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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 11:14
Jean-Luc Mélenchon veut renoncer à faire chanter l'Internationale à ses meetings

Le fondateur du Parti de gauche s'est prêté à une petite confidence devant quelques journalistes, parmi lesquels Olivier Bost de RTL : il songe à arrêter de faire chanter L'Internationale à la fin de ses rassemblements politiques. La décision semble mûrement réfléchie. Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle, est à la tête d'un mouvement citoyen intitulé "La France insoumise". Cela passe beaucoup par les réseaux sociaux et la vidéo. L'objectif est bien sûr d'élargir sa base militante. Il revendique d'ailleurs quelque 130.000 adhérents.

Ce week-end à Lille, il doit, par exemple, faire adopter une ébauche de programme par une partie de ces adhérents. Mille personnes ont été invitées. Les deux-tiers ont été tirées au sort. Qui dit donc nouvelle forme de mobilisation dit nouveaux militants avec des cultures politiques différentes. Jean-Luc Mélenchon a constaté que beaucoup de ses militants ne connaissaient pas les paroles de L'Internationale. Les temps changent.

Jean-Luc Mélenchon veut renoncer à faire chanter l'Internationale à ses meetings

    Pottier écrit le poème qui deviendra les paroles de l'Internationale en juin 1871, en pleine répression versaillaise. En 1888, l'ouvrier lillois Pierre Degeyter met ce poème en musique. Et c'est à partir du congrès d'Amsterdam de la IIème Internationale en 1904 que ce chant devient l'hymne du mouvement ouvrier mondial.

L'INTERNATIONALE

Au citoyen Gustave Lefrançais, membre de la Commune

Debout ! les damnés de la terre 
Debout ! les forçats de la faim 
La raison tonne en son cratère : 
C’est l’éruption de la fin 
Du passé faisons table rase 
Foule esclave, debout ! debout ! 
Le monde va changer de base : 
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain
C’est la lutte finale 
Groupons nous et demain 
L’Internationale 
Sera le genre humain.

Il n’est pas de sauveurs suprêmes : 
Ni dieu, ni césar, ni tribun, 
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes ! 
Décrétons le salut commun ! 
Pour que le voleur rende gorge, 
Pour tirer l’esprit du cachot 
Soufflons nous-mêmes notre forge, 
Battons le fer quand il est chaud !

L’Etat opprime et la loi triche ; 
L’Impôt saigne le malheureux ; 
Nul devoir ne s’impose au riche ; 
Le droit du pauvre est un mot creux. 
C’est assez languir en tutelle, 
L’égalité veut d’autres lois ; 
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle, 
« Egaux, pas de devoirs sans droits ! »

Hideux dans leur apothéose, 
Les rois de la mine et du rail 
Ont-ils jamais fait autre chose 
Que dévaliser le travail ? 
Dans les coffres-forts de la bande 
Ce qu’il a créé s’est fondu. 
En décrétant qu’on le lui rende 
Le peuple ne veut que son dû.

Les Rois nous saoulaient de fumées. 
Paix entre nous, guerre aux tyrans ! 
Appliquons la grève aux armées, 
Crosse en l’air et rompons les rangs ! 
S’ils s’obstinent, ces cannibales, 
A faire de nous des héros, 
Ils sauront bientôt que nos balles 
Sont pour nos propres généraux.

Ouvriers, Paysans, nous sommes 
Le grand parti des travailleurs ; 
La terre n’appartient qu’aux hommes, 
Le riche ira loger ailleurs. 
Combien de nos chairs se repaissent ! 
Mais si les corbeaux, les vautours, 
Un de ces matins disparaissent, 
Le soleil brillera toujours !

Eugène Pottier

Eugène Pottier

Jean-Luc Mélenchon veut renoncer à faire chanter l'Internationale à ses meetings
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 10:22
Présidentielles et législatives 2017: appel à l'unité de la gauche antilibérale et écologique venant de l'appel des Cent

"Alors que la gauche antilibérale et écologique est d’accord sur l’essentiel, les candidatures se multiplient avec le risque que l’alternative à gauche devienne inaudible. Il faut se taire, s’y résigner ? Eh bien, non ! Nous ne nous résignons pas. Le peuple de gauche doit se lever, dans toutes ses couleurs, toutes ses histoires, salariés et retraités qui savent ce que perdre signifiera, féministes qui savent les reculs à venir, écologistes qui savent qu’il faut changer vite.

Nous allons proposer, construire l’union, forcer à l’union. En signant en masse cette tribune-pétition, qui dit simplement : « pour 2017, il faut une seule candidature de l’alternative à gauche, nous avons trop de points d’accord ! ». Si nous sommes des centaines de milliers à la réclamer, elle s’imposera."

Un appel à signer, à faire signer...

Pour toute information, voir : http://www.appeldes100.org 

[Premiers signataires : Etienne Balibar (philosophe), Jacques Bidet (philosophe), Patrick Braouezec (député honoraire), Pierre Cours-Salies(sociologue), Anne Jollet (historienne), Robert Guédiguian (cinéaste), Pierre Khalfa (co-président de la Fondation Copernic), Rémi Lefebvre (politiste), Ben Lefetey (ZAD de Sivens), Noël Mamère (député écologiste), Philippe Marlière (politiste), Gérard Mordillat (écrivain), Dominique Noguères (avocate), Willy Pelletier (coordinateur général de la Fondation Copernic), Jean-François Pellissier (co-porte-parole d’Ensemble), Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de Gauche), Marie-Pierre Vieu (PCF), Sophie Wahnich (historienne), Malika Zediri (association chômeurs APEIS)]

 

Il faut unir nos forces pour une alternative à gauche. Après un quinquennat calamiteux, le pire semble aujourd’hui possible. Avec un FN en voie de banalisation. Avec une droite extrêmisée que Hollande et Valls décomplexent. Avec l’autoritarisme du 49.3.

Le pire semble aujourd’hui possible. Face à la violence des licenciements, du chômage, des CDD à perpétuité, des vies empêchées, ruinées, des campements de migrants évacués sans solution, vouloir imposer « l’identité française », le burkini, l’islam, la nationalité (et sa déchéance) au cœur des débats politiques. Face au terrorisme, pour exaspérer les peurs, la fuite en avant sécuritaire, inefficace. Et sur l’écologie, surtout ne rien faire ou plutôt faire le contraire de ce que l’on proclame !

Cela doit cesser. Sans attendre. Depuis trop longtemps F. Hollande chante du Joe Dassin au Medef : « on ira où tu voudras quand tu voudras ».

Nous appelons à l’effraction citoyenne, au soulèvement du peuple de gauche qui refuse cette situation, de ce peuple arc-en-ciel où depuis toujours, pour chaque conquête sociale, toute liberté gagnée, se mêlent les socialistes qui refusent le libéralisme, les écologistes, les féministes, les communistes, les libertaires, les altermondialistes, nous tous, salariés, privés d’emploi, retraités, jeunes, rassemblés contre la loi travail, rassemblés contre le nucléaire, rassemblés contre la fermeture des usines, des maternités, des classes, des services publics qui protègent ceux qui n’ont rien, rassemblés contre le logement cher et les morts dans la rue, rassemblés contre la criminalisation des résistances sociales, des sans-papiers, des sans-emplois stigmatisés, abandonnés, rassemblés pour l’égalité des droits entre homos et hétéros...

Pour 2017, les urgences, nous les connaissons. Nous sommes d’accord sur ce qui peut faire pacte commun. D’accord, pour abroger la loi El Khomri et construire des droits protecteurs, pour augmenter fortement le Smic, les minimas sociaux et les retraites, pour que le CDI redevienne la norme, pour interdire les licenciements collectifs quand sont versés des dividendes aux actionnaires, etc… D’accord, pour renforcer l’ISF, accroître l’impôt progressif car il redistribue, refuser les dettes publiques illégitimes, ne plus admettre des revenus supérieurs à 20 fois le Smic, etc... D’accord pour booster le ferroviaire, d’accord pour une planification écologique, la sortie du nucléaire, lutter d’arrache-pied contre le réchauffement du climat, etc…D’accord pour abolir le traité budgétaire européen, renégocier les dettes en Europe, en finir avec les paradis fiscaux, accueillir les migrants, ne pas appliquer la directive européenne sur les travailleurs détachés, abandonner l’agriculture productiviste au profit d’une agriculture biologique et paysanne. D’accord pour en finir avec ces guerres perpétuelles où l’Etat français sert de vitrine aux multinationales françaises de l’armement et sert Areva, Total, etc…D’accord sur des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise, des droits contre le contrôle au faciès et pour le droit de vote des étrangers, d’accord pour une 6ème République, etc... Oui, il y a beaucoup d’etc, énormément d’etc…car il y a tant d’accords.

Et pourtant, alors que la gauche antilibérale et écologique est d’accord sur l’essentiel, les candidatures se multiplient avec le risque que l’alternative à gauche devienne inaudible. Il faut se taire, s’y résigner ? Eh bien, non ! Nous ne nous résignons pas. Le peuple de gauche doit se lever, dans toutes ses couleurs, toutes ses histoires, salariés et retraités qui savent ce que perdre signifiera, féministes qui savent les reculs à venir, écologistes qui savent qu’il faut changer vite.

Nous allons proposer, construire l’union, forcer à l’union. En signant en masse cette tribune-pétition, qui dit simplement : « pour 2017, il faut une seule candidature de l’alternative à gauche, nous avons trop de points d’accord ! ». Si nous sommes des centaines de milliers à la réclamer, elle s’imposera.

Déjà localement, des convergences, des regroupements, se montent pour stopper la désunion. Le 12 novembre, nous nous retrouverons, venus de tout le pays, ensemble, dans cette convention qui fabriquera et portera une plateforme de mesures d’urgence pour la prochaine mandature. Nous ne gagnerons 2017 qu’en conjuguant nos couleurs en une seule campagne collective.

Premiers signataires : Etienne Balibar (philosophe), Jacques Bidet (philosophe), Alima Boumediene-Thiery (avocate), Patrick Braouezec (député honoraire), Pierre Cours-Salies (sociologue), Laurent Eyraud-Chaume (comédien), Robert Guédiguian (cinéaste), Alain Hayot (sociologue), Anne Jollet (historienne), Pierre Khalfa (co-président de la Fondation Copernic), Rémi Lefebvre (politiste), Ben Lefetey (militant altermondialiste), Noël Mamère (député écologiste), Philippe Marlière (politiste), Gérard Mordillat (écrivain), Jean-Pierre Petit (musicien), Dominique Noguères (avocate), Willy Pelletier (coordinateur général de la Fondation Copernic), Jean-François Pellissier (co-porte-parole d’Ensemble), Marie-Christine Vergiat (députée européenne Front de Gauche), Marie-Pierre Vieu (conseil national du PCF), Sophie Wahnich (historienne), Pierre Zarka (ancien directeur du journal L'Humanité), Malika Zediri (association chômeurs APEIS)

Lieu et horaire du samedi 12 novembre, 10 heures - 18 heures : salle des fêtes de l'Hôtel de Ville, Montreuil, place Jean Jaurès, 93 100 Montreuil / Ligne 9, station Mairie de Montreuil. Entrée libre. Venez nombreuses et nombreux !

Pour toute information, voir : http://www.appeldes100.org 

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 09:36
Sa sensibilité à la violence des rapports de forces s’exprimera dans ses textes et ses engagements. photo rue des archives/RDA

Sa sensibilité à la violence des rapports de forces s’exprimera dans ses textes et ses engagements. photo rue des archives/RDA

Cent ans après sa disparition, le romancier américain entre à la « Bibliothèque de la Pléiade ». Une consécration pour l’écrivain prolétaire, le journaliste et l’aventurier devenu l’un des auteurs les plus populaires de l’histoire de la littérature. 

«Jack London avait le génie qui voit ce qui est caché à la foule des hommes et possédait une science qui lui permettait d’anticiper sur les temps », écrit Anatole France. « Fils d’un ouvrier », « socialiste révolutionnaire », « disciple américain de Karl Marx », « il fut ouvrier et travailla de ses mains, celui qui fit cinquante volumes prodigieux de vie et d’intelligence », poursuit l’auteur du Lys rouge. Né en 1876, à deux pas des docks de San Francisco et du détroit du Golden Gate, ouvert sur l’océan Pacifique, John Griffith Chaney, dit Jack London, s’éteindra quarante ans plus tard, au terme d’une vie qu’il voulut à l’image de celle d’« un oiseau de passage, les ailes éclaboussées d’eau salée ».

L’année de sa naissance, un peu plus de dix ans après la fin de la guerre de Sécession, est celle de la bataille de Little Big Horn. Il entre dans l’adolescence alors que s’éteignent, au-delà des montagnes Rocheuses, les derniers feux de la résistance indienne. C’est l’époque où les États-Unis s’engagent dans un processus d’accumulation forcenée avec la constitution des grands trusts industriels et bancaires. Sa population passe de 50 à 100 millions d’habitants en une quarantaine d’années. C’est aussi celle de la poussée des grandes métropoles verticales, gratte-ciel, tramways et métros, de l’électrification, de la première diffusion de l’automobile, du téléphone, du cinéma et de la presse de masse.

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profession, écrivain

C’est sous la direction de Philippe Jaworski que l’auteur du Vagabond des étoiles, de Croc-Blanc et du Loup des mers entre à la « Bibliothèque de la Pléiade », chez Gallimard. Les deux volumes d’une sélection de ses œuvres romanesques, de ses nouvelles et de ses récits présentent des traductions renouvelées s’attachant à rendre au mieux la spontanéité et le quasi-automatisme de l’écriture de Jack London. On notera également la publication, cette semaine, de Martin Eden, de Jack London, traduit par Philippe Jaworski dans la collection « Folio-Gallimard », ainsi que des Vies de Jack London, de Michel Viotte et Noël Mauberret, aux éditions Arte/La Martinière. Publié en début de cette année, aux éditions Les Belles Lettres, Jack London, profession écrivain,un recueil de textes critiques rassemblés par Francis Lacassin, éclairera le métier et la pensée de l’auteur américain.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:48
Pierre Laurent: "Je demande l'amnistie des militants syndicaux" (L'Humanité Dimanche, vendredi 14 octobre 2016)
Pierre laurent : « Je demande l'amnistie des militants syndicaux »
PIERRE LAURENT
VENDREDI, 14 OCTOBRE, 2016
HUMANITÉ DIMANCHE

le secrétaire national du PCF s'indigne contre la criminalisation du mouvement syndical.

« La justice avait condamné en première instance les 8 de Goodyear à 24 mois de prison dont 9 mois ferme. Leur "crime" ? Avoir retenu 30 heures, sans violence, deux dirigeants de l'entreprise qui procédait à la fermeture du site et à 1 200 suppressions d'emplois. Le 19 octobre prochain, lors de leur appel, nous serons tous à leurs côtés. Ce jugement est primordial pour le monde du travail, pour la liberté et la démocratie, pour le droit de défendre son outil de travail et l'emploi. Aujourd'hui, je renouvelle mon soutien, et celui des communistes, aux salariés de Goodyear. Dans ces temps où l'action syndicale est pointée du doigt, il faut défendre l'emploi et les droits des salariés, de ceux qui sont attaqués injustement, criminalisés pour avoir défendu leur emploi. Plus que jamais, nous lutterons contre la criminalisation de l'action syndicale. Je demande l'amnistie des militants syndicaux, ceux de Goodyear, comme ceux d'Air France, également menacés de lourdes condamnations. »

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:45
Marie-Monique Robin: si le PDG de Monsanto risquait la prison, il ferait autrement (L'Humanité Dimanche, 13 octobre 2016)
Marie Monique Robin : « Si le PDG de Monsanto risquait la prison, il ferait autrement... »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIA DE QUATREBARBES
JEUDI, 13 OCTOBRE, 2016
HUMANITÉ DIMANCHE

Pour juger les crimes contre l’environnement, la Cour pénale internationale dit vouloir étendre ses compétences. Depuis deux ans, associations, ONG préparent le « tribunal Monsanto ». Du 14 au 16 octobre, à La Haye, aux Pays-Bas, se tient le procès avec de « vrais juges, de vraies victimes et de vrais avocats ». Marie-Monique Robin, qui a révélé le scandale Monsanto, en est la marraine.

HD. Comment est né ce tribunal ?

Marie-Monique Robin. Il y a 2 ans, après avoir vu mon film « le Monde selon Monsanto », des militants m’ont dit qu’ils voulaient créer un tribunal pour juger la firme. Je me suis dit qu’ils étaient complètement fous. Mais je m’y suis associée. Avec l’ancien rapporteur à l’ONU du droit à l’alimentation Olivier De Schutter et la militante écologiste indienne Vandana Shiva, nous avons beaucoup travaillé pour le faire naître. Ce n’est pas un tribunal d’opinion comme le tribunal Russell-Sartre, qui dénonçait la politique des États-Unis au Viêt Nam en 1966. Il s’agit d’un véritable tribunal, au sens où il y a de vrais juges, de vraies victimes et de vrais avocats.

HD. Quel est son objectif ?

M.-M. R. Il est double. Le premier est d’estimer les dégâts causés par Monsanto avec ses produits. C’est une procédure civile. Car, aujourd’hui, c’est la seule qui puisse être lancée contre une entreprise. D’où le deuxième objectif, le plus important : faire reconnaître dans le droit international l’écocide, le crime contre les écosystèmes. Les juges vont faire des recommandations à la Cour pénale internationale.

La Cour pénale internationale ne reconnaît actuellement que quatre crimes : contre l’humanité, de guerre, de génocide et le crime d’agression. Cependant, le 15 septembre, elle a dit vouloir étendre ses compétences aux crimes contre l’environnement ! Le glyphosate (la molécule du Roundup, l’herbicide de Monsanto – NDLR) est un exemple parfait d’écocide : il affecte les sols, les animaux, les plantes et les humains.

HD. Pourquoi est-ce si important de reconnaître ce cinquième crime ?

M.-M. R. C’est la seule manière de stopper ces multinationales. Si on prend l’exemple du PCB (utilisé dans l’industrie jusqu’aux années 1970 – NDLR), qui a été produit à Anniston, en Alabama, par Monsanto, il a fallu des années pour que les habitants de cette ville, victimes de cancers, se réunissent dans une class action et parviennent à faire condamner la firme. Celle-ci a dû leur payer 700 millions de dollars de dédommagements. C’est la plus grosse amende jamais payée dans l’histoire de l’industrie. Mais c’est une goutte d’eau, comparé aux profits que Monsanto a engrangés. C’est la même chose pour l’agriculteur charentais Paul François, intoxiqué au Lasso, un herbicide de Monsanto, et qui a fait condamner l’entreprise.

Car, que font Monsanto, Bayer et les autres ? Ils provisionnent des fonds pour faire face à d’éventuels procès civils. La recherche du profit reste, pour les dirigeants de ces multinationales, la seule motivation. Mais, si Hugh Grant, le PDG de Monsanto, savait qu’il risque la prison, il ferait peut-être autrement.

HD. D’où viennent les victimes qui témoignent au tribunal ?

M.-M. R. De tous les continents et d’Argentine, où les milliers d’hectares de soja transgénique sont arrosés de glyphosate trois fois par an. Les victimes seront accompagnées d’experts qui vont apporter des preuves scientifiques. L’un d’eux, qui a fait 25 études épidémiologiques dans les villages entourés de soja transgénique, y a constaté une explosion des malformations congénitales et des cancers respiratoires. Une Américaine qui a un lymphome non hodgkinien, et qui cultivait du café en utilisant du Roundup, a porté plainte contre Monsanto quand le Centre international de recherche sur le cancer a classé le glyphosate comme « cancérigène probable », en 2015. Comme elle, plus de 1 000 paysans américains l’ont fait.

D’autres encore viennent du Sri Lanka. Si ce pays a été le premier à interdire le Roundup, en 2014, plus de 30 000 paysans sont morts à cause du glyphosate : ils utilisaient le Roundup pour désherber, avant de planter du riz.

En Argentine comme au Sri Lanka, des familles vivent un drame : elles ne peuvent plus boire d’eau ou se nourrir car les sols sont pollués. Tout cela fait partie d’un même système : le capitalisme mondialisé qui ne cherche que le profit, au détriment de tout. On ne réglera pas la crise sociale sans résoudre la crise écologique.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:43
Retraités du Finistère. En colère contre le préfet (Le télégramme, 12 octobre 2016)

Retraités du Finistère. En colère contre le préfet / Le Télégramme / 12 octobre 2016

 

 

Les organisations syndicales et association de retraités du Finistère, CGT, FSU, FGR-FP, Solidaires, FO et LSR, ont adressé au préfet un courrier de protestation.

« Malgré nos demandes, lors de la journée d'action que nous avons organisée le 29 septembre, excepté à Brest, vous avez refusé de recevoir les délégations de nos organisations à Quimper et à Morlaix. Elles souhaitaient remettre une motion à transmettre au gouvernement et porter à sa connaissance la colère des retraités devant l'absence de prise en compte de leur situation ».

Les syndicats précisent ressentir ce « refus comme une marque d'indifférence voire de mépris envers les graves difficultés rencontrées par un grand nombre de retraités » et lui ont « fait part de leur mécontentement devant cette absence de volonté de dialogue social ».

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:29
Courant d'ère d'Hervé Hamon: vous avez dit Bob? (Le Télégramme, dimanche 16 octobre 2016)

Courant d'ère. Vous avez dit Bob ?
http://www.letelegramme.fr/france/vous-avez-dit-bob-16-10-2016-11256629.php
 

Ils avaient bonne mine, nos intellocrates parisiens, nos petits abbés comploteurs, nos graves éditeurs, nos piailleurs de cocktail, nos critiques prompts à s'émerveiller au signal. Sans compter, of course, les auteurs de manuels scolaires qui nomment ceux qui méritent de rester et enterrent les autres pour l'éternité. Quoi ? Bob ? Vous avez dit Bob ? Ce gamin de 75 ans à la voix nasillarde, qui n'en finit pas de donner des concerts mais en rate un sur deux ? Ce timide pathologique qui s'obstine à dérouler ses couplets et à glisser entre eux un couinement d'harmonica ? Bob, vous imaginez Bob entre Elias Canetti et Albert Camus, entre Garcia Marquez et Harold Pinter ? Non, mais c'est un gag, c'est un bug. Vous rangeriez Bob dans la Bibliothèque de la Pléiade, tout contre Jean d'Ormesson ? Ils sont fous, ces Suédois. Il faut dire qu'effectivement, le jury du prix Nobel est fréquemment à l'ouest, comme on dit chez nous. Attribuer le Nobel de la paix à Henry Kissinger, bourreau du Chili, cela défiait carrément le bon sens.

Pour une fois, rien qu'une fois, ils ont été géniaux, les Nobel, géniaux de décerner le prix de littérature à Mr Dylan. Peut-être qu'ils avaient fumé quelques joints exotiques, peut-être qu'ils avaient absorbé des alcools un brin relevés. Mais là, ils ont fait preuve de courage et de sensibilité. Dylan ne se réduit nullement au militant contre la guerre du Vietnam - même s'il avait mille fois raison de l'être - qui chantait « Blowing in the wind » sur toutes les scènes de tous les meetings. Très tôt, d'ailleurs, il a grincé qu'il en avait marre de son statut d'icône, du costard qu'on lui taillait trop vite. Et, comme tous les créateurs, les inventeurs sincères, il a cherché, tâtonné, risqué, il s'est fourvoyé, il a trouvé et il n'a pas trouvé. Avec cette sorte de fraîcheur intacte, avec ses musiciens complices et ses mots qu'il faut entendre et lire, lire très attentivement, qui lui échappent et parfois nous échappent. Ce qui s'appelle une oeuvre. Et puis ce sont des mots dans le vent, des mots jetés au gré d'un « No ending tour ». Ce prix salue le refus des textes gravés dans le marbre, la poésie vivante qui se dit en plein air. Les tristes Académiciens qui n'ont point voulu, parmi eux, de Charles Trenet, ne pourront jamais comprendre.

 

Lire aussi: 

Bob Dylan réagit à son Nobel de littérature… par le silence
http://www.lemonde.fr/prix-nobel/article/2016/10/15/bob-dylan-reagit-a-son-nobel-de-litterature-par-son-silence_5014180_1772031.html

Courant d'ère d'Hervé Hamon: vous avez dit Bob? (Le Télégramme, dimanche 16 octobre 2016)
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 07:22
Finances publiques: distribution de tracts lundi à Morlaix pour protester contre la suppression de postes et les fermetures d'accès à l'accueil pour les citoyens usagers

Accompagnés par leurs organisations syndicales (Solidaires finances publiques, FO DGFIP, CGT finances publiques), les agents des finances publiques du Finistère organisent une distribution de tracts aux usagers, lundi, à partir de 10h, devant le centre des impôts du Pouliet. Cette action a pour but d'alerter sur "la situation catastrophique des finances publiques avec, dans le département, plus de 500 emplois supprimés en moins de 15 ans" indique l'intersyndicale dans un communiqué. 

"Conséquence, les agents n'ont plus les moyens d'assurer leurs missions de service public avec des réductions d'horaire d'ouverture au public et des fermetures certains jours" ajoute le communiqué. 

Ce mouvement intervient quelques semaines après la fermeture de la trésorerie de Morlaix banlieue à Saint Martin des Champs, qui va fusionner avec le centre des finances publiques du Pouliet. 

"Tous les services sont concentrés sur les villes de Brest, Quimper et Morlaix. Des pôles départementaux sont créés, les plate-formes téléphoniques et autres centres de contacts éloignent toujours plus les usagers des services publics de proximité. La volonté de notre administration est de promouvoir le tout internet au détriment de l'accueil physique de proximité des usagers", regrettent les syndicats. 

Le Télégramme, Vendredi 14 octobre. 

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 17:51

La France entrave la fuite des Syriens en leur imposant un visa supplémentaire

 

L’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (ANAFE) dont AI France est membre, et le Groupe d’information de soutien aux immigrés (GISTI) ont décidé d’attaquer cette obligation nouvelle imposée aux Syriens.


Une obligation aux conséquences dangereuses

Le visa de transit aéroportuaire est un visa qui permet d'attendre une correspondance dans la zone internationale d’un aéroport. Il n'autorise pas l'entrée sur l'espace Schengen.

Ce document, difficile à obtenir, ne permet plus aux passagers de voyager sans son obtention préalable. Cette obligation entrave donc sciemment la possibilité pour les Syriens d’échapper au conflit qui fait rage dans leur pays.

Concrètement, si une personne fuyant le conflit en Syrie se présente aux frontières françaises démunie de ce visa, les autorités françaises peuvent la renvoyer vers son pays de départ.

En Syrie les civils sont en danger : demandez aux autorités syriennes de les protégerSIGNEZ

La seconde conséquence de cette obligation est de rendre très difficile pour des personnes en provenance de Syrie le dépôt d’une demande d’asile aux frontières françaises, à l’occasion justement de leur transit par un aéroport français.

Cette obligation imposée par la France aux personnes fuyant la Syrie tranche avec sa position officielle à l’égard du conflit en cours en Syrie.

Un procédé déjà connu

Le procédé n’est pas nouveau : depuis le milieu des années 1990, les États européens, et la France plus que tous les autres, se servent, à l'encontre des ressortissants de certains pays ciblés, du visa de transit aéroportuaire comme d'un instrument pour dissuader l'arrivée de demandeurs d'asile sur leur sol. 

La France est - de très loin - le pays qui a instauré le plus de VTA, ayant ajouté 23 pays à la liste commune (Afghanistan, Bangladesh, République démocratique du Congo, Erythrée, Ethiopie, Ghana, Irak, Iran, Nigeria, Pakistan, Somalie, Sri Lanka). Sont ainsi notamment soumis à cette obligation les pays suivants : Angola, Burkina Faso, Cameroun, Colombie, Congo Brazzaville, Côte d'Ivoire, Cuba, Djibouti, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Haïti, Inde, Libéria, Mali, Mauritanie, Pérou, République dominicaine, Togo, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Tchad, ainsi que les titulaires du document de voyage pour les réfugiés palestiniens et les ressortissants russes provenant d'un aéroport situé en Ukraine, Biélorussie, Moldavie, Turquie et Égypte.

POUR EN SAVOIR PLUS
  • Le site de l' Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers(ANAFE) : www.anafe.org
La France entrave la fuite des syriens en leur imposant un visa supplémentaire (Amnesty International)
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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 06:10
photo Ouest-France

photo Ouest-France

Migrants : manifs sous haute tension à Trébeurden et Trégastel
http://www.ouest-france.fr/bretagne/trebeurden-22560/migrants-manifs-sous-haute-tension-trebeurden-et-tregastel-4558831

Des heurts ont lieu actuellement à Trégastel entre groupes de manifestants frontistes et antifrontistes. Les premiers, en infériorité numérique, n'étaient pas au courant de l'appel lancé par Gilles Pennelle, le leader régional du Front national, à mettre fin au mouvement.

Peu après 19 h, des bagarres ont éclaté à Trégastel entre groupes de manifestants frontistes contre l'installation des migrants sur la côte de Granit et militants anti-frontistes. Les premiers seraient une dizaine, les seconds, une centaine.

Gilles Pennelle, le leader régional du Front national, qui participait au rassemblement anti-migrants de Trébeurden avait, peu avant 19 h à l'issue de cette première manifestation, demandé à ses troupes de ne pas rejoindre la commune voisine où était prévu un deuxième rassemblement. Disant l'avoir fait "à la demande des forces de l'ordre" en raison des risques de débordements pouvant être provoqués par certains groupes du rassemblement pro-migrants.

Mais certains de ses militants avaient déjà pris la route de Trégastel et n'avaient donc pas entendu ce coup de sifflet final. Ce sont eux qui sont actuellement en train d'en découdre avec leurs opposants en très nette supériorité numérique.

De nombreux partis politiques et organisations avaient appelé à participer à cette contre-manifestation anti-FN organisée par Ras l'front, Ensemble 22, Solidaires 22 et Alternative libertaire :  la Ligue des droits de l'homme, les socialistes des Côtes-d'Armor et l'UDB du Trégor-Goëlo, l'union locale CFDT, la CGT, le Parti communiste, la gauche indépendantiste bretonne, EELV (Les Verts), la FSU, le Parti de gauche et l'UDB.

Les militants et sympathisants de gauche ayant investi les abords de la mairie, les manifestants du Front national sont restés à quelques dizaines de mètres d'eux sur le parking près de l'église. Quelques insultes et jets d'œufs ont été relevés avant les prises de parole.

http://www.ouest-france.fr/bretagne/lannion-22300/migrants-debut-des-rassemblements-trebeurden-4558631

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