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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 20:10

Bac, brevet, maternelle: Blanquer joue au chamboule-tout

 PAR 

Le ministre de l’éducation nationale avait promis, à son arrivée, qu’il ne bouleverserait pas toute l’organisation du système scolaire. Pourtant, il multiplie les annonces et les missions, et s’attelle à plusieurs chantiers. Passage en revue.

 

Cet été, Jean-Michel Blanquer se défendait de vouloir tout bouleverser à l’école. « Je ne veux pas opérer de destruction. Je ne ferai pas de loi, je ne vais pas bouleverser les programmes, ni lancer de refondation », expliquait à Mediapart le ministre de l’éducation nationale. Huit mois après sa nomination rue de Grenelle, force est de constater qu’il a ouvert de nouveaux chantiers tous azimuts. L’examen du brevet, qui n’a qu’un an, a déjà changé de visage : retouché pour laisser moins de place au contrôle continu, comme le détaille le bulletin officiel du 4 janvier, le brevet des collèges 2018 sera désormais noté sur 800, contre 700 pour la version 2017. Les épreuves de l’examen final compteront pour 400 points (au lieu de 300), et les compétences du socle commun seront évaluées en contrôle continu pour 400 points également. Une manière pour le ministre de rééquilibrer le barème entre examen final et contrôle continu, et d’éviter que les bons élèves ne soient assurés d’avoir suffisamment de points et de décrocher l'examen avant même le début des épreuves finales.

Le baccalauréat – dont la nouvelle mouture doit être prête pour la session 2021 – va bénéficier d’un sérieux lifting. La mission a échu à l’universitaire Pierre Mathiot. Après un mois de consultation de différents membres de la communauté éducative, qui s’est achevé mi-décembre, celui-ci doit rendre son rapport à la fin janvier.

 

Ce n’est pas fini. En février, encore, le ministre va se lancer dans la vaste entreprise de réforme de la voie professionnelle, afin de la rendre plus attractive.

Les plus petits ne sont pas oubliés puisque le ministre vient d’annoncer, dans un entretien accordé à Ouest France le 6 janvier, la tenue en mars d’assises pour l’école maternelle, sous le patronage du neuropsychiatre Boris Cyrulnik. L’idée phare de ces assises étant d’améliorer l’acquisition du langage chez les enfants avant la scolarisation obligatoire à 6 ans, dans le but de « repenser l'école maternelle » pour en faire « l'école de l'épanouissement et du langage ». Le ministre entend corriger par ce truchement, dit-il dans cet entretien, « la première des inégalités qui se traduit par la quantité de vocabulaire maîtrisé à l’entrée en maternelle ». Il espère donc faire de l’école « un bain de langage » et une « locomotive pédagogique » pour l’ensemble du système scolaire. La maternelle est en effet considérée comme un point fort du système éducatif français. Dans son livre L’École de demain (éditions Odile Jacob), ouvrage programmatique paru à l’automne 2016, Blanquer rappelait déjà l’importance « décisive » pour l’apprentissage de la période comprise entre la naissance et l’âge de 7 ans.

De son côté, le psychiatre Boris Cyrulnik considère qu’il faut miser sur la « plasticité du cerveau » qui permet par exemple à un enfant « d’apprendre n’importe quelle langue ». Il explique encore que les enfants à cet âge-là « ne s’attachent pas forcément à celui qui a le plus de diplômes mais à celui qui établit les meilleures interactions avec lui ». Des propos qui font écho à ceux tenus en son temps par Xavier Darcos en 2008. Le ministre de l’époque avait provoqué un tollé en expliquant qu’il fallait s’interroger sur la nécessité de « généraliser la scolarisation des enfants de 2 à 3 ans et est-ce qu'il nous faut des professeurs recrutés à bac + 5 pour s'occuper des enfants de 2 et 3 ans ? ».

Jean-Michel Blanquer rappelle fréquemment que ses deux boussoles sont la recherche et les comparaisons internationales. L’idée de travailler sur l’école maternelle a été explorée par les chercheurs en sciences de l’éducation.

L’OCDE, à l’origine du classement PISA, a publié en juin 2017, une étude d’ampleur (à lire ici), intitulée Petite enfance, grands défis 2017. On y explique que l’accueil des tout-petits est crucial car il favorise le développement de compétences « déterminantes pour réussir dans la vie », le tout appuyé par les neurosciences. Pas étonnant que le ministre s’intéresse donc à cette question.

Scolariser les enfants très tôt, notamment chez les enfants défavorisés, apporte de bons résultats même si certains mettent en garde contre le risque d’une « primarisation de l’école maternelle trop précoce », comme ici dans cette étude de la Direction de l’évaluation et de la prospective du ministère de l’éducation nationale de 2013.

En 2016, le Conseil national de l’évaluation du système scolaire (Cnesco) publiait unenote sur la question : « En résumé, la recherche française suggère qu'une plus longue éducation en école maternelle a un impact positif sur les résultats éducatifs ; il y a aussi l'évidence qu'une école maternelle généralisée a des effets positifs sur les enfants issus de classes sociales défavorisées sans affecter les enfants issus de classes favorisées, ce qui implique que la maternelle peut être un outil de réduction des inégalités. »

La note comparative pose aussi la question de la scolarisation dès 2 ans (11,8 % des enfants de 2 ans sont scolarisés), qui pourrait permettre d’augmenter la réussite des enfants issus des milieux défavorisés. Une idée poussée par l’un des prédécesseurs de Jean-Michel Blanquer, Vincent Peillon. Jean-Michel Blanquer et Boris Cyrulnik ne l’évoquent pas encore.

Tous deux insistent plutôt sur la nécessité de « sécuriser » les enfants, d’améliorer la formation des enseignants et des intervenants en maternelle, notamment les ATSEM (agents territoriaux spécialisés). « Il s’agira de revoir les formations initiales et continues, peut-être d’aller jusqu’à des formes de certification », indique le ministre. Encore faut-il que les municipalités jouent le jeu et allouent suffisamment de moyens pour leur permettre d’être présents dans toutes les écoles, en nombre suffisant si possible. Sans compter que le ministre et son nouveau chargé de mission ne parlent pas de la question des effectifs, 26 enfants en moyenne. Alors même qu’il en parlait dans son livre. Il y dessinait un « scénario optimal » et considérait qu’il faudrait agir sur la taille des classes et les diviser par deux en éducation prioritaire, les REP et REP +. Un investissement de 120 millions d’euros annuels, calculait Jean-Michel Blanquer, serait nécessaire pour modifier le taux d’encadrement.

Le ministre estime dans cet entretien qu’il convient aussi d’agir sur le cadre de travail des enfants : il évoque ainsi la nécessité d’améliorer les salles de classe, la cantine ou les toilettes (lire ici le rapport du Cnesco consacré au cadre de vie des élèves). Autant de compétences qui ne lui sont pas dévolues, mais incombent aux collectivités locales…

Le choix du neuropsychiatre pour piloter cette mission confirme encore un peu plus l’appétence forte que nourrit le ministre envers les neurosciences. Il doit d’ailleurs installer, ce mercredi 10 janvier, le conseil scientifique annoncé fin novembre 2017. Celui-ci, doté « d’un pouvoir consultatif et composé d’une vingtaine de personnalités reconnues travaillant dans différentes disciplines scientifiques », selon le communiqué du ministère de l’éducation nationale, « pourra être saisi sur tous les sujets afin d'apporter des éclairages pertinents en matière d'éducation ». Il est chapeauté par Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire en psychologie cognitive expérimentale, auquel se réfère abondamment Jean-Michel Blanquer.

Ce dernier est persuadé que les sciences peuvent apporter des réponses aux problèmes de l’école. Dans son livre, il écrivait ceci : « Les neurosciences permettent de mieux comprendre les étapes du développement cognitif sans être un nouveau dogme commandant de tout saisir et tout déterminer. » Ses détracteurs pointent la vision« mécaniste » de Jean-Michel Blanquer, son peu d’intérêt pour la sociologie. Le philosophe Denis Forest expliquait à Mediapart les biais de ce recours aveugle à la science. Ces recherches ne peuvent être considérées comme des « vérités absolues venues d’en haut », avertissait-il. « La preuve, pendant longtemps on a dit que l’autisme était la faute des mères. On sait que c’est parfaitement faux. On ne peut donc pas demander à la science de dicter une politique éducative », conclut-il.

À l'autre extrémité du spectre de la scolarité, le ministre veut s'occuper des élèves les plus âgés et du rite de passage que constitue le baccalauréat. L’échéance est lointaine, mais l'examen à la sauce Blanquer devrait être opérationnel pour la session 2021 (lire notre article sur le sujet). Difficile pourtant de toucher si facilement à un monument national vieux de deux cents ans. D’où l’attention extrême donnée à la consultation. La commission menée par l’universitaire Pierre Mathiot s’est achevée le 13 décembre. Il est quasiment acté que le baccalauréat sera évalué sur quatre épreuves nationales passées en Terminale. Les épreuves anticipées de français en Première ne bougeraient pas pour leur part. Selon Les Échos, « les élèves suivraient des enseignements de tronc commun, en se spécialisant progressivement grâce au choix de deux disciplines constituant la “majeure” et de deux ou trois “mineures”. Ils pourraient suivre la même discipline en majeure et en mineure, sous forme d'un enseignement renforcé ». Au printemps de l'année de Terminale, les futurs bacheliers passeront des épreuves finales portant sur les deux majeures choisies par les élèves dans des couples de disciplines donnés, pour lesquels ils se seront prononcés dès la fin de Seconde. Tous les élèves au-delà des majeures conserveront la philosophie en épreuve terminale.

Les autres disciplines seront évaluées, bien entendu, mais sous la forme de contrôle continu. Difficile de savoir comment, mais cela pourrait se faire via des partiels mis en place dans chaque établissement. Voilà pour les grandes lignes.

 

Le Snes-Fsu, syndicat majoritaire du secondaire, a pointé le risque d’un bac à plusieurs vitesses. D’autant que les séries – L, S, ES – pourraient disparaître. Un grand oral, sur le modèle italien, portant sur un sujet choisi par l’élève, serait à l’étude. Le Snes-Fsu explique dans un article qu’il serait possiblement évalué par un jury de« trois personnes dont un non-enseignant ».

L’autre rumeur concernant le futur examen est rapportépar Le Figaro. Le quotidien explique que la commission Mathiot envisagerait de supprimer les épreuves orales de rattrapage, ce « second groupe d’épreuves », selon la terminologie officielle, accessible aux élèves de Terminale qui ont récolté une moyenne comprise entre 8 et 10 sur 20. Ces élèves sur le fil devaient choisir deux matières parmi les épreuves obligatoires du bac. Avec le nouveau bac, ce « deuxième groupe d’épreuves du bac, qui mobilise des dizaines de milliers d’enseignants en juillet ainsi que des centaines d’établissements scolaires, pourrait être remplacé par un examen attentif du livret scolaire de ces élèves tangents ». Certains syndicalistes ne sont pas opposés à cette suppression, explique Le Figaro, car ils jugent le dispositif peu satisfaisant et chronophage pour les professeurs.

Claire Guéville, responsable de la question du lycée au Snes-Fsu, juge qu’à l’aune des différentes informations recueillies à l’issue de la consultation de la mission baccalauréat, plusieurs points suscitent interrogations et inquiétudes. « Un bac qui piloterait tous les enseignement au lycée, ce n’est pas acceptable. C’est réducteur. Sans compter qu’on ne sait pas ce qu’il advient des lycées de la voie technologique. » Elle craint par ailleurs que l’évaluation par le biais d’un grand oral ne pénalise les élèves les plus défavorisés, ne serait-ce que parce qu’ils ont engrangé moins de savoirs extrascolaires que leurs camarades mieux lotis. Plus généralement, la responsable syndicale pointe la difficulté à gérer « de manière pratique » cette réforme. Quels enseignants ? Quels choix d’enseignements pour quels élèves ? Tout en restant prudente, Claire Guéville considère que derrière « l’illusion de la liberté de choix se cache un système inégalitaire et pernicieux car il y aura un délit d’initiés. Les mieux informés choisiront les meilleures options ».

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 18:17

Le 8 janvier 2018, le gouvernement convoque la direction SNCF pour ré entendre ce qu’il sait déjà, sans jamais remettre en cause la stratégie et la campagne anti ferroviaire qui se développe. Le vaudeville qui se joue sous nos yeux pourrait être risible s’il n’était pas si grave.

L’actuelle ministre des Transports, ex-directrice de la stratégie à la SNCF, feint d’ignorer les véritables raisons de la situation pourtant liées aux mauvais choix opérés depuis des années, y compris lorsqu’elle était membre du Comité Exécutif de la SNCF.

Les agitations médiatiques de la direction SNCF avec la complicité du gouvernement ne nous détourneront pas de l’urgence : maintenir le train public.

1. LE RETOUR A UNE ENTREPRISE PUBLIQUE, UNIQUE ET INTEGRÉE : LA SNCF

La réforme ferroviaire de 2014 a éclaté la SNCF en trois EPIC distincts : SNCF (EPIC de tête), SNCF Réseau, SNCF Mobilités. Elle a rendu plus complexe les relations entre les différents services de l’entreprise désormais séparés dans 3 entités. Elle n’a pas réunifié le gestionnaire de l’infrastructure (ex RFF) et le transporteur (la SNCF). En définitif, elle a accentué les difficultés qui existaient déjà au préalable. En outre, elle n’a pas réglé la question du financement et de la dette. Pourtant, en juin 2014, lorsque les cheminots ont cessé le travail afin d’imposer une autre réforme, ils étaient qualifiés d’irresponsables par le gouvernement d’alors.

2. REPRISE DE LA DETTE PAR L’ÉTAT

Les investissements de ces dernières décennies, notamment dans les LGV au détriment du réseau classique, ont été imposés par l’Etat à la SNCF. Il est inconcevable de vouloir faire supporter cette dette aux usagers et aux cheminots. Il convient cependant de ne pas opposer le réseau à grande vitesse au réseau classique, ils doivent être complémentaires.

Le poids de la dette est prétexte à la fermeture de gares, de lignes, de guichets, à la suppression massive d’emploi cheminot (+ de 2000 prévus en 2018), au recours massif à la sous traitance, entre autres.

En attendant, elle génère chaque année 1,7 milliards d’euros d’intérêts qui part directement dans la poche des banquiers.

3. MISSION SPINETTA : EN FINIR AVEC LE TRAIN PUBLIC ?

Les conclusions de la mission confiée à l’ex-PDG d’Air France seront sans surprise.
Elles auront vocation à justifier une nouvelle réforme du système ferroviaire public en stigmatisant au passage les cheminots, leur statut. C’est pourtant ce statut (existant avant la création de la SNCF) qui, malgré des contraintes fortes acceptées par les cheminots, garantit la continuité du service public, un haut niveau de formation et de technicité, une approche de la sécurité des circulations placée au dessus de tout le reste.

La CGT n’acceptera pas que les cheminotes et les cheminots soient les boucs émissaires de ceux qui ont décidé d’en finir avec la SNCF.

4. OUVERTURE À LA CONCURRENCE : LA SOLUTION À RIEN

L’ouverture à la concurrence relève au mieux de la malhonnêteté intellectuelle, au pire, d’une attitude irresponsable qui insulte l’avenir. Elle n’améliorera pas le quotidien de nos concitoyens, pire, elle ajoutera sur le réseau actuel des intervenants qui viendront compliquer une situation déjà bien difficile. On ne fait pas du train comme on vend des forfaits téléphones.

Le transport public de voyageurs comme celui des marchandises, à l’heure des grands défis sociaux et environnementaux, est résolument contemporain. Mieux, il est un maillon structurant du futur en termes de déplacements, d’aménagement du territoire, de réduction des gaz à effet de serre. Il est en outre un appui stratégique essentiel pour l’État, comme l’ensemble des services publics.

La Fédération CGT des cheminots a raison lorsqu’elle exige :

  •  Le retour à une entreprise publique, unique et intégrée : la SNCF, seule garante d’un fonctionnement cohérent de l’ensemble des services de l’entreprise.
  •  La reprise de la dette par l’État sans contrepartie et un financement public à la hauteur des enjeux futurs. Sans la maîtrise publique du chemin de fer par l’État, nous n’aurions jamais connu l’électrification des lignes, la grande vitesse etc ….
  •  L’arrêt immédiat des suppressions d’emploi et des embauches au Statut à la hauteur des exigences du service public ferroviaire.
  •  L’arrêt de la réduction de l’offre ferroviaire par le maintien, voire la réouverture de gares, de lignes, permettant à la SNCF de remplir ses missions de service public partout et pour tous.
  • L’arrêt de toute velléité d’ouverture à la concurrence, contraire à l’intérêt général, à la réponse aux besoins des populations, au maintien du service public en tous points du territoire.

Aussi, la Fédération CGT appelle TOUS les cheminots, les associations d’usagers, les usagers eux-mêmes, ainsi que toutes celles et tous ceux qui souhaitent défendre un service public ferroviaire de qualité, à participer massivement à la manifestation nationale qui aura lieu le 8 février 2018 à Paris.

Théâtre au ministère des transports: la mauvaise farce a assez duré (CGT Cheminots, 8 janvier 2017)

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 18:07
Didier Le Reste

Didier Le Reste

La ministre des transports convoquait aujourd'hui les patrons de la SNCF pour réorienter leur politique. Une opération com, dénonce Didier Le Rest. 

" La forme prend le pas sur le fond. Convoquer de façon théâtrale les dirigeants de la SNCF, pour qu'ils expliquent les raisons des dysfonctionnements, relève pour moi de la communication. La ministre des transports, Elisabeth Borne, est bien placée pour savoir les maux dont souffre le service public ferroviaire, après avoir été directrice de la stratégie de la SNCF avec Guillaume Pepy. Aujourd'hui, l'ensemble de ces dysfonctionnements qui affectent la qualité du service et irritent de plus en plus les usagers, sont la résultante du désengagement financier de l'Etat. La France ne finance qu'à hauteur de 32% les infrastructures ferroviaires, pour 50% en Allemagne et 90% en Suède. Il s'agit de choix politiques qui portent un choix de société. C'est l'Etat qui a décidé la LGV (ligne à grande vitesse), lancé le TGV et n'a rien financé. Le système ferroviaire français détient au global une dette de 53 milliards d'euros. La SNCF n'a qu'une dette d'exploitation de 8 milliards. La responsabilité en incombe à l'Etat. Il n'est pas normal que Macron dise qu'il veut bien réduire la dette si on touche au statut des cheminots. Ce ne sont pas eux les responsables". 

" Le routier est le mode de transport le plus subventionné. La concurrence déloyale s'est accélérée, avec l'augmentation des péages pour le train, l'autorisation de circulation des 44 tonnes, puis la suppression de l'écotaxe, les cars Macron... Aujourd'hui, trois opérateurs se partagent le gâteau, dont la filiale SNCF Ouibus, qui vit sous perfusion. La finalité de ces politiques-là est de construire un mastodonte des transports et de la logistique privée dont la part congrue serait le train. Dans la COP 21, les assises de la mobilité, les transports ont été peu traités et surtout pas le rail public. Quand on évoque la mobilité, on parle covoiturage, applications numériques, vélo, ... mais pas de transport de masse. Il faut arrêter l'enfumage et réorienter l'utilisation des fonds publics pour réinvestir dans les réseaux ferrés nationaux". 

"Depuis 2006, la concurrence est ouverte sur le transport de marchandises par le rail: c'est une catastrophe. Nous transportons moins de marchandises qu'en 2000. Nous avons fermé 400 gares de fret. Depuis 2009, les cheminots dédiés au fret sont passés de 15 000 à 7000".

Interview de Didier Le Rest par Kareen Janselme dans l'Humanité du lundi 8 janvier    

"Arrêtons de subventionner la route, investissons dans le rail" - Didier Le Reste, président de la Convergence nationale Rail, élu communiste à Paris
voeux de Didier Le Reste pour 2018 publiés dans le journal des Bretons d'Ile de France. Bloavez Mad !

voeux de Didier Le Reste pour 2018 publiés dans le journal des Bretons d'Ile de France. Bloavez Mad !

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 17:33
SNCF: Direction et gouvernement, le duo infernal, fossoyeur du rail public (PCF, 8 janvier 2018)

SNCF : Direction et gouvernement, le duo infernal, fossoyeur du rail public

 

La ministre des transports Elisabeth Born convoque aujourd'hui, le 8 janvier, le patron de la SNCF pour lui demander des comptes suite à la "succession d'incidents importants et médiatisés" survenus ces dernières semaines dans les gares parisiennes de Montparnasse, Bercy et Saint-Lazare.

 

Il est assez curieux de voir une ministre des transports s’étonner des récents dysfonctionnements de la SNCF tant les différentes politiques menées depuis plus de 20 ans en matière de service public ferroviaire, aussi bien marchandise que voyageur, sont désastreuses. Les derniers chiffres sont éloquents : 2014, suppression de 1432 postes – 2015, 1100 postes – 2016, 1400 postes – 2017, 1200 postes et pour 2018, SNCF Mobilité a déjà annoncé 2000 suppressions d’emplois.

Les suppressions massives d’emplois s’accompagnent d’un manque d’investissement abyssal avec pour conséquence directe un réseau ferré et des installations de sécurité qui ne cessent de se délabrer. L’accident de Brétigny en est le triste exemple.

La SNCF est aujourd’hui malade des choix imposés conjointement par direction et gouvernement. Un duo infernal, où le dogme de la rentabilité est érigé en alpha et oméga des politiques ferroviaires.

 

Nous sommes aujourd’hui en droit de demander des comptes, à la SNCF bien sur, mais aussi aux différents gouvernements. Ceux-ci, tout en votant l’ouverture à la concurrence, ont abandonné toute forme de gouvernance de l’entreprise publique, en laissant les mains-libres à une direction d’entreprise. Les ministres des transports passent, les accidents et incidents se multiplient mais les fossoyeurs du rail public, Guillaume Pépy en tête, demeurent.

D’autres solutions existent. Plutôt que de stigmatiser les cheminots et de pénaliser les usagers, il est temps de mettre fin au dogme libéral qui guide gouvernement et direction dans la gestion de la SNCF.

 

Le PCF demande à ce que l’État français reprenne en intégralité la dette du système ferroviaire, et investisse de façon massive dans la régénération du réseau, les trains de nuits, les TET.

 

Le PCF porte l’idée d’un grand service public ferroviaire du 21è siècle, au sein d’une entreprise unique et intégrée, qui permette à chacune et chacun de se déplacer quel que soit son lieu de résidence sur le territoire, tout en assurant des conditions de travail décentes pour les cheminot-es.

 

Le 3 février prochain dans le cadre des états généraux du progrès social que nous tiendrons à Paris, nous ferons des propositions pour créer ce grand service public ferroviaire du 21è siècle.

SNCF: Direction et gouvernement, le duo infernal, fossoyeur du rail public (PCF, 8 janvier 2018)

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 17:00

Dès le mois de mai, le contrôle technique du véhicule sera plus cher (+20%), plus régulier (tous les ans pour un véhicule de + de 6 ans) et valable moins longtemps (24h). Si les réparations ne sont pas faites dans la journée, c'est 135€ d'amende. (Le Parisien)

N'est-ce pas là, sous couvert de sécurité ou d'écologie, mais en lien avec les lobbies des constructeurs, une manière de matraquer un peu plus les classes populaires et de pousser à acheter des voitures neuves et à la surconsommation quand dans plein de pays, on fait rouler les voitures 15-20 ans, et de fait, une partie des nôtres seront envoyées en Afrique si elles ne peuvent plus rouler ici. Pas d'accord!

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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 07:13

Non seulement les Français subiront les hausses d'impôts, notamment de la CSG, de plein fouet, mais cette réforme fiscale fragilise le financement de la protection sociale.

La contribution sociale généralisée (CSG) a augmenté de 1,7 point, à 9,2 %, le 1er janvier. Presque tout le monde est touché, puisque l'assiette de cet impôt s'applique à tous les types de revenus : salaires du privé, du public, retraites, épargne et dans une moindre mesure, aux revenus du capital et des jeux... Le taux de la CSG appliqué aux allocations chômage et aux indemnités journalières reste, lui, fixé à 6,2 %. Cette hausse, qui doit rapporter 22,5 milliards d'euros à l'État cette année – selon l'étude d'impact réalisée par l'Assemblée nationale –, doit compenser, si l'on en croit la communication gouvernementale, la baisse progressive des cotisations chômage et maladie pour les salariés du privé. Mais on est loin d'être dans un jeu à somme nulle. La baisse est en effet estimée à 14,2 milliards d'euros, dont 4,8 milliards pour la suppression de la cotisation salariale maladie et 9,4 milliards pour la fin de la contribution salariale d'assurance-chômage. Rappelons que seuls les salariés du privé verront les effets de cette baisse sur leur fiche de paye, alors que tout le monde va subir la hausse. Les retraités subiront la hausse de la CSG sans aucune compensation, tandis que les fonctionnaires toucheront une prime différenciée et bénéficieront de la suppression de la cotisation exceptionnelle de solidarité.

1 POINT D’AUGMENTATION DE LA CSG POUR LES REVENUS DU CAPITAL ET DES JEUX, ALORS QUE LA HAUSSE EST DE 1,7 POINT POUR LES SALAIRES ET LES RETRAITES.

Intox sur le pouvoir d'achat. Ainsi, le gain net pour le budget de l'État devrait s'élever à 5,3 milliards d'euros, dont le gros sera ponctionné directement sur le pouvoir d'achat des Français. Un tour de passe-passe qui repose essentiellement sur le fait que la hausse de la CSG se ressentira sur les fiches de paye dès ce mois de janvier, alors que la totalité des baisses de cotisations promises ne sera effective qu'en octobre prochain. Ce gouvernement semble particulièrement affectionner les manipulations du calendrier fiscal. Comme l'a montré l'Insee dans ses prévisions pour la France en 2018, les mesures défavorables au pouvoir d'achat (hausse de la CSG, de la fiscalité sur le tabac et les produits pétroliers) seront en effet concentrées sur le début d'année, tandis que les mesures dites « favorables », comme la réduction de la taxe d'habitation, interviendront en fin d'année. Au total, « la combinaison de ces hausses et de ces baisses augmenterait les prélèvements obligatoires de 4,5 milliards d'euros » pour les familles cette année, avance l'Insee. À noter que l'institut a inclus dans les baisses la suppression de l'ISF : le poids à payer pour les classes moyennes et modestes avoisine donc plutôt les 9 milliards d'euros...

Outre cette intox sur le pouvoir d'achat savamment entretenue par la communication gouvernementale, cette hausse de la CSG pour « compenser » des baisses de cotisations fait peser une menace de fond sur le financement de la protection sociale. Il y a une différence de logique entre la cotisation, forme de salaire différé et socialisé, et l'impôt payé par tous et qui pis est, non progressif. « Avec cette réforme du financement, la porte serait ouverte pour que les assurances sociales deviennent des prestations universelles d'un montant uniforme et relativement faible », estime l'Économiste atterré Henri Sterdyniak dans le rapport « 2018: un budget de classe » qu'il a co-rédigé. Ce pourquoi les trois groupes de gauche (PCF, FI et Nouvelle Gauche) à l'Assemblée nationale ont saisi, en décembre, le Conseil constitutionnel, au motif notamment que la hausse de la CSG contrevient « au principe d'égalité devant les charges publiques », ajoutant que « la complexité de cet article contrevient par ailleurs au principe de clarté et à l'objectif d'intelligibilité des lois ».

PIERRIC MARISSAL (Journal L’Humanité)

Augmentation de la CSG: le mauvais tour de passe-passe (Pierric Marrisal, L'Humanité)

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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:54
Tableau de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde de Turquie emprisonnée (exposition à Traon Nevez, Plouézoc'h, du 5 au 21 janvier 2017

Tableau de Zehra Dogan, artiste et journaliste kurde de Turquie emprisonnée (exposition à Traon Nevez, Plouézoc'h, du 5 au 21 janvier 2017

France-Turquie. Macron 0 - Erdogan 1

VENDREDI, 5 JANVIER, 2018
L'HUMANITE

Le président français avait cru pouvoir redorer son blason international en recevant l’homme fort d’Ankara que peut bien peu dans le monde souhaitent rencontrer. Il en a été pour ses frais. Le président turc n’a pratiquement rien laché.

Ce vendredi matin, l’édition papier de » l’Humanité » titrait sur « la diplomatie de Macron à l’épreuve d’Erdogan » pour présenter la rencontre officielle entre les deux hommes. Epreuve il y a eu. Terrible pour le président de la république française qui a peut-être cru qu’il pouvait apprendre à un singe à faire des grimaces. Fidèle à lui-même, Recep Tayyip Erdogan, avec son allure dégingandée de sultan en vadrouille, a compris que son homologue français avait besoin de lui sur pratiquement tous les dossiers. Alors, il n’a fait aucune concession, prenant même son hôte à son propre jeu lorsque celui-ci a évoqué des dossiers et des noms de journalistes et d’intellectuels incarcérés. « En Turquie aussi la justice est indépendante », a répondu le président turc en réprimant un sourire. « Je soumettrai ces dossiers au ministre de la justice qui me dira ce qu’il en est pour chaque cas ». Après cela, Emmanuel Macron pouvait bien appeler Erdogan à « respecter l'Etat de droit », l’homme fort de Turquie n’en avait cure. La preuve par sa façon de répondre, cinglante, à un journaliste français qui l’interrogeait sur les facilités données par la Turquie aux djihadistes voire à l’envoi d’armes en Syrie: « Vous parlez comme un adepte de Fethullah Gülen », du nom de la confrérie qui l’avait aidé à accéder au pouvoir et devenue, depuis, son pire ennemie au même titre que tous ceux qui ne partagent pas ses visions politiques.
Emmanuel Macron aura pourtant tout tenté pour se gagner les bonnes grâces de Recep Tayyip Erdogan. Au point d’en être gênant tant le président français semblait précéder les désirs de son invité. Concernant la « lutte contre le terrorisme », par exemple, « notre coopération est exemplaire », a insisté Emmanuel Macron. « Les accords passés fonctionnent très bien ». Et de citer immédiatement comme « organisation terroriste », non pas Daech (l’Etat islamique) mais… le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et « en particulier ses formes de financement ». A la veille de la commémoration de l’assassinat il y a cinq ans de trois militantes kurdes à Paris, l’implication avérée des services de renseignements turcs, le MIT, et les révélations faites le matin même par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) du nom de l’organisateur de cet assassinat, Macron a perdu tout sens de l’honneur de la France. Comme il semble oublier que les populations Yézidis au Sinjar (Irak), promis à un génocide par Daech, n’ont du leur salut qu’à l’intervention des guérilleros du PKK et des unités de défense (YPG, kurdes de Syrie).
En fait, le dialogue s’est apparenté à un dialogue de sourds. Qu’il s’agisse de l’Union européenne - où Macron a du admettre que « les évolutions récentes et les choix ne permettent aucune avancée du processus engagé », alors que Erdogan lâchait que la Turquie était « fatiguée » d'attendre une éventuelle adhésion à l'Union européenne, ajoutant: « On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE ». Ce qui a le mérite de la clarté.
Macron, voyant que la France demeurait la seule porte d’entrée pour la Turquie dans le monde occidental (les relations d’Ankara sont exécrables avec la plupart des chancelleries, de Washington à Berlin en passant par Londres), pensait que son jeu allait payer, notamment pour prendre une place à la table des grands dans le dossier syrien en insistant sur l’importance des rencontres d’Astana « qui ont permis l’installation de zones de désescalades », soucieux de s’inscrire « dans le processus de Sotchi », mais argumentant sur la décision souveraine des Syriens dans le respect de toutes ses composantes. Mais, là encore, il s’est fait bousculer par Erdogan qui a redit qu’il était hors de question pour la Turquie de laisser un groupe terroriste gagner la Méditerranée. Dans son langage cela signifie empêcher les YPG d’avancer plus à l’ouest pour opérer une jonction entre les trois cantons du Roja, les YPG étant pour lui une émanation du PKK terroriste!
Finalement, le seul point sur lequel a pu s’appuyer Emmanuel Macron est la signature entre Paris et Ankara d’un contrat qui porte sur l'étude de définition du système de défense aérienne et antimissile longue portée Loramids (Long-Range Air and Missile Defense System, ndlr) entre les sociétés turques Aselsan et Roketsan et franco-italienne Eurosam et le gouvernement turc. Bilan assez maigre. La diplomatie de Macron a été vraiment mise à rude épreuve par Erdogan.
Grand reporter

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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 19:31
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 
Manifestation ce 6 janvier 2018 à Paris pour réclamer la vérité et la justice après l'assassinat de trois militantes kurdes dans le 10e arrondissement il y a 5 ans: Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 

Présence importante du PCF aujourd’hui à la très belle manif à Paris, 5 ans après l’assassinat, le 9 janvier 2013, de nos trois camarades kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez qui ont été froidement exécutées dans les locaux du Centre d’Information du Kurdistan à Paris. L'enquête menacée en France a révélé l'implication des services secrets turcs. Malgré les promesses faites par le ministre de l'intérieur de l'époque, Manuel Valls, les autorités n'ont jamais cherché à faire la lumière sur ce triple assassinat, refusant de lever le secret défense. L'enquête n'a donc pas pu avancer et a été classé. Par ailleurs, les familles des victimes et les représentants de la communauté kurde n'ont jamais été reçus par les autorités françaises. 

Nous exigeons que la justice soit rendue et réaffirmons toute notre solidarité avec le combat du peuple kurde, pour sa liberté, la paix et l’avènement d’une société féministe et de justice sociale.

Après la prise de parole de Pierre Laurent exprimant la solidarité des Communistes envers les kurdes, leurs luttes et l’urgence de faire éclater la vérité sur les meurtres de Sakine, Rojbin et Leyla, Laurence Cohen a apporté à mon tour tout notre soutien aux femmes kurdes. Leur combat pour l’émancipation des femmes est exemplaire car elles le livrent en même temps que celui contre Daesh. Espoir très fort pour tous les progressistes. Solidarité avec nos sœurs de combats, les militantes kurdes de Syrie, d’Irak et de Turquie.

Didier Le Rest, maire adjoint communiste du 10e arrondissement où ont été exécutés les militantes kurdes Sakine Cansiz, Fidan Dogan (Rojbîn) et Leyla Saylemez a également pris la parole. 

Et voici en PDF la lettre que Patrick Le Hyaric, député européen communiste, directeur de l'Humanité, a envoyé à Emmanuel Macron par rapport à l'assassinat de Sakine Canziz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan. 

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6 janvier 2018 6 06 /01 /janvier /2018 06:40
Droits des migrants: la France est hors la loi! (par Francis Wurtz, ancien député européen communiste, L'Humanité Dimanche, 4-10 janvier 2018)

En ce qui concerne les droits des migrants en France, 2018 commence comme a fini 2017: Emmanuel Macron et son ministre de l'intérieur Gérard Collomb, peaufinent leur arsenal de mesures durcissant de plus en plus leur politique migratoire, au point de risquer la condamnation de la France - une de plus! - par la Cour européenne des droits de l'homme. La honte! 

Rappel de quelques données utiles à qui entend contribuer à faire de ce combat de civilisation l'une des priorités de l'année qui s'ouvre. 

2017. Non contentes de détruire délibérément les effets des migrants des camps de fortune (tentes, couvertures...), voire de les priver d'eau et de toilettes, ou bien de les refouler avant même qu'ils ne puissent déposer une demande d'asile, ou encore d'instaurer un "délit de solidarité" à l'encontre des bénévoles portant secours à des réfugiés "illégaux", les autorités ont multiplié, courant décembre, les "circulaires" ministérielles et les instructions aux préfets destinées à accélérer à tout prix les expulsions. Le dernier de ces textes prévoit l'envoi d'"équipes mobiles" d'agents dans les centres d'hébergement d'urgence pour y organiser le tri des résidents afin d'en expulser les personnes sans papiers. Un comble lorsqu'on sait que l'accueil dans ces centres repose précisément sur le principe de l'inconditionnalité!

Le seul résultat à attendre d'un tel dispositif serait que les personnes sans papiers, se sentant menacées dans ces lieux, se résolvent à reconstituer des campements sauvages... 

2018. Les fêtes passées. L'offensive reprend de plus belle. Certes, le 11 janvier prochain, le gouvernement organise une réunion de "concertation". C'est qu'il se voit contraint de tenter d'enrayer l'impressionnante mobilisation du mouvement associatif au grand complet contre les régressions programmées. 

Il ne s'attendait pas davantage aux effets sur de larges secteurs de l'opinion publique des vives critiques formulées par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, à l'encontre des violations des droits fondamentaux des migrants que représentent les mesures décidées ou en préparation. 

Il se voit obligé de répondre au malaise qui s'exprime au sein même de l'actuelle majorité contre cette dérive indigne.

Cela étant, le projet de loi "immigration et asile" si redouté n'est nullement remis en question.  

Attendu au premier trimestre de cette année, il prévoit notamment le doublement de la durée de rétention des étrangers en attente d'expulsion; l'accélération des "réconductions", en particulier des "migrants économiques"; la réduction des possibilités pour les déboutés du droit d'asile de déposer un recours; et même le refus de l'asile aux demandeurs pouvant être "réadmis dans un pays tiers sûr". On aura une idée de ce que l'exécutif entend par "pays sûr" en se souvenant que le président de la République envisageait l'été dernier d'installer des "hots-pots" (centres d'examen des demandes d'asile) ... en Libye, un pays si "sûr" qu'on y a découvert récemment des marchés aux esclaves! Inconcevable! 

Telle est la situation en ce début 2018. Une action à poursuivre et un débat à relancer en cette année marquée par le 65e anniversaire de l'entrée en vigueur de la convention européenne des droits de l'homme, dont notre pays est signataire.     

Droits des migrants: la France est hors la loi! (par Francis Wurtz, ancien député européen communiste, L'Humanité Dimanche, 4-10 janvier 2018)

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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 06:56
100 000 emplois d'intérimaire en plus l'année dernière, et un bilan du CICE de 45 milliards d'euros accordés aux entreprises, avec un coût global de l'emploi conservé ou créé à 225 000€

Dans l'Humanité du jeudi 4 janvier, on peut lire, sur les bases des notes de l'INSEE et de la banque de France, un état des lieux de la situation de l'emploi en France et des effets des politiques économiques. 

Le bilan est plus que révélateur: 

Entre 2012 et 2017, les bénéfices du CAC 40 ont été multipliés par deux et les dividendes ont augmenté de 50%. Pour autant, sur la même période, le nombre de chômeurs catégories A, B et C seulement a augmenté d'un million de personnes, passant de 4,7 millions à 5,7 millions de femmes et d'hommes. 

Le CICE voulu par Hollande, Valls, Macron pour complaire à leurs amis de la finance et du patronat, s'est traduit par 45 milliards d'euros versés aux entreprises, avec un bilan de 225 000€ accordés pour un emploi conservé ou créé. C'est complètement dément au regard de la justification prétendue du dispositif d"exonération de charges: en réalité, il s'agissait de justifier une augmentation de la profitabilité des entreprises pour les actionnaires ou les patrons et une baisse drastique de la dépense publique et sociale, selon un credo néo-libéral assumé. 

La part de l'emploi intérimaire dans l'emploi général augmente fortement: 100 000 de plus en an l'année dernière. On retrouve les niveaux d'avant la crise financière de 2008.

En 2018, la suppression des emplois aidés selon l'OFCE va causer 63 000 destructions d'emplois.      

100 000 emplois d'intérimaire en plus l'année dernière, et un bilan du CICE de 45 milliards d'euros accordés aux entreprises, avec un coût global de l'emploi conservé ou créé à 225 000€

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