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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 09:00

Le droit d’asile remis en question

Haro sur Schengen

L’Union européenne a annoncé le 15 décembre dernier la création d’un nouveau corps de police chargé de surveiller les frontières extérieures du continent. Un pas de plus dans une fuite en avant sécuritaire qui ne résoudra pas la crise des migrants.

par Benoît Bréville

" Plus d’un million de demandes d’asile ; des dizaines de bateaux accostant chaque jour sur les plages grecques ou maltaises ; un nombre record de morts en Méditerranée ; des pays qui envoient l’armée pour surveiller leurs frontières… D’une ampleur exceptionnelle, la vague migratoire de 2015 a sérieusement enrayé le fonctionnement de l’Union européenne. Entre les mois d’août et octobre derniers, l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ont toutes rétabli des contrôles à leurs frontières pour bloquer l’arrivée de réfugiés.

Depuis les attentats du 13 novembre à Paris, la France s’est jointe au mouvement, certains responsables politiques ayant fait des accords de Schengen, qui organisent la libre circulation des personnes entre les Etats signataires, l’une des causes de la tuerie.« Schengen est mort », a jugé M. Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains. « L’absence de frontières nationales représente une folie criminelle », a ajouté Mme Marine Le Pen (Front national), tandis que M. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) réclamait « le rétablissement de nos frontières nationales pour éviter les infiltrations de djihadistes ». « Si l’Europe n’assume pas ses responsabilités, alors c’est tout le système Schengen qui sera remis en cause », a également menacé M. Manuel Valls.

Découverte de 71 cadavres en décomposition dans un camion en Autriche, émoi devant la photographie d’un enfant syrien échoué — parmi beaucoup d’autres — sur une plage turque : plusieurs drames ont émaillé l’année écoulée, semblant déclencher une prise de conscience collective, avant que l’intérêt se porte ailleurs. Les dirigeants politiques se sont indignés, puis ont incriminé les passeurs. Le ministre de l’intérieur français, M. Bernard Cazeneuve, a annoncé un « combat sans merci contre les filières de la traite des êtres humains », tandis que son homologue allemand, M. Thomas de Maizière, promettait de « lutter contre les bandes de passeurs criminelles qui font des affaires avec la misère".

Les frontières européennes ne sont pas fermées à l'immigration. En 2013, par exemple, les 28 Etats membres de l'Union ont accueilli légalement plus de 1,5 millions d'étrangers extracommunautaires. Chaque Etat décide de l'ampleur de ce flux en fonction de la conjoncture économique, de la situation démographique ou encore de la coloration politique du gouvernement.

En France, 209 782 titres de séjour ont été délivrés en 2014 - au titre du regroupement familial, à des étudiants, des travailleurs qualifiés, des saisonniers, ou encore des réfugiés -, soit seulement 13 000 de plus qu'en 2010.

Entre-temps, plusieurs pays du Proche-Orient et d'Afrique ont pourtant sombré dans des guerres civiles qui ont jeté sur les routes des millions de personnes. Dans l'impossibilité d'obtenir un visa, nombre d'entre elles franchissent illégalement les frontières européennes. Pour cela, elles doivent se cacher dans des camions, trouver des lieux d'hébergement provisoire, traverser la Méditerranée sur des esquifs clandestins, obtenir de faux documents, soudoyer des fonctionnaires corrompus. Autant d'opérations qui requièrent l'intervention de réseaux organisés".

***

Statistiques des demandes d'asile en Europe en 2015:

En Serbie, 484 775 demandes

En Allemagne, 370 640 demandes: 42% de satisfaction

En Hongrie, 173 610 demandes: 9% de satisfaction

En Suède, 142 365 demandes: 77% de satisfaction

En Italie, 68 420 demandes: 58% de satisfaction

En Autriche, 66 360 demandes: 30% de satisfaction

En France, 56 290 demandes, 22% de satisfaction

Au Royaume-Uni, environ 35 000 demandes, 39% de satisfaction

En Finlande: 54% de satisfaction

Au Danemark: 68% de satisfaction

En Bulgarie: 94% de satisfaction

En Grèce: 15% de satisfaction

Le nombre de réfugiés arrivant par l'Europe en 2015:

Grèce: 821 000

Italie: 150 300

Bulgarie: 29 950

Espagne: 3850

En un quart de siècle, au moins 25 000 migrants et réfugiés sont morts en tentant de rejoindre l'Europe!

***

"Depuis 25 ans, l'Union Européenne a multiplié les dispositifs pour barrer la route à l'immigration clandestine: base de données commune pour les polices européennes (Système d'information Schengen), création en 2000 d'un fichier d'empreintes digitales et lancement, en 2005, de Frontex, l'agence européenne chargée de surveiller les frontières extérieures à grand renfort d'hélicoptères, de drones, de navires militaires, de lunettes de vision nocturne et de détecteurs de battements cardiaques. D'après les calculs du projet Migrants Files (2), depuis 2000, l'immigration clandestine vers l'Europe a généré un chiffre d'affaires d'au moins 16 milliards d'euros pour les réseaux de passeurs. En quatorze ans, les Etats membres de l'Union ont dépensé 11 milliards d'euros pour expulser des sans-papiers et au moins 2 milliards pour renforcer leurs 14 000 kilomètres de frontières extérieures.

Ces chiffres restent très modestes comparés aux moyens mobilisés par les Etats-Unis pour sanctuariser leur territoire: 18 milliards de dollars par an, essentiellement concentrés sur 3140 kilomètres de frontière avec le Mexique, où a été érigé un mur haut de 5 mètres, garni de 1800 tours de surveillance. Derrière lui, s'activent 20 000 agents de sécurité, tous les 150 mètres.

Le politiste américain Peter Andreas a démontré que le perfectionnement des dispositifs de contrôle frontalier aux Etats-Unis avait augmenté le coût et la durée des voyages, le prix des faux papiers et les fonds nécessaires pour corrompre un fonctionnaire. Tout cela a entraîné une criminalisation croissante des réseaux de trafic de migrants, qui, peu à peu, se confondent avec ceux du trafic de drogue. Mais ce contrôle quasi militaire n'a pas dissuadé les candidats à l'exil, dont la motivation dépend essentiellement de la situation dans leur pays d'origine. Chaque année, 300 000 à 400 000 personnes continuent de franchir illégalement la frontière américaine.

Les guerres qui déchirent la Syrie, l'Irak, la Libye, l'Afghanistan, le Yémen, le Nigéria, la Somalie ou le Soudan poussent la population au départ, et ce flux s'intensifie à mesure que les conflits s'enlisent. Ces déplacés s'installent pour l'essentiel dans leur propre pays, ou dans les Etats limitrophes: à eux trois, le Liban, la Turquie, et la Jordanie accueillent près de 4 millions de Syriens. Seule une minorité tente sa chance en Europe. En théorie, ces citoyens de pays en guerre peuvent prétendre au statut de réfugié dans l'un des Etats membres de l'UE, tous signataires de la convention de Genève du 28 juillet 1951. En pratique, il est difficile de l'obtenir".

Ainsi, note Benoît Fréville, depuis les ambassades et consulats de France au Proche-Orient , seuls 712 Syriens ont obtenu en 2014 un "visa au titre de l'asile" pour rejoindre la France légalement et sans passer par les filières de passeurs, au risque de sa vie. "Un habitant de Homs parvenu à se rendre à Beyrouth pour solliciter un visa a très peu de chance de pouvoir quitter le Liban en règle". Depuis les camps gérés par le HCR en Turquie, au Liban, et en Jordanie, seuls 500 Syriens ont été admis en France en 2014.

Les Irakiens que la France devaient accueillir tardent à recevoir leurs papiers dans les ambassades et consulats en Irak alors que tout est près pour les accueillir. Les 24000 syriens qu'Hollande avait promis d'accueillir légalement comme réfugiés ne sont rien par rapport à 4 millions de réfugiés syriens, aux 450 000 Républicains espagnols accueillis entre 1936 et 1939 dans une France encore marquée par la crise de 29, aux 130 000 Vietnamiens, Cambodgiens et Laotiens accueillis dans les années 1970-1980.

" Or, les réfugiés se comptent par millions. La plupart d'entre eux doivent pénétrer clandestinement dans l'Union, au terme d'un voyage qui les aura d'abord menés à la frontière turco-syrienne, où sévissent des groupes djihadistes, ou dans une Libye ravagée par les milices. Seul le recours aux passeurs peut leur permettre de parvenir à bon port. Long, périlleux, physiquement éprouvant, ce parcours induit une sélection des migrants: il faut être jeune, robuste, déterminé, et venir d'un milieu suffisamment aisé pour payer le voyage. Les réfugiés actuels sont urbains et diplômés, 72% sont des hommes, 13% des femmes et 15% des enfants.

" Selon le règlement de Dublin II, adopté en 2003 par l'Union Européenne, ceux qui arrivent en Europe doivent déposer leur demande d'asile dans le premier pays où ils ont mis le pied. Cette disposition ignore la réalité des migrations, puisque nombre d'entre eux ne passent par l'Italie et la Grèce que dans l'espoir de parvenir dans un autre pays. Mais elle condamne aussi à l'illégalité tous ceux qui voudraient par exemple rejoindre un parent ou un ami en Suède, et provoque un profond déséquilibre territorial, l'essentiel des réfugiés arrivant bien sûr dans les Etats périphériques".

D'Espagne dans les années 2000, les flux de réfugiés se sont déplacés vers l'Italie et Malte, puis vers la Grèce, confrontée en même temps à une crise sans précédent liée aux politiques d'austérité imposées par l'UE.

La politique de l'UE vise à ce que les Etats d'Afrique et du Moyen-Orient garde leurs réfugiés contre des accords économiques, politiques, et d'admission facilitée de leurs ressortissants: ainsi l'UE s'est engagée à verser 3 milliards à la Turquie contre une sous-traitance du problème des réfugiés syriens et un contrôle strict empêchant les départs.

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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 13:50

L’austérité ça suffit : grève unitaire le 26 janvier

Les organisations syndicales (CGT, FO et Solidaires) des trois
versants de la Fonction publique (Etat, Territoriale, Hospitalière), réunies le 5 janvier 2016, confirment leur appel à la grève et aux manifestations pour le 26 janvier 2016.

Les nombreuses réformes (collèges, territoriales, santé…), si elles sont mises en oeuvre, vont en effet avoir de nouveaux et graves impacts négatifs sur le service public rendu aux citoyens et aggraver encore les conditions de travail des personnels.

Alors que le salaire des fonctionnaires diminue à nouveau au mois de janvier 2016, suite à l’augmentation des cotisations retraites, la Loi de Finances 2016 vient entériner, à ce stade, le gel de la valeur du point d’indice et renforcer les effets les plus néfastes du Protocole Parcours Professionnels Carrières Rémunérations (PPCR).

La diminution de mesures catégorielles (notamment des ratios pro/pro) et des durées minimales de carrière entraine un peu plus les fonctionnaires et agents publics dans la précarité.

Plus que jamais, les organisations syndicales CGT, FO et Solidaires appellent l’ensemble des agents publics à se mobiliser pour conserver une Fonction Publique garantissant :

Un statut et un véritable déroulement de carrière
Une revalorisation immédiate et significative de la valeur du point d’indice et le rattrapage
des pertes de pouvoir d’achat.
Un service public de proximité garant de la cohésion sociale.

Un préavis de grève unitaire sera déposé auprès de la Ministre de la Fonction publique et des manifestations seront organisées à Paris et dans les départements. Les syndicats CGT sont appelés à se rencontrer au plan local pour organiser la grève et les mobilisations.

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 20:24

​​ POUR QUE 2016 SOIT UNE ANNEE DE CONVERGENCE DES EXIGENCES ET DES LUTTES

Lors de la crise de 2008, tous les économistes ont salué l’efficacité économique et sociale des services publics et de la protection sociale,

Ils ont été loués lors des attentats qui ont ensanglanté notre pays en 2015.

Alors pourquoi en 2016 continuer à les détruire, les démanteler, les privatiser ?

Pourquoi sont-ils désespérément absents de toute annonce de politique publique sociale, économique, écologique ?

Comment parler d’écologie, de COP 21 ou de lutte contre le chômage, l’insécurité et les inégalités sans politiques publiques d’envergure et la destruction de leurs moyens d’action que constituent les services publics et la Sécurité Sociale ?

Que reste-t-il de notre République lorsqu'on veut constitutionnaliser l'inégalité des citoyens, fouler aux pieds le pacte social en s'en prenant au code du travail et aux statuts des salariés et fonctionnaires, lorsque l’on privilégie la rentabilité des capitaux à un aménagement équilibré du territoire, à l’ensemble des outils de solidarité et de vivre ensemble ?

La Convergence forme le vœu que l’année 2016 soit celle de l’émergence de ces questions dans le débat public et celles d’alternatives crédibles et concrètes aux politiques d’austérité ayant au cœur la démocratie, la fraternité, l’égalité, l’accès aux droits, l’écologie et donc les services publics.

Militants syndicaux, associatifs, politiques, élus, citoyennes et citoyens, nous n’acceptons plus que le seul horizon des politiques menées soit l’orientation de nos richesses, de nos biens communs vers les milieux financiers et les multinationales.

Nous devons en 2016, plus que jamais, faire cet effort commun de convergence et d’initiatives pour nous mobiliser pour la reconquête de nos services publics, leur démocratisation et leur développement.

Que partout souffle l’esprit de Guéret et fleurissent luttes, création de collectifs de défense et le développement des services publics avec des assises locales pour les services publics et la sécurité sociale qui sont nos biens, notre patrimoine commun.

Dès à présent commençons à tracer la voie du renouveau avec un manifeste du service public du 21è siècle que nous voulons construire ensemble pour avancer sur le chemin d’une véritable alternative écologique, sociale et démocratique !

Le CA de la Convergence des Services Publics

Pour que 2016 soit une année de convergence des exigences et des luttes
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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 08:04

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès d’Alain LE BERRE, Secrétaire Général du syndicat des activités postales et des télécommunications CGT du sud Finistère.

Suite à un accident vasculaire cérébral, Alain nous a quitté la semaine dernière.

Son AVC a eu lieu en voiture alors qu'il revenait d'un piquet de grève au bureau de poste de Plozévet, pour défendre le maintien de son ouverture.

Alain était le mari de Marie-Thérèse Le Berre, militante CGT à la Poste, et candidate sur notre liste aux régionales du Front de Gauche. Il avait participé entre autre à la réunion publique des Régionales sur les Services Publics à Quimper et à la conférence de presse de début de campagne.

Il était extrêmement apprécié pour sa gentillesse, sa droiture, son efficacité, sa simplicité et sa chaleur humaine dans son milieu professionnel et son syndicat.

Sa cérémonie d’adieux a eu lieu samedi 9 janvier à 15h30 au Funérarium de Quimper: il y avait plusieurs centaines de personnes venus se recueillir, lui dire adieu et soutenir sa famille.

Entre des chansons d'une beauté déchirante de François Béranger et de Bernard Lavilliers, de très beaux textes d'hommage ont été lus, notamment celui de son ami et camarade Gilbert Phelepp, membre de la CGT et du PCF de Rosporden, qui a rappelé son engagement dans la lutte des classes et ses convictions sociales chevillées à son être.

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 07:51
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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 07:49
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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 09:09

Dans une lettre datée du 16 octobre 1985, Pierre Le Rose donne à Pierre Crépel, un camarade de l'IRM (Institut de Recherche Marxiste) basé à Lanester, des renseignements complémentaires sur le Parti Communiste à la Libération, période qu'il a connue en tant que dirigeant et acteur. On trouve dans cette lettre des informations tout à fait importantes d'un point de vue historique qui justifient qu'on la publie, avec l'accord de la fille de Pierre Le Rose:

"L'audience du Parti était très grande dans le Finistère à la Libération. On évaluait les adhérents à 10 000 ou 12 000. Les cartes étaient placées aux réunions publiques au lendemain de la libération. L'organisation ne suivait pas. Mais dans les localités importantes (Brest, Morlaix, Quimper, Douarnenez, Concarneau), les cellules avaient des Bureaux et des activités réelles. Le premier pointage réel que j'ai pu faire en Avril 47 (je venais d'avoir la responsabilité de l'organisation fédérale) faisait apparaître plus de 7000 adhérents. Nous avons vu jusqu'à 12 000 personnes à nos fêtes fédérales (fête de la Bretagne, notre journal, avec Marcel Cachin; 40 000 personnes à Brest sur le cours d'Ajot avec Maurice Thorez le 6 juillet 1947). Parallèlement, les JC (44-45) puis l'UJRF (à partir d'avril 45) comptaient entre 9 et 10 000 adhérents (jeunes venus des FTP, jeunes filles très nombreuses). Les jeunes prenaient leurs responsabilités pour organiser les activités ( 400 Jeunes Communistes à Quimper, 200 à Concarneau, mêmes chiffre à Douarnenez; organisations existant dans les localités rurales du Centre Finistère, Riec sur Belon, etc...). Les meetings des JC rassemblaient autant et parfois plus d'auditeurs que le Parti. Ce sont les JC (garçons et filles) qui ont vite fourni les cadres du Parti (peut-être au détriment de l'organisation des jeunes).

L'audience du Parti est venue du combat clandestin, puis de l'activité des militants, des élus et des ministres communistes, activité qui continuait le combat national, le confirmait.

Dans des élections législatives à la proportionnelle, le Parti Communiste recueillait 70 000 voix en novembre 1945 (2 députés), 80 000 voix en mars 1946 (2 députés), 105 800 voix en novembre 1946 (3 députés sur 10 députés finistériens).

La part de la jeunesse et des femmes fut considérable dans cette période. Nous avions la première femme maire (Kernevel), des adjointes. Notre Parti faisait le plus confiance aux jeunes (Gabriel Paul, député et secrétaire fédéral à 26 ans), Marie Lambert, députée et secrétaire fédérale à 33 ans (idem dans les Côtes d'Armor avec Hélène Le Jeune). On retrouve des jeunes de nos fédérations bretonnes également à Ouest-Matin (sur Rennes comme correspondants).

La composition du Parti: bien sûr des ouvriers et des ouvrières d'usines dans le sud, mais aussi des paysans, des marins et des classes moyennes. A noter la présence d'enseignants, souvent secrétaires de cellules et sections. A noter, l'apport au Parti d'anciens SFIO (souvent les plus sectaires à l'égard des socialistes) et d'anciens soutiens des radicaux baillistes (région du Cap-Sizun). Cet apport a eu des effets positifs et négatifs sur le fonctionnement des cellules.

Après l'exclusion des communistes du gouvernement: le Parti, tel qu'il était composé, pouvait réagir vite et avec beaucoup d'allant aux mesures de Ramadier puis de Robert Schumann (c'était l'époque du Rapport Jdanov). D'où l'ampleur des grèves de 47, puis en 48, en 50 (Arsenal), en 52 (bâtiment), en 53 (fonctionnaires). Grèves aussi dans la conserve, les pêcheurs de Concarneau (1949), première guerre de marins ayant un caractère de classe (les grèves dans la pêche artisanale étaient jusque là plutôt dirigées contre les usiniers, les mareyeurs - cette fois-ci contre les armateurs industriels apparus à Concarneau pendant la guerre). On peut dire que l'audience du Parti, la participation de ses militants aux luttes, y compris aux luttes revendicatives dans la CGT, expliquent l'ampleur des luttes de cette période. Mais en même temps, le caractère de classe de ces actions écarte les classes moyennes. En 1951, nous perdons plus que d'autres départements aux élections (2 députés), probablement les couches gagnées entre 45 et 46 et nous stabilisons le 2 janvier 1956 (2 députés). Intéressant: la vague poujadiste à ces mêmes élections, Demarquet élu député.

Les luttes revendicatives se sont déroulées dans cette période sur un fond de combats politiques (guerre d'Indochine, Henri Martin, luttes pour la paix). On ne peut séparer la dureté de la répression à Brest en 50 (assassinat d'Edouard Mazé le 17 avril 1950 et plus de 20 blessés hospitalisés) de la politique de guerre froide donc pro-américaine du gouvernement. La question du débarquement d'armes à Brest était posée. A cette manifestation, Alain Signor et Marie Lambert, députés, furent arrêtés et jugés. Le procès d'Henri Martin à Brest en 1951 avait lieu pendant les grèves du bâtiment.

Les paysans étaient nombreux dans le parti avec la naissance d'une solidarité à l'égard des grévistes (envoi de pommes de terre, keufs, etc.). Dans le Centre Finistère, ils faisaient la liaison avec leurs propres luttes, constitutions de comités de défense paysannes, manifestations aux perceptions avec des charrettes de pommes de terres".

Archives Pierre Le Rose: Marcel Cachin à la Fête de la Bretagne

Archives Pierre Le Rose: Marcel Cachin à la Fête de la Bretagne

Archives Pierre Le Rose: les JC à la Libération?

Archives Pierre Le Rose: les JC à la Libération?

Henri Martin (carte postale militante du PCF) archives Pierre Le Rose

Henri Martin (carte postale militante du PCF) archives Pierre Le Rose

L'audience du Parti Communiste à la libération dans le Finistère
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 17:45

Démocratie en danger - L'urgence de dire stop

Un débat fou sur la « déchéance de nationalité », une société malade dont les violences en Corse ont offert un sinistre reflet, un échec patent sur le chômage, une fuite en avant sécuritaire qui met à l’écart la justice..... l'urgence de dire "STOP"!

Souvenez-vous, c’était lors des vœux de janvier 2015, sur le plan économique Hollande parlait d’un « alignement favorable des planètes » (taux d’intérêt bas, euro moins fort, chute du prix du pétrole). Un an plus tard, le même reconnaît dans ses vœux 2016 un « état d’urgence économique et social », qui s’est traduit par une nouvelle hausse de l’ordre de 75.000 chômeurs sur l’année. Mais il ne s’étend évidemment pas sur les causes d’une telle situation....

Le défi du chômage

A sa façon, Le Figaro daté du 2 janvier lève un coin du voile sur les causes en titrant sur toute sa Une « 2016, une belle année boursière en perspective » ! Formulation de vœux révélatrice. Les smicards eux, n’ont que la perspective d’une stagnation du pouvoir d’achat de leur revenu salarial, privés une nouvelle fois de « coup de pouce » !

Dans une étude mis en lumière par la CGT en mai 2015, il était démontré que dans « les sociétés non financières », on consacrait 10 journées de travail par an aux paiements des dividendes en 1981. Ils représentent 45 jours de travail en 2011. Soit 4,5 fois plus. Autre façon de le mesurer, sur 100 euros de richesses créées, 5 allaient à la rémunération du capital. C’est 23 euros trente ans plus tard. Voilà la vraie prédation financière à laquelle il faudrait s’attaquer pour faire reculer le chômage.

Ce sont pourtant les mêmes recettes qui ont échoué que le pouvoir s’apprête à accentuer. Alors qu’une nouvelle tranche du Pacte de responsabilité entrera en vigueur en avril, on annonce de nouvelles exonérations ou primes, toujours au nom du « coût du travail trop élevé », sans jamais auditer l’efficacité réelle du mille feuille de 200 milliards d’aides diverses aux entreprises qui existent déjà !

Quant à la mise en formation de 500.000 chômeurs, outre la double question du financement ( on parle d’un milliard d’euros) et de la nature des formations, elle interpelle sur le tour de passe-passe statistique dans l’année précédent la Présidentielle, pour obtenir une introuvable « inversion de la courbe du chômage ». En effet, les « contrats aidés » (420.000 personnes en novembre 2015) et les chômeurs en formation (280.00 déjà en novembre 2015) n’apparaissent plus dans les statistiques de Pôle Emploi sur les chiffres du chômage. Objectif : retirer, à nouveau, plusieurs centaines de milliers de chômeurs des 5,44 millions actuellement inscrits à des allures d’aubaine statistique.

Le pouvoir aggrave la crise de la société

En pleine période des fêtes, les événements d’Ajaccio sont venus rappeler combien la société française était malade de ne pas se battre contre les vrais fauteurs de crise économique. Et à la merci des faiseurs de haine, de racisme et de discriminations, qui se sentent encouragés aussi bien par la « droite décomplexée » que par un pouvoir socialiste qui en légitime les thèmes comme avec la « déchéance de nationalité ». L’agression inacceptable contre des pompiers appelait une réaction de solidarité légitime. Que celle-ci ait pu être ensuite détournée dans des appels à la haine raciste, alerte sur l’état réel de la société. Personne ne peut prétendre que sur la Côte d’Azur où sévissent les identitaires et autres groupes d’extrême droite, on soit à l’abri de telles dérives.

Alors que le débat constitutionnel prend une allure démente avec un pouvoir socialiste prêt, au mépris du droit international, à multiplier des situations d’apatrides, dans l’ombre de ce débat vient le projet de loi qui devrait prendre la suite de l’état d’urgence. Il banalise des mesures d’exception au détriment structurel du pouvoir judiciaire. C’est, une nouvelle fois, affaiblir la société elle-même au nom de sa protection. Or on ne protège pas une société en étiolant la démocratie !

Cette impasse économique et sociale comme le glissement accentué du pouvoir Hollande-Valls dans une indignité démocratique est aussi une invitation urgente à dire « STOP ! » et à travailler à un sursaut populaire et démocratique.

Démocratie en danger: l'urgence de dire Stop!
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 16:46

Avec l'objectif de se tirer d'affaire, tant l'annonce du 23 décembre dernier d'une déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France a provoqué de réactions, des personnalités socialistes proches de François Hollande évoquent aujourd'hui une déchéance pour tous.

C'est pour eux "la solution" pour éviter de créer deux sortes de citoyens.

Voilà la France apaisée à laquelle le candidat Hollande s'était engagé!

Avec le mariage pour tous, on avait une France qui aime.

Avec la déchéance pour tous, on a un pays qui ne s'aime plus mais qui fera le bonheur des terroristes car c'est très justement leur objectif ultime. : faire vaciller sur nos valeurs essentielles, la République et la citoyenneté.

Dérive guerrière

Lancé par François Hollande, le débat sur la déchéance de nationalité est révélateur d'une dévire guerrière et sécuritaire. En total échec sur le plan social et économique, en rupture avec une grande partie de son électorat de gauche, le couple infernal Hollande/Valls voit dans la lutte contre Daesch une sorte de planche de salut. Hollande veut donner à voir qu'il a de l'autorité.

Dans le cas présent peu lui importe que cette mesure n'ait aucune utilité dans la lutte contre le terrorisme, ce qui compte c'est la posture politique.

Au nom de l'égalité ?

L'extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France, annoncée par le Président devant le Parlement réuni en Congrès, trois jours après les attentats de Paris et de Saint-Denis, aurait eu pour conséquence de créer deux catégories de Français.

La raison et les valeurs républicaines semblaient l'avoir emporté. Il n'en est rien.

Jamais une telle mesure n'avait été assumée par les plus hautes autorités de l'Etat. Présentée par Manuel Valls comme une décision à «caractère hautement symbolique », elle serait en effet une honte et un reniement pour notre République.

Aujourd'hui, pour ce pouvoir, l'extension de la déchéance de nationalité à tous est proposée « au nom de l'égalité » .

Où est donc le danger ?

D'aucune efficacité contre le terrorisme, la déchéance de nationalité est apparue au cours des dernières semaines comme une nouvelle légitimation de l'extrême-droite puisque cette mesure est directement tirée du programme du FN.

Dans un climat de peur, de haine et de stigmatisation, avec l'utilisation qui peut en être fait, plaçant le FN au cœur du paysage politique et idéologique, en quoi la déchéance de nationalité désarmera des terroristes dont l'objectif est de semer la mort en y perdant la vie ? En quoi, pour reprendre l'expression du Premier ministre, aura-t-elle la moindre «efficacité pour protéger nos concitoyens» ?

Remise en cause du droit du sol

Ce qui est nouveau dans le projet de loi constitutionnelle c'est la déchéance de nationalité pour des personnes nées en France. C'est une remise en cause d'un principe qui prévaut en France depuis deux siècles; celui du droit du sol.

C'est une très vieille « exigence » de l'extrême droite française et seul le régime de Vichy l'a instauré (loi du 22 juillet 1940).

En remettant en cause ce principe, le gouvernement rompt non seulement avec les valeurs de la gauche, mais avec celles de la Révolution française.

Cette mesure traduit, aussi, un profond mépris pour le reste du monde. En effet, au travers de cette disposition nous proposons en fait de nous débarrasser de nos « monstres », nés en France, éduqués en France et très souvent qui se sont radicalisés dans notre pays en les renvoyant dans un pays où, souvent ils se sont contenté simplement de passer des vacances.... Il est peu probable que ces pays acceptent cela.

La porte ouverte à toutes les dérives totalitaires

Le projet de loi constitutionnelle introduit la notion de « crime constituant une atteinte grave à la vie de la Nation », laissant au législateur la liberté de définir les crimes qui rentrent dans ce cadre.

A l'heure où, par exemple, la volonté de criminaliser l'activité syndicale est réelle, n'ayons aucune illusion. En actant dans la constitution la remise en cause du droit du sol, Hollande donne, à un potentiel gouvernement de droite extrême, une grande liberté pour élargir le champ d’application de la déchéance nationale.

Et le pire est toujours possible. N'oublions jamais que c'est l'Assemblée nationale du Front populaire qui, après avoir déchu les parlementaires communistes, a voté les pleins pouvoirs à Pétain.

Les risques de l’État d'urgence

Concernant l'état d'urgence, la réforme constitutionnelle présentée fait courir le risque d'un régime d'exception permanent et d'une aggravation des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines ciblant des personnes sans aucun lien à des risques d'attentats.

Elle est une mauvaise réponse aux terroristes alors qu'il est parfaitement possible, en y consacrant les moyens humains nécessaires pour la police et la justice, d'assurer la sécurité dans le respect de notre Etat de droit.

La Constitution Française est faite, aussi, pour protéger les citoyens. Hollande par calcul politicien est en train de la transformer, rendant possible toutes les dérives totalitaires.

Déchéance de nationalité la porte ouverte à toutes les dérives
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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 21:52

« Charlie ». Il y a un an, Morlaix se rassemblait
7 janvier 2016

Quelques heures après les terribles attentats de Charlie Hebdo, les rassemblements spontanés avaient réuni plusieurs milliers de personnes, un peu partout, en France. À Morlaix, en ce mercredi 7 janvier 2015 de sinistre mémoire, 400 personnes s'étaient retrouvées devant la mairie en fin de journée, avec gravité. Tous ensemble, afin de faire front face à la barbarie et pour plaider en faveur de la liberté d'information. Quatre jours plus tard, à l'appel de plusieurs associations et organisations, ce sont plus de 10.000 personnes qui avaient défilé dans le centre-ville de la Cité du viaduc avec pour leitmotiv : « liberté, égalité, fraternité ».
http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/charlie-il-y-a-un-an-morlaix-se-rassemblait-07-01-2016-10911172.php

Charlie Hebdo rassemblement Mairie de Morlaix 07.01.15
https://www.flickr.com/photos/pyb29/sets/72157649766892858

Morlaix Charlie Hebdo 11 janvier 2015
https://www.flickr.com/photos/pyb29/albums/72157650231648742

Charlie Hebdo : Riposte cuturelle à Morlaix dimanche 18 janvier 2015
https://www.flickr.com/photos/pyb29/albums/72157649959278438

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