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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 07:38

Alors que la canicule persiste en France et que des incendies ont fait de gros dégâts en Suède, en Grèce et continuent de s’étendre en Californie, le ministre de la Transition écologique et solidaire s’est exprimé hier dans le Journal Du Dimanche (JDD). Un entretien dans lequel abondent les contradictions, tant la politique du gouvernement dont il est membre alimente au quotidien le processus de réchauffement climatique.

« Il faut une union sacrée sur le climat», titre le JDD en mettant en exergue cette phrase prononcée par Nicolas Hulot. Ce dernier dit aussi que « nous assistons en spectateurs avertis à la gestation d’une des plus grandes tragédies de l’humanité. Les objectifs que nous nous sommes fixés aux niveaux national et international nous imposent de changer de modèle (…). Ressaisissons-nous pendant qu’il est temps », ajoute le ministre.

Mais la politique du gouvernement auquel participe Nicolas Hulot permet-elle ce ressaisissement ? Après avoir indiqué que le réchauffement climatique est « la conséquence de nos inconséquences », Nicolas Hulot tente de répondre par l’affirmative en posant cette question : « Mais a-t-on réellement besoin d’avoir le choix entre un réfrigérateur produit en Asie et un autre en France ? Il nous faut relocaliser une partie de l’économie». 

Nicolas Hulot a raison de poser ce genre de question. Mais, pour mieux dénoncer une « inconséquence » connue de tous, il aurait pu prendre l’exemple des lave-linge de la firme américaine Whirlpool. Ils étaient produits dans l’usine d’Amiens. Leur transfert en Pologne a été annoncé par la firme sous le quinquennat de François Hollande et ils ont été délocalisés à la fin du printemps de cette année. On a cassé une usine en bon état de marche en France pour construire la même en Pologne. Comme le coulage d’une tonne béton émet 900 kilos de CO2, ce transfert augmente en amont le bilan carbone de la production délocalisée. Ensuite, l’électricité qui alimente l’usine polonaise de Whirlpool provient du charbon à 80%. Elle est donc fortement émettrice de CO2 ce qui augmente encore le bilan carbone de chaque lave-linge dont la fabrication a été transférée de Picardie en Europe centrale pour augmenter de taux de profit de Whirlpool grâce à des salaires trois fois plus bas qu’en France . Comme les trois quarts de ces lave-linge sont vendus en Europe de l’Ouest, ils sont ensuite transportés en camion sur des milliers de kilomètres avant d’être livrés aux acheteurs. Là encore le bilan carbone est aussi désastreux que celui d’un réfrigérateur fabriqué en Asie. N’oublions pas que le candidat Macron, natif d’Amiens, est allé dire aux salariés picards de Whirlpool, qu’il acceptait cette délocalisation industrielle. C’était entre les deux tours de l’élection présidentielle qui l’opposait à Marine Le Pen.

Ajoutons que Whirlpool n’est qu’un mauvais exemple parmi des milliers d’autres. Selon l’INSEE, la France a perdu 530.000 emplois industriels entre 2006 et 2015 pour cause de délocalisation dans des pays à bas coûts de main d’œuvre, souvent à l’intérieur de l’Union européenne. Dans la seule industrie du pneu, la France a vu fermer plusieurs usines avec la perte de 11.700 emplois durant ces dix années (1).

 

Des véhicules électriques pour tout le monde ?

Dans cet entretien au JDD, Nicolas Hulot affirme « Depuis mon entrée au gouvernement, nous avons renégocié les appels d’offres des six champs d’éoliennes offshore pour en construire plus sans dépenser plus. J’ai donné un cap pour que l’industrie automobile propose, dans un délai très court, des véhicules électriques à tout le monde ». 

En dépit de cet appel d’offre renégocié, il se passera beaucoup de temps avant que l’éolien, terrestre et offshore, atteigne seulement le quart de notre production électrique contre moins de 5% en 2018. Il faudra aussi beaucoup de cuivre et de matériaux issus des terres rares pour fabriquer ces éoliennes et les batteries des voitures électriques destinées « à tout le monde », comme le propose Nicolas Hulot. N’oublions pas que le ministre de la Transition énergétique et solidaire reprend à son compte le passage le plus rapide possible à seulement 50% d’énergie électrique produite par les centrales nucléaires, même s’il a admis que cela ne lui semblait pas possible en 2025 comme le promettait François Hollande. Le nucléaire n’émet pas de CO2, tout comme les énergies renouvelables. Mais ces dernières sont intermittentes quand elles dépendent du vent ou du soleil. Sachant cela, force est de constater que réduire rapidement la part du nucléaire dans notre mix énergétique se traduira par une relance des centrales au gaz et au fioul, et pas seulement lors des pics de consommation.

 

En attendant de lancer en grand la production de voitures électriques pour permettre « à tout le monde » d’en acheter une ou plusieurs, Nicolas Hulot a pris des mesures incitatives, sous forme de primes, pour retirer de la circulation des véhicules diesel au profit des véhicules à essence . Si le recul du nombre de nombre de kilomètres effectués chaque jour par des voitures diesel limite les émissions de particules fines, il n’en va pas de même pour le CO2. Car les véhicules à essence, plus gourmands en carburant, en émettent plus de les voitures diesel. Ajoutons que beaucoup des véhicules diesel retirés du marché en France, sont vendus en Afrique où ils contribuent à l’augmentation globale des émissions de gaz à effet de serre. Enfin, plus on accélère le renouvellement du parc automobile dans un pays comme la France, plus on favorise une exploitation accélérée des matières premières minières de toutes sortes avec, là encore, un bilan carbone global en augmentation constante. 

 

 Voir à ce propos le second chapitre du dernier livre de Gérard Le Puill « Réinventons l’économie dans un monde fini », éditions du Croquant, 15€

 

 

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 06:26
Ian Brossat: de la lutte contre la spéculation immobilière et la flambée des prix des loyers et logements à Paris au témoignage sur son grand-père espion soviétique en Israël

Notre chef de file communiste aux élections européennes de mai 2019, lan Brossat, 38 ans, adjoint au logement à la ville de Paris écrit des essais, sur la thématique du logement et de l'accès de tous à celui-ci, et aussi un texte littéraire autobiographique, sur une histoire familiale peu commune. Voici le résumé de L'espion et l'enfant, chez Flammarion: 

" Eté 1983. Un petit garçon prend l’avion avec sa maman. Direction Israël, où il va retrouver son grand-père dans un endroit étrange. Il mettra plusieurs années à comprendre qu’il s’agit d’une prison, dans laquelle «Saba» est enfermé parce qu’on l’accuse d’être un espion. Visite après visite, par bribes, lan Brossat reconstitue le passé de cet homme étonnant, de cette famille - la sienne - pas comme les autres. L’histoire commence en Pologne, quand Marcus Klingberg, juif et petit-fils de rabbin, prend la fuite devant l’invasion nazie pour rejoindre l’Union soviétique, où il s’engage dans l’Armée rouge pour combattre les Allemands. Elle se poursuit en Israël où il codirige l’institut de recherche ultra-secret de Ness Ziona. Elle se termine en détention, lorsqu’il finit par avouer que oui, il a transmis des informations à l’URSS. Pendant trente ans, gratuitement et sans regret. Mais pour quelles raisons ? Comment ? Son épouse était-elle au courant ? Pourquoi Israël le gardait-il au secret, jusqu’à changer son nom ? Et Ian Brossat lui-même, enfant, de quelle manière a-t-il vécu ces années où, comme son Saba, il se voyait condamné au secret total ? C’est cette fascinante épopée familiale, ainsi que le récit de la relation tendre et forte qui unit, malgré l’adversité - ou grâce à elle ? - un petit-fils à son grand-père, que cet ouvrage tout en pudeur et fureur dévoile".

Pourrons-nous vivre à Paris demain ? Cette question, un nombre de croissant de Parisiens se la posent. Tandis que dans toute l'Europe, les prix de l'immobilier marquent le pas, dans la capitale française, on paie toujours plus cher pour se loger. Ainsi, depuis 2000, l'indice des prix immobiliers y a progressé de 114 % quand le salaire moyen a augmenté de seulement 10 %. Cette spéculation est en train de tuer Paris. Elle transforme la ville en musée. Pourtant, des solutions existent. Ian Brossat et Jacques Baudrier, élus communistes parisiens, entendent les défendre, les porter et les placer au coeur du débat. Avant les élections municipales de 2014, ce livre est celui d'un combat pour un Paris solidaire et populaire.

Pourrons-nous vivre à Paris demain ? Cette question, un nombre de croissant de Parisiens se la posent. Tandis que dans toute l'Europe, les prix de l'immobilier marquent le pas, dans la capitale française, on paie toujours plus cher pour se loger. Ainsi, depuis 2000, l'indice des prix immobiliers y a progressé de 114 % quand le salaire moyen a augmenté de seulement 10 %. Cette spéculation est en train de tuer Paris. Elle transforme la ville en musée. Pourtant, des solutions existent. Ian Brossat et Jacques Baudrier, élus communistes parisiens, entendent les défendre, les porter et les placer au coeur du débat. Avant les élections municipales de 2014, ce livre est celui d'un combat pour un Paris solidaire et populaire.

Nouvelle publication de Ian Brossat en septembre 2018 - Soirée de lancement à la librairie Le Merle moqueur le 6 septembre 2018: "Loin de sa promesse initiale, l'économie du partage est devenue une économie de la prédation : Paris a vu 20 000 de ses logements disparaître au profit de la plateforme Airbnb, dont elle est la première destination mondiale. Airbnb, Uber, Google et Amazon entendent aujourd'hui transformer nos villes en marchés pour maximiser leurs profits. Allons-nous les laisser faire ? "  Dans cet essai sans concessions, Ian Brossat dévoile les dessous d'Airbnb : entre lobbying et montages fiscaux, la face cachée d'Airbnb est en effet bien loin de l'image cool que se donne la firme américaine.

Nouvelle publication de Ian Brossat en septembre 2018 - Soirée de lancement à la librairie Le Merle moqueur le 6 septembre 2018: "Loin de sa promesse initiale, l'économie du partage est devenue une économie de la prédation : Paris a vu 20 000 de ses logements disparaître au profit de la plateforme Airbnb, dont elle est la première destination mondiale. Airbnb, Uber, Google et Amazon entendent aujourd'hui transformer nos villes en marchés pour maximiser leurs profits. Allons-nous les laisser faire ? " Dans cet essai sans concessions, Ian Brossat dévoile les dessous d'Airbnb : entre lobbying et montages fiscaux, la face cachée d'Airbnb est en effet bien loin de l'image cool que se donne la firme américaine.

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14 août 2018 2 14 /08 /août /2018 06:02

Une association belge, « EU DisinfoLab », a répertorié nominativement près de 60 000 comptes Twitter de citoyen-ne-s français-es ayant réagi à l’affaire Benalla depuis sa révélation le 18 juillet dernier par la presse. Il s'agit rien de moins que d'un fichage politique, totalement illégal, puis que l'un des deux fichiers Excel établit des corrélations avec des sites de médias ou d'organisations politiques.


Ce travail réalisé, prétendument pour mettre en évidence une manipulation de l'information sur les réseaux sociaux, est une atteinte grave et inadmissible à notre démocratie, aux droits inaliénables des citoyen-ne de notre pays, de penser, d'expression et d'engagement. Cette méthode n’est pas sans rappeler les fichages de triste mémoire de la police de Vichy.

« EU DisinfoLab » contrevient ainsi dans notre pays à la loi Informatique et Libertés de 1978 mais aussi au nouveau règlement européen sur la protection des données.


La CNIL interpellée par plusieurs personnes citées dans les fichiers annonce qu'elle se saisit de cette affaire, c'est une première étape mais des investigations poussées doivent maintenant être diligenter par les autorités françaises.

Le PCF – dont nombre de sympathisant-e-s et de militant-e-s parmi lesquels des parlementaires se trouvent ainsi listés – exige que toutes les mesures soient prisent d'une part pour protéger les personnes « fichées » et leurs droits fondamentaux garantis et d'autre part pour qu'une enquête soit diligentée dans les plus brefs délais.


Le PCF sera particulièrement vigilant aux suites données par le gouvernement et la Présidence de la République en la matière.



Parti communiste français

 

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 11:36
Parcoursup: plus de 66 000 candidats encore sans affectation (Le Monde et Le Parisien, 9 août 2018)

Jean-Paul Lecoq, député communiste de Seine-Maritime, commente sur Facebook cet article du monde: "Et combien de candidats découragés par le système mis en place ? Combien livrés aux établissements privés grands bénéficiaires de cette "réforme" ? Au final et quoi qu'en dise la communication officielle, Parcoursup trie et sélectionne à l'entrée de l'enseignement supérieur en France. Dans un notre pays, voilà encore un droit qui a régressé".

Le PCF avec le Mouvement des Jeunes Communistes projettent d'organiser un débat à Paris le samedi 15 septembre à 15h sur "Parcoursup et les inégalités des jeunes face à l'enseignement supérieur" à l'espace Bretagne de la Fête de l'Humanité.    

 

Parcoursup : plus de 66 000 candidats encore sans affectation

Le ministère considère que seuls 16 300 d’entre eux veulent encore « s’inscrire via Parcoursup » et ont ainsi répondu à des propositions d’accompagnement.

LE MONDE | 

Selon les chiffres du ministère, actualisés jeudi 9 août, plus de 66 000 candidats sont encore en attente d’une place dans l’enseignement supérieur sur la plateforme Parcoursup. Ils sont précisément 66 402 à n’avoir pas obtenu d’affectation, même si le ministère considère que seuls 16 300 d’entre eux veulent encore « s’inscrire via Parcoursup » et ont ainsi répondu à des propositions d’accompagnement.

Les autres, soit quelque 50 102 candidats, sont considérés comme « inactifs » :« Ils ne se manifestent plus : on leur a envoyé plusieurs messages, et depuis le 7 juillet, lendemain des résultats du bac, ils ne se sont pas manifestés », assure Jérôme Teillard, chef du projet Parcoursup au ministère de l’enseignement supérieur.

A titre de comparaison, le 21 juillet 2017, environ 65 000 jeunes inscrits sur l’ancienne plateforme d’admission post-bac (APB), décriée pour le système de tirage au sort en vigueur pour les filières sous tension, étaient sans affectation à l’université.

Près de 73 % des 812 050 inscrits sur Parcoursup sont en revanche fixés sur leur sort : 481 530 ont définitivement accepté une proposition, tout comme 110 322 autres qui ont, eux, maintenu un ou plusieurs autres vœux en attente. Près de 154 000 personnes ont par ailleurs quitté Parcoursup, notamment en raison d’un échec au bac ou parce qu’elles sont inscrites dans des cursus privés.

Des propositions « tous les jours »

Alors que la rentrée approche, le ministère veut envoyer aux jeunes sans affectation « un message de sérénité : tous les jours il y a des propositions qui sont faites aux candidats », assure M. Teillard.

Le ministère espère voir des places se libérer à la fin du mois, avec la clôture des inscriptions le 27 août pour toutes les formations qui ont leur rentrée le 3 septembre (classes préparatoires, BTS ou certaines licences universitaires…), ce qui obligera les candidats de ces formations à renoncer définitivement à leurs autres vœux.

« Actuellement, un jeune peut garder beaucoup de vœux en attente sans qu’on sache quel est son ordre de préférence, et peut par là, bloquer des places », explique François Germinet, président de l’université de Cergy-Pontoise et membre de la Conférence des présidents d’université (CPU, pro-réforme).

Le 5 septembre, souligne Jérôme Teillard, s’achèvera la « phase principale », et il n’y aura « plus de vœux en attente à partir de cette date ». Les élèves pourront toutefois recevoir de nouvelles propositions jusqu’au 21 septembre.

Mi-juillet, plusieurs organisations opposées à la loi sur les nouvelles modalités d’accès à l’université et à Parcoursup, ainsi que le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis, ont annoncé avoir saisi le Défenseur des droits pour « faire la lumière sur les modalités de sélection » des candidats à l’enseignement supérieur.

A lire aussi: 

Parcoursup: la machine est grippée (Christelle Brigaudeau, Le Parisien, 9 août 2018) 

Au total, plus de 21 % des candidats à l’enseignement supérieur ignorent où ils étudieront à la rentrée

La nouvelle procédure d’admission dans le supérieur tourne au ralenti. À un mois de la rentrée, plus d’un candidat sur cinq ignore toujours où il étudiera.

Pour forcer les attentistes à bouger, les classes préparatoires, mais aussi les IUT ou les BTS, viennent d’obtenir du ministère d’avancer d’une semaine, au 27 août, la date limite des inscriptions dans leurs classes. « À mesure que la date approche, les jeunes vont aller s’inscrire et débloquer des places », pronostique-t-on au cabinet de la ministre Frédérique Vidal.

Rue Descartes, l’idée d’un retour à un système ressemblant à APB n’emballe guère, même si l’on promet que « les ajustements nécessaires seront faits » après la rentrée, en fonction de l’analyse que dressera le comité de suivi de la réforme.

D’ores et déjà, le gouvernement va devoir rendre des comptes. Le Défenseur des droits a reçu ces dernières semaines « de nombreuses réclamations » de particuliers au sujet de Parcoursup, ainsi que trois saisines d’élus locaux et de syndicats enseignants et étudiants, qui dénoncent « l’opacité » du nouveau système et des soupçons de « rupture d’égalité » entre les candidats.

CACHEZ CES CHIFFRES

Que faire quand 115 815 étudiants sont encore sans proposition d’admission dans le supérieur, le 22 juillet ? Au ministère de l’Enseignement supérieur, une réponse a été… de changer la présentation des chiffres officiels.

Depuis le 23 juillet en effet, le baromètre de Parcoursup publié chaque jour par le ministère ne laisse plus apparaître deux colonnes, celle des jeunes « ayant reçu au moins une proposition d’admission » et celle des élèves n’en ayant aucune.

Désormais, les flux sont répartis entre quatre savantes catégories : les candidats « ayant accepté une proposition » (mais certains pas définitivement), ceux qui ont « quitté la procédure », ceux qui « souhaitent s’inscrire dans l’enseignement supérieur via Parcoursup » et les « inactifs ». Il s’agit de ceux qui n’ont pas sollicité la procédure complémentaire du système ni saisi leur rectorat pour trouver une solution, alors qu’ils sont recalés ou sur liste d’attente sur tous leurs vœux.

Il faut donc faire une addition pour retrouver le nombre de jeunes toujours en stand-by : à la date de mercredi, ils étaient 66 661.

A lire aussi, ces déclarations du PCF qui a combattu Parcoursup: 

Le fiasco de Parcoursup (PCF - 6 juin)

Deux semaines après les résultats de Parcoursup où 400 000 lycéens étaient «en attente» ou refusés» sur l’ensemble de leurs voeux (soit 50% des inscrits), il reste toujours des dizaines de milliers de lycéens sans aucune affectation à quelques jours du bac.

La sélection n’est pas la solution !

Parcoursup, c’est l’instauration officielle de la sélection à l’Université. La plateforme permet de classer les dossiers des lycéens en fonction de critères déterminés par chaque faculté. Une fois les capacités d’accueil atteintes, les candidats se voient refuser l’accès à ces formations. Des milliers de lycéens n’auront donc pas accès à la filière de leur choix. Pire, certains d’entre eux verront les portes de l’enseignement supérieur se fermer définitivement à la rentrée prochaine. C’est tout simplement inacceptable.

 Parcoursup ou la concurrence généralisée

Le baccalauréat ne garantit plus l’accès à l’Université. Parcoursup, c’est la concurrence généralisée entre universités, lycées et élèves. Par exemple, un élève avec un livret « satisfaisant » dans un lycée « reconnu » a plus de chances de voir ses vœux satisfaits qu’un élève avec le même livret d’un lycée moins « reconnu ».

Parcoursup ou le stress généralisé

Avec Parcoursup, si vous avez plusieurs réponses positives, vous devez décider de votre avenir très rapidement : au mieux, une semaine ; au pire 24 heures !

Si aucun des 10 vœux n’obtient de réponse positive, c’est le recteur qui proposera une formation là où il restera de la place, dans un périmètre géographique très large. Les réponses pourraient être rendues jusqu’à n août, laissant les candidats dans le ou total jusqu’à la dernière minute !

Pour une Université ouverte à tous !

Ce ne sont ni les étudiants et lycéens, ni les candidats le problème, mais les moyens qui manquent ! Entre 2009 et 2017 : + 280 000 étudiants et – 7 000 enseignants

Un autre modèle d’enseignement supérieur est possible : celui d’une Université publique ouverte à tous les bacheliers et dotée de moyens suffisants. Une Université qui permet la réussite de tous les étudiants et notamment des plus en difficulté. 

NOUS PROPOSONS DE: 

- mettre en œuvre un plan d’investissement dans l’enseignement supérieur pour des capacités d’accueil à hauteur des besoins

- créer un statut protecteur pour tous les jeunes de 18 à 25 ans garantissant un revenu minimal et l’accès à un emploi correctement rémunéré ou à une formation choisie et qualifiante

- d’instaurer la gratuité de tout ce qui est nécessaire à la scolarité : transports, santé, accès renforcé au logement social, élargissement de la gratuité des activités culturelles et sportives. 

Lire aussi: 

Parcours-Sup: une loterie nationale et une machine à stresser et dégoûter les jeunes désireux de faire des études

Parcours sup: le sénateur communiste Pierre Ouzoulias dénonce un "coup d'Etat insupportable" (Public Sénat)

ÉDUCATION. L’ÉTAT CAMOUFLE LES RECALÉS DE PARCOURSUP (L’HUMANITE - JEUDI 26 JUILLET 2018 - AXEL NODINOT)

PARCOURSUP, BIEN PLUS STRESSANT QUE LE BAC ! (L’HUMANITE - SAMEDI 14 JUILLET 2018)

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:56
PCF - MONSANTO CONDAMNE : OUVRONS LA VOIE AU CHANGEMENT DE MODELE AGRICOLE

Le verdict est tombé : le tribunal de San Francisco a condamné la multinationale Monsanto. Pour la Justice, se sont bien les désherbants Roundup et RangerPro qui sont responsables du cancer du jardinier Dewayne Johnson.
Cette décision est une bonne nouvelle pour tous ceux qui pensent – le PCF est de ceux-là – qu’il y a urgence à sortir du modèle agricole actuel, reposant sur des intrants chimiques massifs, produits dont l’impact sur l’homme et sur l’environnement commencent à être connu en place publique.

Le PCF rappelle sa détermination à engager la France dans une sortie du Glyphosate et des pesticides dangereux. Notre pays a besoin d’une grande ambition collective alimentaire, écologique et de santé publique.
Pour cela, il est indispensable de permettre aux agriculteurs de vivre de leur travail, pour sortir la production alimentaire des griffes des quelques multinationales qui trustent actuellement ce secteur, aliénant producteurs et consommateurs au nom du profit capitaliste
.

 

 

Glyphosate:

Le pot de terre gagne contre le pot de fer en Californie.
Dans cet Etat Nord-Américain, le jardinier Déwayne Johnson qui a durant de nombreuses années utilisé le Roundup vient de gagner son procès contre le géant Monsanto qu'il considère comme responsable de son cancer.
Le jury de 12 citoyens Américains a mis en cause le fait que la multinationale mélange information réelle sur la composition de ses produits et le mensonge organisé. C'est ce débat que nous avons également en Europe. Voici une jurisprudence de capitale importance. Que tous les ministres européens de l'agriculture et de l'environnement aient enfin le courage d'en faire de même!

Patrick Le Hyaric député européen communiste, directeur de l'Humanité

Le jugement rendu contre Monsanto est historique. Il a fallu le combat d’un homme, condamné à mort par la médecine, pour accélérer la procédure et aboutir à l’amende record de 290 millions de dollars. Plusieurs milliers d’autres plaintes ont été déposées par autant d’agriculteurs. La révélation des méthodes de la multinationale via les Monsanto Papers, quant à « l’évaluation scientifique » de son désherbant « vedette » – censure des avis critiques, pression et infiltration des organismes internationaux, de l’ONU à l’Union européenne –, conjuguée à un puissant mouvement d’opinion international, a pesé dans la balance de la justice. Face aux intérêts en jeu, les combats à venir n’en seront que plus âpres.
Depuis la guerre du Vietnam, avec l’usage massif de l’agent orange, Monsanto n’en finit pas d’être au banc des accusés. Entendre Bayer reprendre dès vendredi les mêmes arguments sur l’innocuité du glyphosate, « sûr » et « non cancérogène », ne peut qu’inquiéter. Après avoir racheté au prix fort – 63 milliards de dollars – son rival, le groupe allemand avait annoncé en juin son intention de faire disparaître la marque américaine. Cela ferait sans nul doute les bonnes affaires de The Vanguard Group et de Blackrock Fund Advisors. Plus de nom, plus de scandale, voire d’indemnités à verser ? Ces fonds d’investissement totalisent, avec un troisième larron, 11 000 milliards d’euros (cinq fois la richesse annuelle de la France) de capitalisation boursière mondiale. Ces deux-là sont présents à la fois dans le capital de Monsanto, de Bayer et de BASF – qui a repris les activités « OGM » de l’américain, au nom de la lutte anticoncurrentielle… Les mêmes ont dû être ravis du sursis de cinq ans sur une éventuelle interdiction du glyphosate, accordé par la Commission européenne, avec le soutien de l’Allemagne et sans un mot de la France. La graine de l’exigence d’autres logiques environnementales, agricoles et démocratiques, est depuis vendredi en terrain fertile.
 
Michel Guilloux, L'Humanité - 13 août 2018 
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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:54

 

On parle beaucoup de la canicule et de ses effets sur la vie quotidienne de tout un chacun depuis quelques jours. Toutefois, les victimes sur la durée vont être les paysans. Leurs coûts de production augmentent alors que les rendements céréaliers sont en baisse comme risquent de l’être ceux de la vigne. Incommodées par la canicule, les vaches donnent aussi moins de lait tandis que l’herbe se fait rare dans les prés. Parallèlement, tout indique que le contenu de la Loi EGALIM promise l’an dernier par le président Macron, et pas encore votée par le Parlement, ne favorisera pas la prise en compte des coûts de production dans la fixation des prix agricoles.

Le rejet des deux motions de censure l’une présentée par le groupe de droite LR et l’autre par les trois groupes se réclamant de la gauche parlementaire a mis fin à une longue session de l’Assemblée nationale. Mais la loi dite EGALIM promise au monde paysan par Emmanuel Macron n’a toujours pas été votée. Les travaux de l’Assemblée nationale ne reprenant que le 12 septembre, il se dit que la nouvelle lecture de ce projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation fera partie des dossiers prioritaires de la rentrée parlementaire. Il reste à savoir si cette loi changera quelque chose concernant la rémunération du travail des paysans. Car rien ne permet de penser aujourd’hui qu’elle permettra de fixer les prix des produits agricoles au départ de la ferme en tenant compte des coûts moyens de production.

Après avoir reçu la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs la semaine dernière, Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture recevait hier une délégation de la Confédération paysanne pour une tour d’horizon des dossiers chauds, canicule comprise. Cette canicule, justement, est en train d’augmenter les coûts de production dans des secteurs comme la production laitière, la production de viande bovine et ovine tandis que la baisse des rendements céréaliers imputable au climat affecte aussi ce secteur avec une baisse des rendements du blé tendre, du blé dur et du colza. Et l’on s’inquiète beaucoup concernant le maïs non irrigué, qu’il soit destiné à l’ensilage ou à la production de grain.

 

Le gouvernement refuse d’arbitrer sur les indicateurs de prix 

Les aléas climatiques rendent plus urgente que jamais l’adoption d’une loi permettant aux paysans d’obtenir une rémunération de leur travail par les prix. Mais aux dires de Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, le gouvernement refuse d’arbitrer en ce sens. Il demande aux interprofessions de s’entendre sur les indicateurs servant à définir les prix et les marges pour décider du partage de la valeur ajoutée susceptible d’être répartie entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. Il est donc probable que le prix du lait payé au départ de la ferme par Lactalis ou Sodiaal en 2019 dépendra davantage du prix que ces deux multinationales estimeront pouvoir obtenir pour le beurre et les autres produits les laitiers dans les rayons des magasins Leclerc , Carrefour , Auchan et Casino- dans le cadre de la négociation qui débutera cet automne- que des coûts de production du producteur de lait . Que la loi soit votée ou pas avant cette date ne changera pas grand-chose. On sait que le prix du lait est beaucoup trop bas depuis 2015, année de sortie des quotas laitiers dans les pays de l’Union européenne. 

Plus de trois années de prix bas ont beaucoup fragilisé les exploitations laitières en France, comme dans les autres pays membres de l’Union. La France ne comptait plus que 56.984 fermes produisant du lait de vache, selon l’enquête annuelle laitière du ministère de l’Agriculture portant sur l’année 2017. L’an dernier ils ont livré 239 millions d’hectolitres de lait aux entreprises de transformation. Quatre régions, sur les douze que compte désormais le pays, concentrent plus de 60% de la production laitière. Il s’agit de la Bretagne, de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Normandie et des Pays de la Loire. Si on ajoute les Hauts de France et la région Bourgogne-Franche-Comté, nous avons plus de 80% de la production laitière dans six régions sur douze. 

 

Toutes les régions laitières sont frappées par la sécheresse

Cet été, ces six régions souffrent de la sécheresse. De la Bretagne, grande productrice de beurre et d’emmental d’entrée de gamme à la zone de production du comté en passant par celle du camembert ou du maroilles, l’herbe ne pousse plus et les vaches supportent mal la chaleur. Partout on entame le foin engrangé pour l’hiver et on s’inquiète des rendements que donneront à la fin de l’été les parcelles de maïs destinées à l’ensilage.

Tandis que les rendements laitiers diminuent , les coûts de production augmentent et le prix du lait restait anormalement bas au début de l’été autour de 30 centimes d’euro le litre au départ de la ferme , sauf dans la zone du comté et celles du reblochon et du beaufort dans les Alpes en raison de cahierz des charges qui garantissent une très bonne qualité fromagère. Depuis la sortie des quotas laitiers en avril 2015, le prix moyen du litre de lait a oscillé en permanence entre 32 et 28 centimes, loin des 37 centimes de prix moyen en 2014. Cela se traduit par une fragilisation des exploitations laitières et par des risques accrus concernant l’installation des jeunes alors que l’âge moyen des chefs d’exploitation est déjà trop élevé.

 

On entame en plein été le foin récolté pour l’hiver 

La situation n’est pas meilleure pour les éleveurs de bovins à viande concernant les prix tandis que la sécheresse augmente aussi les coûts de production. Eleveur de bovins de race Limousine en Corrèze, Jean Mouzat , président national du MODEF, constate que « l’herbe ne pousse plus . Les prairies sont en train de se dessécher et les grosses chaleurs annoncées vont accroître le phénomène. Il va falloir entamer les stocks de foin engrangés pour l’hiver dès cet été tandis que le maïs fourrager destiné à l’ensilage va voir ses rendements baisser en raison du manque de pluie».

Reçu par le président de la République voilà quelques jours en même temps que les premiers responsables des autres syndicats paysans, Jean Mouzat n’a pas été convaincu par les arguments d’Emmanuel Macron faisant mine de croire que la nouvelle loi ferait remonter les prix agricoles via la bonne volonté que les transformateurs et les distributeurs partageraient avec les paysans une fois cette loi votée par les députés. Le même sentiment dominait hier chez Laurent Pinatel à l’issue de sa rencontre avec le ministre de l’Agriculture. Surtout que la sécheresse aggrave la crise dans tous les secteurs après d’autres aléas climatiques comme la grêle sur les vignobles et les arbres fruitiers, les prix des fruits d’été étant aussi soumis à une rude concurrence au départ de la ferme via les importations en provenance d’Espagne et d’ailleurs.

Il se pourrait donc que les prochains mois se traduisent par une nouvelle aggravation de la crise agricole avec des paysans obliger de brader des animaux pour ne pas perdre encore plus d’argent en devant acheter des aliments composés pour les nourrir. Cette augmentation contrainte de l’offre ne poussera pas Lactalis, Charal et quelques autres multinationales à mieux payer le lait où la viande.

 

 

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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 05:48

 

Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature, revient sur les épisodes de l’affaire Benalla qui révèlent le manque de séparation des pouvoirs et la mainmise de l’exécutif sur certaines nominations.

 

Quel regard portez-vous sur le déroulement de la perquisition du domicile d’Alexandre Benalla le 20 juillet ?

Katia Dubreuil 

Il est difficile de porter une appréciation sur une enquête dont on ne connait que ce qui en est relaté dans la presse, mais il est vrai ce qui est décrit parait assez rocambolesque. Dans d’autres affaires, il est décidé de casser la porte ou de faire appel à un serrurier pour procéder à une perquisition. Cela n’a rien d’exceptionnel. Est-ce que les enquêteurs présents ont eu plus de scrupules à se comporter de la même manière avec Alexandre Benalla qu’avec un autre individu? Certaines enquêtes ont été entravées dans le passé car, certes, les policiers reçoivent des ordres de l’autorité judiciaire pour les enquêtes mais, pour ce qui concerne leur carrière et leur vie administrative, ils dépendent du ministère de l’Intérieur et donc du pouvoir exécutif. Nous réclamons depuis toujours que la police judiciaire soit rattachée directement à la magistrature. 

 

Par la suite, le syndicat de police Vigi a déposé un réquisitoire supplétif pour ouvrir les investigations de l’enquête à des soupçons de dissimulation de preuves. Ce que le parquet, sous la houlette du procureur de Paris, François Molins, a refusé…

Katia Dubreuil 

Il existe peut être des éléments que nous n’avons pas justifiant ce choix. Selon l’article de presse, le parquet justifierait cette décision par l’absence de bris de scellés, mais il existe une infraction distincte de dissimulation de preuves. Ce qui est sûr, c'est que l'absence de garanties suffisantes dans le statut du parquet et notamment les conditions de nomination laisse la porte ouverte au soupçon d'une intervention politique sur les décisions prises, et que cela nuit dans l'esprit du public à la confiance dans la justice.  

 

Que pensez-vous du périmètre de l’enquête et, avec le recul, du fait que la justice a découvert cette affaire par voie de presse, étant donné que l’article 40 du Code de procédure pénale n’a pas été utilisé par l’Élysée ?

Katia Dubreuil 

Sur cet article 40, chacun se renvoie la balle devant les commissions parlementaires. Mais il existe bien, en bout de chaîne hiérarchique, celui qui aurait dû prévenir le parquet. Il y a eu une volonté que l’affaire ne sorte pas. Ensuite, une enquête est lancée sur des infractions pour lesquelles Alexandre Benalla et d’autres fonctionnaires sont mis en examen, qui va être poussée jusqu’au bout, si tout se passe bien. Il faut faire la lumière sur cette affaire pour obtenir ensuite des éléments sur l'exercice du pouvoir : sur l'utilisation d'une arme, on cherchera forcément à savoir comment il a pu obtenir les autorisations nécessaires. C'est là que, potentiellement, d'autres personnes peuvent être mises en cause, y compris des personnalités politiques en exercice. Mais d'autres instances mèneront les enquêtes. Par ailleurs, certains aspects de ce type d’affaires, qui ne relèvent pas forcément des infractions pénales, se règlent, aussi, dans le débat démocratique et politique. 


Les sénateurs ont avancé l’idée d’auditionner Alexandre Benalla à la rentrée. Ce à quoi Nicole Belloubet a donné un avis négatif. Comment prenez-vous cette intervention ?

Katia Dubreuil 

La ministre de la Justice n’est pas restée dans son rôle, notamment en donnant son avis sur l'ampleur de la gravité de l'affaire. De manière générale, en tant que garde des Sceaux, elle n’a pas à s’exprimer sur des enquêtes judiciaires et parlementaires en cours. C’est précisément dans ce type d’affaires qu’il convient que la justice soit à l’écart de tout soupçon sur son indépendance. Précisément parce que la garde des Sceaux est celle qui nomme le procureur de la République de Paris, et donc le prochain qui va continuer à suivre l’affaire. C’est ce qui est problématique : il s’est produit dans le passé des incursions avérées du pouvoir exécutif dans le fonctionnement de la justice. Dernièrement, l'ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a été mis en examen pour avoir donné des informations à Thierry Solère sur une affaire judiciaire en cours. Ce qui, si les faits étaient avérés, serait très grave. Et à chaque affaire on s’interroge sur une possible immixtion. Encore une fois, cela nuit totalement à la confiance des citoyens dans la justice.

Entretien réalisé par Audrey Loussouarn

 

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 00:00

 

Spécialisé dans l’ophtalmologie et, depuis quelques années, dans l’esthétique, le laboratoire qui fabrique le fameux Botox a été épinglé dans les Paradise Papers, en novembre 2017. Il assure se conformer aux lois en vigueur…

«A llergan, un laboratoire pharmaceutique mondial audacieux. » Voilà comment se définit lui-même le bienheureux producteur du Botox, ce traitement ophtalmologique devenu un best-seller du marché florissant de l’esthétique, utilisé pour estomper (provisoirement) les rides du haut du visage. De l’audace, c’est vrai, le laboratoire américain (plus de 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires attendus en 2018) n’en a pas manqué depuis sa fondation, en 1948, par un pharmacien de Los Angeles. Pour conquérir – ou protéger – des marchés juteux, mais aussi pour « optimiser » sa fiscalité, si l’on en croit le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij, en anglais), qui a révélé, en novembre 2017, les complexes stratégies d’évitement fiscal de nombreuses firmes, telles Apple, Nike ou Uber. Des révélations fondées sur les 13,5 millions de documents baptisés « Paradise Papers », provenant du cabinet international d’avocats Appleby, basé aux Bermudes. Une firme plutôt haut de gamme, de meilleure réputation que le cabinet Mossack Fonseca, mis en lumière par les Panama Papers dès 2016. Mais une firme aux objectifs exposés sans détours par son fondateur, le major Reginald Appleby, qui décrivait l’impôt sur le revenu comme « l’ultime raffinement de la torture humaine, auquel il faut s’opposer à tout prix ».

Un système de « double irlandais »

Or, pour éviter pareille torture, rien ne vaut une domiciliation fiscale avantageuse. C’est ce qu’a choisi Allergan en installant son siège social à Dublin, en Irlande. Un pays connu pour offrir l’un des taux d’imposition sur les sociétés le plus bas du monde (12,5 %). Une position tellement enviable que le mastodonte américain Pfizer a tenté, à peine quelques mois après cet atterrissage fiscal avantageux, de fusionner avec Allergan, pour profiter de cette domiciliation enviée. La transaction record (évaluée à 160 milliards de dollars !) a finalement été stoppée in extremis par le secrétaire américain au Trésor en 2016. Reste qu’Allergan, lui, a semble-t-il pu profiter des largesses propres au pays au Trèfle, tel le « double irish » (double irlandais) – rien à voir avec du whisky. Ce système consiste à mettre en place une double sous-traitance de filiales irlandaises pour récupérer les bénéfices de la société mère, en les faisant passer par des paradis fiscaux encore plus avantageux que la patrie de la Guinness, comme les Bermudes, les Caïmans ou l’île de Man. Une pratique tellement limite que le gouvernement irlandais a dû envisager, dès 2014, son interdiction pure et simple. Qui, alors, a tenté de s’opposer à cette réforme ? Une certaine Terilea Wielenga, la présidente du Tax Executives Institute (TEI), sorte d’association de professionnels de la fiscalité, qui exerçait aussi les fonctions de… directrice de la fiscalité d’Allergan ! D’après l’enquête de l’Icij, la fiscaliste aurait mis en place pour le producteur de Botox un système de « double irlandais » qui aurait déplacé les bénéfices du laboratoire jusqu’aux Bermudes. Contacté par l’Icij, le laboratoire a démenti toute fraude. « Allergan se conforme à toutes les lois fiscales et règles comptables applicables et paie tous les impôts dus dans toutes les juridictions où il exerce ses activités », a assuré l’entreprise. Dans une étude présentée en septembre 2017, la division française du laboratoire n’était d’ailleurs pas peu fière de mettre en avant ses 511 emplois dans l’Hexagone et même sa « contribution fiscale » de « 293 millions d’euros sur la période 2012-2016, dont 69 millions d’euros en 2016 ». Pas de quoi faire vaciller les profits du groupe, néanmoins. Au dernier trimestre 2017, l’entreprise a engrangé un bénéfice net de 3 milliards de dollars, dont 2,8 servis sur un plateau (d’argent) par la réforme fiscale de Donald Trump.

 

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11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 23:57

 

Sur les six premiers mois de 2018, les 33 sociétés sur 40 ayant publié leurs résultats ont accumulé plus de 43,5 milliards d’euros de bénéfices, soit 500 millions de plus qu’en 2017. Pour dégager du cash, les dirigeants n’ont pas hésité à tailler dans l’investissement et à imposer des sacrifices à leurs employés, gel des salaires et suppressions de postes.

Malgré les conditions négatives qui pèsent sur la croissance mondiale, choc pétrolier, tensions commerciales, les sociétés du CAC 40 ont une fois de plus réussi à dégager de substantiels profits. Sur le premier semestre de l’année, les 33 multinationales sur 40 ayant publié leurs résultats ont engrangé plus de 43,5 milliards d’euros de bénéfices, soit 500 millions de plus que l’an dernier. Après les millésimes exceptionnels en 2016 et 2017, où le résultat net avait bondi de respectivement 21,6 % et 32,6 %, en passant de 55 milliards d’euros en 2015 à 76 milliards en 2016 pour atteindre 93 milliards l’an dernier, les quarante poursuivent leur ascension vers les sommets d’avant-crise, lorsqu’elles flirtaient avec les cent milliards d’euros de profits, mais à un rythme moins soutenu. À l’image de la croissance mondiale qui, selon les dernières prévisions de croissance de l’OCDE, marque une légère inflexion à 3,8 % en 2018 et 3,9 % en 2019.

Cet environnement a, jusqu’à présent, permis le maintien d’une bonne dynamique de profits pour les entreprises. En tête, Total a su tirer parti de la montée du prix du pétrole pour faire flamber ses résultats. Avec un bénéfice de 5,4 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année, soit 30 % de plus que l’an dernier, le groupe pétrolier retrouve un niveau d’avant l’effondrement des cours de pétrole, à l’été 2014. BNP Paribas, malgré une chute de 7,7 % de son résultat semestriel, frôle les 4 milliards d’euros. Une récolte meilleure qu’attendu. Viennent ensuite le spécialiste du luxe LVMH (3 milliards d’euros de bénéfices), l’assureur Axa (2,8 milliards d’euros) et le sidérurgiste ArcelorMittal (2,5 milliards).

Dans l’ensemble, près des deux tiers des groupes ont enregistré une hausse de leurs résultats. La plus forte progression revient à l’hôtelier AccorHotels, dont les profits, dopés par la cession de son pôle immobilier AccorInvest, ont explosé, à 2,2 milliards d’euros contre 77 millions d’euros un an auparavant. À l’autre extrémité, la plus forte dégringolade est signée par le groupe Carrefour, seul à présenter, sur les six premiers mois de l’année, une perte de 861 millions d’euros. Les 520 millions d’euros de baisse de « coûts » sur le semestre, sur les 2 milliards d’euros prévus d’ici à 2020, ont permis d’amortir la chute. Les marchés ont donc été rassurés, d’autant que d’autres « économies » sont en prévision avec la sortie des 273 magasins ex-Dia du réseau, qui sera achevée fin juillet, et le plan de départs volontaires en interne (2 400 postes) que Carrefour espère conclure en fin d’année.

Si les résultats semblent mitigés dans les différents secteurs, « il n’y a pas de mauvaises surprises, sauf quelques cas isolés. Les perspectives pour 2018 sont maintenues, voire augmentées dans l’ensemble », note un analyste financier. À ce titre, PSA fait figure d’exemple. Avec un bénéfice record de 1,4 milliard d’euros en hausse de 18 %, le marché n’a pas boudé son plaisir. L’action s’est envolée de près de 15 % après la publication des comptes.

Pour le reste de l’année, les patrons du CAC 40 ne semblent pas soucieux, même s’ils affichent une certaine prudence. Si le front européen a connu une accalmie avec le sommet de fin juin, le conflit commercial initié par les États-Unis a redoublé d’intensité et fait peser une chape de plomb sur les Bourses mondiales. Les menaces protectionnistes se sont multipliées. La tendance pourrait donc se retourner. Sans compter que le magot dégagé par les multinationales françaises pourrait avoir atteint un pic. Or, pour dégager du cash, les dirigeants n’ont reculé devant aucun sacrifice imposé à leurs employés. Gel des salaires, suppression de postes : comme un peu partout dans le monde, les réformes qui visent à flexibiliser le travail sont mises en place au pas de charge pour garantir la rentabilité des entreprises souhaitée par les marchés. En France, les ordonnances Macron n’ont pas dérogé à la règle. PSA a même été le meilleur VRP de ces mesures parmi les groupes de l’indice phare

MULTINATIONALES. LE CAC 40 EN PASSE D’ÉGALER SES PROFITS RECORD D’AVANT-CRISE (L’HUMANITE - JEUDI, 9 AOUT, 2018 - CLOTILDE MATHIEU)

UNE SITUATION FINANCIÈRE ÉCLATANTE

Pour accumuler toujours plus de richesses, les directions n’hésitent pas à rogner sur les investissements. L’étude Ricol Lasteyrie-EY dressant le « profil financier du CAC 40 », publiée le 25 juin, montre qu’en effet, si les groupes ont augmenté leur chiffre d’affaires et amélioré leur rentabilité pour afficher une situation financière éclatante, en revanche, ils n’ont pas hésité à tailler dans l’investissement. Ce dernier a reculé de 12 milliards d’euros, s’affichant à 69 milliards, hors secteur des banques et assurances. Son plus bas niveau depuis la création de ce baromètre, il y a douze ans. Une baisse économiquement absurde, alors que l’endettement net des groupes du CAC 40 a diminué pour la sixième année consécutive pour atteindre son niveau plancher depuis 2006, leur dégageant ainsi des marges de manœuvre au moment où la politique monétaire est des plus favorables pour investir. N’en déplaise au président de la République, qui s’apprête l’an prochain à transformer en baisse de cotisations sociales pérennes l’enveloppe de 20 milliards d’euros du crédit d’impôt compétitivité-emploi (Cice), et l’a même amplifiée sur les très bas salaires, ces « aides » servent avant tout à engraisser les actionnaires plutôt qu’à créer de l’emploi.

Clotilde Mathieu

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11 août 2018 6 11 /08 /août /2018 17:05

L’ancien maire de Cannes, actuel doyen de l’Assemblée nationale, n’est pas fan des déclarations d’intérêts et de patrimoine. Parmi ses « oublis », un compte suisse vieux de quarante ans provisionné de plus d’un million d’euros.

La pub, ça rapporte à tel point qu’on en oublierait un compte en Suisse. L’actuel doyen de l’Assemblée nationale, Bernard Brochand (« Les Républicains », LR), ne dirait sans doute pas le contraire. Pour la première fois député des Alpes-Maritimes et maire de Cannes en 2001, l’ancien édile a été élu sur le tard. Né à Nice en 1938, l’ex-joueur de foot s’est d’abord consacré à la publicité. À la fin des années 1980, il est à la tête d’une des plus grosses agences internationales, avant de créer une école de communication qui fusionnera ensuite avec celle de Jacques Séguéla. Le tout en pourvoyant en slogans les campagnes de Jacques Chirac mais aussi en investissant dans l’administration du PSG ou encore dans la création de Canal Plus. Une riche carrière au sens littéral, qui lui a permis de créditer un compte ouvert chez UBS en Suisse il y a plus de quarante ans… Et pour lequel la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) l’a rattrapé, quelques mois après l’affaire Cahuzac de 2013.

Le député des Alpes-Maritimes n’avait pourtant pas été tendre avec l’ex-ministre du Budget à cette époque. « À quoi tout cela servira-t-il, si prochainement M. Cahuzac revient siéger en toute impunité à l’Assemblée nationale ? » interrogeait-il dans une tribune postée sur son site et depuis effacée, mais que l’Express avait relevée. Et de se féliciter de son propre comportement : « En tant que parlementaire, j’ai toujours déclaré depuis 2001 mon patrimoine au cours de mes quatre mandats successifs », jurait-il, prenant la précaution de se prononcer « contre la publication de ces informations ».

« LE TRIBUNAL ESTIME QUE LES PEINES SONT INADAPTÉES AU REGARD DES CIRCONSTANCES DE L’INFRACTION »

Et c’est bien là que le bât blesse. Alors que Bernard Brochand rapatriait son compte helvète, la HATVP, au vu du défaut de déclaration, a saisi le parquet. Une paille à 1,2 million d’euros qui n’était jamais apparue depuis 2001. « J’avais un compte à l’étranger, déclaré en France, avec des impôts payés en France », s’est-il alors défendu auprès de l’AFP, fustigeant les « amalgames » l’assimilant à un fraudeur, et tout en affirmant qu’il avait presque oublié l’existence de ce compte géré par la banque… Ce n’est d’ailleurs pas son seul oubli. Jusqu’en 2014, pas trace, dans ses déclarations, de ses fonctions dans la société les Crets, dont ses parts sont évaluées à 3,6 millions. Elles figurent désormais dans sa déclaration post-législatives de 2017. Mais celle-ci « oublierait » cependant de mentionner qu’il a codirigé pendant quelques mois, en 2015, une holding luxembourgeoise, a révélé le Monde en octobre dernier.

Après enquête sur l’affaire de son compte suisse, l’élu de droite, alors âgé de 79 ans, a accepté la sanction proposée par le parquet dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Huit mois de prison avec sursis et 200 000 euros d’amende… Pas de quoi grever outre mesure son budget. Mais, en septembre 2017, le juge censé valider l’accord ne l’a pas entendu de cette oreille. « Le tribunal estime que les peines sont inadaptées au regard des circonstances de l’infraction et de la personnalité de l’auteur », « représentant de la nation », a-t-il argumenté lors de l’audience. Une « décision scandaleuse », a rétorqué l’avocat de l’intéressé, expliquant que son client « n’est pas poursuivi pour fraude fiscale ». Contrairement à 2014, où son immunité parlementaire (que ses pairs avaient refusé de lever) l’avait protégé des soupçons quant à son implication dans une affaire de corruption, cette fois, Bernard Brochand ne devrait pas échapper au procès en correctionnelle, prévu en novembre prochain.

Julia Hamlaoui

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