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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 05:00

Merci aux sénatrices et sénateurs du groupe CRCE (Communiste, Républicain, Citoyen, Ecologiste) pour leur combat . 
La bataille continue aux cotes des cheminots , des usagers dans le pays , dans nos regions pour porter nos exigences. 
Et le 12 juin dans le pays , nous serons avec les cheminot-es avant le passage de la loi à l'Assemblee Nationale .

Fabien Gay

Fabien Gay

Après trois jours et trois nuits de débats sur le « nouveau pacte ferroviaire » ou plutôt, « le dernier pacte ferroviaire mettant fin aux services publics du rail », nous avons procédé aux explications de vote de chaque groupe et au vote solennel cet après-midi.

Quelques-uns qui n’avaient pas dit un mot pendant trois jours, et qui n’avaient pas échangé un seul argument dans l’hémicycle, ont retrouvé de la voix cet après-midi.
On s'en réjouit, car franchement, pendant ces trois jours, les sénatrices et sénateurs communistes et écologistes se sont parfois sentis bien seuls pour débattre et échanger...

Heureusement que le rapporteur et la ministre étaient présents, même si nous n’avons pas obtenu toutes les réponses à nos questions.

Un sénateur s’en est même pris violemment, et de façon injurieuse, à notre groupe CRCE. Mais derrière cette attaque et au-delà des seuls sénatrices et sénateurs communistes, républicains, citoyens et écologistes, c’est au mouvement social des cheminots, qu’il s’est attaqué. Certains ont utilisé la tribune de notre Sénat pour déverser leur haine. Cela n’honore pas le débat parlementaire.

Il faut maintenant « arrêter la grève » et stopper cette « minorité qui bloque tout » ; on connaît bien la litanie libérale des tout-puissants.

On nous reproche aussi d’avoir porté la tenue des cheminots dans l’hémicycle. Pour ma part, j’en suis fier !

En vérité, ils ne digèrent pas ce mouvement social inédit par sa durée et son mode d’action, et qui ne faiblit pas. Car ils avaient un plan : celui de boucler l’examen de ce projet de loi en catimini, en une seule soirée.

Mais face à la détermination et aux arguments que nous avons déployés, le débat a eu lieu. Trois jours pour casser 80 ans de service public du rail, ce n’est pas cher payé, comme l’a rappelé notre présidente Eliane Assassi, lors de son allocution en conclusion des débats.

Nous avons été bien seuls, pour défendre le service public, les usagers, les cheminots, et donc, au final, l’intérêt général. Nous nous sommes opposés au triptyque : changement de statut, qui n’apportera rien sinon la possibilité de privatisation ; la casse du statut, qui n’est qu’idéologique, car en réalité, les cheminots sont mal payés ; et enfin, l’ouverture à la concurrence qui partout en Europe a entraîné la fermeture de lignes, l’explosion des prix, la dégradation du service rendu aux usagers et des conditions de travail des salariés.

Nous avons développé, pendant trois jours, une autre vision du service public et de l’aménagement du territoire, qui passe par de l’investissement dans le ferroviaire. C’est un des seuls moyens de sauvegarder notre planète et de garantir un droit à la mobilité pour toutes et tous.

Comme l’ensemble du groupe CRCE, j’ai voté contre ce texte qui a été adopté à une grande majorité, grâce à la droite sénatoriale.

Le combat continue! 

Fabien Gay, 

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 15:42
LOI ELAN : HLM EN DANGER (PCF - 5 juin 2018)

Le gouvernement s’attaque au droit au logement pour tous

 

Avec la loi ELAN (évolution du logement, de l’aménagement et du numérique), le gouvernement entend livrer les logements sociaux à la loi du marché. Cette loi sur laquelle les lobbys de l’immobilier ont énormément pesé, est une attaque contre la mixité sociale et la place du logement social dans notre pays alors même que 75 % des français y sont éligibles. 

 

Ce texte organise le dépeçage du logement social en obligeant les organismes HLM à vendre des logements sociaux pour se financer. Ceux-ci pourront être vendus à des particuliers mais aussi des acteurs privés faisant peser de lourdes menaces de spéculation. En outre, le gouvernement a refusé un amendement des député.e.s PCF interdisant cette vente dans les villes ne respectant pas la loi SRU (25 % de logements sociaux obligatoires). Cette décision renforcera inéluctablement les inégalités territoriales.

 

Macron s’attaque aussi au logement des personnes en situation de handicap en abaissant à 10 % (pour 100 % actuellement) la part des logements adaptés aux normes « handicap ». 

Ce texte s’en prend aussi aux architectes en limitant leur rôle faisant peser le risque de dérives urbanistiques et architecturales.

 

Assurer un véritable droit au logement pour tous

La crise du logement est majeure. 12 millions de personnes sont touchées, 2,8 millions vivent dans des conditions de surpeuplement, sans confort et dans une très grande précarité. La part du logement est passé de 18 à 25 % dans le budget des ménages. Il est plus que temps d’agir pour faire respecter le droit constitutionnel au logement.

 

Agir tout de suite

Revaloriser les APL

Mettre sous protection le 1,2 million de personnes menacées d’expulsion locative à plus ou moins brève échéance en interdisant les expulsions sans solutions de relogement.

Augmenter les taxes sur les logements vacants dans les zones en déficit de logement.

Encadrer les loyers avec l’objectif que le loyer et les charges ne dépassent pas 20 % des revenus du foyer.

 

Changer de logique

Construire 200 000 logements sociaux par an et renforcer la loi SRU (vers 30 % de logements sociaux en zone urbaine).

Créer un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville s’appuyant notamment sur un pôle public financier, un pôle public de la construction et une agence nationale foncière (pour compenser les surcoûts fonciers). Ce service public se déclinerait en quatre volets :

Un pôle public financier, appuyé sur la Caisse des dépôts et consignations (CDC), pour financer le logement social.

Un pôle public de la construction pour casser le monopole des majors du BTP et permettre l’abaissement des loyers et des charges.

Une agence nationale foncière et décentralisée au niveau des régions, dotée de fonds d’intervention conséquents, pour lutter contre la spéculation du sol, par une maîtrise publique des sols par des baux emphytéotiques et inciter à la construction de logements sociaux dans toutes les communes.

LOI ELAN : HLM EN DANGER (PCF - 5 juin 2018)
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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 10:13

En quelques jours de débats, trois lois phares (Handicap, SRU et Littoral) ont été mises à mal par la majorité LREM à l'Assemblée nationale

En faisant siéger l’Assemblée nationale nuit et jour, samedi et dimanche compris, le gouvernement et sa majorité parlementaire ont mis à mal en moins d’une semaine trois lois phares dont notre pays pouvait s’enorgueillir. En quatre jours tout a été bousculé : la loi obligeant à rendre accessibles aux handicapés tous les logements dans la construction neuve, la loi Littoral qui a permis de sauvegarder nos côtes contre les appétits des bétonneurs, ainsi que la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui, depuis l’an 2000, impose aux communes déficitaires en HLM d’atteindre progressivement un quota de 25% de logements sociaux. Une œuvre de démolition, menée tambour battant, en s’appuyant sur un seul et même texte: le projet de loi Elan (Engagement pour le logement, l’aménagement et le numérique) porté par le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard, et son secrétaire d’Etat, Julien Denormandie.

Dimanche soir, en quelques heures, et au pas de charge, une loi anti-ghettos, qui a permis en dix-huit ans la construction de plus de 500 000 HLM dans les communes qui en avaient peu, a été discrètement vidée de sa substance. Avec l’adoption de l’article 29 du projet de loi Elan, les organismes de HLM, vont pouvoir vendre leurs logements partout, y compris dans les communes qui en ont peu. Il sera possible ainsi de céder des logements à Saint-Cloud, Neuilly-sur-Seine, Paris, Cannes… bref toutes les communes résidentielles où il sera pratiquement impossible de reconstituer l’offre de HLM, en raison du manque de foncier. Jamais le gouvernement et le ministre de la Cohésion des territoires n’ont répondu à cette question de la difficulté de reconstruire des logements sociaux dans ces villes déjà construites, sans terrains à bâtir, une fois que les HLM existant auront été vendus. L’hypocrisie est totale: officiellement les communes qui ont moins de 25% de HLM continuent à être tenues de rattraper leur retard, mais en «même temps», les organismes de logement sociaux peuvent y vendre le patrimoine qu’ils possèdent.

Au départ, le gouvernement a avancé sur ce dossier avec un argument vertueux: faciliter l’accession à la propriété des locataires HLM. Mais un amendement porté notamment par la corapporteure du texte, Christelle Dubos, députée LREM de Gironde, va permettre à des fonds d’investissement ou des fonds de pension d’acheter en «nue propriété» des immeubles HLM entiers. Une fois acquis par des fonds privés, ces bâtiments restent locatifs pendant une période donnée (quinze, vingt ans…) et au terme du délai, l’investisseur peut revendre les logements à l’unité, réalisant au passage une énorme plus-value. Evidemment les immeubles situés dans les communes les plus cotées sont les plus convoités. Pour parfaire le tout, les logements HLM vendus continueront à être comptés pendant 10 ans dans le quota de logements sociaux, ce qui permettra de masquer le rétrécissement de l’offre locative sociale dans les localités concernées.

Concernant les handicapés, il est aussi question de rétrécir les obligations faites aux constructeurs: jusqu’ici 100% des logements neufs devaient être accessibles aux personnes à mobilité réduite. La majorité LREM a ramené ce taux à 10% vendredi soir. Tous les amendements qui visaient à supprimer ce mauvais coup ont été rejetés. La veille, les mêmes députés avaient assoupli la loi littoral pour permettre de construire dans les «dents creuses», c’est-à-dire des terrains vides situés entre deux bâtiments existants situés sur des zones côtières…

En quelques jours, une loi de mixité favorable aux familles pauvres et modestes, une autre visant à adapter tous les logements au handicap et une troisième, incontournable pour la préservation de nos côtes, ont été malmenées par des démolisseurs en marche.

Tonino Serafini
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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 06:40
Vente HLM : une attaque sans précédent de la loi SRU (Stephane Peu, député communiste)
Vente HLM : une attaque sans précédent de la loi SRU

lundi 4 juin 2018

Les débats sur la vente HLM auront duré pratiquement toute la journée du dimanche 3 juin dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale et malgré les vives protestations, le gouvernement a refusé de modifier son projet de loi.

Ainsi, il autorise la vente de logements HLM dans les villes se refusant, malgré la loi, a construire 25% de logements sociaux et approuve l’obligation de regroupement des organismes HLM.

Ce que même la droite n’a jamais osé faire, le président Macron, le gouvernement et sa majorité le font. Il s’agit là d’une atteinte sans précédent du droit au logement.

Intervention de Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis (groupe GDR) :

Extraits :

"La vente de logements HLM est une possibilité qui existe depuis très longtemps. De ce point de vue, le projet de loi n’invente donc rien ; la seule différence est qu’il érige cette pratique en système, la rendant de fait obligatoire compte tenu des mesures adoptées en loi de finances. Je pense que c’est une faute.

Mais la grande faute de cet article tient à votre refus d’empêcher la vente de HLM dans les villes qui comptent moins de 25 % de logements sociaux – qui ne sont donc pas « dans les clous » de la loi SRU –, et, pire même, de l’interdire dans les villes carencées, celles qui, outre qu’elles ne respectent pas la loi SRU, ne font manifestement pas les efforts nécessaires pour la respecter.

Vous êtes le premier Gouvernement et la première majorité, depuis dix-huit ans, à toucher à la loi SRU. Les premiers ! Ce faisant, vous vous autorisez donc ce que personne ne s’était autorisé à faire avant vous – je ne reviens pas sur l’épisode de 2005. Vous prenez donc une lourde responsabilité, et commettez une faute historique contre le droit au logement dans notre pays".

" La République sera-t-elle demain une multiplication d’édifices qui ne communiquent plus ? Allons-nous balkaniser ce pays et conforter l’apartheid, ou voulons-nous tout mettre en œuvre pour en finir avec celui-ci et pour que la République reste un espace commun dans la diversité de la sociologie et des histoires des populations ? C’est ça le sens de la loi SRU !

"Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens : la réalité, c’est que vous vous attaquez à la loi SRU ! Vous la remettez en cause, vous favorisez le séparatisme social et – quels que soient l’avis et la bonne volonté des maires – vous allez encourager la baisse du nombre de logements sociaux dans les villes qui n’atteignent déjà pas les 25 %, et les difficultés que nous connaissons persisteront, et s’aggraveront ailleurs.

La majorité nous rebat les oreilles de l’assignation à résidence. Mais vous ne faites rien d’autre que la conforter ! L’assignation à résidence, c’est d’abord cela : le séparatisme territorial et social. Vous allez l’encourage, et creuser le fossé des inégalités entre les territoires, fossé qui s’approfondit depuis vingt ans en dépit des efforts des uns et des autres.

Je ne jette l’opprobre sur personne. Mais la loi est là pour encadrer, réguler, réorienter les tendances naturelles vers le séparatisme. C’est ça, son rôle ! Autrement, nous ne servons à rien ! Et c’est pire quand la loi favorise la ségrégation, quand elle devient antirépublicaine par ses effets très concrets.

Vous me dites qu’il y aura les préfets. Mais vous les avez vus intervenir sur la loi SRU ?

D’abord, avec tout le respect que je leur dois, pour en avoir vu défiler beaucoup – car si nous restons, eux passent –, les préfets ne vivent en général pas dans les quartiers de la politique de la ville.

Et puis ce sont des hommes et femmes qui regardent ce qui se passe chez eux, dans leur environnement proche. Bien sûr, ils défendent à tout prix, à tout moment, à tout instant l’intérêt général, mais voilà : quand je vois leur mansuétude vis-à-vis des infractions à la loi SRU, quand je vois des villes qui devraient payer des amendes et qui n’en payent pas, quand je vois à quel point le seuil de tolérance est élevé pour des maires qui se complaisent dans leur situation de hors-la-loi, permettez-moi de douter de l’efficacité de leur intervention !

La seule chose qui permet d’agir, c’est la loi, règle commune de la République. C’est comme cela qu’il faut faire si nous voulons une République une et indivisible, une République sociale, une République des égaux !"

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 05:25
Pour son congrès, le PCF met toutes les options sur la table (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 4 juin)
Gauche. Pour son congrès, le PCF met toutes les options sur la table
JULIA HAMLAOUI
LUNDI, 4 JUIN, 2018
L'HUMANITÉ
Sur le bilan de la période Front de gauche, les questions stratégiques et les futures directions de la formation, les différentes positions ont été intégrées dans le texte. Magali Bragard
 

La direction communiste a adopté ce week-end un texte d’orientation qui laisse place au débat entre positions contradictoires. Son secrétaire national, Pierre Laurent, a dit sa disponibilité pour un autre mandat.

À l’issue de ce week-end, une nouvelle étape s’ouvre pour le PCF dans la perspective de son congrès des 24, 25 et 26 novembre prochains. Hier, la direction nationale de la formation a adopté, par 49 voix pour, 26 contre et 16 abstentions, son projet de texte d’orientation (de « base commune », selon la terminologie militante). Celui-ci a été vigoureusement discuté. Sa version initiale a non seulement été largement amendée, mais « ce texte propose une manière nouvelle de régler les questions centrales qui demeurent en débat », résume Guillaume Roubaud-Quashie, responsable de la commission en charge de son écriture. Concrètement, sur trois sujets (le bilan de la période Front de gauche, les questions stratégiques et les futures directions de la formation), les différentes positions sont couchées sur le papier, dans des encarts « En débat ». « C’est une ouverture et une nouveauté d’intégrer une problématique contradictoire dans le texte. Sur ces points-là en particulier, nous considérons que ce qui est proposé dans le projet de base commune doit être approfondi », détaille Pierre Laurent, qui y voit un « signal de rassemblement des communistes ».

Les adhérents trancheront par un vote du 4 au 6 octobre

Le secrétaire national du PCF a également saisi l’occasion, ce week-end, pour lever le voile sur ses intentions : « Je suis disponible pour un nouveau mandat dans une direction qui doit être profondément renouvelée, a-t-il déclaré. Les nouveaux visages du Parti communiste doivent désormais être mis en avant. » Si tout le monde s’accorde sur cette dernière idée, le sujet ne fait pas consensus pour autant et est l’objet d’une des « fenêtres de débat ». Certains pensent « nécessaire de renouveler profondément la direction nationale, jusqu’au secrétaire national », tandis que, pour d’autres, il s’agit de choix « politiques avant d’être des questions de personnes », précise le fameux encart. Comme pour le bilan de l’alliance avec Jean-Luc Mélenchon, des appréciations différentes sont également portées sur le volet stratégique. Par exemple, entre les tenants de « fronts d’unité populaire » appuyés sur des luttes et d’un « forum national politique permanent » et ceux qui y voient « un risque de reproduire les échecs antérieurs ».

Outre ces trois questions, d’autres ont été particulièrement discutées ce week-end, comme le féminisme, l’antiracisme, l’écologie, le travail. Là aussi, le débat est appelé à se poursuivre, insiste-t-on place du Colonel-Fabien, d’autant que ces derniers sujets figurent parmi les « cinq transformations révolutionnaires » auxquelles le PCF voudrait être identifié (s’ajoutent les services publics et la prise de pouvoir sur l’argent), selon le texte adopté ce week-end.

Pas satisfaits de la proposition initiale, certains membres de la direction ont plaidé pour ces « fenêtres » de débat afin d’éviter la « multiplication de textes alternatifs ». Lors du dernier congrès de la formation, en 2016, cinq textes, en tout, avaient été soumis au vote des adhérents. Mais tout le monde n’a pas été convaincu. Quelques heures après la fin du Conseil national, hier, huit de ses membres (dont la plupart avaient apporté en 2016 leur soutien au texte alternatif intitulé « L’ambition communiste pour un front de gauche populaire et citoyen ») ont lancé un appel à la rédaction d’un autre document. Le texte adopté « n’apporte aucune proposition nouvelle sur la conception même du communisme ni sur celle d’un processus révolutionnaire adapté au capitalisme mondialisé d’aujourd’hui », estiment dans une déclaration commune ses signataires, dont la députée Elsa Faucillon ou l’historien Frédérick Genevée, qui reprochent également « l’abandon de toute idée de construction politique à gauche ». Parmi ceux qui se sont opposés à l’adoption du « projet de base commune » ce dimanche, d’autres pourraient sauter le pas. En tout état de cause, les adhérents du PCF seront appelés à trancher par un vote du 4 au 6 octobre prochain.

La direction communiste a aussi, ce week-end, fait un pas de plus vers les élections européennes de mai 2019. Ian Brossat, maire adjoint au logement de la Ville de Paris, a été désigné « chef de file », entouré par une équipe composée notamment des députés européens sortants Patrick Le Hyaric, Marie-Pierre Vieu et Marie-Christine Vergiat. Le PCF a redit « sa disponibilité pour une liste qui unisse les forces de la gauche sociale, écologique et politique ». à la clé, une invitation qui leur est adressée pour un premier rendez-vous début juillet.

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5 juin 2018 2 05 /06 /juin /2018 05:23
Élections européenes. Ian Brossat, chef de file des communistes (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 3 juin 2018)
Élections européenes. Ian Brossat, chef de file des communistes
JULIA HAMLAOUI
DIMANCHE, 3 JUIN, 2018
HUMANITE.FR
 

Le maire adjoint au logement à la ville de Paris, Ian Brossat a été désigné ce week-end chef de file du PCF pour les élections européennes de mai 2019. 

Face à une « offensive contre les droits sociaux conjointement menée par le gouvernement Macron et dans toute l’Europe », le Conseil national du Parti communiste a également lancé un appel pour « construire une liste de large rassemblement » porteuse des « attentes » et des « combats » de « la jeunesse » ou encore « des acteurs et actrices des mobilisations sociales en cours en métropole comme en Outre-mer ». 

Pour « porter cette démarche », l’élu parisien sera entouré d’une équipe comptant d’ores et déjà les députés européens sortants Patrick Le Hyaric, Marie-Pierre Vieu et Marie-Christine Vergiat, les sénateurs Eric Bocquet et Cécile Cukierman, le syndicaliste Gilbert Garrel, le maire de Grigny Philippe Rio, le président du groupe GDR de l’Assemblée nationale André Chassaigne, la responsable Europe du PCF Anne Sabourin, la secrétaire générale du Mouvement jeunes communistes Camille Lainé, et la militante féministe et antiraciste Mina Idir.

Si les candidatures seront soumises au vote de ses adhérents à l’automne,  la résolution adoptée ce week-end, réaffirme également la « disponibilité (du PCF) pour une liste qui unisse les forces de la gauche sociale, écologique et politique ». Avec, à la clé, une invitation qui leur est adressée pour un premier rendez-vous le 2 juillet.

Après avoir validé « 14 engagements » de campagne en mars dernier - de la défense du service public à la lutte contre le dumping social  en passant par le combat pour l’égalité femme-homme ou l’environnement-,  la formation se propose  aussi de préparer des « Etats généraux du progrès social en Europe avec plusieurs milliers de participants et des invités de toute l’Europe », les 2 et 3 février 2019 à Paris.

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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 16:00
Ian Brossat au CN

Ian Brossat au CN

 

L'adjoint communiste au Logement de la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo a été désigné dimanche tête de liste communiste aux élections européennes de mai 2019.

Ian Brossat, adjoint communiste au Logement de la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), a été désigné dimanche tête de liste du PCF aux élections européennes de mai 2019. Cette désignation comme «chef de file» pour les européennes a fait l’objet d’une résolution votée dimanche par le Conseil national du Parti communiste français, a précisé l’élu communiste à l’AFP.

«Nous entrons désormais en campagne. Mais nous ne nous faisons pas à l’idée que la gauche parte à cette élection aussi éparpillée et nous sommes donc disposés à continuer les discussions avec nos alliés potentiels», a également déclaré Ian Brossat, qui devrait quitter son poste d’adjoint à la mairie de Paris s’il est élu député européen. «La France insoumise n’a jamais envoyé aucun signe» en vue de l’union, «mais nous, nous ne refusons pas de tendre la main», a-t-il ajouté.

Régulation d’Airbnb

Âgé de 38 ans, Ian Brossat, normalien et agrégé de lettres modernes (relire son portrait), est membre de la direction nationale de PCF, le parlement du Parti, où il est responsable de la commission logement. Après avoir mené campagne en 2008 dans la capitale sur la liste d’union de la gauche menée par Bertrand Delanoë, il avait pris la présidence du groupe PCF, devenant, à 28 ans, le plus jeune président de groupe de l’histoire du Conseil de Paris. Ouvertement gay, il a fait campagne en 2013 en faveur du mariage pour tous, avant de se marier lui-même, une fois la loi votée.

Adjoint au logement et à l’hébergement d’urgence de Mme Hidalgo depuis 2014, il a notamment participé à la création d’un centre d’hébergement pour SDF dans le XVIe arrondissement de Paris et a mené la bataille en faveur de la régulation d’Airbnb. Ian Brossat a également mis en place la transparence des désignations de logements sociaux avec, à partir du 7 juin, la «participation citoyenne» des Parisiens aux commissions d’attribution, «une première en France et en Europe», selon son entourage.

LIBERATION avec AFP

 

L’adjoint d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris a été désigné lors du Conseil national du Parti communiste français.

Secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent nous annonce que Ian Brossat conduira la liste communiste aux élections européennes. A 38 ans, l’élu du XVIIIe arrondissement de la capitale, adjoint (chargé de Logement) de la maire Anne Hidalgo (PS), a été désigné lors du Conseil national.

 

Quelle stratégie est envisagée par le Parti communiste en vue des élections européennes?

PIERRE LAURENT. « Nous voulons une liste qui puisse porter, au nom des mobilisations sociales et des Français qui souffrent, toutes leurs attentes au niveau européen. Les combats au plan européen sont nécessaires pour empêcher le dumping social, la guerre du tous contre tous. Pour cela, il faut une liste large. Nous sommes disponibles pour la construire avec toutes les forces sociales, toutes les personnalités de la gauche.

Qui pour la porter?

Pour animer cette démarche, nous avons désigné Ian Brossat, jeune maire adjoint de la ville de Paris, comme chef de file des communistes. Il mènera le travail de construction de cette liste avec les députés européens Patrick Le Hyaric et Marie-Pierre Vieu. »

L’intégralité de l’interview de Pierre Laurent est à retrouver en fin d’après-midi sur notre site.

 
leparisien

Ian Brossat a été désigné pour prendre la tête de la liste pour les élections européennes de 2019 dimanche, par une résolution votée par le Conseil national du Parti communiste.

Ian Brossat, adjoint communiste au Logement de la maire de Paris Anne Hidalgo (PS), a été désigné dimanche tête de liste du PCF aux élections européennes de mai 2019, a-t-il annoncé. Cette désignation comme "chef de file" pour les européennes a fait l'objet d'une résolution votée dimanche par le Conseil national du Parti communiste français, a précisé Ian Brossat.

"Nous ne refusons pas de tendre la main" à LFI. "Nous entrons désormais en campagne. Mais nous ne nous faisons pas à l'idée que la gauche parte à cette élection aussi éparpillée et nous sommes donc disposés à continuer les discussions avec nos alliés potentiels", a déclaré Ian Brossat, qui devrait quitter son poste d'adjoint à la mairie de Paris s'il est élu député européen. "La France insoumise n'a jamais envoyé aucun signe" en vue de l'union, "mais nous, nous ne refusons pas de tendre la main", a-t-il ajouté.

Âgé de 38 ans, Ian Brossat, normalien et agrégé de lettres modernes, est membre de la direction nationale de PCF, le parlement du Parti, où il est responsable de la commission logement. Après avoir mené campagne en 2008 dans la capitale sur la liste d'union de la gauche menée par Bertrand Delanoë, il avait pris la présidence du groupe PCF, devenant, à 28 ans, le plus jeune président de groupe de l'histoire du Conseil de Paris. Il a fait campagne en 2013 en faveur du mariage pour tous, avant de se marier lui-même, une fois la loi votée.

Brossat s'est battu en faveur de la régulation d'Airbnb. Adjoint au logement et à l'hébergement d'urgence de Madame Hidalgo depuis 2014, il a notamment participé à la création d'un centre d'hébergement pour SDF dans le XVIe arrondissement de Paris et a mené la bataille en faveur de la régulation d'Airbnb. Ian Brossat a également mis en place la transparence des désignations de logements sociaux avec, à partir du 7 juin, la "participation citoyenne" des Parisiens aux commissions d'attribution, "une première en France et en Europe", selon son entourage.

Europe 1
Ian Brossat, 38 ans, chef de file des communistes aux élections européennes

Ian Brossat, 38 ans, chef de file des communistes aux élections européennes

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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 07:40
Rassemblement National : Marine Le Pen et sa clique dans les pas de Marcel Déat
Rassemblement National : Marine Le Pen et sa clique dans les pas de Marcel Déat

Le Front National des Le Pen, qui avait usurpé le nom d'une grande organisation de rassemblement de la résistance créée par les communistes en 1941, le Front National pour la Libération et l'Indépendance de la France tout en lui apposant un logo venant d'une organisation fasciste italienne, a changé de nom en fin de semaine, devenant le "Rassemblement national", nom directement inspiré du "Rassemblement national populaire" de Marcel Déat, un transfuge de la SFIO, ancien député de Paris, fondamentalement anti-communiste et hostile au Front Populaire, qui a créé un mouvement d'ultra-collaboration nationale-socialiste pendant la guerre. 

L'entreprise de dédiabolisation et de présentation en mode "ni droite, ni gauche, parti du peuple" doit reposer sur des fondamentaux solides chez les Le Pen...  

 

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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 07:20
Edouard Louis : « La politique de ces trente dernières années a été une politique de persécution des pauvres.» Photo : Joël Saget/AFP

Edouard Louis : « La politique de ces trente dernières années a été une politique de persécution des pauvres.» Photo : Joël Saget/AFP

Edouard Louis : « La politique est une question de vie ou de mort »
ENTRETIEN REALISÉ PAR MAUD VERGNOL
LUNDI, 28 MAI, 2018
HUMANITÉ DIMANCHE
Edouard Louis : « La politique de ces trente dernières années a été une politique de persécution des pauvres.» Photo : Joël Saget/AFP

Le jeune sociologue et auteur d’En finir avec Eddy Bellegueule  consacre un texte à son père, sur la violence physique qu’infligent les politiques néolibérales aux classes populaires. Un cri de colère et d’amour.

Un entretien accordé à L'HUMANITÉ DIMANCHE, le magazine des alternatives, Nouvelle formule https://bit.ly/2J5rP5c

Edouard Louis est une exception française. D’abord parce qu’il est un « transfuge de classe », devenu son propre objet sociologique. S’extirper de son milieu fut pour lui une question de survie. Cette enfance confrontée à la violence, insulté et battu parce qu'« efféminé », il l’a raconté en 2014 avec En finir avec Eddy Bellegueule, récit d’apprentissage fulgurant d’un picard né dans une famille du «lumpenprolétariat », qui atterrira sur les bancs de l'Ecole normale supérieure de la rue d’ULM, à Paris. Le succès du jeune écrivain fut tout aussi flamboyant, désormais traduit dans une trentaine de langues et plusieurs fois adapté au théâtre. Dans quelques semaines, son deuxième roman, Histoire de la violence (2016), sera joué à la Schaubühne de Berlin, mis en scène par Thomas Ostermeier. Qui a tué mon père, publié au Seuil, est un nouveau coup de poing, sec et enragé, qui tape où ça fait mal : dans ces corps abimés par « leur place au monde », que personne ne veut voir. Entretien.

Le titre de votre livre, « Qui a tué mon père », dénué point d’interrogation, sonne comme un réquisitoire. Comment est né ce texte ?  

Edouard Louis : Mon livre part d’un retour. J’ai revu mon père après des années de séparation, pas à cause d’un conflit en particulier mais parce que nos vies avaient pris des chemins différents.  Quand j’ai ouvert la porte de chez lui, il y a quelques mois, j’ai vu son corps dans un état révoltant.  Il  a cinquante ans et son corps est  détruit, il a du mal à marcher, à respirer. Il n’a pas de maladie au nom impressionnant, l’état de son corps est simplement du à sa place au monde, celle qui lui a été imposée toute sa vie. Quand je l’ai vu : j’ai pensé Sarkozy, Macon, Chirac, El Khomri, Valls… Immédiatement, j’ai vu le visage de ses meurtriers. Quand Xavier Bertrand, sous Chirac, a annoncé le déremboursement de certains médicaments, je me souviens précisément de l’angoisse que cela a suscité chez nous. Mon père était alité, parce qu’à 35 ans, un accident du travail dans son usine lui a broyé le dos. D’un seul coup, il ne pouvait plus se payer les médicaments dont il avait besoin. On lui en proposait d’autres, mais moins efficaces. De la même manière, je me rappelle le passage du RMI au RSA, la violence que ca avait representé. Quand il a commencé à aller un peu mieux, il a été basculé de la pension handicapé vers le RMI. IL a du retravailler, comme balayeur. Il était harcelé. On lui disait « soit vous ne retournez pas au travail et on vous enlève les allocations », donc vous mourrez. « Soit vous retournez au travail mais comme vous en êtes malade, vous mourrez ». La mort ou la mort, c’est ce qu’on lui proposait, exactement comme dans le film de Ken Loach « Moi Daniel Blake ».  Je l’ai vécu dans ma chair. Je  revois mes parents en parler devant la télé. Quand j’étais enfant, a cause de tout ça, le passage d’un gouvernement à un autre était un moment de terreur pour nous. Donc pour comprendre l’état du corps de mon père, l’enquête n’était pas nécessaire :  je connaissais le nom des meurtriers. Né d’une commande de Stanislas Nordey, avec ce récit, je voulais qu’on traverse la vie d’un homme en moins de deux heures, que l’oralité, la ponctuation, le rythme lui donnent une puissance politique dans sa brièveté.

La politique est donc une question de vie ou de mort ?

Edouard Louis : C’est une idée que j’ai déjà esquissé dans le volume que j’ai dirigé sur Pierre Bourdieu. J’ai grandi dans un milieu populaire, dans ce Marx appelle le « lumpen prolétariat », parce que mon père a perdu son travail à 35 ans suite à cet accident, et dans mon enfance, les ouvriers ou l’épicière du village étaient pour nous des privilégiés. Notre vision du monde était complètement biaisée. Nous avons survécu des aides sociales : 700 euros pour 7 personnes. Alors quand je suis arrivé à Paris, je me suis rendu compte que la capacité de la politique à détruire un corps ne fonctionnait pas sur la bourgeoisie, surtout celle que je croisais à l’université ou à l’ENS. Plus vous êtes dominants socialement, plus vous êtes protégés des effets de la politique. Sur les 5 euros d’APL par exemple, que Macron justifie avec tant de mépris, chez moi, cela voulait dire manger deux jours en moins : quatre paquets de pates chez liddl et deux pots sauces tomates. Très souvent ma mère nous disait le soir qu’on ne mangerait pas et elle nous servait un verre de lait. Pour nous, la politique ca voulait dire manger ou pas. Ca n’est pas le cas pour les classes dominantes.

Sarkozy, El Khomri, Valls…Pourquoi avez-vous choisi de citer le nom des coupables ?

Edouard Louis : J’ai hésité à les citer au début. Comment écrire leur nom dans un livre de littérature ? On se dit qu’ils ne le méritent pas. Et puis je me suis dit que s’il n’y avait rien de naturel à l’écrire, c’est que je devais le faire, inventer une forme littéraire qui permette de dire ces noms, dire la vérité, que la littérature qui m’intéresse est celle qui inclut dans le champ littéraire ce qui avant en étaient exclu. Comme un homme appelé Raskolnikov a tué une vieille dame dans Crime et Châtiment, des Xavier Bertand, Manuel Valls ou Miriam El Khomri ont assassiné un homme dansQui a tué mon père. Car plutôt que d’ « exclusion », je préfère parler de « persécution » des classes populaires. C’est quand vous êtes dominant que vous pouvez vous exclure de la politique, car elle n’a pas presque plus d’effets sur vous, sauf dans des contextes très particuliers. La politique de ces trente dernières années a été une politique de persécution des pauvres. Et Macron amplifie ce mouvement avec un mépris de classe inégalé. Il détruit des corps, des vies, des rêves, des possibilités de fuir, pour donner toujours plus aux plus riches. Comme le dit Didier Eribon, c’est un Robin des bois à l’envers. Moi je dis : c’est un criminel. En ce sens, mon livre est aussi une polémique avec la littérature : pourquoi fait-elle comme si l’histoire de nos vies se déroulait en dehors de la politique, des reformes, des décisions des gouvernements ?

Parallèlement à vos activités littéraires et théâtrales, vous avez commencé une thèse sur « les trajectoires des transfuges de classe ». Vous êtes en quelque sorte votre propre objet sociologique. Alors comment analysez-vous aujourd’hui ce que vous appelez votre « fuite » ?

Edouard Louis : Si j’ai fui, c’est par accident. Cet accident m’a sauvé. Parce que j’étais un enfant gay dans un milieu ou les valeurs masculines écrasaient tout et que mon corps était incompatible avec mon enfance, que j’ai du partir malgré moi. Pendant toute mon enfance j’ai voulu ressembler à mon milieu mais on m’insultait de « sale pédé ». A force, je n’ai pas eu d’autres choix que d’être différent. Mon corps ne pouvait pas répondre aux injonctions à la masculinité. De cette fuite, j’ai construit une conviction que les luttes antiracistes, féministes, ou contre l’homophobie ne doivent pas être opposées à la lutte contre la violence de classes.

C’est précisément sur votre description du racisme et de l’homophobie que votre premier roman « En finir avec Eddy Bellegueule » a été attaqué, jugé « caricatural ». Comment avez-vous vécu la violence de certaines critiques, des journalistes allant jusqu’à filmer votre famille ?

Edouard Louis : C’était une manière de faire taire une réalité que je voulais donner a voir. Pour des gens qui veulent rayer de la carte les classes populaires, les faire disparaitre, au sens littéral, mon livre était insupportable. Parler de la violence sociale en littérature, c’était se battre contre des dominants qui pensent que les pauvres méritent leurs destins,  contre des discours réducteurs sur les classes populaires, pleines de clichés sur la solidarité etc…La réalité est plus complexe. Dans mon village plus de 50 pour cent des gens votaient pour le FN. Ma mère n’avait pas le droit de travailler, de se maquiller, on la traitait de « grosse », mon père l’humiliait aux fêtes du village, elle rentrait en pleurant…Pourquoi je ne devrais pas parler de cela ? Mon père était tellement victime de violence qu’il finissait par la prolonger sur d’autres. Je me souviens que quand il avait trop bu et qu’il était violent, il se mettait à pleurer et se demandait pourquoi il était si violent. Je crois beaucoup en cette idée de la violence des dominants qui se prolonge dans le corps des dominés. Et c’est ça au fond, que certaines personnes ne veulent pas entendre. Heureusement, les mouvements féministes, LGBT, antiraciste, ont fait évoluer le discours sur les classes sociales.  La violence des attaques s’explique aussi par la littérature elle –même, où les classes populaires sont le plus souvent invisibles, surtout ces dernières années. Dans mon enfance, on ne lisait pas de livres. On savait qu’ils ne s’intéressaient pas à nous. Pour mes parents, il n’y avait rien de plus agressif qu’un livre, symbole de la vie qu’on n’aurait jamais, qui leur rappelait leur place au monde. Alors on les excluait en retour, comme une vengeance.

La honte est omniprésente dans vos romans. Est-ce un sentiment que vous avez voulu provoquer chez vos lecteurs ?

Edouard Louis : Oui, je l’avoue, j’avais envie que les lecteurs, qui sont sans doute plus privilégiés que ceux dont je parle dans mes livres s’interrogent : « Qu’est ce que je fais contre ca ? Comment je peux exister au monde quand il sa passe tout ça ? Comment je peux ne rien faire ?... » Personnellement, contrairement à Annie Ernaux qui parle beaucoup du sentiment d’illégitimité qu’elle a connu en arrivant à Paris, j’ai très vite cessé d’avoir honte. J’ai rapidement pris conscience que c’étaient les dominants qui étaient illégitimes. Ecrire m’a permis d’affronter cette honte. Et si les dirigeants politiques que je cite ont honte à la lecture de mon livre, tant mieux… Mais je ne cherche pas le dialogue avec eux. On m’a proposé dans les journaux un« face à face » avec un responsable politique. J’ai refusé. J’allais leur parler de vie ou de mort, de mon pere qui souffre, et eux ils m’auraient parlé de chiffres, de gestion. Il ne faut pas chercher le dialogue avec ces gens là mais la confrontation.  J’écris mes livres pour les affronter. Cela peut paraitre violent c’est l’histoire très classique de la perception de la violence : dénoncer la violence apparait toujours plus violent que la violence elle-même. Comme lors du mouvement « metoo », où des réactionnaires on accusé les femmes d’être agressives, parlant de « délation ». Comme si le problème n’était pas d’agresser les femmes, mais de dénoncer ceux qui le font. Le problème, c’est de dénoncer la violence ou d’être violent ? Se battre, c’est toujours s’affronter à cette perception différentielle de la violence.

A la fin de votre roman, vous relatez un dialogue avec votre père, qui vous lance « tu as raison, il faudrait une bonne révolution ! ». Comment expliquez-vous cette évolution chez votre père ? Est-ce au contact de votre propre parcours ?

Edouard Louis : il s’est complètement transformé. Lui qui a voté FN toute sa vie, désormais il critique le racisme. Lui que j’ai entendu dire « il faut tuer les pédés », il me demande de lui parler de l’homme que j’aime. Sans doute mes livres, les débats qu’ils ont suscités, ont aidé mon père à trouver d’autres manières de se penser, de parler de lui-même. Voter FN était une manière de dire « je souffre » car il avait l’impression que c’étaient « les seuls qui parlent de nous », j’ai entendu ca toute mon enfance. Ce qui est faux, bien sûr, mais les discours de la gauche n’arrivaient pas à l’atteindre, parce qu’elle ne parlait pas de la réalité qu’il éprouvait. Aujourd’hui, mon père cible ses vrais ennemis : les dominants qui le combattent. L’élection présidentielle a aidé là-dessus. J’ai vu des gens de mon village qui ont voté France insoumise alors qu’ils votaient pour le FN depuis toujours. Il y a une reconquête de la gauche très importante en ce moment.

« Révolution », c’est le dernier mot de votre livre. C’est un appel ?

Edouard Louis : Oui… On atteint un tel  niveau de violence politique en France, on étouffe tellement que nous n’avons plus le choix. Oui, je suis dans un état révolutionnaire. Et si j’ai écrit Qui a tué mon pere, c’est parce j’appelle à mettre toutes les forces de l’art, de la littérature, de la politique, du journalisme à lutter ensemble pour arrêter Macron, et toute la violence qu’il porte avec lui, dans ses décisions et son discours.

Chef de la rubrique Politique
Le jeune sociologue et écrivain Edouard Louis: La politique est une question de vie ou de mort (entretien réalisé avec Maud Vergnol, L'Humanité Dimanche - 28.05.2018)
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3 juin 2018 7 03 /06 /juin /2018 07:00
Macron lance le chantier du big-bang des retraites
Protection sociale
SÉBASTIEN CRÉPEL
VENDREDI, 1 JUIN, 2018
L'HUMANITÉ
L’exécutif a donné le coup d’envoi, jeudi, à la réforme qui doit être présentée à la mi-2019, et selon laquelle « chaque euro cotisé doit donner les mêmes droits » à pension pour tous. Derrière se profile un régime par points qui prépare l’éclatement du système solidaire. Décryptage.

Emmanuel Macron en avait fait un de ses slogans de campagne pour l’élection présidentielle : « Un euro cotisé (doit) donne (r) les mêmes droits » à la retraite pour chacun. La formule, séduisante car elle renvoie à une apparence d’égalité parfaite, a été explicitée par Jean-Paul Delevoye à l’occasion du lancement, hier, d’une « consultation citoyenne » sur la future réforme des retraites, qui doit être présentée à la mi-2019. Le haut-commissaire nommé pour préparer ce chantier confirme qu’il s’agit bien de passer à un « système par points ». « L’objectif est qu’à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique », a-t-il déclaré dans un entretien publié dans le Parisien-Aujourd’hui en France. L’égalité, à revenus et carrières comparables, donc. Mais comme, dans la vie, les carrières et les salaires ne sont pas les mêmes pour tous – et encore moins pour toutes –, les capacités contributives de chacun, dans ce nouveau système « à la carte », seront très différentes d’un individu à l’autre. « Dire que pour un euro, on aura la même valeur de retraite, c’est passer outre le fait que certain-es gagnent beaucoup d’euros et d’autres beaucoup moins », a fait ainsi valoir le syndicat Solidaires. Quant à la CGT, elle a réagi hier en estimant que « les problématiques et les questions posées (dans la consultation – NDLR) sont orientées et les réponses attendues téléphonées », et en dénonçant une volonté de « casser notre système de retraite par répartition et solidaire » et de « poursuivre la baisse des pensions ».

1 Un principe faussement juste et inégalitaire

De fait, dans le système à points, quand certains gagneront à peine de quoi cotiser à un taux minimal, d’autres pourront y consacrer une large part de leurs revenus. En clair, plus on est aisé, plus on pourra partir plus tôt à la retraite et avec une meilleure pension. Ce nouveau système va donc en réalité reproduire, voire amplifier, les inégalités au détriment des salaires les plus faibles et des parcours professionnels les plus chaotiques. Les femmes, les ouvriers, les chômeurs, les malades en seront les premières victimes. « L’argument d’un euro cotisé donne les mêmes droits et va à l’envers du principe qui veut que la retraite compense un peu les inégalités de salaires et de carrière, relève Henri Sterdyniak, membre des Économistes atterrés. Dans le système actuel, quand vous ne cotisez pas parce que vous êtes malade ou au chômage, vous avez quand mêmes des droits. » Prévenant les critiques, Jean-Paul Delevoye le promet : « Cette réforme maintiendra et consolidera les solidarités qui seront les piliers du nouveau système. » La majoration pour enfants, la prise en compte des périodes d’invalidité et de chômage, les minima contributifs et la pension de réversion (pension du conjoint décédé versée au conjoint survivant) seront donc conservés dans le nouveau système, mais ces correctifs pourraient être financés par l’impôt, c’est-à-dire par la « solidarité nationale » et non par les cotisations. À l’instar de « la majoration pour enfants (qui) est une politique de caractère familial », prévient Jean-Paul Delevoye : logique, d’une certaine manière, puisque ces politiques de solidarité contredisent le principe posé des « mêmes droits pour chaque euro cotisé ». Ce qui réintroduit un peu de justice dans des carrières fondamentalement inégalitaires pourrait ainsi ne plus relever de la responsabilité sociale des entreprises, à l’exemple de certains avantages sociaux « déjà payés par le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), donc en partie par la CSG qui le finance, souligne Henri Sterdyniak, et par l’excédent de la branche famille », dont les ressources sont à 40 % fiscalisées (CSG et autres impôts et taxes) en 2018.

2la retraite à 62 ans réservée aux plus aisés ?

Jean-Paul Delevoye abat franchement ses cartes sur un aspect : « Dans un système à points, la notion de durée (de cotisation pour partir à la retraite – NDLR) disparaît. C’est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel. » Adieu, les 43 annuités exigées pour des générations nées à partir de 1973. Désormais, chacun fera « un arbitrage personnel » en fonction du nombre de points collectés. Dans les faits, ce choix sera là encore réservé aux plus aisés, qui auront les moyens de cotiser vite et beaucoup. Les autres devront arbitrer entre une pension réduite ou la poursuite du travail… à condition d’être épargnés par le chômage. Conséquence, fixer un âge de la retraite n’aura plus de sens. « L’âge actuel de 62 ans devrait être conservé », prétend pourtant Jean-Paul Delevoye. Mais il s’agit surtout d’un « seuil en dessous duquel (les gens) ne peuvent pas partir pour éviter que cela pèse » dans les comptes, précise le haut-commissaire. « C’est injuste pour les travailleurs manuels aux carrières longues et pénibles qui ne peuvent pas se maintenir au travail jusqu’à 60-62 ans », estime Henri Sterdyniak. Pour tous les autres, cet âge légal « ne garantit aucunement qu’on parte à 62 ans », souligne encore l’économiste.

3 Un niveau de pension qui ne sera plus garanti

« Dans le système par points, le niveau des retraites n’est pas garanti par un taux de remplacement (le taux de la pension calculé par rapport au salaire de référence) comme dans le système actuel », poursuit Henri Sterdyniak. C’est même tout l’inverse : alors que le système actuel est dit à « prestations définies », c’est-à-dire qu’« il garantit un niveau de pension au moment du départ à la retraite », explique la CGT, le système par points renverse la logique, puisqu’il s’agit d’« un régime à cotisations définies (qui) garantit un plafond de cotisation ». Dès lors, ce ne sont plus les actifs qui supportent les aléas financiers du système grâce au réglage de paramètres comme l’âge de départ, la durée de cotisation, le salaire de référence ou encore le taux de cotisation, mais les retraités eux-mêmes, pour lesquels « le niveau des prestations (...) est imprévisible à long terme », poursuit le syndicat. En d’autres termes, le niveau de pension peut baisser en cours de retraite en cas de choc économique ou démographique. « Dans les systèmes envisagés, on saura ce qu’on paiera chaque année, mais on ne saura qu’à la fin ce qu’on aura comme retraite », résume l’union syndicale Solidaires.

4 Un système à deux vitesses avec les fonds de pension

Le système à la suédoise qui fait la part belle à la capitalisation, « ce n’est pas du tout notre philosophie », jure le haut-commissaire, qui se prononce pour le « maintien d’un système de répartition par cotisation couvrant un maximum d’actifs ». En apparence, l’essentiel est sauf, et les fonds de pension ne sont pas pour demain. En apparence seulement… Car « la question se pose pour les plus gros salaires qui excéderaient un certain plafond », concède Jean-Paul Delevoye. Ceux qui gagnent 120 000 ou 160 000 euros annuels ou davantage pourraient être éligibles à une « épargne individuelle, éventuellement en capitalisation ». Même si cela ne concerne que « 200 000 à 300 000 personnes », le problème serait alors que ces très hauts revenus ne voient plus l’intérêt de cotiser au « système universel » à partir du moment où ils tireraient l’essentiel de leur retraite des fonds de pension. « La grande idée, c’est d’attirer les traders de Londres en fixant un plafond au-delà duquel ils seront exonérés de cotisation. Le risque est alors que ne s’instaure un système à deux vitesses, avec l’abaissement progressif de ce plafond, qui permette à de plus en plus de gens de sortir du régime universel », commente Henri Sterdyniak.

Le medef en renfort de macron, veut « aller vite »

« Il est urgent d’aboutir avant 2019 », expliquait, fin mars, Claude Tendil, vice-président du Medef. En somme, détaillait le Monsieur social de l’organisation patronale, il suffit d’ « inciter les assurés à partir plus tard que l’âge légal » en instaurant « une nouvelle décote suffisamment forte ». De son côté, Jean-Charles Simon, candidat à la succession de Pierre Gattaz, estime qu’il faut carrément supprimer les cotisations Agirc/Arrco au-delà de 3 310 euros de salaire brut mensuel. En clair, exonérer les plus riches de la solidarité et alléger, encore, les entreprises de cotisations. Une « économie » qu’il chiffre à 25 milliards d’euros. Quant aux favoris, Alexandre Saubot et Geoffroy Roux de Bézieux, s’ils entendent conserver le système des complémentaires, ils se laisseraient bien tenter par un financement par fonds de pension.

Macron lance le chantier du big-bang des retraites (Sébastien Crépel, l'Humanité, 1er juin 2018)
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