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21 décembre 2024 6 21 /12 /décembre /2024 14:40
Photo Le Télégramme. Jean aux côtés de Marcel Dénès dans la manifestation des retraité-es à Quimper le 26 mars dernier.

Photo Le Télégramme. Jean aux côtés de Marcel Dénès dans la manifestation des retraité-es à Quimper le 26 mars dernier.

Jean en mai dernier à un rassemblement pour un cessez-le-feu à Gaza

Jean en mai dernier à un rassemblement pour un cessez-le-feu à Gaza

Hommage à Jean Guyomarc'h par Piero Rainero

Mon cher Jean,

Ton départ si brutal a provoqué une grande émotion chez tes amis, tes camarades, tous ceux qui te connaissaient.

Nous ne reverrons plus ta grande silhouette, ton sourire amical, ironique parfois, nous ne bénéficierons plus de tes réflexions si pertinentes, si justes, de ta chaleureuse présence. Tu resteras cependant toujours présent à nos côtés.

Il est difficile de dire en quelques mots l’homme que tu étais, la place que tu as occupée parmi nous.

Nous nous connaissions, Jean, depuis si longtemps. Depuis ton retour en Bretagne, dans notre ville, en 1978, après le passage obligé que tu avais fait par Paris comme presque tous les salariés de la Poste à cette époque, les PTT comme on disait alors.

Une entreprise publique, c’était important pour toi.

Originaire de Berrien, ton travail t’avait contraint à quitter cette terre rouge, cette terre de Résistance du centre Finistère à laquelle tu étais si intimement attaché.

C’est en 1962 au retour de la guerre d’Algérie que tu as rejoint le Parti Communiste. Appelé du contingent entraîné malgré toi dans cette guerre, c’est en communiste que tu te comportais déjà dans ton régiment, refusant de porter les armes contre un peuple qui se libérait du joug colonial. Cela te valut de subir des sanctions allant jusqu’à la prison qui ne réussirent jamais à altérer tes valeurs humanistes. Toi dont les parents avait été des résistants déterminés au nazisme. Leur souvenir était très présent dans ta mémoire familiale.

À Paris tes camarades te confièrent des responsabilités en t’élisant au comité fédéral. Paul Laurent, alors secrétaire de la fédération de Paris et membre du secrétariat national, me dit un jour toute l’estime et la considération qu’il avait pour toi. Je me souviens que lorsque je t’avais rapporté ces propos, un sourire discret avait glissé sur ton visage.

Dans le 6ème arrondissement où tu demeurais, tu fus élu secrétaire de la section communiste et les militants te choisirent pour être candidat sur la liste de la gauche rassemblée aux élections municipales de mars 1977.

Lors d’un repas amical chez toi au cours duquel Yvonne et moi avions apprécié tes qualités de cuisinier, tu me remis des photos et des documents témoignant de tes nombreuses activités politiques de l’époque : meetings électoraux, défilé en hommage aux Communards, vente de l’Huma Dimanche, distributions de tracts, manifestation où apparaissaient côte à côte Georges Marchais, Jacques Duclos, Roland Leroy, Georges Séguy, Henri Krasucki...Tu avais milité à leurs côtés.

Mais comme tout Breton contraint de s’expatrier, tu voulais revenir en Bretagne et c’est ainsi qu’en 1978, avec ta famille, tu es arrivé à Quimper.

Sans attendre tu as pris ta place à nos côtés dans les luttes pour les droits des travailleurs, la paix, la solidarité, les droits humains.

Aussitôt arrivé, des responsabilités te furent confiées à la section de Quimper ainsi qu’à la direction fédérale et tu fus à plusieurs occasions candidat aux élections municipales et cantonales dans notre ville.

La retraite venue, tu étais toujours présent dans nos débats, nos initiatives, aimant le contact avec les gens, nous faisant bénéficier de ton expérience. Tu étais à 87 ans le doyen de la section mais tu avais su garder l’esprit, les convictions de ta jeunesse. Et la nécessaire rébellion devant les injustices de la société.

Infatigable militant de terrain, on te voyait sur les marchés, dans les manifestations pour le pouvoir d’achat et les retraites, pour l’hôpital, pour la Poste et les services publics qui te tenaient tant à cœur, encore ces dernières semaines pour la justice et la paix au Proche-Orient.

Tu étais aussi un militant de réflexion, posé, attentif aux autres, respectueux avec tous. Dans les moments de grande complexité politique comme ceux que nous traversons tu avais toujours l’idée et le mot juste, dans l’esprit des valeurs communistes qui t’ont animé toute ta vie.

Je me souviens des échanges nombreux que nous avions lorsque tu venais me voir dans mon bureau à la fédération, de tes appels téléphoniques, des lettres amicales que tu m’adressais.

Si ta vie politique et syndicale étaient bien remplies, ta famille, ta fille Catherine, tes petits-enfants et ton arrière petite-fille avaient une place essentielle pour toi, tu en parlais avec affection et fierté.

Ainsi que Marie avec qui tu as partagé ces dernières années. Tu appréciais les voyages faits ensemble en Italie, aux États-Unis chez tes amis, à la Martinique où vous séjourniez parfois plusieurs semaines. Tu n’oubliais jamais de nous adresser une petite carte postale comme un clin d’œil amical.

Adieu Jean, soit assuré que ton souvenir restera dans nos mémoires, celle des tiens, de tes camarades, de tes amis, de tous ceux qui t’ont connu et apprécièrent en toi l’homme droit, sincère, généreux, d’une grande sensibilité, toujours discret, qui est resté fidèle à ses convictions de liberté, de fraternité, de justice sociale, de paix.

Je vous adresse, Catherine et Marie, les condoléances du parti communiste, de son secrétaire départemental Ismaël Dupont, du sénateur communiste Gérard Lahellec qui avait milité avec Jean au syndicat CGT des Postes et Télécommunications.

Et je vous renouvelle à toutes les deux ainsi qu’à vos proches, en mon nom et en celui d’Yvonne, l’expression de notre profonde sympathie.

Jean tu vas nous manquer.

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21 décembre 2024 6 21 /12 /décembre /2024 14:11
Marché de Morlaix, 21 décembre 2024: Vente de l'Humanité Magazine
Marché de Morlaix, 21 décembre 2024: Vente de l'Humanité Magazine
Marché de Morlaix, 21 décembre 2024: Vente de l'Humanité Magazine
Marché de Morlaix, 21 décembre 2024: Vente de l'Humanité Magazine

Sur le marché de Morlaix ce samedi 21 décembre, comme les samedis, les camarades du PCF Morlaix vendaient l'Humanité Magazine. Ce matin Ismaël Dupont et Michel Lespagnol ont vendu tous les exemplaires de l'Humanité Magazine (6 de vendus), et distribué des cartes du PCF au président de la République pour la reconnaissance de la Palestine et le journal santé du PCF A cœur ouvert avec l'interview d'André Chassaigne, président du groupe communiste GDR à l'assemblée nationale.

Photos Pierre-Yvon Boisnard et Michel Lespagnol

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21 décembre 2024 6 21 /12 /décembre /2024 06:50

 

 

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21 décembre 2024 6 21 /12 /décembre /2024 06:40

 

Le Premier ministre a proposé de classer les formations politiques en trois cases.

Celle du dialogue avec le gouvernement, celle du soutien au gouvernement, enfin celle du dehors et du chaos.

Nous avons rappelé que la démocratie est exigeante.

Nous sommes aujourd’hui dans l’opposition à un Premier ministre non issu de la gauche parce que nous en contestons la légitimité démocratique.

Nous n’avons jamais été et ne serons jamais dans une opposition chaotique.

La force d’une démocratie c’est la vitalité et le respect de son opposition. La force d’une démocratie c’est le respect du suffrage universel. La force d’une démocratie c’est sa capacité à entendre et mettre en oeuvre la volonté de changement majoritaire chez nos concitoyens.

Nous avons exprimé notre solidarité avec tous les habitants de Mayotte et l’impérieuse nécessité d’une reconstruction d’ampleur au plus vite.

Nous avons exprimé notre profond désaccord sur la volonté de certains de poursuivre l’examen d’un projet de loi de finances déposé par un gouvernement démissionnaire, dont la première partie a été rejetée à l’Assemblée nationale, et dont la première partie au Sénat a été frappée d’une seconde délibération évacuant toutes mesures progressistes.

L’urgence budgétaire n’est pas celle d’un budget à tout prix mais celle d’un budget emprunt de justice sociale et fiscale.

Nous avons pleinement conscience des urgences et nous avons proposé de réunir, dès le gouvernement nommé, le Parlement pour examiner un projet de loi portant diverses dispositions spéciales en matière fiscale et sociale.

Ainsi nous pourrions délibérer au plus vite sur l’indexation du barème de l’impôt, le chèque restaurant, l’abonnement transports, les aides agricoles, le PTZ, et répondre à l’urgence de Mayotte, de la Nouvelle-Calédonie et des territoires ultramarins.

Nous actons la volonté de replacer les partenaires sociaux au cœur d’une réflexion sur les retraites mais dénonçons la volonté de ne pas abroger et de continuer à appliquer une loi largement rejetée par nos concitoyens.

L’heure est grave pour notre pays, nos concitoyens sont inquiets, ils voient leur pouvoir d’achat se réduire, leurs emplois supprimés ou menacés. Il y a urgence à remettre le Parlement au cœur de la vie démocratique de notre pays, à bâtir des politiques ambitieuses au service de tous.

Nous ne serons jamais de ceux qui donneront les clés de la république au RN. Nous serons toujours de ceux qui agiront pour le progrès social et l’égalité des territoires.

La démocratie est exigeante. Elle oblige ceux qui gouvernent à prendre à bras le corps l’exigence de changement. La continuité serait un signe de mépris envoyé à nos concitoyens.

C’est dans cette perspective que les communistes, les parlementaires communistes prendront toutes leurs responsabilités et agiront dans les jours et les semaines à venir.

Déclaration du 19 décembre de 2024 de
Cécile Cukierman, présidente du groupe CRCE-K au Sénat,
Stéphane Peu, député de la Seine-Saint-Denis
et de Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 17:05
Le Télégramme, article sur le conseil communautaire du lundi 16 décembre, mercredi 18 décembre 2024.

Le Télégramme, article sur le conseil communautaire du lundi 16 décembre, mercredi 18 décembre 2024.

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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 17:02
Le Télégramme, 9 décembre 2024

Le Télégramme, 9 décembre 2024

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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 16:55
Samar Yazbek, romancière syrienne exilée en France : « Il est prématuré de prévoir un futur démocratique » (L'Humanité, Entretien avec Muriel Steinmetz, 11 décembre 2024)
Samar Yazbek, romancière syrienne exilée en France : « Il est prématuré de prévoir un futur démocratique » (L'Humanité, Entretien avec Muriel Steinmetz, 11 décembre 2024)

Opposante de gauche au régime de Bachar Al Assad, Samar Yazbek, romancière exilée en France, nous fait part de ses sentiments après la chute du tyran et de ses interrogations sur l’avenir de son pays.

Culture et savoir - L'Humanité

11 décembre 2024

Née en Syrie, Samar Yazbek est romancière, poète, journaliste. Elle répond à nos questions depuis le Qatar, où elle vient d’atterrir après avoir quitté la France. Née en 1970 à Jableh (Syrie), opposante de gauche au régime de Bachar Al Assad, plus d’une fois menacée de mort par sa communauté, les Alaouites – à la tête de l’appareil répressif et sécuritaire – elle a été contrainte à l’exil en 2011 avec sa fille.

Poursuivie par les services de renseignement pour avoir participé à des manifestations pacifistes durant les premiers mois de la révolution syrienne, elle retournait clandestinement sur place, en 2012 et 2013, pour observer la militarisation et la radicalisation à l’œuvre au nord du pays.

En 2019, elle publiait 19 femmes (Stock), devenant ainsi la greffière de la vie des autres, hors récit officiel. Elle témoigne aujourd’hui de sa joie, celle de tout un peuple, suite à la chute du régime du tyran, mais aussi de sa crainte pour l’avenir, notamment celui des femmes.

Bachar Al Assad chassé du pouvoir. Quel a été votre sentiment à cette annonce ?

J’ai éclaté de joie. C’est la libération de la Syrie. Vingt ans que nous attendons ce moment. Nous voilà libérés d'un assassin.

Vous en avez souffert, vous-même…

À plusieurs reprises, ils ont calomnié mes écrits, ils m’ont discréditée, diffamée, interrogée avec brutalité, frappée…

Quel est votre vœu le plus cher pour l’avenir de la Syrie ?

Que la Syrie devienne un pays uni, démocratique, laïque, qu’une vraie justice soit mise en place pour toutes les victimes. Nous luttons depuis si longtemps. Nous allons continuer. Il est encore trop tôt pour parler de la suite.

Le peuple s’est battu durant toutes ces années pour arriver à ce résultat, mais le destin du pays dépend de régimes et de gouvernements extérieurs, les États-Unis, l’Iran, la Turquie, la Russie, Israël…

Quel rôle pourrait avoir la diaspora répartie dans le monde, si nombre d’exilés rentrent au pays ?

La priorité est de revenir pour participer à la reconstruction et à la renaissance. La Syrie, aujourd’hui, c’est l’enfer. Les villes sont détruites. Notre rôle consiste à rentrer, écrire, témoigner, retisser des liens de tous ordres, y compris culturels, entre les différentes factions du pays.

Envisagez-vous votre retour ?

Bien sûr ! Je réfléchis à l’organisation de ma vie sur place. Pour le moment, nous sommes débordés. Nous avons besoin d’écrire des articles, de parler avec les médias, de contacter des partis politiques. Je m’apprête à rentrer chez moi, même si j’ai le sentiment d’être une femme française. Je serai entre deux pays, chose positive, pour créer des passerelles entre la France et la Syrie.

Vous êtes sûrement en contact avec des parents, des proches, des amis là-bas ? Comment voient-ils la situation ?

Le fait que le HTC soit allé jusqu’à Damas en passant par plusieurs régions, sans qu’une seule goutte de sang n’ait été versée, sans qu’aucune agression contre les minorités n’ait été constatée, c’est déjà une victoire de taille. Avec cette très longue guerre et le ressentiment accumulé, nous nous attendions à des tueries. Il est trop tôt pour parler de la suite. Je peux vous dire que les parents et les amis sont à la fois très heureux et assez inquiets. Ils ont peur de l’avenir.

Pensez-vous qu’après le soulagement né de la chute d’un régime tyrannique, ceux qui en sont venus à bout pourront définir un chemin de paix en vue d’une reconstruction honorable de la Syrie ?

Je ne sais pas. L’avenir du pays est ouvert vers toutes sortes de directions, y compris du côté de très grands dangers. Israël a bombardé plus de 400 cibles en Syrie les deux derniers jours. Ils ont mis la main sur plusieurs terres syriennes, en même temps que le Hayat Tahrir al-Cham (HTC) marchait sur Damas et qu’Assad perdait le pouvoir.

S’il est prématuré de prévoir un futur démocratique, cela dépendra, à mon avis, des accords qui auront lieu entre les différentes nations intervenues sur le terrain. Je souhaite, de tout mon cœur, qu’après tout le sang versé par le peuple syrien, les différents pays impliqués laissent les Syriens reconstruire eux-mêmes la Syrie en paix.

On ne sait pour l’heure, passé la liesse populaire après la chute de Bachar, quel sera le pouvoir qui va se mettre en place. Fera-t-il leur juste place aux femmes ? Qu’en dites-vous ?

C’est une question essentielle. Le premier comité de presse que le HTC a sorti était en rapport avec l’habit des femmes. Ce qu’il dit est très clair : personne n’a le droit de se mêler de la façon dont elles souhaitent se vêtir. Notre pays ne sera pas comme l’Afghanistan. Il semble que, pour l‘instant, il n’y ait pas de vue sur la répression des femmes. Ce n’est pas dans l’agenda du HTC. Cependant, leur situation est difficile dans les pays arabes, surtout en Syrie, après cette guerre. Je connais bien ces difficultés. J’ai travaillé avec des réseaux activistes qui leur sont dédiés. Je ne suis pas particulièrement pessimiste mais pas optimiste non plus. Je continue d’avoir peur pour elles.

Cet entretien a été réalisé avec le concours de Yasmine Jraissati pour la traduction.

Muriel Steinmetz

 

Lire aussi:

L'écrivaine syrienne Samar Yazbek invitée à Morlaix le jeudi 9 décembre à 19h à la librairie Les Déferlantes

Samar Yazbek entr'ouvre les "Portes de la terre du néant" en Syrie

L’héroïsme de femmes syriennes dans la guerre
Jeudi, 7 Novembre, 2019

19 femmes Samar Yazbek, traduit de l’arabe (Syrie) par Emma Aubin-Boltanski et Nibras Chehayed Stock, 425 pages, 22,50 euros
Grâce à des témoignages étayés, la romancière Samar Yazbek, délaissant un temps la fiction, fait entendre la voix de ses compatriotes, celles dont on parle peu, qui ont tant à dire sur ce qu’elles ont vécu.

 

Opposante à Bachar Al Assad, la romancière, poète et journaliste Samar Yazbek (née en 1970 à Jableh, en Syrie), plus d’une fois menacée de mort par sa propre communauté, les Alaouites – à la tête de l’appareil sécuritaire et militaire syrien –, publie un document poignant. Elle y donne la parole à ses compatriotes en première ligne durant la révolution de 2011. Leur calvaire, leur résistance acharnée, leur rôle au plus fort de la lutte constituent la chair de ce livre qu’on dirait écrit avec leur sang. Samar Yazbek s’efface derrière ces voix plurielles. N’est-elle pas la 20e femme de son livre ? Contrainte à l’exil en 2011 avec sa fille, elle retourne clandestinement en Syrie en 2012 et 2013, observant sur place la militarisation et la radicalisation à l’œuvre au nord du pays. En retrait de sa vocation de romancière, la voici greffière de la vie des autres, hors récit officiel, consignant par écrit « des faits incontestables ». La plupart de ces femmes sont aujourd’hui en exil en France, en Allemagne, en Hollande, au Canada, en Turquie, au Liban… Issues de la classe moyenne, elles font ou ont fait des études. Samar Yazbek s’est promis de recueillir bientôt les témoignages de Syriennes issues de classes pauvres et réfugiées dans des camps, et ceux de femmes kurdes, ainsi que d’opposantes au soulèvement de 2011. Œuvre de vérité en cours qui dessinera, à la longue, une terre en lambeaux éprouvée du dedans.

Elles exigeaient la fin d’une culture patriarcale étouffante

Ces 19 femmes, dès le début de la révolution de mars 2011, se sont dressées contre le régime dictatorial de Bachar Al Assad. Elles exigeaient la démocratie, des changements dans leurs conditions de vie, des droits élargis, ainsi que la fin d’une culture patriarcale étouffante. La plus jeune a 20 ans quand éclate la révolution, la plus âgée, 77. Sara, Mariam, Doucha, Souad, Amal, ­Hazami, Faten… sont alaouites, sunnites, chiites, druzes, chrétiennes… Peu sont alors politisées, hormis deux, dont l’une a été membre du « Parti de l’action communiste » interdit. Elles viennent de toutes les régions du pays. On les entend dans leur quotidien d’effroi. Toutes sont devenues activistes dans l’urgence. Elles ont essuyé les tirs de mortier, les bombes au chlore, le gaz sarin, armes chimiques aux dégâts extrêmes (« le sol jonché d’intestins », « On ne faisait que ramasser des cadavres déchiquetés »). Certaines ont dû recoudre des corps en charpie pour les rendre présentables. Elles se sont improvisées infirmières d’urgence. Beaucoup ont perdu un père, une mère, des frères. Elles ont organisé des centres d’éducation dans les sous-sols. Les hommes, y compris ceux de l’Armée syrienne libre, voyaient souvent d’un mauvais œil leurs initiatives. Elles ont été progressivement empêchées d’agir, d’abord par le régime, les conseils locaux, les brigades et enfin les djihadistes. On les humilie, on les jalouse. Qu’à cela ne tienne. « Invraisemblablement courageuses », elles alphabétisent, animent des ateliers clandestins pour former leurs sœurs à « l’autonomie économique », créent des bureaux d’aide psychologique. Elles filment et documentent les événements au péril de leur vie. Elles ont pour la plupart été torturées, ou prises en otage. Le corps capté par les hommes de tout poil, elles sont contraintes de se voiler de la tête aux pieds lorsque Daech gagne du terrain. « Tout ce qui touchait à notre présence et à notre apparence les rendait dingues », dit l’une d’elles.

L’ouvrage éclaire aussi sur les rivalités entre groupes rebelles, du sécularisme démocratique de l’Armée syrienne libre au « djihadisme gradué d’al-Nosra et de Daech » en passant par « le salafisme nationaliste » de Jaych al-Islam. Il analyse la flamme du confessionnalisme allumée par le régime, les collusions entre Assad et les brigades salafistes, le rôle délétère de l’argent saoudien… Zaina Erhaim dit : « Nous revendiquions plus de liberté et de dignité et nous n’avons obtenu qu’asservissement et humiliation. »

Muriel Steinmetz
Samar Yazbek, romancière syrienne exilée en France : « Il est prématuré de prévoir un futur démocratique » (L'Humanité, Entretien avec Muriel Steinmetz, 11 décembre 2024)
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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 16:47
Nomination de Bayrou, démission de Macron… Comment LFI compte surfer sur la crise politique - L'Humanité, Cyprien Caddéo, 19 décembre 2024

La nomination de François Bayrou à Matignon conforte les insoumis dans leur stratégie de faire porter à Emmanuel Macron la responsabilité du blocage. Avec, pour objectif, une présidentielle anticipée dont profiterait Jean-Luc Mélenchon.

Cyprien Caddeo , L'Humanité, 19 décembre 2024

Le calendrier est posé au milieu du siège de la France insoumise, entre une pyramide de cartons et des piles de tracts, symboles d’un QG en état de « campagne permanente ». Marqué au Velleda, on y lit le plan de bataille suivant : « Mars : démission de Macron. Mi-avril : Mélenchon président. Fin avril : dissolution. Mi-mai : 400 députés FI. Juin : France = paradis. » Le tout relève bien sûr de la boutade entre militants, jusqu’à prédire que l’un des leurs finira premier ministre. Mais derrière la blague, il y a un fond de vérité.

Car, au risque de braquer leurs partenaires du Nouveau Front populaire (NFP), les insoumis jouent leur propre agenda politique, tourné vers une présidentielle anticipée, dès 2025. S’il défend toujours publiquement la nomination d’un gouvernement NFP – sans y croire un instant –, le mouvement mise sur l’enlisement politique pour augmenter le niveau de colère dans le pays.

« Ils cherchent à organiser le chaos pour que Macron n’ait d’autre choix que de partir »

Il est bien aidé, en cela, par le refus catégorique d’Emmanuel Macron de nommer un premier ministre issu de la coalition de gauche. « Au final, qu’il n’y ait pas de premier ministre NFP, ce n’est pas un échec pour nous, glisse un cadre insoumis. Car, depuis les législatives, on a réussi à faire monter le niveau de crise politique dans le pays. » Un député FI abonde : « Le plan se déroule comme prévu, on a même un petit peu d’avance », avec la chute de Michel Barnier.

C’est ainsi qu’il faut aussi lire le refus des insoumis de participer à toute rencontre à l’Élysée ou à Matignon, où François Bayrou a convié l’ensemble des groupes parlementaires. « Nous ne voulons pas jouer le jeu des lignes rouges ou vertes, tranche la présidente du groupe, Mathilde Panot. Bayrou sera censuré, Macron devra s’en aller. »

La FI, qui a amorcé en vain une procédure de destitution du chef de l’État, mise toujours sur sa démission, arguant que 64 % des Français y sont favorables. Problème : le président a exclu de démissionner. Pour le politologue Rémi Lefebvre, la stratégie insoumise est « claire comme de l’eau de roche : ils cherchent à organiser le chaos pour que Macron n’ait d’autre choix que de partir ».

« Même certains macronistes disent que cela va passer par sa démission, assure le député FI Antoine Léaument. Il peut même faire un coup de poker pour se représenter (malgré la limite de deux mandats – NDLR) en s’appuyant sur des proches du Conseil constitutionnel, qui sera renouvelé en mars. » Les insoumis se tiennent donc prêts à lancer une campagne express à tout moment et ont même commencé à sonder les élus locaux pour sécuriser les 500 signatures, qu’il faudra trouver en un temps très court (deux semaines) dans le cas d’une élection anticipée.

Les alliés du NFP pas « obsédés » par la présidentielle

Leurs partenaires du NFP, qui ont eux accepté d’entrer dans le jeu des discussions avec l’exécutif, leur reprochent leur stratégie radicale. « À force de ne rien vouloir lâcher sur rien, à la fin tu n’as rien », ironise la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, dans l’émission Backseat. « Nous n’avons pas, comme eux, l’obsession présidentielle », tacle pour sa part André Chassaigne, chef de file des députés communistes.

« Si les autres forces du NFP ne veulent pas de présidentielle anticipée, c’est que personne n’y est prêt, sauf nous », grince un parlementaire FI. « Ils ont le programme, le candidat, quand les autres devront passer par des primaires ou choisir un mode de désignation, dans un temps très contraint, et ça, ils le savent », rappelle Rémi Lefebvre.

Même s’il n’est toujours pas officiellement candidat, tout le monde sait bien que Jean-Luc Mélenchon portera la bannière FI. « Il a l’expérience et la force de caractère pour y aller », assure Mathilde Panot. Le 15 décembre, sur M6, l’intéressé a de toute façon tranché : « Il y aura une candidature insoumise. Nous la proposerons en candidature commune à nos alliés ! » Une façon de tordre le bras à ses partenaires, quitte à risquer à nouveau un éparpillement à gauche, ce qui ne les inquiète pas plus que cela.

En campagne permanente, la FI entend ainsi politiser le « peuple » et offrir à Jean-Luc Mélenchon un duel avec Marine Le Pen, parachevant la prophétie faite par l’insoumis en 2014 : « À la fin, ce sera eux (le RN) ou nous. » Mais les Français préféreront-ils le candidat de gauche à l’extrême droite au second tour ? « La stratégie de la bordélisation est efficace au premier tour pour mobiliser son camp mais inopérante quand il faut rassembler au second », estime Rémi Lefebvre.

« J’ai rencontré à chaque présidentielle des gens qui disaient ”plus jamais Mélenchon”, mais, une fois dans l’isoloir, c’est autre chose », balaie le député Antoine Léaument. Pour le moment, tout cela relève de la politique-fiction, Emmanuel Macron ne comptant pas de sitôt quitter son palais, même s’il est sous pression comme jamais depuis 2017.

 

 

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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 06:55
Urgence solidarité Mayotte - Le PCF Finistère relaie l'appel du Secours Populaire
Ci contre le lien pour la solidarité envers les mahorais https://don.secourspopulaire.fr/mayotte/~mon-don
 
Parce que la solidarité n'a pas de prix! Urgence Mayotte après le passage du cyclone Chido !
 
Alors que la section de Brest du PCF a déjà décidé d'un don de 500 euros à la campagne du Secours populaire pour la solidarité avec les habitants de Mayotte, la fédération du PCF Finistère a décidé lors de son conseil départemental hier soir à Pont-de-Buis Les Quimerc'h de promouvoir à son tour l'appel au don du Secours populaire face à la catastrophe humaine qui frappe Mayotte auprès de ses adhérents et sections avec l'objectif de réunir plusieurs milliers d'euros pour Mayotte qui vit une des plus grandes catastrophes de l'histoire de l'île dans un contexte d'extrême pauvreté et injustice déjà. 100 000 sans-abris, des infrastructures et des bâtiments ravagés, avec déjà 77 pour cent de la population en dessous du seuil de pauvreté dans le 101e département français.
 
A signaler que nous avons également réuni grâce aux dons des sections et adhérents finistériens déjà 2500 euros pour la petite ville libanaise de Doha el Hoss près de Beyrouth qui a vu son nombre d'habitants multiplié par dix avec des réfugiés victimes de l'agression israélienne et des bombardements de l'armée israélienne ayant tout perdu. La fédération a également lancé une souscription de solidarité avec Cuba tout dernièrement et participé à l'appel à la solidarité avec le peuple palestinien. 
 
Ismaël Dupont, secrétaire départemental de la fédération du Finistère du Parti communiste français
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19 décembre 2024 4 19 /12 /décembre /2024 06:46
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