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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:45
Multiples, salon de la petite édition d'artiste ce week-end!
Multiples, salon de la petite édition d'artiste

Comme chaque année depuis 11 ans, l’association Les Moyens du Bord organise un rendez-vous autour de la petite édition d'artiste. 

Du samedi 12 au dimanche 13 novembre 2016

11h > 18h30

port de Morlaix, Auberge de jeunesse et Manufacture des tabacs

Morlaix 29600

Comme chaque année depuis 11 ans, l’association Les Moyens du Bord organise un rendez-vous autour de la petite édition d’artiste. Issu d’une volonté de promouvoir des œuvres originales davantage accessibles que des pièces uniques, Multiples offre une occasion unique de découvrir le multiple d’artiste sous toutes ses formes : livres d’artiste, gravures, estampes, sérigraphies, vidéos, etc. À travers un salon, mais également une programmation d’expositions, de rencontres, d’ateliers et de performances, ce week-end des 12 et 13 novembre 2016. 

 

A l'auberge de jeunesse: 

Bernard Collet et les petits affichistes (de l'école du Poan Ben)

Au Roudour-St Martin des Champs: 

Rafaële Ide (peintures et collages)

Aux Moyens du Bord, à la Manufacture des Tabacs: 

Collection Gautier and Co (Estampes et impressions)

 

Ateliers à l'auberge de jeunesse, à la médiathèque des Ailes du Temps, salon sous chapiteau à la Manufacture des Tabacs. 

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:20
Commandez le carnet de voyage de Thierry Seigland sur la mission de l'AFPS Nord-Finistère (Morlaix et Brest) en Palestine en avril 2016: rencontre débat avec Thierry Seigland à Dialogues Morlaix le 19 novembre
Le "Carnet de voyage en Palestine" que notre ami Thierry vient de faire paraître est un condensé magnifiquement illustré et photographié de notre séjour en Palestine en avril 2016.
 
C’est un genre particulier de témoignage que nous propose Thierry dans cet abécédaire rempli de sensations, de curiosités pour l'histoire, les lieux, le pays.
 
Des coups de gueule et de l'humour pour rire, malgré tout, de ce qui est difficile à concevoir.
 
Et surtout beaucoup de clins d'œil affectueux aux enfants, aux femmes et aux hommes qui ont pris le temps de nous recevoir et de nous expliquer leur résistance du quotidien.
 
De Jérusalem à Jénine, en passant par Hébron, Naplouse, Ramallah et le camp de réfugiés de Jalazone, le regard de Thierry est celui de l'émotion, de la solidarité et du refus de l'injustice.
 
Le "Carnet de voyage en Palestine" est vendu au bénéfice de l'AFPS du Pays de Morlaix au prix de 15 € pour soutenir financièrement notre projet d’aide aux personnes en situation de handicap du camp de réfugiés de Jalazone.
 
Et sans vouloir influencer qui que ce soit, il pourrait faire un cadeau de fin d’année à la fois beau, utile et très solidaire !
 
Pour l’Afps du Pays de Morlaix,
 
François Rippe
 
 
AFPS du Pays de Morlaix
19, rue Waldeck Rousseau
29600-Morlaix
Commandez le carnet de voyage de Thierry Seigland sur la mission de l'AFPS Nord-Finistère (Morlaix et Brest) en Palestine en avril 2016: rencontre débat avec Thierry Seigland à Dialogues Morlaix le 19 novembre
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:16
Can Dündar, rédacteur en chef du quotidien turc "Cumhuriyet": "Tout dépend du peuple turc pour sauver la démocratie" (L'Humanité)
Can Dündar : « Tout dépend du peuple turc pour sauver la démocratie »
ENTRETIEN RÉALISÉ PARSTÉPHANE AUBOUARD ET PATRICK APEL-MULLER
MERCREDI, 9 NOVEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ

L’ancien rédacteur en chef du quotidien turc Cumhuriyet a été fait, hier, citoyen d’honneur de la Ville de Paris. Exilé en Allemagne, le journaliste a accordé un entretien exclusif à l’Humanité.

Quelle est votre situation personnelle aujourd’hui ?

Can Dündar Ma situation est très simple : si je rentre en Turquie, je serai immédiatement arrêté. Il y a un an, j’ai déjà été emprisonné pendant 92 jours avec mon collègue Erdem Gül pour « espionnage et divulgation de secret d’État ». Nous avions publié en mai 2015 un reportage prouvant la fourniture d’armes par les services secrets turcs à des islamistes syriens. Mon dossier est encore en cours d’instruction sur ce sujet. Mais je suis également l’objet de deux nouvelles charges. Le régime m’accuse tout d’abord d’avoir soutenu Fethullah Gülen alors que mon journal comme moi-même n’avons évidemment rien à voir avec l’ancien ami d’Erdogan, que ce dernier accuse d’être derrière le coup d’État avorté de juillet. La justice turque m’accuse enfin d’avoir publiquement soutenu des journaux kurdes proches du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) fermés par la police turque. Ce qui est vrai, mais pas illégal. Mon dossier est désormais dans les mains des juges, qui ont requis un minimum de cinq ans d’emprisonnement, mais cela peut être beaucoup plus. Aujourd’hui je vis en exil en Allemagne. Je continue d’écrire pour Cumhuriyet, et je reste très critique à l’égard du régime. Mais cela devient dangereux, non plus pour moi directement, mais pour mes collègues encore sur place ou mon épouse. Samedi dernier, le rédacteur en chef a été arrêté. Le même jour, la police a fait une descente dans mon appartement d’Istanbul. Quant à ma femme, elle est interdite de sortie de territoire alors que rien ne lui est reproché. Son passeport lui a été confisqué.

Depuis l’arrestation en fin de semaine dernière de députés du HDP et de neuf de vos collègues du quotidien de centre gauche Cumhuriyet, peut-on dire que la Turquie a basculé dans la dictature ?

Can Dündar C’est en tout cas ce qu’Erdogan vise comme objectif. Après la tentative de putch de juillet, il a dit publiquement que cet événement avait été une bénédiction divine pour lui. Il avait raison. Depuis lors, il a eu la possibilité de resserrer son emprise sur le pays. L’état d’urgence permet d’utiliser l’appareil de répression à tous les niveaux de la société. Pour prendre le seul exemple des journalistes, tout le monde peut encore écrire librement en Turquie… mais doit être prêt à en payer le prix. Ce prix, ce peut être la prison, l’exil ou la mort. Quand vous sortez dans la rue, il devient de plus en plus difficile de protester sans vous faire arrêter. La société turque est cernée de toutes parts dans cet état de siège permanent. Il y a aussi un problème de rapport et d’organisation des forces. 80 % des médias sont dans les mains d’Erdogan. Les universités sont à la botte du régime. Les syndicats de moins en moins efficients. Peu à peu la société civile se laisse emporter par la peur. Nous n’avons plus la majorité au Parlement. Depuis la purge débutée en juillet, l’armée qui était une garantie toute relative de la révolution kémaliste a changé son fusil d’épaule. Police et armée sont aujourd’hui main dans la main dans la répression. Il n’y a plus aucune séparation des pouvoirs. Erdogan contrôle le Parlement, l’exécutif et le pouvoir judiciaire. Ce qui lui permet de mettre la société à sa botte pour obtenir les pleins pouvoirs. Il a d’ores et déjà planifié un référendum pour instaurer un régime présidentiel. Il a fait taire la quasi-totalité de l’opposition. Il s’attaque de nouveau aux journalistes et aux médias, derniers lieux d’expression libre et de résistance. Et je pense malheureusement qu’Erdogan continuera de réprimer l’ensemble de la société jusqu’à ce que le fameux référendum ait lieu, pour faire taire toute voix critique. C’est son plan. Et ce sera la fin du vieux rêve démocratique de la Turquie. Dans les prochains mois, nous devons nous tenir prêts à affronter cette escalade liberticide et s’attendre malheureusement à l’érection d’un régime tenu par un seul homme et appuyé par un parti unique. À ce moment-là, cela s’appellera alors vraiment une dictature.

Selon vous, il n’y a donc plus de solution politique possible ?

Can Dündar Il n’y a aucune raison d’y croire. Le problème kurde devait être réglé au Parlement. Mais comme on le voit, les députés kurdes sont systématiquement arrêtés. Par cette stratégie, Erdogan montre clairement qu’il n’a pas choisi la solution politique à cette crise. Il a choisi la voie des armes. Nous ne pouvons donc pas en vouloir aux Kurdes de se défendre. En novembre 2015, lors des dernières élections législatives, six millions de personnes de la région du Kurdistan, dont 80 % en moyenne dans les plus grande villes, ont donné leurs voix au HDP (Parti démocratique des peuples) qui a pu envoyer59 députés au Parlement. Tous leurs représentants issus d’un processus démocratique sont aujourd’hui soit écartés, soit en prison. Les médias inféodés à Ankara ne relaient rien de la réalité. Internet est systématiquement bloqué, les manifestations réprimées dans le sang. Que feriez-vous à la place des Kurdes, qui ne peuvent plus se défendre par les voies de la démocratie ? Eh bien vous retourneriez dans la montagne et vous prendriez les armes pour vous défendre, faire entendre votre voix, autrement dit pour lutter et résister. Erdogan a besoin d’un ennemi. Tout dictateur a besoin d’un ennemi, si possible avec une notion identitaire. C’est la meilleure façon de fédérer autour de vous et de créer un clivage aboutissant à un état de guerre permanent. Bien sûr c’est le piège dans lequel il aurait fallu éviter de tomber. Le fait est que la Turquie n’est pas une nation unifiée et la politique de division d’Erdogan pousse les Turcs dans un clivage dangereux.

La laïcité est-elle en danger ?

Can Dündar Bien sûr, la dérive islamo-conservatrice se ressent maintenant dans la vie de tous les jours. Depuis quelques mois, les femmes sont devenues la cible des islamistes. Des articles paraissent dans les journaux sur le comportement qu’une femme doit avoir concernant ses habits, sa coiffure, ce qu’elle a le droit de manger ou boire. Nous devons donc rester très vigilants et défendre tout particulièrement les droits de femmes. L’égalité hommes-femmes est aujourd’hui en danger en Turquie. Le mois dernier, un islamiste a attaqué une femme dans un bus. Il l’a frappée. Personne n’a bougé. L’homme a ensuite été arrêté par la police mais la cour l’a relâché aussitôt. Il s’agit d’un signe très clair quant à la tendance judiciaire qui s’impose jour après jour dans le pays. Et ce n’est certes pas un cas isolé. En mai dernier, j’ai été moi-même victime d’une tentative de meurtre. La personne qui a tiré sur moi a elle aussi été libérée.

Que faire alors pour préserver la démocratie et la laïcité dans le pays ? Existe-t-il encore des pôles de résistance au sein même de la société civile turque ?

Can Dündar Tout dépend d’abord de nous. Si nous luttons, nous pourrons garder une Turquie libre et laïque. Sinon, ce sera très difficile. Je crois encore dans la capacité du peuple turc à se rebeller. Il y a deux ans, les manifestations de la place Taksim prouvaient que la flamme démocratique n’a pas quitté le peuple turc. Des millions de gens sont sortis dans la rue. Ce fut la plus grande révolte populaire que la Turquie a connue dans son histoire. Ils sont encore là. Ils sont pour l’instant dans le silence, accumulant haine et peur. Il faut redonner aux Turcs le courage de retourner dans la rue. C’est tout le sens de l’action du HDP qui a décidé de boycotter le Parlement turc et de privilégier le rapprochement avec le peuple dans la rue, notamment lors de manifestations. Le parti kémaliste (CHP), qui est aujourd’hui le dernier parti d’opposition en Turquie, réfléchit lui aussi à boycotter le Parlement. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un front démocratique. Kurdes, Turcs, alévis, artistes, médias, intellectuels, tous ensemble nous devons créer ce front de résistance populaire. C’est aujourd’hui la dernière et seule solution pour sauver la démocratie en Turquie.

Croyez-vous encore en un soutien de l’Union européenne ou des États-Unis pour endiguer la dérive dictatoriale d’Erdogan ?

Can Dündar Malheureusement non. C’est trop tard maintenant. Il aurait fallu agir bien avant. Nous avons pourtant averti l’Europe par de nombreux articles. Mais nous n’avons pas été entendus. Les dirigeants européens n’ont pas voulu assumer la problématique des réfugiés, donnant à Erdogan la clé des camps de réfugiés dont il menace aujourd’hui d’ouvrir les portes. Pour moi cet accord passé entre la Turquie et l’Union européenne fut une immense déception, presque une trahison des valeurs et principes de l’Europe. Il faut que l’Occident se réveille, mais avec mesure. Car l’autre danger qui menace les Turcs, c’est l’isolement. Si l’Europe stoppe les négociations avec la Turquie, le peuple turc se retrouvera sans aucune force de dissuasion. Or, c’est exactement ce que souhaite Erdogan qui a jeté son dévolu sur d’autres grandes puissances comme l’Arabie saoudite et la Russie. Donc stopper les négociations ne serait pas une punition pour Erdogan, mais pour le peuple turc lui-même. À l’image de l’Europe, les États-Unis préfèrent une Turquie stable aux mains d’un pouvoir autoritaire, voire totalitaire, plutôt qu’une Turquie démocratique. Quand vous avez une force comme la Turquie à peu près stable dans une région complexe comme le Moyen-Orient, vous n’avez pas besoin de démocratie pour défendre vos intérêts, même s’il y a quelques frictions au sein de l’Otan. Il est préférable d’avoir un État qui torture et qui emprisonne ; vous le condamnez publiquement et tout le monde oublie. Pour moi cette attitude est une honte. Car nous avons besoin du monde occidental en Turquie. Nous avons besoin des idées occidentales. D’une politique laïque. Nous avons besoin de partenaires qui mettent la religion après la politique. Nous avons besoin de discours et d’actes démocratiques. Malheureusement, l’Europe comme les États-Unis ont sacrifié leurs valeurs pour leurs intérêts financiers.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:15
Court mais bref en pays de Morlaix: cinéastes amateurs, on the road again! (Ouest-France, 11 novembre)

Le festival Court mais bref lance un appel pour la prochaine édition : "Soyez déjantés !"

En 1895, les frères Lumière filmaient l’entrée d’un train en gare de la Ciotat. Le Cinéma était né.

En 2017, les lumières de l’Assoce Tomate proposent aux cinéastes amateurs de réinventer ce genre cinématographique, en mode court métrage (moins de 5 minutes) pour le Festival du Film Court mais Bref. " De Paris au Texas ou de Morlaix à Scrignac, soyez déjantés ! Faites-le plein des sens, mettez d’la gomme ! Faites des films plus étranges que le paradis ! Volez à Méliès sa fusée. Ravissez à Rimbaud son bateau ivre et… Roulez jeunesse ! "

À l’occasion du Court, Desireless, Bernard Lavilliers et l’ensemble du jury remettront de nombreux prix, dont le Kerouac d’or, qui récompensera le meilleur film de la catégorie qui se cache derrière ce texte.

Remise des copies une semaine avant la projection, qui aura lieu le 1er avril, sur DVD, ou par mail à lassocetomate@yahoo.fr.

 
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:05
Stopper le basculement de la Turquie dans la dictature - par Patrick Le Hyaric

 

Stupéfiant, inquiétant, révoltant ! La dérive du pouvoir de M. Erdogan parait ne plus avoir de limite jusqu’à progressivement basculer dans la dictature. « Un régime de terreur » aux portes de l’Europe selon les mots du Nobel Orhan Pamuk. Après les villes kurdes rasées par les chars de l’armée turque, les arrestations du rédacteur en chef et de huit autres journalistes de Cumhuriyet, l’un des principaux journaux d’opposition, puis des maires de villes kurdes, c’est au tour des parlementaires progressistes de subir la traque du régime. Les deux coprésidents du Parti démocratique des peuples (HDP) dont notre ami Selahattin Demirtas, le président du groupe parlementaire et huit autres députés ont été arrêtés en pleine nuit. Erdogan va jusqu’à remettre la peine de mort, pourtant abolie, à l’ordre du jour, violant sciemment la convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales que la Turquie a pourtant signée.

Depuis la promulgation de l’état d’urgence à la suite du coup d’état avorté de juillet dernier, le pouvoir turc gouverne par décret sans l’aval du Parlement. Le délai de garde à vue est porté à trente jours dont cinq au secret, sans accès à un avocat. Des dizaines de milliers de militaires, policiers et magistrats sont arrêtés ou mis à pied. La purge dans la fonction publique s’accroit d’heure en heure sur simple présomption de culpabilité.

L’heure est grave pour le peuple turc. La politique de terreur d’Erdogan risque de déboucher sur une déstabilisation profonde du pays avec des conséquences redoutables pour la région.

Le HDP s’est opposé à la tentative de coup d’état car il sait combien l’armée turque, qui a consolidé son pouvoir depuis le putsch de 1980, est opposée à toute forme d’émancipation sociale et politique du pays. Il sait également que l’accession au pouvoir des islamo-conservateurs a été rendue possible par un pacte entre la confrérie Gülen et le Parti de la justice et du développement (AKP), amis d’hier et ennemis d’aujourd’hui. Dans cette région, les progressistes sont payés de leçons pour savoir que les intrigues et retournements d’alliances s’effectuent toujours contre la constance du combat pour l’émancipation humaine, sociale et politique.

Depuis son accession au pouvoir en 2003 au poste de premier ministre, Erdogan s’est forgé avec l’AKP, son parti islamo-conservateur, un instrument de conquête de tous les pouvoirs civils et militaires en jouant sur les contradictions de la région.

Pro-européen à son arrivé au pouvoir, l’AKP noue une alliance avec Bachar El-Assad avant que les révolutions arabes et l’effondrement des régimes autoritaires ne lui offrent l’occasion de se poser en défenseur des peuples de la région. Erdogan tente de réactiver une hégémonie politique et culturelle ottomane sur ceux jadis soumis au pouvoir impérial. Pour y parvenir il appuie, de concert avec les monarchies du Golfe, les franges les plus intégristes de la contestation sociale voire les terroristes du groupe Etat Islamique.

Avec la deuxième armée de l’Alliance atlantique, la Turquie bénéficie d’une indulgence coupable des Etats-Unis comme des pays de l’Union européenne. D’autant que ces derniers lui ont laissé les mains libres en troquant de manière indigne contre quelques milliards d’euros le sort de centaines de milliers de réfugiés qui fuient les combats en Irak et en Syrie.

Le peuple kurde et tous les démocrates de Turquie paient chèrement le jeu d’alliance qui rythme l’évolution politique du Moyen-Orient. Le fait que le mouvement kurde soit parvenu à fédérer la gauche de transformation turque dans un même combat pour la liberté et la justice sociale est insupportable pour les pouvoirs en place. Plus encore l’est son combat héroïque contre l’Etat islamique !

Le HDP est né pour fédérer les aspirations démocratiques exprimées au printemps 2013 lorsque des dizaines de milliers de turcs se sont rassemblés sur la place Taksim d’Istanbul pour contester les dérives du pouvoir. Sa percée spectaculaire aux élections législatives de 2013 où il rassemble 13% des suffrages et obtient 80 députés empêche Erdogan d’obtenir les pleins pouvoirs et de modifier à sa guise la Constitution. Le HDP devient par la même occasion un acteur clé d’une solution pacifique au problème kurde.

Si le pouvoir turc s’enfonce dans cette dérive liberticide et réactionnaire, c’est justement parce que ce pays est l’un des rares de la région à compter une force politique de progrès, capable de faire bouger les lignes pour la justice et la paix. Que la France comme l’Europe se murent dans leur silence complice ne peut que révolter tous les démocrates.

Qu’ils interviennent pour que cesse cette quasi-complicité est une urgence. L’Union européenne doit décider d’une mission de soutien aux journalistes et parlementaires emprisonnés et exiger leur libération sans condition. Les Parlements doivent s’exprimer et déployer des délégations auprès de leurs collègues turcs. Les autorités françaises et européennes peuvent agir en réclamant le respect de la convention européenne des droits de l’Homme et entamer un processus de sanctions politiques et commerciales.

Ce combat pour la paix et la démocratie en Turquie peut bénéficier à tous les peuples du proche et Moyen-Orient mais aussi à ceux de l’Union européenne.

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 08:00
Contrôle au faciès: l'Etat enfin condamné (PCF)

Contrôle aux faciès : l'Etat enfin condamné !

 

Le 9 novembre 2016 s'est tenue l’audience à  la Cour de cassation qui a confirmé la condamnation de l’État pour faute lourde dans le cas de contrôles aux faciès !

La Justice reconnaît définitivement l'existence de cette pratique discriminatoire et la condamne !

« C’est une grande victoire », a salué Félix de Belloy, l’avocat des treize plaignants. « On sort de plusieurs décennies de non-droit en matière de contrôle d’identité. Les policiers considéraient qu’ils pouvaient contrôler sans motif, c’est terminé. »

François Hollande, lors de sa campagne en 2012, avait fait de la lutte contre les contrôles au faciès son 30ème engagement ; une fois élu ce fut son premier renoncement. Pire, condamné en première instance, le gouvernement est donc allé jusqu'à la Cour de cassation au lieu de prendre acte que la Justice de notre pays validait et légitimait cet engagement.

Cette pratique policière discriminante est le symptôme d’une République en souffrance. Mais, aujourd’hui, la Justice a parlé et l’État doit prendre ses responsabilités.

Il est urgent que le gouvernement prenne des mesures concrètes visant à la modification de l’article 78-2 pour instaurer le récépissé de contrôles d’identité, objectiver les raisons des interpellations et des contrôles d’identité, ce qui permettrait de réduire les tensions exacerbées entre une part de la population et les forces de l’ordre.

Les sénateurs et sénatrices communistes, ont déposé en avril 2016,  une proposition de loi pour modifier notamment l’article 78-2 :  c’est une des mesures contenues dans le pacte d’engagements du PCF pour les échéances électorales de 2017 afin de lutter contre les discriminations racistes. 

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 07:53
Maroc. Le makhzen et la corde usée du chauvinisme (Rosa Moussaoui - L'Humanité)
ROSA MOUSSAOUI
MARDI, 8 NOVEMBRE, 2016
L'HUMANITÉ

Depuis la mort de Mouhcine Fikri, ce poissonnier d’Al Hoceïma broyé avec sa marchandise par une benne à ordures, les manifestations contre la « hogra », le mépris, se succèdent, dans le Rif et dans tout le pays.

Deux Maroc se fracassent l’un contre l’autre, et cette collision porte un nom : Mouhcine Fikri. Le sort tragique du poissonnier d’Al Hoceïma broyé avec sa marchandise n’en finit plus de tourmenter le pays. Vendredi, une marée humaine a encore déferlé dans les rues de la capitale culturelle du Rif, région frondeuse et marginalisée du nord du pays, pour exiger la vérité et la justice. Des milliers de manifestants ont défilé, dans la nuit, bougie et portrait du défunt à la main, slogans amers à la bouche pour dénoncer la « hogra », le mépris du régime pour les plus modestes. Mais la révolte n’est pas circonscrite à Al Hoceïma. Ce week-end, Nador, Tanger et même Rabat étaient le théâtre de nouvelles manifestations. À la veille de l’ouverture de la COP22, certains protestataires ne se contentent plus de mettre en cause l’arbitraire qui a coûté la vie au poissonnier : c’est la nature même du régime, le « makhzen », ce tentaculaire palais, qui pose problème à leurs yeux. Rien n’y fait, pas même les appels au calme de la famille Fikri, qui a reçu la visite du ministre de l’Intérieur, seul officiel à s’être exprimé sur l’affaire, en dehors du premier ministre islamiste, Abdel-Ilah Benkiran, qui a appelé ses troupes à se garder de toute contestation. Relayant l’argumentation du pouvoir, le père du défunt dit refuser de voir son fils servir « d’alibi » à un soulèvement populaire qui ferait du Maroc une « nouvelle Syrie ». Pourtant, rien ne semble devoir éteindre la colère.

L’abîme entre le peuple marocain et le système politico-affairiste

Dans cette affaire, onze personnes, dont huit fonctionnaires, ont déjà été arrêtées, poursuivies pour « homicide involontaire ». Elles ont été présentées, vendredi dernier, à un juge d’instruction. Mais la confiance est rompue. « Les personnes mises en cause ne sont que des fusibles. Les vrais responsables, les corrompus de la direction de la pêche, restent, eux, à l’abri des poursuites. En cette période de repos biologique, la pêche à l’espadon est interdite. Mais les grands chalutiers qui continuent de traquer cette espèce ne sont pas inquiétés. Les contrôles devraient être effectués au port, pas en verbalisant et en confisquant la marchandise de petits revendeurs comme Mouhcine Fikri ! » s’insurge Saïd Sougty, porte-parole en Europe de la Voix démocratique, une formation d’opposition très critique envers le pouvoir monarchique. Dans un éditorial acerbe du magazine Tel quel, Omar Saghi brosse, lui aussi, le sombre tableau d’un pays étranglé par l’arbitraire politique et les inégalités sociales. « Les Marocains sont à 40 % des ruraux, à 30 % analphabètes. Leur niveau de vie est l’un des plus bas de la rive sud de la Méditerranée, pourtant bien peu avantagée en la matière. La petite corruption (y) est largement répandue et sert à fluidifier les nombreux goulots d’étranglement de l’économie. Encore une fois le dualisme marocain parle, et dans toute sa splendeur. La tragédie de la semaine dernière est beaucoup plus complexe que l’étincelle tunisienne, analyse le journaliste. Mouhcine Fikri, paix à son âme, n’est pas Bouazizi. En décembre 2011, à Sidi Bouzid, une Tunisie pauvre et excédée par l’arbitraire s’est soulevée. En octobre 2016, à Al Hoceïma, un Maroc enchevêtré dans ses contradictions a saigné, écartelé. La blessure ne va pas se refermer de sitôt. L’affaire d’Al Hoceïma, c’est un Maroc torturé par ses promesses contradictoires. (…) On ne peut plus se permettre un Maroc à deux vitesses. Au Maroc du TGV et des mules, voilà que s’ajoute désormais le Maroc des sommets écologiques internationaux et des tragédies nées de la misère. »

La comparaison avec l’étincelle tunisienne n’est certes pas de mise, mais une chose est sûre : l’abîme entre le peuple marocain et le système politico-affairiste lié au makhzen se fait incommensurable. Seul recours pour ce régime qui a su contourner avec habileté, en 2011, les aspirations nées du Mouvement du 20 février, dans le sillage des printemps arabes, la fibre du chauvinisme. En commémorant, depuis Dakar, le 41e anniversaire de la Marche verte par laquelle son défunt père annexa, en 1975, le Sahara occidental, Mohammed VI a exalté, une fois de plus, la « marocanité » de ce qu’il appelle « les provinces du Sud », plaidant, au passage, pour le retour de son pays dans le concert des nations africaines. Le ciment de ce nationalisme aux accents religieux qu’affectionne le roi du Maroc, consacré Commandeur des croyants par la Constitution, ne suffit pourtant plus à colmater les fissures d’un système aussi injuste qu’autoritaire.

Gdeim Izik, six ans après

Le 8 novembre 2010, les forces de sécurité marocaines procédaient au démantèlement violent du camp de la dignité à Gdeim Izik, au Sahara occidental occupé. Aujourd’hui, à 15 h 30, un rassemblement est prévu au Trocadéro pour commémorer cet événement et exiger, entre autres, la libération des 23 prisonniers politiques sahraouis condamnés à de lourdes peines à la suite de cet épisode répressif. Parmi eux, Naama Asfari, condamné à trente ans d’emprisonnement et dont l’épouse française, Claude Mangin, a été expulsée du Maroc le 19 octobre alors qu’elle allait lui rendre visite.

Journaliste à la rubrique Monde
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 07:36
Netanyahou se félicite de l'élection de son ami Trump (Médiapart, 11 novembre 2016)
Netanyahou se félicite de l’élection de son ami Trump
 PAR CHLOÉ DEMOULIN

Le premier ministre israélien accueille l’élection de Donald Trump comme une bonne nouvelle pour Israël. Mais des experts s’inquiètent de la proximité du républicain avec Vladimir Poutine.

 

Jérusalem, correspondance.-  Ce n’est un secret pour personne et le bureau du premier ministre israélien a tenu à le rappeler : Benjamin Netanyahou et Donald Trump se connaissent – et s’apprécient – depuis plusieurs années. Admiratif des hommes politiques à poigne, le milliardaire n’a jamais caché son amitié pour Netanyahou. Il s’est même fendu d’un clip de soutien en faveur de sa réélection à la tête de l’État hébreu en 2013. 

 

« Je suis un grand fan d’Israël […] Vous avez vraiment un grand premier ministre. Il n’y a personne comme Netanyahou. C’est un gagnant […] Votez pour Benjamin, un gars formidable, un dirigeant formidable, génial pour Israël », assenait alors le milliardaire. Plus récemment, Donald Trump a également été un fervent soutien du dirigeant israélien face à Barack Obama contre l’accord sur le nucléaire iranien. Le républicain a d’ailleurs promis en mars dernier, face à l’AIPAC, le lobby pro-israélien américain, que sa « priorité numéro un », s’il était élu, serait de « démanteler » cet accord.

Mercredi 9 novembre, Benjamin Netanyahou ne s’est donc pas fait prier pour appeler Donald Trump. Il l’a félicité d’avoir été élu président et lui a assuré que les États-Unis n’avaient pas de meilleur allié qu’Israël dans la région. Ce à quoi le président élu a répondu en invitant Netanyahou à venir le rencontrer à Washington dès que possible. Une conversation « sincère et chaleureuse », selon le bureau du premier ministre. Un peu plus tôt, dans un communiqué, le dirigeant israélien qualifiait Donald Trump de « véritable ami » de l’État d’Israël. « Je me réjouis de travailler avec lui pour faire progresser la sécurité, la stabilité et la paix dans notre région […] Je suis convaincu que le président élu et moi allons continuer à renforcer l’alliance unique entre nos deux pays et la rendre plus forte que jamais », a-t-il écrit.

Comme Netanyahou, de nombreux responsables israéliens se réjouissent de l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche. Incarnation d’un changement sur le style, le républicain semble également promettre un virage sur la politique menée par les États-Unis dans la région. À mille lieues de la ligne favorable à la solution à deux États et anti-colonisation défendue jusqu’ici par Barack Obama, et dont certains redoutent d’ailleurs un dernier cadeau empoisonné d’ici janvier. « Le niveau d’amitié entre les États-Unis et Israël va augmenter comme jamais auparavant, et il sera meilleur qu’il n’a jamais été, même sous les autres administrations républicaines par le passé », a confirmé David Friedman, conseiller de Donald Trump pour les questions israéliennes. « Nous savons comment Obama a traité le premier ministre israélien et comment [Hillary] Clinton l’a réprimandé… Nous allons aller de l’avant dans le respect et l’amour mutuel et un meilleur futur pour les États-Unis et Israël », a-t-il assuré ce mercredi dans les colonnes du Jerusalem Post.

Au cours de sa campagne, Donald Trump a promis qu’il cesserait de considérer la solution à deux États comme une façon de résoudre le conflit israélo-palestinien. Du pain bénit pour la droite israélienne, et notamment pour l’ultranationaliste et fervent défenseur des colonies, Naftali Bennett, par ailleurs ministre de l’éducation, qui s’est empressé d’interpréter l’élection du républicain comme une « chance de renoncer immédiatement à l’idée de création d’un État palestinien ». « Telle est la position du président élu et telle devrait être notre politique, tout simplement […] L’époque de l’État palestinien est révolue », a-t-il lâché. Jeudi 10 novembre, un des proches conseillers de Donald Trump, Jason Greenblatt, a même ajouté, sur les ondes de la radio militaire israélienne, que le président élu des États-Unis ne voyait pas « les colonies comme un obstacle à la paix ». Comme ne se sont pas privés de le lui rappeler le maire de Jérusalem, Nir Barkat, mais aussi la ministre adjointe des affaires étrangères, Tzipi Hotovely, et la ministre de la justice Ayelet Shaked, Donald Trump a également promis de déplacer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Ce que David Friedman n’a pas remis en question, bien au contraire, affirmant que cela pourrait être une des premières réalisations de Donald Trump dans la région.

Côté palestinien, ce déménagement – suggéré le mois dernier par la fille de Donald Trump, Ivanka, convertie au judaïsme orthodoxe – a évidemment fait bondir. Il induirait une reconnaissance implicite par les États-Unis de Jérusalem comme capitale de l’État hébreu. Ce que contestent les Palestiniens, également désireux de faire de Jérusalem la capitale de leur futur État, et qui demeure à ce jour le principal point d’achoppement dans les négociations de paix. Mais les Palestiniens, désabusés par la politique de Barack Obama, n’attendent à vrai dire pas grand-chose de l’élection de Donald Trump. « Le peuple palestinien ne compte pas beaucoup sur un changement de politique de la part de la présidence américaine, la politique américaine sur la question palestinienne ayant été constamment caractérisée par le parti pris », a commenté un des porte-parole de Hamas, classé par les États-Unis comme un groupe terroriste.

De fait, si le caractère glacial des relations entretenues par Benjamin Netanyahou et Barack Obama, particulièrement sur le dossier du nucléaire iranien, est de notoriété publique, les liens tissés entre leurs deux pays ne semblent pas vraiment en avoir souffert. Comme l’illustre la signature en septembre dernier d’un plan de 38 milliards de dollars (34 milliards d’euros) sur dix ans en faveur de l’arsenal militaire israélien. Une aide sur laquelle Donald Trump n’a aucune intention de revenir. Mais aussi le fait que Washington ait poursuivi sa politique de veto contre les résolutions anti-israélienne à l’ONU ces huit dernières années et encore très récemment voté contre une résolution controversée de l’Unesco sur Jérusalem.

Plus prudent, peut-être sans oublier que les États-Unis restent également et malgré tout l’un des principaux bailleurs de fonds de la Cisjordanie, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a tout de même félicité Donald Trump, espérant officiellement qu’il ouvre une nouvelle page dans la résolution du conflit. Même si en coulisses, ses conseillers ont rappelé que la solution à deux États demeurait une des conditions préalables à tout accord.

Pas à une contradiction près, Donald Trump a aussi affirmé lors de sa campagne qu’il souhaitait rester « neutre » vis-à-vis du conflit israélo-palestinien et que les deux parties devaient arriver à un accord par elles-mêmes. Encore une fois, ces déclarations sont interprétées positivement par Benjamin Netanyahou, qui défend l’idée d’une résolution bipartite, et n’a cessé de rejeter l’idée d’une intervention extérieure, notamment celle proposée par Paris.

Mais pour certains experts, le désinvestissement des États-Unis dans le conflit israélo-palestinien pourrait aussi bien entraîner une nouvelle vague de violences en Cisjordanie. Ils s’inquiètent par ailleurs de l’impact de ce désinvestissement sur le plan régional, notamment s’il se conjugue avec une autre amitié, celle qu’entretiennent Donald Trump et Vladimir Poutine. « Trump sera plus disposé à laisser faire en terme de réorganisation régionale et même à s’en remettre aux ambitions russes et iraniennes plutôt que de les affronter », juge dans le Jerusalem Post Julien Barnes-Dacey, spécialiste du Moyen-Orient au Conseil des affaires étrangères de l’Union européenne. De là à laisser tomber son grand ami Benjamin Netanyahou ? La proximité du futur président des États-Unis avec le président russe, allié de la Syrie de Bachar al-Assad mais aussi de l’Iran, pourrait en tout cas ouvrir une ère d’incertitude pour les intérêts d’Israël dans la région. Les doutes subsistent par exemple sur la réelle volonté de Donald Trump de démanteler l’accord sur le nucléaire iranien. Des doutes alimentés par les déclarations d’un de ses conseillers en politique étrangère, Walid Phares. Il « ne se débarrassera pas d’un accord qui a la signature institutionnelle des États-Unis. […] C’est un homme d’institutions. […] Il ne va pas l'appliquer tel quel, il va le réviser après avoir négocié un à un avec l'Iran ou avec une série d'alliés », expliquait-il en juillet dernier dans une interview au site en ligne conservateur The Daily Caller.

Misant sur son manque d’expérience avoué en matière de politique étrangère, certains estiment en fait que Donald Trump pourrait céder au principe de réalité et s’en remettre largement à ses conseillers. Une hypothèse partagée par les services du ministère des affaires étrangères israélien, si l’on en croit une note préliminaire envoyée à toutes les ambassades israéliennes à travers le monde et dévoilée ce jeudi par le journal Haaretz. « Le processus diplomatique entre Israël et les Palestiniens ne sera pas une priorité pour l'administration Trump et il est raisonnable de supposer qu’il sera également influencé sur ce sujet par le personnel qui l’entoure et par les développements sur le terrain. Les déclarations de Trump ne pointent pas nécessairement une politique cohérente sur cette question », peut-on y lire. Comme bien souvent avec le milliardaire, cette cohérence devra attendre d’être vérifiée sur le terrain.

 

 

 

 

 

 

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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 07:30
Jeudi 10 novembre au Roudour: Natacha Atlas, Samy Bishai et leur groupe de jazz oriental coaché par Ibrahim Maalouf, c'était géant!
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12 novembre 2016 6 12 /11 /novembre /2016 07:01
Ce que dit Trump à la France - Patrick Apel-Muller (L'Humanité)
La fable de la mondialisation capitaliste heureuse se fracasse spectaculairement sur l’élection de Donald Trump. Mis en concurrence, les peuples se voient présenter l’addition des délocalisations, des déréglementations, des précarités généralisées, d’écarts de richesse qui se creusent, monstrueux, au profit d’une minorité infime qui saute d’un marché financier à l’autre. Les milieux financiers et les médias dominants prêchent sans trêve que cette jungle économique est le seul monde possible et oriente les exaspérations vers le voisin, le concurrent malgré lui, le plus pauvre qui touche des aides, l’immigré.
 
D’autres épisodes avaient précédé en Hongrie, Pologne, Autriche, aux Philippines. Aucun cependant n’a de telles répercussions sur le cours de la planète. L’élection d’un milliardaire aux mains sales au terme d’une campagne où il a agité toutes les peurs et les plus bas instincts risque de faire boule de neige. Elle crédibilise les nationalismes les plus réactionnaires et les populismes racistes. Voilà pourquoi Marine Le Pen l’applaudit bruyamment.
 
Le nouveau Président des Etats-Unis a su profiter des colères d’Américains broyés par les délocalisations, déclassés par la crise des subprimes, humiliés par la dissipation de leurs rêves. Le socles des conservateurs a voté pour lui et il a mobilisé l’électorat républicain sudiste sur une rhétorique qui fait appel à l’imaginaire des confédérations de la guerre de sécession, celui de la supériorité blanche qu’a exaspéré l’élection d’Obama. Mais les républicains n’ont pas gagné de voix par rapport au précédent scrutin de 2012. Leur victoire tient d’abord à l’abstention démocrate, celle de ces ouvriers du Midwest ravagés par la fermeture d’usines, des jeunes qui ne pouvaient faire confiance aux Clinton associés à Wall Street, aux noirs qui ont vu déçus leurs espoirs d’égalité. Il n’a pas suffi d’agiter l’épouvantail aux cheveux roux pour les décider. Hillary a cru que la peur remplirait les urnes et a fait l’impasse sur un programme de progrès social ; çà ne lui a pas été pardonné. Jean-Christophe Cambadélis, qui décalque la recette devrait l’avoir en mémoire.
 
Il ne suffira plus de dénoncer « le système »…Quel crédit accorder à un Nicolas Sarkozy ou un Emmanuel Macron, qui sont l’un et l’autre les purs produits et les acteurs de ce capitalisme débridé ? Ceux qui en France n’ont à la bouche que l’amour des entrepreneurs, ces candidats de droite qui tous s’en prennent à l’assistanat et méprisent les pauvres, ces médias qui en boucle répètent que la modernité réside dans la régression sociale et la suppression descdroits du travail, les responsables venus de la gauche qui font le sale boulot de la droite, même les patrons qui, à tout vouloir détruire du pacte social, vont engendrer des monstres feraient bien d’y réfléchir. Les colères comprimées fermentent et peuvent exploser dans le pire. Quand ceux qui veulent transformer la société, la présidentielle américaine rappelle l’inanité des calculs de boutique et l’impératif de rassembler les forces sur des objectifs de progrès. Il n’est plus temps de laisser du temps au temps.
 
 
 
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