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3 juillet 2023 1 03 /07 /juillet /2023 05:26

 

Le Haut conseil pour le climat vient de sortir son rapport annuel dressant une évaluation des politiques climatiques de la France tant sur l’atténuation que sur l’adaptation.

Nous voulons tout d’abord saluer le travail de ces femmes et hommes scientifiques qui nous aident à comprendre les changements climatiques en cours, et dans le cadre spécifique du HCC, émettent aussi des recommandations dans les actions à engager : c’est un outil précieux pour les politiques publiques, dont l’indépendance et les moyens doivent être préservés.

Nous retenons que sur 34 indicateurs sur lesquels s’appuient le rapport pour évaluer l’action climatique du gouvernement, seuls 3 sont orientés dans la bonne direction : ce point est très préoccupant.

Cela donne la mesure du fossé entre le discours gouvernemental et la réalité des transformations sur le terrain. Si le rapport note des points positifs concernant le cadrage politique des mesures, avec de nombreux plans et documents stratégiques, il ne reste pas moins que la France ne parvient pas à engager les transformations nécessaires dans de nombreux secteurs. Ainsi en est il du déploiement de la mobilité électrique trop lent, des aides qui ne sont pas assez fléchées vers l’acquisition de véhicules légers et à bas prix, des véhicules individuels lourds thermiques persistants et toujours privilégiés par les constructeurs automobiles pour les marges de profits qu’ils dégagent, mais plombant d’autant le bilan carbone dans les transport, dans le logement la lenteur désormais bien connue du rythme des rénovations globales. Toutes ces lenteurs font que la France doit baisser ses émissions à un rythme 2 à 3 fois plus important dans les prochaines années pour respecter les trajectoires qu'elle s’est fixée dans sa stratégie bas carbone.

Le rapport pointe également l’absence d’une politique d’adaptation sérieuse au réchauffement climatique. La politique actuelle est faite de réaction immédiate et non pas de transformations en profondeur dans une perspective de long terme. D’autant plus que le réchauffement déjà bien ressenti en France, avec un réchauffement de 1,9 degrés dans notre pays mesuré sur la dernière décennie, ira en s’aggravant et atteindra 2 à 2,3 degrés dès 2030. Si l’année 2022 a été particulièrement chaude, ce sera le climat moyen de la France en 2050, et un réchauffement global de 4 degrés d’ici la fin du siècle est plausible. Au regard de ces résultats, le PCF appelle le gouvernement à acter cette situation d’urgence et à consacrer les politiques d’adaptation climatique comme une nécessité absolue avec des financements dédiés.

Comme le pointe le rapport, ces financements manquent cruellement : il faudrait engager ainsi dans l’immédiat 30 milliards d’euros supplémentaires. Au fond, le gouvernement est au pied du mur car il se heurte au tabou du financement et des mesures de transformation profonde du système financier et fiscal, qui permettrait d’être à la hauteur de l’enjeu. Là où le PCF propose de changer les critères de financement dans l’octroi des crédits jusqu’à un taux zéro pour toute dépense tournée vers des politiques climatiques efficaces, avec un pôle public bancaire dédié, le gouvernement continue de favoriser les marchés financiers, leurs critères de rentabilité et la sécurisation des profits des actionnaires, et son corollaire la guerre sociale envers les salarié·es sommé·es de travailler plus. Il continue également le dépeçage des services publics pourtant si essentiels à la transition climatique et source d’efficacité énergétique. Ce n’est pas simplement un curseur qu’il faut bouger, mais toute la logique politique du gouvernement qu’il faut bouleverser.

Entre d’un coté les actionnaires, la sécurisation des profits des grandes entreprises et des marchés financiers et de l’autre le climat et le développement social, le gouvernement doit maintenant trancher : il est au pied du mur !

Paris, le 30 juin 2023.

Parti communiste français

 

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3 juillet 2023 1 03 /07 /juillet /2023 05:22

 

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2 juillet 2023 7 02 /07 /juillet /2023 05:14

 

Mardi dernier, à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, un contrôle routier opéré par deux policiers a débouché sur la mort de Nahel, tué par un tir au thorax de l’un d’eux.

Face à ce décès d’un jeune de 17 ans, l’émotion des communistes du pays est immense. Nous adressons nos condoléances à la famille et aux proches de la victime. Nous saluons la mobilisation massive, digne et sereine, de jeudi dernier à Nanterre et apportons notre soutien au maire, Patrick Jarry et à toute l’équipe municipale.

Après les premières auditions, le policier auteur du tir a été mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention préventive. Nous appelons à ce que toute la lumière soit faite sur le contrôle et le tir meurtrier du policier dans les meilleurs délais pour que la justice soit rendue.

Un refus d’obtempérer ne doit pas entraîner la mort ! La loi de 2017, qui élargit la possibilité d’utilisation de leur arme par les agents de police, doit être abrogée. Les parlementaires communistes avaient voté contre en dénonçant les dérives possibles. Les actes et propos racistes, pointés par le Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, à l’encontre de jeunes par certains policiers doivent être sévèrement sanctionnés. Le débat public doit s’ouvrir pour engager au plus vite une politique progressiste, de proximité, pour la tranquillité publique avec une police républicaine proche des citoyens, au service de leurs attentes et de leurs besoins.

Sur la sécurité, comme sur l’ensemble des politiques publiques, des millions d’habitantes et d’habitants, de jeunes, de salarié·es, sont abandonnés par la République et n’ont pas droit au respect, à la dignité, à la justice, à un logement décent, à une éducation, à la culture et aux loisirs, et un emploi de qualité.

Cette situation n’est plus supportable ! Elle est le résultat de décennies de politiques néolibérales, au service du capital et au détriment des travailleuses et travailleurs du pays, et de discriminations.

Le PCF soutient « l’appel pour la jeunesse populaire » porté par plusieurs syndicats et associations exigeant « un plan ambitieux » pour répondre à l’ensemble des problèmes auxquels elle est confronté.

Le PCF appelle à un Grenelle pour l’égalité des territoires et contre toutes les discriminations, rassemblant tous les acteurs et actrices des communes et quartiers concernés, pour qu’enfin une politique à la hauteur des enjeux soit décidée et mise en œuvre avec eux.

Nous présenterons mardi 4 juillet les premières propositions que nous mettons en débat, comprenant :

  • Une politique progressiste de proximité de tranquillité publique.
  • Un plan pour l’égalité républicaine pour tou·tes les habitant·es par le retour des services publics dans toutes nos communes.
  • Un pacte pour la jeunesse qui engage la nation sur des enjeux majeurs tels que l’éducation, le travail et l’emploi, les politiques sociales.

Nous partageons la colère de toutes celles et ceux qui ont vu les images terribles du contrôle et du tir diffusées sur les réseaux sociaux.

Elle appelle une mobilisation puissante et pacifique pour obtenir la vérité et la justice pour Nahel.

Elle ne peut en aucun cas légitimer les violences de ces derniers jours !

Nous condamnons fermement toutes les violences contre les personnes et les biens, les tirs de mortiers et de cocktails Molotov, qui ont bouleversé la vie de milliers d’habitantes et d’habitants de quartiers populaires, et les pillages des commerces.

La dégradation des mairies et du mobilier urbain de nos communes, des écoles de nos enfants et d’autres services publics, des équipements associatifs (maison de quartier, centre social…), des commissariats de nos quartiers, des voitures personnelles de salarié·es, pénalisent gravement les familles directement touchées et l’ensemble de la population.

Les auteurs de ces délits doivent être arrêtés et traduits en justice.

Non seulement ces violences ne servent en rien la vérité et la justice, mais l’on voit comment aujourd’hui elles sont utilisées par les forces réactionnaires, au pouvoir, à droite et à l’extrême droite, pour stigmatiser des quartiers entiers qualifiés par certains « d’enclaves étrangères » alors qu’ils sont, comme tous les territoires, une part de la France, de ses richesses, de sa force ; considérer comme délinquants l’ensemble des jeunes quand seuls quelques-uns dégradent, saccagent, pillent au détriment de tous ; réduire la vie de ces quartiers à la seule manifestation de la violence ; ou encore semer les germes de la guerre civile, comme l’ont récemment fait deux syndicats de policiers, déclaration aux accents séditieux qui doit déboucher sur des sanctions. Nous sommes opposés aux interdictions de manifestations, qui ne visent pas la fin des violences, mais un coup d’arrêt au mouvement social, ainsi qu’au recours à l’État d’urgence qui loin de mettre fin aux tensions actuelles, les attisera.

Le PCF apporte son soutien et sa solidarité à l’ensemble des habitant·es touché·es par les violences, aux familles pénalisées par la destruction des services, aux secours, aux fonctionnaires de police et à tou·tes les bénévoles des associations, les agents publics et élu·es locaux mobilisés pour protéger et répondre aux demandes de la population.

L’heure est à garantir la sécurité de nos concitoyen·nes et à répondre aux besoins sociaux des habitantes et des habitants.

L’heure est à la République partout et pour toutes et tous. Une république avec un développement massif de ses services publics qui en garantissent l'effectivité de ses principes : Liberté, Égalité, Fraternité.

Pour la vérité et la justice pour Nahel, contre toutes les violences, unissons-nous !

 

Paris, le 1er juillet 2023

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1 juillet 2023 6 01 /07 /juillet /2023 13:22
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30 juin 2023 5 30 /06 /juin /2023 05:28

 

La nuit dernière, en Île-de-France et dans plusieurs villes du pays, des incendies ont été provoqués dans des mairies, des écoles, des commissariats.

Face aux images terribles du décès, la colère est légitime mais aucunement les violences qui ne servent en rien notre combat pour la vérité et la justice.

Pire, cette violence est utilisée comme on l’a vu ces dernières heures par les forces réactionnaires qui cherchent à réduire la vie de nos quartiers populaires à la seule manifestation de la violence.

J’appelle au calme et à une puissante mobilisation pacifique pour que toute la vérité soit faite sur les actes des policiers procédant au contrôle, en particulier de celui qui a tiré, et que justice soit rendue.

J’appelle à ce que le débat public s’ouvre pour engager au plus vite une politique progressiste pour la tranquillité publique avec une police républicaine proche des citoyens, au service de leurs attentes et de leurs besoins.

Je participerai comme citoyen, élu, avec mes amis et camarades, à la marche blanche à Nanterre cet après-midi pour porter cette exigence de vérité et de justice, soutenir la famille et les proches de la victime.

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord,
Le 29 juin 2023.

 

 

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29 juin 2023 4 29 /06 /juin /2023 05:18

 

Ce matin à Nanterre dans les Hauts-de-Seine, un contrôle routier a débouché sur la mort d’un mineur de 17 ans.

Notre émotion est immense et nos pensées vont à la famille et aux proches de la victime. Un refus d’obtempérer ne doit pas entraîner la mort !

Une enquête est désormais ouverte pour homicide volontaire par personne dépositaire de l'autorité publique et confiée à l'inspection générale de la Police nationale.

Alors que de premières images terribles du contrôle et du tir ont été diffusées sur les réseaux sociaux, le PCF appelle à ce que cette enquête établisse dans les meilleurs délais la vérité sur les conditions de l’utilisation de son arme par le policier et à ce que justice soit faite.


Parti communiste français,
Paris, le 27 juin 2023.

 

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28 juin 2023 3 28 /06 /juin /2023 05:33

 

Pointés du doigt pour leurs bénéfices records (3,9 milliards d’euros en 2021) alimentés par une flambée des tarifs, les concessionnaires du réseau ont annoncé des réductions pour les départs en vacances.

 

Les ristournes proposées sont des oboles. Il faut reprendre le contrôle de nos services publics et de nos biens communs.

 

RAYMOND AVRILLIER

Militant écologiste et maire adjoint honoraire de Grenoble

De grands groupes privés concessionnaires de nos autoroutes publiques ont annoncé des oboles à certains usagers après les révélations des dizaines de milliards de leurs surprofits et la hausse de 4,75 % des tarifs en février.

Parmi ces « œuvres charitables », pour les abonnés, une ristourne pour ceux qui payeraient en Chèques-Vacances dématérialisé s, des réductions pour plus de 10 allers-retours par mois sur un trajet régulier, voire un report de l’augmentation de tarif pour les quelques abonnés électriques, soit un coût de quelques millions d’euros, et un blocage temporaire des prix sur des portions courtes compensé par l’augmentation sur les autres portions…, soit un coût nul.

La com’ sur ces « gestes commerciaux » n’arrive pas à cacher les surprofits commerciaux obtenus auprès de certains ministres par les grands groupes concessionnaires, Vinci (ASF, Cofiroute, Escota), Eiffage (APRR, Area) et Abertis (Sanef, SAPN).

Ces grands groupes ont été les bénéficiaires de la privatisation des concessionnaires d’autoroutes en 2006 par M. de Villepin, premier ministre, avec comme directeur de cabinet M. Le Maire, qui leur a permis de ­réaliser plus de 19 milliards d’euros de surprofits cachés.

M. Macron, ministre de l’Économie (2014-2016), et M. Kohler, son directeur de cabinet, ont cherché à cacher pendant quatre ans les conditions de leurs négociations du « protocole d’accord du 9 avril 2015 » et du « plan de relance autoroutier (PRA) » avec ces sociétés concessionnaires (SCA), qui leur ont permis une nouvelle prolongation de la durée des concessions, les augmentations des tarifs, et donc près de 9 milliards d’euros de surprofits.

Le gouvernement continue à vouloir cacher, depuis quatre années, les rapports et notes des services ayant préparé ce PRA pour M. Macron, M. Kohler et aussi Mme Borne, directrice de cabinet de Mme Royal, alors ministre de l’Environnement (2014-2017).

Le gouvernement ose avancer qu’il ne disposait d’aucun rapport ou note de service pour ces négociations de 2015. Ce que nous avons démontré être faux. Ces arrangements successifs ont permis une « obole » de 30 milliards d’euros de surprofits pour les grands groupes concessionnaires d’autoroutes sur la durée des contrats.

Les alertes sur ces surprofits ont été émises par tous les services de notre République, l’inspection générale des finances, l’inspection générale de l’environnement, la Cour des comptes, l’Autorité de la concurrence, l’Autorité de régulation des transports, la mission d’information de l’Assemblée nationale (2014), la commission d’enquête du Sénat (2020), et quelques journalistes.

Ces concessions au privé prennent tout leur… double sens : concessions de service public et concessions au sens « attribution d’un bien ou d’un droit à titre de grâce ou de faveur ». Le gouvernement doit cesser de « faire des concessions » aux concessionnaires. Opacité et mensonges sur les décisions publiques sont source de corruption. Reprenons le contrôle public de nos services publics, de nos biens communs.

Les marges des groupes privés atteignent 13 %. Depuis 2006, ils ont encaissé 55 milliards d’euros au détriment du financement de l’État.

 

 

HERVÉ GOMET

Secrétaire général de l’union interfédérale des transports CGT

Lancée au début des années 2000, la privatisation de pans entiers de nos autoroutes coïncide avec l’amortissement de celles-ci, dont le financement de la construction a reposé sur les contribuables pendant plusieurs décennies.

En 2006, Bruno Le Maire – alors directeur de cabinet du premier ministre Dominique de Villepin – annonce la privatisation des concessions autoroutières jusqu’en 2031, et même 2036 pour certaines. Abertis (dont les principaux actionnaires sont Axa, Crédit agricole et la famille Peugeot), Eiffage et Vinci remportent la mise et voient leurs bénéfices exploser : près de 55 milliards d’euros depuis 2006.

Fortement décriés dans un rapport sénatorial en 2019, ces trois groupes, financeurs historiques des campagnes électorales des présidents de la République qui se sont succédé au pouvoir en France, se gavent d’argent sur le dos des utilisateurs de la route en particulier, et sur les citoyens en général.

Dès lors, la récente annonce d’une ristourne sur les péages cet été apparaît comme une opération de communication bien éloignée d’un cadeau fait aux Français dans le contexte inflationniste et de vie chère que nous subissons depuis plus d’un an.

À l’instar du patron de Total « offrant » une ristourne de 20 centimes sur le litre d’essence, avec au passage des profits colossaux puisque cette manœuvre a servi à rendre captifs les consommateurs chez Total et permis d’écouler un volume de carburant jamais égalé par le géant pétrolier. Les trois plus gros groupes de BTP concessionnaires ­réalisent près de la moitié de leurs bénéfices annuels sur ce segment. Rappelons au passage l’augmen­tation du prix des péages de 4,7 % en février.

En privant l’État de ressources considérables, opérant des taux de marge allant jusqu’à 13 %, au lieu des 7 % initialement prévus dans les contrats de concession, les trois groupes ont ­réalisé en moyenne un bénéfice net de 350 000 euros par kilomètre concédé depuis la privatisation.

Sur demande polie du ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, le 7 juin, appelant les trois entreprises à faire un geste en faveur des automobilistes, celles-ci se sont empressées d’annoncer 20 à 25 % de réduction aux péages pour les mois de juillet et août.

Dès lors, est-ce un cadeau ? Une redistribution des richesses accumulées ? L’union interfédérale des Transports CGT (UIT CGT) a décrypté ce dispositif censé soulager le budget vacances des ménages, enfin… pour ceux qui ont la chance de pouvoir partir en vacances.

La ristourne ne concernera que les détenteurs d’abonnement télépéage, autrement dit une « clientèle » ­essentiellement professionnelle et utilisatrice­ captive des autoroutes. L’avantage financier concédé par les trois groupes capitalistes ne se fera pas au moment de passer la barrière des péages mais sera abondé sur le compte d’abonnement télépéage uniquement si les utilisateurs ­alimentent celui-ci via des Chèques-Vacances entre le 15 juin et le 31 juillet.­ Des conditions tellement restrictives que peu pourront en bénéficier. Avec ce gouvernement, pas question de prendre aux riches.

 

 

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27 juin 2023 2 27 /06 /juin /2023 05:26

 

Dans son dernier rapport, Oxfam montre que, plutôt qu’investir dans la transition énergétique et augmenter les salaires à hauteur de l’inflation, les grandes entreprises préfèrent verser des dividendes à leurs actionnaires.

 

possèdent à elles seules 18 % du CAC 40. © Marta NASCIMENTO/REA

Oxfam publie ce lundi 26 juin le second volet de son rapport sur les grandes entreprises françaises. Si le premier, paru en avril, montrait que les inégalités se creusaient entre les salariés et leurs patrons – le PDG de Teleperformance gagne 1 500 fois le revenu moyen dans son entreprise –, l’ONG se penche aujourd’hui plus particulièrement sur les actionnaires.

Ce rapport intitulé « L’inflation des dividendes » montre et documente le fait que les richesses créées sont toujours plus captées par le capital. Si, sur dix ans, les salaires dans les 100 plus grandes entreprises françaises ont augmenté de 22 %, les versements à leurs actionnaires ont, eux, bondi de 57 %.

 

« Le versement de dividendes aux actionnaires a augmenté presque trois fois plus vite que la dépense par salarié, on voit bien qu’il y a un vrai dérèglement dans le partage de la valeur au sein des grandes entreprises en France », pointe Léa Guérin, chargée de plaidoyer sur la régulation des multinationales chez Oxfam et principale autrice du rapport. Le constat est particulièrement cruel en ce contexte d’inflation.

En France, le seul CAC 40 a versé 80,1 milliards d’euros à ses actionnaires sous forme de dividendes et rachats d’actions

Les chiffres sur l’année 2022 donnent le vertige : en France, le seul CAC 40 a versé 80,1 milliards d’euros à ses actionnaires sous forme de dividendes et rachats d’actions. Ce montant est en hausse de 15,5 % par rapport au record établi un an plus tôt.

Le montant des dividendes versés dans le monde s’élève à la somme folle de 1 560 milliards de dollars, auxquels il faut ajouter les rachats d’actions, qui ont atteint un nouveau record à 1 310 milliards de dollars.

Cette nouvelle manière de rémunérer les actionnaires a été multipliée par trois en France en dix ans. Les actions rachetées sont le plus souvent détruites. La première conséquence de la manœuvre est assez mécanique. Si une entreprise est un gâteau et que les actions en sont les parts, détruire des titres ne change pas la taille du plat, mais chaque part devient plus grosse.

Conséquences : comme les dividendes sont distribués par action, leur montant augmente, de même que la valeur du patrimoine financier de l’actionnaire, sans qu’il n’ait rien eu à faire.

« Dans l’idéologie libérale, le dividende rémunère le risque pris par les actionnaires et permet de faire circuler l’argent, d’être réinvesti, explique Léa Guérin. Sauf que je ne vois pas où est le risque puisque les dividendes augmentent chaque année, soutenus par des aides publiques versées sans contreparties, et que les rachats d’actions ne font pas circuler l’argent, c’est même tout le contraire. »

Chez Total, entre 2018 et 2021, 24 % des versements aux actionnaires ont été faits sous forme de rachats d’actions. Et le groupe réclame pourtant des aides à l’État pour investir dans la transition écologique…

Au détriment des investissements

En lissant les chiffres des 100 plus grands groupes français sur dix ans, le rapport montre une vraie tendance : ces entreprises ont versé en moyenne 71 % de leurs bénéfices à leurs actionnaires. Cinq d’entre elles ont même distribué des dividendes alors qu’elles ont perdu de l’argent sur la période.

OXFAM A CALCULÉ QU’EN 2019, 45 % DES DIVIDENDES ET RACHATS D’ACTIONS VERSÉS AUX ACTIONNAIRES PAR LES GRANDS GROUPES FRANÇAIS AURAIENT SUFFI À COUVRIR LEURS BESOINS EN INVESTISSEMENT DANS LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE CETTE ANNÉE-LÀ

« Engie a accumulé plus de 784 millions d’euros de pertes entre 2011 et 2021, elle a pourtant décidé de verser à ses actionnaires 23,6 milliards d’euros sur la même période ; autant de capacité à investir en moins pour l’entreprise, à un moment où elle en a plus que jamais besoin pour accompagner sa transition énergétique », regrette Léa Guérin.

Encore plus choquant, Oxfam a calculé qu’en 2019, 45 % des dividendes et rachats d’actions versés aux actionnaires par les grands groupes français auraient suffi à couvrir leurs besoins en investissement dans la transition écologique cette année-là. « Ces entreprises ne peuvent pas nous dire qu’elles n’ont pas l’argent pour investir dans le bas carbone, c’est bien plutôt une histoire de choix », insiste la chargée de plaidoyer.

Qui sont les actionnaires ?

Oxfam s’est plongé dans les données de l’Autorité des marchés financiers pour casser de nouvelles idées reçues. « J’ai été moi-même surprise de voir que seuls 6,7 % des Français détiennent des actions, reconnaît Léa Guérin. L’idée que la Bourse est pleine de petits porteurs n’est qu’un mythe. »

Car non seulement, en volume, ces petits actionnaires individuels ne pèsent quasiment rien, mais en plus, leur profil sociologique est clair : ce sont des hommes très aisés de plus de 55 ans. Bien au contraire, les premiers actionnaires des grands groupes français sont des grandes familles.

Cinq d’entre elles (Arnault, Hermès, Bettencourt-Meyers, Pinault et Del Vecchio) possèdent à elles seules 18 % du CAC 40 ! Bien loin encore du mythe des entrepreneurs, l’économie française est vraiment affaire d’héritiers. Derrière ces grandes familles, on trouve les investisseurs institutionnels privés, avec en tête BlackRock, qui détient seul 2,1 % des actions du CAC 40.

 

 

 

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26 juin 2023 1 26 /06 /juin /2023 05:42

 

 

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26 juin 2023 1 26 /06 /juin /2023 05:37

 

TEXTE COLLECTIF

Toute politique publique en termes de mobilités doit se donner pour objectif de répondre aux besoins des populations concernées, aux exigences d’aménagement du territoire et à l’urgence climatique. L’expérience le montre : la mise en concurrence tourne le dos à ces objectifs – preuve en est, tant par les conséquences néfastes dans les régions qui l’ont mise en œuvre, que par les réussites dans celles qui ont fait le choix de la refuser. Les questions à se poser sont simples : comment se déplace-t-on en France et à quel prix ? Quels moyens financiers sont injectés dans les mobilités ? Quelle proximité entre production de biens utiles et la consommation des ménages ? Quelle organisation du travail près des lieux d’habitation pour réduire les trajets ?

La première ministre a annoncé un plan d’investissement de 100 milliards d’euros pour le ferroviaire à horizon 2040, soit dans les dix-sept années à venir. Ce plan a depuis été précisé par le ministre des Transports, qui a annoncé que l’État participerait à hauteur de 8,6 milliards d’euros au volet mobilités des contrats de plan État-région 2023-2027. Ces déclarations, séduisantes en apparence, ne répondent ni aux exigences ni à l’urgence. En effet, de très nombreuses liaisons ferrées en France sont dans un état de plus en plus catastrophique. On ne compte plus les liaisons en train qui sont obligées de fermer du fait du mauvais état des voies et les ralentissements de circulation qui se généralisent à cause du sous-investissement. Il est par ailleurs nécessaire de poursuivre le développement du réseau ferroviaire par la création de nouvelles lignes pour proposer des alternatives écologiques au déplacement des voyageurs et des marchandises. Et puisque le transport qui coûte le moins cher à la planète et au porte-monnaie est celui que l’on n’a pas besoin de faire, il y a nécessité de développer un projet de territoire avec des services publics forts, consolidés, avec une offre de formation à tous les niveaux, qui permette de vivre et de travailler au pays.

Dans ce cadre, il est nécessaire de protéger les terres agricoles et la biodiversité – ici comme ailleurs  – afin de maintenir et de développer une agriculture paysanne qui puisse répondre aux besoins des populations. Pour ce projet de territoire, il faut un réseau de transports publics moderne, associant notamment, dans un cadre multimodal, le ferroviaire et les autres modes de transport complémentaires (routes, aéroports). Ce n’est pas, à l’évidence, l’orientation choisie par Emmanuel Macron et le gouvernement Borne, qui demeurent sourds aux exigences de notre temps, tant en matière de préservation de la planète que des conditions de vie des salariés du pays.

Nous exigeons que la somme annoncée soit débloquée dans un laps de dix ans, c’est-à-dire dans la période des deux prochains contrats de plan. N’oublions pas que le montant des dépenses dans les infrastructures ferroviaires par habitant n’est que de 45 euros en France pour 124 en Allemagne et 413 en Suisse ! C’est pourquoi nous demandons que les transports publics dans les régions puissent bénéficier des mêmes leviers fiscaux que ceux de l’Île-de-France. L’égalité territoriale nécessite de l’égalité fiscale.

Nous proposons donc que les taux plafonds du versement mobilités soient alignés sur ceux de Paris, et que toutes les agglomérations profitent de la création de taxes locales sur les bureaux et de taxes sur les surfaces de stationnement équivalentes à celles créées en Île-de-France. De plus, il nous semble nécessaire qu’il y ait une juste péréquation fiscale. Nous proposons que la taxe locale sur les bureaux dans les territoires les plus riches, soit augmentée de 20 euros par mètre carré et par an au bénéfice des infrastructures de transport du reste du pays. Par ailleurs, les déplacements ne peuvent se concevoir qu’en termes de complémentarité des modes de transport entre eux. Marche, vélo, transports urbains et interurbains, ferroviaire, aérien, fluvial… et, bien sûr, voiture individuelle, à sa juste place. L’ensemble du territoire national a besoin d’être desservi par l’ensemble de ces modes. Aucun territoire ne doit être fossilisé. Chacun, quels que soient son lieu de vie et son lieu de travail, doit pouvoir se déplacer librement, à un coût abordable, grâce à des modes de transport fiables et abordables à tous points de vue. Dans les mobilités, le temps de « l’assignation à résidence » n’a plus lieu d’être. Seul un grand service public rénové avec les moyens nécessaires peut y répondre.  Si les questions à se poser sont simples, elles se résument aussi facilement à une seule. Dans quelle société voulons-nous vivre, avec quelle place pour l’être humain ? 

Premiers signataires : Jean-Luc Gibelin, vice-président PCF en charge des transports de la région Occitanie, et Jacques Baudrier, maire adjoint PCF de Paris. Retrouvez la liste complète sur Humanite.fr

 

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