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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 06:49

Laurent Mouloud

L'Humanité - Jeudi, 24 Décembre, 2015

2014. Neuf millions de Français vivent désormais avec moins de 964 euros par mois, sur fond d’accroissement des inégalités.

Cela restera l’un des échecs cuisants de ce quinquennat. Depuis 2012, le gouvernement a largement échoué à faire reculer la pauvreté en France. Les dernières statistiques de l’Insee, publiées hier, sont malheureusement sans surprise : en 2014, 14,2 % des 28 millions de ménages, familles monoparentales en tête, ont vécu sous le seuil de pauvreté (1), fixé à 964 euros par mois. Ce chiffre, en hausse par rapport à l’année dernière, résonne comme un triste bilan pour l’exécutif, dont les mesures engagées depuis trois ans et demi semblent n’avoir eu, pour l’instant, que très peu d’effet.

L’Insee tente d’être moins sévère. L’Institut rappelle que les années 2012 et 2013 ont été marquées par une légère « baisse » de ce taux de pauvreté, après le pic de l’année 2011 (voir infographie). Mais ce recul, comme nous l’avons déjà écrit, est à prendre avec des pincettes et ne saurait être mis au crédit du gouvernement. Au contraire. Il n’a été que la conséquence mécanique de la baisse du niveau de vie médian des Français à partir duquel le seuil de pauvreté est calculé. En clair : des personnes pauvres en 2011 ne l’étaient plus en 2012 alors qu’elles avaient le même revenu…

Une forte progression à partir de 2008

Ces derniers chiffres de l’Insee, encore provisoires (l’estimation définitive du taux de pauvreté 2014 sera publiée en septembre 2016), confirment, en tout cas, la tendance lourde de ces dernières années. « La pauvreté a fortement progressé à partir de 2008, avec l’accentuation des difficultés économiques liées à la crise financière », rappelle l’Observatoire des inégalités. Entre 2008 et 2012, quelque 800 000 personnes sont ainsi venues grossir les rangs des ménages pauvres. Qui regroupent aujourd’hui près de 9 millions d’individus.

Sur la pauvreté, Hollande déchoit beaucoup

Lors de la publication, en septembre dernier, de son baromètre annuel, le Secours populaire français (SPF) alertait déjà sur cet « enracinement » de la pauvreté. « La crainte de basculer un jour dans la précarité et de voir ses enfants connaître le même sort touche une part de plus en plus large de la population », soulignait notamment l’association. Révélant, au passage, que les deux tiers des Français (66 %) affirmaient avoir un proche dans la pauvreté et que 87 % estimaient que leurs enfants avaient un risque encore plus grand de connaître un jour cette situation.

Des riches toujours plus riches

Pour l’Insee, ces mauvais chiffres 2014 s’expliquent, avant tout, par la mauvaise conjoncture économique qui frappe en priorité les personnes les moins qualifiées et les emplois précaires. « La hausse prononcée du chômage entraîne une baisse de l’ensemble des salaires cumulés sur l’année pour ceux qui ont alterné période d’emploi et de chômage ou ceux qui travaillent à temps partiel », note ainsi l’Institut. Conséquence logique et inquiétante : le niveau de vie des 30 % des individus les moins aisés baisse davantage, en 2014, que celui du reste de la population, entraînant un accroissement des inégalités. À l’évidence, les mesures sociales et fiscales prises par le gouvernement en direction des plus modestes, notamment la réduction de l’impôt sur le revenu et la revalorisation de certaines prestations comme l’allocation de rentrée scolaire ou encore du RSA et du minimum vieillesse, sont loin d’avoir suffi à rééquilibrer ce décalage.

Sur la pauvreté, Hollande déchoit beaucoup

En la matière, la volonté politique manque cruellement, alors même que la question de la répartition des richesses et des niveaux de revenus se pose de manière aiguë. « Les inégalités de salaires ont nettement diminué entre le milieu des années 1960 et le début des années 1980, fait remarquer l’Observatoire des inégalités. Mais si l’on regarde les années récentes et la situation des plus hauts salaires, la situation s’inverse. » Les 1 % des salariés les mieux rémunérés percevaient 5,5 % de la masse salariale en 1996, contre 6,9 % en 2008. Et il en va de même pour les inégalités de patrimoine : entre 2004 et 2010, les 10 % les plus fortunés ont vu leur patrimoine moyen augmenter de 400 000 euros tandis que celui des 10 % les moins riches progressait de… 114 euros !

(1) 60 % du revenu médian.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 08:00

Chômage: Pôle emploi publie ses chiffres au terme d'une année noire
http://www.ouest-france.fr/economie/emploi/chomage/chomage-pole-emploi-publie-ses-chiffres-au-terme-dune-annee-noire-3940428

L'austérité, le libéralisme et les cadeaux aux entreprises ne font pas une politique de lutte contre le chômage. Mais depuis 35 ans ce chômage est en grande partie entretenu par le système capitaliste en France et ses serviteurs parce qu'il est bien commode pour faire pression sur les salaires, faire en sorte que les salariés acceptent la flexibilité, la précarité, les dégradations des conditions de travail. Le chômage est en partie voulu pour restaurer les marges de profit du monde patronal. Il est inéluctable si on ne partage pas de nouveaux services socialisés financés publiquement (santé, aide à l'autonomie...) et si on ne partage pas le temps de travail et les richesses produites par l'accroissement de productivité dû aux innovations techniques, à la révolution informatique.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 07:17
Idleb, une ville du nord-ouest de la Syrie, a été la cible de bombardements, le 20 décembre 2015.REUTERS

Idleb, une ville du nord-ouest de la Syrie, a été la cible de bombardements, le 20 décembre 2015.REUTERS

Amnesty International pointe du doigt les frappes russes en Syrie. L'organisation a étudié six attaques perpétrées par l'aviation russe entre septembre et novembre qui auraient tué 200 civils. Geneviève Garrigos, la présidente d'Amnesty International France, demande une enquête et dénonce ce qui pourrait s'apparenter à des crimes de guerre.

Les bombardements effectués par la Russie en Syrie pourraient équivaloir à des crimes de guerre en raison du nombre de civils tués dans les frappes russes, estime mercredi 23 décembre Amnesty International.

« Nous avons constaté à la fois que des lieux d’habitation, voire des marchés, ainsi que des mosquées, avaient été pris pour cible » explique Geneviève Garrigos, la présidente d’Amnesty International.

La Russie a entamé le 30 septembre une campagne de bombardements aériens en Syrie, en disant vouloir aider le principal allié du Kremlin au Moyen-Orient, le président Bachar el-Assad, à battre le groupe jihadiste Etat islamique et d'autres organisations extrémistes. Selon Amnesty, dont les accusations font écho à celles de certains observateurs syriens, les bombardements aériens russes ont tué au moins 200 civils et une dizaine de djihadistes de septembre à novembre.

Ce rapport, dont les conclusions sont tirées de l'étude de six attaques qui ont visé Homs, Idleb et Alep, s'appuie sur des témoignages et des récits de survivants, ainsi que sur des documents vidéo et des photos montrant les conséquences des attaques.

« Dans certains cas, il y avait à proximité des objectifs militaires, explique Geneviève Garrigos.Mais dans les cas visés dans l’étude, les attaques semblaient complètement disproportionnées par rapport à l’objectif atteint et au nombre de pertes. Parmi les armes qui auraient été utilisées, il y aurait des bombes incendiaires, des bombes à sous-munitions, et surtout des missiles non guidés, c’est-à-dire qu’ils sont « non discriminants ». De ce fait, ils ne permettent pas, justement, des attaques ciblées qui épargnent la population ».

« Au regard de ces éléments, certaines attaques pourraient être qualifiées de crimes de guerre, affirme la présidente d’ Amnesty International. C’est pourquoi nous demandons aujourd’hui de toute urgence une enquête, par rapport à l’ensemble des frappes qui ont causé des pertes civiles importantes ».

Moscou a démenti vigoureusement à plusieurs reprises avoir atteint des civils, disant veiller soigneusement à éviter de bombarder les zones d'habitation.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:31
Un attentat contre la République (Patrick Le Hyaric)

Par Patrick le Hyaric, directeur de l’Humanité : "En s’attaquant au droit du sol et à la nationalité, le pouvoir exécutif vient de basculer dans le déshonneur. "

C’est tout l’inverse du programme présenté aux Français par le candidat François Hollande.

Aux choix sécuritaires extrêmement inquiétants pour les libertés individuelles et collectives symbolisés par l’inscription de l’état d’urgence dans la Constitution s’ajoute donc l’infamie d’une mesure racialiste et identitaire qui balafre le visage de la République laïque et universelle.

En inscrivant dans la Constitution la possibilité de déchoir de leur nationalité les binationaux, le président et son premier ministre viennent de créer deux catégories de citoyens. Au-delà du caractère ridiculement inefficace de la mesure pour lutter contre le terrorisme, le symbole envoyé effraie.

Qui peut croire qu’un terroriste puisse craindre d’être déchu de la nationalité française ? C’est avoir peu confiance en notre République, sa police et sa justice que d’envoyer dans un pays tiers un terroriste ou présumé tel au lieu de l’incarcérer dans notre pays.

Le gouvernement a donc décidé de placer les idées et propositions de la droite extrême et de l’extrême droite au cœur du débat public et de leur donner corps dans les principes constitutionnels. Ils accélèrent ainsi leur ascension à quelques encablures des élections législatives et présidentielle. Il s’agit soit d’une minable manœuvre politicienne sur le dos des principes républicains pour conserver le pouvoir, soit d’un choix idéologique profond.

La situation est très inquiétante. La République, ses principes, ses valeurs, ne sont aujourd’hui plus défendus. François Hollande adresse une gifle à toutes celles et ceux qui l’ont porté à la tête de l’État. Nous pensons à cette France diverse et colorée aujourd’hui pointée du doigt par un gouvernement qui se dit de gauche.

Nous devons et devrons redoubler de solidarité avec les millions de Français ainsi stigmatisés en raison de leurs origines. C’est à la résistance morale et politique qu’il va désormais falloir s’atteler pour préserver la République des démons identitaires qui la consument à grand feu.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:28
Un manifestant pacifique, interpellé à Paris place de la république, lors de la manifestation organisée à la veille de l’ouverture de la COP21, le 29 novembre, mais interdite par le gouvernement socialiste. Photo : Romain Beurrier/REA

Un manifestant pacifique, interpellé à Paris place de la république, lors de la manifestation organisée à la veille de l’ouverture de la COP21, le 29 novembre, mais interdite par le gouvernement socialiste. Photo : Romain Beurrier/REA

L’exécutif voudrait inscrire l’état d’urgence dans la loi fondamentale, pour le «sécuriser». Ce serait surtout la confirmation d’un glissement sécuritaire durable extrêmement inquiétant pour les libertés publiques et individuelles.

Combien de temps dure l’urgence ? Si par essence elle est ponctuelle, le gouvernement semble plutôt être parti pour rendre l’état d’urgence durable, voire sans limite. Aujourd’hui, en Conseil des ministres, doit être présenté le projet définitif de révision constitutionnelle visant à inscrire l’exception au cœur de la loi fondamentale.

Le déclenchement de l’état d’urgence le 13 novembre pour douze jours avait été décrété sans réellement susciter de protestations. Sa prorogation pour trois mois avait été aussi adoptée dans les jours suivants dans un relatif consensus, l’opposition ayant notamment largement participé à la rédaction du texte. Il en va très différemment pour sa constitutionnalisation. Dès le vote sur la prorogation, le 19 novembre, des députés alors favorables au texte avaient exprimé leur opposition à aller plus loin, comme André Chassaigne, président du groupe de la Gauche démocratique et républicaine (GDR) : « L’acceptation du texte que nous discutons aujourd’hui ne signifie pas notre acceptation de la révision constitutionnelle annoncée », avait-il déclaré. « L’état d’urgence doit rester un moment exceptionnel. Nous ne sommes pas pour son inscription dans la Constitution », avait confirmé le sénateur Pierre Laurent, secrétaire national du PCF.

Qu’est-ce que cette constitutionnalisation ? À quoi sert-elle ? Selon ses défenseurs, elle permettrait de cadrer l’état d’urgence, de protéger de ses possibles dérives. En réalité, elle protège surtout l’état d’urgence lui-même, comme l’expliquait au Figaro Didier Maus, ancien conseiller d’État et président émérite de l’Association internationale de droit constitutionnel : « Quand on fait une loi sécuritaire, qui limite les libertés, on prend un risque d’aller contre la Constitution, d’être retoqué par le Conseil constitutionnel. (…) François Hollande veut donc rendre constitutionnel l’état d’urgence. » Dans une tribune publiée lundi par le Monde, une bonne quarantaine de juristes universitaires alertaient sur le fait que « l’exercice, s’il affiche l’intention du gouvernement de préserver l’état de droit, ne permet aucunement de le garantir mais, bien au contraire, d’y déroger sans imposer aucune nouvelle limitation au pouvoir exécutif ».

Une grande nouveauté qui inquiète les spécialistes...

Cette question de la constitutionnalité de l’état d’urgence se pose dans un contexte particulier : saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) par l’un des sept militants écologistes assignés à résidence pendant la COP21, le Conseil constitutionnel a confirmé, hier, la régularité de ces mesures. Même si les sages avaient finalement déclaré les assignations à résidence inconstitutionnelles, cela aurait, selon Me Patrice Spinosi, avocat de la Ligue des droits de l’homme, permis de faire valoir que « la loi a été trop loin et qu’il ne faut pas changer la Constitution pour faire rentrer de force des mesures contraires à des principes essentiels ».

Dans le détail, le préprojet de révision constitutionnelle ne diffère pas très largement de la loi de 1955 régissant l’état d’urgence modifiée par les parlementaires en même temps qu’ils le prorogeaient. Il comporte cependant une grande nouveauté qui inquiète les spécialistes : la possibilité offerte à l’exécutif de prolonger les mesures de l’état d’urgence (y compris les assignations à résidence) « pendant une durée maximale de six mois » après le retour officiel à l’état de droit « commun ». Autrement dit, après l’état d’urgence, c’est toujours l’état d’urgence. Le collectif de juristes signataires de la tribune du Monde s’en indigne : « Le texte institue une période pour le moins étrange pendant laquelle les autorités administratives pourront décider de faire survivre les mesures prises pendant l’état d’urgence et, sur habilitation législative, adopter de nouvelles mesures générales (interdiction de réunions, fermeture de lieux publics…) si “demeure un risque d’acte de terrorisme”. En somme, à la seule condition que la menace terroriste perdure, l’état d’urgence perdurera… Qui ne devine que c’est à un état d’urgence permanent qu’on nous destine ? »

Dans l’avis demandé par le gouvernement, le Conseil d’État s’est néanmoins montré très réservé sur cette possibilité, appelant à privilégier la prolongation en bonne et due forme (par la loi votée par les parlementaires) de l’état d’urgence, ou l’inscription dans la loi simple des mesures que le gouvernement entendrait pérenniser. Le Conseil d’État s’est cependant montré beaucoup plus conciliant avec la proposition de déchéance de nationalité pour tous les binationaux figurant dans le projet soumis par le gouvernement, en estimant que la mesure ne portait pas atteinte au principe d’égalité. Une délibération qui a mis l’exécutif dans l’embarras, puisque cette mesure, à l’origine proposée par l’extrême droite, avait été introduite dans le projet de révision constitutionnelle afin de donner des gages à la droite et dans l’espoir d’un avis défavorable du Palais-Royal qui lui permettait de s’en laver les mains. L’abandon de la mesure a finalement été annoncé hier par la garde des Sceaux, Christiane Taubira, mais dans l’intervalle, c’est à un petit débat surréaliste que nous avons pu assister au sein de la majorité gouvernementale, notamment avec la proposition de Bruno Le Roux (portée aussi par l’avocat Jean-Pierre Mignard, intime du président de la République) de substituer à la déchéance de nationalité « l’indignité nationale ». Rappelons que cette peine est censée s’appliquer à des individus condamnés pour terrorisme, dont le but est justement de déstabiliser la nation. La droite, particulièrement son aile dure, s’en est naturellement donnée à cœur joie : « Encore une fois, Hollande prend un engagement pour le renier quelques semaines plus tard », a ainsi dénoncé le président du groupe « Les Républicains » (LR) au Sénat, Bruno Retailleau, quand Roger Karoutchi regrettait « l’enclenchement de la marche arrière générale ».

Pour être adoptée, la révision constitutionnelle présentée par le gouvernement devra obtenir les voix favorables de trois cinquièmes des parlementaires – députés et sénateurs – réunis en Congrès. Une barre qui n’est pas encore acquise pour l’exécutif.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:25

L’éditorial de Patrick Apel Muller : "En constitutionnalisant l’état d’urgence, le tandem gouvernant signe sa reddition devant l’idéologie sécuritaire et une défaite pour la démocratie. "

François Hollande n’a pas résisté à l’appel du vide. En choisissant d’inscrire la déchéance de la nationalité pour les binationaux au cœur de la Constitution, le président a renié deux siècles de combats de la gauche pour une nation fondée sur l’égalité républicaine. Derrière ce qui semble au premier regard une vengeance dérisoire et inefficace face à des crimes monstrueux, s’installe la mise en cause du droit du sol, l’instauration de citoyens de seconde zone, de Français en sursis. La dernière fois que ce fut tenté en France, ce fut par Pétain dont le régime procéda à 15 000 dénaturalisations et 500 déchéances de nationalité, tandis que 110 000 juifs d’Algérie étaient réduits de l’état de citoyens à celui de sujets. Le précédent dit assez la nuisance du ver introduit dans le fruit.

En lui cédant tout, le pouvoir a gagné… le soutien de la droite et le contentement du FN, qui voit ses thèses validées au plus haut niveau et qui juge que François Hollande a choisi « Marine plutôt que Christiane ». Pauvre Mme Taubira, passée du statut de conscience de la gauche à celui d’avaleuse de serpents. Toutes convictions ravalées, elle sera d’ailleurs sur le plateau du Parlement pour défendre un texte gouvernemental qui flatte les réactions les plus bornées, en assistante de Manuel Valls. Grandeur et misère.

En constitutionnalisant l’état d’urgence, le tandem gouvernant signe sa reddition devant l’idéologie sécuritaire et une défaite pour la démocratie. Ce n’est plus dans la politique et l’État de droit que la République puise les forces de résister au fanatisme assassin, mais dans leur abandon ou le recours aux seuls pouvoirs de police. C’est la France qui est ainsi affaiblie, la nation qui est fracturée, son message universel flétri. Le choix de l’indignité.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 06:23

Alors que l'abandon de l'extension de la déchéance de nationalité avait été annoncé, en début de semaine, par Christiane Taubira, François Hollande a maintenu cette mesure dans le texte de la réforme constitutionnelle. La garde des sceaux a acté cette décision par ces mots "le président a la parole dernière"... A moins que ce ne soit le parlement ?

La possibilité de déchoir de leur nationalité française des binationaux nés Français, lors qu'ils ont été condamnés définitivement pour terrorisme figure finalement dans le texte du projet de loi constitutionnel. L'information est donnée par plusieurs medias citant des sources au sein de l'exécutif, tandis que le gouvernement présente son "projet de loi constitutionnelle de protection de la nation".

"Le président et le Premier ministre étaient fermement décidés à tenir bon par rapport à l’engagement fixé dans son discours au Congrès", a indiqué l'Elysée au Monde pour expliquer le choix du président.

La ministre de la Justice Christiane Taubira avait indiqué, mardi, que le projet de révision constitutionnelle "ne retient pas" la déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour acte de terrorisme, cette dernière vient de s'esprimer sur France 2, affirmant que la gravité de la situation justifiait la décision du président de la république et qu'il avait en toute état de cause, "la parole dernière" (ie, le dernier mot !)

La garde des sceaux et moi même défendrons ensemble ce texte devant le parlement, a affirmé Manuel Valls.

Le gouvernement doit aussi présenter, mercredi, son "projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et son financement, l'efficacité et les garanties de la procédure pénale". Devrait notamment y figurer l'autorisation des perquisitions de nuit dans certaines circonstances.

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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 05:34
Liesse populaire dans les rues de Madrid, dimanche soir, après le score historique obtenu par le jeune mouvement Podemos, dirigé par Pablo Iglesias, qui dorénavant compte dans le paysage politique espagnol. Photo : Pedro Armestre/AFP

Liesse populaire dans les rues de Madrid, dimanche soir, après le score historique obtenu par le jeune mouvement Podemos, dirigé par Pablo Iglesias, qui dorénavant compte dans le paysage politique espagnol. Photo : Pedro Armestre/AFP

CATHY CEÏBE - MARDI, 22 DÉCEMBRE, 2015 - L'HUMANITÉ

Le bipartisme est à bout de souffle, comme en témoignent les scores obtenus par Podemos et Ciudadanos, qui deviennent respectivement les troisième et quatrième forces nationales. La droite comme les socialistes ne sont pas en mesure de gouverner seuls, ouvrant ainsi le chapitre d’intenses négociations.

Madrid (Espagne), envoyée spéciale.

«Oui, oui, c’est possible ! » Vers minuit, dimanche, une foule de plusieurs milliers de personnes a scandé l’un des célèbres slogans du mouvement citoyen des Indignés de 2011 et de résistance à l’austérité, et acclamé les dirigeants de Podemos réunis sur le parvis du musée Reina Sofia, à Madrid. La jeune formation de Pablo Iglesias a connu une ascension fulgurante, moins de deux ans après sa fondation, au point de venir bousculer le paysage politique espagnol.

Podemos est l’un des phénomènes des élections générales qui se déroulaient dimanche, à l’image du score obtenu par Ciudadanos (C’s –droite conservatrice), désormais quatrième force politique alors que cette formation régionale n’existait qu’en Catalogne il y a encore quatre ans. « Nous sommes la première force en Catalogne, au Pays basque. Nous sommes la seconde force à Madrid, en Galice, aux Canaries, aux Baléares (…). Nous sommes parvenus à mettre un terme à la politique d’alternance, à ouvrir une nouvelle ère (…). Nous avons dit que nous ne faisions pas une campagne électorale mais que nous construisions une patrie pour gagner la prochaine décennie (…). Ce soir, l’Espagne est autre, et elle le sera demain. C’est un acquis. Il y a un futur pour notre patrie, populaire, plurinationale », s’est exclamé depuis la tribune Iñigo Errejon, le numéro deux de Podemos.

La mutation politique bat son plein. Au terme des élections générales de dimanche, les 73 % d’électeurs ont profondément transformé le Parlement espagnol. Les résultats démontrent, après les scrutins municipaux et régionaux de mai dernier, que le bipartisme est à bout de souffle. Si le Parti populaire (PP-droite) au pouvoir reste la première force du pays avec 28,72 % des suffrages et 123 députés, il essuie un vote sanction des plus sévères puisqu’il perd la majorité absolue, établie à 176 sièges, et près de 3,5 millions de voix. Il avait en effet totalisé 44,62 % des suffrages, soit 186 députés, en 2011. Ses politiques d’austérité, de « recortes » (coupes budgétaires) dans les dépenses publiques – singulièrement dans les secteurs de la santé et de l’éducation – ou encore les scandales de corruption qui éclaboussent les dirigeants de cette formation sont autant de facteurs qui expliquent sa nette dégringolade. Hier encore, cette punition électorale aurait bénéficié au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), selon la règle de l’alternance, quasi institutionnalisée depuis la fin du franquisme en raison d’une législation électorale injuste. Mais là encore, l’échiquier a été modifié. La formation emmenée par Pedro Sanchez est certes arrivée en deuxième position, avec 22 % de voix. Mais les socialistes perdent 1,4 million d’électeurs et vingt parlementaires (90 contre 110 en 2011). De ce fait, les deux grands partis qui ont structuré la vie parlementaire se retrouvent en minorité, à la merci des autres formations, sur lesquelles il faudra désormais compter. Podemos, qui s’est présenté pour la première fois à des élections lors des européennes de juin 2014, fait une entrée fracassante aux Cortes, le Congrès des députés. Il a totalisé pas moins de 5,18 millions de voix et 69 députés. Ce score vient confirmer la capacité de ce parti à capter le mécontentement d’une société lessivée au terme de quatre ans de crise économique qui a ruiné des millions de familles. On reconnaît à ses dirigeants le flair d’avoir senti le moment de basculement historique dans lequel se trouve l’Espagne. Leur discours en faveur du « changement » a trouvé un écho dans l’électorat de gauche mais également du centre et auprès d’une classe moyenne frustrée, qui ne l’a jamais vraiment été en raison même de la crise. Ce résultat est également à mettre au compte des listes de confluence, dont Podemos ne peut seul revendiquer la paternité puisqu’il englobe les scores enregistrés avec les nationalistes de Compromis dans la région de Valence (9 députés), avec En Marea en Galice, qui comprend des nationalistes, la variante galicienne d’Izquierda Unida (IU-gauche unie), et des indépendants (six parlementaires). En Catalogne, la coalition, qui a raflé 12 sièges, compte, outre Podemos, les partis écologistes Equo et ICV, l’IU catalane, ainsi qu’une majorité de représentants de la plate forme unitaire d’Ada Colau, la maire de Barcelone. Durant la campagne, ces trois listes régionales ont plaidé pour la création de groupes parlementaires propres. Quoi qu’il advienne, Podemos détient l’une des clés de la future majorité gouvernementale. Tout comme Ciudadanos, une nouvelle formation néoconservatrice et ultralibérale. Son leader, Albert Rivera, a annoncé que ses 40 parlementaires ne s’opposeraient pas à l’investiture du premier ministre sortant, Mariano Rajoy, sans toutefois voter en sa faveur de crainte d’entamer son influence grandissante en s’adossant à un parti critiqué et en perte de vitesse. Pablo Iglesias a lui été beaucoup plus clair, en déclarant que « Podemos ne permettra pas (la formation) d’un gouvernement du Parti populaire, ni avec des votes en faveur ni avec l’abstention ». Il a également mis en garde le chef de file des socialistes : « Il semblerait que ces messieurs n’ont pas compris que l’Espagne est un pays divers et pluriel », a-t-il rappelé. Dès dimanche, le secrétaire général de Podemos a réfuté toute idée de pacte, et conditionné son vote à un changement de Constitution afin de blinder les droits sociaux des citoyens mais également d’ouvrir la voie à des référendums d’autodétermination comme en Catalogne, aujourd’hui interdits par la loi fondamentale. Un point sur lequel le PSOE a peu de chances de donner son feu vert.

Tous les scénarios sont possibles pour une possible coalition

Comme jamais donc, tous les scénarios sont possibles même si l’idée d’une grande coalition PP-PSOE n’est envisagée par personne, du moins à l’heure où ces lignes sont écrites. D’aucuns aimeraient se passer de l’influence des deux nouveaux partis mais cela est impossible au vu du reste de la composition du Parlement. Les forces nationalistes du Pays basque et de la Catalogne, qui ont respectivement obtenu un total de 8 et 17 députés, ne sont bien évidemment pas insensibles à la posture référendaire de Podemos. Quant à Izquierda Unida, avec ses deux députés – si l’on excepte les trois autres obtenus en Catalogne et en Galice –, elle n’est pas en mesure de constituer un groupe parlementaire autonome à même de faire entendre son discours de « défense sociale », selon l’expression de son candidat Alberto Garzon, qui a, une nouvelle fois, regretté l’impossible unité avec Podemos et critiqué la loi électorale à géométrie territoriale variable qui l’a contraint à rassembler 461 000 voix pour élire un parlementaire, contre 58 600 pour le Parti populaire. Une page de la vie politique s’est bel et bien tournée. Et le nouveau chapitre qui s’ouvre promet d’être intense au point de ne pouvoir écarter l’idée d’élections anticipées faute d’un accord au sein des Cortes.

Un parlement un peu plus féminisé. Pour la première fois dans l’histoire politique espagnole, 140 femmes siégeront au Parlement à l’issue des élections législatives de dimanche dernier (contre 125 dans le Congrès sortant et 126 dans le précédent). Cependant, la parité pleine et entière est encore loin d’être atteinte avec 210 élus masculins au total. Toutes listes confondues, 2 263 candidats titulaires de sexe masculin (52 %) et 2 090 femmes (48 %) ont présenté leur candidature. Dans la nouvelle législature, 46 % des 90 sièges obtenus par le PSOE seront occupés par des femmes contre seulement 36,5 % des 123 fauteuils du Parti populaire.

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 07:54

Les scores électoraux enregistrés par notre liste aux élections régionales ne sont pas bons. Cela pose des questions politiques auxquelles il nous faudra répondre collectivement dans les semaines et mois à venir.

Cela pose immédiatement un vrai problème financier : n'ayant pas passé la barre des 5%, nous allons devoir payer toutes les dépenses de campagne (tracts, 4 pages, locations de salle...) mais également le matériel dit "officiel" (5 millions de bulletins de vote; 2,5 millions de circulaires électorales; affiches), sans pouvoir compter sur le remboursement d'Etat.

La campagne des Régionales du Front de Gauche nous coûte en tout 120 000€ environ (70 000€ de matériel officiel - 50 000€ de frais de campagne d'avant premier tour: on a été très raisonnables!).

Le PCF s'est engagé à financer au moins 50% de cette campagne, Ensemble au moins 25% de cette campagne, le Parti de Gauche sur le plan national ne veut pas financer les campagnes des Régionales quand il n'a pas la tête de liste régionale (et il n'en avait aucune) mais ses militants et candidats bretons et finistériens peuvent contribuer aussi à titre individuel et par solidarité politique, comme les membres des collectifs citoyens du Front de Gauche, les électeurs et sympathisants.

Comme comme ils n'ont pas de trésor cachés ni de mécènes fortunés, c'est en grande partie avec les dons des militants et sympathisants que le Front de Gauche et les partis du Front de Gauche pourront faire face aux dépenses de campagne.

Le Front de Gauche ne peut compter que sur les financements qui proviennent de ses militant-e-s et sympathisant-e-s. C'est pourquoi nous sollicitons votre soutien financier. Vous pouvez participer à la souscription en adressant votre chèque

- soit libellé au nom de "Gérard Perron, mandataire financier de Xavier Compain", 10 rue Roger Martin du Gard, 56700 HENNEBONT

Ces chèques libellés et envoyés directement au mandataire financier de Xavier Compain, Gérard Perron, sont à envoyer avant le 15 janvier.

- soit par chèque libellé à l'ordre de l'ADF PCF 29 (association de financement du Parti Communiste) , à envoyer à l'adresse suivante:

Fédération du Parti Communiste du Finistère- 5, rue Henri Moreau - 29 200 BREST.

L'envoi si possible doit se faire aussi avant le 15 janvier.

La fédération PCF du Finistère et ses militants devront s'acquitter en tout de 18 000 à 22 500€ (en fonction de l'apport des autres composantes, en dehors de celui d'Ensemble, déjà garanti) pour cette campagne régionale du Front de Gauche, ce pourquoi les sympathisants, les membres des collectifs du Front de Gauche, les candidats peuvent aussi la soutenir dans cet effort.

Pour l'instant, les militants du PCF sur le Finistère ont réuni par leur dons individuels plus de 5000€.

Ensemble a récolté 8000€ de dons sur le plan régional.

Le Parti de Gauche a récolté 1000€ de dons sur le plan régional.

2160€ de dons sont arrivés directement à Gérard Perron, mandataire de Xavier Compain, depuis le Finistère.

Il est rappelé que les dons faits soit au mandataire soit aux associations de financement (par exemple: ADF PCF 29- 5 rue Henri Moreau 29200 Brest) donnent droit à une réduction de 66% des impôts sur le revenu.

Nous vous remercions chaleureusement par avance de votre générosité.

L'histoire du Front de Gauche en Bretagne ne s'arrête pas au 6 décembre, nous avons besoin de moyens pour continuer à faire de la politique et proposer une alternative au social-libéralisme du PS, à la droite et à l'extrême-droite en luttant contre les inégalités, les reculs démocratiques et sociaux, en proposant une voie de transformation économique, sociale et écologique pour mettre l'humain au cœur de tous les choix.


Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère.

Régionales: appel à souscription solidaire du Front de Gauche en Bretagne
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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 07:17
Section PCF pays de Morlaix: calendrier de rentrée après l'AG du mercredi 16 décembre 2015

Parti Communiste Français

Membre du Front de Gauche

Section de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcfmorlaix@wanadoo.fr

Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/

Bonjour à tous

Notre Assemblée Générale du mercredi 16 décembre a réuni 18 camarades. Ce fut donc une AG avec une bonne participation, des débats très intéressants avec de nombreuses interventions (10 intervenants).

Cette année, il y a eu 9 nouvelles adhésions au PCF pays de Morlaix (pour 50 nouvelles adhésions au total sur le Finistère). Nous avons de quoi nous en réjouir.

Nous avons 75 adhérents à jour de cotisation et 8 adhérents des années précédentes non à jour.

Voici le calendrier du mois de janvier pour les adhérents et militants du PCF pays de Morlaix, incluant la réunion du Front de Gauche :

- Mardi 5 janvier : AG du Front de Gauche Morlaix à 18h30, salle Onésime Krébel dans l'ancien lycée de Kernéguès

- Vendredi 8 janvier (17 h 30) : AG de l’association des « Amis du Viaduc »

- Mercredi 13 janvier (18 h) : AG de la section PCF Morlaix

- Samedi 23 janvier (matin, 9h30-13h) : AG PCF 29 à Quimerc'h

- Vendredi 22 janvier (18 h) : réunion « fête du 1er mai 2016 », fête du PCF à Morlaix, place Allende.

Daniel Ravasio, secrétaire de section du PCF pays de Morlaix (anciens cantons de Morlaix, Taulé, Plouigneau- Plougonven)

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