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10 octobre 2024 4 10 /10 /octobre /2024 05:32
Samedi 12 octobre, 17h-  place Puyo à Morlaix - Manifestons notre solidarité avec le peuple palestinien et libanais.
SAMEDI 12 OCTOBRE, NOUVELLE MANIFESTATION DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN POUR UN CESSEZ-LE-FEU IMMÉDIAT À GAZA ET AU PEUPLE LIBANAIS VICTIMES DE L'AGRESSION ISRAÉLIENNE.
Manifestation proposée par l'AFPS du Pays de Morlaix avec le soutien de : Amnesty International, LDH, Mvt de la Paix, AJPF, l'Âmarrée, FSU, Solidaires, Les Écologistes, LFI, PCF, PS, UDB, Gauche indépendantiste, NPA...
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10 octobre 2024 4 10 /10 /octobre /2024 05:29
Rassemblement des organisations de jeunesse en solidarité avec la Palestine et le Liban à la fac Ségalen de Brest, avec le MJCF, l'UEC, l'Union pirate
Rassemblement des organisations de jeunesse en solidarité avec la Palestine et le Liban à la fac Ségalen de Brest, avec le MJCF, l'UEC, l'Union pirate
Rassemblement des organisations de jeunesse en solidarité avec la Palestine et le Liban à la fac Ségalen de Brest, avec le MJCF, l'UEC, l'Union pirate
Rassemblement des jeunes militants de l'Union Pirate, des Jeunes communistes, de l'Union des étudiants communistes à la fac Segalen en soutien aux peuples de Palestine et du Liban qui subissent les bombardements
Ils défendaient aussi la liberté d’expression des étudiants face au ministre de l’enseignement supérieur qui utilise la laïcité pour faire taire les étudiants
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10 octobre 2024 4 10 /10 /octobre /2024 05:26
Municipales à Brest: Eric Guellec, président du groupe communiste, pour l'union la plus large possible (Le Télégramme, 9 octobre 2024)
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10 octobre 2024 4 10 /10 /octobre /2024 05:22

Israël menace son voisin de subir le même sort qu’à Gaza, alors que la situation au pays du Cèdre est déjà qualifiée de « désespérée » par plusieurs agences onusiennes. Les condamnations se multiplient contre Benyamin Netanyahou.

Luis Reygada - L'Humanité

9 octobre 202

« Comme à Gaza… » Doit-on parler de menaces de guerre ou, d’ores et déjà, de menaces de perpétration de crimes de guerre, voire de crime contre l’humanité ? Après que le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a menacé, en juin dernier de ramener le Liban « à l’âge de pierre », Benyamin Netanyahou somme désormais le pays du Cèdre de connaître « des destructions et des souffrances comme celles que nous voyons à Gaza ». Une folie belliciste supplémentaire de son gouvernement d’extrême droite qui frappe depuis bientôt un mois son voisin, provoquant une situation humanitaire catastrophique.

« Libérez votre pays du Hezbollah ! » a-t-il lancé, ce mardi 8 octobre, aux Libanais dans un message vidéo, les avertissant en cas contraire de subir le même sort que l’enclave palestinienne, où en un an l’offensive de l’armée israélienne a déjà provoqué la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes, très majoritairement des civils.

Alors que le monde entier redoute un embrasement régional, le premier ministre israélien continue donc de jouer avec le feu, agitant le spectre de la guerre, de la mort et de la destruction, en piétinant délibérément toute règle du droit international.

Mais, protégé par le bouclier d’impunité octroyé par les grandes puissances occidentales, le criminel de guerre Netanyahou n’en a cure, et peut donc se permettre, pour faire face au front ouvert le 8 octobre contre son pays par le Hezbollah en soutien au Hamas, d’annoncer un possible massacre tel que celui commis par son armée à Gaza depuis maintenant douze mois.

Une quatrième division déployée

Quarante-deux mille Palestiniens tués (la revue scientifique The Lancet avance, de son côté, le nombre de 100 000 morts), parmi lesquels deux tiers sont des femmes ou des enfants ; 150 000 bâtiments résidentiels détruits, ainsi que 200 bâtiments publics et 125 écoles et universités.

Une situation dantesque pour laquelle les représentants des différentes agences des Nations unies ne trouvent plus de mots assez forts exprimant leur désarroi. Voilà donc ce que Benyamin Netanyahou promet au Liban, où plus de 2 000 personnes ont déjà été tuées par l’armée israélienne en un an, dont plus de 1 110 depuis mi-septembre.

« Comme à Gaza… » Doit-on parler de menaces de guerre ou, d’ores et déjà, de menaces de perpétration de crimes de guerre, voire de crime contre l’humanité ? Après que le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, a menacé, en juin dernier de ramener le Liban « à l’âge de pierre », Benyamin Netanyahou somme désormais le pays du Cèdre de connaître « des destructions et des souffrances comme celles que nous voyons à Gaza ». Une folie belliciste supplémentaire de son gouvernement d’extrême droite qui frappe depuis bientôt un mois son voisin, provoquant une situation humanitaire catastrophique.

« Libérez votre pays du Hezbollah ! » a-t-il lancé, ce mardi 8 octobre, aux Libanais dans un message vidéo, les avertissant en cas contraire de subir le même sort que l’enclave palestinienne, où en un an l’offensive de l’armée israélienne a déjà provoqué la mort de plusieurs dizaines de milliers de personnes, très majoritairement des civils.

Alors que le monde entier redoute un embrasement régional, le premier ministre israélien continue donc de jouer avec le feu, agitant le spectre de la guerre, de la mort et de la destruction, en piétinant délibérément toute règle du droit international.

Mais, protégé par le bouclier d’impunité octroyé par les grandes puissances occidentales, le criminel de guerre Netanyahou n’en a cure, et peut donc se permettre, pour faire face au front ouvert le 8 octobre contre son pays par le Hezbollah en soutien au Hamas, d’annoncer un possible massacre tel que celui commis par son armée à Gaza depuis maintenant douze mois.

Une quatrième division déployée

Quarante-deux mille Palestiniens tués (la revue scientifique The Lancet avance, de son côté, le nombre de 100 000 morts), parmi lesquels deux tiers sont des femmes ou des enfants ; 150 000 bâtiments résidentiels détruits, ainsi que 200 bâtiments publics et 125 écoles et universités.

Une situation dantesque pour laquelle les représentants des différentes agences des Nations unies ne trouvent plus de mots assez forts exprimant leur désarroi. Voilà donc ce que Benyamin Netanyahou promet au Liban, où plus de 2 000 personnes ont déjà été tuées par l’armée israélienne en un an, dont plus de 1 110 depuis mi-septembre.

Plus de 1,5 million de personnes ont également été jetées sur les routes sur les 5,5 millions d’habitants. « La population n’est pas protégée et fuit pour sauver sa vie en raison des attaques aveugles – aériennes et terrestres – d’Israël », a dénoncé son bureau, tandis que l’Organisation mondiale de la santé a fait état de nombreuses attaques contre des infrastructures – et des travailleurs (65 morts et 42 blessés) – du secteur de la santé, forçant la fermeture d’une centaine d’établissements dans le sud du pays.

De son côté, le directeur du Programme mondial alimentaire a averti qu’il était impossible de faire face « aux besoins de plus d’un million de personnes qui ont été déracinées, déplacées et soudainement dépossédées, sans l’apport de ressources supplémentaires », alors que le Haut-Commissariat pour les réfugiés estime à 250 000 le nombre de personnes qui auraient déjà fui vers la Syrie.

L’Espagne condamne une « invasion » israélienne

Plus de 300 000 personnes vivraient actuellement dans les 973 abris officiels situés à Beyrouth et dans le nord du pays, selon le Bureau des affaires humanitaires, une situation qui favoriserait le risque d’épidémies dans un pays « confronté à sa pire crise humanitaire depuis des décennies ». L’Union européenne a annoncé, ce mercredi, l’envoi de trois avions chargés d’aide humanitaire.

Réagissant à la menace de Netanyahou, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé une « provocation » contre-productive qui, si elle était suivie d’effet, « entraînerait le Liban, pays ami de la France déjà si fragile, dans le chaos »…

De son côté, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez a condamné d’« invasion » l’offensive israélienne au Liban, déplorant l’absence d’accord sur le sujet au sein de l’UE. Autre initiative diplomatique, le ministre iranien des Affaires étrangères s’est rendu, mercredi, en Arabie saoudite pour discuter d’un cessez-le-feu.

Alors que les affrontements entre l’armée israélienne et des membres du Hezbollah se poursuivaient ce mercredi, avec notamment deux personnes tuées dans le nord d’Israël par des tirs de roquettes venus du Liban, du mouvement chiite, ou encore « environ 185 cibles militaires de l’organisation terroriste attaquées par l’armée de terre », selon Israël, le président américain Joe Biden devait s’entretenir avec le premier ministre Benyamin Netanyahou. L’opportunité, enfin, de voir Israël se faire rappeler à l’ordre par son plus fidèle soutien ? Rien n’est moins sûr.

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10 octobre 2024 4 10 /10 /octobre /2024 05:09
Mobilisation générale pour l'hôpital de Carhaix le samedi 12 octobre à 11h30 (Communiqué du PCF Finistère)

La Fédération du Finistère du PCF appelle, tout comme la section communiste de Carhaix-Huelgoat, les citoyens et l'ensemble de la population à se mobiliser très largement samedi 12 octobre à 11h pour défendre l'hôpital de Carhaix et l'hôpital public en général, notamment les hôpitaux de proximité dans leur polyvalence de services.

Depuis plus d’un an, les urgences de l’hôpital de Carhaix sont régulées, pour ne pas dire quasiment fermées.

L'hôpital de Carhaix n’est pas le seul dans ce cas. Partout en France cela devient la règle. L’attaque orchestrée depuis de nombreuses années contre nos services publics, dont notre service de santé, résulte d’une volonté politique néolibérale, de casse des services publics au profit du privé.

Les orientations du gouvernement Barnier, violemment austéritaires et capitalistes, risquent d'aggraver encore la qualité de l'accès à la santé et à l'hôpital public pour les citoyens, et ceci malgré le dévouement et le professionnalisme des soignants, soulignés par tous.

Le 12 octobre les communistes seront présents au rassemblement pour défendre nos hôpitaux et notre service public de santé. Le problème est national et pas seulement régional.

La gestion du service public de la santé est un domaine régalien du gouvernement. Demander à la Région de le gérer n’est donc pas la solution. L’État doit mettre les moyens indispensables, partout, dans tous les territoires, afin d'assurer à toutes et à tous la prise en charge nécessaire à une bonne qualité de soins.

La santé, c’est également les EHPAD publics et à but non lucratifs en grave situation de déficit du fait d'un sous-financement par l’État du champ du vieillissement et de manques de ressources de sécurité sociale pour la perte d'autonomie. Notre camarade Xavier COMPAIN, maire de Plouha, est à l’origine avec d'autres élus costarmoricains et finistériens du mouvement de colère des maires, sur le déficit des établissements.

Après la manifestation les communistes et leurs sympathisants se retrouveront pour un banquet des jours heureux déjà prévu à 13h aux Halles de Carhaix, place des Droits de l'Homme. Il y a déjà 80 réservations et les réservations sont closes pour le repas. Mona Jaouen et Gilles Grall assureront la partie musicale.

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9 octobre 2024 3 09 /10 /octobre /2024 11:17
Urgence solidarité avec les sinistrés et réfugiés du Liban, victimes des bombardements israéliens :   Agissons concrètement pour financer l'aide d'urgence avec le PCF Finistère.
Urgence solidarité avec les sinistrés et réfugiés du Liban, victimes des bombardements israéliens :   Agissons concrètement pour financer l'aide d'urgence avec le PCF Finistère.

Pour faire un don en ligne: https://www.lepotcommun.fr/pot/4rodnv8j

Urgence solidarité avec les sinistrés et réfugiés du Liban, victimes des bombardements israéliens :

Agissons concrètement pour financer l'aide d'urgence avec le PCF Finistère.

La situation du Liban était très difficile, elle devient apocalyptique, avec des centaines de milliers de déplacés liés à l'agression israélienne.

Une proche amie de notre camarade Gladys Grelaud appelle à l'aide pour financer l'organisation des secours et de l'aide vitale aux déplacés dans sa ville suite aux bombardements israéliens contre le Liban.

Merci à tous ceux qui le peuvent et le souhaitent d'envoyer un don au profit de l'aide d'urgence aux civils libanais de Doha el Hoss, une commune à 5km de Beyrouth:

un chèque à l'ordre de l’ADF PCF 29, envoyé à la Fédération du Finistère du Parti communiste Français, 5 rue Henri Moreau, 29 200 BREST.

La fédération du PCF Finistère a fait un premier versement en avance de 1000 euros. Mais c’est bien plus d’argent qu’il faut pour faire face à tous les besoins des déplacés.

Il y a besoin de dizaines de milliers d'euros pour les réfugiés qui se pressent à Doha el Hoss, victimes des bombardements du régime d'extrême-droite de Netanyahou.

Charlène, notre contact sur place, explique dans un appel à l'aide et un témoignage poignant:

" Nous sommes une famille française expatriée au Liban depuis 14 ans. Nous habitons Doha el Hoss (entre Khalde et Damour), petite ville d'environ 4.000 habitants en temps normal.

Bien que proche de Dahyé (banlieue sud bombardée de Beyrouth) à vol d'oiseau (environ 5km au sud), notre localisation est une zone résidentielle non stratégique et donc préservée. Aussi, depuis la semaine dernière, les raids se sont intensifiés tout d'abord sur le Sud Liban, puis sur Dahyé, et maintenant sur d'autres territoires encore, ce qui entraîne crescendo de plus en plus de déplacés. Aussi, notre zone est devenue ''zone tampon'' et donc zone d'affluence.

Aujourd'hui environ 30.000 personnes se sont dirigées dans notre quartier et y cherchent à se loger car ils n'ont plus nulle part où aller. Et l'affluence continue.

Nos priorités immédiates sont donc de loger et nourrir ces 30.000+ déplacés (ceux dans un rayon de 2km autour de nous !) qui n'ont plus aucun moyen de subsistance.

 Vous ne pouvez imaginer nos petites rues bondées, des voitures garées tout le long des bas-côtés, les gens qui n'ont pas encore de logement dorment dans leurs voitures, ceux qui ont un peu plus de chance sont souvent ''entassés" à plusieurs familles (30 à 50 personnes +) dans un seul appartement; non meublé et dorment à même le carrelage pour la grande majorité.

La solidarité existe, ce qui fait chaud au cœur  : un bon nombre de propriétaires d'appartements vides ouvrent leurs portes (ceci-dit la plupart demandent un loyer), des dons en matériel, en nourriture, en vêtements sont également faits... Malheureusement, comme dans toute guerre, les profiteurs ont les dents longues, et l'inflation est impressionnante.. pour exemple, une pièce de 12m2 à louer passée de 50 dollars à 300$ ! ou encore ces matelas tout fins (7cm en mousse) qui font tant défaut sont passés de 10$ initialement à 15, 20 jusqu'à 40 chez certains vendeurs..au gros.
C'est un travail de titans.. on essaie de trouver tous les moyens pour répondre à la situation.

Grâce à nos dons individuels, nous avons pu donner des matelas à des déplacés mais on estime qu'il reste 90% des personnes qui dorment à même le carrelage! En plus de matelas, ils ont besoin d'un minimum : des oreillers et des couvertures, les produits d'hygiène de premières nécessités notamment.

Pour ce qui concerne la nourriture, une première initiative de grande cuisine organisée par les femmes du quartier a démarré mercredi dernier. Nous parvenons à produire un repas par jour, pour environ 1500 personnes (en y passant une grande partie de la journée, à 50 minimum), c'est formidable, mais tellement insuffisant! et surtout, c'est épuisant, c'est évident que pour pallier à l'urgence, c'est nécessaire, mais que ce ne sera pas soutenable dans le temps !

Nous sommes en manque évident d'équipement, ustensiles, de bonbonnes de gaz et de matières premières...

Nous sommes lancés pour créer en parallèle un réseau de plus petites cuisines de rue qui pourront éventuellement assurer 2 repas par jour, et qui évitent l'excès de déplacements, qui répondent quasi localement à l'urgence, et permettent d'à moyen terme, former des équipes de déplacés qui pourront à tour de rôle s'occuper de cuisiner eux-mêmes..

Et comme on aimerait bien que la "réputation safe" de notre quartier le reste durablement, cette idée de "cuisines de quartier" permet notamment aussi d'éviter les grands rassemblements (cibles privilégiées de bombardements comme vu ailleurs depuis le 07/10/2023)  !

Comme vous vous en doutez, tout cela exige des moyens que nous ne réussissons pas à trouver suffisamment localement.

Alors que les ONG avaient récolté des millions en quelques heures lors de l'explosion du port de Beyrouth (qui en comparaison ne représentait que peu de déplacés, 2 ou 3 milliers), nous n'avons aujourd'hui le soutien d'aucune association sur le terrain!

A titre de rappel, aucune association n'opère dans notre zone et nous sommes aujourd'hui très organisés et bien renseignés sur le nombre, la localisation et les besoins des familles ici présentes.

Merci de prendre en considération notre mobilisation pour répondre à cette urgence humanitaire d'une rare ampleur au Liban.

Charlène ANGUIS"

 

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9 octobre 2024 3 09 /10 /octobre /2024 05:54

 

Mesdames, Messieurs,


Vous êtes 270 000 à assurer, chaque jour, le droit à la sécurité et à la tranquillité de nos concitoyens. Policiers, gendarmes, douaniers, toutes et tous agents du service public, vous avez fait le choix courageux de vous mettre au service de la nation et de garantir la paix civile. Vous avez su, lors des Jeux olympiques, garantir la sécurité et la sérénité de cet évènement international et ainsi permettre à la France d’accueillir le monde, fraternellement, généreusement. Nous vous en sommes extrêmement reconnaissants.

Beaucoup de nos concitoyens auraient aimé qu’une telle parenthèse de concorde s’inscrive dans la durée. Mais les exigences du moment et les évolutions de la société pèsent sur nos vies à tous et affectent défavorablement votre travail quotidien. Des décennies de politiques du chiffre, additionnées à des réductions budgétaires et des réorganisations perpétuelles ont affaibli votre capacité d’agir efficacement.

Beaucoup d’entre vous se sentent découragés, avec l’impression de « vider l’océan à la petite cuillère » ajoutée à l’absence de reconnaissance de vos métiers. Tout cela nourrit de la déception, de la colère. Les démissions s’enchaînent à un rythme plus élevé que les recrutements. Pourtant, notre pays doit affronter des menaces toujours plus grandes : terrorisme, narco trafic, cyber attaques et cybercriminalité, blanchiment d’argent et corruption, délinquance en col blanc et délinquance tout court, racisme, antisémitisme, violence sexuelles et intrafamiliales…

Nous surmonterons tous ces fléaux en mobilisant tous les moyens de la nation, ceux de la justice mais aussi l’ensemble de nos services publics et de leurs agents. Parce que la France a besoin d’un continuum de sécurité, l’État, à vos côtés, doit retrouver sa place, toute sa place pour garantir à chaque citoyen la sécurité, la tranquillité, la justice, quels que soient son lieu d’habitation, son âge, sa classe sociale ou sa couleur de peau.

C’est pourquoi nous sommes tellement attachés à la construction d’un grand service public de la sécurité aux côtés d’un ministère de la Justice en capacité de faire appliquer rapidement ses décisions, toutes ses décisions. Nous défendons le recrutement dans un premier temps de 60 000 fonctionnaires dans la police, la gendarmerie et les douanes, dont 30 000 nouveaux fonctionnaires de police dédiés à une police du quotidien, de proximité et de terrain. Nous devons aussi redonner tous ses moyens à la police judiciaire en abrogeant la dernière réforme afin qu’elle puisse pleinement travailler au service de la justice, mener des enquêtes, en toute indépendance du pouvoir politique.

Alors que de nombreuses villes ont investi dans des polices municipales et dans la vidéo surveillance, les moyens de la police nationale reculent dans ces mêmes villes. Nous souhaitons donc revoir l’organisation en communautés de brigade ou circonscription d’agglomération en renforçant le maillage en commissariats et brigades de gendarmerie à travers le pays, dotés de moyens d’intervention, 24 h/24 h, et des moyens d’investigation à la hauteur des besoins. Nous souhaitons accroître les moyens dédiés à la police technique, scientifique, au renseignement, aux unités en charge du narcotrafic, de la délinquance financière, du trafic d’êtres humains et du démantèlement des réseaux mafieux, de toute cette délinquance qui gâte la vie des gens. Nous voulons retrouver le contrôle de nos frontières et empêcher autant que possible l’entrée des substances illicites comme celle des armes. Les moyens humains et techniques que nous devons développer sont considérables mais nous devons en faire une priorité. Car c’est en contrôlant beaucoup plus les marchandises qui entrent par nos ports, nos aéroports que nous arriverons à tarir la source, dans l’Hexagone comme dans les territoires d’Outre-Mer.

Nous relèverons ce défi par un plan pluriannuel d’embauches et de formations. Et nous y parviendrons en rendant plus attractives toutes vos missions. Nous proposons de revaloriser vos salaires, par la hausse de 10 % du point d’indice, par la transformation de nombreuses primes en salaires, par l’accès à une retraite anticipée, par la fin de la politique du chiffre, par la protection de vos vies comme de celle de vos familles. Nous faisons de la lutte contre le haut du spectre des trafiquants de drogues, d’armes ou d’êtres humains notre priorité. En cela, nous exigerons un haut niveau de réciprocité entre nos services et ceux notamment des monarchies du Golfe, comme ceux d’Afrique du Nord et d’Amérique latine pour tarir à la source l’arrivée de la drogue, mettre fin à l’impunité pour les criminels en exil et rendre ainsi effectif le démantèlement des filières.

Nous activerons tous les leviers, qu’ils soient économiques, diplomatiques ou politiques, loin de la timidité affichée par la France ces dernières années. Nous souhaitons également revoir et allonger la formation des policiers et agir contre la surpopulation carcérale, assurer des conditions dignes de détention et donner les moyens à l’administration pénitentiaire et judiciaire de réaliser sa mission en toute sécurité.

Nous devrons investir beaucoup plus fortement dans notre jeunesse pour la préparer à relever les beaux défis de notre pays. L’éducation, le travail, le respect, la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité sont des principes, des droits et des valeurs de notre République que nous voulons faire vivre pleinement pour nos enfants. C’est aussi le meilleur moyen pour lutter contre la délinquance avec des services de l’État, de la justice, de l’éducation nationale à la hauteur. Aucune mesure d’économie ne doit les toucher, à l’image de celles subies par la Protection judiciaire de la jeunesse.

Vous le constatez vous-même : quand l’État recule, c’est l’ensemble des services publics qui disparaît et, à travers cet affaiblissement orchestré, c’est la cohésion nationale qui est menacée. C’est pourquoi le budget de l’État doit se mettre au service de ces choix. Nous irons chercher l’argent là où il se trouve. Mais certainement pas dans les poches de celles et ceux qui travaillent et contribuent déjà beaucoup, comme vous toutes et vous tous.

Les communistes sont pleinement à votre disposition pour échanger sur cette ambition que nous portons pour la France et l’ensemble de nos concitoyens.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de mes salutations républicaines.

Fabien Roussel

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9 octobre 2024 3 09 /10 /octobre /2024 05:54

Il y a un an, jour pour jour, le premier pogrom de l’histoire de ce XXIe siècle a conduit à la mort de 1 200 hommes, femmes et enfants, blessant et mutilant plus de 7 500 personnes. Parmi ces victimes figurent 42 Français.

Ce massacre de masse, visait des Israéliens parce qu’Israéliens, des Juifs parce que Juifs.

Je veux, par ce message, au nom des communistes français, rendre hommage à toutes les victimes.

Je veux également témoigner de la solidarité des communistes français avec les familles de celles et ceux qui, le 7 octobre, ont été capturés et pris en otage par le Hamas.

Le Parti communiste français continue d’exiger leur libération immédiate et inconditionnelle, comme le font des centaines de milliers d’Israéliens qui manifestent courageusement pour un cessez-le-feu et la démission de Benyamin Netanyahou.

Les responsables de cet acte terroriste doivent répondre de leurs crimes devant la justice internationale.

Ils défigurent le juste combat du peuple palestinien pour que soit reconnu son droit à l’existence nationale et à la paix avec le peuple israélien.

Ce pogrom intervient dans un moment où l’antisémitisme grandit, dans le monde comme en France.

Le PCF, dans son histoire, l’a toujours combattu avec acharnement. Comme il s’est toujours battu contre le racisme, pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et pour la paix.

Un an après, je veux redire également, les crimes du Hamas ne justifient en rien le génocide en cours à Gaza. Ils ne justifient en rien l’accélération de la colonisation en Cisjordanie et les exécutions sommaires dans les territoires palestiniens et les camps de réfugiés. Ils ne justifient en rien les bombardements aveugles au Liban.

Les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en ce moment-même par les dirigeants de l’État d’Israël empêchent la libération des otages. Ils sont une menace pour la paix dans toute la région, et pour la sécurité même du peuple israélien. Leurs auteurs, eux aussi, répondre de leurs actes devant la justice internationale.

Le PCF est pleinement engagé pour le cessez-le-feu immédiat sur tous les théâtres d’opération. Pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine aux côtés de l’Etat d’Israël, sur les frontières de 1967. Pour une solution à deux Etats pour deux peuples vivant en paix, en sécurité et en démocratie, à égalité, sur une même terre.

S’inclinant aujourd’hui devant les victimes du 7 octobre, le PCF condamne, dans notre pays, toute dérive qui prétendrait transformer un conflit politique ayant pour enjeu le partage de la souveraineté sur la terre de Palestine en guerre de religion ou de civilisation.

Notre combat est celui de la paix, de la solidarité entre les peuples, de la justice et du droit.

Nous serons toujours aux côtés des peuples palestinien et israélien et des forces progressistes qui, de part et d’autre, aspirent à la Paix.

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8 octobre 2024 2 08 /10 /octobre /2024 05:39
UN AN APRÈS LE 7 OCTOBRE « Les autorités israéliennes imposent une terreur afin de forcer les Palestiniens au départ », ANALYSE DOMINIQUE VIDAL (L'Humanité, 3 octobre 2024, entretien avec Vadim Kamenka)
UN AN APRÈS LE 7 OCTOBRE « Les autorités israéliennes imposent une terreur afin de forcer les Palestiniens au départ », ANALYSE DOMINIQUE VIDAL
 
Coauteur de « Palestine-Israël. Une histoire visuelle », Dominique Vidal analyse les conséquences du 7 octobre et revient sur le terrorisme d’État mené par le gouvernement israélien d’extrême droite depuis des années.
 
L'Humanité
Publié le 3 octobre 2024
Vadim Kamenka
Dominique Vidal
 
Historien et journaliste, spécialiste des relations internationales et notamment du Proche-Orient.
 
La surprise générale m’étonne encore. Évidemment que l’on ne pouvait pas prévoir le 7 octobre, ni la suite. Mais cette riposte disproportionnée du gouvernement israélien relève d’une politique inscrite dans ce que représentent Benyamin Netanyahou et l’extrême droite. Le premier ministre israélien n’est aucunement l’otage de ses alliés gouvernementaux : le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich. Vingt ans auparavant, la pensée de Netanyahou avait déjà été analysée. Elle provient de son père, professeur d’histoire juive, Ben-Zion Netanyahou, l’un des hommes les plus engagés dans l’extrême droite israélienne.
Il a été, dans les années 1930, le secrétaire particulier de Vladimir Jabotinsky, fondateur du courant sioniste le plus réactionnaire, dit « révisionniste ». À tel point qu’en 1962, Ben-Zion Netanyahou décida de fuir le « socialisme » israélien en s’exilant aux États-Unis. Ses fils ont été élevés dans les idées de Jabotinsky, dont la pensée est présentée dans le texte de 1923 « la Muraille de fer », où il appelle à écraser les Arabes pour pouvoir ensuite faire un accord de bonne foi avec eux. Cette idéologie est reprise désormais par l’ensemble de la classe politique, à la seule exception des partis dits « arabes » et du Parti communiste israélien.
Depuis les États-Unis, Benyamin Netanyahou a retenu de l’histoire d’Israël que la seule chose qui compte, c’est la force. La génération suivante, avec son fils Yaïr, est aussi révélatrice. Cet ultranationaliste, qui se trouve depuis un an en Floride, a servi de figure pour la campagne du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), en 2020, sur une affiche qui prône une Europe chrétienne.
Indiscutablement, l’action du Hamas le 7 octobre est une opération terroriste car elle a visé en majorité des civils. On a eu 1 200 morts environ et 250 otages. Cela ne veut pas dire pour autant que le Hamas se résume à un mouvement terroriste. Netanyahou et son gouvernement ont mené également avec la « riposte » une campagne terroriste. Nous n’avons jamais connu un nombre de morts aussi élevé dans l’histoire des conflits du Proche-Orient. Lorsqu’on évoque les guerres d’Israël, elles faisaient en moyenne entre 3 000 et 10 000 morts : 3 000 du côté israélien et 10 000 du côté arabe. L’essentiel étant des soldats.
Enfin, le 7 octobre, c’est une forme de résistance palestinienne qui n’a pas trouvé de manière politique de s’exprimer. Après soixante-quinze ans de domination israélienne, de guerres, de terres spoliées, d’oliviers arrachés, de jeunes tués, elle a choisi la violence, y compris les actions terroristes. Ce n’est pas nouveau. Le Hamas avait perpétré l’essentiel des attentats kamikazes en Israël au moment de la seconde Intifada.
Vous avez qualifié de terrorisme les actions du gouvernement israélien. Mais des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ont eu lieu et la justice internationale a évoqué le risque de crime de génocide. Qu’en pensez-vous ?
Après quarante ans de travail sur le Proche-Orient, il s’agit de la pire période que j’ai connue. Depuis un an, Benyamin Netanyahou a tué, détruit et se met à en faire de même au Liban. À l’ONU, on évoque plus de 100 000 morts sur une population de 2,3 millions de personnes. Une proportion inouïe. Le bilan de 40 000 donné par le ministère de la Santé du Hamas prend en compte les morts identifiés. Or, il y a évidemment des milliers de cadavres sous les gravats, sachant que 70 % des infrastructures ont été détruites.
C’est pour cela que j’utilise le terme « terroriste ». Les autorités israéliennes imposent une terreur afin de forcer les Palestiniens au départ : une nouvelle Nakba. Yoav Gallant a parlé, dès le début de l’opération militaire à Gaza, d’une « guerre contre des animaux humains » et expliqué clairement qu’il fallait les priver d’électricité, d’eau, de nourriture, de médicaments. Netanyahou mène une guerre contre un mouvement dont la naissance et le développement ont été instrumentalisés politiquement par la droite israélienne, surtout en laissant le Qatar apporter des sommes considérables.
À Gaza comme en Cisjordanie, le gouvernement israélien veut-il faire disparaître tout État palestinien ?
Le but est, d’une manière ou d’une autre, de pouvoir expulser un grand nombre de Palestiniens, notamment de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, avec un système d’annexion. Jusque-là, l’extrême droite israélienne parlait de colonisation. Depuis Donald Trump, le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem et les accords d’Abraham, le ministre Bezalel Smotrich multiplie les décisions qui vont au-delà avec des mesures préparant une véritable annexion de la Cisjordanie. À Gaza, il faudra des années pour reconstruire quelque chose. Le second objectif du gouvernement est d’imposer l’hégémonie d’Israël dans toute la région mais sans occupation physique. Le Liban rentre dans cette logique.
C’est la première fois dans l’histoire qu’un État qui possède une armée extrêmement puissante mène une guerre sans objectifs affichés. Pourtant, Israël a une pratique de négociation avec le Hamas. En 2011, le soldat franco-israélien Gilad Shalit avait été échangé contre un millier de prisonniers palestiniens. Cette fois-ci, Netanyahou semble prêt à laisser mourir les otages. D’où sa difficulté à gérer leurs familles, dont le mouvement réclame l’arrêt de la guerre pour pouvoir négocier leur libération.
Au niveau international, quel impact a eu la guerre à Gaza ?
L’effet indiscutable, c’est l’isolement d’Israël, qui a atteint des proportions jamais connues. En Afrique, la représentante d’Israël a été évincée du sommet de l’Union africaine. En Amérique latine, il y a eu toute une série de mesures, de sanctions, voire de ruptures des relations. En Europe, sur la question de la reconnaissance, un certain nombre de pays ont franchi le pas.
Dans le monde arabe, le processus de normalisation avec Israël a été freiné. Les opinions y sont clairement hostiles désormais. La guerre a pris une telle proportion qu’aucun dirigeant saoudien ne peut plus signer les accords d’Abraham sans une perspective d’État pour les Palestiniens.
Ce qui se produit ringardise notre grille de lecture traditionnelle du monde et du Proche-Orient en particulier. Il faut la revoir complètement. Les puissances régionales ont une position géopolitique qui ne ressemble en rien à ce qui était celle de l’ancien « tiers-monde » ou des « non-alignés ». Certes, on retrouve aujourd’hui nombre de mêmes pays mais leur politique n’a rien de comparable avec le projet de Bandung.
A-t-elle servi au Sud global afin d’assumer sa place ?
Le plus insupportable, ce sont les deux poids deux mesures, qui servent à maintenir une forme de gestion du monde par les États-Unis et leurs alliés, mais face à une partie du Sud. De l’Ukraine au Sahel, ce qui est frappant, c’est qu’une majorité d’habitants du monde, via les représentations étatiques, ont condamné l’invasion russe de l’Ukraine mais aussi refusé de prendre à leur compte les sanctions décidées par les Occidentaux. De même, Washington n’a pas appliqué une quelconque sanction contre Israël.
Depuis des années, l’Assemblée générale des Nations unies vote sur une résolution prônant « le droit des Palestiniens à l’autodétermination et à un État », presque dans les mêmes termes. Seuls quatre pays l’ont refusée lors du dernier vote : les États-Unis, la Micronésie, les îles Marshall et Nauru. L’objectif, le seul possible, c’est évidemment l’égalité des droits de tous ceux qui vivent sur cette terre. Après, ils choisiront la forme institutionnelle qui permet la coexistence de deux États. Le plus urgent est un cessez-le-feu.
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8 octobre 2024 2 08 /10 /octobre /2024 05:35
« Israël a perdu son humanité dans cette guerre », dénonce Gideon Levy (L'Humanité, entretien avec Pierre Barbancey, 6 octobre 2024)

Le journaliste israélien à la renommée internationale, Gideon Levy, revient, pour l’Humanité, sur les massacres perpétrés le 7 octobre 2023 et la guerre menée par Israël à Gaza, en Cisjordanie et au Liban.

Pierre Barbancey, L'Humanité, 6 octobre 2024

Au quotidien Haaretz depuis 1982, Gideon Levy est devenu une conscience rare, se rendant régulièrement dans les territoires palestiniens occupés. À longueur de colonnes, il dénonce l’occupation et l’apartheid. Lui, dont les grands-parents sont morts dans un camp de concentration nazi, ne craint pas de critiquer la politique de l’État d’Israël.

Qu’aviez-vous en tête lorsque vous avez appris ce qui s’est passé le 7 octobre ?

Je vais être franc. D’abord, j’ai entendu que des Palestiniens avaient franchi la clôture et je me suis dit : « Oh, le mur de Berlin est en train de tomber. » J’ai vraiment ressenti ça, et même un certain bonheur. Je pense que Gaza ne peut pas vivre dans une cage avec des barrières éternelles. J’ai cru que nous assistions peut-être à une protestation qui allait mener à une forme de liberté.

Durant les premières heures, je devais écrire ma chronique. Mon rédacteur en chef m’a appelé et m’a informé – ce que je ne savais pas – qu’il y avait des centaines d’Israéliens tués. J’ai compris qu’il ne s’agissait pas du mur de Berlin, et j’ai changé d’avis.

« Le 7 octobre est arrivé de la manière la plus brutale, mais après dix-huit ans en prison, les gens peuvent devenir fous. »

À la fin de la journée, il était clair que des choses terribles s’étaient produites, ce 7 octobre. Il faut néanmoins rappeler que ce qui s’est passé ce jour-là s’inscrit dans un contexte. Il y a une raison à tout ; cela ne veut pas dire que je justifie tout.

Mais, pensez-vous vraiment que 2,3 millions de personnes vivraient pendant dix-huit ans dans la plus grande prison au monde et l’accepteraient pour toujours ? Le 7 octobre est arrivé de la manière la plus brutale, mais après dix-huit ans en prison, les gens peuvent devenir fous.

Netanyahou revendique le droit d’Israël à se défendre. Après 41 000 morts à Gaza, peut-on parler de « défense » ?

Il y a eu un choc et un traumatisme. Je suis allé dans les kibboutz et les villages attaqués, deux jours plus tard ; j’ai vu des scènes terribles. Je ne minimise rien. Mais, dorénavant, tout se passe comme si nous pouvions faire ce que nous voulons.

Nous pouvons tuer 41 000 personnes sans que quiconque n’ait le droit de nous dire que c’est criminel, illégal et génocidaire ? Nous pouvons tuer 17 000 enfants et dire que c’est de l’autodéfense ? Non. Israël a le droit de se défendre, mais pas de commettre un génocide. Le 7 octobre ne donne pas à Israël la liberté de se comporter en sauvage.

Pourquoi le peuple israélien dans sa majorité accepte-t-il cette façon de penser ?

La société israélienne se trouve dans l’un des pires moments de son histoire. Depuis le 7 octobre, les gens croient que la seule chose à faire est de se venger.

Ils sont choqués par ce qui s’est passé et pensent qu’il n’y a ni place pour l’empathie envers les Palestiniens ni limite à notre agression. C’est ce qui explique l’incroyable soutien de presque tous les Israéliens à la guerre menée à la fois à Gaza et au Liban.

L’expression d’une certaine empathie envers les Palestiniens est quasiment considérée comme criminelle. Des enseignants ont perdu leur emploi, des Palestiniens israéliens ont été arrêtés pour cela. La société israélienne a beaucoup changé, le 7 octobre, et pas en mieux.

Mais l’extrême droite était déjà élue…

Exact. Mais tout est sorti de la boîte après le 7 octobre. Le racisme, la haine des Palestiniens, la soif de sang, l’avidité primitive de se venger, de punir : tout est devenu légitime.

Le 7 octobre a aussi tué la soi-disant gauche israélienne. Les manifestations que vous voyez ici sont très impressionnantes, mais ce n’est pas contre la guerre. Ne vous méprenez pas : c’est contre Netanyahou, pour la libération des otages, mais pas contre le massacre, ni la famine à Gaza. Il ne s’agit pas non plus de ce que nous faisons au Liban.

Comment la société israélienne peut-elle continuer ?

Il est très difficile d’attendre un changement de la société israélienne. Elle est désormais totalement aveugle. Elle a subi un lavage de cerveau. Personne ne parle de paix, de solidarité avec les Palestiniens, de leurs souffrances.

« Les gens ont perdu l’empathie. Ils ne voient pas les Palestiniens comme des êtres humains. »

Israël a perdu son humanité dans cette guerre, et la société israélienne également. Israël peut faire ce qu’il veut, personne dans le pays ne s’en souciera. Les gens ont perdu l’empathie. Ils ne voient pas les Palestiniens comme des êtres humains. Pour eux, tous les habitants de Gaza ont tué, le 7 octobre.

Le peuple israélien sait-il exactement ce qui se passe à Gaza ?

Non, il ne le sait pas parce que les médias israéliens évitent de lui montrer la réalité. Savoir qu’il y a 41 000 morts, c’est une chose. Voir les images des enfants affamés et mourant sur le sol des hôpitaux, c’est autre chose. Les citoyens français ont vu plus d’images de Gaza que n’importe quel Israélien qui vit pourtant à une heure de Gaza.

Comment est-ce possible à l’heure des réseaux sociaux ?

Grâce à la collaboration des médias libres, qui se comportent comme les médias russes. Pas à cause de la pression du gouvernement ou de la censure. À cause de considérations commerciales. Nous savons ce que les gens attendent de nous : ils ne veulent pas voir, ils ne veulent pas savoir.

Nous ne les montrerons donc pas, à part à Haaretz. Nous sommes au XXIe siècle, il y a Internet, il y a les réseaux sociaux, mais il faut vouloir voir. Il faut choisir de voir. Si vous n’êtes pas intéressé, vous ne voyez rien. La plupart des Israéliens, sinon tous, ne veulent pas savoir.

Comment réparer ce qui a été cassé ?

Je ne suis pas sûr que tout puisse être réparé. Je ne vois pas comment nous pouvons nous en sortir quand les Israéliens ont perdu tout espoir dans un quelconque type de règlement, de coexistence ; quand la plupart des Israéliens croient que tous les Palestiniens sont le Hamas et tous les Palestiniens sont la Nukhba – les forces spéciales du Hamas qui ont commis les meurtres le 7 octobre.

Je ne vois pas comment quand il n’y a ni médias ni dirigeants en Israël qui essaient de changer les choses. Je ne vois pas de solution, sauf si la communauté internationale commence à agir, comme elle l’a fait avec la Russie après l’invasion de l’Ukraine ou envers l’Afrique du Sud, avec l’apartheid. La Russie a envahi l’Ukraine en quelques semaines. Israël a envahi Gaza et, maintenant, le Liban. Qui parle de sanctions contre Israël ? Personne.

En Europe et en France, critiquer Israël revient à se voir accusé d’antisémitisme…

Ignorez cela. C’est une manipulation cynique de la propagande israélienne. Il y a de l’antisémitisme, et il faut le combattre. Mais tous ceux qui critiquent Israël ne sont pas des antisémites, pour l’amour de Dieu ! La plupart d’entre eux ne le sont pas car ce sont des gens de conscience. Quand un citoyen français voit le massacre d’enfants et crie « Arrêtez ça ! », il crie à son gouvernement de faire quelque chose. Qu’est-ce que cela a à voir avec l’antisémitisme ?

« Personne n’ose dire un mot sur Israël. Ne tombez pas dans ce piège : vous n’avez pas seulement le droit de critiquer Israël, vous en avez le devoir. »

Cette manipulation est très efficace parce que l’Europe est paralysée. Personne n’ose dire un mot sur Israël. Ne tombez pas dans ce piège : vous n’avez pas seulement le droit de critiquer Israël, vous en avez le devoir. Le contexte est l’occupation et la colonisation depuis cinquante ans, et vous en voyez les résultats.

Les Palestiniens n’accepteront jamais l’occupation. Connaissez-vous un peuple prêt à vivre sans citoyenneté ? Tout dissident russe a la citoyenneté russe. Tout combattant africain de la liberté a une citoyenneté ; Nelson Mandela avait une citoyenneté.

Lorsque la Cour internationale de justice parle d’un possible génocide à Gaza, la réponse israélienne consiste à réfuter cette possibilité du fait de la Shoah. Que répondez-vous à cela ?

Est-ce que cela vous convainc ? Non. Ça ne me convainc pas non plus. Les victimes du plus grand génocide de l’histoire devraient être encore plus sensibles lorsqu’il s’agit du génocide d’autres peuples. Les Israéliens font le contraire.

Ils estiment qu’après la Shoah, nous avons le droit de faire ce que nous voulons. Que personne n’a à nous dire ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas, ce qui est moral et ce qui ne l’est pas.

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