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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:08
Cinq conflits entremêlés, par Pierre Conesa (Monde Diplomatique, décembre 2015): les sous-bassements religieux et politiques des conflits actuels au Proche et Moyen-Orient

L’engouement quasi unanime des responsables politiques pour la « guerre » traduit une grave méconnaissance de la réalité du terrain. Décidé durant l’été 2014, l’engagement militaire occidental ajoute une cinquième strate à une superposition de conflits qui embrasent l’aire arabo-islamique.

par Pierre Conesa

En 1979, la révolution iranienne mettait en place le premier régime politique officiellement « islamique », mais en réalité exclusivement chiite. Elle revivifiait ainsi le conflit ancestral entre sunnites et chiites, qui représente la première strate d’une lente sédimentation. Quand, après sa prise du pouvoir à Téhéran, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny demande une gestion collective des lieux saints de l’islam, le défi apparaît insupportable pour l’Arabie saoudite.

Un an avant de trouver la mort près de Lyon à la suite des attentats de 1995 en France, le jeune djihadiste Khaled Kelkal déclarait au sociologue allemand qui l’interrogeait : « Le chiisme a été inventé par les juifs pour diviser l’islam » (1). Les wahhabites saoudiens ont la vieille habitude de massacrer des chiites, comme en témoignait dès 1802 la prise de Kerbala (aujourd’hui en Irak), qui se traduisit par la destruction de sanctuaires et de tombeaux, dont celui de l’imam Hussein, et le meurtre de nombreux habitants.

Cette « guerre de religion » déchire aujourd’hui sept pays de la région : Afghanistan, Irak, Syrie, Pakistan, Liban, Yémen et Bahreïn. Elle surgit sporadiquement au Koweït et en Arabie saoudite. En Malaisie, le chiisme est officiellement banni. A l’échelle de la planète, les attentats les plus aveugles, comme ceux commis durant des pèlerinages, tuent dix fois plus de musulmans que de non-musulmans, les trois pays les plus frappés étant l’Afghanistan, l’Irak et le Pakistan. L’oumma, la communauté des croyants, que les salafistes djihadistes prétendent défendre, recouvre aujourd’hui un gigantesque espace d’affrontements religieux.

Dans ce contexte, on comprend pourquoi Riyad mobilise beaucoup plus facilement ses avions et ses troupes contre les houthistes du Yémen, assimilés aux chiites, que pour porter secours au régime prochiite de Bagdad.

On voit mal pourquoi les Occidentaux devraient prendre position dans cette guerre, et avec quelle légitimité.

La deuxième guerre est celle que mènent les Kurdes pour se rendre maîtres de leur destin, en particulier contre l’Etat turc. Elle est née en 1923, dans les décombres de l’Empire ottoman, avec le traité de Lausanne, qui divisait le Kurdistan entre les quatre pays de la région : Turquie, Syrie, Irak et Iran. Les nombreuses révoltes qui ont secoué le Kurdistan turc entre 1925 et 1939 ont toutes été écrasées par Mustafa Kemal Atatürk. Depuis les années 1960, tous les soulèvements, en Turquie, en Irak ou en Iran, ont été noyés dans le sang, dans l’indifférence de la communauté internationale. Depuis 1984, cette guerre a causé plus de 40 000 morts en Turquie, où 3 000 villages kurdes ont été détruits, pour un coût estimé à quelque 84 milliards de dollars (2).

Nul ne devrait être surpris qu’Ankara ait laissé affluer les candidats djihadistes vers les deux principales forces dans lesquelles ils se reconnaissent, le Front Al-Nosra et l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), puisqu’elles combattent les Kurdes d’Irak et surtout de Syrie, très proches de ceux de Turquie. Principale menace pour Ankara, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) reste classé comme groupe terroriste par l’Union européenne et les Etats-Unis, et ne peut recevoir d’aide militaire occidentale. Seul pays de la région à appartenir à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) et à avoir la capacité de modifier la situation militaire sur le terrain, la Turquie a fini par rejoindre la coalition. Mais elle concentre ses moyens sur la reprise des affrontements avec le PKK et voit d’un mauvais œil les Kurdes d’Irak et de Syrie gagner une indépendance de fait.

Troisième guerre en cours : celle qui déchire les islamistes entre eux depuis la guerre du Golfe (1990-1991) et plus encore depuis les révoltes arabes. La rivalité la mieux connue oppose les Frères musulmans, soutenus par le Qatar, et les salafistes, soutenus par l’Arabie saoudite, en Egypte, en Libye ou en Tunisie.

Plus nouvelle est la concurrence entre, d’une part, Al-Qaida et ses franchisés et, d’autre part, les affidés de M. Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’OEI. Au cours des premiers mois de 2014, ces derniers ont pris le pas sur le Front Al-Nosra, filiale locale d’Al-Qaida en Syrie, au prix de plus de 6 000 morts (3). La proclamation du « califat » a suscité de nombreux ralliements. Les combattants étrangers de l’OEI proviennent d’une centaine de pays. En désignant M.Al-Baghdadi comme leur ennemi principal, les pays occidentaux orientent de façon décisive la mobilisation des djihadistes à ses côtés.

Enfin, l’une des guerres les plus meurtrières, qui a fait près de 250 000 morts et des millions de réfugiés, est celle que mène le président syrien Bachar Al-Assad contre tous ses opposants.

Riyad envoie une quinzaine d’avions de combat en Irak, contre une centaine au Yémen

La bataille que livrent les Occidentaux apparaît, elle, comme un nouvel épisode d’une guerre beaucoup plus ancienne, avec une autojustification historique insupportable pour les populations de la région.

Faut-il remonter aux accords Sykes-Picot, ce partage colonial de la région entre la France et le Royaume-Uni sur les ruines de l’Empire ottoman ?

Faut-il remonter à Winston Churchill, alors secrétaire à la guerre du Royaume-Uni, faisant raser des villes et des villages kurdes — bombardés au gaz chimique ypérite — et tuer les deux tiers de la population de la ville kurde de Souleimaniyé, ou réprimant violemment les chiites irakiens entre 1921 et 1925 ?

Comment oublier la guerre Iran-Irak (1980-1988), dans laquelle Occidentaux et Soviétiques soutinrent l’agresseur (Bagdad) et mirent sous embargo l’agressé (Téhéran) ?

M. Barack Obama est le quatrième président américain à envoyer des bombardiers en Irak, pays déjà meurtri par vingt-trois ans de frappes militaires occidentales. Après l’invasion américaine, entre 2003 et 2011, près de 120 000 civils ont été tués (4). En 2006, la revue médicale The Lancet estimait le nombre de décès imputables à cette guerre à 655 000, cette catastrophe démographique s’ajoutant aux 500 000 morts causés par l’embargo international entre 1991 et 2002. Aux dires de l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright, le 12 mai 1996 sur CBS, cela en « valait la peine ».

Aujourd’hui, pourquoi les Occidentaux interviennent-ils contre l’OEI ?

Pour défendre des principes humanistes ?

Il est permis d’en douter lorsqu’on constate que trois pays de l’alliance continuent à pratiquer la décapitation, la lapidation et à couper les mains des voleurs : le Qatar, les Emirats arabes unis et — très loin devant les deux premiers — l’Arabie saoudite.

La liberté religieuse ?

Personne n’ose l’exiger de Riyad, où une cour d’appel vient de condamner à mort un poète palestinien pour apostasie (5).

S’agit-il alors d’empêcher les massacres ?

L’opinion arabe a du mal à le croire quand, deux mois après les 1 900 morts des bombardements israéliens sur Gaza, qui avaient laissé les capitales occidentales étrangement amorphes, la décapitation de trois Occidentaux a suffi pour les décider à bombarder le nord de l’Irak. « Mille morts à Gaza, on ne fait rien ; trois Occidentaux égorgés, on envoie l’armée ! »,dénonçait un site salafiste francophone.

Pour le pétrole, alors ?

L’essentiel des hydrocarbures de la région s’en va vers les pays d’Asie, totalement absents de la coalition.

Pour tarir le flot des réfugiés ?

Mais, dans ce cas, comment accepter que les richissimes Etats du Golfe n’en accueillent aucun ?

Pour protéger les « droits de l’homme » en défendant l’Arabie saoudite ?

Riyad vient d’en démontrer sa conception novatrice en condamnant M.Ali Al-Nimr, un jeune manifestant chiite, à être décapité puis crucifié avant que son corps soit exposé publiquement jusqu’au pourrissement (6).

Sur le plan militaire, les contradictions sont plus évidentes encore. Aujourd’hui, seuls les avions occidentaux bombardent réellement l’OEI. Les Etats-Unis en déploient près de 400, et la France une quarantaine, dans le cadre de l’opération « Chammal », avec l’arrivée du porte-avions Charles- de-Gaulle (7).

L’Arabie saoudite dispose d’environ 400 avions de combat, mais elle n’en engage qu’une quinzaine en Irak, soit autant que les Pays-Bas et le Danemark réunis.

En revanche, au Yémen, près d’une centaine d’avions saoudiens participent aux bombardements de la coalition des dix pays arabes sunnites contre les houthistes (chiites), menée par Riyad.

Dix pays arabes contre les chiites du Yémen, cinq contre l’OEI : étrange déséquilibre ! C’est bien contre les houthistes que Riyad mobilise toutes ses forces, et non contre Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA), dont se revendiquait Chérif Kouachi, auteur des attentats contre Charlie Hebdo à Paris. Cette organisation que l’ancien directeur de la Central Intelligence Agency (CIA) David Petraeus qualifiait de« branche la plus dangereuse » de la nébuleuse Al-Qaida a pris le contrôle d’Aden, la deuxième ville du Yémen.

Désormais, l’OEI a atteint trois objectifs stratégiques. Tout d’abord, elle apparaît comme le défenseur des sunnites opprimés en Syrie et en Irak. Ses victimes sont à 90 % des musulmans. En Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Pakistan, les victimes des attentats sont d’abord des chiites, ensuite de « mauvais musulmans » — en particulier des soufis —, puis des représentants des régimes arabes et, en dernier lieu seulement, des membres de minorités religieuses ou des Occidentaux.

Par ailleurs, l’OEI est parvenue à délégitimer Al-Qaida et sa branche locale en Syrie, le Front Al-Nosra. Les appels du successeur d’Oussama Ben Laden, M. Ayman Al-Zawahiri, mettant en demeure M. Al-Baghdadi de se placer sous son autorité, traduisent une impuissance pathétique. La somme des défections au sein des groupes djihadistes montre la dynamique nouvelle créée par l’OEI.

A terme, le « calife » Al-Baghdadi devra défier l’Arabie saoudite

Enfin, l’OEI est devenue l’ennemi numéro un de l’Occident. Celui-ci a déclenché contre elle une « croisade » qui ne dit pas son nom, mais qui peut facilement être présentée comme telle par les propagandistes du djihad. L’opération américaine « Inherent Resolve » (« Détermination absolue ») regroupe principalement douze pays de l’OTAN (plus l’Australie), et l’alliance retrouvée avec la Russie renforcera encore plus le caractère de « front chrétien » que la propagande sur Internet sait si bien utiliser. Selon une pétition en ligne signée par 53 membres du clergé saoudien, les frappes aériennes russes ont visé des « combattants de la guerre sainte en Syrie » qui « défendent la nation musulmane dans son ensemble ». Et, si ces combattants sont vaincus, « les pays de l’islam sunnite tomberont tous, les uns après les autres » (8).

La contre-stratégie militaire des Saoud ne laisse planer aucune ambiguïté : elle est essentiellement axée sur la lutte contre les chiites. Riyad, comme les autres capitales du Conseil de coopération du Golfe, ne peut considérer l’OEI comme la principale menace, sous peine de se trouver contesté par sa propre société.

L’intervention militaire saoudienne à Bahreïn en 2012 était destinée à briser le mouvement de contestation républicain, principalement chiite, qui menaçait la monarchie sunnite des Al-Khalifa.

Au Yémen, l’opération « Tempête décisive » lancée en mars 2015 vise à rétablir le président Mansour Hadi, renversé par la révolte houthiste. Il n’est évidemment pas question pour Riyad d’envoyer ses fantassins contre l’OEI alors que 150 000 hommes sont déployés sur la frontière yéménite. Pourtant, le prochain objectif de l’OEI devrait être d’asseoir la légitimité religieuse de son « calife », qui s’est nommé lui-même Ibrahim (Abraham) Al-Muminim (« commandeur des croyants », titre de l’époque abbasside) Abou Bakr (nom du premier calife) Al-Baghdadi Al-Husseini Al-Qurashi (nom de la tribu du Prophète). Une véritable compétition est engagée avec l’autre puissance qui prétend prendre la tête de l’oumma et représenter l’islam : l’Arabie saoudite est dorénavant contestée sur le terrain. Pour l’emporter, M. Al-Baghdadi doit défier le « défenseur des lieux saints ». On peut donc penser qu’à terme, une fois réduites les zones chiites, le « calife » visera l’Arabie saoudite.

Quelles conséquences probables pour l’Europe ? Après les réfugiés afghans, irakiens et syriens, elle devrait rapidement voir arriver les réfugiés yéménites. Pays plus peuplé que la Syrie, le Yémen ne peut évacuer ses ressortissants vers les pays frontaliers, tous membres de la coalition qui le bombarde. Depuis 2004, la guerre a fait plus de 340 000 déplacés, dont 15 % vivaient dans des camps, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies. En outre, le Yémen accueillait 246 000 réfugiés, somaliens à 95 %. Les pays du Conseil de coopération du Golfe montreront le même égoïsme que lors de l’exode syrien, c’est-à-dire : aucune place offerte aux réfugiés. Reste donc l’Europe.

On comprend mieux pourquoi l’alliance mène une guerre pour laquelle elle ne peut fixer un objectif stratégique clair : chacun de ses alliés est en conflit avec un autre. Les interventions en Irak, en Syrie, au Mali ou en Afghanistan s’apparentent au traitement de métastases ; le cancer salafiste a son foyer dans les pays du Golfe, protégés par les forces occidentales. Peut-on détruire l’OEI sans renforcer d’autres mouvements djihadistes, le régime de M. Al-Assad ou Téhéran ?

La guerre sera longue et impossible à gagner, car aucun des alliés régionaux n’enverra de troupes au sol, ce qui risquerait de menacer ses propres intérêts.

La stratégie occidentale fondée sur les bombardements et la formation de combattants locaux a échoué en Syrie et en Irak comme en Afghanistan. Européens et Américains poursuivent des objectifs qui ignorent les mécanismes des crises internes au monde arabo-musulman. Plus l’engagement militaire s’accentuera, plus le risque terroriste augmentera, avant l’affrontement prévisible et ravageur qui devrait finir par opposer l’OEI à l’Arabie saoudite. Est-ce « notre » guerre ?

Pierre Conesa

Maître de conférences à Sciences Po Paris, ancien haut fonctionnaire au ministère de la défense. Auteur du rapport « Quelle politique de contre-radicalisation en France ? », décembre 2014, et du Guide du petit djihadiste, à paraître en janvier 2016 aux éditions Fayard.

Pierre Conesa

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 08:03

Revendiquées par l’Organisation de l’Etat islamique (OEI), les tueries du 13 novembre dernier à Paris ont entraîné l’intensification de l’engagement occidental au Proche-Orient. Cette région du monde paraît ainsi condamnée aux interventions armées. Pourtant, si la destruction militaire de l’OEI en Syrie et en Irak constitue un objectif sur lequel semblent s’accorder des dizaines de pays étrangers, des Etats-Unis à la Russie, de l’Iran à la Turquie, tout le reste les sépare…

«Je ne suis pas contre toutes les guerres. Ce à quoi je m’oppose, c’est à une guerre imbécile, une guerre irréfléchie, une guerre fondée non pas sur la raison mais sur la colère. » Ainsi parlait, le 2 octobre 2002, un élu de l’Illinois nommé Barack Obama. La « colère » consécutive aux attentats du 11 septembre 2001 n’était pas retombée aux Etats-Unis, et le président George W. Bush avait choisi de la rediriger non pas vers l’Arabie saoudite, d’où provenaient la plupart des membres des commandos d’Al-Qaida, mais vers l’Irak, qu’il attaquerait six mois plus tard. Les médias voulaient la guerre ; la plupart des sénateurs démocrates, dont Mme Hillary Clinton, s’y rallièrent. Et l’invasion de l’Irak créa le chaos qui servirait d’incubateur à l’Organisation de l’Etat islamique (OEI).

Les tueries du 13 novembre à Paris sont en passe de favoriser les deux principaux objectifs de cette organisation. Le premier est la création d’une coalition d’« apostats », d’« infidèles », de « renégats chiites » qui viendra la combattre, en Irak et en Syrie pour commencer, en Libye ensuite. Son second projet est d’inciter la majorité des Occidentaux à croire que leurs compatriotes musulmans pourraient constituer une « cinquième colonne » tapie dans l’ombre, un « ennemi intérieur » au service des tueurs.

La guerre et la peur : même un objectif apocalyptique de ce type comporte une part de rationalité. Les djihadistes ont calculé que les « croisés » et les « idolâtres »pouvaient bien bombarder (« frapper ») des villes syriennes, quadriller des provinces irakiennes, mais qu’ils ne parviendraient jamais à occuper durablement une terre arabe. L’OEI escompte par ailleurs que ses attentats européens attiseront la méfiance envers les musulmans d’Occident et généraliseront les mesures policières à leur encontre. Ce qui décuplera leur ressentiment au point de pousser quelques-uns d’entre eux à rejoindre les rangs du califat. Extrêmement minoritaires, assurément, mais les janissaires du djihadisme salafiste n’ont pas pour objectif de gagner des élections. A vrai dire, si un parti antimusulman les remporte, la réalisation de leur projet avancera d’autant plus vite.

« La France est en guerre », a annoncé d’emblée le président François Hollande aux parlementaires réunis en Congrès le 16 novembre. L’Elysée cherche depuis longtemps à s’engager sur le front syrien et s’acharne à y impliquer davantage les Etats-Unis. Mais l’une des bizarreries de cette affaire tient au fait que M. Hollande veut livrer aujourd’hui la guerre à l’OEI en Syrie alors qu’il y a deux ans, en proie au même entêtement guerrier, il s’employait à convaincre Washington de « punir » le régime de M. Bachar Al-Assad.

M. Obama s’opposera-t-il très longtemps à la « guerre imbécile » que réclame l’Elysée ? La pression qu’il subit est d’autant plus forte que l’OEI poursuit le même dessein que Paris… Comme l’expliquait le chercheur Pierre-Jean Luizard il y a quelques mois, tout s’est passé dans une première étape « comme si l’Etat islamique avait consciencieusement listé tout ce qui peut révulser les opinions publiques occidentales : atteintes aux droits des minorités, aux droits des femmes, avec notamment le mariage forcé, exécutions d’homosexuels, rétablissement de l’esclavage, sans parler des scènes de décapitation et d’exécution de masse (1) ».

Lorsque l’exhibition de ce catalogue macabre n’a plus suffi, ou plus tout à fait, l’OEI a décidé d’égorger un otage américain, en veillant à diffuser les images de la scène ; puis elle a organisé plusieurs fusillades meurtrières à Paris. La riposte des « croisés » ne pouvait plus tarder.

De fait, un chef d’Etat est presque contraint de réagir à des actions spectaculaires de ce genre. La pression politique l’invite à annoncer aussitôt quelque chose, y compris parfois n’importe quoi. Ordonner la destruction d’un hangar, d’un dépôt de munitions, le bombardement d’une ville. Afficher sa détermination. Promettre de nouvelles lois encore plus sévères, fustiger les « munichois ». Entrelarder ses phrases de termes martiaux, parler de « sang », et assurer qu’on sera « impitoyable ». Récolter des ovations debout, puis dix points dans les sondages. Au final, tout cela se révèle souvent déraisonnable, « imbécile » ; mais seulement quelques mois plus tard. Et ce piège de la surenchère semble de plus en plus irrésistible, en particulier en régime d’information continue, haletante, frénétique, quand aucun acte, aucune déclaration ne doit demeurer sans réplique immédiate.

En 1991, au moment de la guerre du Golfe, les faucons américains reprochèrent au président George H. Bush de ne pas avoir ordonné aux troupes qui venaient de libérer le Koweït de poursuivre jusqu’à Bagdad. Quatre ans plus tard, le chef d’état-major américain de l’époque, le général Colin Powell, justifia leur retenue, toute relative : « Au plan géopolitique, la coalition, en particulier les Etats arabes, ne voulait pas que l’Irak soit envahi et démembré. (…) Un Irak fragmenté en entités politiques sunnites, chiites et kurdes n’aurait pas contribué à la stabilité que nous recherchions au Proche-Orient. Le seul moyen d’éviter une telle issue aurait été la conquête et l’occupation par les Etats-Unis d’un pays de 20 millions d’habitants. (…)Au demeurant, il aurait été naïf d’espérer que, si Saddam était tombé, un Thomas Jefferson irakien l’eût remplacé. Nous aurions vraisemblablement hérité d’un Saddam avec un autre nom (2). » En 2003, on le sait, M. George W. Bush « acheva le travail » militaire de son père. Les néoconservateurs saluèrent alors un nouveau Churchill, la démocratie, le courage. Et le général Powell oublia sans doute de se relire, puisqu’il vit toutes ses craintes réalisées par un président qu’il servait cette fois comme secrétaire d’Etat…

On a souvent reproché à M. George W. Bush son simplisme enfantin et criminel, sa« guerre à la terreur ». Il paraît avoir trouvé des héritiers à Paris. « Revenons à des choses simples, vient ainsi d’expliquer M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, avec son ton de maître d’école spécialisé dans l’instruction des enfants en bas âge que nous sommes. Daech, ce sont des monstres, mais ils sont 30 000. Si l’ensemble des pays du monde n’est pas capable d’éradiquer 30 000 personnes qui sont des monstres, alors à ce moment-là c’est à ne plus rien comprendre (3). »Essayons donc de le lui expliquer.

En recourant d’abord à la métaphore des poissons dans l’eau : les « 30 000 monstres » disposent de nombreux appuis dans les zones sunnites d’Irak et de Syrie ; les armées qu’ils affrontent y sont en effet souvent perçues comme les instruments de dictatures chiites, responsables de nombreux massacres elles aussi. C’est pour cette raison que l’OEI s’est emparée de plusieurs villes, parfois sans combattre, lorsque les soldats qui les défendaient abandonnèrent leurs uniformes et leurs armes avant de détaler. Les Etats-Unis ont cherché à financer la formation et l’équipement de plus de 4 000 combattants syriens « modérés » ; or, d’après les Américains eux-mêmes, seuls « quatre ou cinq » seraient opérationnels. Coût unitaire : plusieurs millions de dollars… A Mossoul, 30 000 soldats irakiens ont été défaits par 1 000 combattants de l’OEI, qui se sont emparés de plus de 2 000 véhicules blindés et des centaines de millions de dollars qui les attendaient dans les coffres des banques. A Ramadi, les djihadistes ont également défait des forces irakiennes vingt-cinq fois plus nombreuses. Les soldats syriens sont épuisés par quatre années de guerre. Et les Kurdes, souvent victorieux contre l’OEI, n’ont pas vocation à mourir pour des territoires qu’ils ne revendiquent pas. « En réalité,observe Luizard, l’Etat islamique n’est fort que de la faiblesse de ses adversaires et il prospère sur les ruines d’institutions en cours d’effondrement (4). »

Même situation en Libye. Sous le coup d’une émotion légitime, et sous l’égide d’un tandem de choc composé de M. Nicolas Sarkozy et de Bernard-Henri Lévy, la France a puissamment œuvré à la chute de Mouammar Kadhafi. Elle imaginait que, là aussi, il suffirait de laisser lyncher un dictateur pour que son trépas enfante une démocratie libérale à l’occidentale. Résultat : l’Etat est en morceaux et l’OEI contrôle plusieurs villes du pays, d’où elle organise des attentats contre la Tunisie voisine. Au point que le ministre français de la défense admet aujourd’hui : « La Libye me préoccupe beaucoup. Daech s’y est installé en profitant des affrontements internes entre Libyens. » Toutefois, calcule-t-il, « si on réunit les forces de Tobrouk et de Tripoli, Daech n’existe plus » (5)… Le problème était pourtant déjà résolu il y a trois ans, quand Bernard-Henri Lévy expliquait : « La Libye, contrairement à ce qu’annonçaient les Cassandres, n’a pas éclaté en trois entités confédérées. (…) La loi des tribus n’a pas prévalu sur le sentiment d’unité nationale. (…) Pour l’heure, le fait est là : la Libye, comparée à la Tunisie et l’Egypte, fait figure de printemps réussi — et ceux qui l’ont aidée peuvent être fiers de ce qu’ils ont fait (6). » Une fierté tout à fait légitime : en dehors de Bernard Guetta, qui relaie chaque matin sur France Inter le point de vue du Quai d’Orsay (7), nul n’affabule avec autant d’aisance que lui.

Dorénavant, le président français appelle de ses vœux « une grande et unique coalition » contre l’OEI. Elle inclurait nécessairement le président syrien. Or celui-ci répond déjà : « Vous ne pourrez pas combattre Daech en restant alliés au Qatar et à l’Arabie saoudite qui arment les terroristes (8). » De son côté, le président russe juge que la Turquie, autre membre présumé de l’alliance antidjihadiste, a donné un« coup de poignard dans le dos » à son pays en abattant, le 24 novembre, un de ses avions militaires. En somme, sitôt la guerre remportée par la coalition hétéroclite que Paris cherche à bricoler, la question du « jour d’après » se poserait dans des conditions encore plus périlleuses qu’en Afghanistan, en Irak et en Libye. Mais, aux Etats-Unis, les néoconservateurs ont déjà oublié (comme l’Elysée ?) tous ces échecs. Au point de réclamer l’envoi dans les zones occupées par l’OEI de 50 000 soldats américains (9). Et puis sans doute davantage.

Dans la dernière livraison de la revue Foreign Affairs, deux universitaires spécialistes du Proche-Orient, Steven Simon et Jonathan Stevenson, dressent l’inventaire des conditions qui rendraient durable un succès militaire occidental sur le terrain contrôlé en ce moment par l’OEI : appui de l’opinion publique américaine, envoi d’un nombre important de spécialistes de la reconstruction, connaissance des sociétés locales, présence sur les terrains irakien et syrien de clients ou d’alliés. Puis ils concluent : « Si tout cela semble familier, c’est qu’il s’agit précisément de la liste des choses que Washington a été incapable de réaliser lors de ses deux dernières interventions d’envergure au Moyen-Orient : l’invasion de l’Irak en 2003 et la campagne aérienne contre la Libye en 2011. Pour le dire simplement, les Etats-Unis perdraient vraisemblablement une autre guerre au Moyen-Orient pour les mêmes raisons que lors des deux précédentes (10). »

Déjà lourdement engagée en Afrique, la France n’a pas vocation à gagner cette « guerre »-là. Le fait que l’OEI souhaite l’attirer dans un tel piège n’oblige pas M. Hollande à s’y précipiter et à y entraîner une coalition de pays souvent beaucoup plus circonspects. Le terrorisme tue des civils ; la guerre aussi. L’intensification des bombardements occidentaux en Irak et en Syrie, qui crée autant de combattants djihadistes qu’elle en détruit, ne rétablira ni l’intégrité de ces Etats ni la légitimité de leurs gouvernements aux yeux de leurs populations. Une solution durable dépendra des peuples de la région, d’un accord politique, pas des anciennes puissances coloniales, ni des Etats-Unis, que disqualifient à la fois leur soutien aux pires politiques israéliennes et le bilan effroyable de leur aventurisme militaire — effroyable y compris de leur propre point de vue : en envahissant l’Irak en 2003, après avoir soutenu pendant huit ans Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran (plus d’un million de morts), ils ont transformé ce pays en allié de Téhéran… Enfin, des Etats vendant des armes aux pétrodictatures du Golfe qui ont propagé le salafisme djihadiste (lire Genèse du djihadisme) ne sont qualifiés ni pour parler de paix, ni pour enseigner aux Arabes les vertus de la démocratie pluraliste.

« Quand ils opèrent dans des Etats stables, avec des régimes stables et sans le soutien matériel d’une partie de la population, observait l’historien Eric Hobsbawm en 2007, les groupuscules terroristes représentent un problème de police et non un problème militaire. (…) Il est compréhensible que de tels mouvements suscitent une grande nervosité dans la population, surtout dans les grandes villes occidentales, surtout quand le gouvernement et les médias s’unissent pour créer un climat de peur (11). »

Ce climat anxiogène et la dénonciation répétée de l’« angélisme » permettent de couvrir la voix de ceux qui, sans contester l’impératif absolu de protection des populations, refusent l’empilement sans fin de dispositifs répressifs inutiles et dangereux pour les libertés publiques (lire l’article de Patrick Baudoin page 16). Des mesures aux relents xénophobes, comme la possibilité de déchoir de leur nationalité certains binationaux, viennent de s’y ajouter, conformément à la demande du Front national. Et non seulement l’état d’urgence a été voté par la quasi-unanimité des parlementaires apeurés, mais le premier ministre leur a demandé de ne pas déférer au Conseil constitutionnel les mesures juridiquement bancales qu’il leur soumettait.

En 2002, M. Obama s’adressait en ces termes à celui auquel il allait succéder :« Vous voulez vous battre, président Bush ? Battons-nous pour que les marchands d’armes dans notre propre pays cessent d’alimenter les innombrables guerres qui font rage dans le monde. Battons-nous pour que nos soi-disant alliés au Moyen-Orient cessent d’opprimer leur peuple, et de réprimer l’opposition, et de tolérer la corruption et l’inégalité, au point que leurs jeunes grandissent sans éducation, sans perspectives d’avenir, sans espoir, devenant des recrues faciles pour les cellules terroristes. » M. Obama n’a pas suivi les conseils qu’il donnait. Les autres chefs d’Etat non plus. C’est dommage. Les attentats de l’OEI et la désastreuse politique étrangère de la France débouchent à présent sur une nouvelle « guerre ». Uniquement militaire, et donc perdue d’avance.

Serge Halimi

"L'art de la guerre imbécile" - Serge Halimi (Le Monde Diplomatique, décembre 2015)
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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 09:56

Jean-Yves Le Drian fait partie depuis le début des années 1980 avec ses amis F Hollande et JP Jouyet des trans-courants du Parti Socialiste, c'est à dire des centristes voulant retirer au PS tout lien avec l'histoire conflictuelle du monde ouvrier, toute trace d'idéologie marxiste ou de rapport avec la notion de politique située dans le champ de la lutte des classes. Dans le domaine diplomatique, leur bréviaire est l'atlantisme, à l'opposé des traditions d'indépendance et de non-alignement de la France.

Il fallait selon eux adapter le PS au monde moderne, à la mondialisation, c'est à dire l'acculturer, le convertir au marché, au capitalisme et au libéralisme.

Le rendre meilleur gestionnaire des intérêts du capitalisme que la droite, au nom d'une conception du progrès marquée par le postulat d'une communauté d'intérêt patronat-salariés, public-privé, entreprises-social.

Avec Valls, néo-libéral et néo-conservateur décomplexé, cette logique est poussée plus loin que jamais, à la hauteur de ce qu'à été cette nouvelle droite du New Labour en Grande-Bretagne du temps de Tony Blair ou du SPD en Allemagne du temps de Schröder, deux serviteurs zélés du grand capital, qui ont été bien recompensés par la suite par leurs employeurs, pouvant faire des piges de millionnaires pour des multinationales ou des conférences payées plusieurs centaines de milliers d'euros. Le Drian lui aussi n'hésite pas avec Laurent Fabius et Hollande à se faire le VRP des marchands de canon Dassault, Lagardère, DCN...

Aujourd'hui, la campagne régionale de Le Drian incarne l'aboutissement de se processus de désintégration du socialisme à l'intérieur du PS. On avait déjà plus le contenu du flacon, on n'a plus même aujourd'hui l'étiquette, alors pour chercher l'ivresse, il faut aller ailleurs...

Pas une référence au Parti Socialiste ou à un symbole socialiste sur les documents de campagne de Le Drian.

Juste sa gueule en tête de gondole, juste pour sa pomme, l'homme fort et providentiel qu'on doit suivre comme des moutons car les bretons c'est bien connu, formés aux vertus d'obéissance et du conformisme chez les curés, aiment le paternalisme et les hommes forts.

Le rouge et le rose, évacués, au profit du jaune des briseurs de grève, et du noir... on va dire que c'est la couleur de la Bretagne.

Un seul homme en scène, si peu présent en Bretagne, qui refuse tous les débats, qui ne fait pas campagne, qui a un bilan qui commence déjà un peu à remonter et un projet qui est "On continue. Avec nous, vous êtes entre de bonnes mains".

Le triomphe de la communication a-politique ou plutôt anti-politique, d'une politique strictement politicienne sans horizon de transformation ou d'éducation du citoyen conçue comme mise en avant publicitaire d'un produit (en Bretagne bien sûr), le degré zéro de la politique, l'irrespect de l'électeur à qui on prétend dissimuler la cohérence des orientations du candidat et de la liste, artisans de la politique du Gouvernement Hollande-Valls et du PS au niveau européen et national, une rupture complète avec les références de la gauche: on met en avant les symboles, les principes idéologiques, le collectif, le projet, et non l'homme fort et des couleurs qui font joli, rassurant, solide, mais qui n'ont aucun sens politique sinon le ni-gauche, ni-droite, de tous bords et du centre que prétend incarner le Drian réunissant des candidats de l'UDI, le président de la Chambre d'Agriculture des Côtes d'Armor et des régionalistes et communistes opportunistes (2) en rupture de ban.

Ismaël Dupont

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 08:15
Genèse du djihadisme, par Nabil Mouline (Le Monde Diplomatique, décembre 2015)

Genèse du djihadisme, par Nabil Mouline (Le Monde Diplomatique, décembre 2015)

Effort d'élévation spirituelle, le djihad peut aussi signifier le combat contre les infidèles et les hypocrites. Ceux qui s'en réclament aujourd'hui pour justifier une conduite ultraviolente s'inspirent d'une idéologie rigoriste issue d'une double filiation: les Frères musulmans et le salafisme wahhabite, diffusé d'après l'Arabie saoudite.

Phénomène multidimensionnel, le djihadisme est avant tout une idéologie globale. A la faveur d’un bricolage intellectuel qui résulte du détournement de concepts, de symboles et d’images d’origine musulmane ou européenne, ses dépositaires prétendent offrir aux « croyants » un nouveau départ, une nouvelle identité et un nouveau mode de vie pour réussir ici-bas et dans l’au-delà.

En somme, une représentation du monde qui donne la certitude d’appartenir à quelque chose de plus grand que soi : le groupe d’élus chargé par Dieu de rétablir la vraie religion et de réunifier l’oumma(la communauté des croyants) sous l’égide du califat — la monarchie universelle islamique —, avant de se lancer à la conquête du monde et d’obtenir le salut. Retracer la genèse et le développement des principaux affluents de l’idéologie djihadiste permet de mieux comprendre son attractivité et son efficacité, de Saint-Denis à Karachi.

A l’instar d’autres idéologies extrémistes, le djihadisme puise ses racines dans le désenchantement provoqué par la première guerre mondiale. Le démantèlement de l’Empire ottoman, l’abolition du califat par Mustafa Kemal Atatürk, la domination occidentale et la montée en puissance de nouvelles formes de socialisation ont engendré un véritable désarroi dans certains milieux musulmans.

Pour sortir de cette crise existentielle, certains militants, lettrés et oulémas (juristes et théologiens) voient dans l’islam l’unique remède. Plusieurs projets plus ou moins aboutis apparaissent ainsi entre les deux guerres. Le plus important d’entre eux est sans doute celui des Frères musulmans.

Inspirée de la Young Men’s Christian Association, la confrérie des Frères musulmans voit le jour en Egypte en 1928. Pour son fondateur, Hassan Al-Banna, l’islam est un ordre supérieur et total qui doit régner sans partage sur l’espace social musulman, car il est à la fois « dogme et culte, patrie et nationalité, religion et Etat, spiritualité et action, Coran et sabre ». Dans cet objectif, il envisage une stratégie téléologique: il faut d'abord islamiser la société par le bas, en dépassant toutes les écoles juridiques et théologiques, avant de s'emparer du pouvoir et de créer des Etats islamiques. Ces Etats, qui assurent la suprématie de la charia (loi islamique), s'engagent petit à petit dans un processus d'intégration à travers des programmes de coopération. Ce processus doit aboutir à l'abolition des frontières et à la proclamation du califat.

Le fondateur des Frères musulmans n'a jamais précisé les principes et les structures de l'Etat islamique qu'il souhaitait instaurer. Il s'est toujours contenté de slogans et de formules creuses, parfois même contradictoires. Mais les traces retrouvées ça et là dans ses écrits ainsi que dans son action à la tête de l'association-confrérie montrent bien qu'il avait un penchant pour l'élitisme, le dirigisme et l'autoritarisme. Al-Banna se déclare de manière assez claire contre un certain nombre de principes démocratiques, notamment la liberté, la séparation du politique et du religieux, le multipartisme et la séparation des pouvoirs. Pour faire face aux défis internes et externes, l'oumma doit être selon lui dirigée par une seule loi, la charia, par un seul parti, les Frères musulmans, et par un seul chef, le calife.

Grâce à la simplicité relative de son discours et au zèle de ses membres, la confrérie élargit considérablement sa base de soutien en Egypte et ailleurs dans le monde arabe. Elle ne parvient toutefois pas à réaliser son principal objectif: s'emparer du pouvoir, condition indispensable pour rétablir la cité de Dieu et obtenir le salut. Dès la fin des années 1940, cet échec pousse une minorité résolue à adopter des positions de plus en plus radicales, notamment en ce qui concerne l'usage de la violence. Les choses s'accélèrent de manière dramatique durant la décennie suivante en raison de la répression sans précédent menée par la junte militaire fraîchement installée au pouvoir au Caire.

Intellectuel tourmenté, Sayyed Qotb rejoint la confrérie durant cette période de crise. Dans les geôles du président Gamal Abdel Nasser, il opère un revirement idéologique qui aura des conséquences énormes sur le champ politico-religieux arabo-musulman. Il considère en effet que le monde dans lequel il vit est tombé dans l'ignorance et la mécréance (aljahiliyya). Les vrais croyants, désormais ultraminoritaires, doivent accomplir un exode (al-hijra) en se séparant spirituellement et physiquement des sociétés impies. Après avoir créé une plate-forme spirituelle et temporelle solide, ces élus doivent se lancer à la conquête du monde impie dans le cadre d'un djihad intégral. S'inspirant de l'Indo-Pakistanais Abul Ala Mawdudi, un partisan acharné de l'idée de califat, Qotb incite les élus à rétablir la souveraineté absolue de Dieu (al-hakimiyya) à travers l'instauration de l'Etat et de la loi islamiques pour libérer les croyants du matérialisme occidental. Cette culture d'enclave, qui n'est pas nouvelle dans l'histoire musulmane, devient très rapidement le socle politique du djihadisme contemporain.

L'invasion soviétique de l'Afghanistan permet l'essor du wahhabisme

En dépit de leur popularité et de leur adoption par un certain nombre de groupes radicaux à partir des années 1960, les idées d'Al-Banna et de Qotb sont freinées dans leur diffusion par un obstacle structurel: leurs auteurs ne sont pas des oulémas dépositaires d'une tradition séculaire, mais de simples intellectuels et militants islamistes, une catégorie qui n'a pas encore trouvé sa place dans le champ politico-religieux...

En 1979, l'invasion soviétique de l'Afghanistan permet au djihadisme de se doter d'une doctrine théologique et juridique bien établie: le wahhabisme. Grâce aux pétrodollars de l'Arabie saoudite, cette tradition a pu s'imposer comme une nouvelle orthodoxie. Né durant la seconde moitié du XVIIIe siècle en Arabie centrale, le wahhabisme est un avatar du hanbalisme, l'une des quatre écoles juridiques du sunnisme. Prédicateur intransigeant, son fondateur, Mohammed Ibn Abd Al-Wahhab (1703-1792) ne recule devant rien pour imposer ce qu'il considère comme la seule vraie religion, celle du Prophète et des pieux ancêtres, "al-salaf al-salih" d'où le terme "salafisme", autre dénomination de cette tradition. En 1744, il s'allie aux Saoud pour bâtir sur la base de sa doctrine une entité politique: le premier Etat saoudien, en place jusqu'en 1818.

Suivi aveuglement par ses disciples, Ibn Al-Wahhab assure que la seule voie possible vers le salut est la restauration de la religion "pure". Pour ce faire, il faut (re)découvrir le concept fondamental de l'Islam: l'unicité divine - al-tawhib. Cette unicité ne peut se réaliser qu'à une condition: l'observance stricte de l'orthodoxie et de l'orthopraxie, conformément à la doctrine hanbalite. Tous ceux qui n'adhèrent pas à ce dogme sont qualifiés d'hypocrites, d'égarés, d'hérétiques, voire de mécréants. Beaucoup de doctrines et de pratiques du soufisme telles que le culte des saints, les pèlerinages extracanoniques ou les pratiques divinatoires sont assimilées à des formes d'idolâtrie qu'il faut combattre par tous les moyens. De même, les individus et les gouvernements qui recourent à des lois considérées comme non ismamiques sont déclarés apostats.

Devenir et rester un véritable monothéiste suppose d'appliquer strictement les prescriptions divines dans tous les domaines de la vie. Pour atteindre cet objectif, les wahhabites préconisent une interprétation rigoriste des textes sacrés. La charia - notamment les châtiments corporels- doit selon eux être appliquée à la lettre.

Pour tracer les frontières, symboliques et réelles, entre la religion authentique et les fausses, les tenants du wahhabisme ont développé le principe "al-wala wa'al-bara" ("l'allégeance et la rupture"). Le croyant doit une fidélité et une loyauté absolues à tous les autres membres de la communauté. En revanche, les relations avec les mécréants se limitent théoriquement à la conversion, la soumission ou la guerre. Dans cette logique, les musulmans qui habitent des territoires impies doivent tôt ou tard accomplir une hijra (exode) vers la demeure de l'islam, pour faire le plein de forces sacrées avant de repartir au djihad...."

Nabil Mouline

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 07:52
Ouest-France, 2 décembre 2015

Ouest-France, 2 décembre 2015

"La Bretagne subit le désengagement de l'Etat qui réduit les moyens des collectivités. Nous reverrons à la baisse le financement pharaonique par la Région de grands projets. Nous créerons un observatoire des marchés publics et de l'utilisation des fonds publics. Nous approfondirons la conditionalité des importantes aides aux entreprises. Nous voulons agir pour les services publics, maillage de petites et moyennes villes. Nous voulons aider les salariés à reprendre leur entreprise et développer l'économie sociale et solidaire. Et impulser une relocalisation de l'activité pour une ambition industrielle (bois, construction-déconstruction navale, automobile propre...). Nous voulons encourager une production diversifiée, des circuits courts, les filières bio, les labels, notamment pour la restauration collective. Nous proposons un schéma régional d'intervention sur le foncier. Nous proposons d'assurer collectivement la maîtrise des productions et le partage des droits à produire avec des prix décents. Nous accorderons une attention particulière à la santé au travail. Nous oeuvrerons au maintien et la à la création d'outils publics (abattoirs de proximité...) et à des magasins de producteurs. Et avec les salariés, les agriculteurs et les consommateurs, à un plan de transition des entreprises vers une alimentation de qualité. Nous souhaitons la relance d'un débat publique et une consultation populaire sur l'utilité de grands projets comme Notre-Dame-des Landes. Nous refusons de confier nos infrastructures et nos projets d'aménagement urbain à des entreprises capitalistes. La Bretagne mérite le développement du ferroviaire de proximité et du fret, plutôt qu'un aéroport de plus"

Xavier Compain, tête de liste du Front de Gauche et de la liste "Pour une Bretagne sociale et écologique: l'Humain d'abord!"

Ouest-France, le 2 décembre

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 07:27

Billet d'humeur.

Mardi soir sur France 2 (service public), le Journal d'information.

- 2 Sujets à suivre:

-Un premier reportage sur la fraude aux allocations familiales appuyé sur 2 enquêtes:

La première concerne un jeune homme au RSA qui a fraudé (plus par ignorance et négligence) quelques centaines d'euros.

La seconde concerne un jeune couple avec enfant qui dispose royalement de 200 euros mensuels pour vivre et qui a dissimulé quelques heures de travail au noir.

Foudres de la justice, amendes pour ces mauvais citoyens montrés du doigt (les visages sont tout de même floutés) qui mettent par leurs pratiques criminelles la société en danger et qui sont,à coup sûr, responsables de tous nos malheurs!

Au pilori!

- Un second reportage très complaisant sur un marché en pleine expansion et particulièrement juteux: le commerce du luxe "d'occasion"! et la clientèle qui se précipite sur des sacs à main d'"occasion" ...à 30. 000 euros.

..."Sans transition" comme dit Pujadas avec son petit sourire en coin cynique.

Ainsi va la vie dans notre belle société. Odieux.

André Bernard, membre du Comité de Soutien de la liste du Front de Gauche, adhérent du PCF Fouesnant, ancien élu à Fouesnant et proviseur de lycée.

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 21:45

J moins 3 pour

UNE BRETAGNE SOCIALE ET ECOLOGIQUE,

L’HUMAIN D’ABORD !

3 jours pour nous aider à convaincre tous ceux et celles qui hésitent encore, que c’est utile

de coller une bonne gauche à un Conseil Régional dominé par le libéralisme, le productivisme et le manque de démocratie.

Notre programme est connu, nos valeurs aussi, nous voulons une Région Bretagne qui défende ses habitant-es de l’austérité,

qui refuse que les services publics soient bradés et qui redonne la parole aux citoyen-nes sur l’avenir de leurs territoires.

Nous voulons une Région Bretagne sans armes nucléaires, une Région Bretagne hors Tafta,

une Région Bretagne solidaire et accueillante pour les migrants et les réfugiés…

Vous avez peut être été déçu-es du choix d’EELV de ne pas faire liste commune avec le Front de Gauche, nous aussi !

Vous pensez peut être que notre programme n’est pas assez radical ou bien qu’il l’est déjà trop, nous pourrons en rediscuter !

Vous pensez que l’extrême droite à 23% dans les sondages, c’est juste insupportable ?

Que la droite dite Républicaine n’a rien à dire parce qu’en vrai, elle a peu de désaccords avec la politique économique

et sociale du PS au gouvernement et à la Région… ?

Vous pensez que le repli régionaliste, même coiffé d'un bonnet rouge, n’a pas d’avenir ?

Nous aussi !

Dans cette période difficile sur le plan économique et social, ou résonne le bruit de la guerre et de l’état d’urgence,

il faut faire revivre l’espoir à gauche sur nos valeurs d’égalité, de solidarité et de résistances sociales et écologiques.

Aidez-nous à lutter contre le pessimisme électoral et l'abstentionnisme,

votez et faites voter pour qu’en Région Bretagne,

ce soit L’HUMAIN D’ABORD qui se fasse entendre !

A diffuser sans aucune modération

Merci à vous

l’équipe de campagne

J - 3 pour une Bretagne sociale et écologique: l'Humain d'abord!
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 20:53
Photo du Télégramme lors de la conférence de presse de présentation de la liste du Front de Gauche dans le Finistère: au premier plan Sylvie Larue et Xavier Compain, Catherine Boudigou, Michel Le Goff, Jean-Yves Leven, Christine Panaget, Daniel Jouan, Marie Le Berre, à l'arrière-plan, de gauche à droite toujours, Rolan Jaouen, François Rippe, Noëlle Péoc'h, Claudie Bournot, Paul Quémener, Gaëlle Flajeul, Martine Bescou, Stephane Poupon, Jeremy Lainé

Photo du Télégramme lors de la conférence de presse de présentation de la liste du Front de Gauche dans le Finistère: au premier plan Sylvie Larue et Xavier Compain, Catherine Boudigou, Michel Le Goff, Jean-Yves Leven, Christine Panaget, Daniel Jouan, Marie Le Berre, à l'arrière-plan, de gauche à droite toujours, Rolan Jaouen, François Rippe, Noëlle Péoc'h, Claudie Bournot, Paul Quémener, Gaëlle Flajeul, Martine Bescou, Stephane Poupon, Jeremy Lainé

La liste complète des candidats est maintenant sur le site département par département :

http://www.front-de-gauche.bzh/les-candidats/

Dans le Finistère:

« Pour une Bretagne sociale et écologique : l'Humain d'abord !»

1. Catherine Boudigou, Audierne, médecin, syndiqué au Syndicat de médecine générale, 61 ans, ancienne conseillère régionale écologiste et membre de la direction nationale des Verts, membre du Parti de Gauche

2. Michel Le Goff, conseiller municipal à Bannalec, ouvrier, 52 ans, syndicaliste dans l'agro-alimentaire, membre du PCF, candidat aux Sénatoriales en 2014 pour le Front de Gauche

3. Noëlle Péoc'h, Loperec, retraitée éducation nationale, 62 ans, militante de la Paix, animatrice du Collectif Front de Gauche centre-Finistère, candidate aux régionales en 2010,aux législatives en 2012, aux départementales en 2015 et aux Sénatoriales en 2014 pour le Front de Gauche

4. José Le Guélaff, maire de Motreff, 60 ans, candidat aux départementales en 2014 pour le Front de Gauche

5. Claudie Bournot-Gallou, employée de banque, adjointe au maire au Relecq Kerhuon, 57 ans, membre du PCF

6. François Rippe, Morlaix, retraité éducation nationale/ enseignement spécialisé, 57 ans, membre d'Ensemble et du collectif Front de Gauche pays de Morlaix

7. Véronique Blanchet, Pont L'Abbé, formatrice, ex vice-présidente de la communauté de commune Pays Bigouden Sud, 52 ans, membre du PCF, tête de liste finistérienne du Front de Gauche aux régionales 2010, candidate aux législatives en 2012, aux municipales en 2014, aux départementales 2015

8. Julien Delbende, Brest, auxiliaire de vie scolaire contractuel, 40 ans, membre du Parti de Gauche

9. Marie Le Berre, Chateaulin, employée à La Poste, syndicaliste, 53 ans

10. Erwan Rivoalan, Brest, bibliothécaire, syndicaliste, 43 ans, membre du PCF

11. Christine Panaget, Brest, secrétaire, militante associative, 53 ans, membre d'Ensemble, candidate pour le Front de Gauche aux Sénatoriales en 2014

12. Roland Jaouen, élu d'opposition à Plonéour Lanvern, retraité de la Poste, 58 ans, membre du Parti de Gauche, candidat aux départementales en 2015

13. Sorence Pierret, élue d'opposition à Douarnenez, éducatrice Jeunes enfants, 62 ans, membre d'Ensemble

14. Paul Quémener, maire de Berrien depuis mars 2014, retraité du commerce et de l'artisanat, 65 ans, candidat pour le Front de Gauche aux Sénatoriales en 2014

15. Martine Bescou, Plouhinec, retraitée, militante du collectif de défense de l'hôpital de Douarnenez, 61 ans, membre du PCF, candidate pour le Front de Gauche aux Départementales en 2015 dans le Cap Sizun

16. Stephane Poupon, conseiller municipal à Bannalec, maraîcher bio, président du GAB (réseau des agriculteurs bio du Finistère), 41 ans

17. Patricia Laroche, L'Hôpital-Camfrout, ancienne élue à Lopérhet, agent ERDF, syndicaliste, 51 ans, candidate aux Départementales en 2015 pour le Front de gauche dans le canton de Daoulas

18. Jeremy Lainé, Guimaëc, technicien anti-parasitaire, ancien élu à Lanmeur, 36 ans, membre du PCF, candidat aux départementales en 2011 et en 2015 dans le canton de Lanmeur et aux Régionales en 2010

19. Anjela Gallais-Lavant, Landerneau, étudiante en droit, 19 ans, membre du Parti de Gauche, candidate aux Départementales pour le Front de Gauche dans la circonscription de Landerneau en 2014

20. Daniel Jouan, Fouesnant, retraité de la métallurgie (soudeur), 67 ans, membre du PCF

21. Gaëlle Flageul, Pont Croix, vétérinaire, 28 ans, candidate aux départementales pour le Front de Gauche dans le canton de Pont de Buis

22. Jean-Yves Leven, Loctudy, cadre commercial, militant LGBT, 50 ans, membre du Parti de gauche

23. Anne-Marie Alayse, Brest, chercheuse Ifremer retraitée, syndicaliste, 65 ans, membre du PCF, candidate aux Régionales en 2010

24. Camille Larfaoui, Plouhinec, enseignant, 55 ans, membre d'Ensemble

25. Camille Le Calvez-Glidic, Ile de Batz, serveuse en crêperie, 28 ans, membre du PCF

Catherine Boudigou, Audierne, médecin: n°1 sur la liste du Front de Gauche "Pour une Bretagne sociale et écologique: l'humain d'abord!"

Syndicat de médecine générale, ancienne conseillère régionale écologiste et membre de la direction nationale des Verts, membre du Parti de Gauche
Biographie:

61 ans Mariée - 4 enfants - Audierne

1971 -1975 secrétaire association défense environnement en Seine et Marne

1977-1979 : adhérente PCF cellule hôpital de Colombes (92)

1979-1983 : médecin salariée du système national de SANTÉ en R P du Mozambique

1983-1986 : médecin libéral à Thorigné-Fouillard (35)

1986-1995 : médecin hospitalier dans le Perche et dans la Manche

1990 -1992 : guerre du Golfe, rejoint l'Alternative Rouge et Verte à Paimpol, porte - parolat présidence des parents d'élèves Fcpe collège de Paimpol

1992 - 1995 : déléguée Fcpe dans la Manche soutien la campagne de Dominique Voynet puis départ en Vendée adhère aux Verts Vendée, crée le groupe local de Noirmoutier

1998 - 2004 : conseillère régionale groupe des Verts en Pays de la Loire(Nantes) Commission permanente et enseignement 1998 -2001 puis commission agriculture et pêche

Membre commission nationale mer et littoral des Verts

2000 - 2002 : responsable commission nationale santé des Verts

Membre des Chiennes de garde

Médecin canotier SNSM station de l'Herbaudière Noirmoutier

2002 - 2004 : membre du Collège Exécutif des Verts (national) en charge de l'environnement, des transports et de l'énergie. 1er semestre 2004 : En charge du groupe de travail commun des partis du forum des gauches ( PS,PCF,Verts,PRG, Alternatifs, UDB) sur la SANTÉ. démissionne des Verts en juin 2004 après la décision de ne pas rendre publique la contre réforme du système de Santé élaborée en commun par le groupe de travail.

2004 - 2006 : médecin hospitalier Noirmoutier 2006 - 2013 : navigation et médecin service public dans le Pacifique Depuis 2013 : médecin libéral à Plouhinec (29) et régulateur au SAMU centre 15

2004 - 2012 : observatrice de la vie politique

2012 : soutien Eva Joly au référendum face à Hulot, comme coopératrice externe d'EELV Et vote JOLY aux présidentielles.

2013 - 2015 : se dit qu'il n'est pas possible de rester les bras ballants, que EELV perd son âme ...et vote PG aux départementales.

2013 : adhère au Syndicat de la Médecine Générale 2015 : après une année de ... Réflexion décide d'adhérer au Parti de Gauche. Engagements : humaniste parce que médecin, écologiste parce qu'humaine, féministe parce que femme, utopiste et navigatrice parce que c'est ainsi que le monde avance . Verte et rouge depuis toujours, se dit qu'il est temps que la vraie gauche fasse sa synthèse.

Catherine Boudigou, Xavier Compain, Sylvie Larue: le trinôme de tête des Régionales pour le Front de Gauche

Catherine Boudigou, Xavier Compain, Sylvie Larue: le trinôme de tête des Régionales pour le Front de Gauche

Michel Le Goff, Bannalec, n°2 sur la liste

Ouvrier, 52 ans, délégué syndical central chez Bigard, élu du Front de Gauche à Bannalec, membre du Parti Communiste

« En me syndiquant à 18 ans, je n’ai eu de cesse de militer et de combattre l’exploitation à outrance sur le lieu de travail.
La politique est un levier pour permettre à la classe ouvrière de s ‘émanciper.
Avec le Front De Gauche, il est clair, évident que nous sommes la seule voix alternative : anti austérité, anti libérale.
Dans notre liste où l’humain prime, où l’humain prend toute son importance, il n’y a pas de place pour la finance destructrice des richesses que nous créons tous les jours.
Le programme que nous avons élaboré en commun, collectivement, va continuer à évoluer. Servons nous de cette campagne régionale afin de faire entendre notre voix et gagner à une société, une Bretagne sociale et écologique".

Michel Le Goff, Bannalec, n°2 sur la liste Front de Gauche

Michel Le Goff, Bannalec, n°2 sur la liste Front de Gauche

Noëlle Péoc'h, présidente du collectif citoyen Front de Gauche centre-Finistère, n°3 sur la liste du Finistère

Professeur des écoles à la retraite, je suis née à Brest et j'habite depuis 35ans à Lopérec en centre Finistère.
Révoltée par l'injustice du monde capitaliste qui écrase les peuples et détruit la planète pour le seul profit de quelques familles, je me suis très tôt engagée dans divers combats pour défendre l'intérêt général , le bien vivre ensemble respectueux de l'environnement.
Syndiquée au SNUIPP, j'ai participé à de nombreuses luttes pour défendre le service public d'éducation, les acquis sociaux et tous les services publics.
Sur le plan international, je me suis également impliquée dans un jumelage avec un camp de réfugiés palestiniens au Liban: Douarnenez / Rashidyé.
Militante du Mouvement de la Paix, je participe activement aux différentes manifestations, dénonçant les guerres, la course aux armements, les armes nucléaires et j'interviens dans les écoles avec un jeu de ma conception dans le but de développer la culture de la Paix.
Féministe convaincue, je suis également adhérente du planning familial.
Ces multiples engagements trouvent une forte résonance dans le projet politique alternatif proposé par le Front de gauche et, son ouverture à tous les citoyens me semble aujourd'hui le seul moyen de rassembler tous les mécontents qui veulent construire démocratiquement un vrai projet anticapitaliste dont la devise est: " L'humain d'abord"
C'est pourquoi, bien que non adhérente d'un parti politique, je suis engagée dans le FDG depuis 2009 : candidate en 2010, aux régionales,sur la liste du Front Breton de Gauche menée par Gérard Perron, en 2012 aux législatives sur la 6ème circonscription du Finistère, aux sénatoriales de 2014, puis aux départementales de 2015 .
Je suis également Présidente de l'association que nous avons créé en centre Finistère en 2012: "collectif Front de Gauche du centre Finistère" .
Compte tenu de la situation politique et écologique désastreuse que nous subissons, être à nouveau candidate aux régionales 2015 me semblait une évidence.

Noëlle Péoc'h n°3 sur la liste du Front de Gauche dans le Finistère

Noëlle Péoc'h n°3 sur la liste du Front de Gauche dans le Finistère

José Le Guélaff, maire de Motreff: n°4 sur la liste Front de Gauche

60 ans, candidat aux départementales pour le Front de Gauche dans le canton de Carhaix
José Le Guélaff, maire de Motreff: n°4 sur la liste du Front de Gauche dans le Finistère

José Le Guélaff, maire de Motreff: n°4 sur la liste du Front de Gauche dans le Finistère

Claudie Bournot, adjointe au Maire au Relecq Kerhuon, n°5 sur la liste du Finistère

57 ans, employée de banque, membre du Parti Communiste

Claudie Bournot, Le Relecq Kerhon, n°5 sur la liste du Finistère du Front de Gauche

Claudie Bournot, Le Relecq Kerhon, n°5 sur la liste du Finistère du Front de Gauche

François Rippe, membre du collectif Front de Gauche pays de Morlaix et de Ensemble, enseignant spécialisé retraité, 57 ans

" Le libéralisme au bénéfice de ceux qui profitent du travail et de la précarité des salarié-e-s, des jeunes, des sans-emplois est à dénoncer en Bretagne comme partout en France.

La politique d’austérité qui met en péril les services publics et nos territoires est à dénoncer fut elle conduite par des élus qui se prétendent de gauche.

Un patron qui exploite ses salarié-es est un patron à dénoncer même s’il est capable de temps à autres de s’affubler d’un bonnet rouge.

La politique agricole qui favorise toujours plus le productivisme et la pollution environnementale au détriment du monde paysan et de notre santé alimentaire n’est plus supportable particulièrement dans notre région.

Une réforme territoriale qui impose un écart toujours plus grand entre les citoyen-nes et les lieux de décision ça s’appelle une réforme antidémocratique.

Un ministre de la « défense » qui plombe le budget du pays par une politique guerrière de moins en moins maîtrisée sans aucun mandat du peuple, ça s’appelle un déni de démocratie…

Démocratie, Solidarité, Coopération, égalité des droits, transition écologique, sortie du nucléaire militaire et abandon des projets inutiles à Landivisiau comme à Notre-Dame des Landes, voilà les valeurs et le programme que Catherine Boudigou, Xavier Compain et Sylvie Larue, les candidat-es du Front de Gauche en Bretagne vont porter tout au long de cette campagne des régionales.

Nous n’attendons rien ni de la droite, ni de l’extrême droite si ce n’est des mauvais coups pour la région et nous ne voulons plus de cette fausse politique de gauche menée contre les intérêts de celles et ceux qui souffrent de la crise économique, sociale et écologique que traverse notre pays.

Contre toute les abstentions, ce que nous voulons, c’est reconstruire l’espoir à gauche dans les urnes et dans les luttes. A la région comme dans toutes les instances, il est temps que s’exprime la voix de celles et ceux qui résistent et ne veulent rien lâcher !"

François Rippe, militant d'Ensemble et du Front de Gauche Morlaix, n°6 sur la liste départementale du Front de Gauche dans le Finistère

François Rippe, militant d'Ensemble et du Front de Gauche Morlaix, n°6 sur la liste départementale du Front de Gauche dans le Finistère

Véronique Blanchet, Pont l'Abbé

52 ans, formatrice, membre du PCF, ancienne élue à Pont l'Abbé et vice-présidente de la communauté de commune Pays Bigouden Sud, candidate aux dernières régionales, départementales, législatives et municipales.

Véronique Blanchet, n°7 sur la liste du Front de Gauche dans le 29

Véronique Blanchet, n°7 sur la liste du Front de Gauche dans le 29

Julien Delbende, Brest, 8e sur la liste du Front de Gauche

auxiliaire de vie scolaire contractuel, 40 ans, membre du Parti de Gauche

Julien Delbende, ici au micro aux Rencontres du Front de Gauche, membre du Parti de Gauche, 8 ème sur la liste des Régionales dans le Finistère

Julien Delbende, ici au micro aux Rencontres du Front de Gauche, membre du Parti de Gauche, 8 ème sur la liste des Régionales dans le Finistère

Marie-Annick LE BERRE, CHATEAULIN, 53 ans - FACTRICE

MILITANTE SYNDICALE

" Donner la possibilité aux citoyens de pouvoir enfin voter pour un projet

Et non pas de voter contre, comme à chaque élection depuis déjà plusieurs années

Prise de conscience que les politiques menées, quelque soit le parti au pouvoir, vont toutes dans le même sens : aggravation de la pauvreté, aggravation des relations dans le travail, coupes franches dans les services publics, notamment celui de la Santé.

Et surtout donner une alternative au vote d’extrême droite ; qui est tout sauf une bonne idée ; que ce soit en terme de politique sociale ou en terme de droits des femmes. »

Marie-Annick Le Berre, factrice et militante syndicale, Chateaulin: 9ème position sur la liste finistérienne du Front de Gauche

Marie-Annick Le Berre, factrice et militante syndicale, Chateaulin: 9ème position sur la liste finistérienne du Front de Gauche

Erwan Rivoalan, Brest: 10e position sur la liste Front de Gauche dans le Finistère

Je suis bibliothécaire, militant syndical. En participant au mouvement social des bibliothèques brestoises pour davantage de moyens humains et l’accès de tous à la culture nous avons contribué à refuser les politiques d’austérité et à défendre le service public de lecture publique. C’est un moyen de sauvegarde du lien social dans une société où les personnes en difficultés sont de plus en plus isolées.
Je milite aussi pour ne pas opposer salariés du public et du privé. Les élus Front de Gauche en s’appuyant sur les besoins des citoyens et collectifs d’usagers se battront pour trouver de nouveaux moyens pour financer les services publics : par exemple des trains plus efficaces et moins chers pour tous plutôt que les cars Macron polluants (par la taxation des sociétés d’autoroutes), le financement des lycées publics, un service efficace et accessible de formations pour les salariés et les personnes en situation de précarité ou privées de travail…
L’argent existe en Bretagne et en France : il doit aller prioritairement aux besoins des populations plutôt qu’aux actionnaires.
Les élus Front de Gauche pèseront également pour conditionner les aides aux entreprises qui créent vraiment de l’emploi, favorisent l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, se développent en respectant l’environnement.
Pour cela les Fonds régionaux pour l’emploi mobiliseront les crédits des banques pour qu’elles assument leur responsabilité sociale en finançant des investissements démocratiquement décidés et répondant à des critères précis en matière économique (création de valeur ajoutée sur le territoire de la région), sociale (emploi, salaires, formation) et environnementale (économies d’énergie et de matières premières).
Face au défaut politique du gouvernement actuel, aux choix ultralibéraux de la droite, destructeurs du lien social et de l’environnement, à la division des citoyens provoquée par les discours haineux de l’extrême droite, nous avons tous à gagner dans un combat commun, pour mieux vivre dans une Bretagne, sociale, solidaire et écologique.

Nos vies valent plus que leurs profits !

Erwan Rivoalan, Brest, membre de la direction départementale du PCF, syndicaliste, 10e position sur la liste du Front de Gauche

Erwan Rivoalan, Brest, membre de la direction départementale du PCF, syndicaliste, 10e position sur la liste du Front de Gauche

Christine Panaget, Brest:

"Je me suis engagée politiquement depuis 2003, au départ pour une participation citoyenne aux ccq mis en place par Brest, puis de façon plus engagée dans un parti (d'abord Autre Gauche BNC puis la FASE qui est membre du Front de Gauche et a rejoint Ensemble!) quand j'ai compris (assez rapidement) que nos conseils de quartier consultatifs n'avaient aucun pouvoir de décision, ni même de conseil d'ailleurs.
A l'heure où on nous culpabilise sur le réchauffement climatique et nos comportements individuels, je pense que cet engagement est plus que jamais nécessaire car c'est au politique d'apporter les réponses. Nous l'avons vu pour les dernières municipales à Brest avec les possibilités de développement important de circuits courts par le biais de la restauration collective, l'accès aux transports en commun, le développement d'une monnaie locale en direction d'une économie plus solidaire, un retour nécessaire à des actions et des industries de proximité à commencer par la déconstruction des bateaux gris, la dénucléarisation civile et militaire.

Autant de chantiers que seul le politique peut aborder et dont surtout il peut favoriser l'émergence en s'appuyant sur la mobilisation des associations, dont heureusement notre tissu local est largement pourvu.

Autant d'actions à l'opposé de ce qui se passe pour la mise en oeuvre d'une filière Energies marines renouvelables conséquente qu'on nous fait miroiter mais où la volonté réelle se fait désirer vu ce qu'on peut observer ailleurs.

Voilà donc le sens de ma démarche, en être pour agir collectivement pour un monde plus juste et durable."

Christine Panaget, Brest, 11e position sur la liste du Front de Gauche aux régionales dans le Finistère

Christine Panaget, Brest, 11e position sur la liste du Front de Gauche aux régionales dans le Finistère

Roland JAOUEN- Plounéour Lanvern

59 ans- Retraité de la Poste-Elu municipal à Plonéour-Lanvern , engagé dans le mouvement associatif et social, adhérent du PG .

Je suis candidat avec le Front de Gauche pour combattre la réforme territoriale qui ne fait qu’accroître les inégalités entre régions, qui dévitalise communes et départements et qui affaiblit l’Etat sur le territoire pourtant seul garant de l’égalité du traitement des citoyens.

Roland Jaouen, Plonéour Lanvern: 12e position sur la liste du Front de Gauche

Roland Jaouen, Plonéour Lanvern: 12e position sur la liste du Front de Gauche

Sorence Pierret, élue à Douarnenez: n°13 sur la liste du Front de Gauche

62 ans, éducatrice jeunes enfants pendant 13 ans dans le Cap Sizun au volant du Bébébus Ti Calins, conseillère municipale dans le groupe d'opposition à Douarnenez, membre d'Ensemble

Sorence Pierret: en 13e position sur la liste du Front de Gauche aux Régionales

Sorence Pierret: en 13e position sur la liste du Front de Gauche aux Régionales

Paul Quéméner, maire de Berrien depuis mars 2014, retraité du commerce et de l'artisanat, 65 ans:

" Je me présente sur la liste du Front de Gauche parce que je désire que soit mise en place une vraie politique de gauche plus juste et sociale.
Une politique qui s'attaque au monde de la finance et du profit, que cela ne soit pas uniquement une promesse électorale.
Redonner espoir au Français, mettre en place une fiscalité juste et claire.
Permettre à la ruralité de vivre, la campagne ne doit pas devenir un désert nous devons obtenir les moyens de garder les écoles dans nos bourgs, les zones rurales ne doivent pas disparaître du territoire Français".

Paul Quémener, maire de Berrien, 14ème position sur la liste finistérienne du Front de Gauche

Paul Quémener, maire de Berrien, 14ème position sur la liste finistérienne du Front de Gauche

Martine Bescou, Plouhinec

Mariée, 2 enfants, cadre retraitée FPT, Plouhinicoise, ai vécu 60 ans en Seine Saint-Denis. 19 ans élue à Tremblay-en-France. Membre du PCF depuis 35 ans, anti-capitaliste, militante anti-raciste, défenseure des services publics, mobilisée pour la paix dans le monde et contre la mise à mal de notre planète.

Martine Bescou (15e position sur la liste du Front de Gauche) à gauche avec des camarades du Cap Sizun sur un marché

Martine Bescou (15e position sur la liste du Front de Gauche) à gauche avec des camarades du Cap Sizun sur un marché

Jean-Yves Leven, Loctudy: n°22 sur la liste

militant LGBT et membre du Parti de Gauche, 50 ans, cadre commercial

Jean-Yves Leven, Parti de Gauche, militant LGBT, Loctudy, 50 ans, cadre commercial

Jean-Yves Leven, Parti de Gauche, militant LGBT, Loctudy, 50 ans, cadre commercial

Anne-Marie Alayse, Brest: n°23 sur la liste

Jeune retraitée chercheuse à Ifremer, syndicaliste, membre du PCF

« J’ai travaillé pendant 40 ans à l’Ifremer sur la biochimie du zooplancton puis de la faune abyssale. J’ai participé à la vie sociale de l’institut en tant qu’administratrice élue au CA puis déléguée syndicale centrale. Je suis actuellement administratrice d’une caisse de retraite complémentaire et de la sommitale d’un groupe de protection sociale. »

Anne-Marie Alayse, PCF, Brest: 23e position sur la liste des Régionales dans le Finistère

Anne-Marie Alayse, PCF, Brest: 23e position sur la liste des Régionales dans le Finistère

Camille Larfaoui, Plouhinec

Enseignant, 55 ans, membre d'Ensemble

Camille Larfaoui, Plouhinec, 24e position sur la liste

Camille Larfaoui, Plouhinec, 24e position sur la liste

Camille Glidic Le Calvez: 25e position sur la liste. Employée dans la restauration à l'île de Batz

Camille Glidic Le Calvez: 25e position sur la liste. Employée dans la restauration à l'île de Batz

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 19:40
POUR UNE BRETAGNE SOCIALE ET ECOLOGIQUE
La campagne électorale pour les élections régionales est dans la dernière ligne droite.
Le Front de gauche vient de sortir un nouveau tract "4 pages" (voir la première page ci-dessus).
On peut télécharger ce tract grâce au lien ci-dessous.
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 12:02

Tests d’âge osseux : la procédure Rossignol légalisée

Les événements dramatiques du 13 novembre et leurs suites nous ont dissuadés de commenter immédiatement la décision de l’assemblée nationale d’autoriser l’utilisation des tests d’âge osseux sur les mineurs isolés étrangers. Le gouvernement n’avait pas eu cette décence. L’émotion soulevée par les attentats de Paris et St-Denis ne l’a pas empêché de faire adopter par l’assemblée nationale ce qui s’appelle désormais la procédure Rossignol :le détournement d’un examen médical pour réaliser des économies en jetant des enfants à la rue.

Des amendements présentés par des députés de tous les groupes de gauche, communistes, écologistes, radicaux et socialistes demandaient que soit interdit le recours aux tests d'âge osseux pour attribuer un âge civil aux mineurs isolés étrangers. Ces tests comportent en effet, selon toutes les autorités médicales, scientifiques et éthiques, une marge d’erreur de 18 mois à deux ans qui les rend incapables de déterminer avec un minimum de fiabilité l’âge d’un individu entre 16 et 20 ans. Chacun le sait, Madame Rossignol compris. Mais la volonté de faire des économies au détriment d’une population sans défense (de très jeunes gens puisque mineurs, sans famille et sans relations puisqu’isolés et étrangers de surcroit) et une façon sournoise de s’opposer aux immigrés font qu’on ne s’embarrasse pas de ces détails. Au prétexte d’encadrer ces tests, on les inscrit dans la loi. Les prétendues garanties introduites dans le texte n’en sont évidemment pas. Le fait que le mineur doive donner son accord pour que ces examens soient pratiqués est une amère plaisanterie : les refuser est systématiquement interprété comme un aveu de mensonge et entraîne la mise à la rue immédiate. La ministre le sait, la ministre s'en fout. Les tests osseux ne peuvent être ordonnés que par un magistrat… ce qui était déjà le cas !

Ils ne peuvent être utilisés qu’en dernier recours, soutient Madame Rossignol. C’est faux, chacun le sait, elle la première. Dans les faits, en dehors de la production de documents d’identité, les tests d’âge osseux sont souvent la première et la seule « preuve » de la majorité d’unjeune. Pour la ministre, quand on n’a pas de réponse adaptée à un problème, il suffit d’avoir recours à une solution qu’on sait fausse et malfaisante !

La solution existe pourtant : que les jeunes soient pris en charge quelques mois avec les moyens d’entrer en relation avec leur pays d’origine pour en faire venir les documents établissant leur identité.

La procédure Rossignol est donc pour le moment entrée dans la loi. Des centaines de gamins vont la subir et en payer très cher les effets : mis à la rue avec leur sac du jour au lendemain puisque déclarés majeurs sans aucun secours. L’Aide sociale à l’enfance les chasse comme majeurs mais le 115 et le SAMU social ne les prennent pas plus en charge car leurs documents d’identité les disent mineurs !

Pour autant, la bataille n’est pas finie. De nouvelles actions destinées à dénoncer la procédure Rossignol seront lancées dans les prochains jours.

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