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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 05:43

 

Willy Pelletier Sociologue et coordinateur de la Fondation Copernic

Vous avez, avec Daniel Gaxie, coordonné l’ouvrage Que faire des partis politiques ? , l’aboutissement d’un travail mené par la Fondation Copernic après le séisme politique de 2017. Ce livre tranche avec le chant funèbre sur la mort des partis et appelle plutôt à les transformer. Quel était l’objectif de votre démarche ?

Willy Pelletier Depuis trop longtemps, nous perdons face au libéralisme. La civilisation sociale conquise par les luttes d’hier est détruite. Dans ce cadre, nous avons besoin des partis. Mais ils manquent à leur efficacité. Surtout ceux de gauche. Notre objectif était de comprendre pourquoi les partis sont devenus de moins en moins représentatifs. Cela n’était possible qu’en croisant les regards de sociologues, d’historiens et de militants, ou d’ex, issus de partis très divers. Le livre est bâti sur ce dispositif. Et sur un savoir engagé, qui ouvre des pistes pour rendre les partis davantage en prise avec les milieux populaires.

Alors, quels sont les mécanismes qui ont généré une telle crise des partis politiques, qui structuraient jusqu’à présent la vie politique française ?

Willy Pelletier Les partis ne sont pas en voie de disparition. Ils sont en voie d’autonomisation renforcée, ce qui est totalement différent. Ils s’autonomisent, de plus en plus, vis-à-vis des secteurs sociaux auxquels ils étaient auparavant attachés. Cette autonomisation est autorisée par la surabondance des financements publics, qui leur permet de fonctionner avec de moins en moins d’adhérents, mais de fonctionner comme structure solide, vecteur de carrières politiques.

Max Weber définissait les partis politiques comme une entreprise des intéressés. Aujourd’hui le cercle des intéressés est toujours plus réduit, mais aussi plus endogame. Aux étages supérieurs des partis, les « grands élus » n’ont jamais exercé d’autre métier que l’activité politique. Leurs collaborateurs ne sont plus d’abord des militants formés, promus par les partis. Ils sont formés par l’école, l’université, avec la reproduction des inégalités de capital culturel que cela induit et la sélection sociale que cela produit. La grande majorité des élus ne sont pas issus des milieux populaires et ne connaissent, dans leur entourage, que très rarement des ouvriers, des employés, des locataires en galère… Les professions intermédiaires, ouvriers et employés, constituent 75 % de la population, mais seul un député sur vingt provient de ces catégories.

L’autonomisation joue aussi en interne, au sein des partis : les professionnels de la politique s’autonomisent et réduisent les militants à n’être que ressources humaines pour les soutenir. Ils font tourner les partis pour leurs bénéfices propres (se faire élire et réélire sans cesse) et l’activité s’y technicise, ajustée à leurs besoins. Ne peuvent ainsi y jouer un rôle que les mieux dotés en capitaux culturels. Et, parallèlement, tous les à-côtés militants, la convivialité, les fêtes, où s’exprimaient des sociabilités populaires, sont disqualifiés. Alors les milieux populaires s’y retrouvent (en tous les sens du terme) de moins en moins.

Les partis font en même temps appel, de façon croissante, à des entreprises de services politiques, qui prospèrent en assurant des tâches hier confiées aux militants : dans la communication, le marketing politique, l’événementiel, le collage, la sécurité. Les sondeurs payés se substituent aux ancrages militants de terrain. Une telle externalisation dépossède les militants de l’activité partisane.

La conjugaison de ces processus, et bien d’autres que nous décrivons, par lesquels les partis s’autonomisent et par lesquels les « noblesses de parti » s’autonomisent, accélèrent l’exit et le désinvestissement des membres des milieux populaires.

Peut-on mettre tous les partis dans le même panier ? Ces grilles d’analyse sont-elles valables pour l’ensemble du champ politique ?

Willy Pelletier Tous les partis de gauche affrontent une fuite des militants, ils perdent des électeurs. Et ils sont fort discrédités en milieu populaire. Ce qu’on peut comprendre : à l’aune des vies concrètes, en quoi ont-ils empêché la baisse du pouvoir d’achat, le durcissement des conditions de travail, le logement cher, le déclin des services publics, l’affaissement des protections collectives ?

Tous se présidentialisent, ce qui transforme les affron­tements politiques en soap opéra.

Les primaires se généralisent et dévaluent le militantisme. À quoi bon adhérer à un parti si ce n’est pas lui qui désigne son candidat ? Qui choisit ? Des campagnes de pub externes, des unes de Paris Match, les sondeurs ? Les candidats des primaires font leurs propres programmes, les élus s’en affranchissent… Alors, à quoi servent le travail programmatique des partis et les débats sur leurs lignes ?

Les « représentants » issus des partis ne représentent plus. La démocratie soi-disant représentative est ainsi, de plus en plus, objectivement censitaire. Les milieux populaires en sont toujours davantage exclus et ne votent plus. Sans parler des personnes immigrées qui, parfois, dans les communes, forment plus de la moitié de la population, paient leurs impôts et n’ont pas le droit de vote.

Les modernisations libérales exacerbent les concurrences dans et pour l’emploi, insécurisent les carrières, les avenirs, explosent les collectifs de travail. Les partis devraient être des lieux où se construisent des intérêts communs aux milieux populaires, où les misères particulières, les souffrances vécues séparément auraient fait cause commune. Ils en sont loin.

Ils n’arrivent plus à le faire ou ils ont renoncé à le faire ?

Willy Pelletier Nous plaidons en tout cas, dans ce livre, pour que les permanences des partis de gauche servent aux milieux populaires et que s’y organisent des aides et secours concrets : des aides aux devoirs, à la manipulation des ordinateurs et d’Internet, des covoiturages, des échanges de services (régler un problème de plomberie ou d’électricité…), des prêts d’outils, des consultations médicales gratuites, des bilans des droits sociaux non utilisés, une assistance pour remplir des formulaires, des microprêts monétaires en situation d’urgence absolue, des bourses de vêtements gratuits, des intermédiations auprès des bailleurs sociaux, d’ERDF, des banques, des élus, des impôts, des CAF, des accompagnements à Pôle emploi, des prépa­rations d’entretiens d’embauche, etc. Les équipes militantes en sortiraient renouvelées, renforcées par leur utilité populaire, rehaussées dans leur légitimité. Les partis, à présent désinvestis, ­seraient peut-être réinvestis.

On constate en Europe l’émergence de formes alternatives d’organisations politiques. Les « mouvements » sont-ils appelés à remplacer les partis et quelles en seraient les conséquences ?

Willy Pelletier Les mouvements revendiquent la souplesse, l’organisation en réseau, la dématérialisation, la numérisation… autant de techniques de management néolibéral qui depuis longtemps renforcent la hiérarchisation au travail. Dans les mouvements, à ce jour, les formes démocratiques des anciens partis ne sont guère respectées : pas d’adhésion donnant droit à tendance, pas de débat concurrentiel pour définir une ligne, pas de sélection des dirigeants à la suite de la délibération des militants sur la ligne…. Ces mouvements, pour reprendre la formule de Robert Michels, sont « voués et dévoués à l’amour du chef ». Les militants n’y ont aucun contrôle sur les dirigeants. Le tirage au sort de militants dénués d’expérience, pour la fabrication des programmes ou des listes, laisse aux maîtres d’œuvre le loisir de les composer à leur main. Les militants deviennent de simples figurants du jeu sérieux qui se décide au sommet. Les mouvements restent à démocratiser.

 

Fête de l'humanité 2018. En débat à L’agora de l’Humanité

Samedi à 11 h 40 : « Les partis politiques ont-ils un avenir ? » avec Willy Pelletier et Frédéric Sawicki.

Entretien réalisé par Maud Vergnol

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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 05:40

TRIBUNE - Treize élus de Paris et de la Métropole du Grand Paris répondent à la vingtaine de députés de La République en marche qui souhaitaient, dimanche dernier dans le JDD, "aller plus loin" dans l'ouverture dominicale des commerces.

 

Des élus parisiens de gauche répondent à députés LREM et demandent à "restreindre la loi sur le travail dominical". (Sipa)

 

Des élus "obsédés par l’attractivité commerciale", qui "n’engagent aucune réflexion sur le pouvoir d’achat des clients comme des salariés". Voilà comment des élus parisiens de gauche, autour du président du groupe communiste Nicolas Bonnet Oulaldj, qualifient des députés de La République en marche qui militent pour l'extension du travail dominicale. A leur tour, ces responsables du PCF, écologistes ou issus du mouvement de Benoît Hamon prennent la parole dans la JDD pour répondre à cette vingtaine d'élus macronistes qui souhaitaient, la semaine dernière dans nos colonnes, "aller plus loin" dans l'ouverture des commerces le dimanche.

Une société qui "verra définitivement le consommateur remplacer le citoyen"

"Une poignée de députés LREM, dont Buon Tan, élu de Paris, appelait dimanche dernier dans ces ­colonnes à "aller plus loin" dans les possibilités d'ouverture dominicale des commerces. Le plus intéressant dans leur texte n'est pas ce qui y figure mais bien ce qui est omis. Les chiffres avancés (recettes des magasins, nombre ­d'emplois créés) ne reposent sur ­aucune donnée fiable. À aucun moment les signataires ne posent les questions ­essentielles. Ils ne précisent pas combien d'emplois ont été supprimés dans les commerces situés en dehors des zones touristiques internationales (ZTI) depuis le vote de la loi Macron de 2015; ni quelle a été la progression globale du chiffre d'affaires dans les ZTI.

Bien entendu, ils n'engagent aucune réflexion sur le pouvoir d'achat des clients comme des salariés. Si ces derniers sont autant "friands" du travail du dimanche, les auteurs ne peuvent-ils décemment admettre que c'est bien parce que les salaires dans le commerce sont ridiculement bas? Et ils osent parler de choix et d'enthousiasme!

Si de nombreux commerces de proximité ferment ou se transforment à Paris, il faut en voir les causes dans la concurrence effrénée entre les grands groupes qui dictent leur rythme à l'ensemble du secteur commercial mais aussi dans le prix du foncier et l'atonie du pouvoir d'achat.

Il faut également lire entre les lignes quand les auteurs comparent Paris à d'autres capitales européennes. Sans vouloir préserver la diversité commerciale de nos villes, ces porte-serviettes des grandes enseignes défendent les intérêts de ces marques mondialisées qui asphyxient nos villes par leur uniformité.

Ceux qui travaillent le dimanche seront privés de ce moment de respiration qui permet d'avoir du temps

Si la loi Pacte exauce le vœu de ces 22 parlementaires, les petits commerçants qui font la vie de nos quartiers y perdront. Et ils ne seront pas les seuls. Ceux qui travaillent le ­dimanche seront privés de ce moment de respiration qui permet d'avoir du temps. Promouvoir la généralisation du travail du dimanche, c'est favoriser la destruction du lien social dans les milieux modestes. Les femmes (plus de la moitié des salariés travaillant le dimanche), qui ne pourront pas refuser une telle proposition en raison de la précarité de leurs contrats, seront les premières touchées.

La société voulue par les signataires est celle qui verra définitivement le consommateur remplacer le citoyen. Si l'on augmente le temps de la consommation, la ville va aller vers le plus : plus de livraisons, plus de déplacements, plus de déchets produits aux abords des commerces. Qui va pâtir de cela? Le riverain privé de calme, le personnel de ménage, de nettoyage ou encore de livraison. Mais ces derniers sont le cadet des soucis des députés de la majorité.

Les touristes sont attirés par la culture, le patrimoine et un certain art de vivre

Ces élus obsédés par l'attractivité commerciale oublient que les touristes, particulièrement à Paris, sont attirés par la culture, le patrimoine et un certain art de vivre, absolument pas par la frénésie des achats!
Nous, élus parisiens, demandons aux parlementaires qui vont examiner la loi Pacte de ne pas élargir mais bien de restreindre la loi sur le travail dominical. Avant tout débat, il est nécessaire de fournir une étude d'impact de cette loi ­(emploi, conséquences ­sociales, environnementales et financières). Avant même de légiférer, il faudra écouter les salariés, leurs organisations syndicales, les riverains, les organisateurs de transport.

M. Buon Tan et vos collègues législateurs, n'oubliez jamais la maxime de Lacordaire : 'Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit.' Entre la liberté des grands groupes et la protection des salariés comme des habitants de Paris et de banlieue, notre choix est fait."

Les signataires : 

Nicolas Bonnet Oulaldj, président du groupe communiste au Conseil de Paris
Carine Petit, maire du 14e arrondissement de Paris 
David Belliard, président du groupe écologiste de Paris
Jean-Noël Aqua, conseiller de Paris du 13e 
Marinette Bache, conseillère de Paris du 20e 
Jacques Boutault, maire du 2e 
Pascal Cherki, conseiller de Paris du 14e 
Yves Contassot, président du groupe écologiste à la Métropole du Grand Paris 
Virginie Daspet, conseillère de Paris du 20e 
Jérôme Gleizes, conseiller de Paris du 20e 
Didier Le Reste, conseiller de Paris du 10e
Nathalie Maquoi, conseillère de Paris du 20e 
Danièle Premel, conseillère de Paris du 18e

 

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 12:17
Ils nous coûtent un pognon de dingue! A la fête de l'Huma 2018, campagne politique du PCF: rendez-nous l'argent!
Ils nous coûtent un pognon de dingue! A la fête de l'Huma 2018, campagne politique du PCF: rendez-nous l'argent!

La rentrée politique s’engage dans un climat politique nouveau, après une année très chargée en réformes régressives à tous les niveaux mettant à mal notre modèle social et démocratique, de réformes au service des puissants et de la finance, une année chargée aussi par la multitude de luttes et un mécontentement grandissant dans la population envers la politique de Macron.

Alors qu’en juin 2018 Macron déclarait qu’un « pognon de dingue » était dépensé inutilement pour les personnes et familles les plus modestes (vivant sous le seuil de pauvreté), les profits des entreprises du CAC 40 continuent d’augmenter comme le montrent les chiffres annoncés cette semaine, au détriment de l’investissement et des salaires et de l’emploi.

Du côté de la lutte contre l’évasion fiscale, le gouvernement bloque toute avancée. Le gouvernement et le président Macron entendent poursuivre leur politique autoritaire et anti-sociale dès cet automne, avec des projets de lois, des mesures accélérant la dégradation notre démocratie, notre modèle social et la vie quotidienne des millions de personnes. « Président des riches », « président méprisant », c’est ce qui est ressenti par un grand nombre. C’est dans ce contexte que la fête de l'Humanité 2018 va se dérouler.

Nous voulons faire de ces 3 jours, un moment de solidarité et de convergences des luttes, de riposte et de construction d’alternatives en France et en Europe. Nous voulons permettre au plus grand nombre de personnes d ’exprimer leur mécontentement et d’agir pour que les richesses produites soient utiles pour leur pouvoir d’achat, leurs revenus et leurs services publics, pour que l’argent de l’évasion fiscale, celui des profits leurs soient rendus.

Aussi, notre bataille politique se mènera dans toute la fête avec la carte-pétition (jointe), dans les allées, les stands de section, de fédération, et dans le stand du Conseil national.

Ils nous coûtent un pognon de dingue! A la fête de l'Huma 2018, campagne politique du PCF: rendez-nous l'argent!
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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 06:09
A Malo, avec Ian Brossat, la solidarité s'invite dans la campagne des Européennes (L'Humanité, 29 août 2018)
PCF. À MALO, LA SOLIDARITÉ S’INVITE DANS LA CAMPAGNE DES EUROPÉENNES
Mercredi, 29 Août, 2018

La 29e Journée à la mer, organisée hier par les communistes du Nord, a aussi été l’occasion pour le chef de file du PCF aux élections européennes de 2019, Ian Brossat, de placer sa rentrée politique sous le sceau de la défense du pouvoir d’achat.

La plage de Malo-les-Bains à Dunkerque (Nord) a vu débarquer hier 3 500 Nordistes dans 53 cars affrétés par le PCF pour sa 29e Journée à la mer. Avec un mot d’ordre – outre le droit aux vacances –, « Détente et action ! ». S’il s’affiche en grand dans la salle du Palais des congrès, à deux pas de la plage, où un pot d’accueil est prévu, il prend aussi volontiers place dans ce qu’ont à dire les participants de l’excursion. Sur le sable, Emmanuel Macron et le gouvernement en prennent pour leur grade. Antonietta, venue avec enfants et petits-enfants depuis un village près de Valenciennes, n’a pas de mots assez durs. « Les gens en ont marre. Nous, c’est fini, on restera pauvres mais les autres devraient se méfier », prévient-elle. Et cette femme de ménage, coincée avec un contrat de 6 heures de travail par semaine, d’ajouter : « Je ne peux pas partir en vacances, c’est pour cela qu’on profite de journées comme celle-là. » Alors, quand on lui demande ce qu’elle pense des communistes, « heureusement qu’ils sont encore là pour nous défendre », lâche-t-elle.

« GEL DES APL, DES RETRAITES… ICI, LA COLÈRE EST FORTE »...

C'est justement "en portant le fer sur la principale préoccupation des Français, le travail et le pouvoir d'achat", que le PCF entend se lancer dans la bataille des élections qui approchent. 

"J'ai lu ici ou là que les partis politiques faisaient cette année leur rentrée sous le signe de la morosité. Nous les communistes, nous avons fait le choix de la faire sous le signe de la solidarité", lance t-il à la tribune du Palais des congrès devant les vacanciers d'un jour, fustigeant 'le gouvernement (qui) vient de décider le gel des APL, des retraites, des allocations familiales, alors même qu'au deuxième trimestre les actionnaires ont touché 50 milliards d'euros de dividendes". 

Le député communiste Fabien Roussel a rappelé lui aussi à la tribune: "En 2014, les 500 plus riches de France avaient un patrimoine cumulé de 390 milliards d'euros. En 2018, il est de 630 milliards. C'est un véritable scandale qu'on nous demande, à nous, de nous serrer la ceinture". 

(...) 

Interrogé par les journalistes sur les divisions de la gauche aux européennes, Ian Brossat a répondu: 

"des forces politiques ont de toute façon déjà décidé d'y aller seules, c'est le cas d'EELV, de la France insoumise. Je peux le regretter mais j'en prends acte. On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif. Donc nous avançons et continuons de tendre la main à ceux qui n'ont pas encore décidé de leur stratégie. (...)

Le Parti communiste s'est assez fait marcher sur les pieds. Mon objectif est de faire en sorte, avec cette campagne, qu'il retrouve une place dans le paysage politique".   

 

Lire aussi: 

Européennes : Ian Brossat (PCF) veut aller jusqu'au bout (Tristan Quinault Maupoil, Le Figaro - 28 août 2018)

Une interview exclusive de Ian Brossat, chef de file des communistes pour les élections européennes de 2019

 

 

 

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 05:48
La macron-économie et ses 9 mercenaires du Medef

Au moment où Nicolas Hulot annonçait sa démission d'un gouvernement sous la loi des lobbies et incapable d'engager des efforts écologiques sérieux du fait de sa soumission aux normes capitalistes, 9 ministres ont participé à l'université d'été du Medef, là où ces gentils toutous du Capital prennent les ordres.

Et quels sont-ils?

Casser la retraite par répartition.

Casser la Sécurité sociale.

Casser le droit du travail. 

Casser le statut des fonctionnaires et les services publics (hôpital, postes, écoles, finances publiques, etc.)

Diminuer les impôts pour les plus riches, les actionnaires, les sociétés.

Casser le financement du logement social pour livrer davantage de logements à la spéculation. 

Réduire les indemnisations des chômeurs pour les rendre plus malléables, et renforcer les contrôles sur les pauvres.

Réduire le pouvoir d'achat des retraités et des allocataires des minimas sociaux.   

Adapter l'éducation et la formation professionnelle aux besoins actuels du monde de l'entreprise. 

Privatiser à tout va (aéroports, barrages, compagnies aériennes, construction navale, etc.). 

Macron, tu envoies 9 ministres faire de la lèche aux grands patrons et tes CRS et gardes du corps casqués et armés pour bastonner les syndicalistes et les jeunes! 

Macron, ta macron-économie au service du fric et des grands intérêts de la finance qui ont porté ta candidature et ton élection - un vrai hold-up démocratique  avec l'appui des médias au main du capital - nous les français, ces "gaulois" que du haut de ta superbe résidence jupitérienne tu méprises, on en veut plus et on va vite te le faire comprendre! 

    

 

 

 

 

 

     

La macron-économie et ses 9 mercenaires du Medef
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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 05:37

La chanteuse mythique n’est pas seulement la reine de la pop très active dans des opérations caritatives en Afrique. Elle est aussi une femme d’affaires avisée qui ne recule pas devant les placements fiscalement très avantageux.

Madonna est une personnalité au double visage : derrière les paillettes de la pop star se trouve une influente femme d’affaires. Ses multiples opérations caritatives, au Malawi par exemple, ne sont que la face publique de la Madone, qui aurait pu être aussi bien surnommée « queen of optimization ». Selon les révélations des Paradise Papers, Madonna aurait investi dans une société bénéficiant de taxes sur la plus-value quasi inexistantes. Et cette entreprise se situe… dans l’archipel des Bermudes. Pour rappel, cet État est classé 7e parmi les plus gros paradis fiscaux par l’Union européenne et avait été placé sur sa liste noire par la France. Le plus intrigant est le silence de Madonna quant à cette affaire, la vedette refusant de répondre aux requêtes du Consortium international des journalistes d’investigation (Icij), chargé de l’enquête sur les Paradise Papers.

On dit de Madonna qu’elle est arrivée à New York à 20 ans avec l’équivalent de 35 euros en poche. Aujourd’hui, l’interprète du mythique Like a Virgin est à la tête d’un empire de plus de 500 millions d’euros et a engrangé 1,2 milliard d’euros depuis le début de sa carrière. Si bien que le magazine économique Forbes la classe dans sa liste des femmes les plus riches d’Amérique. En 36e position devant Céline Dion, Beyoncé ou encore Taylor Swift, elle se retrouve parmi des femmes d’affaires telles que Marian Ilitch ou Oprah Winfrey.

ELLE BÉNÉFICIE DE LA JURIDICTION FISCALE DES LES PLACEMENTS FINANCIERS ONT ÉTÉ EFFECTUÉS PAR SON AGENT GUY OSEARY

La légende de la pop a fait fortune grâce, notamment, à ses tournées internationales. La dernière en date, le « Material Girl’s Rebel Heart Tour », lui a permis d’engranger 145 millions d’euros. Mais Madonna continue de s’enrichir grâce à toutes les marques dérivées de son image, particulièrement sa ligne de vêtements et ses parfums. L’empire économique de la « Ciccone » se base aussi sur la valeur grandissante de son capital immobilier et de sa collection d’art, dans laquelle figurent des tableaux de Picasso, Frida Kahlo et Man Ray. Madonna détient aussi une part de la société de service de streaming Tidal, dont le chiffre d’affaires dépasse les 500 millions d’euros.

Madonna dispose donc d’un autre capital à faire fructifier que celui de la célébrité. Et l’enrichissement de l’idole de la pop est en parti dû à sa pratique de l’optimisation fiscale. Entre 1998 et 2013, ses 2 000 actions investies dans l’entreprise de fournitures médicales SafeGard Medical Limited lui ont fait gagner 475 millions d’euros. Elle bénéficie de la juridiction fiscale des Bermudes, sans taxes sur les gains en capital. Elle peut donc acheter ou vendre des actions et parts de fonds d’investissement sans être imposée. Cette société a fermé en 2013 et il est désormais impossible d’accéder à des informations la concernant, que ce soit sur son personnel ou sur son activité et ses comptes. SafeGard Medical Limited laisse un flou pour les enquêteurs.

Les placements financiers de Madonna ont été effectués par l’intermédiaire de son agent, Guy Oseary, et enregistrés à son adresse. Guy Oseary est un directeur de talent mais surtout un homme d’affaires réputé et influent à l’international. Outre Madonna, il est également le manager du groupe U2. Le chanteur star de U2, Bono, est également mentionné dans l’enquête des Paradise Papers. Il aurait investi dans une entreprise basée sur l’île de Malte (voir l’Humanité du 6 août). Guy Oseary semble être familier de la construction de fortunes basées sur l’optimisation, et est peut-être le point commun fiscal des deux artistes.

 

Le guide touristique de la fraude : Hong Kong

« Créer une société offshore à Hong Kong est l’arme fiscale parfaite », assure TAS, un cabinet d’expertise comptable spécialisé dans l’optimisation fiscale. La ville, devenue le plus grand centre d’affaires d’Asie, ne s’adresse pas aux particuliers désireux de frauder le fisc, mais aux grandes entreprises. Et elle s’est donné tous les atouts pour les séduire. En premier lieu, des accords stratégiques pour éviter toute double imposition, avec l’Irlande, les Pays-Bas, les États-Unis. Hong Kong propose aussi aux multinationales des filiales à responsabilité limitée pour protéger les actionnaires, sans nécessité d’apport de capital, sans contrôle des changes (pour faire entrer et sortir des fonds sans entrave) et sans aucun impôt sur les revenus extraterritoriaux, ni cotisation, et une TVA nulle. Seuls les profits réalisés sur le territoire hongkongais sont taxables à 16,5 %. « Votre société offshore peut se gérer à distance, n’importe où dans le monde. Une adresse physique n’est pas nécessaire », explique le cabinet TAS. Grande place financière oblige, toutes les grandes banques y sont présentes, dont les françaises, qui y ont réalisé pas moins de 436 millions d’euros de bénéfices en 2014, selon un rapport de la plateforme Paradis fiscaux et judiciaires, qui rassemble ONG et syndicats.

Paul Samman

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 05:31

Après le braquage de la CSG, l’opération macroniste contre les pensions se déploie. A la manœuvre, Jean-Paul Delevoye pour un simulacre de consultation avec trois principaux objectifs camouflés : l’âge de départ à la retraite, la baisse des pensions et un boulevard pour les plus aisés.

Ancien proche de Chirac, gentil au premier regard, Jean-Paul Delevoye a toujours été un homme à tout faire. Cette fois, c’est lui qui se colle pour Macron aux retraites avec le titre, tenez-vous bien, de haut-commissaire et déclare : « il s’agit de passer à un système par points (…) à carrière identique, revenu identique, retraite identique. » Il oublie de préciser que les carrières et les salaires n’étant pas les mêmes pour tous, le nouveau système « à la carte » sera différent d’une personne à l’autre. Et affirmer que pour un euro, on aura la même valeur de retraite, c’est s’asseoir sur un fait incontournable : certains gagnent plus d’euros que d’autres. En vérité, comme le souligne la CGT, la sale besogne consiste à « casser notre système de retraite par répartition et solidaire » et de « poursuivre la baisse des pensions. »

Le système à point, c’est quoi ? Plus on est aisé, plus on pourra partir à la retraite plus tôt et avec une meilleure pension. Plus on aura perçu un bas salaire, subi le chômage et la maladie moins on aura de points. Avec pour conséquence l’obligation de travailler plus longtemps (inutile ainsi de fixer une nouvelle année pour le départ en retraite) en percevant une pension plus faible.

Quant aux « solidarités » comme, par exemple, la majoration pour les enfants, l’invalidité, la réversion, avec le nouveau système les correctifs ne seraient plus financés par les cotisations notamment patronales mais par l’impôt. Pendant ce temps, les gros salaires pourraient être éligibles à une épargne individuelle en capitalisation leur permettant ainsi de ne plus cotiser au système universel.

Le piège est grossier. Ce qui est en jeu, c’est un système de retraites à deux vitesses favorisant les plus aisés, un allongement déguisé du départ à la retraite, un désengagement des entreprises remplacé par l’impôt et donc tous les contribuables, une entrée de la capitalisation pour le moment limitée aux plus riches.
La prétendue « consultation » annoncée relève de l’enfumage. Présentée comme « moderne » via des « ateliers participatifs » sur internet, l’opération consiste à faire croire que votre opinion sera prise en compte alors que rien n’indique comment et où finiront les contributions des citoyens.

Après le hold up sur la CSG, voici l’opération « je t’embrouille ». Vous pourrez changer l’emballage. Pas le contenu.

José Fort

 

 

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 05:30
Retraités maltraités, retraités révoltés! - communiqué de la CGT Retraités

Communiqué
de l’Union Confédérale des Retraité-e-s CGT

 

 

Retraités maltraités, retraités révoltés !

 

 

 

Dimanche 26 août 2018, le Premier ministre Édouard PHILIPPE a annoncé différentes mesures qui vont à nouveau toucher le pouvoir d’achat de nos concitoyens. Parmi celles-ci, il en est une qui va gravement impacter le pouvoir d’achat des retraités : après 3 ans de blocage des pensions, une année 2018 sans aucune augmentation, la hausse de la CSG, le Premier ministre annonce une hausse des pensions de + 0,30 % en 2019 et 2020. Or, le taux d’inflation mesuré par l’INSEE est de + 2,30 % sur les douze derniers mois. C'est une régression insupportable du pouvoir d'achat des retraités que le Premier ministre a tenté de justifier en prétendant vouloir privilégier le travail. Mensonge : réduire le pouvoir d'achat des retraités n'a jamais favorisé et ne favorisera ni l'activité ni l'emploi.

La CGT revendique que les pensions soient indexées automatiquement sur l’évolution des salaires et non pas soumises au bon vouloir du gouvernement.

Les retraités n’accepteront pas d’être à nouveau les dindons de la farce. L’UCR-CGT ainsi que 8 autres organisations syndicales ou associations, appellent les retraités à se mobiliser pour faire entendre leurs voix et manifester leur mécontentement et leur colère à l’égard du gouvernement et de son Président.

Faisons du 9 octobre une grande journée nationale d’actions et de manifestations à travers toute la France. L’intersyndicale retraités des « 9 » se réunira le 7 septembre pour apprécier la situation. Elle a d’ores-et-déjà prévu de mobiliser dans l’unité, le plus grand nombre de retraités en septembre pour organiser la riposte.

Des délégations venues de tout le pays vont déposer les pétitions recueillies au Président du groupe LREM, le 3 octobre à l’Assemblée nationale. Les retraités CGT appellent les retraités à se mobiliser sans attendre sous toutes les formes appropriées, en participant notamment aux initiatives proposées par l’intersyndicale.

 

 

L'UCR-CGT
Montreuil, le 27 août 2018

Manif des retraités du 15 mars 2018

Manif des retraités du 15 mars 2018

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 04:50
Dimanche 16 septembre à 11h sur la fête de l'Huma, espace Bretagne: Pour le respect, la dignité des personnes âgées, combattre l'âgisme dans notre société, les EHPAD, l'aide à domicile avec Pascal Champvert, Bernard Spitz, Olivier Dartigolles (atelier santé du PCF Bretagne)
Espace-débats Bretagne Dimanche 16 septembre 11h
Vieillir est une chance :
Pour le respect, la dignité, combattre l'Âgisme dans notre société, les EHPAD et à domicile

avec

Pascal CHAMPVERT  

Président de l’AD-PA Association des Directeurs au service des Personnes Âgées

Vice-Président de l’E.A.N European Ageing Network

 

Pascal Champvert

Pascal Champvert

Bernard SPITZ

- Président de la FFA Fédération Française de l’Assurance

Bernard Spitz

Bernard Spitz

Olivier Dartigolles

Olivier Dartigolles

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 20:18
 Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ?  - par Ian Brossat, chef de file des communistes aux élections européennes (Tribune dans Le Monde)

La tribune de Ian Brossat, chef de file des communistes, dans Le Monde du 24 août 2018: « Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? »

Selon la petite musique qu’Emmanuel Macron et ses soutiens diffusent depuis plusieurs mois, les élections européennes du 26 mai 2019 se joueront entre les « progressistes » qu’ils prétendent incarner et les nationalistes d’extrême droite. Ce refrain est un mensonge dangereux.

En juillet, devant le Parlement réuni en Congrès, le chef de l’Etat affirmait : « La frontière véritable qui traverse l’Europe est celle aujourd’hui qui sépare les progressistes des nationalistes. » Dans un entretien accordé au Monde le 20 août, sa ministre des affaires européennes Nathalie Loiseau répétait : « Il y a aujourd’hui deux tendances politiques en Europe : les progressistes qui sont pour des solutions coopératives et les nationalistes qui sont dans le repli sur soi. » Cette alternative brandie par les libéraux est profondément mensongère.

D’abord, elle offre en cadeau à l’extrême droite européenne les millions de citoyens qui n’adhèrent pas à l’intégration européenne telle qu’elle a lieu. Il faudrait créditer l’ensemble de ce mécontentement, bien souvent légitime, aux seuls amis de Madame Le Pen ?

Les libéraux macronistes peuvent-ils concevoir que les Européens aient de bonnes raisons de contester le fonctionnement actuel de l’Union, qui trop souvent tourne le dos à la démocratie et promeut partout, aveuglément, la même politique économique d’austérité budgétaire qui a fait la démonstration de son inefficacité ? Il est bien commode – et bien méprisant – de disqualifier sans nuance cette objection citoyenne en la rangeant du seul côté du « racisme » et du « repli nationaliste ».

Si l’extrême droite la plus xénophobe progresse partout en Europe, à qui la faute ? Qui a laissé l’Allemagne de M. Schaüble dicter sa politique monétaire ultra-conservatrice à l’ensemble des 27 ? Quels sont les gouvernements qui, élus parfois sur des programmes sociaux-démocrates, ont libéralisé d’arrache-pied leur « marché du travail », c’est-à-dire précarisé les salariés et abaissé leur niveau de vie ? Qui a contribué à aggraver l’explosion des inégalités à laquelle on assiste depuis des années ? Ce sont exactement ces gouvernements libéraux, se qualifiant eux-mêmes de « progressistes », mais servant hélas souvent de fourrier à l’extrême droite.

L’exemple de l’Italie, et de la politique libérale de M. Renzi (le fameux « Jobs Act » qui a démultiplié les contrats courts au détriment de l’emploi durable – 15 % des stagiaires y ont plus de 45 ans, d’après les chiffres du ministère du travail italien), le montre avec éclat.

De plus, en isolant l’Allemagne face aux gouvernements d’extrême droite comme la Hongrie en matière de répartition de l’accueil des migrants, ces mêmes « progressistes » sont responsables d’avoir laissé les pays les plus vulnérables – Grèce, Italie, Malte… – prendre seuls en charge l’afflux, avec pour conséquence la montée de la xénophobie.

Dans le logiciel macroniste, quelque peu marqué par le simplisme, il y aurait d’un côté les progressistes porteurs de « solutions coopératives » et les nationalistes « qui sont dans le repli sur soi ». Ce découpage est faux. D’une part, les gouvernements « progressistes » comme la France appliquent, il est vrai sans le dire, rigoureusement la même politique migratoire que la Pologne, l’Autriche ou la Hongrie.

La presse internationale, tel le chroniqueur de Bloomberg Ferdinando Giugliano, s’est d’ailleurs fait l’écho de l’hypocrisie de M. Macron, prétendant faire la leçon « humaniste » à la coalition italienne tout en refusant lui-même la prise en charge en France des migrants échouant sur les côtés de l’Europe du Sud.

Malgré ses déclarations généreuses, le chef de l’Etat a en réalité promu une politique brutalement répressive comme en témoigne la récente loi « Accueil et intégration » qui continue de susciter la colère de la quasi-totalité des acteurs du secteur. De ce point de vue, la péripétie de l’Aquarius et l’annonce faite avec tambours et trompettes de l’accueil de soixante migrants en danger – après des jours de pourparlers, de rencontres au sommet et de réunions interministérielles – n’en souligne que plus le ridicule de la position française devant l’incurie européenne.

D’autre part, les gouvernements d’extrême droite appliquent les mêmes politiques économiques libérales, préconisées par la Banque centrale européenne et la Commission européenne, que les gouvernements prétendument « progressistes ». Qu’on en juge : en Hongrie, Viktor Orban a instauré une « flat tax » sur le revenu, pour alléger les impôts des grandes fortunes – soit la même politique fiscale que celle menée par M. Macron via la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune et l’allégement de la fiscalité sur le capital.

En Italie, la récente coalition d’extrême droite populiste a elle aussi d’ores et déjà prévu la mise en place d’une flat tax en lieu et place de l’impôt sur le revenu. En Autriche, la récente alliance formée par la droite et l’extrême droite vient de fixer le temps de travail hebdomadaire maximal à soixante heures. Loin de s’opposer, les gouvernements populistes ou libéraux mettent partout à l’agenda les mêmes « réformes structurelles » dans le sens d’une liquidation des protections sociales.

La vérité, c’est que contrairement aux éléments de langage d’Emmanuel Macron, il n’y a pas à ce jour d’affrontement entre gouvernements dits progressistes et gouvernements nationalistes. A l’inverse, tout se passe comme si les libéraux acceptaient sans le dire de jouer un véritable paso doble avec l’extrême droite pour mettre en place des politiques économiques et migratoires convergentes. Cette fausse opposition ne leur sert qu’à brandir avec facilité le spectre de l’extrémisme pour espérer conserver leurs positions électives.

La vraie alternative, elle se situe entre les partisans de cette Europe du dumping fiscal et de la fermeture des frontières, et ceux d’une Europe ouverte, multiculturelle, sociale. La seule façon d’être à la hauteur des valeurs humanistes du projet européen, c’est de l’arrimer au progrès social et à la tradition de l’accueil et de la solidarité. Et dès lors, de promouvoir une fiscalité qui frappe les multinationales pour financer les services publics, ainsi qu’une vraie coopération européenne pour organiser et répartir équitablement l’accueil des migrants d’aujourd’hui et de demain.

Créer des droits pour les peuples et non leur en ôter, s’attaquer de plein fouet aux inégalités sociales plutôt que les conforter, organiser l’accueil des migrants plutôt que refouler les navires de sauvetage, voilà l’alternative réelle. N’en déplaise à M. Macron, de nouveaux visages se présentent pour, le 26 mai, proposer fièrement cette rupture de gauche au peuple français.

Ian Brossat, chef de file du PCF aux élections européennes

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