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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 11:06

 

Que l’on soit usager du RER, du TER, des inter-cités, nous pâtissons, toutes et tous, de la dégradation de la situation de la SNCF. A ce triste constat quotidien s’ajoutent les fermetures de ligne, la régression organisée du fret ferroviaire au profit du « tout camion », un TVG dont les prix exorbitants poussent les voyageurs de faibles revenus vers les bus.

De cette situation, les cheminots ne sont nullement responsables, bien au contraire. C’est grâce à leur abnégation et leur esprit de service public chevillé au corps que, malgré tout, la SNCF fonctionne et transporte chaque jour des millions de voyageurs.

Les problèmes de la SNCF ont pour unique origine 25 ans de choix politiques et budgétaires gouvernementaux. L’investissement dans les infrastructures, hors LGV, la rénovation des lignes secondaires et de banlieue ont été délibérément sacrifiés.

Spinetta pointe du doigt le déficit de la SNCF. Mais un service public du chemin de fer n’a pas à être rentable pour lui, à dégager des profits, car il doit par contre être rentable, pour toute la société et pour la planète, en constituant un élément important de la lutte contre le réchauffement climatique. Le densité du maillage ferroviaire d’un pays participe de son unité et de la lutte contre les discriminations territoriales.

Si on faisait payer aux entreprises de transports routiers toutes les conséquences de leur activité, y compris en termes de santé et d’accidents, celles-ci seraient largement plus déficitaires que la SNCF, mais heureusement pour elles, toutes ces externalités négatives sont à la charge de la société française toute entière.

En ultime « argument », le gouvernement et Spinetta nous disent : il y a les directives européennes qui imposent l’ouverture à la concurrence de notre réseau ferroviaire, et donc il est impossible de faire autrement. Sauf que ces directives n’auraient jamais pu voir le jour sans le consentement des différents gouvernements français depuis vingt ans. Sauf que si l’actuel gouvernement avait la volonté politique de s’opposer à cette directive, la Commission européenne serait contrainte à reculer. La concurrence de tous contre tous, non seulement n’est pas la solution, mais elle est bien le problème pour l’Europe du ferroviaire. Elle pousse au rétrécissement du réseau favorisant les lignes les plus rentables et vise ainsi une clientèle aisée aux dépens de catégories populaires. Plus de 20 ans de privatisation des chemins de fer britanniques en sont l’illustration. Par contre la coopération, entre les différentes compagnies européennes peut être gage de développement du chemin de fer, de mutualisation des coûts en capital et de réponses aux besoins de mobilité. L’association de la SNCF et de la SNCB belge et de la NS hollandaise, qui a conduit à créer le réseau du Thalys, apporte la preuve que l’on peut allier entreprises publiques, haute technologie, réponses de qualité aux demandes des usagers, respect des statuts des personnels, coopération européenne et développement durable.

Dans le cadre de sa bataille nationale pour le rail, engagée depuis plus d’un an, le PCF et ses élu-e-s seront aux côtés des cheminots et des usagers le 22 mars pour gagner un printemps de la SNCF. De plus, à notre Congrès et lors des élections européennes, nous mettrons en débat l’idée que le seul plan B qui vaille en Europe est celui de la coopération libre et non faussée entre les peuples.

 

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2 mars 2018 5 02 /03 /mars /2018 07:26
Pas vu à la télé: Evasion fiscale: seul le PCF ne prend pas la fuite (Humanité Dimanche, 1er mars)

"Nous avons déposé cette proposition de loi car il y a une forte demande d'aller plus loin", témoigne Fabien Roussel, député PCF du Nord, qui défendait cette loi en commission le 21 février, avant son passage dans l'Hémicycle le 8 mars, à l'occasion de la niche parlementaire communiste. Une loi qui porte sur un point précis: la liste française des paradis fiscaux. C'est le cœur du problème: si les sanctions prévues peuvent être très dissuasives - et elles le sont en France - , elles ne sont que rarement appliquées. Deux causes à cela: des montages financiers qui entravent l'action de la justice, et surtout un manque de réelle volonté politique, symbolisé par le fameux "verrou de Bercy" (seul le ministère peut engager des actions en justice contre les fraudeurs fiscaux). 

La liste française des paradis fiscaux fait la part belle aux petits arrangements et ne comporte que huit pays, pour la plupart des micro-états. La proposition de loi communiste établit donc une liste selon des critères alignés sur ceux de l'Union Européenne, et qui serait réévaluée annuellement par le Parlement. En commission des Finances de l'Assemblée, qui examinait le texte le 21 février, le groupe la République en Marche a finalement voté contre, arguant de la "liberté d'entreprendre" des banques françaises et, surtout, du fait que la prise en compte de ces critères européens aboutirait à l'inscription de pays ... européens. Pas question de froisser nos partenaires, Luxembourg, Malte et Irlande en tête. 

L'autre proposition de loi, soutenue par le sénateur PCF Eric Bocquet, porte, elle, sur la mise en place d'une "COP fiscale" sur le modèle de la COP consacrée à l'environnement, qui permettrait de réunir les Etats afin de lutter efficacement contre l'évasion fiscale. Auteur avec son frère Alain du livre "Sans domicile fisc", le sénateur estime également que la liste française "sans le Panama, sans les Bermudes, n'est pas très crédible". (...)

Benjamin König, L'Humanité Dimanche, 1er mars 2018   

Pas vu à la télé: Evasion fiscale: seul le PCF ne prend pas la fuite (Humanité Dimanche, 1er mars)
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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 07:44
Education: les lycéens veulent l'égalité d'accès aux études: appel à une journée d'action le 15 mars (L'Humanité)

L’intersyndicale lycéenne appelle à une journée d’action le 15 mars prochain, face aux réformes du bac et de l’accès à l’université, qui risquent de creuser les inégalités,

Va-t-on vers un système d’accès à l’enseignement supérieur de plus en plus inégalitaire ? C’est la conviction des organisations lycéennes réunies hier en intersyndicale pour appeler à une journée d’action le 15 mars prochain. Dans leur ligne de mire, la réforme du bac et la loi sur l’orientation et la réussite des étudiants (ORE), qui introduit une forme de sélection à l’entrée à l’université par le biais des prérequis exigés par la plateforme d’inscription Parcoursup. « Cette modification du bac s’emboîte dans Parcoursup puisqu’elle introduit au niveau du lycée des spécialités qui seront ensuite nécessaires à l’entrée à l’université », détaille Thomas Le Corre, porte-parole du Syndicat général des lycéens (SGL).

Le problème, c’est que ces spécialités ou options ne seront pas également accessibles à tous. « Parce qu’elles sont coûteuses à mettre en place et qu’il n’y a pas de moyens spécifiques dégagés, certaines options qui seront valorisées par des universités ne seront accessibles que dans les lycées cotés des centres-villes, voire dans le privé. Cela va créer une inégalité avec les lycéens des établissements ruraux et des périphéries, qui risquent de se trouver face à des options limitées au moment de leur entrée à l’université », renchérit Lisa Belabed, porte-parole de la Fidl. Autre sujet d’inquiétude, la multiplication des options « risque de favoriser les élèves qui seront les mieux armés, ceux dont les parents vont comprendre le système et seront à même de faire des choix stratégiques pour aller vers les filières les plus cotées », s’alarme Lina N’gazi, secrétaire nationale de l’Union nationale lycéenne-Syndicale et démocratique (UNL-SD).

Tous appellent à une journée d’action pour empêcher la mise en application de la loi et regrettent l’occasion perdue par le gouvernement : « C’est une réforme qui ne change pas le système, ne réfléchit pas sur la pédagogie et ne cherche pas à faire progresser les élèves, résume Clara Jaboulay, présidente de l’Union nationale lycéenne (UNL). Son seul objectif, c’est de savoir comment on va sélectionner à l’entrée à l’université. »

Journaliste rubrique Société
Education: les lycéens veulent l'égalité d'accès aux études: appel à une journée d'action le 15 mars (L'Humanité)

Parcours sup: le sénateur communiste Pierre Ouzoulias dénonce un "coup d'Etat insupportable" (Public Sénat)

Réforme des universités et du lycée- entretien avec Glenn Le Saout, un étudiant engagé, président de la FIDL Bretagne

 

Universités, Parcours-Sup: la sélection faute de moyens, les jeunes méritent mieux ! (PCF)

Mobilisation plan étudiants le jeudi 15 février: c'est des moyens dont nos facs ont besoin! (UEC, Mouvement de la Jeunesse Communiste de France): tous concernés, tous mobilisés!

Les jeunes méritent mieux !

Un nouveau dispositif d’inscription dans l’enseignement supérieur se met en place, Parcours sup le Parlement n’a pas encore adopté la loi sur « l’orientation et la réussite des étudiants » que le gouvernement entend l’appliquer ou plutôt l’imposer aux universités, aux enseignants-chercheurs aux étudiants et aux lycéens.

Or, il y a bien urgence à s’occuper de l’enseignement supérieur : sa situation est catastrophique. En témoigne le « tirage au sort » des bacheliers pour s’inscrire dans les filières de leur choix, qui a légitimement suscité l’indignation cet été. Sélection sociale effrénée, échecs importants en licence, formations tronquées faute de moyens, budgets notoirement insuffisants, concurrence stérile entre filières et établissements, restructurations incessantes renforçant les pouvoirs centraux, démocratie universitaire vidée de son sens… à cette situation, il faut une réponse de progrès social, scientifique, pédagogique.

Il faut une ambition : que chacun puisse développer au maximum ses capacités, que les connaissances soient largement diffusées et appropriées dans la société, que le pays se dote des plus hautes qualifications pour ses travailleurs.

Ce n’est pas celle du président des riches et de son gouvernement. En permettant à toutes les filières de trier les bacheliers, en prétendant ouvrir la possibilité de parcours personnalisés mais sans moyens nouveaux pour les universités, en prévoyant d’imposer une orientation non choisie aux étudiants recalés sur leurs vœux, le projet de loi va entériner les inégalités dans le supérieur. Il n’organisera dans les faits qu’un immense désordre et instaurera des obstacles institutionnels nouveaux à l’accès à l’enseignement supérieur dont le baccalauréat doit rester le premier grade et la seule condition d’accès. Cette loi accélérerait la mise en place du système « à plusieurs vitesses » qui est le projet de la droite et du MEDEF depuis longtemps.

Avec ce projet, quelques universités mieux loties attireraient les « meilleurs » éléments, tandis que les autres seraient condamnées à accompagner les plus défavorisés... à moyens constants voire en baisse alors que le nombre d’étudiants ne cesse de grandir. Avec comme conséquences inéluctables,  la dégradation du service public national d’enseignement supérieur et de recherche.

Cette politique remet profondément en cause le mouvement initié dans la deuxième moitié du XXe siècle de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. Les gouvernements et les instances européennes ont prétendu bâtir une société de la connaissance, en fait leurs choix réels restreignent sa diffusion, frappant particulièrement les enfants des milieux populaires, déjà largement sous représentés dans le système scolaire et le supérieur. La loi sur la sélection à l’université participe de la même logique que celle de la réforme du baccalauréat, individualisant les parcours et triant les jeunes dès leur plus  jeune âge. Elle s’insère dans le projet global que mène Macron d’adaptation aux besoins du capital financier.

Construire une alternative à cette politique est à l’ordre du jour pour tous les progressistes

Garantir le libre accès à l’université à tous les bacheliers, promouvoir et développer les capacités humaines sans limites a priori, assurer les moyens financiers et humains nécessaires à cette ambition… c’est nécessaire et possible !

Notre ambition progressiste vise à élever le niveau de formation et de qualification dans toute la société, en partageant les savoirs dans l’enseignement supérieur, et en libérant la recherche des logiques de rentabilité à court terme. Elle viserait à former de façon exigeante des jeunes qualifiés, des citoyens éclairés et des individus émancipés. Cette politique doit se baser sur un service public national, seul à même de promouvoir une ambition commune sur le long terme.

Les communistes mettent à la disposition de toutes les forces, de toutes les personnes engagées dans la lutte contre ce projet de loi et pour la transformation de l’enseignement supérieur leurs réflexions, leurs questionnements et les propositions construites au fil des luttes et par les parlementaires communistes. Ils vous proposent que nous rencontrions et tracions ensemble les voies de l’alternative, pour substituer aux logiques libérales celle de la défense et du développement des biens communs.

C’est tous ensemble que nous pourrons construire un nouvel avenir d’émancipation humaine

Marie-George Buffet: A l’Assemblée nationale, avec les députés communistes Marie-George Buffet : « je voterai résolument contre ce texte qui, loin d’apporter des solutions pragmatiques aux difficultés de l’université, impose une vision régressive de l’enseignement supérieur sans s’attaquer aux véritables problèmes».

Marie-George Buffet: A l’Assemblée nationale, avec les députés communistes Marie-George Buffet : « je voterai résolument contre ce texte qui, loin d’apporter des solutions pragmatiques aux difficultés de l’université, impose une vision régressive de l’enseignement supérieur sans s’attaquer aux véritables problèmes».

L’argent existe et les moyens pour une telle politique existent et doivent être mobilisés.

• 110 000 étudiants nouveaux dans les 5 dernières années et le budget par étudiant a baissé de 10%.

 Il faudrait au minimum un milliard d’euros pour l’augmentation du nombre d’étudiants chaque année.

 Cadeaux faits aux ultra-riches : 3 milliards € de baisse de leur Impôt sur la fortune.

 Crédit Impôt Recherche : 5 milliards €.

 CICE, impôt sur les sociétés… des cadeaux aux entreprises par milliards sans effet sur l’emploi et l’économie

 évasion fiscale : 80 milliards €..

 

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 07:03
SNCF - Cette mort sur ordonnances - Jean-Emmanuel Ducoin, l'Humanité, mercredi 28 février
Cette mort sur ordonnances...
 
 
Toute contre-réforme de choc conduisant à une grande marche arrière des droits est précédée et accompagnée par une propagande massive...
 
«Privilégiés»: les mots de la doxa libérale ont la vie dure et collent comme le sparadrap du capitaine Haddock. Nous avons l’habitude des campagnes mensongères, qui polluent l’espace public. Martelez, il en reste toujours quelque chose… Les médias dominants et toute la cohorte des experts afférents s’en donnent à cœur joie pour dire leur mépris des salariés de la SNCF, au fil de leur credo qu’ils répètent comme les prières d’un chapelet. C’est bien sûr «à cause» des syndicats et du «statut» des employés que la SNCF va mal. Les voilà donc, ces «privilégiés» de cheminots, agités comme des chiffons rouges. Cela ne vous rappelle rien? Que n’entend-on pas à propos des «salauds de pauvres», des «chômeurs fainéants», des «grévistes preneurs d’otage», des «fonctionnaires assistés»? Trois décennies de matraquage idéologique et de diffusion en boucle d’un catéchisme antisocial. Le but: obtenir la résignation du plus grand nombre. Toute contre-réforme de choc conduisant à une grande marche arrière des droits est précédée et accompagnée par une bataille des représentations, bref, une propagande massive qui vise à préparer les esprits au démantèlement des politiques sociales et à la destruction progressive du modèle français de solidarité…
 
SNCF: cette mort sur ordonnances… La mise en cause du rail tricolore est emblématique de la méthode employée pour porter un coup décisif à un grand service public. Une privatisation qui ne dit pas son nom, doublée d’un autoritarisme politique sans bornes. L’exécutif ne manque pas d’air: le Code du travail, la formation professionnelle, l’apprentissage, l’assurance-chômage, l’hôpital, l’immigration, le baccalauréat, la SNCF, bientôt la justice, l’audiovisuel, la Constitution, etc. Macron, c’est la version française du fameux Tina (There is no alternative) de Thatcher. La feuille de route est bel et bien une attaque globale d’ampleur historique. La riposte des syndicats de la SNCF s’annonce à la hauteur de l’enjeu. La bataille de l’opinion en faveur des services publics, elle, commence à peine en vérité. Elle ne sera pas moins décisive.
 
[EDITORIAL publié dans l’Humanité du 28 février 2018.]
SNCF - Cette mort sur ordonnances - Jean-Emmanuel Ducoin, l'Humanité, mercredi 28 février

Lire aussi dans l'Humanité du 28 février: 

Les syndicats "preneurs d'otage": 

Les mots ont un sens. C'est le sens de l'échange, lundi, sur le plateau de David Pujadas à LCI, entre le journaliste François de Closets et le syndicaliste de SUD rail Bruno Poncet. 

Le premier a attaqué avec la vieille rengaine habituelle: "Quand on pense que les cheminots conserveront leur statut, c'est scandaleux de même envisager de prendre dans ces conditions les Français en otage". 

Le syndicaliste a répondu calmement, sur la sécurité que représente le statut des cheminots pour les usagers. Avant de reprendre:

"N'employez jamais le mot de preneur d'otage. Vous ne savez pas ce que c'est. Moi, j'ai été pris en otage pendant une heure et demie, je peux vous garantir que ça n'a rien à voir avec (le fait) d'être bondé dans une voiture de voyageurs quand il y a une grève", a t-il lancé. Et d'ajouter: "Moi j'ai été au Bataclan. Donc, moi, aujourd'hui, les discussions de preneurs d'otage et de terroristes, je sais ce que c'est. Alors, autour de cette table, où on parle de statut de cheminot, je trouve que c'est un peu déplacé"

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 06:54
Quinze jours de grève pour défendre le droit d'asile (Michel Henry, Médiapart - 28 février 2018)
Quinze jours de grève pour défendre le droit d’asile
 PAR MICHEL HENRY

La Cour nationale du droit dasile est chargée dexaminer les recours des demandeurs déboutés par lOfpra. En grève depuis le 13 février pour l’amélioration de leurs conditions de travail, ses agents sopposent aussi au projet de loi asile et immigration, qui ne ferait que renforcer la logique comptable qui les accable. 

 

Ils ne veulent plus de la « justice expéditive » dans laquelle la Cour nationale du droit dasile (CNDA) a, selon eux, basculé. Une dérive que le futur projet de loi sur lasile et limmigration, avec ses délais de recours raccourcis, devrait encore aggraver. Cest pourquoi les agents de la CNDA sont en grève depuis le 13 février (lire leur communiqué), soutenus par les avocats. Pour linstant, le mouvement na pas atteint ses objectifs, notamment celui de faire baisser la charge de travail.

Chargée dexaminer les recours des demandeurs dasile déboutés par lOffice français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), la CNDA est la juridiction administrative la plus rapide et la plus « productive » de France, rappellent les grévistes. En 2017, elle a rendu 47 814 décisions (5 000 de plus quen 2016), dans un délai moyen de cinq mois et six jours, soit deux fois plus vite quen 2010.

Les grévistes dénoncent un système entré depuis la loi de 2015 dans une « logique comptable » qui vise avant tout « le raccourcissement des délais de jugement ». La Cour, qui siège à Montreuil (Seine-Saint-Denis), a ainsi organisé lan dernier 3 607 audiences, dont chacune a traité 13 affaires (voir son rapport annuel).

Selon lintersyndicale, les rapporteurs qui y préparent les dossiers sont « presque à 90 % des contractuels » en CDD de trois ans renouvelables. Ils font valoir que cest la seule juridiction à fonctionner avec des contractuels en grande majorité, « comme si des policiers étaient trois ans en CDD puis partaient ailleurs », déplore Delphine Lecombe, de lintersyndicale SIPCE-CGT-FO, qui dénonce « une juridiction OVNI ».

« Notre responsabilité est importante », relève Delphine Lecombe, qui affirme gagner 1 790 euros net avec près de trois ans dancienneté. Les rapporteurs sestiment pris dans une politique du chiffre qui nest plus tenable, étant soumis à un objectif annuel de 325 dossiers quils voudraient voir baisser à 275. Cette cadence les amène à rédiger « deux à trois rapports par jour », qui doivent analyser la cohérence interne du récit du demandeur et présenter létat du danger quil court dans son pays dorigine. Sils ne se prononcent plus sur le sort à réserver à la demande, les rapporteurs peuvent laisser poindre leur préférence, mais les juges ne les suivent pas forcément. La CNDA a délivré l’an dernier 8 006 décisions de protection, soit 16,8 %. Les autres recours ont été rejetés.

Agents administratifs, les rapporteurs réclament dêtre intégrés à la formation de jugement, avec la création dun corps spécifique. Pour linstant, ils assistent au délibéré et rédigent le projet de décision mais nont aucun pouvoir. « Il doit être mis fin à cette situation baroque qui place le véritable “expert” du dossier sans voix décisionnaire », estiment les grévistes. Pour eux, il importe aussi de « stabiliser » les effectifs des rapporteurs, « dont lancienneté moyenne à la Cour nexcède pas deux ans », et de sinterroger sur la « qualité » des jugements rendus. La plupart des 287 juges officiant à la CNDA sont des vacataires venus dautres juridictions, dont « une partie na jamais exercé dans le domaine de lasile auparavant ».

Daprès les grévistes, un quart du personnel (composé de 400 agents environ, dont la moitié de rapporteurs) suit le mouvement, ce qui, selon eux, permet dempêcher la grande majorité des audiences. Mais leur direction  – qui na pas répondu à Mediapart – jouerait le « pourrissement ». Mardi soir 27 février, le mouvement a été reconduit pour 24 heures. « Le dialogue se poursuit », affirme le Conseil d’État, qui chapeaute la CNDA, en précisant que « sept réunions de travail » ont eu lieu avec les syndicats.

Lautre cible du mouvement, cest le projet de loi asile et immigration. Il accroîtrait la tension, en imposant « un délai moyen de traitement global de six mois » au total pour lOfpra et la CNDA, ce qui laisserait « seulement quatre mois, ou moins » à la Cour dappel pour étudier les dossiers. Or, sans cela, la CNDA est déjà sous pression. En 2017, elle a enregistré 53 581 recours, soit une augmentation de 34 % en un an.

Parallèlement, toujours avec ce projet qui multiplie les obstacles à lasile, le délai pour déposer un recours après un rejet de l’Ofpra passerait d’un mois à quinze jours, ce qui « revient clairement à nier le droit de recours » des demandeurs d’asile, dénonce un rapporteur (lire sa lettre ouverte dans le Club de Mediapart ).

Autre objet dinquiétude, près de 30 % des décisions de la CNDA sont rendues sur simple ordonnance : pour ces rejets, aucune audience na eu lieu, les juges estimant les dossiers insuffisants. Ce taux augmente dannée en année. Il a presque doublé depuis 2014, où il était de 17 %, selon lintersyndicale. Cette évolution la préoccupe, tout comme elle préoccupe les avocats du réseau Elena, spécialisés en droit dasile, qui, très remontés contre le projet de loi, sont également en grève.

« Déjà, tout est fait pour que les demandeurs ne viennent plus sur le territoire français, assure Me Olivier Chemin, qui préside Elena. Et sils ont accès tout de même à la procédure, on va juger de plus en plus vite, souvent par ordonnance. » Il craint des cadences de plus en plus « infernales », avec des délais de recours réduits. « On est une terre dasile et on fait tout pour que les demandeurs ne viennent pas déposer leur dossier ! », déplore lavocat.

Me Chemin a signé une lettre à Emmanuel Macron dans Libération pour dénoncer les régressions que provoquerait la future loi, avec cette conséquence : « En multipliant les obstacles à l’exercice du droit d’asile, vous fabriquez par milliers des “rejetables”, des “fantômes”, ceux-là mêmes dont vous souhaitez pourtant vouloir maîtriser le flux. »

 

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 06:50

Le Président de la République a récemment relancé une de ses promesses de campagne de mettre en place un service national obligatoire. Cette mesure présidentielle bien floue, est portée par M. Macron alors même qu’un rapport parlementaire, co-écrit par une élue de sa majorité, remet grandement en cause son utilité.

L’utilité, c’est la première interrogation qui vient à la mention d’un service national. Macron ne peut être soupçonné de vouloir transformer l’armée actuelle. Il a plusieurs fois réaffirmé son attachement à son rôle impérialiste, et a largement prouvé par ses actions qu’il n’était pas du camp de la paix.

Le service national voulu par le Président de la République s’inscrit dans une logique réactionnaire. Les jeunes n’ont pas besoin d’un encadrement militaire pour prendre leur place dans la société. Défiler en uniforme, saluer un drapeau, se soumettre à un cadre hiérarchique et disciplinaire rigide, ne renforcera en rien « le sentiment d’appartenance des jeunes à la nation ».

Nous refusons la logique selon laquelle l’armée réussirait là où l’école échoue. Donnons les moyens à l’éducation pour permettre à chacun et chacune de prendre toute la place qui est la sienne. Cela impose de revenir sur les choix budgétaires absurdes du gouvernement. Cela impose de revenir sur la sélection à l’entrée de l’université. Cela impose une autre politique à destination des jeunes.

La volonté présidentielle d’un service national s’inscrit dans les actions opportunistes d’un président qui, sans dévier de son projet libéral, n’hésite pas à le ponctuer d’initiatives dont le but principal semble être la séduction des franges les plus réactionnaires. Alors que des jeunes manifestent contre ses réformes injustes, il relance sa proposition de les contraindre à un temps militaire.

Le Mouvement jeunes communistes de France refuse un service national obligatoire qui n’a pour objectif que de satisfaire les fantasmes réactionnaires d’une partie de l’électorat. Nous portons le projet d’une autre société, qui propose autre chose à ses jeunes qu’un temps de service sous les drapeaux pour la seule satisfaction d’une nostalgie mal placée.

Le Mouvement jeunes communistes de France réaffirme son engagement en faveur d’un réinvestissement des politiques éducatives et de jeunes. L’égalité entre les citoyens ne passera ni par le port d’un uniforme, ni en marchant au pas. L’apprentissage de la citoyenneté passe par la mise en place de cadres démocratiques dans les établissements scolaires, pas par la discipline d’un camp militaire.

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 06:44
C'est le coeur battant de la gauche et pourtant ... 11 députés PCF, quasiment interdits de médias!
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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 12:50

Bravo à André Chassaigne, il faut tout le sérieux et la force de conviction d'un député qui rassemble au delà des rodomontades, des effets de manche, et des plans de com, pour faire voter par cette majorité libérale une mesure de progrès social et de rattrapage qui n'est que justice. 

Fier de se battre aux côtés d'élus communistes comme André Chassaigne qui met en pratique "L'humain d'abord!". 

La proposition de loi pour revaloriser les retraites des agriculteurs présentée par André Chassaigne, député PCF, adoptée en première lecture (Public Sénat)
 

Une proposition de loi pour revaloriser les retraites agricoles sera examinée au Sénat au mois de mars. Ce texte augmente les pensions des non-salariés agricoles (85% du Smic) à 987 euros par mois.

Par Alexandre Poussart
 
 

Alors que le Salon de l’agriculture ouvre ce samedi, une proposition de loi pour revaloriser les pensions de retraites des non salariés agricoles sera examinée au Sénat, le 7 mars.

Déposé début 2017 par les députés communistes Huguette Bello et André Chassaigne, ce texte propose d’augmenter cette retraite agricole à 85% du Smic agricole net (987 euros par mois) contre 75% actuellement.

Les pensions les plus basses du pays

« Les retraites agricoles sont les plus basses du pays » note Dominique Watrin, sénateur communiste et rapporteur du texte. « Elles s’élèvent à 730 euros en moyenne pour les exploitants, et encore moins pour les conjoints. » Cette revalorisation concernerait 280 000 retraités.

Taxer les transactions financières

Afin de financer cette hausse, cette proposition de loi prévoit d’augmenter la taxe sur les transactions financières des sociétés liées au secteur agricole. Une mesure qui permettrait également de remettre à l’équilibre le régime complémentaire des non-salariés agricoles.

Une retraite complémentaire pour les agriculteurs ultramarins

Un autre volet de cette proposition de loi permet de créer un régime de retraite complémentaire pour les agriculteurs ultramarins, jusque là inexistant. « Le patronat local n’a jamais voulu de ce système. Si les partenaires sociaux ne se mettent pas d’accord, l’Etat passera par la loi », annonce Dominique Watrin.

Un texte appliqué directement

Cette proposition de loi avait été adoptée par l’Assemblée nationale, en février 2017, sous la précédente majorité socialiste. Lors de l’examen en commission, les sénateurs républicains se sont abstenus. En cas d’adoption au Sénat, si le gouvernement ne demande pas de nouvelle lecture, le texte sera appliqué directement, sans décret.

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:45
Les entrailles - par Michel Guilloux, éditorial de l'Humanité - 58% des britanniques souhaitent la renationalisation du rail
Éditorial. Les entrailles
PAR MICHEL GUILLOUX
MARDI, 27 FÉVRIER, 2018
L'HUMANITÉ

58 % des personnes interrogées souhaitent la renationalisation du rail. Le prix du billet a été multiplié par 3,5. La régularité ne va pas mieux : 80 % des trains sont en retard, quand ils ne sont pas annulés sans préavis. Quant aux comptes publics, l’État a été sollicité par les compagnies privées pour mettre au pot près de 5 milliards d’euros. Ceci n’est pas de la politique-fiction mais la Grande-Bretagne d’aujourd’hui. Et en France, qu’est-ce qui rend la situation de la SNCF « intenable », pour reprendre le mot du premier ministre ? Le statut des cheminots ou les logiques financières qui corrompent le service public de l’intérieur depuis des années  et que le pouvoir entend amplifier par ordonnances ? En quoi supprimer le statut des cheminots fera-t-il arriver les trains à l’heure ? En quoi ne plus reconnaître la pénibilité d’un service à assurer de nuit et le week-end aidera-t-il à moderniser les transports ? En quoi rendre les cheminots aussi précaires que les autres salariés augmentera-t-il la sécurité ?

Qui n’a pas mis un centime dans l’entretien des infrastructures durant des décennies ? Et qui répare un centre d’aiguillage en panne du fait du recours à la sous-traitance à outrance, en pleine transhumance estivale, et ne rechigne pas à sortir dans la neige et le froid quand il le faut ? Le premier ministre sait pertinemment de quoi il retourne, tout comme le chef de l’État. Ce dernier a cru avisé d’opposer, au Salon de l’agriculture samedi, les cheminots et les paysans qui crèvent de faim. Le locataire de Matignon crie à l’idéologie si jamais on osait mettre en cause le passage en force annoncé hier. Diviser, refuser le temps de la délibération sociale et démocratique, chercher à dégonfler des convergences possibles en évacuant provisoirement la question des « petites lignes »… La forme est du fond qui remonte à la surface parce qu’elle « vient des entrailles de l’idée », comme l’écrivait Hugo. La méthode Macron-Philippe appliquée à la SNCF, après le Code du travail et avant les autres chantiers « sociaux », indique l’ampleur du traitement de choc que ce pouvoir entré « par effraction » à l’Élysée fait subir au pays au profit des forces de l’argent. Le chantier de rassemblement et de résistance à y opposer lui est proportionnel.

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 07:41
Retraités: non à la hausse de la CSG, le 15 mars, exigeons la revalorisation de nos pensions (CGT)

CSG. Le 15 mars exigeons la revalorisation de nos pensions

Emmanuel Macron se vante de faire ce qu’il a promis. Mais il s’était bien gardé de préciser que la hausse de la CSG s’appliquerait à l’ensemble des revenus des retraités. De nombreux retraités sont ainsi touchés alors qu’ils pensaient qu'elle ne leur serait pas appliquée. Il doit réparer cette injustice. Exigeons des députés qui ont voté cette mesure qu'ils votent la revalorisation des pensions.

Une mesure particulièrement injuste

Baisser le revenu de celles et ceux qui ont travaillé leur vie durant pour avoir le droit à une retraite méritée est indigne de la 5ème puissance du monde. Rien ne justifie cette injustice. L’augmentation du pouvoir d’achat des salariés aurait pu facilement être accordée en réduisant la part réservée aux dividendes sur les profits dégagés par les entreprises. Car la France bat le record d’Europe des dividendes versés aux actionnaires.

Une mesure dangereuse

Cela fait 30 ans que les gouvernements successifs multiplient les cadeaux aux grandes sociétés et imposent l’austérité aux salariés. Les pensions ont été « revalorisées » de 0,1 et 0,8 % en 5 ans. Le résultat ? La dette, le déficit commercial, la précarité et le chômage progressent ! Emmanuel Macron poursuit la même politique. Réduire le pouvoir d’achat des retraités, non seulement va plonger des millions d’entre eux dans la misère mais va aggraver les difficultés du pays. En effet selon le CREDOC, les seniors assurent en France 53 % des dépenses de consommation, 57 % de santé, 64 % des assurances, 51 % des biens et services, 50 % en équipement du foyer…

Le mépris ça suffit

Pour faire passer la hausse de la CSG le gouvernement invoque la solidarité intergénérationnelle et accuse les retraités qui s’y opposent de faire preuve d’égoïsme. Comme si les retraités n’aident pas leurs enfants et petits enfants, ne participent pas bénévolement pas à des activités pour pallier les carences de l’Etat et ne contribuent pas ainsi à la cohésion de notre société !

Réparez l’injustice en revalorisant nos pensions !

Le 15 mars, pas moins de 9 organisations de retraités, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, Ensemble &Solidaires-UNRPA, LSR, appellent les retraités à manifester leur refus de la hausse de la CSG. Les députés de la majorité présidentielle l’ont voté, ils doivent s’en expliquer. Ils peuvent réparer cette injustice en votant la revalorisation de nos pensions. Le 15 mars nous leur demanderons de s’engager à le faire.

Soyons nombreux à nous rassembler dans le maximum de villes pour faire valoir nos droits au respect, notre droit à des revenus dignes de notre contribution passée et présente à la richesse de la France.

UCR CGT

Ce texte est disponible en PDF et Word


Télécharger le document : tract_15mars_csg.pdf
Autre document : tract_15mars_csg.doc

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