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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:10

«Mêlez-vous de vos fesses!»: comment le maire FN de Fréjus parle à l'opposition

23 JUIN 2016 | PAR MARINE TURCHI

À Fréjus, le sénateur-maire FN David Rachline multiplie les attaques contre la presse et l'opposition. Mercredi soir, les tensions ont redoublé au conseil municipal : journalistes taxés de « militants politiques » et éjectés de leurs places, élus insultés sous les huées d'un public acquis au maire et chantant La Marseillaise debout. L'opposition a quitté la salle.

Dans nombre de villes, il arrive que les conseils municipaux soient animés, voire très animés, parfois à la limite du cirque politique. À Fréjus (Var), commune du sénateur-maire FN David Rachline, l’opposition ne rit plus. « C’est soviétique, résume Philippe Mougin, dirigeant de l’opposition LR (ex-UMP). On assiste à une dérive autocratique. » « J’ai assisté à quelque chose hier soir, je ne sais pas si on peut appeler ça un conseil municipal. C’est Ubu Roi », raconte une autre élue municipale. « On ne peut plus exercer notre rôle d’opposition », se désole Françoise Cauwel, cheffe de file du groupe divers droite, laquelle dit être rentrée « abattue ».

Mercredi soir, dès 17 h 30, les partisans du maire sont arrivés en nombre pour remplir les rangs destinés au public. « Il avait prévu le coup, d’habitude il ouvre les portes à 18 h 30, là son fan-club est arrivé une heure avant, il ne restait plus de places pour les opposants, relégués au fond, où l’on entend rien », relate une élue de droite. « Il avait invité une centaine de personnes, pas les militants habituels, des gens bizarres qu’on n’avait jamais vus, explique Françoise Cauwel. Ils avaient ordre de huer à chaque intervention de l’opposition. »

D’entrée, le maire, dont les relations avec les journalistes sont déjà houleuses (lire notre enquête), a annoncé qu’il interdisait à la presse sa place habituelle. « Il a dit “vous êtes des opposants politiques, je n’ai pas à vous autoriser l’accès à la salle ; si vous voulez rester, allez dans le public” », rapporte Françoise Cauwel. « Il s'en est pris à la “presse partisane”, aux “journalistes aux ordres”, aux “gauchistes”, à la “sous-préfecture”. Les tables de presse ont été supprimées, les journalistes relégués au fond du public, où l’on n'entendait rien », explique Philippe Mougin.

La journaliste de Var-Matin est restée au fond de la salle, tandis que Dominique Brun, le journaliste de Mosaïque FM, une radio locale, a quitté la séance, refusant de travailler « dans de telles conditions ». Sur Facebook, il a livré son récit et dénoncé une « restriction des libertés qui s'imposent à tous dans une démocratie et qui font la richesse d'une démocratie locale ». « Dorénavant, a annoncé [le maire], la communication de la ville s'effectuera uniquement au travers du journal municipal avec des journalistes rémunérés par la ville et nos impôts […] et sur les réseaux sociaux avec des militants chargés de diffuser la propagande municipale officielle, écrit Dominique Brun. De la bonne information entre soi, sans aucune contradiction.

Plusieurs élus de l’opposition sont intervenus pour dénoncer cette décision et défendre la « liberté de la presse ». Philippe Mougin a cité la devise du Figaro : « Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur ». « Vous privez la presse, à quel titre ? a interrogé Françoise Cauwel. On a besoin de la presse pour relayer aussi nos interventions, notre travail. » Le maire s’emporte : « Vous êtes prête à tout pour vous faire remarquer, y compris à vous mettre une plume dans le cul ! » Agitation dans la salle, le public applaudit, l’opposition s’indigne.

Au fur et à mesure de la séance, la tension monte. Lors du vote du compte administratif, le maire sort de la salle, comme le règlement l’y oblige. « Je ne sais pas ce qu’il a fait, il est revenu, il était bien bien bien en forme… Il essayait des lunettes de soleil, il marchait. On s’est dit “il fait quoi ?” », rapporte une élue. « Quand il est re-rentré, il était dans un état très bizarre, surexcité, raconte également Françoise Cauwel. Il rigolait sans cesse et faisait des petits signes à tout le monde. Il nous a dit qu’on était “que de la « lose »”, j’étais étonnée de la familiarité ; d’habitude, il nous taxe de “système UMPS”. Là, il s’est mis à s’énerver énormément, ce qui a provoqué une tension supplémentaire. Tout le monde hurlait dans le public, j’ai pris la parole pour lui dire que Fréjus était aussi apaisé que "la France apaisée" de Marine Le Pen (le nouveau slogan du FN – ndlr), et je lui ai demandé de se calmer. Là, il s’est énervé encore plus. »

« Mais ferme-la, ta gueule! »

Quand vient la question 8, qui concerne les animations estivales, Françoise Cauwel interroge le maire sur le dispositif de sécurité prévu pour le concert de Johnny Hallyday, le 2 juillet, et fait part de ses réserves: « Des bénévoles ne suffiront pas. » Réponse du maire : « Mêlez-vous de vos fesses ! » Explosion de rires et applaudissements dans la salle. « Le maire nous a fait huer, affirme l’élue. Je lui ai dit qu’il ne pouvait pas se comporter comme cela, qu’il était sénateur et maire d’une commune de 50 000 habitants. On a demandé le respect de notre parole. »

David Rachline coupe les micros des opposants qui s’exprimaient. « Il s’est senti soutenu, alors il est monté en puissance, raconte Philippe Mougin. La police de l’assemblée n’a pas été respectée, alors que, lors du précédent conseil municipal, il lui avait demandé d’intervenir contre les opposants. C'est un “deux poids, deux mesures”. Là, il encourageait le chahut de la salle. »

Dans le brouhaha, la salle entonne La Marseillaise, debout. « Le maire était mort de rire quand les gens chantaient, la main sur le cœur. Il était un peu le chef d’orchestre », relate une élue de droite. L’opposition décide de quitter la salle, à l’exception d’une élue, restée pour observer la suite des votes. « On avait pourtant posé des questions totalement justifiées », affirme une conseillère municipale.

Sollicité par Mediapart, le maire n'a pas donné suite. Mais il a opposé, sur les réseaux sociaux, un tout autre récit de la séance. Sur Facebook et Twitter, il s’affiche souriant, entouré d’une foule de militants, pouces en l’air. Et il dénonce l’opposition qui « a violemment pris à parti le Front national » et « quitt[é] la salle quand le public entonne notre hymne national ! Une honte ! »« Le public leur répond par une Marseillaise. Merci à eux ! » écrit-il.

Jeudi après-midi, il a dénoncé, dans un communiqué, le « sabotage » de sa ville et « une manœuvre de déstabilisation » de l'opposition, par des « interventions orchestrées », des « propos polémiques », des « commentaires politiciens partisans ». Le maire place sur le même plan la presse locale, qui s'inscrit selon lui « dans un système de polémique systématique de désinformation et de dénaturation des faits contraire à l’intérêt de notre ville ». « J’assume pleinement de ne plus être associé, sous quelque forme que ce soit, à cette ligne éditoriale contraire à tout principe de pluralité et d’objectivité élémentaire de l’information », dit-il.

« Var-Matin a pu suivre dans le public, il n'a donc pas été interdit de conseil. Stop à la manipulation des médias militants ! explique à Mediapart Christopher Pecoul, sur Twitter. Être dans le public n'est pas assez bien pour la presse ? Elle vaut mieux que les Fréjusiens ? La presse militante n'est un secret pour personne, c'est d'ailleurs pour ça que Var-Matin est au bord du dépôt de bilan… »

De son côté, Françoise Cauwel a écrit mercredi soir à la ministre des droits des femmes, Laurence Rossignol (lire son courrier ici), se disant « profondément choquée » par le comportement du maire. Une plainte pour injures à caractère sexiste est à l’étude chez son avocat. Lors d'un précédent conseil municipal, l'élue avait déjà reçu un « Mais ferme-la, ta gueule! », répété quatre fois par une conseillère frontiste. « Moi, j'aurais été moins poli », lui avait répondu le maire, à qui elle demandait d'intervenir.

« David Rachline dit “maintenant je ne demande plus, j’exige”, “je suis le maire, je fais ce que je veux”, il nous nargue systématiquement en disant “vous avez voté contre, la question est adoptée”, étant donné qu’il a la majorité », se désole une élue de droite. « On est face à un maire qui ne supporte plus aucune contestation, qui est en conflit avec la presse écrite et audiovisuelle, qui blinde la salle de ses militants, et fait ensuite sortir les journalistes, qui insulte une conseillère municipale, dénonce Philippe Mougin. Il s’enferme dans une dérive avec un service communication qui fait sa propagande dans le journal municipal, avec des anciens de Var-Matin. Ça va aller de mal en pis… »

« En difficulté dans sa gestion municipale, le FN a montre un triste visage hier. Fréjus est abîmée », a réagi dans un communiqué la socialiste fréjusienne Elsa Di Méo, secrétaire nationale du PS, en dénonçant les « insultes envers une élue » et les « attaques contre la presse » qui « se sont muées en mise au banc de celle-ci ». « Cela est inacceptable. On ne joue pas avec la liberté de la presse si l'on est démocrate. »

Depuis quelques semaines, David Rachline est sous pression sur plusieurs dossiers locaux qui rencontrent l’opposition de riverains ou de collectifs. Il a aussi été gêné par les questions des médias sur le projet de Surf Academy, – dont Mediapart avait révélé le sulfureux concepteur –, retoqué par la préfecture, et dont il a présenté une nouvelle version mercredi soir. Depuis, le maire évite les questions sur le sujet et a annoncé sa décision de communiquer directement par son journal municipal, devenu mensuel.

ça s'passe comme ça dans une mairie FN... Petit tour à Fréjus de Médiapart
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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 05:35

Le prochain conseil municipal à Morlaix aura lieu le Mardi 28 juin à 18h30.

A l'ordre du jour:

- Election des nouveaux conseillers municipaux d'opposition dans les commissions et structures

- Demande d'approbation du rapport de la Commission Locale d'Evaluation des Charges Transférées (dépendant de Morlaix Communauté)

- Décisions modificatives au budget primitif 2016

- Mécénat pour la réhabilitation du musée de Morlaix

- Tarif de la salle socio-culturelle de Ploujean (création d'un tarif réduit pour une réservation de la petite salle à la demi-journée)

- achats et fournitures de la ville (carburants, télécommunications, matériel scolaire)

- Projet Educatif Local: projets à soutenir.

- avenant au règlement intérieur des cantines scolaires

- ajouts aux attributions de subventions aux associations (Association des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation du Finistère 200€/ MAJ 13000€/ Théâtre de Morlaix 8000€/ association de jumelage Morlaix-Wavel 100€)

- tarifs aidés par la ville du patio en fonction du quotient familial

- changements de statuts de Morlaix-Communauté pour les prises de compétence eau et assainissement, la fusion des syndicats mixtes de l'eau du Trégor et du Léon

- actualisation du tableau des effectifs

- attribution de titres-restaurant au personnel communal

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 15:31
Jaurès dans son grand meeting pour la paix au pré Saint Gervais en 1913

Jaurès dans son grand meeting pour la paix au pré Saint Gervais en 1913

Clemenceau, Jaurès, la CGT et… Valls !

Jean-Paul Scot Historien et auteur de Jaurès et le réformisme révolutionnaire (Seuil)

Manuel Valls avouait en 2008 dans Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche : « J’ai mis du temps à admettre que j’aurais plus facilement applaudi le Tigre que le fondateur de l’Humanité. Maintenant, j’assume. » À Jaurès, il préfère toujours Clemenceau qui avait refusé de « se laisser abuser par l’idéologie binaire de la lutte des classes ». D’abord un rappel.

1er mai 1906 : la CGT lance la grève générale pour les 3x8 ; les travailleurs sont appelés à arrêter le travail au bout de huit heures. Depuis la catastrophe de Courrières où 1 100 mineurs ont péri en mars, le climat social est très lourd. Clemenceau, le ministre de l’Intérieur, a décrété l’état de siège, fait arrêter des militants CGT et envoyé l’armée pour briser la grève générale reconduite par référendum des mineurs du Nord-Pas-de-Calais. Depuis avril, la grande presse agite le spectre du Grand Soir, des bourgeois fuient Paris, des capitaux passent à l’étranger. Clemenceau prétexte un complot syndical et fait arrêter la direction de la CGT. Pourtant, 200 000 grévistes manifestent à Paris et plus encore en province : les chasseurs à cheval chargent place de la République, des centaines de travailleurs sont blessés et arrêtés. Mais des grèves se poursuivent dans de grandes usines.

Lors d’une fameuse joute oratoire à la Chambre des députés du 12 au 19 juin, Clemenceau, devenu président du Conseil, se flatte d’avoir sauvé l’« ordre républicain » et la « liberté du travail ». Il dénonce les syndicalistes « qui agissent contre la classe ouvrière », reproche aux socialistes de ne pas soutenir son programme de « réformation sociale ». Ce à quoi Jaurès réplique qu’« il s’agit de savoir quel sens précis nous mettons sous ces mots » de réformes. Le tribun socialiste met en cause « la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes ». Il démonte la rhétorique officielle sur la violence ouvrière « visible », accuse la « violence cachée » du patronat et démasque le « maintien de l’ordre public » en faveur des « classes dirigeantes ».

Désormais, pour Jaurès, le programme républicain des radicaux est « achevé » car « c’est la question économique, c’est la question sociale, c’est la question de la propriété qui apparaît au premier plan ». Certes, Jaurès critique fermement les tactiques de l’« action directe » et de la « grève générale » d’une CGT dirigée alors par des anarcho-syndicalistes, mais, affirme-t-il, une « nouvelle époque » s’ouvre, celle de « l’unité d’action du socialisme et du mouvement ouvrier » dans le respect de leur autonomie. Quant à Clemenceau, il continuera à briser, par la répression et la manipulation policière, les grèves des ouvriers du bâtiment et les manifestations des vignerons du Midi en 1907. Fier d’être « briseur des grèves », il interdira encore de manifester le 1er mai 1910 à Paris, bien que la CGT se soit engagée à assurer « l’ordre légal » par un rassemblement pacifique au Champ-de-Mars.

Un peu de réflexion maintenant. L’histoire ne se répète certes pas, mais elle nous laisse des héritages et des… dettes. C’est à ­Clemenceau que nous devons ce culte obsessionnel de l’« ordre public »… ainsi que le sinistre traité de Versailles, ferment de tous les nationalismes et fauteur de la Deuxième Guerre mondiale. Jaurès, lui, nous a légué son amour de la paix et de l’internationalisme, ainsi qu’une conception révolutionnaire de la démocratie sociale bien oubliée aujourd’hui. Le Parti socialiste devait « compléter la démocratie politique par la démocratie sociale ». La « souveraineté du peuple » exprimée par la proportionnelle intégrale devait être complétée par la « souveraineté du travail ». Les élus des travailleurs devaient assumer « une part de responsabilité, de contrôle, de direction » en participant aux conseils d’administration de toutes les entreprises, privées, coopératives et publiques, avec autant de pouvoir que les actionnaires. L’orientation de l’économie nationale devait être confiée à un Conseil démocratique du travail élu par tous les travailleurs et remplaçant le Sénat « bourgeois et réactionnaire ». Mais les socialistes ont occulté dès 1920 la stratégie jaurésienne de l’« évolution révolutionnaire ». Et les communistes ont longtemps oublié la conception de Jaurès d’un socialisme démocratique sans dictature du prolétariat.

Nous avons oublié également son analyse des contradictions inhérentes au réformisme qui « affirme et nie tout à la fois le régime capitaliste ». Sans trop simplifier l’histoire, nous pouvons dire que nous avons hérité de la CGT et du PCF les conquêtes sociales du Front populaire et de la Libération, les luttes contre les guerres coloniales, la défense du modèle social français et la résistance face au capitalisme mondialisé. Et nous devons aux dirigeants socialistes, à Léon Blum la non-intervention en Espagne et la guerre ­d’Indochine, à Guy Mollet, l’enlisement dans celle d’Algérie, à ­François Mitterrand la non-application du programme de la gauche unie et le oui à l’Europe de Maastricht, à François Hollande… On ne peut pas servir à la fois deux maîtres, le capital et le travail, quand la démocratie dépend fondamentalement du rapport des forces entre les classes sociales.

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 14:11

Une interpellation brûlante d'actualité, en témoigne cet article de Ouest-France aujourd'hui:

Arrêt de la production à Tilly Sabco?

"Cela fait déjà plusieurs mois que Tilly Sabco Bretagne tourne au ralenti, que les salariés ne travaillent que quelques jours par semaine. Et l'avenir est de plus en plus incertain: en comité d'entreprise, l'un des encadrants des salariés a annoncé que mardi prochain serait la seule journée d'abattage de la semaine. Aujourd'hui, c'est le flou total: l'information n'est plus transmise entre le directoire et la base. Corinne Nicole, représentante CGT du personnel, déplore cette ignorance dans laquelle sont maintenus les salariés: "C'est la première fois qu'on ne respecte pas les membres de l'entreprise et les représentants du personnel. On assimile ça à du mépris."

Pas d'information donc, et des indices inquiétants: "On côtoie les éleveurs, ce sont des gens du coin et ils disent qu'il n'y a plus de poulet pour Tilly" indique Corinne Nicole.

Jean-Luc Chapalain, président de la CCI, l'autre actionnaire de Tilly Sabco, n'a pas répondu à nos sollicitations.

Nicolas Troadec, Ouest-France

Voir aussi l'article éclairant de Roger Héré le 21 mai dernier, suivi d'une lettre ouverte à Marylise Lebranchu qui constitue la base du tract, pour laquelle nous n'avons pas eu de réponse.

Tilly Sabco Bretagne, une deuxième partie de poker menteur ?

Depuis fin 2014, date de la décision du tribunal de commerce de Brest de confier à « l'entente » MS FOODS/OLMIX/CCI de Morlaix les rènes de l'entreprise Tilly Sabco, rien n'a été fait pour relancer l'activité. Mais lorsque l'on dit : rien ! Il faut vraiment entendre : rien !

Depuis 18 mois les salariés ne travaillent réellement qu'une seule journée par semaine (voire deux dans le meilleur des cas) au service de l'entreprise. Le reste du temps ils sont, soit en formation professionnelle, soit au chômage partiel, c'est-à-dire en fait rémunérés pour l'essentiel au moyen de fonds publics. Depuis 18 mois, les 200 salariés restants de l'entreprise sont littéralement baladés de promesses, toutes dénuées de tout commencement de réalisation par l'un ou l'autre des actionnaires.

Le directeur salarié Sauvaget qu'on avait connu plus remuant lorsqu'il s'agissait de quémander des subsides sur fonds publics, reste étrangement silencieux, ne trouvant rien à redire face à l'attitude d'actionnaires qui « procrastinent » manifestement, semblant attendre sagement au pied de l'arbre la chute du fruit qui ne manquera pas de se produire lorsqu'il sera devenu « trop mûr ». Le 7 novembre 2015 dans une lettre ouverte à M. Chapalain, président de la CCI de Morlaix, la section de Morlaix du PCF constatait qu'un an après la reprise acceptée par le tribunal de commerce les engagements pris par la direction, SAS Tilly Sabco Bretagne dans son ensemble, n'avaient pas été respectés, et que l'on ne voyait se dessiner aucune perspective sérieuse de réorientation de l'activité. La section de Morlaix du PCF faisait état de sa vive préoccupation, et des graves conséquences, en premier lieu pour les salariés de l'entreprise Tilly Sabco Bretagne eux-mêmes dont l'emploi n'était pas garanti, mais aussi pour le secteur de l'agroalimentaire, ou de ce qu'il en restait, et bien entendu pour toute la vie économique et sociale de Guerlesquin et, au-delà, de la région.

C'est pourquoi elle interpellait le président de la CCI pour qu'il apporte un éclairage public sur la situation exacte et les difficultés éventuelles rencontrées par l'entreprise, et pour qu'il indique les dispositions concrètes qu'il comptait prendre pour réaliser les investissements promis et redémarrer l'activité dans la direction qui était projetée. Comme prévu le président de la CCI n'avait pas daigné répondre à cette demande, mais avait même fait savoir son agacement quant au fait d'être ainsi invité à mettre le problème sur la place publique, a fortiori quand cette interpellation émanait en plus du PCF (qui d'ailleurs à ce jour est la seule organisation politique à s'en être inquiété publiquement). Certes depuis des choses se sont passées, mais pas vraiment celles qui étaient espérées.

En effet, en novembre 2015, suite à des « désaccords » entre actionnaires, la société OLMIX qui possédait 33 % des parts revendait celles-ci à la CCI de Morlaix pour un montant de 500 000 € soit exactement à la même valeur que le montant de son apport lors de la constitution de la nouvelle société Tilly Sabco Bretagne (TSB) en 2014. Dans un communiqué la CCI de Morlaix justifiait le retrait de OLMIX par l'absence d'une « vision commune des associés sur la stratégie de l'entreprise ».

En fait cela met objectivement un peu plus en évidence que le projet tripartite de fin 2014 s'apparentait davantage au mariage de la carpe et du lapin. La situation, du point de vue du capital, devenait donc la suivante : CCI de Morlaix (actionnaire majoritaire) 66 % des parts, MS Foods, 33 %. Le point de désaccord entre actionnaires dépassé allait-on enfin voir redémarrer réellement l'activité ? Que nenni ! De son côté, Ismaël Dupont, conseiller PCF-Front de Gauche, interpellait le président de Morlaix communauté lors du conseil communautaire du pour alerter sur la situation préoccupante de l'entreprise et lui demander des explications. Là encore la réponse qui lui a été faite était de dire que, certes la question qu'il posait était importante, mais que ça irait mieux demain et en lui faisant comprendre que son inquiétude était injustifiée* . Que s'est-il ensuite passé de novembre 2015 à mai 2016 : rien ...ou presque ! A l'exception cependant d'un nouveau débat entre les deux actionnaires restants, la CCI de Morlaix (majoritaire) et la société anglaise MS Foods.

Cette fois le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Morlaix, l'un des deux actionnaires de Tilly Sabco (avec MS Foods Limited), annonce que la CCI va céder 42 % de ses parts à MS Foods Limited pour un euro symbolique, et qu'elle a obtenu un accord signé avec le patron du groupe dont fait partie l'entreprise MS Foods. Curieux accord dont on aimerait d'ailleurs lire très précisément le contenu.

Ainsi la CCI cèderait gratuitement à MS Foods les parts rachetées pour 500 000 € à OLMIX quelques mois auparavant, plus une partie de celles qu'elle détient depuis son apport au capital de TSB pour le même montant, soit un cadeau de 630 000 €, au bas mot, qu'elle ferait ainsi à MS Foods ?

La société britannique deviendrait ainsi actionnaire majoritaire, à hauteur de 76 % acquis à vraiment moindre frais. En contrepartie on nous dit qu'elle injecterait trois millions d'euros dans l'entreprise, un million pour recapitaliser et deux millions pour investir dans une nouvelle ligne de frais. Et le président de la CCI d'annoncer une assemblée générale des actionnaires le 13 mai 2016. Loin d'être rassurés par ces nouvelles annonces, les employés, au chômage partiel depuis mi-février, se sont dit sceptiques lors de cette annonce. « On attend l'assemblée générale des actionnaires du 13 mai. Il doit entériner ces décisions. Nous serons soulagés quand l'argent sera là », ont déclaré plusieurs élus du CE.

Les salariés avaient raison d'être sceptiques. En effet, le 13 mai, au jour convenu, les salariés ont eu la désagréable surprise de constater que les actionnaires étaient absents et que l'assemblée générale des actionnaires prévue était reportée sine die, et sans en connaître la raison. Mais pour ce qui est de l'activité c'est toujours rien !... on est toujours au point mort ! Assiste-t-on du coup à une deuxième partie de poker menteur, qui vient d'être entamée entre la CCI de Morlaix et MS Foods après une première qui avait conduit à l'élimination de la société OLMIX ?

C'est totalement insupportable ! L'inertie de la direction met clairement en péril l'activité de l'entreprise, qui n'en avait vraiment pas besoin. Il est grand temps de tout mettre sur la place publique !

L'argent public appartient à l'ensemble des citoyens !

On ne peut pas laisser le sort de 200 salariés, de l'activité agroalimentaire sur le pays de Morlaix entre les mains de capitalistes sans scrupules qui s'en moquent bien.

Roger Héré, élu PCF Front de Gauche à Plouigneau - membre de la direction de section du PCF pays de Morlaix

Pour mémoire, voici le compte rendu réalisé par Ismaël Dupont du Conseil Communautaire de Morlaix du 16 novembre 2015 touchant les débats et la question orale sur l'avenir de Tilly Sabco: En fin de conseil, j'ai lu la question orale du Front de Gauche sur l'avenir de Tilly Sabco - question que Jean-Luc Fichet m'avait accordé de poser 4 jours avant mais que contrairement aux usages, il n'a pas fait taper et imprimer pour tous les conseillers communautaires l'aient sous les yeux au moment d'en discuter, ce qui m'a obligé moi-même à lire la question orale sur le téléphone de mon voisin et collègue de l'opposition morlaisienne, Jean-Paul Vermot. J'ai précisé avant de lire la question qu'elle avait été envoyée avant l'annonce dans la presse de la nouvelle prise de participation de la CCI de Morlaix, désormais actionnaire majoritaire. La question gardait néanmoins une pertinence puisqu'elle amenait le Président à s'expliquer sur ce qui s'était passé les mois précédents, sur ce qu'avait fait Morlaix-Co pour rappeler aux actionnaires leurs devoirs d'investissements correspondant à leurs promesses de départ, sachant que Morlaix-Co est cautionnaire pour la CCI, et quels sont les perspectives d'avenir pour Tilly Sabco.

Question orale sur la situation à Tilly Sabco - présentée par Ismaël Dupont Le 16 juin 2014, lors de la reprise de l’entreprise Tilly Sabco par la nouvelle SAS Tilly Babco Bretagne, suite à la décision du tribunal de retenir l'offre MS Foods/Breizh Algae/CCI Morlaix, Morlaix-communauté avait pris la décision d’apporter sa caution à cette reprise sous la forme d'une garantie de 500 000€ pour la CCI de Morlaix, à l'époque actionnaire minoritaire avec 2 millions d'euros engagés dans un plan de reprise et de restructuration de Tilly Sabco, en cas de défaillance. Le projet de reprise comportait plusieurs volets, notamment celui de la mise en place du “poulet sans antibiotique grâce aux algues”,ainsi que celui du “poulet Halal”. Dans ce cadre la nouvelle direction de Tilly Sabco Bretagne, avait assuré à l'époque que le programme d'investissements pour la réorientation de l'activité de l'entreprise serait réalisé pour le mois de juillet 2015. Après le dépôt de bilan, dont 120 salariés avaient fait les frais et qui s'étaient retrouvés sans réelles perspectives dans leur bassin d'emploi, nous espérions que la réorientation prise par les repreneurs au sein de la nouvelle entreprise Tilly Sabco Bretagne allait constituer l'amorce d'un virage dans le sens que nous préconisions, à savoir d'une part vers une production non exclusivement axée sur le poulet congelé export, et une orientation de la production dans le sens de la qualité et de la diversification. Or, à ce jour, à moins de deux mois de la clôture du premier bilan de la SAS Tilly Sabco Bretagne, force est de constater que les engagements pris par la direction, dans son ensemble, n'ont pas été respectés, que les investissements promis n’ont pas été réalisés, et que l’on ne voit se dessiner aucune perspective sérieuse de réorientation de l'activité. Notre préoccupation est donc très vive face à cette situation, qui est grave de conséquences, en premier lieu pour les salariés de l'entreprise Tilly Sabco Bretagne eux-mêmes dont l'emploi n'est pas garanti, mais aussi pour le secteur de l'agroalimentaire, ou de ce qu'il en reste, et bien entendu pour toute la vie économique et sociale de Guerlesquin , de Morlaix communauté, du département et de la région Bretagne dans son ensemble. Pour ces raisons, je vous saurais gré, Monsieur le président, d’apporter votre éclairage sur la situation exacte et les difficultés éventuelles rencontrées par l'entreprise, et indiquer les dispositions concrètes que vous comptez prendre, dans le cadre de vos prérogatives, pour favoriser la réalisation des investissements promis et le démarrage de l'activité dans la direction qui était projetée. * Cette démarche fait suite à la lettre adressée à la CCI par la section PCF du Pays de Morlaix et son secrétaire de section, Daniel Ravasio, lettre restée sans réponse même si la presse nous informe ce week-end des changements dans l'actionnariat et du manque de fiabilité de l'actionnaire OLMIX de Tilly Sabco que nous avions pressenti. Avec quelle garantie pour l'avenir de l'entreprise et les salariés? Quelle réflexion sur une nécessaire réorientation de l'activité? Quel droit de regard des salariés et prise en compte de leur point de vue et de leurs intérêts? Voici la première réponse de Jean-Luc Fichet: " Cette question est importante. L'évolution du dossier Tilly Sabco est surveillée avec beaucoup d'attention. Des investissements étaient en effet prévus pour le milieu de l'année 2015 et n'ont pas été faits, ce qui génère beaucoup d'inquiétudes chez les salariés. Le dossier n'avance pas avec la société Olmix et le choix fait récemment a été que la CCI reprenne très temporairement l'actionnariat, et devienne majoritaire à 66%, à côté du groupe MS Food qui détient toujours 33% du capital. Tilly-Sabco Bretagne est aujourd'hui en position de lancer des investissements de 2,5 millions d'euros sur le poulet frais. Olmix n'est pas écartée du projet, la recherche sur le poulet aux algues continue, mais a besoin de temps, tandis que la société Tilly Sabco a besoin d'investissements immédiats. 220 emplois ont été maintenus sur le site; les personnes ayant perdu leur emploi sont toujours accompagnées dans leur recherche d'emploi par Sodie, installée dans un bureau de Morlaix-Communauté. L'objectif est de redonner sa pleine puissance à cet outil agro-alimentaire, et éventuellement d'augmenter le nombre d'emplois pour récupérer les emplois perdus. On a tout lieu d'être optimiste aujourd'hui quant aux décisions prises. Il y a une volonté de la CCI de faire très rapidement les investissements, ce qui va permettre d'avoir des conditions de travail optimisées. Morlaix Communauté avait apporté sa caution auprès de la CCI quand il a fallu soutenir la fiducie de Tilly Sabco avec Ecomiam sur les fonds de Daniel Sauvaget qui a deux entreprises en parallèle. Cette caution est toujours activée et s'appuie sur une société qui rejoint Ecomiam et fera l'objet d'un remboursement si le million d'euros de la CCI était mobilisé. Ces fonds ne sont pas mobilisés pour le moment et peuvent l'être pendant 5 ans. S'ils sont mobilisés, la caution de Morlaix Communauté vient à la hauteur de 500 000€. Pour l'instant, c'est le statut quo. L'aide de Morlaix Communauté est donc une aide financière par caution auprès de la CCI, la mise à disposition de locaux pour les personnes qui n'ont pas trouvé de travail, l'accompagnement à la recherche de nouveaux investisseurs, car la CCI n'a pas vocation à demeurer actionnaire de Tilly Sabco Bretagne. Son objectif est de trouver des partenaires privés pour les 33% du capital qu'elle vient de racheter à Olmix mais aussi pour les 33% restants de façon à ce que la société prenne son autonomie complète. Ce que l'on peut dire de Tilly Sabco aujourd'hui, c'est que le marché est là, il y a les compétences, les actionnaires qui sont présents, et les bonnes décisions sont prises. Les perspectives se dessinent, mais le poulet aux algues demandera plus de temps que prévu. On doit souligner l'implication remarquable de la CCI sur ce dossier". Voici ma reprise d'intervention suite à la première réponse de Jean-Luc Fichet: "j'ai cru comprendre que pour qu'il y ait une relance des aides à l'investissement dans l'abattoir, il faudrait qu'aucun des actionnaires n'ait plus de 24% des parts. Il faudrait donc que la CCI se désengage de ses parts au profit de partenaires privés. Des noms circulent qui demandent à être confirmés. Il est tout de même regrettable que les salariés, dans leur droit d'observation, d'information, de contrôle, aient été tenus à l'écart de ces jeux et de ces différends capitalistes entre les différents actionnaires de Tilly-Sabco. Ils ont pendant des mois travaillé dans des conditions de sous-emploi sans savoir à quelle sauce ils allaient être mangés; la collectivité n'était pas là pour les rassurer ou leur donner des garanties, les représentants syndicaux n'avaient pas accès à toutes les informations. Cela pose largement la question du pouvoir de contrôle et d'intervention des salariés dans les entreprises. On ne peut plus faire une confiance aveugle au patron, quelle que soit sa réputation de bonnes intentions et de compétence". Jean-Luc Fichet m'a demandé alors de "corriger mes propos". Selon lui, c'est: circulez, il n'y a rien à voir. "Les salariés ont été associés et informés. La situation est difficile. Les actionnaires sont présents. D'ailleurs Corinne Nicole, "déléguée" de la CGT, donne un avis très favorable à ces informations et se satisfait de toutes les décisions qui sont prises. Il y a lieu de croire, selon Jean-Luc Fichet, que si elle donne ce satisfecit, c'est qu'elle et son syndicat sont informés, comme le sont les autres syndicats. La collectivité joue pleinement son rôle pour Jean-Luc Fichet, maintenant, "ce sont les actionnaires qui décident de l'actionnariat et des investissements à faire", "il ne faut pas faire de procès là où il n'a lieu d'être". Tout va donc pour le mieux, dans le meilleur des mondes!

Le PCF pays de Morlaix interpelle sur l'avenir de Tilly Sabco à Guerlesquin
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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 11:43

COMMUNIQUÉ L’Antenne « Association Henri Pézerat » des irradiés des armes nucléaires invitent ses adhérents et sympathisants à assister à l’audience du Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale.

Le MERCREDI 29 JUIN 2016 à 13h30 32 RUE DENVER BREST (COURS D’AJOT) Audience au cours de laquelle sera rendu le délibéré du jugement du 2 Mars 2016 d’un Pyrotechnicien atteint d’un cancer non reconnu, pour l’heure, en maladie professionnelle. Il a subi une poly exposition aux cancérogènes : rayonnements ionisants des têtes nucléaires, amiante, produits C.M.R. (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques).

Lien de causalité que les Comités Régionaux de Reconnaissance des Maladies Professionnelles ont rejeté Le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale validera-t-il le déni scientifique et la partialité médicale des Comités Régionaux de Reconnaissance des Maladies Professionnelles ? A cette audience sera plaidé également le dossier d’un Chef d’Equipe chaudronnier dans la maintenance des sous-marins à propulsion nucléaire, dans les ateliers de l’Ile Longue. Décédé en 2010 à l’âge de 57 ans, il a travaillé à l’entretien des tuyaux, qu’il dégraissait avec du trichloréthylène, effectué des soudures qui l’exposaient aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Il a participé aux opérations de déchargement/rechargement du réacteur nucléaire, intervenant aussi sur les circuits, notamment le changement des filtres. Dans ces différentes activités, il a subi une importante exposition aux rayonnements ionisants et à plusieurs cancérogènes. Francis TALEC

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 09:48
Brexit: l'ampleur du désaveu doit conduire à la refondation de l'Europe (Pierre Laurent, PCF)

BREXIT : L'ampleur du désaveu doit conduire à la refondation de l'UE (Pierre Laurent)

Les citoyens britanniques viennent de voter à 51,9 % pour sortir de l'Union européenne. C'est un nouveau choc révélateur de l'ampleur du désaveu populaire vis à vis de l'UE néolibérale.

Le temps est venu de refonder l'UE, de construire une Union de peuples et de nations libres, souverains et associés, tournée vers le progrès humain et la justice sociale.

Cette nouvelle Union, et les nouveaux traités qu'elle appelle, doivent se construire sous le contrôle des peuples européens.

Le déni répété de cette exigence depuis le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen jusqu'au coup d’État financier contre la Grèce, a conduit l'Europe dans le jusqu'au-boutisme libéral et donné des ailes à l'extrême droite.

La stratégie de David Cameron et l'accord passé avec la Commission européenne ciblant les populations immigrées ont libéré les forces les plus xénophobes au Royaume Uni.

Même dans sa formation politique, Cameron a été pris à son propre jeu.

Pour les classes populaires britanniques, le changement de gouvernement qui s'annonce à l'automne, encore plus à droite, veut dire plus d'austérité, plus de soumission aux marchés, plus de tensions et de racisme dans la société.

Nous refusons le faux dilemme imposé par les partisans de l'austérité, entre l'enfoncement dans la crise sociale et l'autoritarisme, ou la dislocation sur fond de rivalités nationalistes.

Il y a une autre option, celle de la reprise en main du projet européen par la gauche.

Une lutte cruciale pour notre avenir à tous est engagée entre la droite ultralibérale de Boris Johnson alliée à l’extrême droite de Marine Le Pen et l'alliance de toutes les forces de gauche et de progrès qui refusent l'austérité.

Nos regards se tournent vers l'Espagne, ou le résultat de dimanche pourrait ouvrir un espoir dans le camp progressiste.

Les communistes français seront plus que jamais au côté des peuples, de la gauche du Royaume Uni et d'Irlande, dans la période complexe et instable qui s'ouvre.

Avec nos alliés, nous travaillerons sans relâche à la construction de l'Europe du développement social, économique et écologique, respectueuse des souverainetés nationales.

La campagne présidentielle et législative de 2017 doit être l'occasion d'un grand débat populaire sur la politique de la France en Europe.

Il n'y a rien à attendre de Hollande et Sarkozy qui ont été les artisans de l'Europe austéritaire.

La question du changement politique à gauche, dans un grand pays comme le nôtre se pose plus que jamais.

Le PCF entend y contribuer dès maintenant, en construisant un pacte d'engagements commun qui contienne une politique concrète et offensive pour un gouvernement de la France qui soit au combat sur la scène européenne.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, Président du PGE,

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 09:25

Ouest-France, édition de Loire-Atlantique, en page départementale ce vendredi 24 juin

Le Parti Communiste, au niveau national, a pris position favorable au transfert de l'aéroport. S'alignant sur l'avis du PCF 44. Emettant néanmoins neuf conditions. Cette ligne pro-NDDL ne satisfait pas l'ensemble des fédérations PC départementales. Si bien que cinq secrétaires fédéraux de Vendée, Finistère, Morbihan, Sarthe et Deux-Sèvres, associés à plusieurs élus communistes de Loire-Atlantique et des Pays de Loire, signent un appel aux électeurs à voter "non". Une liste de 108 noms au total comprenant aussi des militants. Ces communistes considèrent que le projet est "un aéroport low cost au profit de Vinci". Pour eux, il ne s'agit même plus d'un transfert puisque la piste actuelle sera maintenue pour Airbus.

Introduction de Jean-Pierre Landais à la Conférence de presse:

Conférence de Presse 21 juin - NDDL – Introduction.

Mesdames, Messieurs les représentants de la presse Mesdames, Messieurs, amis et camarades, C’est sans doute comme doyen que je vous accueille ici aujourd’hui, et je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation.

Le Conseil d’Etat a rendu son arrêt relatif aux recours déposés ces jours derniers et aujourd’hui nous appelons à voter Non au transfert de Nantes-Atlantique.

Par cette initiative qui n’est pas impromptue et qui réunit dans une même démarche des communistes issus des 3 régions impactées par la question d’un nouvel aéroport (Pays de la Loire, Bretagne et Poitou-Charentes), nous souhaitons rappeler nos options dans un débat complexe.

Il est en effet question ici de donner notre sentiment de militants communistes, qui prennent leurs responsabilités et ne sont dans l’opposition de personne.

A l’intérieur du Parti Communiste et en tous temps, il y a toujours eu débat et nombre de communistes ont eu le souci d’y participer.

Beaucoup d’entre eux ont aussi été présents lors de toutes les manifestations, fêtes et rassemblements concernant Notre Dame des Landes.

A l’approche du 37ème Congrès du Parti Communiste Français, les fédérations du Finistère, du Morbihan, de la Sarthe, de la Vendée et des Deux-Sèvres ont demandé que la Direction Nationale fasse connaître sa position. Une mission d’expertise a été diligentée, ce qui a permis de donner un cadre national au débat.

Après consultation auprès des acteurs ou représentants de collectifs favorables ou opposés au projet et examen des documents publics militants et des rapports officiels, la mission a versé sa contribution en la resituant, surtout, au cœur des enjeux de politique publique nationale, de choix de société et du développement social, économique et environnemental. Convenant que les deux projets (maintien ou transfert) sont techniquement possibles et que le différentiel de coût n’est pas considérable, la Direction Nationale du PCF – relevant certains avantages - émet un avis favorable au transfert, mais assortit sa proposition de conditions telles qu’elles nous confortent dans notre proposition d’un Appel à voter Non au transfert de Nantes-Atlantique

Appel pour le « NON » au transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique.

A l’initiative de militants, d’élus et de responsables locaux, départementaux et régionaux du Parti Communiste Français. Toutes ces dernières années, nous avons participé aux débats et aux différents échanges qui ont été organisés sur le projet de construction d’un nouvel aéroport à Notre Dame des Landes. Nous avons pris connaissance de la position du Directeur de Vinci-Ago qui est favorable à un aéroport « low-cost ».

Nous avons aussi pris en compte les conclusions des missions des experts désignés par l’actuelle Ministre de l’Environnement, conclusions qui remettent en cause une partie du projet. A plusieurs reprises, nous avons interrogé la Direction nationale du PCF et lui avons demandé qu’elle procède à une large audition et que le PCF se prononce enfin sur ce dossier. Fin mai dernier, le Comité Exécutif National du PCF, après un « tour de table » et des « échanges téléphoniques », s’est prononcé. Par 17 voix pour, 7 contre et 5 abstentions, la Direction Nationale du PCF a émis un avis favorable au « transfert » assorti de 9 conditions.

Avant d’en arriver à cet avis, la Direction du PCF a cependant tenu à :

- Condamner le choix de l’État d'abandonner toute vision et politique d'aménagement du territoire national au service des populations et du développement du pays.

De fait, il laisse le terrain libre au marché, aujourd'hui tout puissant, comme seul décideur de la réponse aux besoins humains.

- Rappeler que chaque projet d'aménagement doit être examiné en regard de sa singularité. La nature des réponses qu'il apporte aux besoins des populations, son niveau d'utilité sociale, économique et écologique doivent structurer les décisions définitives…

- Condamner également le processus européen de libéralisation du secteur de l'aérien au nom de la « concurrence libre et non faussée », et ses conséquences notamment le développement du « low-cost » ainsi que le mouvement actuel de privatisation des plate formes aéroportuaires. Le PCF rappelle alors qu’il faut travailler à construire des alternatives publiques à ces politiques.

- Rappeler aussi que tout enjeu d'aménagement ou de réalisation d'infrastructure mérite un sérieux débat démocratique où tous les citoyens et toutes les citoyennes doivent pouvoir donner leur avis documenté et être entendus.

La commission Richard est loin d'avoir répondu à l'ensemble de ces exigences démocratiques. S’agissant des 9 « conditions » émises par le PCF.

Elles sont rappelées ci-dessous :

- Maîtrise du coût et respect des engagements de Vinci à l'égard des collectivités locales comme prévu dans la délibération relative à la délégation de Service Public sous la forme d'une concession et non pas d'un Partenariat Public Privé.

- Respect de l'ensemble des contraintes environnementales édictées par le collège des scientifiques et les collectivités locales

- Aucune remise en cause du Périmètre des Espaces Agricoles et Naturels (PEAN) et déploiement du dispositif en direction du monde agricole

- Décider le financement pour l'entretien de la piste de Nantes Atlantique pour maintenir le site Airbus

- Conserver une approche évolutive de Notre-Dame des Landes en fonction de l'évolution constatée du trafic notamment par l'allongement des pistes pour l'éventuel trafic des gros porteurs - Levée du Plan d'Exposition au Bruit lié au fonctionnement de l'aéroport de Nantes Atlantique afin de favoriser la construction de la ville sur elle-même et la construction de logements à dominante sociale

- Développer une coopération territoriale exemplaire entre les deux régions et les huit départements afin de limiter les effets de concentration de la métropole nantaise

- Réaliser sans attendre le tram-train afin d'améliorer la desserte des quartiers populaires et décider au plus vite la création de la desserte par ligne rapide interrégionale Nantes – Rennes-Bretagne Sud via l’aéroport

- Le delta sur l'emploi doit être positif et bénéficié en tout premier lieu aux salariés de la région

Le PCF, en guise de conclusion, déclare : « Nous faisons de chacune de ces conditions une exigence et des axes de luttes dans la perspective de larges rassemblements des usagers comme des habitants ».

Ce travail d’audition, puis de constatation et enfin de propositions est à prendre en compte. Il nous conduit à une autre conclusion, très logique, cohérente avec ce qui a été relevé et avec les conditions émises, qui sont par ailleurs des exigences : il faut dire Non à ce projet d’aéroport.

A ce jour aucune des conditions n’est réunie et vient en rajouter à tous les arguments que nous avons déployés jusqu’à ce jour et qui nous ont toujours amené à soutenir les opposants à Notre Dame des Landes. Nous, qui sommes des militants et des responsables et élu-e-s départementaux, locaux et régionaux, adhérent-e-s du PCF, nous appelons les habitantes et habitants de Loire-Atlantique (seul département où la population pourra s’exprimer) à voter « Non au transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique », qui n’est d’ailleurs plus un « transfert ».

Nous restons plus que jamais opposés à ce projet d’un autre âge. Les 106 signataires de l’Appel sont des militants, des élus et des responsables communistes de la Région des Pays de la Loire, auprès de qui se sont également engagés des militants, des élus et des responsables des départements suivants : 29, 56 et 79.

La liste des signataires de l'Appel au 21 Juin.

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 05:58

Ajoutée le 20 juin 2016 Enregistré le 7 mai 2016 à Plougonven (29) Filmé sur le viaduc le 19 juin 2016 à Morlaix (29). Textes : Anne Caradec

La belle et aérienne nouvelle chanson d'Anne Caradec interprétée par Christophe Ducourant... Un clip original aussi, tourné sur le Viaduc de Morlaix.

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 05:55
Hébron

Hébron

Palestine : l’archéologie au secours de la mémoire

Une équipe française d’archéologie révèle les vestiges oubliés de la Palestine et sensibilise les Palestiniens à leur histoire.

Nicolas Ropert, France Inter, mercredi 22 juin 2016

>>Ecouter l’émission

Nous sommes en Palestine et vous venez d’entendre Bertrand Riba, un archéologue français qui travaille pour l’Institut Français du Proche-Orient. Il dirige une équipe de quatre Français et de neuf Palestiniens qui fouillent dans la région d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie. Les vestiges, vieux de 15 siècles, se trouveraient à l’endroit décrit dans la Bible où Saint Jean-Baptiste a réalisé ses premiers baptêmes. Mais travailler dans les territoires palestiniens occupés par Israël est un combat de tous les jours. Le correspondant de France Inter et RFI en Cisjordanie, Nicolas Ropert leur a rendu visite.

En contre-bas du village palestinien de Taffouh, l’équipe retourne délicatement la terre avec des pioches et des truelles. Sandrine Bert Geith, archéologue franco-suisse, montre un petit morceau trouvé dans le sol.

Le site n’a pas été fouillé depuis la fin des années 1940. Il est plutôt bien conservé mais l’occupation israélienne complique le travail des archéologues, confie Bertrand Riba.

Malgré tout, ces fouilles menées conjointement avec le ministère palestinien du tourisme et des antiquités permettent de sensibiliser les palestiniens à leur histoire. Étudiant en marketing, Basheer Fisal Khamasy, n’avait jamais participé à une telle expédition.

C’est la première fois que je fais ce travail. Ça me plait beaucoup. On fait du beau boulot et ce n’est pas très difficile. La Palestine a beaucoup de vestiges comme ceux-là parce que c’est une région chargée d’histoire. Donc il faut en prendre soin. Les palestiniens l’ont compris ici.

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 05:44
Hôpital public dans le pays de Morlaix: un comité de défense est né (Le Télégramme, 23 juin)
Voir aussi la dernière initiative de la CFDT sur les conditions de travail et de dialogue à l'hôpital

Voir aussi la dernière initiative de la CFDT sur les conditions de travail et de dialogue à l'hôpital

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