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26 juin 2023 1 26 /06 /juin /2023 05:12

 

Hier se tenaient les assises des finances publiques lors desquelles le gouvernement, en bon soldat zélé de Standard & Poors et autres agences de notation, a annoncé une saignée de 10 à 15 milliards d’euros par an de coupes dans les dépenses publiques, sans compter l'inflation, jusqu’en 2027 !

Fin du bouclier tarifaire sur le gaz, baisse des dépenses de formation et d’emploi, notamment pour accompagner les privé·es d’emploi, à l’heure où les besoins explosent pour relever les défis industriel et écologique, coupes dans les services publics, la santé et la protection sociale, le logement social et limitation du prêt à taux zéro… Dans un contexte d’inflation et alors que les salaires ne suivent pas, toutes ces mesures vont aggraver le quotidien de millions de salarié·es, de familles qui ont déjà de grandes difficultés financières.

En s’attaquant en particulier aux arrêts maladie et aux dépenses de médicaments, le gouvernement veut culpabiliser les salarié·es, les patient·es, alors que la vraie « dérive » à combattre c’est l’intensification du travail, la dégradation de ses conditions d’exercice sous la pression du capital, qui dégradent la santé de millions de travailleurs et travailleuses dans le pays.

Et ce n’est pas tout, les collectivités sont aussi les grandes perdantes de ce plan !
L’exigence de Bercy de diminuer d’un tiers la dette locale est inacceptable à l’heure où toutes les ressources fiscales des collectivités sont amputées et où les charges explosent avec la hausse des prix.

Alors que les collectivités assument 70 % de l’investissement public, ce sont les services publics et toute l’économie que le gouvernement pénalise.

Et « en même temps », c’est l’open bar qui continue pour le capital, les marchés financiers et les ultra-riches !

M. Le Maire se garde bien de remettre à plat les 200 milliards d’euros d’aides aux entreprises qui viennent nourrir en grande partie les profits.

A l’opposé de cette politique qui met à genou le pays, le PCF porte les propositions suivantes :

  • Lancer un grand plan pour le climat et l’emploi de 150 milliards d’euros afin de créer des emplois pour relever les défis du siècle, développer la recherche et développement et transformer les modes de production, développer les qualifications et augmenter les salaires.
  • Conditionner les 200 milliards d'euros d’aides publiques aux entreprises, en imposant des critères sociaux et environnementaux, comme l’exigent les organisations syndicales.
  • Porter l’exigence auprès de nos partenaires européens de la proposition d’un fonds européen solidaire, social et écologique, abondé par la BCE pour financer à 0 % les investissements utiles.
  • Engager une réforme fiscale selon trois principes : la hausse de l’imposition des hauts revenus et des revenus du capital ; une vraie progressivité de l’impôt et une diminution de la TVA et de la CSG ; la modulation de l’impôt sur les entreprises avec des pénalités pour celles qui sacrifient l’emploi, les salaires et le climat.

 

Parti communiste français,
Paris, le 20 juin 20
23.

 

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25 juin 2023 7 25 /06 /juin /2023 14:35

 

BRETAGNE PALESTINE SOLIDARITE - BREIZH PALESTINA KENGRED

 

A TOU-TE-S LES AMI-ES DE LA PALESTINE DU PAYS DE MORLAIX

AUX ASSOCIATIONS PARTENAIRES DE LA SOLIDARITE

& DE LA DEFENSE DES DROITS HUMAINS 

AUX ELU-E-S SENSIBLES A LA SITUATION DU PEUPLE PALESTINIEN...

 

mais aussi aux amateurs de documentaires et aux amoureux de la culture bretonne ouvert-Es sur les cultures du monde, ce message s'adresse à vous tous et toutes...

 

l'AFPS du PAYS de MORLAIX en partenariat avec la LDH, La Salamandre et le Foyer des jeunes de Ste Sève a le plaisir de vous inviter à une journée de solidarité exceptionnelle avec le peuple palestinien et plus particulièrement à une rencontre avec de jeunes artistes de Gaza 

(Cinéastes et danseurs)

 

LE 30 JUIN PROCHAIN pour une avant première du film-documentaire de Roland Nurier   YALLAH GAZA

 

Nous organisons une journée en deux temps avec d’abord la projection du film à 17h 30 à La Salamandre suivie d’un débat avec Iyad ALLASTAL, 

cinéaste de Gaza, chef opérateur du film de Roland Nurier.

 

 Puis à partir de 21h, à la salle des fêtes de Sainte Sève, un Fest-Noz & Dabké de la solidarité pendant lequel se produiront beaucoup d’artistes de la région qui ont accepté avec enthousiasme d’y participer mais aussi, un groupe de jeunes danseurs de Gaza qui avec leur prof de danse sont présents dans le film de Roland Nurier. Ils nous feront le plaisir de nous initier au Dabké, la danse de toutes les résistances en Palestine.

 

Cette journée s’inscrit dans une tournée nationale organisée par l’AFPS avec d’autres partenaires, vous retrouvez toutes les infos concernant ce projet : 

https://www.facebook.com/tournee2023

 

Pour connaitre la liste de nos invitéEs reportez-vous au flyer joint ou bien sur la page FB de l'AFPS du Pays de Morlaix

 

https://www.facebook.com/afpspaysdemorlaix/posts/pfbid0Sh22RnfqtdHETsnCrDC4yXa78dtw4n63LQBmyKEW43Gfh12J2nGSLNPRZE3897r6l

 

MERCI de partager ce message sans aucune modération avec vos amiEs. 

Nous vous espérons très nombreux

 Prix d'entrée au Fest-Noz 8 € - buvette & crêpes sur place

 

AFPS du PAYS de Morlaix

Pour tous renseignements appeler le 06 11 62 32 75

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25 juin 2023 7 25 /06 /juin /2023 05:35

 

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23 juin 2023 5 23 /06 /juin /2023 05:26
Conseil Départemental du 22 juin 2023 - Intervention d'Ismaël Dupont sur les EHPAD et les difficultés financières des structures accompagnant les personnes en perte d'autonomie et des structures d'accompagnant du handicap

Séance plénière du Conseil Départemental du Finistère

Intervention Politique Personnes âgées/ Commission de l’action sociale – Ismaël Dupont

22 juin 2023

 

Bonjour à toutes et tous,

Le financement de la perte d’autonomie des personnes âgées correspond à 1/6 environ des dépenses du budget départemental. Donner et trouver les moyens pour une prise en charge la plus humaine et bien-traitante possible des personnes âgées en perte d’autonomie en structures ou à domicile fait partie des responsabilités fortes de notre collectivité.

Convenons-en d’abord, l’augmentation de l’espérance de vie moyenne de la population est une chance, un progrès spectaculaire à l’échelle historique, un acquis lié à la sécurité sociale, à la richesse globale de notre société, aux conditions de vie et au pouvoir d’achat des retraités, aux évolutions de la prise en charge médicale, aux progrès de la science, de la prévention.

Des personnes âgées qui vivent plus longtemps, c’est le signe d’une société scientifiquement, médicalement et matériellement développée, mais aussi + solidaire et égalitaire socialement et économiquement.

Néanmoins, ces progrès sont réversibles, et comme souvent, ne sont pas sans poser d’autres problèmes et soulever d’autres défis comme le financement de la Sécurité sociale et de la solidarité inter-générationnelle quand dans une population il y a proportionnellement moins de jeunes et d’actifs, ou la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes et des problèmes médicaux.

Réversibles car le recul de l’âge de départ à la retraite par exemple, les crises écologiques, climatiques, sanitaires, les crises économiques et de solidarité font que la tendance peut toujours s’inverser, comme on l’a vu aux États-Unis ces dernières années, qui ont déjà une espérance de vie moins élevée qu’en France du fait du caractère + inégalitaire du pays et de son accès à la santé et à la protection sociale. En 2016, l’espérance de vie en France atteint 85,3 ans pour les femmes et 79,3 ans pour les hommes. Selon le Centre de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), une personne née aux États-Unis en 2021 a actuellement une espérance de vie de 76,1 ans. En additionnant les reculs de 2020 et de 2021, cela fait un total de 2,7 années de moins, le plus gros déclin en un siècle.

Aujourd’hui, c’est tout le secteur de l’accompagnement du vieillissement, des personnes âgés et de la prise en charge des personnes âgées en perte d’autonomie qui est en tension, et au bord de la rupture faute d’une anticipation des difficultés par l’État et les pouvoirs publics, malgré tous les et de la construction de solutions de financement pérennes et solidaires.

Le secteur des personnes âgées souffre depuis trop longtemps d’une forme de délaissement et de sous-investissement de la part des pouvoirs publics.

Les milliards attendus pour consolider le secteur, les EHPAD publics et à but non lucratif, les services d’aide à domicile, et renforcer et élargir les missions de la Sécurité Sociale universelle pour garantir à tous le droit à l’autonomie, se font attendre.

On ne peut que s’insurger, quand on voit les conséquences pour le quotidien de millions de personnes âgées, et de professionnels du secteur, sur la faiblesse des politiques publiques en matière d’accompagnement des personnes en perte d’autonomie. Le gouvernement avait annoncé une grande loi pour l’autonomie dès 2017, qu’il a repoussée d’année en année et, finalement, passé à la trappe.

 

Bernard Gouadec l’a dit - Selon l’Insee, les Français en perte d’autonomie du fait du vieillissement de la population passeront de 2,5 millions à quatre millions d’ici 2050. 100 000 Finistériens ont plus de 75 ans aujourd’hui, ils seront plus de 200 000 en 2050 selon les prospectives.

 

Sur 16 millions de retraités, 2,2 millions ont 85 ans ou +. C’est l’âge moyen d’accès aux EHPAD. 548 000 de ces + 85 ans entreront en EHPAD pendant 3 ans et demi en moyenne. Les résidents en EHPAD cumulent en moyenne 8 pathologies. 9/10 présentent des affections neuro-psychatriques acquises pendant leur activité.

 

Aucun gouvernement n’en a tiré la conséquence que ces dépenses relèvent bien de l’assurance maladie. Le financement péréenne du Droit à l’autonomie, et de la prise en charge de la perte d’autonomie, devrait à notre sens dépendre de la Sécurité Sociale.

 

Dans le cadre de la loi de Finances de la Sécurité Sociale 2022, le gouvernement refuse de mettre un budget conséquent pour que les personnes âgées puissent vivre dans le respect et la dignité dans les EHPAD, pour alléger les souffrances des personnels et de nombreuses personnes âgées en EHPAD.

 

Pas moins de six rapports commandés ces deux dernières années ont mis en lumière les moyens à mettre en œuvre. Le rapport Libault de 2019 chiffrait à neuf milliards d’euros les financements nécessaires d’ici à 2024 et jusqu’à 2030. On est loin du compte.

Les dépenses publiques pour les personnes âgées et en situation de handicap ne sont en fait augmentées de manière très insuffisante pour faire face à l’inflation et aux premiers efforts de revalorisation des rémunérations des personnels pour tenter de compenser la perte d’attractivité des métiers et les difficultés de recrutement.

Au niveau des EHPAD du Finistère, à grande majorité des EHPAD à but non lucratif, qu’ils soient de statut public, communal ou hospitalier, ou hospitalier, la situation est vraiment difficile aujourd’hui sur le plan financier.

Si au niveau national 75 % des EHPAD sont en déficit, au niveau départemental la situation est également très tendue sur le plan financier.

Cela s’explique par plusieurs facteurs :

- l’impact de l’inflation, de l’explosion des prix de l’énergie, diversement ressentie en fonction des contrats, mais qui malgré le bouclier tarifaire, et les versements reversés rétroactivement, se traduit par un reste à charge.

- mais surtout les difficultés de recrutement et l’impact des coûts liés à l’intérim des personnels médicaux : par exemple, à l’EHPAD de la Boissière à Morlaix, le déficit provoqué principalement par le coût de l’intérim médical est de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers d'euros ces 6 premiers mois. C’est la deuxième année de déficit.

On subit aujourd’hui très fortement et violemment l’impact de l’épuisement des personnels médicaux et du secteur médico-social, lié à des conditions de travail dégradées. Les démissions d’infirmiers et d’infirmières sont légion.

La réforme de ParcoursSup et du mode de recrutement des IFSI a également été catastrophique sur le recrutement des infirmières et des infirmiers. Il y a beaucoup plus de démissions en route.

Les EHPAD reçoivent de moins en en moins de CV à la sortie d’école, peine à recruter sur des contrats stables ou même de courte durée des infirmiers et des aides-soignants.

Il est nécessaire que l’État repense toute la problématique de la formation-des conditions de travail et de reconnaissance des personnels du secteur médical et médico-social.

L’attractivité de l’intérim pour les personnels qui pourraient sans peine trouver des contrats de travail durables est aussi un vrai problème : à l’EHPAD municipal de Morlaix, un poste d’infirmier en intérim nous coûte 8500 euros, un poste d’infirmier en CDI nous coûte 3500 euros en salaire chargé.

Il devient urgent de légiférer sur le sujet de l’intérim si on ne veut pas renforcer les difficultés financières des EHPAD et des établissements médico-sociaux.

L’augmentation des taux directeurs pour le forfait hébergement dans les EHPAD était une bonne chose, pour faire face à leurs problématiques financières.

Mais ce n’est pas encore suffisant dans le contexte actuel.

Et pourtant les EHPAD sont pris entre le marteau et l’enclume, entre des jeux de contraintes contradictoires car dans de nombreuses structures, c’est le cas sur le pays de Morlaix, les tarifications pour les usagers et leurs familles augmentent fortement ces dernières années, surtout quand il y a eu des travaux ces derniers mois dans les structures pour améliorer le confort des résidents.

Par exemple à l’EHPAD de la Boissière on est passé de 1600€ à 2200€ / mois en 10 ans. C’est beaucoup pour des petites retraites et les familles des résidents.

Ces difficultés financières sont aussi celles des structures médicaux sociales : près de 3 à 4 millions d’€ de déficit attendu pour les Genêts d’Or en 2023, 1, 5 millions d’euros en 2022, 1,6 millions d’euros de déficit pour Don Bosco (1000 ETP). Là aussi l’augmentation du taux directeur de 1,5 % à 3,5 % décidé par le département ne compense qu’à 50 % l’impact financier lié aux revalorisations des personnels à l’issue de la crise sanitaire liées au Segur, de l’inflation et des dépenses d’intérim.

Les Genêts d’Or – association vieille de 60 ans, 2400 personnes accompagnées, + 1500 professionnels, jeunes, adultes porteurs de handicap, personnes âgées en perte d’autonomie - atteste d’un déficit de 2 millions d’€ lié à des compensations insuffisantes du département.

L’impact immédiat, renoncement sur le moment et report de certains investissements pour améliorer le confort de structures d’accueil pour les personnes porteuses de handicap.

L’emploi associatif représente 10,5 % de l’emploi salarié de l’ensemble du secteur privé du département. Il y a de vrais risques de mise en péril de ces structures qui sont au cœur des compétences centrales du département – personnes âgées/ personnes handicapées – sans solution de rechanges.

Le département ne pourra pas compenser la totalité de ces difficultés financières sur fonds propre mais il doit prendre sa part et aussi peser très fort pour faire bouger les lignes sur le plan du volontarisme de l’État dans le domaine de l’accompagnement et de l’aide à l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées.

 

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23 juin 2023 5 23 /06 /juin /2023 05:17
René Vautier dans le Finistère - Le témoignage de Piero Rainero
René Vautier, le porteur de drapeau à droite, en 1945. Le scout de Quimper a effectué de nombreuses "missions", l'année où il préparait son bac: c'était lui qui représentait le clan des Eclaireurs lors des cérémonies officielles (collection René Vautier - repris par Philippe Chapleau et l'équipe du livre "Des enfants dans la Résistance", Ouest-France)

René Vautier, le porteur de drapeau à droite, en 1945. Le scout de Quimper a effectué de nombreuses "missions", l'année où il préparait son bac: c'était lui qui représentait le clan des Eclaireurs lors des cérémonies officielles (collection René Vautier - repris par Philippe Chapleau et l'équipe du livre "Des enfants dans la Résistance", Ouest-France)

Beaucoup de choses sont dites et écrites concernant les rapports du cinéaste anticolonialiste René Vautier avec le Parti Communiste Français. Je veux donner mon témoignage portant sur plus de 40 ans de rencontres, d’échanges, d’amitié.

Je fis la connaissance de René Vautier en 1972, alors que j’étais l’un des responsables des Jeunesses communistes du Finistère. Il nous avait sollicités pour apporter notre soutien à la diffusion de son film « Avoir 20 ans dans les Aurès » qui venait de sortir et déclenchait la colère de ceux qui n’avaient pas accepté l’indépendance algérienne.

Ce film, qui reçut le prestigieux Prix de la Critique Internationale du Cinéma à Cannes, était l'objet de manifestations violentes de la part de nostalgiques des guerres coloniales.

Les JC participèrent avec enthousiasme, avec le concours de militants de la JOC, à sa popularisation.

Le 1er janvier 1973, René Vautier engagea une grève de la faim dans les locaux de l'UPCB (Union de Production Cinématographique de Bretagne) qu'il avait créée et dont le siège était situé à Plomelin près de Quimper dans le Finistère.

Il voulait ainsi protester contre la censure dont était l'objet le film documentaire de son ami Jacques Panigel, « Octobre à Paris », qui témoignait du massacre des Algériens le 17 octobre 1961 à Paris par la police agissant sous les ordres du Préfet Maurice Papon ; plus de 300 morts et disparus selon le FLN.

Dès le 2 janvier il téléphona au siège de la fédération du PCF du Sud-Finistère à Quimper pour me faire part de sa décision, et de sa détermination, me demandant d'en informer Roland Leroy, alors responsable de la politique culturelle à la direction nationale du PCF.

Le jour même, j'avertis le secrétaire de la fédération communiste du Sud-Finistère, Paul le Gall, qui prit aussitôt contact  avec Roland Leroy.

Roland Leroy nous demanda de faire savoir à René qu'il avait le plein soutien du PCF dans sa dénonciation de la censure, et de lui transmettre ses amitiés.

Il souhaitait aussi que nous assurions  un contact amical permanent avec lui.

Ce contact fut établi par Jean-François Hamon, alors secrétaire de la section de Quimper du PCF et moi-même. C'est ainsi que nous nous rendîmes le jour même à Plomelin pour assurer René Vautier du soutien et de l'amitié des communistes.

Il apprécia particulièrement cette démarche, nous disant : « Je sais que je peux compter sur le parti ». 

Plusieurs fois par semaine, tout au long de sa grève de la faim, Jean-François et moi allèrent donc le rencontrer. Nos échanges étaient parfois brefs, il était souvent entouré de beaucoup de monde, mais il arrivait que nous puissions, lorsqu'il était seul, parler plus longtemps ensemble ; de cinéma, de ses films, de la censure, de son passé de jeune lycéen résistant à Quimper, de son soutien à la résistance algérienne, « avec des  copains du coin comme Michel Mazéas »

Michel Mazéas, élu maire de Douarnenez en 1971, me raconta plus tard qu'il recevait à l’époque de la guerre d’Algérie des lettres sur lesquelles étaient dessinées des cercueils portant son nom. Si ces missives étaient courageusement anonymes, leur contenu signait l'identité de leurs auteurs : l'extrême-droite et les terroristes de l'OAS.

 

René aimait aussi à évoquer la projection mouvementée en décembre 1950, « en première mondiale » , de son film anticolonialiste « Afrique 50 » au gymnase municipal de Quimper rue Jean Jaurès, dans une salle archi-comble, avec le concours de plusieurs organisations de jeunesse  - JC, JOC, Scouts de France - sous la protection des militants communistes. « On avait prévu une seule projection mais comme la salle était trop petite pour accueillir tout le monde on en fit 2 dans la même soirée » rapportait-il. Il nous apprit aussi que le commentaire du film devait être porté par le grand comédien Gérard Philippe mais que des contraintes de tournage ne lui permirent pas d' y participer .

« Afrique 50 », réalisé sur commande de la Ligue Française de l'Enseignement, qui prit ensuite ses distances, avait été, dès sa sortie,  interdit de diffusion en France et valut à son réalisateur d'être condamné à 1 an de prison. Le ministre de la France d’Outremer était alors François Mitterrand.

Le film n'obtint son visa de distribution qu'en 1996.

J'ai entendu par la suite plusieurs communistes quimpérois, Jean le Berre, Louise Tymen, Étienne Perchec, qui avaient participé à cette « première mondiale », raconter le déferlement de violence ce soir-là d’une poignée de parachutistes de la caserne de la ville qui voulaient empêcher la diffusion du film.

Mais force était restée à la démocratie et à la liberté d'information.

Nos visites à René se faisaient d'abord dans les locaux de l'UPCB à Plomelin puis au siège d'une association d'artisans à Quimper, située rue de la Fontaine, où il avait souhaité poursuivre son mouvement.

Parmi les proches qui l'entouraient il y avait Nicole et Félix le Garrec, très attentionnés, ainsi que son frère Jean avec qui Jean-François et moi eurent plusieurs échanges.

Alors que les jours passaient nous constations combien son organisme s'affaiblissait, il s'amaigrissait, il nous dit un jour souffrir de crampes à l'estomac, mais il restait toujours déterminé, allongé sur un lit de camp, des bouteilles d'eau posées près de lui. Son état était tel que Nicole et Félix le Garrec voulaient le faire hospitaliser.

Paul le Gall informa Roland Leroy de sa santé qui se dégradait.

Roland lui dit alors son inquiétude car il connaissait  bien René Vautier, son courage et sa détermination : « René a encore trop de choses à créer, il ne doit pas se laisser partir, le monde de la culture et du cinéma ont besoin d'un homme de cette qualité. » 

Jean-François et moi en firent part dans la journée à René, Jean Vautier était présent. Il y fut très sensible et nous dit: « Ces gens là ne me feront pas crever, je vais gagner»

Quelques jours plus tard, le Ministre de la culture, Jacques Duhamel, dans un courrier au député de Quimper, Marc Bécam, écrivit que « les critères politiques n'entreraient plus en ligne de compte dans les décisions de la commission de contrôle du cinéma. »

René Vautier arrêta alors sa grève de la faim , elle avait duré 31 jours, et « Octobre à Paris » obtint peu après son visa d'exploitation.

René fut accueilli, au terme de cette épreuve, chez des amis dans une villa proche de Quimper, au bord de la mer à l'Ile-Tudy, où nous lui rendions visite, et où il reprit très rapidement des forces.

A partir de cet évènement nos relations devinrent plus fréquentes et des liens d'amitiés se nouèrent entre nous.

J’ai toujours les lettres qu'il m'adressait alors.

René répondait toujours présent à nos sollicitations, pour un débat, une conférence, une projection, un appel, une pétition à signer où à écrire, un conseil, une demande d'information.

En décembre 1979 avec 6 autres militants communistes je fus traduit devant le tribunal  de Quimper, pour avoir avec de nombreux amis stoppé des trains afin de défendre les lignes et gares de proximité de Bretagne sud. Nous étions poursuivis au titre d'une loi de 1942 édictée pour réprimer les résistants.

René Vautier fut l'un des témoins cités par les avocats de la défense, Roland Weyl et Claude Larzul.

Il déclara sa surprise de voir traîner devant un tribunal en application d'une loi de Pétain, « un collabo condamné à mort », des jeunes qui avaient manifesté pacifiquement dans une gare alors que ses amis résistants avaient été décorés pour avoir fait sauter des trains ! Il ponctua son propos, tourné vers nous, en disant : « vous devriez être remerciés et félicités », provoquant l'ire du Procureur de la République.

Il fut également le président de mon comité de soutien lorsque je fus candidat aux élections législatives en 1988 et en 1993 dans la 1ère circonscription du Finistère.

Quelques années plus tard, alors que j’étais engagé dans des missions de solidarité aux côtés du peuple palestinien, en Israël, au Liban et en Palestine occupée, il avait évoqué le projet d'un film sur la situation dans les camps de réfugiés. Il était enthousiasmé par cette idée. Mais sa santé ne lui permit pas de la réaliser.

René Vautier s'est éteint le 4 janvier 2015 à Cancale des suites d'une maladie implacable. Il me fut demandé de prononcer une allocution lors de ses obsèques, le 8 janvier, à la Maison Funéraire de Saint-Malo. Un témoignage d'amitié de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, empêché d'être présent, fut lu lors de la cérémonie. L'Ambassadeur de la République Algérienne en France M. Amar Bendjama lut des messages du Président Abdelaziz Bouteflika ainsi que du Ministre des Moudjahidines, M. Tayeb Zitouni.

Un hommage fut rendu à René Vautier par la direction nationale du PCF, place du Colonel Fabien à Paris, les 25 et 26 mars 2016 avec la participation de l'historien Alain Ruscio, de Jean Salem (le fils d'Henri Alleg), de Dominique Noguères de la LDH, de plusieurs cinéastes. Je fus invité à témoigner lors de cet hommage sur le parcours en Bretagne de René Vautier.

René Vautier, avant d’être le cinéaste mondialement connu, avait été un jeune élève du Lycée la Tour d'Auvergne à Quimper, résistant à 15 ans.

Il avait participé, dès décembre 1940, avec son groupe des Éclaireurs de France à de nombreux actes de résistance aux nazis et à leurs collaborateurs : aide à l'évasion d'aviateurs tombés dans la région, sabotages (rail, lignes téléphoniques et électriques...), renseignements divers (notamment sur la localisation précise des blockhaus du mur de l'Atlantique).

La ville de Quimper, pour rendre hommage à ces jeunes résistants, dont René et son frère aîné Jean, a érigé  en 2008 une stèle à proximité du lieu où ils avaient étudié.

À noter que le Clan des Éclaireurs de Quimper est la seule unité scout à avoir été décorée de la Croix de guerre.

En octobre 2011 René Vautier avait fait don aux archives de la ville de Quimper de divers documents cinématographiques dont l'un de ses films : « Et le mot frère, et le mot camarade » inspiré d'un poème de Paul Eluard.

 

Piero Rainero.

22 / 06 / 2023

 

Lire aussi:

Un témoignage exceptionnel de René Vautier: une enfance héroïque - avoir 13-16 ans dans la Résistance à Quimper (Des enfants dans la Résistance, Philippe Chapleau, Ouest-France)

Disparition de René Vautier, cinéaste militant communiste et anti-colonialiste: article du Monde

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

 

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23 juin 2023 5 23 /06 /juin /2023 05:16
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Tonnerre de Brest - Chronique de Philippe Rio, maire PCF de Grigny, président de la Coopérative des élu.e.s, dans l'Humanité
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22 juin 2023 4 22 /06 /juin /2023 05:09
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Philippe Rio: Il fallait être à Brest ce week-end - Le Télégramme, 20 juin, Manon Fontaine
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