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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 07:42
Ce jour de 1974 où Simone Veil a défendu à l'Assemblée le droit à l'avortement face aux "arguments" d'une violence inouïe des adversaires des droits des femmes (Le Télégramme, 1er juillet 2017)

Ce jour de 1974 où elle a défendu, à la tribune, le droit à l'avortement

C'était il y a un peu plus de 40 ans. Le 26 novembre 1974, Simone Veil monte à la tribune de l'Assemblée nationale pour défendre une loi historique - la légalisation de l'avortement. Sur ce sujet ultra-sensible, elle va faire face à des adversaires déchaînés, dans un climat d'une brutalité inouïe.

« Je n'imaginais pas la haine que j'allais susciter », a-t-elle confié dans un livre entretien avec la journaliste Annick Cojean (« Les hommes aussi s'en souviennent », 2004). « Il y avait tellement d'hypocrisie dans cet hémicycle rempli essentiellement d'hommes (481, pour neuf femmes députées), dont certains cherchaient, en sous-main, des adresses pour faire avorter leur maîtresse ou quelqu'un de leurs proches. »

« Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l'avortement. Il suffit de les écouter. C'est toujours un drame », assure-t-elle ce jour-là, appelant à « ne plus fermer les yeux sur les 300.000 avortements qui, chaque année, mutilent les femmes dans ce pays », tout en soulignant que l'IVG doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue ». Son discours d'une heure est chaleureusement applaudi par la gauche. La droite se tait. Pour l'instant.

« Avortoirs, abattoirs »

 

Suivent plus de 25 heures de débats durant lesquelles Simone Veil affronte insultes et propos de « soudards », racontera-t-elle, pendant qu'à l'extérieur, des militants anti-avortement égrènent leurs chapelets. Trois jours et deux nuits de combat contre les tenants de sa propre majorité.

Michel Debré, ancien Premier ministre du général de Gaulle, voit dans ce texte « une monstrueuse erreur historique ». Les députés de droite René Feït et Emmanuel Hamel diffusent dans l'Hémicycle, à tour de rôle, les battements d'un coeur de foetus de quelques semaines. Le premier affirme que si le projet était adopté, « il ferait chaque année deux fois plus de victimes que la bombe d'Hiroshima ». Jean Foyer, ancien garde des Sceaux du général de Gaulle, lance : « Le temps n'est pas loin où nous connaîtrons en France ces avortoirs, ces abattoirs où s'entassent des cadavres de petits hommes ». Et le pire reste à venir : Hector Rolland reproche à Simone Veil, rescapée des camps de la mort, « le choix d'un génocide ». Jean-Marie Daillet évoque les embryons « jetés au four crématoire ». Jacques Médecin parle de « barbarie organisée et couverte par la loi comme elle le fut par les nazis ».

« Un immense mépris »

 

Après le passage de 74 orateurs, Simone Veil reprend la parole, déplorant les analogies avec le racisme des nazis. Elle dira plus tard avoir ressenti « un immense mépris ».

Le 29 novembre 1974, au coeur de la nuit, la loi est votée par 284 voix contre 189. Les deux tiers des députés de la majorité votent contre le texte, adopté essentiellement grâce aux voix de gauche et centristes. La « loi Veil » est promulguée le 17 janvier 1975, autorisant l'IVG pour cinq ans. L'autorisation sera rendue définitive par la loi du 31 décembre 1979.


 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 07:38
Mariage pour tous, l'Allemagne dit oui (Le Télégramme, 1er juillet 2017)

L'Allemagne a rejoint, ce vendredi, la majorité des pays occidentaux en légalisant, par un vote des députés, le mariage gay, en dépit de l'opposition de la chancelière, Angela Merkel.

 

Le texte a été approuvé par une majorité des députés, venant des trois partis de gauche représentés à la chambre basse du Parlement - sociaux-démocrates, écologistes et gauche radicale - et d'une partie des élus de la CDU d'Angela Merkel. L'Allemagne va ainsi rejoindre les 20 pays occidentaux, dont 13 en Europe, qui ont déjà légalisé le « mariage homo ».

Berlin avait adopté, dès 2001, une union civile, deux ans après le Pacs français. Au cours des années suivantes, la justice administrative allemande a accordé aux couples homosexuels la plupart des avantages fiscaux prévus par le mariage. Il manquait toujours la reconnaissance formelle du mariage pour tous et le droit à l'adoption pour les enfants. La société allemande y était prête depuis longtemps, avec une majorité de la population favorable au mariage gay depuis au moins le début du siècle, selon les sondages. Ils sont aujourd'hui 75 % à le soutenir. L'Église protestante accepte déjà, depuis plusieurs années, de célébrer les unions religieuses homosexuelles dans plusieurs régions du pays. L'Église catholique, en revanche, y est catégoriquement opposée. C'est l'une des raisons pour laquelle la famille politique conservatrice de la chancelière a bloqué pendant des années une reconnaissance du mariage pour tous.

 

Merkel vote contre

 

Au pouvoir depuis 2005, Angela Merkel s'est refusée pendant longtemps à brusquer, en particulier, la branche bavaroise catholique (CSU) de son parti démocrate-chrétien, très traditionaliste. Toutefois, avec la perspective des législatives, fin septembre, la pression de l'opinion a nettement monté pour évoluer sur la question. Les deux partenaires potentiels dans une future coalition gouvernementale, les sociaux-démocrates à gauche et les libéraux à droite, ont fait du mariage pour tous une condition à toute alliance.

Angela Merkel a ainsi fini par lâcher du lest, lundi, à la surprise générale, en acceptant que les élus de son parti votent sur le sujet librement, sans consigne. Elle planifiait un vote après les élections mais a été prise de vitesse par son partenaire de coalition, les sociaux-démocrates, qui ont imposé un vote quelques jours plus tard en s'alliant avec les deux autres partis de gauche au Bundestag, situés dans l'opposition. Ensemble, ils détenaient la majorité. Angela Merkel s'est ainsi retrouvée dans une situation paradoxale : elle a fini, hier, par voter contre le mariage pour tous, comme près des trois quarts de sa famille politique. La loi pourrait, du reste, être bientôt contestée devant la Cour constitutionnelle. Consolation au plan politique pour Angela Merkel : l'adoption du mariage gay lui permet de priver ses rivaux sociaux-démocrates d'un argument de campagne dans la dernière ligne droite avant les législatives.

 

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 05:45
Mamakaffe vient spécialement de Paris pour faire résonner son reggae jamaïcain.

Mamakaffe vient spécialement de Paris pour faire résonner son reggae jamaïcain.

Le premier rendez-vous des Utopistes en action avait été un succès, en septembre, au Cloître Saint-Thégonnec. Ils récidivent ce samedi 1er juillet, en investissant les salles, rues et places de la commune des monts d'Arrée.

Ces Utopistes sont des citoyens et citoyennes d’horizons divers avec un objectif commun : le désir d’une société plus juste, plus libre et plus solidaire. « Nos idées et actions se mettent en place sans évocation politique ou confessionnelle. »

Ils participent à l’aide aux réfugiés par des collectes et convois acheminés vers les camps de réfugiés français. Ils aident également la population locale par des friperies solidaires.

Pour tous publics

Les bénévoles comptent bien créer l’événement avec un festival au programme varié. Dès 11 h, place aux animations de rues, place de la mairie. À 14 h, fest-deiz salle des sports avec Trio Dell’Amore, Aiao, Lardenn, Didier Allain Trio, Loïg Troël Trio.

De 14 h à 18 h, des conférences à l’espace des droits humains : LDH, pour une citoyenneté universelle ; AFPS, Palestine, une colonisation au long cours animée par Jean-Pierre Jeudy. Avec aussi les associations Acar, Solidarité migrants pays de Morlaix et Morlaix Libertés.

Les enfants auront aussi leur espace, place de l’Église, avec les compagnies Lbobo et La Case et ses marionnettes géantes, Dédé l’Abeillaud et son spectacle écolo Complètement à la ruche,et les Histoires d’Agnès, de Jean-Luc Roudaut.

Espace zen et concerts

Au programme également, des expositions de sculptures, peintures et photos. Ou encore un espace consacré à la détente et aux médecines douces, avec des massages bien-être, soins énergétiques, médecine chinoise, art-thérapie…

À 20 h enfin, place aux concerts avec Wish You Were, The Stool, Mamakaffe, Delgado Jones et TKL.

Samedi 1er juillet, de 11 h à 1 h du matin. Tarifs : 2 € par adulte. Entrée libre au chapeau pour les spectacles et animations. Contact : 06 04 13 11 47. Facebook : Festival Des Utopies, 2ème.

Au Cloître St Thégonnec, les utopies ont leur festival, ce samedi (Ouest-France, 29 juin 2017)
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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 19:43
Blanqui, "l'Enfermé" au Château du Taureau pendant la Commune de Paris en 1871

Blanqui "l'Enfermé", selon le surnom que lui donne son biographe Gustave Geffroy, ami de Monet, critique et théoricien d'art de l'impressionnisme, proche de Jaurès, qui fréquenta assidûment la région de Morlaix (sa biographie de Blanqui date de 1892). 

Blanqui (février 1805- janvier 1881) , théoricien et homme politique socialiste ou communiste (à l'époque, ces concepts sont souvent interchangeables) naît à Puget-Théniers dans les Alpes-Maritimes où son père est sous-préfet. Il fut élevé à Paris dans une institution où enseignait son frère aîné Adolphe (futur économiste libéral).

Etudiant en droit et en médecine, il adhéra en 1824 à la Charbonnerie autrement appelée la société secrète des Carbonari (organisation subversive qui complotait contre la monarchie); il fut blessé en 1827 dans les manifestations d'étudiants au Quartier Latin... 

En 1830, lors des barricades de juillet, il prend le fusil et arbore la cocarde tricolore révolutionnaire contre Charles X. 

Deux ans plus tard, il entra au journal "Le Globe", mais sa vie militante se partagea entre conspirations et emprisonnements... (1832, 1836-1837, condamné à mort en 1840, il fut finalement emprisonné au Mont-Saint-Michel puis à Tours jusqu'en 1844). 

En 1848, après avoir fondé la Société Républicaine Centrale que fréquente Baudelaire. Il prône une "République égalitaire" qui fera "disparaître la dernière forme d'esclavage, le prolétariat". Il s'oppose au gouvernement provisoire bourgeois de la IIe République, réclame l'ajournement des élections qui pourraient donner une majorité au camp réactionnaire en organisant des manifestations en mars et avril 1848.   

Il est de nouveau arrêté et passe dix ans en prison à la citadelle de Belle-Ile...

A la prison de Sainte-Pélagie, en 1861, il reçoit de nombreux jeunes dont Gambetta, Clémenceau. Certains de ses disciples vont l'aider, après son évasion et son exil à Bruxelles, à jeter les bases d'un parti clandestin, véritable armée secrète composée de professionnels de la révolution.  

Après la chute de Napoléon III, il revient à Paris pour créer le journal: "La Patrie en danger". Son organisation révolutionnaire compte en septembre 1870 entre 2000 et 3000 membres et recrute dans tous les milieux, inspirée par la figure charismatique du Vieux.  

Sa filiation: la Révolution Française, le Manifeste des Egaux de Babeuf et Philippe Buonarotti qu'il côtoie. Mais Blanqui se méfie des constructions échafaudées par le socialisme utopique. Si la dictature révolutionnaire qui doit naître de la révolution a pour but ultime d'instaurer le "communisme", celui-ci ne saurait être le produit d'un système conçu d'avance: "Le Communisme est une résultante générale et non un oeuf pondu et couvé dans un coin de l'espace humain par un oiseau à deux pieds". 

Thiers le fait arrêter dans le Lot où il se repose... le 17 mars 1871 à la veille du début de la Commune.

Il était en fuite, pourchassé après sa participation aux émeutes du 30 octobre 1870 à Paris. 

Il est enfermé dans la prison de Cahors, puis au château du Taureau où il occupe une pièce voûtée appelée "salle de discipline".

C'est là que Blanqui rédige L'Eternité par les astres, un essai philosophique sur l'univers et la condition humaine, le seul livre publié de son vivant. 

Blanqui est élu membre du comité d'honneur de la Commune de Paris pendant qu'il est au château du Taureau mais Thiers, chef du gouvernement de Versailles, refuse de le rendre contre 74 otages de la Commune, dont l'archevêque Darboy. 

En 1872, Blanqui est condamné par le Conseil de guerre et enfermé à la centrale de Clairvaux, sa dernière prison, pendant sept ans. Finalement amnistié, il se consacrera jusqu'à sa mort à son journal Ni Dieu, ni maître fondé en 1840. 

Blanqui passera en tout dans sa vie 37 ans en prison. Il sort de prison à 74 ans après avoir été élu député de Bordeaux sous les barreaux, mais le scrutin a été invalidé. 

A sa mort, une foule de plus de 100 000 personnes se présente au père Lachaise.  

 

Extrait de l'Eternité par les astres de Blanqui qui nie la nécessité d'un progrès irréversible et rejoint ainsi, en dépit de l'exotisme de la thèse de la pluralité des mondes, des perspectives très contemporaines sur l'histoire:   

" Et puis, jusqu'ici, le passé nous représentait la barbarie, et l'avenir signifiait progrès, science, bonheur, illusion! Ce passé a vu sur tous nos globes-sosies les plus brillantes civilisations disparaître sans laisser une trace, et elles disparaîtront encore sans en laisser davantage. 

L'avenir reverra sur des milliards de terres les ignorances, les sottises, les cruautés de nos vieux âges! (...).

Ce que nous appelons le progrès est claquemuré sur chaque terre, et s'évanouit avec elle. Toujours et partout, dans le champ terrestre, le même drame, le même décor, la même scène étroite, une humanité bruyante, infatuée de grandeur, se croyant l'univers et vivant dans sa prison comme dans une immensité, pour sombrer bientôt avec le globe qui a porté dans le plus profond dédain, le fardeau de son orgueil.

Même monotonie, même immobilisme dans les astres étrangers. L'univers se répète sans fin et piaffe sur place. L'éternité joue imperturbablement dans l'infini les mêmes représentations".  

Extrait de la défense de Blanqui en Cour d'Assise en 1832:

"Oui, Messieurs, c'est la guerre entre les riches et les pauvres: les riches l'ont voulu ainsi; ils sont en effet les agresseurs. Seulement, ils considèrent comme une action néfaste le fait que les pauvres opposent une résistance; ils diraient volontiers, en parlant du peuple: cet animal est si féroce qu'il se défend quand il est attaqué". 

Autre extrait de l'oeuvre de Blanqui qui prône la voie révolutionnaire et la grève générale par opposition à l'idéal d'une transformation progressive par la voie des coopératives de production: 

"Jamais le capital ne consentira à l'abandon de la moindre parcelle de sa puissance. Moins traitable et moins résigné que les rois absolus, il ne veut pas, il ne peut pas faire des concessions. Il entend ne connaître que la loi de son bon plaisir. 

Désarmer la bourgeoisie, armer le peuple, c'est la première nécessité, le seul gage de salut de la révolution (...)

La grève, malgré ses inconvénients, est le moyen naturel, à la portée de tous, auquel tous participent. La coopération n'est qu'un moyen accessible seulement aux plus instruits, suspects ou indifférents, ou même inconnus de tout le reste. La grève est la seule arme vraiment populaire dans la lutte contre le Capital. Appuyées provisoirement sur la grève comme moyen défensif contre l'oppression du Capital, les masses populaires doivent concentrer tous leurs efforts vers les changements politiques, reconnus seuls capables d'opérer une transformation sociale et la répartition des produits selon la justice.

L'état social étant gangrené, pour passer à un état sain, il faut des remèdes héroïques; le peuple aura besoin, pendant quelques temps, d'un pouvoir révolutionnaire".    

Et encore cet "Avis au peuple, le toast de Londres" (25 février 1851): 

"Le devoir d'un révolutionnaire, c'est la lutte toujours, la lutte quand même, la lutte jusqu'à l'extinction. " Qui a du fer, a du pain" (...) Pour les prolétaires qui se laissent amuser par les promenades ridicules dans les rues, par des plantations d'arbres de la liberté, par des phrases sonores d'avocat, il y aura de l'eau bénite d'abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours" 

 

Sources: 

Article de Bernard Duraud dans le numéro spécial de L'Humanité "1871-2011: Ils étaient les Communards"

Revue de la Bibliothèque du Travail (BT 2), décembre 1973: "Utopistes et précurseurs du communisme"

Le Taureau Forteresse Vauban- Baie de Morlaix - Guillaume Lécuillier, avec les dessins du dessinateur de BD Pellerin (chez Skol Vreizh)

Blanqui, "l'Enfermé" au Château du Taureau pendant la Commune de Paris en 1871
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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 19:03
Carte postale de Morlaix (église Ste Mélaine et place Thiers) datant du début du XXe siècle (collection particulière Ismaël Dupont)

Carte postale de Morlaix (église Ste Mélaine et place Thiers) datant du début du XXe siècle (collection particulière Ismaël Dupont)

Le Finistère est à la fin du XIX ème siècle le 10ème département français par la densité de population et le 7ème département français par sa quantité d'habitants.

A l'époque, Brest (sans les communes de Saint-Marc, du Gouesnou, de Lambézellec) compte 18 173 habitants.

Quimper ne compte que 13 879 habitants.

Et Morlaix compte 15 183 habitants, ce qui en fait la deuxième ville du Finistère (sans Ploujean, 3 000 habitants, Plourin, 3000 habitants, et St Martin des Champs, 1 500 habitants), loin devant Douarnenez (8 637 habitants), Landerneau (8 195 habitants), Saint Pol de Léon (7 000 habitants), Pont Labbé (4 991 habitants), Plouigneau (4 982 habitants),  Concarneau (4 745 habitants), Roscoff (4 000 habitants), Châteaulin (3 400 habitants), Lesneven (2 900 habitants).

 

Par rapport au reste des villes bretonnes, Morlaix compte presque autant d'habitants que St Brieux (16 000 habitants), bien plus que Dinan (8 000 habitants), Guingamp (8 000 habitants), Lannion (6 200 habitants), Saint-Malo (10 000 habitants), Redon (6 446 habitants), Vitré (5 132 habitants).

 

Voici comment V.A Malte-Brun décrit Morlaix il y a 130 ans :

 

« Morlaix, station de la grande ligne du chemin de fer de Paris à Brest par Rennes (réseau de l'Ouest), est une ancienne et jolie ville maritime de 15,183 habitants, agréablement située au pied de deux collines, au confluent des rivières de Jarlot et de Queffleut, dont les eaux réunies forment son port, distant de 7 kilomètres de la mer.

C'est un chef-lieu d'arrondissement et d'un canton, avec tribunal de première instance et de commerce, société d'agriculture, collège communal et école d'hydrographie ; elle formait autrefois un gouvernement particulier, avec une amirauté et une sénéchaussée, et dépendait du diocèse et de la recette de Tréguier, du parlement et de l'intendance de Rennes.

Morlaix, une des jolies villes du Finistère, est fort ancienne, puisqu'elle paraît avoir emprunté son nom de Mons Relaxus, Mont Relais, Morlaix, à une ancienne station romaine.

Prise et reprise pendant les guerres de Bretagne, ravagée au XVIe siècle par la guerre civile, elle se rendit, en 1594, à Henri IV.

Les navires de 400 tonneaux pénètrent dans son port ; les quais en sont beaux. Les deux rivières réunies passent sous la place au moyen d'une voûte très hardie.

Morlaix possédait il y a quelques années, une tour dite d'argent, où les ducs de Bretagne faisaient battre monnaie, et qui a été démolie.

La manufacture des tabacs, l'école de navigation, l'hôpital, la salle de spectacle sont de beaux bâtiments.

C'est à Morlaix que débarquait, en 1548, Marie stuart, reine d'Ecosse, se rendant à Paris pour épouser le Dauphin ; elle y fut reçue par le seigneur de Rohan, entouré de toute la noblesse bretonne.

Les Ecossais de la Reine, un instant séparés du cortège, s'étant mis à crier : « Trahison ! Trahison ! », le sire de rohan se retourna vivement et cria de toute la force de ses poumons : « De par Dieu ! Jamais Breton ne fit trahison ! » ce qui suffit pour ramener l'ordre et la confiance.

Au temps des troubles religieux, Morlaix se déclara pour la Ligue, mais il fut réduit, en 1594, en l'obéissance du roi.

Le quartier Saint-Martin est le plus moderne ; il domine toute la ville, et doit son nom à une jolie église moderne, entourée de beaux jardins. Sur la nouvelle tour de cette église, on a élevé une statue de la vierge Marie, ayant le pied sur la tête du serpent et l'enfant Jésus dans ses bras.

Les autres églises de la ville sont Sainte-Mélaine, reconstruite au XVe siècle, et curieuse à visiter, et l'église Saint-Matthieu, qui n'a conservé d'ancien qu'une tour carrée et massive chargée d'ornements de la Renaissance.

Dans les rues des Nobles, de Bourret, de Sainte-Mélaine et la Grand'Rue, on voit des maisons en bois ouvragé qui datent du XVe, du XVIe et du XVIIe siècle.

L'hôtel de ville est moderne. Morlaix possède deux musées qui y ont été recemment créés : l'un des Beaux-arts, l'autre de curiosités ethnographiques de la région. Elle possède aussi depuis peu une société savante, sous l'impulsion de laquelle des fouilles faites aux environs de la ville ont amené la découverte de sépultures et d'antiquités gallo-romaines.

Morlaix fait un très grand commerce maritime ; à l'intérieur, elle commerce en beurre, grains, graines olégineuses, suifs, miels, cire, cuirs, toiles, fils, lin, chanvre, etc. Elle fabrique de la toile, de l'huile, des chandelles, et possède une importante manufacture des tabacs, des brasseries, des papeteries, une filature, des fabriques de pipes.

C'est la patrie du général Moreau, qu'un boulet français n'aurait pas dû rencontrer dans les rangs ennemis.

En venant de Rennes, on traverse la rivière sur un magnifique viaduc de 285 mètres de longueur, qui est élevé de 58 mètres au-dessus des quais. Il est divisé en deux étages, l'un de 9 arches, l'autre de 14 ; c'est un des ouvrages d'art les plus considérables qu'on ait construit en France.

(…) A l'embouchure de la rivière de Morlaix, sur un roc isolé, au milieu de la rade, s'élève le château du Taureau, forteresse massive construite sous le règne de François 1er, en 1525, pour garantir l'entrée de Morlaix contre les Anglais. Les fortifications de ce château furent augmentées en 1742. Il a servi de prison d’État ».

 

(La Bretagne au XIXe siècle, réédition de l'ouvrage de V-A Malte-Brun aux éditions Gisserot)

 

Lire aussi sur le "Chiffon Rouge": 

Morlaix: de la fondation de la ville au 17e siècle. Une histoire de Morlaix, première partie

Morlaix au XVIIIe siècle: Une histoire de Morlaix, deuxième partie

Morlaix pendant la Révolution (I), Une histoire de Morlaix, troisième partie

Morlaix pendant la Révolution (II), Une histoire de Morlaix, troisième partie

La Maison du Peuple de Morlaix: un projet de rénovation à soutenir, toute une histoire à faire connaître

 

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 18:47
Rassemblement au sommet du Menez Hom le dimanche 2 juillet à 11h30 avant la venue de Macron et pendant la session de l'ONU sur le désarmement nucléaire

Macron vient à l’Ile longue
Rassemblement le Dimanche 2 juillet 2017 à 11H30
au sommet du Menez Hom pour exiger que la France s’engage en faveur du Traité d’interdiction des armes nucléaires élaboré par l’ONU.

12H30 pique-nique à la Chapelle de Saint Marie du Menez Hom et débat avec des animateurs du Collectif en Marche pour la paix Signez la pétition
Signez la petition pour que la France soutienne puis signe ce traité 
https://www.mvtpaix.org/wordpress/petitions/

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 18:40
Catholique ... et communiste! Et un super mec, surtout, brillant avec cela! Il faut lire ses livres sur la République et la Laïcité...

Catholique ... et communiste! Et un super mec, surtout, brillant avec cela! Il faut lire ses livres sur la République et la Laïcité...

Nouveau député communiste et chrétien assumé, Pierre Darrhéville fait sa rentrée parlementaire et détonne déjà dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Rencontre.

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Pierre Dharréville a hésité à enlever la boucle à son oreille gauche. Mais c’est Véronique, son épouse, qui la lui a offerte, et c’est aussi une part de son identité depuis qu’il a 20 ans. « Un choix esthétique », plaide le quadragénaire. Alors, pour la photographie sur son badge à l’Assemblée, il la porte. Il a décidé qu’il ne l’ôtera pas non plus dans l’Hémicycle. Ce matin caniculaire, à la terrasse du café Le Bourbon, le tout jeune élu de Martigues croise le député LR, Thierry Solère, quelques frontistes comme Gilbert Collard et Sébastien Chenu, de nombreux attachés parlementaires en quête d’un poste. Il porte un costume-cravate, comme il se doit, est affublé d’une mallette pleine de documents. Mais il ne ressemble à aucun autre.

Musicien, écrivain, journaliste, il a travaillé à L’Humanité, où il a assuré le suivi de Lionel Jospin lorsqu’il était Premier ministre au début des années 2000, œuvré à la relance du magazine Pif Gadget, été la plume de Marie-George Buffet. En 2014, il a empêché la liquidation judiciaire du journal communiste La Marseillaise et en est devenu le président pendant quelques mois. Encarté au Parti communiste depuis 1999, il s’assume chrétien. Même si, sur ce dernier sujet, il a ses pudeurs. « Je ne cache pas que je suis catholique, mais je veux être le représentant de tous, il y a une dimension laïque à mon engagement », dit-il. Il porte une laïcité ouverte, qui ne nie pas la pluralité des croyances, comme il l’a écrit dans son livre La laïcité n’est pas ce que vous croyez (L’Atelier, 2013). « C’est un homme engagé, travaillé par une spiritualité questionnante. Son inspiration est clairement évangélique », témoigne Bernard Stéphan, directeur des Éditions de l’Atelier, éditeur de plusieurs de ses ouvrages. Son écriture, dans ses romans, est charnelle, flamboyante, et baigne dans un univers d’engagement social et politique. Le titre de son premier livre lui colle d’ailleurs à la peau : Quelque chose dans le ventre.

Il pourrait aussi tout à fait incarner un personnage dans un film de Robert Guédiguian, avec qui il est ami. Ses valeurs ? « Justice, fraternité, dignité, et aussi se montrer capable de pardon, accepter qu’un homme puisse changer au cours de son existence », confie-t-il. Aussi défendra-t-il des sujets au cœur de ses préoccupations et de celles des habitants de sa circonscription : la question industrielle avec les sites pétrochimiques de Martigues et de Fos ; les problématiques institutionnelles avec ses interrogations sur une VIe république ; la défense des services publics. Pendant sa campagne, il a soutenu une pétition de 5000 signataires pour le maintien d’une antenne de la Sécurité sociale à Port-de-Bouc. « Je me bats pour faire droit à des gens broyés par la machine économique. L’affrontement de classes, je sais ce que c’est », résume-t-il.

Ces enjeux sont dans le droit fil de ce pour quoi il a toujours milité. Tout petit, il était membre de l’Action catholique des enfants. « C’était là mon lieu d’église plus que la messe dominicale », se souvient-il. Puis ce Nîmois adhère à la Jeunesse ouvrière chrétienne (Joc) dont il devient permanent national en 1996. C’est là qu’il rencontre sa future épouse, comme ses propres parents, Michel et Hélène s’étaient déjà rencontrés par ce biais. Il les a toujours vu militer à la Mission ouvrière catholique et dans des engagements syndicaux. Sa mère, à la CFDT ; son père, à la CGT. « J’ai eu un choix personnel à faire », sourit-il. Ce fut donc l’adhésion au PC. Une évidence pour ce petit-fils d’un mineur et d’un ouvrier dans une scierie, et d’une grand-mère immigrée italienne, employée de maison : « Je suis porteur d’idéaux forts et je voulais mettre les mains dans le cambouis. »

Ce sont ces idéaux qu’il veut transmettre à ses trois filles de 11, 13 et 15 ans. « Je veux qu’elles soient de belles personnes, admet-il. J’ai un rôle à jouer pour cela, cela crée une exigence. » Il n’hésite pas aussi à nous confier, comme certains jeunes pères de sa génération, la souffrance et la culpabilité de ne pas les voir suffisamment, en raison de ses nombreux engagements, « alors que j’ai tant à apprendre d’elles ». Il n’en dira pas davantage. « Il a un peu de mal à fendre l’armure », regrette Nathalie Lefebvre, sa conseillère.

Ce que je crois :

« Nous sommes dans une crise financière, sociale, écologique, mais je le dis dans mes débats publics : nous sommes aussi dans une crise de sens, une crise anthropologique. »

Passé :
15 juin 1975 : Naissance.
1989 : Entre à la Joc.
1999 : Prend sa carte au PCF.
2000 : Mariage avec Véronique, puis naissance de leurs trois filles en 2002, 2004 et 2006.
2008 : Secrétaire de la fédération PC des Bouches-du-Rhône.
2009 : Premier roman : Quelque chose dans le ventre (Arcane 17 Association).
2013 : Tour de France pour La laïcité n’est pas ce que vous croyez (L’Atelier).

Présent :
Élu député de Martigues avec 62,41% des voix.

Futur :
Il combattra la nouvelle loi travail et défendra, avec les communistes, un code du travail du XXIe siècle qui mette en œuvre le progrès social.

 

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 18:25

Un très bel hommage qu'a partagé Denis Kermen, un bon camarade du PCF, secrétaire départemental de la fédération de l' Ille-et-Vilaine jusqu'à il y a quelques semaines 

Ses merveilleux yeux clairs pouvaient abriter un regard d'acier...
En quelques mots, elle m'avait fait comprendre ce qu'est un camp d'extermination.
"Certains jours, à la fin, on entendait les trains arriver, les gens descendre. Le soir, à l'appel, il n'y avait pas une personne de plus."
Et bien plus tard, ce sénateur qui avait mis en avant sa "réserve de conscience" pour voter contre la loi sur le choix de la natalité, et qui lui demandait une semaine après "une adresse" pour "la bonne".
Elle n'avait plus aucune illusion sur l'humanité, mais instinctivement, comme la petite niçoise qu'elle n'avait jamais cessé d'être, elle était joyeusement sociable, elle aimait les êtres humains. Et plus spécialement les femmes. 
Elle était anti-communiste, et communiste je l'étais déjà. Mais quand je lui demandais quelle femme représentait le mieux pour elle l'esprit de la Résistance, elle répondait: Germaine Tillion, Marie-Claude Vaillant-Couturier. Elle me disait aussi : jamais je ne mettrai sur le même pied les fascistes et les communistes, ce n'est pas possible. Et comme je remarquais que certains dans son camp le faisaient, elle souriait: "Ils n'ont pas fait leur révolution culturelle". 
Elle aimait Chirac avec tendresse, elle lui pardonnait tout. Elle détestait Barre, elle le soupçonnait d'antisémitisme. Elle n'avait jamais pardonné à Mitterrand. Quant à Giscard, elle était perplexe: "comment peut-on unir en une même personne une si vive intelligence et des ridicules aussi grotesques?"
Elle avait la dent dure. Je me souviens d'un portrait lapidaire de Lecanuet, qui m'avait fait bien rire. Sur Francoise Giroud, elle était très dure aussi. Quand elle parlait politique, elle usait d'un lexique très grossier, cela surprenait: "En 74, les gaullistes, ils ont bouffé leurs couilles!"... Je ne savais pas encore à l'époque que c'était commun à tout ce petit monde.
Entre beaucoup d'autres choses, je retiens aujourd'hui cet autoportrait de la femme de trente ans qu'elle avait été: belle, jeune, libre, qui, dès qu'elle le pouvait, courrait au cinéma. Elle adorait le cinéma. Un de ses fils s'appelle Pierre-François, comme dans Les Enfants du Paradis. 
Un autre Jean, comme son frère aîné assassiné. On y revenait toujours, toujours. Elle le disait, avec étonnement, tendresse, douceur: quand elle se réunissait avec sa sœur Denise, c'est-à-dire toutes les semaines, elles "finissaient toujours par en parler"...
Et puis, lors de ce meeting à Paris, où des fachos du FN viennent faire du scandale: "Vous ne me faites pas peur. Vous êtes des fascistes aux petits pieds. J'ai survécu à pire que vous."
Me voilà forcément très ému aujourd'hui. Le principal c'est sa persistance dans nos mémoires. Simone survit.

 

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 18:21
Simone Veil

Simone Veil

Simone Veil a marqué l’histoire des femmes et l’histoire de notre pays

 

Nous saluons avec émotion Simone Veil, femme d'engagements et de combats, grande figure républicaine de la vie politique française et des conquêtes des femmes qui nous a quittés aujourd'hui à l’âge de 89 ans.

Elle fit preuve d’un très grand courage politique, lorsque ministre de la Santé, elle fit adopter, en 1975, la loi dépénalisant l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) pour la première fois en France. Un droit porté par les luttes féministes qui lui ont permis de faire voter cette loi à l’Assemblée nationale. Malgré les clivages, elle a su porter de manière forte et combative ce texte pour gagner ce nouveau droit pour toutes les femmes en France et ce, malgré les injures et cris de certains membres de l’Assemblée de son propre bord politique. Cette loi pour la dépénalisation de l’avortement qui porte son nom a marqué l’histoire et la vie des femmes. Elle reste encore aujourd’hui l’un des symboles du féminisme français. Un droit à l’IVG encore aujourd’hui parfois menacé. C’est pourquoi, le parti communiste souhaite le voir inscrit dans la constitution.

Survivante de l’horreur des camps de la mort, Simone Veil a mené aussi un travail remarquable pour la mémoire du génocide de la Shoah. Nous saluons aujourd’hui avec respect le parcours exceptionnel d’une femme de convictions, d'une adversaire politique de premier plan. Elle a marqué l’histoire des femmes et l’histoire de notre pays.

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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 15:19
Daniel Kay, Catherine Urien et Jean-Luc Bourel invitent les artistes dans les Cent matches, samedi et dimanche. Des toiles ainsi que des textes sur kakémonos seront exposées.

Daniel Kay, Catherine Urien et Jean-Luc Bourel invitent les artistes dans les Cent matches, samedi et dimanche. Des toiles ainsi que des textes sur kakémonos seront exposées.

Samedi et dimanche, les Cent marches vont vivre au rythme des lectures, de la peinture et de la musique. Invités par trois habitants, une vingtaine d'artistes va s'installer dans la célèbre venelle morlaisienne, mais aussi dans les maisons et les jardins. De quoi surprendre ou séduire les passants ! 

« Un escalier, ce n'est pas un lieu anodin... Du fait des marches, les gens s'arrêtent pour reprendre leur souffle. Et il n'y a que des bruits humains. » Vivre dans les Cent marches, ça a été un véritable choix pour Catherine Urien et Jean-Luc Bourel. Elle est écrivain et lui, peintre. « Nous venions de la campagne. Il nous fallait un lieu tranquille, sans voiture. Quand on a visité la maison, ça a été le coup de foudre », raconte monsieur qui, dans son atelier, a vue sur les toits de la ville.

Artistes et voisins


Depuis dix ans, le couple habite au 14, rue Courte. « C'est sa dénomination officielle mais cette venelle ne porte pas bien son nom. C'est l'une des plus longue de la ville ! », note Catherine Urien qui, enfant, descendait régulièrement les Cent marches : « Ma tante tenait un café au Pont Bellec. Je me souviens qu'on s'arrêtait souvent à la boutique de farces et attrapes, en haut des marches... ». Presque en face de chez eux, au 13 bis, habite Daniel Kay, auteur de poèmes, essais et contes philosophiques. « Cette rue nous inspire, c'est un lieu fort. Et, un escalier, ça a quelque chose d'universel et d'invariant », confie le Morlaisien.

Mettre la rue en valeur


Trois artistes ou écrivains dans la même rue : il n'en fallait pas moins pour lancer un projet commun : celui de faire vivre les Cent marches « autrement », par l'art. « Cette venelle, beaucoup de monde l'emprunte pour monter et descendre de la gare. Elle vit mais elle n'est pas dans le circuit touristique.

 

 Nous voulions la mettre en valeur », expliquent les trois habitants. Il y a deux ans, ils ont donc invité quelques amis artistes à s'installer dans la rue, le temps d'un week-end, afin de surprendre le passant. « Au début, on était cinq, c'était pour se faire plaisir... Et puis, les gens ont adhéré. » Ils ont remis ça, l'an dernier, avec un peu plus de monde. Toujours des artistes et des écrivains, contactés grâce à leur réseau et avec la même envie : « Faire dialoguer les différentes formes artistiques ». Une association a même été créée, elle s'appelle « Dont act » : « L'idée d'agir, de faire, ça nous plaît », explique Daniel Kay, heureux d'offrir à Morlaix, « une respiration poétique et artistique ». Samedi et dimanche, ils seront vingt au total, des photographes, des peintres, des sculpteurs, des chanteurs, des écrivains, à s'installer le long des marches mais aussi dans quelques vitrines délaissées, dans des maisons et dans les jardins que l'ont ne soupçonne pas toujours depuis la rue. Car « Vingt artistes dans les Cent marches » - c'est le nom de l'événement - ne serait rien sans les habitants de la rue, qui acceptent, eux aussi d'ouvrir leurs portes. « Ainsi, il y a un aspect artistique et patrimonial ! », se réjouissent les organisateurs.

L'art « à la portée de tous »


« Aujourd'hui, les gens ne vont pas spontanément dans les librairies ou les galeries. Notre idée, c'est de proposer de la peinture et de la littérature de façon simple. Certains passants ne s'arrêteront pas mais ça en touchera d'autres », espèrent Jean-Luc Bourel, Catherine Urien et Daniel Kay. « On met l'art dans la rue pour qu'il soit à la portée de tous. »

La rue animée pendant deux jours

Où ? L'événement « Vingt artistes dans les Cent marches » se déroule rue Courte, dans les escaliers mais aussi dans une dizaine de maisons ou jardins ainsi que quelques vitrines.
 Quand ? Samedi, l'inauguration aura lieu à 13 h 30. La manifestation se déroulera jusqu'à 19 h. Mêmes horaires le lendemain, dimanche. 
Avec qui ? Monique Dollé Lacour (peintre), Loïc Corouge (plasticien), André Jolivet présentera une série de ses « Little Big Book » et des toiles, Daniel Kay (écrivain et lecteur), Pierre Pitrou (plasticien et auteur-créateur de livres d'artiste), Francis Goeller (photographe), Jean-Luc Bourel (peintre), Julie et Barbora (chanteuses de rue), Lucie d'Errée (photographe), Bernard Mazzinghy (acteur, vidéaste et fileur d'écoute), Julia Bourel (designer), Anne-Laure Lussou (anime des ateliers d'écriture, lectrice), Catherine Urien (écrivain, lectrice), Jean-Michel Kerdilès (sculpteur), Luc Blanvillain (écrivain), Laure Deslandes (écrivain), Guy Darol (écrivain), Eve Lerner (écrivain). 
Comment ? Des lectures se dérouleront toutes les demi-heures (le programme précis sera affiché dans la rue), certaines seront mises en musique. Les oeuvres d'art (peintures et sculptures) seront, elles, exposées dans la rue et chez les habitants. 
Et en plus ? La librairie Dialogues tiendra un stand. Le Vinographe, situé rue Ange-de-Guernisac, ainsi que Ronan Scornet (« Tristan »), sont également partenaires.
Les Cent marches, la vie d'artiste (Monique Keromnès, Le Télégramme - 30 juin 2017): festival artistique et littéraire des Cent marches ce week-end du 1er au 2 juillet à Morlaix
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