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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 19:28

COP 21 : « Tout est inscrit, mais tout reste à faire » (Pierre Laurent)

L'accord de Paris sur le climat a finalement été adopté par les 195 délégations réunies au Bourget hier malgré quelques doutes qui se sont exprimés. Toutefois sa dimension universelle marque une étape importante cinq ans après l'échec de Copenhague auquel je participai également.

Sur les principes tout est inscrit : limiter à 2°C voire 1,5°C, si possible, la hausse de la température planètaire comme l'exigeaient les pays les plus vulnérables ; les 100 milliards de dollars, par an, d'ici 2020, dédiés aux mesures d'adaptation des pays en développement ; la clause de revoyure afin de rehausser régulièrement le niveau d'engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre comme financiers…

Pourtant tout reste à réaliser. On le sait les engagements actuels des pays sont plus proches des 3°C ce qui rendrait notre monde invivable ; la concrétisation des 100 milliards de dollars reste à être confirmé, la structuration du Fonds vert reste flou (dons, prêts subventions…) comme les modalités de sa répartition entre pays. Enfin si la nature de cet accord favorise l'engagement politique de chaque nation, il est très loin d'être juridiquement contraignant comme le revendiquait les peuples en décrétant l'état d'urgence climatique.

Bien des étapes restent donc à franchir. La première d'entre elle sera la ratification de l'accord par chaque pays après l'avoir traduit dans leur droit national.

La vigilance s'impose donc et c'est pour cette raison que j'ai participé hier après midi avec la société civile au rassemblement du Champs de Mars pour dire « Nous aurons le dernier mot ! ».

L'essentiel maintenant est d'engager la transition écologique et sociale vers une société sobre en carbone afin d'atteindre les objectifs de la COP 21 et de réduire les inégalités de développement dans le monde. Cette ambition commande que l'on sorte des politiques d'austérité en France et en Europe et un autre partage des richesses à l'échelle du monde.

Les propositions que nous avons formulées depuis des mois restent d'actualité. Nous voulons donner de la force au développement humain durable mondial qui, selon moi, ne peut voir le jour dans le cadre de l'économie libérale mondialisée. Nous continuerons donc à les faire vivre dans le débat politique en lien avec toutes les forces progressistes disponibles. Nous continuerons également d'agir en constante recherche de convergence avec les citoyennes et les citoyens ici, en Europe et dans le monde. Nous serons présents au côté des acteurs de la Coalition Climat 21, tout au long de l'année 2016, dans la perspective de la COP 22 à Marrakech au Maroc et du Forum Social Mondial à Quebec.

COP 21: tout est inscrit, mais tout reste à faire (Pierre Laurent)
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 19:25
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 17:31

A lire sur le Blog du PCF Pays Bigouden:

LE GUILVINEC se déclare à l’unanimité« Hors Traité Transatlantique » (TAFTA)

Dans le Finistère, onze communes se sont officiellement déclarées « horsTAFTA ». Il s’agit dans l’ordre chronologique :
Botmeur (19/05) –Trégunc (23/06) – Bannalec (26/06) – Saint Yvi (26/06) – Saint Rivoal (10/07) –Berrien (15/07) – La Feuillée (21/07) – Huelgoat (3/08) – Motreff (25/09) – Douarnenez (1/10) – Saint Jean Trolimon (8/10).
Lors de sa séance du 11 décembre 2015, le conseil municipal du Guilvinec, présidé par son maire Jean-Luc Tanneau, a décidé à son tour de se déclarer « hors traité transatlantique », dans un vœu adopté à l’unanimité.
Cette position devrait encourager les autres communes du pays Bigouden à se prononcer également contre les forfaitures qui se préparent dans les hautes sphères de l’Etat et de l’union européenne et qui de toute évidence toucheront nos territoires et notre art de vivre.

La Commission Européenne, après avoir conclu un accord de libre échange le 26 septembre avec le Canada (AECG, CETA en anglais), poursuit les négociations avec les Etats-Unis sur un traité identique appelé PTCI (ou TAFTA en anglais). Ces accords visent à instaurer un vaste marché dérégulé : le grand Marché Transatlantique (GMT). Négociés dans le plus grand secret, ils pourraient être ratifiés, le premier à la fin de l’année 2015, le 2ème en 2016, sans la moindre consultation des citoyens et des parlements tant nationaux que européen. C’est un déni de démocratie, A cela s’ajoute la négociation secrète d’un accord international sur les services TISA (en anglais), qui rendrait inopérants les services publics, en obligeant les Etats à accorder les mêmes subventions au privé. Ces accords s’appliqueront à tous les niveaux de l’Etat, y compris au niveau des communes. Le but de la négociation est d’aller au-delà même des accords de l’OMC, en particulier en obligeant les Etats et les collectivités locales à accorder au privé et aux entreprises étrangères tout avantage accordé au public et au local : ce qui rendra impossible financièrement le maintien des services publics (ce que l’accord TISA vient renforcer) et le soutien de l’économie locale.

Ces traités visent ensuite à réduire les « barrières non tarifaires » : ils prévoient en effet que les législations et normes (sociales, environnementales, sanitaires, phytosanitaires, techniques) soient « harmonisées » pour faciliter le libre-échange. Or les USA sont aujourd’hui en dehors des principaux cadres du droit international en matière écologique, sociale et culturelle, et même concernant le droit du travail. Ils refusent d’appliquer les conventions de l’OIT, le protocole de Kyoto contre le réchauffement climatique, la convention pour la biodiversité, et les conventions de l’UNESCO sur la diversité culturelle. Leurs normes et règlements sont beaucoup moins protecteurs pour les populations qu’en Europe. Ce marché libéralisé avec le Canada et les Etats-Unis tirerait donc toute l’UE vers le bas De plus, ces traités permettraient aux grosses entreprises, via le « mécanisme du règlement des différends » (RDIE/ISDS) d’attaquer devant une juridiction privée les Etats ou les collectivités locales qui ne se plieraient pas à ces exigences de dérégulation et limiteraient ainsi « leurs bénéfices escomptés » ! Elles pourraient réclamer de lourds dommages et intérêts à l’Etat ou aux communes, faisant exploser la dette publique.

Les multinationales pourraient ainsi forcer le gouvernement français à renoncer au moratoire sur les gaz de schiste, et à accepter la culture des OGM en plein champ, le bœuf aux hormones, le porc à la ractopamine ou le poulet lavé au chlore.

Ces traités limiteraient les capacités des Etats à maintenir des services publics (éducation, santé, etc.) et des activités préservées du marché, mais aussi à contrôler l’activité des multinationales à investir dans des secteurs d’intérêt général comme la transition énergétique.

Au-delà des échanges de marchandises, le Grand Marché Transatlantique (GMT) achèverait l’ouverture à la concurrence des échanges immatériels. Le projet d’accord prévoit d’introduire de nouvelles mesures relatives aux brevets, droits d’auteur, protections des données, indications géographiques et autres formes de ladite "propriété intellectuelle", faisant revenir par la petite porte le défunt ACTA (accord commercial anti-contrefaçon), refusé en juillet 2012 par les Euro députés suite à une large mobilisation des citoyens européens,

Par la signature de ces traités, serait réalisé le vœu de D. Rockefeller : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire »

Pour toutes ces raisons,

La commune du Guilvinec réunie en Conseil Municipal le 11 décembre 2015

- manifeste son opposition à ces deux traités (CETA et TAFTA) dont l’objectif vise avant tout la dérégulation, la marchandisation du monde et l’amplification de la concurrence,

- dénonce également la négociation de l’accord sur les services (TISA) qui vise à détruire la majorité des services publics,

- demande l’arrêt des négociations avec les Etats-Unis sur le PTCI-TAFTA et le rejet par la France de l’Accord Economique et Commercial Global (AECG/CETA) avec le Canada,

- refuse toute tentative d’affaiblir le cadre réglementaire local, national ou européen en matière d’environnement, de santé, de protection des travailleurs et des consommateurs - se déclare hors grand marché Transatlantique

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 19:47
Accords de libre-échange: le baiser de mort de l'Europe à l'Afrique (Jacques Berthelot, Le Monde Diplomatique)

Accords de libre-échange tous azimuts

http://www.monde-diplomatique.fr/2014/09/BERTHELOT/50757

Le baiser de la mort de l’Europe à l’Afrique

par Jacques Berthelot

Le baiser de la mort de l’Europe à l’Afrique

En ce début d’été 2014, l’Union européenne triomphe. Après plus de dix ans d’une sourde bataille, elle a enfin vaincu la résistance des pays africains qui refusaient de conclure avec elle les traités de libre-échange prévus depuis 2000 par l’accord de Cotonou (Bénin) (1). Le 10 juillet, les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont signé l’accord de partenariat économique (APE) d’Afrique de l’Ouest (2) ; le 22 juillet, l’APE d’Afrique australe était paraphé ; le 25 juillet, le Cameroun ratifiait un APE individuel.

Seule déconvenue pour l’Union : l’Afrique de l’Est n’a pas suivi. Les pays de cette sous-région dominée par l’Afrique du Sud ont refusé de se priver de précieuses recettes douanières sans réelles contreparties européennes. Les APE prévoient en effet la suppression des droits de douane sur trois quarts des exportations de l’Union, tandis que celle-ci continuera à importer d’Afrique de l’Ouest la totalité de ses produits qui sont déjà en franchise de droits. Un marché de dupes. Comment en est-on arrivé à un tel désastre ?

Depuis 2008, les Etats d’Afrique de l’Ouest résistaient aux pressions de Bruxelles, aiguillonnés par de puissants mouvements sociaux réunis au sein de divers réseaux : le Third World Network Africa, basé à Accra (Ghana), la Plate-forme des organisations de la société civile de l’Afrique de l’Ouest sur l’accord de Cotonou (Poscao), à Dakar (Sénégal), et le Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (Roppa), à Ouagadougou (Burkina Faso). Mais plusieurs événements ont permis de « retourner » les capitales africaines.

Basculement du rapport de forces

Tout a commencé avec la plainte déposée en 1995 devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) par les producteurs latino-américains de bananes. Ils bénéficiaient (d’où le nom de « bananes-dollars ») du soutien de Washington, qui n’a jamais accepté les « préférences » accordées par Bruxelles aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, dits ACP. En vertu des conventions de Lomé, signées dans les années 1970, ceux-ci étaient exemptés de droits de douane à l’entrée du marché communautaire (3). Donnant tort à l’Union européenne, l’organe de règlement des différends de l’OMC a ordonné le remplacement des « préférences » par des avantages dits « réciproques » au plus tard fin 2007. Ce fut l’objet des APE programmés par l’accord de Cotonou.

Mais, à l’expiration du délai, seules les Caraïbes avaient conclu un accord régional. Quarante-trois pays n’avaient pas bougé, et vingt avaient signé des accords individuels dits « intérimaires ». Parmi les non-signataires figuraient la majorité des pays moins avancés (PMA) qui relèvent du programme « Tout sauf les armes » adopté par l’Union en 2001 : tous leurs produits, hors les armements, entrent sans droits de douane sur le marché européen. Pour vaincre les résistances, les Vingt-Huit adressent alors un ultimatum aux dirigeants africains : à défaut de ratification des APE régionaux avant le 1er octobre 2014, les exportations des pays hors PMA — en l’occurrence, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cap-Vert et le Nigeria — seront taxées à leur entrée sur le Marché commun.

Au sein de l’Union européenne, les APE ont été négociés par la direction générale du commerce de la Commission, et non par celle du développement et de la coopération, dont relevaient les conventions de Lomé. Quelques Etats ont malgré tout tenté de limiter les dégâts. « L’Union devrait opter pour une approche non mercantiliste et ne poursuivre aucun intérêt offensif, déclaraient conjointement, en mars 2005, le ministère du commerce et le ministère du développement international britanniques. L’Union devrait proposer à l’OMC (...) de réduire les exigences de réciprocité et de se recentrer sur les priorités du développement. » Au Royaume-Uni, les grandes associations (Oxfam, ActionAid, Christian Aid, Friends of the Earth) ont l’oreille de l’opinion, tandis que Downing Street défend les intérêts bien compris des industriels, qui misent sur l’essor des économies africaines.

En mai 2006, la délégation pour l’Union européenne de l’Assemblée nationale française adoptait à l’unanimité le rapport du député Jean-Claude Lefort, qui s’interrogeait : « Pouvons-nous vraiment prendre la responsabilité de conduire l’Afrique, qui abritera dans quelques années le plus grand nombre de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour, vers davantage de chaos, sous couvert de respect des règles de l’OMC (4) ? » Si le Parlement européen a produit de nombreux rapports contestant les APE, il s’est finalement aligné sur la Commission.

En 2013, la pression des ministres du commerce et de la coopération du Danemark, des Pays-Bas, de la France, du Royaume-Uni et de l’Irlande n’a fait que légèrement fléchir Bruxelles : la Commission a abaissé de 80 à 75 % le pourcentage des exportations de l’Union qui entreront en franchise de droits sur le marché de l’Afrique de l’Ouest (5).

Côté africain, c’est l’arrivée au pouvoir de M. Alassane Ouattara (2011) en Côte d’Ivoire — poids lourd économique de la sous-région — qui a permis d’emporter l’adhésion de la Cedeao. « En libéral convaincu, explique M. Cheikh Tidiane Dieye, directeur de la Poscao, M. Ouattara ne cache pas son engagement en faveur de l’accord de libre-échange, qui aura pour lui l’intérêt de maintenir l’accès préférentiel au marché de l’Union pour le thon, la banane et le cacao, entre autres. » Après s’être vigoureusement opposé aux APE, le Sénégal s’y rallie, avec pour objectif de devenir l’interlocuteur privilégié des Européens. De son côté, le Nigeria se montre conciliant depuis qu’il attend le soutien occidental dans la lutte contre Boko Haram.

Pourtant, l’Afrique de l’Ouest a tout à perdre. Le marché de la banane l’illustre parfaitement. Sanctionné par l’OMC, Bruxelles s’était engagé en 2009 à réduire ses droits sur les fruits venus des plantations d’Amérique latine : de 176 euros la tonne en 2009 à 114 euros en 2017. Dans la foulée, en décembre 2012, des accords bilatéraux de libre-échange (ALE) ont été signés avec la Colombie et le Pérou d’une part, avec six pays d’Amérique centrale d’autre part (Costa Rica, Salvador, Honduras, Guatemala, Nicaragua et Panamá), pour qui les droits seront abaissés peu à peu à 75 euros la tonne d’ici à 2019. Un avantage dont va bénéficier l’Equateur après la signature, le 17 juillet 2014, de son accord d’association avec l’Union (il est resté, du fait de ses prix faibles, le premier exportateur vers l’Europe comme vers le reste du monde). En 2009, des compensations — insuffisantes — avaient été accordées à la Côte d’Ivoire et au Ghana, leur permettant de continuer à exporter à droits nuls sans plafond. En 2014, rien n’est prévu dans l’APE.

Un système absurde

Or les préférences accordées aux bananes ACP, africaines notamment, perdront tout intérêt si les négociations d’accords de libre-échange avec le Marché commun du Sud (Mercosur), l’Inde et bientôt les Philippines (second exportateur) aboutissent. Le Brésil réclame un quota tarifaire à droits nuls de deux cent mille tonnes. L’Inde, premier producteur de bananes avec trente millions de tonnes, commence à s’organiser pour exporter.

La compétitivité des pays des Andes et d’Amérique centrale devrait beaucoup s’accroître par rapport à celle des ACP, car la fourberie de Bruxelles ne connaît aucune limite. En effet, tous les pays qui signent des accords de libre-échange bilatéraux peuvent ipso facto exporter à droits nuls vers l’Union, sauf pour certains produits soumis à des quotas (viandes, produits laitiers et sucre, textile-habillement). En outre, les pays d’Amérique latine, dont les monnaies sont arrimées au dollar, devraient bénéficier de la politique américaine de monnaie faible par rapport à l’euro — auquel est lié le franc CFA.

Malgré les promesses, l’APE d’Afrique de l’Ouest ne devrait pas bénéficier des 6,5 milliards d’euros sur cinq ans inscrits dans son plan de financement : aucun ajout n’est en effet prévu à la dotation du Fonds européen de développement (FED), qui représente 4 euros par habitant et par an ! Bruxelles se contente de recycler des fonds déjà programmés ailleurs. Aucune mesure ne compensera les pertes de recettes douanières consécutives à l’ouverture des marchés africains, notamment celles perçues sur les 11 milliards d’euros d’importations que les PMA auraient pu continuer à taxer s’ils n’étaient pas intégrés dans l’APE régional. Les pertes seront d’autant plus grandes que la Cedeao a adopté, sous la pression de Bruxelles, un tarif extérieur commun (TEC) qui fixe les droits les plus faibles du monde, notamment de 5 % sur la poudre de lait et les céréales (10 % sur le riz). Le « trou » dans les caisses africaines pourrait atteindre 2,3 milliards d’euros.

Pour convaincre leurs interlocuteurs, les dirigeants européens font valoir que, si l’APE régional n’est finalement pas ratifié, les pays qui ne figurent pas parmi les moins avancés, comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Ghana, devront se contenter des tarifs peu avantageux fixés par le système de préférences généralisées (SPG) de l’Union : 3,5 % de réduction en moyenne par rapport aux droits accordés à la nation la plus favorisée, dits NPF, acquittés par les pays occidentaux. Concrètement, ces Etats devraient payer à l’Union un droit de 136 euros par tonne sur les bananes, de 5,8 % sur les ananas, de 18 à 24 % sur le thon et ses conserves, de 9 % sur le café torréfié, de 2,8 à 6 % sur les produits du cacao, de 8,9 % sur l’huile de palme et de coprah. Les pays des Andes et d’Amérique centrale, qui pour la plupart bénéficient, en plus des ALE, du système de préférences généralisées SPG+ (lire « Régimes douaniers européens »), ne paient que 117 euros sur les bananes en 2014 et n’en paieront que 75 en 2019. Ils exportent leurs ananas, poissons, café torréfié, produits du cacao et huiles de palme et de coprah à droits nuls.

Ce système absurde ne tient pas compte de la différence des situations économiques : en 2012, le produit national brut (PNB) moyen par tête des quatre pays non ACP d’Afrique de l’Ouest était de 1 530 dollars, contre 4 828 dollars pour les six pays non ACP d’Amérique centrale et 7 165 euros pour les trois pays andins. Les perspectives paraissent sombres pour la sous-région, dont le déficit alimentaire a bondi (de 11 millions de dollars en 2000 à 2,9 milliards en 2011) et dont la population explose : trois cent quarante millions d’habitants en 2014 et cinq cent dix millions prévus en 2030.

La faiblesse africaine dans les négociations tient également au fait que les Européens financent en grande partie l’intégration régionale — notamment à travers le budget de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) —, mais aussi les réunions de l’Assemblée parlementaire paritaire Union européenne - ACP et les sessions de « mise à niveau » de leurs experts. Surtout, les dirigeants s’affaiblissent eux-mêmes en écoutant les cabinets d’experts plutôt que leurs populations, pourtant mobilisées et constructives.

Les associations d’Afrique de l’Ouest ont proposé que leur région soit classée « grand PMA », et qu’une dérogation soit demandée à l’OMC. Elles suggèrent aussi d’instituer une taxe de 1,5 % sur les échanges internes à la Cedeao pour compenser les droits de douane que devront payer les exportateurs de Côte d’Ivoire et du Ghana.

« Les chefs d’Etat sont mal informés. On ne comprend pas ce qui les empêche de consulter les mouvements sociaux. Mais ils ne se fient qu’aux bureaucrates, s’insurgeait le 25 octobre 2013 M. Mamadou Cissokho, président honoraire du Roppa. Ce n’est pas acceptable : avant d’engager la vie de millions de personnes, il faut les consulter (6) ! »

La Commission a laissé entendre qu’elle pourrait repousser la date limite pour la ratification au 1er octobre 2016. La bataille n’est pas terminée.

Jacques Berthelot

Economiste. Auteur de Réguler les prix agricoles, L’Harmattan, Paris, 2013.

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 18:52

La Maison du Peuple de Morlaix et l’Union locale CGT de Morlaix vont présenter à partir du 17 décembre l'exposition:

« La CGT, 120 ans en Finistère, hier, aujourd’hui, demain »

(Réalisée par le collectif finistérien de l’Institut d’Histoire Sociale de la CGT, pour marquer les 120 ans d’existence de la Confédération, fondée en 1895).

Le jeudi 17 décembre 2015, à 16 h 30

à la Maison du Peuple de Morlaix, 1 impasse de Tréguier

Après l’inauguration de l’exposition, visite des travaux de préservation de l’ancienne salle des fêtes, achevés récemment dans le cadre de la rénovation de la Maison du Peuple de Morlaix.

Le projet de restauration de la Maison du Peuple de Morlaix est soutenu par les collectivités territoriales, la Fondation du Patrimoine (souscription publique), les organisations syndicales de la CGT.

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 12:56

La justice a cassé en appel la décision du tribunal d'arbitrage obtenue grâce à Lagarde et Sarkozy. Tapie va devoir payer 404 millions d'euros à l'Etat. Coup dur mais l'escroc de haut vol manœuvre pour ne pas rendre l'argent. Il vient ainsi de placer ses sociétés en "sauvegarde judiciaire", une procédure gérée par un administrateur judiciaire et curieusement acceptée par le tribunal de commerce de Paris. Des biens personnels ont été cédés à sa femme et son fils, et sa villa de Saint-Tropez (estimée à 47 millions d'euros) est déjà sous séquestre. Au-delà de son cas, ce nouveau jugement donne un argument de poids à la thèse de l'escroquerie dans le volet pénal de l'affaire, dans lequel sont inquiétés Christine Lagarde (à l'époque ministre de l'Economie) et Claude Guéant.

Pour se faire plaisir, deux bonnes pages d'essais publiés dans la dernière décennie avec des chapitres sur Nanar, l'idole de la France mitterrandienne.

« Bernard Tapie, « wonder boy » et propagandiste » - par François Cusset (La décennie. Le grand cauchemar des années 1980 : La Découverte, 2006)

« - Et vos idoles ?

- Ma mère, parce qu'elle m'a fait, et qu'elle ne s'est pas trompée ce jour-là. »

Agacés par l'insolence et les manières peu amènes de Bernard Tapie, le si populaire racheteur et revendeur (et non créateur) d'entreprises, les élites politiques et médiatiques tentent déjà de lui substituer le fringant industriel du papier Vincent Bolloré, mieux mis et plus bourgeois – que Le Nouvel Economiste élira « manager de l'année » 1987. Peine perdue : on n'a pas fini de voir Tapie. Ceux qu'il gêne, ou qui le voudraient en simple stéréotype de transition entre la France d'avant l'entreprise, et un nouveau libéralisme plus chic, seront même forcés bientôt de tout faire pour l'écarter, jusqu'aux stratagèmes des années 1990, eux aussi peu élégants, pour ruiner sa fortune et le rendre inéligible.

En attendant, il a tout essayé, et tout lui réussit : violon, chanson, handball, aérobic avec Véronique et Davina, football évidemment, la télévision toujours (d'août 1983 avec « Faiseurs de fric » jusqu'au jeu « Ambition » de 1986, où le candidat a une soirée pour créer en direct son entreprise), politique municipale à Marseille et bientôt nationale, théâtre et cinéma, sans oublier les rachats de marques emblématiques (comme les piles Wonder) et toujours, de façon significative, liées au corps et à la santé – d'un service d'assistance téléphonique aux malades cardiaques, qui lançait jadis sa carrière, aux rachats d'Adidas, La Vie Claire ou des skis Salomon. Sa réussite, en un mot, n'a pas d'objet a priori, elle est aussi intransitive que le verbe-titre de son best seller de 1986, Gagner. C'est le conseiller en communication de l'Elysée, Jacques Pilhan, qui l'avait déniché en 1983 pour incarner les nouvelles valeurs de l'entreprise, et c'est l'establishment politique et patronal qui l'avait d'abord encensé ; mais cette fois il les déborde, et leur échappe. Le fils d'ouvrier du Bourget n'a plus besoin de ses protecteurs. Il dénonce même tout ce qui s'interpose entre le public et lui, lançant un clin d'oeil à ses fans par-dessus les journalistes et leurs questions oiseuses.

Il faut dire que cette année 1986 est bel et bien son année : le succès de son émission, les unes de magazines, la présidence de l'Olympique de Marseille, le triomphe de son équipe au Tour de France (menée par Bernard Hinault et Greg Lemond) et même le récit de son ascension en best-seller inattendu. Ce livre, derrière les airs romanesques de la success-story, est le bréviaire d'une nouvelle agit-prop managériale aux relents plus autoritaires que libertaires. Tapie y vante la guerre et l'armée, depuis l'expérience bien sûr « décisive » du service militaire jusqu'aux « parcours du combattant » auxquels il soumet ses collaborateurs pour les tester. Il y célèbre le (besoin d'un) chef, il conspue la paresse, criminalise l'échec et individualise toute responsabilité, pour que « vous sachiez que votre sort ne dépend que de vous-même ». Mélange détonnant de l'initiative individuelle et d'un autoritarisme militaire. Et puis Tapie s'assoit sur les scrupules, c'est son charme et sa force -redoutable. Il parle même, dans le mensuel Confidences, de son épouse Dominique comme « la femme-femme que j'attendais, celle qui s'occupe des enfants sans s'aider d'une nourrice ». Il exulte, rien ne lui résiste. «

« Comment en êtes-vous arrivé là ? » lui demandait Anne Sinclair sur la scène du palais des Congrès le 30 avril 1985 pour le premier grand show Tapie. « Parce que je m'aime », répondait-t-il du tac au tac, avant d'énumérer les secrets du bon leader.

S'il est « l'homme des années 1980 » (Jeanne Villeneuve), c'est moins pour ce qu'il est que pour la plasticité du personnage, la succession de ses rôles, et le vide abyssal surtout qui lui a permis d'occuper seul le terrain. Jusqu'à rester dans les annales de la décennie comme le seul qui ait su désamorcer le piège rhétorique tendu à tous par Le Pen, lorsqu'il lui proposa d'en venir aux mains au terme d'un débat télévisé houleux. Le problème est donc moins Tapie que la France qui s'en est éprise : « une société qui ne peut engendrer qu'un Bernard Tapie... pour clairement s'opposer à la montée d'une idéologie fasciste a quelques questions à se poser » (Jeanne Villeneuve).

Bernard Tapie, symbole d'un système secret d'enrichissement « made in Crédit Lyonnais » (Martine Orange, dans Histoire secrète du Patronat de 1945 à nos jours - La Découverte, 2009)

Tous pensaient qu'il avait disparu corps et biens, emporté par la bourrasque financière qui s'était abattue sur lui au milieu des années 1990. Entre matchs de football truqués, faillite financière et affairisme politique, il semblait ne pas devoir se relever. Pourtant, le 7 juillet 2008, Bernard Tapie reparut. A la stupeur générale, l'homme d'affaires se voyait accorder, par la discrétion d'un tribunal arbitral réuni à la demande pressante de l'Elysée, une indemnité de 240 millions d'euros assortie d'une indemnité pour le préjudice moral de 45 millions d'euros, pour régler son différend avec le Crédit Lyonnais dans l'affaire de la vente d'Adidas en 1992. Estimant qu'il avait été volé par la banque lors de la cession -réalisée avec une forte plus-value – du groupe d'équipements sportifs, il a perçu en outre des intérêts calculés depuis le début de la procédure en 1994. Le tout représente une somme de 390 millions d'euros. La somme qu'il recevra au final était, en juin 2009, encore en négociation avec le ministère des Finances, qui lui demandait de payer ses arriérés d'impôt. Certains connaisseurs du dossier estimaient qu'il toucherait au moins 100 millions d'euros.

Pour Bernard Tapie, ce jugement arbitral était la réparation légitime d'une injustice commise à son encontre. L'explication laisse rêveur. Car, au fond, quel aurait été le destin de Bernard Tapie s'il n'avait rencontré sur son chemin, en 1977, le Crédit Lyonnais ? Pendant quinze ans, Bernard Tapie fut à la fois le plus illustre symbole et la marionnette d'un système complexe et secret d'enrichissement, que la banque du boulevard des Italiens a largement orchestré".

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 16:25

Demad deoc'h / Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous faire savoir que

l'auteur de Skol Vreizh Daniel LELOUP,
architecte, spécialiste des maisons à pans de bois et de l’urbanisme des VXe, XVIe, XVIIIe siècles en Bretagne

présentera et dédicacera son tout dernier ouvrage :

Demeures remarquables de Bretagne :

Les maisons à pondalez du Siècle d’or - Morlaix

ce mardi 15 décembre à 18h au musée des Jacobins


Les maisons à pondalez* de Morlaix, constituent un patrimoine unique au monde, comparable pour l'architecture civile à ce que sont les enclos paroissiaux pour l'architecture religieuse. Pendant un siècle et demi, de la fin du XVe siècle au début du XVIIe siècle, la corporation des nobles marchands toiliers va pleinement s'identifier à ce modèle d'architecture composé d'un immeuble urbain à pans-de-bois dont la pièce principale s'articule autour d'une cheminée monumentale et d'un escalier à vis desservant les chambres au moyen de galeries suspendues.


Les charpentiers bretons de cette époque ont fait des merveilles dans la conception de leur ouvrage et dans les riches décors sculptés aux thèmes religieux ou profanes. Leur travail admirable hisse cet ensemble unique au rang d'oeuvre d'art qui mérite une reconnaissance bien au-delà des frontières morlaisiennes ou bretonnes.


* "Pont-d'allée" en français

Les maisons à Pondalez du siècle d'or de Morlaix: conférence de Daniel Leloup aux "Jacobins" le mardi 15 décembre
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 16:22

Film sur Ambroise Croizat Batisseur de la SECU sur france 3 samedi 12 décembre à 15H 20

Le film auquel a collaboré Michel Etiévent “Ambroise Croizat ou le bâtisseur de la sécu” est programmé pour samedi 12 décembre à 15h20 sur France trois Rhône Alpes Auvergne. Il est également prévu que d’autres antennes régionales le reprennent. Mais il sera visible sur internet .Il sortira ensuite en version longue et en salles puis en DVD sous le titre “La sociale” en 2016.Ci dessous le lien...

Amities à tous michel etievent

http://france3-regions.francetvinfo.fr/rhone-alpes/emissions/doc-24-rhone-alpes-alpes-et-auvergne/ambroise-croizat-le-batisseur-de-la-secu.html

Ambroise Croizat, batisseur de la Sécu
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 07:39

Condamnation de Jacqueline Sauvage : « Une injustice » (Laurence Cohen - PCF)

JEUDI, 10 DÉCEMBRE, 2015

HUMANITE.FR

Communiqué de Laurence Cohen, responsable « Droits des femmes et Féminisme » au PCF.

Jacqueline Sauvage, 66 ans, a subi les coups et les abus sexuels de son mari durant 47 ans, ses enfants également. Le 9 septembre 2012, son fils se suicide après avoir subi de nouvelles violences. Le 10, elle tue leur bourreau après qu'il ait à nouveau levé la main sur elle.

Son procès en appel vient de s'achever, elle est condamnée à 10 ans de prison, sur requête de l'avocat général, qui n'a pas voulu reconnaître la légitime défense. Ce magistrat met en évidence qu'un bijoutier qui abat un voleur dans le dos, pour sauver des pierres, est en légitime défense, mais qu'une femme qui se résout à cette extrémité pour sauver son intégrité physique et morale, pour protéger ses enfants, pour mettre fin à des décennies de viols est en tort.

Comment se résoudre à une telle injustice?

Nous sommes aux côtés de Madame Sauvage, qui a dû trouver en elle les ressources nécessaires pour sauver sa vie et celle de ses proches.

Une pétition demande sa grâce présidentielle. Nous appelons toutes celles et tous ceux qui défendent les valeurs d’égalité, de justice et de respect mutuel à signer cette pétition.

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 07:37
La CGT appelle à « mettre en échec » le Front national

« La CGT appelle à mettre en échec partout le Front national sur ses prétentions électorales et ses objectifs politiques et sociaux. »

Dans un communiqué, Montreuil prend clairement position à quatre jours du scrutin. Prenant acte des résultats du 1er tour, le syndicat estime que ces derniers sont « le signe de la grave crise démocratique et sociale que traverse notre pays et sur laquelle la CGT ne cesse d’alerter ».

Et d’analyser : « Le chômage et la précarité atteignent des records. La mise en concurrence des territoires accentue les inégalités et la relégation. L’absence de réponse au dumping social généré par la mondialisation capitaliste et par les impasses des politiques libérales et austéritaires menées en Europe offre un boulevard au repli nationaliste et à la préférence nationale. »

S’ajoutent « les promesses non tenues et la démission du politique face au marché ». La CGT rappelle, s’il en était encore besoin, que « le Front national n’est pas un parti comme les autres et constitue une grave menace pour la démocratie ». Si l’organisation syndicale le combat, c’est parce que « son approche est fondée sur l’inégalité, en fonction des nationalités, des origines, des religions, des couleurs ou des sexes ». Le syndicat précise qu’il « continuera à faire vivre la déclaration unitaire intersyndicale de juin 2015 "Vivre ensemble, travailler ensemble" et amplifiera le débat avec ses syndiqués et les salariés », estimant qu’il y a « urgence à ouvrir des perspectives de progrès social en France, en Europe et dans le monde ».

La Marseillaise, le 9 décembre 2015

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