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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:59
Comment le néolibéralisme a défait la démocratie

11 JUIN 2016 | PAR CHRISTIAN SALMON

Les violences policières lors des manifestations contre la loi sur le travail s'inscrivent dans un cycle plus large de régression démocratique qui affecte toutes les libertés fondamentales. Cette régression est la conséquence directe de la victoire du néolibéralisme. Un néolibéralisme qui ne se contente pas de limiter les contre-pouvoirs mais désactive et rend caduc le projet politique même de la démocratie. Il est l'explication de l’échec démocratique du quinquennat de François Hollande.

« Il faudrait une histoire des rapports entre répression et lexique, twittait récemment le philosophe Mathieu Potte-Bonneville. 1986, pelotons voltigeurs motocyclistes. 2016, grenade de désencerclement. » 1986 : c’est l’année des manifestations contre la loi Devaquet, c’est aussi la mort de Malik Oussekine sous les coups de CRS opérant sur des motos tout-terrain. 2016 : c’est la mobilisation contre la loi sur le travail, marquée par des violences policières sans précédent qui ont fait de nombreux blessés, dont deux grièvement.

À cette occasion, le lexique de la répression policière s’est enrichi de nombreux termes, comme Flash-Ball ou LBD, les armes utilisées contre les manifestants, mais aussi des mots nouveaux comme gazage, nasse et même d’anglicismes comme kettling, cette technique anglo-saxonne qui vise à encercler, immobiliser, couper les cortèges en deux ou trois, créer des « souricières » pour réguler le flux et noyer de gaz lacrymogènes les manifestants. L’usage des smartphones sur les lieux de manifestation a permis de documenter de nombreuses violences des forces de l’ordre que Mediapart a récemment rassemblées dans un ensemble accablant.

L’inspection générale de la police a elle-même lancé en 2013 un site « anti-bavures » dans le but de donner une bonne image des forces de l’ordre. Mais le mot même de « bavures », qui réduit la violence policière à des dérapages isolés, exclut de fait toute analyse systémique de ces violences alors que l’évolution du lexique répressif constitue un bon indicateur des changements à l’œuvre dans la stratégie de maintien de l’ordre.

Cette stratégie articule la nature des armes utilisées, le mode opératoire des forces de l’ordre, leur mise en place et leur déploiement, mais aussi la logique qui préside à l’encadrement de la foule par les forces de l’ordre, logique qui substitue au simple maintien de l’ordre le contrôle et l’occupation de l’espace public, et à la protection des manifestants, la confrontation avec eux. Les provocations incessantes de la police contre les occupants de la place de la République à Paris en sont le signe manifeste.

  • Une « acculturation » démocratique

Cette histoire du lexique répressif devrait embrasser non seulement les techniques de répression policière et de maintien de l’ordre pendant les manifestations mais également les formes nouvelles de répression politique. Car ce phénomène de répression s’inscrit dans un cycle de régression démocratique qui affecte toutes les libertés fondamentales depuis plus d’un an : état d’urgence ou d’exception, perquisitions de jour et de nuit, assignations à résidence, projet de déchéance de nationalité, gardes à vue, notes blanches, interdictions administratives de manifester, filatures, écoutes téléphoniques, surveillance numérique, couvre-feu, interdictions de réunion, de circulation, fichage en dehors de tout cadre légal, fiches S, contrôles au faciès, reconduites aux frontières...

Le lexique se fait inventaire à la Prévert. Il désigne des interdits mais aussi des licences que s’accorde le pouvoir exécutif, usant d’un droit d’exception banalisé, des interdits d’actes mais aussi des interdits de langage, comme l’apologie du terrorisme, ou des injonctions comme celle de chanter La Marseillaise dans les écoles ou de brandir le drapeau aux fenêtres. Il s’étend par nappes de mots, redessine les frontières du licite et de l’illicite, du légitime et de l’infâme. Tous ces interdits se croisent, formant, comme le disait Foucault dans L’Ordre du discours, « une grille complexe », qui ne cesse de se resserrer sur les zones en crise : l’identité, la nation et la nationalité, la religion et son double, la laïcité…

Le débat sur la déchéance de nationalité en a été l’exemple le plus éloquent. Les applaudissements qui ont salué, lors du Congrès réuni à Versailles, cette proposition transpartisane du président de la République sont le symptôme d’une véritable « acculturation » démocratique chez ceux qui sont les garants des institutions démocratiques. Mais ce n’est pas le seul. L’arsenal législatif de lois scélérates adopté à la suite des attentats terroristes de janvier et de novembre 2015 a rendu possible une régression démocratique qui concerne toutes les libertés fondamentales.

Ainsi à la faveur de la mise en place de l’état d’urgence, héritage colonial s’il en est, les lois liberticides se retournent aujourd’hui contre des citoyens français et en dehors de tout contrôle judiciaire. Et encore cette régression démocratique déborde-t-elle les mesures de l’état d’urgence, elle participe d’un climat liberticide général. Le nouveau lexique de la répression nourrit une novlangue désormais partagée par nos élites médiatico-politiques par-delà les affiliations idéologiques ; du Front national au Parti socialiste en passant par Les Républicains. Une novlangue avec son lexique, sa sémantique et sa syntaxe.

  • Un moment crucial

C’est un moment crucial et à ce titre peut-être plus important que ne le fut Mai-68 : l’accouchement au forceps du néolibéralisme en France. Le néolibéralisme considéré non pas comme une simple politique économique (la politique de l’offre) mais comme une logique rationnelle générale qui vise à « reformuler » toutes les formes d’expériences et d’existences en termes purement économiques. Ce travail de réécriture, la loi El Khomry l’effectue en partie, elle en est le symbole et le test.

Mais la preuve et la signature de cette entreprise de reformulation, c’est la régression démocratique qui affecte toutes les libertés fondamentales dans ce pays. La liste des atteintes aux droits fondamentaux s’allonge, à l’abri de l’autocensure de plus en plus flagrante de médias passés aux mains de quelques milliardaires. Le licenciement politique d’Aude Lancelin, la directrice adjointe de L’Obs, en offre une image presque caricaturale.

La logique managériale néolibérale qui est celle des actionnaires de cet hebdomadaire s’impose à toute autre logique et au principe même du débat d’idées qui est l’oxygène du journalisme et de la démocratie. Les sociétés de rédacteurs du groupe Le Monde, qui appartient au même trio d’actionnaires, ne s’y sont pas trompées : elles ont dénoncé d’une seule voix cette ingérence des actionnaires dans la politique éditoriale. Les raisons managériales invoquées pour justifier ce licenciement ne sont pas le masque qu’on a voulu y voir, celui d’une éviction à l’évidence politique comme l’a démontré Mediapart ; elles sont le vrai visage de l’absolutisme néolibéral qui ignore et exclut toute autre rationalité politique ou même démocratique. Nous y reviendrons à la fin de cet article…

Les habits neufs de l’hégémonie culturelle

À l’évidence, ce licenciement participe de cette « bataille des idées » qui fait rage, selon les éditorialistes qui recyclent le vieux concept d’« hégémonie culturelle » d’Antonio Gramsci, selon lequel la victoire des idées précède toujours les victoires politiques. L’état-major de cette guerre culturelle, Gramsci le qualifiait d’« intellectuel organique ». Mais qu’en est-il aujourd’hui de l’intellectuel organique ? Où est-il donc passé après 2008 et la crise financière ? Faut-il le chercher (le repêcher) à gauche où il a sombré corps et âme avec le Mur de Berlin ? Ou bien se cache-t-il à droite, dans quelque think tank ou agence de lobbying ? On ne peut, dans le cadre limité de cet article, que formuler quelques hypothèses :

1. Première hypothèse : l’intellectuel organique n’est pas là où on le croit. D'Alain Finkielkraut à Éric Zemmour, les figures médiatiques d’une pensée de droite centrée sur les questions de l’identité nationale, de l’immigration et de la laïcité occupent les plateaux de télévision et les pages débats des journaux mais sont totalement inopérantes s’il s’agit de penser les questions de la souveraineté, du pouvoir et des formes nouvelles de gouvernance. Ces auteurs, qu’on les qualifie de philosophes, de publicistes ou d’éditorialistes, ne sont nullement une spécialité made in France. Ils participent d’un phénomène que je propose de qualifier de « trumpisation des esprits ». La « trumpisation des esprits » n’a rien à voir avec l’hégémonie culturelle et ce pour plusieurs raisons, que l’on peut décliner conformément aux hypothèses suivantes.

2. Deuxième hypothèse : la « trumpisation des esprits » n’est pas un courant d’idées, c’est l’expression d’un ressentiment. Elle exprime un ras-le-bol indistinct qui vise aussi bien l’étranger que l’élite, le religieux comme l’athée, l’exclu et le milliardaire. Son succès dans l’opinion n’en fait pas une pensée hégémonique car elle ne vise pas à créer une nouvelle subjectivité mais se contente de faire écho à des ressentiments. En ce sens, les intellectuels « trumpistes » ne sont pas « organiques » mais « allergiques » : ils se contentent de nourrir la nostalgie du récit perdu, la grandeur de la Nation, blanche, chrétienne, uniculturelle et monolingue, sa culture, son empire et ses satellites ou colonies.

C'est une pensée réactive plutôt que réactionnaire, qui sert tout au plus d’exutoire au malaise « identitaire » qui, en effet, travaille les sociétés dans toute l’Europe et aux États-Unis. Pensée allergique mais sûrement pas régulatrice, pour rester dans la métaphore organique qu’utilisait Gramsci pour penser l’hégémonie culturelle.

3. Troisième hypothèse : l’hégémonie culturelle d’un courant de pensée ne se mesure pas seulement à son influence ou à son audience médiatique mais à sa centralité dans le fonctionnement et la légitimation du système social. L'« intellectuel organique » tel que l’avait défini Gramsci peut donc se reconnaître à sa capacité à transformer un corpus d’idées et de valeurs. Il est celui qui œuvre en faveur de la construction d’une hégémonie en produisant du discours, des concepts et des instruments de gouvernance, nous dirions aujourd’hui des récits, un nouvel « ordre » narratif capable d’inspirer et de « conduire les conduites » (Foucault).

Dans l’immédiat après-guerre, « l’intellectuel organique » en Occident était représenté par le courant keynésien qui élabora, scénarisa et répandit le grand récit fordiste duwelfare state. Nous en connaissons l’intrigue et les personnages. Mais en coulisses, un autre « intellectuel organique » était en gestation : l’intellectuel organique néolibéral. LaSociété du Mont-Pèlerin (en anglais Mont Pèlerin Society, MPS) en fut la couveuse et l’atelier d’écriture. Fondée en 1947 par Friedrich Hayek, Karl Popper, Ludwig von Mises ou Milton Friedman, la Société du Mont-Pèlerin élabora le récit d’un nouvel ordre social, « néolibéral », qui allait s’imposer peu à peu dans les cercles du pouvoir, les médias puis le grand public, avant de triompher à la fin des années 1970 en jetant le discrédit sur le welfare state et en proposant une nouvelle intrigue et un nouvel héros : non plus le consommateur enchanté, mais « l’entrepreneur de soi ».

Cette vision nouvelle de l’homo œconomicus allait inspirer une nouvelle manière de considérer l’État, la gouvernance, les rapports sociaux et internationaux. Ce récit néolibéral allait trouver ses grands narrateurs en la personne de Ronald Reagan et Margaret Thatcher. « L’économie est le moyen, déclara cette dernière en 1988. L’objectif est de changer les âmes. » Pour l’essentiel, l’objectif est atteint. Les ingénieurs de l’âme néolibéraux ont achevé leur travail. Un nouveau sujet néolibéral s’est imposé, dont les qualités et les valeurs sont la flexibilité, l’agilité, l’adaptabilité, la capacité à changer de stratégie en fonction des circonstances, un nouveau moi volatil, axé sur le court terme et libéré du poids de l’expérience passée.

4. Quatrième hypothèse : comprendre l’hégémonie suppose donc de partir non des idées et de leur influence, mais d’une description de ce système, de ses rouages essentiels. Une récente enquête de La Revue du crieur (à lire ici sur Mediapart) dresse le portrait d’un de ces praticiens et producteurs d’idées qui fabriquent les concepts et techniques du néocapitalisme mondialisé.

L’auteur de cette enquête, le sociologue Razmig Keucheyan, a rencontré l’un d’eux : Emmanuel Gaillard. En 2014, le magazine Vanity Fair l’a classé à la seizième place des« Français les plus influents du monde », juste derrière Xavier Huillard, le PDG de Vinci (et avant l’actrice Eva Green !). Le portrait de cet « intellectuel discret au service du capitalisme » bouleverse bien des idées reçues sur l’hégémonie. Gaillard est un expert en arbitrage international. Son grand œuvre est un austère traité de théorie du droit intituléAspects philosophiques du droit de l’arbitrage international. Rien d’un Sartre ou d’un Foucault !

En quoi peut-il être qualifié d’« intellectuel organique » ? L’arbitrage international répond à un problème crucial du néocapitalisme : comment gérer les inévitables frictions ou conflits qui résultent de la mondialisation du capital ? Comment, plus généralement, produire un espace mondial lisse, où le capital puisse circuler sans entraves ? Gaillard est un « courtier » du capitalisme. Se faisant l’intermédiaire entre plusieurs cultures juridiques, lui et ses semblables œuvrent à la mondialisation du capital par le droit.

La démocratie comme un murmure

5. Cinquième et dernière hypothèse : l’hégémonie de l’intellectuel organique ne repose pas sur l’orthodoxie idéologique, la consistance propre à une pensée ou une idéologie mais au contraire sur l’hétérodoxie, la récupération, le braconnage conceptuel. Elle puise sa force dans une sorte de « hacking idéologique », pour reprendre uneexpression de Jérôme Batout dans un article récent. Il prend pour exemple le primat de l’économie sur le fonctionnement social, matrice fondamentale de la gauche marxiste mais qui a pour effet de légitimer à droite une certaine méfiance à l’égard de la politique.« Si l’infrastructure économique commande la superstructure politique, alors il en découle que la politique est une illusion. La politique n’a pas de réalité propre. »

Un autre exemple : dans ses cours au Collège de France, en 1979, Michel Foucault insistait sur le fait que le néolibéralisme n’appréhendait pas les individus comme des consommateurs, mais comme des producteurs et qu’il visait à « substituer à un homo œconomicus partenaire de l’échange, un homo œconomicus entrepreneur de lui-même ». Les idées de Foucault ont inspiré bien des théoriciens du néolibéralisme. Emmanuel Gaillard, lui, s’inspire des concepts de l’œuvre de Pierre Bourdieu !« L’arbitrage, déclare-t-il, est devenu un véritable champ social au sens de Bourdieu ; il se caractérise par une lutte entre acteurs possédant des “capitaux” économiques, culturels et sociaux différents. »

Cet exemple de braconnage idéologique est l’un des traits d’une pensée hégémonique. Capter et mettre à profit les idées de l’autre camp permet de parvenir à un degré de compréhension et de conscience de soi supérieur, en intégrant et en « dépassant » la critique. Cela permet aussi de désamorcer ce que ces idées ont de subversif en les intégrant au bloc d’idées hégémonique.

  • Comment le néolibéralisme a défait la démocratie

Reste la question centrale : en quoi la régression démocratique participe-t-elle du triomphe du néolibéralisme ? C’est là que l’horizon temporel choisi par Mathieu Potte-Bonneville pour son histoire lexicale de la répression prend tout son sens : 1986-2016. Il recouvre grosso modo le cycle des trois décennies de la révolution néolibérale. L’épisode grec de l’été 2015 a mis en évidence la férocité de la lutte que mènent les néolibéraux lorsqu’il s’agit de disqualifier, d’affaiblir et finalement d’abattre tout ce qui s’oppose à la gouvernance néolibérale. Comment articuler le processus de régression démocratique et le cycle historique au cours duquel le néolibéralisme s’est imposé ? La démocratie serait-elle soluble dans le néolibéralisme ?

Le néolibéralisme n’a rien d’une politique du « laisser faire », comme le libéralisme avec lequel on le confond. C’est une politique volontariste, qui se propose de construire les conditions sociales et individuelles d’une forme de gouvernance nouvelle qui reconfigure tous les aspects de l’existence en termes économiques et financiers.

Dans un livre événement encore inédit en France, Wendy Brown décrit comment le néolibéralisme ne se contente pas de limiter les contre-pouvoirs dans l’exercice de la démocratie. Il désactive et rend caduc le projet politique même de la démocratie libérale comme forme sociale et historique autonome.

Wendy Brown faisait déjà ce constat en 2007 dans un précédent essai (Les Habits neufs de la politique mondiale, éditions Les Prairies ordinaires, 2007). « Dans les pays où domine la rationalité politique néolibérale », écrivait-elle, la tendance veut que la« classe dirigeante ne soit plus constituée d’hommes de loi mais d’hommes d’affaires, que les juges soient critiqués et les légalismes soient dénoncés comme des verrous, et que le gouvernement fasse un usage stratégique de la loi comme – pourquoi pas ? – de la transgression de la loi. »

Son nouveau livre, Undoing the Demos,> va plus loin. Selon Wendy Brown, le néolibéralisme a pour effet structurel de débrancher toutes les formes de la délibération démocratique en les faisant basculer dans un registre purement économique. « La démocratie se réduit à un murmure dans les nations euro-atlantiques, affirme Wendy Brown. Alan Greenspan peut déclarer que les élections ont perdu de leur importance parce que, grâce à la mondialisation, le monde est régi par les forces du marché. Ainsi le sens de la démocratie se réduit-il à ce qu’il reste de la liberté personnelle. » Brown décrit en détail comment le néolibéralisme reformule, conformément à sa propre rationalité, tous les ingrédients de la démocratie : la jurisprudence, la gouvernance, la culture politique, les pratiques de citoyenneté, les formes du leadership, le vocabulaire et l’imaginaire démocratiques…

Son argument diffère des critiques habituelles du néolibéralisme, selon lesquelles l’argent et le marché corrompent ou dégradent la démocratie, ou qui décrivent comment les institutions démocratiques sont dominées par la finance. L’analyse de Wendy Brown, et c’est ce qui fait sa force et son originalité, se concentre sur la manière dont la raison néolibérale est en train de subvertir le caractère propre de la raison politique en la reformulant en termes économiques. Les institutions démocratiques ne peuvent survivre à cette transmutation. La modernisation néolibérale ne pourrait donc s’imposer qu’au prix d’une régression démocratique. Nul besoin de dictateurs comme Pinochet au Chili pour cela ! Le néolibéralisme y suffit quand il n’a pas recours à sa forme néoconservatrice pour précipiter le mouvement.

Le livre fournit une série d’études de cas qui illustrent cette déconstruction du Dèmos. Citons-en deux. L’exemple de l’Irak : Wendy Brown montre comment l'Autorité provisoire de la coalition, dirigée par Paul Bremer, a cherché à transformer l'Irak en un paradis néolibéral. Par un simple décret, Bremer a brisé l’autosuffisance céréalière des Irakiens en imposant des restrictions à la réutilisation des semences, ouvrant ainsi la voie aux importations de Monsanto et à ses semences génétiquement modifiées.

Penser l’échec de François Hollande

L'arrêt Citizens United, rendu le 21 janvier 2010 par la Cour suprême des États-Unis. C'est un autre exemple de cette pénétration de la logique néolibérale dans le fonctionnement démocratique. Afin de supprimer les limitations fixées par la loi en matière de financement des campagnes électorales américaines, cette décision assimile les dons des entreprises à l’exercice du droit d’expression défini dans le premier amendement de la Constitution. Brown fait valoir qu’une telle extension du droit d’expression au financement des campagnes par les entreprises a pour effet de mettre sur un même plan le lobbying des entreprises et l’expression de la souveraineté populaire. De fait, la libre expression se trouve assimilée à une forme d’activité économique et les flux discursifs sont identifiés à des flux financiers. Les uns et les autres peuvent être alors considérés comme également légitimes, jouissant des mêmes droits. Ce qui constitue une refonte complète du concept même de Dèmos.

  • « Ce TINA que donc je suis »…

« Undoing the Demos est un livre pour l'âge de la résistance, affirme Costas Douzinas, directeur du Birkbeck institute for the Humanities, pour les occupants des places, pour la génération d'Occupy Wall Street. La philosophe offre une critique dévastatrice de la façon dont le néolibéralisme a évidé la démocratie. Mais la victoire de l'homo œconomicus sur l’homo politicus n’est pas irréversible. Après avoir lu Brown, seule la mauvaise foi peut justifier la tolérance à l’égard du néolibéralisme. »

Ainsi le prétendu déblocage des sociétés opéré par les néolibéraux partout dans le monde s’effectue-t-il sous les modalités concrètes d’un verrouillage brutal des droits fondamentaux. Le livre de Brown permet de comprendre, au-delà des conjonctures et des tactiques locales, comment le néolibéralisme reconditionne les lois et les formes de la démocratie. Il fournit une base solide à la réinvention de formes démocratiques nouvelles. Il permet aussi de penser l’échec démocratique du quinquennat de François Hollande autrement qu’en termes moralistes ou mélancoliques et de comprendre comment un président « normal » est devenu un président d’« exception », responsable d’un rétrécissement historique des droits et des libertés.

L’oligarchie néolibérale qui gouverne le pays serait bien ingrate de ne pas lui en savoir gré, car ce président, plus qu’aucun autre, a réussi l’impossible : discipliner la société, soumettre tout le champ social au calcul économique, faire accepter l’idée que la souveraineté populaire doit être soumise non plus seulement à une autorité politique incarnée, mais à une logique absolutiste désincarnée à laquelle le souverain est lui-même soumis. Ce n’est donc pas seulement de « trahison » qu’il faudrait accuser François Hollande (la trahison de ses promesses, de ses alliances, de son électorat…) mais aussi d’allégeance et de loyauté à l’égard de Bruxelles, du Medef, de l’Otan et surtout de soumission à la raison néolibérale, ce TINA (There is no alternative) qui les inspire et les gouverne.

C’est la leçon du quinquennat sans doute la plus révoltante. Nous sommes dominés non pas par des tyrans, mais par des fondés de pouvoir, une classe « dirigée » et non pas dirigeante, soumise à une autre rationalité que celle qui inspire la démocratie depuis les Lumières. TINA est son cogitoet François Hollande, son interprète. En jouant sur les verbes « être » et « suivre », à la manière de Jacques Derrida, son slogan de campagne pourrait être : « Ce TINA que donc je suis »…

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:57

Communiqué: le 12 juin, tous à Penmarc'h pour un monde sans armes nucléaires!

La Fédération PCF du Finistère appelle les citoyens à participer nombreux au rassemblement pour le désarmement nucléaire ce dimanche 12 juin au phare d'Eckmühl à Penmarc'h à 12h organisé par le Mouvement de la Paix à l'occasion du lancement imminent d'un missile M 51 depuis le suf-Finistère.

L’État français boude le groupe de travail pour des négociations multilatérales pour le désarmement nucléaire, en contradiction avec les traités signés par la France et les mandats de l'ONU.

Notre gouvernement s'est lancé dans une politique ruineuse et irresponsable de « modernisation » de ses armes atomiques, à travers le programme M51, la poursuite des essais nucléaires au Mégajoule du Barp près de Bordeaux, l’engagement du projet de renouveler toute la flotte de sous-marins nucléaires basée à l’ile Longue près de Crozon, le développement de la composante nucléaire aéroportée, l’acceptation de participer au bouclier antimissile (« guerre des étoiles » ) porté par les USA et l’OTAN.

La France est le troisième Etat au monde qui possède le plus de têtes nucléaires. Notre Etat possède ainsi 4 sous-marins nucléaires lanceurs d'engins qui se relaient en mer pour des missions d'une dizaine de semaines.

Equipés de 16 missiles, dotés de 6 têtes nucléaires chacun, chaque sous-marin porte une puissante équivalente à près de 1000 fois la bombe d'Hiroshima.

Cet attirail inquiétant est complété par les missiles ASMP (air-sol moyenne portée) portés par les avions Mirage et Rafale, notamment ceux basés à Landivisiau.

Le PCF milite depuis des années pour que la France prenne des initiatives sérieuses pour tourner le dos à la doctrine obsolète, ruineuse et dangereuse de la dissuasion nucléaire, et qu'elle donne l'exemple pour délivrer l'humanité de ce péril mortel qu'est la prolifération des armes atomiques, 71 ans après Hiroshima et Nagasaki.

Le candidat communiste du Front de Gauche aux élections régionales, Xavier Compain, avait d'ailleurs rencontré au port du fret devant l'île longue l'an passé une délégation japonaise pacifiste constituée de survivants du cataclysme d'Hiroshima.

Communiqué de la Fédération PCF du Finistère: tous à Penmarc'h le dimanche 12 juin pour un monde sans armes nucléaires!
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:50

Pollution anse de Penfoul... Montage de Jean-François Dirringer.

A partir d'une vue satellite et du plan d'épandage du GAEC AVEL VOR reconstitué le plan d'épandage sur la vue satellie.  On y voit bien que les champs où ils épandent sont quasiment tous en bordure du Foul ou de la rivière menant à Kersaint et Trémazan (JF Dirringer)

A partir d'une vue satellite et du plan d'épandage du GAEC AVEL VOR reconstitué le plan d'épandage sur la vue satellie. On y voit bien que les champs où ils épandent sont quasiment tous en bordure du Foul ou de la rivière menant à Kersaint et Trémazan (JF Dirringer)

Déclaration de la Fédération du Finistère

Porcheries industrielles

La course au gigantisme est une voie dangereuse et sans issue.

Les habitants de Landunvez et les associations de protection de l'environnement s’inquiètent à jute titre des projets d'agrandissement d'une porcherie industrielle installée dans la commune.

Le Préfet du Finistère a donné son accord passant outre l'opposition du commissaire enquêteur. Ca c'est de la simplification administrative !

Les risques sanitaires, les interdictions de baignades épisodiques sur les plages de la commune, les épandages odorants, les pollutions des cours d'eau avoisinants n'ont pas fait sourciller le représentant de l' Etat dans le département.

Mais que peut-on refuser à la SARL AVEL VOR (ou AVEL MOC'H c'est selon) dirigée par le Président du Comité Régional Porcin, administrateur du groupement de producteurs AVELTIS qui commercialise 3 000 000 de cochons par an ?

Les citoyens ne peuvent que s’étonner du fossé qui se creuse entre les discours officiels et la réalité.

Les crises succèdent aux crises. Tous les secteurs sont touchés, la filière porcine, la production de lait, les légumiers....

Les actions régulières des agriculteurs sont là pour nous le rappeler

La situation est telle qu'elle fait dire aux experts que la crise est systémique et que le modèle d'agriculture industrielle qui a détruit en Bretagne des dizaines de milliers d'emploi, met à genoux les producteurs, épuise les ressources, impacte violemment l'environnement n'est pas la solution mais bien la source du problème.

Et ce modèle il est grand temps d'en changer.

L'avenir de l’agriculture,l'avenir de nos territoires ne passent pas par la course au gigantisme et l'inscription obligatoire des paysans dans la compétition mondiale, prônée par les ayatollahs du libéralisme forcené. Ils en seront, nous en serons toujours les victimes.

On pourrait alors s'attendre que l'Etat, qui n'est pas avare en déclarations et prétend soutenir une agriculture de qualité, respectueuse des hommes et l'environnement passe sans attendre aux travaux pratiques.

On pourrait s'attendre à ce qu'il s'oppose aux agrandissements déraisonnables et qu'il promeuve les installations et les conversions en agriculture paysanne.

Dans cette bataille, comme dans d'autres l'intervention citoyenne est indispensable.

La fédération finistérienne du Parti Communiste Français apporte son soutien sans réserve aux habitantes et aux habitants de Landunvez, aux associations de protection de l'environnement et du patrimoine engagés dans le combat contre agrandissement de la porcherie industrielle AVEL MOR.

La fédération du Finistère du Parti Communiste - Brest, le 12 juin 2016.

Pétition "Préfet du Finistère: Non à l'agrandissement de la porcherie industrielle AVEL VOR de Landunvez" . Aidez le collectif citoyen en ajoutant votre signature.

Son objectif est d'atteindre 1 000 signatures et nous avons besoin de plus de soutiens. Pour en savoir plus et pour signer, c'est ici:

https://www.change.org/p/pr%C3%A9fet-du-finist%C3%A8re-non-%C3%A0-l-agrandissement-de-la-porcherie-industrielle-avel-vor-de-landunvez?recruiter=148918380&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive

Porcheries industrielles: la course au gigantisme est une voie dangereuse et sans issue. Soutien du PCF Finistère aux habitants de Landunvez qui luttent contre le projet d'agrandissement d'une porcherie industrielle
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:40
Loi travail: la liberté d'expression existe t-elle encore selon le ministère de l'intérieur? - communiqué de la CGT

Loi Travail - Communiqué de la CGT

La liberté d’expression existe-t-elle encore pour le ministère de l’intérieur ?

vendredi 10 juin 2016

C’est avec stupéfaction que la CGT vient de découvrir les consignes de sécurité publiées par le ministère de l’intérieur pour l’Euro.

Dans le chapitre intitulé « Bien se comporter au sein et aux abords des stades », le ministère de l’intérieur recommande de « ne pas tenir de propos politiques, idéologiques, injurieux, racistes ou xénophobes ».

Ces consignes remettent en cause le fondement de la démocratie, la liberté d’expression.

En mettant sur le même plan propos diffamatoires, racistes ou xénophobes - qui relèvent de l’infraction pénale - et propos politiques et idéologiques - qui fondent les libertés constitutionnelles et le débat démocratique - elles génèrent un scandaleux mélange des genres.

Notons au passage que le ministère de l’intérieur s’inquiète davantage des propos politiques que du sexisme et de l’homophobie, oubliés de ces consignes alors qu’ils sont malheureusement bien présents dans les stades.

Le gouvernement a-t-il peur que les supporters, qui sont aussi salarié-es, privé-es d’emplois, jeunes… ne débattent de la loi travail ?

La ficelle est grosse et démontre que la stratégie visant à opposer supporters et grévistes ne fonctionne pas.

Une large majorité de français-es refusent la loi travail, c’est donc aussi le cas des supporters !

De telles consignes sont en tout cas la preuve de la fébrilité du gouvernement, qui depuis 4 mois, en empêchant la négociation et le débat parlementaire, refuse tout débat sur la loi travail.

La CGT exige des clarifications rapides de la part du ministère de l’intérieur et la modification de ces consignes, manifestement contradictoires avec les libertés constitutionnelles.

La CGT continuera sa campagne d’information massive sur la loi travail et ses dangers, sur les lieux de travail, les lieux publics et aux abords des stades.

La CGT Ile de France organise d’ailleurs dès cette après-midi une opération « Carton rouge à la loi Travail ».

Des initiatives de votation et débats avec les supporters sont prévues partout en France.

Pour que les supporters passent un bel Euro et que ce grand évènement sportif valorise la France, la CGT réitère son appel à l’ouverture de discussions.

L’intersyndicale attend toujours la réponse du Président de la République à son courrier du 20 mai dernier, dans lequel les organisations syndicales demandaient à être reçues.

Par son refus de négocier le gouvernement est responsable du blocage.

La loi travail est minoritaire dans l’opinion, minoritaire chez les syndicats, minoritaire chez les parlementaires, elle doit être retirée !

Montreuil, le 10 juin 2016

Loi travail: la liberté d'expression existe t-elle encore selon le ministère de l'intérieur? - communiqué de la CGT
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:32
photo Ouest-France: des résidentes de l'EHPAD de Paimboeuf racontent leur triste quotidien

photo Ouest-France: des résidentes de l'EHPAD de Paimboeuf racontent leur triste quotidien

http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/des-residentes-de-lehpad-de-paimboeuf-racontent-leur-triste-quotidien-4283910

Juliette et Marcelle, résidentes de la maison de retraite de Paimboeuf, lèvent le voile sur le quotidien dans un Ehpad qui connaît des coupes budgétaires.

Témoignage

« Quand je suis arrivée ici il y a onze ans, c'était gai. Ça ne l'est plus. » Marcelle Laurent, 94 ans, a toute sa tête et pas un cheveu blanc. Avec sa copine, Juliette Abellan, 85 ans, elle est résidente de l'Ehpad de Paimbœuf.

Toutes deux paient 1 986 € par mois. Juliette, ancienne gardienne de camping, est clouée dans un fauteuil depuis qu'une maladie atrophie les muscles de son corps. « Depuis trois ans que je suis là, j'ai pris une seule douche. Il y a une belle baignoire dans une grande salle de bains. Mais je n'ai pu y aller que trois fois. Il faut deux ou trois personnes pour m'y mettre. C'est trop, vu les moyens en baisse. » Alors, la toilette de Juliette se fait au gant, sur le lit, le matin.

Couchée à 17 h

Mais ce n'est pas le plus dérangeant, selon elle. Avec l'arrivée des beaux jours, c'est son heure de coucher qui la déprime. « On me couche à 17 h, pour des questions d'organisation du personnel. Plus tôt que les bébés ! Le matin, on me lève de plus en plus tard, souvent vers 11 h. Ça fait court comme journée ! »

Le dimanche, faute de personnel suffisant, Juliette Abellan doit rester au lit, tout comme les jours fériés. « Ce qui fait qu'à Pâques, du samedi soir au mardi matin, elle est restée couchée. Ce n'est pas normal ! », s'exclame son amie, Marcelle Laurent.

Des repas au pas de chargeÀ l'Ehpad, Marcelle joue le rôle de déléguée de classe. Elle siège au conseil « vie sociale » de l'établissement. Elle a vu les conditions de travail se déliter petit à petit. « Des départs n'ont pas été remplacés. Les filles courent partout. Elles n'y sont pour rien, elles font le boulot comme elles le peuvent. Mais elles sont tendues, fatiguées et ça se ressent forcément. »

Ces deux femmes regrettent le temps où elles papotaient avec ces salariées qui partagent leur intimité. « Nous, ça va, on est toutes les deux, on ne s'ennuie pas, lâche Marcelle. Mais pour certains, les journées sont longues. »

Des journées rythmées par des repas qui, eux aussi, doivent aller de plus en plus vite. « Le soir, à peine on a posé la fourchette que l'assiette est débarrassée. On passe à table à 18 h 30. À 19 h, c'est souvent plié. »

Guillaume est l'animateur de la maison de retraite. « Un animateur pour cent résidents, c'est impossible. Et pourtant, c'est essentiel. En 24 heures, les résidents dorment huit heures, ont quatre heures et demie de soins et les temps de repas. Faites le calcul, il reste un paquet d'heures à combler ! »

Pas de véhicule adaptéL'Ehpad de Paimbœuf ne dispose pas de véhicule adapté aux fauteuils roulants. Alors bien souvent, Juliette doit rester à la résidence pendant que Marcelle sort. « Ça s'appelle du tri par le handicap ! », s'exclame Claude Grandjouan, délégué CGT.

« Nous devons faire face à un plan d'économies important, commente de son côté la direction. Qu'une personne doive rester couchée est regrettable. Lever et coucher les résidents fait partie des missions essentielles de nos salariés. Moi, je n'ai rien contre le fait d'avoir le même nombre de salariés le week-end qu'en semaine. Mais nous avons aussi des demandes de salariés qui veulent profiter de leur vie familiale le week-end, ce que je comprends aussi. À Paimbœuf, nous allons rééquilibrer la présence des salariés entre le pôle « Alzheimer » et le pôle ouvert. Pour le camion, nous allons faire appel à des mécènes pour pouvoir l'acheter. On essaie de faire au mieux. »

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:30

Déclaration de la Fédération du Finistère

Lannilis CARGILL prend la poudre d'escampette

Quel avenir pour la phyco-culture ?

Contrariée d'avoir été épinglée en septembre 2015 par l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament pour des productions non autorisées et la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes pour des conditions d'exploitation douteuses, la société CARGILL boude.

Et bouder pour CARGIL -143 000 salariés dans 67 pays, 134 872 milliards de dollars de chiffre d'affaire et 1870 milliards de dollars de résultat net en 2014- c’est casser un de ses jouets.

Le jouet en question est son usine de production d'alginate de Lannilis dont la fermeture est programmée pour la fin de cette année. La vie des 65 salariés du site, l'avenir des goémoniers de l'Aber Ildut, CARGILL s' en moque comme de son premier dollar de profit..

La décision brutale d'un des trusts mondiaux de l'agro alimentaire et de quelques activités connexes ou pas (santé et pharmacie, élevage, transports fluviaux et maritimes, gestion des risques financiers et industriels, électricité et gaz) ne peut qu'interroger l'Etat, la Région et le Département qui ont fait de la filière aquacole un des axes majeurs de développement de la Bretagne en général et du Finistère en particulier.

Elle démontre d'ailleurs que, cachée sous le vocable sportivo-économique de « compétition internationale » la mondialisation capitaliste adossée à la perte d'autonomie des états, au déclin de l'indépendance nationale, est un frein au développement raisonné des territoires.

La décision de CARGILL heurte frontalement les stratégies publiques.

On peut donc légitiment attendre, et c'est singulièrement vrai pour les salariés de l'usine en danger, les artisans récoltants, pour celles et ceux dont l'activité dépend de près ou de loin de ce site industriel, que l'Etat et la Région et le Département, se saisissent sans attendre du dossier de manière exemplaire et novatrice.

On ne peut plus se contenter, comme dans bien des cas, si ce n'est tous les cas, de mesures d’accompagnement à la liquidation, de plan de reconversion dont on ne connaît que trop bien les résultats et autres artifices.

Les pouvoirs publics doivent se fixer pour objectif l'aide à la construction d'une filière locale de phyco-culture, de la récolte ou de la production à la transformation, dans ce secteur géographique qui concentre l’essentiel du potentiel de récolte et de valorisation.

Toutes les pistes doivent être explorées sans tabou, notamment celles qui associeraient sous forme coopérative soutenue par les acteurs publics les différents intervenants de la filière, et en premier lieux les salariés.

Brest le 10 juin

Déclaration de la fédération PCF du Finistère: Lannilis Cargill prend la poudre d'escampette. Quel avenir pour la phyco-culture?
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:16

Le 9 juin 1944 à Tulle, en Correze, sous les yeux de la population, 99 otages, des hommes de seize à soixante ans, sont pendus aux réverbères et aux balcons de la ville par les soldats de la Panzerdivision SS Das Reich. Avec le concours d'historiens et de témoins, retour sur le premier massacre de civils sur le sol français pendant la Seconde Guerre mondiale. Réalisation : Emmanuel Amara pour France 5.

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 06:11

On nous a signalé un article intéressant de Public Sénat sur les contradictions politiques internes du F Haine par rapport à la loi travail:

www.publicsenat.fr/lcp/politique/loi-travail-mesures-liberales-defavorables-aux-syndicats-des-senateurs-fn-1383321

Loi travail : les sénateurs FN défendent des mesures libérales et défavorables aux syndicats… puis les retirent

Si le FN est discret sur la loi travail, les amendements de ses deux sénateurs, Stéphane Ravier et David Rachline, visent à contourner les syndicats et sont dans une veine libérale, chère au FN à Marion Maréchal-Le Pen. Surprise : après publication de notre article, ils ont été retirés…

Le Front national se fait plutôt discret depuis quelques temps. On l’a peu entendu sur la loi travail. Ce projet de loi est examiné à partir de lundi au Sénat (voir notre article sur les 987 amendements du Sénat) et les amendements déposés par les deux sénateurs FN, Stéphane Ravier et David Rachline, sont pour le moins instructifs. Ils montrent à la fois une volonté de contourner les syndicats et de libéraliser le marché du travail. Economiquement, c’est la ligne défendue par Marion Maréchal-Le Pen au sein du parti d’extrême droite, à l’opposée de celle du numéro 2 et proche de Marine Le Pen, Florian Philippot, pour qui ce texte « est la loi sur la dérégulation du travail ».

Hara-kiri parlementaire

Mais les tenants d’une ligne identitaro-libérale vont être déçus. Quelques heures après la publication de notre article, tous les amendements FN ont été retirés vendredi après-midi… Tous, sans exception. Impossible d’en trouver trace sur le site du Sénat. Il y en avait une dizaine. On remarque juste que certains amendements ont été « retirés avant la séance ». A la Haute assemblée, le service de la séance justement, confirme.

Les deux sénateurs FN ne pourront donc pas défendre d’amendement sur la loi travail : la date limite pour les déposer était fixée à jeudi midi. Cet hara-kiri parlementaire peut sembler étonnant. Heureusement, pour ceux qui seraient passés à côté, publicsenat.fr a pu les consulter avant leur disparition.

Doublement des seuils sociaux

Stéphane Ravier et David Rachline propos(ai)ent ainsi, comme les sénateurs LR d’ailleurs, de relever le seuil social de 50 à 100 salariés. Il entraine pour l’employeur diverses obligations en faveur des employés. Si l’on n’est pas étonné de voir le sénateur LR Roger Karoutchi, soutien de Nicolas Sarkozy, proposer le retour de la défiscalisation des heures supplémentaires, on constate que David Rachline le souhaite aussi.

Pour les TPE/PME, Stéphane Ravier souhaite des « exonérations de cotisations sociales, patronales et salariales sur les contrats des apprentis ». Toujours pour les petites entreprises, il veut réduire à « deux mois » la durée de la baisse des commandes ou du chiffre d’affaires qui permet de caractériser les difficultés économiques et autorise les licenciements économiques.

Suppression du compte pénibilité

Le sénateur-maire du 7e secteur de Marseille propose également de donner « la possibilité à l’employeur ou à un salarié de demander au délégué syndical qu’il justifie de l’usage de son crédit de délégation. L’employeur rémunère le salarié sur son temps de délégation, il est donc normal qu’il puisse demander à son salarié des justifications ». « En cas d’absence de justification », l’amendement du sénateur des Bouches-du-Rhône prévoit que « le ou les délégués bénéficiaires reversent à l’employeur les sommes dont ils ont bénéficié au titre de la délégation ».

Autres amendements FN : « supprimer le compte pénibilité » qui « alourdit considérablement les charges administratives des entreprises », supprimer « les commissions paritaires régionales interprofessionnelles » créées par la loi sur le dialogue social, ou encore « limiter le monopole syndical en permettant aux non-syndiqués de pouvoir se présenter ». Là aussi, un amendement similaire est déposé par les sénateurs du groupe LR et son président Bruno Retailleau, pour établir la liberté de candidature.

Suppression de l’article sur le harcèlement sexuel

Les deux sénateurs FN veulent aussi supprimer l’article 1er bis. « En permettant aux personnes victimes de harcèlement sexiste de ne présenter que des éléments de faits laissant supposer l’existence du harcèlement, l’article 1 er bis ouvre la voie à de graves dérives et favorise des attitudes procédurières néfastes aux relations entre employeur et employé. En effet, l’ambiguïté instaurée par cet article favorise un système procédurier où des personnes mal intentionnées pourraient s’engouffrer dans la brèche pour accuser leur employeur sans même avoir à établir des faits permettant de présumer l’existence d’un harcèlement moral ou sexuel » selon l’amendement.

Au détour d’un amendement, David Rachline et Stéphane Ravier en profitent pour rappeler les racines chrétiennes du pays. Les sénateurs du Var et des Bouches-du-Rhône proposent « de considérer les fêtes légales désignées par la loi comme des jours fériés chômés » car « chômer les jours fériés religieux c’est rappeler les fondements culturels inaliénables à l’identité de la France ; chômer les jours fériés civils c’est rappeler les sacrifices et les moments de concorde qui ont fait la grandeur de la France »
.

Loi travail: les sénateurs FN défendent des mesures libérales et défavorables aux syndicats... puis les retirent (Public Sénat)
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 05:00
6 heures pour la Palestine à Plourin les Morlaix: belle fréquentation (Le Télégramme, 11 juin 2016)
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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 04:47
Fermeture du Quartier: communiqué du comité de défense des services publics de Cornouailles, pétition citoyenne pour empêcher la fermeture de ce centre d'art contemporain

Quimper. Environ 700 personnes mobilisées devant Le Quartier
http://www.dailymotion.com/video/x4fnexe_quimper-environ-700-personnes-mobilisees-devant-le-quartier_news

Le collectif de défense des services publics de Cornouailles tient à 
apporter tout son soutien au Quartier et à ses salariés.

La décision unilatérale d'arrêter de verser la subvention municipale à 
cette structure culturelle implantée de longue date sur la Ville, signe 
son arrêt de mort.

Les effets conjugués de la réforme territoriale et des baisses de 
dotations aux collectivités locales vont, à Quimper comme ailleurs, 
reléguer la culture aux oubliettes.

Elle est pourtant un droit et, à ce titre, fait partie de notre bien commun.

Nous invitons l'équipe du Quartier à venir témoigner samedi 11 juin 
après-midi lors des Assises des services publics, Esplanade F. 
Mitterrand, à partir de 16H.30"


 Hélène DERRIEN, pour le collectif de défense des services publics de Cornouailles

Signez la pétition contre la fermeture du Quartier:

https://www.change.org/p/collectif-quimper-cultures-non-%C3%A0-la-fermeture-du-quartier-centre-d-art-contemporain-%C3%A0-quimper?recruiter=68706760&utm_source=petitions_show_components_action_panel_wrapper&utm_medium=copylink

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