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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 16:47
Decès de Steve: une affaire de trop (communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme)

Communiqué de la Ligue des Droits de l'Homme

Décès de Steve : une affaire de trop .

Le 21 juin dernier à Nantes, lors de la soirée de la fête de la musique plusieurs personnes ont été contraintes de se jeter dans l’eau suite à une intervention très violente de la part des forces de l’ordre.

Ces dernières n’ont pas hésité à utiliser sans discernement des gaz lacrymogènes, grenades de désencerclement alors que le lieu où se déroulaient les faits étaient dangereux.

Depuis plus d’un mois la disparition de Steve tombé dans la Loire était passée sous silence de la part des autorités.

La découverte de son corps 29 juillet a malheureusement conforté ce que tout le monde craignait.

Il est l’heure aujourd’hui de faire le bilan de cette triste soirée.

La Ligue des droits de l’Homme dénonce une fois de plus les conditions d’intervention des forces de l’ordre qui ont à l’évidence manqué totalement de discernement démontrant que le pouvoir choisit la répression comme méthode face aux contestations de toutes sortes qu’elles soient revendicatives ou simplement… festives.

Elle demande que toute la lumière soit faite par le biais d’une enquête judiciaire impartiale, claire et complète.

Le rapport de l’IGPN sorti le jour même de la découverte du corps de Steve et ses conclusions selon lesquelles « Il ne peut être établi de lien entre l’intervention de police et la disparition ». laissent pour le moins interrogatif devant ce simulacre d’enquête Même le premier Ministre semble ne pas vouloir se contenter de ce rapport ,

La Ligue des droits de l’Homme constate que l’IGPN est saisie de centaines de plaintes depuis de nombreux mois sans qu’il y ait de suite, ce qui démontre que cette institution rattachée au Ministère de l’Intérieur n’est plus crédible . Etant à la fois juge et partie l’IGPN ne peut par sa fonction même que mettre à mal la confiance que la société devrait avoir avec la police.

La nécessité d’une autorité indépendante comme cela existe dans la plus part des pays européens devient une évidence car cela pose la question du lien de confiance entre les forces de l’ordre et les citoyens, socle fondamentale de notre démocratie.

La Ligue des droits de l’Homme mènera ce combat nécessaire.

La Ligue des droits de l’Homme présente ses condoléances à la famille de Steve et les assure de sa solidarité.


 


 

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 05:58

Rappelant les écrits et les combats de Jaurès, qui ont traversé les âges, Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, a commémoré le 105e anniversaire de la disparition de Jean Jaurès au café du Croissant à Paris, ce 31 juillet 2019

Hommage à Jean Jaurès

Café du croissant

31 juillet 2019.

Patrick le Hyaric

Mesdames, Messieurs les élus,

Chers amis,

Chers camarades,

Merci à chacune et chacun d’entre vous d’honorer par votre présence, comme chaque année, ce rendez-vous d’hommage à Jean Jaurès, à l’endroit même où son assassin fanatisé par la propagande chauvine l’exécuta d’une balle en pleine tête il y a tout juste 105 ans, précipitant ainsi le carnage de la Grande Guerre.

Rassemblés ici, nous tissons les liens d’une histoire longue, celle des révoltes et des révolutions en France, celle de la classe ouvrière et des noces qu’elle célébra avec la République pour fortifier chacune de ses conquêtes et celle du combat pour la paix et le désarmement.

Nous cultivons la mémoire des combats menés par le mouvement ouvrier dans le sillon de la Grande révolution française et pour élargir la démocratie jusqu’aux chasses gardées de la propriété privée et lucrative.

Nous le faisons en entretenant le souvenir de la vie et de la pensée de Jean Jaurès, cette admirable figure dont les écrits et les combats ont traversé les âges et les modes, léguant à la France entière et bien au-delà l’héritage flamboyant et fertile des luttes pour la grande paix humaine, pour la liberté de conscience, l’égalité sociale et politique.

Ce rassemblement permet également à chacune et chacun d’entre nous de consolider la digue posée par le mouvement ouvrier et Jaurès lui-même entre le nationalisme purulent, qui aura finalement eu raison de sa vie, et la solidarité internationaliste ; entre la réaction et le progrès social et humain ; entre l’obscurantisme et la pensée rationnelle et émancipatrice.

Si Jaurès a pu faire l’objet de toutes les récupérations, jusqu’aux plus absurdes et cyniques, c’est qu’il aura laissé une trace indélébile dans les consciences et la mémoire populaires. Une trace aussi forte que problématique pour le parti de l’ordre et ses affidés des puissances d’argent, mais une trace aussi profonde que féconde pour tous les militants de l’émancipation humaine.

Aujourd’hui, plus d’un siècle après son assassinat, les analyses de Jaurès résonnent au cœur d’une actualité brulante et troublante, de fer et de feux.

La guerre aujourd’hui menace sur chacun des continents. Les forces nationalistes attisent les rancœurs, enveniment les querelles historiques, géographiques, culturelles. « Misérables patriotes, lançait Jaurès aux nationalistes de son temps, qui, pour aimer et servir la France, ont besoin de la préférer ».

Ces forces apparaissent désormais comme des forces de cogestion du capital, garantissant son déploiement tout en flattant les instincts les plus archaïques.

Les coalitions des droites extrêmes et des extrême-droites gagnent partout des positions décisives accentuant les guerres commerciales, affaiblissant partout les protections collectives conquises par le mouvement social et ouvrier, intensifiant comme le font Etats-Unis, Brésil, Autriche ou encore Hongrie l’exploitation des deux sources de toute richesse : le travail humain et la nature au point aujourd’hui de menacer notre humanité commune.

Les guerres de proie comme les nommait Jaurès menacent aujourd’hui au Moyen Orient, où le détroit d’Ormuz, chemin stratégique de l’approvisionnement mondial en hydrocarbures, fait l’objet de toutes les convoitises.

Le conflit historique et civilisationel entre l’Iran et ses voisins sunnites des monarchies théocratiques du Golfe a bon dos quand se joue, dans les faits, la recomposition politique sous l’égide des Etats-Unis et de ses alliés régionaux d’un Moyen Orient laissé en ruine après trente longues années de guerres et de déstabilisations.

Les incidents s’accumulent et se répètent dans le Golfe persique. Avant-hier des troupes iraniennes étaient accusées de monter à l’abordage d’un tanker pétrolier japonais, hier le Président nord-américain envoyait ses avions de chasse dans l’espace aérien iranien pour y jeter des bombes avant de se raviser. Aujourd’hui un navire anglais et son équipage sont saisis par les autorités iraniennes.

« Aucune des parties n’a intérêt à la guerre » nous dit-on. Mais qui sait pourquoi et comment l’étincelle viendra allumer le braiser et nourrir le feu régional ? Qui peut prédire quand et comment s’arrêtera la volonté des faucons nord-américains de s’adonner au fameux « changements de régime » dont tant de peuples ont eu à subir les conséquences ? Comment garantir que les franges les plus fanatisées du régime iranien ne profiteront pas de l’occasion pour affirmer leurs positions politiques dans la société iranienne et alentours ?

Nul doute que ce conflit autour de la rente pétrolière s’insère dans un dispositif global de guerre économique au moment où la Chine s’affirme comme l’une des principales puissances d’un monde multipolaire et réclame pour son développement des ressources énergétiques absentes de son sol.

« Dans ce siècle de concurrence sans limite et de surproduction, avertissait Jaurès, prémonitoire, dès 1895, il y a aussi concurrence entre les armées et surproduction militaire : l’industrie elle-même étant un combat, la guerre devient la première, la plus excitée, la plus fiévreuse des industries ».

Cette phrase percute de plein fouet notre époque.

Une époque de tensions où le capital, dans l’incapacité de régler ses propres contradictions, sape d’une main la demande intérieure par des mesures drastiques d’austérité imposées à des Etats dociles et complices, nourrissant pauvreté et précarité, et multiplie de l’autre les traités de libre-échange pour dégager de nouveaux terrains de profitabilité et offrir de nouveaux débouchés à l’océan de marchandises produites dans des conditions qui heurtent les besoins sociaux et écologiques.

Cette dynamique morbide du capital financiarisé a pour exact corolaire une croissance phénoménale des budgets militaires sur l’ensemble de la planète.

4,9 % de hausse générale des budgets consacrés à l’armement militaire ont été constatés en 2018, essentiellement porté par l’OTAN et en son sein la puissance états-unienne.

La dépense globale de défense suit cette courbe folle depuis 20 ans, dépassant largement la proportion de dépenses militaires lors de la guerre froide.

L’intensification de la guerre économique produit bel et bien, comme le pressentait Jaurès, l’excitation de la plus « fiévreuse » des industries : l’industrie militaire.

Le monde a aujourd’hui sur ses bras fragiles le poids lourd d’un arsenal militaire d’une incroyable puissance, et au cœur de celui-ci, un arsenal nucléaire aux capacités dévastatrices à peine concevables.

Les deux principales puissances nucléaires se désengagent petit à petit des traités encadrant la production d’armes. Les traités bilatéraux signés entre les Etats-Unis et la Russie dit START, censés freiner la prolifération nucléaire vont arriver à échéance en 2021 et rien ne permet aujourd’hui de prédire leur reconduction. D’autant que la Russie vient de suspendre sa participation au traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire après que M. Trump l’ait brutalement déchiré il y a plusieurs mois.

Comment comprendre que les armes chimiques et bactériologiques aient été interdites et que perdure cette tolérance à l’armement nucléaire, lui aussi, et plus encore, de destruction massive.

Il y a deux ans, 122 Etats ont courageusement adopté aux Nations-Unies le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Le chemin est encore long mais la volonté progresse pour que l’humanité renonce à ces engins d’apocalypse.

Les sommes colossales englouties par l’armement nucléaire pourraient être dégagées vers les besoins humains et répondre à cet enjeu fondamental de notre temps : la lutte contre le réchauffement climatique dont, nous aurons encore plus que les jours derniers à subir les terribles conséquences.

Les centaines de milliards alloués à l’entretien et la modernisation du parc nucléaire pourraient abonder des fonds pour une urgente transition écologique des modèles productifs industriels ou agricoles.

L’humanité se hisserait ainsi à hauteur des terribles enjeux auxquels elle doit faire face en conjurant les deux principaux périls qui la guettent, nourris l’un et l’autre par la guerre économique et l’exploitation capitaliste : l’affrontement nucléaire et la destruction de notre environnement.

« Nous disons qu’aujourd’hui l’affirmation de la paix est le plus grand des combats : combat pour refouler dans les autres et en soi-même les aspirations brutales et les conseils grossiers de l’orgueil convoité ; combat pour braver l’ignominie des forces inférieures de barbarie qui prétendent, par une insolence inouïe, être les gardiennes de la civilisation française » disait Jaurès dans une adresse à la jeunesse, quelques mois avant que le fracas des armes ne vienne engloutir la civilisation européenne.

Oui, la paix est le plus grand des combats : un combat politique qui ne se satisfait pas des formules creuses ou abstraites mais appelle à l’action, à l’unité populaire, au dépassement du système de prédation qui porte en lui, telle la nuée, l’orage meurtrier des guerres. Elle est la condition première du développement social et démocratique des sociétés sans laquelle ne peut advenir « l’évolution révolutionnaire » chère à Marx repris par J Jaurès.

Jaurès prévenait en effet lucide que : « La guerre rendrait impossible la régulière évolution sociale. Les hommes qui poussent la volonté de paix sont les serviteurs du progrès social. »

Propos prémonitoires quand aujourd’hui est proposé aux populations du continent, comme seul projet d’avenir, celui d’une militarisation de l’Europe, elles qui attendent plutôt de l’Union européenne, progrès démocratique, progrès social, progrès environnemental.

Chers amis,

Jaurès avait à cœur de montrer par ses actes et ses écrits la cohérence des combats pour l’émancipation humaine.

Il aura mené de front le combat pour fortifier la République et faire advenir le socialisme ; pour l’unité du prolétariat et la défense du capitaine Dreyfus ; pour la séparation des Eglises et de l’Etat et la paix civile ; pour sa patrie et pour la solidarité internationaliste.

De cette intransigeance à lier les engagements, Jaurès eut à pâtir sa vie durant, nourrissant inimitiés, rancunes, jusqu’à la haine de ses adversaires les plus résolus : « Il y a, dans le voyage de l’esprit à travers la réalité, une part d’aventure dont il faut d’emblée accepter le risque » se plaisait-il à dire.

Jaurès tient cette cohérence de l’enseignement du grand événement qui fit bifurquer l’histoire universelle : cette Révolution française, fille des Lumières et mère du socialisme dont la France célèbre cette année le 230ème anniversaire malgré le silence assourdissant  de son chef de l’Etat.

Alors que les gouvernements successifs cherchent à effacer les enseignements de cette grande rupture politique et philosophique dont le souvenir s’évanouit dans un défilé militaire rituel où l’on exhibe son armement comme dans une vente aux enchères, souvenons-nous de l’intérêt que portait Jaurès à, je le cite, la « flamme tourmentée, mais immortelle, que despotisme et contre-révolution s’acharneront à éteindre, et qui, toujours ranimée, s’élargira en une ardente espérance socialiste. »

Lorsqu’il s’attèle à la rédaction de ce qui restera l’une de ses plus grandes œuvres, son « Histoire socialiste de la Révolution française », Jaurès se trouve à un moment charnière de son parcours politique et intellectuel. La France vit également des moments critiques.

L’Affaire Dreyfus affleure dans un climat d’antisémitisme fétide et alors que les conquêtes républicaines vacillent sous les coups de boutoir d’une réaction qui refuse de dire son dernier mot.

Tout un courant politique et idéologique s’échine à dénier aux classes populaires toute légitimité à faire l’Histoire. Fleurissent alors les pamphlets hostiles aux mouvements populaires, définis par les Barrès, Maurras, et autres Gustave le Bon, autant d’intellectuels réactionnaires alors lus et commentés, comme des névroses sociales par essence chaotiques, vecteurs de désordre et de chaos.

Jaurès ne singe pas l’historien perché sur son Aventin, contemplant l’histoire en refusant d’en tirer parti. Il effectue au contraire ce geste éditorial comme un geste politique qu’il place, selon ses mots, sous le triple patronage de « Plutarque, de Michelet, et de Marx », autrement dit d’une histoire des hommes appelés aux commandes des événements, du peuple en mouvement, qui ne peut faire l’économie d’une analyse des conditions économiques et sociales qui fondent le réel.

Cette Histoire est l’occasion pour Jaurès d’user des outils conceptuels puisés dans la lecture des œuvres de Marx qu’il dévore dans la décennie précédente, notamment d’une théorie matérialiste de l’histoire encore balbutiante mais qui trouvera au cours du 20ème siècle un puissant retentissement.

Bourgeoise, la Révolution française l’est assurément constate-t-il. Mais elle a fait naître des contradictions exprimées dès l’instauration de la République en 1792 que seul le socialisme pourra surmonter en redéfinissant le rôle de la propriété. « Je n’ai jamais négligé l’œuvre de réforme, et toujours je m’efforçais de donner à nos projets de réforme une orientation socialiste. Je n’y voyais pas seulement des palliatifs aux misères présentes, mais un commencement d’organisation socialiste, des germes de communisme semés en terre capitaliste. » disait Jaurès en 1901, au moment même de la rédaction de son histoire socialiste.

Pour Jaurès, si la Révolution aura signé ce qu’il appelle l’avènement de la pleine démocratie politique », elle aura tout autant révélé dans son développement, précise-t-il, « l’incapacité de la bourgeoisie française à gouverner seule, parce qu’elle ne peut se défendre contre les forces subsistantes du passé sans faire appel aux forces de l’avenir ». La Révolution est ainsi mère du socialisme et du mouvement ouvrier, d’une part parce que « la grande lumière de l’Encyclopédie », a nourri « la pensée socialiste héritière des audaces extrêmes du 18ème siècle qui commence à pénétrer les instituteurs de la Nation », et, d’autre part, parce qu’elle aura concouru à « subordonner théoriquement le droit de propriété au droit supérieur de la nation » par l’effort des classes populaires représentées par les fractions jacobines.

Le mouvement ouvrier est ainsi appelé à défendre la République en prolongeant la démocratie, à fortifier les libertés conquises en y puisant les ressources pour gagner de nouveaux combats.

Créer la démocratie en la dépassant a été, durant un grand siècle tourmenté et fécond, l’œuvre de la classe ouvrière. Diriger la démocratie en la dépassant et l’obliger enfin à se hausser au socialisme ; ce sera sa grande œuvre de demain» concluait magistralement Jaurès dans son Histoire socialiste de la Révolution française

Chers amis,

Comment ne pas penser à ce retour d’une mémoire révolutionnaire enfouie, quand le mouvement des gilets jaunes s’est élargi au pays entier lors de cette irruption des colères qui a irrigué la France, quand se sont déployés des dizaines de mouvements sociaux dans les hôpitaux, les écoles, les EHPAD, dans ces sites industriels sacrifiés à l’autel du grand Monopoly mondial et dont les noms, Alsthom, Ascoval, Ford, Argowiggins, Conforama sonnent à l’oreille comme autant de trahisons.

« Ceux qui regardent au fond des esprits, au fond des âmes, s’aperçoivent que dans la conscience ouvrière l’idéal révolutionnaire survit secrètement, et à la moindre ouverture des évènements, la lumière jaillit de nouveau. Grande leçon pour tous les gouvernements de répression, quels qu’ils soient, et de quelque nom qu’ils s’appellent » écrivait Jaurès.

Oui les privilèges de la noblesse furent abattus en 1789 et 1793 par la mise en mouvement de la société française.

Ce sont désormais ceux du capital, de la finance, maintenus grâce au sacro-saint droit de propriété sur les moyens de production et d’échange, qu’il convient de faire choir afin que la République renoue enfin avec sa promesse de liberté, d’égalité, de fraternité, et prolonge ainsi le combat révolutionnaire pour, comme le disait Jaurès, que les citoyens cessent d’être « serfs dans l’entreprise ».

Notre gouvernement s’affirme aujourd’hui comme un « gouvernement de répression », liguant autour de lui l’ensemble des classes possédantes pour conjurer le sceptre de l’égalité sociale et politique. Les moyens déployés pour brider les mouvements sociaux, le dévoiement des doctrines de maintien de l’ordre républicaines à des fins coercitives dans les banlieues populaires allant jusqu’à mettre un groupe d’enfants à genoux dans la cour de leur école, comme sur les ronds-points tenus par des citoyens en gilet jaune, ou tuant une dame qui vient à sa fenêtre ou encore l’innommable tragédie du  jeune Steve qui vient danser le soir de la fête de la musique et qu’on retrouve 38jours plus tard dans les eaux saumâtres de La Loire ;  devraient inquiéter beaucoup plus. Il ne faut jamais s’habituer à l’intolérable !

M. Macron ajoute à sa politique de défense exclusive des plus riches et à la répression policière une attitude résolument monarchique, sacrifiant le Parlement et contournant la souveraineté populaire par la grâce d’une élection présidentielle au mode de scrutin désuet conférant des pouvoirs exorbitants.

Les lois de restriction des libertés qui se multiplient avec le développent du capital financier  ne sont pas sans rappeler celles qui accablèrent la France à la fin du 19ème siècle sous le nom de « lois scélérates ».

« Votre loi, s’insurgeait Jaurès, voudra, d’un regard aigu, continu, profond, surveiller constamment toutes les consciences, et alors, sous prétexte d’hygiène morale, vous aurez installé dans ce pays la plus étrange tyrannie qu’on ait jamais pu rêver ! ».

Face à ce retour sans équivoque du parti de l’ordre sous de nouveaux oripeaux, l’on comprend aisément le soin pris à taire le 230ème anniversaire du soulèvement révolutionnaire qui fonda la Nation française et auquel Jaurès travailla à en faire vivre l’écho dans la classe ouvrière.

Chers amis,

Des combats que mena Jaurès celui pour que vive et se développe  l’Humanité lui aura coûté heures et années de travail acharné et épuisant. « Faire vivre un grand journal sans qu’il soit à la merci d’autre groupe d’affaires est un problème difficile» prévenait-il dans son premier éditorial.

115 ans plus tard, le journal qu’il fonda est toujours là, vivant, à l’affut de l’actualité, des luttes pour la justice sociale et le progrès humain, offrant son regard sur les événements du monde à toutes les intelligences libres. Il le fait dans des conditions rendues extrêmement difficiles qui dépendent de multiples facteurs.

Informer en toute indépendance, en assumant le regard communiste sur l’évolution du monde est devenu chose ardue.

Mais, c’est, nous en sommes persuadés, chose au combien essentielle, pour nous, mais pour la société toute-entière qui a besoin du point de vue communiste pour contrer la double offensive du capital et des extrême-droites.

A l’heure où les impasses du système capitaliste apparaissent comme autant de menaces pour la survie de l’humanité, comment concevoir que puisse disparaitre les journaux qui, avec rigueur, sans tronquer les faits ni abaisser le débat public, cherche dans le mouvement même du monde les voies de l’alternative ?

L’Humanité traverse à l’heure actuelle une zone de turbulence qui n’est pas sans rappeler celle qu’il traversa dans les années qui suivirent sa naissance, avant qu’il ne soit adossé à la grande et belle espérance communiste.

C’est avec douleur que nous avons été contraints de concéder au tribunal de commerce à une réduction du nombre de salariés, tout en procédant à des économies drastiques sur notre fonctionnement.

Pour autant, nous perpétuons chaque jour et chaque semaine l’œuvre d’informer que Jaurès considérait avec sagacité comme essentielle au mouvement transformateur.

« C’est parfois de l’extrémité du péril que vient le salut » écrivait Jaurès en 1906, alors que le journal était au bord du gouffre. Cette phrase d’un optimisme lucide est la nôtre. Faire advenir le salut est l’affaire de chacune et chacun d’entre nous, en s’abonnant à nos titres, en relayant nos contenus, en participant aux campagnes de souscriptions populaires qui supplées à l’argent des grands capitalistes dont profitent l’ensemble de nos confrères. Nous avons un besoin vital de votre engament pour que vive l’Humanité.

C’est une des conditions pour que « se réalise enfin l’Humanité »

Je vous remercie de votre attention.

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 05:29

 

Pour un service public ferroviaire de qualité. Texte collectif

En cette période de départs en vacances, les encombrements routiers sont éclipsés dans les médias par d’autres files d’attente démesurées, observées aux guichets des gares, pour ceux qui ont échappé au programme de fermeture à grande vitesse ordonné par la direction de la SNCF. Les effets de la contre-réforme ferroviaire imposée contre les cheminots sont là : selon les diktats ultralibéraux du gouvernement et de l’Union européenne, il faut préparer le rail à la concurrence, l’« assainir » financièrement, dégraisser ses effectifs, afin de rendre ses activités, du moins celles qui n’auront pas été abandonnées, rentables pour des actionnaires, comme cela fut fait – l’actualité nous rappelle douloureusement à quel prix – pour France Télécom devenue Orange. Contrairement à ceux qui dénonçaient les prétendus privilèges des cheminots en grève l’an passé, la Convergence nationale rail (CNR) n’est guère étonnée par ce triste constat. Les usagers payent plein tarif la libéralisation du rail. Les nouvelles cartes de réduction de la SNCF n’ont d’ailleurs pas fait illusion : la baisse de leur coût masque mal le durcissement des conditions d’échange ou de remboursement des billets et la grande disparité des réductions auxquelles elles donnent droit, selon les régions, qui préfigure la balkanisation tarifaire totale que l’ouverture à la concurrence engendrera si l’on ne parvient pas à l’arrêter.

Les fermetures de lignes, dégradations d’infrastructures ferrées et les entraves aux régénérations de « petites lignes » demandées par des régions se multiplient également. Mais comment pourrait-il en être autrement dans le cadre de la poursuite de la saignée des effectifs cheminots et du désengagement financier de l’État du rail ? Les files d’attente aux guichets ne doivent pas non plus nous faire oublier que les traditionnels embouteillages routiers estivaux (alors que le réseau routier a bénéficié d’une extension massive ces dernières décennies, à l’inverse du réseau ferroviaire) ont aussi à voir avec la politique antiferroviaire : le sacrifice du fret, qu’illustre actuellement l’arrêt de fait, en dépit des manipulations verbales de la ministre des Transports, du train des primeurs Perpignan-Rungis, engorge nos routes et asphyxie notre air par le report modal massif vers les camions. Rappelons aussi que la SNCF prévoit l’arrêt du service auto-train en décembre prochain… mais le gouvernement ose se prétendre attaché à la lutte contre le changement climatique ! En réalité, détruire les services publics pour les livrer aux actionnaires constitue son principal credo, qu’importent pour lui les conséquences pour les salariés, usagers et citoyens.

La CNR et ses collectifs ont récolté près de 20 000 signatures sur la pétition contre la déshumanisation des gares et des trains, multiplié les rencontres de terrain avec les usagers, les interpellations aux directions SNCF, organisé un rassemblement devant le siège de la SNCF le 4 juin dernier. Nous appelons à amplifier la mobilisation. Nous ne renoncerons pas et continuerons à réclamer la réouverture des gares et guichets, des contrôleurs dans tous les trains, une tarification de service public transparente et accessible à tous, la sauvegarde ou la réouverture puis le développement de toutes les lignes menacées, le développement du fret ferroviaire, le maintien et le développement de l’auto-train ou le retour d’un vaste réseau de trains de nuit. Nous refusons les mesurettes et l’enfumage des « nouvelles mobilités » qui font diversion du report modal du rail vers la route voulu par le gouvernement, ou des « innovations » comme la vente de billets de train chez les buralistes ou les guichets ambulants pendant que ferment les gares ! L’avenir des transports est au rail public avec des embauches de cheminots pour conduire, accompagner, entretenir les trains et les voies ou vendre les billets.

La Convergence nationale rail : Didier Le Reste, Aurélien Djament, Laurent Russeil, Francis Portes, Vincent Jouille.

 

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 05:27

L’aboutissement de la commission mixte paritaire sur ce texte de loi entérine le bouleversement du modèle sportif français. C’est avec amertume que je constate que le Parlement a été mis, une nouvelle fois, complètement de côté pour la création de l’Agence nationale du sport. En l’introduisant au dernier moment dans un projet de loi portant sur un autre sujet, le Gouvernement a empêché toute réflexion de fond sur la nature du service public du sport que nous voulons pour notre pays.

Depuis deux ans, la réforme de la gouvernance du sport est menée dans un flou total, déstabilisant l’ensemble du mouvement sportif. Nous avons tout d’abord appris le projet de création d’une agence par la presse, puis, en décembre dernier, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2019, la majorité a décidé de supprimer le Centre national pour le développement du sport – CNDS – en fléchant ses taxes affectées vers la future structure, alors que nous ne connaissions ni ses missions, ni sa composition.

Cet amateurisme s’est de nouveau manifesté avec la création de l’Agence sous forme de groupement d’intérêt public. Le Conseil d’État a clairement démontré que la structure de l’Agence ne correspondait pas au GIP tel qu’il est défini par la loi, l’État étant pour l’instant le seul financeur parmi les codécisionnaires. Enfin, pour donner une base légale à l’Agence, le Gouvernement a décidé de manière cavalière de l’introduire dans un projet de loi qui n’a rien à voir. Le Parlement n’est pas une simple chambre d’enregistrement devant subir les tâtonnements du Gouvernement.

Sur le fond, les députés communistes ne soutiennent pas non plus sa création. Les collectivités territoriales et le mouvement sportif doivent évidemment être étroitement associés aux politiques sportives de notre pays. Cependant, ce n’est pas en affaiblissant le rôle de l’État que nous augmenterons les capacités des autres acteurs à agir. Au contraire, l’État doit retrouver sa place centrale, renouer avec des politiques sportives ambitieuses et trouver les outils législatifs pour casser les barrières à la pratique, par exemple.

En creux, c’est l’avenir du ministère des sports qui se joue. L’Agence le remplace dans l’exercice de ses missions principales que sont le développement du sport pour tous et le soutien au haut niveau. Son administration est très affaiblie et ses services déconcentrés, notamment, ne possèdent plus l’autonomie nécessaire pour assurer leurs missions. Quant à ses moyens, ils sont faméliques, après deux ans de baisse drastique de son budget.

La transformation progressive du ministère des sports en simple direction des sports est une erreur stratégique grave. Le sport est un service public à part entière, qui a besoin d’un ministère fixant les grands axes et se posant en garant de l’intérêt général. Sans ministère des sports, les petites fédérations seraient encore plus en difficulté, et la France n’aurait pas pu mener la bataille qu’elle a conduite pour l’éthique et contre le dopage. Sans ses fonctionnaires, nos résultats dans les grands événements sportifs seraient médiocres.

La volonté du Gouvernement de transférer les conseillers techniques sportifs aux fédérations n’est que la simple traduction de ce désengagement. En se privant des fonctionnaires déployant les politiques publiques du sport partout dans le pays, l’exécutif entérine définitivement la disparition de celles-ci. Imagine-t-on une seule seconde les politiques publiques culturelles ainsi abandonnées ? Pourquoi réserver un tel traitement au sport, quand on connaît ses bienfaits et ses valeurs, portées par les millions de bénévoles et de salariés dont l’ambition quotidienne est de donner accès à la pratique sportive au plus grand nombre ?

Les députés communistes soutiendront la ratification des ordonnances, afin de préparer au mieux les Jeux olympiques et paralympiques de 2024. S’agissant des voies réservées, nous nous félicitons que la rédaction du Sénat ait été conservée, car elle précise que la mise en service de ces voies doit être strictement proportionnée aux objectifs de sécurité et de fluidité. En effet, l’impact sur les populations locales doit être le plus faible possible, les voies réservées se situant le plus souvent dans des zones au trafic déjà extrêmement dense.

Enfin, nous invitons le Gouvernement à ratifier dès la rentrée les deux ordonnances de décembre 2018 et de mars 2019 relatives à la lutte contre le dopage et la mise en conformité avec le code mondial antidopage. C’est une condition sine qua non pour accueillir les Jeux olympiques et paralympiques, et je regrette que l’amendement de Marie-George Buffet permettant cette ratification n’ait pu être examiné lors de la première lecture. Il y va de la crédibilité de la France, qui a toujours été pionnière dans la lutte antidopage. (M. Ugo Bernalicis applaudit.)

Si nous soutenons la ratification des ordonnances relatives à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques, nous ne pourrons voter en faveur de ce texte consolidant l’Agence nationale du sport. Les députés communistes appellent le Gouvernement à entamer avec le Parlement un travail de fond sur l’avenir du service public du sport, débouchant, enfin, sur une loi ambitieuse qui le consolide. (Applaudissements sur les bancs des groupes SOC et FI.)

 

 

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 05:44

 

La canicule, avec ses longues sécheresses et ses orages dévastateurs, rappelle que la souveraineté alimentaire n’est pas acquise. Il y a urgence à adapter nos pratiques agricoles et réduire la taille des exploitations pour améliorer la qualité des sols et nourrir les générations futures.

À Mâcon, lors de son 50 e congrès en juin 2016, le syndicat Jeunes Agriculteurs avait mis en exergue ce mot d’ordre : « Des fermes plutôt que des firmes. » Le syndicalisme paysan des moins de 35 ans soulignait, via ce slogan, les difficultés qu’il rencontrait pour favoriser l’installation de jeunes paysans quand leurs aînés partaient en retraite. Souvent, les terres appartenant à différents propriétaires vont désormais agrandir des fermes déjà grandes. Nous sommes dans une Europe où les dirigeants des États membres de l’Union comme le collège des Commissaires agissant depuis Bruxelles semblent totalement incapables de proposer une politique agricole qui donnerait enfin la priorité à la coopération et à l’écologie. Le réchauffement climatique nous en montre pourtant l’urgence. Mais l’accord de libre-échange que la Commission européenne vient de conclure avec les pays du Mercosur est de nature à mettre en cause notre souveraineté alimentaire, tout en favorisant la croissance des émissions de CO 2 de l’agriculture au niveau mondial.

Il devient urgent de promouvoir, au niveau communautaire, une politique qui favorise la souveraineté alimentaire tout en réduisant le bilan carbone de l’assiette de 500 millions d’Européens. Une nouvelle réforme de la politique agricole commune (PAC) viendra en débat au cours des prochains mois. Il faudrait la fonder sur la promotion de l’agroécologie dans tous les pays membres. Car il s’agit de la seule voie possible pour freiner le réchauffement climatique. Et pour y parvenir, il nous faut des fermes plutôt que des firmes, gérées par des exploitants ayant une vision à long terme de leur métier.

Réduire le bilan carbone de chaque litre de lait de vache et de chaque kilo de viande bovine passe par une exploitation rationnelle de l’herbe composée d’un mélange approprié de graminées et de légumineuses, tout en réduisant progressivement les importations de soja comme les apports d’engrais azotés sur nos prairies, qui sont aussi des puits de carbone. En France, cela suppose qu’on garde un fort réseau d’exploitations familiales et sociétaires à taille humaine. Dans ces fermes, les vaches continueront d’aller au pré de mars à novembre. Il ne faut surtout pas développer l’antimodèle de la ferme dite des 1 000 vaches, en plus grand encore. Car, cela se traduirait forcément par une alimentation avec un bilan carbone désastreux.

Promouvoir sans attendre l’agroforesterie

Compte tenu du retard et des incohérences qu’on perçoit au niveau planétaire face au réchauffement climatique, il apparaît que la plupart des régions françaises seront durement impactées par ce phénomène d’ici à 2050. Notre agriculture peut encore limiter les effets négatifs de ce réchauffement. Voilà pourquoi l’agroforesterie doit être mise en place sans attendre. Il s’agit ici de planter des arbres dans les prairies comme dans les champs cultivés en rangs bien alignés, à raison d’une cinquantaine de troncs par hectare. Avec une multitude d’objectifs aux effets positifs cumulés, offrant de l’ombre aux animaux, captant plus de carbone, favorisant l’évapotranspiration par les feuilles, produisant des fruits, du bois à pellets, mais aussi du bois d’œuvre dans un horizon de 50 ans et plus…

Oliviers, noyers et noisetiers

Plus immédiatement, disposer de davantage d’oliviers, de noyers et de noisetiers pour produire de l’huile permettrait un moindre recours aux oléagineux comme le colza et le tournesol, cultivés annuellement pour cet usage. De même, relancer les châtaigneraies sur les terres pauvres et acides de certaines régions nous permettrait de consommer moins de céréales annuellement par habitant.

Il est également impératif de favoriser la conversion progressive d’un plus grand nombre d’exploitations françaises à l’agriculture biologique, tant pour répondre à une demande croissante des consommateurs que pour réduire le recours aux intrants chimiques. Cela implique que les paysans redeviennent des observateurs vigilants de la nature, ce qui n’est possible que par la pratique de l’agroécologie sur des fermes à taille humaine. Car, la France, comme l’Europe, doit relever en même temps les trois défis que sont la souveraineté alimentaire, la lutte contre le réchauffement climatique et l’amélioration de la qualité des sols.

Il est impossible de relever de tels défis en soumettant notre agriculture à des distorsions de concurrence. L’agroécologie est incompatible avec les accords de libre-échange comme celui que la Commission européenne, en toute fin de mandat, a signé avec les pays du Mercosur, le 29 juin 2019. S’il entre en vigueur, il permettra à quatre pays d’Amérique du Sud d’exporter chaque année en Europe 99 000 tonnes de viande bovine à tarifs douaniers réduits, en plus des 60 000 tonnes résultant d’un accord précédent. À cela s’ajouteront 100 000 tonnes de blanc de poulet, 180 000 de sucre et 450 000 d’éthanol. La contrepartie se traduirait notamment par une baisse des tarifs douaniers sur les voitures et les produits pharmaceutiques exportés sur le continent sud-américain par les industriels européens.

Mais cela se ferait sur le dos de nos paysans, donc au détriment de notre souveraineté alimentaire avec, de surcroît, des risques pour notre santé. Qu’il s’agisse du soja, du maïs ou de différentes viandes, les produits exportés par ces pays d’Amérique du Sud proviennent surtout de fermes géantes. Certaines pratiquent deux récoltes par an sur les mêmes parcelles de soja OGM résistant au glyphosate. Mais comme les mauvaises herbes y résistent aussi de mieux en mieux, au fil des ans les épandages de pesticides par avion sont en progression constante, provoquant des maladies aux abords des zones de cultures, ainsi que de nombreuses malformations chez les nouveau-nés.

Au Brésil, dans le Mato Grosso, le groupe agricole Bom Futuro, situé à Campo Verde, à une centaine de kilomètres de la capitale régionale, est passé en quelques années de 2 500 à 420 000 hectares de soja cultivés par an. Mais, au Brésil, 242 nouveaux pesticides, dont 42 dans la seule journée du 24 juin 2019 (1), ont été autorisés depuis l’arrivée au pouvoir du président Jair Bolsonaro et son équipe.

Lourd impact européen sur la déforestation

Ces chiffres sont révélateurs. Ils montrent que, sil était ratifié par le Parlement européen et les pays membres de l’Union, cet accord relancerait la déforestation en Amazonie et conduirait l’Europe à importer des produits toxiques dont elle peut se passer via la mise en place d’une agriculture plus autonome, plus diversifiée et plus écologique – pour peu que la prochaine réforme de la PAC soit orientée en ce sens.

Consommateur trompé

Prenant connaissance de la conclusion de cet accord, le président Macron a déclaré, le 29 juin, depuis le G20 qui se tenait Osaka au Japon : « Je l’ai toujours dit, un bon accord commercial est bon pour nos entreprises et nos emplois, et cet accord permettra d’ouvrir les marchés agricoles et industriels, et de protéger nos indications géographiques. Cet accord à ce stade est bon. »

Tous les syndicats paysans sont d’un avis opposé et l’ont fait savoir. Fait inhabituel, les syndicats majoritaires que sont la FNSEA et Jeunes Agriculteurs ont, dès le 1 er juillet, adressé au chef de l’État une lettre ouverte dans laquelle ils expliquent que cet accord « est inacceptable pour les agriculteurs français et européens car non seulement il menace des filières sensibles et stratégiques, mais en plus il nous place en porte-à-faux vis-à-vis des consommateurs. (…) Au-delà des producteurs, c’est le consommateur qui est trompé par cet accord ».

Il reste à voir si une pression de plus en plus forte en direction de l’Élysée, de Matignon, des assemblées parlementaires peut déboucher sur la non-ratification de cet accord mortifère pour notre agriculture et la santé des consommateurs.

(1) Article de Claire Gatinois, correspondante à S ão Paulo, dans « le Monde » du 28 juin 2019.

Gérard Le Puill

 

 

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 05:42

"Oui ou non, on continue le bradage de notre patrimoine public !"
 

Fabien Gay, sénateur Communiste de Seine-Saint-Denis, nous livre trois raisons essentielles de demander un référendum et s'opposer à la privatisation d'ADP (Aéroports de Paris).

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 05:40

 

Depuis plusieurs mois, le pouvoir exécutif n’a eu de cesse de nier l’existence de violences policières, en dépit des centaines de blessés. Il a fini par rendre possible l’effroyable : les morts de Zineb Redouane et de Steve Maia Caniço.

Il n’y a pas de hasard. Pas d’accident. Pas de concours de circonstances. Deux morts, l’une à Marseille, l’autre à Nantes : tel est, en quelques mois seulement, le funeste bilan du maintien de l’ordre voulu par l’exécutif et son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner.

Cela faisait plus d’un mois que nul ne savait où était Steve. Si personne n’osait croire à une issue heureuse à cette quête, c’est parce que tout le monde a compris où avait pu mener la folie policière ce soir-là, cette folie des derniers mois.

Zineb et Steve. Deux disparitions qui font suite à deux actes policiers incompréhensibles. Deux personnes qui ne portaient pas de gilet jaune. Deux êtres qui ne menaçaient rien ni personne. Deux victimes collatérales d’une stratégie de la terreur : une octogénaire qui fermait ses volets lors d’une manifestation contre l’habitat indigne ; un jeune homme de 24 ans qui fêtait la musique au bord de la Loire.

 

Dans les deux cas, le gouvernement et la police ne peuvent même pas faire valoir leur habituelle rhétorique sur la violence et la légitime défense. Ni même une présence injustifiée lors d'une manifestation, puisque tel fut le reproche fait par Emmanuel Macron à la Niçoise Geneviève Legay : elle aurait dû rester chez elle.

Ce n'est pas grave : la police n’a jamais tort dans ce pays. Jamais. Les violences policières n’existent pas. Ce qui autorise le ministre de l’intérieur à remettre des médailles aux policiers suspectés des pires sévices sur des manifestants.

On connaissait la maxime économique libérale du « Laissez faire, laissez passer ». On découvre la doctrine sécuritaire : « Laissez faire, laissez tirer. »

Car pour Zineb Redouane comme pour Steve Maia Caniço, même en cherchant bien, même avec toute la mauvaise foi du monde, il n’y a pas d’argument qui puisse justifier de telles tragédies.

Les circonstances et le profil des disparus n’auront pourtant pas suffi à susciter un mot de compassion de la part du président de la République (il s'est simplement dit « préoccupé » samedi 20 juillet), une visite d’un ministre à une famille, un regret d’un quelconque porte-parole.

Le tout dans la lignée du silence et du déni absolu qui accompagnent depuis des mois les 24 gilets jaunes éborgnés, les 315 blessés à la tête, les 5 mains arrachées (selon le décompte de David Dufresne).

Tous ces manifestants, parfois simples passants, n’ont certes pas perdu la vie. Mais nombre d’entre eux en ont perdu le sens et le goût.

Chaque année, il y a des morts en France à la suite d’interventions policières – 15 en 2018, selon le rapport annuel de l’IGPN paru la semaine dernière. Mais en matière de maintien de l’ordre, quand il s’agissait de répondre à des mouvements sociaux ou à des mobilisations organisées, la doctrine était claire depuis des années : éviter à tout prix qu’il y ait la moindre victime.

Quelques mois auront donc suffi à la rendre caduque. Après la disparition de Steve Maia Caniço, le ministère de l’intérieur avait bien annoncé l’ouverture d’une enquête par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale). Mais depuis des mois, l’IGPN ouvre des enquêtes, comme d’autres créent des commissions. Pour mieux enterrer les problèmes.

L’IGPN ne se donne d’ailleurs même pas la peine de faire semblant. Pour sa cheffe, Brigitte Jullien, qui « réfute le terme de violences policières », s’il n’y a pas de policier suspendu à ce jour, c’est « parce qu’aucune enquête n’a permis de conclure que la responsabilité d’un policier était engagée à titre individuel ».

Ce serait donc un hasard si le 21 juin, à Nantes, une dizaine de grenades de désencerclement, une trentaine de grenades lacrymogènes et une dizaine de balles de LBD ont été tirées en pleine nuit sur des jeunes qui avaient eu le tort de danser une demi-heure de trop. La faute à pas de chance si quatorze fêtards sont tombés à l’eau.

Chose rare, même un syndicat de police, SGP-FO, a pourtant dénoncé « une faute grave de discernement, un ordre aberrant, mettant d’abord nos collègues en danger, et les usagers ».

Un mois plus tard, le commissaire n’a pourtant pas été suspendu, ni aucun de ses hommes. Aucune enquête n'a été confiée à l'Inspection générale de l’administration, laissant le préfet des Pays de la Loire hors d'atteinte.

Comme si cette folie policière ne pouvait pas être condamnée, ni même soupçonnée. Comme si l’escalade dans l’usage des armes ne pouvait être interrogée.

Zineb Redouane, elle, est morte, le 2 décembre 2018. Après plus de six mois d’enquête, le policier qui a tiré la grenade lacrymogène n’a toujours pas été identifié. Les CRS à l’origine des tirs ne se souviennent de rien. Confrontés aux images de vidéosurveillance, ils ne reconnaissent pas le tireur, arguant de la mauvaise qualité de l’image. Quant au capitaine de la compagnie de CRS  présent sur place le jour du drame, il a refusé de fournir à l’IGPN pour examen balistique, les cinq lanceurs de grenades lacrymogène.

Que dit la justice ?

Le procureur de Marseille a commencé par insister sur les antécédents médicaux de Zineb Redouane plutôt que sur le traumatisme causé par le tir. Au lendemain de sa mort, il était allé jusqu’à déclarer que le « choc facial n’était pas la cause du décès ». Ribes, le procureur chargé du début de l’enquête sur la mort de Redouane, était même aux côtés des forces de l’ordre lors du drame. Mais n'avait pas jugé utile d'en avertir ni les enquêteurs ni la juge d'instruction marseillaise.

De même, alors que partout en France, des manifestants sont condamnés à toute vitesse à des peines sévères pour des motifs insensés, à Nice, dans l’affaire Legay, le procureur a tout fait pour protéger le commissaire Souchi, responsable de la charge disproportionnée.

Il n’y a plus de règles, plus de limites. Plusieurs dizaines de manifestants écologistes et pacifistes ont ainsi été gazés à bout portant et violemment évacués par des CRS pont de Sully, à Paris. L'usage de gaz a été si massif que même le commandant des CRS a perdu connaissance.

Mais pourquoi se gêner quand l’exemple vient d’en haut ? Emmanuel Macron, prenant le relais de Christophe Castaner, a lui-même imploré : « Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un État de droit. »

Qu’est-ce qui est inacceptable dans un État de droit ?

Bien sûr, ces violences et ces drames existent dans des quartiers populaires depuis des années. Mais si certains médias tentent de le documenter, la plupart du temps, ces sévices et ces brutalités se font à l’abri des regards indiscrets.

Or depuis quelques mois, grâce à d’innombrables vidéos, l’injustice se matérialise aux yeux de tous : il faut être aveugle pour avoir raté ces manifestants visés en pleine tête alors qu’ils sont de dos ou les mains en l’air, tandis que d’autres sont matraqués et massacrés sans raison.

Alors, quand des procureurs, des ministres, et même le président de la République cautionnent l’ensemble des exactions commises par les policiers. Quand même l’homicide d’une personne âgée devient une violence légitimée. Quand les plus hautes autorités choisissent de continuer à armer les policiers avec des LBD en dépit des condamnations de l’ONU. Et quand – il faut bien le dire – tout cela se fait sans engendrer de grandes vagues de protestations. Alors, le drame devient inéluctable. Zineb et Steve risquent de n’être que les premiers.

 

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4 août 2019 7 04 /08 /août /2019 05:22

 

Flux tendu et sous-traitance en cascade, la stratégie financière des laboratoires entraîne des accidents de production et de distribution.

La tribune est signée de 26 médecins et professeurs. Publiée en plein cœur de l’été dans les colonnes du JDD, elle tire la sonnette d’alarme sur la pénurie de médicaments qui guette dans les hôpitaux : « 868 signalements de tensions ou de ruptures d’approvisionnement » recensés en 2018, « vingt fois plus » qu’il y a dix ans, s’inquiètent les signataires. Une situation alarmante qui fait écho à la crise sociale inédite que traverse le secteur hospitalier, et qui assombrit encore le quotidien de l’hôpital public.

Sur le banc des accusés, les laboratoires pharmaceutiques, coupables, par obsession du profit, d’organiser la pénurie. « L’approche financière des laboratoires est une cause majeure de ces ruptures de stock », affirme Thierry Bodin, coordinateur CGT chez Sanofi. « La recherche de la rentabilité maximale, et donc de la baisse des coûts, pousse les entreprises à fonctionner à flux tendu », poursuit le syndicaliste. Une politique du zéro stock qui ne permet pas aux laboratoires d’absorber la moindre secousse dans la chaîne de production. Par ailleurs, « la sous-traitance de la production des principes actifs, particulièrement en Chine et en Inde, entraîne mécaniquement des incertitudes sur les livraisons et peut créer des situations de rupture », note Thierry Bodin, qui indique que « 80 % des principes actifs d’origine chimique » sont aujourd’hui importés d’Asie. Idem pour la fabrication des produits finis (enrobage notamment). Massivement externalisée en France et à l’étranger, elle est à la charge d’entreprises prestataires, « qui elles aussi courent après la rentabilité ». Résultat, « la maintenance des sites de production laisse à désirer et, sur les 120 usines françaises sous-traitantes, les problèmes sanitaires sont récurrents ». Les lots fabriqués non conformes sont rejetés par les autorités de contrôle et détruits, aggravant ainsi la menace de rupture et de pénurie.

Enfin, les grossistes répartiteurs ont également leur part de responsabilité. Intermédiaires dans la distribution aux officines et aux hôpitaux, ils n’hésitent pas, en jouant sur les prix, à écouler les stocks à l’étranger plutôt qu’en France, quand le marché y est plus favorable. Dans leur tribune, les médecins, excédés, demandent que soit imposée aux laboratoires la constitution de stocks pour les remèdes cruciaux. Reste que la stratégie à l’œuvre s’avère payante pour les mastodontes de l’industrie pharmaceutique. « Chez Sanofi, conclut Thierry Bodin, les actionnaires ont vu leurs dividendes augmenter pour la 25e année consécutive. »

Marion d’Allard

 

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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 09:56
Mort de  Steve Maia Caniço: communiqué des sénateurs communistes, républicains, citoyens, écologistes (31 juillet 2019)

Les Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes souhaitent assurer les proches de Steve Maia Caniço de toute leur sympathie et tout leur soutien.

♦️Les Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes exigent que le gouvernement, et en premier lieu le Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, prennent leurs responsabilités et que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès de Steve.

♦️Les Sénateurs Communistes Républicains Citoyens et Écologistes réitèrent leur volonté de voir s’ouvrir un cycle de réforme des doctrines de maintien de l’ordre en France.

MORT DE STEVE MAIA CANIÇO : LE GOUVERNEMENT S’ENFERME DANS UNE DÉFENSE INTENABLE

Le 21 juin à Nantes, suite à une intervention policière, Steve Maia Caniço a disparu après une chute dans la Loire. Cinq semaines après sa disparition, son corps sans vie de Steve Maia Caniço a été repêché, le même jour où le rapport d’enquête de l’IGPN est rendu public.

Le gouvernement faisait face à un choix simple : prendre la mesure du drame ou s’enfermer dans une défense intenable des forces de l’ordre, mais surtout des donneuses et donneurs d’ordre, au premier rang desquels le ministre de l’Intérieur. C’est cette seconde option qui a été retenue et défendue par le Premier ministre Édouard Philippe et Christophe Castaner dans une conférence de presse du 30 juillet.

Cette décision, en toute logique, entraîne incompréhension et colère de la part de toutes celles et tous ceux qui, depuis des années, constatent le développement d’une doctrine toute répressive et la progression d’un sentiment d’impunité au sein des forces de l’ordre. L’incapacité de l’IPGN, après cinq semaines d’enquête, à dire exactement ce qui s’est passé Quai Wilson le 21 juin dernier relève au mieux d’une inadaptation de ses moyens, au pire d’une volonté de dissimulation.

Les parlementaires du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste souhaitent assurer les proches de Steve Maia Caniço de toute leur sympathie et tout leur soutien.

Les parlementaires du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste exigent que le gouvernement, et en premier lieu le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, prenne leurs responsabilités et que toute la lumière soit faite sur les circonstances du décès de Steve.

Les parlementaires du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste réitèrent leur volonté de voir s’ouvrir un cycle de réforme des doctrines de maintien de l’ordre en France.

 

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3 août 2019 6 03 /08 /août /2019 05:30

 

L’exemple d’une candidate PDG à la Française des jeux (FDJ) -  Eric Bocquet  -  12 juillet 2019

Qu’est-ce que c’est que ce machin ? Le mot apparaît souvent dans le débat public depuis quelques années. Bizarrement, je ne sais pas pourquoi, le mot oligarque est associé à l’adjectif « russe », propriétaire de yachts somptueux ou encore de clubs de football très prestigieux.

Consultation d’un dictionnaire de la langue française, le Robert pour ne pas le nommer, selon cette étrange formule de notre belle langue de Molière, voici comment est défini le terme, oligarchie : « régime politique dans lequel la souveraineté appartient à un petit groupe de personnes, à quelques familles, à une classe restreinte et privilégiée. Par analogie : élite puissante, par exemple une oligarchie d’hommes d’affaires, de hauts fonctionnaires ». Fin de la définition.

Eh bien, cette situation nous l’avons touchée du doigt à l’occasion de la réunion de la commission des finances du Sénat la semaine dernière. Il y avait, ce mercredi-là, au menu, l’audition de la candidate aux fonctions de PDG de la FDJ, la Française des Jeux.

La personne en question s’appelle Madame Stéphane Pallez (oui une dame), PDG sortante reconduite sur proposition de Jupiter en son palais de l’Elysée. Comme la procédure est « démocratique », les deux commissions des finances du Parlement auditionnent l’intéressée et émettent un vote. L’on nous communique son CV, il est édifiant.

Sortie de l’ENA en 1984, Madame Pallez a occupé 28 fonctions jusqu’à aujourd’hui. Haut fonctionnaire de Bercy, finances, budget pour la partie publique… passage à France Telecom, CNP assurances, Crédit Agricole, administratrice pour l’Etat de GDF-Suez devenue Engie en 2015.

Le même CV indique, en préambule, ceci : « Fille de M. Gabriel Pallez, Inspecteur général des Finances Publiques et Président d’honneur du Crédit Commercial de France (je viens de comprendre enfin le sens du « en même temps » macronien), sœur de M. Christophe Pallez, Secrétaire général de la Questure de l’Assemblée Nationale, et enfin, mariée à François Auque, Cour des Comptes et Président de François Auque Consulting »… Du beau linge à l’évidence ! Un cas d’école qui devrait passionner nos amis sociologues Monique et Michel Pinçon-Charlot.

Mais au bout de l’audition, après une petite recherche sur Internet, on comprend les raisons du choix présidentiel, Madame Pallez a piloté, en son temps, les privatisations de Air France, Thomson et le GAN. C’est bien pour ses compétences qu’elle a été choisie.

Décidément, ce nouveau monde jupitérien fleure tellement bon l’Ancien Régime… Ce n’est plus du Macron, c’est du Bourbon. Pour notre part, nous n’avons pas pris part au vote.

 

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