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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 14:24

Cette vidéo postée sur le site du magazine Kedistan montre des images transmises en direct par la chaine IMC, une web-TV critique envers le régime. La journaliste de cette chaine, et son cameraman, se trouvent dans les locaux du journal turco-kurde Özgür Gündem alors que la police effectue une perquisition. Ce journal opposant turco-kurde est fermé, ses journalistes ont été arrêtés. Les journalistes de la chaîne IMC en train de filmer ont également été arrêtés et molestés à leur tour, et leur matériel confisqué.

La vidéo témoigne des arrestations. L’image se fige, et on continue à entendre la journaliste en contact téléphonique. « Nos cameras sont en train d’être confisquées, en ce moment… nos caméras sont confisquées ! » dit-elle, « Nous sommes dans les locaux d’Özgür Gündem, avec ses journalistes… Nooon, nooon, je suis de la chaîne IMC !….. » ensuite on entend des cris, et l’appel est coupé. Cela se passe devant les téléspectateurs, en direct.

Même le présentateur de la chaîne est choqué, comme on peut le constater sur les images.

« L’Humanité » avait donné la parole au rédacteur-en-chef d’Özgür Gündem et du coordinateur de l’information d’IMC. « Tout peut nous arriver » disaient-ils alors. C’était le 26 juillet dernier…

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 14:17
Les dessous du putsch raté en Turquie

Pierre BARNENCEY

L'HUMANITE

En un mois de purge, des milliers de membres des forces de sécurité ont été limogés et l'État a fait fermer des milliers d'écoles, d'associations et d'entités diverses. 35 000 C'est le nombre de personnes interpellées depuis le 15 juillet, dont la moitié environ ont été officiellement arrêtées et placées en détention provisoire. TURQUIE Erdogan-Gülen, de l'idylle religieuse à la « trahison » Le président turc ne cesse de désigner la confrérie Gülen comme responsable du coup d'État manqué. Quels étaient les liens entre Erdogan et Gülen qui pourraient expliquer une tentative de putsch ? Que se passait-il dans l'armée ? Tentative de réponse.

Un mois après la tentative de coup d'État en Turquie, beaucoup de questions restent en suspens. Le pouvoir turc, un temps ébranlé, s'est vite ressaisi et, à coup d'arrestations et de purges, semble vouloir, une fois pour toutes, forger une administration, une justice, une police et une armée à sa main. Dans une sorte d'autoritarisme désespéré, mais aussi comme si Reçep Erdogan craignait qu'un autre coup d'État soit déclenché, victorieux cette fois.

La promptitude des dirigeants du Parti de la justice et du développement (AKP) à accuser la confrérie Fethullah Gülen amène à se pencher un peu plus sur les liens qui unissaient Erdogan et Gülen, notamment leur islamisme et leur anticommunisme. Mais on oublie peut-être trop vite le rôle de l'armée, longtemps considérée comme un bastion du nationalisme, certainement infiltrée par les gülénistes et qui a toujours poursuivi son propre agenda.

Le 30 novembre 2014, Abdullah Öcalan, le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), reçoit une délégation du Parti démocratique des peuples (HDP) venu le rencontrer sur l'île d'Imrali, au large d'Istanbul, où il purge une peine de prison à vie. À ses interlocuteurs, il dit en substance que si le processus de paix et les négociations en cours sont rompus, une mécanique de coup d'État va se mettre en place. Ce n'est pas de la prémonition. Juste une analyse fine de ce qui se passe et peut se passer en Turquie. En juin 2015, lors des élections législatives, Reçep Erdogan, à qui tout avait réussi jusqu'à présent et qui envisageait de renforcer son pouvoir en modifiant la Constitution, trébuche. Non seulement il n'obtient pas suffisamment de voix pour transformer seul le régime parlementaire en un régime présidentiel, mais il voit le HDP, conduit par Selahattin Demirtas, obtenir près de 13 % des suffrages! Et le 24 juillet, l'an dernier, les premiers bombardements étaient déclenchés sur la montagne de Kandil, au Kurdistan d'Irak, où se trouve le quartier général des HPG, la branche militaire du PKK.

Très vite, les opérations militaires ont pris le dessus en Turquie même. Le rôle de l'armée a été croissant au fur et à mesure de l'augmentation de l'intensité des combats qui se déroulaient dans les villes de Cizre, Sirnak, Nusaybin. Un rôle croissant pas seulement pour les opérations. « Selon certaines informations qui viennent de l'armée même, le commandement a donné son accord pour remplacer l'administration civile mais a exigé de pouvoir décider de la fin des opérations tout en bénéficiant d'une impunité juridique », révèle Celal Baslangiç, journaliste turc d'investigation qui intervient maintenant plutôt sur des sites Internet après avoir vu fermer, ces dernières années, les publications avec lesquelles il collaborait.

Il relève également que, « alors qu'on votait la possible levée de l'immunité pour les parlementaires, Erdogan a signé le décret de l'immunité militaire le 14 juillet. Le lendemain, le coup d'État était déclenché. Ce qui donne raison à Öcalan. Ceux qui ont bombardé Kandil sont les mêmes que ceux qui ont bombardé le Parlement ».

Des affaires en cascade masquent les véritables buts politiques

À Istanbul, la plupart des observateurs font remarquer que, plusieurs semaines avant le coup d'État manqué, existait une atmosphère de crainte dans les milieux du pouvoir. Erdogan lui-même, habituellement ultraprésent à travers les médias, faisait, là, profil bas. Un putsch allait avoir lieu, mais quand ? Autre question troublante: selon toute vraisemblance, le chef des services de renseignements (MIT), Hakan Fidan, était au courant du coup d'État mais n'a prévenu Erdogan que six heures après. Après s'être fait tancer, le chef des espions a néanmoins été conforté à son poste. Ce qui est pour le moins étonnant. D'ailleurs, peut-on vraiment penser que les services de renseignements occidentaux, à commencer par la CIA, n'avaient pas eu vent de cette tentative de renversement d'Erdogan, qu'ils n'auraient pas appuyée par manque d'alternative civile mais pas empêchée non plus ?

Reste qu'Erdogan, dans un même élan, voit dans les instigateurs et les exécutants du putsch la seule main de la confrérie Fethullah Gülen, du nom du prédicateur longtemps compagnon de route de l'actuel président. L'armée turque, héritière de Mustafa Kemal Atatürk et de son épopée, est-elle minée par le gülénisme? Certes, certains officiers sont des adeptes de la confrérie. Un noyautage qui a d'autant pu se produire que, dans les années 2000, une première purge a eu lieu dans l'armée, visant justement les kémalistes.

C'est le procès Ergenekon, du nom d'une association présumée et décrite comme « terroriste » qui agirait au sein même de l'État. On comprend vite, malgré les affaires en cascade qui masquent les véritables buts politiques, que les kémalistes sont visés, y compris au sein du haut commandement militaire. « L'opposition commence à émettre des soupçons sur un réseau de policiers et de juges, proches de la communauté Gülen, les accusant d'être derrière ces procès qui créent un climat d'inquiétude dans la société, notamment chez ceux qui ont affiché d'une manière ou d'une autre leur opposition au gouvernement », écrit Ahmet Insel dans son livre la Nouvelle Turquie d'Erdogan (La Découverte).

Voilà qui explique comment, avec la bénédiction, si l'on peut dire, d'Erdogan qui, en tant que premier ministre de l'époque, a couvert toute cette stratégie qui ne s'embarrassait pas de respect du droit ni de la Constitution, la confrérie a fait son nid dans l'armée. Et, s'il est un point où les gülénistes et les kémalistes ont une position commune, c'est bien sûr la question kurde et le refus de toute négociation. Erdogan, lui, a compris l'avantage qu'il pourrait retirer de négociations avec les Kurdes, à condition qu'il parvienne à créer des organisations à sa botte. Ce qu'il a échoué à réaliser, malgré de multiples tentatives et le musellement habituel des forces progressistes et démocratiques kurdes.

Erdogan et Gülen se sont retrouvés d'autant plus facilement qu'ils partageaient nombre d'idées. Islamistes convaincus, ils ont grandi dans l'anticommunisme le plus notable. Fethullah Gülen, en particulier, a toujours eu d'énormes dispositions en ce sens. C'est ainsi qu'en 1980, alors qu'il est recherché en tant qu'imam en cavale pour activités islamistes en lien avec des réseaux extrémistes, il épouse la cause des putschistes.

Ce qui lui vaut un abandon de toute poursuite. C'est un point important. « J'ai beaucoup travaillé sur la violence islamiste du début des années 1990, souligne Mehmet Güç, journaliste. Une trentaine de journalistes et d'intellectuels avaient été assassinés par des islamistes. J'ai étudié les dossiers judiciaires et je me suis aperçu que tous les auteurs de ces crimes avaient des liens avec les institutions étatiques et avec l'armée. J'ai alors enquêté sur toutes les organisations illégales et leurs vitrines légales, y compris Fethullah Gülen. Celui-ci a ainsi vu les charges contre lui levées grâce à un colonel lié à la junte d'alors. »

En 2011, le torchon avait déjà commencé à brûler

Sa confrérie connaît alors un essor d'autant plus extraordinaire qu'après le putsch de 1980 « la plupart des partis politiques de centre droit accueillent les groupes islamistes, qui se trouvent ainsi intégrés à la vie politique », insiste Mehmet Güç. Gülen constitue un réseau hors du commun : écoles, associations d'entraide, médias... Un premier scandale éclate à la fin des années 1990 avec le vol des sujets des examens pour le concours d'entrée dans les académies militaires.

Quel meilleur moyen pour faire entrer ses propres cadres dans cette institution jusque-là très protégée ? Aujourd'hui c'était le 3 août, devant un parterre de dignitaires religieux , Erdogan se dit « attristé de ne pas avoir pu révéler bien avant le vrai visage de cette organisation traîtresse ». Ce qui est un peu court. « Quand Erdogan a accédé au pouvoir, son parti, l'AKP, n'avait pas de cadres suffisamment formés. C'est Gülen qui les a fournis », rappelle Celal Baslangiç.

Au départ, l'idylle était presque parfaite entre Erdogan et Gülen, malgré l'installation de ce dernier aux États-Unis en 1999. En mai 2013, encore, le président turc voyait la perspective de rencontrer le vieux prédicateur comme une « bénédiction de dieu ». En réalité, le torchon avait déjà commencé à brûler entre les deux hommes. « En 2011, lors des élections, Gülen réclamait 120 députés mais il n'en a eu que 15, explique Celal Baslangiç. C'était le début de l'épuration des gülénistes et de la diversification islamiste pour affaiblir la confrérie. La réplique ne se fait pas attendre, des dossiers de corruption sont révélés. Des ministres sont inquiétés et même le propre fils d'Erdogan est mis en cause. Autant dire qu'à ce moment-là, la guerre était déclarée. »

La force du réseau güléniste va-t-elle s'éteindre aussi vite ?

Tout annonçait donc un coup d'État possible. Et tous s'y préparaient. Tous sauf peut-être les putschistes eux-mêmes! On est confondu par tant d'impréparation, d'amateurisme, voire des coïncidences troublantes. « Personne n'a avoué qu'il était güléniste et qu'il revendiquait le coup d'État, fait remarquer Cela Baslangiç. Le général de brigade qui a voulu encercler Erdogan lorsqu'il se trouvait à Marmara a dit qu'il était nationaliste, qu'il était pour le coup d'État et qu'il était prêt à en assumer les conséquences. Mais on peut penser qu'un certain nombre de paramètres ont empêché de coordonner leurs actions. » Le boulet est néanmoins passé tout près d'Erdogan. Ce qui explique peut-être le nombre incroyable d'arrestations au lendemain du 15 juillet. Tellement que 38000 prisonniers condamnés pour des faits s'étant produits avant le 1er juillet, donc avant le putsch raté de la mijuillet, seront libérés sous contrôle judiciaire, apparemment pour désengorger les prisons turques! En revanche, le gouvernement turc a pris deux décrets révoquant plus de 2 000 policiers ainsi que des centaines de militaires et de membres de l'autorité nationale des technologies de l'information et de la communication (BTK).

Parallèlement aux dizaines de milliers de fonctionnaires suspendus ou révoqués, plus de 35000 personnes ont été interpellées, dont la moitié environ ont été officiellement arrêtées et placées en détention provisoire.

La force du réseau güléniste va-t-elle s'éteindre aussi vite ? Ce n'est pas certain. D'autant que ce réseau dépasse les frontières de la Turquie et se déploie dans des dizaines de pays. Reçep Erdogan a en partie repris les choses en main et renforcé son pouvoir. En tout cas en apparence. S'il a pris le soin de placer désormais l'armée sous sa coupe, c'est qu'il comprend bien le rôle que celle-ci peut encore jouer. Or, en éliminant les cadres gülénistes, il redonne tout son poids à la hiérarchie nationaliste et obère une possible reprise du dialogue avec les Kurdes. C'est sans doute pour cela qu'il a besoin de deux partis de l'opposition, le MHP (extrême droite nationaliste) et le CHP (social-démocrate), sur lesquels il a toujours pu compter. « Finalement, la plus grande chance pour Erdogan, ce sont les dirigeants du MHP et du CHP », lâche en plaisantant (quoique...) Celal Baslangiç.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 05:48
la loterie de l'indécence - un dessin très juste qui met en miroirs les préjugés contraires sur la tenue des femmes

la loterie de l'indécence - un dessin très juste qui met en miroirs les préjugés contraires sur la tenue des femmes

"La bourgeoisie réactionnaire s'est partout appliquée ... à attiser les haines religieuses pour attirer dans cette direction l'attention des masses et les détourner des questions politiques et économiques véritablement importantes et capitales"

(Lénine, 1905 - "Socialisme et religion")

Du contrôle social sur les corps et les esprits

Dans les discours sur l'interdiction du burkini sur les plages, ou dans l'obligation faite de se baigner en maillot de bain ou d'être en maillot de bain sur les plages, au nom de la lutte contre l'islamisme, n'y a t-il pas un discours d'exclusion des musulmans en général, des amalgames honteux et pousse-au-crime faits entre les musulmans et le terrorisme islamiste, et aussi une volonté de contrôle et assujettissement du corps des femmes qui n'est pas nouvelle, mais qui cette fois-ci se fait à rebours des normes anciennes, la décence imposant désormais de se dévoiler aux yeux des autres, de s'exposer nos corps mutuellement?

Pour une femme musulmane pratiquante, dans les formes majoritaires de l'Islam du moins, se baigner habillée et le corps non découvert n'est pas une marque d'islamisme radical, une forme de prosélytisme, de "revendication religieuse", c'est normal: elle serait mal à l'aise si elle ne pouvait pas le faire, et du coup elle s'interdirait les joies de la baignade. Au début de la mode des bains de mer en France et en Europe, le corps des femmes était aussi largement couvert.

Va t-on interdire les plages aux musulmanes?

Aux familles musulmanes?

Sous prétexte que leur tenue, que leur présence, pourrait choquer ceux qui montrent leurs nombrils et les formes de leurs corps, voire attirer des bagarres, des tensions...

Le soleil, la plage et la mer sont à tous, c'est même dans la beauté et le plaisir que nous pouvons nous réunir, au-delà de nos différences.

Les plages sont des endroits publics certes, mais les lieux publics - la rue, les places, la plage - ne sont pas des casernes où chacun devrait avoir le même uniforme sous prétexte d'assurer la tranquillité publique. La laïcité consiste à n'être pas l'objet de pression injonctive de la part d'une religion ou d'un Etat se mettant au service d'une religion et à vivre ses convictions et sa foi éventuelle dans le respect des autres, en respectant leur liberté, et pour l'Etat à assurer cette coexistence respectueuse des libertés. Rien d'autre! La laïcité ne prescrit pas telle ou telle tenue vestimentaire, ni de ne jamais exposer ses appartenances religieuses ou autres dans l'espace public.

Ainsi, moi, je n'aurais plus le droit de mettre mon tee-shirt du Che à la plage sous prétexte que cela pourrait être perçu comme du prosélytisme, créer des tensions.

Tant que les musulmans dévots ne réclament pas un bout de plage séparée pour que leurs femmes soient à l'abri des regards impudiques, ou tant qu'ils n'imposent pas aux autres leur tenue sur la plage, quel mal y a t-il à accepter chacun comme il veut être sur les plages, les seins nus et les femmes voilées.?

Va t-on exclure ceux qui ne se découvrent pas à la plage, les allergiques au soleil, les disgracieux, les trop tatoués, les punks?

Le burkini permet aux femmes musulmanes qui le veulent de se baigner couvertes sans les inconvénients des vêtements mouillés.

Peut-être que ses initiateurs poursuivent des objectifs d'islamisation ou de réislamisation de la société.

On peut ne pas être en accord avec la philosophie morale et religieuse vieillotte et ringarde - voire hypocrite, misogyne, liberticide et pudibonde - imposant de couvrir les femmes au nom de la décence et pour protéger leur vertu. On peut et il faut très certainement combattre l'islam traditionaliste sur le plan des idées sans mettre hors de la communauté nationale des hommes et des femmes, nos concitoyens, qui s'y reconnaissent.

Sans créer un discours et une pratique redoutables sur nos prétendus "ennemis de l'intérieur" car c'est en stigmatisant et en excluant a priori que l'on crée de l'adversité et de l'hostilité à notre vivre ensemble démocratique et républicain, car il devient alors très largement une illusion et un leurre pour certaines franges de la société qui se sentent déjà pointées du doigt et stigmatisées quasiment en permanence.

Dans cet entretien à Libération, l'auteur d'un Petit manuel pour une laïcité apaisée (La Découverte) Jean Baubérot, sociologue de la laïcité, prend parti avec des arguments raisonnables et percutants pour une conception ouverte et tolérante de la laïcité et du vivre ensemble républicain, la laïcité ne devant pas être la nouvelle couverture de la paranoïa, de l'angoisse identitaire et de la xénophobie.

Ismaël Dupont

Burkini : «On peut être choqué sans pour autant interdire»

Libération, 17 août 2016

Pour le sociologue de la laïcité Jean Baubérot, se focaliser sur le burkini risque d’accentuer un sentiment d’exclusion.

Jean Baubérot, fondateur de la sociologie de la laïcité, qui s’était prononcé contre l’interdiction du voile à l’école en 2003, prône une laïcité non stigmatisante.

Que vous inspire la polémique autour du burkini ? Y a-t-il une bouffée laïcarde ? Ou serait-ce de l’ultravigilance nécessaire ?

C’est bien le dilemme. Depuis les attentats de janvier 2015, il existe une menace jihadiste à laquelle est confrontée la très grande majorité des Français, musulmans compris. Alors, où met-on la frontière entre les amis et les ennemis de la République ? L’actuelle polémique autour du burkini conforte ma position en faveur d’une laïcité la plus inclusive possible, pour ne pas rendre attirants les ennemis de la République. Il faut se souvenir qu’après Nice et le meurtre du père Hamel, on a vu des femmes en foulard manifester contre les auteurs des attentats.

Dans cette situation grave et incertaine que nous vivons, il existe un débat, vraiment sérieux, entre deux options : d’un côté, donner au plus grand nombre le sentiment qu’ils font partie de la collectivité et isoler les ennemis de la République ; de l’autre, dire «il y a glissement» et sévir à la moindre occasion qui semble choquante. Mais alors Daech va pouvoir jouer de la victimisation, dire «voyez, on vous stigmatise, vous n’êtes pas inclus dans la communauté française».

On peut être choqué, par le voile, par le burkini, et il peut et il doit y avoir débat, mais sans pour autant interdire. C’est le principe de la démocratie : tolérer la différence, accepter l’altérité.

Les arrêtés anti-burkini sont-ils précipités, ou disproportionnés ?

Ils majorent le problème. Je remarque, d’ailleurs, qu’on est passé de la lutte contre les femmes pas assez vêtues des années 60, à celle contre les femmes désormais trop vêtues… Quand mes sœurs ont commencé à porter des maillots de bain deux pièces, ma mère était contre, alors qu’elle ne se jugeait pas particulièrement étroite d’esprit ! Il y a par ailleurs en France une société du voir qui accorde beaucoup trop d’importance au paraître. Personnellement, je pense que l’habit ne fait pas le moine.

Que les musulmans aient une réflexion à faire sur le rapport hommes-femmes, je suis d’accord, comme les autres d’ailleurs, et qu’il faille un féminisme musulman, d’accord aussi. Mais laissons-les débattre ensemble, évoluer, c’est au sein d’elles-mêmes que les communautés religieuses doivent décider de leurs manières de s’habiller.

Interdire comme ça peut au contraire empêcher l’évolution, crisper. La laïcité consiste à mettre la religion dans le droit commun, or on a le droit d’aller à la plage habillé des pieds à la tête. Plus largement, ce genre de polémique masque des problèmes de non-reconnaissance sociale, économique mais aussi culturelle. On voudrait en faire une opposition entre laïcité dure et laïcité molle mais, à mes yeux, il s’agit juste de mesures stratégiquement contre-productives.

Laurence Rossignol, la ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, condamne le burkini au nom du féminisme.

En tant que ministre de la République, représentante de l’Etat, Laurence Rossignol se devrait d’être neutre alors qu’elle moralise… Il faut être ferme vis-à-vis de tout acte qui limiterait la liberté des femmes. Mais la société ne peut pas se donner une virginité féministe sur pareil prétexte. Moi, j’attends plutôt Mme Rossignol sur l’égalité des sexes et les inégalités socio-économiques qui perdurent.

Cette polémique sur le burkini n’est-elle pas liée au contexte post-attentats ?

Elle avait commencé en août 2014, avec une publication sur Facebook de Nadine Morano qui avait déclaré, à propos d’une femme voilée croisée sur une plage :«Lorsqu’on choisit de venir en France, Etat de droit, laïc, on se doit de respecter notre culture et la liberté des femmes, sinon on va ailleurs !» Le contexte en cours depuis janvier 2015 exacerbe encore ce type de polarisation et la campagne électorale ne va pas arranger les choses.

Cette polémique a été précédée d’une autre, en mars, autour de la «mode pudique», qui ne pose pas de problème dans d’autres pays occidentaux, par exemple en Angleterre. Pourquoi tant de stress ?

Les pays anglo-saxons ont une culture de la diversité, cultuelle et culturelle, plus forte. C’est Voltaire qui a écrit :«Un Anglais, comme homme libre, va au ciel par le chemin qui lui plaît.» En France, une mentalité «catholique et français toujours» perdure, une mentalité de l’unité. On parle encore de«la France une et indivisible» alors que, depuis la Constitution de 1946,«une» a été enlevé au profit de«indivisible, laïque, démocratique et sociale», et ça n’est pas pour rien ! Or, culturellement, on a l’impression que ça n’a jamais été intégré, et«démocratique et sociale», on l’entend peu. C’est une conception de l’unité assez uniforme qui prédomine, peu inclusive de la diversité. Résultat, on ne sait plus séparer ce qui peut être dangereux de ce qui peut choquer mais peut être accepté par la démocratie. On ne met pas la frontière au bon endroit.

Jean Baubérot et le Cercle des enseignant-e-s laïques publient fin août un Petit manuel pour une laïcité apaisée (Editions la Découverte).

	 Étonnant paradoxe : alors que les médias en parlent constamment, la laïcité est encore très mal connue ! Sujette à des interprétations divergentes, parfois instrumentalisée ou consciemment falsifiée, elle apparaît par moments comme un principe nébuleux, ce qui place les enseignant.e.s, les élèves et leurs parents dans une situation difficile. Cherchant à clarifier le débat, un collectif d’enseignant.e.s s’est réuni autour de Jean Baubérot, historien et sociologue spécialiste de la laïcité, pour répondre aux questions concrètes du personnel éducatif et des usager-ère.s de l’Éducation nationale. Retraçant avec pédagogie l’histoire de la laïcité et redonnant les grands principes de son application, ce petit manuel offre des clés indispensables pour comprendre la philosophie véritable de cet idéal républicain et propose des solutions pratiques pour l’appliquer sereinement. Car ce livre est aussi un plaidoyer pour une laïcité (enfin !) apaisée et pour une école publique ouverte, capable d’offrir à tou.te.s, quelles que soient leurs origines et leurs convictions, un enseignement de qualité. La laïcité, rappellent les auteur.e.s, ne devrait pas être un instrument de stigmatisation des élèves et un casse-tête pour les professeur.e.s. Au contraire, elle peut, quand elle est bien comprise, apporter des solutions pour une vie collective harmonieuse et respectueuse des convictions de chacun.e.

Étonnant paradoxe : alors que les médias en parlent constamment, la laïcité est encore très mal connue ! Sujette à des interprétations divergentes, parfois instrumentalisée ou consciemment falsifiée, elle apparaît par moments comme un principe nébuleux, ce qui place les enseignant.e.s, les élèves et leurs parents dans une situation difficile. Cherchant à clarifier le débat, un collectif d’enseignant.e.s s’est réuni autour de Jean Baubérot, historien et sociologue spécialiste de la laïcité, pour répondre aux questions concrètes du personnel éducatif et des usager-ère.s de l’Éducation nationale. Retraçant avec pédagogie l’histoire de la laïcité et redonnant les grands principes de son application, ce petit manuel offre des clés indispensables pour comprendre la philosophie véritable de cet idéal républicain et propose des solutions pratiques pour l’appliquer sereinement. Car ce livre est aussi un plaidoyer pour une laïcité (enfin !) apaisée et pour une école publique ouverte, capable d’offrir à tou.te.s, quelles que soient leurs origines et leurs convictions, un enseignement de qualité. La laïcité, rappellent les auteur.e.s, ne devrait pas être un instrument de stigmatisation des élèves et un casse-tête pour les professeur.e.s. Au contraire, elle peut, quand elle est bien comprise, apporter des solutions pour une vie collective harmonieuse et respectueuse des convictions de chacun.e.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 05:33

Jean-Pierre Dupuy : le dernier ouvrier PS

Opposé à la loi travail, cet ouvrier d’une usine de fournitures auto a quitté la CFDT, critique Hollande mais reste au PS.

Longtemps, Jean-Pierre Dupuy a cru en la gauche. En 2012, il a soutenu François Hollande dès les primaires. Il a posé des congés pour faire campagne, a distribué des tracts, collé des affiches, cherché à convaincre ses collègues à l’usine, non seulement de voter pour lui, ce que tous ont fait, mais même d’adhérer au PS. Il a failli réussir avec certains d’entre eux, mais à la dernière minute, ils se sont rétractés. Prescience ? Méfiance ? En tout cas aujourd’hui, ils en rigolent amèrement ensemble. Ils lancent à Dupuy : «Tu as bien failli nous avoir, quand même !»

Celui qui était le plus proche de prendre sa carte, c’était son ami Franck Bagnost, le secrétaire du CHSCT (comité d’hygiène et sécurité des conditions de travail) de l’usine Pierburg de Basse-Ham, près de Thionville. Avec Eugène Dos Santos, ils étaient les représentants CFDT de cette fabrique de pompes à eau et à huile pour l’automobile, ancienne filiale de Renault rachetée il y a vingt-cinq ans par un grand groupe industriel allemand. Aux élections professionnelles de 2014, ils ont rassemblé 80 % des suffrages. Eugène est délégué syndical. Jean-Pierre les soutient et adhère :«Moi, je juge sur l’humain, c’est grâce à leur travail pour les ouvriers que j’ai rejoint la CFDT.» Il a rendu sa carte il y a trois mois, lorsque Eugène s’est vu retirer son mandat syndical (un fait rare) par le secrétaire régional de la CFDT.

L’histoire ? «Dès le début de la loi travail, on a beaucoup discuté dans l’usine avec les collègues. Tout le monde était contre. On a donc lancé un appel à manifester le 9 mars à Metz. On n’a rien caché : on a même envoyé une copie de notre tract au secrétariat régional.» On les retrouve dans les cortèges, défilant avec leur gilet et leur drapeau orange. Ils décident même de créer une page Facebook. Sous le nom de leur section : CFDT Pierburg. Coup de fil furieux du responsable régional : «Vous allez arrêter vos conneries !» Bizarrement, la page Facebook est bloquée. Ils réagissent rapidement en changeant le nom :«On a cherché un personnage connu de tous et qui symbolise les ouvriers. On a pensé à Victor Hugo et aux Misérables. On a choisi Jean Valjean.» La page Facebook de Jean Valjean Pierburg rassemble plusieurs dizaines de supporteurs. Rien de bien méchant, juste des informations pour se rendre aux manifestations et des articles de juristes sur la loi travail. Elle est bloquée elle aussi. «Très vite, Eugène a reçu des pressions, des coups de fil, une lettre recommandée nous convoquant pour une réunion à la fédération régionale.» Ce jour-là, ils sont en négociations salariales avec la direction de Pierburg. Bravaches, ils sèchent la convocation. Résultat : le mandat d’Eugène lui est retiré. Au sein du syndicat dit réformiste, la contestation venue de l’intérieur passe mal. Pour les ouvriers de l’usine, la colère ne fait que redoubler.«Ça a été rapide. Par solidarité avec Eugène, nous avons tous rendu nos cartes.» Ils ne veulent pour autant pas rester sans syndicat :«On en a besoin pour défendre les ouvriers.» L’ensemble de la section se tourne alors vers Sud-Solidaires, entraînant au passage une partie des anciens syndicalistes CFDT d’Arcelor Mittal.

Jean-Pierre Dupuy a encore du mal à digérer : «Au moment de Florange, j’ai commencé à avoir des doutes sur la politique de Hollande. Mais la bascule, ça a été la loi travail. Après le discours du Bourget, on avait tellement d’espoir… Mais là, c’est un flop total. La désillusion est complète.» Ce qui le fait hurler, c’est que la gauche n’a pas été élue pour ça : «Dans la gauche, j’ai toujours vu l’aspect social, proche du peuple, à l’écoute, toutes les lois qui ont favorisé le bien-être des ouvriers.» Au-delà de l’article 2, c’est notamment l’article 52 de la loi qui le scandalise, prévoyant que Pôle Emploi puisse prélever directement des sommes sur le compte des chômeurs. Il voit ça comme une atteinte aux droits des pauvres. Il cite le chômeur qui s’est immolé parce qu’il n’avait pas touché ses indemnités :«Son employeur n’avait pas renvoyé les papiers à temps.» On pense à Emilie Loridan, cette jeune mère de deux enfants qui s’est pendue car elle ne s’en sortait plus. Il n’est pas misérabiliste, au contraire, il est révolté. Certains copains lui demandent pourquoi il ne rend pas sa carte du PS. Il confesse avoir hésité, mais :«Qui représente encore le monde ouvrier au PS ? Le peu que les copains me disent, au moins, je le fais remonter.» Même déçu, Dupuy considère qu’il faut s’engager en politique. «Le monde ouvrier se laisse embourgeoiser. Dès que les gens ont une maison à payer, ils ne veulent plus s’investir.» Il est venu à la politique après un parcours de dirigeant associatif dans un club de boxe qui visait à donner une activité aux enfants les plus défavorisés. Il sait que les accidents de la vie peuvent être fatals quand on gagne un peu plus que le Smic et cela grâce aux primes (nuit, ancienneté). En 1999, il a dû tout arrêter après un grave accident de vélo qui l’a laissé paralysé plusieurs mois. C’était une mauvaise période dans sa vie, la loi des séries en quelque sorte. Entre 1997 et 2004, lui, le benjamin de 6 enfants - tous de la classe ouvrière - a connu la mort de son frère d’un cancer, puis celle de son père, de sa mère et de sa sœur. Plus un divorce. Depuis, ce blond costaud au regard rieur a retrouvé l’âme sœur. Sa voix vibre de fierté quand il prononce le mot devenu tabou d’ouvrier, comme lorsqu’il parle du bac qu’a obtenu chacun de ses 3 enfants. Mais on sent aussi la rage :«Qu’est-ce qui a été fait pour le monde ouvrier ?» Loin des discours iréniques sur le travail le dimanche, lui sait que «les gens qui travaillent au SD [samedi, dimanche, ndlr] 2×12 heures, ils n’ont droit à rien». Que des ouvriers se tournent vers le Front national, il le déplore mais l’analyse comme le fruit d’une immense déception vis-à-vis de ce qui s’est passé sous Sarkozy et Hollande.«Le Pen n’a même pas besoin de programme, la politique qui est menée actuellement fait monter le FN.» Il refuse la culpabilisation des classes populaires.

Il a soutenu Jean-Pierre Masseret, le candidat PS qui a refusé de se désister, jusqu’au second tour des régionales, parce que la «gauche ne doit pas être absente». «Bien sûr», il votera aux primaires, ne«lâche rien». Aussi heureux dans son nouveau syndicat que dans son entreprise qui«a continué à embaucher même pendant la crise» et qui vient d’inaugurer une nouvelle ligne de production 100 % française. Preuve pour lui que de vrais industriels savent mieux gérer que les financiers. Bref, un ouvrier toujours de gauche qui a envie d’en découdre en 2017 avec ceux qui la trahissent, dégoûté mais pas découragé, qui aime son entreprise et n’a pas besoin qu’on le lui dise. Fier de son travail même s’il ne s’achète pas de costard.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 05:00
Interdiction du journal turc Ozgur Gundem: "La répression d'Erdogan doit être condamnée" (PCF)

Interdiction du journal turc Özgür Gündem : "La répression d'Erdogan doit être unanimement condamnée"

Le Parti communiste français condamne avec la plus grande fermeté l'interdiction du journal turc Özgür Gündem intervenue hier, 16 août 2016. Chaque jour qui passe, chaque heure presque, la répression du pouvoir, qui a mis la justice au pas, agit comme un rouleau-compresseur sur la société turque.

Depuis des mois déjà, les droits les plus élémentaires ne sont plus respectés par le régime d'Erdogan lequel, en un mois, a accéléré ce mouvement en organisant l'une des plus lourdes périodes de purges de l'histoire du pays.

L'heure est à la mobilisation sans précédent d'une solidarité internationale populaire et, plus largement encore, des gouvernements de tous les continents attachés à la paix, à la démocratie et aux droits humains.

Le PCF exprime son soutien aux forces démocratiques des peuples de Turquie, particulièrement au HDP et au BDP, à leurs militant-e-s, dirigeant-e-s et élu-e-s, ainsi qu'aux forces syndicales et associatives, aux journalistes et universitaires poursuivis, et aux habitant-e-s des villes soumises à la répression policière et la présence militaire.

Le PCF presse le gouvernement français de condamner les atteintes aux libertés et droits perpétrées par le pouvoir d'Ankara, et d'agir pour une suspension des accords de coopération bilatéraux et européens avec la Turquie en vue de contraindre le régime à accepter le dialogue démocratique sans discrimination ni exclusion des forces politiques démocratiques progressistes ni de l'ensemble des composantes des peuples de Turquie.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 05:00

Le 1er juin 2016: "1,4 million d’euros ?" Un salaire « pas énorme », s’est défendu Nicolas de Tavernost, patron du groupe M6, au micro de France Inter. Selon lui, il n’est pas « le mieux payé du groupe ». Bien payé pour cracher sur les pauvres tout de même!

La Rue des allocs ou l’impasse de l’abjection ?

télé poubelle

CAROLINE CONSTANT

MERCREDI, 17 AOÛT, 2016

L'HUMANITÉ

M6 dégaine son nouveau feuilleton, adapté d’un format anglais qui a fait scandale en 2014 : la Rue des allocs. Le nouveau terrain de jeu de la chaîne de Nicolas de Tavernost, c’est de taper sur les plus déshérités, tout en affirmant qu’on veut les aider. À vomir.

« Dis chéri, si ce soir on regardait les pauvres se vautrer dans leurs allocs » ? Ça peut paraître violent, mais c’est, en termes plus civilisés, l’invitation que fait M6 aux Français ce soir, en les conviant à regarder son nouveau programme, la Rue des allocs. Un programme de « docu-réalité », où le spectateur est entraîné dans un mignon quartier d’Amiens, à la rencontre de personnes qui n’ont que le RSA, ou des allocations diverses, pour vivre. Le réalisateur, Stéphane Munka, s’y est plongé en immersion pendant quelques mois, pour en tirer cinq épisodes de 52 minutes. Lui voulait montrer la misère. Il n’a pas capté qu’il bossait sur M6, par aveuglement peut-être ? Ce qu’il en ressort, au final, c’est évidemment un défilé ahurissant de personnages caricaturés. Qui boivent, volent, truandent. Une vraie Cour des miracles. Parce que la caméra n’est pas neutre, ni juste. Mais aussi et surtout parce que, lorsque M6 se lance dans un tel projet, ce n’est pas par charité d’âme. La chaîne de Nicolas de Tavernost, avec sa Rue des allocs, au titre si évocateur, n’a pas pour vocation d’informer. Juste de divertir. Les pauvres sont une forme de spectacle, pas plus. M6 a exploré, depuis le Loft en 2001, à peu près tous les formats mondiaux de la télé-réalité : le néant (le Loft), la famille (Super Nanny), la recherche ou la vente immobilière (avec Stéphane Plaza), sans compter toutes les déclinaisons d’émissions culinaires, de Top Chef à Un dîner presque parfait en passant par le petit dernier, Commis d’office, où un quidam dénonce ni plus ni moins le plat infect confectionné par un proche à un « grand » cuisinier. La chaîne s’est aussi fendue d’émissions sur le thème « c’était mieux avant »

(le Pensionnat de Chavagnes, Garde à vous), où l’on nous expliquait, en gros, que se faire humilier est un chouette programme éducatif. Enfin, dans la toute dernière période, M6 a développé deux concepts autour du monde du travail : Patron incognito, où un dirigeant d’entreprise se grime en employé de base pour mieux choper les défauts des petits malins à son service. Et The Apprentice, arrêté faute d’audience au bout de deux épisodes, où quatorze candidats devaient se battre pour obtenir un CDI. M6, c’est aussi la première chaîne à avoir un magazine d’information, Capital, présenté par un dirigeant d’entreprise, Bastien Cadeac, et non par un journaliste.

Tout ce cirque est évidemment une représentation biaisée de la réalité

Du coup, quand M6 s’intéresse aux pauvres, on s’inquiète avant même de voir le programme, dont la chaîne nous a gracieusement fourni deux épisodes. Et pas de surprise : M6 n’est pas devenue philanthrope. D’ailleurs, elle a préparé ce format en toute connaissance de cause : en 2014, quand Benefits Street, avec les mêmes ressorts dramatiques, a été diffusé au Royaume-Uni, les audiences ont été merveilleuses. Et la foire d’empoigne redoutable, entre ceux qui voulaient interdire le programme et ceux qui voulaient interdire les allocs, ou même les pauvres, avec des méthodes radicales, comme de brûler la rue en question.La version française est moins scandaleuse, en images, que le format anglais. Comme les Français ont visiblement l’âme sensible, et sont attachés à leur système de protection sociale, M6 fait mine de ne pas trop se salir les doigts. L’émission présente des personnes, remisées au rôle de personnages, parce qu’elles vont incarner chacun une facette du pauvre : Marie-Jo, la mère Courage, qui n’a jamais eu de chance dans la vie, est le versant quasi solaire. À ses côtés, on trouve Philippe, un homme de 40 ans illettré, bénéficiaire d’une allocation pour handicapés, menacé d’expulsion. Et qui attend que La Poste ouvre pour aller boire ses fameuses « allocs ». M6 a aussi dégotté deux frères, David et Jérôme : l’un est un ancien dealer, l’autre est condamné régulièrement pour des vols. Gitan améliore ses fins de mois en s’improvisant ferrailleur. Enfin Franck, ancien ouvrier au chômage, noie son désespoir comme il le peut. La caméra les filme dans leur quotidien de galériens. Jusqu’ici tout va bien. Elle aime à les voir souvent bourrés. Le pauvre boit, et de la bière de mauvaise qualité, il faut le savoir. Mais elle filme aussi toutes leurs petites combines : le travail au noir, la fraude dans les transports, le véhicule bancal refourgué sans être passé par le contrôle technique. Elle filme les propos racistes, elle filme les phrases définitives du genre : « de toute façon dans ce pays, il n’y en a que pour ceux qui ne travaillent pas ». La caméra veut nous faire croire qu’elle est neutre. Alors que le type derrière choisit très bien ces scènes, quitte à balancer comme une vérité une insulte raciste ou une grosse ânerie.

M6 a beau jeu : les plus fragiles de nos concitoyens sont rarement représentés à la télévision. Quand ils le sont, c’est généralement vêtus des oripeaux dont les élites les voient : voleurs, menteurs, feignants. La Rue des allocs, cela sous-entend, au final, que certains se la coulent douce, pendant que d’autres se tuent à travailler. Il s’agit d’une technique bien éprouvée par les puissants depuis des siècles : diviser les pauvres entre eux. Tout ce cirque est évidemment une représentation biaisée de la réalité. M6 contextualise peu les parcours individuels, comme la situation économique de la région. Du coup, certains de ses « personnages » pourraient être désignés à la vindicte publique comme responsables de leur malheur. Pas les patrons, dans une région minée par le chômage et les délocalisations. Pas les services sociaux, dans le cas du pauvre gars illettré laissé à lui-même. Pas l’État, qui laisse depuis trente ans gérer l’aide alimentaire par des associations. Non. les vrais, les seuls coupables, ce sont les pauvres. Et les plus déshérités d’entre nous. Ça s’appelle la guerre idéologique. Tout simplement.

la genèse anglaise « Cette série documentaire révèle la réalité sur les allocations dont les résidents de l’un des quartiers les plus aidés d’Angleterre bénéficient. » Telle était l’ambition de Benefits Street. Début 2014, le programme anglais faisait scandale en prétendant révéler le quotidien des habitants d’un quartier pauvre de Birmingham. Trahis par Channel 4, les résidents avaient réclamé des excuses à la chaîne. L’émission avait suscité de nombreuses réactions politiques : les conservateurs l’ont utilisée pour justifier leur réforme sociale. Une récupération similaire est à craindre en France, à quelques mois de la présidentielle.

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 17:04
En Cisjordanie, Israël multiplie les démolitions de maisons (Noé Garel, La Croix - 16 août 2016)

En Cisjordanie, Israël multiplie les démolitions

Les autorités israéliennes ont détruit plus de maisons palestiniennes depuis le 1er janvier 2016 que pour toute l’année 2015 dans la zone C de la Cisjordanie. Palestiniens et activistes dénoncent une politique israélienne qui servirait des intérêts expansionnistes.

Noé Garel, La Croix, mardi 16 août 2016

Correspondance spéciale

« Ils sont arrivés dans la nuit, ça ressemblait à une invasion militaire », raconte Charif Awadallah, habitant de Kalandia, devant les ruines de sa maison. Fin juillet, l’armée israélienne est entrée dans ce village de Cisjordanie proche de Jérusalem et a détruit 15 bâtiments, dont au moins 11 habitations privées. Pour le couple Awadallah, des années d’économies ont disparu en une nuit. Les parents avaient lancé la construction d’un logement pour leurs enfants, mariés et pères de famille, qui viennent de rentrer dans les Territoires palestiniens après avoir vécu plusieurs années aux États-Unis.

Devant des ruines voisines, Amjed Allo, tempête : « Nous voulons reconstruire, mais la prochaine fois que l’armée israélienne viendra la détruire, je resterai dedans, et je mourrai avec ma maison. » Intesar Hamad pleure, entourée d’autres femmes du village. Cette mère de sept enfants répète en regardant les décombres de sa bâtisse : « Ce sont des rêves, les rêves de toute une vie, détruits en une seconde. »

Pour l’instant, la plupart des habitants sont logés chez des amis ou de la famille. Ils ne savent pas s’ils recevront une aide financière pour reconstruire les maisons et s’inquiètent du cumul de traites à payer pour des biens qui n’étaient souvent pas terminés et pour le loyer d’un logement temporaire.

Charif Awadallah, méticuleux, détaille chaque ligne des documents concernant sa maison détruite, y compris l’ordre de démolition reçu moins de 72 heures avant l’intervention, sans pour autant comprendre ce qui lui est arrivé. « Nous avons reçu des documents contradictoires, de deux autorités israéliennes différentes, insiste-t-il. Ne savent-ils pas que nous sommes propriétaires du terrain ? »

Le village se situe en grande partie sur un territoire classifié « zone C », ce qui signifie qu’il est entièrement sous contrôle miliaire et civil israélien. Environ 60 % des terrains de Cisjordanie sont dans ce cas. Pour construire, il faut demander un permis aux autorités israéliennes. Sans le précieux sésame, les maisons sont considérées comme illégales et peuvent être détruites à tout moment.

Problème, ces documents sont quasiment impossibles à obtenir auprès des autorités israéliennes : lors d’une réunion à la Knesset, l’ambassadeur de l’Union européenne, Lars Faaborg-Andersen, a affirmé qu’Israël n’avait accordé qu’un seul permis de construire aux Palestiniens en 2014 et aucun en 2015. Il a ajouté que les Israéliens ont, eux, construit environ 1 500 logements par an en zone C ces dernières années.

La représentante du bureau du Haut-Commissariat des droits de l’homme de l’ONU, Natalie Grove, évoque un « environnement hautement coercitif » dans ce périmètre de la Cisjordanie sous contrôle israélien. À ses yeux, les pressions des autorités pousseraient les Palestiniens à quitter la zone C. Elle qualifie cette politique de « transfert forcé », qui s’assimile à « une grande violation des conventions de Genève ».

Dans un rapport rendu public en juillet 2016 sur les démolitions en zone C, l’ONG israélienne des droits de l’homme B’Tselem recense 168 destructions d’habitations lors des six premiers mois de 2016, contre 125 pour toute l’année 2015. Soit les chiffres les plus élevés depuis dix ans, à l’exception de l’année 2013. « Ces démolitions font partie d’une politique israélienne plus large dans la zone C dont le but est de servir d’abord les intérêts israéliens », insiste Sarit Michaeli, porte-parole de l’ONG.

À Kalandia, situé à quelques kilomètres de Jérusalem, on envisage le pire : la destruction totale du village. « Les Israéliens veulent peut-être vider Kalandia car ils ont annoncé plusieurs fois qu’ils voulaient construire plus de colonies autour de Jérusalem », redoute Fadi, l’un des fils Awadallah.

Cette peur est largement diffusée dans d’autres localités palestiniennes, les images des maisons en ruines de Kalandia ayant fait la une des quotidiens nationaux. Pour le premier ministre palestinien, Rami Hamdallah, « le but des démolitions conduites par Israël est de déraciner le plus de Palestiniens possible, afin de faire davantage de place pour des colonies illégales ».

(lu sur la revue de presse de l'AFPS)

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 17:00
le maire de Stains, Azzédine Taïbi

le maire de Stains, Azzédine Taïbi

Engagé, de Mandela à Barghouti

Le maire PCF de Stains, Azzédine Taïbi, est devenu militant en combattant l’apartheid. Il s’oppose aujourd’hui à l’oppression coloniale israélienne.

Aurélien Soucheyre, L’Humanité, mardi 16 août 2016

Nelson Mandela est devenu une figure qui fait l’unanimité. Il est célébré de toutes parts. C’est juste et légitime. Afficher son soutien pour Marwan ­Barghouti, en revanche, c’est plus ­compliqué. Le Palestinien, symbole de résistance et de paix, victime de l’oppression coloniale israélienne, est encore parfois traité de terroriste, tout comme l’a longtemps été le leader sud-africain. De fausses accusations qui n’intimident pas Azzédine Taïbi. Le maire communiste de Stains (Seine-Saint-Denis) aime tracer un parallèle entre les deux hommes, parce que les soutenir équivaut à se battre pour la justice et la dignité des peuples opprimés, mais aussi parce que ce combat le ramène aux origines de son engagement.

« Du local au global, il n’y a pas que le bout de la rue qui compte »

« Le prolongement est d’une telle évidence, souffle l’édile. J’ai adhéré au PCF en 1986, lors d’une grande campagne du Parti et de la JC pour la libération de Mandela et la fin de l’apartheid. De la même manière qu’il fallait du courage pour chercher la vérité et soutenir Mandela dans les années 1980, il en faut aujourd’hui pour réclamer la libération de Barghouti, retenu depuis quatorze ans dans les geôles israéliennes. » Un courage et une conviction qui ont été largement testés cette année, devant la justice. « Une banderole appelant à la libération de Barghouti orne l’hôtel de ville de Stains depuis 2009. Mais subitement, nous avons été attaqués par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BBNVCA) qui nous accusait d’apologie publique d’un acte terroriste. Dans la foulée, et c’est peut-être le plus grave, le préfet a soutenu une plainte de l’opposition municipale de droite et réclamé le retrait de la banderole aux motifs qu’elle ne respectait pas le principe de neutralité, qu’elle poussait au trouble de l’ordre public et qu’elle n’avait aucun lien avec le développement de la commune. »

Dans son bureau, sous une poutre de ­l’hôtel de ville de Stains, situé dans les anciennes écuries d’un château détruit en 1870, ­Azzédine Taïbi raconte l’épreuve à la fois avec émotion et sérénité. Émotion parce que la violence de l’attaque et le lourd sens qu’elle porte le laisse encore songeur. Sérénité parce que la banderole de soutien avec Marwan Barghouti habille à nouveau la façade de la mairie. « La justice a récusé, un à un, tous les arguments des plaignants. C’est une belle victoire, non pas individuelle mais collective car l’État de droit a triomphé. Les pressions constantes et les amalgames honteux ne nous feront pas dévier de notre engagement pour les droits de l’homme », mesure-t-il. Persuadé qu’il faut « s’engager du local au global, parce qu’il n’y a pas que le bout de la rue qui compte », le maire a déjà hâte d’être à la prochaine Fête de l’Humanité, où « en quelques mètres on passe du stand de Stains à celui du Congo ou de l’Irlande, et où la Palestine est toujours mise à l’honneur ».

Né en 1964, Azzédine Taïbi a vu le jour à Neuilly-sur-Seine. « Mes parents habitaient Levallois. J’y ai fait mes premiers pas. C’était une ville communiste à l’époque. Puis on a déménagé. À Fontenay-sous-Bois, puis Champigny-sur-Marne. Que des villes rouges ! s’amuse-t-il. Ce parcours n’est pas anodin. Mon père était de la classe ouvrière. Il travaillait dans un garage. Ma mère était femme au foyer. Ils ont eu six enfants. C’est grâce aux villes communistes qu’ils ont pu quitter leur hôtel meublé et accéder à un logement digne, en HLM. La mode, aujourd’hui, est de critiquer les logements sociaux. Mais il ne faut pas oublier pourquoi il a été très important de les construire, notamment pour lutter contre les bidonvilles, et pourquoi il faut continuer, parce que le logement privé seul ne permettra pas à tous de se loger convenablement, et parce que les besoins sont énormes. En tant que maire, aujourd’hui, le problème numéro un dont me parlent les habitants, c’est le logement. Ici, les efforts sont faits. Ils doivent l’être partout en France. »

« Pour les villes populaires, l’austérité est une double peine »

Arrivé à Stains en répondant à une annonce pour être animateur, Azzédine Taïbi, bac électrotechnique en poche, devient éducateur puis reprend ses études jusqu’à ­décrocher une maîtrise en sciences sociales, axée sur la connaissance des banlieues. « Mon truc, c’était surtout l’éducation populaire. C’est comme ça que je suis devenu conseiller municipal puis adjoint, après que Stains m’a définitivement adopté. » Conseiller départemental depuis 2001, maire depuis 2014, il fait partie des « plumés de l’austérité » qui se sont mobilisés pour que les communes aient de quoi remplir leurs missions. « Pour les villes populaires, l’austérité est une double peine. Ici, en dehors d’une richesse humaine incroyable, la seule richesse de nombre d’habitants, c’est souvent les services publics. On ne peut pas et on ne veut pas laisser la République reculer, abandonner des citoyens et des territoires. On a beaucoup de boulot pour que le monde de demain ne s’adresse pas qu’aux riches ou aux identitaires. C’est un combat politique et idéologique. On le mène à fond », promet-il.

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 09:30
Dessin d'un artiste plasticien italien accompagnant une page de l'écrivain Cesare Pavese au Musée del Novecento à Milan . Pavese, traducteur de Dickens, Melville, Faulkner, Defoe, Joyce, adhère au Parti Communiste Italien après-guerre. En 1949, il écrit le très beau et désespéré "Le bel été" (ma mère adorait, moi aussi). Il se suicide à Turin en 1950, à 42 ans. Triste destin que celui des grands écrivains italiens: Primo-Levi, suicidé probablement, lui aussi, à Turin en tombant de son escalier en 1987. Malaparte, mort d'un cancer du poumon avec sa conversion tardive au catholicisme et sa carte du Parti Communiste chèrement obtenue, accordée par Togliatti après plusieurs années de demandes depuis 1945: le génial auteur de "Kaputt", souvenirs du Front Russe comme correspondant de guerre avec les armées nazies, et de "la Peau", vision apocalyptique et grotesque de l'Italie de la Libération, s'était il est vrai bien compromis avec le régime fasciste qu'il avait rejeté publiquement au départ. Et le grand Buzatti, l'auteur du "Désert des Tartares" et du recueil de nouvelles "le K", mort dans les angoisses d'un cancer à Milan. Et Pasolini, communiste lui aussi, victime d'un assassinat en 1975, sur la plage d'Ostie, près de Rome.

Dessin d'un artiste plasticien italien accompagnant une page de l'écrivain Cesare Pavese au Musée del Novecento à Milan . Pavese, traducteur de Dickens, Melville, Faulkner, Defoe, Joyce, adhère au Parti Communiste Italien après-guerre. En 1949, il écrit le très beau et désespéré "Le bel été" (ma mère adorait, moi aussi). Il se suicide à Turin en 1950, à 42 ans. Triste destin que celui des grands écrivains italiens: Primo-Levi, suicidé probablement, lui aussi, à Turin en tombant de son escalier en 1987. Malaparte, mort d'un cancer du poumon avec sa conversion tardive au catholicisme et sa carte du Parti Communiste chèrement obtenue, accordée par Togliatti après plusieurs années de demandes depuis 1945: le génial auteur de "Kaputt", souvenirs du Front Russe comme correspondant de guerre avec les armées nazies, et de "la Peau", vision apocalyptique et grotesque de l'Italie de la Libération, s'était il est vrai bien compromis avec le régime fasciste qu'il avait rejeté publiquement au départ. Et le grand Buzatti, l'auteur du "Désert des Tartares" et du recueil de nouvelles "le K", mort dans les angoisses d'un cancer à Milan. Et Pasolini, communiste lui aussi, victime d'un assassinat en 1975, sur la plage d'Ostie, près de Rome.

Au même musée du Novecento à Milan, face à la galerie Victor Emmanuel II et au Duomo, le tableau "Le Quatrième état" (Il quarto Stato) de Giuseppe Pellizza, magnifique mise en scène de la force historique et de la détermination du prolétariat, tableau puissant, émouvant et subtil inspiré de peintures de la Renaissance que Giuseppe Pellizza termina en 1901 après 10 ans de travail, au prix d'efforts incroyables. C'est un format immense. Giuseppe Pellizza se suicida aussi en 1907, à 40 ans, après la mort de sa femme, sans avoir produit d'autres œuvres majeures. Une reproduction format poster de ce tableau à la gloire du peuple et du socialisme était dans la chambre à coucher de mon père quand j'étais petit. C'est donc avec émotion que l'on découvre l'original.

Au même musée du Novecento à Milan, face à la galerie Victor Emmanuel II et au Duomo, le tableau "Le Quatrième état" (Il quarto Stato) de Giuseppe Pellizza, magnifique mise en scène de la force historique et de la détermination du prolétariat, tableau puissant, émouvant et subtil inspiré de peintures de la Renaissance que Giuseppe Pellizza termina en 1901 après 10 ans de travail, au prix d'efforts incroyables. C'est un format immense. Giuseppe Pellizza se suicida aussi en 1907, à 40 ans, après la mort de sa femme, sans avoir produit d'autres œuvres majeures. Une reproduction format poster de ce tableau à la gloire du peuple et du socialisme était dans la chambre à coucher de mon père quand j'étais petit. C'est donc avec émotion que l'on découvre l'original.

Vue depuis une verrière du musée d'art moderne et contemporain du Novecento à Milan, sur le Duomo (la cathédrale) et la galerie Victor Emmanuel II

Vue depuis une verrière du musée d'art moderne et contemporain du Novecento à Milan, sur le Duomo (la cathédrale) et la galerie Victor Emmanuel II

Ici à Padoue, ville universitaire, mais dans beaucoup de villes italiennes, des slogans anti-fascistes signés par les communistes, ou des anarchistes

Ici à Padoue, ville universitaire, mais dans beaucoup de villes italiennes, des slogans anti-fascistes signés par les communistes, ou des anarchistes

A Pise, sur le mur devant un des bâtiments de l'Université: "le capitalisme est une maladie dont la lutte va nous guérir! "

A Pise, sur le mur devant un des bâtiments de l'Université: "le capitalisme est une maladie dont la lutte va nous guérir! "

Cartes postales d'Italie (suite): Pavese, Pellizza, Padoue, Pise
Cartes postales d'Italie (suite): Pavese, Pellizza, Padoue, Pise
Elle penche mais ne tombe pas la Tour branlante du Capitalisme financier. Pise, août 2016.

Elle penche mais ne tombe pas la Tour branlante du Capitalisme financier. Pise, août 2016.

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 08:32
Burkini : pour Olivier Dartigolles (PCF), "Manuel Valls joue un jeu très dangereux"; invité de France Info, Dartigolles s'exprime aussi sur la multiplication des candidatures à gauche, la primaire du PS (article France Info)

Invité de France Info ce mercredi, le porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles a appelé à une candidature collective à gauche. Il a critiqué la primaire à gauche, parlant d'une "vrai fausse primaire". Et contesté les déclarations du Premier ministre sur le burkini.

Après la déclaration de Manuel Valls qui dit comprendre l'interdiction du burkini sur certaines plages françaises, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a estimé ce mercredi sur France info que le Premier ministre "joue un jeu très dangereux".

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Manuel Valls soutient les arrêtés anti-burkini
http://www.ouest-france.fr/europe/france/manuel-valls-soutient-les-arretes-anti-burkini-4420948

Olivier Dartigolles considère que Manuel Valls suit "les pas d'une droite très radicalisée qui court après le FN" et que "ce n'est pas la première fois" que cela arrive. "Il y a une tentative de détournement des grands enjeux du débat public avec la question religieuse", juge Olivier Dartigolles, "d'une certaine manière" Manuel Valls "fait le jeu des terroristes qui souhaitent une guerre de religion".

Le porte-parole du PCF ajoute que le Premier ministre a sûrement "d'autres choses à faire" au regard des "enjeux colossaux du monde". Selon lui, "le Premier ministre devrait plutôt parler de la laicité, de la société française et de comment la réparer".

Présidentielle 2017 : il faut "construire une candidature collective"

Alors que Benoît Hamon s'est déclaré candidat ce mardi à la primaire de la gauche, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, a estimé ce mercredi sur France info que le socialiste était candidat "à une vraie fausse primaire" et qu'il faut "construire une candidature collective" à gauche pour l'élection présidentielle et pour les législatives de 2017.

Selon le porte-parole du PCF, il faut "arrêter ce concours de candidats, une caricature de la Ve République" et "rassembler l'espace politique".

Olivier Dartigolles estime que François Hollande ne "peut pas représenter la gauche en 2017". C'est le cas aussi "de ses soutiens qui sont disqualifiés", ajoute le porte-parole du PCF. Selon lui, il faut rassembler "toutes les sensibilités à gauche qui ne veulent pas de la politique d'Hollande mais qui ne veulent pas d'un second tour droite/FN".

Olivier Dartigolles a expliqué que Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, allait donner le 27 août prochain "une méthode et un calendrier précis pour s'entendre sur quelques engagements communs et prioritaires pour le pays".

" Mais il n’a rien d’autre à faire, le Premier ministre de notre pays, suite à [sic] Nice, à Saint-Étienne-du-Rouvray ? Au regard des enjeux colossaux auxquels nous sommes confrontés, l’état du monde, le chaos ? [...]
Le Premier ministre, d’une certaine manière, en suivant les pas d’une droite très radicalisée qui court après le Front national, joue un jeu très dangereux. Mais il est récidiviste, c’est pas la première fois que Manuel Valls joue à ça. Après Charlie Hebdo, on a parlé de République, de démocratie, du vivre-ensemble, des belles valeurs républicaines, et aujourd’hui il y a une tentative de détournement du débat public, des grands enjeux avec la question religieuse. C’est ce que fait Manuel Valls et c’est quelque chose de très dangereux.D’une certaine manière, il fait le jeu des terroristes puisque c’est très précisément ce que veulent, au final, les terroristes : la guerre de religions, les tensions permanentes et le basculement vers des ferments de guerre civile. On ne veut pas. Et le Premier ministre devrait plutôt parler de laïcité, de la société française et la manière de la réparer".

(Olivier Dartigolles, invité de Europe 1 quelques jours plus tôt)

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