Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
25 octobre 2024 5 25 /10 /octobre /2024 15:52

 

Le contexte politique actuel, avec l’extrême droite aux portes du pouvoir et la poursuite des politiques libérales austéritaires, nous conduit à proposer d’édifier les services publics au plus haut niveau de la hiérarchie des normes, la norme constitutionnelle.

La reconstruction de ces services publics constitue une ambition très largement partagée dans la population. Le président de la République n’a pas fait le choix d’une politique de rupture avec les politiques libérales qui ont généré cette crise profonde du service public.

Il revient donc au Parlement de répondre à ces attentes premières de notre peuple, en proposant un autre chemin que celui du libéralisme sauvage, qui sévit depuis des années dans notre pays, placé sous le joug des contraintes autoritaires des traités européens.

Les élections européennes et législatives ont été marquées par le rejet de la politique menée par E. Macron et une aspiration forte à un changement d’orientation clair pour notre pays. Le désarroi et souvent la colère face à la remise en cause de grands services publics, tant au plan national que local, ont pesé lourd dans le choix des électeurs.

C’est pourquoi, face aux attentes de nos concitoyennes et de nos concitoyens, nous proposons d’intégrer dans notre Constitution une Charte des services publics. En inscrivant les services publics au plus haut niveau de la hiérarchie des normes, nous souhaitons les libérer de l’inflation normative pour leur garantir l’efficacité attendue par nos concitoyens. Nous souhaitons avant tout mettre l’intérêt général au-dessus de toute logique budgétaire et garantir pour toutes et tous l’accès aux services publics sur l’ensemble du territoire et un financement assuré par l’État.

Depuis les années 1980, l’Union européenne et les États membres ont conduit des politiques de libéralisation des services publics en réseau, avec l’ouverture progressive à la concurrence d’activités jusque-là organisées en situation de monopole national ou territorial. Les gouvernements ont ainsi suivi les orientations des autorités européennes pour privatiser l’énergie, les transports, les services postaux...

Les services publics sont consubstantiels à l’avènement de l’État moderne et depuis irriguent des pans entiers de l’activité sociale. Dès 1923, Léon Duguit, dans le tome II de la dernière édition de son Traité de droit constitutionnel, constatait que « l’État est une coopération de services publics organisés et contrôlés par les gouvernants ». L’expansion de l’État a conduit à l’expansion des services publics. Or, depuis une trentaine d’années et avec une acuité accrue depuis les Traités de Maastricht et de Lisbonne, nous assistons à un recul des services rendus par les autorités publiques, au profit d’acteurs privés avec ou sans missions de service public.

Par leurs discours fustigeant le poids croissant de l’État, allant même jusqu’à le qualifier « d’obèse », les représentants politiques attachés au libéralisme ne discréditent pas seulement l’appareil d’État et son administration qualifiée de bureaucratie, mais bien la fonction qui lui est attachée depuis les années 1930 : son rôle de pourvoyeur de services au public.

Le Président de la République E. Macron, le 3 juillet 2017, prononçait un discours devant le Parlement réuni en Congrès empruntant pleinement à cette philosophie politique « ce ne sont pas les Français qu’il faudrait désintoxiquer de l’interventionnisme public, c’est l’État lui-même. Il faut évidemment protéger les plus faibles (...). Mais protéger les plus faibles, ce n’est pas les transformer en mineurs incapables, en assistés permanents de l’État, de ses mécanismes de vérification et de contrôle ». L’État n’est pourtant légitime à s’imposer qu’à la condition d’assumer réellement les grandes fonctions collectives s’insérant dans le développement social et économique. Jacques Chevallier, Professeur de Droit public et Sciences politiques, dans Le service public : regards sur une évolution, décrit l’avènement de l’« État fonctionnel », (qui) n’a de justification que par l’action concrète qu’il mène au service du bien commun, par la contribution qu’il apporte à la solidarité sociale ; perdant le privilège de la transcendance, il se légitime à travers les prestations qu’il fournit au public. En contrepartie, il bénéficie d’un postulat de bienveillance, puisqu’il est considéré comme exclusivement préoccupé du bien-être de tous ».

Sans réciprocité dans les sphères économiques et sociales, la violence d’État n’est plus légitime, les gouvernants ne sont plus que des oppresseurs. Ainsi, le discrédit sur les élus de la Nation, à tous les échelons, même si les élus locaux demeurent les plus appréciés de la population, est renforcé par l’affaiblissement des services publics. Les gouvernants et l’État n’assurent plus les missions que le peuple leur avait confiées et la sphère privée rogne des prérogatives qui incombaient à la puissance publique.

Cette « société de semblables » ne peut se construire sur l’addition d’intérêts particuliers, pas plus que sur leur mise en concurrence. Au contraire, le risque d’une telle logique est le développement du rejet de l’autre et de l’exacerbation des conflits comme le suggèrent la montée du racisme et du vote en faveur de l’extrême droite.

La construction des services publics revêt une dimension foncièrement politique pour les luttes sociales et pour la conquête de droits et d’égalité. Traversés par la notion d’égalité, car nos concitoyennes et concitoyens bénéficient des prestations identiques, accessibles à tous, les services publics ont dans le même temps une portée redistributrice en permettant à chacun d’accéder à des services définis comme essentiels, le tout étant financé par l’impôt. Ils sont donc partout où se trouve un vecteur de cohésion sociale et permettent de limiter les effets d’exclusion sociale générés par le marché. Aujourd’hui, nous ne sommes plus face à un État « protecteur » mais un État « pompier » qui modère l’influence du marché, qui s’immisce dans toutes les dimensions de l’activité sociale. Ainsi, la notion de service public constitue le pilier de notre pacte social républicain et le ferment de l’appartenance à la communauté nationale. Le service public est le patrimoine de tous et le seul de ceux qui n’ont rien.

Cette nécessité d’intervention de la puissance publique afin de répondre à des impératifs d’intérêt général n’est pas le seul apanage de l’État. En effet, historiquement, les collectivités locales, les communes en particulier, ont eu à prendre en charge de nombreuses activités érigées en services publics locaux afin de répondre aux besoins de leurs administrés.

Or, en affaiblissant sans cesse les moyens financiers mais aussi humains des collectivités locales et en remettant en cause leur clause de compétence générale, celles-ci ne sont plus à même de répondre à l’intérêt public local. Cela alors même que les services publics sont au coeur des relations entre les administrés et les élus locaux. En affaiblissant les services publics de proximité, c’est la démocratie locale qui est attaquée ainsi que le sentiment d’appartenance à la Nation.

Le rôle de l’État est, en tant que financeur, au cœur de l’ambition redistributive des services publics grâce à l’impôt juste et progressif. La mise en commun des ressources nécessaires au fonctionnement d’un service au public doit être assurée par la puissance publique. La tentation de comparer uniquement le ratio de prélèvements obligatoires au regard du produit intérieur brut (PIB) conduit à placer la France largement en tête (48 %) des membres de la zone euro (41,9 %). Pourtant, il est désormais communément accepté dans la littérature économique qu’un service public à un coût moins élevé que s’il était assumé par le privé et si le coût était individuellement supporté par les usagers. Jamais ne sont produites, ne serait-ce que des ébauches, pour déterminer le niveau de service public dont bénéficie la population de notre pays dans le cadre d’un examen comparatif sur le plan européen et international.

Aujourd’hui, le consentement à l’impôt souffre de la qualité des services publics et des services rendus à la population alors que nos concitoyennes et nos concitoyens sont majoritaires à considérer que le paiement d’impôts et de taxes est justifié par le financement des services publics (sondage Elabe, pour l’Institut Montaigne et les Échos du 5 octobre 2023).

En effet, la « performance » des services publics a été considérablement affaiblie par le phénomène d’externalisation approfondi depuis le milieu des années 1990 et qui représente, selon le collectif « Nos services publics », un coût de 160 milliards d’euros, soit le quart du budget de l’État. Si aucune définition satisfaisante n’a été apportée pour décrire la pluralité des phénomènes d’externalisation, nous les considérons comme « le fait de confier à un acteur privé la réalisation de tout ou partie de l’action publique, en autonomie ou en soutien des collectivités publiques ». L’agrégat le plus important (120 Md€) est dû aux délégations de service public (DSP). Si celles-ci peuvent parfois se justifier, il apparaît que des politiques publiques ont eu comme conséquence de construire des marchés économiques privés que la puissance publique n’a jamais pu exercer en maitrise directe. Les délégations de service public ont muté : elles étaient des transferts, elles sont désormais des nécessités. Des nécessités renforcées par l’étau dans lequel sont enferrées les finances publiques, des collectivités territoriales à l’État en passant par les administrations de la sécurité sociale. Là où il s’agit d’une véritable entreprise d’affaiblissement de la puissance publique, c’est que ces décisions publiques sont prises sous la contrainte et « plutôt que de diminuer le coût du service tout en maintenant sa qualité, on en réduit la qualité tout en dégradant les finances publiques ».

La raison est simple mais mérite d’être énoncée. Toute prestation exercée par le privé est plus onéreuse que si cette prestation était assurée en interne par l’administration car les prestataires doivent intégrer dans leurs éléments de facturation la rémunération des capitaux. Or, le coût du capital est plus élevé pour une entreprise privée que pour une administration publique, notamment les taux d’intérêts d’emprunts et la rémunération des actionnaires. D’ailleurs, en 2023, seuls trois pays de l’Union européenne avaient un taux d’externalisation plus faible que la France (40 %), ainsi soumise au secteur privé dans la gestion de ses services publics. Les contrats de mission doivent être strictement respectés par les opérateurs privés sous peine de détériorer un bien commun pour les usagers et la société.

Les coups de butoir de l’Union européenne pour démanteler les services publics des États membres entérinent une volonté d’harmonisation par le bas de l’interventionnisme public. Si le Traité de Rome, le 25 mars 1957, promouvait déjà l’idéal de la concurrence, c’est le Traité de Lisbonne, reprenant les dispositions rejetées par le peuple de France à l’occasion du référendum sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe, qui accentue la pression sur les services publics. En effet, l’alinéa 2 de l’article 106 de ce traité entré en vigueur le 1er décembre 2009 dispose que « les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général ou présentant le caractère d’un monopole fiscal sont soumises aux règles des traités, notamment aux règles de la concurrence (...) ». La sacro-sainte règle de la libre-concurrence a servi de prétexte à la mise en compétition de services publics de qualité. En continuité, le 9ème alinéa du préambule de la Constitution de 1946 qui consacre que « tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité » a été manifestement méprisé, écarté, relégué au ban du droit applicable.

Tour à tour, le transport aérien, le rail, l’énergie, les télécoms et les postes ont été mis en concurrence et confiés au secteur privé, générant ainsi la fin de la péréquation entre les activités du service public. À titre d’exemple, les lignes les plus rentables pour la SNCF devaient servir à financer le développement des petites lignes censées mailler le territoire, ce qui sera désormais plus difficile. C’est le cas de l’énergie avec des fournisseurs disposant de capacités de production inexistantes ou marginales, tout entier consacrés à distribuer de l’énergie que l’opérateur historique est seul ou presque à produire. L’usager devient un client, les recettes perdues ne servent pas à financer les investissements de demain.

Les services d’intérêt économique général susmentionnés ne sont pas les seuls à pâtir du comportement prédateur des institutions de l’Union européenne. Le carcan budgétaire que représente le Pacte de stabilité, y compris dans sa forme renouvelée, contribue à sanctionner les États membres avec un niveau de dépenses publiques important sans tenir compte de la dimension collective de dépenses qui pourraient être individuelles et privées. La notion de service public rendu n’existe pas et les règles budgétaires européennes sont aveugles au progrès. Le seul prisme d’analyse des budgets des États membres s’articule autour des notions de dette publique et de déficit rapportées au PIB. Cette vision restrictive comporte une somme d’injonction qui prescrit le transfert au secteur privé de pans entiers de services publics au prétexte de réduire les déficits dits « structurels ».

L’affaiblissement des services publics se fait ressentir dans l’ensemble des politiques publiques, dont l’exemple du service public culturel est particulièrement édifiant.

Depuis le mandat du président de la République Nicolas Sarkozy, le service public culturel s’affaiblit du fait du désengagement de l’État et de la mainmise croissante des industriels. Les politiques néolibérales et consuméristes ont entrainé une privatisation du secteur, un retour du contrôle politique des programmes, une diminution des marges artistiques, l’extension des commercialisations, une stagnation des subventions.

La remise en cause du service public audiovisuel, pourtant plébiscité par de nombreux usagers, porte désormais atteinte à notre liberté d’information, fondement de notre démocratie.

En inscrivant les services publics dans la Constitution, nous posons une pierre supplémentaire en faveur de la lutte pour une véritable démocratisation culturelle et avec elle le développement d’espaces culturels citoyens, partagés et garantissant les droits culturels. Ce renforcement de l’action publique ne saura d’ailleurs faire l’économie d’une politique de protection sociale à l’égard des auteurs et plus largement, d’une politique visant à retrouver la dignité sociale des travailleurs des services publics culturels.

La disparition des services publics est le carburant d’une colère qui trop souvent mène au vote d’extrême droite. La fermeture de bureaux de poste, de centres des impôts, de services de maternité, d’urgences, de tribunaux, de commissariats, la suppression de classes et de petites lignes de train fragilisent les territoires et renforcent le sentiment d’abandon et de déclassement et in fine alimentent ce vote. Construire un avenir de progrès, d’espérance, nécessite une offensive des progressistes en faveur du rétablissement des services publics du quotidien et le développement de systèmes de solidarité, d’accès effectif aux droits et de prise en charge de l’intérêt général en dehors des règles du marché et de la concurrence.

En conclusion, profondément attachés aux services publics, les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE-K ont toujours oeuvré en faveur de leur défense. Le contexte politique actuel, avec l’extrême droite aux portes du pouvoir et la poursuite des politiques libérales austéritaires, nous conduit à proposer d’édifier les services publics au plus haut niveau de la hiérarchie des normes, la norme constitutionnelle.

Composante du bloc de constitutionnalité, la Charte, tant par ses considérants que par ses articles, sera pour le législateur une nouvelle référence. Le respect de la Charte sera garanti par le Conseil constitutionnel et par les juridictions des deux ordres, administratif et judiciaire. La Charte concernera l’ensemble des services publics.

La Charte des services publics donnera un nouvel élan à la préservation et au fonctionnement pérenne de l’ensemble des services publics nationaux et locaux.

L’article 1er de la proposition de loi constitutionnelle a pour objet d’inscrire dans le Préambule de la Constitution une référence à la Charte afin de lui donner une solennité particulière. La mention de la Charte au premier alinéa du Préambule de la Constitution, venant après celles de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, du Préambule de la Constitution de 1946 et de la Charte de l’environnement de 2004 marque la proclamation de la nécessité de protéger et de renforcer les services publics. En ce début de XXIe siècle, la protection des services publics, si chère au peuple, est un impératif garanti par l’adoption de cet article 1er qui constitue une révision du Préambule de la Constitution du 4 octobre 1958. Ce choix traduit bien le fait que les principes fondamentaux du service public doivent être portés au niveau de nos grands principes constitutionnels, les rendant immuables et irrévocables au même titre les textes de 1789, 1946 et 2004.

L’article 2 de la proposition de loi édicte la Charte des services publics.

Sur le modèle de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et de la Charte de l’environnement de 2004, les articles de la Charte sont précédés d’un exposé des motifs. Celui-ci comporte cinq considérants.

Le premier considérant édicte une définition du service public en rappelant qu’il intègre tout ce qui concerne le développement social, culturel, éducatif, économique et personnel de la société tout entière, et qu’il doit être défendu comme tel.

Le deuxième considérant rappelle que le service public se fond dans l’intérêt général qui impose le dépassement des intérêts particuliers.

Le troisième considérant témoigne du rôle social et démocratique du service public en France. Il est le fondement de la légitimité des gouvernants.

Les quatrième et cinquième considérants expriment l’objectif d’équité sociale poursuivi par l’État au travers du service public.

La Charte comprend 8 articles.

L’article 1er de la Charte définit les objectifs du service public et son rôle pour oeuvrer à la cohésion de la société au travers d’activités indispensables.

L’article 2 édicte les principes du service public d’égalité, de continuité, de neutralité, d’adaptabilité et d’accessibilité, qu’il complète avec le principe de proximité.

L’article 3 instaure le principe selon lequel la personne publique est, en plus de ses autres missions, la gestionnaire de principe du service public. Il précise qu’uniquement à titre exceptionnel, en cas de nécessité impérative motivée, une personne privée peut se voir déléguer la gestion d’un service public.

L’article 4 énonce qu’il revient à l’État de préserver et de s’assurer du fonctionnement pérenne des services publics, qu’ils soient locaux ou nationaux, exprime en conséquence l’exigence que les financements publics assurent ce bon fonctionnement et ajoute qu’ils permettent la gratuité ou une tarification juste et équitable. Ainsi, l’article 5 impose que toute compétence transférée aux collectivités territoriales par l’État doit être strictement et durablement compensée, dans le respect des principes de l’autonomie financière et de libre-administration.

L’article 6 énonce le devoir des gouvernants de protéger le service public, qu’il soit administratif ou industriel et commercial. Si la modification du périmètre du service public n’est pas exclue, elle doit être précédée d’une évaluation sociale, environnementale et économique.

L’article 7 consacre les droits et les pouvoirs des usagers et des agents du service public pour l’évaluation et le contrôle des services publics, les missions à remplir et les moyens institutionnels, humains et financiers alloués.

Enfin, l’article 8 indique que la Charte des services publics inspire l’action européenne et internationale de la France. Les rapports entre la Constitution et les engagements internationaux de la France sont intégralement régis par son Titre VI. L’idée exprimée au dernier article de la Charte est d’un autre ordre. En adoptant ce texte, la France s’impose à elle-même ces exigences.

 

Partager cet article
Repost0
24 octobre 2024 4 24 /10 /octobre /2024 13:43
Partager cet article
Repost0
24 octobre 2024 4 24 /10 /octobre /2024 13:14
Photo d'un meeting des campagnes présidentielles et législatives de 2012 du Front de Gauche

Photo d'un meeting des campagnes présidentielles et législatives de 2012 du Front de Gauche

Photo d'un meeting des campagnes présidentielles et législatives de 2012 du Front de Gauche

Photo d'un meeting des campagnes présidentielles et législatives de 2012 du Front de Gauche

Nous avons eu la tristesse d'apprendre aujourd'hui (grâce à notre camarade Jean-Paul Cam qui a lu et transmis son avis d'obsèques) le décès à l'âge de 81 ans des suites d'un cancer de André Bernard, ancien responsable de la section du PCF de Fouesnant, candidat aux législatives pour le PCF et le Front de Gauche en 2012 dans la circonscription de Quimper (1ère circonscription du Finistère), proviseur et enseignant retraité, un homme de caractère et de conviction, passionné et énergique.
« Enfant d'une famille pauvre des bords de l'Odet », comme il se définissait en 2011 pour présenter sa candidature aux législatives, André avec sa femme Marie-Andrée, également adhérente communiste finistérienne, est le père de quatre enfants et le grand-père de cinq petits-enfants. Il est devenu instituteur à 19 ans. Il fait ses classes à l'école du Moulin-Vert, à Quimper.
Il devient ensuite prof d'histoire, discipline qu'il enseigne pendant 20 ans au collège de la Tour-d'Auvergne, à Quimper. Au début des années 90, il est promu chef d'établissement. Il occupe plusieurs postes de proviseur à Concarneau, Lorient, Brest et Quimper. Il est à la retraite depuis 2003.
Son parcours politique
Militant depuis 70 ans, André Bernard s'est engagé dès 1959 en politique, d'abord pour la paix en Algérie. En 1971, il est candidat aux élections municipales de Quimper avec Jean-François Hamon (PCF).
En mars 2010, André Bernard s'est présenté aux élections cantonales dans le canton de Fouesnant. Fouesnant, où André fut conseiller municipal 12 ans, élu communiste au titre du collectif La Gauche... naturellement.
André Bernard est resté fidèle au PCF ces 10 dernières années, quoique moins actif dans le militantisme, car il vivait une partie de l'année dans le sud de la France. Il avait fait partie du comité de soutien finistérien à Fabien Roussel en 2022.
La fédération du PCF Finistère exprime son amitié pour André, sa reconnaissance pour sa vie d'engagement au service des idéaux communistes et de justice sociale et sa solidarité et ses condoléances à son épouse, notre camarade Marie-Andrée, sa famille, ses enfants et petits-enfants et ses amis.
 
***

M. BERNARD André :Avis de décès


Publié le 24/10/2024 dans Le Telegramme QUIMPER - ROSPORDEN – WESTHOFFEN – GUISCRIFF.

Nous avons la douleur de vous faire part du décès de

M. André BERNARD survenu à l'âge de 81 ans, suite à un combat inégal contre le cancer.
De la part de
son épouse, Marie-Andrée,
née Péron ;
ses enfants,
Renaud, Frédérique, Pascale,
Juliette ;
ses petits-enfants,
Adrien et Lily, Loriane et Victor,
Chloé et Christophe,
Hugo et Laurence, Morgane ;
son arrière-petit-fils, Anaël ;
sa soeur, Renée ;
son frère, Michel ;
sa belle-soeur, Nadine,
et son compagnon ;
ses neveux, nièces,
ses amis
et toute la famille.
Une pensée pour sa soeur, Danielle.

Nous lui rendrons un dernier hommage lundi 28 octobre, à 13h30, au crématorium de Quimper. Il vous est possible de venir avec une fleur de votre jardin.

Des dons en faveur du Secours populaire seront préférés aux fleurs.
André repose à l'espace funéraire des Châteaux, 85, avenue Pierre-Mendès-France, à Quimper. Visites d'aujourd'hui à samedi, de 14 h à 18 h.
La famille remercie très chaleureusement le cabinet infirmier Daure-Daniel-Dazin et toutes les équipes des services oncologie, radiothérapie et hépato-gastro-entérologie, pour leur professionnalisme, leur présence attentive et leur humanité. Un grand merci aux services publics de santé.
Cet avis tient lieu de faire-part et de remerciements.
"La nuit n'est jamais complète
il y a toujours au bout du chagrin
une fenêtre ouverte,
des yeux attentifs,
une vie, la vie à se partager."
Paul Eluard

Partager cet article
Repost0
23 octobre 2024 3 23 /10 /octobre /2024 07:41
Le Parti communiste dénonce l'austérité (Ouest-France, Finistère, 23 octobre 2024)
Partager cet article
Repost0
21 octobre 2024 1 21 /10 /octobre /2024 15:48
Mon intervention sur les mobilités ferroviaires et le financement des études de la LNOBPL au Conseil départemental du Finistère, 17 octobre 2024:
Enjeux des Mobilités ferroviaires – LNOPL – Intervention de Ismaël Dupont, 17 octobre 2024
Le train est un service public essentiel pour nos concitoyens. Un enjeu économique, écologique, un enjeu de cohésion territoriale, de justice sociale, l’égalité d’accès à la mobilité et de réduction des dépenses de carburant et d’émission de gaz à effet de serre.
Ces études pour la LNOBPL, sur les investissements et travaux, aménagements ou redoublements de ligne, à prévoir pour étendre la très grande vitesse en Bretagne, mettre Brest et Quimper à 3h de Paris, et 1h30 de Rennes, notre deuxième capitale bretonne, plus les 15mn de marche de la gare Montparnasse, pourquoi pas ?
Les collectivités de Brest et Quimper le demandent depuis longtemps et soulignent une lenteur de la mise en œuvre de la très grande vitesse pour la desserte de l’ouest de notre péninsule bretonne, à l’opposé des dessertes du sud, de l’est et du sud-ouest ou de l’est breton, vis-à-vis de Paris
A condition, comme l’a exprimé mon collègue Michel Loussouarn, de prendre en compte l’ensemble des dimensions et impacts de ces aménagements du projet LNOBPL et d’ouvrir le débat en grand sans le régler d’avance. Sur l’emprise foncière, les impacts écologiques, la rationalité du ratio entre les milliards dépensés et les quelques minutes gagnées, et sur les priorités de la politique ferroviaire nationale et régionale.
Attention par contre à ce que les investissements et la focalisation sur la très grande vitesse, au déplacement des cadres et aux besoins économiques des métropoles connectées, ne contredisent pas l’ambition sur les déplacements et trains du quotidien, les déplacements domicile-travail de proximité, et la relance ou les travaux à prévoir sur les lignes ferroviaires du réseau dit secondaire :
- Pensons à la liaison à Hanvec pour la ligne Quimper-Brest
- Ou à la relance de la ligne Morlaix-Roscoff dont la rénovation a été estimée cet été à un coût entre 76 millions d’€ et 80 millions d’€ selon qu’on y inclut ou non le fret ferroviaire.
Un coût important mais à relativiser par rapport à la durée d’amortissement de ces investissements ferroviaires et à l’intérêt pour l’aménagement du territoire, à relativiser aussi en ayant en tête le coût des aménagements routiers sur le même axe, et les bénéfices écologiques et en sécurité.
Au mi-temps de la production de cette nouvelle étude, même si la décision n’est pas prise encore d’engager les travaux, le déclassement et le déferrement de la voie n’est pas non plus à l’ordre du jour, on s’en félicite. C’est un moindre mal si l’argent n’est pas provisionné ni les esprits prêts à engager les investissements tout de suite.
Il faudra veiller aussi à ce que la rançon de la vitesse ne soit pas la suppression des arrêts dans les gares des villes moyennes.
Saluons des décisions d’augmentation de la cadence des trains du quotidien, l’investissement de 50 millions d’€ de la Région dans les nouvelles trames de train qui permettra le passage d’un TER toutes les 30 minutes entre Quimper et Vannes aux heures de pointe en 2025, un effort qui sera poursuivi en 2026 pour en faire de même entre Lamballe et Brest. Rappelons que la fréquentation des TER bretons a augmenté de 46 % en 6 ans depuis 2019. Il y a un vrai besoin, un vrai engouement.
Rappelons enfin l’enjeu pour limiter le caractère accidentogène de la route et surtout les émissions de CO2 afin de lutter contre le dérèglement climatique l’enjeu crucial du développement du fret ferroviaire comme l’a fait Michel Loussouaen: pour rappel la part du fret ferroviaire dans le transport de marchandises en France est passée de 14,6 % en 2009 à 10,7 en 2021.
Le fret ferroviaire est à 50 % assuré par Fret SNCF qui a pourtant perdu 10 000 emplois et de nombreux triages et dessertes sur cette période malgré les belles promesses depuis 20 ans.
Le problème est aujourd’hui que l’activité fret SNCF est démantelée, livrée au privé, sur décision de l’Europe, les flux de fret ferroviaire sont de plus en plus soumis à la concurrence, livrés à la sous-traitance.
En Bretagne, ce taux de recours au fret ferroviaire n’est que de l’ordre de 1,4 %, constitué essentiellement de céréales pour l’alimentation animale, est encore moins important, malgré la place de l’économie agricole et agro-alimentaire d’exportation..
Une ambition régionale de rattrapage et de multiplier par 6 la part du fret ferroviaire a été affirmée. Est-ce que ça ne nécessiterait pas une étude pour une 2e gare à Rennes ?
 
 
 
Mon intervention sur l'aide au réseau Diwan. Conseil Départemental du Finistère. 17 octobre 2024:
Le breton était parlé par environ 200 000 personnes en Bretagne en 2018 selon une étude réalisée par le Conseil régional. Avant la 2nde guerre mondiale, on estimait à plus d’un million le nombre de locuteurs brittophones. A ce jour, près de 80 % de la population brittophone est âgée de plus de 60 ans. A l’horizon de 2050, la majeure partie de cette population aura disparu, les effectifs de celle-ci passant au-dessous du seuil de 50 000 locuteurs. C’est ce qui fait dire à l’Unesco que la langue bretonne est sérieusement en danger d’extinction à l’horizon de la fin de ce siècle.
Aujourd’hui, la langue n’est quasiment plus transmise au sein de la famille du fait de la rupture générationnelle effectuée principalement après-guerre (pour différentes raisons qu’il serait un peu trop long d’évoquer)
C’est dans ce contexte qu’en 1977 a été crée la 1ère école Diwan, à Plouguerneau dans le Finistère.
Aujourd’hui, ce sont près de 20 000 enfants qui sont scolarisés en breton, soit en immersif comme à Diwan, soit en bilingue dans le service public de l’éducation nationale ou dans le secteur privé catholique. Environ 4 000 enfants sont scolarisés à Diwan, 5 500 dans l’enseignement privé et 10 000 dans le secteur public.
Ces chiffres ne représentent cependant que 3,3% des enfants scolarisés en Bretagne (Bretagne administrative, à 4 départements).
Ils demeurent très modestes en dépit d’un fort engagement militant des parents d’élèves à Diwan, DivYezh (public), DivAskell (privé) et malgré une croissance régulière mais insuffisante des effectifs, surtout dans le public avec l’ouverture de nouvelles classes chaque année.
Si on souhaite maintenir, ne serait-ce que le nombre de brittophones d’aujourd’hui, il faudrait que chaque année sortent du système scolaire 5 000 élèves bilingues et jusqu’en 2050.
En 1992, à l’occasion de la ratification du Traité de Maastricht, le 1er alinéa de l’article 2 de la Constitution fait du français la seule langue officielle de la République, une disposition censée au départ nous protéger seulement contre l’anglais.
L’ajout en 2008 de l’article 75-1 de la loi fondamentale qui dispose que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France » n’a aucune portée normative en matière de co-officialité des langues régionales selon la jurisprudence établie par le Conseil constitutionnel (CC).
La langue bretonne est aujourd’hui la seule langue celtique à ne disposer d’aucun statut car la République française n’a toujours pas ratifié la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
Rappelons décision du Conseil Constitutionnel a soulevé une protestation et une mobilisation importante en Bretagne. Une manifestation a réuni 15000 personnes à Guingamp le 29 mai 2021, le jour de l’arrivée de la Redadeg dans cette commune. Nous y étions. C’était pendant la campagne des Départementales.
Pressé par l’opinion publique, le Conseil régional avait demandé au 1er ministre Casteix la signature le 15 mars 2022 d’une « Convention spécifique Etat-Région pour la transmission des langues de Bretagne et le développement de leur usage dans la vie quotidienne 2022-2027 ».
La principale ambition de cette convention est de porter les effectifs de 20 000 élèves toutes filières brittophones confondues en 2022 à 30 000 en 2027 et d’y adjoindre les moyens associés pour la formation des enseignants nécessaires à cette croissance des effectifs, soit environ 500 professeurs pour l’ouverture d’une centaine de classes nouvelles sur la période donnée soit 20/an en moyenne (base 20 élèves/classe). Ce dernier point est crucial pour répondre à la demande des parents d’élèves pour plus de breton à l’école et pour assurer une continuité logique, depuis la maternelle jusqu’à la terminale.
Or, depuis la signature de cette convention, la situation n’a pas réellement avancé.
Le nombre de classes bilingues ouvertes dans le Finistère est insuffisant dans l’enseignement public. Il y a des ruptures d’offre en bilingue, de l’élémentaire primaire au collège, du collège au lycée dans beaucoup de secteurs.
Pour ma part, au vu du niveau de besoin de financement public de Diwan, des difficultés de ce réseau associatif à faire face à ses besoins de moyens, d’investissement sur les locaux, etc, et surtout de l’intérêt de son enseignement immersif aussi bien du point de vue de la survie de la langue bretonne, que du point de vue de l’ouverture intellectuelle des jeunes, de l’apprentissage et de la connaissance d’une diversité de langues, qui n’est pas le fort du système français d’éducation, alors que c’est un atout considérable dans un monde mondialisé et de plus en plus multipolaire.
De ce fait il me semble souhaitable à ce que des propositions d’enseignement immersifs en breton puissent être intégrés dans le service public de l’éducation, et, pour le dire plus clairement, que l’on puisse intégrer Diwan au réseau d’enseignement public, en continuant à laisser une place importante à l’investissement des parents auprès de leurs écoles et des projets de celles-ci.
Fabien Roussel a de la même manière exprimé en 2023 à Morlaix son souhait que l’on puisse enseigner le breton, y compris dans le cadre de l’enseignement immersif, dans le cadre de l’enseignement public, rejoignant ainsi le sénateur communiste du Morbihan Michel Scouarnec qui avait fait la même demande au Sénat en juillet 2017 au ministre de l’éducation nationale.
En 2001, cela a failli se faire. Le 28 mai 2001, le ministre de l’éducation nationale et le président de l’association Diwan avaient signé un protocole d’accord afin de faire passer les établissements gérés par Diwan sous statut public, mais le Conseil d’Etat dans une ordonnance du 30 octobre 2000 avait suspendu l’application du protocole d’accord.
Les langues régionales demeureront donc dans une impasse juridique tant que l’article 2 de la Constitution ne sera pas modifié pour leur donner un statut de co-officialité au côté du français.
Cet article 2 de la Constitution qui fait du français la seule langue officielle de la République et un corset héritier de notre tradition monarchique et centralisatrice, voire « jacobine » (même si je n’aime pas que l’on fasse des jacobins historiques, membres du Club breton, un repoussoir alors qu’ils portent aussi les idées révolutionnaires et une ambition de décentralisation du pouvoir politique et de démocratie avec la création des communes et des départements) alors que rien n’empêche d’avoir une République qui accepte et promet sa diversité linguistique héritière de l’histoire avec des langues régionales dans un statut de co-officialité.
Si rien de significatif évolue dans ce domaine, la langue bretonne sera quasi morte à la fin de ce siècle !
Ismaël Dupont, conseiller départemental Finistère & Solidaires, canton de Morlaix.
 
 
***
 
Mon intervention sur la décision budgétaire modificative n°2 et la situation critique des EHPAD, leur besoin de financement
« Les anciens méritent mieux ».
 
La situation budgétaire des EHPAD publics et privés associatifs à but non lucratif est dramatique dans le Finistère comme partout en France, avec 80 % des EHPAD en situation de déficit et avec un déficit moyen supérieur à 100 000€ cette année comme les années précédentes, des fonds propres qui fondent comme neige au soleil, des capacités à investir et à mettre des moyens humains pour accompagner les personnes, leur dépendance, et améliorer la qualité de prise en charge des personnes âgées en perte d’autonomie, qui sont considérablement réduites.
Depuis des mois, les maires et les élues, présidents de CCAS, directeurs d’établissements publics et associatifs nous alertent et réclament de l’état d’agir avant qu’il ne soit trop tard, que ce soit dans les Côtes d’Armor ou le Finistère, avec le « mouvement EHPAD public en résistance », animé notamment par le maire de Plouha Xavier Compain et le maire de Plourin-les-Morlaix, Guy Pennec.
Aux dépenses de personnel plus importantes s’ajoutent la flambée des factures d’énergie, de fournitures, de dépenses alimentaires.
Beaucoup d’EHPAD sont obligés de fermer des lits faute de personnel, au risque d’aggraver leurs difficultés financières.
On est assez loin du taux d’encadrement de 1 personnel pour 1 résident qui rendrait l’accompagnement en EHPAD plus digne et plus humain, même s’il faut signaler encore une fois le professionnalisme et le dévouement des personnels, comme ceux de l’hôpital public d’ailleurs.
Un tel niveau d’accompagnement humain nécessiterait au niveau national un recrutement de 200 000 personnels, ce qui pourrait être un objectif porté par un plan pluriannuel grand âge.
Les charges nouvelles liées à l’extension du bénéfice de la prime Ségur aux oubliés du Ségur ne sont compensées par l’État, pas plus que les hausses de dépenses de personnel lié à la rotation des personnels, aux difficultés à recruter, à l’intérim médical. Le vœu que nous avons voté ensemble le rappelle. L’État devrait au moins compenser intégralement aux départements l’extension de l’octroi de la prime Ségur.
Avec un nombre de personnes âgées dépendantes qui va doubler d’ici 25 ans, le système de financement et d’organisation de l’accompagnement public de la dépendance est à réformer en profondeur et de toute urgence, en prenant en compte le fait qu’il s’agit d’une question de santé publique et d’égalité des droits entre citoyens qui devrait être traité avant tout dans le cadre de la solidarité nationale et de la Sécurité sociale, pour la partie dépendance.
L’instauration d’une 2e journée de solidarité, d’une deuxième journée de travail supplémentaire non rémunérée avec la suppression d’un deuxième férié après la premier férié supprimé par le 1er ministre Raffarin n’améliorera rien sur le fond. Ce sera un coup supplémentaire porté au principe du financement de la sécurité sociale à partir du salaire socialisé, des cotisations sociales.
Sinon ce que cela nous habitude à la logique du travailler plus ou gagner moins. Augmenter les cotisations sociales des salariés et des entreprises pour financer par la sécurité sociale les besoins liés à la dépendance des personnes âgées vieillissantes relèverait d’une logique plus efficace et sociale.
Augmenter indéfiniment pour nos aînés et leur famille les tarifs des EHPAD en laissant évoluer à la hausse le taux directeur n’est pas une solution non plus. Le coût mensuel des EHPAD a souvent augmenté de 300 à 500 euros cette dernière décennie, pour atteindre souvent un niveau de + 2000 / 2200 € par mois, bien au-dessus du niveau moyen des retraites finistériennes.
Ce n’est pas la désindexation des retraites sur l’inflation et leur non revalorisation décidée par le gouvernement Barnier qui va améliorer la situation.
Il y aurait plus d’intérêt à financer un service public de la perte d’autonomie par l’instauration d’une contribution de solidarité pour les actionnaires (à hauteur de 2 % des dividendes perçus, cela rapporterait déjà 2 milliards), à instaurer une redevance sur les EHPAD commerciaux, à supprimer les niches fiscales pour les investissements immobiliers à but lucratif à EHPAD.
Tout à l’inverse, le gouvernement prévoit cette année une coupe sombre de 3,8 milliards d’euros dans les dépenses de santé publique, ce qui a été très justement dénoncé lors de la manifestation pour l’hôpital de Carhaix par la députée Mélanie Thomin.
Oui décidément, les anciens méritent mieux.
 
Partager cet article
Repost0
21 octobre 2024 1 21 /10 /octobre /2024 15:45
Proche et Moyen-Orient Agir contre l’impunité de Netanyahou et de l’État d’Israël
Publié le 16 octobre 2024
Déclaration du PCF

La politique de fuite en avant du gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou dans sa stratégie de guerre régionale connaît ces derniers jours une brutale accélération.

À Gaza, les bombardements et attaques massifs sans distinction des habitations, hôpitaux, établissements scolaires, universités, centres d’aide et de soutien des Nations unies se poursuivent. Des images insoutenables circulent. En Cisjordanie, tout comme à Jérusalem Est, la population subit les attaques des colons qui bénéficient du soutien de l’armée et les arrestations arbitraires et emprisonnements continuent.

Au Liban, les menaces contre Beyrouth sont maintenant prononcées d’une manière explicite. Des milliers de morts, plus d’un million de déplacés, de nombreux blessés, une insécurité sur tout le pays. À cela s’ajoutent désormais les agressions ouvertes et répétées contre la FINUL, c’est-à-dire contre l’ONU et l’ensemble des pays qui participent à la force internationale déployée au Sud Liban. Plusieurs casques bleus ont été blessés. Dimanche 13 octobre, la FINUL a dénoncé une « entrée en force » de chars israéliens contre l’une de ses positions. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a rappelé que toutes les attaques visant des casques bleus sont « une atteinte au droit international » et « peuvent être constitutives de crimes de guerre ».

C’est désormais l’ONU qui est attaquée par le gouvernement israélien à travers la FINUL et l’UNRWA, à propos de laquelle une loi en cours de discussion à la Knesset menace de mettre fin à ses activités. Le secrétaire général de l’ONU a été déclaré « persona non grata » en Israël. Cette attaque frontale contre le droit international et l’ONU est inadmissible et crée un précédent dont pourraient se prévaloir d’autres dirigeants d’extrême droite en zone de guerre.

Enfin, les risques d’un bombardement contre des installations nucléaires ou pétrolières iraniennes sont aigus. Le Yémen est également touché.

Rien, ni les provocations de l'organisation islamiste du Hezbollah, ni celle des Mollahs, ni les crimes terroristes du Hamas du 7 octobre ne sauraient être invoqués pour tenter de justifier une telle forfaiture et une telle attaque frontale contre le droit international. De cette politique de Netanyahou est également victime le peuple israélien. Jamais la libération des otages, ni le retour des déplacés n’ont été un objectif pour ce gouvernement, comme le souligne le mouvement de protestation en Israël.

Quelle honte de voir le gouvernement Netanyahou, en dépit de quelques bonnes paroles, jouir d’un tel blanc-seing de la part des États-Unis et d’un certain nombre d’États occidentaux, qui expriment leur désapprobation tout en continuant à lui fournir des armes. Cette impunité du gouvernement israélien ne date pas d’hier. Aucun gouvernement israélien n'a respecté les résolutions de l'ONU pour une solution de paix à deux États, la fin de l'occupation et de la colonisation et le droit au retour des réfugiés ou à une compensation. Aucune des résolutions appelant à mettre fin aux massacres de masse commis par l'armée israélienne à Gaza n'a été appliquée.

Il est plus que temps de mettre fin à l’inaction, voire à la complicité de la « communauté internationale » (c’est-à-dire des pays occidentaux) envers une telle politique de terreur et au deux poids deux mesures qui est l’habit nouveau de l’impérialisme américain et occidental.

Le respect du droit international est notre boussole. C’est ce que les communistes ont toujours défendu et continuent à défendre. C’est une résolution politique d’un conflit politique, à la réalisation des droits nationaux du peuple palestinien, sur la base des deux États et des frontières de 1967, la fin de la colonisation et de l’occupation, le droit à la paix et à la sécurité collective pour l’ensemble des peuples de la région, le respect de la souveraineté des peuples et des États, c’est-à-dire à la paix dans la justice et le droit qu’il faut exiger. C’est ce à quoi appelle le PCF, dans la base commune du 39e congrès et dans chacune de ses prises de position. Toute entreprise, comme le fait et l’extrême droite israélienne, les forces islamistes de la région et les réactionnaires de tous bords, d’essentialiser le conflit sur des bases identitaires va à l’encontre du droit des peuples. 

Le respect du droit international est également la boussole des communistes de la région. À ce titre, il convient de souligner l’importance des initiatives prises par un certain nombre de forces avec qui le PCF est en contact quotidien. Le Parti communiste libanais (dont il n’est pas besoin de rappeler le caractère historique des liens avec le PCF) a toujours été au premier rang des luttes pour le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté du Liban et contre le communautarisme et la corruption au Liban. Il souligne également l’importance et l’urgence de l’aide humanitaire. Le Parti communiste israélien et le Parti populaire palestinien ont tenu mercredi 9 octobre une réunion publique virtuelle commune avec les secrétaires généraux des deux organisations, où ils ont rappelé les exigences des deux organisations : cessez-le-feu, retrait des forces israéliennes, solution à deux États sur la base des frontières de 1967, libération des otages israéliens et des prisonniers palestiniens.

La fin de l’impunité de Netanyahou passera par des pressions politiques et économiques contre le gouvernement israélien : c’est-à-dire la fin des livraisons d’armes et de composants militaires à l’État d’Israël et la suspension de l’accord d’association UE-Israël tant que le gouvernement israélien ne respecte pas le droit international. Rien ne sera possible sans un élargissement du mouvement pour une paix juste et durable, sur des bases de résolution politique du conflit, pour faire pression sur les gouvernements et en particulier sur la France. Emmanuel Macron a appelé à cesser la livraison d’armes. Il faut qu’il mette ce discours en application en l’élargissant aux composants militaires.

Les communistes français sont sur le pont et continuent la bataille pour ce faire.

Le secrétariat du secteur international

Article publié dans Communistes n°1014 - 16/10/2024

Partager cet article
Repost0
21 octobre 2024 1 21 /10 /octobre /2024 15:43
Le Télégramme, pages Brest, lundi 21 octobre: la gratuité des transports, la priorité du PCF 29 pour les municipales 2026.

Le Télégramme, pages Brest, lundi 21 octobre: la gratuité des transports, la priorité du PCF 29 pour les municipales 2026.

Partager cet article
Repost0
21 octobre 2024 1 21 /10 /octobre /2024 15:23
Salah Hamouri à Brest le mercredi 23 octobre, Quimper le jeudi 24 octobre, Carhaix le vendredi 25 octobre
Salah Hamouri à Brest le mercredi 23 octobre, Quimper le jeudi 24 octobre, Carhaix le vendredi 25 octobre
Salah Hamouri à Brest le mercredi 23 octobre, Quimper le jeudi 24 octobre, Carhaix le vendredi 25 octobre
Salah Hamouri à Brest le 23 octobre 2024 à 20h à la Maison du Peuple à l'invitation du collectif pour une paix juste au Moyen-Orient 
 
***
Salah Hamouri à Quimper le 24 octobre 2024
A l'invitation du collectif cornouaillais pour un cessez-le-feu à Gaza (et au Liban) et pour une paix juste et durable au Moyen-Orient, dont font partie la section PCF du pays de Quimper et les JC du Sud-Finistère, Salah Hamouri animera une conférence-débat à Quimper aux Halles St François jeudi 24 octobre à 18h.
Salah Hamouri, avocat franco-palestinien né à Jérusalem, engagé pour la cause des prisonniers politiques palestiniens, a été victime d'un véritable acharnement de la part des dirigeants israéliens. Plusieurs fois emprisonné arbitrairement, il fut expulsé de sa ville natale et de Palestine par le gouvernement de Netanyahou en décembre 2022.
Au cours de ces années d'emprisonnement, un fort mouvement de solidarité s'est développé en France et particulièrement dans le Finistère, dans lequel les communistes ont pris une part essentielle. Salah Hamouri est venu à Quimper à 2 reprises et a été chaque fois reçu officiellement en mairie, le 27 octobre 2012 par l'adjoint communiste Piero Rainero, et encore le 20 décembre 2018 par le maire de l'époque, à notre demande.
Au moment où Netanyahou et ses ministres d'extrême-droite étendent leur guerre génocidaire contre les populations civiles au Liban, et peut-être au-delà, le thème de ce débat "Proche-Orient, reste-t-il un avenir ? " est d'une actualité brûlante.
***
Et Salah Hamouri à Carhaix le 25 octobre 2024
L'AFPS du Centre-Finistère organise vendredi 25 octobre à 18h30 à Karaez Park une réunion publique sur le thème "Quel avenir pour le Proche-Orient "
Salah Hamouri citoyen d'honneur de la ville de Carhaix-Plouguer nous apportera son éclairage sur le sujet.
Venez nombreux et faites le savoir...
Partager cet article
Repost0
21 octobre 2024 1 21 /10 /octobre /2024 04:30

 

Derrière le discours d’un projet de « rupture » par rapport au budget proposé par le gouvernement Barnier, le RN reste en réalité sur la même logique libérale, saupoudrée de mesures démagogiques et de marqueurs de leur idéologie d’extrême droite.

Comme un aveu, Jean-Philippe Tanguy, venu présenter le « contre-budget » de son parti mercredi à l’Assemblée nationale lâche : « C’est le RN qui tient les engagements de la Macronie », à propos de sa proposition de supprimer la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises). Une phrase plus conforme à la réalité du projet d’extrême droite que celle de son introduction : « Nous proposons un contre budget de rupture avec 50 ans de déficit. »

Avec ce « contre-budget », décliné en 130 propositions comme autant d’amendements déposés dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF), examiné dès lundi dans l’hémicycle, le RN compte peser dans un rapport de force qui lui est favorable. Depuis la nomination de Michel Barnier à Matignon, le gouvernement est à la merci de l’extrême droite qui ne manque pas d’user de la motion de censure comme menace pour avancer ces pions.

« Un alignement sur la logique néolibérale »

Un document chiffré, détaillé, qui tranche avec le manque de sérieux du groupe les années précédentes. Car, alors que la macronie a perdu toute crédibilité économique depuis la découverte d’un trou de 50 milliards d’euros dans les comptes publics par rapport à ce que prévoyait le ministère de l’Économie, le RN, qui veut se présenter en « parti de gouvernement » sent qu’il a un coup à jouer.

Mais derrière le discours de façade, ces mesures s’inscrivent dans la vision macroniste, libérale, du texte porté par l’exécutif. « Ce n’est pas réellement un contre-budget puisqu’il n’y a pas de remise en cause profonde de ce que propose Michel Barnier, avec une logique de soutien au profit, au patronat et, hormis quelques marqueurs, un alignement sur la logique néolibérale de la BCE », résume l’économiste Denis Durand, membre du conseil national du PCF et ancien directeur adjoint à la Banque de France.

26 milliards de coupes supplémentaires

Le parti lepéniste, qui depuis un an axe tout son discours économique sur la « réduction de la dette », veut aller encore plus loin dans l’austérité que le gouvernement et son projet à 60 milliards d’économies. Les députés d’extrême droite, dont le contre-budget revendique au total 13,4 milliards d’euros d’économies nettes supplémentaires, veulent s’attaquer encore davantage aux dépenses publiques, à hauteur de 26 milliards d’euros.

« Mais beaucoup de mesures qui selon eux permettent d’atteindre ce chiffre ne sont pas réalisables », note l’économiste atterré Henri Sterdyniak, citant notamment la réduction de 5 milliards de la contribution à l’UE, ou la baisse du financement d’un grand nombre d’agences « qui sont en fait utiles et dont l’activité ne peut être rayée d’un trait de plume ». C’est le cas des agences de transports, de l’eau, de l’habitat, de France compétence, de l’Office français de la biodiversité, dont le RN veut supprimer 20 % du budget (soit 3,4 milliards d’euros de coupes), ce qui affaiblirait considérablement les services de l’État dans ces domaines.

Le reste des économies se concentrent sur les baisses de dotations aux régions et aux EPCI. Pour les premières cités, Jean-Philippe Tanguy a laissé entendre que chacune devra trouver comment se débrouiller mais donne un exemple : « les subventions à des associations multiples dont l’intérêt reste à prouver ». Des subventions qu’à l’échelle nationale le RN veut réduire, pour 430 millions d’euros, dont 110 millions dans le domaine de l’écologie. « Ce sont des considérations faites pour flatter une partie de leur électorat mais qui seraient dangereuses, pour ces organismes bien sûr, et pour les régions qui seraient encore plus affaiblies, donc pour les lycées, les routes, les transports publics… », redoute Henri Sterdyniak.

La voix du Medef

Ces coupes drastiques, nocives pour les services publics, ne sont pas seulement proposées pour « empêcher la faillite de l’État », comme le suggère Jean-Philippe Tanguy. Elles viennent aussi compenser de nouveaux cadeaux faits aux entreprises. À court terme, le RN veut « rendre 5 milliards d’euros aux entrepreneurs » en supprimant la mesure réduisant des allégements de cotisations sur les bas salaires, et en supprimant la CVAE. Une ligne surprenante dans leur document – « interdire les publicités pour les opérateurs publics » – semble aussi tout droit sortie d’une note du Medef.

Le parti d’extrême droite veut s’afficher comme le premier parti de défense des chefs d’entreprise, ce qui l’a poussé, en septembre à leur dédier quasi exclusivement leur nouveau programme économique publié mi-septembre. 68 pages à la mise en scène soignée – illustrées par des photos de Marine Le Pen à la tribune du Medef – pour un document donnant une large place aux baisses des impôts de production. Tout en voulant « simplifier l’accès » aux cadeaux fiscaux, en particulier le crédit d’impôt innovation et le crédit impôt recherche.

Des niches fiscales sans contreparties et qui n’ont montré aucune efficacité. Sanofi, s’apprêtant à exporter la production de Doliprane, aurait d’ailleurs touché entre 2 et 2,5 milliards du crédit impôt recherche sur les dix dernières années… Autre cadeau fiscal auquel le RN veut ajouter du bolduc : le pacte Dutreil, dispositif qui permet aux patrons de céder leur entreprise à leurs enfants en payant peu d’impôts, que l’extrême droite veut élargir dans son « contre-budget ».

La baisse du « coût du travail » comme mantra

Mais pour attirer tous types d’électeurs, le Rassemblement national est aussi allé piocher à gauche une proposition forte : augmenter de 8 à 33 % la taxation sur les rachats d’actions. « Une bonne manière de faire un clin d’œil à un électorat populaire, de surfer sur une émotion sans s’attaquer réellement au fonctionnement du capital, interprète Denis Durand. Si la volonté est de peser sur le comportement des entreprises, ils proposeraient de revoir leur fiscalité, ou de freiner les politiques des groupes qui délocalisent leurs activités, c’est même plutôt le contraire. »

Sur ce point, le RN avale d’ailleurs la position du patronat : « Pour lutter contre la désindustrialisation il faut commencer par ne pas augmenter le coût du travail », soutient Jean-Philippe Tanguy. Leur principale mesure en matière de salaires consiste justement à faire baisser ce qu’ils nomment des « charges » (mais qui en réalité sont des cotisations, et donc du salaire différé), en espérant que cela se ressente sur la feuille de paie du salarié.

Ce qui n’empêche pas le RN d’axer son discours sur sa prétendue volonté de « rendre du pouvoir d’achat aux Français ». Plus de 20 millions d’euros de dépenses sont proposés dans ce contre-budget, reposant principalement sur la baisse de la TVA sur l’énergie et sur les produits de première nécessité« Certaines propositions peuvent être intéressantes, c’est vrai, mais elles sont lâchées sans réflexion globale, sans remise en cause du système actuel, relève l’économiste. La TVA est certes un impôt injuste mais la baisser sans garde-fous peut créer un effet d’aubaine pour les distributeurs. Comme pour le rachat d’action, c’est un moyen pour eux de mettre en avant une défense du pouvoir d’achat tout en continuant de refuser l’augmentation des salaires. »

Contre l’écologie, la culture et les étrangers

D’ailleurs, lors des dernières législatives, Jordan Bardella et le RN avaient retiré de son programme la quasi-totalité de ses mesures touchant aux dividendes et aux multinationales. « En réalité, que ce soit dans leur programme économique ou dans ce contre-budget, il n’y a aucune mesure ciblée sur les plus pauvres », résume Henri Sterdyniak. Il y a en revanche des invariables dans le projet RN : une foule de marqueurs propres à l’extrême droite. Et c’est principalement sur ce volet que son budget se différencie de celui du gouvernement.

On trouve ainsi « des coupes dans le budget, évidemment, de l’immigration », sourit Jean-Philippe Tanguy, et plusieurs dictées par une certaine xénophobie, au chiffrage peu évident : réserver la prime d’activité aux personnes de nationalité française, enlever la dotation accueil des étudiants étrangers en licence, réduire drastiquement les aides au développement, interdire l’accès aux hébergements d’urgence aux sans-papiers…

Des propositions anti-écologiques : la suppression du plan vélo, la réduction du fond vert à autour de 500 millions d’euros, la baisse du malus automobile sur les véhicules polluants – profitant de facto aux plus aisés -, celle des aides aux bioénergies… Ou encore des atteintes à la culture avec 300 millions d’euros d’économies proposées, à la presse en baissant 100 millions d’euros des aides attribuées.

Un condensé d’extrême droite, assorti de propositions visant à manipuler l’opinion. Comme celle de « restaurer 2 000 postes d’enseignants » vendue par Jean-Philippe Tanguy. Un soutien à l’éducation national ? En réalité, il s’agit d’une restauration par rapport aux 4 000 que veut retirer le gouvernement : le Rassemblement national propose donc la suppression de 2000 postes d’enseignants. Loin de la « rupture » affichée, l’extrême droite marche dans les pas économiques de la Macronie et de LR. Et sera bien obligé de le révéler dans ses votes les prochaines semaines.

 

Partager cet article
Repost0
20 octobre 2024 7 20 /10 /octobre /2024 17:33

 

C’est répété à longueur d’antennes : le taux de prélèvement des Français serait le plus élevé des pays développés, alors qu’ils constatent, régulièrement, la dégradation des services publics. Résultat, le consentement à l’impôt s’érode d’année en année. Alors payons-nous vraiment trop d’impôts ? Et si oui, où va tout cet argent ?

 

La France serait « championne du monde des prélèvements obligatoires » et un « enfer fiscal », comme l’a encore répété Patrick Martin, le président du Medef, sur tous les plateaux depuis la rentrée. Selon l’Insee, le taux maximal des impôts et cotisations, rapporté au PIB, était de 45,3 % en 2017. Il était de 43,2 % en 2023. La moyenne européenne se situe entre 39 % et 42 % selon les années, et plusieurs pays, comme la Belgique, l’Allemagne ou le Danemark ont des taux de prélèvements obligatoires proches de ceux de la France, entre 42 % et 45 % de leur PIB.

Depuis le début des années 1980, ce taux reste toujours dans la même fourchette en France, les aléas de la croissance (qui font plus ou moins augmenter le PIB) et les réformes fiscales expliquent les quelques points d’écart d’une année à l’autre. En France, il y a un contrat social qui stipule que les impôts, ou contribution commune, existent pour offrir à toutes et tous une vie digne. Les cotisations sociales, qui financent entre autres les retraites et le chômage, sont du salaire différé, quand les impôts financent les services publics. « Le patrimoine de ceux qui n’en ont pas », disait Jean Jaurès. En cela, on ne peut décemment pas comparer le taux de prélèvement obligatoire de la France à celui d’un paradis fiscal comme l’Irlande (21 %), ou à d’autres pays de l’OCDE comme les États-Unis (25 %), où accoucher coûte entre 15 000 et 50 000 dollars et une année à l’université, entre 15 000 et 100 000 dollars.

De cela, les Français en ont pleinement conscience, puisque selon le dernier baromètre des prélèvements fiscaux et sociaux en France, publié en début d’année et réalisé par le conseil des prélèvements obligatoires, si 65 % des répondants estimaient payer trop d’impôts, 50 % préfèrent « améliorer les prestations fournies par les services publics, quitte à augmenter le niveau des impôts et des prélèvements », et 83 % des sondés pensent que l’État devrait dépenser plus pour certaines missions, comme l’hôpital ou l’école. Toutefois, toujours selon ce baromètre, 67 % des répondants sont insatisfaits de l’utilisation faite de leurs impôts (+ 3 % en deux ans). 82 % jugent même le système fiscalo-social inéquitable. Ils estiment ainsi que leurs contributions remplissent de plus en plus mal leur rôle de financement des services publics et de redistribution et de lutte contre les inégalités. Les deux tiers des Français ont ainsi le sentiment de payer plus d’impôts qu’ils ne bénéficient du système de redistribution. L’impression de payer trop d’impôts va de pair avec la baisse du consentement à celui-ci. « C’est une acceptation du principe et de la nécessité de l’impôt, qui le légitime sociologiquement et politiquement », définit Attac.

La majorité des Français reste bénéficiaire du système redistributif

En 2018, les économistes Piketty, Saez et Zucman avaient produit une étude mesurant que les deux tiers des Français recevaient en moyenne davantage, en prestations et en services publics, qu’ils ne versent en impôts, taxes et contributions sociales. Dans la continuité de ce travail, l’Insee a refait le calcul en 2023, et la situation semble s’être dégradée, puisque selon le rapport, 57 % des ménages français sont bénéficiaires nets de ce système de redistribution élargie. Dans le détail, il s’avère que « 90 % des individus de plus de 60 ans reçoivent plus que ce qu’ils paient, principalement via les retraites et la santé », contre moins de 50 % chez les actifs. Les chercheurs ont aussi pointé que des services publics de la santé et de l’éducation restaient deux fois plus efficaces pour atténuer les inégalités que s’ils étaient gérés par le privé. Mais la tendance est là, les impôts, s’ils remplissent toujours leur rôle redistributif, sont de moins en moins efficaces.

Résultat, les inégalités se creusent : le taux de pauvreté est passé de 12,5 % à 14,4 % en vingt ans, quand les ultrariches n’ont jamais autant cumulé : les cinq premières fortunes de France ont doublé leur richesse depuis le début de la pandémie et possèdent autant que les 40 % les plus pauvres en France. « La faible progressivité du système fiscal ne permet pas de réduire efficacement les inégalités. Ce sont principalement les services publics et la protection sociale qui le permettent (sans cela, le taux de pauvreté dépasserait 22 %) », rappelle Attac, qui invite à « renforcer la progressivité et le caractère redistributif du système fiscal, ce qui permettrait d’agir utilement contre les inégalités et pour le financement de l’action publique ».

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011