Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 19:43
samedi 6 avril - Visite de l'exposition Tal Coat au musée de Pont-Aven avec le PCF Finistère suivie d'une conférence de Renaud Faroux

La Fédération du Parti communiste vous propose le samedi 6 avril une visite de l'exposition consacrée à l'artiste Pierre Tal Coat et intitulée "Tal Coat (1905-1985) en devenir" au Musée de Pont Aven.

Né à Clohars-Carnoët, près de Pont-Aven, Pierre Tal Coat, né Jacob (1905-1985), dit “Tal Coat”, est fils de pêcheur. D’abord apprenti forgeron, une bourse lui permet de devenir brièvement clerc de notaire, à Arzano (Finistère). En 1924, il est mouleur et peintre sur céramique à la faïencerie Henriot. A Paris, il travaille à la manufacture de Sèvres

 Après ces divers métiers, il devient artiste autodidacte.

Au Louvre, il étudie l’art des grands maîtres des écoles françaises et italiennes du XVIe siècle, ce qui influencera son approche de l’espace. Henri Bénézit, jeune collaborateur puis directeur de la Galerie Fabre, est séduit par ses dessins et pastels.

Il  rencontre notamment Félix Fénéon, Ernest Hemingway, Francis Picabia, les frères Giacometti, Gertrude Stein. Le portrait de cette dernière remporte le prix Paul Guillaume, en 1936. 

Ses expositions se multiplient à travers le monde : Paris, Londres, New York, Berlin, Tokyo, etc. Il accompagne de ses dessins les poèmes d’André du Bouchet et, en 1968, reçoit le Grand Prix National des Arts. Une importante rétrospective lui est consacrée, en 1976, à Paris, au Grand Palais. 

 Dans les années 50, sa peinture se libère complètement des conventions de la composition classique et de l’espace pictural hérité de la Renaissance. Les éléments semblent fusionner dans un même mouvement, toujours en expansion. Au début des années 60, Tal Coat s’installe à Dormont, non loin de Giverny, dans la vallée de la Seine. C’est là qu’il accomplit pleinement son oeuvre, après de profondes remises en cause qui déconcertent souvent ses contemporains, y compris ses plus fervents admirateurs. La liberté de peindre est à ce prix. Dans cette dernière période, il produit un ensemble d’oeuvres (peintures, dessins, gravures) qui n’ont aucun équivalent dans l’histoire de l’art et qui font de lui l’égal des plus grands.

Cette exposition est organisée en partenariat avec le Domaine départemental de Kerguéhennec, en Morbihan, qui conserve un fonds de 1200 oeuvres de Tal Coat dont plus de 400 gravures et 500 dessins. Le Musée de Pont-Aven, par cette exposition, entend poursuivre son projet scientifique et culturel en approfondissant et diffusant la connaissance sur les artistes attachés à la Bretagne et imprégnés des théories modernes de l’art

La scénographie est réalisée par Éric Morin, auteur de nombreuses scénographies notamment au Fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la Culture à Landerneau et dans plusieurs musées et centre d’art de Bretagne.

Nous serons accompagnés pendant la visite d'un guide-conférencier-médiateur.

A la suite de cette visite Renaud Faroux fan de Tal Coat nous en fera découvrir plus encore à l'occasion de l'une de ses conférence débat dont il a le secret, salle Anne Follézou sur le port de Brigneau à Moelan sur Mer. La salle est mise à disposition par l'association "Les Amis de la Sardine Rient".

Après cette conférence on partage le vin, le paté et les rillettes. Et la tarte aux pommes.

Et tout ça pour 7euros (minimun). 

Après on peut donner plus !

Attention les inscriptions sont à adresser à Sylviane Papin: papin.sylviane@orange.fr

 

Lire aussi:

Vidéo de la conférence de Renaud Faroux sur les origines de l'abstraction à Landerneau (Mitchell et Riopelle) 2/02/2019

PCF 29: Conférence de Renaud Faroux sur les origines de l'abstraction et visite guidée de l'expo Jean-Michel Riopelle et Joan Mitchell au FHEL des Capucins à Landerneau: du pur bonheur!

Le 30 juin à Landerneau: avec Renaud Faroux, l'espace des Capucins et le PCF Finistère, on découvre la sculpture-paysage et le génie polymorphe d'Henry Moore

Landerneau: Avec l'historien et critique d'art Renaud Faroux et l'espace des Capucins, les militants communistes se familiarisent avec plaisir avec les artistes de la Figuration Libre, cette peinture underground contestatrice des années 80

Expo Picasso à Landerneau: un grand moment d'éducation populaire avec le critique d'art Renaud Faroux pour les adhérents communistes à la clôture de l'exposition le 1er novembre 2017

 

Partager cet article
Repost0
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 19:41
Pierre-Yves Liziar, Cindérella Bernard, Fabienne Bodin - Le Relecq-Kerhuon, 9 mars 2019, photos Ismaël Dupont

Pierre-Yves Liziar, Cindérella Bernard, Fabienne Bodin - Le Relecq-Kerhuon, 9 mars 2019, photos Ismaël Dupont

Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF

Les inégalités femmes-hommes et les atteintes aux droits des femmes en question!

Avec Cindérella Bernard (candidate aux européennes du PCF, présidente du groupe communiste au Conseil départemental des Côtes d'Armor) Fabienne Bodin ( féministe, commission égalité femmes-hommes de la CGT), Pierre-Yves Liziar, secrétaire de section du Relecq-Kerhuon et Ismaël Dupont, secrétaire de section du PCF.

Des interventions aussi de Anne-Marie Alayse, Isabelle Mazelin, Claudie Bournot Gallou, Pascal Ségalen, José Corre, Gérard Le Bricquer, etc. 

Débat passionnant hier, samedi 9 mars, au Relecq-Kerhuon organisée par la section PCF à la salle Germain Bournot avant son repas de section, sur la question des droits des femmes et de l'égalité femmes-hommes.

82% des salariés à temps partiel sont des femmes, pour beaucoup des temps partiels contraints, ce sont les 2/3 des travailleurs pauvres. Les métiers fortement féminisés sont en même temps ceux qui sont bien souvent les moins bien rémunérés, où la pénibilité et la responsabilité qu'ils engendrent ne sont pas reconnus à leur juste valeur (services à la personne, maintien à domicile, assistantes maternelles, aides-soignants, caissières, ouvrières à la chaîne, AVS, vente....). Beaucoup de femmes sont exploitées dans leur travail, dans le cadre de métiers fortement féminisés. L'orientation vers les métiers est largement conditionnée socialement avec des stéréotypes qui continuent à jouer, la maternité ou "le risque" de maternité handicape les femmes dans leur progression de carrière, leurs promotions: le fameux "plafond de mère". L'accès aux postes de responsabilité, aux promotions, est bien souvent réservé aux hommes, dans la banque, les grandes entreprises (exemple de Total), la recherche et l'Université.

Au final, à travail de valeur égale, il y a 17% à 18% de différence de salaire entre un homme et une femme.

Les pensions de retraite sont inférieures de 40 à 42% pour les femmes.

60% des agents contractuels de la fonction publique sont des femmes avec un État qui se conduit de manière scandaleuse vis-à-vis de nombre de ses salariées précaires, souvent au nom d'un traitement social du chômage qui enferme de la précarité des salariés dont le service public a besoin.

Ce n'est pas la suppression d'un milliard d'euros dans le budget du secteur dépendance, a rappelé Cindérella Bernard, qui va améliorer les choses.

Nous avons aussi échangé sur le drame bien trop quotidien et ordinaire des violences faites aux femmes: 85 000 viols ou tentatives de viols, le plus souvent dans la famille, ou l'entourage immédiat, 220 000 femmes battues ou sequestrés dans le cadre de la famille, 30 féminicides depuis le début 2019. 20% des femmes qui estiment avoir déjà été agressées sexuellement. Des dizaines de tentatives de viols encore sur le lieu de travail cette année. Beaucoup d'agresseurs qui continuent à agresser, intimider, humilier en toute impunité une fois que le cycle de violence sexiste et sexuel est ouvert.

C'est possible aussi parce qu'il existe une culture machiste sous-jacente qui s'exprime au quotidien dans la politique (Cindérella Bernard a donné des exemples particulièrement évocateurs), le travail, les relations familiales. En même temps, les jeunes femmes bien souvent n'acceptent plus les droits que s'arrogent les hommes sur elles au nom de la "galanterie" ou du désir.

Nous avons aussi évoqué la question des attachements sexuels et viols révélés à l'intérieur de notre organisation ces derniers jours, avec la difficulté pour les femmes victimes d'ête prises aux sérieux face à leurs agresseurs.

Ces derniers temps, il y a eu des régressions sur la législation en matière de sanctions pénales et de qualification pénale du harcèlement sexuel et sexiste (outrage, attouchement, viol, etc.). Parallèlement, les collectivités enlèvent des moyens aux associations et centres qui accompagnent les femmes victimes de violence.

Toutes les questions sur la thématique de l'égalité femmes-hommes n'ont pu être abordées (notamment l'influence des fondamentalismes religieux, la question de la liberté de choix, de la laïcité, menaces sur l'IVG, moyens prévention contraception et MST) mais ce sera très certainement l'objet de nouveaux débats, une commission Féminisme venant de se mettre en place dans le Finistère au PCF avec une grosse activité ces 15 derniers jours pour préparer le 8 mars, la journée internationale de lutte pour le droit des femmes.

Débat avec Cindérella Bernard, Fabienne Bodin (CGT), Pierre-Yves Liziar et Ismaël Dupont - L'égalité femmes-hommes et  les violations des droits des femmes en question au Relecq Kerhuon ce 9 mars à l'invitation de la section PCF
Partager cet article
Repost0
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 19:39
Algérie. Abdelaziz Bouteflika renonce à un cinquième mandat
Lundi, 11 Mars, 2019
Sous pression populaire, le président algérien a annoncé hier ne plus être candidat à sa propre succession. Le scrutin est reporté à une date indéterminée.
« Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi ». L’information est tombée dans la soirée, par un « message à la nation » signé d’Abdelaziz Bouteflika. Le président algérien renonce donc à se succéder à lui même et laisse entendre que d'autres y ont songé pour lui... Initialement prévue le 18 avril, l’élection présidentielle, annonce-t-il encore, est reportée : elle se tiendrait dans le prolongement d’une « conférence nationale inclusive et indépendante », une promesse déjà avancée par l'invisible chef d'État. Le pouvoir n’avait plus le choix. Cette candidature, celle d’un président au bilan contesté, affecté dans sa mobilité et dans son élocution depuis son accident vasculaire cérébral de 2013, a suscité un haut le cœur de la société algérienne, jetant des millions de citoyens de tous horizons dans la rue. Depuis deux semaines, les défections se succédaient dans tous les secteurs et jusque dans les cénacles les plus proches du Palais d’El Mouradia. Au lendemain de la mobilisation historique du 8 mars, le changement de ton était sensible dans le langage du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Ahmed Gaïd Salah, un fidèle du premier cercle qui jurait, après avoir accusé les protestataires de mettre en péril « la sécurité » et la « stabilité » du pays, que les ambitions des militaires étaient finalement « celles de l’Algérie et de son peuple ». Bouteflika lui-même n'avait-il pas fini par saluer « la maturité » de ceux qui manifestent pour « exprimer pacifiquement leurs opinions » ?
 

Chaises musicales

Avec cette adresse taillée dans la langue de bois du pouvoir, Abdelaziz Bouteflika prend acte de la fracture politique et générationnelle mise au jour par l’extraordinaire mouvement populaire qui s’est levé en Algérie : «  Il s’agit de satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser dans votre souci de lever tout malentendu quant à l’opportunité et à l’irréversibilité de la transmission générationnelle à laquelle je me suis engagé ». Pour l'heure, les changements promis ressemblent davantage à un jeu de chaises musicales. Ahmed Ouyahia est remplacé au poste de premier ministre par son ministre de l'Intérieur, Nourredine Bedoui, qui maniait il y a quelques jours encore la menace de répression à l'endroit des protestataires. La présidence annonce enfin, pour « contribuer de manière optimale à la tenue de l’élection présidentielle dans des conditions incontestables de liberté, de régularité et de transparence », la formation d’un « gouvernement de compétences » chargé d’expédier les affaires courantes et d’appuyer le travail d’une « commission électorale nationale indépendante ». Esquisse d’une transition ? Ce scénario suscite déjà le doute et l’inquiétude. Dans l’attente d’un scrutin reporté sine die, le clan Bouteflika reste de fait aux commandes ; il impose, comme il l’avait prévu, le prolongement contesté du quatrième mandat. Dans les arcanes d’un « système » dont les Algériens ne veulent plus, les obscurs manoeuvres ne font que commencer... 
 
Rosa Moussaoui
Algérie. Abdelaziz Bouteflika renonce à un cinquième mandat (11 mars 2019, Rosa Moussaoui, L'Humanité)
Partager cet article
Repost0
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 17:30
Solidarité avec Roman Levin, emprisonné pour avoir refusé de participer à l’occupation de la Palestine ! (MJCF, 8 mars 2019)

Roman Levin, jeune communiste israélien de 19 ans, s’est rendu aux autorités militaires le 25 février dernier, afin de signifier à celles-ci son refus de continuer à servir dans les « Forces de défenses israéliennes ». Alors qu’il accomplissait son service militaire obligatoire depuis plus d’un an, il a décidé de refuser de continuer à participer à l’occupation de la Palestine et à l’oppression de son peuple.

Roman Levin est depuis incarcéré dans une prison militaire, condamné à une peine de 30 jours, qui sera selon toute vraisemblance prolongée.

Dans une lettre rédigée afin d’expliquer sa décision, Roman affirme :

« Quand j’ai rejoint l’armée, je croyais que celle-ci servait les intérêts du peuple d’Israël, mais après avoir servi dans les Territoires [occupés], je me suis rendu compte que ce que l’armée fait là-bas ne sert ni mes intérêts, ni ceux des travailleuses et travailleurs en Israël, surtout après les massacres en cours contre les manifestations près de la clôture-frontalière à Gaza. La loi de Nationalité juive a renforcé cette prise de conscience. J’ai réalisé que je ne pouvais pas d’un côté m’opposer à l’occupation, au racisme et à l’ordre capitaliste et, de l’autre, servir dans l’armée qui défend ces choses ».

Le MJCF salue le courage de Roman Levin et lui apporte tout son soutien dans cette épreuve. Son geste, et celui de toutes et tous les objectrices et objecteurs de conscience, constituent un défi indispensable et inestimable à l’hégémonie militariste et oppressive, et sont la preuve vivante que la paix entre les peuples est possible.

Nous exprimons notre plein soutien aux Jeunes communistes d’Israël et à toutes et tous les organisations et personnes progressistes qui, dans ce pays, s’engagent pour la paix et la liberté, contre la politique coloniale de leur gouvernement.

Mouvement des jeunes communistes, vendredi 8 mars 2019 

Partager cet article
Repost0
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 15:58
Publié le 11/03/2019 par PCF
Algérie : « L’avenir du pays ne peut pas se construire sans son peuple »

Depuis plus de 3 semaines, les manifestations mobilisent des centaines de milliers d’Algérien-ne-s, en particulier le 8 mars où toute l’Algérie a manifesté son refus du scénario dicté par le pouvoir en place.

Ces rassemblements, que beaucoup s’accordent à qualifier d’historiques, touchent l’ensemble du pays d’une manière pacifique et dans une unité nouvelle.

La jeunesse et les femmes sont au premier rang mais ce sont maintenant des pans entiers de la société qui investissent l’espace public : les avocats, les journalistes, l’ordre des médecins, des intellectuels, des artistes.

Évidement, le refus de la candidature de A. Bouteflika a été l’élément déclencheur mais le mouvement est beaucoup plus exigeant. Les manifestants veulent reprendre espoir, dignité, liberté. Les Algériennes et Algériens refusent la « fossilisation » de ce système Bouteflika qui les éloigne des choix depuis si longtemps.

A ce moment historique, le gouvernement répond simplement en avançant les vacances universitaires pour essayer d’expulser les étudiants des campus.

Sont-ils sourds et aveugles, sont-ils si éloignés, si déconnectés pour ne pas comprendre ce qui se passe  ou cherchent-ils à gagner du temps ou alors sont-ils totalement surpris par la spontanéité et la maturité de ce mouvement populaire ?

La réponse des étudiants a été immédiate en demandant l’occupation des campus. Il semble que le « clan Bouteflika » devrait rapidement comprendre qu’il ne mobilisera pas la société autour d’un projet national sans redonner la parole à cette population qui a le courage de sortir dans les rues depuis plusieurs semaines le peuple algérien exige maintenant une transition démocratique, structurelle, culturelle, sociale et économique.

Le PCF salue le courage, la mobilisation des Algériennes et Algériens, soutient ces mobilisations et cet élan citoyen et civique qu’est en train de construire le peuple algérien.

Les pièges sont encore nombreux et il ne faut pas sous-estimer la capacité de survie du régime mais l’Algérie montre que l’avenir d’un pays ne peut pas se construire sans son peuple.

PCF - L’avenir du pays ne peut pas se construire sans son peuple (11 mars 2019)
Partager cet article
Repost0
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 15:55
La compagne d'internement de Guy Môquet, la résistante Odette Nilès, sur la liste de Ian Brossat et du PCF aux Européennes

🔴 Elle est la doyenne de notre liste pour les élections européennes et c’est une fierté pour nous

➡️ Odette Nilès, résistante arrêtée par les nazis en août 1941, compagne d’internement de Guy Môquet et militante associative.

Partager cet article
Repost0
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 15:53
Loi anticasseurs. Droite macroniste et droite LR unies contre le mouvement social
Lundi, 11 Mars, 2019

La loi restreignant la liberté de manifester, déposée par la droite sénatoriale et approuvée par les marcheurs à l’Assemblée, devrait être adoptée définitivement demain, au Sénat. Cinquante organisations alertent contre un texte liberticide.

Dans le contexte des gilets jaunes, il fallait délivrer un texte « rapidement » pour « rétablir l’ordre public ». Voilà le principal argument avancé par Bruno Retailleau, patron du groupe « Les Républicains » au Sénat, pour justifier que celui-ci vote la loi dite anticasseurs, demain, au Palais du Luxembourg. Les sénateurs LR et leurs homologues centristes n’apporteront pas la moindre modification au texte adopté par la majorité macroniste de l’Assemblée. Avec une conséquence de taille : cette proposition de loi liberticide sera alors définitivement adoptée par le Parlement. Pour rappel, cette loi visant « à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations », écrite et déposée par la droite sénatoriale, confère aux préfets le pouvoir d’interdire à une personne de manifester. Toute dissimulation volontaire du visage dans un défilé sera passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende.

Un « joli coup », s’est empressé d’applaudir le magazine Valeurs actuelles. En refusant de revenir sur les modifications faites à l’Assemblée, Bruno Retailleau a pris de court la majorité macronienne, qui comptait sur le passage en deuxième lecture à l’Assemblée pour modifier ce texte, une fois que la résistance des gilets jaunes aurait perdu de sa vigueur. Cinquante députés LaREM s’étaient abstenus – un record –, lors de l’examen en première lecture et pensaient avoir suffisamment marqué les esprits pour inverser le rapport de forces au sein du groupe LaREM. « Ce vote est un signal en vue de la deuxième lecture », avait même prévenu Sonia Krimi, députée LaREM de la Manche, sûre de son fait.

Les députés LaRem ont durci le texte du sénateur LR Bruno Retailleau

À ces petits jeux politiciens, il semble que les vieux briscards de la droite sénatoriale aient donné une leçon aux députés macronistes… sur le dos des libertés publiques. Car, au-delà des chicaneries parlementaires, ce rebondissement constitue, d’un strict point de vue factuel, une alliance de la droite macroniste et de la droite LR pour attaquer le mouvement social. Loin d’être anecdotique, ce vote témoigne, au fond, d’une réelle communion d’idées sur la nécessité de conjuguer libéralisme économique et autoritarisme politique. Notons, à ce sujet, que cette proposition de loi, promue par Bruno Retailleau, a été durcie par les députés marcheurs, qui ont étendu la période pendant laquelle le préfet pouvait bannir de manifestations un individu (jusqu’à un mois). C’est ainsi qu’une « loi de circonstance », « anti-gilets jaunes », vouée aux gémonies par Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme, mais aussi par Jean-Pierre Mignard et François Sureau, deux avocats proches d’Emmanuel Macron, va devenir une loi générale, intemporelle, gravée dans le marbre du Code pénal.

« Soumettre les participants et les participantes à une manifestation à une fouille systématique, confier aux préfets le pouvoir d’interdire à une personne de manifes ter, y compris sans qu’elle ait connaissance de l’interdiction prononcée et donc sans recours effectif possible, faire d’un visage en partie couvert un délit, voici l’esprit et la lettre de mesures qui sont autant d’empêchements à l’exercice d’un droit essentiel en démocratie : celui de manifester publiquement, collectivement et pacifiquement son opinion. » Telle est l’alerte lancée jeudi par 53 organisations (dont Amnesty International, Attac, la CGT, FSU, Unsa, l’Unef, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature, FNE, LDH…) pour appeler « solennellement » le gouvernement et le Parlement « à abandonner ces mesures qui violent les principes les plus fondamentaux de l’État de droit ».

Si la droite sénatoriale, après avoir tenu son rôle de contre-pouvoir dans l’affaire Benalla, maintient sa position demain dans l’Hémicycle, il reviendra au Conseil constitutionnel de juger s’il s’agit d’une loi « anticasseurs » ou « antimanifestants ». « Il est archiprobable qu’elle va nous être déférée », a déclaré son président, Laurent Fabius. Lequel devra en discuter, désormais, avec Alain Juppé, promu à la juridiction suprême. Un homme de droite nommé par le pouvoir macroniste et qui avait appelé les gilets jaunes à « cesser les manifestations » dans sa ville de Bordeaux, où il avait dénoncé les « vandales », « voleurs » et « pillards » lors de l’acte IV du mouvement.

Pierre Duquesne
Loi anticasseurs. Droite macroniste et droite LR unies contre le mouvement social (Pierre Duquesne, 11 mars 2019, L'Humanité)
Partager cet article
Repost0
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 15:48
Gérard Le Puill

Gérard Le Puill

Un week-end d’enfumage sur les retraites pour la sortie du grand débat
Lundi, 11 Mars, 2019

Médiatisés sans précaution, certains propos peuvent faire illusion quelques heures durant. Ce fut le cas ce week-end avec ceux tenus par Stanislas Guérini, délégué général de La République en Marche, le parti de Macron à propos des pensions de retraite. « Il faut revenir sur la sous-indexation des pensions pour les retraités les plus modestes. Pour ceux-là, les retraites doivent être réindexées à l’inflation», a-t-il dit à Chartres et dans le Parisien. Mais il n’a pas donné de chiffre sur le la somme mensuelle à partir de laquelle cette indexation serait souhaitable à ses yeux. Il n’a pas davantage proposé de date pour cette ré-indexation. Il a délibérément occulté les allocations familiales et l’APL  qui, elles aussi, ont été désindexées de l’inflation pour n’augmenter que de 0,3% en 2019 et en 2020, comme les pensions de retraite. 

Samedi  et dimanche, les télévisions  et les radios nous ont a laissé entendre  qu’il y aurait bientôt  une bonne nouvelle pour  les 16 millions de  retraités que compte le  pays.  On sait que plus de dix millions d’entre eux  ont perdu près de 4% de leur pouvoir d’achat en 2018 du seul fait de l’augmentation de la CSG 1,7%  sur les pensions brutes. Cette mesure injuste a diminué les pensions nettes de 1,83%. Et en même temps, comme le dit Macron, l’augmentation moyenne des prix  a été de 1,8% sur un an. Comme si cela ne suffisait pas, le président de la République  et son gouvernement  ont annoncé que les pensions de retraite ne seraient revalorisées  que de  0,3% en 2019 et en 2020. Voilà qui fera encore perdre  aux retraités près de 2% de pouvoir d’achat par an, soit un total proche de  8% sur trois ans après des années que quasi blocage sous la présidence de François Hollande.

Avec Macron, le diable se cache toujours dans les détails

Il fallait avoir ces chiffres en tête en entendant les télévisions et les radios nous dire que Stanislas Guérini, délégué général  de La République en Marche, proposait la ré-indexation des pensions de retraites sur l’inflation. Mais, avec Emmanuel Macron et son parti de supporters, le diable se cache toujours dans les détails. Certains médias laissaient entendre qu’il s’agissait de ré-indexation pour tous les retraités. D’autres notaient que la mesure ne concernerait  que les retraités modestes. Bref, il fallait avoir sous les yeux l’édition dominicale du Parisien pour lire la question du journal et la réponse du petit chef des Marcheurs à la botte de Macron. Cela donnait le dialogue suivant :

« Le malaise des retraités a aussi nourrit la crise des gilets jaunes que faire ?» questionnait le journal. Réponse de Guérini : « il faut revenir sur la sous-indexation des pensions pour les retraités les plus modestes. Pour ceux-là, les retraites doivent être réindexées à l’inflation ». Stanislas Guérini ne précisait pas le niveau de pension en deçà duquel il préconise une indexation sur l’inflation. Comme le Parisien ne l’évoquait pas non plus, on ne sait pas si  Guérini la situe au niveau du SMIC, qui est le salaire minimum des actifs travaillant à plein temps, ou en deçà.

Stanislas Guérini ne parlait que des pensions des retraités les plus modestes. Du coup, outre la majorité des retraités qu’il ne classe pas dans cette catégorie, son propos nous disait  en creux que les familles qui perçoivent des allocations familiales pour élever leurs enfants et les locataires qui bénéficient de l’Aide Personnalisée au logement (APL) n’ont rien a attendre du parti du président Macron et du gouvernement. En effet, tout comme les pensions de retraites, il est prévu que ces deux prestations ne seront revalorisées que de 0,3%  en 2019 et en 2020. Or, plus un ménage est pauvre, plus la part de ces prestations est importante pour l’équilibre de ses ressources. Ce sont donc  les pauvres qui continuent de payer les cadeaux faits aux plus riches puisque Guérini laisse clairement entendre que l’on ne rétablira pas l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) supprimé par Macron dès son arrivée au pouvoir.

Qu’attendre de la réforme des retraites dans ces conditions ?

Nous savons aussi que le président de la République a demandé à sa majorité parlementaire de réformer les systèmes de retraites dont les pensions sont jusqu’à présent calculées à partir des annuités de cotisation. Il est prévu de mettre en place un système unique de droits acquis par points. A ce propos, Emmanuel Macron ne cesse de répéter qu’il créera « un système universel des retraites dans lequel un euro cotisé donnera les mêmes droits quel que soit celui qui a cotisé ». On sait que ce système sera défavorable aux personnes qui auront souvent été victimes du chômage dans leur carrière. Mais une autre question de pose déjà. Comment faire confiance à un président de la République qui promet un système de retraite plus équitable aux futurs retraités quand ce même président décide de réduire, de deux manières douteuses et injustes, les pensions des actuels retraités en ne respectant pas les droits acquis par de longues années de cotisation ?

En effet, le pouvoir a augmenté la CSG des retraités de 1,7% sur les pensions brutes pour que les actifs bénéficient d’une petite augmentation du salaire net via la suppression des cotisations salariales pour la maladie et le chômage. Du coup, cette augmentation marginale du salaire net n’a coûte rien aux patrons, à commencer par ceux du CAC 40. Et en même temps, la sous-valorisation des pensions par une augmentation de 0,3% seulement en 2019 et en 2020 a été choisie par Macron et ses ministres de droite que sont Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin pour faire payer par les retraités et par les familles qui perçoivent des allocations familiales et de l’APL les cadeaux faits au riches via la suppression de l’ISF sur laquelle Macron refuse toujours de revenir !

Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, Sébastien Lecornu, un autre ministre venu de la droite déclare, qu’en avril, « Emmanuel Macron clôturera le grande débat et précisera sa vision en donnant les grandes axes de réponse et le sens de la direction à suivre pour le gouvernement (…) Il faut rester dans l’épure de l’ADN du macronisme », croit-il utile d’ajouter .

Les retraités comme les gens de condition modeste sont donc prévenus. Seule la lutte fera reculer ce pouvoir au service des riches.

Gérard Le Puill
Un week-end d’enfumage sur les retraites pour la sortie du grand débat (Gérard Le Puill, 11 mars 2019, L'Humanité)
Partager cet article
Repost0
10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 19:40

Cher Alain Finkielkraut,

Permettez-moi de commencer par vous dire « salamtak », le mot qui s’emploie en arabe pour souhaiter le meilleur à qui échappe à un accident ou, dans votre cas, une agression. La violence et la haine qui vous ont été infligées ne m’ont pas seulement indignée, elles m’ont fait mal. Parviendrais-je, dans cette situation, à trouver les mots qui vous diront simultanément ma solidarité et le fond de ma pensée ? Je vais essayer. Car, en m’adressant à vous, je m’adresse aussi, à travers vous, à ceux qui ont envie de paix.

Peut-être vous souvenez-vous. Nous nous sommes connus au début des années 1980 à Paris, aux éditions du Seuil, et soigneusement évités depuis. Lors de l’invasion du Liban par Israël, vous n’aviez pas supporté de m’entendre dire qu’un immeuble s’était effondré comme un château de cartes sous le coup d’une bombe à fragmentation israélienne. Cette vérité-là blessait trop la vôtre pour se frayer un chemin. C’est l’arrivée impromptue dans le bureau où nous nous trouvions, de l’historien israélien Saul Friedländer, qui permit de rétablir la vérité. Il connaissait les faits. J’ai respiré. Vous êtes parti sans faire de place à ma colère. Il n’y avait de place, en vous, que pour la vôtre. Durant les décennies qui ont suivi, le syndrome s’est accentué. Vous aviez beau aimer Levinas, penseur par excellence de l’altérité, il vous devenait de plus en plus difficile, voire impossible, de céder le moindre pouce de territoire à celle ou celui que vous ressentiez comme une menace. Cette mesure d’étanchéité, parfaitement compréhensible compte tenu de l’histoire qui est la vôtre, n’eût posé aucun problème si elle ne s’était transformée en croisade intellectuelle. Cette façon que vous avez de vous mettre dans tous vos états pour peu que survienne un désaccord n’a cessé de m’inspirer, chaque fois que je vous écoute, l’empathie et l’exaspération. L’empathie, car je vous sais sincère, l’exaspération, car votre intelligence est décidément mieux disposée à se faire entendre qu’à entendre l’autre.

Le plus clair de vos raisonnements est de manière récurrente rattrapé en chemin par votre allergie à ce qui est de nature à le ralentir, à lui faire de l’ombre. Ainsi, l’islam salafiste, notre ennemi commun et, pour des raisons d’expérience, le mien avant d’être le vôtre, vous a-t-il fait plus d’une fois confondre deux milliards de musulmans et une culture millénaire avec un livre, un verset, un slogan. Pour vous, le temps s’est arrêté au moment où le nazisme a décapité l’humanité. Il n’y avait plus d’avenir et de chemin possible que dans l’antériorité. Dans le retour à une civilisation telle qu’un Européen pouvait la rêver avant la catastrophe. Cela, j’ai d’autant moins de mal à le comprendre que j’ai la même nostalgie que vous des chantiers intellectuels du début du siècle dernier. Mais vous vous êtes autorisé cette fusion de la nostalgie et de la pensée qui, au prix de la lucidité, met la seconde au service de la première. Plus inquiétant, vous avez renoncé dans ce « monde d’hier » à ce qu’il avait de plus réjouissant : son cosmopolitisme, son mélange. Les couleurs, les langues, les visages, les mémoires qui, venues d’ailleurs, polluent le monde que vous regrettez, sont assignées par vous à disparaître ou à se faire oublier. Vous dites que deux menaces pèsent sur la France : la judéophobie et la francophobie. Pourquoi refusez-vous obstinément d’inscrire l’islamophobie dans la liste de vos inquiétudes ? Ce n’est pas faire de la place à l’islamisme que d’en faire aux musulmans. C’est même le contraire. À ne vouloir, à ne pouvoir partager votre malaise avec celui d’un nombre considérable de musulmans français, vous faites ce que le sionisme a fait à ses débuts, lorsqu’il a prétendu que la terre d’Israël était « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Vous niez une partie de la réalité pour en faire exister une autre. Sans prendre la peine de vous représenter, au passage, la frustration, la rage muette de ceux qui, dans vos propos, passent à la trappe.

Vous avez cédé à ce contre quoi Canetti nous avait brillamment mis en garde avec "Masse et puissance". Vous avez développé la « phobie du contact » à partir de laquelle une communauté, repliée comme un poing fermé, se met en position de défense aveugle, n’a plus d’yeux pour voir hors d’elle-même. Cette posture typique d’une certaine politique israélienne, et non de la pensée juive, constitue, entre autre et au-delà de votre cas, la crispation qui rend impossible l’invention de la paix. C’est d’autant plus dommage qu’il y a fort à parier que le monde dont vous portez le deuil est très proche de celui d’un nombre considérable de gens qui vivent en pays arabes sous la coupe de régimes mafieux et/ou islamistes. Pourquoi ceux-là comptent-ils si peu pour vous ? Pourquoi préférez-vous mettre le paquet sur vos ennemis déclarés que donner leur chance à de potentiels amis ? Le renoncement à l’idéal, dont j’évoque longuement la nécessité dans mon dernier livre sur Edward Said, est un pas que vous ne voulez pas franchir. J’entends par idéal la projection de soi promue au rang de projet collectif. Or, le seul rêve politique qui vaille, on peut aussi l’appeler utopie, c’est celui qui prend acte de la réalité et se propose d’en tirer le meilleur et non de la mettre au pas d’un fantasme. C’est précisément le contraire de l’idéal en circuit fermé qui fonctionne sur le mode d’une fixation infantile et nous fait brusquement découvrir, à la faveur d’une mauvaise rencontre, qu’il nourrit la haine de ceux qui n’ont pas les moyens de ne pas haïr. Cet homme qui vous a injurié a tout injurié d’un coup : votre personne, les Juifs et ceux que cette ignominie écœure. Il ne suffit toutefois pas de le dire pour le combattre et moins encore pour épuiser le sujet. À cet égard, je vous remercie d’avoir précisé à la radio que l’antisémitisme et l’antisionisme ne pouvaient être confondus d’un trait.

Peut-être aurez-vous l’oreille du pouvoir en leur faisant savoir qu’ils ne cloueront pas le bec des opposants au régime israélien en clouant le bec des enragés. On a trop l’habitude en France de prendre les mots et les esprits en otage, de privilégier l’affect au mépris de la raison chaque fois qu’est évoquée la question d’Israël et de la Palestine. On nous demande à présent de reconnaître, sans broncher, que l’antisémitisme et l’antisionisme sont des synonymes. Que l’on commence par nous dire ce que l’on entend par sionisme et donc par antisionisme. Si antisioniste signifie être contre l’existence d’Israël, je ne suis pas antisioniste. Si cela signifie, en revanche, être contre un État d’Israël, strictement juif, tel que le veulent Netanyahu et bien d’autres, alors oui, je le suis. Tout comme je suis contre toute purification ethnique. Mandela était-il antisémite au prétexte qu’il défendait des droits égaux pour les Palestiniens et les Israéliens ? L’antisémitisme et le négationnisme sont des plaies contre lesquelles je n’ai cessé de me battre comme bien d’autres intellectuels arabes. Que l’on ne nous demande pas à présent d’entériner un autre négationnisme – celui qui liquide notre mémoire – du seul fait que nous sommes défaits. Oui, le monde arabe est mort. Oui, tous les pays de la région, où je vis, sont morcelés, en miettes. Oui, la résistance palestinienne a échoué. Oui, la plupart desdites révolutions arabes ont été confisquées. Mais le souvenir n’appartient pas que je sache au seul camp du pouvoir, du vainqueur. Il n’est pas encore interdit de penser quand on est à genoux.

Un dernier mot avant de vous quitter. Je travaille au Liban avec des femmes exilées par la guerre, de Syrie, de Palestine, d’Irak. Elles sont brodeuses. Quelques-unes sont chrétiennes, la plupart musulmanes. Parmi ces dernières, trois ont perdu un fils. Toutes sont pratiquantes. Dieu est pour ainsi dire leur seul recours, leur seule raison de vivre. Réunies autour d’une grande table, sur laquelle était posée une toile de chanvre, nous étions une douzaine à dessiner un cargo transportant un pays. Chacune y mettait un morceau du sien. L’une un tapis, l’autre une porte, une colonne romaine, un champ d’olivier, une roue à eau, un coin de mer, un village du bord de l’Euphrate. Le moment venu d’introduire ou pas un lieu de culte, la personne qui dirigeait l’atelier a souhaité qu’il n’y en ait pas. Face à la perplexité générale, il a été proposé que ces lieux, s’il devait y en avoir, soient discrets. À la suggestion d’ajouter une synagogue, l’une des femmes a aussitôt réagi par ces mots : « S’il y a une église et une mosquée, il faut mettre une synagogue pour que chacun puisse aller prier là où il veut. Et elle a ajouté avec le vocabulaire dont elle disposait : « Nous ne sommes pas antisémites, nous sommes antisionistes. » Toutes ont approuvé, faisant valoir que « dans le temps », tout ce monde-là vivait ensemble.

Cher Alain Finkielkraut, je vous demande et je demande aux responsables politiques de ne pas minorer ces petites victoires du bon sens sur la bêtise, de la banalité du bien sur la banalité du mal. Préférez les vrais adversaires qui vous parlent aux faux amis qui vous plaignent. Aidez-nous à vous aider dans le combat contre l’antisémitisme : ne le confinez pas au recours permanent à l’injonction, l’intimidation, la mise en demeure. Ceux qui se font traiter d’antisémites sans l’être ne sont pas moins insultés que vous. Ne tranchez pas à si bon compte dans le vécu de ceux qui ont une autre représentation du monde que vous. Si antisionisme n’est plus un mot adapté, donnez-nous-en un qui soit à la mesure de l’occupation, de la confiscation des terres et des maisons par Israël, et nous vous rendrons celui-ci. Il est vrai que beaucoup d’entre nous ont renoncé à parler. Mais ne faites pas confiance au silence quand il n’est qu’une absence provisoire de bruit. Un mutisme obligé peut accoucher de monstres. Je vous propose pour finir ce proverbe igbo : « Le monde est comme un masque qui danse : pour bien le voir, il ne faut pas rester au même endroit. »

Dominique EDDÉ est romancière et essayiste. Dernier ouvrage: « Edward Said. Le roman de sa pensée » (La Fabrique, 2017).

 

(Lire aussi : Antisionisme et antisémitisme, le sens des mots)

---

Note de l’auteure

 

Rédigée le 23 février dernier, cette lettre à Alain Finkielkraut a été acceptée par le journal Le Monde qui demandait qu’elle lui soit « réservée », puis elle a été recalée, sans préavis, 9 jours plus tard alors qu’elle était en route pour l’impression.

L’article qui, en revanche, sera publié sans contrepoids ce même jour, le 5 mars, était signé par le sociologue Pierre-André Taguieff. Survol historique de la question du sionisme, de l’antisionisme et de « la diabolisation de l’État juif », il accomplit le tour de force de vider le passé et le présent de toute référence à la Palestine et aux Palestiniens. N’existe à ses yeux qu’un État juif innocent mis en péril par le Hamas. Quelques mois plus tôt, un article du sociologue Dany Trom (publié dans la revue en ligne AOC) dressait, lui aussi, un long bilan des 70 ans d’Israël, sans qu’y soient cités une seule fois, pas même par erreur, les Palestiniens.

Cette nouvelle vague de négationnisme par omission ressemble étrangement à celle qui en 1948 installait le sionisme sur le principe d’une terre inhabitée. Derrière ce manque d’altérité ou cette manière de disposer, à sens unique, du passé et de la mémoire, se joue une partie très dangereuse. Elle est à l’origine de ma décision d’écrire cette lettre. Si j’ai choisi, après le curieux revirement du Monde, de solliciter L’Orient-Le Jour plutôt qu’un autre média français, c’est que le moment est sans doute venu pour moi de prendre la parole sur ces questions à partir du lieu qui est le mien et qui me permet de rappeler au passage que s’y trouvent par centaines de milliers les réfugiés palestiniens, victimes de 1948 et de 1967.

Alors que j’écris ces lignes, j’apprends qu’a eu lieu, cette semaine, un défilé antisémite en Belgique, dans le cadre d’un carnaval à Alost. On peine à croire que la haine et la bêtise puissent franchir de telles bornes. On peine aussi à trouver les mots qui tiennent tous les bouts. Je ne cesserai, pour ma part, d’essayer de me battre avec le peu de moyens dont je dispose contre la haine des Juifs et le négationnisme, contre le fanatisme islamiste et les dictatures, contre la politique coloniale israélienne. De tels efforts s’avèrent de plus en plus dérisoires tant la brutalité ou la surdité ont partout des longueurs d’avance.

Que les choses soient claires : l’antisémitisme n’est pas, de mon point de vue, un racisme comme un autre. Il est le mal qui signe la limite irrationnelle de l’humain dans notre humanité. Le combattre de toutes nos forces n’est pas affaiblir la Palestine, c’est la renforcer. Alerter un certain milieu intellectuel et politique sur les dangers d’une mémoire sioniste exclusive, c’est l’alerter sur la grave injustice qu’elle signifie, mais aussi sur le désastreux effet d’huile sur le feu antisémite que peut produire cette occultation de l’autre.

D.E.

Partager cet article
Repost0
10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 13:34
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011