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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 06:17
Un hommage national sera rendu à Rennes le lundi 25 juillet à 15h30, place du Parlement de Bretagne, à Raymonde Tillon

Un hommage national à Raymonde Tillon sera rendu à Rennes le lundi 25 juillet , à 15h30, Place du Parlement de Bretagne .

Décès de Raymonde Tillon : « symbole de tout un pan de l'histoire populaire de notre pays » (Pierre Laurent)

C'est avec émotion que j'ai appris le décès de Raymonde Tillon. Résistante communiste, députée de Marseille, elle était l'une des premières femmes élues en 1945.

Épouse de Charles Nédélec dirigeant historique du Front populaire, elle vint s’établir avec lui à Marseille où elle participa aux diverses actions menées par le PCF. Résistante pendant la seconde guerre mondiale, elle fut déportée en 1944 de Sarrebrück, puis à celui de Ravensbrück dont elle s’évada avant l'arrivée des alliés.

Raymonde se fit élire députée de la 1ere circonscription des Bouches-du-Rhône, ce qui fit d'elle une des premières femmes élues à l'Assemblée nationale dès 1945.

En 1951, après avoir épousé Charles Tillon, elle le soutint dans l’épreuve, quand il fut accusé avec André Marty, d’activité fractionnelle. Son exclusion du parti en 1970 pour protestation contre l'intervention soviétique en Tchécoslovaquie, fut déclarée conne nulle et non avenue en 1997 par nos instances, quand le PCF décide de mettre un terme à cette pratique de l'exclusion politique.

Avec elle, disparaît la dernière survivante des 33 femmes élues à la première Assemblée Constituante de la 4e République. Raymonde Tillon symbolise tout un pan de l'histoire populaire de notre pays, mais aussi de l'histoire des droits des femmes, de la démocratie.

Au nom de mes camarades, je m'incline devant la mémoire de Raymonde Tillon, son parcours, son engagement militant.

Pierre Laurent

Elle soutient son mari Charles dans l'épreuve , quand il est exclu du PCF en 1970 pour "activité fractionnelle" avec André Marty . Cette exclusion sera déclarée "nulle et non avenue" par les instances nationales de son parti en 1997 .

En savoir plus avec le lien ci-dessous de l'article mis sur le "Chiffon Rouge" hier.

1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue "Bretagnes" n°8 : "Désenchaîner l'espérance"

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 06:11
Figen Yuksekdag, la co-présidente du HDP © Amélie Poinssot

Figen Yuksekdag, la co-présidente du HDP © Amélie Poinssot

En Turquie, la gauche pro-kurde dénonce un «coup d'Etat civil»

24 JUILLET 2016 | PAR AMÉLIE POINSSOT

Dans une Turquie de plus en plus autoritaire, où le conflit qui oppose l'Etat à la rébellion kurde a repris l'année dernière, le parti de gauche pro-kurde HDP tente de faire entendre sa voix. Entretien avec Figen Yuksekdag, la co-présidente du parti.

Ankara (Turquie), envoyée spéciale.- Après le putsch manqué du vendredi 15 juillet, le gouvernement turc s'est lancé dans une « chasse aux sorcières » au sein de l'appareil d’État et de la fonction publique. Visant le réseau de Fethullah Gülen, prédicateur installé aux Etats-Unis présumé à l'origine de cette tentative de coup d'Etat, la purge s'étend de jour en jour. Mercredi 20 juillet, l'état d'urgence a été instauré. Depuis, les mesures de rétorsion s'accumulent. Dernière en date: les fonctionnaires sont désormais soumis à une demande d'autorisation spéciale pour pouvoir voyager à l'étranger.

Parti de l'opposition, le HDP (Parti Démocratique des peuples) est une formation de gauche radicale pro-kurde. Entré pour la première fois au parlement en 2015 (13 % des voix en juin 2015 ; 10,8 % des voix aux nouvelles élections de novembre 2015), à peine trois ans après sa création, il s'oppose frontalement à la politique de l'AKP (Parti de la Justice et du développement), formation islamo-conservatrice au pouvoir. S'il a condamné officiellement la tentative de putsch, avec les autres partis de l'opposition, ses 59 députés n'ont pas voté l'état d'urgence et ses membres se montrent très critiques et et inquiets face aux décisions du président, Recep Tayyip Erdogan.

Nous rencontrons sa co-présidente, Figen Yuksekdag, au siège du parti à Ankara. L'occasion, pour ce premier entretien que la dirigeante accorde à la presse française, de revenir sur les derniers développements en Turquie, mais aussi sur l'histoire et le positionnement du HDP, un parti qui prône la « démocratie radicale » et milite pour une résolution politique de la question kurde. L'occasion, aussi, de parler du contexte régional et de la guerre en Syrie, une donnée omniprésente et incontournable pour comprendre la politique turque.

Mediapart : Que pensez-vous vous des purges lancées par le gouvernement AKP depuis le week-end dernier ?

Figen Yuksekdag : Cette série de purges ne se limite pas à une lutte contre les initiateurs de ce putsch manqué. C'est une opération de nettoyage, une épuration des institutions étatiques de tous ceux qui ne sont pas directement sous le contrôle d’Erdogan. Les chiffres sont énormes : 50 000 enseignants ont été suspendus [parmi lesquels 25 000 dans le secteur privé – ndlr], et dans le secteur judiciaire, la proportion des juges écartés est telle que le système est pratiquement paralysé.

La Turquie est engagée dans une crise profonde. Certes, une tentative de coup d’État a été empêchée. Mais on est en train de vivre un autre coup qui aboutit à un résultat similaire à que ce qu'auraient pu produire les militaires s'ils avaient réussi. Le Palais et l'AKP sont en train de réaliser un coup d’État civil. Certes, les militaires seraient allés plus loin : ils auraient commencé par fermer le parlement et arrêté des députés. On n'en est pas là. Mais dans les faits, le parlement est contourné avec la proclamation de l'état d'urgencequi permet au gouvernement de faire passer des décrets sans l'aval des députés.

Je reste inquiète pour l'avenir du HDP à l'assemblée. Mon sentiment est que dès que le gouvernement se sentira à nouveau en sécurité, il commencera à s'attaquer à nous, les députés HDP. Pour l'instant il ne le fait pas parce qu'il pense que notre base électorale est capable de réagir très fortement.

Vers quoi le pays se dirige-t-il ?

Nous sommes sur le fil du rasoir. Nous sommes entourés de deux forces : d'une part, l'institution militaire, qui reste une menace malgré l'échec du putsch, l'armée turque disposant d'un gros potentiel. D'autre part, Erdogan et le Palais, car même si on n'est pas encore passé, officiellement, à un régime présidentiel, on y est de facto. On peut s'attendre à des développements très durs.

Cela dit, le HDP occupe une place spécifique dans le paysage politique turc. Ce qui fait notre force, c'est que nous ne nous lierons jamais à ces gens qui sont au pouvoir. Nous n'avons pas besoin d'eux pour être forts, du fait de notre grande expérience de la lutte et de notre lien particulier avec notre base. Nos électeurs ne vont pas nous quitter pour aller voir ailleurs. C'est ce qui me rend optimiste.

Notre force ne réside toutefois pas seulement dans notre culture résistante : elle est également dans notre organisation. Ces jours-ci, on a pu voir le pouvoir des militaires, puis la capacité d'Erdogan à faire descendre des gens dans la rue pour le soutenir… Mais personne n'a encore vu ce que nous sommes capables de mobiliser !

Le HDP a été fondé fin 2012. Expliquez-nous dans quelles circonstances.

Le HDP peut sembler récent, mais il est en réalité le produit final d'une longue tradition politique. Il a été formé par une coalition entre différentes formations : le Mouvement Kurde pour la Liberté, des mouvements sociaux, des syndicats, des organisations de défense des droits des femmes, des associations écologistes, des groupes alévis, et des islamiques libertaires. 2012 n'est pas la naissance du parti, il y a tout un passé derrière.

En contact direct avec la population

Comment êtes-vous parvenus, en moins de trois ans, à réaliser un premier succès électoral en passant le seuil des 10 % aux élections législatives de juin 2015, qui vous a permis d'entrer au parlement ?

La raison de ce succès, c'est que nous sommes arrivés, d'une part, à mettre ensemble ces différentes traditions politiques, et d'autre part, à introduire des éléments nouveaux dans la politique turque. Bien sûr, ce succès est aussi lié au fait que le Mouvement Kurde pour la Liberté est enraciné dans les mouvements d'opposition. Mais le HDP a aussi réussi à bâtir un programme de liberté politique à l'attention de toute la Turquie. Il a fait émerger une énergie collective, qui montre combien le besoin de démocratie dans le pays est vital. Il a parlé de davantage de liberté pour tous : cela a joué un rôle clef à mon sens.

De leur côté, les membres de ces mouvements d'opposition savaient qu'ils devaient se rassembler afin de briser le statu quo et le système politique oppressif de la Turquie. L'idée est venue d'un appel lancé par Abdullah Öcalan, en 2011, au HDK, le Congrès Démocratique des Peuples : depuis sa prison, sur l'île d'İmrali, il a appelé à une unification des mouvements. Le HDK s'est ensuite transformé en HDP, en 2012.

Puis il y a eu le mouvement Gezi, au printemps 2013 [né au départ de la volonté de conserver le parc Gezi, dans le centre d'Istanbul, contre un projet immobilier – ndlr]. Cette mobilisation a montré combien les gens avaient besoin d'agir ensemble. Nous avions d'ailleurs prédit ce genre de mouvement... Et cette énergie s'est canalisée dans notre parti. De fait, les membres du HDP ont joué un rôle majeur dans ce mouvement – même si c'était un mouvement sans leadership. Et le succès électoral deux ans plus tard montre que notre parti a effectivement fusionné avec une énergie politique toute fraîche, que l'on n'avait jamais vue en Turquie. Une énergie de type révolutionnaire qui donne au HDP la force d'affronter ses adversaires.

Comment avez-vous travaillé pour gagner des voix ?

Notre spécificité par rapport aux autres partis politiques turcs, c'est que nous sommes en contact direct avec la population. Tous les membres du HDP viennent de la lutte populaire, ont un passé militant. Ils parlent la même langue et ressentent les mêmes besoins que le peuple. Les partis « artistocratiques », eux, n'ont que des liens indirects avec la population, ils voient le peuple comme une masse destinée à les suivre.

Moi-même je militais au sein du mouvement socialiste dès le lycée ; le co-président du parti, Selahattin Demirtas, était actif au sein du mouvement kurde…

Nous sommes donc très présents sur le terrain. Nous avons par ailleurs décidé de nous implanter localement et orienté notre stratégie en ce sens : nous avons mis en place des commissions de quartier dans les villes, des commissions dans les villages, d'autres dans les universités… afin de faire se rencontrer les membres du parti et les électeurs. Nous avons créé des espaces de débats, comme des stands où les gens pouvaient venir poser des questions. Et pas seulement pendant la période électorale : c'est un travail que nous avons mené indépendamment des élections.

Enfin, nous avons porté le message d'une opposition claire et totale au gouvernement : nous avons pleinement conscience de la perspective d'obscurité absolue vers laquelle nous conduit le régime politique d'Erdogan, et nous n'allons pas le laisser gouverner ainsi. Les électeurs ont été convaincus par notre attitude, et depuis nous tenons nos promesses : nous constitutions l'opposition la plus forte au rêve de dictature d'Erdogan.

Enfin, et c'est peut-être le plus important, le rôle des femmes dans notre parti est un élément clef pour comprendre notre progression. Alors que les femmes sont d'habitude exclues de la politique en Turquie, chez nous elles en sont le sujet. Elles sont totalement à égalité avec les hommes : le parti est dirigé par une coprésidence – un homme, une femme -, le comité exécutif du parti est paritaire, et tous les groupes de travail, commissions etc. le sont également. Lors des moments difficiles que nous avons vécu ces derniers temps en Turquie - les attentats, les attaques dans le sud-est, la pression subie par le parti…-, on a d'ailleurs vu les femmes du HDP s'exprimer en public et résister.

Racontez-nous les pressions pendant toute la période électorale de 2015…

Après les élections législatives du 8 juin 2015, le coup de force du Palais a commencé. Erdogan n'ayant pas pas obtenu la majorité absolue, il a convoqué de nouvelles élections. Il voulait faire sortir du parlement le HDP qui avait réussi à faire élire 80 députés. Il a donc commencé à mettre notre base électorale dans un état de terreur.

Contre la politique du gouvernement turc à Chypre

Les cellules dormantes de l’État islamique en Turquie ont commencé à s'activer. Il y a eu le massacre de Suruc qui a fait 34 morts le 20 juillet. Et le siège a commencé au Kurdistan. En réaction, l'organisation de jeunesse kurde a commencé la résistance, en installant des barricades. Pendant deux jours, en septembre, 270 bureaux du HDP, dont le siège où nous nous trouvons, ont été la cible d'attaques ou de tentatives d'incendie. Puis, en octobre, il y a eu l'attentat à Ankara.

Le signe de tout ça avait été envoyé en réalité avant les élections, en avril 2015 : à ce moment-là, Abdullah Öcalan [le dirigeant du PKK, condamné à la prison à vie depuis 2002 - ndlr] est placé en isolement. Autrement dit, le gouvernement reprend la position guerrière qu'il avait abandonnée pendant quelques années. Juste avant le scrutin, une attaque à la bombe fait cinq morts à Diyarbakir, tandis qu'au cours d'autre meeting, à Erzurum, des lyncheurs s'en prennent à des membres du HDP avec la complicité de la police. On traverse donc un certain nombre d'épreuves…

Mais le pire arrive pendant la période entre les deux élections. Erdogan est alors préoccupé par deux choses : il veut interrompre le processus de paix et neutraliser le HDP. C'est donc la fin du processus de paix au Kurdistan. Des villes sont bombardées, des crimes contre l'humanité sont commis. Malgré tout cela, les autorités ratent leur objectif de nous disqualifier et ne parviennent pas à nous empêcher d'entrer au parlement. Certes, nous faisons élire un peu moins de députés au deuxième coup. Mais il faut dire que 500 000 électeurs n'ont pas pu aller voter car ils étaient bloqués par les militaires ! Ce n'est donc pas un si mauvais score... Et la pression que nous subissons n'empêchera jamais les Kurdes de dire qu'ils sont, de fait, des Kurdes et qu'ils revendiquent l'égalité des droits entre les Turcs et les non-Turcs de ce pays.

Quel est votre programme ?

Le HDP a un programme de démocratie radicale. Il défend les droits des femmes et des travailleurs, est soucieux de l'environnement, soutient l'égalité sociale pour les minorités sexuelles. Il prône la solidarité sociale, mais aussi la solidarité ethnique entre les différents groupes du pays. Sur le plan international, il est pour l'égalité entre les peuples. Il est absolument contre la tendance de l’État turc à vouloir grossir et occuper d'autres territoires.

A quoi faites-vous référence ?

Je pense à Chypre. Nous sommes complètement opposés à la politique menée par le gouvernement turc à Chypre. Nous défendons le droit des Chypriotes turcs et des Chypriotes grecs de décider ensemble de leur sort. Nous sommes d'ailleurs également opposé à ce que l’État grec décide du sort de Chypre.

Nous sommes aussi contre la politique syrienne du gouvernement d'Ankara, qui ne veut pas d'une Syrie démocratique et confédérale. A l'inverse, nous défendons le droit de ses habitants à décider comment ils veulent vivre ensemble.

En fait, notre programme est l'antithèse de la politique étatique habituelle...

Le HDP prône par ailleurs une nouvelle constitution afin de doter la Turquie d'une démocratie complète. Il veut une rupture radicale avec le centralisme traditionnel de l'administration turque pour développer à la place une démocratie participative avec un système parlementaire fort, qui inclurait des parlements locaux et un Etat décentralisé : il s'agit de mettre en place le modèle de l'« autonomie démocratique ». [concept développé par Abdullah Öcalan pour les peuples du Moyen-Orient, qui lui avait été inspiré par le libertaire américain Murray Bookchin – ndlr]

Un point entre Europe et Moyen-Orient

On vous compare parfois à Syriza en Grèce. Qu'avez-vous de commun avec ce parti ? Avez-vous des liens avec lui ?

Nous sommes en lien direct avec Syriza. Nous avions déjà des relations à l'époque où Syriza était encore en formation, et maintenant qu'il dirige le gouvernement grec, nous continuons d'avoir des contacts.

En fait, la Turquie a le potentiel pour fonctionner comme un pont entre les populations européennes et celles du Moyen-Orient. C'est précisément le rôle que le HDP joue actuellement : il y a d'un côté le PYD [Parti de l'Union démocratique, Kurdes syriens -ndlr], qui mène une lutte radicale en Syrie, et de l'autre, la gauche radicale de Syriza. Nous sommes entre les deux !

Cela fait un siècle que la politique d’État en Turquie sépare les Turcs et les Kurdes. Nous pensons au contraire qu'il faut les rassembler, comme il faut rapprocher les peuples du Moyen-Orient des peuples européens. Pour favoriser cela, le HDP a son rôle à jouer entre l'ouest et l'est. Mais Syriza aussi, étant donné la place qu'il a maintenant à l'ouest, a un rôle important. Nous plaçons beaucoup d'espoir en lui.

Peu après la création du HDP est né en Espagne un autre parti alternatif, Podemos. Êtes-vous en contact avec lui ?

Je dois avouer que la naissance de Podemos s'est faite à un moment où la lutte ici nous occupait pleinement. Je n'ai donc pas pu suivre de près, mais des membres du HDP se sont rendus en Espagne pour les élections. J'espérais un meilleur résultat... Face à la montée des partis nationalistes et racistes en Europe, j'aimerais bien en effet que les mouvements de gauche progressent. Mais pour cela, il faut que les gauches européennes prennent fortement position et agissent ensemble. Sans cela elles ne pourront avancer. Je crois aussi que les partis de gauche en Europe doivent regarder davantage vers le Moyen-Orient. La crise des migrants a montré que les développements pouvaient être très liés entre un côté et l'autre… Avoir conscience de cela pourrait aider la gauche européenne à passer d'une position défensive à une position proactive face à la montée des forces nationalistes.

Quels sont vos liens avec le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan, organisation armée en conflit avec l’État turc) ? Le gouvernement vous accuse de soutenir les « terroristes ». Que répondez-vous à cela ?

Cela fait quatre ans maintenant que le gouvernement turc s'efforce de manipuler les esprits à ce sujet. Dans notre base électorale, il y a des gens qui ont du respect, voire de la sympathie pour le PKK. On ne va bien sûr pas s'en cacher. Dans les villes kurdes, de nombreux jeunes votent pour nous tout en étant dans une logique pro-PKK. C'est une réalité.

Cela fait-il de nous un parti lié avec le PKK ? Pourquoi doit-on répéter constamment que nous ne sommes pas le PKK ? Cette accusation est une manière de nous discréditer. Elle révèle par ailleurs une incompréhension de ce qu'est le HDP. Comme je le disais au début de l'entretien, le HDP est pour une part constitué par le Mouvement Kurde pour la Liberté. Mais il résulte aussi d'une grande coalition qui s'adresse à l'ensemble du pays et entend représenter l'ensemble de ses habitants. Moi-même je ne suis pas kurde et notre parti compte de nombreux membres comme moi.

Nous pensons par ailleurs que le problème du Kurdistan turc doit être résolu de manière politique, à travers des négociations. L’État doit rouvrir le processus de paix avec le PKK.

Le gouvernement turc qualifie le PYD (Parti de l'Union démocratique, Kurdes syriens) d'organisation terroriste. Or les Etats-Unis voient le PYD comme un allié dans la guerre contre l'EI en Syrie. Quelle est votre position à ce sujet ?

Il faut que la République turque arrête de s'accrocher à son idée fixe nationaliste selon laquelle les Kurdes sont forcément des ennemis. Or il n'y a aucune raison logique de déclarer « terroriste » le PYD, qui est une force populaire d'autodéfense. Le PYD est plutôt un garant pour la paix en Turquie et la région entière : c'est le seul jusqu'à présent à s'être battu avec succès contre l’État islamique. Ce qu'il veut pour la Syrie, c'est une confédération démocratique où Arabes et Kurdes vivraient en paix.

Dans cette guerre, l'Union européenne devrait suivre les Etats-Unis et faire du PYD son allié dans la lutte contre l’État Islamique. Le PYD en Syrie et le HDP en Turquie ont tous deux besoin de soutien au niveau international si l'on veut éviter que l’État Islamique ne progresse. Lorsque l’État Islamique sera vaincu, il faudra absolument que le PYD fasse partie de l'équation politique, afin d'empêcher le retour de l'EI.

S'il est vaincu en Syrie, l'EI survivra toutefois en Turquie car il a pu s'installer ici avec la tolérance des autorités qui entretiennent une proximité idéologique avec lui. L'EI pourra alors se répandre dans le Caucase, les Balkans, vers l'ouest, et dans tout l'espace postsoviétique. Il constituera une menace pour l'ensemble de la région. Or la seule force capable de s'opposer à cela, c'est le HDP.

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 05:57
Manif contre la loi travail le 14 juin à Paris

Manif contre la loi travail le 14 juin à Paris

Loi Travail: ce qui attend les salariés

23 JUILLET 2016 | PAR RACHIDA EL AZZOUZI ET MATHILDE GOANEC

Après cinq mois de contestation sociale et un troisième recours au 49-3, la loi sur le travail a été définitivement adoptée jeudi 21 juillet. Malgré plusieurs concessions, le gouvernement n’a pas reculé sur l'essentiel. Mediapart détaille la version finale du texte et les mesures adoptées.

Allers, retours, la loi sur le travail a changé plusieurs fois de visage, et même de nom. Elle a été définitivement adoptée le 21 juillet 2016. Le gros des modifications remonte cependant à l'aube du débat parlementaire : le pré-projet, concocté par la ministre du travail Myriam El Khomri sous la houlette de Matignon, est une première fois raboté face à la pression conjointe des syndicats et de la société civile (voir l'ensemble de nos papiers sur la mobilisation dans notre dossier sur la loi Travail).

La commission des affaires sociales de l'Assemblée, théâtre d’un affrontement “droite-gauche”, mais surtout “gauche-gauche”, a ensuite évacué du texte d'autres dispositions très polémiques. Sans jamais toutefois toucher à son cœur, l’inversion de la hiérarchie des normes, ni à certaines de ses marges, comme le licenciement économique, les accords offensifs, la médecine du travail ou encore le référendum d’entreprise.

En juin, lors du passage de la loi au palais du Luxembourg, les sénateurs s’en sont donné à cœur joie, permettant ainsi à l’exécutif d’agiter l’épouvantail du retour de la droite au pouvoir : suppression des 35 heures, seuils sociaux relevés, apprentissage à 14 ans… Tout ceci sera défait lors du retour du texte à l’Assemblée nationale, début juillet.

Jusqu’au bout, la question des heures supplémentaires a fait du bruit, car elle rend tangible l’inversion de la hiérarchie des normes. Un ultime verrou des branches pour une majoration à 25 % a été esquissé au finish, sans aboutir.

Toutes ces discussions, arrangements de coulisses et tractations ont eu lieu sous la pression de la rue. Cinq mois de contestation sociale, dont douze journées de manifestations et un gros 1er-Mai, n’auront pas fait reculer l’exécutif, déterminé à passer en force ce texte sur lequel il reconnaît, de son propre aveu, n’avoir jamais eu de majorité. Trois 49-3 consécutifs ont privé de vote les parlementaires des deux hémicycles.

Mediapart détaille les points clés du texte finalement adopté.

  • Une nouvelle ossature pour le code du travail

Les allers-retours parlementaires ont eu la peau des 61 principes issus du rapport Badinter. Or ces grands principes devaient servir à guider l’action de la commission d’experts et de « praticiens des relations sociales » chargés de proposer au gouvernement une refondation de la partie législative du code du travail d’ici à 2018. Cette commission s’est également enrichie, au fil du temps et sous la pression des parlementaires socialistes, de la présence du Haut Conseil du dialogue social, qui devra mener en son sein une « réflexion collective sur la refondation du code du travail ».

La commission devra déterminer ce qui relèvera à terme, pour l’ensemble du code, de la loi, de la négociation collective ou de dispositions supplétives (par exemple la décision unilatérale de l’employeur ou la consultation des instances). Ce travail a déjà été mené sur toute la partie du code dédiée au temps de travail, provoquant les remous que l’on connaît. La droite, en commission des affaires sociales au Sénat comme à l’Assemblée, a dénoncé à maintes reprises cette « manière de faire du droit » avec des experts mais sans parlementaires…

  • Rôle de l’entreprise, de la branche, de la loi

La loi El Khomri réaffirme, dans l’article premier du texte, « la place centrale de la négociation collective » et donc de l’accord d’entreprise dans le code du travail. C’est un nouveau paradigme pour le droit français, jusqu’ici fondé sur le principe de faveur, même si l’accord d’entreprise a fait son entrée par la fenêtre depuis la mise en place des 35 heures et les lois Fillon. Pour temporiser les critiques, les législateurs ont nuancé leur propos : en absence d’accord d’entreprise, le droit « positif » doit s’appliquer, « sauf à des fins de simplification ». Tout l’enjeu politique est dans cette phrase. À quel moment la simplification entraîne-t-elle une régression des acquis sociaux ?

Les branches professionnelles, autrefois centrales, restent prédominantes dans quatre domaines : le salaire minimum, les niveaux de qualification, la protection sociale complémentaire ainsi que la contribution à la formation professionnelle. Grâce à un amendement, introduit en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, deux autres “verrous” de la branche ont été posés dans les champs de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et de la prévention de la pénibilité. Pour les détracteurs de la loi, cet ajout de dernière minute est la preuve que le risque d’une inversion de la hiérarchie des normes est bien réel dans le nouveau code du travail.

  • Temps de travail

Cœur de la réforme, cœur des débats, la réforme du temps de travail. Modulation du temps de travail, majoration des heures supplémentaires, astreintes, on reste sur le canevas initial, détaillé dans cet article. Seuls ajustements, les instances représentatives seront consultées en cas de dépassement de la durée maximale hebdomadaire de travail« du fait de circonstances exceptionnelles », soit 60 heures/semaine. L’employeur ne pourra pas non plus se dédouaner de sa responsabilité dans le cas où le salarié ne prendrait pas ses jours de congés.

L’inégalité rendue possible dans la loi El Khomri sur le nombre de jours de congés possibles lors du décès d’un enfant avait provoqué un énorme émoi. Michèle Delaunay(lire notre article ici pour se remémorer le débat) a rétabli les comptes pour éviter le scandale. L’ancienne ministre socialiste a proposé et obtenu de porter de deux à cinq jours la durée du congé exceptionnel dans le cas du décès d’un enfant, et aucun accord d’entreprise ou de branche ne pourra prévoir un seuil inférieur. De la même manière, les aspects les plus polémiques du texte, tels l’augmentation de la durée du travail de nuit ou le recours facilité au temps partiel, ont été au fur et à mesure évincés.

Au bout du compte, des accords en deçà de la branche restent néanmoins possibles sur une grosse partie de la durée du travail : la rémunération des heures supplémentaires, du temps de pause ou d’habillage, la mise en place des astreintes, le dépassement de la durée quotidienne (jusqu’à 12 heures), le dépassement hebdomadaire (jusqu’à 46 heures), la dérogation à la durée minimale du repos quotidien, la mise en œuvre du temps partiel, des congés payés, les délais de prévenance, les jours fériés chômés, la durée des congés spéciaux…

Le seul vrai débat a tourné autour des heures supplémentaires, sujet ultra mobilisateur dans la rue et dont la majoration pourra désormais tomber, en cas d’accord d’entreprise, à 10 %. Des députés socialistes ont tenté un baroud d’honneur lors du dernier passage du texte à l’Assemblée : Olivier Faure a ainsi déposé un amendement, signé par plus de 120 de ses collègues, qui proposait de maintenir dans la loi le taux de majoration des heures supplémentaires à 25 %. Le premier ministre n’a rien voulu entendre et le texte est passé en l'état.

La loi Travail reconnaît également un droit à la déconnexion, en demandant aux entreprises de respecter congés payés et temps de repos. Mais ces mesures seront négociées entre les représentants du personnel, les représentants syndicaux et la direction de l'entreprise.

  • Licenciements économiques

Une partie de « la verrue », selon le leader de la CFDT Laurent Berger, de l’article 30 (anciennement 30 bis), devenu article 67 dans la version finale, consacré aux licenciements économiques, a sauté. Ce qui rassure à moitié l’ensemble des syndicats de salariés : le périmètre de l’appréciation, par le juge, de la réalité du motif économique du licenciement restera restreint à l’échelle du groupe et non pas des seules entreprises implantées sur le territoire français comme le prévoyait le gouvernement, qui voulait exaucer là un des vœux les plus chers au patronat « au nom de l’attractivité ». C’était l’un des points les plus controversés de la loi. Et c’est sous la pression du rapporteur du texte, Christophe Sirugue, en commission des affaires sociales, que ce bouleversement des règles et cette remise en cause de la jurisprudence majeure ont finalement été écartés lors de la première lecture à l’Assemblée nationale.

Mais l’article 67 reste dangereux aux yeux des syndicats. Car il facilite un peu plus les licenciements en faisant de la baisse des commandes et de la baisse du chiffres d’affaires, en comparaison avec la même période de l’année précédente, des critères de licenciement. Concrètement, l'application de ces critères dépendra de la taille de l'entreprise : baisse du chiffre d’affaires au moins égale à un trimestre pour une entreprise de moins de onze salariés, deux trimestres consécutifs pour une société de onze à moins de cinquante salariés, trois trimestres consécutifs pour une entreprise de cinquante à moins de trois cents salariés et quatre trimestres consécutifs pour une société d’au moins trois cents salariés. Cette disposition pourrait être censurée par le Conseil constitutionnel en causant une rupture d'égalité des citoyens devant la loi (les salariés des grandes entreprises seraient plus protégés).

  • Référendum d’entreprise

Le référendum d’entreprise, idée chère au patronat, qui n’avait jusque-là qu’une valeur consultative, sauf dans des cas précis comme la participation, l’intéressement, est sacralisé par l’article 21. Si l’accord d'entreprise n’est pas majoritaire, signé par des syndicats représentant plus de 50 % des salariés aux élections professionnelles, les syndicats minoritaires (plus de 30 %) pourront demander une consultation des salariés pour valider l'accord. À l’exception de la CFDT, tous les syndicats étaient vent debout contre cette mesure et comptaient sur les députés et le débat parlementaire qui n’a pas eu lieu pour éloigner cette mesure. En vain. C’est un bouleversement historique des règles du dialogue social, habillé en trompe-l’œil d’un argument populiste : faire place à la démocratie directe plutôt que la démocratie représentative, donner voix au chapitre aux salariés.

« On organise la remise en cause d’un accord majoritaire pour remettre en selle la position de syndicats qui représentent une minorité. On tente d’opposer deux sources de légitimité, analysait la sociologue du travail Dominique Méda dans un entretien à Mediapart. Le problème, on le sait et on l’a vu dans de nombreux exemples, c’est que les salariés sont plus sensibles au chantage à l’emploi et sont plus susceptibles que les syndicats d’accepter des remises en cause des conditions de travail par crainte du chômage. »

La nouvelle règle sera d’abord appliquée à la question du temps de travail avant d’être étendue aux autres chapitres du code du travail, au fur et à mesure qu’ils seront réécrits. Avec le risque de fracturer syndicats et salariés, et salariés entre eux dans les entreprises, comme ce fut le cas à l’usine Smart en Moselle, filiale du groupe automobile allemand Daimler (relire ici notre article). « S’ajoute à ces risques celui lié à la formation et à la compétence des acteurs. L’accord collectif est un acte souvent fort complexe, à la fois dans son objet et dans ses effets (sur la rupture du contrat de travail par exemple) ; il ne se résume pas aisément dans une question simple à l’adresse de salariés qui n’ont pas la formation et l’expérience des délégués syndicaux pour y répondre de manière éclairée », pointait le spécialiste du droit du travail Pascal Lokiec dans un article à relire ici.

  • Accords offensifs

C’est l’une des victoires les plus emblématiques du patronat. Sous Nicolas Sarkozy, il avait obtenu les accords dits de « compétitivité emploi », renommés sous Hollande « accords de maintien dans l’emploi » lors de la première réforme du marché du travail (ANI, janvier 2013). Soit la possibilité de réduire le temps de travail et/ou le salaire pendant une période allant jusqu’à deux ans pour éviter les licenciements « en cas de graves difficultés conjoncturelles » (cinq ans depuis la loi Macron de juillet 2015). À condition que les syndicats représentant une majorité de salariés l’acceptent ou, à défaut, l’administration, et qu’une clause prévoie le partage des fruits de la croissance à son retour. L’objectif est d’éviter les suppressions de poste. Les salariés qui refusent font l’objet d’un licenciement économique individuel et la qualification n’est pas contestable devant le juge.

La loi El Khomri accentue flexibilité et risque du chantage à l’emploi. Elle rebaptise les accords dits de « maintien dans l’emploi », « accords en vue de la préservation ou du développement de l'emploi » (avec toujours le même principe de modulation du temps de travail et des salaires après validation par un accord majoritaire des syndicats). Le patronat, qui ne trouvait pas le dispositif assez contraignant, « offensif », disent-ils (d’où le succès très limité de ce symbole de la “flexisécurité”, qui n’a convaincu qu’une dizaine d’employeurs, essentiellement des PME), voit de nouveau ses vœux exaucés. Il obtient avec l’article 22 un élargissement considérable des critères selon lesquels un accord dérogatoire pourrait être signé en y intégrant le « développement de l’emploi ».

Les salariés qui refuseront ces accords seront licenciés pour « motif spécifique qui constitue une cause réelle et sérieuse », selon la procédure d’un licenciement économique (sans mesures de reclassement). Ils bénéficieront d’un « parcours d’accompagnement personnalisé », assuré par Pôle emploi et financé pour l’essentiel par l’État. L'article a été amendé à l'Assemblée nationale car il prévoyait initialement que le salarié refusant un accord soit licencié sans cause réelle et sérieuse (c'est-à-dire sans garanties de reclassement ni indemnités).

Cet article n'en demeure pas moins redoutable. Il précise que ces accords s'imposeront aux contrats de travail sans pouvoir « diminuer la rémunération du salarié ». Faux. « Si l’employeur touche à la durée du travail, sans augmenter les salaires, de fait c'est une baisse de salaire… Donc aujourd'hui, on peut mettre en préambule d'un accord sur les congés, les astreintes, “en vue d'un accord de maintenir l'emploi” et changer les règles. C'est infini ! » réagissait le juriste Pascal Lokiec dans une de nos analyses (à relire ici). Si le salaire mensuel ne pourra « pas être diminué », d'autres éléments de rémunération (primes, etc.) peuvent être revus à la baisse ou supprimés.

  • Apprentissage

Les amendements sénatoriaux, assez proches de la toute première version du texte concocté par les socialistes, ont été détricotés lors de l’ultime passage à l’Assemblée, comme celui prévoyant d’entrer dans un cycle d’apprentissage dès l’âge de 15 ans. Les apprentis devront se conformer aux règles en vigueur, à savoir 35 heures par semaine et 8 heures par jour, sauf autorisation expresse de l’inspection du travail.

  • Harcèlement

Assemblée, Sénat, tout le monde est tombé d’accord pour durcir l’arsenal juridique en matière de harcèlement sexuel, singulièrement plus faible que celui dédié au harcèlement pour discrimination.

Lors d’un litige, le salarié harcelé sexuellement devait jusqu’ici « établir les faits qui permettent de présumer de l’existence d’un harcèlement », une manière de formuler les choses plus contraignante que le harcèlement pour discrimination qui demande seulement de présenter « des éléments de fait laissant supposer l’existence » d’un harcèlement. Subtilités de vocabulaire, qui n’en conduisaient pas moins les employeurs attaqués devant les prud’hommes à faire valoir, pour emporter le morceau, la nécessité de prouver des « faits » en lieu et place des « éléments de faits ».

En cas de licenciement, puis de victoire aux prud’hommes, l’employe

ur devra également rembourser à Pôle emploi les indemnités chômage versées au salarié. L’indemnisation à la suite d’un jugement ayant pour motif la discrimination, la discrimination sexuelle, la grossesse ou la situation familiale ne pourra pas être inférieure aux salaires des six derniers mois. Par ailleurs, un deuxième amendement impose désormais aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de participer systématiquement à la prévention des agissements sexistes et de veiller à leur mention dans le règlement intérieur.

Enfin, une proposition de loi déposée par Dominique Orliac et adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale a également fait son entrée dans le texte : la durée de la période légale de protection contre le licenciement pour les mères à l’issue de leur congé de maternité passe de quatre à dix semaines. L’extension de cette période de protection s’applique également au second parent, qui en bénéficie à compter de la naissance de l’enfant, ainsi qu’aux parents adoptants.

  • Médecine du travail

Malgré les appels à l’aide des médecins du travail et la sonnette d’alarme tirée par l’ensemble des syndicats (et même le conseil de l’ordre), le texte est resté tel quel, renvoyant une bonne part de l’activité sur les infirmiers et réduisant nettement les obligations de visite médicale. Dans son article 44, le projet prévoit de supprimer la visite médicale à l’embauche, excepté pour certains postes à risque. Il prévoit aussi d’instituer des visites médicales tous les cinq ans (contre tous les deux ans actuellement) et supprime l’arbitrage de l’inspecteur du travail en cas de contestation de l’avis du médecin du travail. Seule compensation : les députés ont légèrement avancé sur le sort des salariés déclarés inaptes. Le périmètre pour tenter de les reclasser devra aller au-delà de l’entreprise et s’étendre à tout le groupe.

Allers, retours, la loi sur le travail a changé plusieurs fois de visage, et même de nom. Elle a été définitivement adoptée le 21 juillet 2016. Le gros des modifications remonte cependant à l'aube du débat parlementaire : le pré-projet, concocté par la ministre du travail Myriam El Khomri sous la houlette de Matignon, est une première fois raboté face à la pression conjointe des syndicats et de la société civile (voir l'ensemble de nos papiers sur la mobilisation dans notre dossier sur la loi Travail).

La commission des affaires sociales de l'Assemblée, théâtre d’un affrontement “droite-gauche”, mais surtout “gauche-gauche”, a ensuite évacué du texte d'autres dispositions très polémiques. Sans jamais toutefois toucher à son cœur, l’inversion de la hiérarchie des normes, ni à certaines de ses marges, comme le licenciement économique, les accords offensifs, la médecine du travail ou encore le référendum d’entreprise.

En juin, lors du passage de la loi au palais du Luxembourg, les sénateurs s’en sont donné à cœur joie, permettant ainsi à l’exécutif d’agiter l’épouvantail du retour de la droite au pouvoir : suppression des 35 heures, seuils sociaux relevés, apprentissage à 14 ans… Tout ceci sera défait lors du retour du texte à l’Assemblée nationale, début juillet.

Jusqu’au bout, la question des heures supplémentaires a fait du bruit, car elle rend tangible l’inversion de la hiérarchie des normes. Un ultime verrou des branches pour une majoration à 25 % a été esquissé au finish, sans aboutir.

Myriam El Khomri et Manuel Valls, mercredi 20 juillet à l'Assemblée. © Reuters

Toutes ces discussions, arrangements de coulisses et tractations ont eu lieu sous la pression de la rue. Cinq mois de contestation sociale, dont douze journées de manifestations et un gros 1er-Mai, n’auront pas fait reculer l’exécutif, déterminé à passer en force ce texte sur lequel il reconnaît, de son propre aveu, n’avoir jamais eu de majorité. Trois 49-3 consécutifs ont privé de vote les parlementaires des deux hémicycles.

Mediapart détaille les points clés du texte finalement adopté.

  • Une nouvelle ossature pour le code du travail

Les allers-retours parlementaires ont eu la peau des 61 principes issus du rapport Badinter. Or ces grands principes devaient servir à guider l’action de la commission d’experts et de « praticiens des relations sociales » chargés de proposer au gouvernement une refondation de la partie législative du code du travail d’ici à 2018. Cette commission s’est également enrichie, au fil du temps et sous la pression des parlementaires socialistes, de la présence du Haut Conseil du dialogue social, qui devra mener en son sein une « réflexion collective sur la refondation du code du travail ».

La commission devra déterminer ce qui relèvera à terme, pour l’ensemble du code, de la loi, de la négociation collective ou de dispositions supplétives (par exemple la décision unilatérale de l’employeur ou la consultation des instances). Ce travail a déjà été mené sur toute la partie du code dédiée au temps de travail, provoquant les remous que l’on connaît. La droite, en commission des affaires sociales au Sénat comme à l’Assemblée, a dénoncé à maintes reprises cette « manière de faire du droit » avec des experts mais sans parlementaires…

  • Rôle de l’entreprise, de la branche, de la loi

La loi El Khomri réaffirme, dans l’article premier du texte, « la place centrale de la négociation collective » et donc de l’accord d’entreprise dans le code du travail. C’est un nouveau paradigme pour le droit français, jusqu’ici fondé sur le principe de faveur, même si l’accord d’entreprise a fait son entrée par la fenêtre depuis la mise en place des 35 heures et les lois Fillon. Pour temporiser les critiques, les législateurs ont nuancé leur propos : en absence d’accord d’entreprise, le droit « positif » doit s’appliquer, « sauf à des fins de simplification ». Tout l’enjeu politique est dans cette phrase. À quel moment la simplification entraîne-t-elle une régression des acquis sociaux ?

Les branches professionnelles, autrefois centrales, restent prédominantes dans quatre domaines : le salaire minimum, les niveaux de qualification, la protection sociale complémentaire ainsi que la contribution à la formation professionnelle. Grâce à un amendement, introduit en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, deux autres “verrous” de la branche ont été posés dans les champs de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et de la prévention de la pénibilité. Pour les détracteurs de la loi, cet ajout de dernière minute est la preuve que le risque d’une inversion de la hiérarchie des normes est bien réel dans le nouveau code du travail.

  • Temps de travail

Cœur de la réforme, cœur des débats, la réforme du temps de travail. Modulation du temps de travail, majoration des heures supplémentaires, astreintes, on reste sur le canevas initial, détaillé dans cet article. Seuls ajustements, les instances représentatives seront consultées en cas de dépassement de la durée maximale hebdomadaire de travail« du fait de circonstances exceptionnelles », soit 60 heures/semaine. L’employeur ne pourra pas non plus se dédouaner de sa responsabilité dans le cas où le salarié ne prendrait pas ses jours de congés.

L’inégalité rendue possible dans la loi El Khomri sur le nombre de jours de congés possibles lors du décès d’un enfant avait provoqué un énorme émoi. Michèle Delaunay(lire notre article ici pour se remémorer le débat) a rétabli les comptes pour éviter le scandale. L’ancienne ministre socialiste a proposé et obtenu de porter de deux à cinq jours la durée du congé exceptionnel dans le cas du décès d’un enfant, et aucun accord d’entreprise ou de branche ne pourra prévoir un seuil inférieur. De la même manière, les aspects les plus polémiques du texte, tels l’augmentation de la durée du travail de nuit ou le recours facilité au temps partiel, ont été au fur et à mesure évincés.

Au bout du compte, des accords en deçà de la branche restent néanmoins possibles sur une grosse partie de la durée du travail : la rémunération des heures supplémentaires, du temps de pause ou d’habillage, la mise en place des astreintes, le dépassement de la durée quotidienne (jusqu’à 12 heures), le dépassement hebdomadaire (jusqu’à 46 heures), la dérogation à la durée minimale du repos quotidien, la mise en œuvre du temps partiel, des congés payés, les délais de prévenance, les jours fériés chômés, la durée des congés spéciaux…

Le seul vrai débat a tourné autour des heures supplémentaires, sujet ultra mobilisateur dans la rue et dont la majoration pourra désormais tomber, en cas d’accord d’entreprise, à 10 %. Des députés socialistes ont tenté un baroud d’honneur lors du dernier passage du texte à l’Assemblée : Olivier Faure a ainsi déposé un amendement, signé par plus de 120 de ses collègues, qui proposait de maintenir dans la loi le taux de majoration des heures supplémentaires à 25 %. Le premier ministre n’a rien voulu entendre et le texte est passé en l'état.

La loi Travail reconnaît également un droit à la déconnexion, en demandant aux entreprises de respecter congés payés et temps de repos. Mais ces mesures seront négociées entre les représentants du personnel, les représentants syndicaux et la direction de l'entreprise.

  • Licenciements économiques

Une partie de « la verrue », selon le leader de la CFDT Laurent Berger, de l’article 30 (anciennement 30 bis), devenu article 67 dans la version finale, consacré aux licenciements économiques, a sauté. Ce qui rassure à moitié l’ensemble des syndicats de salariés : le périmètre de l’appréciation, par le juge, de la réalité du motif économique du licenciement restera restreint à l’échelle du groupe et non pas des seules entreprises implantées sur le territoire français comme le prévoyait le gouvernement, qui voulait exaucer là un des vœux les plus chers au patronat « au nom de l’attractivité ». C’était l’un des points les plus controversés de la loi. Et c’est sous la pression du rapporteur du texte, Christophe Sirugue, en commission des affaires sociales, que ce bouleversement des règles et cette remise en cause de la jurisprudence majeure ont finalement été écartés lors de la première lecture à l’Assemblée nationale.

Mais l’article 67 reste dangereux aux yeux des syndicats. Car il facilite un peu plus les licenciements en faisant de la baisse des commandes et de la baisse du chiffres d’affaires, en comparaison avec la même période de l’année précédente, des critères de licenciement. Concrètement, l'application de ces critères dépendra de la taille de l'entreprise : baisse du chiffre d’affaires au moins égale à un trimestre pour une entreprise de moins de onze salariés, deux trimestres consécutifs pour une société de onze à moins de cinquante salariés, trois trimestres consécutifs pour une entreprise de cinquante à moins de trois cents salariés et quatre trimestres consécutifs pour une société d’au moins trois cents salariés. Cette disposition pourrait être censurée par le Conseil constitutionnel en causant une rupture d'égalité des citoyens devant la loi (les salariés des grandes entreprises seraient plus protégés).

Paris, jeudi 12 mai 2016, manifestation contre la loi sur le travail. © Rachida El Azzouzi

  • Référendum d’entreprise

Le référendum d’entreprise, idée chère au patronat, qui n’avait jusque-là qu’une valeur consultative, sauf dans des cas précis comme la participation, l’intéressement, est sacralisé par l’article 21. Si l’accord d'entreprise n’est pas majoritaire, signé par des syndicats représentant plus de 50 % des salariés aux élections professionnelles, les syndicats minoritaires (plus de 30 %) pourront demander une consultation des salariés pour valider l'accord. À l’exception de la CFDT, tous les syndicats étaient vent debout contre cette mesure et comptaient sur les députés et le débat parlementaire qui n’a pas eu lieu pour éloigner cette mesure. En vain. C’est un bouleversement historique des règles du dialogue social, habillé en trompe-l’œil d’un argument populiste : faire place à la démocratie directe plutôt que la démocratie représentative, donner voix au chapitre aux salariés.

« On organise la remise en cause d’un accord majoritaire pour remettre en selle la position de syndicats qui représentent une minorité. On tente d’opposer deux sources de légitimité, analysait la sociologue du travail Dominique Méda dans un entretien à Mediapart. Le problème, on le sait et on l’a vu dans de nombreux exemples, c’est que les salariés sont plus sensibles au chantage à l’emploi et sont plus susceptibles que les syndicats d’accepter des remises en cause des conditions de travail par crainte du chômage. »

La nouvelle règle sera d’abord appliquée à la question du temps de travail avant d’être étendue aux autres chapitres du code du travail, au fur et à mesure qu’ils seront réécrits. Avec le risque de fracturer syndicats et salariés, et salariés entre eux dans les entreprises, comme ce fut le cas à l’usine Smart en Moselle, filiale du groupe automobile allemand Daimler (relire ici notre article). « S’ajoute à ces risques celui lié à la formation et à la compétence des acteurs. L’accord collectif est un acte souvent fort complexe, à la fois dans son objet et dans ses effets (sur la rupture du contrat de travail par exemple) ; il ne se résume pas aisément dans une question simple à l’adresse de salariés qui n’ont pas la formation et l’expérience des délégués syndicaux pour y répondre de manière éclairée », pointait le spécialiste du droit du travail Pascal Lokiec dans un article à relire ici.

  • Accords offensifs

C’est l’une des victoires les plus emblématiques du patronat. Sous Nicolas Sarkozy, il avait obtenu les accords dits de « compétitivité emploi », renommés sous Hollande « accords de maintien dans l’emploi » lors de la première réforme du marché du travail (ANI, janvier 2013). Soit la possibilité de réduire le temps de travail et/ou le salaire pendant une période allant jusqu’à deux ans pour éviter les licenciements « en cas de graves difficultés conjoncturelles » (cinq ans depuis la loi Macron de juillet 2015). À condition que les syndicats représentant une majorité de salariés l’acceptent ou, à défaut, l’administration, et qu’une clause prévoie le partage des fruits de la croissance à son retour. L’objectif est d’éviter les suppressions de poste. Les salariés qui refusent font l’objet d’un licenciement économique individuel et la qualification n’est pas contestable devant le juge.

La loi El Khomri accentue flexibilité et risque du chantage à l’emploi. Elle rebaptise les accords dits de « maintien dans l’emploi », « accords en vue de la préservation ou du développement de l'emploi » (avec toujours le même principe de modulation du temps de travail et des salaires après validation par un accord majoritaire des syndicats). Le patronat, qui ne trouvait pas le dispositif assez contraignant, « offensif », disent-ils (d’où le succès très limité de ce symbole de la “flexisécurité”, qui n’a convaincu qu’une dizaine d’employeurs, essentiellement des PME), voit de nouveau ses vœux exaucés. Il obtient avec l’article 22 un élargissement considérable des critères selon lesquels un accord dérogatoire pourrait être signé en y intégrant le « développement de l’emploi ».

Les salariés qui refuseront ces accords seront licenciés pour « motif spécifique qui constitue une cause réelle et sérieuse », selon la procédure d’un licenciement économique (sans mesures de reclassement). Ils bénéficieront d’un « parcours d’accompagnement personnalisé », assuré par Pôle emploi et financé pour l’essentiel par l’État. L'article a été amendé à l'Assemblée nationale car il prévoyait initialement que le salarié refusant un accord soit licencié sans cause réelle et sérieuse (c'est-à-dire sans garanties de reclassement ni indemnités).

Cet article n'en demeure pas moins redoutable. Il précise que ces accords s'imposeront aux contrats de travail sans pouvoir « diminuer la rémunération du salarié ». Faux. « Si l’employeur touche à la durée du travail, sans augmenter les salaires, de fait c'est une baisse de salaire… Donc aujourd'hui, on peut mettre en préambule d'un accord sur les congés, les astreintes, “en vue d'un accord de maintenir l'emploi” et changer les règles. C'est infini ! » réagissait le juriste Pascal Lokiec dans une de nos analyses (à relire ici). Si le salaire mensuel ne pourra « pas être diminué », d'autres éléments de rémunération (primes, etc.) peuvent être revus à la baisse ou supprimés.

  • Apprentissage

Les amendements sénatoriaux, assez proches de la toute première version du texte concocté par les socialistes, ont été détricotés lors de l’ultime passage à l’Assemblée, comme celui prévoyant d’entrer dans un cycle d’apprentissage dès l’âge de 15 ans. Les apprentis devront se conformer aux règles en vigueur, à savoir 35 heures par semaine et 8 heures par jour, sauf autorisation expresse de l’inspection du travail.

  • Harcèlement

Assemblée, Sénat, tout le monde est tombé d’accord pour durcir l’arsenal juridique en matière de harcèlement sexuel, singulièrement plus faible que celui dédié au harcèlement pour discrimination.

Lors d’un litige, le salarié harcelé sexuellement devait jusqu’ici « établir les faits qui permettent de présumer de l’existence d’un harcèlement », une manière de formuler les choses plus contraignante que le harcèlement pour discrimination qui demande seulement de présenter « des éléments de fait laissant supposer l’existence » d’un harcèlement. Subtilités de vocabulaire, qui n’en conduisaient pas moins les employeurs attaqués devant les prud’hommes à faire valoir, pour emporter le morceau, la nécessité de prouver des « faits » en lieu et place des « éléments de faits ».

En cas de licenciement, puis de victoire aux prud’hommes, l’employeur devra également rembourser à Pôle emploi les indemnités chômage versées au salarié. L’indemnisation à la suite d’un jugement ayant pour motif la discrimination, la discrimination sexuelle, la grossesse ou la situation familiale ne pourra pas être inférieure aux salaires des six derniers mois. Par ailleurs, un deuxième amendement impose désormais aux comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de participer systématiquement à la prévention des agissements sexistes et de veiller à leur mention dans le règlement intérieur.

Enfin, une proposition de loi déposée par Dominique Orliac et adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale a également fait son entrée dans le texte : la durée de la période légale de protection contre le licenciement pour les mères à l’issue de leur congé de maternité passe de quatre à dix semaines. L’extension de cette période de protection s’applique également au second parent, qui en bénéficie à compter de la naissance de l’enfant, ainsi qu’aux parents adoptants.

  • Médecine du travail

Malgré les appels à l’aide des médecins du travail et la sonnette d’alarme tirée par l’ensemble des syndicats (et même le conseil de l’ordre), le texte est resté tel quel, renvoyant une bonne part de l’activité sur les infirmiers et réduisant nettement les obligations de visite médicale. Dans son article 44, le projet prévoit de supprimer la visite médicale à l’embauche, excepté pour certains postes à risque. Il prévoit aussi d’instituer des visites médicales tous les cinq ans (contre tous les deux ans actuellement) et supprime l’arbitrage de l’inspecteur du travail en cas de contestation de l’avis du médecin du travail. Seule compensation : les députés ont légèrement avancé sur le sort des salariés déclarés inaptes. Le périmètre pour tenter de les reclasser devra aller au-delà de l’entreprise et s’étendre à tout le groupe.

  • Mandatement syndical

C’est l’une des défaites les plus amères de Pierre Gattaz, le patron du Medef. La dernière version de la loi sur le travail consacre une nouveauté : le mandatement syndical obligatoire. Désormais, faute d’accord collectif, et c’est souvent le cas dans les petites entreprises sans représentants syndicaux, un salarié pourra être mandaté par une organisation syndicale pour négocier. Cette mesure est une victoire pour la CFDT notamment, qui plaide depuis des années pour le mandatement, cheval de Troie syndical pour l’organisation dirigée par Laurent Berger. Autres renforcements syndicaux : l’augmentation de 20 % des heures de délégations pour les délégués syndicaux, la protection des bourses du travail, pour certaines menacées de disparition (si une collectivité retire à une organisation syndicale des locaux mis à sa disposition sans lui proposer un autre local, cela ouvre « droit à une indemnité spécifique ») et l’instauration d’une instance de dialogue social pour tout réseau de franchise comptant plus de 300 salariés. Ces deux dernières mesures ne passent pas dans les rangs de la droite, qui a saisi le Conseil constitutionnel dans l’espoir de les faire invalider.

  • Garantie jeunes et aide à la recherche du premier emploi

Le texte généralise la garantie jeunes. Pour calmer la fronde sociale, Manuel Valls avait fait comme si ce dispositif, présenté comme la réponse au désarroi des jeunes chômeurs, sortait de son chapeau. Mais la mesure, expérimentée depuis 2013, était déjà au cœur de la communication mise en place depuis l’arrivée de Myriam El Khomri au poste de ministre du travail. Sa généralisation en 2017 était également au programme. Actuellement, 50 000 jeunes de 18 à 25 ans, peu diplômés, qui ne suivent aucune étude ou formation, bénéficient de cette aide de 461 euros par mois pendant un an et d’un accompagnement personnalisé pour un retour à l’emploi. L’objectif est de monter à 100 000 garanties jeunes d’ici à la fin du quinquennat, sans plus de précisions cependant sur le financement. L’article 50 prévoit par ailleurs pour les moins de 28 ans diplômés depuis moins de quatre mois la création d’une aide financière à la recherche du premier emploi, accordée pour quatre mois, sous condition de ressources. Son montant n’est pas précisé.

  • Compte personnel d’activité

Le compte personnel d’activité (CPA) devait être la réforme sociale phare du quinquennat Hollande. Un marqueur politique aussi fort que le RMI de Rocard ou la CMU de Jospin. Il en est loin. Personne ne sait encore comment le compte personnel d’activité va se mettre en route sur le plan opérationnel mais ses contours se dessinent davantage. Sa première version, dévoilée en février dernier, avait fait de lui un outil a minima. Il s’agissait d’une simple compilation de deux comptes existants, le compte pénibilité (C3P) et le compte personnel de formation (CPF). Mi-mars, face à la contestation sociale d’une ampleur inédite et soucieux de s’attirer au moins les bonnes grâces de la CFDT et des organisations de jeunesse, Manuel Valls a consenti à enrichir le dispositif en ciblant les jeunes et les sans-diplômes. Enrichi lors de la première lecture à l’Assemblée nationale (voir ici notre analyse détaillée), il a été vidé de sa substance par le Sénat. Les députés sont revenus à la version de la commission des affaires sociales en première lecture. Le CPA regroupera, à partir de 2017, le compte personnel de formation (CPF), le compte pénibilité (C3P) et un nouveau « compte d'engagement citoyen » qui sera ouvert aux retraités. Le plafond du CPF va monter de 150 à 400 heures pour les salariés sans diplôme.

  • Fait religieux

On pensait le débat clos, il a ressurgi dans la dernière ligne droite : l’article 1er bis A du projet de loi prévoit que les entreprises pourront adopter un règlement intérieur imposant à leurs salariés d’observer un « principe de neutralité » dans leurs locaux et« restreignant la manifestation des convictions des salariés ». Le texte ne le précise pas explicitement mais il vise les convictions religieuses et entend permettre l’interdiction de toute référence et de tout signe religieux dans une entreprise. La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), un organisme indépendant, et l’Observatoire de la laïcité, chapeauté par les services du premier ministre, en ont mangé leur chapeau, car l’article entrerait en collision avec « la Constitution, la Convention européenne des droits de l'homme et le droit communautaire ». À suivre.

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24 juillet 2016 7 24 /07 /juillet /2016 05:29
Europe. Ce sont toujours les mêmes qui trinquent

L'HUMANITE DIMANCHE

Jeudi 7 juillet 2016

LA CHRONIQUE DE JEAN-CHRISTOPHE LE DUIGOU (*)

Difficile de comprendre le jeu des économistes dans le débat qui a précédé le référendum conduisant à la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne ! À mesure que la campagne avançait, les arguments économiques et financiers mis en avant sont devenus caricaturaux.

participation du pays aux institutions européennes. Le chèque britannique à Bruxelles tout d'abord : les fameux « 350 millions de livres sterling versés par les Britanniques chaque semaine ». La fin des réglementations européennes sur le travail et la consommation ensuite. L'arrêt de l'immigration enfin. Autant d'illusions. Comme si la Grande-Bretagne ne recevait pas en retour des financements de Bruxelles ou n'avait pas besoin de protections pour ses salariés et ses consommateurs. Comme si les immigrés n'apportaient pas plus de richesses par leur travail qu'ils n'en consommaient.

Les économistes qui ont combattu cette sortie n'ont pas toujours été plus avisés. Dans leur majorité ils se sont contentés d'annoncer une catastrophe. Des conséquences économiques terribles : un plongeon des Bourses, une crise de confiance, le blocage des investissements, l'effondrement de la livre sterling, le retour des droits de douane sur les importations, le plongeon dans la récession. Et encore nous ne reprenons ici qu'une partie de la caricature.

À les suivre, la Grande-Bretagne hors de l'Union ressemblerait au tableau de Géricault, « le Radeau de la Méduse ». Comme si l'on pouvait convaincre les citoyens par un tel discours apocalyptique ! Deux manières opposées d'escamoter le vrai débat sur la transformation de l'Europe. Ce qui va se passer est plus simple. Le Royaume-Uni a un très important déficit extérieur structurel, lié à sa désindustrialisation. Après le Brexit, ce déficit sera plus difficile à financer. Le pays devrait donc jouer sur une dépréciation permanente de la livre sterling. La baisse des investissements étrangers va se combiner à la dépréciation du change. La baisse du revenu réel, et du pouvoir d'achat des ménages, due à la hausse des prix des importations, va conduire à un affaiblissement durable de la demande intérieure et de la croissance. Le pays sera condamné à jouer le dumping monétaire, social et fiscal vis-à-vis de l'Europe. Ce sont les couches populaires de chaque côté de la Manche qui en fin de compte feront les frais de cet ajustement.

Le vote britannique révèle l'importance du désaveu populaire vis-à-vis de l'orientation néolibérale des politiques européennes et de responsables qui, aux différents niveaux, malgré des alertes répétées, ont continué à se soumettre aux diktats des marchés financiers. Ce sont ces politiques qu'il faut le plus rapidement possible changer.

Sortir de l'Europe accentue la concurrence entre les peuples sous le regard des financiers qui continuent à imposer leur loi. Comme le montrera l'exemple britannique, ce n'est pas la solution. Se battre pour une refondation de la construction européenne, et notamment plus de solidarité et une maîtrise collective des banques, des institutions financières et des choix politiques de la Banque centrale européenne, est indispensable et urgent. Là est la bonne question à poser aux citoyens

(*) Économiste et syndicaliste.

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 06:40
Turquie. Erdogan instaure trois mois d'état d'urgence, licencie 60 000 fonctionnaires (Ouest-France)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé mercredi soir l'instauration de l'Etat d'urgence pour trois mois en Turquie à la suite d'une tentative de coup d'Etat manquée la semaine dernière.

« Notre conseil des ministres a décidé de l'instauration de l'état d'urgence pour une durée de trois mois », a annoncé le chef de l'État lors d'une conférence de presse. Cela était« nécessaire pour éradiquer rapidement tous les éléments de l'organisation terroriste impliquée dans la tentative de coup d'État », a-t-il dit en référence aux réseaux du prédicateur Fethullah Gülen, sa bête noire, qu'il a accusé d'avoir été l'instigateur du putsch. Ce dernier, depuis son exil aux États-Unis, a formellement démenti toute implication.

Le président Erdogan s'est engagé à ne faire « aucun compromis » sur la démocratie, alors que son régime est sous le feu des critiques à l'étranger sur l'étendue des purges déclenchées après la tentative de putsch qui ont déjà touché 55 000 Turcs et préoccupent également la population.

Adopter des lois sans passer par le Parlement

« Nous n'avons jamais fait aucun compromis sur la démocratie, et nous n'en ferons jamais », a assuré M. Erdogan lors de son discours à Ankara. L'état d'urgence « n'est absolument pas contre la démocratie, la loi et les libertés » mais « c'est tout le contraire : (il) vise à protéger et renforcer ces valeurs », a-t-il ajouté.

Appliqué officiellement depuis 01h00 (22h00) GMT), l'état d'urgence permet au président et au gouvernement de faire adopter des lois sans passer par la voie parlementaire, ainsi que de limiter ou de suspendre certains droits et libertés.

Selon un dernier bilan officiel, la tentative de putsch dans la nuit de vendredi à samedi a fait 312 morts, dont 145 civils, 60 policiers et trois soldats. 104 rebelles ont été tués.

+++ LIRE AUSSI : Turquie. 60 000 personnes victimes de la purge après le putsch raté

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23 juillet 2016 6 23 /07 /juillet /2016 05:54

L’HUMANITE – Jeudi 21 juillet 2016

THOMAS LEMAHIEU

LE GOUVERNEMENT FAIT MINE DE REJETER LE TAFTA MAIS POUSSE À SIGNER LE CETA, SON ÉQUIVALENT.

Agriculture en péril, tribunaux privés au service des multinationales, harmonisation réglementaire par le bas... L'accord de libre-échange avec le Canada contient toutes les dispositions contestées dans le partenariat UE-États-Unis. Le contrecarrer, c'est arrêter les suivants...

Accord de partenariat transatlantique avec les ÉtatsUnis (Tafta ou TTIP), accord économique et commercial global avec le Canada (Ceta), accord sur le commerce des services (Tisa)... Négociés par la Commission européenne dans la plus grande opacité, les traités visant à constituer de vastes zones de libre-échange à l'échelle planétaire ont de plus en plus de plomb dans l'aile. Ils sont contestés par des citoyens qui ont, par millions, signé des pétitions pour les dénoncer, par les mouvements sociaux et politiques qui organisent des manifestations ou encerclent les négociations pourtant tenues secrètes ¬ la semaine dernière, à Bruxelles, ils ont couvert les représentants européens et étatsuniens de confettis ¬, ou encore par des collectivités territoriales qui déclarent se soustraire par avance à leur application en devenant des « zones hors TTIP », par exemple...

Mais cette fois, il y a le feu à la plaine. Enragé du libre-échange, le patronat européen est inquiet. Vraiment très inquiet

Du Ceta au Tafta, les dominos du libre-échange peuvent tomber

Les partisans des accords de libre-échange ont des sueurs froides ces derniers jours, et tentent par tous les moyens de sauver l'essentiel. Dans une lettre datée du 18 juillet à Donald Tusk, le président du Conseil européen, BusinessEurope, le lobby des mouvements patronaux au sein de l'Union européenne, ne s'en cache pas vraiment. « Le débat public autour du commerce en Europe est rentré dans une nouvelle dimension qui n'existait pas à l'époque où les négociations ont commencé », regrettent sa présidente, Emma Marcegaglia, et son directeur général, Markus Beyrer. En clair, la publicité, arrachée par les mobilisations sociales, politiques et citoyennes contre les accords comme le Ceta entre l'UE et le Canada ou le Tafta entre l'UE et les États-Unis, embarrasse considérablement les patrons des patrons.

Le gouvernement français fait mine de s'opposer au Tafta

À travers leur courrier, réclamant une ratification « rapide » du Ceta ¬ ils appellent à la signature lors du prochain sommet UE-Canada le 26 octobre prochain ¬, les représentants des milieux d'affaires européens pointent en creux le danger : « L'entrée en vigueur du Ceta n'est pas seulement importante pour les relations économiques entre l'UE et le Canada, mais bien pour toute la politique commerciale de l'UE dans son ensemble, estime BusinessEurope. Si l'application provisoire du Ceta devait être repoussée, le signal envoyé aux entreprises européennes et aux autres partenaires commerciaux serait que l'UE n'est plus capable d'avancer sur l'une de ses politiques principales. (...). L'UE doit aujourd'hui affronter de nombreux défis de taille. Sa crédibilité, au plan intérieur comme extérieur, est en grave danger de désintégration.

L'acceptation du Ceta sera dès lors une épreuve de vérité pour la crédibilité extérieure de l'Union en tant que partenaire pour les négociations commerciales .» À l'exception notable du gouvernement français qui fait désormais mine de s'opposer au Tafta, tout en vantant le Ceta (lire ci-contre), leurs défenseurs les plus conséquents et leurs adversaires les plus résolus sont d'accord sur une chose à propos des traités de libre-échange de cette ampleur : ils ont tous partie liée et, si l'un était conclu ou mis en échec, tous les autres pourraient emprunter le même chemin...

Pour la Commission européenne, comme pour ses supporters les plus bruyants, l'objectif est dès lors très simple : alors que les négociations avec les États-Unis paraissent patiner depuis quelques mois, il faut concrétiser très vite sur l'accord avec le Canada. Et qu'importe si cela se fait au prix d'une nouvelle acrobatie antidémocratique : le Ceta devra recueillir l'approbation des Parlements nationaux des États membres de l'Union européenne, mais les institutions européennes n'excluent pas d'appliquer sans attendre certains chapitres de l'accord, comme ceux sur la libéralisation de l'investissement, par exemple...

Des accords qui contrent les réglementations nationales

Au-delà de la méthode de négociation et de ratification, le Ceta comprend la plupart des dimensions contestables du Tafta. De ce fait, il constitue, à l'évidence, une étape indispensable en vue de la mise en oeuvre d'un accord avec les États-Unis.

Et, au pire pour les multinationales, il pourrait même suffire d'une certaine manière car plus de 80 % des entreprises américaines présentes en Europe disposent déjà de filiales au Canada. Du coup, une fois le Ceta entré en application, elles pourront par ce biais, et sans attendre le Tafta, porter plainte devant les fameux tribunaux d'arbitrage contre des États européens... Au coeur de l'accord de libre-échange avec le Canada, ce mécanisme qui suscite une controverse importante dans les négociations avec les États-Unis est d'ores et déjà ouvert: une multinationale qui considère qu'une forme de régulation réduit la rentabilité de ses investissements peut poursuivre l'État qui la met en oeuvre.

Déjà présent dans de nombreux accords bilatéraux ou multilatéraux de commerce, ces procédures ont littéralement explosé ces dernières années. En offrant des moyens de chantage à bon compte, elles permettent aux grandes entreprises de faire pression, voire de dicter leurs politiques aux États. Au début de l'année 2016, un géant canadien de l'exploitation du « pétrole sale » issu des sables bitumineux a attaqué l'administration Obama qui, sous la pression citoyenne, avait décidé de rejeter un projet d'agrandissement d'un pipeline reliant l'Alberta au golfe du Mexique. Les Canadiens réclament aujourd'hui aux autorités états-uniennes la coquette somme de 15 milliards de dollars (13,6 milliards d'euros).

La publicité, arrachée par les mobilisations contre le Ceta et le Tafta, embarrasse les patrons des patrons.

Pour le reste, le Ceta, comme le Tafta en gestation, tourne à plein régime contre les réglementations nationales et soumet les décisions politiques aux multinationales. Entre l'Union européenne et le Canada, une procédure dite de « coopération réglementaire » est mise en place avec, comme but exclusif, de « faciliter » les investissements et de contribuer à « améliorer la compétitivité ». Livré au lobbying des grandes entreprises, un « forum de coopération réglementaire » sera mis en place, chargé d'examiner au préalable toutes les dispositions qui pourraient avoir un impact sur les affaires ¬ vaste mandat, une fois de plus! Pour ce qui est des services, le Ceta marche comme tous ses homologues sur le principe de la « liste négative », ce qui signifie que tous les secteurs sont susceptibles d'être ouverts à la concurrence, sauf ceux qui sont explicitement désignés comme exclus de la libéralisation générale.

En matière de services publics, le mécanisme est extrêmement dangereux: une fois le secteur ouvert au privé, il devient extrêmement difficile de revenir en arrière, comme on peut l'envisager dans la gestion de l'eau, l'énergie ou les transports, par exemple.

Côté européen, la fronde contre le Ceta prend de l'ampleur

Ensuite, par le biais de la suppression des tarifs douaniers ¬ près de 99 % des droits de douane disparaîtraient en cas d'entrée en vigueur ¬ et l'abaissement des normes sanitaires, le Ceta promet de fragiliser plus encore l'agriculture européenne. Comme le soulignent les ONG écologistes, le principe de précaution n'est pas mentionné une seule fois dans le pourtant volumineux texte du Ceta, et ça n'est pas un accident: il s'agit d'autoriser les exportations de viandes traitées aux hormones ou d'OGM. En mai dernier, comme le pointe Attac, le lobby canadien Soy Canada a invité l'Union européenne à anticiper en quelque sorte ses engagements pris dans le Ceta en approuvant trois produits de soja génétiquement modifiés. Enfin, sur l'environnement (lire aussi page 5), le traité UECanada consacre l'exploitation tous azimuts des ressources fossiles et, à la différence de la minutieuse description des recours offerts aux multinationales, quand il s'agit de s'avancer sur le « développement durable », le document en reste aux grandes envolées sans portée juridique, ni clause explicite et contraignante.

Avec la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit), les fanatiques du libreéchange dans l'Union européenne perdent leur figure de proue. Il y a une dizaine de jours, Ed Fast, l'ex-ministre canadien chargé du commerce qui avait négocié l'accord, n'a pas caché son inquiétude. « Le RoyaumeUni avait beaucoup aidé à parvenir à l'accord, a rappelé le conservateur. Avec leur sortie de l'Union européenne, il y a un gros risque que l'équilibre trouvé ne tienne pas... »

Du côté européen, la fronde contre le Tafta, mais d'abord dans l'immédiat contre le Ceta, prend de l'ampleur dans de nombreux pays. La Slovénie s'est insurgée contre les velléités de mettre en oeuvre l'accord UECanada sans attendre la validation par les Parlements nationaux. En Belgique, où la nature fédérale des institutions implique la consultation des assemblées régionales, les députés wallons et bruxellois ont déjà promis de voter contre le Ceta. En Allemagne, surtout, les parlementaires Die Linke (gauche radicale) viennent d'engager une procédure pour faire reconnaître l'inconstitutionnalité du Ceta. « Si le gouvernement se trouve à l'évidence plus lié aux intérêts des multinationales qu'aux intérêts des citoyens, nous sommes contraints d'aller sur une action légale, explique Klaus Ernst, leader de Die Linke au Bundestag. J'espère bien que le Ceta va être mis en échec maintenant, nous ne pouvons plus nous permettre de nouvelles entailles dans notre démocratie. »

APPELS À LA MOBILISATION CONTRE L'ACCORD UE-CANADA

De nombreuses associations telle Attac font un travail de veille sur les négociations des traités de libre-échange.

Le site Internet de la coalition Stop-ttip (1) propose aux internautes de poser par courrier des questions sur l'accord UE-Canada à leurs députés européens, afin de publier leurs réponses et de confronter celles-ci à la réalité des faits.

De son côté, Artisans du monde (2) propose une pétition pour demander à François Hollande de mettre « un terme aux négociations du Tafta » entre l'Union européenne et les États-Unis et de refuser d'« approuver le Ceta ». Plus de 91300 personnes ont déjà répondu à l'appel.

(1) https://stop-ttip.org/fr/

(2) http://www. artisansdumonde.org/actualites-equitables/tafta-ceta-petition-hollande

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 19:42

Loi sur la biodiversité : « Chassez le naturel libéral et il revient au galop » (PCF)

JEUDI, 21 JUILLET, 2016

HUMANITE.FR

Au final il aura fallu pas moins de deux ans, et quatre lectures au Parlement, pour que ce texte voit enfin le jour. Le débat politique s'est résumé à une question : dis-moi quelle est ta conception des rapports Homme / Nature et je te dirai ce que tu as voté. En effet si, dans un premier temps, le débat des parlementaires a exprimé une nette prise de conscience collective d'agir pour stopper la dégradation de notre riche biodiversité, dans un second temps, la posture de la droite aura été de limiter les véritables moyens d'action.

Entre temps, les lobbies agricoles et industriels de l'agrochimie sont passés à l'action pour limiter la perte de leurs profits, et malheureusement les parlementaires de droite se sont laissés séduire par les sirènes ravageuses du productivisme.

Chassez le naturel libéral et il revient au galop.

Néanmoins, ce texte voté par toute la gauche comporte des avancées indéniables : le triptyque « éviter, réduire, compenser », la reconnaissance du préjudice écologique, la non régression du droit de l'environnement, la ratification du protocole de Nagoya, la non-brevetabilité du vivant impulsée par les parlementaires communistes et enfin l'interdiction des néonicotinoïdes s'appliquera bien à compter du 1er septembre 2018. Ces avancées sont réelles et nous nous en réjouissons.

Par contre, il faudra encore attendre pour ce qui concerne les taxes sur les huiles issues de l'agriculture et l'interdiction du chalutage en mer profonde adoptée par l'Europe. Enfin nos craintes persistent sur les moyens financiers et humains qui seront alloués à la nouvelle Agence pour la biodiversité.

Le respect et la préservation de la biodiversité est une affaire de choix de civilisation qui nécessite un débat permanent. C'est pourquoi nous organiserons « un mois pour la biodiversité » durant tout le mois d'octobre

Parti communiste français

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 19:39
Campagnes Boycott, désinvestissement, sanctions sur Israël: déclaration du PCF

Campagnes BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) : Déclaration du PCF

Parti communiste français - vendredi 22 juillet 2016

Suite à un texte diffusé par le Crif faisant état de l’audition par sa commission « Relations avec les élus » d’une conseillère communiste de Paris, des affirmations sans fondement ont circulé sur les réseaux sociaux quant à la position du Parti communiste français sur les campagnes BDS et à la nature et les objectifs de ces campagnes.

Le PCF tient à rappeler et réaffirmer son soutien sans équivoque depuis son origine à la campagne BDS International et à l’Appel de 2005 lancé par les partis politiques, syndicats, associations, coalitions et organisations palestinien(ne)s représentant les trois parties intégrantes du peuple de la Palestine : réfugiés palestiniens, Palestiniens sous occupation et citoyens palestiniens d’Israël.

Encore le 4 juin dernier, le PCF a publié une vidéo appelant à la mobilisation populaire pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens ->https://www.youtube.com/watch?v=HbiW3xJUNOg)] et rappelant le sens de son engagement aux côtés des démocrates et progressistes israéliens et palestiniens pour le respect du droit international, l’arrêt de la colonisation et de l’occupation israéliennes, la reconnaissance de l’Etat palestinien dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale, la libération de Marwan Barghouthi et de tous les prisonniers politiques palestiniens, la levée du blocus de Gaza, la destruction du Mur, le retour des réfugiés palestiniens et la coexistence pacifique entre Palestiniens et Israéliens.

Les forces progressistes et démocratiques israéliennes telles que le Parti communiste israélien, Breaking the Silence, La Paix maintenant, de nombreuses personnalités, y compris de droite et des membres de l’Etat-Major, appellent en Israël à mettre fin à l’occupation et la colonisation des territoires palestiniens, au respect des accords internationaux et à un règlement diplomatique pacifique d’une situation dont les gouvernements successifs israéliens, mais particulièrement celui de Benjamin Netanyahu, portent la responsabilité.

De nombreux militants communistes français participent aux actions pacifiques de BDS France, dont le PCF n’est pas signataire, et sont poursuivis en vertu des circulaires Mercier et Alliot-Marie qui criminalisent l’action militante pacifiste et insultent les militants de la paix les accusant d’antisémitisme. Ce sont ces circulaires et l’interdiction du boycott citoyen qui sont illégales, pas l’action non violente des militants de la paix engagés pour la solution à deux Etats. Engagé à leurs côtés pour leur relaxe, le PCF milite pour l’abrogation de ces circulaires adoptées sous la présidence Sarkozy.

Ces dernières années, l’Union européenne qui, elle-même, au regard du droit et des conventions internationales, « ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoires occupés par le pays depuis juin 1967 qui sont le plateau du Golan, la bande de Gaza et la Cisjordanie y compris Jérusalem-Est », a exclu les produits issus des colonies illégales israéliennes de l’accès aux financements européens.

Cette position est la seule et unique position du PCF, elle est au coeur de son engagement pour la paix, la fraternité entre les peuples et la solidarité internationale.

Parti communiste français

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 19:05
Après le Guilvinec, souper marin au Port de Lesconil le samedi 23 juillet: grande fête du Travailleur de la Mer

Après le succès et l’ambiance chaleureuse du Guilvinec, malgré les circonstances particulièrement tragiques des évènements de Nice, une nouvelle fête de section du PCF du pays bigouden se tiendra le Samedi 23 juillet à partir de 19h à Lesconil la grande Fête du Travailleur de la Mer

Au menu soupe de poissons, paella, moules, saucisses, merguez, frites, kouign et far breton…
L’animation pendant le repas sera assurée par le groupe « Ar Vaskoden » et ses chants de marins et le groupe « Shoes Daim » nous fera rocker toute la nuit…
Si vous avez aimé l’ambiance de samedi dernier lors de la fête du Guilvinec alors vous apprécierez la soirée de Lesconil.
N’hésitez pas à partager l’info autour de vous
À samedi !!!

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 18:39

Les débats de la fête de l'Humanité le 9, 10, 11 septembre sur l'espace Bretagne:

- Vendredi 9 septembre 17h: La jeunes dans le mouvement social: quelles perspectives après le mouvement contre la loi travail? (PCF 35 + Jeunes Communistes Bretagne)

- Samedi 10 septembre 11h: La République française et les identités régionales: état des lieux sur les questions de l'identité, de la langue et de la culture bretonnes (PCF 29)

Avec Jean-René Le Quéau et Paolig Combot (association et maison d'édition Ar Falz Skol Vreizh) et d'autres intervenants encore non confirmés.

- Samedi 10 septembre 15h: Débat du réseau Agriculture, organisé par Xavier Compain (réseau agriculture national)

- Dimanche 11 septembre 11h: Débat sur la santé, organisé par Christiane Caro animatrice de l'atelier régional santé (PCF 22)

Le PCF Finistère aura cette année un stand bar et restauration rapide à côté des stands des autres fédés bretonnes.

Venez nombreux participer à la plus grande fête populaire de France et participer à ces débats organisés par les fédérations bretonnes du Parti Communiste et les Jeunesses Communistes.

http://fete.humanite.fr/

Les débats de l'espace Bretagne à la fête de l'Humanité
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