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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 07:41

Message de la CGT Doux à  Emmanuel Macron.

 

Châteaulin, le 23 janvier 2015,


Monsieur le Ministre, vous venez de passer quelques instants dans un atelier de notre entreprise. Vous avez sans doute pu vous rendre compte de la raison pour laquelle les représentants du personnel sont fortement motivés par la question des conditions de travail, d’hygiène et de sécurité.

Vous y avez passé quelques instants, imaginez ce que c’est d’y passer toute une vie, à toute heure du jour et de la nuit, et malgré tout de tenir à cet emploi, dont la période récente que vient de vivre notre groupe a montré la précarité.

Nous ne vous disons pas cela pour vous arracher une larme, mais pour vous faire comprendre la nécessité de préserver des institutions qui ont mis du temps à s’imposer dans les entreprises, les CHSCT et une médecine du travail dotée de moyens de prévention et non pas seulement de mise à l’écart des travailleurs usés, avec un licenciement pour inaptitude à la clé (350 licenciements pour inaptitude tous les 4 ans d’exercice tous sites Doux confondus).

Nous espérons qu’après ce passage dans l’atelier, vous comprenez mieux ce que veut dire « pénibilité », et que l’accord a minima signé par les partenaires sociaux sur le « compte pénibilité » n’échoue pas sur la grogne du patronat : celle-ci ne doit pas vous impressionner.

Nous vous disons aussi cela pour que la BPI, banque publique, puisse jouer son rôle de financement d’investissements dans l’amélioration des conditions d’hygiène, de sécurité et de travail, même si ceux-ci n’ont pas une rentabilité financière immédiate : leur rentabilité sociale et humaine ne fait pas de doute.

La loi qui porte votre nom comporte, à nos yeux, des menaces sérieuses sur les instances représentatives du personnel, qui seraient un obstacle à la compétitivité des entreprises et au final un frein à l’emploi.

Nous qui revenons de loin, après la mise en redressement judiciaire des sociétés de notre groupe, nous pouvons vous assurer que le dialogue social ne peut exister que dans le respect des IRP et de leur prérogatives, d’information, de consultation et de représentation des intérêts des salariés.

Nous avons connu un avant où le dialogue social était un vain mot, et un après où nous pouvons vous assurer que, même si on n’est pas toujours d’accord, ce n’est pas, loin de là, un obstacle au redressement de l’entreprise, alors que le contexte économique a complètement changé, avec la disparition des aides européennes. La qualité des produits et la productivité dépendent aussi de la qualité de vie au travail et de l’ambiance dans les ateliers et services.

Mais le dialogue social ne doit pas dépendre que du bon vouloir des employeurs, il doit avoir un cadre légal, qui existe et qu’il serait mal venu de voir remis en cause par un gouvernement issu pour une grande part du vote des salariés.

Nous voulons aussi évoquer rapidement l’importance de la formation tout au long de la vie. Celle-ci a été pratiquement absente de notre Groupe et ce sont nos camarades licenciés en 2012 et 2013 qui en ont subi les conséquences. Et cette absence de formation, qui pénalise la recherche d’un nouvel emploi, n’a pas concerné que les ouvrières et ouvriers sur chaîne ; nous avons l’exemple d’un comptable de 56 ans, qui n’a connu que les méthodes du Groupe, qui est considéré comme inapte à retrouver un emploi dans sa profession et à qui l’on propose d’aller cueillir des tomates sous serre. Ce n’est pas que nous considérons cet emploi comme dégradant, mais nous nous indignons de ce gaspillage de compétences qui trouve son origine dans la négligence passée, dont nous ne voulons plus.

Enfin, nous voulons attirer votre attention sur le fait que la poursuite de l’activité de notre Groupe a été possible grâce à des investisseurs financiers, dont nous savons qu’ils ne sont pas là pour rester : lorsque l’heure sera venu de leur désengagement, nous espérons que les pouvoirs publics, conscients de l’importance de notre entreprise pour l’emploi en Bretagne, pour l’ensemble de la filière volaille et pour les exportations de la France, sauront veiller à trouver une solution durable avec un projet industriel d’avenir. Là encore une institution comme la BPI doit pouvoir être mobilisée pour éviter que les entreprises ne soient l’objet de spéculations permanentes et hasardeuses.                                          

 

Pour la CGT DOUX

Raymond GOUIFFES

Délégué syndical central CGT

 

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