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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 05:24
Alger, 1956. Ahmed ben Bella, Mohamed Bodiaf, Hocine Ait Ahmed, Mostefa lacheraf et Mohamed Khider (de gauche à droite). Ces dirigeants du FLN arrêtés par l’armée française seront défendus par des avocats progressistes, dont Pierre Braun. Photo : Rue des Archives/Tallandier

Alger, 1956. Ahmed ben Bella, Mohamed Bodiaf, Hocine Ait Ahmed, Mostefa lacheraf et Mohamed Khider (de gauche à droite). Ces dirigeants du FLN arrêtés par l’armée française seront défendus par des avocats progressistes, dont Pierre Braun. Photo : Rue des Archives/Tallandier

Avocats de la lutte anticolonialiste

ÉDITEUR ET MILITANT ANTICOLONIALISTE NILS ANDERSSON

JEUDI, 7 JUILLET, 2016

L'HUMANITÉ

Itinéraire d’un avocat de conviction (1945-1998), de Pierre Braun, préface de Roland Rappaport. M. Stoufflet-Braun, 25, rue de Coulmiers, Paris 14e. Pierre Braun, ami d’Henri Alleg, a écrit ses souvenirs. Il raconte comment, dès les années 1950, le collectif d’avocats dont il fait partie intervient en Algérie et dénonce les sévices subis.

Avec la modestie qui le caractérise, Pierre Braun a écrit des souvenirs qui témoignent de son rôle d’avocat anticolonialiste. Adolescent, il connaît la clandestinité pour éviter le Vel’d’Hiv et Auschwitz. Étudiant en droit à Grenoble, il facilite le départ au maquis de réfractaires STO ; recherché, il se réfugie à Valence ; lui et ses camarades seront médaillés de la Résistance à la Libération.

Devenu avocat, avec Henri Douzon et Yves Dechézelles, il appartient au premier collectif d’avocats anticolonialistes qui se constitue, à l’initiative de Pierre Stibbe, pour défendre les députés malgaches accusés d’êtres les instigateurs du soulèvement implacablement réprimé en 1947.

Code de l’indigénat et travail forcé sont la réalité coloniale, que dénonce le Rassemblement démocratique africain. Pierre Braun défend ses militants au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Niger et en Haute-Volta. Il est l’avocat et l’ami de Ruben Um Nyobé, qui fut le premier dirigeant de l’Afrique francophone à appeler à l’indépendance.

Dès les années 1950, le collectif d’avocats intervient en Algérie. Il dénonce les sévices subis par les militants algériens. Triste constat : « Nos récits ne rencontrent qu’un écho poli. » La répression va s’intensifiant, Pierre Braun plaide à Oran, Bône, Blida. Défenseur de Ben Bella, celui-ci intervient sur le droit à l’indépendance des Algériens et demande à ses coaccusés s’ils approuvent sa déclaration. « Ceux-ci, menottés les uns aux autres, levèrent les doigts en signe d’approbation, ce fut une véritable chaîne humaine qui se déploya », écrit Pierre Braun.

Après le déclenchement de la lutte de libération, arrestations et condamnations se multiplient. Le collectif est rejoint par Nicole Dreyfus, Michel Bruguier, Léo Matarasso, Roland Rappaport, Marcel Manville, Charles Lederman, Gisèle Halimi, Michèle Beauvillard. La « justice coloniale » ne lâche pas ses proies : les condamnés à mort sont l’angoisse des avocats ; les recours pas entendus ; sur le chemin de la mort, le supplicié est accompagné « d’une immense clameur qui (était) non seulement une protestation contre (son) châtiment, mais aussi la solidarité et l’admiration qui entouraient celui qui allait mourir ».

En 1957, alors qu’il est à Alger avec son confrère Jules Borker, une dame les contacte, c’est Josette Audin : elle les informe de la disparition de son mari, Maurice Audin. Les autorités militaires leur font part de la thèse de son évasion. C’est le début de l’affaire Audin, que l’historien Pierre Vidal-Naquet et l’éditeur Jérôme Lindon rendront publique. Si la vérité est connue depuis 1957, elle reste niée. Henri Alleg est arrêté avec Pierre Braun, ils se lient d’amitié.

Il est aussi relaté ce qui opposa, dans la conception de défense des militants algériens, le collectif du Secours populaire à Jacques Vergès. Aucune menace ne le fait reculer. Jusqu’à l’indépendance, Pierre Braun n’a cessé de défendre les militants algériens. Celle-ci acquise, malgré les obstacles qui lui sont opposés par les laquais du néocolonialisme, il retourne au Cameroun, défendre des militants de l’UPC.

Il faut connaître ce témoignage d’un avocat de conviction et d’un homme de qualité, dont le rôle et l’engagement, scrupules et modestie, sont trop ignorés.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 07:48

Parti Communiste Français

Membre du Front de Gauche

Section de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/

Samedi 9 juillet 2016

Distribution d’un tract PCF sur le marché de Morlaix, grande consultation citoyenne "Que demande le peuple?", vente de vignettes de la Fête de l'Humanité.

Rendez-vous : 9 h 30 à 12h – Mairie de Morlaix

QUE DEMANDE LE PEUPLE?

Vous en avez assez de voir la parole populaire méprisée, ignorée, trahie. Vous voulez être entendus. Vos exigences, exprimées et rassemblées doivent former un mandat populaire incontournable. Sans vous, rien ne se fera. A vous d’écrire la politique. A vous la parole. Les communistes viendront vous voir pour recueillir votre opinion et vous engager dans la Grande consultation citoyenne. Celle-ci traduira la volonté populaire. Parallèlement, le PCF lance un appel pour que, d'ici octobre, le peuple écrive un Pacte d'engagements communs et départage par des primaires-votations citoyennes, ceux qui seraient en accord pour le porter à l'élection présidentielle de 2017.

Vous pouvez télécharger le questionnaire pour le remplir ou le faire remplir avant de nous le retourner ( par la poste à l'adresse indiquée ou scané par mail à pcf@pcf.fr ) Vous pouvez aussi remplir le questionnaire directement par internet sur le sitewww.lagrandeconsultationcitoyenne.fr

Le PCF Morlaix sera sur le marché de Morlaix pour faire remplir le questionnaire "Que demande le peuple?", distribuer un tract et vendre des vignettes de la fête de l'Huma Paris/ La Courneuve des 9,10,11 septembre le samedi 9 juillet et le samedi 20 août.

150 questionnaires environ ont déjà été dépouillés dans la section. Nous nous sommes fixés un objectif d'au moins 300 questionnaires remplis sachant qu'au niveau national le PCF cherche à faire remplir 500 000 questionnaires pour que les citoyens puissent s'exprimer largement avant 2017 et pas simplement supporter un candidat qui se voudrait le sauveur suprême, avec les résultats que l'on sait...

Les militants du PCF seront sur le marché de Morlaix samedi 9 juillet pour distribuer un tract et faire remplir la grande consultation citoyenne "Que demande le peuple?"
Les militants du PCF seront sur le marché de Morlaix samedi 9 juillet pour distribuer un tract et faire remplir la grande consultation citoyenne "Que demande le peuple?"
Les militants du PCF seront sur le marché de Morlaix samedi 9 juillet pour distribuer un tract et faire remplir la grande consultation citoyenne "Que demande le peuple?"
Les militants du PCF seront sur le marché de Morlaix samedi 9 juillet pour distribuer un tract et faire remplir la grande consultation citoyenne "Que demande le peuple?"
Les militants du PCF seront sur le marché de Morlaix samedi 9 juillet pour distribuer un tract et faire remplir la grande consultation citoyenne "Que demande le peuple?"
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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:30

A l'initiative de notre camarade de Moëlan, membre du bureau départemental du PCF, Dominique Gontier, et de sa compagne Isabelle:

Samedi 9 juillet 2016 - 20h30

Salle Anne Follézou, Port de Brigneau (29)

Lucile Orblin, pianiste

PRELUDE N°4
de Frédéric CHOPIN
PRELUDE N°20
de Frédéric CHOPIN
NOCTURNE EN UT MINEUR, OP. 48 N°1
de Frédéric CHOPIN
3e BALLAD
E
de Frédéric CHOPIN

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 06:12

Prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité requis contre Serge Dassault

7 JUILLET 2016 | PAR YANN PHILIPPIN

Au terme de son procès pour blanchiment de fraude fiscale, le parquet a requis deux ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité contre Serge Dassault. Mediapart raconte comment l’avionneur n’a cessé de dissimuler ses tirelires offshore au fil des scandales de corruption, jusqu’à leur régularisation tout sauf spontanée.

Serge Dassault n’ira pas en prison, mais risque fort de perdre le siège de sénateur auquel il tient tant. Au dernier jour de son procès pour blanchiment de fraude fiscale, le parquet national financier a requis, jeudi 7 juillet, deux ans de prison avec sursis, cinq ans d’inéligibilité et 9 millions d’euros d’amende contre l’avionneur, sénateur LR et ancien maire de Corbeil-Essonnes, qui a planqué jusqu’à 31 millions d’euros sur quatre comptes au Liechtenstein et au Luxembourg. Le verdict a été mis en délibéré au 1er septembre.

« Pour Serge Dassault, il y a sa loi et il y a la loi des autres », a asséné la procureur Ulrika Delaunay-Weiss. « Il y a la République et ses mandats politiques, dont on recherche les honneurs comme à la cour du roi, et l’arrière-cour de Serge Dassault, dans laquelle celui-ci piétine et bafoue les valeurs républicaines. Il vous appartient de dire que […] le droit s’applique aussi, ne lui en déplaise, à Serge Dassault », a-t-elle lancé au tribunal.

Ce procès a en effet montré l’immense mépris de Serge Dassault pour la justice de son pays. Après avoir annulé à deux reprises son audition pendant l’enquête, le sénateur n’a pas daigné se présenter à son propre procès. Soulignant qu’il s’agit pourtant de la procédure « normale », le président du tribunal a même suggéré de modifier le calendrier d’audience si Dassault « se décidait à venir nous donner quelques précisions ». Sans succès.

Le week-end dernier, Dassault était pourtant tranquillement au baptême de la promotion Marcel Dassault de l’École de l’air à Salon-de-Provence. « Il est évidemment beaucoup moins glorieux de se retrouver devant la 32e chambre correctionnelle en tant qu’industriel et sénateur, pour avoir dissimulé pendant plus de quinze ans des dizaines de millions à l’administration fiscale », a lancé la procureur Ulrika Delaunay-Weiss.

En l’absence de Dassault, sa version s’est résumée aux rares et brefs courriers qu’il a envoyés pour régulariser ses cagnottes. Il y explique avoir hérité ces fonds de son père, Marcel Dassault. Il jure même qu'il n’était « pas au courant, même après le décès de mes parents, du fonctionnement de ces comptes », qui étaient soi-disant« placés sous la responsabilité de [son] frère », décédé en 2011. Ses avocats insistent d’ailleurs sur le fait qu’il a régularisé la situation de sa propre initiative en juin 2014. Ils ont même plaidé, sans rire, qu’il « était dans l’ignorance, en tout cas précise, de ses avoirs à l’étranger ».

C’est un pieux mensonge. Grâce aux quelques informations livrées à l’audience, et aux éléments issus de la procédure pour achats de votes, Mediapart peut démontrer que Dassault connaissait très bien ses caisses noires, qui n’ont cessé d’être déplacées au fil des scandales de corruption, sans doute pour mieux les dissimuler. Et qu’il n’a régularisé la situation qu’après avoir été pris la main dans le sac, en donnant le moins de détails possibles.

Là où Serge Dassault dit la vérité, c’est sur le fait que cette cagnotte lui vient de son père. Selon la version distillée par la famille, et confirmée jeudi par ses avocats, Marcel Dassault, déporté à Buchenwald en 1944 parce que juif, avait planqué de l’argent en Suisse dans les années 1950 « pour se protéger et protéger sa famille », parce qu’il avait« peur de revivre la guerre ». Il se fait d’ailleurs construire à ce moment-là une belle villa à Genève, au bord du lac Léman. On a appris à l’audience que la demeure est louée par l’État à la famille Dassault, parce qu’elle abrite la résidence de l’ambassadeur de France auprès de l’ONU à Genève !

Si Dassault n’est pas venu, c’est parce que ses tirelires offshore constituent en fait sa caisse noire, utilisée pour verser des pots-de-vin en Belgique et pour financer la corruption électorale présumée à Corbeil-Essonnes. Ce qui lui vaut une mise en examen pour achats de votes dans une autre enquête.

Mais de cela, personne n’a parlé à l’audience. Pour des raisons de procédure, les éléments issus de l’enquête pour achats de votes (relevés bancaires, auditions du comptable suisse de Dassault) n’ont pas pu être versés au dossier. Idem pour ceux recueillis à la demande du parquet par la justice luxembourgeoise, parce que le blanchiment de fraude fiscale n'existe pas dans ce beau pays. Il était donc interdit de les évoquer au tribunal. Et les trois avocats de Dassault, qui ont monopolisé l’audience avec leurs recours de procédure, guettaient le moindre faux pas. Faute de documents, l’enquête n’a même pas pu établir l’origine des fonds !

Ce qu’oublie de dire la famille, c’est que Marcel, par ailleurs député de l’Oise, s’est servi de cette caisse noire pour financer ses amis politiques du RPR (devenu LR) et ses campagnes électorales. Pour gérer ce magot suisse, Marcel a embauché deux professionnels locaux d’une fidélité et d’une discrétion absolues : l’avocat Luc Argand et le comptable Gérard Limat.

À la mort de Marcel en 1986, les fonds reviennent à son épouse Madeleine (décédée en 1992), et à ses deux enfants Claude (décédé en 2011) et Serge. Mais contrairement à ce que prétend Serge Dassault, c’est bien lui, et pas son frère, qui semble, en tant que nouveau patron du groupe aéronautique Dassault, le nouveau gardien de la cassette familiale.

Il rencontre d’ailleurs, pour la première fois, le comptable occulte Gérard Limat une semaine après le décès de son père, très probablement pour être initié au secrets financiers helvètes. Serge Dassault « est un grand ami, un ami très proche. Je ferai n'importe quoi pour lui tant que la loi m'y autorise », a dit le comptable dans le cadre de l’affaire des achats de votes présumés, dans laquelle il est mis en examen.

Trois ans plus tard, en 1989, Serge Dassault semble en tout cas avoir été tout à fait informé par Limat : il utilise l’un des comptes suisses détenu par sa mère, dissimulé derrière la société écran Sophie SA, pour verser 1,5 million d’euros de pots-de-vin au parti socialiste flamand, afin obtenir un contrat militaire en Belgique. Le scandale éclate dans la presse en mars 1995. Coïncidence : une partie de ses avoirs suisses sont transférés six mois plus tard vers deux comptes au Liechtenstein, détenus par deux fondations ad hoc nommées Pégase et Balzane, qui garantissent l’anonymat complet du bénéficiaire.

En 1998, Dassault est renvoyé devant un tribunal belge, qui le condamnera à deux ans de prison avec sursis pour « corruption active ». Sans doute par prudence, son comptable a transféré, quelques mois avant son procès, une autre de ses tirelires suisses au Luxembourg, sur un compte ouvert au nom de la société écran Merger Investments, immatriculée aux Îles vierges britanniques. Le bénéficiaire en est officiellement son comptable helvète Gérard Limat, en vertu d'un contrat de fiducie passé avec Dassault, ce qui ajoute une deuxième couche d'opacité.

Serge Dassault a été élu maire de Corbeil en 1995. Dans la foulée, il demande au précieux Limat de lui livrer du cash à Paris, qu’il devait tirer des comptes des fondations au Liechtenstein. Jusqu'en 2012, le comptable suisse a livré la bagatelle de 53 millions d’euros de billets à Dassault en personne, directement dans son bureau parisien des Champs-Élysées, en particulier en période d’élections municipales.

Mais patatras, le 8 juin 2009, le Conseil d’État invalide l’élection de Dassault pour « dons d’argent » aux électeurs. Huit jours plus tard, le 16 juin, l’avionneur ferme les fondations. Désormais, le comptable Limat utilise essentiellement le compte luxembourgeois Merger pour financer les remises d’espèces, mais aussi les virements bancaires qui ont grassement rémunéré les agents électoraux présumés de Dassault.

Après avoir longtemps enterré l’affaire (lire ici), la justice se décide à ouvrir une information judiciaire pour achats de votes le 21 mars 2013. Coïncidence : le comptable Limat ouvre un mois plus tard un nouveau compte luxembourgeois à la banque Pictet, dissimulé derrière la société écran Mouzara, et y transfère la quasi-totalité des fonds du compte Merger, qui a servi à financer la corruption électorale présumée : il n’y a plus que 1,3 million d’euros dessus fin 2013, contre 14,9 millions un an plus tôt. C’est ce qu’on appelle prendre ses précautions…

Le coffre-fort secret de Dassault au Luxembourg

Cela n’a pas suffi. Les juges d’instruction et les policiers de l’office anticorruption (OCLCIFF) ont retrouvé la trace du comptable suisse. Deux commissions rogatoires internationales sont lancées. Le 12 février, le Luxembourg autorise la transmission à la France de son rapport d’enquête, qui révèle l’existence du compte luxembourgeois Merger. Coïncidence : il est fermé deux jours plus tard !

Mais il est désormais impossible de planquer l’argent sous le tapis. Le 12 mars 2014, Gérard Limat, auditionné et perquisitionné en Suisse, fournit de nombreux documents. Le compte Merger est grillé. La mort dans l’âme, Dassault doit se résoudre à régulariser sa situation auprès du fisc et de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) : il a menti dans ses déclarations de patrimoine de sénateur, délit puni de trois ans de prison.

Toutefois, dans ses courriers du 4 juin 2014, il ne mentionne qu’un seul compte au Luxembourg, sans le nommer (il s’agit du compte Merger) et sans donner de chiffres. Surtout, il passe sous silence les deux fondations au Liechtenstein et le compte luxembourgeois Mouzara, qui abrite pourtant la quasi-totalité du reliquat de ses fonds occultes (11,4 millions contre 1,3 million pour Merger).

Le fisc comme la HATVP ignorent alors totalement les liens entre ces cagnottes et l’enquête pour corruption. Dans son courrier adressé au ministre du budget, Christian Eckert, Dassault suggère qu’il s’agit simplement d’une histoire de vieux compte suisse, créé par son père. Pourtant, il se passe une chose étrange : pendant quatre mois, Dassault ne fournit aucun document ni élément complémentaire, ni au fisc, ni à la HATVP. Le 27 octobre 2014, le président de la Haute autorité, visiblement agacé, s’en plaint au notaire et conseiller fiscal de Dassault, Bernard Monassier. C’est à la suite de cette relance qu’il révèle trois jours plus tard aux autorités l’existence du compte Mouzara.

Le 17 novembre, France Inter et Libération révèlent publiquement comment Dassault a utilisé le compte Merger et les deux fondations pour se faire livrer du cash par Gérard Limat et financer ses agents électoraux présumés à Corbeil. Le président de la HATVP tombe de l’armoire, et joint au dossier l’article de Libé (écrit par l’auteur de ces lignes).

Coïncidence, Serge Dassault se fend une semaine plus tard d’un courrier au président de la HATVP, où il avoue pour la première mois avoir été le bénéficiaire des fondations Pégase et Balzane. « Il n’est pas exact de sous-entendre que ce serait sous l’effet d’un article de presse que Monsieur Serge Dassault se serait précipité pour venir informer la Haute autorité », s’est indignée à l’audience son avocate Jacqueline Laffont.

Le 13 novembre 2014, la HATVP a dénoncé Serge Dassault au parquet national financier (PNF), qui a immédiatement ouvert une enquête pour omission de déclaration de patrimoine par un parlementaire et pour blanchiment de fraude fiscale. Serge Dassault a séché ses deux convocations et a livré peu d’éléments à la justice. Le tribunal n’a pas pu vérifier l’origine des fonds (« ça reste le grand mystère », a soupiré le président) et encore moins retracer les mouvements financiers et l’usage de l’argent, en particulier les 19,6 millions qui ont disparu du compte Merger entre 2011 et 2013. « Nous n’avons dans la procédure aucune indication de ce qu’a pu devenir ce petit delta de 19,6 millions », a ironisé le président.

Le notaire Bernard Monassier, chargé par Dassault de mener la régularisation, jure pourtant avoir fait son possible pour récupérer les infos auprès des gestionnaires suisses, le comptable Gérard Limat et l’avocat Luc Argand. Dans son témoignage auprès des enquêteurs, lu à l’audience, il raconte avoir eu de « grandes difficultés », au point d’avoir dû agiter la menace du possible lancement d’une commission rogatoire internationale !

La collaboratrice de Me Monassier a raconté aux policiers son voyage surréaliste au Luxembourg. Alors qu’elle était munie d’une procuration en bonne et due forme, elle n’a pu avoir accès ni aux informations bancaires ni au coffre-fort de Serge Dassault. Elle a dû refaire une demande écrite une fois rentrée à Paris. Il lui a été répondu que le coffre luxembourgeois avait été fermé en février 2014, sans la moindre indication sur son contenu…

Le Luxembourg ayant interdit à la justice française d’utiliser les informations bancaires, elle a dû se contenter des informations livrées par Dassault et des documents trouvés en perquisitions chez son notaire français. Lesquels semblent très partiels. L’enquête sur les achats de vote a en effet montré que Dassault possédait aussi deux comptes helvètes au Crédit suisse de Genève et chez UBS à Zurich, qu’il n’a pas mentionnés dans ses demandes de régularisation.

Puisqu'il était interdit d'évoquer dans cette procédure le contexte de l'affaire, le parquet s'est abstenu. La procureur Delaunay-Weiss a tout de même souligné que les fondations au Liechtenstein ont été créées juste après la première élection de Dassault comme maire de Corbeil en 1995. « Ça n’a pas de sens social que Serge Dassault puisse rester dans son siège de sénateur et siéger à la commission des finances, a ajouté le second procureur, Patrice Amar. Où est la décence commune quand le représentant du peuple se moque à ce point du représenté ? »

Les avocats de Dassault ont réclamé la relaxe. Ils ont dénoncé dans leurs plaidoiries le « vide » du dossier, soulignant qu'il n'y avait pas de preuves que l'avionneur était propriétaire des fonds depuis quinze ans et qu'il avait ordonné les transferts d'argent vers les sociétés offshore. Me François Artuphel a soutenu sans ciller qu'il s'agit de fonds dont le milliardaire « n’avait probablement même pas connaissance ». Dassault les connaissait en tout cas suffisamment pour avoir téléphoné à trente-trois reprises à son comptable suisse Gérard Limat, afin qu'il lui livre des sacs plastique remplis de billets à Paris.

En conclusion, Me Pierre Haïk a tenté de redorer l'image particulièrement écornée de l'avionneur, cet « homme traîné dans la boue, caricaturé ». « Quels éléments justifieraient une telle humiliation à l’égard d’un homme âgé de 91 ans qui a régularisé sa situation ? », a-t-il ajouté au sujet des peines requises par le parquet. Sans compter qu'une condamnation serait une « atteinte inéluctablement portée à l’image d’un groupe[Dassault aviation – ndlr] qui fait, en ces temps difficiles, la fierté de la France ».

Serge Dassault « a toujours considéré qu’il était juste, vous allez peut-être sourire, de faire bénéficier les plus démunis d’une partie de sa fortune », a poursuivi Me Haïk, en insistant sur l'attachement viscéral de son client à la ville de Corbeil-Essonnes et à « ses habitants ». Quand on sait que l'ancien maire y a gagné le cœur de ses administrés à coup de millions, avec l'aide de caïds de cités grassement rémunérés dont l'un vient d'êtrecondamné à 15 ans de prison pour avoir tenté d'assassiner un opposant à Dassault, on ne sait plus s'il faut en « sourire » ou en pleurer.

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 15:38

Une vidéo utile sur le point de l'actualité : Pierre Laurent face aux journalistes du Monde , de

France info , de l'AFP et de LCP .

http://www.tv-replay.fr/redirection/06-07-16/questions-d-info-lcp-an-11748373.html

Pierre Laurent face aux journalistes du Monde, de France Info, de l'AFP, et de LCP
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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 15:34

HÔPITAL de MORLAIX :

JUSQU’OÙ NE PAS ATTENDRE ?

Depuis des semaines, le personnel tire la sonnette d’alarme mais personne ne répond...

Aujourd’hui, c’est presque insidieusement que les services de psychiatrie de l’hôpital de Morlaix (CHPM) subissent de plein fouet la politique de rentabilité financière imposée par les responsables politiques et les tutelles de l’Hôpital Public. On ne traite plus des patients, on cherche à gagner de l'argent...

C’est une restructuration sauvage qui a lieu à l'heure actuelle au sein du Centre Hospitalier du Pays de Morlaix, via la fermeture de deux services et la perte programmée de 40 lits d'hospitalisation. La direction prend le risque de porter un coup fatal à la qualité des soins prodigués.

La psychiatrie n’est pas un milieu comme les autres, les personnes accueillies dans ces services ont besoin de repères, d'un cadre structurant qui les aident à se porter mieux.

La conjoncture morose imposée par l’administration permet-elle encore cela ?

les responsables politiques et les tutelles de l’Hôpital Public. On ne traite plus des patients, on cherche à gagner de l'argent...

C’est une restructuration sauvage qui a lieu à l'heure actuelle au sein du Centre Hospitalier du Pays de Morlaix, via la fermeture de deux services et la perte programmée de 40 lits d'hospitalisation. La direction prend le risque de porter un coup fatal à la qualité des soins prodigués.

La psychiatrie n’est pas un milieu comme les autres, les personnes accueillies dans ces services ont besoin de repères, d'un cadre structurant qui les aident à se porter mieux.

La conjoncture morose imposée par l’administration permet-elle encore cela ?

Depuis des années, les moyens humains ont été sévèrement réduits, les personnels doivent faire aussi bien, sinon mieux, en dépit de cette diminution de moyens.

La fermeture de ces nombreux lits sur le CHPM prive la population d'une offre de soins appropriée et locale, ce qui risque aussi d’impacter le fonctionnement des urgences.

Si la qualité des soins à l’hôpital, en psychiatrie comme ailleurs, renvoie directement à l'humanité des soignants, à leur disponibilité, à leur écoute et à leur réactivité auprès des patient-e-s, les sous-effectifs, la pression pour «se débarrasser» des patient-e-s au plus vite et libérer des lits, le manque de sécurité physique et professionnelle vont clairement à l’encontre de ces valeurs.

L’hôpital semble avoir perdu ses repères d'humanité et de bientraitance pour s’engouffrer dans une logique de rentabilité et de gros sous.

Les patient-e-s accueilli-e-s en psychiatrie sont en souffrance. Ils ou elles traversent une période difficile et doivent recevoir des soins de qualité. Ce travail demande des moyens, une formation spécifique et un savoir-faire de la part des équipes au service des personnes hospitalisées.

La psychiatrie ça semble lointain, ça effraie parfois, cela met mal à l’aise d’en parler ou d’y avoir recours mais c'est un outil de soin d’une importance primordiale. En s’attaquant d’abord à ce secteur, la direction espère sans doute que les protestations seront discrètes. Déjà, les mauvais coups à venir dans d’autres services et sur d’autres spécialités sont programmés, et interviendront d’ici au mois de novembre.

Soignant-e-s, patient-e-s, familles, futurs usagers, nous sommes toutes et tous concerné-e-s par cette restructuration et par la dégradation des services de santé en Pays de Morlaix. Nous ne pouvons pas accepter que les moyens dus aux personnes hospitalisées soient diminués par la casse du service public.

Ce que nous ne voulons pas, c’est l'obligation de nous déplacer de plus en plus souvent et de plus en plus loin pour recevoir les soins dont nous avons besoin. Ce que nous continuerons de défendre, c’est une politique de santé publique de proximité.

N’attendons pas qu’il soit trop tard pour réagir, et exiger le maintien d'une offre de soins de qualité pour la population du Pays de Morlaix.

Écrivez-nous : Comité de défense de l'hôpital public en Pays de Morlaix (CDHPPM) : s/c de Martine Carn, St Eutrope – 29640 Plougonven (par mail cdhchpm@gmail.com)

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 15:30

Communiqué des député-e-s du Front de gauche

Une majorité de Français opposés à la loi travail et aux méthodes gouvernementales : seulement 56 députés pour les soutenir !

Le recours à l’article 49-3 par le Gouvernement pour faire adopter sa loi travail en nouvelle lecture, ne laissait qu’une option aux députés opposés à ce texte pour en obtenir le rejet : l’adoption d’une motion de censure.

Prenant acte de l’impossibilité de réunir les 58 signatures nécessaires au dépôt de cette motion, les députés du Front de gauche regrettent que les députés socialistes qui disaient s’opposer au texte ou même à la brutalité gouvernementale n’aient pas saisi ce seul levier institutionnel pour mettre un terme au mépris affiché, par le Gouvernement, envers le peuple et ses représentants.
De fait, sans motion de censure, le texte est aujourd’hui adopté avec la complicité de la droite qui en approuve la philosophie.

Les députés du front de gauche utiliseront tous les moyens institutionnels pour obtenir le retrait de ce texte (comme le recours au Conseil constitutionnel) et en appellent à la poursuite de la mobilisation, sans laquelle rien n’est possible.


La liste des 56 signataires de la motion de censure

10 députés Front de Gauche, 10 députés écologistes, 23 députés frondeurs socialistes et 13 divers gauche, dont Philippe Noguès (Morbihan) ont eu l'engagement réel de donner leur nom pour présenter cette motion de censure contre la plus grande attaque contre les syndicats et le droit social commise par un gouvernement dit de gauche depuis la Libération: les médias l'appellent la "motion des frondeurs", évacuant au passage le combat constant des députés du Front de Gauche.

10 députés Front de Gauche, 10 députés écologistes, 23 députés frondeurs socialistes et 13 divers gauche, dont Philippe Noguès (Morbihan) ont eu l'engagement réel de donner leur nom pour présenter cette motion de censure contre la plus grande attaque contre les syndicats et le droit social commise par un gouvernement dit de gauche depuis la Libération: les médias l'appellent la "motion des frondeurs", évacuant au passage le combat constant des députés du Front de Gauche.

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 15:29
Accord sur le commerce et les services - Un traité peut en cacher un autre: intervention à l'Assemblée Nationale de Marc Dolez, député PCF-Front de Gauche

Accord sur le commerce des services : Un traité peut en cacher un autre

jeudi 7 juillet 2016

Dans les questions au gouvernement, Marc Dolez, le député du groupe Communistes, Républicains, Citoyens a interpellé le Premier ministre sur le TISA.

Derrière le TAFTA – Trans-Atlantic free trade agreement, ou accord commercial transatlantique – , il y a aussi le TISA – Trade in services agreement, ou accord sur le commerce des services !

Dans une totale opacité, l’Union européenne, les États-Unis, le Canada et une vingtaine d’autres pays négocient actuellement un accord sur le commerce des services. Ce traité de libre échange, le TISA, vise à libéraliser les activités de services, qu’il s’agisse des transports, des télécommunications, des services financiers, mais aussi de l’eau, de l’éducation ou de la santé.

Sous l’influence du lobbying des multinationales américaines, l’objectif est limpide : réduire autant que possible les barrières de la concurrence, accélérer privatisations et dérégulations, endiguer toute velléité de réglementation par les États. L’égalité de concurrence irait jusqu’à exiger que tout soutien financier apporté aux services publics soit explicitement exclu, ou également ouvert aux prestataires de services privés à but lucratif. De surcroît, une clause du traité rendrait impossible tout retour en arrière.

Devant une telle atteinte à la souveraineté de la France et une telle menace pour nos services publics, ma question est double : le Gouvernement est-il prêt à demander l’arrêt immédiat de ces négociations dont la conclusion est annoncée pour la fin de l’année ? En tout état de cause, s’engage-t-il à exclure toute ratification ?

Réponse du secrétaire d’État chargé du commerce extérieur :

...."Nous avons des réserves très précises sur les points que vous avez évoqués. Les services publics tout d’abord : en l’état actuel des négociations, ils sont protégés par ce que l’on appelle une clause transversale, c’est-à-dire que quel que soit le secteur concerné, il ne sera pas possible de remettre en cause les services publics existants, ni les services publics futurs qu’un État souhaiterait créer. C’est pour nous une ligne rouge très claire. Concernant la transparence, nous avons obtenu la publicité du mandat de négociation en mars 2015"...

Intervention de Marc Dolez à l’Assemblée nationale

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 15:26
Marie-George Buffet

Marie-George Buffet

Loi égalité et citoyenneté

Explication de vote de M-G Buffet à l’Assemblée

jeudi 7 juillet 2016

Ce texte vise à répondre au profond malaise social et démocratique auquel fait face notre pays, sur fond de crise économique, de chômage de masse et de désarroi d’une jeunesse confrontée à la précarité et à l’absence de perspectives. Cette jeunesse aspire tout à la fois à accéder plus facilement à la formation, au logement, aux soins et à la culture, et à s’impliquer plus fortement dans le processus démocratique comme dans un travail qualifié, producteur de richesses pour la nation.

Ce texte est-il au niveau des réponses attendues par nos concitoyens en matière de démocratie, de mixité sociale et d’égalité ? Pas vraiment.

Il faut bien reconnaître qu’il s’agit plus d’une série de mesures diverses et de portée inégale que d’un texte porteur de sens et de réformes de fond. À vouloir embrasser trop de sujets, le projet de loi passe à côté de grands enjeux tels que l’autonomie des jeunes et le financement du logement social.

Toutes les mesures que vous nous proposez sont prévues à moyens constants.

Or peut-on prétendre lutter contre les inégalités sans financements ? Nous le savons toutes et tous : les politiques d’austérité conduites depuis des années ont fait reculer les services publics et amoindri les financements dédiés à la culture, à l’éducation populaire et au tissu associatif dans nos villes. La baisse des dotations aux collectivités locales affecte directement la qualité des services rendus aux habitants.

Ces remarques étant faites, nous reconnaissons sans peine que votre texte comporte des avancées concrètes dans différents domaines.

En matière de citoyenneté et d’émancipation des jeunes, nous saluons la création du congé d’engagement associatif, pour les salariés et les étudiants, et la reconnaissance du droit d’association aux mineurs.

Nous saluons aussi les mesures renforçant la place des jeunes dans les instancespolitiques territoriales. Ayant participé au gouvernement qui a créé le Conseil national de la jeunesse et les conseils départementaux des jeunes, je ne peux que m’en féliciter.

En revanche, nous sommes beaucoup plus critiques quant à l’extension du service civique par l’élargissement des structures d’accueil et la pratique de l’intermédiation. En dépit de l’encadrement du dispositif, obtenu par voie d’amendement, cet élargissement risque d’entraîner la constitution d’une nouvelle trappe de précarité pour les jeunes, alors que ceux-ci demandent qu’on facilite leur insertion durable sur le marché du travail.

En matière de logement, nous souscrivons à l’obligation faite aux maires de réserver 25 % des logements sociaux, hors quartiers prioritaires de la politique de la ville, aux familles les plus modestes. Dans le même esprit, nous soutenons les mesures visant à prolonger et renforcer la loi SRU, tant en matière de sanction des maires défaillants que d’obligation de construction de logement social.

Nous refusons, en revanche, les dispositions relatives au supplément de loyer de solidarité et le durcissement des conditions de perte du droit au maintien dans les lieux : ces mesures traduisent la volonté, qui n’est pas nouvelle, d’une spécialisation accrue du parc social au bénéfice des publics les plus fragiles. Pour assurer la mixité sociale, il importe au contraire que le logement social conserve sa vocation généraliste puisque 60 % des ménages répondent aux conditions de ressources. Il convient de mieux accompagner le parcours résidentiel des ménages en proposant d’autres moyens d’action, afin de s’assurer qu’aucune famille ne consacre plus de 25 % de ses revenus à son logement. C’est un enjeu essentiel.

Pour ce qui concerne la lutte contre les discriminations, nous nous félicitons des mesures visant à lutter contre les violences dont font l’objet les femmes étrangères ainsi que du renforcement des dispositifs de répression des délits de provocation, de diffamation et d’injures racistes. Nous saluons, car ce fut pour nous un long combat, l’extension des circonstances aggravantes de racisme, de sexisme et d’homophobie à l’ensemble des crimes et délits. Enfin, l’Assemblée a voté unanimement la pénalisation de la contestation de crimes contre l’humanité et de la négation des génocides, de la traite et de l’esclavage.

Le texte occulte toutefois un sujet majeur : celui du droit de vote des étrangers, un acte porteur d’égalité toujours promis mais jamais réalisé. Je regrette enfin que la création d’un récépissé de contrôle d’identité ait été refusée.

Malgré ces insuffisances, ce texte comporte des mesures qui vont dans le bon sens.Nous le voterons donc, dans l’espoir que la navette parlementaire permettra de lui donner plus de force et de cohérence.
Sur le site de l’Assemblée nationale

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 14:32
Nicolas Sansu sur le budget: corset budgétaire et ordolibéralisme

Finances

Sansu Nicolas : corset budgétaire et ordolibéralisme

jeudi 7 juillet 2016

Sansu Nicolas est intervenu à l’Assemblée nationale sur le "projet de Règlement des comptes pour 2015". Il a développé les trois principaux enjeux de ce texte :

1) Le CICE

La nouvelle augmentation du CICE, qui passerait de 6 à 7 % de la masse salariale correspondant aux salaires inférieurs à 2,5 SMIC porterait l’impact budgétaire du CICE à 25 milliards d’euros par an en rythme de croisière, soit 1,2 point de PIB.

Alors que l’impôt sur les sociétés rapportait environ 50 milliards d’euros au début du quinquennat, il ne rapportera plus que 25 milliards d’euros à son terme.

Outre son inefficacité notoire et son coût abyssal pour les finances publiques, le CICE est particulièrement problématique puisqu’il crée ce que l’on appelle une trappe à bas salaires" a démontré le député. C’est aussi un transfert d’impôts vers les ménages.

"Réduit à peau de chagrin à cause du CICE, l’impôt sur les sociétés constitue désormais moins de 10 % des produits fiscaux de l’État. Cette diminution est compensée par la fiscalité indirecte, d’abord la TVA, le prélèvement le plus injuste car le plus régressif.

D’autre part, ces mesures en faveur des entreprises sont financées par des coupes dans les budgets de l’État, de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales – nous retrouvons là les fameux 50 milliards d’euros d’économies".

2) Les collectivités territorirales

La diminution de 3,7 milliards d’euros en 2015, faisant suite à la baisse de 1,5 milliard de dotations


"En 2015, la baisse des investissements excède 4 milliards d’euros. C’est cette récession imposée aux collectivités locales qui a permis de tenir le déficit public car les collectivités ont diminué leurs emprunts. Voilà la réalité des comptes publics 2015.
Cette baisse de dotations est une erreur politique et économique car elle pèse sur l’emploi, avec des dizaines de milliers de postes supprimés dans le bâtiment et les travaux publics, mais aussi sur le maintien du patrimoine collectif, sur les services apportés aux populations, et d’autant plus lorsque les territoires sont plus fragilesaux collectivités locales en 2014, a eu des conséquences très néfaste
s."


3) La dette
La dette de 2 100 milliards d’euros sert d’abord et avant tout à justifier les restrictions et l’austérité, c’est un instrument de domination de la pensée, les tenants de l’ordolibéralisme tiennent l’argument massue pour écarter toute solution alternative.

Au fond, la soutenabilité de la dette – qui a atteint 96 % du PIB fin 2015 – dépend avant tout du différentiel entre taux de croissance et taux d’intérêt réel.

Le député présentera le 8 juillet, en commission des finances, des propositions dans cadre de la mission d’évaluation et de contrôle sur la transparence et la gestion la dette publique.

Lire l’intervention de Nicolas Sansu

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