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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 08:22
Christiane Caro aux côtés de Denis Durand

Christiane Caro aux côtés de Denis Durand

PCF Bretagne - compte rendu du débat de Saint-Brieuc le jeudi 31 janvier dans le cadre du grand Débat National sur le financement des hôpitaux, des EHPAD et de l'aide à domicile, avec Denis Durand, économiste du PCF
PCF Bretagne - compte rendu du débat de Saint-Brieuc le jeudi 31 janvier dans le cadre du grand Débat National sur le financement des hôpitaux, des EHPAD et de l'aide à domicile, avec Denis Durand, économiste du PCF
PCF Bretagne - compte rendu du débat de Saint-Brieuc le jeudi 31 janvier dans le cadre du grand Débat National sur le financement des hôpitaux, des EHPAD et de l'aide à domicile, avec Denis Durand, économiste du PCF
Jeudi 31 janvier à Saint-Brieuc, Salle de Robien
Grand débat national - Le financement des hôpitaux, des EHPAD, des soins à domicile en question
Avec Denis Durand, économiste du PCF
Débat organisé par l'atelier citoyen santé du PCF Bretagne et animé par Christiane Caro
 
Débat sur le financement des EHPAD, de l'aide à domicile et des hôpitaux à Saint-Brieuc avec l'économiste communiste Denis Durand, organisé par l'atelier santé PCF Bretagne et Christiane Caro, son animatrice.
Plusieurs représentants des collectifs de défense des hôpitaux de proximité étaient présents, dont Martine Carn, la présidente du collectif de défense de l'hôpital de Morlaix, parmi les 60 personnes présentes à la salle de Robien. Ce débat était organisé dans le cadre du grand débat national, et il a été ouvert par une vidéo très percutante des personnels de santé de l'hôpital de Toulouse, vidéo réalisée par la CGT sous forme flashmob avec un rappeur pour railler sur le discours techno de ceux qui assassinent l'hôpital avec 3 mots à la bouche: rentabilité, économie, ambulatoire...
Martine Carn: "dans beaucoup de structures, les soignants se disent maltraitants. Ils vont au boulot la boule au ventre. Tous les arrêts maladie ne sont pas remplacés. 28 patients par jour à voir en EHPAD, c'est un train d'enfer, vous ne pouvez faire que 24 toilettes. Du coup, vous sacrifiez la toilette de certains, ou vous ne faites que des toilettes partielles. C'est pareil dans les services de médecine. On met l'ambulatoire à tout va. La plupart des EHPAD n'ont plus d'infirmière de nuit. C'est aux aides soignants d'assurer la surveillance. Une aide-soignante va prendre le rôle de l'infirmière".
Une animatrice du comité de défense de l'hôpital de Lannion, ancienne infirmière elle aussi: "Quand j'ai fait mes premiers stages en gériatrie, on avait 1 infirmière pour 40 personnes âgées. C'était très dur. Il y a eu des embellies au fil du temps. Une montée de l'encadrement en personnel. Mais depuis une dizaine d'années, c'est la dégradation. Il n'y a que les murs qui ont changé. Plus ça va, plus on revient à la même prise en charge qu'en 1976"
Un autre animateur du comité de défense de l'hôpital de Lannion: "L'hôpital de Lannion-Trestel a été mis en faillite par des emprunts toxiques, une politique financière complètement hasardeuse. On a aujourd'hui des diminutions du nombre de lits dans des secteurs qui fonctionnent bien. On demande à des patients de la zone trégoroise de faire 80 km pour aller à Morlaix ou St Brieuc pour des actes médicaux qui pourraient être accomplis à Lannion".
Un autre intervenant met en avant le coût de l'EHPAD, 2000€ à Prevalon - Saint Brieuc: "sur place, pas assez de personnel dans les services, 3 ou 4 de jour. Les gens sont laissés à l'abandon. C'est pas le personnel qui est en cause. Un exemple, dans la chambre de ma mère de 98 ans, on a laissé le plafonnier avec des ampoules à changer, sans lumière, pendant 3 jours. La retraite moyenne est de 1000€ dans le secteur, comment se payer des EHPAD à 2000€".
Une autre intervenante: "Les soignants sont en situation de souffrance, ils décrivent une grande perte de sens de leur travail. Tout ce qui est relationnel ne rentre pas dans la comptabilité. Depuis qu'il y a les Agences Régionales de Santé, tout s'est dégradé avec la mise en compétition des établissements les uns avec les autres."
Une autre intervenante remarque avec force: "La santé n'est plus considérée comme un bien commun mais comme une marchandise. La pénurie de médicaments, touchant 30% d'entre eux, qui s'observe actuellement vient de ce que beaucoup de médicaments sont maintenant fabriqués en Inde et en Chine, et que leur approvisionnement obéit aussi à une logique de flux tendu. Le projet des gouvernements en France, depuis 15-20 ans, c'est celui d'une casse systématique des services publics. Il faut tout privatiser. On ne tient ni compte du coût environnement, ni du coût humain."
 
Denis Durand a pris la parole à ce moment là, disant entre autre;
"Les services d'aides à domicile, les EHPAD, devraient relever de la Sécurité Sociale, financée à 100% sur les cotisations. Tout se lie. Le pouvoir des actionnaires nous pourrit la vie dans tous les domaines. La moitié des personnes de plus de 75 ans touche moins de 1700€ et pourtant le coût moyen de l'EHPAD est de 1940€. En 2015, la réforme du financement des EHPAD a donné de très mauvais résultats. On est passé dans les années 60-70 de conditions d'accueil très dures à une amélioration. Mais depuis 10 ans au moins, tout le monde remarque que la situation se dégrade rapidement. C'est la marque d'un système économique qui n'est plus capable de répondre plus aux besoins sociaux. L'espérance de vie augmente, c'est une bonne nouvelle mais pas pour le capital. C'est un système économique qui n'est pas calibré pour répondre aux besoins sociaux, mais pour servir l'intérêt des actionnaires. Le groupe de clinique Korian par exemple a multiplié ses bénéfices par 5 depuis 2016. Les normes d'austérité budgétaire européenne, le passage à l'euro, le TSCG, se sont traduits par des dispositifs dans la gestion des hôpitaux qui ont changé la donne: tarification à l'acte, changement de gouvernance, prééminence des critères de rentabilité, jusqu'à produire une situation intenable pour tout le monde.
Si la France est en révolte aujourd'hui, c'est aussi lié à un mécontentement vis-à-vis des services publics qui se dégrade, à une demande de plus de services publics. L'adhésion des Français au service public, notamment de santé, augmente fortement. Il faut une augmentation des dépenses publiques, y compris pour la croissance économique: c'est l'avenir. C'est à la rentabilité privée qu'il faut s'attaquer, au coût du capital: par exemple l'Etat reverse chaque année 40 milliards d'intérêts au banque sur les intérêts de sa dette.
A côté de ça, les groupes financiers s'appuient sur les banques, des prêts consentis de manière complaisante, pour faire leur casino financier, absorber des concurrents, supprimer des emplois, comme Sanofi qui a absorbé Aventis en contractant un emprunt de 16 milliards d'€ à BNP Paribas à un taux ridiculement bas pour une OPA financière alors que Aventis était plus gros que lui.
Il faut que nous nous battions contre la dictature des marchés financiers, que nous mettions en avant l'exigence d'un pôle public du médicament au niveau français et européen, pour la recherche et la production de médicament. Que nous laissions à nouveau l'Etat et les hôpitaux s'endetter car cette dette amène des recettes publiques et sociales. Il faut que la BCE prête aux Etats pour des projets de développement humain et écologique plutôt qu'aux banques (700 milliards prêtés aux banques à des taux ridiculement peu élevés). Nous devons passer d'un encadrement de 23 pour 100 usagers dans les EHPAD à 60 pour 1000, cela créerait 60 000 emplois.
La cotisation sociale doit à nouveau financer la sécurité sociale à 100%. C'est tellement simple que ça devrait être remis au goût du jour. Au lieu de ça, leur ambition est de détruire la sécurité sociale. Il faut enrayer le processus de privatisation dans le système de santé, dans la chaîne de médicament. Aujourd'hui, le capitalisme en crise depuis les années 70 réorganise la société pour que tout aille au profit, il se nourrit de fonds publics, il s'attaque violemment à toutes les institutions progressistes. C'est un problème de système: on ne peut pas recadrer ce capitalisme dans le cadre du système. Il faut changer de système économique. Il y a la possibilité d'éradiquer le chômage, d'intégrer ces 15% de la société qu'on ne laisse plus produire des richesses, c'est la révolution à laquelle conduirait l'application de notre projet de sécurité emploi-formation, cela financerait autrement la Sécurité Sociale".
 
Pour ma part, j'ai défendu une plus grande nationalisation- socialisation du système de santé avec une reprise en main de la recherche sur le médicament, une entrave aux logiques de profit qui s'emparent de la santé, et tondent la Sécurité sociale, une fin du système de complémentarité juteuse clinique privée-hôpital, avec la complicité de bon nombre de médecins, qui ramène les actes lucratifs à la clinique et les plus coûteux à l'hôpital. Un pôle public du médicament, un retour au modèle hospitalier dominant, une réintégration de la rémunération médicale dans un modèle cadré, permettrait déjà faire faire beaucoup d'économies à la sécu. J'ai aussi avancé l'exigence d'une montée en puissance des cotisations sociales faisant contribuer les entreprises pour financer la perte d'autonomie, les EHPAD, l'aide à domicile, afin d'assurer une meilleure égalité des personnes âgées et de leur assurer une vie digne jusqu'au bout.
 
Ismaël Dupont.
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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 07:20
Mardi soir, 5 février à 19h15 - Glenn Le Saout, candidat sur la liste des Européennes du PCF conduite, par Ian Brossat  invité de Tébéo
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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 07:19
Communiqué du PCF Morlaix: appel à la mobilisation pour le mardi 5 février des travailleurs et citoyens du pays de Morlaix.
 
Soyons très nombreux à la manif, 10h30, place des Otages! 
 
Un puissant mouvement social s’exprime dans tous le pays. Il est traversé par une forte exigence sociale, fiscale et démocratique. Il va des gilets jaunes aux multiples mobilisations dans les entreprises, les hôpitaux ou les grandes enseignes de commerce. Les communistes se sentent pleinement solidaires et investis dans ces mouvements.

Les premières revendications recueillies dans les mairies qui ont ouvert des cahiers de doléances font largement état de l’exigence sociale et de justice qui s’exprime au travers du mouvement des gilets jaunes et de toutes les mobilisations en cours. Les inégalités, l’affaiblissement des services publics, l’injustice de la politique d’Emmanuel Macron sont vivement dénoncés. A l’heure où s’ouvre le Grand débat national, faisons entendre notre voix pour donner de la force à nos revendications sociales et démocratiques. A cet effet, le PCF lance des cahiers de doléances pour recueillir l’expression de tous les citoyen.ne.s.

En 2018, les entreprises du CAC40 ont distribué 57,9 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires, en hausse de 12% par rapport à 2017. Les riches ne l’ont jamais été autant et la concentration des richesses s’accélèrent. A l’opposé, les travailleurs n’arrivent plus à vivre de leur travail, les retraités sont ponctionnés et les privés d’emploi menacés d’être encore plus pistés avec la réforme de l’assurance chômage. Quant aux annonces de Macron face au mouvement social, si elles sont une premières victoires, elle sont largement insuffisantes (pas de retour de l’ISF, rien pour les salaires…) et couplées d’une répression policière inacceptable.

Pour porter haut nos revendications sociales et démocratiques, nous appelons les salariés, retraités, jeunes, et citoyens du pays de Morlaix à se joindre à la journée de mobilisation du 5 février et de participer à la manifestation à 10h30 place des Otages.

 

Les Communistes AGISSENT  POUR LE POUVOIR D’ACHAT ET LA JUSTICE SOCIALE

Rétablissement de l’ISF, de la flat tax et de l’exit tax

→ Prélèvement à la source des multinationales

Suppression du CICE

→ Plan de lutte contre l’évasion fiscale

Augmentation du SMIC de 260 euros bruts

→Revalorisation des pensions de retraites

Ouverture de négociations salariales

→TVA à 5,5% sur les produits de premières nécessites

gratuité des transports

Communiqué du PCF Morlaix: appel à la mobilisation pour le mardi 5 février des travailleurs et citoyens du pays de Morlaix. Soyons très nombreux à la manif, 10h30, place des Otages!
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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 07:11
Les élus ont particulièrement apprécié la présentation de Jean-Raphaël Leclère, commandant le centre de secours et d’incendie de la ville. © Le Télégramme

Les élus ont particulièrement apprécié la présentation de Jean-Raphaël Leclère, commandant le centre de secours et d’incendie de la ville. © Le Télégramme

De l’aveu d’Agnès Le Brun, ce premier conseil de l’année n’était « pas très joufflu ». Vingt points seulement, qui n’ont pas donné lieu à un grand débat municipal, étaient à l’ordre du jour. Le plus intéressant s’est déroulé en amont et au moment des questions orales.

Il ne fallait pas être devin pour comprendre, à la lecture du menu frugal de ce premier conseil municipal de l’année, que les débats ne seraient pas très épicés, ce lundi soir, à l’hôtel de ville. Avenants, conventions, exonérations de pénalités… Les vingt points à l’ordre du jour ne faisaient guère saliver. Ainsi va la démocratie. Quand ça cause cuisine interne, on reste parfois sur sa faim. Fort heureusement, outre le plat principal, le repas du soir comprenait aussi entrée et dessert.

Une annulation de marché assumée

 

Avant que la séance ne s’ouvre, Agnès Le Brun a d’abord souhaité revenir sur la manifestation régionale de Gilets jaunes de samedi. Une intervention en forme de mise au point. Non, elle n’a pas annulé le marché de gaieté de cœur, contrairement à ce que certains ont pu dire ou penser. « Si ça s’est bien passé, c’est parce que nous avons pris cette décision. Et je l’assume ». Pour le reste, elle a distingué les manifestants « aux revendications que l’on peut partager, ou pas », des casseurs qui ont voulu s’attaquer à la sous-préfecture, au commissariat ou aux impôts. « Ils n’avaient d’autre but que de créer le désordre en pratiquant la guérilla urbaine ». Et de préciser que des agents communaux avaient même été caillassés.

Du mouvement des Gilets jaunes au Grand débat national, il n’y a qu’un pas qu’a franchi Jean-Pierre Cloarec, en demandant au maire si elle allait y participer ou, à défaut, le faciliter. Réponse de l’intéressée, pleine d’ironie : « Si je voulais organiser un grand débat avec les agriculteurs, je ne demanderais pas aux marins pêcheurs de l’organiser… Les communes n’ont pas à être organisatrices. Ce débat entre les habitants et l’État doit être organisé par l’État. C’est lui qui l’a voulu ».

De son côté, Ismaël Dupont a demandé s’il était possible de prêter une salle aux Gilets jaunes pour qu’ils puissent se réunir et travailler. Requête qui avait déjà été formulée en décembre par une délégation invitée à prendre la parole avant le conseil. Sur ce point, Agnès Le Brun n’a pas semblé s’opposer sur le principe, tout en précisant qu’elle n’avait refusé aucune demande puisqu’il n’y en avait pas eu.

 

Fin de réunion enflammée

 

Pendant l’heure qui a suivi, on ne peut pas dire que le feu a couvé. Sans doute grâce à l’intervention du capitaine Jean-Raphaël Leclère, commandant du centre de secours morlaisien, invité à présenter aux élus le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) et son projet d’établissement 2019-2021. Qui prévoit notamment une division du Finistère en sept compagnies. Morlaix hérite de la septième… Mais pas d’inquiétude, comme Pierre Mondy dans le film de Robert Lamoureux, nos pompiers savent pertinemment « qu’on ne fait pas faire des mouvements respiratoires à un type qui a les bras cassés… ».

Reste qu’au moment de la première des deux questions orales prévues en toute fin de conseil, Sarah Noll et Jean-Pierre Cloarec y sont allés au lance-flammes au sujet des Atsem (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles), désormais soumis à un jour de carence à chaque absence. Évoquant le « vice » d’Agnès Le Brun, et son « acharnement » sur les enfants et les agents de la ville, ils ont estimé que « l’éducation subissait le joug de ses économies budgétaires ». Des propos que la majorité a d’abord contredits sur le fond, avant de les qualifier de « honteux » sur la forme. On a frisé l’indigestion.


© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/conseil-municipal-gilets-jaunes-et-critique-salee-au-menu-04-02-2019-12201233.php#JWC6jUYO8Jl2mpRm.99
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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 07:02
Gilbert Nicolas et Peter Yeates pendant leur quart à bord du Fri. (photo Le Télégramme)

Gilbert Nicolas et Peter Yeates pendant leur quart à bord du Fri. (photo Le Télégramme)

Gilbert Nicolas et Peter Yeates pendant leur quart à bord du Fri.

Il est un témoin de l’histoire méconnue de l’engagement pacifique face aux essais nucléaires français en Polynésie en 1973. À 85 ans, Gilbert Nicolas, enfant de Carantec, revient sur les terres de son enfance dans la Cité du Viaduc présenter le film-documentaire « Ils vont arrêter la bombe » du réalisateur François Reinhardt à la MJC.

C’est un vieil homme de 85 ans porteur d’un message pour les nouvelles générations qui se déplacera à Morlaix sur les « terres de son enfance » mardi 5 février « pour boucler la boucle ». À 85 ans, Gilbert Nicolas qui a vécu ses premières années entre le clocher de Carantec et ceux de la Cité du Viaduc est ému de venir témoigner « à la fin de sa vie » de ses actions de « militant de la paix » et de sa « volonté de non -résignation et de non-indifférence » au monde. Il sera présent lors de la projection du film-documentaire « Ils vont arrêter la bombe » du réalisateur François Reinhardt à la MJC. Une présence justifiée par le fait d’avoir été « témoin de cette aventure » et d’y avoir été « le seul Français ». Une aventure qui met en lumière cette tranche de l’histoire méconnue : l’opposition pacifique aux essais nucléaires français en Polynésie en 1973.

Naissance et enfance marquées par les guerres

Pour bien comprendre sa trajectoire et son engagement, le vieil homme à la voix douce n’hésite pas à raviver ses souvenirs. Ses premières années à Carantec, d’enfant né en 1933 « dans les traumatismes de la Première Guerre mondiale » et du « plus jamais une telle boucherie ». De son enfance vécue durant la Seconde Guerre mondiale. « Juste avant, j’ai connu des femmes en noire réfugiées de l’Espagne et en 1940, je suis ce petit garçon impressionné par l’Invasion allemande ». Une mémoire marquée par « une culture du secret, de résistance, de déontologie humaine » : « il ne fallait pas parler du poste radio, des messages en breton » entendus dans la famille. Plus tard, l’enfant sera choqué par « les femmes tondues ».

Procès de Nuremberg, prisonniers

Les années passent et Gilbert Nicolas grandit et, avec lui, sa conscience et son rapport au monde : « après être devenu couvreur, je suis parti chez un oncle à Paris ». Là, il rencontre le protestantisme et se convertit. Un engagement qui le pousse « à passer son bac pour faire des études de théologie et devenir pasteur ». Après son service militaire, illes poursuivra de 1956 à 1964. Des années marquées par des professeurs comme Georges Casalis, qui fut aumônier de prisonniers condamnés à perpétuité lors du Procès de Nuremberg et qui jouera un grand rôle dans la réflexion de Gilbert Nicolas sur « l’humain, sur les droits humains ». Des années aussi à être visiteur de prison à Poissy.

Culture de l’engagement, réflexion sur l’homme

De retour en Bretagne, il reprend « la pêche à Carantec » pendant plusieurs années, tout en étant engagé dans différentes associations dont le Service civil international. C’est dans ce contexte qu’il va à la rencontre d’un chantier à Crozon, « chantier en faveur de la réconciliation entre les peuples » au village Kernaou. Là, il rencontre Marie qui devient son épouse. La jeune femme doit finir ses études en microbiologie et les voici tous deux à Marseille. Lui comme docker « pour faire chauffer la marmite », elle à ses études. Entre eux, les mêmes réflexions, les échanges sur le monde, sur l’engagement qui se poursuivent.

Une petite annonce dans « Peace news »

Un jour, le couple tombe sur une petite annonce dans un journal anglais « Peace news ». « L’annonce faisait appel aux volontaires pour un groupe en Nouvelle-Zélande qui cherchait à monter une expédition en bateau pour une action non-violente ». Une annonce qui parle au couple qui a l’habitude de distribuer des tracts contre « la bombe atomique ». Pour Gilbert Nicolas, « tout ce qui m’animait, c’était un esprit de résistance, un « plus jamais la guerre ». Le pasteur candidate avec succès. Le couple paye le voyage « sur ses deniers personnels », « 5 000 francs à l’époque, c’était beaucoup ». Et Gilbert Nicolas part : « Un voyage extraordinaire débuté par Londres, puis des escales à Zurich, Téhéran (Iran), Calcutta (Inde), Perth, Sydney (Australie), Auckland (Nouvelle-Zélande)». Un voyage de 36 heures.

« Des lanceurs d’alerte »

À son arrivée, il se souvient « des journalistes ». « J’étais le seul Français et ça les intéressait. Le but de l’expédition était de « nous approcher de la zone où avaient lieu les essais atomiques » en Polynésie, jusqu’à Mururoa et « nous voulions prouver la dangerosité de ces essais atomiques en atmosphère », « ne pas laisser la population là-bas sans rien faire ». Le bateau s’appelle le Fri et la navigation dure « 43 jours sans voir la terre ». C’est toute cette aventure que compte le documentaire « Ils vont arrêter la bombe ». Une aventure forte, très forte, à voir les images d’archives tournées par un cinéaste embarqué lui-aussi. Une aventure que Gilbert Nicolas qualifie aujourd’hui d’ «indispensable ». Et ce « même si nous n’avions pas réussi, nous étions devenus un symbole, des lanceurs d’alerte ».

https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/gilbert-nicolas-le-militant-carantecois-face-aux-essais-nucleaires-en-1973-03-02-2019-12199960.php

Gilbert Nicolas : « Ce qui me passionne, c’est de rencontrer les gens ! » | OUEST-FRANCE

Gilbert Nicolas : « Ce qui me passionne, c’est de rencontrer les gens ! » | OUEST-FRANCE

Né à Carantec, le pasteur naviguait sur le Fri à Mururoa pour lutter contre les essais nucléaires. Toute sa vie a été une lutte non violente pour le respect des droits fondamentaux.

Il portait en lui ce destin. Gilbert Nicolas, né à Carantec en 1923, a réussi à faire stopper des essais nucléaires, en 1973, à Mururoa.

Lutte contre les OGM, défense des migrants… Pour ne citer que les plus récentes, le pasteur de Quimper a participé à de nombreuses

luttes à travers le monde. L’expédition du Fri (liberté en danois), relatée dans le documentaire Ils vont arrêter la bombe sera projeté en sa présence mardi à la MJC. Il l’a aussi racontée dans Un bateau nommé liberté (éditions Goutte de Sable). « Une aventure extraordinaire qui m’a donné un surplus de vie » , résume l’homme de 85 ans qui, en février 2017, a été matraqué par des CRS lors d’une manifestation contre l’extrême droite à Quimper.

L’esprit de résistance

« Cet esprit de résistance, je l’ai en moi depuis mon enfance, souligne Gilbert Nicolas . Ma mère est morte alors que je n’avais que trois mois, j’ai été élevé par mon oncle qui, comme mon père, était profondément résistant. Tous deux avaient combattu en 14-18 et disaient « Plus jamais ça ». En 1938, à Carantec, j’avais cinq ans, j’ai connu les filles en noir, réfugiées espagnoles, en 1940, l’occupation allemande, et en 44, les femmes tondues.  »

En mars 1973, Gilbert Nicolas, déjà pasteur, visiteur de prison, mais aussi docker à Marseille, embarque avec douze autres personnes sur ce voilier cargo de 1912, plus habitué au cabotage. La flotte pacifiste se rend à Mururoa dans l’espoir de mettre un terme aux essais nucléaires français dans le Pacifique. « Nous pensions que le moyen de nous opposer aux essais était de nous mettre délibérément sous les retombées radioactives. »

3 500 milles de navigation chaotique

Dans cette bataille pour la paix, il sera rejoint, cinq mois plus tard, par le général Jacques de Bollardière, l’abbé Jean Toulat, le philosophe Jean-Marie Muller et l’écologiste Brice Lalonde. De la Nouvelle-Zélande à Mururoa, en Polynésie française, 3 500 milles de navigation chaotique les attendent : une véritable odyssée intégralement filmée par Alister Barry, l’un des membres de l’équipage .

Nous sommes alors en pleine guerre du Vietnam, Gilbert Nicolas est déjà de tous les engagements : Le Larzac, Plogoff, le soutien aux Haïtiens… « Tout ça fait un tout pour la défense et la promotion des droits humains pour que les valeurs soient appliquées, celles de la Déclaration des droits de l’Homme, mais aussi la constitution des pays. »

« Sommes-nous audibles ? »

Aujourd’hui, l’homme poursuit ses combats notamment auprès des demandeurs d’asile, aux côtés de Marie, son épouse, rencontrée au moment de la construction de la base sous-marine de l’Île Longue. Il lui importe aussi de passer le message auprès des plus jeunes. « Ce monde va tellement vite. Quand on sait qu’ils sont 300 000 aux Vieilles Charrues, il faut aller vers eux. Mais est-ce que nous sommes audibles ? » s’interroge le militant. « J’ai pourtant vu de belles choses dans la ZAD à Notre-Dame-des-Landes. »

Mardi 5 février, à 20 h 30 , projection du film Ils vont arrêter la bomb e, à la MJC.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-mars-1973-gilbert-nicolas-embarque-pour-arreter-la-bombe-6209346

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 06:12

 

Malgré de vives critiques, exprimées jusque dans les rangs de la majorité, la loi « anticasseurs » devrait faire l’objet d’un vote solennel le 5 février. De François Sureau à Henri Leclerc, en passant par des soutiens d’Emmanuel Macron tels que Jean-Pierre Mignard, les défenseurs des libertés publiques s’inquiètent de cet énième texte répressif.

Son cri d’alarme a résonné bien au-delà des murs de l’Assemblée nationale. Mercredi 30 janvier, en plein examen de la proposition de loi « prévention et sanction des violences lors des manifestations », autrement connue sous le nom de loi « anticasseurs », le député centriste Charles de Courson (Libertés et Territoires) a soudainement exprimé haut et fort ce que beaucoup, y compris au sein de la majorité, pensent tout bas.

« Réveillez-vous mes chers collègues ! Le jour où vous aurez un gouvernement différent, vous verrez, quand vous aurez une droite extrême au pouvoir, vous verrez, c’est une folie que de voter cela ! » a-t-il lancé au sujet de l’article 2 du texte, qui permet d’interdire de manifestation des personnes par arrêté préfectoral. C’est aussi en raison de cet article que le député La République en marche (LREM) Aurélien Taché a indiqué au JDD qu’il ne voterait pas cette proposition de loi « en l’état ». Les deux élus ne sont pas les seuls à s’inquiéter des dispositions qui figurent dans ce texte élaboré par la droite sénatoriale à l’automne 2018 et recyclé dans l’urgence par le gouvernement d’Édouard Philippe.

Car au-delà de la seule sphère politique, les défenseurs des libertés publiques et des droits individuels dénoncent également une énième « loi de circonstance », qui n’aura d’autre effet que de restreindre le droit de manifester, lequel découle de l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme sur la liberté d’opinion. Dans ses observations en date du 29 janvier, le secrétariat général de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a lui aussi mis en garde le législateur sur les risques engendrés par ce texte.

« Si l’objectif est d’interdire aux “casseurs” de manifester, l’arsenal juridique existant y répond déjà », indique l’institution, en pointant, article par article, toutes les carences – et elles sont nombreuses – de la proposition de loi. Avant d’en conclure que « les pouvoirs publics ne sauraient restreindre encore davantage la liberté de manifester, déjà fortement encadrée, sans porter atteinte à l’un des piliers d’une démocratie vivante ». Ces observations n’ont pour l’heure rien changé. Et malgré les vives critiques qu’il suscite, le texte, dans sa forme toilettée par le Palais-Bourbon, devrait faire l’objet d’un vote solennel mardi 5 février.

Ces critiques n’ont pourtant rien d’une simple opposition politique classique. Elles sont d’ailleurs parfois émises par des personnalités qui, sur bien d’autres sujets, soutiennent l’action d’Emmanuel Macron. Or, depuis le début du quinquennat, elles n’ont jamais été entendues, comme en témoigne la façon dont avait été adopté, à l’automne 2017, le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme », qui fit entrer dans le droit commun les principales mesures de l’état d’urgence. À l’époque déjà, l’ensemble des défenseurs des droits humains, tout comme les experts qui en ont officiellement la charge aux Nations unies, s’était dressé contre les dérives de ce texte. En vain.

Pour l’avocat François Sureau, avec qui le président de la République échange à intervalles réguliers, cette nouvelle loi « anticasseurs » est « un tournant plus important que celui de la loi de sortie de l’état d’urgence ». « Au fond, déroger aux principes pour lutter contre le terrorisme, ça se conçoit parce que le terrorisme menace la société de liberté. Je n’adhère pas à cette position mais elle se comprend, explique-t-il à Mediapart. Mais s’attaquer au droit de manifester en le soumettant au contrôle administratif a priori, c’est s’attaquer à la liberté elle-même. S’il y a des casseurs, le droit commun y pourvoit. »

Et de poursuivre : « Réduire les libertés publiques au motif que certains en feraient un mauvais usage, c’est s’engager sur une pente extrêmement dangereuse. Un jour viendra ou on tiendra le même raisonnement à propos de la liberté d’association ou de la liberté de la presse. Que veut-on instituer à la fin ? Le permis de manifester, qui ne serait accordé qu’à des manifestants bien propres adoubés par le préfet de police ? »

Selon François Sureau, derrière ces questions, « c’est l’existence du citoyen libre, qui ne doit jamais pouvoir être intimidé a priori par le gouvernement », qui se joue. « Quant aux auteurs de délits, le droit existant permet déjà de les réprimer, conclut-il. Cette loi ne menace pas le délinquant, elle menace le citoyen. » Un avis partagé par trois autres avocats, défenseurs eux aussi des libertés fondamentales, que Mediapart a également interrogés sur le sujet.

De la loi « anticasseurs » qui « fait craindre le pire pour l’avenir » (Henri Leclerc, avocat, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme – LDH), aux mauvaises réponses apportées « dès l’origine » au mouvement social des « gilets jaunes » (Jean-Pierre Mignard, avocat, proche d’Emmanuel Macron, membre de LREM et du comité consultatif national d’éthique – CCNE), en passant par leur inquiétude plus générale face à la « dérive sécuritaire » d’un « pouvoir politique décrédibilisé » (Patrice Spinosi, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, représentant notamment la LDH), ils donnent de la voix pour tenter de « réveiller » à leur tour ceux qui s’apprêtent à voter un énième texte répressif.

Henri Leclerc, avocat, président d’honneur de la LDH

« Le nom qui est communément attribué par tout le monde à cette loi est en lui-même significatif, dans la mesure où il évoque la précédente loi anticasseurs de 1970, qui avait été prise dans les mêmes conditions : une situation un peu chaude, en l’occurrence post-soixante-huitarde. Considérée comme une loi liberticide, elle fut d’ailleurs l’une des premières à avoir été abrogée par la gauche à son arrivée au pouvoir en 1981.

Cette nouvelle loi est une loi de communication. Le ministre de l’intérieur dit que ce n’est pas une loi de circonstance. C’est un mensonge. C’est une loi de circonstance, dans le sens où elle arrive au Parlement en raison des circonstances. Le gouvernement ne l’avait pas portée à l’Assemblée après son adoption au Sénat à l’automne, évoquant “un délai de sagesse”. Aujourd’hui, la sagesse a disparu.

Les lois de circonstance sont toujours de mauvaises lois. Parce qu’une loi, ça se réfléchit, ce n’est pas un arrêté ministériel. Les plus célèbres exemples à ce sujet, ce sont les fameuses lois qu’on a appelées les lois scélérates de 1893 et 1894, destinées à répondre aux menées anarchistes. L’anarchie a disparu très vite pour des raisons qui n’ont rien à voir avec ces lois, qui, elles, sont restées et n’ont servi qu’à réprimer l’ensemble du mouvement ouvrier pendant tout le XXe siècle.

Pour répondre à une situation de crise, on ne trouve rien d’autre que de chercher à promouvoir des dispositions qui restreignent les libertés au nom de la sécurité. Ce n’est pas nouveau. Depuis quelques années, on a créé un code de la sécurité intérieure, à côté du code de procédure pénale, qui dépossède au maximum le pouvoir judiciaire de son rôle de gardien des libertés individuelles. Cette nouvelle loi s’inscrit dans la même lignée.

L’article 2, qui instaure l’interdiction préfectorale de manifester, est à ce titre le plus préoccupant. Cette idée d’un pouvoir d’interdiction du préfet, de mise à l’écart de citoyens qui n’ont pas été condamnés, me paraît tout à fait inquiétante. C’est encore une fois une dépossession du pouvoir judiciaire. Nous sommes en face de quelque chose qui est grave, quels que soient les petits amendements qui ont été faits. C’est une grande régression des libertés.

L’autre point préoccupant est celui du fichier. On est en train de créer un fichier gigantesque avec des sous-fichiers contenant toute personne suspecte, toute personne qui ne serait pas véritablement soumise. L’idée selon laquelle nous pourrions résoudre le problème des casseurs en faisant un fichier est d’ailleurs absurde. Ce problème-là est une question de police générale et ne se résout ni par la violence ni par les fichiers.

On ne peut pas dire que Macron soit un homme qui ignore les mécanismes réels des principes fondamentaux de la démocratie. Mais il pense que nous sommes dans une société libérale, qui considère que les principes fondamentaux sont des superstructures qui ne font pas le poids face à l’efficacité du système. Dans cette conception générale, il ne faut pas que ces principes viennent entraver l’efficacité de l’action. Au fur et à mesure des années, on a peu à peu oublié que libertés individuelles devaient être préservées. Et la situation s’est encore aggravée sous ce quinquennat.

Face aux futures réformes, celle des retraites notamment, qui vont forcément être très impopulaires, le gouvernement se donne des armes, mais ce n’est pas de cette façon que l’on arrête une contestation. Ce que je crains le plus, c’est un changement de majorité considérable, avec un passage à l’extrême droite. Mettre dans notre arsenal législatif des dispositions anti-manifestations aussi dangereuses pour les libertés publiques me fait craindre le pire pour l’avenir.

D’autant que, comme ils ne réussiront pas à juguler les manifestations très fortes qu’il va y avoir, ils prendront une nouvelle loi plus répressive encore. C’est ce qu’on a fait pour le terrorisme. Depuis les premiers grands attentats de ces dernières années, il y a eu pratiquement une nouvelle loi antiterroriste par an, parce que les précédentes, tout en restreignant les libertés de tous, n’avaient pas réussi à éradiquer le terrorisme. C’est un enchaînement. La seule chose qui me donne un peu d’espoir, c’est le frémissement que l’on a aperçu parmi les députés LREM. Ils ne sont pas allés très loin, mais c’est déjà pas mal. »

ean-Pierre Mignard, avocat, membre de LREM et du CCNE

 « Les graves incidents d’ordre public avec la police sont d’abord nés de l’erreur d’appréciation politique du mouvement des gilets jaunes, que l’on a voulu marginaliser. Or ce mouvement allait bien au-delà de lui-même. Cette loi “anticasseurs” est une loi de circonstance. On fabrique une nouvelle fois dans l’urgence un texte qui, de l’avis même des professionnels, sera difficile à utiliser.

Dans le même temps, je constate qu’il n’y a pas eu de travail sérieux sur les carences des dispositifs législatifs existants. On doit toujours considérer que c’est le fait, et le fait lui seul, qui doit être punissable. Or cette loi crée un délit de présomption de participation à une manifestation en vue de procéder à des dégradations de biens ou à des violences contre les personnes.

Manifester est une liberté fondamentale, comme celle d’aller et de venir. Qui veut-on interdire de manifestation ? Est-ce que ce sont des personnes qui ont des opinions radicales ? Qu’est-ce qu’une opinion radicale ? Une opinion reste une opinion, qu’elle soit radicale, déplaisante, voire insupportable. Elle ne cause pas de violences physiques ni aux personnes ni aux biens. Il revient au juge, et au juge seulement, de pénétrer sur le terrain des libertés publiques et des droits individuels. Cette loi n’est pas une mesure de droit, c’est une mesure de police. Les parlementaires devraient sérieusement y réfléchir.

Ce sera ensuite au juge constitutionnel de trancher. Je ne vois pas certaines dispositions de ce texte faire long feu. Elles ne résisteront pas à un examen de droit. Je pense que ceux qui sont à l’origine de cette loi le savent, en tout cas s’ils ne savent pas, c’est encore plus inquiétant parce que ça signifie que leur documentation juridique est très faible.

Comme d’habitude depuis tant d’années, on répond à des manifestations par un souci de fermeté, de sévérité affirmée. On cherche à rassurer une partie de l’opinion qui demande toujours plus de textes de loi, sans forcément vérifier leurs fondements juridiques. Je note le grand silence du président de la République à ce sujet. Je pense que ce n’est pas son initiative. On sait depuis très longtemps que l’administration du ministère de l’intérieur est toujours très prolifique en nouveaux textes. Et dans des périodes comme celle-ci, par définition, on ne lui refuse rien.

Christophe Castaner prend la défense de ses fonctionnaires, ce qui est bien normal, mais il devrait prendre en considération toutes les violences. Il n’est pas ministre de la police, il est ministre de la République, c’est-à-dire qu’il est aussi responsable des personnes qui ont été blessées dans des circonstances qui n’ont rien à voir avec la protection des fonctionnaires de police.

Depuis l’origine du mouvement des gilets jaunes, nous disons que c’est une colère légitime, mais en même temps, nous parlons de “factieux”. Il y a deux lignes dans la majorité, deux manières d’appréhender ce qui est d’abord l’expression d’une crise sociale grave. Quand il y a une crise sociale, les gens ne vont pas manifester avec un traité du savoir-vivre sous la main. Ceux qui commencent à marcher avec des intentions pacifiques peuvent être saisis à un moment donné par des intentions violentes, dans une confrontation avec la police, sans avoir de volonté prédéterminée de commettre des actes. Une manifestation, c’est un groupe en fusion comme dit Sartre.

La réponse du gouvernement n’a pas été pour rien dans les réactions rageuses de certains manifestants. C’était dangereux de le réduire à une prise d’otages des courants extrémistes, populistes, ou même fascistes. Il me semble qu’il eût fallu faire preuve de prudence, d’autant plus que ce mouvement n’est pas organisé : il n’a pas de leader ni de représentant ni de cordon de sécurité. Il fallait donc le protéger de lui-même et pas forcément envoyer des milliers de grenades lacrymogènes. Il fallait sans doute aussi répondre à la crise sociale beaucoup plus rapidement que cela n’a été fait. Et être plus attentif à ce qu’elle révélait. »

Patrice Spinosi, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation

 « Je pense que nous vivons en ce moment un glissement très dangereux. On est entré dans une logique d’exception, en habituant notre société, pendant les presque deux ans qu’a duré l’état d’urgence, à un certain nombre de mesures attentatoires à nos libertés. Il s’agit en particulier de mesures de police administrative, qui tendent à écarter le juge judiciaire, en donnant de plus en plus de pouvoir aux forces de police et au ministère de l’intérieur, pour contrôler et sécuriser l’espace public.

Aujourd’hui, le gouvernement et les forces de police sont en train de réemployer les mêmes mécanismes pour procéder au maintien de l’ordre public, non plus à l’égard des terroristes, mais à l’égard de ceux qui dérangent ou qui apparaissent comme des fauteurs de troubles. On voit bien comment l’exception, une fois qu’elle a été posée dans notre droit, fait tache d’huile, pour finir par devenir la règle.

L’exemple le plus typique de cette dérive, dans la loi “anticasseurs”, se manifeste avec les interdictions administratives de manifester. Il s’agit très exactement de la réplique de ce qui existait dans le cadre de l’état d’urgence. On avance toujours plus loin dans la logique de justice prédictive. Concrètement, cela est très grave. Petit à petit, on habitue les citoyens à vivre dans un régime de plus en plus contrôlé par le gouvernement, où on donne de plus en plus de pouvoirs et de libertés aux forces de police.

Pour qu’une démocratie fonctionne, il faut des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Bien sûr il est nécessaire que les forces de police puissent avoir la latitude de faire leur travail, mais sous le contrôle des juges et sous l’égide de la loi. Or, aujourd’hui, nous sommes régis par la politique du pire. On a l’impression que pour qu’un gouvernement se montre fort, il faut qu’il adopte une législation de plus en plus répressive. Mais c’est tout l’inverse : la répression n’est qu’une marque de faiblesse, en particulier lorsqu’elle s’applique dans le cadre de manifestations dans l’espace public.

Au lieu de gérer la crise avec le dispositif législatif déjà en vigueur, le gouvernement propose une énième législation répressive, que LREM avait pourtant refusé de voter au Sénat, il y a quelques mois. Certes, les temps ont changé, mais on voit bien comment les choses se font sous le coup de l’émotion et de la peur que représente le mouvement des gilets jaunes.

Dans la logique du gouvernement, on ne pourrait prétendre au droit de manifester qu’à la condition que le faire de façon paisible et silencieuse. Sauf que ça n’est pas la réalité. Dans les manifestations, on sait qu’il peut y avoir des dérapages et ces dérapages doivent être traités, sans forcément être réprimés par la force comme c’est le cas aujourd’hui. La violence engendre toujours la violence. Plus la répression sera dure à l’égard des manifestants, plus les manifestations seront susceptibles de monter d’un échelon dans la violence.

Cette dérive sécuritaire n’est pas nouvelle. Elle a été initiée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, elle s’est perpétuée sous celui de François Hollande et se maintient avec Emmanuel Macron. Nous vivons dans une société de plus en plus inquiète, de plus en plus agressive, face à laquelle le pouvoir politique décrédibilisé se retrouve démuni et n’a d’autre choix que de montrer qu’il est actif pour essayer de ne pas perdre la face. Mais tout cela ne fonctionne pas. Depuis plusieurs années, la logique sécuritaire se renforce dans notre législation, mais au bout du compte, nous n’améliorons pas notre sécurité.

Le problème c’est que l’on ne voit pas comment les choses s’inverseraient. Il y a un consensus général pour aller dans le sens d’une plus grande répression. Cela d’autant plus que, sous ce quinquennat, il n’y a plus d’opposition politique structurée. L’ancienne droite appelle de ses vœux une législation encore plus répressive et l’ancienne gauche est tellement tétanisée et en minorité qu’elle n’est plus susceptible de faire entendre une voix audible.

Restent les juges, constitutionnels, judiciaires, administratifs… Ce sont les derniers gardes fous de nos libertés. Mais pour eux aussi, la pression est considérable. On en voit une illustration avec la décision par le Conseil d’État qui vient d’être rendue sur l’utilisation des LBD. Face à la pression sociale, il est très difficile pour les juges de tête au gouvernement et d’imposer, contre la volonté des politiques, la garantie de nos libertés fondamentales. »

 

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5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 06:11

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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 21:04
Un déluge de réactions après la tentative de perquisition à Mediapart (Médiapart, 4 février 2019)
Un déluge de réactions après la tentative de perquisition à Mediapart
Par et

À gauche, les condamnations sont quasi unanimes après la tentative de perquisition ordonnée par le parquet à l'encontre de Mediapart. À La France insoumise, certains hésitent toutefois à dénoncer clairement ce qui aurait pu être une atteinte au secret des sources. LREM, de son côté, garde le silence et ne semble pas concerné par cette atteinte à la liberté de la presse.

La perquisition avortée dans les locaux de Mediapart, lundi 4 février, a fait réagir une large partie de la classe politique française, intervenue à un moment particulier : sur fond de durcissement de la législation sur le droit de manifester (lire ici et ) et après les propos controversés d’Emmanuel Macron sur les médias rapportés par Le Point, le président de la République envisageant que l’État puisse être le garant d’une « neutralité » de la presse.

À gauche, les réactions ont été nombreuses et le soutien unanime. Ou presque. Plusieurs responsables politiques replacent la tentative de perquisition à Mediapart dans un contexte global. Pour David Cormand, secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), la proposition de loi « anticasseurs », les récentes sorties du président sur la presse, ou la répression policière lors des manifestations des « gilets jaunes » font système : « Le respect de la liberté de la presse et donc, de la protection des sources, est constitutive des valeurs d’une démocratie et de notre république. L’affaire Benalla devient chaque jour davantage une affaire d’État. La loi dite “anticasseurs”, l’usage d’armes dites semi-létales par les forces de l’ordre, la tentation du recours bonapartiste au référendum pour “gérer” le mouvement des gilets jaunes, les indiscrétions du chef de l’État qui évoque la nécessité de contrôler les médias… Tout cela concourt à un même imaginaire qui fragilise les valeurs de notre République. Intimider les médias contribue au climat de délitement de notre démocratie. »

Même inquiétude du côté de Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste (PCF) : « Loi anti-manifestation, perquisitions dans une rédaction qui bouscule le gouvernement… La France de Macron glisserait-elle vers un régime autoritaire ? Le secret des sources doit être garanti tout comme la liberté de la presse. » Fondateur du mouvement Génération.s, qui a publié un communiqué pour dénoncer « une inacceptable opération d’intimidation », Benoît Hamon soutient « sans réserve » Mediapart. Il observe que « cette histoire s’inscrit dans la droite ligne de la loi qui interdit de manifester ! Il y a tout un pan des libéraux qui, historiquement, n’ont jamais aimé les contre-pouvoirs : le peuple, la presse… Macron est dans cette ligne, cette affaire est incroyable… ».

Au PS, on a fait mine de s’étonner que les policiers « aient été plus efficaces pour perquisitionner Mediapart que pour rentrer chez Benalla ». « La protection des sources des journalistes est un pilier de la démocratie, ajoute Olivier Faure, le premier secrétaire du parti. La violation de ce principe est une entame grave à la liberté de la presse et à son indépendance. »

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, a quant à lui exprimé sa solidarité (...).

À La France insoumise (LFI), les réactions ont été davantage contrastées. Avec, d’un côté, les Insoumis soutenant sans ambiguïté Mediapart, et de l’autre, les Insoumis ironisant sur le sort du journal, qui serait coupable de n’avoir pas soutenu leur mouvement lors de la série de perquisitions ayant visé La France insoumise, le 16 octobre, dans le cadre d’une double enquête préliminaire – l’une concernant l’emploi d’attachés parlementaires, l’autre les comptes de la campagne présidentielle (lire ici ou ou encore , ce que nous écrivions).

Côté « défenseurs », la tête de liste LFI aux européennes, Manon Aubry, a ouvert le bal. Tout de suite après l’annonce de la tentative de perquisition, elle tweetait pour dénoncer la « pente très dangereuse » prise par le pouvoir, sans toutefois, à l’instar de la députée Clémentine Autain, faire référence aux perquisitions de LFI. Les députées Caroline Fiat ou Mathilde Panot ont elles aussi déploré une attaque envers la liberté de la presse : « Même si tous à Mediapart ne nous ont pas soutenus, mes principes ne sont pas à géométrie variable : toute ma solidarité aujourd'hui aux journalistes », a souligné l’élue d’Ivry-sur-Seine.

L’eurodéputé Younous Omarjee et le député Ugo Bernalicis ont exprimé leur « solidarité » avec le journal et dénoncé la « dérive autoritaire » du pouvoir. Le député François Ruffin, par ailleurs journaliste, a quant à lui retweeté sans mot dire l’information « brute » délivrée par Mediapart sur la perquisition.

Chez LREM, le silence est d’or

La réaction a été beaucoup moins amène du côté de Jean-Luc Mélenchon et de certains de ses proches, au risque de choquer beaucoup d’internautes, y compris des Insoumis, sur les réseaux sociaux. Le leader de LFI s’est contenté d’un retweet amer visant à rafraîchir la mémoire de Mediapart : « Souviens-toi l’automne dernier. » Numéro deux du mouvement et candidat en deuxième position sur la liste aux européennes, Manuel Bompard a accusé « la dérive autoritaire du pouvoir », tout en soulignant que « ceux qui en sont victimes aujourd'hui regrettent sans doute d'avoir aidé la manœuvre en octobre dernier ». Adrien Quatennens y est lui aussi allé de son ironie cinglante :

 

 

 

Un déluge de réactions après la tentative de perquisition à Mediapart (Médiapart, 4 février 2019)

Le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière s’est fendu d’un premier tweet interpellant Mediapart afin de « rappeler votre absence de soutien quand nous avons protesté contre les perquisitions de nos locaux et la prise de nos fichiers ». Puis il a jugé bon d’ajouter, quelques minutes plus tard, un mot sans ambages : « Quand on perquisitionne des médias pour remettre en cause le secret des sources, c'est la liberté de la presse qui est piétinée. C'est une question de principe. »

Du côté de la majorité, le silence semble d’or, en tout cas la marque d’un besoin de confort pour ne pas froisser l’autorité judiciaire. Aucune parole publique d’élus ou responsables de La République en marche n’a été prononcée sur cette affaire susceptible de remettre en cause le secret des sources de Mediapart.

Sollicités, seuls la députée de l’Essonne Marie Guévenoux et le président du groupe à l’Assemblée nationale, Gilles Le Gendre, ont finalement accepté de réagir en milieu d’après-midi. Pour les deux élus, la chose est simple, comme le résume la première : « Il ne m’appartient pas comme parlementaire d’apporter un commentaire sur des investigations judiciaires en cours. Il en va de l'équilibre de nos institutions. Si le procureur a outrepassé ses droits, vos avocats peuvent engager les recours nécessaires. » Pour Gilles Le Gendre, Mediapart a fait valoir son droit de refuser cette perquisition dans le cadre d’une affaire judiciaire qu’il n’a pas à commenter.

Sur le fond, la procédure hors norme du parquet qui aurait pu mettre en danger le secret des sources, pierre angulaire de la liberté de la presse reconnue par la loi et la Cour européenne des droits de l’homme ? Aucune réponse. « Circulez, il n’y a rien à voir », semblent dire ces deux élus, pour qui la question fondamentale ici posée ne relève donc pas de leur champ de réflexion. Le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, n’a pas donné suite à notre sollicitation.

Sur une vingtaine de députés du parti présidentiel et du centre contactés, seule Frédérique Dumas, ex-LREM ralliée à l’UDI, a accepté de prendre position : « Je ne souhaite pas commenter, comme députée, une décision prise par le procureur. Je suis néanmoins surprise de l’attention portée au plus haut niveau à M. Benalla. Et, de mon côté, je suis attachée à la liberté de la presse et au fait qu’on n’altère pas sa capacité d’investigation. C’est l’oxygène de la démocratie. »

À droite, et surtout à l’extrême droite pourtant jamais avare de poursuites judiciaires contre Mediapart, cette affaire est du pain bénit pour enfoncer un peu plus le pouvoir en place. Dans un tweet, Florian Philippot se demande si la France est encore une démocratie. Thierry Mariani, ancien des Républicains et fraîchement rallié au Rassemblement national, accuse le gouvernement d’aller aussi loin dans les lois liberticides et les pratiques judiciaires que lors de la guerre d’Algérie… À l’instar de Nicolas Dupont-Aignan, il accuse le pouvoir de vouloir neutraliser la presse, comme avec la loi dite contre les « fake news ».

Du côté des défenseurs de la liberté d’expression, la condamnation est unanime. Joint par Mediapart, Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ CGT, qualifie cet événement de « totalement fou, surréaliste mais aussi assez prévisible vu l’attitude d’Emmanuel Macron envers la presse et les médias ». « On atteint un point de non-retour, poursuit-il. Il faut réagir très vite et très fort. » Dans son sillage, Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), estime qu’« une telle tentative d’atteinte au secret des sources par des procureurs accompagnés de policiers est une pression inacceptable sur le journalisme d’investigation ».

 

Certains « gilets jaunes » ont vu dans l’attaque judiciaire contre Mediapart un écho à leur lutte contre le pouvoir et les violences policières. Un groupe d’Argenteuil propose même un rassemblement devant les locaux du journal, pour protester contre « une étape supplémentaire dans l'autoritarisme de M. Macron, une étape de plus dans la violation des libertés fondamentales : dont celle d'être librement informé ».

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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 20:43
Marie-Hélène Bourlard et Benjamin Amar, syndicalistes, Maryam Madjidi, écrivaine, Mamoudou Bassoum, champion de Taekwendo, avec Ian Brossat et la liste du PCF: L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent! L'Humain d'abord!
Marie-Hélène Bourlard et Benjamin Amar, syndicalistes, Maryam Madjidi, écrivaine, Mamoudou Bassoum, champion de Taekwendo, avec Ian Brossat et la liste du PCF: L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent! L'Humain d'abord!
Marie-Hélène Bourlard et Benjamin Amar, syndicalistes, Maryam Madjidi, écrivaine, Mamoudou Bassoum, champion de Taekwendo, avec Ian Brossat et la liste du PCF: L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent! L'Humain d'abord!
Marie-Hélène Bourlard et Benjamin Amar, syndicalistes, Maryam Madjidi, écrivaine, Mamoudou Bassoum, champion de Taekwendo, avec Ian Brossat et la liste du PCF: L'Europe des gens, pas l'Europe de l'argent! L'Humain d'abord!
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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 06:40
Morlaix. Des commerçants en colère contre l’annulation du marché

Dans une lettre ouverte à la mairie de Morlaix, des commerçants expriment leurs interrogations et leur colère après l’annulation du marché, samedi 2 février 2019, en marge de la manifestation régionale des Gilets jaunes.

Le matin de la manifestation des Gilets jaunes, samedi 2 février 2019, Morlaix n’était pas la même. Les services de bus avaient été déviés. Le mobilier urbain avait été enlevé ou protégé. Les commerces étaient fermés et le marché du samedi matin avait été annulé. Une dernière décision qui n’a pas plu à certains des commerçants itinérants qui le fréquentent. Et ils le font savoir.

Dans une lettre ouverte, plusieurs d’entre eux remettent en question le choix de la Ville de Morlaix. Pour eux, le marché aurait pu avoir lieu, dans la mesure où la manifestation n’était annoncée dans le centre-ville qu’ « entre 12 h 30 et 14 h, heure à laquelle le marché est quasiment terminé » .

Les commerçants mettent également en avant le fait que la ville de Saint-Brieuc, qui a également accueilli une manifestation régionale des Gilets jaunes le 12 janvier, n’a pas annulé son marché. « Aussi, nous interrogeons-nous fortement sur la présentation de cette manifestation par la mairie , écrivent-ils. À quoi et à qui sert ce genre de dramatisation ?»

Cette lettre est signée par C. Emprou, productrice de plantes, Chantal et Roger Gourvil, vendeurs de fruits et légumes bio, C. Bigois, ostréicultrice, l’épicerie des Jeanettes et Le Ty Coz.

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