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17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 06:15

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 05:57
Position de l'Union des familles laïques sur une partie du programme de Macron: "démantèlement de la cotisation sociale, hausse de la CSG: Macron applique le programme du Medef"
Je suis destinataire par la messagerie des chroniques de l’UFAL (Union des familles laïques).
 
Aujourd’hui je reçois cet article intéressant sur la CSG, même si à mon avis celui-ci n’insiste pas assez sur le caractère novateur (marxiste diraient certains) du système de financement prévu par le CNR par prélèvements sur les richesses créées.
 
Par ailleurs il dénonce la fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu, en disant que c’est une idée de Thomas Piketty, sans préciser que cette proposition était contenue dans les programmes de Hamon et de Mélenchon.
 
Mais c’est bien quand même.
 
 
Roger Héré 

 

Démantèlement de la cotisation sociale, hausse de la CSG : Macron applique le programme du MEDEF

Par Olivier Nobile le 15 juin 2017 Santé - Protection sociale

Le Président Macron a annoncé son intention de procéder à une augmentation de la CSG de 1,7 point dans les prochaines semaines. De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer l’augmentation de cet impôt qui est affecté à la Sécurité sociale. Toutefois la ligne de dénonciation brandie par ses contempteurs, fondée sur la baisse de pouvoir d’achat des travailleurs et de retraités est pour partie erronée et ne permet pas de comprendre en quoi cette augmentation de la CSG est effectivement critiquable.

Un peu d’histoire : qu’est-ce que la CSG ?

La Contribution sociale généralisée a été instaurée par Michel Rocard en 1991. À l’origine, cette nouvelle contribution a été présentée comme un mode d’élargissement de l’assiette du financement de la Sécurité sociale et un moyen de soumettre les revenus du capital à une fiscalité sociale. En effet, contrairement à la cotisation sociale, part indirecte des salaires uniquement acquittée par les employeurs et les salariés, la CSG s’étend sur les revenus d’activité, de remplacement, du patrimoine, du capital et des jeux. Les taux de CSG varient en fonction des revenus concernés.

 A l’origine, la CSG sur les revenus d’activité (du travail) est instaurée au taux de 1,1 % et a été compensée par la suppression de 1,05 % de cotisations salariale d’assurance vieillesse(1)). Déjà en 1991 Rocard usait du même subterfuge que celui qu’entend mettre en oeuvre le président Macron : compenser la baisse de pouvoir d’achat des salariés liée à l’introduction d’un impôt sur l’activité par une baisse corrélative de cotisations sociales. D’ailleurs la plupart des observateurs de l’époque n’ont vu dans la CSG qu’une nouvelle génération de cotisation sociale. La nature juridique de la CSG a toutefois immédiatement donné lieu à une décision du Conseil Constitutionnel qui a confirmé sa nature fiscale et non celle de cotisation sociale(2). La CSG est donc un impôt affecté à la Sécurité sociale et les postes d’affectation (branche famille initialement) sont un enjeu déterminant de la discussion. Quoiqu’il en soit la CSG marque le point de départ d’une introduction massive de la fiscalité dans les finances de la Sécurité sociale. Nous y reviendrons.

La CSG a très rapidement connu une expansion ininterrompue. En 1994 puis en 1997, la CSG sur les revenus d’activité est augmentée par deux fois dans des proportions importantes, et cette fois-ci sans compensation par une baisse de cotisation sociale. Le taux de CSG est aujourd’hui de 7,5 % et cette hausse a permis de diversifier ses postes d’affectation : outre la branche famille, la CSG est aujourd’hui affectée au Fonds de Solidarité Vieillesse, à l’Assurance maladie (dont elle représente 50 % des recettes), à la Caisse Nationale de solidarité pour l’autonomie, et à la CADES (qui a pour mission d’emprunter sur les marchés financiers pour amortir la dette sociale). À noter, en ce qui concerne l’affectation de la CSG à la CADES, qu’il s’agit d’une décision récente et pour le moins contestable, la CADES étant déjà financée par un autre impôt siamois de la CSG, crée par Alain Juppé en 1996, la CRDS. La question de l’affectation de la CSG à la CADES pourrait apparaître comme terriblement technique et il serait possible d’en épargner le lecteur si cette décision d’affectation ne s’était faite au détriment des recettes de la branche famille, créant artificiellement le déficit de la CNAF qui a justifié la réforme des prestations familiales de 2013, laquelle s’est traduite par une économie de 2,5 milliards d’euros au détriment des familles …

La CSG : un impôt social sur le capital ?

Beaucoup ont vu en 1991 et voient encore aujourd’hui dans la CSG une contribution du capital au financement de la Sécurité sociale et l’apport de ressources nouvelles permettant de garantir la pérennité financière de la Sécurité sociale. Le rendement de la CSG atteint 90 milliards d’euros par an et son rendement unitaire est en effet très supérieur à celui d’un point de cotisation sociale (12 milliards d’euros par point de CSG contre 8 milliards pour un point de cotisation sociale déplafonnée). Si l’on y regarde de plus près, le fort rendement de la CSG est une réalité en trompe-l’oeil.

En effet, en premier lieu, 70 % du rendement de la CSG repose sur les revenus d’activité. A tel point que la CSG est fréquemment présentée comme le premier impôt sur le revenu français, son rendement se situant loin devant celui de l’impôt sur le revenu (IR) acquitté par les contribuables. D’aucuns, tels Thomas Piketty, entendent-ils d’ailleurs fusionner les deux impôts sur le revenu (CSG et IR), occultant le fait que le premier est affecté à la Sécurité sociale et qu’une telle fusion ne manquerait pas de priver la Sécurité sociale de ressources essentielles au gré des projets de loi de finances.

Le rendement de la CSG sur les revenus d’activité est en réalité sensiblement identique à celui de la cotisation sociale déplafonnée acquittée par les employeurs et salariés, les seules différences sur cette assiette au profit de la CSG proviennent du fait que certains revenus du travail ont été précisément exonérés de cotisations sociales… mais pas de CSG (c’est le cas de l’épargne salariale par exemple).

Mais surtout, l’assiette qui apporte à la CSG un avantage comparatif décisif par rapport à la cotisation sociale en termes de rendement n’est nullement composée des revenus du capital. En effet 20 % du rendement de la CSG provient des revenus de remplacement, autrement dit les pensions de retraite, les indemnités de chômage, les pensions d’invalidité et les indemnités journalières de la Sécurité sociale. Présenté autrement, l’assujettissement des revenus de remplacement à la CSG correspond dans les faits à une réduction de 18 milliards d’euros de prestations sociales versées chaque année aux Français, elles-mêmes versées en contrepartie de la cotisation sociale qui est une partie indirecte de leur salaire !

En conséquence, si l’on ajoute la CSG sur les revenus d’activité (le salaire direct) et la CSG sur les revenus du remplacement (le salaire indirect), 90 % du rendement de la CSG repose sur les revenus du travail. La CSG sur les revenus du capital et du patrimoine, ne représentent guère que 10 % du rendement de cet impôt miracle. C’est certes une ressource non négligeable pour la Sécurité sociale mais marginale et qui ne frappe au demeurant que les revenus du capital des particuliers et non celui des entreprises.

La CSG, cheval de Troie de la fiscalisation de la Sécurité sociale et son étatisation

Comme nous l’avons dit plus haut, l’enjeu de la CSG réside dans son affectation. Et celle-ci ne tient nullement au hasard. Depuis sa création, la CSG vise dans les faits à se substituer à la cotisation sociale comme mode de financement des pans de la Sécurité sociale liés à l’assistance aux plus pauvres (Fonds de solidarité vieillesse qui verse le minimum vieillesse(3), Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) ou qualifiés d’universels (branche famille, assurance maladie). La CSG poursuit par conséquence un objectif univoque et correspond à une très vieille revendication du MEDEF : exonérer les employeurs de leur responsabilité sociale en qualité de financeurs des risques sociaux non directement liés à l’emploi et faire financer ces risques (prestations familiales, dépenses de santé, dépenses d’assistance) par leurs bénéficiaires eux-mêmes.

Il s’agit d’une stratégie politique assumée de séparation des prestations de sécurité sociale en deux catégories étanches : celle des risques sociaux dits contributifs, c’est à dire couverts par des prestations sociales versées en contrepartie d’une cotisation sociale préalable (retraites, indemnités journalières de l’assurance maladie, rentes d’accidents du travail …) et celle des prestations versées de manière universelle ou dans le cadre de le prise en charge de la pauvreté (prestations familiales sous conditions de ressources, prise en charge des soins médicaux, etc …). Cette stratégie s’appuie sur l’idée communément admise qu’il ne serait plus possible de faire financer par les employeurs (via la cotisation sociale) des prestations sociales à vocation universelle car versées à des bénéficiaires qui ne cotisent pas, dans un contexte de chômage de masse. Par conséquent l’impôt est appelé à se substituer à la cotisation sociale car il ne serait pas possible de faire financer par les cotisations des travailleurs des prestations sociales versées y compris à des inactifs…

Cet argument est spécieux à plus d’un titre. Tout d’abord la fiscalisation du financement de la Sécurité sociale participe directement de la réduction des salaires dans la valeur ajoutée, donc d’une augmentation des profits des entreprises, tout en faisant peser le financement des risques sociaux sur les assurés eux-mêmes, ce qui s’apparente pour ces derniers à une double peine. En effet, comme on l’a démontré plus haut, ce sont toujours les travailleurs qui sont appelés en définitive à financer les risques sociaux : en effet, comme on l’a démontré plus haut ce sont eux qui contribuent pour plus de 90% à la CSG. Or, et c’est le point le plus important, la CSG, contrairement à la cotisation sociale, n’ouvre droit à aucune prestation sociale. En conséquence, en faisant reposer le financement de la branche famille et de l’assurance maladie sur la CSG, le législateur a introduit la possibilité de faire financer, par la CSG des travailleurs, des prestations sociales … auxquelles ceux-ci ne peuvent prétendre ! Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’évolution des prestations de la branche famille qui sont toutes soumises à conditions de ressources et réservées aux familles les plus modestes. Seules les Allocations familiales demeurent encore universelles mais la modulation introduite en 2014 les a réduites pour les allocataires ayant un revenus supérieur à 6000 € par mois pour un couple. Il en va de même de l’assurance maladie, certes devenue universelle depuis 1999 (loi CMU orientée elle aussi vers les plus démunis) mais dont les montants de remboursement ont été continuellement abaissés, obligeant les assurés sociaux à souscrire massivement à des contrats d’assurance complémentaire, rendus d’ailleurs obligatoires depuis l’ANI de 2012. La fiscalisation des pans dits universels (ou non contributifs) de la Sécurité sociale s’accompagne systématiquement d’une transformation de la Sécurité sociale en un auxiliaire de l’Etat en matière de lutte contre la pauvreté, rompant précisément avec la vocation initiale de la Sécurité sociale, conçue comme une institution du salaire visant à protéger les travailleurs de notre pays.

Par ailleurs il est inepte de prétendre qu’il n’y aurait aucun lien entre les prestations sociales à vocation universelle et le monde de l’entreprise, et partant, justifierait de mettre fin à la responsabilité économique et sociale de l’employeur. Rappelons pour commencer la nature assurantielle de la Sécurité sociale érigée par le Conseil National de la Résistance n’excluait nullement que la Sécurité sociale poursuive un objectif affirmé d’universalisation des prestations sociales. C’est également nier le fait que rétrécissement du nombre de travailleurs cotisants est principalement liée à la situation de chômage de masse qui s’est traduite depuis 30 ans par l’éviction massive de travailleurs potentiels du monde du travail. C’est faire peu de cas des dizaines de milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales versées sans contrepartie au patronat, dont le CICE et le pacte de responsabilité sont les derniers avatars en date, et ce, sans impact sur la réduction du chômage… Mais cela mériterait d’autres développements.

Prétendre enfin qu’il n’y a aucun lien entre les prestations familiales ou les prestations de l’assurance maladie et le monde du travail est absurde. En effet, l’état de santé des travailleurs ou encore le fait que les parents de jeunes enfants puissent les faire garder pendant leur journée de travail contribuent directement à la productivité du travail et sont des facteurs de croissance endogène ; la Sécurité sociale génère pour le système capitaliste d’importantes externalités positives. C’est sur cette base que les employeurs se sont vu imposer en 1945 une responsabilité sociale et économique en se voyant contraints de financer la Sécurité sociale par la cotisation sociale. Vouloir mettre fin au financement salarial de la Sécurité sociale consiste à segmenter les branches de la Sécurité sociale et à rigidifier la frontière entre risques sociaux selon leur nature universelle ou assurantielle. Les conséquences politiques sont considérables : il s’agit de mettre fin au principe de solidarité entre les branches et liquider le principe de démocratie sociale qui sous-tendait le projet du Conseil National de la Résistance.

D’un côté les risques dits contributifs (vieillesse, chômage, prestations en espèce …) demeurent financés par la cotisation sociale uniquement car le patronat a un intérêt direct à en faire des leviers de son projet politique de régulation sociale des travailleurs. La réforme du paritarisme initiée dès 1967, de même que le développement considérable des organismes complémentaires et paritaires de Protection sociale (UNEDIC, AGIRC-ARRCO, institutions de prévoyance, complémentaires santé ANI …) ont contribué à donner au patronat un rôle prédominant dans la gouvernance des régimes de protection sociale directement connectés au projet capitaliste : chômage, retraite, prévoyance d’entreprise …

D’un autre côté, les risques dits universels de la protection sociale (prestations familiales, prestations en nature de l’assurance maladie, minima sociaux et aides au logement) sont très majoritairement financés par l’impôt et l’Etat a progressivement dessaisi les partenaires sociaux de toute responsabilité politique. L’Etatisation massive de la Sécurité sociale s’exerce en premier lieu sur les régimes de base de la Sécurité sociale et ceux-ci perdent progressivement toute vocation de protection sociale universelle des travailleurs au profit d’un objectif de prise en charge minimale des besoins sociaux des plus pauvres et des exclus du monde du travail. En ce sens la fiscalisation d la Sécurité contribue à créer un système de protection duale, écartelé ente la Protection sociale d’entreprise réservée aux travailleurs les plus favorisés des grands groupes et les dispositifs de prise en charge de la pauvreté financés par l’impôt et réservés exclusivement aux plus démunis. Quant aux travailleurs situés juste au dessus des seuils de prise en charge des prestations sous conditions de ressources (prestations familiales, CMU complémentaire, minima sociaux …), ils deviennent les éternels laissés pour compte d’un système qu’ils contribuent à financer sans pouvoir en bénéficier. Au prix d’un sentiment d’abandon et d’un ressentiment marqué à l’endroit des “assistés” et des “privilégiés” (fonctionnaires, salariés couverts des garanties collectives …). Oubliant au passage que les vrais privilégiés sont davantage à rechercher du côté des ultra-riches…

La CSG Macron : ne pas faire fausse route

Le projet d’accroissement de la CSG annoncé par le Président Macron ne fait que renouer avec le projet de son mentor Michel Rocard. Il s’agit d’accroître la part de cet impôt dans le financement de la Sécurité sociale et de réduire parallèlement les cotisations salariales acquittées par les salariés. Pour un salarié, ce système de vases communicants se traduira par une légère augmentation de pouvoir d’achat.

Les retraités risquent en revanche d’être les vrais perdants de cette mesure : la hausse de la CSG se fera en effet sans compensation de pouvoir d’achat mais il est d’ores et déjà prévu de ne pas toucher aux taux réduit des retraités les plus modestes, de telle sorte que cette augmentation touchera en définitive 60% des retraités dont le revenu est supérieur à 1200 € par mois. Cela étant, pour une partie d’entre eux, la baisse du montant des pensions devrait être compensée par l’exonération de la taxe d’habitation. Pour les fonctionnaires et les chômeurs, la situation est moins claire mais il est prévu des mécanismes de compensation, de telle sorte que cela ne se traduira pas ou peu par une baisse de pouvoir d’achat.

Nous pouvons en tout état de cause penser qu’Emmanuel Macron, en fin stratège, saura éviter le piège de baisses de pouvoir d’achat trop brutales orientées vers telle ou telle catégorie sociale afin d’éviter de heurter brutalement l’opinion publique ou attiser les oppositions. En ce sens, la critique de la mesure d’augmentation de la CSG à l’aune de la baisse du pouvoir d’achat semble faire fausse route.

La véritable finalité de cette mesure repose en revanche sur un nouvel affaiblissement de la cotisation sociale au profit d’une nouvelle extension de la fiscalisation du financement de la Sécurité sociale. Voila le sens de cette réforme qui vise à étatiser encore davantage les pans jugés universels du Droit social des travailleurs et parachever le mouvement de transformation de la Sécurité sociale en auxiliaire a minima des politiques d’assistance à destination des plus pauvres. Le tout au prix d’un réduction des droits sociaux des travailleurs, d’une liquidation de ce qui reste de démocratie sociale dans les Conseils d’Administration des organismes sociaux, et d’une incitation pour ces derniers à trouver leur salut dans les dispositifs de prévoyance d’entreprise et de régimes complémentaires inféodés aux intérêts du MEDEF. Soit quelques mètres de terre supplémentaires sur le cercueil d’Ambroise Croizat.

Position de l'Union des familles laïques sur une partie du programme de Macron: "démantèlement de la cotisation sociale, hausse de la CSG: Macron applique le programme du Medef"

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 05:48
Clémentine Autain à Sevran: "La gauche est morte, vive la gauche" (Médiapart, 14 juin 2017)

Clémentine Autain à Sevran: «La gauche est morte, vive la gauche»

 PAR 

Candidate France insoumise, PCF et Ensemble! dans la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain est bien partie pour l'emporter dimanche prochain face à la candidate La République en marche. Au-delà de l'élection, la probable future députée commence à réfléchir au « grand chambardement à venir à gauche ».

 

Le plus gros est fait et tout reste à faire. Dans sa circonscription, la 11e de Seine-Saint-Denis, la candidate France insoumise-Front de gauche, Clémentine Autain, est arrivée largement en tête au premier tour des élections législatives, emportant 37,21 % des suffrages devant la candidate La République en marche Elsa Wanlin (28,28 %). Mais le total gauche donne seulement 44,69 %, quand le total droite donne 39,74 %, sans compter les 14,37 % de la candidate FN au premier tour. Au niveau national, le même constat s’impose : le plus gros est fait, à savoir la disparition bien amorcée du PS au profit d’une gauche plus radicale portée notamment par La France insoumise, mais la recomposition à venir promet de n’être pas sans tempête. Tout reste à faire.

Mardi 13 juin, en début d’après-midi, Clémentine Autain retrouve plusieurs militants au marché du centre de Sevran. Malgré la chaleur quasi estivale, malgré le ramadan en cours, les allées sont pleines et les passants sont nombreux. Ce marché, parmi les moins chers d’Île-de-France, situé à 100 mètres à peine de la gare RER, draine une foule bien plus large que les seules villes alentour.

Autain se refuse à tout triomphalisme, en particulier en raison de l’abstention dimanche dernier (64,97 %). Alors cette campagne d’entre-deux-tours vise avant tout à remotiver les classes populaires qui pourtant s’étaient déplacées à la présidentielle – sur la circonscription, Jean-Luc Mélenchon avait recueilli 35,9 % le 23 avril, mais l’abstention n’avait été que de 28,7 %. « Dimanche, il faut aller voter, hein, il faut y aller ! », répète à plusieurs reprises la candidate, en tendant son tract. L’accueil est en général très bon. Des jeunes filles et des jeunes garçons se pincent et se retournent en passant, en reconnaissant « la dame qui est sur les affiches » ; un couple revient en arrière pour prendre un selfie ; Clémentine Autain distribue bises et sourires.

Gilles Boitte, du mouvement Ensemble!, comme Autain, est un pilier de la campagne – « son hologramme raté », sourit-il. Pour lui, il ne fait quasiment aucun doute qu’elle sera élue députée dimanche soir, car, explique-t-il, « ce serait pire qu’une surprise de ne pas y arriver ici ». Il admet toutefois que « le problème, c’est que quand tu es du côté des perdants, c’est difficile de mobiliser derrière ». À la distribution de tracts, se trouvent également Michel Rondeau, secrétaire de la section locale du PCF, ou encore Nadia, militante France insoumise, passée par la CGT et le PCF qu’elle a quitté en 1985. On trouve même une ancienne militante de Désir d’avenir, le parti de Ségolène Royal pour la présidentielle de 2007, toujours proche, aujourd’hui de l’ancienne ministre de l’écologie de Manuel Valls.

« Les militants communistes ont joué le jeu du rassemblement pendant la campagne », se félicite Clémentine Autain. Celle-ci a bénéficié du soutien à la fois des communistes et de La France insoumise, chose assez rare en France. Suppléante en 2012 de François Asensi sur la circonscription, elle est cette fois-ci titulaire quand lui est devenu suppléant. Asensi, maire de Tremblay-en-France depuis 1995, député sans discontinuer depuis 1981, a décidé de passer le relais mais reste actif dans la campagne. Il nous rejoint bientôt. « La campagne a été très intense », estime-t-il entre deux bonjours aux passants, « il y a eu un fort travail d’éducation populaire pour montrer les enjeux de cette élection ». Une élection, selon lui, « ankylosée par la vague Macron ». « On est satisfait quand on voit le résultat du premier tour mais on reste mobilisés », ajoute-t-il.

 

« On a fait une campagne qui marche sur deux jambes : une gauche bien à gauche, pour une voix forte à l’Assemblée nationale ; tout ce qui concerne l’ancrage local – le côté vote utile d’un député », explique de son côté la candidate. « On essaie d’être toujours dans les mobilisations locales et de les raccrocher à la politique nationale », poursuit Clémentine Autain. Qui illustre : « Nous avons par exemple mené une grosse bataille pour sauver le parc forestier de la Poudrerie à Sevran, classé Natura 2000 mais menacé par le retrait de l’État et de la Région. On se bat pour améliorer le RER B. On propose aussi la création d’une université sur 35 hectares de friches entre Sevran et Villepinte, c’est important car il n’y a pas ici d’université. » « On est une force au long cours, j’insiste là-dessus. » 

« Si on veut une force large, il faudra qu’elle soit plurielle »

Cette « force au long cours », qui rassemble communistes, insoumis, militants d’Ensemble! et citoyens non encartés, entre évidemment en résonance avec le paysage national au lendemain des élections. Élue, Clémentine Autain se trouverait de fait au centre du – petit – échiquier de la gauche à l’Assemblée nationale. Il est peu probable que La France insoumise seule, ou le PCF seul, sans même parler du PS – du moins sa frange de gauche –, soient à même de constituer un groupe. Il faudra donc, à tout le moins se parler. Quand on lui demande, ingénu, si elle est prête à prendre la présidence d’un groupe PCF-FI, Autain préfère ne pas prendre la question au sérieux. Il n’empêche, l’année électorale qui vient de passer constitue pour la candidate un « big bang qui appelle une refondation ». « Il va y avoir un grand chambardement et c’est bien, c’est sain. La gauche est morte, vive la gauche », ajoute-t-elle.

Sa formation, Ensemble!, est concernée. « Un débat interne va s’engager, certains veulent intégrer La France insoumise, d’autres y sont hostiles et contestent la volonté hégémonique de Mélenchon », et « si La France insoumise devient un mouvement pérenne, c’est une question légitime de savoir si on veut y entrer », explique-t-elle. Elle-même se dit « favorable à un dépassement d’Ensemble! », sans pouvoir dire, dans l’immédiat, vers quoi. 

Selon elle, « Jean-Luc Mélenchon a importé du PS dans notre gauche l’objectif d’être majoritaire, cette audace doit être saluée ». Le candidat « a fait quelque chose de très fort, il a donné du contenu au mot gauche sans insister sur le mot lui-même », de même qu’il a eu « deux grandes intuitions, extrêmement justes : se dissocier clairement et très vite de François Hollande ; présenter des formes politiques nouvelles – un mouvement au lieu d’un parti, la notion de dégagisme… » « Le problème, c’est de rendre ce mouvement durable : il faudra tendre la main. » Autain admet qu’« une élection présidentielle n’est pas le moment de la conflictualité », que « La France insoumise a été très efficace », mais « sur la durée, il va falloir se coltiner cette question ». En clair, « La France insoumise doit avoir des partenaires mais pas des vassaux »

 

Une réponse à ces craintes a été apportée par La France insoumise elle-même dans l’entre-deux-tours. Alors que son intransigeance avant le premier tour – des candidats quasiment partout y compris contre le PCF, refus absolu de dialogue avec le PS – avait agacé les autres formations, son communiqué lundi 12 juin a ouvert certaines portes. Le mouvement y appelle en effet « à voter pour toutes celles et ceux qui s'opposent à la loi travail, à l'état d'urgence et au projet austéritaire et productiviste d'Emmanuel Macron.C'est-à-dire, en premier lieu, les 74 candidats investis par La France insoumise présents au second tour mais aussi celles et ceux présentés par le PCF ainsi que les frondeurs socialistes ayant signé la motion de censure contre la loi El Khomri ». Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon n’avait pas fait preuve d’une telle ouverture, sans exiger de contreparties, depuis le début de sa campagne en janvier 2016. 

« Si on veut une force large, il faudra qu’elle soit plurielle », estime Clémentine Autain, qui se dit « très attachée au pluralisme ». Il faut « de la cohérence et du pluralisme », ajoute-t-elle, « pour la cohérence, c’est bon, la FI en a, il faut à présent du pluralisme ». Elle met en garde : « Il ne faudra pas de stratégie d’humiliation, pas de stratégie de sectarisme. »

Quant au PS, il peut certes disparaître demain, mais selon Autain, « il y aura toujours une gauche d’accompagnement et une gauche de rupture », même s’il n’est pas « certain que ce soit le courant d’adaptation qui donne le la demain ». Elle prend en exemple Benoît Hamon et Cécile Duflot, qui resteront toujours dans la mouvance sociale-démocrate. Mais rappelle aussi que pendant longtemps, surtout chez les socialistes, certains « parlaient de faire un congrès de Tours à l’envers [au congrès de Tours, en 1920, le futur PCF et le futur PS actent leur séparation – ndlr] ». « Une autre question sera de savoir où se situe le PCF dans tout ça », note-t-elle, rappelant qu’il ne s’agit pas, de son point de vue, « de faire un parti unique »

« Il faut savoir, entre le neuf et l’ancien, ce qui va dominer. On ne fait pas du neuf qu’avec du neuf mais il faut quand même que le neuf domine », conclut-elle, avant de filer vers le quartier populaire des Beaudottes à Sevran, poursuivre sa campagne. Car pour peser sur le « grand chambardement à gauche », il faudra d’abord remporter l’élection dimanche prochain.

Clémentine Autain à Sevran: "La gauche est morte, vive la gauche" (Médiapart, 14 juin 2017)

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 05:34
Fête de l'Humanité: 15-16-17 septembre: "Liberté, Justice, Paix". Réservez votre week-end et commandez des vignettes auprès des militants!

La vignette est à acheter 25€ tout l'été auprès des sections et militants communistes du Finistère (35€ sur place). 

***

La Fête de l'Humanité, organisée chaque année par le journal L'Humanité, revient au nord de Paris, pour un week-end de débats, d'expositions et de concerts. Ne manquez pas l'édition 2017 de la Fête de l'Huma, les vendredi 15, samedi 16 et dimanche 17 septembre au Parc Départemental George-Valbon à la Courneuve. Au menu ? Renaud, Iggy Pop, Trust mais aussi Un Air, deux Familles ou encore Gavin James.

Chaque année, plus d'un demi-million de personnes s'y rassemblent. Ce rendez-vous traditionnel existe depuis 1930, à l’initiative de l’organe de presse du Parti Communiste Français.  C'est la Fête de l’Humanité, plus communément appelée la Fête de l'Huma!

Une fois de plus, le Parc Départemental de la Courneuve sera le pôle d’attraction durant tout le week-end du vendredi 15 au dimanche 17 septembre 2017. 

Au programme, comme toujours : de la musique, des meetings, des expositions et des débats mais aussi un village de livres, un forum social ou encore un village de sport.

Côté musique, si de très nombreux artistes ont déjà participé à ce festival comme Stevie Wonder, Cesaria Evora, Noir Désir, Jimmy Cliff, Juliette Gréco ou encore Johnny Hallyday, cette nouvelle et 82ème édition risque, une nouvelle fois, de taper très fort. 

Après donc The Chemical Brothers, Michel Polnareff ou encore The Avener en 2016, qui aura l'honneur de participer à cette édition 2017?

Eh bien, Renaud sera de la partie! L'artiste Français, qui cartonne avec son Phénix Tour, sera bien présent à La Courneuve en septembre prochain. Iggy Pop sera aussi présent pour enflammer la scène tout comme le groupe composé des Ogres de Barback & des Hurlements d'Léo : Un Air, Deux Familles

Line-up :

  • Iggy Pop
  • Renaud
  • L'age d'or du rap francais
  • Trust
  • Un Air, Deux Familles : Les Ogres de Barback & Les Hurlements d'Léo
  • Gavin James
  • Camille Berthollet & Julie Berthollet

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 05:30
Les candidats présentés et soutenus par le PCF présents au second tour des élections législatives: citoyens, un petit effort pour avoir 5% de députés fondamentalement et constamment de gauche à l'Assemblée Nationale

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 05:28
Etat d'urgence reconduit et aggravé par Macron : les libertés en danger (expression du PCF - L'Humanité, 14 janvier 2017)

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 12:27

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 12:13

Emmanuel Macron en marche vers l’état d’urgence permanent et la suspicion généralisée

mercredi 14 juin 2017

Communiqué du groupe CRC au sénat

Le gouvernement d’Edouard Philippe a transmis au Conseil d’Etat son avant- projet de loi « renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure ». A l’aune du sixième renouvellement de la prorogation de l’état d’urgence, ce projet de loi pernicieux propose d’en « sortir » en intégrant directement ses dispositions d’exception dans notre droit commun, alors même que leur caractère disproportionné et attentatoire aux libertés publiques n’a cessé d’être démontré par de nombreux syndicats, associations, organismes de défense des droits de l’homme, et autres professionnels du droit.

Assignations à résidence, perquisitions administratives, fermetures de lieux de culte, contrôles d’identité et fouilles de véhicules, placement sous bracelet électronique de toute personne suspecte ... toutes ces mesures viennent éclabousser libertés publiques et séparation des pouvoirs, en passant sous le contrôle des préfets et du ministère de l’Intérieur. L’autorité judiciaire, quant à elle, est « confinée à un rôle d’alibi et de bras armé de l’exécutif » comme le dénonce le Syndicat de la magistrature.

Un glissement dangereux sera entériné avec ce projet de loi : les stratégies de maintien de l’ordre viennent rogner nos droits fondamentaux dans l’objectif de prévenir des risques potentiels. La justice par la preuve objective est peu à peu bafouée, laissant place à une justice du soupçon.

Alors qu’outre-Manche, Theresa May s’enferre elle aussi dans une logique sécuritaire plus que préoccupante, suite aux terribles attentats de Manchester et de Londres, considérant les droits de l’homme comme des obstacles à la lutte contre le terrorisme ; les sénatrices et sénateurs du groupe communiste, républicain et citoyen appellent l’exécutif de notre pays à se ressaisir.

Ces logiques servent précisément celles qu’elles prétendent combattre : l’asservissement par la peur que les terroristes veulent instiller en chacun de nous en s’attaquant aux droits fondamentaux, piliers de nos démocraties.
Dans l’hémicycle, nous nous opposerons le mois prochain à ce projet de loi démagogique et dangereux, tout en remettant l’accent sur l’urgence sociale qu’il y a à combattre la casse du code du travail que le gouvernement parachèvera en parallèle par ordonnances.

Site du groupe CRC

Emmanuel Macron en marche vers l’état d’urgence permanent et la suspicion généralisée (groupe communiste et républicain au Sénat)

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 08:11

Législatives dans le Nord. Fabien Roussel surmonte les divisions de la gauche

LUDOVIC FINEZ
MARDI, 13 JUIN, 2017
L'HUMANITÉ
Après quinze semaines de campagne, Fabien Roussel, affrontera le FN au second tour. Julien Jaulin/Hanslucas
Après quinze semaines de campagne, Fabien Roussel, affrontera le FN au second tour. Julien Jaulin/Hanslucas
 

Dans la 20e circonscription du Nord, Fabien Roussel (PCF) aborde le second tour en tête, face au FN, pour succéder au député sortant Alain Bocquet.

Saint-Amand-les-Eaux (Nord), correspondance

«On est en tête ! » Dimanche soir, au local de campagne de Fabien Roussel, à Saint-Amand-les-Eaux, le soulagement est manifeste quand tombent les derniers chiffres de la 20e circonscription du Nord. Avec un score de 23,6 %, Fabien Roussel, secrétaire départemental du PCF et conseiller municipal à Saint-Amand, affrontera au second tour le candidat du FN, Ludovic de Danne (22,6 %), « conseiller international » de Marine Le Pen, totalement inconnu localement. L’écart est d’un peu plus de 300 voix sur presque 32 700 suffrages exprimés, avec une abstention record de 59 %. Le candidat de la République en marche, Daniel Zielinski (20,2 %), arrive troisième. « On a repris la tête face au FN dans un certain nombre de communes. C’est un résultat fort encourageant, car on était face à la division et à la dispersion, et on a surmonté les obstacles », se félicite Alain Bocquet, candidat suppléant, élu à l’Assemblée nationale sans discontinuer depuis 1978, qui passe désormais le flambeau (1). Si le PS avait renoncé à présenter un candidat, la circonscription comptait deux autres candidats importants à gauche : Éric Renaud (9,6 %), premier adjoint d’Alain Bocquet à la mairie de Saint-Amand et conseiller départemental, et David Richer (9,3 %) pour la France insoumise. « Cette division a fortement émietté la gauche, ce qui est regrettable », confie Fabien Roussel. Mais il retient surtout « la campagne de contact avec les gens pendant quinze semaines, au porte-à-porte, dans des réunions publiques, sur les marchés », ainsi que « la forte mobilisation des maires de la circonscription », dont 7 ont appelé à voter pour lui. Et il en est un qui a particulièrement le sourire, celui de Raismes, commune où Fabien Roussel devance de plus de 400 voix le candidat FN. Le maire, Aymeric Robin, y voit « une reconnaissance de tout le travail mené par Alain Bocquet pendant quarante ans comme député : ses combats pour l’emploi, pour l’industrie ferroviaire, la réhabilitation des cités minières… » « Mais, demain, il faut être au rendez-vous de cette main tendue », conclut-il.

« Une volonté de combat pour défendre l’ouvrier et le salariés »

Fabien Roussel passe d’un groupe à l’autre, sous les félicitations et les encouragements : « Il ne faut rien lâcher ! » ; « Le porte-à-porte et le comité de soutien, ça paye ! » Parmi les militants, Franc de Nève savoure l’instant : « On parle beaucoup de République exemplaire, je trouve que Fabien a créé les bases d’une circonscription exemplaire. » Face à une « majorité faite de bric et de broc », qui se dessine pour Emmanuel Macron, Franc de Nève insiste sur l’indispensable « volonté de combat pour défendre l’ouvrier et le salarié ». « Ici, on arrive devant le FN, c’est à la fois un immense soulagement et le signe qu’il y a de l’espoir », ajoute-t-il. « Mais le résultat n’est pas encore fait, prévient Fabien Roussel. Il nous reste une semaine pour réaliser le rassemblement le plus large possible, pour l’emploi, pour les services publics, pour nos communes, mais aussi pour que les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité aient un sens dans notre vie de tous les jours. » Joint au téléphone, Éric Renaud appelle « sans ambiguïté à voter pour Fabien Roussel et Alain Bocquet », pour « mettre en échec le candidat du Front national et l’empêcher de représenter (la) circonscription à l’Assemblée nationale ». En attendant une réunion des militants FI de la circonscription, David Richer lance, « à titre personnel », le même appel.

(1) En 2012, Alain Bocquet avait obtenu 46,6 % des voix au premier tour et 66,3 % au second, face au FN.

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 08:03
Une réforme de tarification alarmante pour les EHPAD (13 juin 2017)

Une réforme de tarification alarmante pour les EHPAD

Le site logement-seniors alerte sur la réforme de tarification pour les EHPAD

En janvier 2017, les maisons de retraite appliquaient un nouveau mode de tarification. Plus transparents, ces tarifs visaient également à rendre les EHPAD autonomes et innovants. Pourtant, c’est un bilan assez amer que dresse la FHF seulement 6 mois après l’application de cette loi, en annonçant des pertes de 200 millions d’euros à venir.

La réforme de la loi ASV : rappel

La réforme du 23 décembre 2016 a été mise en place dans le cadre de la loi ASV. Dès janvier 2017, les EHPAD ont commencé à appliquer les nouveaux calculs tarifaires. S’ils étaient anciennement estimés une fois leur plan de dépenses présenté, ils peuvent maintenant obtenir des allocations basées sur grille tarifaire nationale avant d’effectuer leurs dépenses. Les résidents ont, de leur côté, vu une fusion des différents tarifs, laissant place à des tarifs globaux.

Une réforme de tarification lourde de conséquences

En fait, la fusion des tarifs ne permet plus d’adapter au cas par cas les allocations autorisées à chaque EHPAD. Ils se voient donc attribuer le même montant d’aide en fonction de leur zone. Pourtant, les établissements ont des besoins différents les uns des autres. Certains EHPAD se retrouvent donc avec des moyens financiers peu adaptés à leur besoin. Pour résoudre le problème, certains sont contraints de baisser leurs dépenses et donc de réduire le personnel et de proposer des services de moindre qualité. Les premiers à en pâtir sont les résidents. Ainsi, les structures les plus touchées par cette réforme sont les EHPAD publics, qui accueillent bien souvent les personnes âgées les plus démunies et les moins autonomes, qui nécessitent une prise en charge financière conséquente.

Un appel à l’aide des directeurs

Telle une bouteille à la mer, l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) a lancé un appel afin de remédier à cette situation préoccupante. Ils sollicitent notamment la FHF, qui aurait annoncé une baisse annuelle de 200 millions d’euros sur les dotations des EHPAD et réclame aujourd’hui un moratoire sur le décret. Dans un contexte où l’offre d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes devient préoccupante, cette réforme va-t-elle empirer la situation ?

Les budgets des EHPAD publics amputés de 200 millions d'euros par Hollande et son gouvernement (L'Humanité, 7 juin 2017)

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