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2 août 2019 5 02 /08 /août /2019 13:07

 

Après des économies sur les aides au logement et le financement des HLM, l’État se sert dans l’organisme qui gère les cotisations destinées à loger les salariés.

Le logement décidément n’est pas une priorité du gouvernement. C’est même un des secteurs les plus mis à contribution pour honnorer ses promesses en matière budgétaire. La semaine dernière, une information diffusée par les Échos révélait que l’État avait décidé de puiser 500 millions d’euros dans la trésorerie d’Action Logement, l’organisme paritaire (ex-1 % logement) qui gère les cotisations patronales destinées à loger les salariés. « On assiste encore une fois à une logique de pillage du 1 % logement. C’est pourtant l’argent des salariés, pas celui de l’État ! » s’agace Eddie Jacquemart, président de la Confédération nationale du logement.

Action Logement n’est pas en difficulté. Pour la première fois en juillet dernier, il a publié ses résultats et ils sont florissants. « Le bilan consolidé du groupe s’élève à plus de 83,4 milliards d’euros, dont 55,2 milliards d’euros de patrimoine immobilier », soulignait un communiqué du groupe, surtout administré, dans les faits, par le Medef. Sa vocation est pourtant d’utiliser ces fonds pour offrir des logements accessibles aux salariés, notamment via ses filières HLM. Pas de remplir, comme il le fait régulièrement, les trous du budget de l’État. Souvent accusé de garder sa trésorerie en réserve au lieu d’investir dans cette mission première, Action Logement avait d’ailleurs annoncé, lors de la présentation de ses résultats, le doublement du nombre de logements sociaux construits, pour atteindre 45 000 en 2023, contre 22 000 en 2018. « C’est la fin de l’argent qui dort », avait promis son directeur général, Bruno Arcadipane.

le gouvernement a puisé dans l’argent des HLM

Action Logement n’est pas la première victime du peu d’intérêt du gouvernement pour un secteur qui a pourtant un impact essentiel sur le niveau de vie de beaucoup de Français, à commencer par les plus modestes. En plus de la très médiatisée baisse de 5 euros des aides personnelles au logement (APL), à l’été 2017, le gouvernement a puisé dans l’argent des HLM. Pour la première fois depuis des décennies, il a réduit à zéro la participation de l’État à leur financement. Surtout, il leur a fait porter seuls, via une réduction des loyers, une nouvelle baisse des APL de 60 euros. Avec les autres mesures, comme la hausse de la TVA sur la construction et les réparations, le gouvernement a ainsi fait près de 6 milliards d’euros d’économies en trois ans au détriment du logement social. Action Logement avait été mis à contribution pour amortir le choc en proposant des prêts avantageux aux organismes HLM. Il a aussi augmenté sa contribution au programme de rénovation urbaine (NPNRU) de 5 à 7 milliards d’euros.

Sans cesse menacé de voir l’État mettre définitivement la main sur ses fonds en les transformant en impôts, Action Logement n’est pas en mesure de protester contre les ponctions décidées par le gouvernement. Face à l’appétit de Bercy, l’organisme a multiplié les gestes de bonne volonté. L’annonce, en avril, d’un plan d’investissement de 9 milliards d’euros pour aider au financement de toute une série de plans gouvernementaux, de la rénovation des salles de bains à celle des passoires thermiques, n’aura pourtant réussi qu’à limiter les appétits de l’exécutif.

Malgré cette foire d’empoigne sur les fonds, Action Logement partage une certaine vision du secteur avec le gouvernement. L’organisme piloté par le Medef, qui gère un nombre important de logements sociaux, est à la pointe de la logique de regroupement des organismes HLM prônée par la loi Elan. Il est surtout très favorable à leur vente, porte ouverte à une privatisation. En février, il a ainsi créé un opérateur national de vente ouvert à tous les bailleurs sociaux. « On assiste à une sorte de médéfisation du secteur, soutenue par la partie du logement social liée aux entreprises », résume Eddie Jacquemart.

Camille Bauer

 

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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans POLITIQUE NATIONALE

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