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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 08:52

 

 

 

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 08:46
Éric Guellec, président du groupe des élu(e)s communistes de Brest (Finistère).https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/brest-logement-tram-stade-le-pcf-va-se-faire-entendre-8cc1cbca-221f-11ec-a5a0-f6df8bfaf333

Éric Guellec, président du groupe des élu(e)s communistes de Brest (Finistère).https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/brest-logement-tram-stade-le-pcf-va-se-faire-entendre-8cc1cbca-221f-11ec-a5a0-f6df8bfaf333

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 08:39
Mathilde Maillard constate une demande émergente pour de l’habitat inclusif et partagé. (Photo Le Télégramme/Jean-Luc Padellec)

Mathilde Maillard constate une demande émergente pour de l’habitat inclusif et partagé. (Photo Le Télégramme/Jean-Luc Padellec)

Adjointe à la politique du bien vieillir à Brest, Mathilde Maillard rappelle que la première volonté de la Ville est d’accompagner le maintien à domicile. « Mais il y a un public pour ses résidences haut de gamme », ajoute-t-elle.

Comment expliquer cette profusion de projets de résidences seniors avec services portés par des opérateurs privés ?

« Il y a plusieurs facteurs. D’abord, on constate un vieillissement très marqué de la population. Sur Brest Métropole, selon les projections d’une étude commandée en 2018, les plus de 65 ans passeraient de 16,6 % en 2011, à 24,3 % en 2040. Ensuite, il y a les souhaits des seniors eux-mêmes. L’âge d’entrée en Ehpad a reculé fortement et de plus en plus, ils souhaitent se maintenir à domicile, que ce soit dans leur "chez soi" historique ou dans un nouveau "chez soi" dans des résidences garantissant une autonomie et un cadre sécurisant. Enfin, ces projets s’adossent sur des dispositifs de défiscalisation mis en place par l’État, qui ont incité des porteurs de projet privés à se positionner ».

N’y a-t-il pas un risque de saturation rapide sur cette offre haut de gamme ?

« Les porteurs de projets prennent leurs risques. Pour nous, l’essentiel reste que ces résidences s’intègrent dans une ville qui a une forte volonté d’accorder toute sa place aux seniors. C’est le sens de la démarche Ville amie des aînés que l’on poursuit actuellement, de façon que dans chaque quartier, ils puissent avoir un logement avec la proximité des commerces et des infrastructures de mobilité. On constate que les Brestois sont très attachés à leur quartier et quand ils avancent en âge, ils sont soucieux de conserver le lien avec leur vie d’avant. En tant que collectivité, notre rôle est de faire en sorte que l’offre soit suffisamment diverse et adaptée à tous les budgets, à commencer par les plus modestes ».

Justement, ces projets ne sont pas à portée de toutes les bourses. Or, l’étude de 2018 indiquait une offre manquante en résidence sociale et intermédiaire. Où en est-on ?

« Le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville gère la résidence autonomie de Poul-ar-Bachet agréée à l’aide sociale. S’ajoutent les offres à vocation sociale portées par les bailleurs sociaux, comme la résidence Proudhon à Saint-Martin. Et puis, il y a trois projets portés par Brest Métropole Habitat ou associatifs en cours sur la métropole, dont celui de Menez Bihan qui vient d’être livré. Les deux autres se situent rive droite à Brest et à Guilers, et cela représentera environ 200 logements au total. Notre première volonté est de favoriser le maintien à domicile, c’est pourquoi on accompagne le dispositif Soliha d’aménagement et d’adaptation des logements. On est aussi mobilisés auprès des seniors à travers le Clic, le réseau Voisin’age et le portage des repas, qui a augmenté son activité pendant la crise sanitaire ».

Y-a-t-il d‘autres besoins qui apparaissent ?
 

« On constate une demande émergente d’habitat inclusif et partagé. À Brest, il a l’expérience de colocation solidaire menée depuis 2017 à l’Ehpad Louise-Le Roux, qui permet à des étudiants de louer un logement à prix modéré en échange d’une présence bénévole auprès des personnes âgées. Il y a aussi l’association Ailes qui a mis en place un dispositif Tiss’Ages de location de chambres chez les Seniors. Beaucoup d'initiatives germent, et la collectivité mène un travail de réflexion actuellement avec les acteurs du sujet"

 

Interview de Mathilde Maillard, Le Télégramme, 20 septembre 2021

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 05:57
Fabien Roussel, le candidat communiste aux présidentielles, sera en Bretagne, à Rennes, le 27 octobre, pour un forum sur l'écologie, l'environnement et l'énergie (Halles Martenot)
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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 05:55
Fabien Roussel 2022 - Assez de factures toujours plus chères. Renationalisons EDF et Engie
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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 05:51
Auvergne: Fabien Roussel défend une ruralité heureuse (L'Humanité, 8 octobre 2021)
Présidentielle. En Auvergne, Fabien Roussel défend une ruralité heureuse
Vendredi 8 Octobre 2021

Le candidat communiste à la présidentielle a choisi la petite ville de Billom, dans le Puy-de-Dôme, et les thèmes de l’agriculture, de l’alimentation et des ruralités pour lancer une campagne de six rencontres-débats avec les électeurs.

 

Large sourire, Fabien Roussel est satisfait. Il ne s’en cache pas : « Je suis heureux d’être en Auvergne, et d’avoir choisi pour premiers thèmes l’agriculture, l’alimentation, les ruralités. » « Cela a surpris certains qui ne voient les communistes qu’à la sortie des usines », a-t-il ironisé ce mercredi. La première des « Rencontre des jours heureux » est indéniablement un succès. Une salle comble. Attentive. Soigneusement agencée pour accueillir les questions des participants, des internautes et des citoyens filmés le matin même dans les allées du Sommet de l’élevage. Et au final, des militants confiants dans leur candidat que beaucoup découvrent dans l’exercice.

Accompagné des deux députés communistes auvergnats, André Chassaigne (Puy-de-Dôme) et Jean-Paul Dufrègne (Allier), Fabien Roussel a, en effet, commencé sa journée par une visite au plus grand salon de l’agriculture après celui de Paris, qui se déroule cette semaine à Clermont-Ferrand. Et appréhendé en direct l’étendue des difficultés des paysans, notamment des éleveurs, que le candidat assurera de son soutien résolu, plus tard dans la soirée, dénonçant l’inquiétante diminution du nombre de cheptels au profit d’importations massives (75 % de la viande consommée dans la restauration collective provient de l’étranger). Un sujet d’ailleurs prioritaire.

« La rentabilité de nos exploitations est en chute libre »

En fait, c’est une vision globale de l’agriculture qu’a défendue Fabien Roussel. « Que voulons-nous pour la France, a-t-il interrogé , 100 000 agrimanagers installés sur des structures qui n’auront plus rien d’humain ? » Dénonçant la logique de concurrence de la politique agricole commune (PAC), les « usines agricoles », nocives pour les animaux, la santé des humains et l’environnement, il s’est prononcé pour le développement d’exploitations familiales, à taille humaine. 500 000 emplois d’agriculteurs seraient alors nécessaires d’ici 2030. La France ne compte plus que 435 000 paysans, un sur deux va prendre sa retraite ou cesser son activité dans moins de dix ans. En Auvergne-Rhône-Alpes, 2 000 éleveurs jettent l’éponge chaque année. Première raison à cette hécatombe : les maigres revenus que la majorité tire de leur travail. Fabien Roussel considère que l’État doit taper du poing sur la table et s’octroyer des pouvoirs nouveaux pour garantir la rémunération au juste prix de la production agricole. Cela pourrait prendre la forme de conférences publiques annuelles par filière. « La rentabilité de nos exploitations est en chute libre », confirment Noël et Isabelle, un couple de céréaliers installés sur les terres pourtant riches de la plaine de la Limagne. Ils sont venus écouter Fabien Roussel par curiosité. La proposition d’un Smic fixé à 1 800 euros brut, applicable aux ouvriers agricoles, leur paraît « tout à fait raisonnable ». Le couple verrait en plus d’un bon œil la création d’une « rémunération pour service rendu à la société » en compensation de l’agriculture de conservation des sols (ACS) qu’il pratique depuis plusieurs années et qui leur permet de limiter drastiquement leur consommation d’énergies fossiles. À la tête d’une ferme d’un peu plus de 100 hectares née du regroupement de la fermette d’Isabelle et des deux fermes de leurs parents respectifs dont ils ont hérité, ils remarquent que les générations précédentes s’en sortaient, certes difficilement, en travaillant sur leurs exploitations. Ce n’est pas leur cas puisque Noël, comme beaucoup d’agriculteurs, a été contraint de prendre un emploi salarié à l’extérieur.

Lucie Lafforgue a chamboulé son emploi du temps pour témoigner de son expérience de jeune éleveuse bio et de la chance que constitue le développement des circuits courts pour son exploitation. Elle écoule sa production à moins de 30 kilomètres de sa ferme, dans les marchés et en fournissant des écoles. « Je ne parviens pas à satisfaire les demandes de mes clients. Il y a vraiment de la place pour tous, assure-t-elle , à la condition bien sûr d’améliorer le revenu paysan (Fabien Roussel propose de généraliser le repas bio à 1 euro pour tous les enfants dans les cantines scolaires – NDLR) mais également de réimplanter des services publics. » Le contraire de ce qu’il se passe depuis plusieurs décennies où médecins, écoles, gendarmerie, services fiscaux disparaissent peu à peu du paysage rural. À Billom, La Poste envisage de réduire son activité et les effectifs du bureau. Le candidat communiste veut inverser la tendance. « Je suis pour le renouveau de la ruralité. Une ruralité des jours heureux pour ceux qui la font vivre et ceux de plus en plus nombreux qui aspirent à vivre hors des grandes zones urbaines. »

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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 05:45
De la saturation de l'espace public par les idées d'extrême-droite - par Patrick Le Hyaric
De la saturation de l’espace public par les idées d’extrême droite
L’heure est au combat et au travail pour aider à dégager nos concitoyens de la gangue dans laquelle on tente par un incroyable matraquage de les enfermer. Les penseurs progressistes, les syndicats et les forces de gauche ont un énorme rôle à jouer pour éviter le pire alors qu’un dispositif politique pensé en haut lieu est mis en place pour sauver le capitalisme et empêcher toute alternative de transformation sociale, démocratique et écologique.
On en observe tous les jours la manifestation concrète avec la saturation de l’espace public par les idées et la présence de l’extrême droite sur les ondes et les écrans. On nous somme désormais de choisir entre l’extrême droite et … l’extrême droite. Et lorsque l’on n’est pas convaincu du funeste tango Zemmour-Le Pen, les sondages pointent leur nez pour influencer l’opinion. Il se discute même dans les coursives médiatico-politiques de l’opportunité d’un débat Bardella-Zemmour. L’objectif vise à construire une violente contre-révolution idéologique pour tout détricoter de la pensée des Lumières et de l’héritage de 1789, que ces deux personnages abhorrent. Et, en guise de réponse, on nous clame benoîtement que « ce ne sont que des sondages ».
Le fond est ailleurs ! Candidat ou pas, M. Zemmour déporte le débat politique des enjeux de classe vers ceux d’une identité présupposée et fantasmée. Il agit comme un missile déstabilisant à la fois la droite républicaine et le parti des Le Pen dont le nom est considéré comme un handicap dans certains cercles de la haute bourgeoisie.
Dans leur cossu salon, on pense que Mme Le Pen n’a « aucune chance de gagner un jour ». La macronie et une autre fraction de la haute bourgeoisie à la manœuvre prennent de cette façon l’ancien parti de M. Sarkozy dans une tenaille mortifère, entre Edouard Phillippe et Eric Zemmour.
E. Zemmour tente ainsi de capter l’électorat qui s’est porté sur M. Fillon à la dernière élection présidentielle et en appelle à Mme Morano, MM. Wauquiez, Ciotti, Retailleau... Et, le rôle dévolu à M. Phillippe est d’élargir à droite l’assise politique de M. Macron.
Les projets qui se concoctent dans les arrières boutiques des mandataires du grand capital visent à installer en France un système ou existerait un grand parti « démocrate » et une force de nature « Trumpiste » pour mieux détruire ce qui a fait la France des Lumières, de 1789, de 1936 et de 1945 : tout ce qui reste des réalisations des gauches authentiques et des communistes et fermer toute possibilité d’alternative.
C’est du reste ce qui est à l’œuvre dans la plupart des pays européens. Ceci a déjà des conséquences pour l’électorat et les forces de gauche sommées non pas de présenter leurs propositions et de les mettre en débat, mais de se positionner uniquement par rapport aux idées d’extrême-droite, reprises en cœur par une grande partie du spectre de droite jusqu’au gouvernement. Ainsi, sans être candidat, l’irruption de Zemmour fait déjà bouger le spectre politique dangereusement.
L’inquiétante situation politique, appuyée par un confusionnisme à outrance, doit conduire à développer la lecture de l'Humanité et de L’Humanité Dimanche pour remettre les choses à l’endroit, mais surtout pour partager des réflexions, des analyses, des idées permettant au maximum de nos concitoyens d’agir pour transformer la vie et le monde.
▪ Extrait de ma Lettre du 08/10/2021 : http://r.lettre.patrick-le-hyaric.fr/aegutmqfzpt7e.html
▪ S'abonner à ma Lettre hebdomadaire : https://bit.ly/2WWtTsx
De la saturation de l'espace public par les idées d'extrême-droite - par Patrick Le Hyaric
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10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 05:42
Présidentielles - Ne pas se raconter d'histoires: édito de Guillaume Roubaud Quashie dans Cause Commune (N°23)

Ne pas se raconter d’histoires : c’est un point de départ quand on est décidé à vraiment changer les choses. Fleurissent pourtant en ce moment méditations privées, conversations entre amis et tribunes de presse autour d’un thème : la nécessité de l’unité de la gauche pour faire face aux périls historiques qui nous guettent l’an prochain. L’air tient souvent de la lamentation : la salvatrice unité de la gauche serait essentiellement entravée par des egos de grenouille (celle de la fable, vous savez) ; crevez-les et pourrait alors s’ouvrir un chemin de victoire. Qu’il y ait des egos et des calculs de mesquine tactique ici ou là, c’est indéniable mais disons-le tout net : on se raconte des histoires en plaçant là les problèmes principaux : ego des uns ; unité des partis politiques de gauche.
Un. « La gauche », il faut s’y faire, c’est toujours des millions de personnes mais ce n’est plus que quelques millions de personnes. Les intentions de vote pour des formations de gauche ? Moins de 30 %, en allant de Arthaud (LO) à Jadot (EELV) – étant entendu que ce dernier se réclame de la gauche un jour sur deux… Combien de bataillons pour le « peuple de gauche » ? Prenez tous les sondages, c’est la bérézina : on navigue entre 13 et 20 % de personnes se déclarant de gauche. Rien d’étonnant quand la gauche déçoit crescendo, de Mitterrand en Jospin et de Jospin en Hollande. Croire que le rassemblement de ces 13-20 % est la clé de tout, c’est nager entre le rêve et la nostalgie.

« Quand la gauche déçoit crescendo, de Mitterrand en Jospin et de Jospin en Hollande, croire que le rassemblement de ces 13-20 % est la clé de tout, c’est nager entre le rêve et la nostalgie. »

Deux. Le problème d’unité n’est pas tant celui de dirigeants qui ne parviendraient pas à se mettre d’accord : c’est dans ce qu’il reste du « peuple de gauche » lui-même que les divisions sont extrêmement profondes. La question n’est pas nouvelle : se pose toujours l’enjeu des reports de voix au second tour face à la droite. Les électeurs socialistes des années 1970 n’aimaient pas toujours les communistes et, dans un second tour opposant un communiste à la droite, des voix pouvaient manquer à l’appel, quelles que soient les consignes de vote officielles. Il pouvait également y avoir de la perte (souvent moindre, il est vrai) dans l’autre sens : certains électeurs communistes n’allant pas voter socialiste au second tour face à la droite. Reste qu’on n’arrive pas à imaginer une déperdition de voix significative si l’adversaire à battre avait été non pas de droite mais d’extrême droite. Face à pareil danger, on voit mal le « peuple de gauche » se refuser à soutenir le candidat de gauche le mieux placé. Bref, division il y a depuis longtemps – et c’est heureux car les projets ne sont pas les mêmes : rêver d’une gauche sans division aucune, c’est signer la mort des familles idéologiques et politiques différentes qui la composent – mais une division qui, pendant plusieurs décennies, ne s’est pas révélée complètement insurmontable. Nous n’en sommes plus là.
On a beaucoup commenté, mi-avril, le fait qu’en cas de second tour d’un candidat de gauche face à Le Pen (hypothèse sans fondement au vu des intentions de vote de premier tour), la victoire du RN était au bout du chemin, Le Pen faisant 60 % face à Mélenchon, 53 % face à Jadot, 50 % face à Hidalgo(1). On en est resté là, et il est vrai que c’était déjà pas mal. Mais si on entre dans les détails, on trouve un paysage qu’il vaut la peine de regarder en face. En cas de deuxième tour Mélenchon-Le Pen, la majorité absolue des électeurs du PS (ici, dans l’hypothèse d’une candidature Hidalgo de premier tour) choisirait l’abstention (54 %) plutôt que le vote FI (42 %) ! La réciproque est un peu moins vraie mais le report d’électeurs FI du premier tour vers Hidalgo au second serait à peine majoritaire (53 %). Comment dire avec plus de netteté la profondeur des divisions, non pas entre ténors égocentriques, mais dans ce « peuple de gauche » lui-même ! On se paie de mots quand on cite paresseusement les enquêtes indiquant que les électeurs de gauche aspirent à un candidat unique. Oui, ils veulent un candidat unique : celui qu’ils portent dans leur cœur, mais surtout pas le voisin ! À aucun prix. Même face à Le Pen !

« Le monde qui nous attend après la pandémie ne sera pas de tout repos et ne laissera guère la place à des demi-mesures et des non-choix. »

Résumons : le « peuple de gauche » a fondu comme neige au soleil ; ce qu’il en reste est lourdement divisé, indépendamment des consignes des uns et des egos des autres.
Trois. S’il faut considérer PCF, FI, EELV, PS, qui peut sincèrement soutenir que ces formations portent un projet commun pour la France, viable et alternatif à ce qui se fait aujourd’hui et ce qui se promet du côté des libéraux et de l’extrême droite ? Prenons les grandes questions économiques, sociales : écoutons les uns et les autres, et mesurons la polyphonie (si on veut habiller de ce nom les contradictions d’une cacophonie politique). Prenons les institutions. Prenons la laïcité. Prenons même, comme y invitait récemment Serge Halimi, les questions internationales. Une chose est de gérer ensemble une commune, un département, une région ; autre chose est de gouverner un pays. Ajoutons car, décidément, il ne faut pas se raconter d’histoires. Déjà quand elles sont dans l’opposition et en campagne, les forces les plus timides de la gauche ne s’engagent pas sur des changements significatifs, alors on n’ose imaginer ce que cela pourrait donner au pouvoir face aux vents violents qui soufflent sur notre monde. Combien de semaines, de jours avant d’annoncer la « pause », avant d’amorcer un virage de rigueur ?
Car c’est bien là le – quatrième – problème, on ne s’en sortira pas avec un accord minimaliste façon plus petit dénominateur commun. Le monde qui nous attend après la pandémie ne sera pas de tout repos et ne laissera guère la place à des demi-mesures et des non choix. Alors qu’une hausse forte du chômage est à redouter, on entend déjà les musiques libérales, venues de Bruxelles, de Bercy ou du siège du MEDEF : il va falloir réformer rudement le pays. Le capital a faim et ne restera pas doux spectateur. Encore n’osé-je ici sortir de la dimension la plus conjoncturelle. Si on doit considérer avec sérieux les défis qui se posent à l’humanité, non dans mille ans mais pour ce siècle même, on ne peut pas penser un instant que trois ou quatre mesurettes feront l’affaire. Non, tout accord minimaliste mènera dans le mur et risque si sûrement d’installer, le coup d’après, Le Pen au pouvoir. Rappelons tout de même que ce n’est pas pure fiction. 1981 : l’extrême droite est microscopique. La gauche déçoit. Voici la percée du FN en 1983-1984 ; en 1988, Le Pen pèse déjà 15%. Quand est-ce que le même Le Pen arrive au second tour ? Juste après l’amère expérience de la gauche plurielle. Quand est-ce que Le Pen revient au second tour et dépasse, pour la première fois, les 7,5 millions de voix et les 20 % ? Au lendemain du désastre Hollande. Un petit accord à gauche sur base étroite et c’est le mur garanti.

« Tout accord minimaliste mènera dans le mur et risque si sûrement d’installer, le coup d’après, Le Pen au pouvoir. »

Que conclure après ces lignes aux allures d’apocalypse ? Il ne s’agit pas de pleurer en estimant qu’il n’y a pas d’issue. Il n’y a pas d’issue… dans l’addition des maigres forces en présence. L’issue, nous en connaissons le chemin : il faut se battre comme des chiens pour faire grandir la force et la perspective communistes dans notre pays, dans les combats électoraux et dans tous les autres. Cela ne veut pas dire refuser tout accord à gauche, bien au contraire, mais faire grandir le rapport de forces populaire pour arracher un pacte d’engagements qui soit au niveau des attentes, des besoins et des défis, un accord qui soit appuyé sur des millions de personnes conscientes déterminées à prendre en mains leur destin.

Guillaume Roubaud-Quashie, directeur de Cause commune.

(1). Sondages à prendre avec mille pincettes, dans le cas d’un second tour face à Le Pen car une chose est de dire aujourd’hui, par téléphone, sans conséquences, ce qu’on ferait dans l’hypothèse où… ; une autre est, quinze jours après le premier tour, dans un climat politique tout autre, de faire effectivement tel ou tel choix électoral, avec toutes les conséquences réelles que cela peut impliquer.
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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 16:02

 

Rappel des faits À partir des années 1930, les germes de l’anticommunisme apparaissent. L’appareil médiatique et d’État l’alimentera. Cette politique se traduira dans les années 1940 par l’arrestation et la mort de nombreux militants.

GÉRARD BONETAncien journaliste à l’Indépendant de Perpignan et auteur

LOUIS POULHÈS Historien et auteur

CARINE PICARD-NILÈSSecrétaire générale de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé

 

L’anticommunisme est une idéologie ancienne, née bien avant l’existence du Parti communiste français. Mais cet anticommuniste va se développer après 1920. On se souvient de l’affiche avec l’homme au couteau entre les dents, ce visuel de propagande. Au moment du Front populaire, en 1936, l’anticommunisme va encore monter d’un cran du côté des possédants, de ceux qui n’acceptent pas la politique sociale mise en œuvre en faveur des « salopards en casquette » qui osent venir sur les plages grâce aux congés payés se mêler à ceux dont la classe avait l’habitude de goûter seule au tourisme. Sous l’Occupation, des dizaines et dizaines de milliers de militants, résistants et combattants tomberont sous les balles, périront sous la torture ou seront déportés en camp de concentration. L’anticommunisme ne disparaîtra pas à la Libération, même s’il s’estompera entre 1944 et 1947, pour réapparaître de plus belle lors de la guerre froide.

À l’heure du Front populaire, le communisme français est en forte progression en termes d’influence et d’implantation. Pourquoi est-ce à ce moment précis qu’apparaissent paradoxalement les germes d’un anticommunisme ?

Gérard Bonet

C’est en effet en octobre 1936 que Dominique Sordet, ulcéré par la victoire du Front populaire et la défaite des nationalistes, lance le « Manifeste des 300 ». C’est un texte radicalement anticommuniste. Sur ses deniers personnels et grâce au soutien du patronat de l’époque, il rédige un appel destiné aux journaux de province. Ce long texte est publié le 16 octobre 193­6 avec la même présentation et typographie par 300 journaux régionaux. Il est ensuite reproduit par certains quotidiens nationaux parisiens. C’est un bilan à demi-mot des quatre premiers mois du Front populaire où est fustigé « un gouvernement socialiste prisonnier des communistes » qui serait le complice de « l’installation en France du bolchevisme ». C’est un exemple très précis et caractéristique de cet anticommunisme virulent à la suite de l’élection du Front populaire. Il témoigne de la réaction de la bourgeoisie qui a peur de l’arrivée au pouvoir des communistes. C’est toute une machine médiatique de la politique qui s’installe ensuite. Deux ans plus tard, en octobre 1938, l’agence de presse Inter-France s’inscrira dans un dispositif de médiatisation de la vie politique avec la mise en service d’une radio et la première enquête d’opinion, un sondage Sofres…

Louis Poulhès

En fait, le Parti communiste est en butte avec l’État dès sa création. La différence est que cette répression s’appuie sur des législations antérieures anti-anarchistes. En 1939, se mettent en place des lois spécifiques contre les communistes. La revendication de dissolution du Parti communiste demandée par la droite est reprise par le gouvernement de gauche, dirigé par Daladier, à l’occasion de la signature du pacte germano-soviétique. Il s’agit pour le radical d’affermir la stabilité de son gouvernement en frappant un ennemi de l’intérieur souvent appelé le « parti de l’étranger ». Pourtant, face à l’ennemi de l’extérieur, l’Allemagne nazie, aucune mesure d’ampleur n’est prise. Cette interdiction de l’activité communiste doit donc être remise dans le contexte politique de l’époque. Le gouvernement de la fin de la IIIe République cherche ainsi à durer en élargissant sa base électorale.

Dans votre ouvrage (1) vous soulignez, Gérard Bonet, le rôle aujourd’hui méconnu de l’agence Inter-France et parlez d’une opération de « manipulation de la presse » ?

Gérard Bonet

Effectivement. Aujourd’hui, même chez les historiens ou les journalistes, très peu connaissent l’agence Inter-France. Elle a été évoquée mais n’a jamais été étudiée. Cette agence est ainsi un peu passée sous les radars alors qu’elle a joué un rôle très important. En 1938, l’agence Inter-France se présente comme nationaliste. En 1940, elle se réclame de Pétain et du régime de Vichy. En 1942, elle s’inscrit dans les pas de Laval, pour en 1943 devenir un véritable outil de propagande collaborationniste, puis finir en vecteur nazi et hitlérien. Elle est fondée en octobre 1938 par un certain Dominique Sordet, personnage lui aussi assez méconnu. Dès sa création, l’agence est antiparlementaire, antisémite et anticommuniste. Elle naît en réaction au Front populaire à partir du manifeste publié dès octobre 1936. Elle sera également antigaulliste et conservera ces quatre piliers jusqu’en 1944. À l’origine, c’est une agence documentaire qui a pour objectif d’arroser toute la presse de province. Au départ, elle sert un réseau de 38 journaux (27 quotidiens et 11 périodiques) qui la soutiennent. En effet, les journaux sont à la fois actionnaires et clients. En 1941, elle devient télégraphique avec Inter-France-informations et touche davantage de journaux, et presque exclusivement des quotidiens. Fin 1943, plus de 130 titres de presse adhèrent ainsi à l’agence. C’est beaucoup, puisque ne subsistent alors que 175 journaux contre plus de 700 en 1939, et bien plus dans les années du Front populaire ! Elle dessert les journaux qui diffusent alors au total vers plus de 4 millions de personnes. C’est considérable. Et elle a une caractéristique unique puisqu’en s’associant à l’agence allemande Transocean à partir de novembre 1942 elle est le seul média français à avoir été autorisé dans cette période à diffuser dans les deux zones nord et sud. Enfin, c’est aussi une maison d’édition qui a publié une quinzaine d’ouvrages de fascistes.

On vient de parler de l’appareil médiatique. Qu’en est-il de l’appareil d’État ? Votre ouvrage (2), Louis Poulhès, décrit ce processus qui commence bien avant Pétain.

Louis Poulhès

Avec mon ouvrage, j’ai voulu revenir sur l’histoire des ennemis du Parti communiste depuis la fin de la IIIe République jusqu’au régime de Vichy et l’occupation allemande. Même si plusieurs travaux sur la répression ont été publiés, c’est le premier ouvrage d’ensemble produit à ce sujet. Je montre que la fin de la IIIe République est une période essentielle puisque les gouvernants, le premier ministre Édouard Daladier et son successeur Paul Reynaud, se proposent rien de moins que d’éradiquer l’activité communiste, son parti et toutes ses organisations. Pour cela, ils mettent en action une série de dispositifs diversifiés. Le premier est l’interdiction des journaux du Parti communiste fin août 1939, suivie un mois plus tard par la dissolution de la totalité des organisations considérées comme communistes. Quelques semaines plus tard, c’est le recours à l’internement qui permet des arrestations à titre préventif même si les personnes n’ont commis aucun délit. En avril 1940, cette démarche est poursuivie par le décret Sérol, qui prévoit même la peine de mort pour activités communistes ! Autant de choses qui visent à supprimer les organisations, à mettre sous verrou les militants et les élus qui pourraient continuer à propager les idées communistes en France. Évidemment, ce socle de l’anticommunisme d’État est repris par le régime de Vichy en juillet 1940 à la suite de la défaite française et un partenariat s’établit avec l’occupant nazi. J’ai voulu étudier cette continuité et à la fois aussi les ruptures durant toutes ces années, et l’articulation entre l’occupant et Vichy. On peut dire que l’anticommunisme d’État sert de socle juridique de la répression de l’ensemble de la Résistance, communiste ou non. Chemin faisant, cet ouvrage, à partir de documents d’archives, permet de traiter de la question très politique de l’entrée en résistance des communistes. J’ai étudié les rapports du parti avec l’Internationale communiste. Y a-t-il une résistance communiste avant l’invasion de l’URSS en juin 1941 ? Au sujet de ce vieux serpent de mer de l’historiographie, l’étude des documents d’archives permet d’apporter des réponses catégoriques. Il est important de comprendre cette période cruciale de notre histoire contemporaine. À l’issue de cette page historique, la Libération va jeter les bases de toute une série de créations d’une bonne partie de nos institutions qui perdure jusqu’à aujourd’hui. C’est aussi un moment crucial pour le Parti communiste, qui a failli disparaître mais a poursuivi son action dans des conditions extrêmement difficiles. Il deviendra à la Libération le premier parti de France.

L’appareil d’État va prendre alors une sorte ­d’habitus de répression anticommuniste. Le 22 octobre 1941, les exécutions des otages de Châteaubriant illustrent la mise en application tragique de cette politique. Avec l’Amicale, vous éditez un ouvrage (3) pour transmettre cette histoire…

Carine Picard-Nilès

En tant que secrétaire de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt, je suis fière de poursuivre l’action engagée par ma grand-mère, Odette Nilès, toujours présidente de cette amicale et aujourd’hui âgée de 99 ans. Elle continue de vouloir transmettre cette histoire, et ce depuis 1945, lorsque cette amicale a été créée. Celle-ci comprend aujourd’hui 17 comités. En ce 80e anniversaire, le comité départemental du souvenir des fusillés 44 Loire-Atlantique publie le livre En vie, en joue, enjeux. Les 50 otages, grâce au concours de l’historien Didier Guyvarc’h et de Loïc Le Gac. Ils ont travaillé sur la mémoire collective des 27 fusillés de Châteaubriant et donc sur celle des 50 otages. Ces otages ont tous été arrêtés entre 1940 et début 1941 parce que communistes ou syndicalistes. C’est le premier ouvrage historique que nous publions. Jusqu’à présent nous avons édité des livres de mémoire comme ceux de Fernand Grenier, de ma grand-mère et de bien d’autres. Cette année, nous avons voulu proposer un travail historique, en restant ancré dans la mémoire grâce à beaucoup d’iconographies, à la reproduction des affiches éditées depuis 1945. Il comprend trois parties. D’abord, « En vie », car ils étaient des hommes qui avaient entre 17 et 58 ans. Ils étaient ouvriers, métallos, cheminots, instituteurs, professeurs, députés. Ils faisaient partie du prolétariat. Ils étaient des gens comme tous. Ensuite, « En joue », parce que nous décrivons une politique d’État et de l’occupant nazi contre le communisme. Ils ont été fusillés parce que communistes. Ces exécutions font suite à la mort le 20 octobre de l’officier allemand nazi Hotz et se déroulent en seulement trois jours.

En quoi ce travail permet-il aujourd’hui ­d’analyser cette politique répressive ?

Carine Picard-Nilès

On peut s’interroger : quelle aide l’armée d’occupation a-t-elle reçue de l’État français et de son administration ? Qui a aidé à l’établissement de la liste de ces militants sur la base de leur participation active au Front populaire en 1936 ? Nous déclinons ainsi concrètement cette politique répressive. Nous cherchons à comprendre. Les trois hommes qui ont tué ce soldat allemand étaient-ils des terroristes ou des héros ? Enfin, troisième dimension de ce livre, « Enjeux », car nous devons nous servir de leur exemple pour aujourd’hui. Ces otages nous ont laissé des lettres. Vous connaissez tous la lettre magnifique de Guy Môquet. Jamais il ne s’apitoie. Il a 17 ans. Il aurait pu avoir une vie longue mais il donne des clés pour l’avenir. Tous ces hommes nous ont laissé un message que nous devons transmettre aux jeunes générations. Je veux remercier les anciens qui, dès 1945, voyaient loin, voyaient l’avenir. Pour ne jamais oublier et transmettre cette histoire, ils ont acquis par don et par souscription le site de la carrière des fusillés. Ils ont ouvert un musée qui va fêter ses 20 ans en 2021. En 1950, ils ont construit un monument. Aujourd’hui, nous nous inscrivons dans leurs pas. Nous demandons à des jeunes de rénover ce site. C’est un projet pédagogique pour l’avenir. Ce livre présente cette histoire mais aussi cette œuvre commune de milliers de bénévoles. Le dimanche 17 octobre à 14 heures, dans la carrière de Châteaubriant, nous serons cette année encore plus de 5 000 personnes. Nous vous y donnons rendez-vous !

(1) L’Agence Inter-France, de Pétain à Hitler, de Gérard Bonet, Éditions du Félin, 2021. (2) L’État contre les communistes 1938-1944, de Louis Poulhès, Éditions Atlande, 2021. (3) En vie, en joue, enjeux. Les 50 otages, de Didier Guyvarc’h et Loïc Le Gac, Éditions du Centre d’histoire du travail, 2021.

 

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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 15:58

 

Ma question s’adresse à M. le ministre de l’économie, des finances et de la relance, mais je sais que M. Dussopt me répondra.

En février dernier, un grand journal du soir révélait dans le cadre d’une enquête dénommée « Openlux », l’existence de 55 000 sociétés offshore détenant 6 500 milliards d’euros d’actifs au Luxembourg. Cette semaine, un consortium de journalistes publie une nouvelle enquête, les Pandora Papers – bien que la boîte de Pandore ait été ouverte il y a déjà bien longtemps – par laquelle nous apprenons que 29 000 autres sociétés offshore viennent d’être mises au jour, créées et gérées par quatorze cabinets et officines spécialisés.

M. le ministre Bruno Le Maire s’est déclaré « choqué », quand tous nos concitoyens sont ulcérés par ces révélations incessantes faites par la presse ces dernières années.

Pour les milliardaires concernés, responsables politiques de très haut niveau, sportifs et trafiquants en tout genre, l’objectif est d’échapper à l’impôt et aux juges grâce à cette industrie de l’opacité. Le problème est systémique.

Monsieur le ministre, comptez-vous en rester au choc et à la vérification ? (Applaudissements sur les travées des groupes CRCE et SER, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)

 

M. le président. La parole est à M. le ministre délégué chargé des comptes publics.

M. Olivier Dussopt, ministre délégué auprès du ministre de l’économie, des finances et de la relance, chargé des comptes publics. Mesdames, messieurs les sénateurs, monsieur le sénateur Bocquet, nous ne comptons pas en rester au choc.

Je l’ai dit, nous avons développé des outils de lutte contre la fraude fiscale. Il faut rendre à César ce qui est à César : le développement des outils de lutte contre la fraude fiscale date de plusieurs années. Lorsque l’on regarde les quelques années écoulées, on peut citer la loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dite « loi Sapin II », ainsi que les lois pour la confiance dans la vie politique de 2014, 2017 et 2018.

À chaque fois, les gouvernements successifs ont travaillé pour que les administrations soient dotées d’outils plus performants.

La loi du 23 octobre 2018 relative à la lutte contre la fraude a créé une police fiscale. Les échanges d’information que j’évoquais à l’instant permettent de dégager au niveau communautaire plus de 100 milliards d’euros de revenus supplémentaires via la lutte contre la fraude fiscale.

Vous me demandez si je veux en rester au choc et à la vérification. Nous en restons avant tout à la vérification et, chaque fois que nous le pouvons, menons des contrôles et prononçons des redressements.

Vous avez évoqué un certain nombre d’affaires révélées. Je voudrais revenir sur celle dite des Panama Papers. En la matière, l’administration fiscale française a identifié un certain nombre de contribuables français concernés, nous avons mené à leur terme 657 dossiers soit de régularisation, soit de redressement, à moins qu’ils n’aient fait l’objet d’une judiciarisation. Cela a permis à l’État français de recouvrer plus de 200 millions d’euros (Exclamations sur les travées des groupes SER et CRCE.)

M. David Assouline. Sur 11 000 milliards !

M. Olivier Dussopt, ministre délégué. Vous dites 11 000 milliards, monsieur Assouline, comme s’il s’agissait de 11 000 milliards français ! Je vous parle, moi, des 657 contribuables français détectés dans les Panama Papers. Vous devriez vous en féliciter et féliciter l’administration plutôt que de faire des comparaisons qui n’ont ni queue ni tête. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)

L’essentiel, pour moi, c’est que l’administration est au travail et que, quand elle travaille, cela paie et permet de sanctionner les fraudeurs. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)

M. François Patriat. Très bien !

 

M. le président. La parole est à M. Éric Bocquet, pour la réplique.

M. Éric Bocquet. Ces scandales successifs qui se traduisent à chaque fois par des milliards en fuite pour la République nécessitent une réaction déterminée.

Vous le savez, nous sommes constructifs et nous nous permettons de vous suggérer trois pistes d’action immédiate.

Premièrement, vous pouvez recréer des postes de contrôleur dès le projet de loi de finances qui vient devant le Parlement dans quelques jours. Pour rappel, 38 000 emplois ont été supprimés depuis 2002 dans les finances publiques.

Deuxièmement, vous pouvez créer l’observatoire de la lutte contre la fraude fiscale, annoncé en 2018, jamais mis en place. Nous sommes candidats à titre bénévole. (Rires sur les travées du groupe CRCE.)

Troisièmement, la France va présider le Conseil de l’Union européenne à partir de janvier 2022. L’Union européenne a décidé hier de retirer de la liste des paradis fiscaux les Seychelles, en plein cœur des révélations du dernier scandale. Inscrivez à l’agenda de ce semestre une mise à jour de cette liste en y incluant notamment le Luxembourg et Chypre.

 

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