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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 13:03
LA SNCF renoue avec les bénéfices au détriment des effectifs et des salaires (L'Humanité, 27 février 2017)

La SNCF renoue avec les bénéfices aux dépens des effectifs et des salaires

LAURENCE MAURIAUCOURT
LUNDI, 27 FÉVRIER, 2017
HUMANITE

La journée a été marquée par deux informations émanant de l’entreprise ferroviaire. D’un côté, elle annonce avoir réalisé un bénéfice net de 567 millions d’euros et de l’autre, elle confirme avoir supprimé plus de 1800 postes en France et freiné les augmentations de salaire. 

La SNCF a laissé derrière elle sa perte colossale de 2015 pour retrouver la rentabilité en 2016, grâce notamment à d'importants gains de productivité et à la croissance de ses activités internationales.

Le groupe ferroviaire public a annoncé lundi avoir enregistré un bénéfice net de 567 millions d'euros en 2016.

L'année précédente, une importante dépréciation comptable de la valeur de son réseau, de ses gares et de ses trains, l'avait conduit à essuyer une perte nette géante de 12,2 milliards d'euros.

La SNCF a "fait face à un environnement épouvantable", entre inondations, grèves, attentats, et difficultés dans certains secteurs économiques, a commenté à l'AFP le président du conseil de surveillance, Frédéric Saint-Geours.

Coût estimé de ces événements: 700 millions d'euros. Mais "on a fait 825 millions (d'euros) de progrès de productivité, assez largement au-dessus de ce qu'on s'était fixé", soit 750 millions, a-t-il fait valoir.

Le chiffre d'affaires a quant à lui augmenté de 2,8% à 32,3 milliards d'euros, tiré notamment par une acquisition aux Etats-Unis.

En tout, un tiers du chiffre d'affaires du groupe est réalisé à l'international.

Le montant total des investissements s'élève à 8,6 milliards d'euros - dont 90% en France - en hausse par rapport à 2015 (8,2 milliards), mais légèrement en-deçà des 9 milliards prévus.

Parmi ces investissements, 5,2 milliards ont été consacrés au réseau, un niveau "pas vu depuis 40 ans", a commenté auprès de l'AFP le président de SNCF Réseau, Patrick Jeantet.

"On a rénové plus que ce qu'on avait prévu, surtout en Ile-de-France", a-t-il ajouté. Par ailleurs, ces "5,2 milliards d'euros d'investissement représentent près de 50.000 emplois" directs et indirects.

En 2017, les investissements devraient s'élever à 9 milliards d'euros, dont 5,3 milliards pour le réseau.

Pour 2017, la SNCF table sur une croissance "modérée" du chiffre d'affaires, mais avec de "forts gains d'efficacité".

 

 

Mais ces chiffres mirobolants s’accompagnent d’une autre réalité. La SNCF a supprimé au moins 1.800 postes dans ses activités ferroviaires en France en 2016, au moyen de départs en retraite non remplacés, surtout dans sa branche Mobilités, qui exploite les trains.

"Il y a eu, pour l'ensemble du groupe public ferroviaire, de l'ordre de 1 800 à 2 000 départs non remplacés", a déclaré Guillaume Pepy, président de la SNCF et de la branche Mobilités, ce lundi 27 février lors d'une conférence de presse consacrée aux résultats annuels du groupe.

Le groupe public ferroviaire est composé de SNCF Mobilités (trains et gares), SNCF Réseau (construction et entretien des voies) et de la holding de tête SNCF, qui pilote l'ensemble.

"Nous avons fait des efforts de productivité sur les effectifs. A Mobilités, nous n'avons pas remplacé 1 600 départs", a précisé M. Pepy. C'est un peu moins que les 1 700 suppressions programmées, a-t-il été relevé.

L'opérateur ferroviaire a dans le même temps appliqué "une politique salariale particulièrement rigoureuse", marquée par une "deuxième année sans mesure générale" d'augmentation, afin de limiter "l'évolution du coût moyen (par) agent (qui) a été pour la première fois inférieure à 1%", a-t-il ajouté.

A l'inverse, Réseau a enregistré "un accroissement de 300 (postes) à fin décembre", a indiqué son PDG Patrick Jeantet. C'est moins que les 350 postes supplémentaires budgétés. Mais le gestionnaire du réseau ferré français "a produit plus avec moins de gens", a-t-il assuré, chiffrant ce gain de productivité à 380 équivalent temps plein.

Le groupe public ferroviaire a embauché 6 200 personnes en 2016, en CDI ou au statut cheminot, "ça veut donc dire que deux départs sur trois sont remplacés", ce qui place la SNCF "dans le très, très haut de la fourchette du secteur public", a affirmé Guillaume Pepy.

Au moins 1 150 postes doivent encore être supprimés en cette année 2017, principalement chez Mobilités.

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 11:12

 

La sculpture en hommage au P. Hamel qui sera installée à Saint-étienne-du-Rouvray sera choisie ce lundi. Une manière, pour le maire, de permettre aux habitants de faire le deuil, après l’assassinat du prêtre, le 26 juillet 2016.

Hubert Wulfranc lors de l’hommage rendu au P. Jacques Hamel, le 28 juillet 2016. / Pascal Rossignol/Reuters

« Soyons ensemble les derniers à pleurer. » C’était le 26 juillet dernier, quelques heures après l’assassinat du P. Jacques Hamel par deux jeunes djihadistes. Ces mots, prononcés d’une voix tremblante par un maire les yeux remplis de larmes, avaient ému au-delà de la petite foule rassemblée sur le parvis de l’hôtel de ville de Saint-Étienne-du-Rouvray, à deux pas de l’église attaquée.

Un peu plus de six mois plus tard, costume noir et pull-over gris à col roulé, le même élu parle cette fois en frappant régulièrement du plat de la main sur une table ronde, à l’étage de la mairie. « Excusez-moi », lâche-t-il après le premier coup. Âgé de 60 ans, Hubert Wulfranc occupe ce bureau de maire depuis 2002, après avoir été directeur de cabinet de son prédécesseur de 1981 à 1995 et enseignant en histoire-géographie et français en lycée professionnel dans l’intervalle.

À LIRE : « A Dieu » au P. Jacques Hamel

L’édile communiste, par ailleurs conseiller départemental, avoue qu’il avait eu « du mal » à descendre de cette pièce, le 26 juillet 2016. En bas, les mots lui sont venus « comme ça » : « Dans ces moments, vous savez et on vous dit que vous avez à dire quelque chose. Vous y allez avec une purée de pois dans la tête. Personne n’est préparé à être la pierre angulaire d’une tragédie de cette nature. En même temps, je suis persuadé que la quasi-totalité de mes collègues sont en mesure de réagir. Parce qu’il le faut bien. »

300 des 700 agents municipaux ont bénéficié d’un soutien psychologique

Il lui a aussi bien fallu continuer à gérer cette ville de 30 000 habitants dans la banlieue rouennaise, marquée au-delà de la seule communauté catholique. Environ 300 des 700 agents municipaux ont bénéficié d’un soutien psychologique. Lui dit ne pas en avoir eu besoin. « La dignité de la réaction de la population et de ceux qui nous ont entourés a été telle que cela a été d’un soutien majeur, souligne-t-il. Il en aurait été autrement, je ne porterais sans doute pas les choses comme je les porte aujourd’hui. »

Cette dignité s’est notamment manifestée lors de la cérémonie d’hommage, organisée deux jours après le drame. Deux semaines après le massacre de Nice, le risque de tensions n’était pas négligeable. « On a été quasiment tout de suite dans la reconstruction et l’apaisement, avec le concours de l’archevêché, qui a été décisif, reprend-il. Il n’y a pas eu de dérapage. Si vous permettez l’expression, il y a eu quelque part une espèce de miracle. »

Depuis, Hubert Wulfranc a été amené à s’exprimer à plusieurs reprises à propos de la mort du P. Hamel. L’émotion était peut-être moins forte, mais le sens du propos identique. Il est toujours question de paix, comme pour le projet de sculpture qui doit être installé en hommage au prêtre devant l’église Saint-Étienne avant l’été prochain. Un concours a été lancé et le jury doit se réunir le 27 février pour choisir l’œuvre retenue.

« L’action catholique ouvrière, ici, est puissante »

Un représentant du diocèse en fait partie. Le membre du PCF ne se sent pas complètement dépaysé quand il fréquente des ecclésiastiques. « J’ai de nombreux amis communistes qui sont catholiques pratiquants, confie-t-il en souriant. On a la moitié de la section du PC à l’église. C’est particulier, mais c’est l’ADN de la ville. L’action catholique ouvrière, ici, est puissante. »

Hubert Wulfranc cite alors une vieille une des années 1970 du quotidien Paris-Normandie, qui titrait sur « l’ouvrière et la religieuse » à propos de Saint-Étienne-du-Rouvray. « Les choses évoluent, mais cela reste vrai », rappelle-t-il. La composition socioprofessionnelle de sa ville est toujours dominée par les ouvriers et d’importantes communautés espagnoles, italiennes et portugaises ont importé leurs traditions chrétiennes.

À LIRE : P. Jacques Hamel, une humble lumière

Le premier magistrat, lui, n’est pas croyant. « Ma femme est catholique, raconte-t-il. À Noël, elle va à la messe, moi je reste à la maison. Mais j’ai une sensibilité très ouverte. Je suis persuadé que la croyance et la foi sont une dimension humaine. »À Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen, il a d’ailleurs glissé lors d’une rencontre en préfecture : « Je suis persuadé qu’on a des choses à se dire. »

« Je suis très pantouflard »

Hubert Wulfranc s’est aussi lié d’amitié avec Michel Lebouc, son homologue de Magnanville (Yvelines), où un couple de policier a été victime d’un terroriste le 13 juin 2016. Après l’assassinat du P. Hamel, cet autre maire communiste avait tellement insisté pour lui parler qu’il avait fini par le prendre au bout du fil. D’autres ont eu plus de mal à le joindre. L’édile ne possède pas de téléphone portable et cela lui a été reproché après l’attentat : « On m’a dit : “C’est pas normal.” C’est peut-être pas normal, mais c’est comme ça. On me trouve. »

Car ce Stéphanais de toujours, réélu au premier tour en 2014 avec 84,90 % des suffrages, assure n’être jamais très loin. « Je suis très pantouflard, dit-il. Je suis très souvent dans ma mairie ou dans ma ville. Ce que je n’apprends pas à 10 h moins 10, je finis par l’apprendre à 10 h 05. C’est aussi la meilleure façon de déléguer. Quand on ne me trouve pas, on téléphone au premier adjoint. »

Pascal Charrier, envoyé spécial à Saint-Étienne-du-Rouvray

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 07:51
Interview de Marie-Pierre Vieu, membre de la direction du PCF, à "Regards": « Je regrette que l’on donne un spectacle de division »

Marie-Pierre Vieu, membre de la direction du Parti communiste, explique pourquoi elle appelle à une candidature commune Hamon-Mélenchon, et évoque les difficiles négociations avec la France insoumise dans la perspective des législatives.

 

Regards. Vous êtes cosignataire d’un appel à faire converger les candidatures de gauche à l’élection présidentielle. Cela ne risque-t-il pas de brouiller votre appel à voter Jean-Luc Mélenchon, que le PCF soutient pour la présidentielle ?

Marie-Pierre Vieu. Au contraire. Je parle en mon nom, mais je crois que le soutien à Jean-Luc Mélenchon procède à la fois d’une antériorité, d’un ancrage qui est celui du Front de gauche et de la volonté de tracer le sillon d’une majorité anti-austéritaire, mais aussi, dans le contexte actuel, de tirer le bilan du quinquennat pour offrir une autre perspective à notre pays. Inscrire ce soutien dans un rassemblement que je souhaite le plus large possible, cela relève de mon ADN de responsable et d’élue. Il y a un an, dans la région d’Occitanie, notre liste Nouveau monde en commun comprenait l’ensemble du Front de gauche, EELV, des intellectuels, des syndicalistes, qui rentraient dans cette idée de promouvoir une alternative écologiste, anti-austéritaire et démocratique. La situation est marquée par une crise politique et un besoin de rupture, mais aussi par des dangers multiples : l’extrême droite, une droite extrémisée et un "élection libre" Emmanuel Macron positionné au confluent du social-libéralisme, du libéralisme le plus pur et d’une certaine dose de populisme…

Cela suppose d’envisager une alliance avec le candidat PS ?

La candidature Hamon n’est pas la candidature du PS : c’est celle des gens qui ont manifesté contre l’état d’urgence, contre la loi Travail et qui ont voulu, lors des primaires, se débarrasser de Manuel Valls et de la politique Macron. Je regrette que l’on donne un spectacle de division à ces gens-là, qui ne veulent pas attendre après-demain pour reconstruire une alternative. Cela n’aboutirait peut-être pas, mais ne pas mener le débat jusqu’au bout, c’est ne pas prendre la mesure de la situation. Le choix de Mélenchon ne doit pas être fait au détriment des forces disponibles pour un rassemblement majoritaire.

 

« Deux bonhommes qui défendent la constituante, mais qui règlent l’éventualité de l’unité et du rassemblement populaire à deux dans un troquet, cela donne une image funeste de ce qu’ils vont faire dans le futur. »

 

Est-ce que les divergences entre Hamon et Mélenchon relèvent seulement d’un problème d’égo, pour reprendre les termes de l’appel ?

Elles ne relèvent pas seulement d’un problème d’ego. Il y a des divergences et la question est de savoir si elles sont indépassables ou pas. Pour le savoir, il faut les instruire. Deux bonhommes qui défendent la constituante, mais qui règlent l’éventualité de l’unité et du rassemblement populaire à deux dans un troquet, cela donne une image funeste de ce qu’ils vont faire dans le futur. Quand on veut aller au bout de l’unité, cela ne peut pas être qu’une posture, pour ensuite reprendre son sac et repartir. Il faut d’abord acter ce qu’il a en commun et essayer d’aller aussi loin que possible. Or, en commun, il y a toute une série de revendications sociales, qui vont du relèvement du smic et des minima sociaux à une relance de l’économie par le pouvoir d’achat et la création d’emplois, en passant par l’écologie, la volonté de refonder la démocratie avec une VIe République, etc. Bien sûr, des questions se posent : jusqu’où veut-on pousser le combat anti-austéritaire et la rupture avec les politiques libérales, comment repense-t-on la négociation sociale, quel rapport au travail souhaite-t-on ? Dans d’autres pays européens, comme le Portugal, la volonté de vraiment répondre aux attentes populaires a conduit des formations politiques à s’unir pour dépasser leurs divergences.

Ce discours du rassemblement n’est-il pas devenu inaudible pour une large part de l’électorat de gauche après ces cinq années de gouvernement socialiste ?

Le meilleur moyen de remettre le Parti socialiste en position de centralité, c’est bien de continuer à mettre un fossé infranchissable entre Hamon et Mélenchon : on va ainsi pousser une partie des électeurs à soutenir Hamon, qui sait probablement mieux incarner le rassemblement et qui, sans rassemblement, sera de fait le candidat de la social-démocratie. Si, au contraire, on joue la convergence et le débat jusqu’au bout, on oblige Hamon à s’appuyer sur les gens qui l’ont élu contre l’appareil du PS et contre l’axe social-libéral. C’est miser sur un rassemblement dont la colonne vertébrale ne sera plus la social-démocratie – ni le PS. J’entends qu’une partie de la population est en rupture avec la politique, à plus forte raison après le dernier quinquennat. Mais avoir la rupture comme seule identité est moins utile à la gauche, malheureusement, qu’au vote en faveur de Marine Le Pen. La gauche doit se reconstituer sur la base d’un ras-le-bol, mais un ras-le-bol avec une perspective. En conformité avec son histoire, elle doit délivrer un message positif, créatif et humain.

 

« Mon mouvement ne s’inscrit pas dans la social-démocratie, ni dans le creuset du PS. Mais pas non plus dans celui de la France insoumise, pour être tout à fait honnête. »

 

La question principale n’est donc pas le rapport avec le PS ?

Le problème, ce n’est pas les socialistes – et croyez bien que, des socialistes, j’en bouffe matin, midi et soir (rires) – mais de savoir si l’on veut rester dans une situation d’absence de débat et de division des candidatures qui conduit à une défaite… dont on espérerait qu’elle accélère une recomposition pour les forces de progrès. Je pense que c’est un pari fou, que nous avons toujours perdu historiquement. Il vaut mieux instruire l’immédiat pour ce qu’il est, tout en sachant qu’il faudra aussi instruire le moyen et le long terme, ce qui demande un débat, des refondations et des recompositions. Mon mouvement ne s’inscrit pas dans la social-démocratie, ni dans le creuset du PS. Mais pas non plus dans celui de la France insoumise, pour être tout à fait honnête.

Quelle signification concrète cet appel au rassemblement prend-il par rapport aux législatives à venir ?

Contrairement à beaucoup, je crains qu’elles soient encore plus compliquées que la présidentielle. Les problèmes de celle-ci seront multipliés par autant de circonscriptions qu’il y en a, avec une base guère plus raisonnable que le sommet. Une défaite d’ampleur à la présidentielle nous inscrirait dans une situation d’urgence : faute d’avoir prévenu, il faudra guérir. Une Marine Le Pen à 25 ou 28% compromettra d’autant les possibilités d’obtenir des députés. Nous-mêmes essayons de travailler à la convergence des forces alternatives, mais nous sommes confrontés à une France insoumise qui veut imposer son propre diktat. Pour le moment, la situation est celle d’une concurrence entre France insoumise, le Parti communiste et une partie non négligeable de ce qui reste du Front de gauche, compliquée par des candidatures citoyennes, des bouts de NPA et même des candidats Macron…

 

« Le PCF veut avoir des députés, mais il ne va pas brader ce qu’il est. Certains disent que nous ne pensons qu’à conclure un accord avec le PS, mais il n’y aura pas d’accord avec le PS ! »

 

Justement, où en sont les négociations entre le PCF et la France insoumise ?

Pour l’heure, nous sortons douloureusement du débat de posture de la France insoumise sur la signature obligatoire de sa charte et sur sa volonté de présenter des candidats dans toutes les circonscriptions. Les logiques et les tensions territoriales ne contribuent pas à une dynamique pour la présidentielle…Mais on en vient à parler de la réalité et à se soucier de ne pas être en concurrence, notamment dans les circonscriptions reprenables, afin, plus largement, d’obtenir des députés voire un groupe parlementaire qui puissent être la colonne vertébrale de la reprise du combat antilibéral à l’Assemblée. Il faut beaucoup d’efforts, et j’ai parfois l’impression qu’ils sont à sens unique… Je comprends l’aspiration derrière la construction d’un mouvement libéré des logiques d’appareil, en prise directe avec les citoyens : c’est une volonté à laquelle je souscris, et que les partis eux-mêmes veulent prendre en compte. Mais il faut aussi prendre en compte ce qui est le plus utile pour les populations.

Quelle est l’importance de disposer d’un groupe à l’Assemblée nationale ?

L’enjeu législatif est extrêmement important, le dernier quinquennat nous l’a montré. L’élection présidentielle n’entraîne pas forcément une majorité à l’Assemblée. Avec un horizon aussi sombre que le nôtre aujourd’hui, face à l’extrême droite et au libéralisme exacerbé, une présence significative à l’Assemblée est cruciale pour faire entendre notre voix. Et sans majorité législative, nous serons dans l’incapacité d’imposer un processus constituant. Il s’agit donc bien d’un enjeu politique, et non comptable ou boutiquier, contrairement à ce que j’entends souvent. Le PCF veut avoir des députés, mais il ne va pas brader ce qu’il est pour y parvenir. Certains disent que nous ne pensons qu’à conclure un accord avec le PS, mais il n’y aura pas d’accord avec le PS ! Nous prendrons nos responsabilités dans des situations particulières, par exemple face au FN, mais notre ancrage législatif est un ancrage de rupture avec le quinquennat et au-delà.

 

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 05:54

PAUVRE SEIGNEUR DEPUTE FILLON

 

Belle réussite pour ce fils de notaire…. A qui donc se fier?

 
A qui donc se fier....
Alors que l'affaire Pénélope Fillon bat son plein, voici un petit rappel des turpitudes de ces grands bourgeois qui prétendent nous faire la leçon.
Article du 9 avril 2013 complété le 25 janvier 2017.
 
 
Lundi 8 avril 2013, au JT de 20h sur Antenne 2, François Fillon dévoile son patrimoine et dit entre autres ceci: "Je suis propriétaire d'une maison dans la Sarthe, achetée il y a vingt ans (...) 440.000 euros, en empruntant. Aujourd'hui je pense qu'elle vaut à peu près 650.000 euros. C'est mon seul patrimoine." 
 
Pourtant, voici la "maison" qu'on lui connait dans la Sarthe; pour 650.000 euros c'est plus qu'une affaire!...
 

... d'autant que le Manoir de Beaucé, dont les parties les plus anciennes remontent au 14ème ou 15ème siècle, comprend de nombreuses et vastes dépendances: chapelle, bâtiments agricoles, colombier, chenil sans oublier le jardin paysager servant très régulièrement d'héliport...

 Mais sommes-nous mauvaises langues, François Fillon est simplement chanceux, sans plus... Qu'allons-nous donc insinuer?...
 
 Comble de l'indécence, le 28 août 2013...
A noter la naturel époustouflant de la scène! Eh oui, il faut s'éloigner un peu du bâtiment pour pouvoir le cadrer...
 
 
 
Et s'il n'y avait "que" ça !...
 
Les dépenses scandaleuses de l'austère Monsieur Fillon
 
 
Double face. François Fillon représente le bon père de famille, cinq enfants, catholique, intègre. La droite droite dans ses bottes. On peut même imaginer qu’il a, au moins en partie, gagné la Primaire de son camp parce que ses adversaires les plus dangereux, Sarko et Juppé, ont payé le prix de leurs mises en examen ou condamnations passées. Et pourtant…
 
Pourtant, l’ancien Premier Ministre croule sous les casseroles, accumulées notamment pendant ses cinq années à Matignon. M. Fillon  s’est servi des deniers publics pour son confort personnel, dans des proportions absolument inadmissibles. Ça la fout mal pour quelqu’un qui a parlé « d’Etat en faillite » et prône pour l’avenir une austérité thatchérienne, trente ans après la Dame de Fer. Revue de détails d’une imposture moderne.
 
L’agrandissement de l’appartement de Matignon
 
De 2007 à 2012, François Fillon a résidé avec sa famille à l’Hôtel Matignon dans le 7e arrondissement de Paris. Il s’agit là d’un joyau du patrimoine français, construit en 1722 par Courtonne pour le prince de Tingry. Il a appartenu successivement aux Grimaldi, à Talleyrand, à Napoléon Ier et à Louis XVIII, qui l’échangea en 1816 contre l’Elysée à Bathilde d’Orléans, duchesse de Bourbon. Suivirent encore, notamment, le Comte de Paris et l’empereur d’Autriche-Hongrie, François-Joseph. Les bâtiments et le parc privé attenant (le plus grand de Paris), sont définitivement achetés par la France en 1922, qui en fait la résidence du chef du gouvernement en 1935.
 
Jusqu’en 2007 et le passage de Dominique de Villepin, l’appartement du Premier Ministre compte 78 m2. Sous le mandat Fillon, ce logement a subi un sacré lifting  en passant à 309 m2 (!), dont 213 pour la partie privative, afin d’accueillir sa femme et trois de ses enfants. L’argument serait recevable s’il était le premier Premier Ministre avec une famille.
 
 
Les non-factures de personnel de Matignon
 
Le « tour de force » aura été de créer l’illusion d’une baisse des dépenses de Matignon par un subtil jeu contractuel, repoussant en fait certains frais toujours en cours vers d’autres administrations. Mi-2008, seuls 21 des 70 membres du cabinet du Premier Ministre étaient payés par Matignon. Les autres étaient salariés par le Sénat, le Conseil d’Etat et tout un tas d’administrations annexes. Même constat pour 230 fonctionnaires en service rue de Varenne.
Le tout agrémenté d’un budget présenté comme « de rigueur en temps de crise ». Aucune honte…
 
Les voyages non facturés
 
Encore un tour de passe-passe. Les déplacements du chef du gouvernement sont facturés au Ministère des Affaires Etrangères. On ne peut pas, sur ce point, en tenir rigueur au Sarthois, puisque la pratique est historique. Cependant, dans le même temps, Nicolas Sarkozy met fin à cette hypocrisie de son côté et rapatrie toutes les dépenses de la Présidence vers le budget de l’Elysée, dans un souci de transparence. Ce que n’a pas jugé bon de faire Matignon. Ce faisant, le budget élyséen explose de 30 à 100 millions d’euros entre 2007 et 2008.  
 
Séjour à Marrakech aux frais de l’Etat
 
En mai 2009, François Fillon s’est accordé un weekend privé au Maroc, qu’il a rejoint à bord d’un Falcon 50 de l’Etat. A l’époque, la communication de Matignon annonce qu’un remboursement sur ses deniers propres aura lieu. Le tarif du vol et de l’immobilisation d’un tel avion avec son aéropage d’employés a coûté 182 272 euros pour 3 jours. On attend toujours la preuve dudit remboursement.
 
L’inauguration du TGV en jet privé
 
En 2007, la France inaugure à grand renfort de communication le TGV-Est. On fait une fausse annonce aux journalistes, à Montparnasse, disant que le PM est déjà dans le train pour une séance de travail et qu’il les rejoindra à l’arrivée. Pourtant, le convoi doit faire une pause non prévue de 26 minutes en gare de Nancy-Metz pour… faire monter à bord François Fillon. En effet, le premier des ministres, accompagné d’Alain Juppé, celui de l’Ecologie (sic), a décidé de parcourir une partie du trajet à bord d’un Falcon de l’Etat. Encore. La supercherie aurait du passer comme une lettre à la Poste, mais c’était sans compter sur Anne-Marie Idrac, présidente de la SNCF. Échaudée par certaines critiques de M. Fillon à l’encontre de sa société, Mme Idrac a tout révélé aux journalistes en ironisant sur son « voyage multimodal ».
 
Weekends à nos frais dans son château de la Sarthe
 
On peut comprendre que quiconque possède un château apprécie d’y passer son temps libre en famille. Normal. Mais quand on est Premier Ministre et que le dit château se trouve à Solesmes (Sarthe), à 230 kilomètres de Paris, n’y a t-il pas d’autres moyens pour s’y rendre que d’utiliser encore et toujours un Falcon de l’Etat ? C’est le magazine Capital (n°243 – décembre 2011) qui révèle cette nouvelle preuve de l’inconséquence du candidat Les Républicains en période de crise financière.
Chacun des weekends du clan Fillon dans son fief a ainsi coûté plus de 30 000 euros au contribuable. A titre de comparaison, le billet de train Paris-Le Mans est approximativement de 70 euros, pour un trajet… plus rapide. Au total, la facture s’est élevée à 1,3 million d’euros par an ! La crise, on vous dit.
 
Réveillon avec le Raïs
 
Michèle Alliot-Marie en difficulté. Devant l’Assemblée, la Ministre de la Défense tente piteusement d’expliquer une escapade en Tunisie en 2010, payée par l’Etat, auprès de proches de Ben Ali. François Fillon fait profil bas. En effet, le Premier Ministre a exactement la même casserole sur le dos, mais en Egypte. La version officielle veut qu’il soit allé visiter la cathédrale d’Assouan pour « exprimer sa solidarité à l’égard de la communauté copte ».
Problème, M. Fillon est resté sur place du 26 décembre 2010 au 2 janvier 2011, pour un réveillon pas comme les autres. Logé avec sa famille aux frais du gouvernement égyptien dans une dépendance privée du luxueux hôtel Movenpick, sur l’Ile Eléphantine, il se voit offrir un jet privé du Raïs Hosni Moubarak (chassé du pouvoir depuis), pour visiter le temple d’Abou-Simbel, trésor de l’Egypte ancienne. Immobilisé dix jours avec son équipage, logé dans l’hôtel 5* Pyramisa, le désormais célèbre Falcon de la République aura encore coûté une petite fortune à l’Etat, difficile à chiffrer précisément sur ce coup là. Mais pas de panique, cette fois le vol (9 400 euros de l’heure pour un avion de ce type) a été facturé à la famille Fillon… au prix d’un avion de ligne.
 
En 2017, l’Etat paye encore son plein d’essence
 
L’Etat français, comme l’a révélé Mediapart, dépense chaque année des sommes faramineuses pour assurer le train de vie de ses ex, présidents et premiers ministres. Pour l’année examinée, 2014, l’Etat a pris à sa charge pour le compte du « collaborateur de Nicolas Sarkozy » la rémunération d’un assistant (54 717 euros), d’un chauffeur (12 167 euros), les frais d’entretien de la voiture (4 452 euros), l’essence (14 263 euros) et même l’assurance du véhicule (541 euros) ! Total de la facture : plus de 86 000 euros de fonds publics. C’est beau quand même ces hommes politiques qui montrent l’exemple.
 
Sa femme aussi voyage aux frais du contribuable
 
Pénélope Fillon, l’épouse galloise du candidat de la droite à l’élection présidentielle, s’est rendue le 7 mai 2009 à Roscoff, en Bretagne, pour le baptême d’un navire de la Brittany Ferries. Il semblerait que Mme Fillon, et c’est tout à son honneur, avait décidé d’effectuer le trajet en train (Paris-Morlaix), puis en bus, à ses frais. Son Premier Ministre de mari aurait alors insisté en apprenant son choix pour qu’elle utilise l’éternel Falcon de la République, ce qu’elle aurait fini par accepter à contre-cœur.
Le traitement médiatique qui en fut fait par L’Express vaut le détour. L’hebdo a changé de version sans publier d’erratum, pour finalement coller à celle de Mediapart.
On apprend aujourd’hui dans le Canard Enchainé que Pénélope Fillon aurait été rémunérée pendant 8 ans comme attachée parlementaire de François Fillon à hauteur de 500 000 euros sans que quinconque puisse confirmer qu’il ne s’agit pas d’un emploi fictif.
 
La mystérieuse entreprise 2F
 
Un seul employé et plus d’un million d’euros de chiffre d’affaire depuis 2012. L’entreprise de conseil 2F (les initiales de François Fillon), semble être un exemple à suivre. Pourtant, il n’en parle jamais. Pourquoi ?
La loi interdit à un parlementaire de travailler en tant que consultant sauf à avoir débuté cette activité avant son mandat. FF a opportunément déposé les statuts de sa boîte dix jours avant d’être élu député de la deuxième circo de Paris. Bien vu.
Mais comment a t-il pu générer de quoi se verser, tout de même, 18 000 euros de salaire mensuel, en plus de ses revenus de député (5 357 euros nets), auxquels s’ajoutent les frais cités plus haut ? L’essentiel de l’activité provient de conférences répond l’équipe du Manceau. Par contre, pour savoir où et quand, tabou général. Le Canard Enchaîné affirme que l’une d’elles a eu lieu au Kazakhstan en 2013, une autre en Russie la même année, une dernière en Iran en 2016. Du côté de Fillon on nie pour les deux dernières. Encore une fois, beaucoup d’argent et quasiment aucune transparence. Vilaine habitude.
 
Austérité bien ordonnée commence par soi-même, M. Fillon
 
Candidat de la droite et du centre pour 2017, François Fillon annonce du sang et des larmes aux Français. Son programme est clairement réactionnaire sur les valeurs et ultralibéral économiquement. Son projet pour le pays pourrait se résumer en un seul mot : austérité. Quand lui-même se permet de dilapider l’argent public. Honte à lui pour cette duplicité.
Cet article s’adresse surtout à ceux qui envisagent de glisser le nom de l’ancien maire de Sablé-sur-Sarthe dans l’urne le 23 avril prochain. N’oubliez pas au moment fatidique que M. Fillon, depuis son château, se moque ouvertement de vous.

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 20:13

Le programme d'Emmanuel Macron commence à prendre forme. Et, sur le front de l'emploi, l'influence du modèle ultralibéral britannique crève l'écran.

Certes, Macron promet dans son entretien aux Échos du 24 février une « assurance-chômage universelle » . Ouverte aux démissionnaires de leur poste, aux indépendants ou aux entrepreneurs, le candidat à la présidentielle se garde bien d'en chiffrer le coût et la hauteur d'indemnisation.

« Le contrôle de la recherche d'emploi doit être plus ferme »

Mais la contrepartie risque de faire des dégâts dans les rangs des millions de chômeurs aujourd'hui recensés en France : les « prestations » qui seront versées au demandeur d'emploi seront « strictement conditionnées » à ses « efforts de recherche, avec un contrôle drastique», explique le fondateur du mouvement En Marche. Le candidat précise encore qu'après avoir suivi une formation - qu'il veut « vraiment qualifiante» - le demandeur d'emploi devra « accepter les offres qui lui sont proposées». « Nous sortons réellement d'un système assurantiel où chacun se dit « J'ai cotisé, j'ai droit à être indemnisé », résume-t-il.

Un modèle qui, même s'il nécessite encore de nombreuses précisions, rappelle le système anglais et de ses « Job centre», où le chômeur n'a d'autre choix que d'accepter ce qu'on lui propose, quel que soit le niveau de salaire, de qualification ou la situation géographique du poste, au risque de perdre immédiatement ses indemnités.

Interrogé sur le plateau de France Info, l'architecte du programme économique d'Emmanuel Macron, l'économiste Jean Pisani-Ferry, a commenté la nature du dispositif envisagé, sans entrer beaucoup plus dans le détail.

« Le contrôle de la recherche d'emploi doit être plus ferme (…), drastique», confirme l'ancien commissaire général de France Stratégie, organisme de réflexion placé auprès du Premier ministre. Après la sortie de son favori du 24 février expliquant qu'un chômeur pourrait décliner une offre d'emploi mais « ne pourra pas refuser la deuxième», Jean Pisani-Ferry refuse de préciser si le demandeur d'emploi perdrait ses indemnités après avoir refusé une, deux ou trois propositions.

L'économiste ne s'étend pas non plus sur l'adéquation prévue entre le profil professionnel du chômeur, sa situation personnelle et le type d'emploi proposé. En revanche, il n'est pas avare de bons conseils : « Rechercher un emploi, ça veut dire répondre à des annonces, envoyer des CV, aller à des salons, …» Et puis l'important, « c'est l'esprit : ouvrir davantage l'accès à l'assurance chômage (…) et en même temps être plus exigeant vis-à-vis des demandeurs d'emploi».

9 millions de chômeurs à caser

Selon les derniers chiffres publiés par le ministère du Travail ce 24 février, le nombre de chômeurs de catégorie A (sans aucune activité) en France s'établissait à 3,47 millions de personnes à la fin du mois de janvier, soit seulement 800 de plus que le mois précédent. Les catégories B et C, représentant les demandeurs d'emploi exerçant une activité partielle, comptent 5,49 millions de personnes.

Au total, quasiment 9 millions de personnes sont touchées par le chômage en France. Des chômeurs qui pourraient se voir priés d'accepter n'importe quel emploi, à n'importe quelles conditions.

Par Xavier Frison (Marianne.net)

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 18:40
Fresque à Béthléem

Fresque à Béthléem

Un appel de 154 parlementaires pour la reconnaissance de la Palestine

lundi 27 février 2017

"Monsieur le président, montrez-vous à la hauteur de l’enjeu et ne manquez pas ce rendez-vous avec l’Histoire, en reconnaissant dès à présent l’Etat de Palestine."

154 députés et sénateurs français demandent à François Hollande la reconnaissance de l’Etat de Palestine, dans un courrier rendu public par le JDD du 26 février dernier.

Extraits :"La France doit marquer sa volonté de sortir de l’impasse sur ce conflit [entre Israël et Palestine] en réaffirmant solennellement, au nom du droit inaliénable à l’autodétermination, que le peuple palestinien est fondé à se doter d’un État. Il en va du respect du droit international comme de la sécurité d’Israël.« Il est temps que les négociations se déroulent sur un pied d’égalité, d’État à État. » Vous l’avez dit vous-même, Monsieur le Président, ’seules les négociations bilatérales peuvent aboutir’. Il est donc temps que ces négociations se déroulent sur un pied d’égalité, d’État à État. La France ne peut prôner dans ses expressions officielles la solution à deux États et n’en reconnaître qu’un seul. Nos actes doivent désormais suivre nos mots.

Monsieur le Président, montrez-vous à la hauteur de l’enjeu et ne manquez pas ce rendez-vous avec l’Histoire, en reconnaissant dès à présent l’État de Palestine."

 La liste des signatairesest également publiée en intégralité sur le site du JDD

 

* Les signataires : 
Patrick Abate (sénateur CRC de la Moselle)
Laurence Abeille (députée NI du Val-de-Marne)
Leïla Aichi (sénatrice ECOLO de Paris)
Brigitte Allain (députée NI de Dordogne)
Pouria Amirshahi (député NI des Français établis hors de France)
Michèle André (sénatrice SOC du Puy-de-Dôme, Présidente de la Commission des finances, ancienne ministre)
Maurice Antiste (sénateur SOC de la Martinique)
Aline Archimbaud (sénatrice ECOLO de la Seine-Saint-Denis)
François Asensi (député GDR de la Seine-Saint-Denis, Front de Gauche Président du groupe)
Eliane Assassi (sénatrice CRC de la Seine-Saint-Denis, Présidente du groupe)
Danielle Auroi (députée NI du Puy-de-Dôme, Présidente de la Commission des Affaires européennes)
Alexis Bachelay (député SER des Hauts-de-Seine)
Gérard Bapt (député SER de la Haute-Garonne)
Delphine Bataille (sénatrice SOC du Nord)
Marie-France Beaufils (sénatrice CRC d’Indre-et-Loire)
Esther Benbassa (sénatrice ECOLO du Val-de-Marne)
Jacques Bigot (sénateur SOC du Bas-Rhin)
Michel Billout (sénateur CRC de la Seine-et-Marne)
Marie-Christine Blandin (sénatrice ECOLO du Nord)
Maryvonne Blondin (sénatrice SOC du Finistère)
Alain Bocquet (député GDR du Nord, PCF -Front de Gauche)
Eric Bocquet (sénateur CRC du Nord)
Michèle Bonneton (députée NI de l’Isère)
Jean-Pierre Bosino (sénateur CRC de l’Oise)
Yannick Botrel (sénateur SOC des Côtes-d’Armor)
Corinne Bouchoux (sénatrice ECOLO du Maine-et-Loire)
Michel Boutant (sénateur SOC de la Charente)
Kheira Bouziane-Laroussi (députée SER de la Côte-d’Or)
Marie-George Buffet (députée GDR de la Seine-Saint-Denis,PCF-Front de Gauche, ancienne ministre)
Jean-Pierre Caffet (sénateur SOC de Paris, Vice-président du Sénat)
Jean-Jacques Candelier (député GDR du Nord, PCF-Front de Gauche)
Michel Canevet (sénateur UDI-UC du Finistère)
Jean-Louis Carrère (sénateur SOC des Landes)
Françoise Cartron (sénatrice SOC de la Gironde, Vice-présidente du Sénat)
Patrice Carvalho (député GDR de l’Oise, PCF-Front de Gauche)
Christophe Cavard (député SER du Gard)
Bernard Cazeau (sénateur SOC de Dordogne)
Gabby Charroux (député GDR des Bouches-du-Rhône)
André Chassaigne (député GDR du Puy-de-Dôme, PCF-Front de Gauche)
Guy-Michel Chauveau (député SER de la Sarthe)
Pascal Cherki (député SER de Paris)
Jacques Chiron (sénateur SOC de l’Isère)
Laurence Cohen (sénatrice CRC du Val-de-Marne, PCF-Front de Gauche)
Yvon Collin (sénateur RDSE du Tarn-et-Garonne)
Pierre-Yves Collombat (sénateur RDSE du Var)
Hélène Conway-Mouret (sénatrice SOC des Français établis hors de France, ancienne ministre)
Sergio Coronado (député NI des Français établis hors de France)
Roland Courteau (sénateur SOC de l’Aude)
Cécile Cukierman (sénatrice CRC de la Loire, PCF-Front de Gaucge)
Yves Daniel (député SER de la Loire-Atlantique)

Ronan Dantec (sénateur ECOLO de la Loire-Atlantique)

 

 

Marc Daunis (sénateur SOC des Alpes-Maritimes)
Annie David (sénatrice CRC de l’Isère)

Florence Delaunay (députée SER des Landes)
Guy Delcourt (député SER du Pas-de-Clais)

Michel Delebarre (sénateur SOC du Nord, ancien ministre)
Michelle Demessine (sénatrice CRC du Nord, ancienne ministre)
Françoise Descamps-Crosnier (députée SER des Yvelines)
Jean Desessard (sénateur ECOLO de Paris, Président du groupe)
Félix Desplan (sénateur SOC de la Guadeloupe)
Evelyne Didier (sénatrice CRC de la Meurthe-et-Moselle)
Marc Dolez (député GDR du Nord, PCF-Front de Gauche)
Françoise Dubois (députée SOC de la Sarthe)
Cécile Duflot (députée NI de Paris, ancienne ministre)
William Dumas (député SER du Gard)
Laurence Dumont (députée SER du Calvados, Vice-présidente de l’Assemblée nationale)
Jérôme Durain (sénateur SOC de la Saône-et-Loire)
Alain Duran (sénateur SOC de l’Ariège)
Josette Durrieu (sénatrice SOC des Hautes-Pyrénées)
Vincent Eblé (sénateur SOC de la Seine-et-Marne)
Anne Émery-Dumas (sénatrice SOC de la Nièvre)
Frédérique Espagnac (sénatrice SOC des Pyrénées-Atlantiques)
Christian Favier (sénateur CRC du Val-de-Marne)
Corinne Féret (sénatrice SOC du Calvados)
Hervé Féron (député SER de la Meurthe-et-Moselle)
Jean-Jacques Filleul (sénateur SOC d’Indre-et-Loire)
Thierry Foucaud (sénateur CRC de Seine-Maritime, Vice-président du Sénat)
Jacqueline Fraysse (députée GDR des Hauts-de-Seine, Front de Gauche)
Samia Ghali (sénatrice SOC des Bouches-du-Rhône)
Jean-Patrick Gille (député SER d’Indre-et-Loire)
Dominique Gillot (sénatrice SOC du Val-d’Oise, ancienne ministre)
Joël Giraud (député RRDP des Hautes-Alpes)
Jean-Pierre Godefroy (sénateur SOC de la Manche)
Brigitte Gonthier-Maurin (sénatrice CRC des Hauts-de-Seine)
Sylvie Goy-Chavent (sénatrice UDI-UC de l’Ain)
Chantal Guittet (députée SER du Finistère)
Mathieu Hanotin (député SER de la Seine-Saint-Denis)
Claude Haut (sénateur SOC du Vaucluse)
Odette Herviaux (sénatrice SOC du Morbihan)
Gélita Hoarau (sénatrice CRC de La Réunion)
Gilda Hobert (députée RRDP du Rhône)
Robert Hue (sénateur RDSE du Val-d’Oise)
Michel Issindou (député SER de l’Isère, Président du groupe d’études à vocation internationale France-Palestine)
Gisèle Jourda (sénatrice SOC de l’Aude)

Philippe Kaltenbach (sénateur SOC des Hauts-de-Seine)
Antoine Karam (sénateur SOC de la Guyane)
Bariza Khiari (sénatrice SOC de Paris)
Georges Labazée (sénateur SOC des Pyrénées-Atlantiques)
Joël Labbé (sénateur ECOLO du Morbihan)
Françoise Laborde (sénatrice RDSE de Haute-Garonne)
Serge Larcher (sénateur SOC de la Martinique)
Jean-Luc Laurent (député SER-A du Val-de-Marne)
Pierre Laurent (sénateur CRC de Paris, PCF-Front de Gauche)
Dominique Lefebvre (député SER du Val-d’Oise)
Michel Le Scouarnec (sénateur CRC du Morbihan)


Claudine Lepage (sénatrice SOC des Français établis hors de France)
Marie-Noëlle Lienemann (sénatrice SOC de Paris, ancienne ministre)
Jeanny Lorgeoux (sénateur SOC du Loir-et-Cher)
Jean-Jacques Lozach (sénateur SOC de la Creuse)
Roger Madec (sénateur SOC de Paris)
Philippe Madrelle (sénateur SOC de la Gironde)
Noël Mamère (député NI de la Gironde)
François Marc (sénateur SOC du Finistère)
Didier Marie (sénateur SOC de la Seine-Maritime)
Rachel Mazuir (sénateur SOC de l’Ain)
Michel Ménard (député SER de la Loire-Atlantique)
Michelle Meunier (sénatrice SOC de la Loire-Atlantique)
 

Jacques Mézard (sénateur RDSE du Cantal, Président du groupe)
Danielle Michel (sénatrice SOC des Landes)
Thani Mohamed Soilihi (sénateur SOC de Mayotte)
Alain Néri (sénateur SOC du Puy-de-Dôme)
François Patriat (sénateur SOC de la Côte-d’Or, ancien ministre)
Marie-Françoise Perol-Dumont (sénatrice SOC de la Haute-Vienne)
Hervé Poher (sénateur ECOLO-R du Pas-de-Calais)
Patrice Prat (député NI du Gard)
Christophe Premat (député SER des Français établis hors de France)
Christine Prunaud (sénatrice CRC des Côtes-d’Armor, PCF-Front de Gauche)
Monique Rabin (députée SER de la Loire-Atlantique)
Daniel Raoul (sénateur SOC du Maine-et-Loire)
Daniel Reiner (sénateur SOC de la Meurthe-et-Moselle)
Jean-Luc Reitzer (député LR du Haut-Rhin)
Stéphanie Riocreux (sénatrice SOC d’Indre-et-Loire)
Evelyne Rivollier (sénatrice CRC de la Loire, PCF-Front de Gauche)
Sylvie Robert (sénatrice SOC d’Ille-et-Villaine)
François Rochebloine (député UDI de la Loire)
Barbara Romagnan (députée SER du Doubs)
Yves Rome (sénateur SOC de l’Oise)
Gwendal Rouillard (député SER du Morbihan)
Jean-Louis Roumégas (député NI de l’Hérault)
Nicolas Sansu (député GDR du Cher, PCF-Front de Gauche)
Eva Sas (députée NI de l'Essonne)
Henri Tandonnet (sénateur UDI-UC de Lot-et-Garonne)
Catherine Tasca (sénatrice SOC des Yvelines, ancienne ministre)
Thomas Thévenoud (député NI de la Saône-et-Loire, ancien ministre)
Nelly Tocqueville (sénatrice SOC de Seine-Maritime)
Jean-Louis Tourenne (sénateur SOC d’Ille-et-Villaine)
René Vandierendonck (sénateur SOC du Nord)
Bernard Vera (sénateur CRC de l’Essonne)
Jean-Pierre Vial (sénateur LR de la Savoie)
Maurice Vincent (sénateur SOC de la Loire)
Michel Voisin (député LR de l’Ain)
Dominique Watrin (sénateur CRC du Pas-de-Calais)
Evelyne Yonnet (sénatrice SOC de la Seine-Saint-Denis)
Richard Yung (sénateur SOC des Français établis hors de France).

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 13:40

L’HUMANITE

Vendredi 24 Février 2017

ALEXANDRA CHAIGNON

 

On a cru pouvoir mettre en place une agriculture à moindre coût. Il n'en est rien. Rechercher à tout prix à produire des aliments tout-venant conforte un modèle à bout de souffle qui pollue, met en danger les paysans et réduit la biodiversité.

L'agriculture intensive permet de faire baisser les prix, entend-on souvent. Eh bien, c'est faux. En plus de s'accaparer les terres, de comprimer les prix et donc les revenus des paysans, ce mode de production sature l'environnement de nitrates et de pesticides, détruit l'emploi et les campagnes pour le plus grand bénéfice des fonds d'investissement et des industries agroalimentaires. Décryptage de tous ces coûts cachés.

1 - POLLUTION DE L'EAU, DES SOLS... UN COÛT ENVIRONNEMENTAL ÉLEVÉ

Qui dit production intensive dit pollution de l'eau et des sols. Les engrais azotés contribuent ainsi à 22 % des émissions d'ammoniac, les déjections animales et leur épandage à 75 %, rappelle l'Ademe. L'agriculture produit aussi 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Selon le Commissariat général au développement durable (CGDD), les « externalités environnementales » (pollution de l'eau, de l'air, des sols ainsi que les gaz à effet de serre et les atteintes multiples à la biodiversité) représentent plusieurs milliards d'euros. La dépollution des eaux coûterait entre 220 millions et 510 millions d'euros. Sans compter les millions d'euros liés au ramassage des algues vertes ni les autres ravages sur la biodiversité. Le CGDD évoque par ailleurs « le coût des contentieux communautaires » liés aux directives sur la qualité de l'eau. « Le contentieux entre la France et l'Europe sur la pollution aux nitrates a été levé il y a quelques semaines, mais la France a juste modifié son texte du plan nitrate. Elle doit encore faire ses preuves. Et cela peut coûter très cher », prévient Cyrielle Denhartigh, spécialiste agriculture et changements climatiques au sein du Réseau Action Climat.

 

2 - UNE CATASTROPHE ÉCOLOGIQUE ET SANITAIRE AVÉRÉE

Les substances phytosanitaires (herbicides, insecticides, fongicides) ont également un impact sur notre santé. En 2013, une étude de l'Inserm a mis en évidence une quinzaine de pathologies (cancers, maladies neurologiques ou troubles de la reproduction) qui ont un lien présumé avec les pesticides. Mais ces derniers ne se limitent pas aux champs : en mangeant des aliments traités, les consommateurs se retrouvent exposés aux produits phytosanitaires... Autres risques sanitaires, pas forcément chiffrables : la concentration d'animaux dans les grandes exploitations entraîne une surconsommation médicamenteuse (antibiotique et anti-infectieux), qu'on retrouvera dans la viande et les déjections. « En matière de santé, les conséquences commencent à être chiffrées », précise Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles au sein de France Nature Environnement (FNE). Les engrais et les excréments des animaux forment un cocktail explosif, l'ammoniac, qui, associé à l'air déjà pollué de l'industrie, crée des particules fines particulièrement dangereuses pour la

santé : 48 000 décès prématurés sont imputables chaque année à l'exposition aux particules fines en France !

 

3 - L'INDUSTRIALISATION AU MÉPRIS DE L'EMPLOI

« Chaque fois qu'une ferme grossit, on perd de l'emploi. 20 fermes de 50 vaches, c'est plus de 40 emplois. Une ferme de 1 000 vaches, c'est quatre fois moins et une qualité de travail dégradée », lâche Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, qui parle de « casse sociale ». « L'agrandissement des élevages est sous-tendu par une mécanisation et une robotisation à l'extrême qui a une conséquence sur l'emploi », insiste-t-il. « Si on prend l'exemple du lait, l'horizon actuel, c'est un emploi pour un million de litres de lait dans les fermes-usines, contre un emploi pour 250 000 litres en production classique », illustre le syndicaliste. « Le montage des holdings, dans le cas des fermes-usines, vient aussi court-circuiter les cotisations MSA, garantes de la solidarité entre paysans », précise Michel Limes, porte-parole de la Confédération paysanne de Corrèze. Et de souligner le risque, dans ce type d'exploitation XXL, que l'agriculture ne devienne un sous-produit d'activités plus lucratives, comme la production d'énergie.

 

4 - DES CONSOMMATEURS IMPACTÉS PAR UNE PSEUDO-RENTABILITÉ

Produire toujours plus à grande échelle pour produire à moindre coût et proposer une alimentation bon marché. Tel est le credo du modèle intensif, qui s'appuie sur les intrants, la mécanisation et les aides publiques. « Ce discours est encore très ancré », estime Jean-Claude Bévillard. Sauf que, les objectifs résidant dans l'augmentation des volumes de production pour se positionner sur un marché mondial spéculatif, les cours peuvent varier du simple au double. Ainsi, le froid de ce début d'année en Espagne a détruit une large part des cultures de fruits et légumes. Résultat : l'ensemble des produits alimentaires en provenance d'Espagne ont vu leur prix augmenter. Et ce sont les consommateurs qui en font les frais. « Entre le prix payé au paysan et le prix dans les rayons, il y a une marge considérable », insiste JeanClaude Bévillard. « Le contribuable est en devoir d'exiger des comptes, car il paye deux, voire trois fois : en tant que subventionneur, pour réparer les dégâts et quand il achète son produit », estime Laurent Pinatel. D'où la crainte que l'accord de libre-échange Tafta entre l'Europe et les ÉtatsUnis ne renforce cette logique du « produire toujours plus » ainsi que l'emprise des multinationales.

 

_________________________________________________________

 

2,5 MILLIONS C'EST LE NOMBRE DE PERSONNES SOUFFRANT DE DIABÈTE EN FRANCE.

20 % C'EST LA PROPORTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE PROVENANT DU SECTEUR AGRICOLE, PRINCIPAL ÉMETTEUR DE MÉTHANE (ÉLEVAGE) ET DE PROTOXYDE D'AZOTE (ENGRAIS).

2 MILLIONS D'EUROS C'EST LE COÛT DU RAMASSAGE DES ALGUES VERTES DOPÉES PAR LES NITRATES.

ENTRE 260 ET 660 MILLIONS D'EUROS C'EST LE SURCOÛT ENGENDRÉ CHAQUE ANNÉE PAR LA POLLUTION DE L'EAU PAR LES PESTICIDES.

33 MILLIONS C'EST LE NOMBRE DE PERSONNES QUI, EN FRANCE, POURRAIENT ÊTRE EN SURPOIDS EN 2030 SELON LES DONNÉES PRÉVISIONNELLES.

10 FOIS PLUS C’EST CE QU’ÉMET COMME GAZ À EFFET DE SERRE UNE TOMATE PRODUITE HORS SAISON SOUS SERRE CHAUFFÉE, PAR RAPPORT À UNE TOMATE PRODUITE EN SAISON SOUS SERRE NON CHAUFFÉE.

95 % C’EST LA PROPORTION D’ÉMISSIONS D’AMMONIAC D’ORIGINE AGRICOLE, DONT 80 % PROVIENNENT DE L’ÉLEVAGE.

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 13:34

L’INSEE publie un document de 220 pages sur l’évolution de la situation du logement en France.

Tandis que l’emploi se précarise, l’accession à la propriété s’est ralentie depuis une quinzaine d’années et le loyer des locataires absorbe une part croissante des leurs revenus mensuels.

L’institut national de la statistique et des recherches économiques (INSEE) publie un document sur les conditions de logement en France. Elle nous éclaire sur la manière dont les Français ont accédé au loge­ment entre 1984 et 2013 inclus. Mais elle n’a pas étudié des sujets pourtant essentiels en ce début de XXIe siècle marqué par le réchauffement climatique en France. Alors que la distance moyenne entre le lieu de résidence et le lieu de travail des actifs ne cesse d’augmenter, l’INSEE ne traite pas ce sujet dans son étude et omet de s’interroger sur les rai­sons de la déprise immobilière dans cantons ruraux, les petites villes et certaines villes moyennes.

En dépit de ce travail inachevé ou incomplet pour qui nous prive d’une vue complète de la situation du logement en France, cette étude nous montre que l’on a beaucoup construit depuis trente ans, sans faire disparaître les zones de tensions dans lesquelles l’accès au logement est difficile et cher, que ce soit en location ou en accession à la propriété.

En 2013, on comptait 28 millions de résidences principales en France métropolitaine. Le nombre de logements a augmenté de 80% depuis 1968 alors que la population n’a augmenté que de 30%. Mais on comptait une moyenne de 2,3 personnes par logement en 2013 contre 3 personnes en 1968. Entre 1984 et 2013, la surface moyenne par per­sonne a augmenté de 9 m2. La place prise par les maisons individuelles a favorisé ce processus. Mais nous assistons aussi à un vieillissement de la population avec une réduction de la taille des ménages, cette dernière étant aussi favorisée par les divorces et autres séparations.

Les propriétaires occupants constituaient 58% des ménages français en 2013 contre 48% en 1973. Cela ne veut pas dire qu’il devient plus facile d’accéder à la propriété. C’est même le contraire bien souvent. Entre 1984 et 1988, l’évolution de la courbe des ménages propriétaires et celle de la courbe des ménages accédant à la propriété en cours d’année est en hausse de manière presque parallèle. Entre 1989 et 1996 la courbe des nouveaux accédants baisse alors que celle de la totalité des propriétaires augmente. La courbe des nouveaux accédants pro­gresse à nouveau de 1997 à 2001, puis régresse régulièrement depuis cette date bien que le nombre total de propriétaires continue d’augmenter.

L’explication de cette divergence des courbes est imputable à l’évolution du prix des logements et probablement à la précarisation de l’emploi, cette dernière donnée étant occultée par l’INSEE. Mais, entre 1996 et 2016, l’Institut nous dit que « le prix des logements anciens a été multiplié par 2,5. Pour un accédant récent à la propriété, le prix d’achat représentait 3,3 années de revenu à la fin du siècle dernier, il correspond à 4,7 années en 2013. L’allon­gement de la durée des emprunts et la baisse des taux d’intérêt n’ont qu’en partie compensé la hausse des prix. Il a fallu maintenir un taux d’apport personnel élevé. L’aide des parents, la nécessité d’avoir deux apporteurs de ressources et un emploi stable sont devenus des conditions plus prégnan­tes », nous dit l’INSEE.

Ajoutons que peu de ménages ont la chance d’avoir « deux apporteurs » dont le salaire du second s’élèverait par exemple à 6.900€ par mois, comme ce fut le cas pour Penelope Fillon entre 2002 et 2007 quand elle « travaillait » dans la Sarthe pour le député Marc Joulaud tout en habitant à Paris avec le ministre du Travail François Fillon. C’est peut-être en raison de la dure réalité vécue par le plus grand nombre que la France de propriétaires que voulait Nicolas Sarkozy en 2007, puis en 2012, puis enfin lors de la campagne de la primaire de la droite en 2016 n’a même pas été entendue par les électeurs de droite en novembre dernier.

Si devenir propriétaire est plus difficile qu’avant, les choses vont aussi de mal en pis pour les locataires. Toujours entre 1996 et 2016 « les prix à la consommation ont augmenté de 31%, le revenu disponible brut par ménage de 40% et les loyers de 46%», selon l’INSEE. Dans le même temps « la catégorie des locataires s’est paupérisée relativement au reste de la population, car elle s’est progressivement vidée des ménages les plus aisés, qui ont pu accéder à la propriété. Les dépenses des locataires (loyers, charges, chauffage, taxe d’habitation) ont évolué plus rapidement que leurs revenus depuis 2001. Le taux d’effort, c’est-à-dire la part du revenu consacrée aux dépenses de logement des locataires, a fortement augmenté. Il est de 28,4% en 2013 dans le secteur libre et de 24,1% dans le secteur social », peut-on lire dans le document rendu public par l’INSEE.

Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, les disposi­tifs de défiscalisation offerts depuis 1995 aux investisseurs privés qui ont acheté des logements neufs pour les louer ont favorisé la mise en place d’une double peine pour les locataires. Ils paient leur loyer de plus en plus cher et l’Aide personnalisée au logement (APL), si elle rend 95% d’entre eux solvables vaille que vaille, n’est finalement qu’un transfert qui termine son parcours sur le compte en banque du bailleur.

Voilà de quoi interpeller les candidats à l’élection présidentielle comme les candidats à la députation cette année n

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 19:43
Discours de François Ruffin à la cérémonie des César salle Pleyel samedi 25 février, récompensé pour le formidable "Merci Patron!" du prix du meilleur documentaire 2016 (500 000 entrées)
  François Ruffin, patron du journal “Fakir”, a reçu le césar du meilleur documentaire pour son film “Merci Patron !”, qui a fait plus de plus de 500 00 entrées en 2016. Arborant un t-shirt à l'effigie de Vincent Bolloré (à la place de son habituel t-shirt Bernard Arnault), il s'est lancé dans un discours forcément très engagé.

« Mon film, il parle d'une usine qui part en Pologne et qui laisse derrière un paquet de misère et un paquet de détresse. Et au moment où je vous parle, c'est une usine d'Amiens, qui s'appelle Whirlpool, qui fabrique des sèche-linges, qui subit la même histoire puisque maintenant ça part là aussi en Pologne. Il y a quinze ans, j'étais déjà à Amiens, c'était le lave-linge qui partait en Slovaquie, j'ai connu Continental qui est parti en Roumanie, Goodyear parti en Pologne… Ça fait maintenant trente ans que ça dure dans l'ameublement, dans le textile, dans la chimie, dans la métallurgie, ainsi de suite. Pourquoi ça dure depuis trente ans ? Parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés, et donc on n'en a rien à foutre. Si c'étaient des acteurs qui étaient mis en concurrence de la même manière avec des acteurs roumains, ça poserait problème immédiatement. Si c'étaient des journalistes, quand on touche à l'avance fiscale des journalistes, ça fait des débats, y'a des tribunes dans les journaux. Mais imaginons que ce soient les députés, qu'on dise les députés ne sont pas assez compétitifs. Un député français coûte 7610 euros par mois, un député polonais coûte 2000 euros par mois. Et encore, je suis modéré, parce qu'au Bangladesh, un député c'est 164 euros. Mais imaginons qu'on dise : demain, il faut délocaliser l'hémicycle à Varsovie. Immédiatement, y'aurait des débats à l'Assemblée nationale, y'aurait un projet de loi. Ça fait quarante ans que ça dure pour les ouvriers, et y'a pas de projet de loi. Donc dans ce pays, y'a peut-être des sans-dents, y'a surtout des dirigeants sans cran. Donc François Hollande, maintenant, il a l'occasion de montrer sur le dernier fil que son adversaire, c'est la finance, qu'il peut faire des réquisitions, qu'il peut interdire les produits Whirlpool sur le territoire français. Qu'il puisse sortir de l'impuissance et se bouger le cul. » 

François Ruffin sera coupé par la musique au moment de remercier la famille Klur, les héros de son film, et Marie-Hélène Bourlard, la déléguée CGT.

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 09:12
Soins dentaires, le reste-à-charge, c'est trop! (dossier de Daniel Roucous dans L'Humanité)

Soins dentaires, le reste-à-charge c’est trop!

Daniel Roucous
Vendredi, 17 Février, 2017
CISS

La sécu, les mutuelles et les dentistes n’arrivent pas à s’entendre pour faire payer moins chers les soins dentaires. Voici pourquoi et comment diminuer le reste-à-charge.

Qu’est-ce qui se passe entre la sécu et les chirurgiens-dentistes ?

L’UNCAM (union nationale des caisses d’assurance maladie), les chirurgiens dentistes et l’UNOCAM (union nationale des complémentaires santé) négocient la future convention nationale CPAM/Chrirugiens-dentistes.

La sécurité sociale (UNCAM) propose aux chirurgiens-dentistes une hausse des tarifs des soins les plus courants (caries, détartrage, reconstitution de dents etc.) en échange d’un plafonnement des prix des couronnes, bridges et prothèses.

Pas d’accord, les chirurgiens-dentistes ont quitté la table de la dernière

Leurs syndicats estiment dans un que ces propositions de tarification-sécu sont "déconnectés parce qu’ils ne tiennent pas compte des innovations techniques et plus onéreuses ». Ils n’acceptent pas non plus qu’un règlement arbitral se substitue à la convention en cas d’échec des négociations. En conséquence, ils appellent à une manifestation le 3 mars.

C’est également pour cette raison que les étudiants en chirurgie dentaire sont en grève depuis le 13 janvier. Ils considèrent selon qu’une telle proposition de l’UNCAM « ne nous donne pas les moyens d’appliquer ce que l’on apprend depuis six ans à l’université. » Cependant, conscients que les coûts des soins dentaires, des prothèses, bridges et couronnes sont un frein pour les patients, ils demandent « un vrai investissement dans les soins de prévention ».

A propos de la prévention,  l’UNOCAM (mutuelles), premier financeur des soins dentaires, s’est donnée pour but, lors de ces négociations conventionnelles, "d’améliorer son accès ainsi que la qualité des soins". Pour atteindre cet objectif, elle estime que « les partenaires conventionnels (sécu, mutuelles et dentistes) doivent rééquilibrer le modèle économique de l’activité dentaire, entre prévention et soins conservateurs et chirurgicaux d’une part et prothétiques et d’implantologie d’autre part. » Elle désapprouve également la nomination d’un arbitre pour imposer une convention nationale.

 

Et les patients dans tout ça ?

Les tarifs prohibitifs des couronnes,  bridges,  prothèses dentaires et implants ajoutés au dépassement d’honoraires ont pour effet de priver de soins de plus en plus de patients ou de les envoyer vers des centres low cost voire se faire soigner à l’étranger parce que c’est moins cher.

Surtout que la sécu rembourse peu comme nous le précisions dans notre article "soins dentaires, combien remboursent la sécu et les mutuelles ?"

On peut aussi s’interroger sur le fait que ces tarifs engendrent des inégalités territoriales. Exemple : le tarif moyen d’une couronne varie de 327 à 686 euros en Province contre 369 à 1 090 euros à Paris.

Certes les mutuelles compensent la faible prise en charge de l'assurance maladie en remboursant, en tout ou partie, le reste à charge. Mais il faut avoir une mutuelle haut de gamme et donc coûteuse pour être bien remboursé. Ce qui n’est pas le cas des puisque le minimum prévu par la loi est fixé à  125% du tarif conventionnel de l’assurance maladie ! Et bien évidemment tout dépend de la mutuelle souscrite comme l'atteste, encore une fois, cet exemple de

De toute façon,  ce sont les patients qui cotisent et donc financent les mutuelles et tous n’en ont pas !

Question : les mutuelles sont-elles en train de compenser l’écart entre la faible prise en charge par l’assurance maladie dont le taux moyen est passé de 36% il y a 10 ans à 33% aujourd’hui et les coûteux soins et honoraires des dentistes ?

 

Le reste à charge en question ?

Le  des soins dentaires vient d’être chiffré à 1 920 euros en moyenne par le CISS (Collectif inter-associatif sur la santé).

Dans un manifeste des droits des malades, ce collectif interpelle les candidats aux Présidentielles notamment des soins dentaires. Il se fait l'écho des patients et leur suggère quelques propositions.

Cet important reste à charge du patient est confirmé par un qui atteste que si le reste à charge des assurés sociaux a légèrement diminué, ce n’est pas le cas pour les soins dentaires.

Rappelons quand même que la Cour des comptes a épinglé les tarifs pratiqués par les chirurgiens dentistes au 

Dans son qui montre du doigt le train de vie de leur Ordre national, elle leur demande  de « retrouver le sens de leurs missions de service public » et leur rappelle les obligations auxquelles ils sont tenus par leur : « Le chirurgien-dentiste doit toujours déterminer le montant de ses honoraires avec tact et mesure."

Egalement les devoirs auxquels ils sont tenus en notamment les titulaires de la

 

Quelles conséquences pour les assurés sociaux ?

17,5% des assurés sociaux  renoncent aux soins dentaires de base, 68% renoncent à la pose d’une couronne, d’un bridge ou d’un implant… soit 4,7 millions de personnes. Et encore, tous ces chiffres extraits du rapport de la Cour des comptes datent de 2012.

De plus en plus d’assurés sociaux se tournent vers l’un des 700 centres dentaires « low cost ». Ce qui n’est pas toujours sans risque comme nous l’avions écrit dans nos colones

Autre pratique pour se soigner moins cher : le « tourisme dentaire » dont les principales destinations sont l’Espagne, la Hongrie et le Portugal comme indiqué dans ce

Ce d’autant que c’est remboursé par la sécurité sociale et par les mutuelles dans certaines conditions que nous rappelons ici

Ces soins low cost (en France comme à l'étranger) concernent surtout les implants, inabordables en France et non remboursés sauf par certaines mutuelles.

 

Existe-t-il des solutions pour une meilleure prise en charge ?

Vous l’avez lu ci-avant, la sécurité sociale propose un plafonnement des tarifs des prothèses, couronnes et bridges. But : rendre les soins plus abordables et lutter contre le renoncement. Mais son taux moyen de prise en charge a baissé de 36 à 33% et il reste faible.

Les patients ont également des attentes sur un certain nombre de soins encore « hors nomenclature » et donc non pris en charge. Il s’agit de soins de prévention comme la parodontie pour éviter que les gencives se détériorent, engendrant la nécessité de soins lourds comme les implants dont les tarifs sont inabordables.

Autres recommandations préconisées par la Cour des comptes :

- « plafonner par la voie législative les tarifs des actes prothétiques les plus fréquents,

- mettre en place un conventionnement sélectif des chirurgiens dentistes comme le permet la loi de financement pour 2016 (non appliquée NDLR),

- publier sans délai le décret fixant, dans les contrats responsables, des plafonds aux tarifs pris en charge par les organismes d’assurance complémentaire en matière de soins bucco-dentaires,

- réorganiser les financements entre l’assurance maladie et les complémentaires santé, les premières finançant à 100% un suivi annuel obligatoire et les soins conservateurs associés, les secondes prenant à charge le financement des soins prothétiques au premier euro. »

Sans oublier les propositions du CISS indiquées ci-avant.

 

Complément d'information

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