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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 19:40

Cher Alain Finkielkraut,

Permettez-moi de commencer par vous dire « salamtak », le mot qui s’emploie en arabe pour souhaiter le meilleur à qui échappe à un accident ou, dans votre cas, une agression. La violence et la haine qui vous ont été infligées ne m’ont pas seulement indignée, elles m’ont fait mal. Parviendrais-je, dans cette situation, à trouver les mots qui vous diront simultanément ma solidarité et le fond de ma pensée ? Je vais essayer. Car, en m’adressant à vous, je m’adresse aussi, à travers vous, à ceux qui ont envie de paix.

Peut-être vous souvenez-vous. Nous nous sommes connus au début des années 1980 à Paris, aux éditions du Seuil, et soigneusement évités depuis. Lors de l’invasion du Liban par Israël, vous n’aviez pas supporté de m’entendre dire qu’un immeuble s’était effondré comme un château de cartes sous le coup d’une bombe à fragmentation israélienne. Cette vérité-là blessait trop la vôtre pour se frayer un chemin. C’est l’arrivée impromptue dans le bureau où nous nous trouvions, de l’historien israélien Saul Friedländer, qui permit de rétablir la vérité. Il connaissait les faits. J’ai respiré. Vous êtes parti sans faire de place à ma colère. Il n’y avait de place, en vous, que pour la vôtre. Durant les décennies qui ont suivi, le syndrome s’est accentué. Vous aviez beau aimer Levinas, penseur par excellence de l’altérité, il vous devenait de plus en plus difficile, voire impossible, de céder le moindre pouce de territoire à celle ou celui que vous ressentiez comme une menace. Cette mesure d’étanchéité, parfaitement compréhensible compte tenu de l’histoire qui est la vôtre, n’eût posé aucun problème si elle ne s’était transformée en croisade intellectuelle. Cette façon que vous avez de vous mettre dans tous vos états pour peu que survienne un désaccord n’a cessé de m’inspirer, chaque fois que je vous écoute, l’empathie et l’exaspération. L’empathie, car je vous sais sincère, l’exaspération, car votre intelligence est décidément mieux disposée à se faire entendre qu’à entendre l’autre.

Le plus clair de vos raisonnements est de manière récurrente rattrapé en chemin par votre allergie à ce qui est de nature à le ralentir, à lui faire de l’ombre. Ainsi, l’islam salafiste, notre ennemi commun et, pour des raisons d’expérience, le mien avant d’être le vôtre, vous a-t-il fait plus d’une fois confondre deux milliards de musulmans et une culture millénaire avec un livre, un verset, un slogan. Pour vous, le temps s’est arrêté au moment où le nazisme a décapité l’humanité. Il n’y avait plus d’avenir et de chemin possible que dans l’antériorité. Dans le retour à une civilisation telle qu’un Européen pouvait la rêver avant la catastrophe. Cela, j’ai d’autant moins de mal à le comprendre que j’ai la même nostalgie que vous des chantiers intellectuels du début du siècle dernier. Mais vous vous êtes autorisé cette fusion de la nostalgie et de la pensée qui, au prix de la lucidité, met la seconde au service de la première. Plus inquiétant, vous avez renoncé dans ce « monde d’hier » à ce qu’il avait de plus réjouissant : son cosmopolitisme, son mélange. Les couleurs, les langues, les visages, les mémoires qui, venues d’ailleurs, polluent le monde que vous regrettez, sont assignées par vous à disparaître ou à se faire oublier. Vous dites que deux menaces pèsent sur la France : la judéophobie et la francophobie. Pourquoi refusez-vous obstinément d’inscrire l’islamophobie dans la liste de vos inquiétudes ? Ce n’est pas faire de la place à l’islamisme que d’en faire aux musulmans. C’est même le contraire. À ne vouloir, à ne pouvoir partager votre malaise avec celui d’un nombre considérable de musulmans français, vous faites ce que le sionisme a fait à ses débuts, lorsqu’il a prétendu que la terre d’Israël était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Vous niez une partie de la réalité pour en faire exister une autre. Sans prendre la peine de vous représenter, au passage, la frustration, la rage muette de ceux qui, dans vos propos, passent à la trappe.

Vous avez cédé à ce contre quoi Canetti nous avait brillamment mis en garde avec "Masse et puissance". Vous avez développé la « phobie du contact » à partir de laquelle une communauté, repliée comme un poing fermé, se met en position de défense aveugle, n’a plus d’yeux pour voir hors d’elle-même. Cette posture typique d’une certaine politique israélienne, et non de la pensée juive, constitue, entre autre et au-delà de votre cas, la crispation qui rend impossible l’invention de la paix. C’est d’autant plus dommage qu’il y a fort à parier que le monde dont vous portez le deuil est très proche de celui d’un nombre considérable de gens qui vivent en pays arabes sous la coupe de régimes mafieux et/ou islamistes. Pourquoi ceux-là comptent-ils si peu pour vous ? Pourquoi préférez-vous mettre le paquet sur vos ennemis déclarés que donner leur chance à de potentiels amis ? Le renoncement à l’idéal, dont j’évoque longuement la nécessité dans mon dernier livre sur Edward Said, est un pas que vous ne voulez pas franchir. J’entends par idéal la projection de soi promue au rang de projet collectif. Or, le seul rêve politique qui vaille, on peut aussi l’appeler utopie, c’est celui qui prend acte de la réalité et se propose d’en tirer le meilleur et non de la mettre au pas d’un fantasme. C’est précisément le contraire de l’idéal en circuit fermé qui fonctionne sur le mode d’une fixation infantile et nous fait brusquement découvrir, à la faveur d’une mauvaise rencontre, qu’il nourrit la haine de ceux qui n’ont pas les moyens de ne pas haïr. Cet homme qui vous a injurié a tout injurié d’un coup : votre personne, les Juifs et ceux que cette ignominie écœure. Il ne suffit toutefois pas de le dire pour le combattre et moins encore pour épuiser le sujet. À cet égard, je vous remercie d’avoir précisé à la radio que l’antisémitisme et l’antisionisme ne pouvaient être confondus d’un trait.

Peut-être aurez-vous l’oreille du pouvoir en leur faisant savoir qu’ils ne cloueront pas le bec des opposants au régime israélien en clouant le bec des enragés. On a trop l’habitude en France de prendre les mots et les esprits en otage, de privilégier l’affect au mépris de la raison chaque fois qu’est évoquée la question d’Israël et de la Palestine. On nous demande à présent de reconnaître, sans broncher, que l’antisémitisme et l’antisionisme sont des synonymes. Que l’on commence par nous dire ce que l’on entend par sionisme et donc par antisionisme. Si antisioniste signifie être contre l’existence d’Israël, je ne suis pas antisioniste. Si cela signifie, en revanche, être contre un État d’Israël, strictement juif, tel que le veulent Netanyahu et bien d’autres, alors oui, je le suis. Tout comme je suis contre toute purification ethnique. Mandela était-il antisémite au prétexte qu’il défendait des droits égaux pour les Palestiniens et les Israéliens ? L’antisémitisme et le négationnisme sont des plaies contre lesquelles je n’ai cessé de me battre comme bien d’autres intellectuels arabes. Que l’on ne nous demande pas à présent d’entériner un autre négationnisme – celui qui liquide notre mémoire – du seul fait que nous sommes défaits. Oui, le monde arabe est mort. Oui, tous les pays de la région, où je vis, sont morcelés, en miettes. Oui, la résistance palestinienne a échoué. Oui, la plupart desdites révolutions arabes ont été confisquées. Mais le souvenir n’appartient pas que je sache au seul camp du pouvoir, du vainqueur. Il n’est pas encore interdit de penser quand on est à genoux.

Un dernier mot avant de vous quitter. Je travaille au Liban avec des femmes exilées par la guerre, de Syrie, de Palestine, d’Irak. Elles sont brodeuses. Quelques-unes sont chrétiennes, la plupart musulmanes. Parmi ces dernières, trois ont perdu un fils. Toutes sont pratiquantes. Dieu est pour ainsi dire leur seul recours, leur seule raison de vivre. Réunies autour d’une grande table, sur laquelle était posée une toile de chanvre, nous étions une douzaine à dessiner un cargo transportant un pays. Chacune y mettait un morceau du sien. L’une un tapis, l’autre une porte, une colonne romaine, un champ d’olivier, une roue à eau, un coin de mer, un village du bord de l’Euphrate. Le moment venu d’introduire ou pas un lieu de culte, la personne qui dirigeait l’atelier a souhaité qu’il n’y en ait pas. Face à la perplexité générale, il a été proposé que ces lieux, s’il devait y en avoir, soient discrets. À la suggestion d’ajouter une synagogue, l’une des femmes a aussitôt réagi par ces mots : « S’il y a une église et une mosquée, il faut mettre une synagogue pour que chacun puisse aller prier là où il veut. Et elle a ajouté avec le vocabulaire dont elle disposait : « Nous ne sommes pas antisémites, nous sommes antisionistes. » Toutes ont approuvé, faisant valoir que « dans le temps », tout ce monde-là vivait ensemble.

Cher Alain Finkielkraut, je vous demande et je demande aux responsables politiques de ne pas minorer ces petites victoires du bon sens sur la bêtise, de la banalité du bien sur la banalité du mal. Préférez les vrais adversaires qui vous parlent aux faux amis qui vous plaignent. Aidez-nous à vous aider dans le combat contre l’antisémitisme : ne le confinez pas au recours permanent à l’injonction, l’intimidation, la mise en demeure. Ceux qui se font traiter d’antisémites sans l’être ne sont pas moins insultés que vous. Ne tranchez pas à si bon compte dans le vécu de ceux qui ont une autre représentation du monde que vous. Si antisionisme n’est plus un mot adapté, donnez-nous-en un qui soit à la mesure de l’occupation, de la confiscation des terres et des maisons par Israël, et nous vous rendrons celui-ci. Il est vrai que beaucoup d’entre nous ont renoncé à parler. Mais ne faites pas confiance au silence quand il n’est qu’une absence provisoire de bruit. Un mutisme obligé peut accoucher de monstres. Je vous propose pour finir ce proverbe igbo : « Le monde est comme un masque qui danse : pour bien le voir, il ne faut pas rester au même endroit. »

Dominique EDDÉ est romancière et essayiste. Dernier ouvrage: « Edward Said. Le roman de sa pensée » (La Fabrique, 2017).

 

(Lire aussi : Antisionisme et antisémitisme, le sens des mots)

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Note de l’auteure

 

Rédigée le 23 février dernier, cette lettre à Alain Finkielkraut a été acceptée par le journal Le Monde qui demandait qu’elle lui soit « réservée », puis elle a été recalée, sans préavis, 9 jours plus tard alors qu’elle était en route pour l’impression.

L’article qui, en revanche, sera publié sans contrepoids ce même jour, le 5 mars, était signé par le sociologue Pierre-André Taguieff. Survol historique de la question du sionisme, de l’antisionisme et de « la diabolisation de l’État juif », il accomplit le tour de force de vider le passé et le présent de toute référence à la Palestine et aux Palestiniens. N’existe à ses yeux qu’un État juif innocent mis en péril par le Hamas. Quelques mois plus tôt, un article du sociologue Dany Trom (publié dans la revue en ligne AOC) dressait, lui aussi, un long bilan des 70 ans d’Israël, sans qu’y soient cités une seule fois, pas même par erreur, les Palestiniens.

Cette nouvelle vague de négationnisme par omission ressemble étrangement à celle qui en 1948 installait le sionisme sur le principe d’une terre inhabitée. Derrière ce manque d’altérité ou cette manière de disposer, à sens unique, du passé et de la mémoire, se joue une partie très dangereuse. Elle est à l’origine de ma décision d’écrire cette lettre. Si j’ai choisi, après le curieux revirement du Monde, de solliciter L’Orient-Le Jour plutôt qu’un autre média français, c’est que le moment est sans doute venu pour moi de prendre la parole sur ces questions à partir du lieu qui est le mien et qui me permet de rappeler au passage que s’y trouvent par centaines de milliers les réfugiés palestiniens, victimes de 1948 et de 1967.

Alors que j’écris ces lignes, j’apprends qu’a eu lieu, cette semaine, un défilé antisémite en Belgique, dans le cadre d’un carnaval à Alost. On peine à croire que la haine et la bêtise puissent franchir de telles bornes. On peine aussi à trouver les mots qui tiennent tous les bouts. Je ne cesserai, pour ma part, d’essayer de me battre avec le peu de moyens dont je dispose contre la haine des Juifs et le négationnisme, contre le fanatisme islamiste et les dictatures, contre la politique coloniale israélienne. De tels efforts s’avèrent de plus en plus dérisoires tant la brutalité ou la surdité ont partout des longueurs d’avance.

Que les choses soient claires : l’antisémitisme n’est pas, de mon point de vue, un racisme comme un autre. Il est le mal qui signe la limite irrationnelle de l’humain dans notre humanité. Le combattre de toutes nos forces n’est pas affaiblir la Palestine, c’est la renforcer. Alerter un certain milieu intellectuel et politique sur les dangers d’une mémoire sioniste exclusive, c’est l’alerter sur la grave injustice qu’elle signifie, mais aussi sur le désastreux effet d’huile sur le feu antisémite que peut produire cette occultation de l’autre.

D.E.

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 13:34
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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 13:25
Syndicalistes de choc - ils se battent avec le PCF pour défendre les intérêts des travailleurs en Europe: Frank Saillot, Marie-Hélène Bourlard, Nacim Bardi (La voix du nord)
Syndicalistes de choc - ils se battent avec le PCF pour défendre les intérêts des travailleurs en Europe: Frank Saillot, Marie-Hélène Bourlard, Nacim Bardi (La voix du nord)

➡️ Franck Saillot a occupé son usine pour la sauver,
➡️ Marie-Hélène Bourlard, ouvrière du textile, s'est battue toute sa vie pour faire respecter le monde du travail,
➡️ Nacim Bardi se bat pour Ascoval.
Ils sont tous 3 candidats sur notre liste aux européennes. Quelle fierté !

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 13:16
Distribution du Rouge Finistère n°4, journal de la fédération du Finistère du PCF, dans le pays de Morlaix

Ce matin, samedi 9 mars, 7 camarades du PCF (Lucienne Nayet, Serge Bazin, Serge Puil, Ismaël Dupont, Roger Héré, Jean-François Vérant, Yvan Le Gall) distribuaient "Rouge Finistère" sur le marché de Morlaix avec notamment un dossier spécial Européennes (interviews de Cindérella Bernard et de Glenn Le Saoût, deux des quatre candidats bretons sur la liste "Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent" conduite par Ian Brossat pour les élections européennes du 26 mai prochain). Très bon accueil, très bons échanges. 

Parallèlement, des distributions sont organisés dans les quartiers de Morlaix (Kerfraval, La Boissière, La Madeleine, Ploujean), Plouigneau, Plougonven, Carantec, Lanmeur, Plougasnou, Roscoff...) 

Lundi 11 mars (10 h) : distribution de tracts  sur le marché de Guerlesquin
 
Ce lundi 11 mars une distribution du journal « Rouge Finistère » est programmée : rendez-vous à 10 h sur le marché de Guerlesquin.

Jeudi 14 mars (10 h) : distribution de tracts  sur le marché de Carantec
 
Ce Jeudi 14 mars une distribution du journal « Rouge Finistère » est programmée : rendez-vous à 10 h sur le marché de Carantec.

Mercredi 20 mars (17 h – local section) : réunion fête du 1er mai suivie par une AG
 
Ce mercredi 20 mars deux réunions sont programmées :
17 h – 18 h : réunion préparatoire à la Fête du 1er mai 2019 place Allende
18 h – 20 h – AG de Section
 
Distribution du Rouge Finistère n°4, journal de la fédération du Finistère du PCF, dans le pays de Morlaix
Distribution du Rouge Finistère n°4, journal de la fédération du Finistère du PCF, dans le pays de Morlaix
Distribution du Rouge Finistère n°4, journal de la fédération du Finistère du PCF, dans le pays de Morlaix
Distribution du Rouge Finistère n°4, journal de la fédération du Finistère du PCF, dans le pays de Morlaix
Distribution du Rouge Finistère n°4, journal de la fédération du Finistère du PCF, dans le pays de Morlaix
Distribution du Rouge Finistère n°4, journal de la fédération du Finistère du PCF, dans le pays de Morlaix
Distribution du Rouge Finistère n°4, journal de la fédération du Finistère du PCF, dans le pays de Morlaix
Distribution du Rouge Finistère n°4, journal de la fédération du Finistère du PCF, dans le pays de Morlaix

Le "Rouge Finistère" n°4, le journal de 8 pages de la fédération du PCF Finistère, est arrivé. Au menu, mouvement social, paroles de nouveaux adhérents communistes dans le Finistère, urgence d'une réforme fiscale, élections européennes avec des interviews de Cindérella Bernard et Glenn Le Saout , deux des candidats bretons aux Européennes, salons du livre jeunesse dans le département, solidarité avec les peuples kurdes et palestiniens, actualité du PCF en Bretagne et dans le Finistère, éducation populaire, hommage à Erik Satie! Bonne lecture et un grand merci à nos amis Anne et Chris pour la mise en page et la création graphique! Ce journal qui paraît tous les 4 ou 5 mois sera distribué à 30 000 exemplaires gratuitement par nos militants dans le Finistère.

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 07:56
Samedi 9 mars: Européennes, Cindérella Bernard invitée de la section PCF du Relecq-Kerhuon pour un débat sur l'égalité Femmes/hommes et la question des droits des femmes en Europe, 17h salle Germain Bounot
Samedi 9 mars: Européennes, Cindérella Bernard invitée de la section PCF du Relecq-Kerhuon pour un débat sur l'égalité Femmes/hommes et la question des droits des femmes en Europe, 17h salle Germain Bounot
La section du Relecq- Kerhuon organise un débat avec repas autour de l’égalité Femmes/ Hommes.

17h00 :    Débat autour de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Section du Relecq-Kerhuon - Salle des Associations Germain Bournot

Pour que les femmes continuent de libérer leurs paroles, fassent entendre leurs voix, leurs aspirations en matière de salaire, de pouvoir d’achat, d’accès à la culture, à la santé, à l’égalité, dans une Europe solidaire.

Avec la présence de Cindérella Bernard, candidate aux élections européennes et de syndicalistes, d'une syndicaliste de la CGT Educ'action, et de Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF

Suivi du verre de l’amitié.  Puis pour ceux qui veulent:

Repas au prix de 20 € : Salades-Bœuf Bourguignon-Dessert-Fromages-Boissons comprises. Si participation d’enfants, nous demander un tarif.

Rouge Finistère n°4 - février/mars 2019

Rouge Finistère n°4 - février/mars 2019

Rouge Finistère n°4 - février/mars 2019

Rouge Finistère n°4 - février/mars 2019

L’ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES : OÙ EN EST-ON DANS L’UE ?

Francis Wurtz, 7 mars 2019

L’Union européenne se targue volontiers d’avoir pour valeur fondatrice le principe de l’égalité femmes-hommes. De fait, ce principe est inscrit en toutes lettres dans les traités : dès 1957 en ce qui concerne « l’égalité des rémunérations pour un même travail »; puis, par la suite, « l’égalité des chances » et l’égalité de traitement en matière d’emploi et de travail. Le traité de Lisbonne (qui régit l’UE actuellement) affirme même que « pour toutes ses actions, l’UE cherche à éliminer les inégalités et à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes ». Elle a, ainsi, la possibilité d’adopter des lois européennes (directives ou règlements) contre les discriminations sexistes, tandis que le programme « Droits, égalité et citoyenneté » permet de financer des actions visant à atteindre l’égalité et à éradiquer les violences faites aux femmes. Plusieurs textes législatifs européens ont, du reste, vu le jour à cet égard. Par ailleurs, il existe depuis une dizaine d’années un « Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes » destiné à produire analyses et propositions propres à stimuler l’action des institutions européennes dans ce domaine, tandis qu’au Parlement européen, la « Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres » joue pleinement son rôle. Et pourtant…Que de chemin reste, concrètement, à parcourir dans la majorité des Etats membres pour pouvoir parler sérieusement d’égalité !

Qu’on en juge. Taux d’emploi ? 61% en moyenne pour les femmes, 72% pour les hommes. Temps partiel ? Il touche 31,9% des femmes contre 8,8 des hommes. Différence de salaires ? 16,3% : dit autrement, les femmes doivent travailler 59 jours supplémentaires, en moyenne, pour gagner un montant équivalent au salaire perçu par les hommes. Si la France se situe -très légèrement- en dessous de cette moyenne selon les statistiques européennes (15,8%), l’Allemagne creuse encore l’écart (22% !). Autre constat révoltant : si 60 % des Européens diplômés de l’enseignement supérieur sont des Européennes, elles ne sont plus qu’un tiers parmi les chercheurs ! La discrimination vaut également pour l’exercice des responsabilités publiques: l’UE compte 4 femmes Cheffes d’Etat et 3 Cheffes de gouvernement sur 28. Elles sont 29% des membres des parlements nationaux et 37% de ceux du parlement européen. La Banque centrale européenne bat le triste record du machisme avec 2 femmes seulement au Conseil des gouverneurs qui compte 25 membres. Quant à la violence physique ou sexuelle, si les hommes n’en sont pas préservés, elle touche une femme sur trois -souvent de la part de son compagnon- tandis que 75% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexuel dans un cadre professionnel ! (1) L’égalité reste un combat.

Je veux me joindre à hommage rendu à Roland Leroy, que j’ai eu le privilège de rencontrer à de fréquentes reprises, et dont j’ai toujours admiré le raffinement et l’inépuisable culture . Avec la disparition de ce dirigeant emblématique se tourne une page de l’histoire du Parti communiste français.

——–
(1) Tous ces chiffres sont à trouver sur le site « Toute l’Europe » (17/11/2017)

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 07:37
Samedi 18 mai - Européennes, meeting de campagne à Morlaix de Glenn Le Saoût, candidat avec le PCF et Ian Brossat, avec la présence et l'intervention de Lassana Bathily, président du comité de soutien de Ian Brossat
Glenn Le Saoût - photo Jean-Marc Nayet

Glenn Le Saoût - photo Jean-Marc Nayet

Certains disent de lui qu’il est un héros bien que lui même réfute ce terme. Suite à son acte de bravoure lors de la prise d’otage de l’Hyper Casher en 2015, il a obtenu la nationalité française. Face à la montée de l’extrême-droite partout en Europe il s’engage aujourd’hui aux côtés de Ian Brossat en président le comité de soutien de la liste Pour l’Europe des gens contre l’Europe de l’argent.

Il sera présent au côté de Glenn Le Saoût et des communistes de la région de Morlaix et du Finistère pour le meeting de fin de campagne des européennes à Morlaix le samedi 18 mai.

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 07:27

Européennes

Vendredi 5 avril: Maryam Madjidi à Morlaix, Local du PCF, 2 petite rue de Callac, à 18h: 

"Marx et la poupée: devenir écrivain dans l'exil, avec l'héritage du combat communiste en Iran et des blessures de la révolution islamique". 

Samedi 6 avril, à 11h: Maryam Madjidi à la rencontre des lecteurs à la librairie Dialogues Morlaix

Samedi 6 avril: l'écrivaine Maryam Madjidi (candidate en 8ème position sur la liste Européenne de Ian Brossat et du PCF) sera l'invitée des communistes brestois-es. Aprés avoir rencontré les lecteurs à 14 h 30 à la petite librairie et visité la médiathèque des Capucins elle particpera à une rencontre débat sur le thème de la solidarité envers les réfugiés à 18 h à la Fac Segalen.
Maryam Madjidi, écrivaine, professeur de Français Langues Etrangères travaillant avec les réfugiés, fille de militants communistes iraniens contraints à l'exil, militante pour le droit d'asile, auteur de "Marx et la poupée", un magnifique roman sur l'exil, son découverte de la France, son rapport avec l'Orient et les illusions de l'orientalisme, et l'engagement de ses parents qui a reçu le Prix Goncourt du Premier Roman en 2017 et le prix Ouest-France Etonnants Voyageurs en 2017, le prix Soroptimist de la romancière francophone 2018 !

Européennes: Il est important et essentiel que les artistes s'engagent dans ce monde: Maryam Madjidi, candidate sur la liste de Ian Brossat, à la rencontre des Finistériens le 5 et le 6 avril

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 07:18
Rétablissement de l'ISF - la proposition de loi des députés communistes rejetée à l'Assemblée Nationale
La proposition des députés communistes rejetée à l’Assemblée nationale

vendredi 8 mars 2019

La proposition de loi des députés communistes visant à rétablir l’impôt sur la fortune (ISF), a été rejetée le 7 mars à l’Assemblée (par 58 voix contre 45 et 2 abstentions).

Outre le rétablissement de l’ISF, le texte proposait également d’instaurer une plus grande progressivité de l’impôt sur le revenu en créant des tranches supplémentaires.

Le rapporteur du texte Jean-Paul Dufrègne considère cette proposition comme "une première étape vers une meilleure justice fiscale", malgré "les insuffisances de l’ISF", auquel pouvaient échapper des grandes fortunes. Il a déploré que la majorité "prive" l’hémicycle "d’un débat de fond".

La majorité refuse le débat que tout le monde réclame. Comment ne pas y voir du mépris ? a dénoncé le député de l’Allier

- Lire également l’intervention de F. Roussel lors de la discussion générale, député du Nord

Rétablissement de l’ISF, la majorité présidentielle s’y oppose.

Intéressant à travers le contenu de cette dépêche de l’AFP de voir les positionnements et les explications des uns et des autres...les masqués tombent face à l’exigence populaire à une véritable justice sociale.

La proposition de loi des députés communistes visant à rétablir l'impôt sur la fortune (ISF), l'une des principales revendications des "gilets jaunes", a été rejetée jeudi par l'Assemblée nationale, malgré le soutien de l'ensemble de la gauche.

"Idéologique" pour la majorité, "démagogique" et "contre-productif" pour LR, ou "prématuré" selon UDI-Agir, le premier texte de la "niche parlementaire" PCF a été retoqué par 58 voix contre 45 et 2 abstentions, avant même l'examen de ses amendements.

Le rapporteur du texte Jean-Paul Dufrègne s'est défendu de verser dans l'idéologie, considérant cette proposition comme "une première étape vers une meilleure justice fiscale", malgré "les insuffisances de l'ISF", auquel pouvaient échapper des grandes fortunes. Il a déploré que la majorité "prive" l'hémicycle "d'un débat de fond".

Outre le rétablissement de l'ISF, dont la transformation en IFI (impôt sur la fortune immobilière) au début du quinquennat reste selon le député de l'Allier "le symbole d'une politique injuste", le texte proposait d'instaurer une plus grande progressivité de l'impôt sur le revenu en créant des tranches supplémentaires.

Selon la secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, ce "vieux totem de l'ISF" n'a "pas résolu le chômage de masse" ni même "permis une meilleure redistribution" des richesses. Elle a aussi souligné "son impact défavorable sur notre économie".

Pour Cendra Motin (LREM), le retour de cet impôt "serait de nature à refroidir les plus grands et riches amoureux de la France", avec pour conséquence "une attractivité affaiblie".

Lise Magnier (UDI-Agir) a elle jugé "prématuré" de rétablir l'ISF avant même d'avoir pu évaluer les effets de sa transformation.

Véronique Louwagie (LR) a fustigé un texte "dangereusement démagogique" et "contre-productif", pour ressusciter "un impôt moribond" qui "a touché davantage les classes moyennes supérieures que les grandes fortunes" et "fait fuir les capitaux hors de France".

"Seuls 0,2% des contribuables assujettis à l'ISF quittaient le territoire" par an, a affirmé, chiffres d'économistes à l'appui, le numéro un des communistes Fabien Roussel, estimant que l'on est "loin de l'hémorragie".

"L'argument selon lequel l'ISF ferait fuir est trompeur", a renchéri Christine Pirès-Beaune (PS).

Pour le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, la fin de l'ISF est "arrivée au moment le pire", celui où "vous demandiez aux gens de payer plus". L'ex-candidat à l'élection présidentielle a sommé la majorité de cesser de "cajoler les plus riches qui ne renvoient jamais l'ascenseur".

Assemblée nationale. La majorité refuse de rétablir l’ISF et d’augmenter le Smic
Vendredi, 8 Mars, 2019

Les députés communistes ont défendu des revendications portées par les gilets jaunes et plébiscitées par une majorité de Français, jeudi, alors que l’ordre du jour leur était réservé au Palais-Bourbon. La Macronie les a renvoyés dans les cordes.

Rétablir l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et augmenter le Smic ? Certainement pas. Ces deux propositions déposées par les députés PCF ont été balayées d’un revers de main, jeudi, à l’Assemblée nationale. C’est que le retour de l’ISF constituerait « un frein pour nos entreprises », selon la secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher, en nuisant à l’accumulation de capital, et donc à l’investissement et à l’emploi. L’ISF serait même « de nature à refroidir les plus grands et riches amoureux de la France », a argumenté la députée LaREM Cendra Motin. « Les mythes ont la vie dure en matière de fiscalité. Pour justifier l’injustifiable, vous avez inventé que l’ISF ferait fuir les riches. Mais aucune évaluation ne le prouve ! » a martelé Jean-Paul Dufrègne. L’élu PCF a eu beau rappeler que « les inégalités de patrimoine sont les plus importantes et les plus structurantes » en France, puisque celui des plus riches est « 180 fois plus important que celui des dix pour cent les plus modestes », rien n’y a fait. Le rappel que la suppression de l’ISF a bénéficié aux 150 000 ménages les plus aisés, soit 0,5 % d’entre eux, au moment où la France se serrait la ceinture n’a pas non plus ému la majorité macroniste.

La hausse du Smic a elle aussi été envoyée au tapis

« Il y a un problème de méthode, de calendrier », a également attaqué Agnès Pannier-Runacher. Rappelant qu’un grand débat national est actuellement en cours, elle a accusé les parlementaires PCF de vouloir en « préempter » les conclusions, ce qui reviendrait à « mépriser les Français ». C’est pourtant le président de la République, Emmanuel Macron, qui a lui-même estimé que le rétablissement de l’ISF était hors sujet dans sa lettre aux Français, quand bien même les gilets jaunes et 77 % des citoyens du pays le réclament. « Il y a un paradoxe à proposer une augmentation des impôts au moment où les Français ont exprimé un ras-le-bol fiscal », a enfin asséné le gouvernement. Drôle de façon de contrer le retour de l’ISF et la volonté du PCF de renforcer la progressivité de l’impôt sur le revenu. L’objectif était de passer de cinq à neuf tranches, pour « moins faire payer les couches populaires et les classes moyennes, et plus faire payer les gros et très gros revenus ». Il n’a pas été retenu.

La hausse du Smic a elle aussi été envoyée au tapis. Si la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a reconnu que « les revenus tirés du travail ne permettent pas à tous de faire face aux dépenses du quotidien », elle a dans la foulée affirmé qu’une hausse « forte et soudaine » du Smic aurait « des effets négatifs sur l’emploi et la compétitivité des entreprises ». Aucune étude ne le prouve, a répondu Stéphane Peu, en s’appuyant sur les travaux de l’OFCE. L’élu PCF a ajouté que cette hausse du Smic était prévue en trois fois, pour atteindre les 1 800 euros brut (soit 1 400 euros net) au 1er janvier 2022. « France Stratégie dit que le Cice est un échec. Votre cabinet l’a confirmé. Il a coûté 111 milliards d’euros en cumulé pour 100 000 emplois créés ou préservés », a-t-il détaillé. Puis il a proposé d’éteindre progressivement ce dispositif pour allouer 10 milliards d’euros par an au soutien des PME et TPE, afin que la hausse du Smic ne les fragilise pas. Mieux, selon l’élu, augmenter le salaire minimum permettra d’augmenter tous les salaires, ce qui alimentera la consommation des ménages pour devenir « le principal levier de relance de l’activité économique du pays ». Un bon investissement, « qui ne partirait ni dans la finance, ni dans les paradis fiscaux », et viendrait renforcer le financement de la Sécurité sociale, a-t-il exposé. Sans être entendu.

Aurélien Soucheyre, L'Humanité, 8 mars 2019
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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 07:07
Taxe Rose: pour une TVA à 0% sur les protections périodiques - Libération: Tribune d'Elina Dumont , ancienne SDF, comédienne, candidate aux européennes avec Ian Brossat et le PCF

TRIBUNE

 

Vous trouverez ci-dessous une tribune publiée ce jour sur Liberation.fr, d'Elina Dumont, ancienne SDF, comédienne et candidate aux élections européenne sur la liste "Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent" menée par Ian Brossat.

 

«Taxe rose» : pour une TVA à 0% sur les protections périodiques

J’ai passé quinze ans à la rue, il m’est arrivé d’avoir froid et pourtant le plus dur a été ailleurs : devoir prendre du vieux papier journal comme protection hygiénique certains mois parce que je n’avais pas assez d’argent pour m’acheter des serviettes. Cette sensation sur la peau, cette humiliation, je ne la souhaite à aucune femme. Cela m’a marqué à tout jamais.

Il y a quelques mois, l’Ecosse est devenu le premier pays au monde à rendre gratuites les protections périodiques pour les étudiants. En janvier, l’université de Lille a mis en place des «kits précarité menstruelle». Ces deux exemples ont un grand mérite : mettre au cœur du débat l’injustice que représente l’achat de ces produits indispensables à notre vie de femmes.

Nous sommes la sixième puissance économique au monde et, chaque mois, nous sommes des centaines de milliers de femmes invisibles à devoir nous débrouiller comme l’on peut, faute d’argent. Ces femmes, je connais leur visage : elles sont étudiantes, elles sont mères célibataires, elles sont gilets jaunes. Elles n’arrivent pas à joindre les deux bouts, alors elles se sacrifient.

Elles se sacrifient parce qu’elles n’ont pas le choix, tout simplement, cela a été mon cas à une époque ; elles se sacrifient parce qu’elles doivent arbitrer dans leur budget et, dans ce cas-là, on pense d’abord à ses enfants. Lorsque l’on est à quelques euros près, chaque centime compte pour remplir le frigo.

80 euros par an

La dépense des serviettes est loin d’être négligeable pour beaucoup d’entre nous : c’est entre 5 et 7 euros par mois, un peu plus de 80 euros par an. C’est une dépense obligatoire qui est taxée par l’Etat.

Si les hommes avaient besoin de serviettes hygiéniques, cela ferait longtemps que nous n’aurions plus de taxe sur ces produits-là. Aujourd’hui la «taxe tampon», comme je l’appelle, est de 5,5% en France ; elle reste à 19% en Allemagne et atteint même 27% en Hongrie.

Réduire le taux à 5,5% comme cela a été fait en France, c’est une première étape.

Je formule aujourd’hui deux propositions pour aller plus loin : d’abord une TVA à taux zéro sur les protections périodiques en France, avant une généralisation aux autres pays européens. C’est cela l’Europe que nous voulons.

J’entends déjà certains lecteurs dire : voici une belle idée mais elle est impossible. C’est, au contraire, tout à fait possible et en voici la preuve.

Cette harmonisation européenne sera la stricte application de «la clause de l’Européenne la plus favorisée». Son but : faire valoir dans toute l’Europe la loi qui est la plus favorable aux droits des femmes. Si nous gagnons ce droit en France, nous le gagnons partout en Europe. Ce serait un pas énorme que nous franchirions. Il nous faudra, alors, être attentives et nous assurer que les marques et les supermarchés répercutent bien cette baisse de la TVA comme il se doit et ne se remplissent pas les poches en passant.

C’est tout à fait possible, enfin, parce que c’est déjà appliqué dans plusieurs pays qui ont fait le choix d’une TVA à taux zéro sur ces produits. C’est le cas de l’Australie, du Canada, du Kenya ou encore du Nigeria. Depuis quelques semaines, c’est au tour de la Suisse d’ouvrir le débat.

Il n’est pas digne de la France et de l’Europe d’être à la traîne sur ce sujet. C’est une question de justice, d’égalité et de santé publique. C’est aussi une question de pouvoir d’achat pour de nombreuses femmes.

Elina Dumont, ancienne SDF, comédienne, candidate aux élections européennes sur la liste "Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent",

Paris, le 8 mars 2019.

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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 07:00
Renationalisation des autoroutes : Rejet de la Proposition de loi du groupe Communiste (avec un insoumis et un écologiste) par le Sénat

Renationalisation des autoroutes : Rejet de la Proposition de loi du groupe Communiste (avec un insoumis et un écologiste) par le Sénat

Hier, la majorité sénatoriale ainsi que l’ensemble des groupes parlementaires, avec l’assentiment du gouvernement, ont rejeté ou se sont abstenus sur la proposition de loi des sénatrices et sénateurs du groupe CRCE permettant d’engager la renationalisation des autoroutes. Seuls quelques sénateurs courageux ont voté notre proposition de loi.
Alors que le Sénat avait ouvert la brèche avec son refus de privatiser ADP, s’appuyant sur l’erreur politique, financière et stratégique que fut la privatisation des concessions par le gouvernement de Villepin, il nage aujourd’hui en pleine contradiction.

Pourquoi refuser de s’engager vers la renationalisation des autoroutes si l’on considère qu’il est nécessaire de préserver la maîtrise publique des infrastructures et de ne pas se priver de ressources fort utile notamment pour permettre le financement des infrastructures de transport et leur rénovation, dans le cadre de la transition écologique.

Les autoroutes, comme les aéroports, ont été financées par le fruit de l’impôt donc par l’argent du peuple. Nous ne pouvons supporter que les investissements publics soient captés par les intérêts privés d’actionnaires avides de dividendes. Les « gilets jaunes » ne s’y sont pas trompés en organisant des opérations « péages gratuits » : récupérer la maîtrise de ces infrastructures permettra d’en finir avec cette spoliation de l’intérêt général sur le dos d’usagers captifs condamnés à payer toujours plus, véritables vaches à lait d’un secteur sans risque.
Nous considérons que l’Etat doit reprendre la main et défendre ses intérêts stratégiques de souveraineté et nos concitoyens.
Tout le monde le sait : ces contrats sont tellement bien ficelés qu’ils ne sont pas renégociables. Toute velléité de renforcer les obligations sur les concessionnaires se soldera mécaniquement par des hausses sur les usagers. Il n’y a donc aucune solution dans le cadre contractuel. Pour cette raison, il faut dès maintenant aller jusqu’à la dénonciation de ces contrats. Attendre la fin des concessions laisse en outre le risque de voir ces contrats renégociés et prolongés à l’infini.
Sur tous les bancs, nous avons entendu un seul argument : « trop cher, attendons la fin des concessions ». Nous répondons faux !

Certes ce rachat a un coût mais celui-ci premièrement se négocie, y compris devant les tribunaux pour dénoncer des contrats viciés et déséquilibrés. Mais quand bien même il faudrait réinvestir, la puissance publique peut s’en donner les moyens, y compris parce que ce sont les péages qui financeront l’emprunt. Nous trouvons 40 milliards pour financer cette année seulement le CICE et nous n’aurions pas 50 milliards à investir sur le long terme. L’Espagne s’est engagée dans cette voie, preuve de la faisabilité d’une telle démarche.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE regrettent cette occasion manquée. Ils sont déterminés à continuer de proposer la renationalisation des autoroutes, y compris dans le cadre du débat sur la LOM à compter du 19 mars prochain.

Sénat. Quand l’autoroute passe par la nationalisation
Jeudi, 7 Mars, 2019

La proposition de loi de renationalisation examinée au Palais du Luxembourg à l’initiative des élus communistes trouve un écho nouveau avec les gilets jaunes.

On ne pourra pas reprocher aux parlementaires communistes l’inconstance : la proposition de loi (PPL) de nationalisation des sociétés d’autoroutes, examinée aujourd’hui au cours de la niche au Sénat, fait écho à la campagne que les mêmes sénateurs avaient menée en 2014, puis en 2016. À l’heure des gilets jaunes, la PPL pourrait trouver cette fois un écho nouveau. « La question du droit au transport et de son coût, de la place du service public, en lien avec la nécessaire transition écologique, relance l’intérêt de l’opinion, chez les élus et bon nombre d’observateurs, pour une renationalisation des autoroutes », ont plaidé les sénateurs du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE).

Par quelque bout qu’on le prenne, tout dans le dossier des sociétés d’autoroutes suinte le scandale. En 2006, Jacques Chirac et son premier ministre Dominique de Villepin ont vendu la part de l’État qui restait contre 15 milliards d’euros. Brader serait plus exact, puisque la Cour des comptes a ensuite estimé que les trois opérations d’ouverture du capital avaient abouti à une sous-évaluation de 10 milliards d’euros. En 2016, après avoir fait quelque temps les gros yeux, François Hollande devait prolonger les concessions accordées à trois géants du secteur, l’espagnol Abertis, et les deux français Eiffage et Vinci.

L’État organise sa propre spoliation

Derrière les sociétés d’autoroutes, on trouve en effet de gros acteurs du BTP vivant de la commande publique – un secteur dont l’implication dans les campagnes électorales fut notoire par le passé. Les autoroutes croisent souvent le politique, ainsi le conseiller officieux de plusieurs présidents, Alain Minc, fut nommé en 2011 à la tête de la Sanef. En investissant dans l’autoroute, les entreprises du BTP se créaient en somme un marché captif. Mieux, l’ensemble des niches fiscales dont elles bénéficient équivaut… aux 3 milliards d’euros d’investissement promis. Soit une opération blanche pour lesdites sociétés. Dit autrement, ce régime fiscal fait qu’il est plus intéressant de distribuer des dividendes et de financer les investissements par l’emprunt. Ainsi, en 2015, les Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR) déclaraient un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’euros, pour une dette de plus de 8 milliards. Mauvaise gestion ? Au contraire, en créant de la dette, les sociétés concessionnaires font coup double : rémunérer l’actionnaire tout de suite, la dette accumulée étant dissuasive pour que la puissance publique la rachète en cas de nationalisation. L’État doit un an de préavis, s’il souhaite reprendre la main.

Les 3,2 milliards d’euros d’investissement auxquels se sont engagées les sociétés en échange d’une prolongation des concessions accordées, et dont la fin théorique s’étale, pour le viaduc de Millau par exemple, de 2027 à… 2079, se transformeront, à la toute fin des contrats en cours, en 14,7 milliards de recettes nettes. Pour 100 euros de péages payés par les utilisateurs, entre 20 et 24 euros sont du bénéfice net pour les concessionnaires, rappelait la sérieuse Autorité de la concurrence en 2013. Et après ? Rien, il ne s’est rien passé en dépit de ces alertes officielles. L’État continue d’organiser sa propre spoliation. Car la privatisation des autoroutes, tout comme celles de la Française des jeux et d’Aéroports de Paris, en cours, ne répond en réalité pas à une nécessité économique. L’État pourrait tout aussi bien emprunter l’argent de la renationalisation. Les ressorts seraient plutôt idéologiques : en 2014, le ministre de l’Économie qui a validé le plan de prolongation des concessions s’appelait Emmanuel Macron.

Lionel Venturini, L'Humanité, 7 mars 2019
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