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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 17:27

Veuillez trouver ci-joint un communiqué du PCF Finistère envoyé à l'instant au Ouest-France et au Télégramme par rapport à la prolongation de 6 mois de l'état d'urgence contre laquelle ont voté nos sénateurs et nos députés.

Fédération du Parti Communiste du Finistère/ 5 rue Henri Moreau / 29 200 Brest

Communiqué du PCF Finistère.

A Brest, le 21 juillet 2016

Nous nous ne devons pas sombrer dans l'Etat sécuritaire et l'état d'exception permanent: il faut une stratégie globale contre le terrorisme qui préserve les libertés fondamentales.

Une semaine après la terrible tuerie de Nice, qui a vu les vies de 84 femmes, hommes et enfants fauchées et des centaines d'autres blessées ou marquées pour toujours, notre nation reste endeuillée et profondément choquée. Cette folie terroriste aveugle a plongé le pays dans un angoissant questionnement sur les motivations du meurtrier Mohamed Lahouij-Bouhlel et sur les moyens de faire face à la terreur que cherchent à imposer de tels actes.

Au chagrin s'est mêlée depuis la colère devant les polémiques et les surenchères indécentes auxquelles se sont livrés sans recul nombre de responsables politiques.

C'est dans ce contexte que, dans une précipitation extrême et sans faire de vrai bilan de l'expérience de l'état d'urgence des mois passés, le gouvernement a décidé, sans débat, de prolonger de 6 mois l'état d'urgence, sous la pression de la droite et de l'extrême droite qui veulent durcir encore le régime d'exception.

Or, force est de constater que l'état d'urgence n'a pas permis d'éviter le carnage de Nice, dans une ville que les élus de droite ont faite laboratoire de leurs expérimentations sécuritaires et qu'il a pu servir en revanche à lutter contre des mobilisations sociales et des militants qui n'avaient rien à voir avec le terrorisme.

Avant d'annoncer précipitamment sa prolongation, le président de la République venait de la déclarer inutile en indiquant que les lois récemment votées après son déclenchement permettaient de prendre le relais. Le risque s’accroît donc d'une dérive répressive sans efficacité pour la sécurité de nos concitoyen-ne-s, et d'une atteinte à nos libertés publiques fondamentales.

Les parlementaires du PCF à l'Assemblée Nationale et au Sénat ont voté contre cette prolongation de l'état d'urgence qui ne nous semble pas répondre au légitime besoin de sécurité de nos concitoyens.

Il faut avoir le courage de mettre un terme à cette procédure d’exception en ouvrant le débat sur les moyens politiques, économiques et sociaux pour faire face sur le long terme à la menace, pour limiter au maximum le risque.

Cette mobilisation pour assurer la sécurité de nos concitoyens exige tout d’abord des moyens : il faut renforcer les moyens humains et matériels des renseignements et autorités judiciaires spécialisées, accroître les effectifs de police et des douanes.

La justice doit être redressée. Quels sont aujourd’hui les moyens en suivi psychologique ? Où en est la protection judiciaire de la jeunesse ?

Derrière l’affichage contre la radicalisation, l’affaiblissement de notre appareil judiciaire, pénitentiaire et policier est patent.

L’école, nos collectivités et le mouvement associatif sont bien sûr aux premières loges de cette bataille. C’est un grand effort financier qui doit être engagé pour mobiliser tous ces acteurs. Le projet de loi de finances pour 2017 devrait en être la traduction.

La riposte sécuritaire ne peut être le cœur de l’action politique, il faut, a-t-il dit, étudier, comprendre et concevoir des réponses globales dans une démarche de prévention du terrorisme.

De la même manière, riposter à la violence terroriste et au projet politique meurtrier et dictatorial de Daesh, par la seule voie militaire, par l'engagement de notre pays dans une logique de guerre aveugle, sans stratégie politique visant le retour de la paix et de la sécurité internationale est une grave erreur. Il y a beaucoup à faire dans la recherche de solutions de sortie de guerre au Proche-Orient et dans la lutte contre les réseaux de financement du terrorisme, qui s'appuient sur des paradis fiscaux et des réseaux capitalistes internationaux.

Nous ne devons pas sombrer dans l'Etat sécuritaire et l'état d'exception permanent: il faut une stratégie globale contre le terrorisme qui préserve les libertés fondamentales ( Fédération PCF du Finistère, communiqué du 21 juillet 2016)
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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:47
Jean-François Lemière et Lionel Broudin font partie des 111 débaleurs du marché de Morlaix qui ont signé la pétition

Jean-François Lemière et Lionel Broudin font partie des 111 débaleurs du marché de Morlaix qui ont signé la pétition

Marché. Une pétition circule dans les étals
http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/marche-une-petition-circule-dans-les-etals-22-07-2016-11156955.php

Les commerçants non-sédentaires de la place Allende ont distribué, samedi dernier, une pétition dans les étals du marché. Ils demandent à la mairie de ne pas revenir sur un accord pris en commission des marchés au mois de juin dernier, les autorisant à occuper la place jusqu'à 14 h, au lieu de 13 h 30 habituellement. L'accord devait se terminer fin septembre. Après le marché, les agents de la ville doivent nettoyer les lieux pour que le parking qui s'y trouve soit remis en fonctionnement le plus vite possible.

Une lettre ouverte à la mairie


Une lettre a été remise à la mairie : « La mise en place et les départs de chalands sur un marché, quelle que soit son importance, se fait par vagues d'arrivées et de départ, dans un contexte amiable[...] comment peut-on exiger un départ à 13 h 30 alors qu'une majeure partie finit entre 13 h 15 ou 13 h 30 ? », est-il demandé dans la lettre. « Pour notre organisation, c'est ingérable. Et puis, en ce moment on a encore beaucoup de monde jusqu'à 13 h, que doit-on faire, leur demander de partir pour tout ramasser ? », réagissait Lionel Broudin, délégué des commerçants non sédentaires. Annie Piriou, adjointe au tourisme et au rayonnement de la ville, s'étonnait de cette levée de boucliers : « C'est une décision prise dans une commission des marchés, un lieu démocratique dans lequel se trouvent des représentants des commerçants non-sédentaires. Nous pensons qu'après le 1e r septembre, il y aura moins de monde au marché après 13 h, en hiver par exemple ». La pétition devrait être remise après le marché de demain, selon Lionel Broudin.

***

La semaine dernière, les commerçants du marché faisaient signer cette pétition contre une décision unilatérale du maire de Morlaix de les obliger à quitter leur place au marché à 13h30. Des centaines de signatures ont déjà été obtenues.

Nous l'avons signée et la soutenons, conscients que le marché de Morlaix est un vecteur essentiel de la vie sociale sur la ville et le territoire, et de son attractivité commerciale. Beaucoup de clients arrivent actuellement sur le marché à 12h30, 13h. Ils font leur course, vont ensuite dans les cafés, les commerces, c'est très important pour la vitalité de Morlaix le samedi, pour l'ensemble des commerçants du centre-ville et pour le bien vivre à Morlaix.

Les commerçants des marchés travaillent beaucoup et tirent souvent des revenus relativement modestes de leur activité. Leur fidélité au marché de Morlaix est très importante pour l'image de la ville (des documentaires télé sur le marché de Morlaix ont d'ailleurs eu semble t-il un impact réel sur le tourisme dans la région l'année dernière) et la qualité de vie à Morlaix et dans la région.

Ils ont le droit d'être entendus et respectés. Rien ne s'oppose à ce qu'ils puissent continuer leur activité de plus, comme auparavant. La décision contraire occasionnerait pour eux une perte de revenus significative. C'est aussi de nos emplois dont il est question ici!

Sans parler des complications matérielles très grandes à vouloir vider la place Allende plus tôt, avec tous les débaleurs et le temps de rangement et de démontage. Et de la frustration pour les chalands et les commerçants à devoir refuser le service au gong, même en cas de file d'attente! C'est simplement inimaginable dans ce type d'activité commerçante reposant sur la convivialité, les rapports inter-personnels, la confiance... Veut-on que faire profiter les supermarchés d'une baisse de fréquentation des marchés?

Ismaël Dupont

Voici la lettre des commerçants du marché à Agnès Le Brun qui nous a été remise la semaine dernière, samedi 16 juillet:

Madame le Maire,

Lors de la dernière commission paritaire, la volonté des membres de votre service technique de modifier les horaires de fin de marché sur la place Allende à partir du 1er septembre 2016 ne peut nous laisser indifférents.

Ayant pris connaissance de ce paragraphe peu de temps avant cette réunion, l'ensemble des commerçants inscrits au registre du Commerce, de l'agriculture, ainsi que de nombreux salariés exerçants sur celui-ci, ont signé d'un commun accord une pétition (111 débaleurs, 111 signatures) pour exprimer leur désaccord sur cette décision, désaccord d'ailleurs qui n'est pas un refus systématique, mais de bon sens.

Les membres de votre service technique ont simplement oublié lors de cette décision que l'horaire actuel de 14 heures existe depuis de très nombreuses années, qu'il a déjà été discuté avec des membres de ce service, qu'il correspond parfaitement au délai de temps qu'il faut pour que la totalité des emplacements soit libéré pour le nettoyage, et qu'en aucune manière nous n'accepterons le remplacement de ce règlement par un nouveau, avec des horaires que nous ne pourrons pas respecter.

Nous pensons que parce ces faits, les membres de ce service ignorent les éléments principaux qui régissent notre corps de métiers.

La pérennité de nos entreprises ne repose que sur deux éléments. La qualité de nos produits, et l'accueil que nous réservons à nos clients en rapports humains et en disponibilité. La disponibilité permanente, ce qui veut dire quelque soit l'heure de leurs achats (matinaux ou tardifs).

Le deuxième, c'est que nous faisons tous de l'alimentaire (produits carnés, fruits et légumes, poissons et autres) et que nous sommes sujets après la vente à de multiples opérations de rangement, de nettoyage, de mise en frigos pour certaines corporations en respect des normes sanitaires, cela nous demande du temps.

Le troisième, c'est que la mise en place, et le départ des chalands sur le marché quelque soit son importance, se fait par vagues d'arrivées et de départs, dans un contexte amiable et bien structuré entre nous. Votre marché Madame, compte 111 étalages alimentaires, comment peut-on exiger un départ à 13h30 alors qu'une majeure partie finit entre 13h15 et 13h30?

Le fait ci-dessus, nous oblige à vous demander un entretien dans un bref délai, pour mettre fin à une situation qui risque de nous entraîner dans un conflit qui n'a pas lieu d'être, et qui provoquera de fortes tensions et complications qui mettront à mal toutes les relations satisfaisantes, et positives que nous avons eu avec votre municipalité depuis de nombreuses années et qui permet la renommée de votre marché sur l'ensemble de la côte nord du Finistère.

En souhaitant que vous portiez une attention particulière à ce courrier, et en espérant que celui-ci ne reste pas sans réponses de votre part,

Veuillez recevoir, Madame, nos sincères salutations.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:31
Portrait, vers 1910, de Jean Jaurès. Photo : l’humanité

Portrait, vers 1910, de Jean Jaurès. Photo : l’humanité

Le 18 avril 1904, naissance de l’Humanité

Les séries d'été de L'Humanité

ALEXANDRE COURBAN HISTORIEN

MARDI, 19 JUILLET, 2016

L'HUMANITÉ

Un jour dans l'Humanité. Dans son premier numéro, les lecteurs découvrent l’organigramme et les objectifs que se fixe ce nouveau venu dans le paysage de la presse quotidienne nationale.(1/34)

Le premier numéro de l’Humanité paraît le 18 avril 1904. D’après le bulletin météorologique publié en troisième page, un « temps assez doux et à ondées est probable » ce lundi. Le ciel jusqu’alors couvert semble se dégager.

Une lecture attentive de ce premier numéro disponible en kiosque nous apprend beaucoup de choses sur ce nouveau « journal socialiste quotidien », comme le précise le sous-titre de l’Humanité. « Ce journal est composé par une équipe d’ouvriers syndiqués », est-il indiqué en dernière page. La marque syndicale « Fédération du Livre – Paris – 21e section » en témoigne. Le journal est alors imprimé 8, rue du Sentier. Là-même où Mozart séjourna avec sa mère en 1778. La rédaction et l’administration del’Humanité sont installées à 800 mètres de là, rue Richelieu. La plupart des journaux et des imprimeries cohabitent dans ce quartier du Croissant, non loin du bureau central de la grande poste de la rue du Louvre.

C’est Anatole France qui signe le feuilleton de la deuxième page

Dans la course contre la montre que mène la presse, cette proximité permet de recevoir plus rapidement encore les informations envoyées par télégramme. La rédaction du quotidien mise en avant dans la première page du journal se compose uniquement d’hommes, pour la plupart plus jeunes que Jean Jaurès. Certains sont des journalistes de métier, comme Michaël Py ou Paul Pottier. D’autres sont des intellectuels reconnus, comme l’écrivain Anatole France qui signe le feuilleton de la deuxième page. La plupart sont des militants, membres de l’un des partis socialistes existant alors – l’unité du mouvement socialiste se réalisera au printemps suivant –, à l’image de Léon Blum, en charge de la rubrique littéraire.

Une répartition idéale des tâches au sein de la rédaction est imaginée. Le premier nom avancé est celui du fondateur du quotidien socialiste. Jean Jaurès s’affirme « directeur politique », comme le rappelle chaque jour un bandeau situé sous le titre et le sous-titre du journal. Gustave Rouanet est officiellement chargé des éditoriaux. Gabriel Bertrand occupe le poste de « secrétaire de rédaction ». Cette tâche correspond aujourd’hui à celle du rédacteur en chef ou du directeur de rédaction. Comme le souligne Paul Lafargue, « le secrétaire de rédaction (est) le seul véritable responsable de la fabrication quotidienne du journal ; il doit être le premier au journal ; avant d’y arriver, il doit avoir parcouru tous les journaux pour savoir comment le journal doit être confectionné, et il faut qu’il ait une autorité sur toute l’équipe pour dire : vous, vous irez chercher des renseignements ; vous, vous interviewerez tel personnage. […] S’il arrive le premier, il doit partir le dernier et rester jusqu’à ce que le journal soit fait ; il faut qu’il ait lu toute la copie, toutes les dépêches, toutes les épreuves pour décider à la dernière minute ce qui doit être mis ou ce qui doit être écarté du journal »

Le détail de la composition de chacune des rubriques est également donné. Citons par ordre d’importance en nombre de rédacteurs : la rubrique économique et sociale, qui en compte sept ; la rubrique politique, six ; la rubrique de politique étrangère, cinq (auxquels s’ajoutent des correspondants à l’étranger) ; la rubrique des informations générales, quatre.

Le journal annonce un nombre particulièrement important de « collaborateurs littéraires ». Au total, la participation de quinze personnes est annoncée, signe de l’importance des questions culturelles dans la presse française à l’époque, y compris dans un journal du mouvement ouvrier.

Nous ne pouvons ajouter à la première rédaction que le nom de son premier gérant, Léon Guyon, glané en quatrième page.

Dans son premier éditorial, Jean Jaurès signe un véritable manifeste du journalisme, qui mérite par ailleurs d’être lu dans son intégralité, y compris aujourd’hui. Jean Jaurès affirme sa volonté de créer un journal qui soit « en communication constante avec tout le mouvement ouvrier, syndical et coopératif » et non pas l’organe officiel du Parti socialiste français (PSF) dont il est membre. Il indique par avance qu’il sera « heureux d’accueillir ici toutes les communications où se manifestera la vie ouvrière ». Ce nouveau journal quotidien aspire à seconder « de son mieux tous les efforts de groupement syndical et coopératif du prolétariat ». Jean Jaurès prône clairement l’ouverture du journal en direction des autres forces organisées du mouvement social, comme les syndicats ou les coopératives et au-delà. « Ainsi la largeur même et le mouvement de la vie nous mettront en garde contre toute tentation sectaire et esprit de coterie. »

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:23
tribune du Journal du Dimanche de 58 députés: loi travail, la bataille ne fait que commencer

Loi travail

58 députés préviennent que "la bataille ne fait que commencer"

vendredi 22 juillet 2016

Le JDD publie une tribune de 58 députés, très majoritairement de gauche, réagissent à l’utilisation du 49-3 par le gouvernement pour faire passer la loi Travail en force en dernière lecture à l’Assemblée. "On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi Travail. Il ne fait au contraire que commencer. Nous y prendrons toute notre part", avertissent-ils.

’"Ce mercredi 20 juillet, la loi Travail a donc été définitivement adoptée. Au cœur de l’été, il ne faut pas lâcher, mais continuer à dire pourquoi ce fut le moment le plus insupportable de ce quinquennat pour qui ne se résigne pas à la dégradation des droits des salariés français et au déni de démocratie.

Avec cette loi, le code du Travail sera plus complexe, et moins favorable aux salariés. Cette loi ne modernise pas, elle réduit les protections. Et derrière le motif légitime de favoriser la négociation sociale, en réalité elle fragilise les travailleurs et affaiblit la démocratie dans l’entreprise. Elle est adoptée sans dialogue et négociations apaisés avec les partenaires sociaux.

Sans le soutien des citoyennes et des citoyens, qui continuent très majoritairement à rejeter un texte aux antipodes des engagements pris par la majorité pour laquelle ils ont voté en 2012. Sans un débat parlementaire à la hauteur des cinquante-deux articles et des nombreux thèmes abordés dans ce projet de loi, visant à terme la réécriture de l’ensemble de la partie législative du Code du Travail. Sans même un vote des députés, sur chaque article ou sur l’ensemble du texte."

"Jamais nous n'aurions imaginé vivre une telle situation"

Mais bien après plusieurs mois de tensions sociales sans précédents pour un gouvernement issu de la gauche, par le biaisd'un recours au 49-3, outil quasi-imparable de verrouillage et de chantage constitutionnel. Et sans plus de quelques heures de débat dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, désormais devenu un théâtre d’ombres. Jamais nous n'aurions imaginé vivre au cours de ce quinquennat une telle situation, tellement contraire aux valeurs et à l'histoire de la gauche. Elle nourrit la colère du peuple, et donne des arguments à ceux qui s’emploient à dévitaliser la démocratie.

Nous, parlementaires avons à chaque étape décidé de nous mobiliser, pour être à la hauteur de notre responsabilité : celle d'incarner le pouvoir de faire la loi en accord avec le mandat que nous a confié le peuple. Nous n'avons cessé de dénoncer les dangers de ce texte, en considérant que ses quelques points positifs ne pouvaient servir de prétexte à justifier ses reculs considérables. Nous avons en permanence recherché et organisé le dialogue, avec toutes les organisations syndicales, sans ostracisme ni stigmatisation; relayé les propositions et alternatives; et jusqu'au bout, œuvré à une sortie de crise, pourtant à portée de main.

"Le gouvernement a fait fi de toutes les oppositions"

Enfin, par deux fois, face au passage en force de l'exécutif sur ce texte fondamental, il a été tenté de déposer une motion de censure de gauche, démocrate et écologiste : il était de notre responsabilité de députés de la Nation de ne pas rester sans réaction face à cette situation. Nous le devions à celles et ceux qui pendant des mois se sont mobilisés par millions.

La voie autoritaire, aura permis au Président de la République et au Gouvernement de faire fi de toutes les oppositions, pourtant majoritaires dans le pays, de toutes les mobilisations, qu'elles soient citoyennes, syndicales, parlementaires. Mais à quel prix? Au nom de quel idéal, pour servir quel projet de société? Avec quelles conséquences pour le pays?

"On altère une nouvelle fois la confiance du peuple"

Comment ne pas voir, à l'heure où notre société traverse une crise démocratique majeure, que faire adopter sans vote, par le 49-3 utilisé à deux reprises, un tel projet de loi, concernant la vie quotidienne de millions de nos concitoyens, risque d'accroître ce fossé entre citoyens et gouvernants que nous prétendons tous combattre? Comment ne pas comprendre, six mois après des débats délétères sur la déchéance de nationalité, que l'on altère une nouvelle fois la confiance du peuple, en imposant un texte dont les dispositions vont à rebours des positions toujours défendues en matière de droit du Travail ? Pourquoi faire le choix de diviser un pays pour faire passer à tout prix un texte qui de l’avis même de ses concepteurs n'aura pas d'impact direct sur les créations d'emplois? Pourquoi imposer des mesures qui aggraveront les logiques de dumping social entre les entreprises, affaibliront le pouvoir d’achat des salariés à travers les baisses de rémunération des heures supplémentaires, et faciliteront les licenciements économiques, ou même réduiront les missions de la médecine du travail?

Le Président de la République et le gouvernement devront longtemps faire face à ces questions. Car cette méthode autoritaire n'éteindra jamais le débat de fond. Pire, elle est toujours contre-productive, par les ressentiments qu'elle génère.

Pour notre part, nous ne renonçons pas à porter la voix des citoyens mobilisés pour défendre leurs droits, leurs convictions, leur vision de la société et du monde du travail. Et surtout, nous ne renonçons pas à affirmer d’autres choix. Pour adapter le droit du travail aux défis du 21e siècle et aux mutations de l’économie, en le rendant plus protecteur pour les salariés, en dressant ainsi une véritable barrière contre le dumping social au sein de l’économie française ; en renforçant le dialogue social, le rôle des organisations syndicales, et la place des salariés dans les organes de décision des entreprises ; en renouant avec une démarche de partage juste et choisi du temps de travail, levier d’une lutte efficace contre le chômage; en se donnant tous les moyens de dessiner effectivement les conquêtes sociales de demain, avec au premier rang la sécurité sociale professionnelle.

Un code moderne et vraiment protecteur des salariés est possible. Il doit s’inspirer des leçons de l’Histoire et affronter les mutations du salariat. Nous retrouverons ainsi le chemin des réformes qui marquent utilement leur époque. On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi Travail. Il ne fait au contraire que commencer. Nous y prendrons toute notre part."

Lire l’intégralité de la Tribune

Liste des députés signataires

Laurence Abeille, Brigitte Allain, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Philippe Baumel, Laurent Baumel, Huguette Bello, Jean-Pierre Blazy, Michèle Bonneton, Alain Bocquet, Kheira Bouziane, Isabelle Bruneau, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Nathalie Chabanne, Gaby Charroux, André Chassaigne, Dominique Chauvel, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Marc Dolez, Cécile Duflot, Hervé Feron, Aurélie Filippetti, Jacqueline Fraysse, Geneviève Gaillard, Yann Galut, Linda Gourjade, Edith Gueugneau, Benoît Hamon, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Romain Joron, Régis Juanico, Jérôme Lambert, Jean Lassalle, Christophe Léonard, Jean-Luc Laurent, Noël Mamère, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor, Philippe Noguès, Christian Paul, Michel Pouzol, Patrice Prat, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumegas, Nicolas Sansu, Eva Sas, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard, Thomas Thévenoud, Michel Vergnier, Paola Zanetti

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:21

La loi travail devant le conseil constitutionnel

vendredi 22 juillet 2016

40 parlementaires de gauche (Front de gauche, frondeurs socialistes et écologistes), ont déposé un recours devant le conseil constitutionnel. Avec les autres recours déposés, le seuil des 60 parlementaires est franchi pour la saisine du Conseil.
Des sénateurs LR (Les Républicains) ont en effet annoncé avoir eu aussi déposé en recours, ils estiment notamment que « la loi porte atteinte aux principes d’entreprendre » pour les franchisés.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:14
Fermeture ou privatisation: Alain Vidalies acte la mise à mort des trains de nuit (communiqué du PCF, 22 juillet 2016)

Communiqué du PCF

Fermeture ou privatisation : Alain Vidalies acte la mise à mort des trains de nuit

vendredi 22 juillet 2016

Le secrétaire d’Etat aux transports, Alain Vidalies, a présenté ce matin les projets du gouvernement concernant les trains d’équilibre des territoires.

Les trains de nuit sont au cœur de ce démantèlement du service public ferroviaire.

La décision de l’Etat est de ne plus financer l’exploitation de six lignes de trains de nuit. Quatre d’entre elles fermeront dès le 1er octobre 2016, si aucun opérateur privé ne veut les reprendre et que les régions concernées ne les financent pas.

Pour justifier ce désengagement total, le secrétaire d’état au transport précise d’une part que ces lignes bénéficient d’offres alternatives de mobilité de bon niveau, et d’autre part que la fréquentation des trains de nuit est en baisse de 25% depuis 2011, et représente 25% du déficit des Trains d’équilibre des territoires.

Les trains de nuit, comme les trains d’équilibre du territoire, véritable épine dorsale de l’aménagement du territoire, garants de l’égalité d’accès au transport et répondant à des enjeux écologiques d’avenir fixés lors de la COP21 à Paris en décembre 2015, sont pourtant un des éléments d’une nouvelle politique ferroviaire publique d’avenir.

Nous refusons le choix imposé par le gouvernement concernant les trains de nuit, à savoir la privatisation ou la disparition. Les trains de nuit, ce sont 6 lignes et près de 75 millions de recettes cumulées pour 1,2 millions de passagers et un taux d’occupation de 38 % à 54 %.

Les transports ferroviaires de passagers comme de marchandises doivent redevenir de grands services publics développant un maillage national du territoire ambitieux et utile aux besoins des usagers et des populations.

En mai dernier, le PCF a présenté un manifeste pour un grand service public ferroviaire d’avenir, pour redonner au rail toute sa place. Des solutions d’avenir existent. La modernité, c’est le train, et non le développement des trajets en bus.

Fermeture ou privatisation: Alain Vidalies acte la mise à mort des trains de nuit (communiqué du PCF, 22 juillet 2016)
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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:00

Val-d’Oise

"Mort d’Adama : la vérité, vite !"

vendredi 22 juillet 2016

Déclaration de Jean-Michel Ruiz, Secrétaire départemental du PCF 95 et Conseiller régional d’Ile de France, sur le décès d’Adama

Un drame a eu lieu mardi sur notre département avec le décès d’Adama Traoré à la gendarmerie de Persan.

J’adresse au nom du PCF nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses amis.

J’ai entendu la déclaration de Monsieur le Préfet qui a affirmé : « La famille a droit à la vérité ». Je partage bien entendu cette opinion et je demande qu’une enquête sérieuse et honnête ait lieu très rapidement. Dans un même temps, même si la colère est légitime, les violences doivent cesser.

En effet, rien ne justifie la mort d’un jeune de 24 ans. C’est intolérable et cela dure depuis trop longtemps. La première réponse au malaise des habitants de nos cités a été la répression. A la répression, se sont ajoutées les politiques d’austérité qui n’ont fait qu’empirer les conditions de vie dans de nombreux quartiers. Les divisions dans la société, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, l’islamophobie ont, par contre, prospéré.

La prolongation de l’état d’urgence alourdit encore plus le climat en pesant sur les citoyens et les forces de l’ordre.

Le Président de la république s’était engagé à mettre fin aux contrôles au faciès mais ceux-ci persistent quotidiennement alors que la grande majorité des policiers aspire elle-même à des relations apaisée avec les citoyens. Le PCF refuse d’attendre les bras croisés de nouvelles explosions de colère suite à des dénis de justice.

Le récépissé de contrôle d’identité est un moyen parmi d’autres de la lutte contre les discriminations lors des contrôles policiers dont l’ampleur n’est plus à démontrer. Mesure efficace partout où elle a été instaurée ou testée, sa mise en place en France bloque toujours, malgré sa promotion par un grand nombre d’acteurs. Nous demandons que les récépissés soient mis en œuvre le plus rapidement possible.

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:00

Le Parlement valide un état d’urgence élargi

21 JUILLET 2016 | PAR LÉNAÏG BREDOUX

Le Parlement a approuvé jeudi, à une écrasante majorité, la prolongation de l’état d’urgence pour six mois. Le projet de loi a été élargi à une série de mesures, portées initialement par la droite, pour durcir la lutte antiterroriste. Plusieurs associations dénoncent une loi de prorogation « dangereuse parce qu'elle pérennise une situation d'exception ».

C’est la quatrième prolongation en moins d’un an. Jeudi, le Parlement a validé l’extension de l’état d’urgence pour six mois, jusqu’en janvier 2017. Un état d’urgence élargi à une série de mesures, portées par la droite et relevant de la lutte antiterroriste.

Le projet de loi initial comptait deux articles. Le texte définitif, adopté par le Parlement jeudi, en comporte 20. Dans le cadre d’une procédure accélérée, motivée par l’attentat de Nice, le gouvernement avait soumis un texte proposant une prolongation de trois mois. Il rétablissait la possibilité de procéder à des perquisitions administratives, levée depuis mai, et il permettait la saisie de données informatiques et téléphoniques lors de ces perquisitions, retoquée dans une version précédente par le Conseil constitutionnel.

Mais les débats parlementaires, parfois dans une ambiance électrique, et sous pression de la droite, ont conduit à durcir et à élargir le texte, qui a entre-temps changé de nom. D’abord sur la durée : l’état d’urgence est prolongé pour six mois, jusqu’à janvier 2017. Il pourra alors être de nouveau reconduit, avec l’accord des chambres parlementaires, tandis que nous serons à six mois de l’élection présidentielle. Les dispositions permettant de fouiller les véhicules ou les bagages, et de fermer un lieu de culte qui serait jugé dangereux, ont été réaffirmées. Lors des perquisitions administratives (en dehors d’une procédure judiciaire), les mineurs pourront être retenus jusqu’à quatre heures. Toutes les manifestations ou tous les rassemblements pourront être interdits si la sécurité ne peut pas être assurée, faute de moyens.

Surtout, une série de mesures, relevant davantage de la lutte antiterroriste que de la loi de 1955 sur l’état d’urgence, ont été ajoutées. Elles ont été portées par la droite sénatoriale, et validées par le PS, qui les avait pourtant, à plusieurs reprises, rejetées lors de précédents débats. Le projet de loi valide, par exemple, la vidéosurveillance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans les cellules de prison des personnes poursuivies pour terrorisme. Il rend automatique l’expulsion, soit définitive, soit pour dix ans, d’un étranger condamné pour terrorisme – c’est le principe de la double peine. Les personnes condamnées pour ce motif ne pourront plus bénéficier de certaines réductions de peine – elles seront notamment exclues du régime de la semi-liberté.

Certaines peines de prison ont été renforcées. Les parlementaires ont aussi allongé la durée de détention provisoire pour les mineurs mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste (de deux à trois ans). Le port d'arme pour les policiers municipaux est facilité. Le régime encadrant les écoutes administratives est assoupli. Les services de renseignement pourront surveiller en temps réel, sur les réseaux des opérateurs, les personnes en lien avec des individus présentant une menace, et non plus seulement ces derniers. Les parlementaires demandent également dans ce texte au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) d’élaborer « un code de bonne conduite relatif à la couverture audiovisuelle d’actes terroristes ».

Plusieurs de ces mesures pourraient être retoquées par le Conseil constitutionnel, dans le cadre de questions prioritaires de constitutionnalité (QPC), le gouvernement n’ayant pas demandé le contrôle du texte. Certaines « violent les libertés individuelles, et pas seulement celles des terroristes, a averti à l’Assemblée le député Stéphane Claireaux, au nom du groupe des Radicaux de gauche (RDSE). Les QPC viendront immanquablement. »

Le texte est le fruit du compromis passé entre le PS et LR (Les Républicains, ex-UMP), dans une ambiance parfois très tendue en séance (lire le compte-rendu des débats à l’Assemblée), où l’opposition s’est déchaînée, assumant de vouloir s’émanciper de l’État de droit. Au bout du compte, le texte a été voté par une écrasante majorité des parlementaires : à l’Assemblée, la version définitive a été votée par 87 voix, contre 5. Au Sénat, elle a été adoptée par 316 voix, contre 26. Dans les deux chambres, seuls les communistes, les écologistes et quelques frondeurs s’y sont opposés lors des débats.

François Hollande avait annoncé vouloir prolonger l’état d’urgence dans la nuit du 14 au 15 juillet, quelques heures après l’attentat qui a causé la mort de 84 personnes. Lors de son traditionnel entretien du 14-Juillet, le président de la République avait pourtant confirmé qu’il souhaitait que cet état d’exception soit levé au 26 juillet. « Cet état d’urgence, j’ai considéré qu’il fallait le prolonger jusqu’au moment où nous puissions être sûrs que la loi pouvait nous donner des moyens nous permettant de prévenir la menace terroriste avec efficacité », avait-il alors expliqué, en référence à la loi sur la procédure pénale adoptée cette année et écrite juste après les attentats du 13-Novembre. Avant d’ajouter : « On ne peut pas prolonger l’état d’urgence éternellement. Cela n’aurait aucun sens. Cela voudrait dire que nous ne serions plus une République avec un droit qui pourrait s’appliquer en toute circonstance. »

Tous les récents rapports avaient montré que l'état d'urgence ne servait quasiment plus à rien, d'autant qu'il a conduit à l'ouverture d'une poignée d'enquêtes judiciaires antiterroristes, et qu'il a en revanche permis des dispositions exceptionnelles dans d'autres cadres, comme l'arrestation de militants écologistes lors de la COP21, ou lors des manifestations contre la loi sur le travail.

Dans un entretien au Monde, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve avait indiqué que « l’attentat de Nice montre qu’il peut y avoir des répliques et appelle un niveau de vigilance renforcé. C’est le caractère imminent du péril qui justifie la prolongation ». Selon lui, la fin en vaut les moyens : « Si une seule de ces perquisitions [administratives – ndlr] nous permet de déjouer un attentat, nous nous devons de la mettre en œuvre. »

Une nouvelle fois, plusieurs associations ont dénoncé ce choix de l’exécutif, qui n’a cessé de légiférer en matière antiterroriste et de renseignement depuis qu’il est au pouvoir. C'est par exemple le cas du Syndicat de la magistrature qui détaille, dans un communiqué, les mesures ajoutées au projet de loi lors de son examen. L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) s'est elle aussi indignée d'un « processus qui conduit à adopter en urgence des mesures qui, bien qu'ayant été très récemment débattues à l'occasion de textes antérieurs, telle la loi du 3 juin 2016, n'avaient pas été retenues ». « Il est illusoire, voire dangereux, de laisser penser aux Français qu'un nouveau texte serait de nature à faire cesser le danger qui nous menace. Plutôt que de nouvelles lois, ce sont les moyens de les mettre en œuvre qui sont maintenant urgents », dit encore le syndicat.

Cette nouvelle loi de prorogation « est dangereuse parce qu'elle pérennise une situation d'exception, parce qu'elle laisse à la discrétion du gouvernement le droit de manifester et accroît les pouvoirs de la police au point de justifier de retenir un enfant pendant quatre heures et de saisir les données personnelles sans réel contrôle puisqu'une nouvelle fois, le juge judiciaire est écarté », estime la Ligue des droits de l’homme. Avant d’ajouter :« Cette loi est aussi une atteinte directe au processus démocratique. En y intégrant des modifications pérennes du Code pénal, les parlementaires et le gouvernement ont institué une nouvelle manière de légiférer, dans la précipitation et au mépris de toute règle démocratique. »

« Alors que le dernier rapport parlementaire sur l’état d’urgence a montré la portée limitée d’un régime qui se voulait d’exception, la France va donc s’installer de façon durable dans une situation qui marginalise chaque jour davantage le rôle du juge judiciaire, garant des libertés individuelles, au profit du seul pouvoir exécutif, dénonce également la FIDH. Plus que jamais, il convient de rappeler qu’il n’y a pas à choisir entre sécurité et liberté, sauf à entrer dans un marché de dupes qui, à terme, ne garantit ni l’une ni l’autre. »

Le Défenseur des droits Jacques Toubon a lui aussi redit ses réserves sur cet « état d’exception permanent, de nature à fragiliser l’État de droit et l’exercice des libertés fondamentales ». Sur la même ligne, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH (pdf, 246.6 kB)) déplore, en « ces temps troublés », les « postures politiciennes » ainsi que la « surenchère sécuritaire » qui « ne manqueront pas d’engendrer des effets dévastateurs sur le vivre ensemble en contribuant à créer un climat de suspicion généralisée susceptible de faire le lit de tous les extrémismes ».

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 13:00
Une agriculture sans néonicotinoïdes, c'est possible! (Communiqué de France Nature Environnement)

JEUDI 21 JUILLET 2016

Lire la suite du communiqué

UNE AGRICULTURE SANS NÉONICOTINOÏDES, C’EST POSSIBLE !

Hier, dans le cadre de la lecture définitive de la loi Biodiversité, l’Assemblée nationale a voté l’interdiction totale des pesticides néonicotinoïdes à compter du 1er juillet 2020. Ces insecticides sont reconnus comme dangereux pour les abeilles et plus généralement pour la biodiversité et la santé humaine. Pour FNE, il faut mettre en place sans attendre les techniques alternatives. Car oui, elles existent !

Une interdiction sans cesse repoussée

Dans le texte adopté après maintes tergiversations, l’interdiction des néonicotinoïdes n’interviendra définitivement qu’au 1er juillet 2020.

Or l’urgence écologique est là, on ne peut plus attendre ! Les colonies d’abeilles domestiques subissent une mortalité annuelle de 30% alors qu’elle n’était que de 5% avant 1995, date de l’apparition des néonicotinoïdes sur le marché français. Faut-il rappeler que 80% des plantes à fleurs et 75% des espèces cultivées dépendent de la pollinisation par les insectes ?

Pour Claudine Joly, en charge du dossier à FNE : « Cette perspective d'interdiction est sans conteste une avancée mais 2020 est encore bien loin. Pourquoi tarder alors que ces produits devraient normalement déjà être retirés du marché si ce n'est pour laisser des perspectives de contournement de l'interdiction aux firmes et aux usagers ? A suivre donc avec précision. »

Les alternatives existent !

Eviter les semis trop précoces, travailler le sol, faire des rotations de cultures, utiliser les auxiliaires naturels, prédateurs des insectes ravageurs... Les alternatives aux néonicotinoïdes sont nombreuses et ne demandent qu’à se généraliser. Contre la pyrale, cette chenille qui constitue le principal ravageur du maïs, des lâchers de trichogrammes (petits insectes) sont réalisés chaque année par des milliers d’agriculteurs. De nombreux agriculteurs engagés dans le réseau des fermes Déphy démontrent chaque jour qu'une baisse de l'usage des pesticides est possible.

Pour Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE : « La France s’est engagée dans le plan Ecophyto qui vise à réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 2025. Le plan Ecophyto est un volet majeur du projet agro-écologique lancé par le Ministre de l’agriculture. Il faut être cohérent avec ces décisions et généraliser dès à présent toutes les alternatives aux néonicotinoïdes, tueurs d’abeilles. »

Lire le document de FNE à propos des alternatives aux néonicotinoïdes

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 12:37
Lucien Sempaix

Lucien Sempaix

lu sur le blog passionnant d'histoire sociale de Roger Colombier (pays des Corbières): http://www.le-blog-de-roger-colombier.com/ - après que la page Facebook Histoire populaire de Pascal Bavencove ait repris cet article.

Oui, en ce temps-là, du côté du PCF.

Le 18 juillet 1939, en une de l'Humanité, Lucien Sempaix, son responsable, dénonce la connivence entre les responsables nazis, notamment Otto Abetz ambassadeur de l'Allemagne hitlérienne à Paris, et des journalistes du Figaro et du Temps. Ceux-ci auraient touché de l'argent contre des renseignements intéréssant la défense nationale.

Ce ne sont pas le Figaro et le Temps, journaux de droite, qui vont traîner Lucien Sempaix devant la justice, mais le gouvernement français. A cette époque, la France n'est pas encore entrée en guerre.

Le secrétaire général de l'Humanité est convoqué au Quai des Orfèvres et inculpé"à la requête du ministère public" pour avoir enfreint la loi du 26 janviers 1934"en divulguant des renseignements relatifs à des enquêtes ou informations". Bref, lanceur d'alerte à son époque contre la collusion journaux de droite et Allemagne nazie, Lucien Sempaix risque 3 000 francs d'amende et 3 ans de prison.

Le 28 juillet 1939, Lucien Sempaix se présente devant la 12e chambre correctionnelle de la Seine. Le journaliste de l'Humanité écrit que "loin de se placer sur la défensive, il établit un véritable réquisitoire contre les agents directs et indirects de Hitler en France". S'ensuit la plaidoirie des avocats.

Vers 20h 45, après un heure de délibéré, les juges relaxent Lucien Sempaix. Le lendemain, dans toute la largeur de sa une, l'Humanité écrit: "Acquittés! L'Humanité et Lucien Sempaix avaient donc raison."

Moins d'un mois plus tard, le gouvernement interdit l'Humanité, le 26 août 1939. Lors de la déclaration de guerre, Lucien Sempaix est mobilisé comme ouvrier spécialisé dans une usine d'armement à Levallois, mais le directeur le refuse.

Il participe à la parution clandestine du quotidien communiste. Il est arrêté par la police française le 19 décembre 1939 au titre du décret-loi sur les "indésirables". Transféré de camp d'internement à camp d'internement, parce que "communiste dangereux", il parvient à s'évader le 25 décembre 1940. Lucien Sempaix retrouve la clandestinité et l'édition de l'Huma clandestine. Mais la police française le reprend le 27 mai 1941.

Jugé par un tribunal français, il est remis aux autorités nazies dans le cadre de la loi hitlérienne sur les otages. Il est fusillé le 15 décembre 1941 par les nazis.

juillet 1939: quand le journaliste de l'Humanité, Lucien Sempaix, fusillé en 1941 par les Nazis, dénonçait la collusion du "Temps" et du "Figaro" avec les services allemands
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