Une mobilisation encore forte hier pour exiger l'abrogation de la réforme des retraites Macron. Merci à Pierre-Yvon Boisnard pour ses photos et son reportage dans la manifestation.
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Une mobilisation encore forte hier pour exiger l'abrogation de la réforme des retraites Macron. Merci à Pierre-Yvon Boisnard pour ses photos et son reportage dans la manifestation.
Retraites. Sophie Binet (CGT) : « Cette réforme ne doit pas s'appliquer »
Le retrait de la réforme est-il encore envisageable ?
Il le sera toujours. D’une façon ou d’une autre, notre objectif est que cette réforme ne s’applique pas. Et si tel était malheureusement le cas, nous chercherons à l’abroger le plus rapidement possible. Cette réforme est violente et économiquement injustifiée. Il existe d’autres sources de financement que d’augmenter la durée du temps de travail.
Auprès des travailleurs, cette réforme ne passe toujours pas. Nous ne pouvons pas tourner la page. Pour le gouvernement, le décalage de deux ans de l’âge de départ est symbolique. Mais, pour nous, c’est du concret : nos vies vont directement être impactées.
Comment comptez-vous agir sur les décrets d’application, alors que deux d’entre eux, dont celui portant sur le décalage progressif de l’âge légal de 62 à 64 ans, ont été publiés ce dimanche au Journal officiel ?
Nous allons user de l’ensemble des leviers juridiques à notre disposition. Deux décrets ont été publiés à la hussarde, à la veille de la journée d’action du 6 pour tenter de démobiliser, mais il en manque encore 29. L’application au 1er septembre se fera dans des conditions désastreuses, c’est irresponsable : les salariés ne peuvent pas préparer leur départ et reconstituer leur carrière de façon sereine ; les agents des caisses de retraite travaillent dans des conditions désastreuses et nous disent qu’il risque d’y avoir de nombreuses erreurs de calcul.
Le 8 juin, les députés doivent pouvoir se prononcer sur la proposition de loi d’abrogation transpartisane. Il est de la responsabilité de Yaël Braun-Pivet de garantir le respect du droit des parlementaires. Le respect du Parlement, avec le serment du Jeu de paume, est un événement fondateur de la Révolution française. La Macronie est en train de fouler aux pieds les chambres parlementaires.
Les Macronistes ont vidé de sa substance, en commission, la proposition de loi d’abrogation du groupe Liot. Le vote de l’abrogation dans l’Hémicycle pourrait être empêché par l’article 40. Qu’est-ce que cela révèle de l’état de notre démocratie ?
Les passages en force, depuis janvier, sont d’une violence inédite. Dès qu’une porte de sortie de conflit apparaît, l’exécutif et Emmanuel Macron en particulier nous la claquent à la figure.
Approfondissant un peu plus la crise sociale, démocratique et désormais institutionnelle. Pendant ce temps, l’extrême droite prospère sur ces passages en force. Les manœuvres macronistes viennent nourrir l’antiparlementarisme et l’idée selon laquelle les députés sont inutiles.
Après le 8 juin, la CGT compte-t-elle continuer le combat contre la réforme des retraites ? Sous quelles formes ?
La semaine prochaine, l’intersyndicale échangera sur l’avenir de cette mobilisation. Nous continuerons à rester unis. Une mobilisation sociale connaît nécessairement différentes phases. Il est probable qu’après le 8 juin nous entrions dans une nouvelle phase.
Sur les retraites, nous n’accepterons jamais la réforme, mais les suites dépendent de la mobilisation de ce mardi. C’est une 14e journée interprofessionnelle, après six longs mois de lutte. Une telle longévité est inédite. Certains en sont à 40 journées de grève. La fatigue est présente et le gouvernement s’en sert.
L’intersyndicale a élargi ses revendications, notamment sur l’augmentation des salaires, l’égalité femmes-hommes et la représentativité des élus du personnel. Pensez-vous aboutir à une plateforme revendicative ?
En réalité, ces annonces sont la première étape de cette plateforme. C’est un premier agenda social intersyndical, qui sera complété par la suite. L’intersyndicale a constitué des groupes de travail, notamment sur les ordonnances Macron et l’assurance-chômage. La CGT espère aussi avancer sur le dossier de la démocratie sociale.
Les organisations syndicales vont-elles continuer à parler d’une même voix, quitte à masquer leurs désaccords ?
Nous allons changer de forme. L’intersyndicale ne sera pas permanente. Ce rassemblement s’est construit sur la base du respect de nos différences, en partant du principe que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise. Cette méthode va perdurer.
Ces six mois de luttes communes, précédés de six mois de travail dans l’ombre, vont laisser des acquis profonds »
Ponctuellement, sur un maximum de sujets, nous échangerons et, si c’est possible, nous pourrons aboutir à des approches communes. Il n’est pas question de masquer nos désaccords. Ces six mois de luttes communes, précédés de six mois de travail dans l’ombre, vont laisser des acquis profonds, nous permettant une meilleure coordination.
Avant cette mobilisation sur les retraites, le dialogue était totalement rompu entre les centrales, et singulièrement entre la CGT et la CFDT. À vous entendre, cette séquence est révolue ?
Oui, et c’est une très bonne chose. La CGT porte dans son ADN l’unité syndicale, car elle est déterminante dans un rapport de force. Nous l’avons vu dans la capacité à mobiliser ces derniers mois. Cette unité nous évite de discuter sur la base d’une feuille de route imposée par le gouvernement ou le patronat.
Cela nous permet de renverser la table et d’imposer que la négociation se fasse sur la base des propositions intersyndicales. D’ailleurs, je note que le gouvernement et le patronat mettent toute leur énergie à casser l’intersyndicale.
Ce rassemblement les empêche de faire leur marché entre les organisations et d’obtenir, à moindres frais, des accords. Notre unité permet d’augmenter le niveau d’exigence. La CGT réclame l’ouverture de négociations tripartites.
Matignon a tenu des rencontres avec les syndicats et le patronat. L’exécutif semble vouloir avancer sur un agenda, avec notamment la conditionnalité du RSA et une lettre de cadrage sur la gouvernance de l’assurance-chômage. La CGT va-t-elle s’inscrire dans ce cadre de discussion ?
En réalité, nous ne connaissons pas concrètement cet agenda. Nous n’avons pas eu de retour à la suite de ce cycle de rencontres bilatérales. Il est lunaire de découvrir dans la presse qu’Olivier Dussopt lance huit chantiers, alors que le gouvernement assurait vouloir reprendre le dialogue avec les organisations syndicales. On se moque de nous.
La CGT ne s’inscrira pas dans un agenda social régressif. Nous n’irons pas discuter de la conditionnalité du RSA. Le dialogue doit se faire sur les besoins des travailleuses et des travailleurs, repris par les propositions de l’intersyndicale : les salaires, la conditionnalité des aides publiques, les conditions de travail, la démocratie sociale, l’égalité entre les femmes et les hommes, les questions environnementales.
Des discussions entre syndicats et patronat débouchent sur des accords nationaux interprofessionnels. La CGT n’a pas signé celui sur le partage de la valeur, mais vient de signer celui sur la branche de la Sécu accidents du travail-arrêts maladie. Ce genre de négociation sans le gouvernement est-il une stratégie à suivre ?
Depuis que le syndicalisme existe, nous négocions avec le patronat. Nous signons l’accord sur les accidents de travail parce que c’est une question clé. Avec 2 500 accidents par jour, la France détient le record d’Europe.
Les 72 salariées de Verbaudet soutenues par la CGT, en grève pour leurs salaires, ont signé un protocole avec la direction, avec une augmentation de salaire à la clé.
« Victoire », clame ce vendredi soir la CGT. Les 72 salariées de l’entrepôt logistique de Vertbaudet, à Marquette-lez-Lille (Nord), annoncent la fin de leur grève débuté le 20 mars dernier.
« Le conflit est terminé, le travail reprend », a déclaré à l’AFP Amar Lagha, secrétaire général de la CGT commerce et services. Se félicitant d’une « victoire sans précédent », le cégétiste a confirmé les informations donné un peu plus tôt par la direction du groupe de puériculture. L’accord signé avec la CGT de l’entreprise, « comprend la levée du piquet de grève » à minuit « et le retour au travail des 72 grévistes » mardi, explique la direction, après un lundi consacré à « une journée d’apaisement et de discussion lundi », confirme Samuel Meegens, de l’Union locale CGT de Tourcoing.
« Aucune sanction ne sera prise contre les grévistes, alors que certains avaient été convoqués pour des entretiens préliminaires à licenciement, et le versement aux grévistes du treizième mois sans déduction des jours de grève », a spécifié le représentant CGT.
La direction avait ouvert la voie à une fin de conflit en débutant entre le 26 mai et le 1er juin des négociations anticipées sur les salaires pour 2024. Celles-ci se sont conclues sur un projet d’accord prévoyant « une refonte » de la grille salariale, l’une des grandes revendications des grévistes. L’accord débouchera ainsi sur « une revalorisation à hauteur d’au moins 1.860 euros brut par mois sur 13 mois (soit +7%) pour tous les employés ayant 12 ans d’ancienneté » et une « revalorisation du salaire minimum à hauteur de 1.810 euros brut par mois sur 13 mois (soit +4%) pour tous les salariés dès le 1er juillet 2023 », explique la CGT. Les représentants du personnels FO et CFTC, majoritaires au sein de Vertbaudet, qui n’ont pas soutenu la grève, s’engagent à signer cet accord.
Ce conflit social mené par des salariées sûres de la légitimité de leur revendication de 150 euros nets supplémentaires par mois, a pris une dimension nationale lorsque la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, est venue les soutenir mi-avril, appelant au boycott de la marque si la direction ne mettait pas fin à ses méthodes pour briser la grève (recours à des intérimaires, appel aux forces de police pour mettre fin au piquet de grève). La manifestation organisée devant le siège parisien de l’actionnaire principal de Vertbaudet, a fini de faire connaître ce mouvement social exemplaire.
Les semaines passent, et les déclarations de respect voire d’amour du gouvernement ou de députés de la majorité envers le parti de Marine Le Pen s’intensifient. Jeudi, plusieurs responsables macronistes ont dressé des louanges aux députés d’extrême droite dans un article du Figaro.
La lucidité d’Élisabeth Borne n’aura été qu’un mirage. Sa sortie qualifiant le Rassemblement national d’ « héritier de Pétain », véhiculant une « idéologie dangereuse » - tout en renvoyant dos à dos l’extrême droite et la gauche -, dimanche sur Radio J, n’aura pas caché longtemps la complaisance du camp macroniste avec celui de Marine Le Pen.
Dès mardi, Emmanuel Macron a frontalement critiqué cette phrase en Conseil des ministres. Un recadrage sec : « ce n’est pas comme cela que le combat contre l’extrême droite doit se mener, il ne passe plus par des arguments moraux » évoquant des « mots des années 90 qui ne fonctionnent plus ». Surtout, ne pas rappeler d’où vient le RN et quel est son ADN au prétexte que cela ne paie pas électoralement…
Car la Macronie, qui depuis six ans critique vertement la gauche tout en épargnant relativement l’extrême droite, veut continuer à mettre en scène son duel avec le parti lepéniste. Allant même ces derniers mois jusqu’à flatter les députés RN, jugés « plus républicains » que la Nupes par Élisabeth Borne après les débats sur la réforme des retraites.
Jeudi, Le Figaro a encore publié quelques tendresses venues de Renaissance. La présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet y encense Sébastien Chenu, élu vice-président de la chambre grâce aux voix macronistes, qui ne serait pas « un bon mais un très bon vice-président de l’Assemblée nationale ».
Dans cet article du quotidien de droite, démontrant comment le RN s’est facilement intégré dans les meubles du palais Bourbon, un autre « cadre macroniste » assume en estimant que ces députés n’ont « rien à voir avec le parti d’extrême droite fondé par Jean-Marie Le Pen ». Le fond raciste et xénophobe toujours enrobé d’une grande plasticité électoraliste sur les autres sujets politiques, ne semble pas gêner la Macronie, devenu un des acteurs principaux de la normalisation du RN.
Toujours dans Le Figaro, Naïma Moutchou, vice-présidente Horizons de l’Assemblée va plus loin : « Le RN, c’est une nouvelle génération de députés qui joue à la préférence nationale et au patriotisme, mais ce n’est pas le Front national. C’est un parti qui est en train de se normaliser, même si le chemin pour eux est encore long. »
Ce serait « comme cela » qu’il faut combattre l’extrême droite selon Emmanuel Macron ? Il ne faut en tout cas pas attendre de ses parlementaires la moindre remise en cause, même après d’innombrables attaques à la démocratie pour passer en force la réforme des retraites. Comme toujours, tout est de la faute de la gauche, et particulièrement de la FI.
Pour Aurore Bergé, cheffe de file des députés Renaissance, c’est du fait de la Nupes que le texte n’a jamais été voté par l’Assemblée nationale, non du 49.3. Elle ajoute, jeudi sur BFM TV, à propos des débats houleux sur la proposition de loi d’abrogation du groupe Liot, en commission : « La France insoumise est un marchepied extraordinaire pour l’extrême droite ». Certainement pas ceux qui lui offrent des sièges, les congratulent publiquement et reprennent leurs idées ou éléments de langage sur la sécurité et l’immigration…
Cent ans d'engagements communistes en Finistère: Jean-Marie Le Guen (1911-1980)
Jean-Marie Le Guen est le père de nos camarades Marie-Hélène Le Guen (PCF Morlaix), de Eliane Lejeune (PCF Morlaix), récemment décédée, et de Fernande Guéguen (PCF Brest), et de Annie Le Guen (ancienne élue communiste à Huelgoat, sous le mandat de Robert Cleuziou).
Ce n'est pas un hasard si beaucoup des enfants de Jean-Marie Le Guen ont eu des engagements communistes...
C'était le combat de sa vie.
Tout un symbole: il est décédé à 69 ans d'une crise cardiaque à Brest, le 13 décembre 1980, à l'occasion d'un meeting de Georges Marchais, alors qu'il était au côté de ses filles et de son fils et qu'il s'indignait contre des anti-communistes (ou militants anti-nucléaires) qui étaient venus railler le candidat aux présidentielles du PCF à la fête de l'Unité.
Mouloudji et Bernard Lavilliers étaient invités, on pouvait manger des frites et du kig-ar-farz pour la traditionnelle Fête de l'unité, la grande fête régionale du PCF à l'époque.
Et des manifestants anti-nucléaires s'étaient invités reprochant le soutien de Marchais à la centrale nucléaire de Plogoff...
Marie-Hélène nous en parle encore avec beaucoup d'émotion, elle qui avait 24 ans à l'époque.
Son père avait déjà eu trois crises cardiaques mais elle n'imaginait pas que ce moment de fête et d'espoir avec Georges Marchais, dont la popularité dans le peuple était très forte à cette époque, et que beaucoup de communistes pensaient en mesure de dépasser F. Mitterrand pour atteindre le second tour des Présidentielles, puisse se terminer ainsi.
Jean-Marie Le Guen, son père était un personnage, conteur et bretonnant hors pair, c'était le parrain et l'ami du conteur de Huelgoat Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016).
1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 63/ Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016)
Ce dernier lui devait sans doute une partie de ses histoires et de sa passion du conte et du breton comme moyen d'expression et de création d'histoires...
Jean-Marie Le Guen est né le 3 novembre 1911 dans le Haut-Léon, à Lampaul-Guimiliau.
Ses parents sont venus tenir une ferme sur Locmaria-Berrien, au village Le Helaz, puis sur Berrien. C'est là qu'il a rencontré sa femme et la mère de ses enfants, Soazig Quemener (née en 1918, mariage en 1939).
Il a été brièvement clerc de notaire, puis il est devenu cultivateur à Berrien.
Il a adhéré au PCF en 1931 et est entré dans la cellule d'Huelgoat en 1934.
Il militait surtout en milieu rural avant même son adhésion au Parti, note Eugène Kerbaul.
Il fut candidat communiste aux législatives de 1936 dans la circonscription de Chateaulin 2 - regroupant les cantons de Huelgoat, Carhaix, Châteauneuf du Faou - réalisant 6,34% des voix (778 voix, 4e et dernière position, derrière Pierre Lohéac, Hippolyte Masson, Guillaume Jaffrennou).
Lors de ces élections, il arriva en tête dans les communes de Berrien, Huelgoat, Scrignac, les campagnes rouges de l'Arrée, avant même les épisodes tragiques et glorieux de la Résistance populaire à l'Occupation nazie.
Il avait fait campagne, note Eugène Kerbaul dans la notice qu'il lui consacre dans son dictionnaire du mouvement ouvrier et résistant finistérien "1918-1945: 1640 militants du Finistère. Dictionnaire biographique de militants ouvriers du Finistère élargi à des combattants de mouvements de la Résistance, complétés en 1986 et 1988", en se disant "Breton de race et de langue", ce que le journal régional du Parti avait repris et ce qui fut pour beaucoup dans son succès dans les trois communes... et dans les autres où il avait eu à parler breton à des auditeurs ruraux qui aimaient que l'on s'exprimât devant eux dans leur langue de tous les jours.
"Le breton parlé de Jean-Marie Le Guen, poursuit Eugène Kerbaul, était un des meilleurs qui fut utilisé alors aux tribunes des réunions publiques".
En 1937, Jean-Marie Le Guen a l'honneur d'être sollicité pour aller se former à l’École Nationale du PCF à Montreuil, signe que l'on voit en lui un cadre régional en devenir.
Sous l'Occupation allemande, il diffuse des tracts et publications du PCF et du Front National de Libération de la France et intègre les FTP.
Beaucoup de ses amis meurent, dénoncés par des miliciens, arrêtés par l'occupant, déportés, torturés, fusillés. Certains étaient très jeunes, réfractaires du STO. Quand Jean-Marie Le Guen évoquait cette période, il était toujours blessé et peiné.
Jean-Marie Le Guen s'engage dans la résistance armée même s'il était amputé de trois doigts suite à des travaux agricoles qu'il avait fait étant enfant à Locmaria-Berrien pour défricher la lande avec une machine qu'il avait manipulé imprudemment.
Cela lui a d'ailleurs valu une exemption de service militaire.
Mais cela ne l'a pas empêché de combattre et de diriger des opérations de combat contre l'ennemi avec bravoure et efficacité.
Le 24 avril 1947, il est cité à l'Ordre de la Brigade n°42 par le Général de Division Préaud, commandant de la IIIe Région Militaire:
"Jean-Marie Le Guen, des Forces Françaises de l'Intérieur du Finistère
Chef de section d'un cran et d'un courage remarquables.
A pris part à des nombreux engagements, notamment à l'attaque d'un convoi allemand le 28 juillet 1944 à Scrignac, où 3 camions furent détruits et 85 hommes mis hors de combat*, et aux combats de la Libération du 4 et du 5 août à Plouigneau et du 8 août à Plougastel-Daoulas.
Cette citation comporte l'attribution de la croix de guerre"
* A Scrignac, le 12 septembre 1943, l'Abbé nationaliste breton Jean-Marie Perrot accusé de Collaboration avec l'ennemi, est exécuté, sans doute par un jeune résistant communiste, sur une décision jointe de la Résistance, la France Libre et les FTP.
Voici ce qu'on peut lire dans wikipédia sur cette période d'une violence inouïe à Scrignac pendant la Guerre:
"Le 19 juillet 1944, une rafle commise par le kommando de Landerneau provoque l'arrestation de trois personnes de Scrignac, qui sont torturées. Entre le 18 et le 30 juillet 1944, les violences se succèdent à Scrignac. En représailles à la suite de l'assassinat de l'abbé Perrot, le bourg tout entier est mis au pillage ; terrorisés, les habitants s'enfuient. Les soldats allemands, aidés de membres du Bezen Perrot dirigés par Michel Chevillotte se servent dans les maisons, incendient l'école, la mairie, ainsi qu'un hameau de la commune, et multiplient les rafles, les arrestations et les tortures. Le 18 juillet 1944, lors d'un parachutage d'armes dans la région de Scrignac, un groupe de 13 jeunes gens est arrêté et deux d'entre eux, Robert Guinier et Pierre Le Hénaff, sont transférés par les Allemands à Pontivy; leurs corps n'ont jamais été retrouvés. Les corps des frères P. et V. Poher, demeurant à Plévin et arrêtés à Bourbriac, sont découverts à Scrignac le 20 juillet 1944, puis ceux de François Kervœlen et Édouard Guillou, exécutés le 30 juillet 1944. Le 29 juillet 1944, l'aviation alliée bombarde le bourg à la demande de la Jedburgh Team Hilary, l'objectif visé étant les deux écoles publiques où logeait l'armée allemande et le presbytère où logeaient les miliciens de la Bezen Perrot. La résistance locale s'était opposée en vain à ce bombardement qui fit vingt-trois victimes civiles parmi la population malgré le bouche à oreille qui avait annoncé le bombardement, mais seulement deux victimes parmi les militaires allemands, la plupart de ceux-ci étant partis en opération ; les miliciens demeurés sur place furent indemnes. "
Jean-Marie Le Guen a lui-même échappé de justesse à l'arrestation pendant l'occupation. Sa maison a été fouillée alors qu'il avait un pistolet dans son buffet.
Après la guerre, Jean-Marie Le Guen reste agriculteur quelques années, puis devient cantonnier municipal à Huelgoat, avant de devenir jardinier, employé notamment de la Centrale de Brennilis.
Il compose des poèmes et des balades en breton, telle "une chanson des betteraves" (Son ar Boetrabez), une narration truculente sur la ramasse des betterave en Picardie dans l'Oise par les jeunes paysans bretons des Monts d'Arrée, ou encore cette "Chanson du Maquis".
Jean-Marie Le Guen avait beaucoup d'humour. C'était un homme très ouvert et parlait avec tout le monde, y compris les curés. Il lisait beaucoup et s'intéressait à tout.
Son ar Maki
Er bloaz naontek kant pevar ha daou-ugent
Da debarket an Angliched d'ar c'hwec'h ar miz even
Ar re gentaň debarket a oa Kanadianed
Paotred an « Amerik du Nord » ‘zo soudarded kalet
Ar pempzekteiz gentaň, oa bet stard ar barti
Keot e oant ‘tebarkaň traoù war kotoù an Normandi
Me ho ped tudoù yaouank, pe re a gar ar Fraňs
D’en em angaji raktal ebarzh troupoù ar resistaňs
Pe re a zo pevar bloaz ‘zo kuzet ‘barzh ar c’hoajoù
Soatret o deus kalz a wad ‘vid difenn ar vro
Bremaň ‘zo pevar bloaz ‘zo pa oamp en em formi
Kuzet e kreiz ar c’hoajoù, vijemp aňvet « Maki »
Taolet ha distaolet eus an eil koat d’egile
Evit chom kozi dalc’hmat e danjer hor buhez
Bez’ a oa eneb deomp toud arme ar boched
Ha kalz a Fraňsijen aňvet ar milisianet
Ar re eus ouzhomp a vij’ taped e vije torturet
Evit tennaň diganto anoioù kamaraded
Nag ar boan nag an dortur na rae deomp kaoseal
Gwelloc’h gavemp soufr’ hon foan ‘vid gwerzhaň ar re all
Jean Korr ar milisian braz a oa bet tigouezhet
Da zebriň gant ur c’hamarad du-man e gar Skrignag
Med ar c’hamarad-se n’oa ket braz skolajet
Da Ziwall diouzh Fransijen n’o ket bet prevenet
An deiz-se Jean Korr ‘n doa lakeet lac’had pemp kamarad
Rapartiet diouzh ar c’hentaň group oa bet formet e Skrignag
Ha pevar gamarad all ‘n deus galloud tond d’ar ger
En ur lampad diouzh an treň du-se kichen Langeais
N’eus ket c’hoaz a gwall pell’zo oa aretet Jean Korr
O tond eus Landevenneg pa oa treuziň ar mor
Bet e bet e tre daouorn tud e ker Landerne
A zigase dezhaň da zoňj ar maleurioù ‘n doa graet
N’eus ket kalz e barzh ar Fraňs a zo gouest da gompren
Ar maleurioù o deus graet lod eus ar fraňsijen
Da betek lakkad war o c’hein gwiskamant ar boched
Ha dond da lakaad an tan war beizanted Skrignag
Eürusamant e Kergiz oa formet ur maki
En ur feurm tost ha Bont-Lemezhek oa groat dezho rekuli
Nav oto bennak o oa leun a vilisianed
Ma oa komaňset ar gombat na pebezh kriadeg
D’an daou du eus ‘n hent braz friz’ a rae an tennoù
Kalz a vilisianed o doa kavet o maro
Abao an devezh-se war beizanted Skrignag
Oa ket bet lakeed an tan gant ar vilisianed
Ar son-mân ‘zo kompozet gant un den a raeson
En deus kombated ar boched eus kreiz e galon
Maget eo mesk ar brug, tost da vro ar merienn
E chom eo bet barzh an Helaz e Lokmaria-Berrien
Ar son-maň a zo bet kompozet gant
Jean-Mar’ ar Gwenn eus an Uhelgoad
(chom en amzer-se e Lokmaria)
Traduction:
En l'an 1944
Les Anglais avaient débarqué le 6 juin
Les premiers débarqués étaient Canadiens
Les gars d'Amérique du Nord sont des soldats costauds
Les 15 premiers jours la partie avait été serrée
Tandis qu'ils débarquaient des choses sur les côtes de Normandie
Je vous prie jeunes gens, ou ceux qui aiment la France
De vous engager tout de suite dans les troupes de la résistance.
Ceux qui sont cachés depuis quatre ans dans les bois
Ils ont versé beaucoup de sang pour défendre le pays
Il y a maintenant quatre ans quand nous nous formions
Cachés au milieu des bois, on nous appelait "Maki".
Jetés et rejetés d'un bois à l'autre
Pour rester quasiment tout le temps au péril de notre vie
Il y avait contre nous toute l'armée des Boches
Et beaucoup de Français appelés miliciens.
Ceux d'entre nous qui étaient attrapés étaient torturés
Pour leur arracher le nom de leurs camarades
Ni la souffrance ni la torture ne nous faisaient parler
Nous préférions souffrir notre mal que dénoncer les autres.
Il était arrivé à Jean Corre le grand milicien
De manger avec un camarade chez moi à la gare de Scrignac
Mais ce camarade-là n'avait pas été beaucoup à l'école
On ne l'avait pas prévenu de se méfier des Français.
Ce jour-là Jean Corre avait ordonné de tuer cinq camarades
Faisant partie du premier groupe qui s'était formé à Scrignac
Et cinq autres camarades ont pu rentrer à la maison
En sautant du train là-bas à côté de Langeais.
Il n'y a pas encore très longtemps Jean Corre
qui revenait de Landevennec alors qu'il traversait la mer
Il a été pris en main par des gens de Landerneau
Qui lui ont rappelé les malheurs qu'il avait causés.
Il n'y a pas grand monde en France capable de comprendre
Les malheurs qu'ont fait certains Français
Jusqu'à mettre sur leur dos l'uniforme des Boches
Et venir incendier les paysans de Scrignac.
Heureusement à Kergiz s'était formé un maquis
Dans une ferme près de Pont-Lemezhek on les fit reculer
Environ neuf voitures étaient pleines de miliciens
Le combat commença, que de cris
Des deux côtés de la grande route fusaient les tirs
Beaucoup de miliciens avaient trouvé leur mort
Depuis ce jour-là sur les paysans de Scrignac
Les miliciens avaient mis le feu.
Cette chanson a été composée par un homme de raison
Qui a combattu les Boches de tout son coeur
Nourri au milieu de la bruyère, près du pays des fourmis
Il a habité au Helaz à Locmaria-Berrien
Cette chanson a été composée par Jean'Mar' Le Guen de Huelgoat (qui habitait à ce moment-là à Locmaria)
Après le torpillage de l’abrogation de la retraite à 64 ans, le président du groupe GDR, André Chassaigne, s’alarme de la « dérive antidémocratique » du pouvoir. Entretien.
De mémoire de député, élu depuis plus de vingt ans, c’est inédit. Le communiste André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocratique et républicaine (GDR), n’avait jamais observé de telles manœuvres. Selon lui, la Macronie, depuis qu’elle n’a plus de majorité absolue à l’Assemblée, s’engouffre dans une « dérive antidémocratique extrêmement grave ».
Une étape supplémentaire a été franchie, mercredi 31 mai, lors de l’examen, en commission des Affaires sociales, de la proposition de loi Liot visant à abroger la retraite à 64 ans. Les parlementaires des groupes macronistes, soutenus par LR, ont tout manipulé pour éviter de perdre, allant même jusqu’à balayer l’ensemble des amendements de la gauche sans fondement juridique solide.
Une nouvelle attaque en règle des droits de l’opposition par Emmanuel Macron et ses amis, qui s’apprêtent désormais à détourner la Constitution pour déclarer budgétairement « irrecevable » l’abrogation.
Cela s’inscrit dans la continuité du précédent épisode de la motion référendaire, où ils avaient déjà détourné le règlement avec une volonté politique de la présidente de l’Assemblée de propulser le RN en première ligne.
Cette fois, une présidente de commission décide d’elle-même de ne pas examiner les amendements.
C’est anticonstitutionnel. Nous sommes face à un pouvoir de plus en plus autocratique, dans une espèce de démocrature, selon le terme de Pierre Rosanvallon, où la séparation des pouvoirs est écrabouillée et le pouvoir législatif remis en cause, en tordant la Constitution.
C’est d’autant plus grave qu’on ouvre ainsi la porte à une jurisprudence qui pourra demain être utilisée par l’extrême droite, si elle arrive au pouvoir, pour museler le Parlement.
Comme pour la Constitution, le fonctionnement de l’Assemblée nationale est régi par une part de jurisprudence. Il y a la lettre et l’usage. Ce qui permettait d’instiller une dose d’expression de l’opposition est en train de disparaître. Tout abus est accepté, car il n’existe pas d’institution capable de contrer cela.
Nous sommes dans une mécanique de broyage de la démocratie parlementaire. Il y a d’abord eu l’utilisation combinée des différents articles les plus régressifs de la Constitution (49.3, 47.1…) pendant l’examen de la réforme des retraites. Ils avaient déjà porté un coup inimaginable au Parlement.
Maintenant, ils vont dévoyer l’article 40, dont l’utilisation coutumière est circonscrite aux amendements sur un projet de loi. Et ce, alors que la proposition de loi a déjà été jugée recevable par le bureau de l’Assemblée. Ils font en sorte qu’il n’y ait plus d’initiative parlementaire, car l’immense majorité des propositions de loi nécessitent un financement, et sont donc « gagées » sur le prix du tabac.
En termes de hiérarchie des normes, cela ne peut être contesté. Les deux propositions de loi que j’ai fait passer sur les retraites agricoles avaient un coût, et n’ont pas été déclarées irrecevables. Ils utilisent tous les leviers possibles pour que le Parlement ne puisse pas s’exprimer majoritairement sur une disposition législative.
Ce sera une décision du groupe, mais on ne peut pas rester l’arme au pied. Nous devons utiliser tous les outils possibles pour mettre en cause le pouvoir en place.
Parmi ces instruments de riposte, il y a la motion de censure. Mais pas seulement. Cela doit donner lieu à une réflexion collective dans le groupe, dans la Nupes mais aussi en lien avec l’intersyndicale.
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Le gouvernement doit annoncer aujourd'hui les mesures qu'il compte prendre pour relancer la production de logements.
Il est vrai que tous les signaux sont au rouge et que tous les acteurs du secteur tirent la sonnette d'alarme. Le Conseil national de la refondation dédié au logement était censé définir des propositions nouvelles à même de sortir de la crise.
Au vu des premières annonces d'ores et déjà publiées, il n'en est rien. Le décalage est énorme entre l'ampleur du problème et les mesures proposées. Il révèle un cruel manque d'ambition.
Le gouvernement va réussir l'exploit de ne satisfaire aucun des acteurs du secteur : ni le monde HLM, ni le secteur de la promotion et de la construction, pas davantage que les associations de mal-logés.
Or, la France fait face à une crise du logement inédite depuis l’après-Guerre.
Le nombre de ménages en attente d'un logement social n'a jamais été aussi élevé (2,42 millions), celui des personnes sans domicile a grimpé à 330.000 et l’accès à la propriété pour les classes moyennes n’a jamais été aussi faible et inégalitaire socialement.
Face à cette maxi-crise, le gouvernement propose un mini-plan
Le gouvernement annonce la fin du Pinel, niche fiscale qui profite aux propriétaires investisseurs. Le Parti communiste français, qui avait dénoncé cette gabegie budgétaire à maintes reprises, ne peut qu'y souscrire. Il est pour le moins étonnant, sinon regrettable, que ces crédits ainsi économisés ne soient aucunement redéployés vers le logement social. Le gouvernement aurait en effet pu en profiter pour mettre fin à la RLS, cette ponction de l'État d'1,3 milliard d'euros dans les caisses des bailleurs sociaux. Il n'en est rien. Il se contente de mesures visant à faciliter l'accès aux prêts pour les bailleurs sociaux.
Chacun aura compris que derrière ce plan se cache, en réalité, un objectif de réduction budgétaire qui vise plutôt à satisfaire Standard and Poor's que la classe moyenne et les plus pauvres.
Le Parti communiste propose, à l’inverse, de rendre enfin le droit au logement effectif :
Un tel effort peut aisément être financé. Nous proposons aux Françaises et Français trois propositions de recettes :
Ian Brossat, porte-parole du PCF,
Paris, le 5 juin 2023.
Les Jeunes communistes ont tenu leur assemblée nationale ce week-end, à Paris. Entretien avec Assan Lakehoul, leur nouveau secrétaire général.
Les Jeunes communistes ont élu leur nouveau secrétaire général, Assan Lakehoul ce week-end. À 26 ans, issu du quartier populaire de Tournefeuille, dans la banlieue de Toulouse, cet assistant social prend la direction d’un mouvement de 7 000 adhérents qui connaît, selon lui, un véritable renouveau.
Sa priorité à la tête du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) est de le restructurer au-delà des facs où il est déjà implanté. Il compte pour cela s’adresser à « toutes les jeunesses ».
Nous devons nous adresser à l’ensemble des jeunesses. Qui sont les jeunes ? À qui s’adresser ? Nous nous sommes toujours posé ces questions. Il y a plusieurs jeunesses. Et l’un des problèmes de la gauche et de ses organisations, c’est qu’elles ont tendance à essentialiser un peu les jeunes. Ils sont parfois presque réduits au milieu étudiant.
Ce sont ceux qui se mobilisent pour le climat, le féminisme, contre le racisme. Ce que je constate, c’est que la jeunesse est bien plus large. Je vois de nombreux jeunes auxquels personne ne s’adresse. Ceux des quartiers populaires, des petites communes, des villes moyennes, du milieu rural…
On compte un jeune sur cinq en bac pro, et autant qui n’ont pas le bac du tout. Personne ne s’en occupe vraiment. Ce sera donc une de mes priorités. Il faut élargir la politique au-delà des centres-villes, de Tolbiac, de la fac du Mirail (à Toulouse – NDLR) ou des sciences humaines de Rennes, pour aller parler à tout le monde partout. Nous sommes déjà implantés dans le milieu étudiant et c’est une bonne chose, mais il faut aller plus loin.
En faisant de la politique autrement. À la JC, on fait de la solidarité concrète. On organise des révisions solidaires, des aides à la rédaction de CV et de lettres de motivation. On emmène des dizaines, voire des centaines de jeunes en vacances pour la première fois, à la mer ou la montagne. Ça aide à structurer la vie des jeunes.
Le lien social est parfois rompu, celui entre les gens fragilisés par les politiques libérales. À notre échelle, nous montrons que la solidarité est possible. Nous sommes présents sur les piquets de grève. Nous participons aux luttes.
Revendiquer le permis de conduire gratuit, par exemple, cela parle à beaucoup de jeunes contraints d’aller sur leur lieu de stage en voiture parce qu’ils n’ont pas d’autre choix. Nous nous restructurons également. Nous nous implantons dans les lycées, professionnels notamment, dans les Centres de formation d’apprentis (CFA).
Je soulignerais aussi l’aspect profondément démocratique du MJCF. Chaque jeune qui adhère a voix au chapitre dans notre mouvement. En donnant la parole aux camarades chalutiers de Seine-Maritime, à ceux qui bossent dans une friterie dans le Nord ou dans l’aéronautique à Toulouse, en les formant, en les valorisant, on peut toucher tout le monde.
Sinon, ce sont ceux qui parlent le mieux qui prennent le pouvoir. En faisant vivre la démocratie, en valorisant tous les camarades, on s’adresse à tous les jeunes.
« Montrons que la politique, ce n’est pas des gens qui s’invectivent sur des plateaux télé ou à l’Assemblée nationale. »
Il faut parler aux jeunes abstentionnistes, à ceux qui vivent loin des métropoles. À gauche, trop peu de mouvements s’adressent à eux.
Pour l’avenir politique de la France, le rôle de la JC sera important. Sinon, c’est le RN qui l’emportera. Nous devons sortir des caricatures et des facilités de la gauche. Il faut parler de travail, de réindustrialisation, de services publics. On va lancer une campagne en direction des bacs pro. Quelle autre organisation de jeunesse en parle ?
Montrons que, la politique, ce n’est pas des gens qui s’invectivent sur des plateaux télé ou à l’Assemblée nationale. C’est surtout se battre pour réduire le nombre d’élèves par classe, par exemple, et contre la précarité subie par la jeunesse.