souverains et associés, tournée vers le progrès humain et la justice sociale, débarrassée de l'emprise prédatrice de la finance. Cette nouvelle Union solidaire et coopérative impliquera par étapes des nouveaux traités. Ils doivent être construits sous le contrôle des peuples européens avec de nouvelles procédures démocratiques, en respectant la souveraineté de tous. La France doit être à l'initiative d'un immense débat public national et européen d'une ampleur inédite. Nous faisons deux propositions :

  • A l'échelle européenne, la France doit proposer le lancement d'Etats généraux pour une refondation progressiste européenne en commençant par mobiliser les gouvernements, les forces politiques, sociales et citoyennes disponibles. Paris pourrait être rapidement le lieu d'une première grande conférence citoyenne européenne.
  • Quant à la France, nous proposons de mettre en place une instance inédite, une conférence citoyenne permanente chargée de construire ce nouveau projet européen et le mandat de la France en Europe. Elle pourrait associer des représentants de toutes les forces politiques, des parlementaires et des élus locaux de tous niveaux et de toutes les sensibilités, tous les syndicats, les ONG et le monde associatif. Toutes les décisions qui engagent la France au plan européen doivent être soumis au Parlement et associer cette conférence citoyenne. Les propositions pour un nouveau traité pourraient être soumises à référendum le moment venu. »

Nous avons présenté des propositions concrètes dont la France devrait être porteuse au Conseil Européen, pour répondre aux angoisses sociales.

  • Mesures contre le dumping social : suspension des négociations sur les traités de libre échange (TAFTA, CETA, TISA), stopper la mise en œuvre des directives de déréglementation sociale, à commencer par la Loi travail en France, renégociation immédiate de la directive sur les travailleurs détachés.
  • Mesures pour sortir de l'austérité : renégociation du traité budgétaire, conférence européenne sur la dette, fléchage des 80 milliards d'euros injectés chaque mois par la BCE sur les marchés financiers vers les services publics et l'investissement public, lutte contre l'évasion fiscale.

ESPAGNE

Rappel : les élections générales du 26 juin étaient les 2e élections après bouleversement paysage politique en décembre 2015 qui n'avait pas permis la constitution d'un gouvernement.

Résultats et analyse

PARTICIPATION: 69,84% (73%)

PARTI POPULAIRE : 33% (28,7 % ); 137 SIEGES( 123)

La droite du PP se renforce par rapport aux élections du 20 décembre 2015. A analyser en lien avec la baisse de Ciudadanos qui étaient une force montante et nouvelle à droite en décembre.

PSOE :22,66%(22%); 85 SIEGES( 90)

Le PSOE reste à son plus bas niveau historique mais reste la première force de l’opposition.

UNIDOS PODEMOS :21,10% (24,4 %: Podemos+IU et confluences); 71 SIEGES( 69)

Contrairement aux annonces des sondages avant l'élection et même les SSU qui annonçaient Unidos Podemos devant le PSOE, et une possibilité de majorité de gauche et donc de gouvernement anti-austérité comme au Portugal, la coalition perd du terrain par rapport à la somme de leurs résultats de décembre. Izquierda unida obtient huit élus dans la coalition (Madrid , Malaga, Séville, Guipuzcoa et Valence + les deux élus dans en Comu Podem et un élue en Galice(en Marea) +3 par rapport à décembre.

CIIUDADANOS : 13,05( 13,94 %) -8 sièges

Un vote de « sécurité ». Il est encore tôt pour produire une analyse détaillée. Mais les commentateurs parlent de « vote de sécurité » comme une conséquence du Brexit (réflexe de repli sur des « valeurs sures » face aux troubles et aux incertitudes provoqués par le vote britannique). Il est possible que les forces de gauche (PSOE perd des sièges, et Unidos Podemos un million de voix) aient payé leur incapacité à former un gouvernement depuis décembre (voir l'article de Cathy Ceibe dans l'Humanité du 28 juin). Les premières explications portent donc sur une recherche de sécurité et de stabilité

Vers un nouveau blocage politique ? Aucune majorité ne se dégage au Parlement ni pour PP+ Ciudadanos ni à fortiori pour Psoe+ Up. Le Psoe ne rentrera pas pour le moment dans une « grande coalition » avec la droite. Il est possible qu’il laisse s'installer un gouvernement minoritaire PP + Ciudadanos pour éviter de nouvelles élections à l’automne. Cuidadanos : son positionnement « centriste radical » empêche alliance avec la droite et avec le PSOE.

Les difficultés pour le Psoe et Up resteront les mêmes dans la recherche d’un accord possible de gouvernement devant tenir compte à la fois de fortes exigences de transformation sociale et du poids des « indépendantistes » qui sans se renforcer vraiment en Catalogne et Pays Basque restent déterminants par la pression qu’ils exercent sur Podemos.

RELEVE DE DECISIONS

=> Formation/ information/ action des communistes

- envoi d'une première analyse de la situation aux adhérents

- préparation d'un matériel de communication reprenant notre position, les axes de refondation de l'Europe et les propositions concrètes faites à l'Elysée (tract, pétition en ligne…) et faisant le lien avec la loi travail en apportant la dimension européenne de la lutte contre le dumping social et pour la démocratie

- université d'été PCF : adapter les débats à l'actualité européenne et à la mise en débat de notre projet. Inviter Slavoj Zizek autour de son dernier livre.

=> Très vite engager la bataille politique sur le projet de refondation et sur les propositions exposées à l'Elysée et au Parlement.

- Favoriser une grande participation au débat du 30 juin « Coup d'envoi de l'Euro 2017. Pour la construction d'une politique offensive à gauche pour la France en Europe », en présence d'Alberto Garzon, le nouveau coordinateur d'Izquierda Unida.

- Poursuivre avec un autre débat sur la politique à mettre en œuvre pour accueillir les migrants (en lien avec l'initiative qui se prépare dans les fédérations proches de Calais)

- rencontres bilatérales avec les forces de gauche, syndicats, associations, ONG, intellectuels et économistes sur la question de l'avenir de l'Europe.

- rédaction d'un appel à faire signer par diverses personnalités/forces pour la tenue une conférence citoyenne, associant tous les partis politiques, les organisations syndicales, les ONG et les associations citoyennes, sur le mandat de la France en Europe et l'avenir de l'UE.

- la grande consultation et la votation d'octobre seront des outils utiles pour cette bataille.

=>Initiatives européennes

- A l'automne, à Marseille, conférence européenne sur les populismes et les extrêmes droites en Europe : analyse de leur diversité, thèmes de luttes communes des forces progressistes. Entrer dans le concret de l'analyse car les populismes ne montent pas partout ni de la même manière : face à la peur qui monte, apporter des éléments de rationalité et de batailles. Création d'un groupe de travail qui associe plusieurs secteurs, en lien avec le PGE.

- organiser une délégation du PCF au Royaume Uni et en Irlande pour témoigner de notre solidarité et faire le point avec nos alliés.

- Congrès PGE : faire un point au CN de septembre sur les enjeux, ce que nous allons y porter, notre engagement dans la future direction, et composer la délégation du PCF

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 07:03

Info transmise par nos camarades d'Ensemble Finistère!

La loi El Khomri mérite un référendum

Pour signer cette Tribune >>>>>

Ce gouvernement ne doit pas continuer à faire monter les tensions dans le pays.

Nous le disons depuis des jours.

Pour imposer la loi travail, peut être croit-il donner l’impression de « l’amender » dans la confusion des départs en vacances, début juillet.

Est-ce ainsi qu’on gouverne ?

Il semble aux abois, à bout de nerfs.

Il manie les provocations policières pour accuser les organisations syndicales et laisse faire quelques groupes violents, en marge des manifestations.

Ses soutiens en viennent à calomnier les « mauvais syndicats », c’est-à-dire les syndicalistes qui ont le mauvais gout de continuer à résister.

Leurs propos sont souvent teintés d’un mépris de classe manifeste.

Décision sans précédent depuis des décennies, il a voulu interdire une manifestation syndicale, remettant ainsi en cause une liberté fondamentale.

Pourtant il faut débloquer la situation.

Le projet de loi EL Khomri est aujourd’hui rejeté par l’opinion. Le gouvernement refuse pourtant de la retirer.

Nous lui demandons alors cette chose simple : ouvrir un vrai débat public contradictoire sur ce projet.

Cela avait été réalisé au moment de la consultation sur le Traité constitutionnel européen, avec à la clef un référendum.

Quels que puissent être les défauts de la forme référendaire, la situation présente est si fermée qu’il faut bien la débloquer.

Nous demandons donc au président de la République, puisqu’il refuse de retirer le projet de la loi El Khomri, qu’il organise un référendum sur le projet présenté à l’Assemblée.

Il est grand temps que les propositions des organisations syndicales soient débattues.

Le gouvernement craindrait-il que le projet de sécurité sociale professionnelle, de nouveaux rapports au droit du travail et de nouvelles modalités de négociation et de formation soient approuvés par le plus grand nombre ?

Heureusement, et contre lui, il a permis de faire entendre, au gré des manifestations, des Nuits Debout et de multiples débats, des exigences et des critiques pertinentes sur l’organisation de la société, un peuple qui vaut mieux que ça, mieux que le silence qu’on lui veut lui imposer, un peuple debout.

N’entend-t-il plus les citoyen-es ?

Qui l’a élu ?

Peut-il gouverner sans le peuple et aussi contre la représentation nationale à coup de 49.3, preuve qu’il n’a pas de majorité pour voter un tel texte ?

Voter à la présidentielle n’est pas donner un passeport vers nulle part.

Élire, même sous la V° République, n’est pas s’en remettre au bon vouloir d’un monarque républicain, qui s’affranchit de son programme.

Élire n’est pas donner une carte blanche mais un mandat.

Il n’en a reçu aucun pour imposer la loi travail.

Il y a eu trop de blessures, trop de mensonges qui accroissent la colère.

Il doit cesser de côtoyer les risques de tragédie.

Nous croyons, pour notre part, qu’une très large majorité de la population a parfaitement compris cette loi : pour favoriser de grands groupes financiers, il faudrait encore réduire les droits des salarié.e.s.

Il n’y aurait plus au final un Code du travail, mais des rapports de dépendance, entreprise par entreprise ; des syndicats contournés, des individus moins payés, isolés, sommés de se soumettre ou renvoyés au chômage.

Les partisans de la loi El Khomri arguent de sa « modernité ».

Qu’ils la démontrent !

Débattons.

Et que tranchent les citoyens.

Il est temps qu’un juge de paix advienne.

En démocratie, c’est le peuple souverain.

Il est temps que lui revienne le dernier mot.

C’est pourquoi nous demandons l’organisation d’un référendum sur le projet de loi travail.

Etienne Balibar (philosophe),

Jacques Bidet (philosophe),

Patrick Chamoiseau (écrivain),

Pierre Cours-Salies (sociologue),

Annie Ernaux (écrivain),

Susan George (présidente d’honneur d’ATTAC),

Pierre Joxe (avocat, ancien ministre),

Pierre Khalfa (économiste,),

Jean-Luc Nancy (philosophe),

Willy Pelletier (sociologue),

Aurélie Trouvé (économiste).

La loi El Khomri mérite un référendum: signez la pétition lancée par 10 intellectuels et militants politiques!
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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 06:55

A la Société GAD, le délibéré sera annoncé en audience publique au greffe du Conseil des Prud'hommes de Morlaix le mercredi 29 juin 2016 à 14 h.

Le vendredi 1er juillet se tiendra une réunion d'information, pour tous les salariés, salle Ploujean à 14 h en présence de Me LE GUILLOU RODRIGUEZ, qui était intervenu aux Rencontres du Front de Gauche pays de Morlaix il y a 18 mois, à Ploujean là aussi, pour faire part de son expérience du plan social chez GAD et plus largement des conflits sociaux liés aux licenciements financiers et des politiques libérales qui favorisent les licenciements et les salariés jetables.

Et au final, est-ce que c'est toujours les patrons qui gagnent?

Gad. 377 salariés déboutés par les prud'hommes
http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/gad-les-salaries-deboutes-par-les-prud-hommes-de-morlaix-29-06-2016-11128719.php

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 06:53

Mettre en échec le TAFTA c’est possible

mardi 28 juin 2016

Les 28 et 29 juin 2016, les chefs d’États des 28 États-membres sont invités, lors du prochain sommet de l’Union européenne (UE), à confirmer leur soutien au mandat de négociation du projet d’accord de libre-échange avec les États-Unis (TAFTA) donné aux négociateurs de la Commission européenne.

Le Premier Ministre a déclaré dimanche à Belleville-sur-Mer (Seine-Maritime) ne plus être favorable au TAFTA.

« Dorénavant, aucun accord de libre-échange ne doit être conclu s’il ne respecte pas les intérêts de l’Union. L’Europe doit être ferme. La France y veillera. Et moi, je vous le dis franchement, il ne peut pas y avoir d’accord de traité transatlantique. »

Le Tafta « imposerait (…) une vision qui ferait le lit non seulement des populismes, mais tout simplement une vision qui serait mauvaise pour notre économie », a-t-il poursuivi, pointant le « choix dramatique » qu’a représenté la suppression des quotas laitiers.

En attendant les opposants au TAFTA continue leur mobilisation en appelant à signer une pétition demandant au Président de la République de mettre fin aux accords. La pétition recense actuellement 57 134 signataires.

Monsieur le Président de la République,

Les accords de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis (TAFTA) et l’UE et le Canada (CETA) mettent en danger notre démocratie, d’autant plus qu’ils pourraient entrer en vigueur sans consultation des parlements nationaux.

L’instauration de droits exceptionnels au bénéfice des entreprises étrangères, ou encore l’intrusion des lobbies industriels dans la préparation des lois menacent la capacité des pouvoirs publics à décider de politiques au service de l’intérêt général.

Les dommages sur les normes sociales, environnementales et climatiques, les droits des travailleurs et des consommateurs, la santé, les services publics, la diversité culturelle ou encore les filières agricoles seront irréversibles.Des millions de citoyen.ne.s et des centaines de collectivités territoriales à travers l’Europe les refusent.

Monsieur le Président, nous vous demandons d’agir en mettant un terme aux négociations du TAFTA et en refusant d’approuver le CETA."

Signer la pétition en ligne

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 06:34
Loi travail: le Sénat adopte une version durcie (Ouest-France)

Le Sénat a adopté mardi le projet de loi travail par 185 voix contre 156, après l'avoir rendu nettement plus libéral lors de ses travaux, alors que le texte était à nouveau contesté dans la rue par des dizaines de milliers d'opposants.

Les sénateurs socialistes, communistes, écologistes et RDSE (à majorité PRG) ont voté contre, tandis que la droite, majoritaire au Sénat a voté pour.

À l’issue du vote, la ministre du Travail Myriam El Khomri a assuré qu'elle restait « tenace et déterminée à amener ce projet de loi jusqu'au bout ».

« Muscles » et « prises de guerre »

Au nom des socialistes, Nicole Bricq a dénoncé un texte « complètement déséquilibré » par la Chambre haute.

« En plein débat des primaires, il vous fallait montrer vos muscles et donc faire des prises de guerre. Mais était-il bien nécessaire de revenir sur les 35 heures ? », a-t-elle lancé à la majorité sénatoriale. L'écologiste Jean Desessard a dénoncé un texte qui amène au « moins-disant social ».

En revanche, pour Alain Milon, président (LR) de la commission des Affaires sociales, le texte du Sénat « constitue une vraie réforme qui ne tombe pas dans la caricature que certains ont dénoncée ».

« Nous ne sommes pas dupes »

Dominique Watrin (Communiste, républicain et citoyen), a critiqué un « projet de droite qui est le frère siamois du projet du gouvernement ». « Nous ne sommes pas dupes », a-t-il lancé.

Dans la foulée du vote, députés et sénateurs, réunis au sein d'une commission mixte paritaire (CMP), devaient tenter de proposer un texte commun, un échec paraissant inéluctable au vu de l'évolution du projet lors de son passage devant la Chambre haute.

En effet, les sénateurs ont mis fin au verrou des 35 heures, supprimé la généralisation de la garantie jeunes, partiellement vidé le compte personnel d'activité, revu à la hausse les seuils sociaux, ou encore rétabli le plafonnement des indemnités prudhomales (à 15 mois de salaire).

Une « nouvelle journée d'actions »Cette version devrait toutefois être détricotée par les députés lors d'une nouvelle lecture à partir du 5 juillet, pendant laquelle le gouvernement n'exclut pas de recourir à nouveau à l'article 49-3 pour faire adopter sa version sans vote.

Les syndicats hostiles au texte restent quant à eux déterminés. Après une 11e journée de mobilisation mardi, le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez a déjà annoncé une« nouvelle journée d'actions » à l'occasion du retour du texte devant les députés.

Et si le Premier ministre Manuel Valls a fait un pas en acceptant de recevoir mercredi et jeudi les organisations syndicales et patronales, Matignon a prévenu qu'il n'était pas question pour autant d'ouvrir des « négociations » sur le texte, mais de « faire un point » avec chacun sur les points d'accord et de désaccord.

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 06:32

Menace sur le financement et la réforme du RSA

mardi 28 juin 2016

Le collectif national des associations de solidarité réunies au sein du réseau Alerte

Alors que près 1,7 million de personnes, parmi les plus pauvres, perçoivent le RSA, les associations de solidarité déplorent l’incapacité de l’Etat et des départements à trouver un compromis sur le financement de cette allocation de solidarité nationale.

Les associations rappellent que le RSA constitue pour les plus fragiles, le dernier filet de protection sociale pour les personnes qui disposent de moins de 524 euros par mois pour tenter de vivre dignement. La charge nette du financement du RSA supportée par les départements, est aujourd’hui estimée à 3,5 milliards d’euros.

De nombreux départements demandent, depuis plusieurs mois, le transfert de cette charge à l’Etat. Nous, associations de lutte contre l’exclusion, pensons que l’Etat doit se saisir rapidement de cette question car :

elle menace la pérennité du financement et du versement de l’allocation, notamment sur les territoires les plus touchés par la crise économique,

elle incite les départements à durcir les conditions de versement de l’allocation, parfois à travers des mesures illégales qui stigmatisent les bénéficiaires,

elle contraint les départements à se désengager des politiques d’insertion et d’accompagnement des allocataires du RSA pourtant nécessaires à l’accès aux droits et au retour à l’emploi des personnes.

Face à la gravité de la situation nous demandons au Gouvernement et à l’Association de Départements de France d’assumer leur responsabilité en trouvant rapidement un compromis permettant de garantir le caractère pérenne de cette prestation dont le financement relève de la solidarité nationale.

Nous demandons également à l’État et aux départements de définir une feuille de route et un calendrier de réforme du RSA, en concertation avec les associations pour simplifier l’accès à l’allocation, réduire le taux de non recours scandaleusement élevé (30 %), l’ouvrir aux moins de 25 ans et unifier les minima sociaux sur la base des préconisations du rapport de Christophe Sirugue dont nous attendons la mise en œuvre.

Communiqué du Réseau Alerte

Menace sur le financement et la réforme du RSA

Alors que près 1,7 million de personnes, parmi les plus pauvres, perçoivent le RSA, les associations de solidarité déplorent l’incapacité de l’Etat et des départements à trouver un compromis sur le financement de cette allocation de solidarité nationale.

Les associations rappellent que le RSA constitue pour les plus fragiles, le dernier filet de protection sociale pour les personnes qui disposent de moins de 524 euros par mois pour tenter de vivre dignement. La charge nette du financement du RSA supportée par les départements, est aujourd’hui estimée à 3,5 milliards d’euros.

De nombreux départements demandent, depuis plusieurs mois, le transfert de cette charge à l’Etat. Nous, associations de lutte contre l’exclusion, pensons que l’Etat doit se saisir rapidement de cette question car :

  • elle menace la pérennité du financement et du versement de l’allocation, notamment sur les territoires les plus touchés par la crise économique,
  • elle incite les départements à durcir les conditions de versement de l’allocation, parfois à travers des mesures illégales qui stigmatisent les bénéficiaires,
  • elle contraint les départements à se désengager des politiques d’insertion et d’accompagnement des allocataires du RSA pourtant nécessaire à l’accès aux droits et au retour à l’emploi des personnes.

Face à la gravité de la situation nous demandons au Gouvernement et à l’Association de Départements de France d’assumer leur responsabilité en trouvant rapidement un compromis permettant de garantir le caractère pérenne de cette prestation dont le financement relève de la solidarité nationale.

Nous demandons également à l’Etat et aux départements de définir une feuille de route et un calendrier de réforme du RSA, en concertation avec les associations pour simplifier l’accès à l’allocation, réduire le taux de non recours scandaleusement élevé (30 %), l’ouvrir aux moins de 25 ans et unifier les minima sociaux sur la base des préconisations du rapport de Christophe Sirugue dont nous attendons la mise en œuvre.

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