Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:38

DESTRUCTION RAPIDE ET CATASTROPHIQUE DE L'ENVIRONNEMENT

Peut-on sauver la planète sans s'en prendre au mode de production capitaliste?

 

RAPPEL DES FAITS Signé par plus de 15 000 scientifiques de 184 pays, l'« avertissement à l'humanité » publié dans BioScience enjoint aux décideurs et politiques d'agir pour la planète.

METTRE LES EXPÉRIENCES DISPERSÉES EN RÉSEAU

 

Catherine Larrère Philosophe 

La réponse, à l'évidence, est non. Si la Terre est aujourd'hui dans un état de plus en plus lamentable, c'est dû à une surutilisation qui trouve son origine dans un mode de production fondé sur la grande industrie, l'exploitation du travail d'autrui, la propriété privée et la finance. La solution ne se trouve pas dans les façons de faire qui ont mené à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ceux qui prétendent que l'on peut faire confiance à l'innovation technologique et au marché pour s'adapter à la dynamique du réel ne pensent qu'à leurs profits à court terme, et ne se soucient nullement de la planète, pas plus que des humains et des non-humains qui y vivent et ont le droit de continuer à le faire dignement. Mais que faut-il changer ? La réponse est beaucoup plus difficile. On peut en effet penser que ce n'est pas seulement au capitalisme qu'il faut s'en prendre mais tout aussi bien au socialisme ­ ou à l'idée que l'on s'en fait. La crise que nous affrontons demande que nous modifiions radicalement nos rapports à la nature, et pas seulement les rapports sociaux de production : capitalisme et socialisme partagent une même foi non questionnée dans le progrès technique et dans un productivisme qui repose cependant sur un assujettissement de la nature et de la vie intrinsèquement capitaliste. Il s'agit bien de passer d'un système à un autre, mais si l'on ne parle pas de révolution, mais de transition écologique, c'est parce que celle-ci se fait non par rupture brutale avec le système existant, mais à l'intérieur de celui-ci. Il s'agit d'en réorienter l'économie, de rompre avec une vision court-termiste de l'économie, de repenser les notions d'investissement et de dette en y intégrant la préoccupation de la nature et la solidarité entre les générations.

Cela n'est pas facile à faire. Mais cela ne peut pas, non plus, suffire. Les conflits qui traversent la transition écologique ne se marquent pas tant par l'affrontement entre deux camps, deux projets de société antagoniques, que par l'oscillation entre un minimum (une transition faible, énergétique) sur lequel tout le monde ­ ou presque ­ s'accorde et un maximum, un changement radical des formes de vie, qui engage tous les secteurs de l'existence, et pas seulement l'articulation du technique et de l'économique, et qui transforme aussi bien les rapports sociaux (une société plus égalitaire, plus soucieuse de coopération que de compétition, attentive au commun, à ce qui réunit) que les rapports à la nature et à la façon de l'habiter. Pour engager le minimum, on a déjà besoin d'agir à tous les niveaux : conférences internationales, politiques publiques, mobilisation à l'échelle des territoires. Mais seules les initiatives citoyennes locales permettront de basculer vers le maximum ­ et ce maximum est nécessaire. Mouvements de lutte contre les inégalités environnementales, nouvelles formes d'économie solidaire, mise en place de circuits locaux liant production et consommation, façons de produire qui sont aussi des façons d'expérimenter d'autres modes de vie, comme la permaculture, mobilisations autour de la question animale ou de l'alimentation : la transition écologique s'engage dans un foisonnement d'expériences. Il est déjà possible de vivre autrement, et de façon plus écologique, à l'intérieur du capitalisme. Il faut aider ces expériences dispersées à se mettre en réseau et à subvertir le capitalisme.

L'ÉCOLOGIE EST AU COEUR DE LA LUTTE DES CLASSES

 

Luc Foulquier Ingénieur-chercheur en écotoxicologie, commission écologie du PCF  

 

L'appel de scientifiques sur la dégradation de l'état de la planète est un atout pour prendre conscience des responsabilités du système capitaliste. Face aux risques, il y a besoin de faire avancer l'idée de progrès, refuser la démagogie et l'obscurantisme. L'académicien Yves Bréchet montre que ceux qui connaissent un sujet ont du mal à se faire entendre. La liberté de chercher et la défense de la démarche scientifique sont au service de tous.

Le PCF relaie cet appel. Il a toujours été du côté de celles et ceux qui considèrent que la politique doit s'appuyer sur l'état des connaissances scientifiques (naturelles et sociales). Les textes d'Engels, de Marx ou de Lénine montrent que cette démarche remonte loin.

Sous l'impulsion de scientifiques, dont Jean-Pierre Kahane, le PCF avait édité la revue Avancées scientifiques et techniques dans les années 1970, et aujourd'hui la revue Progressistes. La démarche scientifique implique de comprendre et de se confronter au réel. Les scientifiques ne sont pas des apprentis sorciers.

Il faut agir sans ignorer ce qui est vrai et vérifié par l'expérience : le réchauffement climatique, lié à l'utilisation des énergies carbonées, est un fait avéré. Répondre aux besoins des êtres humains en protégeant l'environnement est une nécessité. L'équation énergies « renouvelables » + sobriété + économie d'énergie + arrêt du nucléaire civil n'est pas la solution pour le moyen terme. Voilà pourquoi Macron, Hulot et Merkel sont « coincés ». N'oublions pas que l'Union européenne est la 3e émettrice de CO2 !

En France, la situation est bien meilleure qu'en Allemagne, il ne faut pas, au nom d'intérêts économiques et d'options idéologiques, détruire cet avantage.

On ne peut parler de sciences sans voir les liens avec l'état des forces productives et les rapports sociaux.

Je ne pense pas que la démographie dans les pays en développement (voir le cas de la Chine) ou le comportement des individus soient les sources de la crise dans laquelle nous vivons. Il ne s'agit pas de « gérer les catastrophes ». « Le droit à l'environnement » ne résout pas la question des droits de l'homme. Les défenseurs du capitalisme savent cela. Mais leur moteur est le profit. Aménager l'existant, même avec de « bons sentiments », sans toucher à la structure de l'économie et du pouvoir ne nous sortira pas d'un système qui, comme le démontre Marx, ne peut qu'exploiter l'homme et la nature.

Macron multiplie les déclarations démagogiques. Où sont les mesures concrètes ? Il n'est qu'à voir le plan d'investissement 2018-2022 où l'écologie serait la priorité ! Dans la loi sur les hydrocarbures, il y a plus de « mais » que de « certitudes » ; on s'attaque aux HLM et aux normes environnementales au lieu de financer l'isolation thermique ; on supprime des lignes de chemin de fer, on ne développe pas le fret ferroviaire et on fait la pub pour les cars ; on promeut les voitures électriques, sans évoquer la production électrique, alors que des coupures techniques sont possibles. Le tissu industriel français de l'énergie, dont EDF, est cassé et privatisé.

Il y a autre chose à faire. Développons la recherche et les services publics. Le marché des quotas de carbone est une arnaque, « l'écofiscalité » veut faire payer à tous les dégâts du système, le Ceta libéralise les exportations de pétrole canadien, l'obsolescence programmée bloque le développement de l'économie circulaire, les pauvres sont les victimes principales des pollutions... Et Nicolas Hulot qui lançait des appels contre l'évasion fiscale et l'impunité des banques : quelle hypocrisie !

Comme le social, l'écologie est au coeur de la lutte des classes. C'est le capitalisme, l'apprenti sorcier, comme le démontrent les guerres pour la domination des ressources. Ce système organise les concurrences et utilise les peurs qu'il engendre pour pousser vers le populisme qui le sert. Les défis écologiques sont liés à la gestion des biens communs.

Les scientifiques nous aident à comprendre le monde, mais il revient aux citoyen.ne.s de le transformer.

REFOULER LA ZONE DE DOMINATION DU CAPITALISME

 

Jean Gadrey Économiste 

 

On ne voit pas comment la logique de la « valeur pour l'actionnaire », au cœur du capitalisme actuel, pourrait être compatible avec des politiques de préservation d'un environnement vivable, qui doivent être centrées sur la « valeur » (non économique) des biens communs naturels (dont le climat, la biodiversité, l'eau...) et sociaux, dont la protection sociale, l'égalité des sexes, la solidarité internationale, nationale et locale, etc. Cela dit, si l'on attend l'extinction du capitalisme pour agir, il est probable que les civilisations humaines se seront effondrées avant...

Le capitalisme s'est historiquement développé sur la base de la privatisation de biens naturels « communs » (en propriété commune), au centre comme dans la périphérie colonisée. Cette privatisation a conduit à une surexploitation des humains.

Les dirigeants politiques liés au capitalisme ont également privatisé la monnaie et le crédit, qui devraient être eux aussi des biens communs. Moyennant quoi la finance libéralisée a créé tous les outils d'une spéculation permanente sur tout, d'un endettement privé monstrueux, rendant impossibles les investissements de la transition. On ne s'en sortira pas sans confier les pouvoirs financiers à des pôles publics ou coopératifs.

En résumé, on peut rejoindre Edgar Morin à propos du capitalisme : « On ne va pas le remplacer par un coup de baguette magique mais on peut refouler sa zone de domination absolue. »

Le premier refoulement est la « définanciarisation » de l'économie et de la société, en liaison avec la mise à mal du pouvoir totalitaire des grands actionnaires sur l'économie. C'est la mesure la plus urgente, et c'est la plus crédible parce que des forces diverses y poussent déjà. Imaginons à quel point le contrôle socialisé du crédit et la fin des paradis fiscaux pourraient contribuer à réorienter l'investissement vers les urgences de la transition à long terme.

Il faudra d'autres mesures de refoulement, dont la fin des accords dits de libre-échange, qui sont en réalité des accords d'échange inégal et de domination impériale des grands intérêts privés.

On peut envisager à terme une économie plurielle incluant un segment capitaliste non dominant, régulé selon des normes sociales et écologiques, à côté d'autres piliers, publics, coopératif, associatif, indépendant et libéral, avec des tissus locaux de PME, d'artisans, de paysans associés, le tout financé en fonction du long terme et de l'intérêt général par des banques socialisées.

« Il sera bientôt trop tard », écrivent 15 000 scientifiques qui ne sont pas des catastrophistes mais des observateurs d'une trajectoire qui peut nous conduire au désastre. Il faut donc lancer vite la transition écologique et sociale, dans le système tel qu'il est, et c'est en chemin que l'on verra comment faire avec, ou comment défaire, le capitalisme. D'ici là, des gens très différents auront des occasions de coopérer pour « refouler la zone de domination absolue du capitalisme » sur la société, la nature et la finance, en créant ensemble des espaces démocratiques de gestion collective des biens communs vitaux.

Partager cet article
Repost0
30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:36

La COP23 se tient à Bonn en Allemagne du 6 au 17 novembre. Elle se déroule sous la présidence des îles Fidji, qui n'ont pas les moyens d'en assurer la logistique sur leur territoire. Sans préjuger de ce qu'il en sortira, il apparaît déjà que les émissions de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique n'ont cessé d'augmenter depuis la tenue de la COP21 à Paris, en décembre 2015. Certes, un texte fut alors adopté. Il engageait les pays signataires à réduire leurs émissions de GES au point de les diviser par trois d'ici à 2050 afin de contenir le réchauffement climatique sous la barre de + 2 °C d'ici à 2100 par rapport à ce qu'était la température moyenne au milieu du XIXe siècle.

Toutefois, rien de sérieux n'a été entrepris depuis cette date, ni en France ni ailleurs, pour tenter d'atteindre cet objectif commun. L'atteindre nécessite les efforts de tous, à commencer par les pays développés et émergents, qui sont les plus gros émetteurs de CO2. Le climatologue Jean Jouzel disait récemment qu'il faudrait « atteindre le pic d'émissions de gaz à effet de serre en 2020, puis, entre 2020 et 2050, les diviser par trois à l'échelle planétaire ». Il disait aussi que « si rien n'est fait, au rythme actuel, nous sommes nombreux à penser que nous ne disposons plus que de vingt à vingt-cinq ans pour atteindre un point de non-retour ».

Nous cheminons déjà vers ce point de non-retour. Selon les chiffres publiés le 30 octobre par l'Organisation météorologique mondiale (OMM), la concentration de CO2 atteignait 403,3 parties par million (PPM) en 2016, contre 400 PPM en 2015. On peut penser que 2017 se traduira par un nouveau record dans la mesure où, en plus de périodes de canicule, les incendies, les longues périodes de sécheresse, les cyclones dévastateurs qui se sont succédé cette année ont réduit le puits de carbone que constitue la végétation tandis que la réparation des dégâts provoqués alourdira le bilan carbone du fait des reconstructions dans de nombreux pays au-delà de 2017. Voilà qui nous conduit encore plus vers le point de non-retour.

À partir des informations que nous livrent les carottages prélevés dans les glaces qui ont emprisonné des bulles d'air depuis des millions d'années, il faut remonter entre 3 et 5 millions d'années pour trouver sur Terre une teneur en CO2 comparable à celle de ce début de XXIe siècle. Selon l'OMM, cela induisait « une température plus élevée de 2 °C à 3 °C par rapport à aujourd'hui et le niveau de la mer plus élevé de 10 à 20 mètres ». C'est ce qui nous attend dans moins d'un siècle au train où vont les choses.

Depuis 1970, la courbe des émissions mondiales de GES est en hausse constante de 5 % par décennie et devrait se poursuivre ainsi jusqu'en 2030. Mais il faudrait qu'elle diminue davantage entre 2030 et 2050 pour contenir le réchauffement dans une progression de 2 °C par rapport à la période préindustrielle. Alors que paraît en France le film « Carbone », la taxe du même nom brandie comme une recette magique ne suffira pas pour freiner le réchauffement.

glepuill@humanite.fr

 

Partager cet article
Repost0
30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 08:34
Vote des ordonnances de destruction du droit du travail: Sébastien Jumel, député PCF, fustige une entreprise de casse globale, cohérente et totale
Vote des ordonnances : Sébastien Jumel fustige une "entreprise de casse globale, cohérente et totale"

mercredi 29 novembre 2017

Par 463 voix contre 74 et 40 abstentions, l’Assemblée nationale a très largement ratifié le 28 novembre, les ordonnances réformant le Code du travail.

Les groupes de la Gauche démocrate et républicaine, de la Nouvelle Gauche et de La France insoumise ont voté CONTRE. (voir le scrutin).

Sébastien Jumel, député de la Seine-Maritime a expliqué le vote contre des députés communistes :

Monsieur le président, madame la ministre, madame la présidente de commission, monsieur le rapporteur, chers collègues, dans une intervention dont l’épaisseur politique a fait date au cours de ce débat éclair, Pierre Dharréville a légitimement rappelé devant l’Assemblée nationale, au nom des députés communistes : « Il a fallu dix-sept ans de travail législatif pour édifier le code du travail. Un siècle plus tard, il vous a fallu dix-sept semaines pour en faire une passoire ! » En effet, sur le fondement d’une justification libérale vieille comme le monde, assumée, décomplexée, qui consiste à prétendre libérer, délivrer, simplifier, vous avez fait le choix du passage en force par ordonnances. Il s’agissait, pour le Président de la République, de se délecter des pouvoirs exorbitants que lui confère la Constitution pour conduire à marche forcée cette remise en cause radicale de la philosophie du droit du travail : une loi qui protège, un principe de faveur, l’égalité républicaine en somme.

Votre projet politique, qui a volontairement entretenu le flou, le temps d’une campagne électorale, est désormais limpide : « ubériser » la société, « ubériser » le travail. Non rassasiés par une loi de finances au bonheur des riches, non contents de disperser la République façon puzzle en asphyxiant les territoires, dont les communes sont l’émanation, vous faites le choix, en renonçant à la primauté de la loi qui protège, d’établir le principe de la variabilité des droits selon l’endroit où l’on travaille. Alors que, depuis quinze ans, la casse industrielle s’est enkystée sur nos territoires, alors que vous enchaînez les renoncements à défendre en toute souveraineté nos fleurons industriels, comme on enchaîne des strikes au bowling, en rétrécissant le périmètre d’appréciation des motifs économiques du licenciement, vous légitimez, vous légalisez même le permis de licenciement boursier, au détriment des sites français, des savoir-faire des salariés et des familles.

Dans le même esprit, votre mépris arrogant envers les principes fondamentaux du droit vous conduit, avec la « barémisation » et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif, à substituer à l’appréciation souveraine du juge prud’homal la tarification du préjudice, ce qui contrevient à l’article 64 de la Constitution, consacrant l’indépendance du juge dans sa liberté à réparer le préjudice. Non seulement cette tarification est injuste mais elle sera en baisse, ce qui signifie en clair qu’un salarié licencié sans cause réelle et sérieuse verra ses indemnités diminuer de moitié.

Dans votre boîte à outils estampillée MEDEF (Protestations sur les bancs du groupe REM), le référendum d’entreprise est conçu comme un prétexte pour contourner les organisations syndicales, dont notre Constitution reconnaît pourtant le rôle majeur. La fusion des instances représentatives, la réduction de leurs prérogatives – je pense notamment au droit d’alerte, si utile et efficace face aux fonds d’investissement prédateurs – et l’affaiblissement des moyens de défendre l’hygiène, la sécurité et la santé au travail, en plein drame de l’amiante, en plein scandale sur le harcèlement sexuel, en pleine explosion des risques psychosociaux, sont autant de preuves de vos renoncements à la loi qui protège.

Enfin – je risque de ne pas être exhaustif, tant votre entreprise de casse est globale, cohérente et totale –, votre choix de la « flexiprécarité » généralisée à l’anglaise, avec 25 % de salariés pauvres, vous conduit à faire primer le contrat d’entreprise sur le contrat de travail et à permettre à un accord collectif de s’asseoir sur les clauses substantielles de ce dernier – le salaire, le lieu et le temps de travail –, avec pour conséquence des vies broyées.

Le point final de cette réforme n’est pas posé. D’abord, l’histoire de notre modèle social démontre qu’il ne faut jamais sous-estimer la capacité des salariés à innover et à faire preuve d’intelligence pour résister et pour obtenir, selon la formule d’Ambroise Croizat, de nouveaux « conquis sociaux ». Ensuite, prenez cela comme une promesse : ce qu’une loi a fait, une autre peut le défaire ! (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI.)

Mme Danièle Obono. Yes !

M. Sébastien Jumel. C’est dans cette temporalité que nous inscrivons notre opposition résolue et déterminée. Madame la ministre, vous nous avez dit, cet après-midi, avoir rencontré de nombreux chefs d’entreprise, et c’est bien ; plus de 500 DRH, avez-vous dit, et c’est très bien. Vous auriez dû inscrire dans votre agenda des rencontres avec les salariés ; peut-être auriez-vous pu alors prendre en compte leur situation dans ce mauvais projet de loi de ratification d’ordonnances. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et FI ainsi que sur plusieurs bancs du groupe NG.)

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 07:05
Ombre (1976) - Un beau poème de Daniel Trellu

Voici un poème remarquable de Daniel Trellu trouvé dans le tome 3 en français de l'anthologie de Favereau chez Skol Vreizh, sachant que l"original se trouve dans la version bretonne de l'anthologie.

Le poème en breton est peut-être encore supérieur à sa traduction, fût-elle de l'auteur lui-même comme c'est le cas ici. On considérer qu'ici le style poétique de Trellu est assez proche de certains aspects de Char. Ce poème nous a été transmis par Michel Kerninon et Kristian Keginer. 

 

OMBRE

J'ai perdu mon ombre

Ma preuve par le soleil

A midi comme un mât

Planté en pleine terre 

Voiles hautes

J'étais une évidence verticale

Confondue avec son double

Pouvais-je retenir les soleils

Quand je croyais ouvrir deux mains

J'ai creusé pour chercher mon ombre

J'ai navigué sur des faux équilibres

Mon tronc s'est vidé

L'écorce est transparente

Faux soleils fausses lueurs

Je tourne autour du vide

Je n'ai plus d'ombre

J'ai perdu le soleil. 

Né en 1919 à Quéménéven (29), Daniel Trellu, qui devient instituteur avant guerre, a joué sous le pseudonyme de «Colonel Chevalier», un rôle important dans la Résistance en tant que responsable départemental d'un des premiers maquis de Bretagne (Spézet, Laz, Saint-Goazec), puis de responsable de la résistance FTP de Bretagne.  

Après la guerre, il devient responsable départemental du parti communiste à Brest, puis réintègre l'enseignement en 1952.

Il sera successivement instituteur à Trégunc, puis professeur de français et d'histoire-géographie au lycée technique Chaptal à Quimper.

Il aura d'ailleurs comme élève un certain Daniel Le Braz (Dan ar Braz). Il prend sa retraite en 1975 et vient s'installer à Saint-Hernin où il décédera en avril 1998.

Daniel Trellu était un homme cultivé, lettré, l'auteur de nombreux poèmes. 

 

1er numéro du journal des Jeunesses Républicaines de France - Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)

1er numéro du journal des Jeunesses Républicaines de France - Debout les jeunes! Union de la jeunesse républicaine: une organisation communiste de jeunesse de masse à la Libération (archives Pierre Le Rose)

Paul Le Gall, Piero Rainero, Daniel Trellu (ancien chef FTP du Finistère), Pierre Le Rose, Gaston Plissonnier (archives Pierre Le Rose)

Paul Le Gall, Piero Rainero, Daniel Trellu (ancien chef FTP du Finistère), Pierre Le Rose, Gaston Plissonnier (archives Pierre Le Rose)

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 06:30
Venezuela. Le président Maduro menace de ne plus vendre de pétrole aux Etats-Unis en représailles contre une persécution financière (Ouest-France, 29 novembre 2017)

Le président vénézuélien Nicolás Maduro, qui fait face à une crise politique, accuse les États-Unis de mener "une persécution financière" contre son pays et les menace de ne plus leur vendre de pétrole.

Le président vénézuélien Nicolás Maduro s’est déclaré prêt mardi à cesser de vendre du pétrole aux États-Unis, en pleine tension avec ce pays auquel le Venezuela livre quelque 750 000 barils par jour.

« Le jour où ils ne veulent plus qu’on leur vende notre pétrole, on prend notre truc et […] on vend tout notre pétrole en Asie, pas de problème », a affirmé M. Maduro lors la prise de fonction du général Manuel Quevedo à la tête du groupe pétrolier public PDVSA.

Une dette estimée à 150 milliards de dollars

Caracas accuse Washington de mener une « persécution financière » contre le Venezuela, auquel le président américain Donald Trump a imposé des sanctions économiques fin août. Washington a notamment interdit à ses banques et à ses citoyens d’acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords avec le gouvernement vénézuélien au moment où le pays et PDVSA ont été déclarés en défaut partiel de paiement par des agences de notation.

M. Maduro est en pleine renégociation de la dette extérieure du pays, estimée à environ 150 milliards de dollars, dont 30 % seraient dus à PDVSA. « Monsieur le président Donald Trump : vous décidez, mon ami. Si vous voulez que nous continuions à vendre du pétrole, nous vendons. Si un jour vous vous laissez chauffer les oreilles par les fous extrémistes de droite, le Venezuela prend ses bateaux et envoie son pétrole dans le monde et on le vend de la même manière », a insisté le dirigeant vénézuélien sous les acclamations de centaines de salariés du groupe public présents lors de la cérémonie.

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 20:10
RENCONTRE AUTOUR DE PARCOURS D'EXIL ET DE SOLIDARITE SUR NOTRE TERRITOIRE - A MAJ Morlaix le Mercredi 29 novembre, à 19h
Dans le cadre du festival des solidarités une soirée est organisée à MAJ de Morlaix mercredi 29 novembre: 
RENCONTRE AUTOUR DE PARCOURS D'EXIL ET DE SOLIDARITE SUR NOTRE TERRITOIRE .
A partir de  19 heures des échanges auront lieux à partir de témoignages recueillis il y a quelque temps et/ ou de témoignages de personnes présentes. 
Ensuite il y aura une auberge espagnole qui nous permettra de déguster les spécialités des uns et des autres et de goûter aux boissons  que vous aurez amenées. 
 
La MAJ nous ouvre ses portes pour ce moment de partage qui sera précédé d'une rencontre entre jeunes.
 
La maj se trouve à côté du mac do .
Partager cet article
Repost0
28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 19:53
Rue de Valois Papers: ou le bradage du ministère de la culture!  : Déclaration du Parti Communiste

Déclaration du Parti communiste français.

« Rue de valois papers… »

Ou le  bradage du ministère de la culture  

 

En pleine discussion au Parlement de la loi de finance pour 2018, au chapitre culture et audiovisuel public, une bombe à retardement explose : trente et une pages d'un « document de synthèse » confidentiel destiné à nourrir le « plan de refondation » lancé par le Premier Ministre Édouard Philippe le 13 octobre dernier : CAP 2022. Après Emmanuel Macron, Christophe Castaner et Muriel Pénicaud, c'est au tour de Françoise Nyssen de brandir des menaces faisant fi de la protection des sources des journalistes dont elle est pourtant garante par sa fonction. Décidément ce pouvoir a un problème avec la liberté de la presse.

Ce rapport est une rupture totale et de grande envergure avec les politiques publiques même mises à mal. Il préconise externalisation, rentabilisation, stagnation et reculs budgétaires, transformation d'agents du public en agents du privé…. C'est la donnée économique qui domine, le politique est réduit à la finance et les politiques culturelles deviennent des politiques marchandes. Que ce soit dans les musées ou les lieux du spectacle vivant il est préconisé une forte incitation à la baisse des ambitions culturelles sous couvert d'une rotation plus rapide et d'une réponse mieux adaptée aux attentes supposées du public. Lorsqu'il n'y a plus de place pour l'imaginaire humain, pour le désir, pour la découverte de l'inconnu, c'est la démocratie qui est menacée.

Madame Nyssen a beau jeu de prétendre n'avoir pas « validé » cette note. Quoi qu'il en soit, validé ou pas, ce document élaboré dans le secret des cabinets ministériels sans aucune concertation avec  les organisations syndicales, les créateurs, les actrices et acteurs culturels est une insulte à la démocratie. Et quoiqu'en dise la ministre, il connaît déjà un commencement d'application, puisque l'audiovisuel public subira dès 2018 une coupe budgétaire de l'ordre de 50 millions d'euros et y perdra plusieurs centaines d'emplois.

Les experts du Ministère de la Culture ont été zélés : administration centrale, champ muséal, aides à la création, politique des archives et l'audio-visuel de service public  ont été passés au crible de l'ultralibéralisme dont les mots-clés sont mutualisation, rationalisation, reconfigurations, gouvernance, efficacité, synergies… mots glissants dont la principale fonction est de faire des économies, de réduire les assiettes et les effectifs. Comme le disait sur France-Inter la réactive Charline Vanhoenacker : « Un gouvernement qui veut dégager des synergies, c'est qu'il veut dégager des personnels… ».

L'argumentaire s'articule autour de trois motivations :

  • « La montée en puissance des collectivités territoriales, qui investissent davantage dans l'animation de la vie culturelle locale ». S'il est vrai que les collectivités locales, tous échelons confondus, jouent et ont joué un rôle déterminant, la réduction des crédits et la baisse des dotations mettent ces collectivités face à des choix cornéliens : social ou culture ou éducation...
  • « L'affirmation d'une autonomie croissante de ses opérateurs, notamment les grands établissements publics, porteurs de politiques publiques nationales ». Ces établissements (grands musées, théâtres nationaux, etc.) disposent d'une autonomie mais le désengagement de l'État depuis presque deux décennies, les oblige à rechercher d'autres financements (recettes propres, mécénat, privatisations…). C'est cela que le document veut pérenniser et aller plus loin dans la marchandisation de la culture et la privatisation d'une part des emplois par la sous-traitance.
  • « La transition numérique, avec ses effets sur les industries culturelles, dans un monde ouvert et concurrentiel dont la régulation s'inscrit dans un cadre européen ». Le ministère de la culture doit céder la place à un « ministère de l'économie et des industries culturelles », à l'instar de ce que préconisait Olivier Henrard, Conseiller de Nicolas Sarkozy, dès octobre 2010 … Nous y voilà.

Il s'agit donc de recadrer tout ce qui relève des missions traditionnelles du ministère de la culture (création, spectacles, livre, musées, patrimoine, archives…) avec toujours le même argument : les économies budgétaires. Pour cela c'est la sous-traitance au privé, le désengagement vers les collectivités locales, le recentrage de l'administration sur les industries culturelles, la concurrence et la « compétitivité », autant de préconisations qui traduisent parfaitement l'ambition libérale et technocratique.

Les personnels du Ministère de la culture, comme l'ensemble des acteurs culturels et des forces syndicales de notre pays ne s'y sont pas trompés. Ils parlent d'une entreprise de dépeçage du service public de la culture et de l'audiovisuel, de ses structures, de ses établissements, de ses services centraux ou déconcentrés. Il s'agit aussi de rendre les aides à la création plus « sélectives », au prétexte qu'il y aurait trop de spectacles, trop de projets, trop de créations…

Si les « préconisations » de cette note devaient voir le jour, cela amènerait les politiques culturelles publiques à une régression sans précédent sur le lit de la marchandisation de l'humain, déjà amorcée dans les deux quinquennats antérieurs.

On sait la place minime qui fut celle de la culture dans la dernière campagne présidentielle, et notamment le laconisme du programme électoral de l'actuel président de la République. Sans doute notre responsabilité collective est-elle engagée ; sans doute payons-nous la sous-estimation de cette question par les forces politiques de la gauche de transformation du pays. Le Parti communiste,  propose une politique culturelle alternative à celle que l'ultralibéralisme tente de nous imposer depuis ces dernières années, mais force est de constater qu'elle reste très peu connue. Nous ne pouvons nous en satisfaire. 

Retrouvons notre capacité de combat. Mobilisons-nous tous pour défendre les conquêtes de la Libération et des années qui ont suivi en matière de politiques culturelles publiques.  Mais cela ne suffira pas. Des enjeux nouveaux surgissent. La révolution numérique, entre aliénation et émancipation,  bouleverse le rapport au travail en général, artistique en particulier, mais nous devons lutter contre l’emprise financière mondialisée des GAFA. La fin du 20 siècle a vu une considérable expansion de la décentralisation, et une importante montée en puissance des collectivités locales dans le champ culturel. Mais les récentes réformes institutionnelles, redécoupage régional, remise en cause des départements, « métropolisation », ainsi que l'étranglement des budgets des collectivités suite aux transferts de charges, conjugués aux baisses des dotations, ont dangereusement fragilisé la capacité d'intervention des collectivités.

Mobilisons-nous aussi pour de nouvelles avancées. Nous pensons la création artistique et l'éducation populaire comme condition de l'émancipation! Il s'agit de libérer l'imaginaire pour nous libérer des aliénations que nous impose le système dominant et ouvrir la voie à une alternative de progrès. Portons pour cela un nouveau rapport entre l'art, la culture, la démocratie et la politique, entre les créations et l'éducation artistique, entre les œuvres, les artistes et l'éducation populaire. Ouvrons une nouvelle ère où l'universalité intégrerait la diversité culturelle du monde. Portons l'ambition de refonder un nouveau service public de l'art, de la culture et de l'éducation populaire pour en faire un véritable bien commun. Remettons nous au travail !

Pour notre part nous avons décidé de fonder un Réseau national et décentralisé pour l'art, la culture et l'éducation populaire afin de préparer une Convention nationale qui se tiendra fin septembre 2018  ouverte à tous ceux et toutes celles qui veulent mener avec nous ce combat décisif pour l'avenir.  

 

Parti communiste français

Le 22 novembre 2017

 

“Croire au soleil quand tombe l'eau” (Aragon), c'est notre viatique, et il est porté par la culture qui permet de ne pas enfermer l'homme dans les limites que lui fixe le monde social actuel.  

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 17:07
En finir avec le chômage et la précarité! Les propositions du PCF

En finir avec le chômage et la précarité !

Entre chômage, temps partiel subi, chômeurs invisibles sortis des statistiques, 8 millions de personnes (un quart de la population active) sont victimes d'une insécurité sociale générale. La précarité de tous les emplois ne cesse de progresser.

 

Face à cette situation, deux logiques s’affrontent

 

La première : nourrir le capital. Pour cela transformer le travail, jusqu'à l'ubérisation, pour l'exploiter plus, en baissant la part des salaires et des dépenses sociales ou publique. Cette logique est au cœur de la politique d’Emmanuel Macron.  Après la casse du code du travail, la Sécurité sociale et l’assurance chômage sont dans le collimateur des projets du gouvernement.

 

Pour les communistes, au contraire, le moteur d’une société moderne, c’est de libérer le travail de chacun, de permettre au salarié de se réaliser dans son activité professionnelle, de réaliser un travail de qualité, qui soit reconnu et dont il soit fier. Cela suppose de nouveaux droits pour les travailleurs qui constituent une sécurité d'emploi et de formation pour contribuer au développement de toute la société et de chacun-e.

Agir tout de suite

►Rendre impossibles les licenciements boursiers, en créant un droit de veto suspensif des plans de licenciements, assorti d’un droit de propositions alternatives et d’un droit de saisine du crédit bancaire par des fonds régionaux faisant levier sur les banques pour financer ces contre-propositions.

►Limiter les contrats précaires à 5 % des effectifs dans les grandes entreprises et 10 % dans les PME, et lutter contre les temps partiels subis en garantissant un plancher de 24 heures hebdomadaires.

►Abroger les ordonnances travail et supprimer les mesures d’extension du travail le dimanche. Sécuriser le contrat de travail pour qu’il définisse obligatoirement les conditions d’emploi (salaire, durée, horaire, lieu de travail...) sans possibilité de modification unilatérale par l’employeur.

 

Changer de logique

Adopter une loi de sécurisation de l’emploi et de la formation, c'est le sens de la loi déposée par les député.e.s communistes à l'Assemblée nationale.  Cette loi porte une vision de l’entreprise au service de l’intérêt général : « L’activité économique des entreprises de production de biens ou de services, qu’elles soient privées ou publiques, à but lucratif ou non, a pour finalité le bien-être des producteurs, la sécurité de l’emploi et de la formation, la satisfaction des besoins des citoyens, la préservation de l’environnement. Les choix de gestion des entreprises sont guidés par ces buts qui priment toute autre considération ».

 

►Permettant à chaque salarié d’alterner périodes d’emploi et de formation choisie, sans perte de revenu ni passage par le chômage

►Restaurant la hiérarchie des normes et donnant de nouveaux pouvoirs aux travailleurs sur les choix d’investissement, de gestion et d’organisation du travail

►Engageant la baisse progressive du temps de travail pour aller vers les 32 heures hebdomadaires sans baisse de salaire.

►Baisser le coût du capital pour permettre des dépenses des entreprises en salaires, qualifications, embauches, formation, recherche et développement...

►De nouveaux pouvoirs aux travailleurs, notamment par des droits décisionnels des comités d'entreprise.

 

FDevenez l'acteur du nouveau progrès social, faites nous

part de vos idées.

Participez aux Etats généraux du progrès social organisés par le

PCF et envoyez nous vos contributions et vos propositions sur :

progres-social.pcf.fr

En finir avec le chômage et la précarité! Les propositions du PCF
Partager cet article
Repost0
28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 16:27
Ciné-débat sur la situation en Palestine à La Salamandre le jeudi 30 novembre: Derrière les fronts, un film de Alexandra Dols et un livre du Docteur Sama Jabr (Festival des solidarités)
Après deux soirées co-organisées par l'ACAT, le CCFD et l'AFPS du Pays de Morlaix, l'une sur l'Urgence de justice à Gaza et l'autre autour du témoignage de Corinne et Laurent Merer après leur séjour de trois mois en Cisjordanie occupée,
 
NOTRE DERNIER RENDEZ-VOUS POUR LA PALESTINE DANS LE CADRE DU FESTIVAL DES SOLIDARITES 2017, SERA LE JEUDI 30 NOVEMBRE à La SALAMANDRE 
pour un CINE-DEBAT proposé par l’AFPS du Pays de Morlaix autour de...
 

"Derrière les Fronts, Résistances & Résiliences en Palestine", 

 

C'est à la fois un film d'Alexandra Dols et un livre du Dr. Sama Jabr.

 

L'une réalise des documentaires, l'autre écrit des chroniques sur la vie du peuple palestinien sous l'occupation israélienne.

 

 Nous avons le plaisir de vous inviter à rencontrer Alexandra Dols 

le JEUDI 30 NOVEMBRE à 20h 30

 

 
Lors d'une soirée Ciné-débat où la projection du film sera suivie d’un débat avec la réalisatrice, soirée
co-organisée avec l'équipe du cinéma La Salamandre de Morlaix.

 

 
Et bien sûr à cette occasion le livre du Dr. Jabr sera mis en vente sur notre table de presse.

 

 
Pour avoir tous les renseignement sur "Derrière les Fronts..." vous pouvez suivre les liens suivants mais aussi consulter notre site et notre page Facebook où vous trouverez une présentation plus approfondie de la rencontre des deux femmes.

Le film est sorti en salle le 8 novembre et donne largement la parole au Dr. Sama Jabr. Pour en voir la bande annonce suivre ce lien https://www.youtube.com/ watch?v=zO1-ftfVLvQ

Et pour aller sur le site dédié au film : http:// derrierelesfrontslefilm.fr 
 
 
 
Association France Palestine Solidarité 
du Pays de Morlaix
 
 



 

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 15:24

LES FUSILLéS

Restés debout dans le granit
Face à tous ceux qui les renient
Devant la mer en cheveux blancs
Quatre F.T.P. sont en vigie
Puisqu'ils avaient donné leur vie
Et leur amour pour un printemps. 
J'ai voulu en garder raison
En combattant d'un coeur sauvage
Pour atteindre au dernier rivage... 
Mais jamais n'en vint la saison ! 
         Printemps trahi, volé au temps
         J'en pleure sous mes cheveux blancs. 
              

                                   Charles Tillon 
                          Plage de Deauville, le 9 avril 1978


Mot manuscrit à la main de CT

Cher ami, cette note de voyage en remerciement pour votre hospitalité dans Bretagnes par temps de gel.. 
Bien à vous 
Charles Tillon


Note de Michel Kerninon.

En mars 1978 la "gauche unie" venait de perdre les élections législatives.  

Tableau de Charles Tillon - Grève au Pays Bigouden

Tableau de Charles Tillon - Grève au Pays Bigouden

1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance

Michel Kerninon, ancien journaliste au Télégramme, écrivant aussi dans d'autres revues des textes sur la littérature, la politique, l'histoire, militant syndical, a eu la gentillesse de nous faire parvenir ce huitième exemplaire de la revue "Bretagnes" dont le siège se trouvait à Morlaix, Impasse de la Fontaine-au-Lait, daté de mars 1978.

On y trouve un long et passionnant entretien de Charles Tillon par Michel Kerninon (réalisé en janvier 1978 à la Bouexière, en Bretagne, où Charles Tillon était retiré depuis 1975) à l'occasion duquel Charles Tillon, dont l'épouse, Raymonde Tillon-Nédelec, ancienne résistante communiste et députée à la libération comme lui, est décédée cette semaine, revient sur son itinéraire de militant et de responsable politique, sa participation à l'histoire du mouvement ouvrier et du communisme, et sur les leçons qu'il en tire, tout en se prononçant aussi sur les perspectives d'avenir pour la gauche en période de rupture du programme commun et de l'alliance PCF-PS.

Michel Kerninon précise les conditions de cet entretien, mûrement préparé, et enregistré au magnétophone:

"Deux autres collaborateurs de la revue Bretagnes étaient du voyage matinal d'hiver glacé ce jour-là dans ma 2CV en route de Morlaix vers La Bouexière chez les Tillon qui venaient de construire dans un lotissement, tout à fait comme un jeune couple. Leurs enfants avaient à peu près mon âge ou un peu moins.

Et donc les amis que je vais te présenter étaient présents et intervenants au cours de la journée, comme au restaurant (qui nous fut offert par le couple Tillon; et Charles, joyeux d'être en notre compagnie, avait même "exceptionnellement" pris un Ricard à l'apéro) J'avais longuement et soigneusement préparé et conduit l'entretien.

Ces camarades, je les indique. Il s'agit de Kristian Keginer, poète et écrivain de Morlaix, qui achève aujourd'hui une belle carrière ... à la Caisse des Dépôts.

Et de Michel Bescond, à l'époque journaliste au Télégramme avec moi, ancien grutier au port de Marseille et devenu spécialiste de marine, la pêche en particulier et il a mis un place un système de cotation des prix du poisson payé en criée, publié dans le journal, ce qui a bouleversé quelques secrets de mareyeurs et fait le bonheur des marins.

Ensuite, il fut l'un des dirigeants-actionnaire du Chasse-Marée puis créateur de la revue Armen. Il fut ensuite directeur salarié de Coop-Breizh, coopérative qu'il a redressée. Et enfin Michel quitta Coop Breizh (siège à Spézet) et devant co-directeur des Editions d'art Palantines jusqu'à la liquidation.

Après cette rencontre avec Charles et Raymonde Tillon, un couple attachant s'il en est, nous avons gardé des liens assez forts et entretenu une correspondance. Je me souviens en particulier de l'envoi d'un poème assez désespéré de Charles en vacances sur la côte normande, tandis que la gauche se déchirait. Mais sans doute était-ce à l'époque moins grave que ce qui se passe aujourd'hui dans notre pays et en Europe. " . (Michel Kerninon)

Décédé en 1993 à Marseille, Charles Tillon est né en 1897 à Rennes.

Ajusteur à l'arsenal de Brest en 1916, il s'est embarqué comme matelot mécanicien sur le croiseur "Guichen". En 1919, par solidarité avec la révolution bolchevique que combat l'armée française, il provoque une mutinerie sur le "Guichen" en Méditerranée et est condamné au bagne pour 5 ans, et envoyé au Maroc. Bénéficiant finalement d'une amnistie comme les mutins de la mer Noire, il devient ouvrier ajusteur à Nantes, puis adhère au Parti Communiste en 1921. Adhérent à la CGT, il soutient la scission avec la création de la CGTU en 1923 et devient permanent de la CGTU en 1924.

C'est à ce titre qu'il est très actif dans la grève des pêcheurs et des sardinières du Pays Bigouden et de la région de Douarnenez, se faisant même élire conseiller municipal sur la liste communiste de Daniel Le Flanchec en 1925 à Douarnenez en même temps que la première femme élue illégalement, Joséphine Pencalet.

A Michel Kerninon, en 1978, il dit avec passion l'importance dans sa vie de ces combats avec les pêcheurs et les ouvrières du pays Bigouden et de Douarnenez:

"J'ai donc appris à devenir ce que le "Comité des Forges" de l'époque appelait un "gréviculteur". La plus belle des grèves, la plus héroïque et la plus empreinte de sentiment populaire fut certainement pour moi la grève de Douarnenez. Alors j'en ai fait d'autres, au milieu de ceux qui parlaient la langue bretonne, je suis vraiment devenu non seulement un Breton de la région des fortifications qui défendaient la Bretagne autrefois, c'est à dire de l'Ille-et-Vilaine mais de cette Bretagne plus profonde, moins connue et si vivante, celle du Finistère, des Côtes-du-Nord, cette Bretagne "qui va au-devant de la mer" (...) En Bretagne, "il y avait une grande misère, le long des côtes surtout. Pour le reste, il n'y avait pratiquement pas d'industrie. Sur la côte, la pêche nourrissait l'industrie de la conserve; à la fois la pêche du 19e siècle et le début d'une industrialisation de la conserve. Les pêcheurs étaient des artisans. Ils allaient à la mer et ne connaissaient qu'elle. Mais, à terre, ils se défendaient mal. Les tempêtes ne leur faisaient pas peur, mais ils restaient désarmés devant les préfectures et leurs moyens de police. Soutenus par l'appareil d'Etat, les acheteurs s'entendaient pour contraindre les pêcheurs à vendre le moins cher possible. Mais voilà bientôt qu'en Bretagne, la grande grève des usines de Douarnenez rayonnait de la juste fierté d'avoir vaincu le patronat le plus rapace qu'on puisse trouver puisqu'il avait osé aller jusqu'à l'organisation du crime pour terroriser la population et faire tuer, s'il l'avait pu, le maire communiste Le Flanchec! Avant la grève, les pêcheurs n'étaient pas syndiqués, il fallait donc organiser dans le même syndicat le patron de la barque qui gagnait un peu plus, et ses matelots, ses compagnons de tempêtes et de souffrances. Ce n'était pas simple et c'est sans doute pourquoi il n'y avait pas eu, jusque là, de syndicat durable. Mais les femmes avaient le leur. Et la fierté qui les avaient animées gagnait en 1925 tous les ports de Bretagne. La colère déferlait parmi les ouvrières les plus exploitées, comme à Pont-l'Abbé ou à Concarneau, où une jeune fille d'usine sur quatre ou cinq était tuberculeuse... Le mouvement victorieux des femmes d'usine a entraîné les pêcheurs à mieux prendre conscience de leurs droits, et qu'en labourant la mer, ils étaient la source de tout. Mais le patronat de la côte aussi s'organisait. Et, au lieu de petits syndicats locaux, les patrons jusqu'à Saint-Jean-de-Luz, s'unissaient en un énorme Comptoir d'achat soutenu par le Comité des armateurs de la marine marchande et par l'Administration maritime. Alors commença leur grande offensive pour rationaliser l'industrie de la pêche, pour exporter des capitaux et des usines au Portugal, au Maroc, là où les salaires sont les plus misérables. Une "révolution" sur le dos des salariés et qui dure encore.. Nous avions été heureux pendant deux ans. Mais viendraient les défaites! Rationaliser l'industrie de la pêche pousserait à rationaliser l'industrie de la conserve. Aussi, commençait une autre histoire de la mer..."

A l'époque où il rencontre Michel Kerninon, Charles Tillon a déjà pris des grandes distances avec le Parti Communiste, parti dont il a été exclu en 1970, en même temps que Roger Garaudy, Jean Proteau, et Maurice Kriegel Valrimont (pour dénonciation entre autre de la répression du printemps de Prague et de l'invasion soviétique en Tchécoslovaquie) après avoir été écarté de la direction du Parti dont il faisait partie depuis 1932, date de son intégration au Comité Central, en 1952, pour désaccord avec Thorez et la ligne stalinienne de l'époque. C'est de la sorte avec beaucoup d'esprit critique que Tillon analyse le fonctionnement du parti communiste quand il y militait encore et après son éviction. Il raconte son voyage en URSS en 1931 comme représentant de la CGTU, sa mission en Espagne en 1939 pour tenter d'évacuer, sans soutien, 20 000 Républicains du port d'Alicante, son analyse du pacte germano-soviétique, et, un peu, son action dans la résistance, ses rapports avec de Gaulle dont il a été un des ministres communistes à la Libération (de l'Air, de l'Armement, et de la reconstruction).

Charles Tillon, à l'origine de la création des FTP et du premier appel à la résistance au fascisme hitlérien le 17 juin 1940, ancien député maire d'Aubervilliers à la Libération, restera une très grande figure de l'engagement communiste et social dans le tourbillon et les tragédies du XXe siècle. Un homme droit, indépendant, qui eut aussi le courage de dénoncer l'inacceptable.

1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011