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« Il y aura un avant et un après vendredi 13 novembre 2015. Ça a changé. On le sent depuis la reprise de la campagne », confie Xavier Compain, avant d'ouvrir la réunion publique organisée à Plérin (22), ce soir-là.
Thème : la culture. Mais, patience. Avant d'entrer dans le vif du sujet, le candidat et ses amis du Front de gauche souhaitent laisser la parole au public. « Comme hier à Dinan (22), on débute par un temps de parole sur les attentats, si les gens le souhaitent. Et c'est le cas car on ressent un réel besoin d'échanger sur ces cruels événements ». Au-delà de l'hommage aux victimes, l'occasion pour le Front de gauche d'affirmer son attachement à des solutions politiques et son « rejet d'une logique de guerre ». « Le lien avec la culture et l'éducation sont évidents. Ce sont des outils de lutte contre le terrorisme en tant que modes d'émancipation et d'ouverture d'esprit », souligne Xavier Compain, devant un auditoire sur la même longueur d'ondes.
« Quelqu'un de bien »
En revanche, le début de journée a été plus difficile. L'ambiance du marché de Binic (22) est au diapason d'un ciel plombé gris chagrin : « Moi, je suis pour le Front mais pas le même ! », lance, tout à trac, en refusant un tract, un monsieur à casquette, visiblement peu disposé à entamer la conversation. Pas de quoi émouvoir Marie-Anne, qui affiche un calme olympien derrière un joli sourire entendu. Revenue en retraite en Bretagne, en 2000, l'ancienne maire communiste de Corbeil-Essonnes - battue par Serge Dassault en 1995 - en a vu d'autres. La militante n'a rien perdu de ses convictions : « J'ai levé le pied mais je suis toujours là pour les coups de main pour les campagnes. C'est important d'aider les p'tits jeunes qui en veulent. Xavier, c'est quelqu'un de bien »
« Pas enjoué »
À deux pas, Xavier Compain s'active à nouer le contact et à entamer la discussion avec les chalands : « C'est plus difficile depuis vendredi. On rencontre moins de monde sur les marchés. L'atmosphère n'est pas enjouée, même ici, en Bretagne, ça pèse ». Mais la spontanéité du candidat redonne le sourire. Et de glisser un tract dans le sac d'une jeune femme : « Je vous le mets avec vos courses. Vous ferez le tri mais attention, c'est consommable frais ». Au fil de la matinée, les rencontres se font plus nombreuses. Tel cet électeur socialiste de longue date qui se sent « trahi et n'a plus confiance en François Hollande ». Ou ce monsieur à fort accent : « Vous êtes du sud ? » « Oui, mais j'habite ici et je m'occupe d'une école de rugby ».
Ah, le rugby ! « Un sport que j'ai pratiqué pour le goût du contact. En première ligne, j'étais servi », raconte Xavier Compain. Un sens de l'engagement qui le pousse à vouloir sortir de la mêlée et à marquer l'essai au soir du premier tour. Jusque-là, pas question de mollir mais d'intensifier la campagne avec, en point d'orgue, le meeting de la Fête de l'Huma Bretagne, ce week-end à Lanester (56). À la fois pour porter la parole d'une gauche « qui n'a pas abdiqué face à la finance et à la dictature du marché » et s'enrichir des rencontres (retraités d'EDF, salariés de la Sagem à Fougères (35) ou lycéens, vendredi dernier) pour adapter un programme évolutif.
« Regarder au-dessus de son talus »
Un programme en quinze actes : « On ne réinvente rien. Simplement du bon sens. On sait qu'une région ne peut tout faire et on ne dit pas que rien n'a été fait. Mais on peut effectuer des choix différents. Vaut-il mieux gagner dix minutes supplémentaires en train entre Paris et Brest ou construire les cinq lycées dont la Bretagne a besoin ? En tout cas, on souhaite contribuer à une Bretagne qui permette aux jeunes de travailler au pays, une Bretagne forte de sa culture et de ses langues mais ouverte sur le monde. Car il est plus que jamais indispensable de regarder au-dessus de son talus... ».
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« Je me reconnais dans la génération Nelson Mandela. J'étais jeune communiste. On n'a pas eu beaucoup de victoires à cette époque-là, mais, celle-là, on peut en être fier. Nous avons contribué à faire sortir Nelson Mandela de prison et il est devenu président d'une nation arc-en-ciel. Ça me parle car je retrouve cette démarche au Front de gauche ». Une gauche sociale et populaire que Xavier Compain revendique pleinement, nourri d'une culture familiale de l'engagement (des parents ouvriers-paysans) enrichi d'une forte expérience dans le syndicalisme agricole, dont deux mandats de président du Modef - le premier à 25 ans - qui le mèneront à la rencontre de paysans du Brésil, du Mali ou du Maroc. « Une fantastique ouverture sur le monde. On voit les choses autrement, après ». Pour bâtir sa liste et son programme, Xavier Compain n'a pas été chercher un « cabinet conseil de l'austérité » ni des professionnels de la politique : « En tête des listes, nous avons un salarié de chez Gad, un cheminot, un docker. Notre programme est destiné à des gens qui se lèvent tôt pour aller travailler, souvent pour peu d'argent et aux chômeurs... Il faut reconquérir la classe populaire, lui redonner sa place afin que la détresse ne la pousse pas à s'abandonner dans des votes populistes nationaux ou régionaux ».
Gauche pacifiste
Le Costarmoricain se revendique aussi d'une gauche pacifiste, qui conteste les orientations « guerrières du gouvernement : ce n'est pas en allant faire la guerre ni en vendant des armes qu'on résoudra le problème du terrorisme. Il faut assécher les sources de financement de Daesh. Mais, aussi plus fondamentalement, lutter contre l'accaparement des ressources par la finance et les multinationales. Car le problème de fond est bien une crise systémique du capitalisme qui génère misère et injustice. La solution est politique et passe par l'aide au développement et un partage des richesses ». Partage qui doit aussi être de règle dans « une Bretagne qui protège socialement », « via des services publics garantissant un accès à la santé en tout point du territoire, aux transports, à la formation et à la culture ». Un aménagement du territoire harmonieux cher à celui qui vit « entre terre et mer », se partageant entre Bulat-Pestivien (22) et sa maison de famille sur la côte du Goëlo. Et s'il admet que la Région ne peut assumer cet aménagement, faute de moyens, Xavier Compain considère qu'elle peut décrocher des aides et se battre pour obtenir des dotations de l'État et de Bruxelles, « notamment, en ce moment, pour pouvoir accueillir décemment des migrants qui fuient guerres et misère ».
24 mai 1966. Naissance au Mans (72). 1984. Adhésion au PCF. 1986. Adhésion à l'Unef (union nationale des étudiants de France). 1989. Adhésion au Modef (mouvement de défense des exploitants familiaux, devenu confédération syndicale agricole des exploitants familiaux), puis président de 2003 à 2009. 2009. Membre de l'exécutif du PCF, chargé de l'agriculture, de la pêche et de la forêt.
« Ce sont les TPE et PME qui créent de l'emploi. Ces petits patrons veulent gagner leur vie et, ceux-là, on a envie de les soutenir. Pas les grands groupes qui empochent les aides publiques puis licencient et délocalisent ». Le Front de gauche est partisan des aides publiques en matière économique, mais sous conditions. Égalité de salaire homme/femme, bonnes conditions de travail (« En Bretagne, il existe encore des entreprises dignes de Zola ») et approvisionnement breton, autant que possible... telles sont les exigences qui seraient associées à des aides délivrées par un Fonds régional de formation et de financement alimenté par des fonds publics, des banques mutualistes et de l'épargne populaire. Aides destinées également à un rééquilibrage des activités économiques sur le territoire et à des secteurs à développer, telles la construction navale ou l'automobile propre.
Les négociations de la COP 21 sont d'ors et déjà bien engagées. L'accord global et universel, pour être un succès, devrait comporter un volet réduction des émissions de gaz à effet de serre afin de ne pas dépasser les 2°C et un volet financier de 100 milliards de dollars destinés à l'aide pour l'adaptation des pays en développement et les plus vulnérables.
La présence, dès l'ouverture, de 150 chefs d’États et de gouvernements, a t-elle permis de franchir un cap décisif afin de maintenir une planète vivable et permettre un développement humain durable de l'humanité ? Une fois la photo symbolique prise, les déclarations se sont succédées avec plus de questions que de réponses. Plusieurs chefs d’États Africains ont appelé à la solidarité en demandant que les « pays pollueurs payent ». L'enjeu de la transparence des engagements a également été abordé. En effet, le caractère juridiquement contraignant de l'accord semble quasiment mort-né après la confirmation de Barak Obama pour les USA d'en refuser le principe. Or les promesses ne suffisent pas. On ne peut envisager sereinement l'avenir sans un contrôle sur les avancées réelles et sans sanctions envers les pays récalcitrants. La revendication portée par les peuples et les États latino-américains de la création d'un Tribunal international de justice environnementale sous l'égide de l'ONU mérite d'être sérieusement examinée. Comme l'est tout aussi cruciale la discussion nécessaire sur l'engagement financier des pays riches qui devront pourtant bien payer leur dette historique auprès des pays pauvres.
Au fond il s'agit de dire dans quelle civilisation nous voulons vivre : celle de la poursuite de l'accaparement de 50% des richesses patrimoniales par 1% de la population mondiale ou bien celle d'un développement responsable ouvrant la voie à l'émancipation humaine en réduisant les inégalités, tant sociales qu'environnementales, partout dans le monde. Pour nous, pas question de laisser les seuls chefs d’États décider. Les citoyens veulent être, avec la société civile, dans la rue mais aussi et surtout autour de la table car ce n'est pas à eux de payer les hérésies du système consumériste et productiviste du capitalisme.
Morlaix. 40 syndicalistes de la CGT devant la sous-préfecture
http://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-40-syndicalistes-de-la-cgt-devant-la-sous-prefecture-3884981
Morlaix-Roscoff. Coup de frein pour la ligne de train
http://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-roscoff-coup-de-frein-pour-la-ligne-de-train-3880781
Depuis plusieurs semaines, Eric Berroche et Gérard Lahellec font la campagne du premier tour des élections régionales avec les artisans de la ratification du Pacte Budgétaire Européen, du Pacte de responsabilité et du CICE, de la loi Macron, de la casse du code du travail, des services publics.
De nombreux militants, dont je suis évidemment, sont écœurés et en colère de voir d'anciens dirigeants communistes bretons faire campagne avec Jean-Yves Le Drian, le ministre de la guerre et de la diplomatie pro-business des ventes d'armes et servilités avec les monarchies réactionnaires du Golfe, ce candidat fantôme qui méprise tellement la démocratie qu'il refuse toute présence sur le terrain de la campagne des régionales, toute confrontation avec les autres candidats, et qu'il prévoit en cas de réélection de mettre à sa place provisoirement un illustre inconnu qu'on n'a pas le courage de présenter devant le suffrage universel, lequel évidemment ne serait qu'un intérimaire jusqu'en 2017 et la victoire annoncée de la droite et renverrait Monsieur Le Drian à son petit fauteuil de président de région.
C'est pathétique et triste pour nous de les voir complices des Jean-Jacques Urvoas, l'homme des lois sécurité liberticides, Richard Ferrand, le rapporteur de la loi Macron, Marylise Lebranchu, la ministre de la réforme libérale de la fonction publique et des collectivités territoriales, et tant d'autres dignitaires socialistes qui ont voté des deux mains les 40 milliards de cadeaux au patronat et les 50 milliards retirés aux collectivités, aux services publics et à la protection sociale, ces mêmes dirigeants qui criminalisent les salariés et syndicalistes en lutte pour la sauvegarde de leur emploi, qui sont en train d'accompagner l'offensive néo-conservatrice de Hollande et Valls.
Comment peut-on se dire communiste et faire cause commune dès le premier tour d'une élection avec ceux qui programment et accompagnent les politiques néo-libérales et inégalitaires préconisées par l'Union Européenne et les milieux financiers?
Comment peut-on ne pas vouloir laisser le choix aux électeurs de voter pour une vraie gauche de transformation sociale anti-libérale, proposant une autre répartition des richesses comme condition de la satisfaction universelle des besoins sociaux et de l'égalité d'accès aux droits?
Eric Berroche et Gérard Lahellec, comme Gaëlle Abily, qui soutient aussi la candidature de Jean-Yves Le Drian, sont depuis des années des partisans des idées symbolisées par les reniements de la période Robert Hue, à savoir que le Parti Communiste serait mort et inefficace comme force populaire de transformation sociale capable de faire changer la société, mais qu'il peut encore être utile comme force électorale locale capable d'infléchir la politique sociale-démocrate dans le sens des intérêts immédiats de la population, à condition de faire le jeu du réformisme, de l'opportunisme électoral et de l'union de la gauche, quels que soient les interlocuteurs en face, même s'ils privatisent et remettent en cause les acquis sociaux, accompagnent la libéralisation européenne...
Ces camarades pensent que toute stratégie d'indépendance et de construction révolutionnaire ou de rupture qui remettrait en cause les intérêts de la conservation des postes d'élus locaux affaiblit le Parti, programme son effacement, et ne sert en rien la population et la déclinaison pratique de nos idées sociales. Ils se disent communistes et "progressistes" pour montrer le trait d'union qui les unit à leurs petits camarades socialistes, dont tout à chacun peut percevoir l'étendue du "progressisme".
Ils sont les produits d'une certaine culture du Parti construite dans les années 80 avec l'union de la gauche et l'affaiblissement électoral et historique qui valorise à l'excès au détriment du combat social et de la lutte des classes le pragmatisme et la notabilité électorale, les postes d'élus, les egos des élus. En réalité, ils sont complètement insérés dans le système et n'ont plus rien de subversif pour leurs amis socialistes. Leurs exigences s'arrêtent à ce que leurs camarades socialistes sont prêts à accepter. Quelques déclamations verbales pour montrer leur originalité communiste et prêter corps à l'illusion d'une union de la gauche réellement plurielle, beaucoup de ronds-de-jambe, et de trop nombreux silences complices par rapport aux traductions régionales ou communales de la politique austéritaire et libérale promue par le Parti Socialiste.
Nous autres, les communistes attachés à la transformation globale de la société et à la lutte contre le capitalisme et ses serviteurs, nous sommes perçus par eux comme des chimériques ou des gauchistes, des gens qui se payent de mots, qui n'ont pas le sérieux et l'intelligence nécessaires pour gouverner avec les gens pragmatiques qui savent faire et tenir les comptes.
Malheureusement pour eux, la majorité des militants communistes restent des révolutionnaires, des passionnés de droiture, d'égalité, de souveraineté démocratique, de justice sociale.
Ces gens là tenaient les fédérations du Parti Communiste en Bretagne pendant des années jusqu'à 2011, gouvernant les Fédérations selon leurs intérêts et les principes de promotion d'une politique communiste définie de manière socialo-compatible, fédérations placées sous la direction d'un cabinet fantôme qu'ils contrôlaient. En 2010, ils avaient réussi à imposer dans des conditions peu démocratiques une association du Parti Communiste avec la liste de Le Drian, contre la stratégie nationale du Front de Gauche. Heureusement, la moitié des communistes bretons, surmontant les réflexes loyalistes et légitimistes qui n'avaient plus lieu d'être quand les dés étaient pipés d'avance et la stratégie nationale battue en brèche par un courant de pensée huiste, avait construit et suivi la liste du Front Breton de Gauche conduite par le maire communiste d'Hennebont, Gérard Perron. Cela a été la base de la construction du Front de Gauche en Bretagne.
En 2011, la Fédération du Morbihan faisait sa révolution et changeait ses dirigeants, Daniel Gilles et consorts (Marc Cozilis) quittant un Parti qui ne suivait plus docilement la ligne gauche plurielle et la fidélité à leurs intérêts de carrière.
En avril 2015, les militants communistes du Finistère ont changé leur direction départementale en particulier, mais pas seulement, parce qu'elle était par trop complaisante avec la politique d'alliance avec le PS promue par Eric Berroche, Gérard Lahellec, Gaëlle Abily.
En juin 2015, la Conférence Régionale du PCF avec ses 70 représentants bretons a donné un mandat clair à plus de 90% pour une liste anti-austérité, anti-libérale, avec le Front de Gauche, sur des bases de rupture avec les logiques d'accompagnement du système. 90% des militants communistes bretons ont appuyé cette stratégie.
Malgré cela, les élus régionaux sortants menés par Gérard Lahellec et Eric Berroche, qui n'ont pas participé au débat et au processus de construction régionale car ils savaient que leur point de vue étaient archi-minoritaire et voulaient pouvoir se victimiser alors qu'ils négociaient déjà sans aucun mandat avec Le Drian, ont contredit sans aucun complexe les orientations nationales, régionales et départementales de leur Parti pour défendre leurs intérêts de carrière et continuer à satisfaire leurs egos en mal de notabilité. Au passage, ils oublient que la politique pour un communiste ne doit pas être perçue comme une profession et un moyen d'élévation sociale.
Depuis, sans ramener beaucoup de voix communistes très certainement à la liste de Le Drian, ils participent d'une opération, coutumière à Jean-Yves Le Drian, visant à semer la confusion dans l'électorat et à servir de caution communiste et union de la gauche, à cette liste archi-dominée par les libéraux du PS. Et comme Gérard Lahellec et Eric Berroche sont reconnaissants pour la place éligible que leur offre Papa Le Drian, ils se mettent en quatre pour afficher leur soutien prétendument motivé, malgré les apparences, par la sincérité de leur engagement communiste. En témoignent ces prospectus qui manient avec indécence l'art du paradoxe et de la réconciliation des contraires où Lahellec et Berroche s'affichent en pleine page avec Le Drian et se proclament "candidats communistes et progressistes", base d'un futur groupe communiste et progressiste au Conseil Régional alors qu'ils ne représentent qu'eux-mêmes et leurs intérêts égoïstes.
Tout cela est bien triste mais secondaire, c'est un épiphénomène et un vestige embarassant d'une époque révolue : le fait important, c'est que 90% des communistes veulent d'une autre politique et d'un autre rôle pour le Parti Communiste que celui de satellite d'un PS qui poursuit sa dérive libérale conservatrice.
Ismaël Dupont