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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 09:17
Intronisation de Bolsonaro comme président du Brésil ou la sainte alliance des extrême-droites

"Aujourd'hui est un jour où le peuple commence à se libérer du socialisme et du politiquement correct», a déclaré le nouveau président Jaïr Bolsonero.  

Nous pensons aujourd'hui très fort au peuple brésilien qui est entré dans un cauchemar politique et une profonde régression vers les années noires des dictatures d'extrême-droite en Amérique du Sud.

Trump a félicité son homologue fasciste-populiste pour son discours. Victor Orban et Benjamin Netanyahou étaient aussi là réunis à Brasilia, sur l'Esplanade des Ministères conçue par Oscar Niemeyer (horreur!), autour du nouveau président raciste, homophobe, anti-démocrate Bolsonero.    

Ces mouvements qui portent le refus de la démocratie, de l'universalisme, la valorisation de la loi du plus fort et de la suprématie blanche, masculine, et ethnique, et sociale, en eux, arrivent au pouvoir par voie démocratique avec l'aide des représentants du grand capital et de leurs médias. Comme l'avait écrit Bertolt BRECHT dans les années 1930 dans sa pièce "La Résistible ascension d'Arturo Ui" pour démystifier les nazis et leur montée au pouvoir:

«Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde !»

"C'est un projet fasciste" : ce que contient le programme de Jair Bolsonaro, le nouveau président du Brésil

https://www.francetvinfo.fr/monde/bresil/c-est-un-projet-fasciste-ce-que-contient-le-programme-de-jair-bolsonaro-favori-de-la-presidentielle-au-bresil_2999445.html

Bolsonaro: le fascisme en route vers le pouvoir au Brésil

 

Comment l’élection de Bolsonaro fut-elle possible ? Analyse par un dirigeant du Parti communiste brésilien

Par Mauro Luis Iasi, membre du Comité Central du Parti communiste brésilien (PCB)

Traduction MR pour Solidarité Internationale PCF

http://solidarite-internationale-pcf.fr


Le sujet occulte: au vainqueur les batates


Une question hante les esprits inquiets qui cherchent à comprendre le contexte dans lequel s’est déroulée l’élection de Bolsonaro : comment cela fut possible?

Une telle question est hautement compréhensible dès lors que des personnes sont guidées par la raison et le bon sens et qu’ils imaginent que les événements se déterminent par un certain caractère raisonnable. Malheureusement, l’histoire nous prouve que, dans la lutte des classes comme dans la guerre, la première victime est la raison.

Dans un documentaire réalisé par Errol Morris en 2003, intitulé The Fog of War (Brumes de guerre), l’ancien secrétaire américain à la Défense, McNamara, déclarait: « la rationalité ne nous sauvera pas ». Il est évident que toute personne sensée face aux alternatives présentées n'aurait pas choisi quelqu’un qui allie la non-préparation, la barbarie explicite et l’évidente idiotie comme le candidat en question. Or, il ne s’agit pas de choix motivés par la raison et, aussi pénible qu’en soit le constat, il ne s’agit pas non plus de personnes sensées.

A ce stade, la recherche de réponses se réfugie dans l'hypothèse d'une manipulation. Ainsi, nous aurions eu affaire à des personnes sensées, mais qui auraient été manipulés par un tissu de mensonges communément désignés par l’euphémisme Fake News. Ciro Gomes semble suivre cette voie interprétative en affirmant dans une interview récente qu’il ne pouvait pas croire que près de 60% de l’électorat soit fasciste. Je suis enclin à être d’accord, mais la question persiste : pourquoi cet électorat a-t-il été réceptif à la proposition du fascisme ?

D’autres recherchent un réconfort dans un raisonnement mathématique peu convaincant. L’électorat aurait été divisé en trois parties : une première partie a voté pour le candidat d’extrême droite (39% ou 57 millions), une deuxième pour Haddad (32% ou 47 millions) et une troisième a été formée par l’abstention, les votes blancs et nuls (29% ou 42 millions). La majorité n’aurait ainsi pas voté pour Bolsonaro (61% ou 89 millions), impliquant qu'elle ne l’appuierait pas.

Je crois que cet argument est faux pour plusieurs raisons. Premièrement, parce qu’il associe la majorité au bon sens ; ce qui n’est vrai d’aucune manière. Rousseau y croyait, mais personne n’a jamais pris cette espérance au sérieux. Deuxièmement, parce que cet argument mêle des éléments de nature différente (abstentions, votes blancs et nuls) comme s’ils étaient des votes opposés à l’extrême droite – ce que je ne crois pas qu’ils soient. Ce sont les expressions des gens qui n’ont pas voté, et c’est tout. Les personnes ne votent pas pour des raisons multiples et variées, allant de la possible erreur d’enregistrement, aux causalités fortuites, jusqu’au désenchantement – alliée ou non à une critique du système – vis-à-vis des élections. De quelque manière que ce soit, ce désenchantement a alimenté la candidature de Bolsonaro et des partisans d’alternatives à la gauche. Par ailleurs, il est plus probable que ces non-votes se soient distribuées statistiquement dans la même proportion que les votes exprimés. C'est-à-dire, environ 39% pour le candidat élu et 32% pour son adversaire.

Je crois que ce déplacement de la majorité électorale à droite et à l'extrême droite a une autre explication. Je soutiendrai ici qu'une piste pour comprendre les déterminations plus profondes de ce processus renvoie notre analyse à un "sujet occulte". Mais commençons par les sujets visibles. Il est clair que le spectre politique brésilien était divisé en segments de droite et d'extrême droite, de centre gauche, de centre, de gauche et d’extrême gauche. Ces segments étaient personnifiés : Alckmin, Meirelles et Amoedo (droite), Bolsonaro (extrême droite), Haddad et Ciro (centre gauche), Silva (centre ou centre droit, avec elle on ne sait jamais), Boulos (gauche), Vera (extrême gauche). Ne me demandez pas de placer sur cet échiquier politique un ancien pompier, gréviste, croyant, député enragé contre le péril communiste en Amérique Latine et contre les puissants, parce que franchement j’en suis bien incapable 1.

La question décisive d’un point de vue électoral est de déterminer la capacité de ces expressions politiques à mobiliser une adhésion massive. Procédons par élimination. Pour des raisons différentes, la droite, le centre et la gauche ne pouvaient pas mobiliser d’importants contingents. D’une part à cause de l’usure provoqué par le gouvernement Temer, de l'aggravation visible des conditions de vie et de l'insécurité; d’autre part, à cause de la longue période de conciliation de classe qui a ruiné la capacité de résistance et d’autonomie des travailleurs, limitant la possibilité d’un discours de gauche. Il ne restait, dans le contexte rude de la crise, qu' une possible polarisation entre l'extrême droite et le centre gauche, incarnée par les trois candidatures émergentes du premier tour (Bolsonaro, Haddad et Gomes). Avec des méthodes efficaces, et peu louables, le centre gauche bascula en faveur du candidat du PT et la polarisation électorale dans le pays trouva son point d'aboutissement: anti-pétisme contre pétisme (anti- Vs pro-PT).

Puisque la droite et l’extrême droite se sont unies tactiquement contre le pétisme, et puisqu'ils avaient bien manœuvré – depuis le coup d'État parlementaire, médiatique et institutionnel de 2016 – pour éliminer la plus grande chance de victoire du centre gauche (Lula), le jeu était déjà déséquilibré en faveur des conservateurs puis, à la suite de la faillite de l’alternative Alckmin (PSDB), en faveur des réactionnaires.

Le moteur principal de l’extrême droite a toujours été l’anti-pétisme. Je suis convaincu que la majorité de ceux qui étaient disposés à voter pour un fanfaron autoritaire et non préparé était d'abord convaincue qu'il était nécessaire d'empêcher le PT de retourner au pouvoir. Toutes nos mises en garde à propos du péril fasciste, de la recrudescence de la violence, de la régression démocratique, des propositions démentes en matière économique, du cynisme et de l'amoralité, des préjugés machistes, homophobes et racistes, n’ont pas fait la différence face à la priorité de se débarrasser du PT. Pour ajouter une touche d’ironie à ce scénario tragique, bon nombre de ceux qui ont bénéficié des politiques (très limitées) sociales et de soutien à la consommation populaire ont voté contre le PT.

De toute évidence, il y a eu également un élément de manipulation. En effet, ces élections ont aussi été le théâtre d'une offensive massive des médias, d'une action judiciaire donnant la priorité aux attaques contre les pétistes impliqués dans des affaires de corruption, de l'intense prédication morale d'un certain fondamentalisme religieux alliant positions peu progressistes et discours en défense de la famille et des bonnes mœurs. De la même manière, un tissu d'organisations puissantes et millionnaires ont répandu un libéralisme enragé d'extrême droite par l'intermédiaire de mouvements et de personnalités qui ont agi comme de véritables armes de guerre et de déstabilisation, comme les initiatives des frères milliardaires Charles et David Koch, de la très droitière John Birch Society, de l’organisation Students for Liberty ; en sus des traditionnelles ressources provenant des partis (PSDB, DEM, etc.) et des entrepreneurs.

Si l'on ajoute l'endoctrinement systématique opéré par un ensemble de milieux dits religieux, en vérité engagés dans des entreprises extrêmement rentables d'exploitation de la foi et de l'obscurantisme, nous avons une meilleure idée de l'immense capacité de manipulation des masses qui a pu se déployer.

Toutefois, même sans cette intense manipulation des masses, le PT aurait été vaincu. Pour beaucoup, c'est un mystère. Les gens devraient reconnaître ce qui a été affirmé comme le meilleur gouvernement de notre histoire, l'attention qu'il a porté à ceux qui vivent en dessous de la pauvreté absolue, la Bolsa Família 2, l'accès à l'université, l’augmentation du salaire minimum, les opportunités de consommation et de crédit, et tout cela en même temps que les entreprises, les industries agroalimentaires et les banques se soient largement enrichies, comme adore le rappeler l'ancien président.

Le pragmatisme pétiste, c’est vrai, a récolté les fruits de ses différents gouvernements. Ils ont été, comparativement, de « bons » gouvernants – ils ont été des gestionnaires bons et responsables, acceptant de travailler dans le respect des règles et des pratiques en vigueur (incluant, même si certains prétendent ne pas le savoir, des pratiques de corruption directe et indirecte). La surprise est compréhensible : pourquoi une expérience de gouvernement qui a abandonné toute perspective révolutionnaire et a accepté de s’en tenir aux limites de la bourgeoisie institutionnalisée a-t-elle été victime de tant de haine, de préjugés et de violence ?

Une partie de la reconnaissance des réalisations du PT a permis à ce dernier de survivre ; ceci est dû en partie dû à l'effet de contraste exercé par la catastrophe du gouvernement Temer, et en partie au charisme de son chef principal (Lula). Ajoutées aux quelques manœuvres, ceci a permis au PT de placer son candidat au second tour ; mais cela ne suffisait pas pour équilibrer ou à renverser le jeu contre l'extrême droite. La balance électorale ne s’est ré-équilibrée que parce que le PT a rejoint l’antifascisme, dans une alliance largement hétérogène – alliant toute la gauche (y compris l’extrême gauche), incluant des segments intermédiaires progressistes et désillusionnés par le PT, jusqu’à certains segments du centre droit et de la droite, comme ce fut le cas de Marina (Silva) et de quelques figures du PSDB lui-même

Jusque là, nous n’avons procédé qu’à la description du déplacement des segments et à leur polarisation entre l’extrême droite et le centre gauche. Une question demeure sans réponse : pourquoi la classe ouvrière n’a pas volé au secours du gouvernement PT, dans un premier temps, puis volé au secours de la démocratie contre le fascisme ? Ou, au moins, pourquoi ne l’a-t-elle pas fait avec la dimension et la force dont elle était capable ?

C’est ici qu’apparaît notre sujet occulte : la classe ouvrière. Vous vous rappelez d’elle ? Celle qui aurait cessé d’exister dans les sociétés dites « post-industrielles », dans une société dite de la « fin du travail » ; celle dont l’identité de classe s’est amenuisée au cours du temps et dont la centralité dans la lutte politique s’est diluée à la faveur de l'émergence de « nouveaux sujets » et de « nouvelles formes de lutte »… Et bien c’est ce sujet, que plus personne ne voyait, qui avait cessé d’exister et d’être important dans les conflits politiques, qui a décidé du sort des élections en faveur du fascisme.

Depuis quelque temps, certaines voix dissonantes ont mis en avant que la classe ouvrière a subi un processus de changement de forme due à une nouvelle configuration du monde du travail. Elle aurait pris une nouvelle forme, certes, mais continuerait non seulement d’exister mais également d’occuper un rôle central dans la configuration contemporaine du mode de production capitaliste. Je ne veux pas être injuste ici en omettant de citer les contributions essentielles dans cette direction. Aussi il faut mentionner l’œuvre constante de Ricardo Antunes, ainsi que les contributions précieuses de Ruy Braga, Giovanni Alves, Edvânia Lourenço, Maria Orlanda Pinassi, Marilda Iamamoto – pour ne citer que quelques-unes des personnes qui ont combattu l’idéologie de la "fin du monde du travail".

Je voudrais ajouter ici ma modeste contribution à la question de la configuration de la classe et de la conscience de classe. Depuis longtemps, nous avons prévenu que le changement de morphologie de la classe ouvrière, en plus de ne pas modifier son rôle central dans l'ordre capitaliste contemporain (en accord avec les auteurs mentionnés ci-dessus), pouvait générer des changements importants concernant la conscience de classe.

En bref, nous savons qu’il n’existe aucune correspondance mécanique entre la classe en la classe pour soi, de telle sorte que les travailleurs – de par la position qu’ils occupent dans les relations sociales – peuvent ne pas acquérir une conscience correspondante. Les travailleurs, dans la forme immédiate de leur manifestation, ne sont que des individus insérés dans la division sociale du travail et la concurrence, ne se présentant les uns aux autres qu'en tant que concurrents. Sous cette forme immédiate, ils incarnent ce que Sartre appelle "la sérialité". C’est-à-dire qu’ils sont dans le même espace, font la même chose, mais ne se comportent pas en tant que groupe ou forme plus organique d’unité politique. C’est dans lutte contre les contradictions de l’ordre capitaliste, d’abord de manière isolée et occasionnelle, ensuite de manière plus systématique, que ces individus trouvent des points de fusion qui peuvent les conduire à la condition de classe, d’abord par simple opposition aux capitalistes (comme classe en soi), puis, sous certaines conditions, comme possibilité de se constituer en sujets d’un projet historique contre et au-delà du capital (classe pour soi).

Comme nous le voyons, pour la théorie marxiste, la classe et la conscience s’insèrent dans un mouvement de construction et de déconstruction continues, déterminé par la lutte des classes, comme l’a bien saisi E. P. Thompson. Maintenant, lorsque nous analysons le mouvement de la classe ouvrière depuis la crise de l'autocratie bourgeoise des années 1970 à aujourd’hui, nous voyons clairement un processus au sein duquel la fusion de classe et le passage à une classe en soi sont devenus possibles dans les années 1980. Puis ce mouvement s’est interrompu par la suite, laissant place au processus de déconstruction de la classe ouvrière en tant que classe, culminant pendant la période de conciliation de classe des gouvernements pétistes (PT), pour finalement marquer un retour à la sérialité dans la période récente.

Si nous ajoutons à cela les transformations du monde du travail, nous comprenons la base matérielle qui, en plus des déviations politiques, a jeté la classe ouvrière dans un moment brutal, et nouveau, de sérialité. Ce qui nous intéresse maintenant est de comprendre comment cela s'est traduit dans un comportement politique particulier. Pour ce faire, il faut renvoyer notre analyse à un passage du célèbre 18 brumaire de Louis Napoléon Bonaparte, dans lequel Marx analyse les paysans et tente de répondre à la question de savoir quelle était la base populaire du coup d'État de Napoléon III.

En bref, Marx affirme que les paysans, du fait de leur position dans les relations sociales et confronté aux formes existantes de propriété, constituaient un certain regroupement de classe sans toutefois constituer une classe à proprement parler. En vivant d’une même manière, en partageant une culture particulière et en exprimant certains intérêts, ils formaient une classe; mais ils ne formaient pas une communauté plus large que celle de leurs intérêts et situations immédiates, ils ne formaient pas une quelconque union nationale et, surtout, ils ne pouvaient pas se représenter eux-mêmes mais devaient être représentés. Pour cette raison, ils n’étaient pas encore une classe, de la même façon que des pommes de terres amassées dans un sac ne constituent rien d'autre qu’un sac de pommes de terre, selon la métaphore de Marx.

Beaucoup de gens considèrent qu'il ne s'agissait là que d’un préjugé de Marx envers les paysans. Mais, à mon avis, cette observation n'est pas uniquement valable pour décrire les conditions objectives de la paysannerie en France à cette époque, mais peut également servir à décrire n'importe quelle classe en processus de formation – y compris le prolétariat urbain ; mais, plus encore, il convient parfaitement à la sérialité que nous sommes en train de décrire.

Les travailleurs étaient fragmentés: les liens qui les unissaient se sont brisés, ils se sont dispersés géographiquement, ils ont été défaits politiquement (trahis, en partie), et ils se sont sérialisés. Mais, même fragmentés, invisibles et méprisés, ils continuaient d’exister et d’être responsables de la production et de la distribution de tout ce qui était nécessaire à l'existence, qu'il s'agisse des produits, des services, de la maintenance ou de tout ce qui fait la matérialité d'une économie entièrement tournée vers le capital. Une fois brisées dans leur unité politique de classe, ils se sont tournés vers d'autres formes d'appartenance et de regroupement au sein desquelles ils ont pu exprimer leurs intérêts immédiats et les éléments constitutifs de leur culture.

Dans le cas présent, ce qui les a unit fut la haine. Ce n’était pas tant la haine du PT, mais un profond mécontentement face à la vie, à la violence quotidienne issue de la criminalité, aux conditions de logement ; la haine d’une société hypocrite qui valorise la méritocratie et supprime les conditions pour que se développent leurs potentialités, une haine contre une bande de suceurs de sang qui contrôle les institutions du gouvernement pour piller les ressources et s’enrichir illicitement, une haine contre une démocratie représentative qui ne représente personne d'autre que ceux qui s'en sont appropriés les instruments afin de garantir leurs privilèges, avec des juges qui se parent des attributs du droit pour être injustes, contre l’inégalité criarde, contre l'opulence de quelques-uns qui sont toujours les pires... En fin de compte, c’est un ressentiment et une haine contre un monde qui les méprise.

Le centre gauche n’a vu dans cette haine qu’un recours électoral, comme lorsqu’il a tenté de s’en prévaloir lors du second tour entre Dilma et Aetius en 2014, pour retourner au discours pragmatique de gouvernement d’alliance avec les bourreaux après les élections. Le fait est que cette force fut tant méprisée qu’elle n’a pas pu donner lieu à une conscience de classe, anticapitaliste et socialiste.

La droite s’est alors chargée de donner forme à cette haine en lui mettant le masque de son adversaire. Le PT est devenu le responsable de la crise, des files d'attente pour des soins de santé, de la précarité de l'éducation, de la corruption, de la crise du modèle familial, de l'explosion d'une sexualité démesurée, des femmes qui élèvent la voix et pointent du doigt celui qui les opprime, des Indiens (mon dieu, il y a encore des Indiens dans ce pays) qui réclament des terres si bien exploitées par l’industrie minière, forestière et agroalimentaire. Le message de l'extrême droite rencontra ainsi la haine d'une bonne partie des travailleurs et a fini par les représenter: cette démocratie est une farce (on peut dissoudre le Congrès et la Cour suprême !), cet État est un puits dans fond d’emplois inutiles, il faut tout privatiser, la police doit tirer pour tuer, il faut se débarrasser des idéologues dans les écoles, abattre les gays, les noirs, les indiens, les féministes, les pétistes, les communistes ...

Cette haine et cet énorme ressentiment ne sont pas nés des travailleurs, comme il est possible de le percevoir. Il est venu de l'extérieur, faisant passer en contrebande des revendications aux ouvriers qui n'étaient pas les leurs et qu'ils doivent craindre. Pourquoi un travailleur devrait-il se préoccuper d'une plus ou moins grande présence de l'État dans l'économie, défendre les privatisations, ou détruire sa possibilité de prendre sa retraite un jour? Ce ressentiment provient des classes moyennes, qui rumine la haine depuis tant d'années. L'extrême droite, qui comme toujours provient des classes moyennes et de la petite bourgeoisie, a réussi ce coup de force de faire sienne sa haine et son ressentiment aux travailleurs sa haine pour donner une base populaire à son projet réactionnaire.

La phrase marxiste citée ci-dessus est la clé du problème: ils ne pouvaient pas se représenter eux-mêmes, ils devaient être représentés. L'impossibilité de pouvoir se représenter en tant que classe les a conduit à chercher l'unité en dehors d'eux-mêmes, dans un contexte de crise et d'intensification de la lutte de classe, dans une figure salvatrice, supposément supérieure aux intérêts de la lutte, recouvrant et personnifiant l'image abstraite de Nation et d'Ordre: Louis Napoléon Bonaparte en France, Getúlio Vargas dans les années 1930, Perón en Argentine, ou dans d'autres situations plus aiguës dans lesquelles d'autres déterminants ont joué, Mussolini en Italie, Hitler en Allemagne... Plus récemment, Trump aux États-Unis, et maintenant Bolsonaro au Brésil.

La guerre, comme la lutte des classes, n'est pas rationnelle. Comme le disait Weber, il s'agit d'une manipulation de passions irrationnelles à des fins calculées rationnellement. Machado de Assis, dans son magistral Quincas Borba, donnait l'exemple d'une dispute entre deux tribus pour un champ de pommes de terre qui ne pouvait pas être divisé, car s'il l'était, les des deux camps finirait par mourir de faim. Pour cette raison, concluait l'auteur, il est compréhensible que des personnes censées célèbrent une victoire qui a coûté l’assassinat de leurs adversaires, « pour le motif que l’homme ne célèbre et n’aime que ce qui lui est agréable ou avantageux, et pour la raison rationnelle que personne canonise une action qui la détruit virtuellement. Pour le vaincu, la haine ou la compassion; pour le gagnant, les pommes de terre. »

Dans ce triste contexte, je ne crois pas à la compassion. Ceux qui ont gagné les élections furent bien les pommes de terre.

1 Cabo Daciolo, une curiosité de ces élections.

2 La Bolsa familila est une aide financière à destination des plus pauvres.

 

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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 09:01
Soutien à la grève de la faim des militant-e-s kurdes: l'Europe et la France doivent s'engager pour stopper la politique fasciste d'Erdogan!
Soutien à la grève de la faim des militant-e-s kurdes: l'Europe et la France doivent s'engager pour stopper la politique fasciste d'Erdogan!
En France, des centaines de militantes et militants kurdes ont entamé depuis 55 jours déjà une grève de la faim dans le cadre d’un mouvement international pour la libération d’Abdullah Öcalan, le leader kurde emprisonné depuis 1999 et à l’isolement total depuis deux ans et demi, et de sensibilisation à l'oppression des Kurdes de Turquie comme aux menaces d'agression par Erdogan du Rojava syrien.  
Le site Kedistan le rappelle: "Depuis l’annonce tonitruante du retrait des troupes américaines (autour de 2000 hommes) qui étaient présentes en Syrie et alentours, l’ensemble des médias de par le monde parle des Kurdes. Quasi aucun ne rappelle qu’il ne s’agit pas seulement d’une trahison “morale” à l’encontre des vrais vainqueurs de Daech, aujourd’hui très affaibli mais toujours en capacité de nuire, mais bien davantage d’une pression impérialiste à l’encontre du projet politique démocratique en processus en Syrie Nord, refusé en vue d’hypothétiques partages d’influences et de pouvoir sur cette partie du Moyen Orient".
Ce mouvement de grève de la faim a commencé le 8 novembre en Turquie avec la députée du HDP Leyla Güven depuis la prison de Diyarbakir. Cela fait 40 jours.

« Abdullah Öcalan a un rôle important à jouer pour assurer la paix sociale en Turquie et le régime d’isolement qui lui est imposé est en réalité imposé à l’ensemble du peuple » a déclaré Leyla Güven, députée HDP de Hakkari, coprésidente du Congrès de la Société démocratique (DTK), ex co-maire de Viranşehir et membre du Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe (CPLRE).

En grève de la faim depuis le 8 novembre à la prison de Diyarbakir, elle a suscité un mouvement de solidarité au Kurdistan et en Turquie, mais aussi en Europe et dans le reste du monde. Des grèves de la faim sont actuellement menées dans les prisons de Turquie et dans des villes comme Urfa, Van, Mardin, Mersin, Adana, La solidarité se répand également au Rojava, en Europe et en France.
Amara, la Maison du Peuple kurde de Rennes, accueille les grévistes de la faim

Le 27 novembre, 10.000 prisonniers politiques de Turquie ont suivi ce mouvement qui s’étend aujourd’hui à l’ensemble de l’Europe et aux grandes villes françaises.

Les revendications des Kurdes que nous soutenons sont claires : le régime carcéral imposé au leader kurde, Abdullah Öcalan (le « Nelson Mandela kurde »), emprisonné depuis bientôt 20 ans est intolérable et il est urgent d’exiger du Comité de prévention de la torture du Conseil de l’Europe qu’il se saisisse de cette question malgré les obstacles que ne manque pas de dresser la Turquie, en tant que membre de ce même Conseil de l’Europe.

« Détruire le fascisme » écrivent aussi les Kurdes : ils dénoncent un pays, la Turquie, qui n’est plus un État de droit. Le président dictateur enferme tout opposant.

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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 08:23

 

Incarnation du capitalisme mondialisé et de la casse sociale, E. macron n'a pourtant pas hésité lors de ses vœux à dénoncer un «capitalisme ultralibéral et financier qui va vers sa fin» en même temps qu'il annonçait ne pas bouger d'un iota sur les réformes qu'il souhaitait mener à bout en 2019 : celle de l'assurance-chômage « pour inciter davantage à reprendre le travail », celle de la fonction publique « pour la rendre plus efficace », et enfin celle du système de retraite.

Le temps de la (fausse ?) contrition est terminé. Emmanuel Macron est apparu debout, conquérant, déroulant un discours mêlant défense de sa politique, s'autocongatulant quant aux réformes de la SNCF et du code du travail et annonçant la poursuite de la réduction des dépenses publiques, fermeté face à la "violence"...

"Nous avons vécu de grands déchirements et une colère a éclaté, qui venait de loin", a reconnu Emmanuel Macron, sans jamais citer le nom des "gilets jaunes". Et le chef de l'Etat de citer les différentes formes de cette colère : "Colère contre les injustices, contre le cours d'une mondialisation parfois incompréhensible, colère contre un système administratif devenu trop complexe et manquant de bienveillance, colère aussi contre des changements profonds qui interrogent notre société sur son identité et son sens". 

Mais au lieu d'un infléchissement de sa politique pour répondre à cette colère, le président français a poursuivi en annonçant  sa fermeté concernant les débordements et les heurts qui ont eu cours ces dernières semaines. Prétextantque  "nous vivons libres dans notre pays" et que "cette liberté" requiert un "ordre républicain" qui "sera assuré sans complaisance", il a ciblé ceux qui "prennent pour prétexte de parler au nom du peuple" mais qui ne sont "que les porte-voix d'une foule haineuse" et qui "s'en prennent aux élus, aux forces de l'ordre, aux journalistes, aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels". Par sûr que ceux qui manifestent depuis des semaines pour pouvoir boucler leur fin de mois apprécient.

Le président de la République n'entend pas changer de ligne. Face aux "bouleversements" qui traversent le monde, la France a "une place, un rôle à jouer, une vision à proposer"a-t-il affirmé, promettant de "remettre l'homme au cœur du projet contemporain : c'est la ligne que je trace depuis le premier jour de mon mandat et que j'entends poursuivre". On se pince !

 

Sur le plan international, à cinq mois des élections européennes, le chef de l'Etat a une nouvelle fois livré un plaidoyer en faveur d'une refonte de l'Europe à l'heure où "montent les partis extrémistes" et les "égoïsmes nationaux". Quelques heure plus tôt, dans un tweet de l'association SOS Méditerranée écrivait " Alors que les 310 personnes à bord de l' #OpenArms a enfin atteint Espagne, les 33 survivants à bord de l' #SeaWatch3 ont été laissés en mer pendant 7 jours maintenant, en hiver, sans une solution de débarquement. Les États de l'UE doivent respecter les conventions maritimes et convenir d'urgence d'un lieu de sécurité"

 

A la fin de son discours, Emmanuel Macron a assuré qu'il était "au travail, fier de notre pays, fier de tous les Français, déterminé à mener tous les combats présents et à venir". "Je crois en nous", a-t-il conclu. Au regard de sa cote de popularité, ce n'ets plus le cas des Français !

D'ailleurs hormis pour ses fidèles supporters, la classe politique française dénonce un discours de Tartuffe :

"On ne sait pas pourquoi mais tout ce qu'il dit tombe à plat. Et quand on comprend, on préférerait ne pas avoir entendu. Quel lunaire donneur de leçons", n'a pas hésité à lancer Jean-Luc Mélenchon, sur Twitter. Avant d'ajouter : "Le président des riches a fait son rideau de fumée. Le partage des richesses, t'as compris Monsieur Macron ?

Chez Les Républicains, on regrette qu'Emmanuel Macron ait décidé de réciter "un texte sans émotion, sans conviction et si loin de la réalité des Français. Un clip de campagne plus que la parole d'un homme d'État", écrit la porte-parole du parti Laurence Sailliet.

 

Les critiques fusent également à gauche, au PCF notamment, où le secrétaire national Fabien Roussel estime que, dans son allocution, Emmanuel Macron est apparu comme "un président moralisateur qui va poursuivre ses réformes sans tenir compte des colères, des attentes de ceux qui aspirent tout simplement à vivre mieux".

 

Boris Vallaud, porte-parole du Parti Socialiste ironise : "Débattons tous ensemble de la ligne que j'ai décidé tout seul de ne pas changer".

Eugénie Barbezat

 

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2 janvier 2019 3 02 /01 /janvier /2019 08:21

 

Le décret fixant les conditions de transfert des cheminots en cas de perte d’un marché par la SNCF a été publié au Journal officiel. La CGT craint des « licenciements massifs ».

Il est l’une des traductions de la réforme ferroviaire promulguée le 27 juin dernier. Le décret « relatif au transfert des contrats de travail des salariés en cas de changement d’attributaire d’un contrat de service public de transport ferroviaire de voyageurs » a été publié jeudi dernier au Journal officiel (JO) et il confirme les menaces qui pèsent sur les cheminots de la SNCF. Et la CGT, qui avait lancé l’alerte durant des mois, craint désormais « des licenciements massifs ». Alors que le pacte ferroviaire porté par le gouvernement achève la libéralisation du secteur, la question des conditions de transfert des cheminots en cas de captation du marché par un opérateur privé concurrent était l’un des points saillants de la mobilisation cheminote du printemps dernier. « Avec la sortie de ce décret, nous avons la vérité des prix. C’est soit le privé, soit la porte ! » dénonce la CGT cheminots de Montauban dans un communiqué. Dans le détail, le texte prévoit en effet deux cas de figure en cas de transfert au privé. D’un côté celui des cheminots affectés à plus de 50 % de leur activité à une entreprise concurrente. Pour eux, l’acceptation du transfert est obligatoire sous peine de licenciement. Car « pour le salarié affecté à plus de 50 % au service transféré ayant expressément refusé le transfert de son contrat de travail, le cédant convoque ce dernier à un entretien d’information préalable de rupture de contrat de travail, dans un délai d’un mois à compter de son refus », note noir sur blanc le décret.

« La pseudo-négociation s’est faite au détriment des agents »

L’autre cas de figure concerne les cheminots affectés à moins de 50 % de leur activité à une entreprise privée concurrente. En cas de refus de transfert, il devra leur être proposé une offre de reclassement « située dans la même région ou, à défaut, sur le territoire national », explique la CGT. Si le salarié refuse l’offre de reclassement, alors, « le cédant convoque ce dernier à un entretien individuel préalable de rupture de contrat de travail », précise à nouveau le décret. En somme, « avec ce décret, le gouvernement ouvre la porte à des licenciements massifs », s’indigne le syndicat, y voyant la « fin du service public ferroviaire », des « emplois » et du « statut » de cheminot.

Pour ce qui est des salariés concernés par le transfert, le décret précise qu’il s’agit des emplois directement liés à la production, conduite, agents à bord, service en gare, mais également « maintenance courante du matériel roulant ». Et pour ceux qui accepteraient le transfert, le décret fixe enfin « le maintien du niveau de leur rémunération nette de cotisations salariales ».

Après l’échec, il y a quelques jours, des négociations entre le patronat de la branche (l’Union des transports publics et ferroviaires – UTP) et les organisations syndicales – seule l’Unsa ferroviaire ayant signé le protocole d’accord –, le gouvernement a donc publié ce décret dit « supplétif ». Il va à l’encontre du volontariat total en cas de transfert, exigé par la CGT et SUD rail. « La pseudo-négociation menée par l’UTP s’est faite au détriment des agents. Elle protège les employeurs en cas de licenciement des cheminots », a ainsi dénoncé Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots. Le syndicat majoritaire entend poursuivre la bataille contre la mise en application de cette réforme, qui non seulement offre le service public ferroviaire aux appétits des entreprises privées, mais prévoit également la transformation de -la SNCF en société anonyme et acte l’abandon des recrutements de cheminots au statut à compter du 1er janvier 2020.

Marion d’Allard

 

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 20:58
Appel au Peuple Français lancé par les Maires ruraux: J'existe! - Appel à signer !
Pour signer l'appel:
 
Je m'inscris dans l'Appel au Peuple Français, lancé par les Maires Ruraux
« J’existe ! » C’est ce que des dizaines de milliers de Français ont commencé à venir exprimer dans les mairies qui ont ouvert « un cahier de doléances et de propositions » depuis le samedi 8 décembre. C’est le début d’un mouvement lancé par l’Association des Maires ruraux de France. Par cet acte citoyen, vos mairies, maisons communes, ont permis de consigner les expressions et d’en faire le germe d’un projet de société plus vivable pour ces 22 millions de Français, qui donnent corps à nos campagnes. A cela s’ajoutent d’innombrables contributions libres.

Nous, maires de communes rurales, femmes et hommes élu(e)s par nos concitoyens, assurons que l’intégralité des doléances et propositions seront remises au Président de la République, au Premier ministre et au Parlement.

Ce qui nous importe, c’est de rendre visibles les propos que vous tenez quotidiennement aux maires de France. Cette réalité, n’apparait que trop peu dans l’esprit de ceux qui gouvernent. Elle est pourtant capitale pour notre pays dans un moment où le pacte social et territorial vacille.

Ensemble : faites votre part, nous ferons la nôtre !

C’est pour cela que nous lançons aujourd’hui cet appel au Peuple de France. Nous, élus ruraux, légitimes par l’élection, citoyens engagés dans la vie locale et proches du quotidien de nos concitoyens, nous appelons chacune et chacun à se fédérer, à ne pas baisser les bras devant la difficulté et l’adversité, face à la cécité de beaucoup de nos dirigeants et à l’entêtement d’une administration trop pyramidale et centralisée.

Le cri légitime de ces millions de Françaises et de Français se joint à celui des élus ruraux. La période que nous vivons est une opportunité pour notre pays si vous répondez à cet appel. Saisissez-la ! Levons-nous ensemble pour que l’emploi soit réparti équitablement sur le territoire. Exigeons que la téléphonie mobile et le numérique arrivent bien plus vite que ce à quoi les opérateurs ont mollement consenti.

Pesons pour que les politiques publiques traitent enfin la question de l’accès aux soins pour que des millions de Français ne renoncent plus à se soigner.

Nous ne voulons plus être les éternels oubliés !

Nous vous invitions à vous débarrasser du « complexe du plouc », qui trop souvent entrave votre capacité à agir et à revendiquer un futur meilleur, avec pour seul motif, qu’être loin de la ville justifierait de devoir renoncer aux droits les plus élémentaires. Il n’y a pas de fatalité à laisser les services publics fermer quand nos communes font de leur mieux pour vous aider. Le modèle de concentration qui est la règle depuis 40 ans s’épuise. Ca ne marche plus.

Un appel à la jeunesse

À la jeunesse de notre pays, nous disons : soyez les nouveaux visages de nos villages ! Rejoignez ces populations qui font le choix d’un autre mode de vie, plus sobre, plus équilibré. Le cadre de vie y est favorable, on s’y sent mieux. Pendant que la ville s’étouffe, la campagne respire. Investissez les territoires ruraux ! N’ayez pas peur, nous saurons vous accueillir, nous saurons trouver des solutions à vos demandes et nous saurons vous accompagner. Considérés comme des citoyens, vous n’êtes et ne serez jamais chez nous des identités impersonnelles, mais au contraire des femmes et des hommes qui apporteront une énergie nouvelle à nos territoires.

La commune, un bien commun

Cet appel émane de la légitimité de ce bien commun qu’est la commune : le premier socle de notre République. Car la commune n’est pas simplement un échelon administratif, mais la très précieuse symbiose entre des habitants et un territoire qui croient en leur avenir et qui pour cela se mobilisent : c’est là où l’on agit ensemble. Nous devons nous battre pour que l’action de l’Etat change radicalement et que les pouvoirs publics inversent totalement leur logique d’intervention.

Reconstruire le pays par la base

Pour cela, il nous faut agir ensemble. Nous, maires de communes rurales, à partir de nos campagnes, nous vous appelons à nous soutenir pour imposer notre parole commune dans le débat national. Aux cartes et aux territoires anonymes laissant croire aux décideurs qu’ils sont dépourvus de vie, nous mettons fièrement en avant des visages, tels ceux des gilets jaunes, et bien d’autres encore, plus discrets et plus nombreux, mais tout aussi importants. Nous les croisons dans nos rues et sur nos places. Aux bilans statistiques, opposons nos expériences et nos réelles difficultés.

Aux hauts fonctionnaires déconnectés, disons ensemble : arrêtez d’essayer d’avoir raison seuls contre le peuple. En bref, souvenez-vous que vous êtes rémunérés par l’impôt pour nous aider à construire notre pays. Plutôt que de tenter de le faire à votre idée. « Sortez du bocal Parisien » qui vous éloigne et vous englue dans vos certitudes trop souvent discutables.

Soyons honnêtes, nous avons échoué à convaincre le Parlement et les exécutifs successifs. Mais nous sommes une multitude : diverse et dispersée, urbaine et rurale, femmes et hommes, élus ou simples citoyens, nous sommes la France. Nous parviendrons à rendre possible ce qui est indispensable et à nous délester de ce qui est insupportable.

- Trouvez-vous normal, qu’en matière de dotations aux collectivités, aujourd’hui encore, un urbain vaille deux ruraux ? Une correction de cette injustice doit voir un préalable inscrit dans la loi de finances 2019 que doit adopter le Parlement avant le 31 décembre ;

- Trouvez-vous normal en terme de mobilité, que les priorités aient été données à la Grande vitesse en délaissant l’entretien du réseau historique et en négligeant des modes de transports ruraux (TER, Transport à la demande, covoiturage,..) ?

- Trouvez-vous normal que les technologies (4G, véhicule autonome,...) soient mises à profit prioritairement pour ne pas dire exclusivement au développement des métropoles ?

- Trouvez-vous normal que depuis des années, l’Etat se lamente sur le nombre en baisse de médecins dans le monde rural sans prendre les mesures nécessaires pour y remédier ?

- Trouvez-vous normal que l’on confisque les moyens et les pouvoirs des communes pour les confier à des entités administratives plus éloignées?

Sans vous, nous ne pourrons rien ! Venez dans nos mairies pour amplifier ce mouvement de transformation en cours. Le temps est venu de prendre notre destin en main et d’imposer nos voies et nos voix pour ne pas avoir à regretter demain un silence et une inertie coupables.

Et que l’on ne fasse pas le mauvais procès de nous reprocher d’opposer villes et campagnes au motif que l’on exige une légitime considération pour les habitants des territoires ruraux. Il est temps de mettre un terme aux fractures territoriales et sociales. Ce devrait être la trajectoire de l’action publique et le sens de l’action politique.

Vive la Commune,

Vive la République,

Vive la France.

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 20:53
Migrants : l’Etat français accusé de « mise en danger délibérée » par plusieurs associations
Migrants : l’Etat français accusé de « mise en danger délibérée » par plusieurs associations

Quatorze associations dénoncent « la faillite de l’Etat » dans la protection et la mise à l’abri des migrants, dans une tribune publiée dimanche dans « Le JDD ».

La charge à l’encontre d’Emmanuel Macron et de l’Etat français est lourde. Celle-ci est à la hauteur de la colère exprimée par les associations qui travaillent auprès des migrants. Médecins du monde, le Secours catholique et douze autres associations accusent l’Etat français de « mise en danger délibérée » des migrants, dans une tribune publiée le 30 décembre par Le Journal du dimanche.

« A ce jour, nous ne pouvons que constater la faillite de l’Etat dans l’exercice de sa responsabilité de protection, de mise à l’abri et d’accueil inconditionnel », écrivent les associations dans une lettre ouverte adressée au président de la République.

Que cela soit « à Paris, en Ile-de-France, mais aussi à Grande-Synthe, sur le littoral nord, ailleurs », le sort des migrants « confine à une mise en danger délibérée » critiquent les associations, qui exigent des réponses « à la hauteur de la situation d’urgence ».

« Toujours plus de difficultés à se nourrir et à se soigner »

Au début de son mandat, le 27 juillet 2017, le chef de l’Etat avait promis de ne plus avoir « d’ici la fin de l’année des hommes et des femmes dans les rues, dans les bois ». « Un an après, des milliers de personnes, femmes, hommes, enfants, familles, se partagent les interstices des villes, s’abritent sous des échangeurs, sont échoués sur les trottoirs de Paris et de son immédiate périphérie », souligne le texte, avant de pointer « la réalité des personnes vivant à la rue parmi les rats nous démontre à quel point cette politique est un échec ».

Dix-huit mois après l’engagement d’Emmanuel Macron de n’avoir plus personne à la rue fin 2017, les quatorze associations appellent à un « changement de cap » :

Monsieur le président, votre engagement (…) a été vite oublié par votre gouvernement, votre majorité, vos services. Plus grave, par vous-même.

Les représentants de Médecins du monde France, du Secours catholique-Caritas France, d’Emmaüs France, de la Ligue des droits de l’homme et de divers collectifs et associations venant en aide aux migrants déplorent également que les personnes à la rue « ont toujours plus de difficultés à se nourrir, à se soigner, à trouver une information fiable pour faire valoir leurs droits élémentaires ».

 

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 16:14

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 09:34
"Bonsoir m'amour" (photo Jean-Marc Nayet, été 2018)

"Bonsoir m'amour" (photo Jean-Marc Nayet, été 2018)

"Bonsoir m'amour" au Relecq-Kerhuon le samedi 19 janvier 2019, 17h.

A l'occasion des vœux de la fédération PCF du Finistère

accueil à partir et discours des vœux à partir de 16h30, à l'auditorium du Relecq Kerhuon

nous vous invitons à une représentation de "Bonsoir m'amour", la pièce musicale et chantée du Théâtre de la Corniche sur la Grande Guerre, déjà programmée par le PCF à St Martin des Champs pour le centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918.

Discours de vœux à 16h30.
Apéritif convivial à 18h30 après le spectacle.

Après-midi ouverte aux adhérents, sympathisants du PCF comme à toute personne qui souhaiterait voir le spectacle "Bonsoir m'amour".

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 09:32
Collage de Printemps!

Collage de Printemps!

L'année 2018 du PCF pays de Morlaix - retour en images

Qui a dit que les partis politiques n'étaient actifs que dans les périodes électorales?

Au Parti communiste, en tout cas, ce n'est pas notre conception de l'engagement, de l'utilité et du rôle des partis politiques.

La section de Morlaix est très active tout à long de l'année, pour être présente dans les luttes et résister aux politiques néo-libérales et capitalistes du président, défendre les travailleurs, les classes populaires, les services publics, les libertés, la solidarité internationale, mais aussi pour rencontrer les habitants de la région de Morlaix, populariser les propositions du Parti Communiste, faire de l'éducation populaire, organiser des initiatives artistiques et culturelles, œuvrer à la réussite des Fêtes de l'Huma Paris et Bretagne, et bien sûr, et avant tout notre fête du Viaduc le 1er mai place Allende.

L'année 2018 aura été de ce point de vue particulièrement riche. Chacun de nos 80 adhérents de la section du Pays de Morlaix, et au-delà, des 120 adhérents en comptant les sections de Roscoff et de Lanmeur, dans le pays de Morlaix, aura pu y contribuer à un moment ou à un autre, comme nos sympathisants, amis, compagnons de lutte!

Nos maîtres mots: constance, fraternité, respect humain, combativité, sens du collectif!   

Mobilisation avec les salariés des EHPAD le 30 janvier 2018 à Morlaix

Mobilisation avec les salariés des EHPAD le 30 janvier 2018 à Morlaix

Mobilisation avec les salariés des EHPAD le 30 janvier 2018 à Morlaix

Mobilisation avec les salariés des EHPAD le 30 janvier 2018 à Morlaix

Affiche du Tri des Utopistes en Action - 17 et 18 Février 2018

Affiche du Tri des Utopistes en Action - 17 et 18 Février 2018

Tri de vêtement des Utopistes en action au local du PCF 17-18 février 2018

Tri de vêtement des Utopistes en action au local du PCF 17-18 février 2018

Tri de vêtement des Utopistes en action au local du PCF 17-18 février 2018

Tri de vêtement des Utopistes en action au local du PCF 17-18 février 2018

Rassemblement contre l'invasion d'Afrin et le droit de manifester contre l'agression de l'armée d'Erdogan contre les Kurdes - février 2018

Rassemblement contre l'invasion d'Afrin et le droit de manifester contre l'agression de l'armée d'Erdogan contre les Kurdes - février 2018

Rassemblement contre l'invasion d'Afrin et le droit de manifester contre l'agression de l'armée d'Erdogan contre les Kurdes - février 2018

Rassemblement contre l'invasion d'Afrin et le droit de manifester contre l'agression de l'armée d'Erdogan contre les Kurdes - février 2018

Distribution de tracts contre la réforme de la SNCF et la casse du statut des cheminots 14 mars 2018 Daniel Ravasio, Michel Tudo, Ismaël Dupont

Distribution de tracts contre la réforme de la SNCF et la casse du statut des cheminots 14 mars 2018 Daniel Ravasio, Michel Tudo, Ismaël Dupont

Manif du 22 mars 2018

Manif du 22 mars 2018

Manif du 22 mars 2018

Manif du 22 mars 2018

Marché de Morlaix - 24 mars 2018

Marché de Morlaix - 24 mars 2018

Présence à l'AG de l'intersyndicale des Cheminots en gare de Morlaix le 23 mai 2018 - discours de Jean-Yvon Ollivier

Présence à l'AG de l'intersyndicale des Cheminots en gare de Morlaix le 23 mai 2018 - discours de Jean-Yvon Ollivier

Présence à l'AG de l'intersyndicale des Cheminots en gare de Morlaix le 23 mai 2018

Présence à l'AG de l'intersyndicale des Cheminots en gare de Morlaix le 23 mai 2018

Manif du 19 avril 2018 contre la casse du droit du travail - Jeremy Lainé, élu PCF à Guimaëc

Manif du 19 avril 2018 contre la casse du droit du travail - Jeremy Lainé, élu PCF à Guimaëc

Manif du 19 avril 2018 contre la casse du droit du travail

Manif du 19 avril 2018 contre la casse du droit du travail

Distribution de tracts au marché de Morlaix le 21 avril 2018

Distribution de tracts au marché de Morlaix le 21 avril 2018

Distribution de tracts au marché de Morlaix le 21 avril 2018

Distribution de tracts au marché de Morlaix le 21 avril 2018

Distribution de tract à l'Hôpital de Morlaix pour une réunion publique régionale sur les EHPAD à Saint Brieuc

Distribution de tract à l'Hôpital de Morlaix pour une réunion publique régionale sur les EHPAD à Saint Brieuc

Distribution de tract à l'Hôpital de Morlaix pour une réunion publique régionale sur les EHPAD à Saint Brieuc

Distribution de tract à l'Hôpital de Morlaix pour une réunion publique régionale sur les EHPAD à Saint Brieuc

Distribution de tract pour le comité de défense de l'hôpital à Saint Pol de Léon

Distribution de tract pour le comité de défense de l'hôpital à Saint Pol de Léon

Manif pour l'hôpital de Morlaix  et la défense de la cardiologie le 28 avril 2018 - 2000 manifestants  - Michel Prigent et Jean-Rolland Labrousse

Manif pour l'hôpital de Morlaix et la défense de la cardiologie le 28 avril 2018 - 2000 manifestants - Michel Prigent et Jean-Rolland Labrousse

Manif pour l'hôpital de Morlaix et la défense de la cardiologie le 28 avril 2018 - 2000 manifestants - interview de Martine Carn, présidente du Comité de défense de l'hôpital

Manif pour l'hôpital de Morlaix et la défense de la cardiologie le 28 avril 2018 - 2000 manifestants - interview de Martine Carn, présidente du Comité de défense de l'hôpital

A Carhaix, débat sur l'Europe avec Patrick Le Hyaric, Cinderella Bernard, Anne-Véronique Roudaut, Maxime Paul, Ismaël Dupont, et des syndicalistes CGT de la SNCF- 28 avril 2018

A Carhaix, débat sur l'Europe avec Patrick Le Hyaric, Cinderella Bernard, Anne-Véronique Roudaut, Maxime Paul, Ismaël Dupont, et des syndicalistes CGT de la SNCF- 28 avril 2018

Glenn Le Saout et Patrick Le Hyaric, Carhaix, 28 avril

Glenn Le Saout et Patrick Le Hyaric, Carhaix, 28 avril

Fête du Viaduc, 1er mai 2018

Fête du Viaduc, 1er mai 2018

Fête du Viaduc, 1er mai 2018

Fête du Viaduc, 1er mai 2018

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, dédicace "Macron, entreprise de démolition" à la fête du Viaduc, place Allende, 1er mai 2018

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, dédicace "Macron, entreprise de démolition" à la fête du Viaduc, place Allende, 1er mai 2018

Participation à l'action pour la libération des prisonniers politiques palestiniens, et notamment Salah Hamouri et Ahed Tamimi - 3 février 2018

Participation à l'action pour la libération des prisonniers politiques palestiniens, et notamment Salah Hamouri et Ahed Tamimi - 3 février 2018

Manif pour Gaza le 15 mai 2018

Manif pour Gaza le 15 mai 2018

Manif pour Gaza le 15 mai 2018

Manif pour Gaza le 15 mai 2018

Distribution de tract devant le lycée Tristan Corbière printemps 2018

Distribution de tract devant le lycée Tristan Corbière printemps 2018

Distribution de tracts sur le marché de Morlaix le 19 mai 2018

Distribution de tracts sur le marché de Morlaix le 19 mai 2018

Marée Populaire contre la politique de Macron du 26 mai 2018 au départ de la gare de Morlaix

Marée Populaire contre la politique de Macron du 26 mai 2018 au départ de la gare de Morlaix

Marée Populaire contre la politique de Macron du 26 mai 2018 au départ de la gare de Morlaix - discours de Daniel Ravasio

Marée Populaire contre la politique de Macron du 26 mai 2018 au départ de la gare de Morlaix - discours de Daniel Ravasio

Marée Populaire contre la politique de Macron du 26 mai 2018 au départ de la gare de Morlaix

Marée Populaire contre la politique de Macron du 26 mai 2018 au départ de la gare de Morlaix

Marée Populaire contre la politique de Macron du 26 mai 2018

Marée Populaire contre la politique de Macron du 26 mai 2018

Les sénateurs communistes Christine Prunaud et Dominique Watrin en visite à l'hôpital de Morlaix le 14 juin 2018 - Tour de France des hôpitaux des parlementaires communistes

Les sénateurs communistes Christine Prunaud et Dominique Watrin en visite à l'hôpital de Morlaix le 14 juin 2018 - Tour de France des hôpitaux des parlementaires communistes

Les sénateurs communistes Christine Prunaud et Dominique Watrin en visite à l'hôpital de Morlaix le 14 juin 2018 - Tour de France des hôpitaux des parlementaires communistes

Les sénateurs communistes Christine Prunaud et Dominique Watrin en visite à l'hôpital de Morlaix le 14 juin 2018 - Tour de France des hôpitaux des parlementaires communistes

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Les sénateurs communistes Christine Prunaud et Dominique Watrin en visite à l'hôpital de Morlaix le 14 juin 2018 - Tour de France des hôpitaux des parlementaires communistes

Chargement du matériel pour la fête de l'Huma Paris le 7 septembre 2018

Chargement du matériel pour la fête de l'Huma Paris le 7 septembre 2018

Chargement du matériel pour la fête de l'Huma Paris le 7 septembre 2018

Chargement du matériel pour la fête de l'Huma Paris le 7 septembre 2018

Distribution de tracts sur le marché de Morlaix le 9 septembre 2018

Distribution de tracts sur le marché de Morlaix le 9 septembre 2018

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

A la fête de l'Huma Paris

Mobilisation le 9 octobre 2018

Mobilisation le 9 octobre 2018

Préparation du Congrès du PCF - AG de section - 17 octobre 2018

Préparation du Congrès du PCF - AG de section - 17 octobre 2018

Préparation du Congrès du PCF - AG de section - 17 octobre 2018

Préparation du Congrès du PCF - AG de section - 17 octobre 2018

21 septembre 2018 - On lance la campagne d'affichage pour les Européennes et  Ian Brossat, avec Glenn Le Saout

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La délégation du PCF Morlaix au congrès départemental à Plonéour Lanvern le 10 novembre 2018

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Martine Carn et Ismaël Dupont représentaient la section PCF pays de Morlaix au congrès national du PCF à Ivry-sur-Seine du 23 au 25 novembre 2018

Martine Carn et Ismaël Dupont représentaient la section PCF pays de Morlaix au congrès national du PCF à Ivry-sur-Seine du 23 au 25 novembre 2018

Roger Héré et Martine Carn - Manif pour l'hôpital le 1er décembre 2018

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Manif pour l'hôpital le 1er décembre 2018

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Dans le car pour la fête de l'Huma Bretagne à Lorient le 2 décembre 2018

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fête de l'Huma Bretagne à Lorient le 2 décembre 2018

fête de l'Huma Bretagne à Lorient le 2 décembre 2018

fête de l'Huma Bretagne à Lorient le 2 décembre 2018

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Manifestation avec la CGT - décembre 2018

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Manifestation avec la CGT - décembre 2018

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Manifestation avec la CGT - décembre 2018

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Distribution de tract sur le Marché de Morlaix - décembre 2018

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Conférence de Jean-Michel Galano sur la philosophie de Karl Marx - Mardi de l'éducation populaire - 1er mars 2018

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Mardi de l'éducation populaire sur la révolution, la guerre en Syrie, la littérature et la thématique des identités croisées avec l'écrivaine Maha Hassan

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Gérard Le Puill en conférence à Lanmeur sur l'agriculture et le réchauffement climatique le 29 mai - Mardi de l'éducation populaire

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Yann Le Pollotec - Mardi de l'éducation populaire sur la révolution numérique 12 juin 2018

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11 novembre 2018 - Commémoration du centenaire de la fin de la grande guerre à St Martin des Champs avec une représentation de "Bonsoir m'amour", la pièce de théâtre musicale originale du Théâtre de la Corniche

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Mardis de l'éducation populaire - Conférence de l'écrivain Valère Staraselki sur Aragon le 13 novembre 2018

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Présentation de la saison 2018-2019 des Mardis de l'éducation populaire - photo Le Télégramme

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Mardi de l'éducation populaire, 11 décembre, conférence d'Anne Guillou sur la Guerre d'Algérie, blessures intimes

Mardi de l'éducation populaire, 11 décembre, conférence d'Anne Guillou sur la Guerre d'Algérie, blessures intimes

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 09:30

Procès de Maria et de ses trois autres co-accusés : un verdict pour l’exemple !

Trois mois de prison ferme pour Maria, puis respectivement quatre mois, six mois et un an pour les trois autres co-accusés, le tout assorti pour chacun d’eux de trois ans d’interdiction de manifester et du versement de dommages et intérêts, voilà le verdict prononcé par le tribunal de Valence à leur encontre. Ils étaient accusés de violence en réunion contre le directeur départemental de la sécurité et son chauffeur lors d’échauffourées en date du 8 décembre au plateau des «Couleures» de Valence au cours d’un rassemblement de gilets jaunes. Ce jugement d’une grande sévérité appelle quatre remarques.

A l’évidence, la logique qui avait prévalu pour mettre en détention préventive ces quatre manifestants, à savoir faire un exemple, a continué à être la ligne suivie par le Procureur de la République. La dureté de ses réquisitions dont le jugement final est fortement empreint en atteste. Si l’objectif poursuivi est d’endiguer la mobilisation sociale face aux politiques actuelles et de dissuader de manifestations futures, il risque de ne pas être atteint. D’une part, ce n’est jamais par plaisir que les gens manifestent leur mécontentement dans la rue mais par nécessité quand toutes les autres voies de négociations sont bloquées. De l’autre, l’utilisation de la force n’a jamais supprimé la misère et les mauvaises conditions de vie. Elle étouffe momentanément le mécontentement jusqu’à ce qu’il ressurgisse plus fort.

Les preuves des coups portés contre les policiers par les quatre condamnés si elles semblent évidentes pour le parquet, ne le sont néanmoins pas totalement pour le commun des mortels. Par exemple pour Maria, rien sur la vidéo ne permet d’affirmer qu’elle a frappé un des policiers, elle a d’ailleurs toujours démenti ses accusations. C’est donc une question d’interprétation, les images ne permettant pas d’élucider ce point. Son seul fait est d’avoir tiré le bonnet du policier dans un geste de désarroi face à ce dernier entrain de dégainer. Trois mois de prison ferme pour ce geste alors qu’elle n’a jamais eu affaire à la justice, alors que régnait sur place une grande confusion et qu’autour des policiers était présente une quinzaine d’autres manifestants en rien inquiétés, qui auraient aussi pu porter des coups… Cela fait beaucoup d’éléments de contexte à décharge auxquels il faut ajouter qu’un des deux policiers reconnait ne pouvoir affirmer que Maria a frappé son collègue !

Sur le terrain de la violence, pourquoi ne parle-t-on pas également des conditions d’arrestation de Maria -là aussi il y a une vidéo- interpellée par quatre policiers, gazée, alors qu’elle disait bonjour à une autre personne et jetée à terre. S’il n’est pas question de justifier la violence contre les policiers l’inverse n’est pas plus tolérable ! Aujourd’hui, les policiers gagneraient à réfléchir aux conditions d’exercice de leurs missions face à un pouvoir les transformant en boucs-émissaires d’une situation politique et sociale très dégradée.

Enfin quel est le but poursuivi par l’interdiction de manifester pendant trois ans ? Maria avait déjà manifesté, par exemple à l’appel de la CGT quelques jours avant l’épisode des «Couleures». Elle n’y a eu aucune attitude violente. Ce qui s’est passé le 8 décembre relève d’un contexte particulier où un climat de violence rôdait, le pouvoir médiatico-politique n’ayant cessé pendant une semaine de faire monter la pression. On peut deviner pourquoi ! Comment dès lors ne pas interpréter la décision du Tribunal de Valence comme la volonté de porter atteinte au droit de manifester ? De Vigipirate en Vigipirate bis, les libertés individuelles et collectives sont mises en cause. Un nouveau pallier s’apprêterait-t-il à être franchi ?

Fédération du PCF Drôme

Justice de classe - De la prison ferme pour Maria et ses camarades co-accusés à Valence (communiqué de la fédération PCF de la Drôme)
Justice de classe - De la prison ferme pour Maria et ses camarades co-accusés à Valence (communiqué de la fédération PCF de la Drôme)
Gilets jaunes: prison ferme requise contre une militante du PCF
Mercredi, 26 Décembre, 2018 - L'Humanité - Audrey Loussouarn

La militante communiste de la Drome, Maria B., comparaissait aujourd’hui pour « violence en réunion ». Elle a été condamnée à 9 mois d’emprisonnement, dont 6 assortis du sursis simple, avec interdiction de manifester pendant trois ans. Pourtant le dossier semblait bien maigre.

Convaincu qu'ils ont voulu « bouffer du flic » le 8 décembre, le procureur Dominique Binet a réclamé 12 mois de prison, dont six avec sursis, pour trois des prévenus, deux hommes de 22 ans et la militante de 37 ans; ainsi que 10.000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis. Pour le quatrième, « le plus violent et le plus déterminé à en découdre selon lui », il a réclamé 18 mois de prison dont six avec sursis, et 15.000 euros d'amende dont la moitié avec sursis. Le magistrat a enfin réclamé trois ans d'interdiction de manifester pour tous les mis en cause.
 

On vous raconte le parcours de cette militante depuis son arrestation lors d’un rassemblement des gilets jaunes, le 8 décembre à Valence

 
En ces jours de fête, Maria B. a eu un emploi du temps rempli de tâches assez inhabituelles. La militante communiste de 37 ans, qui a pris sa carte au PCF à la dernière Fête de l’Humanité, s’est affairée à remplir un carnet d’adresses, à mettre des timbres, des livres et des vêtements adéquats de côté. « L’avantage traître », dit la jeune femme, d’avoir douze jours de détention provisoire à son actif. L’idée ? Se préparer psychologiquement à toute éventualité.
 
Car c’est aujourd’hui que cette habitante de Die (Drôme) et boulangère bio, ainsi que trois autres personnes, est jugée pour « violence volontaire en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Elle est soupçonnée d’avoir participé à l’agression du directeur départemental de la police lors d’un rassemblement des gilets jaunes, le 8 décembre, dans une zone commerciale de Valence. Ce jour-là, les autorités décident de dégager le terrain et l’ambiance est électrique. C’est alors que le patron de la police, présent en personne, ceinture l’un des manifestants qui prenait la fuite. Selon la police, « une dizaine de gilets jaunes lui sont alors tombés dessus, le faisant chuter au sol », rapporte l’AFP.

Des consignes fermes d’« aller au contact, de casser le mouvement »

Pour Maria, qui la semaine précédente battait le pavé à l’appel de la CGT, « il était évident que le ministère de l’Intérieur avait donné des consignes d’extrême fermeté ». Et même, dit-elle, d’« aller au contact, de casser le mouvement ». « J’ai eu la peur au ventre. Je n’avais jamais vécu ça en manifestation. On voit des images de violence sur les réseaux sociaux et, là, j’y étais confrontée », souffle-t-elle. La scène, très brève, a été filmée et ne montrerait aucunement Maria comme à « l’initiative de la violence », pointe son avocat, Me Bertrand Beaux, mais elle s’inscrit dans un contexte global d’affrontement.
 
Deux personnes sont arrêtées, deux autres le sont dans l’après-midi, dont la militante PCF, alors qu’elle a rejoint la marche pour le climat, également à Valence. L’interpellation est musclée, comme l’atteste une vidéo postée sur la page Facebook du PCF de la Drôme. La militante est placée en garde à vue pour quarante-huit heures, avant une possible comparution immédiate. Ce que refusent les quatre interpellés, qui souhaitent préparer leur défense. Ce sera donc la détention provisoire à Lyon, dans l’attente du procès, le lendemain de Noël. Pour Me Beaux, « le contexte national », avec un pouvoir désireux d’« envoyer un message à l’extérieur », a « joué » pour placer en détention des individus sans casier judiciaire.
 
Maria est alors « coupée du monde », dit-elle. Aucun coup de fil personnel n’est autorisé et il lui faut attendre plusieurs jours avant d’obtenir un bloc de papier, deux enveloppes et deux timbres. La jeune femme raconte le refus de l’administration de lui faire parvenir ses lunettes – et son obligation, donc, de porter ses lentilles de contact jetables pendant dix jours –, le personnel en sous-effectif et « sous-payé », la solidarité entre codétenues présumées innocentes… « Certaines sont là depuis des mois. Je me suis rendu compte de la chance que j’avais de ne pas avoir d’enfants, puisque, pour leur part, elles étaient sûres de ne pas les voir pour Noël. » Au bout d’une semaine, la jeune femme reçoit les premiers courriers la rassurant sur les formalités liées à sa soudaine disparition. Puis affluent les lettres de soutien de « camarades de Die, de Valence ». D’une par jour, le nombre est passé à une dizaine. « Je ne les lisais pas toutes d’un coup, pour ne pas avoir le reste de la journée à meubler. Du coup, j’espaçais pour faire durer le plaisir », rit-elle au bout du fil. Elle apprend tardivement qu’une demande des quatre familles des interpellés – qui « se sont rapprochées par la force des choses », observe Maria, un sourire dans la voix – est transmise au tribunal pour leur remise en liberté. Le 20 décembre, la bonne nouvelle tombe. « Ce sont quatre cas différents avec un point commun : le cadre carcéral pour des personnes sans casier judiciaire, en pleine période de Noël, n’est pas évident », souligne Me Beaux, qui qualifie la détention d’« excessive ».

Le PCF a relayé l’information sur les réseaux sociaux

Autre point qui a pesé, de l’avis de l’avocat : la mobilisation à l’extérieur. La fédération PCF a alerté la presse, relayé l’information sur les réseaux sociaux, organisé un rassemblement devant la préfecture, imprimé des affiches… puis le parti, depuis Paris, a alerté toutes les fédérations avant d’évoquer le cas de Maria en conseil national. « Ils n’aiment pas trop ce type de publicité. Que cette mobilisation vienne d’un parti a pesé », observe Jean-Marc Durand, secrétaire fédéral, qui connaît Maria depuis deux Fêtes de l’Humanité, où elle a offert ses talents de boulangère sur le stand de la Drôme.
 
Cette « énergie » et ces « réseaux déployés », Maria ne les a réellement découverts qu’en sortant. En plus du « stress que (sa) disparition a provoqué chez (ses) proches ». « Les camarades ont pris soin de ma mère. Ça, je ne leur en serai jamais assez reconnaissante. Je suis d’autant plus touchée que je suis une jeune membre du parti. C’est là qu’on voit toute la chaleur humaine au sein de ce que je préfère appeler une famille politique. » « À quelque chose malheur est bon », dit-elle, d’autant qu’habituellement elle reste loin de sa famille, résidant en Bretagne, pour Noël. « C’est toute l’ironie de la situation. On devait, dans la vallée, se réunir entre personnes “seules”. Et, finalement, j’ai eu ma belle-sœur et ma mère avec moi. » Un Noël, « improvisé », qui « revient à son essence même ». À l’aube du procès – politique tant il illustre une « remise en cause de notre droit à manifester » selon ses mots –, Maria garde « une boule au ventre » : « J’ai du mal à dormir, contrairement à ma période de détention où je n’avais pas de prise sur les événements. Mais tout l’amour que j’ai reçu m’a regonflée à bloc. »
Audrey Loussouarn
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