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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 19:00

Poussée de l’extrême droite en Allemagne

3 SEPTEMBRE 2016 | PAR THOMAS SCHNEE

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a devancé le parti d'Angela Merkel aux élections locales du Mecklembourg-Poméranie, le fief de la chancelière allemande. C'est la première fois que l'AfD devance la CDU, dans un scrutin qui s'est déroulé un an après la décision de Merkel d'ouvrir les frontières aux réfugiés.

L'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel, devancée par le parti social démocrate (SPD) mais aussi par le mouvement anti-immigration Alternative pour l'Allemagne (AfD), a dû se contenter dimanche de la troisième place aux élections régionales du Land de Mecklembourg-Poméranie occidentale, selon les sondages réalisés à la sortie des urnes. D'après les projections des médias allemands, la formation de droite radicale, qui dénonce la politique d'accueil des réfugiés de la chancelière, a remporté 21,4% des suffrages.

C'est la première fois que l'AfD devance la CDU. Le scrutin s'est déroulé un an jour pour jour après la décision de Merkel d'ouvrir les frontières aux réfugiés qui étaient bloqués en Hongrie et un an avant les élections législatives fédérales, où elle pourrait briguer un quatrième mandat. Le SPD, qui gouverne ce Land rural sur le bord de la Baltique avec la CDU depuis 2006, a recueilli 30,2% des voix, contre 35,6% lors de la précédente élection en 2011, tandis que la CDU est passée de 23% des voix il y a cinq ans à 19,8. C'est son plus mauvais résultat dans cette région de l'ex-Allemagne de l'Est où la chancelière a entamé sa carrière politique après la chute du mur de Berlin.

Voici l'article que nous avions publié avant le résultat des élections :

Berlin, correspondance.- L’Alternative pour l’Allemagne, le parti islamophobe qui monte en Allemagne, devrait battre un nouveau record électoral dimanche lors de l’élection du parlement du Land de Mecklenburg-Vorpommern (Nord-Est). Pour l’AfD, l’élection de dimanche est idéale pour impressionner à bon compte les électeurs allemands qui doutent. D’abord, bien que ce petit Land soit une des régions les moins peuplées d’Allemagne (1,6 million d’habitants, soit 2 % de la population), le scrutin bénéficie d’une grosse couverture médiatique, notamment parce qu’il inaugure la « super-année électorale », qui s’achèvera par l’élection du Bundestag en septembre 2017. Ensuite, dans une région qui ne compte pourtant que 1,2 % d’étrangers et 8 000 réfugiés sédentarisés, la problématique est au cœur du message électoral populiste et efface tous les autres enjeux régionaux : « Le Mecklenburg est comme les autres Länder de l’ex-RDA, glisse le spécialiste de l'extrême droite Hajo Funke. Il y a très peu d’étrangers. Mais on en a particulièrement peur. »

« Nous avons le taux de chômage le plus bas depuis la réunification et nous avons créé 50 000 nouveaux emplois sur les dix dernières années », tente de rappeler le ministre-président social-démocrate Erwin Sellering dans ses meetings électoraux. Celui-ci vante son budget équilibré, des chantiers navals modernisés avec des carnets de commandes bien remplis, ou encore une industrie touristique en plein boom, qui fait du Land la région la plus touristique d’Allemagne. Mais rien n’y fait. « Le problème du Land, c’est qu’il existe d’énormes disparités entre les zones côtières et urbaines qui décollent et des espaces ruraux qui se dépeuplent et où l’on ferme écoles et hôpitaux, analyse Hajo Funke. Le souvenir du marasme économique et du chômage massif d’après la réunification est aussi bien présent. La peur d’être à nouveau déclassé est forte. L’AfD joue dessus et fait des réfugiés les boucs émissaires de toutes les craintes et problèmes. »

Ces peurs ne sont pas nouvelles et ont déjà été exploitées avec succès dans les années passées. L’AfD arrive en effet sur une terre déjà largement défrichée par le Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD). Ainsi, le Mecklenburg-Vorpommern est, avec la Saxe, le seul Land qui a élu des députés NPD dans son parlement. En Saxe, ceux-ci se sont maintenus pendant deux législatures, avant d’être remplacés par les candidats plus « présentables » de l’AfD en 2014. Au parlement de Schwerin, capitale du Mecklenburg, le NPD est en revanche toujours présent (6 % des voix) et espère se maintenir : « Au nord-est, le NPD est là depuis longtemps et a tissé des liens étroits avec les confréries néonazies. Il y a un réseau brun très bien ancré, violent et sensible aux thèses xénophobes de tous bords », explique le chercheur Hajo Funke. Ancien présentateur radio bien connu dans la région, et tête de liste de l’AfD, Leif-Erik Holm a d’ailleurs fait savoir qu’il n’excluait pas par principe d’épisodiques coopérations parlementaires avec les néonazis du NPD.

La surexposition des réfugiés dans la campagne électorale est alimentée par d’autres facteurs. Alors que « l’allié » turc est en pleine dérive guerrière et autoritaire, et que l’Allemagne a connu fin juillet les premières attaques terroristes sur son territoire, les politiques de sécurité, d’accueil et d’intégration des réfugiés restent forcément au premier plan du débat politique national. Et l’élection de dimanche arrive un an tout juste après le « grand tournant » de Merkel.

Le 28 août 2015, la chancelière s’était fait violemment huer par des militants d’extrême droite lors de la visite du foyer d’accueil d’Heidenau. Émotionnellement affectée, comme elle le concédera plus tard, Mme Merkel avait prononcé trois jours plus tard le fameux « Nous y arriverons », slogan qui symbolise désormais sa politique. Le 2 septembre 2015, le monde entier a été secoué par la terrible photo du corps du petit Aylan, rejeté par les flots sur une plage turque. Enfin, c’est le 4 septembre 2015 que l’Allemagne et l’Autriche ont décidé d’ouvrir leurs frontières à des dizaines de milliers de migrants coincés en Europe de l’Est. Pour certains, cette décision a permis d’éviter une vaste catastrophe humanitaire et un drame politique. Pour d’autres, elle a provoqué un appel d'air migratoire déstabilisateur pour l’Allemagne et l’UE.

Sous la pression d’événements extérieurs, comme les agressions sexuelles du jour de l’an à Cologne, ou internes à sa famille politique, où elle est de plus en plus contestée, mais aussi face aux sondages et à l’attitude peu solidaire des pays de l’UE, la chancelière allemande a depuis mis beaucoup d’eau dans son vin. Et a nettement infléchi sa politique de la « bienvenue ».

Parmi les lois et mesures votées au cours de l’année écoulée, on relèvera le rétablissement partiel des contrôles aux frontières, un nouveau droit d’asile qui limite le regroupement familial, facilite les expulsions et permet l’assignation à résidence des réfugiés. Ou encore un accord négocié avec la Turquie, s’engageant à bloquer une bonne partie du flux de réfugiés en échange de plusieurs milliards d’euros. Parallèlement, de multiples mesures financières et réglages organisationnels ont été adoptés au niveau fédéral et régional pour faciliter l’intégration linguistique et professionnelle des réfugiés.

Depuis le début 2016, l’Allemagne n’accueille plus que quelques centaines de réfugiés par jour, contre une moyenne quotidienne de 6 800 en novembre 2015. L’Agence fédérale pour les réfugiés et les questions migratoires (BAMF) prévoit moins de 300 000 nouveaux réfugiés en 2016, contre 1,1 million en 2015. Et la catastrophe prédite par Pegida ou l’AfD n’a pas eu lieu, entre autres grâce aux millions de bénévoles venus aider des communes souvent débordées. Mais après l’accueil, le temps de l’intégration est venu : « Ils doivent maintenant apprendre la langue et un métier. Nous avons encore un très, très long chemin devant nous », reconnaît Susanne, une énergique retraitée berlinoise, qui ne compte plus les vêtements donnés pour les réfugiés qu’elle a triés ces derniers mois.

Tout cela n’empêchera pas le succès attendu par l’AfD dimanche. Mais ce revers est déjà pris en compte dans les stratégies des grands partis. Malgré la tentation, ceux-ci refusent de se laisser emporter par la rhétorique haineuse et facile de l’AfD : « On relève pour l’instant une influence faible de la pensée de l’AfD sur les programmes et déclarations des autres partis. Le seul dirigeant qui s’est vraiment laissé aller à faire de la récupération est le conservateur bavarois Horst Seehofer qui a, de ce fait, fortement affaibli son camp », relève le politologue Hajo Funke.

Dans une interview accordée mercredi dernier au quotidien munichois Süddeutsche Zeitung, Angela Merkel a choisi d’adopter une position pédagogique et critique sur sa politique. « De nombreux réfugiés sont déjà arrivés en Europe en 2004 et 2005, et nous avons laissé l’Espagne et les pays frontaliers se débrouiller avec», a-t-elle reconnu, en défendant une meilleure collaboration entre pays européens, mais aussi avec les pays d’origine des migrants. Ce faisant, la chancelière allemande a aussi fait comprendre qu’elle comptait bien résister aux sirènes populistes et xénophobes. « La chancelière agit par conviction et elle attend un revers dans le Mecklenburg, prévoit Hajo Funke. Elle a aussi reconnu que l’Allemagne ne supporterait pas un nouveau million de réfugiés. Mais ce n’est pas cela qui va la faire abdiquer. Au contraire, elle va probablement s’engager à renforcer les mesures d’intégration. » Même si sa popularité doit en pâtir.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 18:36
Ordre du jour du Conseil Communautaire de Morlaix-Communauté (CCI de Morlaix) le lundi 12 septembre 2016 à 18h

Le lundi 12 septembre 2016 à 18h aura lieu le Conseil de Communauté de rentrée de Morlaix Communauté.

Les Conseils de communauté suivants seront le lundi 3 octobre (avec le vote sur le choix de gestion pour les transports publics), le 14 novembre et le 19 décembre.

A l'ordre du jour de ce conseil communautaire du 12 septembre à 18h:

- Installation de Pierre Le Goff, nouveau maire de Guimaëc, comme conseiller communautaire titulaire, et de André Nedellec, 1er adjoint, comme suppléant pour la commune de Guimaëc

- Remplacement de Georges Lostanlem au SPANC, à l'ULAMIR, à la CLECT, à la commission Accessibilité

- détermination du nombre de vice-présidents: l'exécutif communautaire voudrait créer deux postes de vice-présidents supplémentaires (plus de personnes à satisfaire, plus d'indemnités à verser, et peut-être aussi une manière de dessaisir certains élus de certaines compétences, pour des raisons... techniques ou politiques, on le saura très vite!)

- Election de ces vice-présidents. On ne connaît toujours pas leurs domaines de compétence et il n'y a pas eu d'appel à candidatures. Tout cela est comme d'habitude très démocratique... Petits arrangements entre amis du PS et de la droite...

- Décisions budgétaires modificatives

- Attribution d'un fonds de concours à la commune de Garlan en vue du projet de restructuration de la mairie et de mise aux normes Personnes à Mobilité Réduite.

- Fixation des taux de la TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères) tenant compte de la fusion de St Thégonnec et de Loc-Eguiner

- Création d'une mission de préfiguration compétences Eau et assainissement

- Création d'un deuxième poste de directeur général adjoint: Morlaix Communauté sera bientôt une "véritable armée mexicaine" où il y aura plus de cadres que de simples employés et d'exécutants... Et le rôle des élus dans tout ça! On est vraiment là dans une dérive technocratique: on déshabille les communes, lieux du débat démocratique et du lien avec les citoyens, de leurs compétences, et on crée des mastodontes qui gèrent entre services, quelques élus triés sur le volet, bureaux d'études, CCI et entreprises... Tout cela sans que le citoyen et l'élu de base n'ait vraiment son mot à dire dans la construction de la décision publique!

- Attribution d'une subvention de 3 000€ à l'association AADI présidée par Jean-Claude Breton et qui compte 111 membres, pour le festival "Armor India". AADI, dont le président est à l'initiative d'un projet d'institut franco-indien à Morlaix et Lorient, demandait une subvention de 5000€, sachant que beaucoup de spectacles, de venues d'artistes et d'intellectuels et de réservations de salles dans le cadre du festival Armor India sont financés sur fond privé.

- Attribution d'une subvention de 3200 € au comité des fêtes du Ponthou pour le 42ème Grand Prix du Viaduc

- Attribution de subvention aux clubs de handball de Morlaix-Plougonven (proposition de 12000€, pour 14000€ demandés en 2016) et de l'Union sportive de Taulé (8000€)

- Attribution d'une subvention de 15 000€ au CCAS de Morlaix

- Attribution d'une subvention pour les horaires élargis de l'accueil Petite Enfance à Morlaix

- Convention de cofinancement pour l'aménagement des abords du nouveau collège de Plounéour Menez. Participation de 120 000€ de Morlaix Communauté

- Rapport d'activités de 2015 de SOTRAVAIL - SPL et SEML (société publique de gestion des déchets dont Morlaix Communauté fait partie des communautés d'agglomération actionnaires) et SYMEED 29 (syndicat mixte pour la gestion durable des déchets du Finistère).

- Rapport annuel 2015 sur le prix et la qualité du service public d'assainissement non collectif

- Aide financière à la réhabilitation des installations d'assainissement non collectif

- Mise en place du SAGE Léon - Trégor. Les intitulés des objectifs du Sage sont l'amélioration de la qualité de l'eau, la préservation du littoral, l'amélioration de la fonctionnalité des milieux aquatiques et naturels, la sécurisation de la ressource en eau potable, la lutte contre les inondations, les submersions marines et l'érosion côtière

- Convention de partenariat avec la CCI de Morlaix

- Détermination de la taxe de séjour touristique pour l'année 2017

Voir le compte rendu officiel du Conseil Communautaire du 4 juillet 2017

Conseil communautaire du 4 juillet 2016: bref compte rendu avec les photos de Pierre-Yvon Boisnard

Conseil Communautaire du 4 juillet 2016 (compte rendu du Ouest-France et du Télégramme)

Les interventions d'Ismaël Dupont, élu communautaire du Front de Gauche, consignées dans le compte rendu officiel de Morlaix Communauté:

- Délibération D16-138 Objet : Création d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi Rapporteur : Guy Pouliquen - Le CAE a pour objet de faciliter l’insertion professionnelle des personnes sans emploi rencontrant des difficultés particulières d’accès à l’emploi. Les collectivités territoriales sont autorisées à établir ce type de contrat. Morlaix Communauté peut donc décider d’y recourir. Cette démarche nécessite un engagement à former en interne le candidat retenu, et à rechercher des formations extérieures en lien avec Cap Emploi et/ou la Mission Locale. L’État prend en charge au minimum 80 % (au maximum 95 %) de la rémunération correspondant au SMIC et exonère les charges patronales de Sécurité sociale. La somme restant à la charge de Morlaix Communauté est donc minime. Il est proposé le recrutement d’un CAE à temps complet, pour intégrer le service des Systèmes d’information et afin de permettre au candidat retenu d’acquérir des qualifications dans ce domaine. Il s’agit d’un contrat à durée déterminée d’une période de 6 mois minimum et 24 mois maximum, renouvellements inclus.

Ismaël Dupont souhaite savoir si le poste auquel correspond ce contrat est durable ou non : s'il est durable, pourquoi ne pas passer directement à l'embauche d'un CDI ? La rémunération au SMIC ne correspond pas forcément aux qualifications de la personne, et il s'agit encore d'un contrat précaire. On sait que les collectivités, l'État, l'Éducation Nationale à travers l'emploi des personnels ATOS, sont champions en matière de contrats précaires, souvent justifiés par la gestion sociale du chômage de longue durée. Ce serait préférable de créer des emplois stables quand on a l'assise financière pour le faire.

Ce contrat d'aide à l'emploi correspond au poste que Morlaix Communauté peut offrir aujourd'hui et à sa volonté d'utiliser ce type de contrat pour permettre à des personnes de sortir de la précarité, répond Jean-Luc Fichet. Il ne s'agit pas pour l'instant d'un poste pérenne, mais de l'ouverture d'un contrat d'accompagnement dans l'emploi en matière d'informatique.

***

- Objet : DSP Transport - Protocole transactionnel et avenant à la convention de DSP - Compensation tarifaire Rapporteur : Jean-Luc Fichet

Morlaix Communauté gère, par le biais de la DSP, plusieurs équipements et services (Auberge de Jeunesse, Aéroport, Espace aquatique, Transport). Dans le cadre de ses prérogatives de délégant, Morlaix Communauté se doit d’assurer un contrôle régulier de ces activités (comme cela a d’ailleurs été rappelé dans le récent rapport de la CRC). Ainsi Morlaix Communauté a diligenté une mission d’audit sur l’ensemble des contrats en cours. Le présent rapport concerne le contrat relatif aux transports publics, le Conseil de Communauté étant saisi des conclusions concernant les autres activités à la rentrée 2016. Le réseau urbain TIM est géré dans le cadre d'une DSP (Délégation de service public) attribuée à la société Kéolis Morlaix pour une durée de huit ans (2009-2017). Morlaix Communauté verse chaque année une contribution à Keolis Morlaix qui correspond à la différence entre les charges d'exploitation prévisionnelles et l'objectif de recette fixé dans le contrat. Ces deux éléments sont actualisés tous les ans selon la formule prévue au contrat. Pour 2014, la contribution financière forfaitaire s'est élevée à 1 998 000 € HT. La collectivité verse également une compensation tarifaire, dont le versement vise à dédommager le délégataire des réductions de tarifs ou de l'octroi de gratuité accordés à certaines catégories d'usagers par l'autorité organisatrice. Pour 2014, la compensation s'est élevée à 64 600 € HT. L'audit a eu pour objectif de juger et de contrôler la bonne adaptation des clauses du contrat par rapport aux équilibres économiques du service délégué et à la qualité des services rendus aux usagers. À partir des rapports d'activité et de l'ensemble des documents transmis par le délégataire, l'audit a permis d'établir que les clauses générales du contrat étaient respectées. L'analyse contractuelle et financière de la convention de DSP a cependant mis en exergue des incohérences sur le calcul des compensations tarifaires en lien avec la contribution financière forfaitaire. Il a ainsi été relevé que Morlaix Communauté versait deux fois la compensation tarifaire. Une première fois au prévisionnel, à travers la contribution financière forfaitaire. Une seconde fois au réel, sur la base des factures émises pour chaque usager bénéficiant de la gratuité des transports. Cette double facturation relève d'une contradiction juridique au sein de la convention de DSP. C'est pourquoi, eu égard à la présence d'une incohérence entre les montants indiqués dans l'article 21.3 et dans l'annexe VIII de la convention de DSP et à la bonne foi des parties, il a été convenu entre les deux structures sur la base d'un accord négocié : ➢ que les compensations versées pour les années 2009 à 2012 ne seraient pas rétribuées à la collectivité ; ➢ que les compensations tarifaires dues pour un montant total de 225 299 € HT pour la période du 1er janvier 2013 au 30 juin 2016 seraient rétribuées à Morlaix Communauté, engagement formalisé par la mise en place d'un protocole transactionnel ; ➢ que la régularisation du calcul de la compensation tarifaire pour la période du 1 er juillet 2016 au 1er juillet 2017 s'effectuerait par la passation d'un nouvel avenant à la convention de DSP. Il est proposé au Conseil de Communauté : • d'autoriser le Président à signer un protocole transactionnel, valant engagement réciproque entre Morlaix Communauté délégant, et Kéolis Morlaix délégataire, afin d’épurer la situation antérieure couvrant la période 2009-2016 (1er semestre), • d’autoriser le Président à signer un avenant afin de régulariser la période restante du contrat de DSP du 1er juillet 2016 au 1er juillet 2017.

Ismaël Dupont ne comprend pas l'objet de la délibération. Si ces compensations ont été payées deux fois, entre 2009 et 2016, en vertu d'une erreur dont la collectivité aurait pu être informée par Kéolis, pourquoi leur faire cadeau de la moitié de la somme ? M. Dupont a bien compris qu'il y avait eu une négociation à ce sujet. Mais sachant qu'un renouvellement de contrat de DSP est en vue, la collectivité était en position de force, et c'était son droit et son devoir de récupérer la totalité de la somme, soit 500 000 euros. La question est légitime, reconnaît Jean-Luc Fichet, pour qui cela a été aussi la première question posée. Le problème, c'est que l'on constate que si Kéolis aurait pu le remarquer, Morlaix Communauté, le délégant, aurait aussi pu le remarquer. C'est lié au fonctionnement de Morlaix Communauté et à l'absence d'un contrôleur de gestion, qui aujourd'hui est en poste et regardera plus finement la manière dont est utilisé l'argent public et dont sont menés les contrats avec les partenaires. Après différents échanges avec Kéolis et rapprochement des services juridiques de la collectivité, le constat est que si Morlaix Communauté demande la totalité de la somme, et que Kéolis ne reconnaît pas que la faute lui est imputable totalement, on part sur de l'arbitrage auprès des tribunaux, ce qui peut durer très longtemps, sans qu'on soit sûr de l'aboutissement. D'où ce compromis à 50/ et l'avenant à la convention pour ne pas reproduire deux fois la même erreur. Comme toutes les transactions, celle-ci n'est sans doute pas entièrement satisfaisante. On pourrait penser espérer 500 000 €, mais dans 7 ou 8 ans, et dans le meilleur des cas en ayant raison, ce qui juridiquement, aujourd'hui, n'est absolument pas prouvé. Quant au fait d'être en position de force du fait d'une renégociation, il ne faut pas mélanger les choses. Le protocole transactionnel proposé est à sortir de la relation qu'a Morlaix Communauté avec Kéolis et du service rendu, qui est un bon service. On ne peut conditionner à une erreur non signalée le fait d'être à nouveau candidat à une DSP. On n'en n'a pas le droit. Bernard Guilcher souligne qu'il y a eu 10 avenants sur ce contrat. Et la délibération mentionne bien que « l'audit a permis d'établir que les clauses générales du contrat étaient respectées »

Abstention d'Ismaël Dupont sur cette délibération.

***

Délibération D16-152 Objet : Modes de gestion transport - Lancement de la procédure de DSP

Ismaël Dupont a plaidé à de nombreuses reprises pour une régie publique des transports. L'analyse des comptes de Kéolis sur plusieurs années montre une certaine complexité, une certaine opacité de ses comptes, dont la délibération précédente apporte une nouvelle preuve. L'analyse fine des comptes montre des frais de direction régionale et des frais de siège qui permettent un transfert des bénéfices de Kéolis vers la maison mère, donc vers ses actionnaires (la SNCF pour moitié, des fonds de placement canadiens, AXA, la Caisse des Dépôts et Consignations). Une régie publique ou une SPL permettrait de suivre en direct l'évolution des besoins, les recettes pouvant être redistribuées dans l'investissement ou dans une amélioration du service. Aujourd'hui la collectivité paie les bus et les investissements, l'entreprise ne gère que le personnel et les services commerciaux : il n'y a pas de raison que la collectivité ne puisse pas le faire. Ismaël Dupont ne vote pas contre cette délibération, car le choix sera pris en octobre. Par contre il regrette que dans le rapport de présentation des modes de gestion, le dimensionnement du réseau de transports péri-urbains soit déjà inscrit dans le marbre, puisqu'il est question de 4 à 7 lignes péri-urbaines. Or il n'y a pas eu de débat approfondi sur ce schéma de transports ni sur les possibilités budgétaires qui pourraient être libérées pour lui. Dans le cadre du contrat de territoire, il était possible d'avoir un débat sur les priorités budgétaires de Morlaix Communauté. Ismaël Dupont pense que le transport, la lutte contre le réchauffement climatique, la mobilité des habitants constituent une priorité à prendre en compte. Y aura-t-il une évaluation financière d'un passage en régie publique ou en SPL, de la même façon qu'il y aura une évaluation financière d'un renouvellement de DSP ?

***

Délibération D16-154 Objet : Nouveau maillage des déchèteries et axes de travail déchets verts et encombrants Rapporteur : Jean-Luc Fichet

Ismaël Dupont constate que les nouvelles lois imposent une mise aux normes des déchèteries, sur laquelle Morlaix Communauté est déjà en retard, ayant pris le temps de réfléchir à ce sujet. Cependant, pour la population, il y a parfois une perplexité qui s'installe, car le réseau des déchèteries n'est pas si ancien que ça. Une déchèterie longtemps menacée, celle de Plougonven, était la dernière installée. Elles ont coûté de l'argent aux communes. Il y avait donc des interrogations sur la nécessité de les reconstruire ou de réduire l'offre de déchèteries de proximité. Ce débat s'inscrit sur le fond d'une réduction drastique des dotations budgétaires. Morlaix Communauté perd 1 million d’euros de recettes cette année, et sur l'ensemble du mandat, c'est une perte de 10 millions d’euros de dotations d'État qui n'arrivent plus à la collectivité. C'est à mettre en balance avec les 8 millions d’euros que va coûter ce nouveau maillage de déchèteries. Ismaël Dupont salue l'action des collectifs citoyens pour défendre ce service public de proximité, le collectif de Plougonven qui a fait signer plus de 1 500 pétitions pour le maintien de sa déchèterie, et celui de Saint-Thégonnec, qui a fait signer plus d'un millier de pétitions. Ces collectifs visaient à sensibiliser les citoyens à leur intérêt local, mais aussi à 2013 2014 2015 tonnages encombrants 53 55 40 tonnages ferraille 29 34 24 total tonnages 82 89 64 total inscrits réels 713 656 530 total heures agents mobilisés 733 700 545 une question d'intérêt général. On voit que la lutte peut payer, puisque le bureau d'études qui avait réalisé la première étude sur le nouveau maillage prévoyait la suppression de la déchèterie de Plougonven, et la décision finale est de la réhabiliter. Ismaël Dupont fait savoir que Guy. Pennec, aujourd'hui absent, lui avait reproché en commission Environnement de crier au loup avant d'avoir toutes les informations et d'avoir transmis les informations à ces collectifs citoyens. Ismaël Dupont pense que le rôle d'un élu n'est pas de contracter avec les autres élus pour décider ensemble dans leur coin sans impliquer la population. Son rôle est de donner à la population les moyens de se saisir des affaires qui la concernent et d'intervenir dans le débat si les élus ne prennent pas l'initiative de les associer aux discussions. Il entend bien qu'il y a eu une discussion avec l'ensemble des élus locaux des communes concernées, mais il n'y a pas eu de réunions publiques pour exposer les enjeux de ce nouveau schéma de déchèteries et les différentes possibilités qui pouvaient exister. Ismaël Dupont le regrette et s'abstiendra sur cette délibération pour deux raisons : elle prévoit la suppression de la déchèterie de SaintThégonnec, remplacée par une déchèterie commune à Pleyber-Christ et Saint-Thegonnec, qui, motif de satisfaction, aura une amplitude d'ouverture plus importante ; ce n'est pas forcément une bonne idée de réduire l'offre de ramassage des encombrants, même si c'est mieux que la supprimer totalement, car quand on réduit l'offre, on réduit aussi la demande, et on se donne à terme des arguments pour supprimer tout à fait le service. Il considère qu'il faut veiller à conserver un service de proximité en matière de déchets, ce pourquoi il défend la collecte au porte-à-porte et pas les conteneurs enterrés : on investit dans du matériel pour supprimer des emplois, et c'est moins confortable pour le citoyen. C'est pour cela qu'il faut défendre un réseau de déchèteries important pour une véritable proximité du service. L'intérêt commun est que les citoyens n'aillent pas bazarder leurs déchets dans les champs ou en dehors des zones prévues pour permettre le recyclage de ces déchets.

***

Délibération D16-159 Objet : Port de Primel-Le Diben - Réorientation des principes d’aménagement du site portuaire Rapporteur : Yvon Le Cousse

Ismaël Dupont va dans le même sens que Thierry Desmarres. La délibération le satisfait plutôt, car elle dit les évolutions du monde de la plaisance et la nécessité de dynamiser le port de Primel. Mais va-t-on lancer de nouvelles études ? Il y a déjà eu 1 million d’euros d'études, comme l'a souligné Thierry Desmarres, dont 500 000 euros à la charge de Morlaix Communauté. Ou bien la réflexion restera-t-elle communautaire, en impliquant les élus communautaires sur la base des projets qui existent déjà et notamment d'un projet qui n'a pas réellement été pris en compte, celui de l'Association pour un petit port breton sympa, qui avait fait l'étude pour un port de 300 places entre la cale et les viviers de la Méloine, qui n'a jamais été prise en considération puisque l'on était dans la défense d'un projet surdimensionné, de 22 millions d’euros, une somme à imaginer dans le contexte d'austérité budgétaire actuel. Ismaël Dupont pense que le projet d'aménagement du port de Plougasnou doit d'abord être destiné à la dynamisation du secteur de Plougasnou, à la réalité des besoins de la plaisance. Il ne peut y avoir de concurrence avec le dynamisme touristique de la région roscovite et son tourisme de standing. Il faut plutôt réfléchir en termes de complémentarité, avec une certaine modestie, en collant aux usages de la plaisance locale. L'aménagement du port de Primel devra respecter la zone humide – défaut majeur du précédent projet - et l'intégrité du paysage.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 16:00
Un dossier qui remet dans son contexte la guerre en Syrie, 5 ans de violences barbares et 300 000 morts après le déclenchement des hostilités (centre d'information des peuples de Grenoble)

Nous avons découvert ce dossier documentaire du centre d'information inter-peuples de Grenoble, une association de solidarité internationale fondée en 1980. Il est membre du RITIMO (Réseau des Centres de documentation et d’information pour le développement durable et la solidarité internationale), sur les étapes et les origines de la guerre en Syrie.

Il nous fait l'honneur de citer un long et douloureux article du Chiffon Rouge écrit en 2015:

"Syrie : l’enfer jusqu’à quand ?" Ismaël Dupont 16 mars 2015

Syrie: l'enfer, jusqu'à quand?

Depuis janvier 2016, date de parution de ce dossier, et mars 2015, date de parution de l'article, des choses ont changé sur le terrain, il y a eu des renversements d'alliance successifs, des évolutions des acteurs (Turquie, régime de Bachar par rapport aux kurdes...), mais la Syrie est plus que jamais enfoncée dans l'enfer d'une guerre civile, régionale, communautaire, politique, aux acteurs cyniques tandis que toute une partie du peuple syrien souffre mille maux.

Lire aussi:

Samar Yazbek entr'ouvre les "Portes de la terre du néant" en Syrie

"La rage et la lumière. Un prêtre dans la révolution syrienne", un témoignage vibrant du père Paolo Dall'Oglio sur la tourmente syrienne

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 08:37
Le clan Bongo, un demi-siècle de règne et de pillage (Rosa Moussaoui, L'Humanité

Le chaos qui guette le Gabon est le résultat logique, terrible, prévisible, de cinquante ans de compromissions françafricaines et de pillage néocolonial. Et jusqu’au bout, le régime autoritaire et corrompu d’Ali Bongo a pu compter sur l’appui de Paris. Durant la campagne électorale, les opposants n’ont-ils pas été réprimés avec la contribution du « savoir-faire sécuritaire » français ? Au nom de la coopération militaire et policière entre les deux pays, la place Beauvau a détaché un commandant de police français à Libreville pour y occuper la fonction de conseiller spécial du commandant en chef des forces de police nationale gabonaises. Il est toujours en poste…

Le clan Bongo, un demi-siècle de règne et de pillage

ROSA MOUSSAOUI

VENDREDI, 2 SEPTEMBRE, 2016

L'HUMANITÉ

Avec la proclamation contestée de la réélection d’Ali Bongo Ondimba, le Gabon s’embrase. Prêt à tout pour garder ses prébendes, le clan présidentiel joue la carte de la répression et du chaos. Des méthodes dictatoriales trop longtemps appuyées par Paris.

Alors que le Gabon bascule dans la violence, comment ne pas repenser au slogan de campagne du président sortant ? « Je veux la paix, je soutiens Ali ! » proclamait Ali Bongo Ondimba. Sous-entendu, moi ou le chaos. Le satrape a hérité de son défunt père le goût du pouvoir. Pas le talent de fin manœuvrier, et c’est au prix d’un artifice grossier que le président sortant veut se succéder à lui-même. Au terme de l’interminable compilation des résultats de l’élection présidentielle du 27 août, de miraculeux procès-verbaux sont venus lui sauver la mise. Leur provenance ? La province du Haut-Ogooué, fief du clan Bongo. Là, Ali Bongo obtient 95,46 % des suffrages, avec un taux de participation tutoyant les 100 %. De quoi réduire à néant l’avance de 65 000 voix enregistrée dans les huit autres provinces par son concurrent, Jean Ping. Cet ancien cacique du régime, proche de Bongo père, a occupé de hautes fonctions, dont celles de chef de la diplomatie et de président de la Commission de l’Union africaine. Il fut un temps le compagnon de la sœur aînée d’Ali Bongo, Pascaline, gardienne d’un magot paternel disputé, dont il a eu deux enfants. Et c’est en 2014 seulement, entre brouilles d’affaires et querelle politico-familiale, que Ping est passé dans les rangs de l’opposition. Avec, en ligne de mire, l’élection présidentielle. À 73 ans, ce Gabonais de père chinois, fin connaisseur des arcanes du régime, a su rallier des figures de l’opposition comme des cadres du régime en rupture de ban. Au point d’incarner l’alternance, faute d’offrir une alternative. Dès le lendemain du scrutin, il revendiquait la victoire, mettant Bongo en garde contre la tentation du passage en force. Déjà, se profilait le spectre des violences postélectorales de 2009. La succession dynastique avait alors provoqué des heurts meurtriers, surtout à Port-Gentil, la capitale économique, où le consulat de France avait été incendié et les installations de Total prises pour cible.

Ali Bongo avait pu compter, alors, sur l’appui des bataillons d’intervention rapide (BIR), l’unité d’élite de l’armée camerounaise dépêchée au Gabon par le dictateur Paul Biya. Des militaires de la plus ancienne base permanente de la France en Afrique avaient été « sollicités » eux aussi, officiellement pour sécuriser les représentations diplomatiques et « protéger les Français ». À Paris, Nicolas Sarkozy s’était empressé d’adouber l’héritier en lui adressant de chaleureuses félicitations. Il faut dire qu’une longue histoire de présence militaire et de prédation économique lie la France à son ex-colonie et, surtout, au clan Bongo, avec son demi-siècle de règne et de pillage. Parrain de la Françafrique, grand argentier des campagnes électorales hexagonales, Omar Bongo avait bâti un solide et lucratif système d’accaparement de la rente pétrolière et des richesses du pays, au détriment de son peuple.

Ces richesses n’ont jamais profité aux Gabonais

Avec une superficie inférieure à 268 000 kilomètres carrés et 1,8 million d’habitants, le Gabon est l’un des plus petits pays d’Afrique. L’un des plus riches aussi, avec ses ressources naturelles exceptionnelles, à commencer par le pétrole, dont l’exploitation est dominée par le géant français Total. Les nombreuses filiales d’entreprises françaises implantées dans le pays tirent profit des bois précieux et des ressources minières (manganèse, fer, uranium, diamants, etc.). Longtemps, les inévitables pourcentages à concéder ont offert aux acteurs de la Françafrique une précieuse chasse gardée… Avant la montée en puissance de la concurrence chinoise, sud-africaine ou encore brésilienne. Quoi qu’il en soit, ces richesses n’ont jamais profité aux Gabonais, privés d’infrastructures et de services publics de base. « Ce peuple est bafoué depuis cinquante ans. Une oligarchie s’est accaparé toutes les richesses du pays, tandis que les deux tiers de la population croupissent dans la pauvreté. Il n’y a pas de logements, pas de routes, pas d’écoles dignes de ce nom et les hôpitaux sont des mouroirs. Le peuple ne peut plus se ranger derrière un tel régime. Les électeurs ont massivement choisi l’alternance. D’où la révolte à laquelle nous assistons », résume la chercheuse Laurence Ndong, auteure du livre Gabon, pourquoi j’accuse (L’Harmattan, 2016).

Mercredi, après le verdict de la commission électorale, une violente répression s’est abattue sur les protestataires descendus dans la rue. Dans la nuit, des éléments de la garde républicaine, qualifiée de « milice présidentielle » par les opposants, ont fait irruption au QG de campagne de Jean Ping. « Il y a deux morts et plusieurs blessés de source sûre », indiquait le candidat au terme de ce brutal assaut. Jeudi, dans le centre-ville de Libreville quadrillé par la police et l’armée, les carcasses de voitures calcinées, les ruines de barricades nocturnes et la façade noircie du palais Léon Mba, siège de l’Assemblée nationale, témoignaient encore des affrontements de la veille. Le pouvoir brandit l’étendard de la chasse aux « pillards » mais dans les camions qui transportent par dizaines les suspects vers les commissariats, les poings sont levés, on chante la Concorde, l’hymne national. Le ministre gabonais de l’Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, évoquait jeudi soir le chiffre de mille arrestations.

De timides prises de distance de la France

Cette stratégie de maintien au pouvoir à tout prix est d’abord le symptôme d’une impasse politique majeure. Le chaos qui guette le pays est le résultat logique, terrible, prévisible, de cinquante ans de compromissions françafricaines et de pillage néocolonial. Et jusqu’au bout, le régime autoritaire et corrompu d’Ali Bongo a pu compter sur l’appui de Paris. Durant la campagne électorale, les opposants n’ont-ils pas été réprimés avec la contribution du « savoir-faire sécuritaire » français ? Au nom de la coopération militaire et policière entre les deux pays, la place Beauvau a détaché un commandant de police français à Libreville pour y occuper la fonction de conseiller spécial du commandant en chef des forces de police nationale gabonaises. Il est toujours en poste… « D’après certains témoignages, l’armée gabonaise utiliserait des armes françaises, notamment des fusils d’assaut de type Famas, pour tirer actuellement sur les civils gabonais », s’alarme l’association Survie, en rappelant que le gouvernement français se vantait, en 2014, d’avoir formé 4 000 militaires gabonais.

Les timides prises de distance de ces derniers jours augurent-elles une rupture avec la ligne de soutien inconditionnel au clan Bongo qui prévaut depuis cinquante ans ? Dans le sillage de la responsable de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, le Quai d’Orsay s’est prononcé, mercredi, pour la publication des résultats de tous les bureaux de vote. Le lendemain, dans un communiqué aux accents cauteleux, François Hollande condamnait « avec la plus grande fermeté, les violences et les pillages, ainsi que les menaces et attaques portées contre les partisans des principaux candidats » et appelait « toutes les parties à la retenue et à l’apaisement, ce qui suppose un processus garantissant la transparence sur les résultats du scrutin ». À Libreville, à Yaoundé, à Djibouti, à N’Djamena, à Brazzaville, la France défend la transparence, la démocratie et les droits humains. Mais, surtout, ses intérêts économiques et ses parts de marché.

« La France, 50 ans de soutien au régime Bongo »

L’ONG Survie a déploré hier dans un communiqué l’hypocrisie de la France, qui a lancé un appel au calme après un demi-siècle de soutien au régime Bongo. « Le gouvernement français appelle aujourd’hui (hier) à la fin des violences, ainsi qu’à la publication des résultats bureau par bureau, adoptant une posture de soutien à la démocratie. Survie rappelle que la France n’a pourtant fait que soutenir, depuis cinquante ans et jusqu’à aujourd’hui, le régime du clan Bongo », rappelle l’organisation, spécialisée dans la dénonciation de la Françafrique. « La France a continué à soutenir le régime, lui octroyant de nombreuses marques de reconnaissance diplomatique (réceptions à l’Élysée, déplacements de ministres français). Ce soutien s’exerce notamment via la coopération militaire et sécuritaire auprès de l’armée et la police gabonaise, celles-là même qui tuent actuellement les civils gabonais »,ajoute Survie. Selon elle, la France aurait formé près de 4 000 militaires gabonais qui utiliseraient des armes françaises comme des fusils d’assaut de type Famas. « Encore aujourd’hui, de nombreux coopérants français sont présents au sein des forces de sécurité gabonaises, notamment auprès de la garde présidentielle, clé de voûte du système sécuritaire du clan au pouvoir », dénonce Survie.

Rosa Moussaoui

journaliste

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 08:10
Ouest-France, 4 septembre 2016: les communistes mobilisent la population rennaise pour la défense des bureaux de poste

Ouest-France, 4 septembre 2016: les communistes mobilisent la population rennaise pour la défense des bureaux de poste

Un événement politique depuis le début de l'été à Rennes : un fort mouvement populaire court dans toute la population pour se saisir des pétitions syndicales et du PCF qui affichent déjà , ensemble , plus de 6000 signatures .

Mesurons bien la force des exigences exprimées là . Elles s'ajoutent et/ou se fondent dans la grande colère du printemps dernier contre la loi El Khomri .

Eh oui , il est plus que temps d'organiser la résistance aux méfaits , aux forfaits ( le triple coup de force du 49-3 ) qui peuvent nous conduire vers le pire .

C'en est assez !

"Rêvons" du retour des " Jours heureux " , rêvons de " la Sociale " ( nouveau film de Gilles Perret )

https://youtu.be/_FJ19Zk5h34

Jacky Rivoalan (PCF Rennes).

Voir l'article de Ouest-France aujourd'hui:

A Rennes, 3500 signatures pour le maintien des bureaux de poste
http://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/rennes-3500-signatures-pour-le-maintien-des-bureaux-de-poste-4450223

La Poste a annoncé la fermeture de sept bureaux, dans les quartiers de Rennes (Coëtlogon, Danton, Hoche, Oberthur, La Poterie, Rapatel et Saint-Hélier ). Leur activité sera transférée dans des commerces situés à proximité. Selon la direction régionale, cette évolution viendrait répondre à celle des comportements et des attentes des usagers. Mobilisé contre cette décision, le Parti communiste a recueilli des signatures, tout au long de l’été et sur les marchés. Dont 420 aux Lices, hier matin.

Au début de l'été, La Poste a annoncé la fermeture de 7 des 19 bureaux de poste rennais, dans les quartiers de la ville (Coëtlogon, Danton, Hoche, Oberthur, La Poterie, Rapatel et Saint-Hélier). Cette décision a fait se lever le Parti communiste et sa section de Rennes métropole. Au cours des dernières semaines, les militants ont fait circuler une pétition. Une initiative menée conjointement avec des syndicats.

Inquiétude et colère

Hier, au terme d’une signature de deux heures sur le marché des Lices, le matin, ils avaient recueilli 420 signatures. Celles-ci s’ajoutent aux 3 000 déjà remises à la direction de la Poste, jeudi 1er septembre. L’après-midi, la pétition signée a été remise à Daniel Guillotin, élu de permanence, en mairie. Une trentaine de personnes étaient rassemblées pour manifester leur inquiétude et leur colère, devant l'hôtel de Ville.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 08:09

Le lundi 5 septembre, à 18h, au 2, petite rue de Callac, le collectif Front de Gauche pays de Morlaix fera son assemblée de rentrée.

A l'ordre du jour:

- la situation politique et sociale.

- les prochaines échéances électorales (présidentielles, législatives)

- la présence du Front de Gauche dans les luttes et sur les sujets locaux.

L'Assemblée Générale est ouverte à toute personne intéressée, membre ou non de l'association Front de Gauche du Pays de Morlaix.

Assemblée Générale de rentrée du Front de Gauche pays de Morlaix à 18h le Lundi 5 septembre
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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 07:45

Courant d'ère. Mémoire vive, mémoire morte
http://www.letelegramme.fr/debats/memoire-vive-memoire-morte-04-09-2016-11203941.php

François Fillon a du mal à exister. Comme nous tous, serais-je tenté d'écrire. Mais peut-être un peu plus que le commun des mortels quand il consulte les sondages. Entre Sarkozy et Juppé, sa place n'est guère trouvée, ses chances s'étiolent. Alors, il en remet dans le discours, il en remet tant, que, sous son habit d'homme souriant et pondéré, il dérape et laisse échapper quelques propos qu'on attendrait plus dans les postillons de Donald Trump. Ainsi a-t-il déclaré dimanche dernier, lors d'un meeting sur ses terres, dans la Sarthe, qu'il convenait de « revoir l'enseignement de l'Histoire à l'école primaire » afin que les professeurs ne soient « plus obligés d'apprendre aux enfants que le passé est source d'interrogations ». Il suggère de solliciter « trois académiciens » pour refondre les programmes, afin que nos rejetons soient édifiés par un récit (ou un roman) national tissé d'hommes exemplaires, de symboles incontestables, d'événements glorieux et de monuments magnifiques. Cette Histoire-là est bien connue et fut pratiquée au XIXe siècle, sous la Troisième République. Sa fonction est unificatrice et protectrice. Il s'agit d'évacuer par l'exemple les sources de querelles et de doutes.

L'Histoire de France est forcément somptueuse, on ne va pas l'abîmer avec des détails - traite des Noirs, extermination des Indiens, fiasco de 1940, politique de Vichy ou torture en Algérie.

C'est ce que réclame depuis une bonne décennie la droite dite « décomplexée ». C'est ce que pratiquent Valeurs Actuelles ou la Chaîne Histoire de Patrick Buisson. François Fillon a été ministre de l'Éducation nationale. Et s'il voulait bien se reporter à cette expérience, il aurait songé que les programmes d'Histoire sont affaire de scientifiques et non d'académiciens. Que l'Histoire elle-même est un perpétuel débat et qu'elle a pour but de s'assurer la connaissance du passé au moyen des armes de la critique. Hier, nous pensions que le Moyen-Âge fut une période obscure, peu créatrice, qui attendait l'illumination de la Renaissance pour s'évanouir. Et puis, avec Jacques Le Goff et son école de chercheurs, on s'aperçut que cette légende était non seulement réductrice mais violemment fausse. Ce n'est pas aux politiques de dire ce qu'est l'Histoire, mais aux historiens. La levée de boucliers qui a salué les propos de l'imprudent candidat a été aussi massive que déterminée. Voulons-nous des enfants décérébrés qu'on nourrit de contes, ou des esprits critiques auxquels on enseigne que la vérité est controversée et source de controverses ? Mémoire vive, mémoire morte, voilà l'alternative.

"Mémoire vive, mémoire courte" : courant d'ère d'Hervé Hamon dans le Télégramme du 4 septembre brocardant la conception passéiste et réactionnaire de l'enseignement de l'histoire de Fillon et de la droite
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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 07:20

Jean-Michel Galano, prof de philo en classe prépa, amoureux du Royaume-Uni, ami de Jeremy Corbyn, et militant communiste à Paris ayant aussi milité et travaillé jadis dans les Côtes d'Armor, a animé une formation militante sur la pensée dialectique de Marx à Brest cette année, dans le cadre du session de formation programmée par la fédération PCF du Finistère.

Nous donnons ici à lire le texte de sa conférence très stimulante à l'université d'été du PCF, à laquelle nous avons assistée avec bonheur. C'est Jean-Michel qui nous a transmis le texte.

Sommes-nous toujours progressistes ?

(Intervention à l’université d’été du PCF le 27.08.2016)

Maurice Thorez concluait en 1960 son livre « Fils du peuple » en adressant à la France une citation de Victor Hugo, extraite du poème « Plein ciel » dans La Légende des siècles,:

« Où va-t-il, ce navire ? Il va, de jour vêtu,

A l’avenir divin et pur, à la vertu,

A la science qu’on voit luire,

A la mort des fléaux, à l’oubli généreux,

A l’abondance, au calme, au rire, à l’homme heureux,

Il va, ce glorieux navire. »

Plus d’un demi-siècle après, et après tout ce qui s’est passé, je reconnais encore mon idéal communiste dans cette citation, sous réserve d’une modification importante.

Plus personne de nos jours ne crie « vive le progrès ! » Il en est même pour vanter la décroissance,, la frugalité voire « le retour aux forêts ».

Que s’est-il donc passé ?

Incontestablement, une série de désillusions. Plus encore, une des caractéristiques majeures de la situation actuelle, c’est la réalité de régressions gravissimes dans la vie des hommes et des peuples, régressions d’autant plus inacceptables qu’elles vont de pair avec des progrès techniques et même des révolutions extraordinaires dans de nombreux domaines : production, santé, communication… Les inégalités explosent, mais aussi l’on voit dans de nombreux domaines la profusion au rabais là où c’était il y a encore peu le règne de la rareté. Il nous faut désormais non plus chercher les informations, mais plutôt les trier. Si la consommation s’est développée, on assiste à l’invasion des choses produites au rabais : pseudo-culture, « prêt à penser », vie politique démonétisée, junk food, et tout ce que Norman Mailer appelait vigoureusement « the shits. »

Pour s’y repérer, il n’est sans doute pas inutile de revenir brièvement sur la genèse de l’idée même de progrès, son ambition mais aussi les fragilités dont elle était porteuse sous sa forme traditionnelle – fragilités qui expliquent largement pourquoi elle est actuellement mise en question.

UNE GENEALOGIE COMPLEXE MARQUEE PAR LE « REVE INDUSTRIEL »

L’idée de progrès dérive à l’évidence de ce qu’on peut appeler les « faits de progression » et relève en ce sens d’une métaphysique du temps : il y a progrès quand le temps s’unifie dans un processus au lieu de s’éparpiller, quand un segment temporel AB fléché de A vers B est tel que B suppose A et que B>A, quels que soient les critères de cette supériorité.

Mais il y a là bifurcation entre les conceptions qui font de A un simple moment voué à la disparition (comme par exemple un simple point d’appui, une marche d’escalier) et la conception hégelienne de l’Aufhebung, où les moments dépassés restent conservés dans un mouvement qui « constitue la vie du Tout »[1].

Plus profondément, il nous faut à cette occasion distinguer le temps naturel, cyclique et répétitif, celui des cycles, des semailles et des moissons ou encore des rythmes circadiens, et le temps historique. La vie d’un individu est faite d’irréversibilité, toutefois la vie de l’individu fait partie des cycles naturels : c’est tragique si l’on veut, mais ce n’est pas historique. La temporalité historique suppose, et c’est là le point de rupture, une révolution dans les rapports de l’homme et de la nature, ce que Marx appelle une « rupture métabolique »[2], à savoir non pas l’adaptation de l’homme à la nature, mais l’adaptation de la nature aux besoins humains, avec la nécessité impérieuse (mais pas toujours respectée) de chercher un nouveau métabolisme.

Prenons un exemple élémentaire, celui de la pierre taillée. Dans cet acte de travail le plus simple, il faut néanmoins distinguer trois moments : (i) l’homme regarde la pierre et l’imagine taillée : c’est le projet : « Le travail réalisé préexiste idéalement dans l’imagination[3] du travailleur » (Marx). (ii) le travail effectif, vivant, qui est une application et qui a pour caractéristique de durer, si court soit-il, et de remplacer les « connexions naturelles » par d’autres « connexions. » (iii) enfin, le temps du bilan : la pierre est taillée, et l’homme compare ce qu’il a réalisé avec son projet initial. Il y a toujours un écart, en général négatif, qu’il mesure : imagination, mémoire, comparaison, mesure, jugement : toutes les soi-disant « facultés » psychologiques, qui sont sociales aussi, car son projet se sédimente hors de lui et prend forme objective, matérialité et existence sociale, naissent de là.

Mais il y a plus : les objets ainsi créés, et qui permettent à l’homme de « s’emparer » de la nature, créent à l’espèce humaine une sorte de « nature intermédiaire », qui à la différence de l’usage biologique des organes du corps exige apprentissage et appropriation, et donc aussi stockage, outils sociaux de conservation et de transmission, voire de codification. Un processus cumulatif est ainsi initié.[4]

Ce qui rend donc possible la métaphysique du temps qu’exprime l’idée de progrès, c’est donc en premier lieu la réalité anthropologique du travail, et l’idée de progrès est d’abord une abstraction réalisée à partir de cette réalité-là.

Cette conception se trouve déjà en germe chez Eschyle[5] : Prométhée aurait arraché aux dieux non seulement la lumière du feu, mais aussi ses propriétés… Une autre caractéristique de l’idée de progrès est dès lors en germe : sa caractérisation essentiellement humaniste. L’homme n’a plus à se conformer à une nature ou à une condition, il est à lui-même sa propre norme. Pas de progrès sans liberté. Et un fort contenu laïque, un contenu d’émancipation, va s’attacher à l »idée de progrès. Sa contestation, de fait, prendra le plus souvent sinon toujours, des formes réactionnaires et anti-humanistes.

Les prémisses de la révolution industrielle donnent corps et matérialité à l’idée de progrès entendue comme globalisation. Il y a bien sûr les résultats de moins en moins contestables dont les nouveaux savoir-faire techniques, industriels, médicaux peuvent se prévaloir. La bourgeoisie industrieuse qui cautionne le projet de l’Encyclopédie substitue un idéal de bonheur à l’antique idéal de grandeur. Si elle n’a pas encore le pouvoir politique, elle a déjà le pouvoir économique, et les « philosophes des Lumières » ont de bonnes raisons de penser que le « rétablissement des sciences et des arts » (c’est-à-dire les nouveaux moyens financiers et institutionnels conférés aux techniques, dites encore « arts appliqués ») auront des retombées positives y compris sur le bas peuple. L’idée que le progrès matériel est bon par nature s’affirme dès lors. Il n’est pas jusqu’aux courbes géométriques, aux « progressions » exponentielles si prisées à l’époque, qui ne semblent confirmer l’idée d’un progrès linéaire et infini.[6]

ROUSSEAU, MALTHUS, HEGEL, TROUBLE-FETE ET DOCTRINAIRES

L’idéal progressiste dont la philosophie des Lumières était porteuse va toutefois recevoir des coups sévères. Je ne parlerai pas ici, sans doute à tort, du déclin des Lumières, très sensible partout et notamment en Allemagne, quand la crise économique, sociale et politique a suscité une résurgence des nationalismes et le retour, avec l’irrationalité romantique, des « ombres de la nuit » (Moses Mendelssohn).[7]

Le premier est porté par Rousseau. Homme du peuple, Rousseau ne l’est pas plus que Diderot, encore qu’il ait eu davantage que ce dernier à souffrir de sa différence (Genevois, donc protestant et républicain, mais surtout étranger, fragile psychologiquement et faisant un peu « tache » dans ce milieu déjà conformiste). Avec beaucoup de courage et de lucidité, Rousseau se met à contre-courant. Pendant un certain temps, il jouira d’une certaine considération, à savoir tout le temps qu’on le prendra pour un simple original épris de paradoxes. Or Rousseau est sérieux. Le moment séminal dans l’élaboration de sa pensée, tout le monde le sait, c’est « l’intuition de Vincennes » : en route vers la prison de Vincennes où il va rendre visite à Diderot, il lit dans le journal l’énoncé de la question mise au concours par l’académie de Dijon : « Si le rétablissement des sciences et des arts a contribué à épurer les mœurs ». Là, tout se coagule. Il va répondre : en rien ! Nous sommes en décadence. Dans ce texte[8] de tournure très rhétorique, on ne retiendra que le corps de l’argument : bien sûr, il y a eu des progrès, dans les domaines les plus variés, et comment le nier ? Pour autant, il n’y a pas eu le progrès. La diffusion des sciences a gonflé les esprits d’un faux savoir, les progrès de la médecine nous ont rendus mous et « efféminés » (sic), etc. Bien avant Hegel, Rousseau saisit le caractère dialectique des progrès humains, et qu’ils peuvent se retourner en leur contraire. C’est cette sensibilité à la contradiction qui est au cœur de la pensée rousseauiste. Rousseau cherchera à résoudre le problème dans la double sphère du droit politique et de l’éducation : créer un homme nouveau qui sera « le citoyen ». Mais cette idée n’est assortie d’aucun essai de sauvetage du progrès technique et technologique, bien au contraire : « L’industrie et l’agriculture… ont civilisé l’homme et perdu le genre humain » (Discours sur l’origine de l’inégalité). Donc, des progrès locaux et une régression globale. Ce point de vue va alimenter certaines idées « décroissantistes » qui se réclament de Rousseau, à tort ou à raison, et intéressera fortement Marx, qui semble l’évoquer au début de la Critique du programme de Gotha, comme une pensée critique quelque peu stérile. Et de fait il est sûr que Rousseau reprend le thème antique, très prisé notamment par les Stoïciens, d’une norme naturelle ou plutôt d’une nature normative.

Thomas Malthus (1766-1834) apparaît comme un autre trublion. Mathématicien et économiste, il revient sur ces courbes progressives qui avaient tant inspiré les penseurs des Lumières, entre autres Condorcet. Et c’est pour remarquer que selon les cas, les progrès ne suivent pas des courbes identiques : alors que la progression des richesses suit une progression arithmétique (1,2,3,…, n, n+1…), le nombre des hommes suit une progression géométrique (1, 2, 4, 8,16, 32, n, nx2..…), et l’on a donc deux courbes qui s’éloignent rapidement l’une de l’autre,. D’où la nécessité de décisions politiques qui imposeront de mettre la science en rapport étroit avec l’économie : redresser la première courbe par l’amélioration des conditions de la production, abaisser la seconde par des politiques de limitation des naissances. Il met ainsi fin à la conception libérale du progrès, marquée par le « laissez-faire. »

Hegel est lui aussi un trouble-fête, il est surtout un doctrinaire, au sens où il élabore la notion d’Aufhebung, déjà évoquée, et qui passera dans Marx.

Hegel, beaucoup moins admiratif de Rousseau que ne l’était Kant, partage toutefois avec l’auteur de l’Emile un fort ressentiment envers l’Aufklärung, dont il dit que « ce fut la platitude absolue ». Sa critique s’adresse à la pensée d’entendement caractéristique de la philosophie des Lumières : pensée purement analytique, qui détache ce qui est lié, ignore superbement les notions de totalité et d’organicité, et la vie en général. Pensée qui érige l’entendement en puissance absolue et pour qui « la mort est la vie de l’esprit »[9]. Or ce qui est supprimé, dépassé, est souvent aussi relativisé. Et c’est là que l’approche hégelienne du progrès se révèle d’une profondeur proprement inouïe. L’histoire des sciences nous en donne de multiples exemples : la géométrie d’Euclide n’est pas réfutée par celle de Riemann, elle en devient un cas particulier… Les sciences de la vie et leurs applications, pensons à la vaccination, montrent que paradoxalement l’injection d’un mal permet la création d’anticorps, qu’il peut y avoir « un petit mal pour un grand bien »[10], qu’il peut inversement y avoir « excès de bien » (l’accoutumance aux antibiotiques…), bref que la dialectique n’est pas une technique du discours, mais est avant tout quelque chose qui existe dans la réalité, matérielle comme humaine.

« Les choses progressent toujours par le mauvais côté », dira le jeune Marx. Telle est selon Hegel « la ruse de la raison ». La raison se sert de la passion. Le moulin à vent utilise la force aveugle du vent. On voudrait que l’émancipation des femmes ne se recommande que de femmes admirables telle que Marie Curie et de tant de féministes courageuses et convaincues. Mais Margaret Thatcher, Golda Meir, Indira Gandhi ont peut-être fait davantage pour l’émancipation féminine, à leur corps défendant. Dans l’histoire des sciences et des techniques, l’erreur n’est pas toujours un écart regrettable, elle est souvent au principe même de la découverte. Exemple classique : les échecs de la technique, Galilée et les fontainiers de Florence, Semmelweiss et le fièvre puerpérale, Pasteur et la maladie des vers à soie…

Plus tragiquement, le progrès est corrélativement destruction : les orages pubertaires détruisent a douceur enfantine, l’expérience du pouvoir, disent les sociaux-démocrates avec empressement, détruisent les illusions, Rocard : « J’ai été un briseur de rêves », tirons-en la leçon qu’il faut savoir rêver. Faulkner montre bien la société sudiste détruite par la vulgarité nordiste. La mixité sociale, la mixité scolaire, détruisent des choses belles et paisibles. Tout cela alimente l’idée de décadence. « Ils sont beaux, ils vont mourir », dit Saint-Exupéry à propos des peuples nomades d’Afrique du Nord dans Citadelle. Des savoir-faire ouvriers deviennent à jamais obsolètes. La calligraphie. François Dagognet parle dans La Raison et les remèdes du geste chirurgical désormais ralenti à des fins d’enseignement et souvent fragmenté. Oui, si progrès il y a, il est contradictoire et dialectique. Mais nous sommes progressistes au sens où nous ne nous en tenons pas à ce constat. Dans le progrès, il doit y avoir intervention d’un sujet collectif muni d’un projet.

DES DIALECTIQUES REDOUTABLES

L’analyse des mutations de la société française au 24° congrès du PCF, celle des mouvements du monde au 25°, notre analyse actuelle de la situation globale du monde, témoignent d’une mise au premier plan de la question de notre progressisme, qui ne doit pas rester de principe ni se cantonner dans les questions sociétales, mais doit être global et intégrer la prise en charge des contradictions, mais sur une base de gauche et sur une base de classe.

Le mouvement des sociétés a cessé d’aller « dans le bon sens ». L’optimisme affiché par ceux qui disaient au 27° congrès que la force de la politique est en train de l’emporter sur la politique de la force » a été tragiquement démenti. On le voit à l’échelle de la planète. On le voit aussi dans la société française. Notre progressisme était de l’ordre du constat, il est désormais de l’ordre de la volonté politique.

Mais revenons à l’exemple de la société française (qui vaut mutatis mutandis pour d’autres). Les progrès réels qui ont eu lieu, et qui sont en tout cas des données irréversibles, ont été pervertis par le capitalisme et la logique du profit : l’analyse des mutations que faisait Georges Marchais dans son rapport introductif au 24° congrès du PCF (1982) m’apparaît exemplaire. Après avoir observé que dans tous les domaines, la France avait changé de visage de façon extrêmement profonde depuis le milieu des années cinquante[11], Georges Marchais ajoutait :

« Est-ce à dire que nous avons vécu une espèce de conte de fées et que notre patrie ressemblerait à je ne sais quel pays de cocagne ? Bien loin de là. Non seulement les progrès réels n’ont pas résolu tous les problèmes, mais encore la logique du profit a limité, tronqué, voire inversé ces progrès eux-mêmes. Elle a fait naître et mûrir une crise profonde de la société. »

Et il précisait immédiatement sa pensée :

« Par exemple, au lieu d’améliorer la condition de l’homme et de la femme au travail, l’introduction des progrès scientifiques et techniques a souvent débouché sur la déqualification massive ; sur la généralisation du travail en miettes, répétitif et ennuyeux, sur l’augmentation du nombre des ouvriers et ouvrières qualifiés. Au lieu d’alléger la charge de travail, les progrès de la production et de la productivité ont surtout accru l’exploitation.

De la même manière, la féminisation a débouché sur une surexploitation des travailleuses, dans l’entreprise et au-dehors. A l’extension de la scolarisation ont correspondu une aggravation de la sélection sociale et une très grave crise de l’école. L’urbanisation intensive a entraîné une marginalisation du monde rural, ainsi qu’un dérèglement des modes de vie et des relations sociales et familiales dans les villes, en particulier dans les grandes cités. De puissant moyen d’information, de communication et de culture, la télévision est devenue, pour une grande part, moyen de manipulation, d’obscurantisme, de standardisation des idées, d’isolement. «

Il n’y a rien à retrancher dans cette analyse, et les actualisations qu’on pourrait en faire prendraient la forme d’ajouts plutôt que de rectifications : il faudrait parler du chômage de masse et de la casse industrielle entraînés par la finance mondialisée et la dictature des marchés, de l’uberisation désormais effective et de la dramatique crise de sens qui affecte nos sociétés. Il faudrait dire quelque chose de plus sur les banlieues, et aussi sur la révolution numérique : la dématérialisation et a facilitation d’une partie du travail qui tend à éloigner la matière de l’opérateur. Le travail sur écran se généralise. La transmission des savoir-faire ouvriers perd de l’importance. En même temps et contradictoirement, les bases d’une réimplantation de certaines industries en pleine ville sont ainsi créées.

Car là où tout se joue de façon véritablement décisive, c’est au travail. Ce que j’ai dit au début en citant Marx et le chapitre 5 du Capital I, regardons-en la suite de nos jours :

L’homme a cessé d’être une force productive directe : dans des sociétés telles que la nôtre, où le mouvement ouvrier a pu imposer des droits et des garde-fous, il y a des limites d’âge (remises en cause, car la facilitation du travail donne des idées au patronat : pourquoi désormais ne pas travailler plus jeune ? Plus vieux ?). Autant dire que c’est sur le terrain de l’homme au travail que la partie essentielle se joue. Avec pour nous une triple exigence : (i) celle d’une appropriation par les nouvelles générations de processus de plus en plus complexes, diversifiés et intellectualisés : (ii= celle qui consiste à prendre conscience que chaque progression d’une technique est commandée par des choix, choix de certaines options ou possibilités contre d’autres ; et (iii) la nécessité d’une gestion démocratique, en tout cas non autoritaire, de ces avancées.

Je reviens une dernière fois sur l’analyse de Georges Marchais : l’essentiel demeure d’actualité. La fécondité de ce noyau n’a pas été épuisée. Mais il faut souligner aussi ce qui était l’axe de l’analyse : l’inversion des potentialités dont les progrès scientifiques et techniques sont porteurs doit être dénoncée comme une injustice. C’est l’injustice elle-même. Notre combat pour le progrès est un combat pour la justice, c’est-à-dire pour le progrès au service des humains, non pas pour le progrès « en soi » ni pour « l’homme » réaffirmé en tant que valeur abstraite, mais pour un épanouissement effectif des potentialités de chacun et chacune. Pas de liberté sans moyens réels d’épanouissement et d’émancipation. Moyens matériels, moyens juridiques, moyens institutionnels, temps. Progrès sociétaux aussi, qui ne doivent pas être subordonnés au progrès social ni substitué à lui, mais coordonnés avec lui. Les aspirations sociétales sont souvent premières dans les prises de conscience individuelles. L’aspiration au bonheur ne se divise pas. Mais comment faire droit à ces aspirations ? Comment passer de l’idée de progrès au progrès effectif ?

Cela pose la question de l’organisation.

Le progressisme ne saurait se contenter d’être une aspiration, un progrès en idée. Il ne peut pas davantage consister dans un perpétuel démolissage. Auguste Comte l’avait bien compris, à son époque et à sa manière : héritier pour une part de la pensée des Lumières, il considérait que « tout progrès suppose un ordre préexistant », ce qui l’amenait et à renvoyer dos à dos ce qu’il appelait les deux « partis » (imaginaires d’ailleurs) : les révolutionnaires et les conservateurs, et à écrire un « appel » à ces derniers. En substance, Comte considère que les révolutionnaires ont raison d’être pour le progrès, mais qu’ils ont tort d’être contre l’ordre : « des machines de guerre ne peuvent d’elles-mêmes devenir des instruments de construction. » Symétriquement, les conservateurs ont raison d’être pour l’ordre mais tort d’être contre le progrès : tenants de « l’âge théologique », ils ne ressusciteront pas ce que « l’âge métaphysique » a détruit.

Sous une forme elle-même très spéculative et datée, Comte dit quelque chose d’intéressant pour nous : être progressiste, c’est être constructif et pas seulement se débarrasser de ce qui est obsolète. Mais que construire, et avec qui ? là se pose le problème de la démocratie, conçue elle aussi non pas comme vœu pieux, mais comme fin et moyen.

Et cela m’amène à dire un mot sur le « dépassement de la forme-parti », ce serpent de mer : il y a là une question légitime. Mais ceux qui la posent, que proposent-ils en réponse ? Le plus souvent, de simples régressions : passer du parti au « mouvement » invertébré et donc éphémère, se rallier à un homme autour de slogans… L’archaïque revient à grande vitesse sous les apparences du nouveau si l’on n’y prend pas garde. Les partis sont en fait, comme toutes les institutions, des structures de résistance au temps, des instances de longue durée, avec une cohésion, une mémoire, une existence sociale, des locaux, de l’argent à gérer, des relais institutionnels, et c’est cela qui leur permet d’articuler des aspirations jusqu’à en faire des revendications. Tout dépassement, pour être effectif (je l’ai dit en commençant) suppose un critère de dépassement, et ce critère ne saurait être autre chose qu’une augmentation de la liberté effective des hommes, qu’un meilleur épanouissement, qu’un gain d’autonomie, qu’une intensification de leurs relations avec les autres hommes et avec la nature, qu’une progression dans le passage jamais achevé de l’espèce humaine au genre humain.

Je remarque que parmi ceux qui font le pas d’adhérer au PCF n’ont pas à être convaincus que ce faisant ils se donnent une liberté nouvelle. La nécessité de s’organiser leur apparaît, à bon droit, comme une évidence.

Il est illusoire de s’imaginer qu’on pourra faire l’économie d’un investissement exigeant et attentif de toutes ces questions, et il est probable que beaucoup de réponses seront à inventer de toutes pièces. Mais il est probable aussi que l’aspiration à la justice, au bonheur et à la pleine réalisation de ses potentialités est à même de fournir à chacun non pas une norme à laquelle il lui faudrait se conformer, mais un cap.

C’est pourquoi, tout bien pesé, je relis les vers de Victor Hugo cités par Maurice Thorez :

« Où va-t-il, ce navire ? Il va, de jour vêtu,

A l’avenir divin et pur, à la vertu,

A la science qu’on voit luire,

A la mort des fléaux, à l’oubli généreux,

A l’abondance, au calme, au rire, à l’homme heureux,

Il va, ce glorieux navire. »

… et je me dis que je suis d’accord, à condition de ne plus voir dans le « glorieux navire » une force qui va, irrésistible et appuyée sur son inertie propre, mais un bateau en quelque sorte républicain, avec des choix à faire sur la route à suivre, sur la voilure et le choix des vents et des courants porteurs, avec des du monde aussi en vigie et dans les soutes : moins assurée sans doute, mais au moins potentiellement plus fraternelle.

Jean-Michel Galano

[1] Préface de la Phénoménologie de l’esprit, 1, 1807

[2] Le Capital, notamment livre I et III, mais aussi l’Idéologie allemande

[3] En allemand Bildung, terme qui veut dire indissociablement représentation, construction et formation psychologique d’une image.

[4] Au bout d’un certain degré d’acculturation, les fonctions organiques elles-mêmes sont médiatisées dans des « techniques du corps » appropriées par l’individu de façon partiellement instinctive à l’intérieur d’une communauté culturelle donnée (gestes de la vie quotidienne, etc).

[5] Prométhée enchaîné

[6] Idée que l’on trouve notamment chez Leibniz

[7] Voir à ce sujet Henri Brunschwig, Société et romantisme en Prusse au XVIII° siècle (Aubier-Flammarion 19972)

[8] Discours sur les Sciences et les arts, 1750

[9] Préface à la Phénoménologie de l’esprit, 2. Voir aussi dans le tome II du la Phénoménologie de l’esprit, le chapitre sur « Les Lumières ».

[10] Comme le remarque Lucien Sève dans Penser avec Marx aujourd’hui ; la philosophie ?, (La Dispute, 2014), Lucien Sève, qui consacre toute une partie à la dialectique, remarque qu’un important savoir dialectique imprègne la culture populaire ; « Les extrêmes se touchent », « qui aime bien châtie bien », « plus ça change et plus c’est la même chose », « tant va la cruche à l’eau… », etc. Cette sagesse populaire souligne à sa façon les contradictions inhérentes à tout progrès.

[11] Il donnait des éléments quantitatifs impressionnants : davantage d’universités construites en 25 ans que depuis le Moyen-Age, accession massive des Français à l’automobile, à la télévision, au crédit, quadruplement de la consommation depuis la Libération…

Sommes-nous toujours progressistes? Intervention à l'université d'été du PCF le 27 août 2016 de Jean-Michel Galano, professeur de philosophie
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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:48

Landunvez. Riverains et Eau et Rivières attaquent la « ferme aux 850 truies »

Publié le 31 août 2016 à 07h32 Catherine Le Guen - Le Télégramme

Le préfet du Finistère a autorisé le 1e r avril dernier la SARL Avel Vor de Landunvez à étendre son élevage porcin réparti sur trois sites de la commune. Les riverains réunis dans l'association Avenir et environnement en pays d'Iroise (AEPI), ainsi que l'association Eau et Rivières de Bretagne, ont attendu le tout dernier jour du délai de quatre mois pour déposer un recours conjoint en annulation de l'autorisation du préfet.

Objectif 26.000 porcs par an

L'élevage de Philippe Bizien compte actuellement 675 truies et des travaux ont été engagés pour pouvoir passer à 850 truies l'an prochain. Comme six mois suffisent pour élever un cochon commercialisable de 115 kg, la SARL Avel Vor devrait produire au moins 26.000 porcs par an, déclarait Philippe Bizien dans nos colonnes le 9 juin. « Le préfet s'assoit sur la protection de l'eau et du littoral », déploraient, hier, dans un communiqué commun les deux associations. Les riverains pointent les nuisances olfactives, les poussières, la pollution de l'eau par les nitrates, l'ammoniac dans l'air, le tout à proximité d'habitations, dont une école.

Un référé en suspension prévu

« La porcherie est enclavée dans le village, dit Jacqueline Rolland de l'AEPI. La dégradation de l'environnement s'est aggravée au fil des années et nous avons subi des interdictions de baignade à plusieurs reprises sur différentes plages de Landunvez, au début du mois d'août ». Le préfet n'a pas suivi le commissaire du gouvernement qui avait donné un avis négatif, en raison de l'absence d'étude d'impact. « Dans ce cas, le code de l'environnement prévoit que l'on peut faire un référé pour demander la suspension de l'arrêté, nous allons faire ce référé », ajoute Jacqueline Rolland qui précise qu'une bonne part du projet est déjà réalisée. « Il reste la lagune pour 7.000 m³ de lisier à réaliser. Les investissements sont considérables ! ». Contacté hier, Philippe Bizien, n'a pas répondu à notre sollicitation. Catherine Le Guen

http://www.letelegramme.fr/bretagne/landunvez-riverains-et-eau-et-rivieres-attaquent-la-ferme-aux-850-truies-31-08-2016-11198927.php

Voir aussi l'expression du PCF du Finistère sur ce sujet en mai 2016:

Déclaration de la Fédération du Finistère Porcheries industrielles: La course au gigantisme est une voie dangereuse et sans issue.

Les habitants de Landunvez et les associations de protection de l’environnement s’inquiètent, à jute titre, des projets d’agrandissement d’une porcherie industrielle installée dans la commune.

Le Préfet du Finistère a donné son accord passant outre l’opposition du commissaire enquêteur. ça c’est de la simplification administrative !

Les risques sanitaires, les interdictions de baignades épisodiques sur les plages de la commune, les épandages odorants, les pollutions des cours d’eau avoisinants n’ont pas fait sourciller le représentant de l’État dans le département.

Mais que peut on refuser à la SARL AVEL VOR (ou AVEL MOC’H c’est selon) dirigée par le Président du Comité Régional Porcin, administrateur du groupement de producteurs AVELTIS qui commercialise 3 000 000 de cochons par an ?

Les citoyens ne peuvent que s’étonner du fossé qui se creuse entre les discours officiels et la réalité.

Les crises succèdent aux crises. Tous les secteurs sont touchés, la filière porcine, la production de lait, les légumiers…

Les actions régulières des agriculteurs sont la pour nous le rappeler.

La situation est telle qu’elle fait dire aux experts que la crise est systémique et que le modèle d’agriculture industrielle, qui a détruit en Bretagne des dizaines de milliers d’emploi, met à genoux les producteurs, épuise les ressources, impacte violemment l’environnement n’est pas la solution mais bien la source du problème.

Et ce modèle il est grand temps d’en changer.

L’avenir de l’agriculture, l’avenir de nos territoires ne passent pas par la course au gigantisme et l’inscription obligatoire des paysans dans la compétition mondiale, prônée par les ayatollahs du libéralisme forcené. Ils en seront, nous en serons toujours les victimes.

On pourrait alors s’attendre que l’État, qui n’est pas avare en déclarations et prétend soutenir une agriculture de qualité, respectueuse des hommes et l’environnement, passe sans attendre aux travaux pratiques.

On pourrait s’attendre à ce qu’il s’oppose aux agrandissements déraisonnables et qu’il promeuve les installations et les conversions en agriculture paysanne.

Dans cette bataille, comme dans d’autres, l’intervention citoyenne est indispensable.

La fédération finistérienne du Parti Communiste Français apporte son soutien sans réserve aux habitantes et aux habitants de Landunvez, aux associations de protection de l’environnement et du patrimoine engagés dans le combat contre agrandissement de la porcherie industrielle AVEL MOR.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 06:42

Amérique du Sud : un plan Condor nouvelle manière

Surprenante cette absence des intellos et autres chantres des « révolutions » à propos de la dangereuse évolution de l’actualité latino américaine.

Avant-hier, guérilleros fanatiques, hier, anti-impérialistes militants sambatesques abonnés au forum social surtout lorsqu’il se tenait dans la patrie de Lula, fanas du rhum libérateur des Caraïbes, experts en transformations écolo-politico-sexo-syndicalo, dès que le vent se gâte, ils sont ailleurs. Silencieux. En réflexions, peut-être ?

Ils n’ont rien à dire lorsque le coup d’état contre la présidente Dilma Rousseff est ânonné sur toutes les ondes comme le résultat d’un « maquillage » des comptes alors qu’il s’agit d’un simple transfert de crédits en faveur des plans sociaux, un simple jeu d’écriture comptable couramment utilisé au Brésil et ailleurs. Dilma Rousseff élue par 54 millions de Brésiliens a été destituée par une bande de sénateurs véreux poursuivis par la justice de leur pays pour corruption. A Paris, officiels et médias s’en tiennent à la version des putschistes. Indigne.

A Caracas, l’opposition fait le plein de manifestants contre le président Maduro. Radios, télés, commentateurs en font des tonnes oubliant simplement que la veille, les partisans du pouvoir en place ont mobilisé, eux aussi, des foules considérables. Un choix « objectif ».

En Bolivie, en s’opposant aux lois votés par le Parlement, le patronat des mines refuse la syndicalisation prétextant le caractère « corporatiste » de leurs entreprises et de leurs employés. Il s’oppose également aux lois interdisant de vendre aux multinationales la richesse nationale. En France, on évoque des « mouvements sociaux ». Mensonge.

En Equateur, une opération déstabilisation est en cours.

A Cuba, l’ambassadeur US nouvellement installé a pour première mission l’alimentation en argent et en moyens logistiques des professionnels de la « dissidence » trébuchante.

L’Amérique du Sud et les Caraïbes vivent des moments de fortes tensions. Explications : la chute des prix des matières premières et ses retombées pour la vie quotidienne des gens ; le déchaînement des oligarchies locales qui après la victoire de la droite en Argentine et le putsch au Brésil pensent qu’elles peuvent inverser le cours progressiste instauré il y a près de vingt ans sur le continent ; la nouvelle stratégie des Etats-Unis un « plan Condor bis » nouvelle manière.

Les semaines et les mois qui viennent vont être cruciales pour le devenir de cette région du monde.

Amérique du Sud: un plan Condor nouvelle manière (José Fort, L'Humanité - 3 septembre 2016)
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