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2 juin 2023 5 02 /06 /juin /2023 05:30
Photo Le Télégramme, 31 mai 2023

Photo Le Télégramme, 31 mai 2023

Finistère. Le Parti communiste interpelle la préfecture sur les prix de l’énergie

Mercredi 31 mai 2023, une quinzaine de membres du Parti communiste du Finistère s’est rassemblée devant la préfecture à Quimper pour aborder la problématique de la crise énergétique.

Plusieurs drapeaux rouges du Parti communiste français flottaient devant la préfecture du Finistère, ce mercredi 31 mai, à l’occasion d’un rassemblement organisé en fin d’après-midi. Une quinzaine de militants étaient sur place.

« On a demandé à être reçu en préfecture pour parler de la crise énergétique et de la souffrance de la population par rapport à cette situation ». Ces quelques mots, prononcés par Bernard Jasserand, adjoint à la maire de Quimper, expliquent la présence de cette quinzaine d’élus et militants communistes, ce mercredi 31 mai, devant la préfecture du Finistère. Vers 17 h, le directeur de cabinet de Philippe Mahé était ainsi chargé d’accueillir une délégation et d’entendre ses doléances.

« Revenir à des tarifs beaucoup plus bas » 

« On veut que le secteur énergétique français sorte du marché spéculatif européen, pour revenir à une maîtrise publique de l’énergie avec les deux historiques, EDF et Gaz de France », ajoute l’élu quimpérois. Autres requêtes : « Un accès au tarif réglementé pour tout le monde (l’État doit renoncer à sa suppression au 1er juillet) et une TVA à 5,5 % comme tous les produits de première nécessité ». L’élu communiste de ponctuer : « On est capable en France de revenir à des tarifs beaucoup plus bas. Et c’est ce que l’on est venu dire au préfet ».

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2 juin 2023 5 02 /06 /juin /2023 05:25
Mercredi 31 mai 2023, une quinzaine de membres du Parti communiste du Finistère se sont rassemblés devant la préfecture à Quimper. Ils pointent « l’urgence d’agir » sur les prix de l’énergie en forte augmentation. | OUEST-FRANCE

Mercredi 31 mai 2023, une quinzaine de membres du Parti communiste du Finistère se sont rassemblés devant la préfecture à Quimper. Ils pointent « l’urgence d’agir » sur les prix de l’énergie en forte augmentation. | OUEST-FRANCE

Mercredi 31 mai 2023, une quinzaine de membres du Parti communiste du Finistère s’est rassemblée devant la préfecture à Quimper pour aborder la problématique de la crise énergétique.

Mercredi 31 mai 2023, à 16 h 30, une quinzaine de membres du Parti communiste du Finistère se sont rassemblés devant la préfecture à Quimper. Ils pointent « l’urgence d’agir » sur les prix de l'énergie en forte augmentation.

« On a demandé à être reçu par le préfet [Philippe Mahé] pour parler de la crise énergétique et de la souffrance du pays par rapport à cette situation, introduit Bernard Jasserand, maire adjoint de la mairie de Kerfeunteun, à Quimper. On vient avec des analyses et des propositions concrètes. Ce que l’on souhaite, c’est une sortie du marché spéculatif de l’énergie et européen et revenir à une maîtrise publique de l’énergie avec nos deux historiques : EDF et gaz de France. Avec un accès aux tarifs réglementés du gaz et de l’électricité pour tous avec une TVA à 5,5 %. » Pour rappel, les tarifs réglementés du gaz devraient prendre fin le 1er juillet 2023.

Une délégation a été reçue vers 17 h par le directeur de cabinet du préfet, Denis Revel. Outre Bernard Jasserand, elle était composée d'Ismaël Dupont secrétaire départemental du PCF. Mais aussi Jacques Rannou, maire-délégué de Kernevel, Patrick Gambache, premier adjoint de Morlaix, Taran Marec, conseiller municipal à Brest et Gladys Grelaud, conseillère régionale.

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1 juin 2023 4 01 /06 /juin /2023 05:24
Mercredi 31 mai, Quimper - Les élu.e.s et militants communistes du Finistère réclament la réorientation de la politique en matière d'énergie à l'Etat devant la Préfecture et en délégation devant le directeur de cabinet du préfet
Mercredi 31 mai, Quimper - Les élu.e.s et militants communistes du Finistère réclament la réorientation de la politique en matière d'énergie à l'Etat devant la Préfecture et en délégation devant le directeur de cabinet du préfet
Mercredi 31 mai, Quimper - Les élu.e.s et militants communistes du Finistère réclament la réorientation de la politique en matière d'énergie à l'Etat devant la Préfecture et en délégation devant le directeur de cabinet du préfet
Mercredi 31 mai, Quimper - Les élu.e.s et militants communistes du Finistère réclament la réorientation de la politique en matière d'énergie à l'Etat devant la Préfecture et en délégation devant le directeur de cabinet du préfet
Mercredi 31 mai, Quimper - Les élu.e.s et militants communistes du Finistère réclament la réorientation de la politique en matière d'énergie à l'Etat devant la Préfecture et en délégation devant le directeur de cabinet du préfet

Rassemblement d'élus et de militants communistes ce 31 mai devant la préfecture du Finistère à Quimper avant la réception d'une délégation en préfecture pour dénoncer l'explosion des prix de l'énergie pour les particuliers, les entreprises et les collectivités, l'installation de logiques spéculatives, de profits financiers sur ce bien commun essentiel qui mérite des prix à hauteur des coûts réels de production de l'électricité et un retour à des tarifs régulés, une sortie du marché européen et des logiques néo-libérales, pour garantir l'accès à l'électricité et au gaz pour tous, le droit au chauffage et le pouvoir vivre des citoyens. Nous avons rappelé les motions et vœux pour un retour à une maîtrise publique complète de l'énergie que les élus communistes avaient portés dans plusieurs collectivités, et qui avaient été très largement approuvés par les conseils municipaux: à Quimper, Morlaix, Briec, Le Relecq Kerhuon, etc.

A la suite d'une demande formulée il y a un mois environ, une délégation d'élu.e.s PCF conduite par Bernard Jasserand, adjoint au maire à Quimper, avec Ismaël DUPONT Conseiller départemental, responsable du PCF du Finistère, Jacques RANNOU Maire délégué de Kernével, Taran MAREC Conseiller délégué de Brest, Patrick GAMBACHE 1er Maire-adjoint de Morlaix, était reçue en préfecture par le directeur de cabinet du Préfet M. Revel le mercredi 31 mai à 17h.

Flambée des factures énergétiques.

Des ménages qui se rationnent, des collectivités locales qui peinent à construire leur budget, des artisans qui redoutent la fermeture et certaines entreprises qui réduisent leurs productions en générant du chômage technique… Ce n’est plus supportable !

C’est tout le pays qui souffre.

Et c’est dans ce contexte que le gouvernement veut supprimer le Tarif Régulé de Vente de Gaz au 1er juillet et le bouclier tarifaire qui protègent les particuliers.

Ainsi 2,6 millions ménages pourraient se retrouver demain dans la jungle du marché.

___________________________

Rassemblés le 31 mai devant la préfecture de Quimper pour exiger :

  • La sortie du secteur énergétique français du marché spéculatif européen de l’énergie.
  • L’accès aux tarifs régulés de Vente calculés sur les coûts de production de transport et de distribution, avec une TVA ramenée de 20 à 5,5%.
  • Une maîtrise publique de l’énergie de l’électricité et du gaz, avec nos 2 Epic EDF et GDF 100% publics.

***

Le Vœu de notre camarade Bernard Jasserand, adjoint au maire de quartier (élu PCF) à Quimper, a été adopté à l'unanimité (avec l'abstention de la droite) au Conseil Municipal de Quimper le 30 mars 2023.

Voici ce vœu important.

Un vœu comparable travaillé déjà avec Bernard Jasserand dans le cadre d'une campagne départementale sur l'énergie avait été voté à l'unanimité au Conseil Municipal de Morlaix 2 mars 2023

https://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/conseil-municipal-de-morlaix-ismael-dupont-exprime-le-voeu-de-la-majorite-de-revenir-a-une-maitrise-publique-de-l-energie-03-03-2023-13289697.php

Vœu.

Les élus du conseil municipal de Quimper souhaitent interpeller l’Etat sur la nécessité d’extraire le secteur énergétique français du marché européen de l’énergie permettant aux collectivités locales, aux entreprises et à tous les citoyens usagers d’accéder à des tarifs régulés de vente calculés sur les coûts de production de transport et de distribution, avec une TVA à 5,5 %.

Ils souhaitent retrouver une maîtrise publique de l’énergie de l’électricité et du gaz, avec nos deux Epic EDF et GDF 100% publics.

 

Conseil Municipal de Quimper du 30 mars 2023.

Vœu sur l’énergie.

Comme l’ensemble des villes et des collectivités territoriales, dans un contexte de baisse des dotations de l’Etat non réévaluées à hauteur de l’inflation, Quimper construit difficilement son budget 2023 devant faire face à une hausse de la facture énergétique de 3,2 Millions d’€ qui vient littéralement plomber ses finances. (1,5 million € en 2022, 4,7 millions € en 2023).

La flambée des prix de l’énergie frappe lourdement les particuliers, les familles, les associations, les entreprises et les collectivités, c’est tout le pays qui souffre.

Cette situation n’est pas une fatalité.

Comment est-on passé en 25 ans d’une situation nationale d’autosuffisance de production d’électricité et de contrats gaz de longue durée stabilisés, à la situation énergétique d’aujourd’hui ? Les directives européennes de l’énergie ont organisé la privatisation du secteur dès le début des années 2000. La loi NOME et l’Arenh (Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique) obligeant EDF à vendre 1/4 de sa production d’électricité nucléaire au prix coutant de 42€ le Mwh à des concurrents qui la revendent 4 ou 500€ a considérablement affaibli l’entreprise publique.

L’envolée actuelle des prix du gaz et de l’électricité, qui avait commencé bien avant la guerre en Ukraine, montre de manière cruelle aux usagers à quel point il est important que notre pays retrouve sa souveraineté sur la fixation des prix de l’énergie. Ce ne sont pas les coûts de production de transport et de distribution restés stables qui entraînent la flambée des prix, mais bien le cours de la bourse de l’électricité, la prédation des spéculateurs et des actionnaires qui font s’envoler les tarifs générant les super profits de Total énergie, d’Engie et des autres « fournisseurs dits alternatifs » laissant 13 Millions de personnes en situation de précarité énergétique. La crise n’est pas conjoncturelle mais structurelle.

Il est aujourd’hui primordial de maintenir les tarifs réglementés du gaz et de l’électricité qui reflètent les coûts réels de production et de distribution, d’en finir avec le pillage organisé de l’Arenh et d’abolir la loi Nome.

A l’instar de nos voisins espagnols et portugais nous devons déroger aux directives européennes pour sortir l’énergie des griffes du marché afin de retrouver notre maîtrise publique de l’énergie et un service public conforme à l’héritage de la nationalisation de 1946. La France a le poids politique nécessaire pour l’obtenir.

Une sortie du marché de l’électricité ne signifie pas une sortie du système électrique européen, les interconnexions et les échanges entre opérateurs, fondés sur des contrats bilatéraux mutuellement avantageux, doivent être garantis. Elle ne signifie pas non plus une sortie de l’Union Européenne. Les dispositions des traités permettent une renégociation des directives pour réorganiser le système électrique et gazier européen non sur une base mercantile, mais sur des bases de service public.

L’énergie est un bien vital dont chaque être humain a besoin pour se nourrir, se chauffer, se déplacer ou se soigner il ne peut être confié aux marchés financiers.

                                   ____________________________________

Vœu.

Les élus du conseil municipal de Quimper souhaitent interpeller l’Etat sur la nécessité d’extraire le secteur énergétique français du marché européen de l’énergie permettant aux collectivités locales, aux entreprises et à tous les citoyens usagers d’accéder à des tarifs régulés de vente calculés sur les coûts de production de transport et de distribution, avec une TVA à 5,5 %.

Ils souhaitent retrouver une maîtrise publique de l’énergie de l’électricité et du gaz, avec nos deux Epic EDF et GDF 100% publics.

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1 juin 2023 4 01 /06 /juin /2023 05:20

 

 

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1 juin 2023 4 01 /06 /juin /2023 05:19
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1 juin 2023 4 01 /06 /juin /2023 05:18

 

 

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31 mai 2023 3 31 /05 /mai /2023 08:30
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31 mai 2023 3 31 /05 /mai /2023 08:22

 

 

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30 mai 2023 2 30 /05 /mai /2023 05:47

Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat

 

 

On connaît les vers célèbres d’Aragon écrits à l’été 1942 et successivement publiés à Marseille puis à Genève, en 1943, avant d’être repris dans La Diane française. Ils figurent dans cette ode à l’unité nationale face à l’occupant nazi qu’est « La Rose et le Réséda », dédiée « à Gabriel Péri et d’Estienne d’Orves », auxquels s’ajoutèrent, les massacres succédant aux massacres, « Guy Môquet et Gilbert Dru ». « Celui qui croyait au ciel » côtoie ainsi « Celui qui n’y croyait pas » dans la lutte pour la libération nationale et le chant qu’Aragon en propose.

Pourtant, cette unité n’avait aucune évidence. On a peut-être oublié quelle fureur anticommuniste dominait dans de larges secteurs de notre pays : parmi les nazis et leurs alliés pour lesquels le communisme était l’ennemi absolu bien sûr, mais bien au-delà de ces rangs et au sein même d’une partie substantielle de la Résistance.

Il fallut un très haut sens de l’intérêt national pour que chacun acceptât de surmonter des différences qui n’avaient pas vocation à s’effacer. De ce point de vue, il faut sans doute rappeler l’initiative communiste de constitution d’un « Front national » au printemps 1941. (Depuis les funestes usages de ce syntagme par les Le Pen, on n’entend plus ce que ces mots voulaient dire. « Front national », c’est bien sûr, dans les circonstances de la guerre et de l’Occupation, le prolongement du « Front populaire ».) Dirigé par le communiste Pierre Villon, le Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France rassemble très au-delà : on y trouve, jusque dans sa direction, des radicaux à l’image du Lyonnais Justin Godart et même des catholiques conservateurs comme Georges Bidault ou Jacques Debû-Bridel. Dans le même esprit, Aragon travaille à la jonction, pour Les Lettres françaises, organe du Comité national des écrivains (initialement, Front national des écrivains), avec des hommes de lettres aussi éloignés sur le plan politique que Jean Paulhan ou François Mauriac…

Bref, tôt ostracisés, les communistes, sans se renier, multiplient les initiatives de rassemblement. Cela ne détruit pas d’un coup le mur de l’anticommunisme, mais c’est aux autres qu’est renvoyée la question du travail en commun. Celle-ci s’impose d’autant plus volontiers que, progressivement, les communistes s’affirment comme une force absolument incontournable de la Résistance intérieure. Unir la Résistance en écartant les communistes n’a dès lors que peu de sens. Pour autant, il reste difficile à envisager, à ce stade, que les communistes soient à la tête d’une structure de rassemblement à créer :  il faudra reconnaître à de Gaulle une place prééminente.

Les méfiances subsistent longtemps, les débats demeurent, mais le 27 mai 1943, le pas est franchi : un Conseil national de la Résistance est créé après la réunion clandestine tenue en plein Paris, rue du Four. Les principaux mouvements de la Résistance y figurent (Front national, Combat…), aux côtés des syndicats de salariés et des partis politiques d’avant-guerre (gauche et droite confondues). Il s’agit d’abord et avant tout de se battre et de le faire efficacement, en tentant une coordination (plutôt qu’une impossible fusion). Progressivement, la question de la nature de la France à construire après la guerre se pose. Longtemps repoussée (elle pourrait diviser, vu la diversité des forces à rassembler contre l’occupant), elle s’impose en quelques mois et c’est la proposition de Pierre Villon pour le FN qui est retenue comme base de discussion en vue de la conclusion d’un programme du CNR. En mars 1944, c’est chose faite. En dépit de sa diversité sociale, culturelle, politique ou confessionnelle, la Résistance se dote d’un programme qui, la Libération venue, change la France radicalement pour lui donner ces couleurs singulières (Sécurité sociale, vaste secteur public, pouvoirs et droits nouveaux…) que d’aucuns s’acharnent à effacer dans une entreprise de normalisation pour le plus grand profit de quelques-uns… Mais ceci est une autre histoire dont la fin n’est pas écrite.

Guillaume Roubaud-Quashie
membre du CEN

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27 mai 2023 6 27 /05 /mai /2023 20:18
Hommage à Odette Nilès (1922-2023)

C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès d'Odette Nilès, grande résistante, femme de combat et de cœur, en ce 27 mai 2023, jour si symbolique du 80e anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance.

Nous adressons nos profondes condoléances à sa famille, ses proches et ami.e.s militantes et militants de l'histoire et la mémoire de la Résistance. Nous avons une pensée toute particulière pour sa petite fille Carine Picard-Nilès, présidente de l'Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt et notre vice-présidente du Musée de la Résistance nationale. Reçois Carine toute notre affection et sois assurée que nous sommes à tes côtés dans ce moment difficile.

Odette Nilès nous quitte dans sa 100e année après une vie passée au dévouement des justes causes. Nous vous proposons de redécouvrir son parcours retracé dernièrement dans notre revue à l'occasion de son 100e anniversaire.

« Odette Lecland, de son nom de jeune fille a 17 ans quand elle manifeste un fameux 11 novembre 1940 sur les Champs-Élysées contre l’occupant nazi et le régime de Vichy. Malgré les risques encourus, la jeune fille multiplie les actes de résistance, distribue des tracts, participe de nouveau à des manifestations le 14 juillet et le 13 août 1941 scellant ainsi son dernier jour de liberté pour plusieurs années. Dix-sept jeunes sont arrêtés par les brigades spéciales, Odette est l’une d’entre eux, tous ont moins de 20 ans. Dix sont condamnés à la forteresse, quatre comme Odette à la prison, trois à la peine capitale. Pour la première fois mais non la dernière, Odette assiste au départ vers la mort de camarades.

Commence alors le temps de l’internement, des otages et des exécutions, de la prison du Cherche-Midi à celle de La Roquette, du camp de Choisel, à ceux d’Aincourt, Gaillon, La Lande de Monts et Mérignac. Autant de lieux aussi où des liens fraternels seront noués à jamais.

Premier de la liste, le camp de Choisel, celui des « bistouillardes », ses amies éternelles, avec qui elle partage l’esprit de combat et de solidarité ainsi que les souffrances d’après les fusillades comme ce 22 octobre 1941 et le départ des 27 vers l’effroyable exécution. « Quand nous avons été autorisés à sortir des baraques où nous étions bouclés, je me souviens de cette Marseillaise que nous avons hurlée ! » témoigne Odette. Choisel, la rencontre avec Guy Môquet. Un mot glissé in extremis. Jeunes gens engagés pour la liberté dans la tourmente et les jours sombres de l’Histoire, un récit transmis aujourd’hui aux plus jeunes par la médiation d’un joli roman graphique intitulé La Fiancée.

Du camp d’Aincourt, elle garde en particulier la colère et le souvenir révolté de ces femmes juives qu’on déporte devant leurs enfants. Le camp de Gaillon est celui de ses 20 ans. La Lande de Monts, celui où « Il faisait si froid que nous couchions à trois dans le même lit, de façon à bénéficier de trois couvertures ». Celui aussi où elle couvre l’évasion d’une camarade. En représailles, elle sera envoyée au camp de Mérignac.

Mérignac, d’où elle réussit à s’échapper pour rejoindre avec d’autres femmes un groupe FTP près de Bordeaux. « Quand nous sommes arrivées, on nous a confié ... la vaisselle. Moi j’ai refusé » se souvient-elle fièrement. Si elle est là c’est pour poursuivre la lutte. Nous sommes en 1944, en Charente, Odette est responsable des Forces unies de la Jeunesse patriotique, elle rencontre Maurice Nilès, jeune combattant FFI chargé de restructurer le réseau de Résistance du Sud-Ouest. Maurice avec qui elle se marie après-guerre ; Maurice, maire de Drancy et député de la Seine ; Odette, sa veilleuse et conseillère avisée qu’il surnomme tendrement « sa bergère ».

Chevalière de la Légion d’honneur, présidente d’honneur de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt, c’est à la tête de cette association que, des années durant, elle a assumé avec une conviction passionnée sa responsabilité de Mémoire. Odette en a fait le sens de sa vie d’engagement : témoignant très tôt, notamment auprès des scolaires, pour poser les fondations d’un monde plus juste et rendre hommage aux combats de ses camarades assassinés. »

« Vous qui restez soyez dignes de nous », inscrivait Guy Môquet sur la planche de la baraque 6 du camp de Choisel avant son exécution. Mission réussie, Odette ! Tu as su nous conduire sur cette digne route. À tes côtés d’abord et dorénavant après toi, nous sommes nombreuses et nombreux, en automne, à arpenter le chemin du passé peuplé des portraits de tes compagnons exécutés, bien déterminés à emboîter leurs pas courageux si indignement fauchés sur la voie de Jours qu’ils voulaient heureux. Nous t'assurons Odette que tu fus digne d'eux et que nous ferons tout pour l'être également et que nous œuvrerons pour que toutes et tous sachent qui tu étais.

 

Lucienne Nayet

Présidente du MRN

Hommage à Odette Nilès (1922-2023)
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