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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 20:18
Alep: L'armée syrienne accusée de massacres (Médiapart, 13 décembre 2016)
L’armée syrienne est accusée de massacres
 PAR LA RÉDACTION DE MEDIAPART

Les forces du régime syrien et ses alliés ont repris la quasi-totalité de la ville. 

« L'humanité semble s'être totalement effondrée à Alep », dénonce l’ONU.
 

 Manifestations à Paris: «On laisse mourir Alep»

Les forces du régime syrien, appuyées par les combattants du Hezbollah et l'armée russe, ont repris la quasi-totalité des quartiers d'Alep encore tenus par les rebelles, a annoncé mardi matin une source militaire syrienne. Les défenses des insurgés dans la grande ville du nord de la Syrie se sont effondrées dans la journée de lundi, laissant aux forces gouvernementales plus de la moitié des derniers secteurs que tenait encore la rébellion.

Les forces gouvernementales pourraient annoncer « d'une minute à l'autre »l'achèvement de la reconquête de la ville, selon un porte-parole militaire du régime cité par Reuters. Au terme d'un mois d'une offensive militaire massivement appuyée par les bombardements russes, le régime d'al-Assad reprend ainsi le contrôle de la ville dont la partie est était tenue par la rébellion depuis l'été 2012. Dès lundi, les témoignages et accusations se sont multipliées, faisant état de massacres de civils dans les derniers quartiers reconquis par les forces gouvernementales. 

Des dizaines de milliers de civils restaient piégés dans ces zones pilonnées par les forces gouvernementales, également massivement engagées sur le terrain. Après une journée d'intenses pressions diplomatiques sur Moscou, un accord était conclu mardi en fin d'après-midi qui devrait permettre l'évacuation de civils. L'ambassadeur russe aux Nations unies a confirmé mardi soir cet accord, insistant sur le fait qu'il portait également sur l'évacuation des rebelles tenant encore des positions dans les quartiers est. De son côté, la télévision d’État syrienne a diffusé des images filmées dans les quartiers repris aux rebelles et montrant des centaines d’hommes et de femmes quittant les zones de combats.

« L'humanité semble s'être totalement effondrée à Alep », où de multiples sources signalent des assassinats de civils par des soldats syriens et des miliciens iraniens alliés au régime, ont déclaré mardi des porte-parole de l'ONU à Genève. Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, a exprimé son « appréhension la plus viscérale » pour le sort des milliers de civils qui seraient toujours dans cette « enclave infernale de l'est d'Alep assiégé », redoutant pour leur sort.

« Au total, en date d'hier soir (lundi), nous avons reçu des informations sur l'assassinat par les forces pro-gouvernementales d'au moins 82 civils dont 11 femmes et 13 enfants dans quatre quartiers différents – Boustan Al Qasr, Fardous, Al Kalasah et Salihine 
»
, a-t-il poursuivi, ajoutant que ces civils auraient été abattus en tentant de fuir de chez eux. 
« Il pourrait y en avoir bien plus », a-t-il dit, réclamant que des organismes extérieurs comme l'ONU puissent surveiller ce qui se passe à Alep. 

« Selon un rapport très alarmant d'un docteur présent dans la ville, beaucoup d'enfants, peut-être plus de cent, seuls ou séparés de leurs familles, sont piégés dans un immeuble visé par de violentes attaques dans l'est de la ville », a déclaré l'Unicef dans un communiqué : «Nous appelons toutes les parties à autoriser une évacuation immédiate et sûre de tous les enfants.»

La France a obtenu mardi la tenue d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU pour évoquer les exactions qui auraient été commises à Alep par les forces de Bachar al-Assad et de ses alliés. « Face aux allégations d'exactions à Alep, la France demande une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies », écrit le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault sur son compte Twitter. Pour Ayrault, les soutiens du régime, « à commencer par la Russie, ne peuvent pas laisser faire et admettre cette logique de vengeance et de terreur systématique sans prendre le risque d’en être complices ».

À l'image de la dizaine de pays occidentaux et arabes réunis samedi à Paris, la France apparaît démunie face à l'opération de reconquête en cours des quartiers est de la ville par les forces de Bachar al-Assad, appuyées par leurs alliés russe et iranien, poussant à la fuite des milliers de civils. Depuis la reprise des bombardements mi-septembre des quartiers tenus par les rebelles par les aviations russe et syrienne, la communauté internationale a tenté, en vain, de convaincre les alliés du régime – Russie et Iran – d'user de leur influence pour mettre en place un cessez-le-feu immédiat.

Des appels jusqu'à présent restés lettre morte. Pour la sixième fois depuis le début du conflit en Syrie en 2011, la Russie a mis son veto le 5 décembre dernier à une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Le texte demandait notamment l’arrêt des bombardements sur les quartiers est d’Alep, pour permettre l’acheminement d’aide humanitaire. Malgré ce blocage à l'ONU, la France entend maintenir « la pression sur le régime et ses soutiens », a souligné une source diplomatique, pointant une contradiction russe. « On ne peut pas être dans une stratégie à la Grozny, raser tout le pays, et réclamer en même temps des négociations politiques. Le régime syrien ne gagnera pas cette guerre, les Russes ne gagneront pas cette guerre. Il ne faut pas penser que, une fois la Syrie utile reconquise, tout va reprendre comme avant, les fleurs vont repousser, l'Union européenne va payer la reconstruction et on tournera la page du conflit syrien. »

 

Dans la partie gouvernementale de la ville, des manifestations de joie se sont poursuivies jusque tard dans la nuit de lundi à mardi pour fêter ce que les autorités syriennes présentent comme la reconquête imminente de toute la ville. Le général syrien Zaïd al-Saleh a annoncé lundi que la reconquête des quartiers rebelles d'Alep est était entrée dans sa « phase finale ». « Nous sommes dans les derniers instants avant la proclamation de la victoire de l’Armée arabe syrienne dans la bataille d’Alep-Est. Nous pouvons l’annoncer à tout moment », a-t-on ajouté par la suite de source militaire. L’OSDH a également estimé lundi que la bataille d'Alep touchait à sa fin.

Alors que les défenses des insurgés cédaient, plusieurs milliers de personnes ont fui les combats. D'après le « centre de réconciliation » mis en place par le ministère russe de la défense sur la base aérienne de Hmeimin, d'où décollent les avions russes, plus de 8 000 civils, dont une moitié d'enfants, ont fui Alep-Est au cours des dernières 24 heures. La télévision publique syrienne a diffusé les images d'une véritable marée de réfugiés marchant par centaines dans la pluie et le froid.

Dans les secteurs perdus lundi par les insurgés, des informations non vérifiées font état d'atrocités commises par les soldats syriens et leurs alliés, miliciens chiites libanais du Hezbollah ou iraniens. Selon des activistes locaux et le témoignage de deux habitants toujours présents dans la dernière poche rebelle, au moins 79 civils ont été exécutés sommairement dans les quartiers de Fardous et Salihine par des milices pro-gouvernementales.

« Il y a plus d’une centaine de corps, et dautres pourraient encore être vivants, ensevelis sous des décombres que personne ne peut aller fouiller », a déclaré Ammar al-Selmo, de la protection civile. Dans un communiqué, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est dit « alarmé par les informations faisant état datrocités contre un grand nombre de civils, des femmes et des enfants notamment, ces dernières heures à Alep », tout en signalant que l'ONU ne pouvait les vérifier.

Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, s'est déclaré « horrifié » par ce qu'il qualifie de « massacres de civils ». « Nous assistons à la forme la plus cruelle de sauvagerie à Alep, et le régime et ceux qui le soutiennent sont responsables. Des blessés ne sont pas évacués et des gens meurent de faim », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse à Ankara, précisant que son pays tentait de négocier un cessez-le-feu avec la Russie.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réitéré ses appels à « protéger » les habitants d'Alep-Est avant qu'« il ne soit trop tard », ajoutant qu'il était prêt à assurer l'évacuation des civils si un accord était conclu avec le régime d'Assad. « Nous devons agir maintenant, a déclaré Pawel Krzysiek, du CICR, présent à Alep, nous devons dépolitiser ce processus de protection des civils et dabord sauver leurs vies. Nous devons le faire avant quil ne soit trop tard. »

« Le secrétaire général exprime sa préoccupation aux parties concernées. Il a donné pour instruction à son émissaire spécial pour la Syrie de sinformer auprès des parties concernées », a ajouté le porte-parole de Ban Ki-moon, Stéphane Dujarric. En France, François Hollande, qui recevait lundi à l'Élysée le coordinateur général du Haut Comité de l'opposition syrienne Riyad Hijab, a une nouvelle fois condamné les attaques du régime de Bachar al-Assad sur Alep. « Le régime croit avoir gagné une partie alors quil a simplement gagné une horreur supplémentaire après tant d’autres commises », a dit le président français.

 

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 20:13
Groupe CRC au Sénat - photo L'Humanité

Groupe CRC au Sénat - photo L'Humanité

Parlement, une proposition de loi pour abroger la loi Travail
DANIEL ROUCOUS
LUNDI, 12 DÉCEMBRE, 2016
HUMANITE

Le Sénat examine actuellement une proposition de loi du groupe CRC visant à abroger la loi Travail. Explications et arguments.

Et si le Parlement (Assemblée Nationale et Sénat) abrogeait la loi Travail ? C’est en tout cas la  que vient de déposer le groupe CRC au Sénat.

Après les syndicats CGT, FO, Solidaires, FSU qui ont attaqué la loi Travail sur le terrain de la juridiction européenne - notre article , c’est au tour des sénateurs Communistes, Républicains et Citoyens d’investir le terrain législatif. L’exposé des motifs exigeant l’abrogation de la loi Travail est le suivant :

« - l’absence de concertation avec les organisations syndicales en application de l’article  qui dit bien : « tout projet de réforme envisagé par le Gouvernement qui porte sur les relations individuelles et collectives du travail, l'emploi et la formation professionnelle et qui relève du champ de la négociation nationale et interprofessionnelle fait l'objet d'une concertation préalable avec les organisations syndicales de salariés et d'employeurs représentatives au niveau national et interprofessionnel en vue de l'ouverture éventuelle d'une telle négociation. »

« - le refus d’entendre des millions de citoyennes et citoyens qui se sont mobilisés dans les conditions difficiles de l’état d’urgence contre cette loi démontrant qu’elle n’est pas légitime ;

« - l’utilisation à trois reprises de la procédure du 49-3 - de la Constitution pour imposer l’adoption de cette loi ;

« - l’acceptation des  défendues par le MEDEF pour « moderniser » le code du travail;

«  - l’application de la  sur la décentralisation du dialogue social au niveau des entreprises qui se traduit par les fait que les accords d’entreprise s’imposent au code du travail comme outil du patronat pour imposer le dumping social, l’assouplissement des règles relatives aux  et aux 

« - la loi Travail est en contradiction avec plusieurs accords internationaux puisque l’OIT (organisation internationale du travail) prévoit que « la mise en place de procédures favorisant systématiquement la négociation décentralisée (accords d’entreprises) de dispositions dérogatoires dans un sens moins favorable que les dispositions nationales vont à l’encontre de la et de la  de l’OIT. »  

« - la loi Travail est également en infraction avec le Pacte des Nations Unies relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Celui-ci non seulement se dit préoccupé par les dérogations à des protections acquises en matière de conditions de travail prévues par la loi Travail, mais encore, exhorte l’Etat français à « s’assurer que toute mesure rétrograde concernant les conditions de travail est inévitable et pleinement justifiée, nécessaire et proportionnée à la situation, non discriminatoire. »  

« - en cédant au MEDEF, le gouvernment n’a pas respecté le choix des électrices et des électeurs de François Hollande en 2012. »

En occupant le terrain juridique et législatif, l'action contre la loi Travail est loin d'être finie.

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 18:06
Présidentielles, Législatives: les propositions et sujets de mobilisation portés par les communistes

Parti Communiste Français

Présidentielles et législatives 2017

Les principaux engagements et propositions portées et mises en débat par le PCF  

 

1. Prendre le pouvoir sur la finance et partager les richesses

PRENDRE LE POUVOIR SUR LES BANQUES

  • Pôle public bancaire autour de la caisse des dépôts et consignations, de la banque publique d'investissement, de la banque postale, des banques mutualistes, avec nationalisation de BNP Paribas et de la Société Générale.
  • Le droit pour les représentants des salariés de suspendre les plans de licenciement et d'imposer le financement par les banques de propositions alternatives.
  • Fonds régionaux publics d'investissement finançant des projets en fonction de critères d'entreprises économiques, sociaux, écologiques

 

AGIR CONTRE L’EVASION ET POUR LA JUSTICE FISCALE

  • Renforcement de la lutte contre l’évasion fiscale en donnant les moyens nécessaires à la justice financière par la  suppression du « verrou de Bercy »
  • Allègement de la fiscalité indirecte (TVA ; TICPE) qui pèse lourdement sur les ménages les plus modestes.
  • Doublement de l'ISF et une réforme de l'impôt sur le revenu visant à renforcer nettement sa progressivité. Taxation à 100 % au dessus des 400 000€ nets de revenus par an (moins de 0,1 % de la population française concernée)
  • Suppression du CICE et une réforme de l'impôt sur les sociétés autour du principe de la modulation de l'impôt en fonction de la taille de l'entreprise et de l'affectation des profits
  • Taxation au prorata des flux de clics reçus des plateformes numériques (Airbnb, Uber, Google, Facebook).

 

DES SALAIRES QUI PERMETTENT DE BIEN VIVRE, DE MEILLEURES RETRAITES

  • Revalorisation de 23% du SMIC (1800 euros brut, 1700 euros net en fin de mandat) et augmentation en conséquence des salaires de chaque premier niveau des grilles de classification des différentes branches, dans le privé comme dans le public.
  • Encadrement des rémunérations dans les entreprises (échelle de 1 à 20). Suppression des stock-options et interdiction des parachutes dorés.
  • Transparence des avantages en nature dans la haute fonction publique et chez les hauts cadres des entreprises privées et publiques.   
  • De meilleures retraites autour d’un principe : un taux de remplacement de 75 % minimum pour les retraites et en aucun cas inférieur au smic revalorisé
  • Renégociation de l'indemnisation chômage avec comme objectif 80 % du salaire brut perçu au cours de l'activité antérieure. 

 

2. De la nouvelle République au renouveau de la politique

LUTTES CONTRE TOUTES LES DISCRIMINATIONS ET GARANTIR L’EGALITE DES DROITS

  • Reconnaissance de la citoyenneté de résidence, droit de vote des résidents étrangers aux élections locales
  • Levée d'interdiction de travailler des demandeurs d'asile et régularisation des sans-papiers
  • Refonte des politiques de lutte contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie, l'homophobie
  • Droit d'adoption pour les LGBT, étendre la PMA à tous les couples de femmes.
  • Lutte contre les contrôles aux faciès, contre toutes les discriminations.
  • Amnistie des militants syndicaux

 

SORTIR DU PREDIDENTIALISME ET REDONNER LA PRIMAUTE AU PARLEMENT

Sortir du présidentialisme et redonner la primauté au Parlement : supprimer le domaine réservé du Président de la République (c'est à dire les pouvoirs exécutifs qu'il exerce et la présidence du Conseil des Ministres), dissocier élection présidentielle et législative. Maîtrise de l'ordre du jour du Parlement par les parlementaires. Contrôle organisé de l'action du gouvernement par le Parlement. Suppression du 49-3 et des dispositifs qui restreignent les pouvoirs du Parlement.

 

UN RENOUVEAU POLITIQUE, NOUVEAUX POUVOIRS CITOYENS A L’APPUI

  • Stricte limitation du cumul et du renouvellement des mandats.
  • Instauration de la proportionnelle à toutes les élections avec obligation de parité.
  • Transformation du Sénat en une chambre composée de citoyens et d'élus locaux.
  • Renforcement du contrôle des conflits d'intérêt
  • Un statut protecteur pour les lanceurs d'alerte.
  • Initiative législative et référendaire (nombre significatif réparti sur le territoire) et droit pétitionnaire pour les citoyens.
  • Nouveaux pouvoirs d'intervention pour les fonctionnaires et usagers des services publics et pour les travailleurs dans l'organisation du travail comme sur les choix de gestion dans les entreprises (droit de veto suspensif des élus du personnel en cas de fermeture ou de délocalisation d'activité avant d'examiner les propositions des salariés, facilitation de la reprise des entreprises en coopératives par les salariés).

 

UNE NOUVELLE ORGANISATION TERRITORIALE DE LA REPUBLIQUE

  • Conforter la commune comme le niveau essentiel de la vie démocratique
  • Rétablir la clause de compétence générale à tous les niveaux de collectivités et promouvoir la libre coopération entre collectivités autour de projets partagés.
  • Fixer à la région l'ambition de contribuer à un nouveau mode de développement économique, agricole et urbain.
  • Organiser la participation citoyenne au fonctionnement de toutes les collectivités territoriales (droit d'initiative, structures de participation, budget participatif, référendum local).

 

DROIT A LA VILLE, RURALITE ET EGALITE DES TERRITOIRES

  • Fin des politiques ciblées (zonage des quartiers dits sensibles, traitement stigmatisant de publics ciblés), suppression du ministère de la Ville et réorientation des politiques de droit commun vers l’accès au droit à la ville pour toutes et tous.
  • Lancement du troisième phase de rénovation urbaine pour une conception nouvelle de la ville, dense, ouverte, humaine, écologique et favorisant la cohésion entre les habitants et le vivre-ensemble.
  • Un plan pluriannuel de développement des administrations publiques et services publics dans les territoires ruraux
  • Le renforcement des outils publics pour la maîtrise du foncier et le maintien de la  fonction agricole des terres et l’attribution immédiate d’aides aux jeunes agriculteurs pour leur installation et leurs premiers équipements.

 

GARANTIR LE DROIT A LA JUSTICE, SON INDEPENDANCE ET MODERNISER NOTRE SYSTEME D’ INCARCERATION

  • Donner la priorité aux peines alternatives telle que la contrainte pénale pour les courtes peines et à l'aménagement des peines (suppression des peines planchers, aménagement obligatoire des peines de moins de trois ans...).
  • Réouverture, en partie, des tribunaux abusivement fermées pour garantir une justice de proximité.
  • Refonte de l’aide juridictionnel pour garantir le droit à la défense.
  • Un plan de recrutement des personnels (surveillance ; conseiller d’insertion et de probation).

 

PROMOUVOIR LE PLURALISME ET GARANTIR L’INDEPENDANCE DES MEDIAS

Adopter une loi contre les concentrations dans la presse, les médias et l'audiovisuel pour les libérer des logiques financières.

 

3. Investir pour demain

TRAVAIL ET EMPLOI : ON VAUT MIEUX QUE ça

  • Abrogation de la loi travail et adoption d'une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation permettant à chaque salarié d'alterner les périodes d'emploi et les périodes de formation choisie sans perte de revenu et sans passer par le chômage ; reconstruction d'un grand service public de la formation continue.
  • Refonte du droit du travail comprenant notamment le rétablissement de la hiérarchie des normes et l'instauration de nouveaux pouvoirs des travailleurs sur l'organisation du travail comme sur les choix de gestion, le doublement des effectifs de l'inspection du travail.
  • Négociations pour la réduction du temps de travail avec l'objectif du passage aux 32 heures hebdomadaire
  • Limitation stricte du nombre d'intérimaires et de contrats précaires par entreprise à 5 % des effectifs dans les grandes entreprises et 10 % dans les PME : le CDI doit redevenir la norme des contrats d'embauche.
  • Supprimer les mesures d'extension du travail du dimanche.

 

UN STATUT PROTECTEUR POUR LA JEUNESSE

  • Revenu minimal pour les jeunes de 18 à 25 ans.
  • Gratuité de l'éducation et des transports pour les jeunes, accès renforcé au logement social

 

CONSTRUIRE L’ECOLE DE L’EGALITE

Dans l'éducation nationale : revalorisation des salaires et des métiers, plan pluriannuel de création de postes, création d'un dispositif de pré-recrutement des enseignants sous statut de la fonction publique ; Rétablissement d'une carte scolaire contraignante et démocratiquement construite, sectorisation de l'enseignement privé.

 

SPORT, CULTURE, NUMERIQUE

  • 1% du PIB réparti entre l'Etat et les collectivités locales pour la culture.
  • Aller vers la gratuité des activité physiques et sportives et
  • Abrogation des lois liberticides sur la surveillance administrative numérique de masse.

 

4. L'égalité Femmes-Hommes maintenant

  • Créer un ministère de plein droit avec un budget dédié multiplié par 10 : comment accepter que les femmes continuent à gagner 23 % de moins que les hommes à poste équivalent, que cet écart monte à 47 % pour les retraits, que 216 000 femmes déclarent être victimes de violences conjugales chaque année ?
  • Une éducation qui lutte contre les stéréotypes et les inégalités de genre dans la réussite scolaire.
  • Garantir l'égalité salariale, lutter contre les temps partiels subis en garantissant un plancher minimal de 24 heures hebdomadaires et en mettant fin aux dérogations à cette obligation.
  • Plan de rattrapage des retraites des femmes.
  • Créer un service public de la petite enfance de la naissance à 5 ans avec possibilité d'entrer en maternelle à 2 ans pour les enfants dont les parents le souhaiteraient.
  • Inscrire dans la constitution le droit à l'IVG comme droit fondamental des femmes. Augmentation des moyens humains et financiers qui sont consacrés à l'Interruption Volontaire de Grossesse.
  • Assurer la gratuité et la meilleure accessibilité des moyens contraceptifs
  • Interdiction de la GPA (Gestation pour Autrui)

 

5. Une France protectrice et solidaire

LA LUTTE CONTRE LES INEGALITES ET LA RELANCE DES SERVICES PUBLICS

  • Un plan d'urgence contre l'exclusion et la grande pauvreté : suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, interdiction des coupures d'énergie et d'eau, des expulsions locatives et de la privation de restauration scolaire pour cause de précarité.
  • Renforcement du maillage des services publics, en particulier dans les territoires suburbains et ruraux.
  • Gestion démocratique et participative des services publics avec élus, personnels, usagers.
  • Fin de la baisse de dotations aux collectivités locales qui doivent retrouver progressivement des ressources fiscales autonomes.
  • Construction de 200 000 logements par an et renforcement de la loi SRU.
  • Augmentation de la taxe sur les logements vacants et les résidences secondaires.
  • Renforcement de l'encadrement des loyers
  • Reconquérir la prise en charge à 100 % des soins par la Sécurité Sociale en commençant par la prise en charge à 80 % pour tous et à 100 % pour les jeunes de moins de 25 ans.
  • Garantir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein.
  • Abrogation des lois Bachelot et Touraine pour la santé et l'hôpital public.
  • Suppression de la tarification à l'activité.
  • Développement des centres de santé de proximité.
  • Création d'un pôle public du médicament.
  • Adoption d'une nouvelle loi cadre sur le handicap qui prenne en charge l'accessibilité du bâti, l'accompagnement et l'accueil à l'école publique, l'intégration professionnelle et qui prévoie un revenu de remplacement équivalent au SMIC pour des personnes qui seraient dans l'incapacité de travailler.
  • Création d'un service public de l'autonomie pour les personnes âgés.
  • Abrogation des lois de libéralisation du rail, de la loi Macron.
  • Nationalisation des autoroutes.

 

ASSURER NOTRE SECURITE QUOTIDIENNE ET AGIR CONTRE L’INSECURITE INTERNATIONALE  ET LE TERRORISME

  • Donner les moyens nécessaires pour assurer la sécurité quotidienne de nos concitoyens, al présence humaine.
  • Abandon de la stratégie de « guerre au terrorisme » qui a renforcé les groupes terroristes ces dernières années et refonte de la politique étrangère de la France.

 

PROMOUVOIR LA CULTURE DE LA PAIX POUR EN FINIR AVEC LE « CHAOS MONDIAL »

  • Promouvoir une politique de paix, agir pour le désarmement nucléaire, la dissolution de l'OTAN, la reconnaissance de l'Etat Palestinien.
  • Œuvrer à donner à l’ONU ses moyens de sa mission initiale affirmée dans sa charte.
  • Faire reculer les logiques de privatisation, de libre-échange, d'exploitation des peuples du sud.
  • Une défense nationale garantissant notre indépendance et au service de la paix

 

UN PLAN AMBITIEUX POUR RESOUDRE LA CRISE MIGRATOIRE

  • Respect absolu de la convention de Genève sur les réfugiés politiques et création de deux statuts spécifiques pour les réfugiés économiques et les réfugiés climatiques.
  • Abrogation des règlements Dublin qui organisent l'Europe forteresse, les déplacements mortels des migrants.
  • Régularisation des sans-papiers et refonte de la politique des visas en France.
  • Engager un plan d'aide et d'accueil des réfugiés à hauteur de 4 milliards d'euros dont au moins de 2 milliards pour les collectivités.
  • Relancer l'aide publique au développement avec le respect des promesses la portant à 0,7 % du PIB et monter progressivement cette aide à 1 %.

 

6. Produire autrement et protéger la planète

IMPULSER UN NOUVEAU MODE DE PRODUCTION ET DE CONSOMMATION

  • Moratoire immédiat sur les licenciements, les fermetures de site, les cessions ou externalisations de sites ou de services, les délocalisations.
  • Élaborer un plan de développement d'une vingtaine de filières industrielles stratégiques pour une nouvelle industrialisation. 1 million d'emplois seront créés dans les filières d'avenir : énergie, et notamment les énergies renouvelables, l'automobile propre, transports urbains et ferroviaires, rénovation thermique des bâtiments, aérospatiale, réparation navale, agriculture paysanne, économie circulaire et des matières recyclées.
  • Favoriser le développement du modèle coopératif.

 

PLAN D’URGENCE POUR LE CLIMAT ET LA QUALITE DE L’AIR

  • Transférer le transport des marchandises vers le fret ferré, développer le ferroutage et les voies navigables.
  • Augmenter le montant des aides financières afin d’accélérer considérablement l’isolation et la rénovation thermique des bâtiments et logements anciens avec un objectif de 500 000 rénovation par an.
  • Favoriser les circuits courts agricoles comme industriels (produire local, relocaliser).

 

ACCELERER LA TRANSITION ENERGETIQUE, GARANTIR LE DROIT A L’ENERGIE ET A L’EAU

  • Agir pour créer des groupes publics européens en matière d'énergie, de transport, de télécommunications, de recyclage et de traitement des déchets, de médical, d'aérospatiale.
  • Création d'un pôle public de l'énergie.
  • Service public national déconcentré de l'eau et des déchets pour accompagner les compétences des collectivités dans la création de régies publiques démocratiques ou de sociétés coopératives d'intérêt collectif de l'eau et de la gestion des déchets.
  • Un engagement fort dans la recherche (captage des CO2, stockage de l'électricité, sûreté nucléaire) et la création de filières nationales.
  • Interdiction de l'exploitation des gaz de schistes.

 

ENCLENCHER LA TRANSITION DE NOTRE MODELE AGRICOLE

  • Encadrement des marges de la grande distribution sur les produits agricoles. Prix minimum garanti aux agriculteurs. Conférence annuelle avec des négociations interprofessionnelles par production.
  • Création d'un fonds de soutien à l'agriculture paysanne aux filières relocalisés, courtes, vivrières, de proximité et écologiques.
  • Une agriculture sans OGM, autonome en ressources non renouvelables et participant à la santé publique et à la lutte contre le réchauffement climatique.

PRESERVER LES RESSOURCES NATURELLES

  • Interdire toute appropriation de la biodiversité, la brevetabilité du vivant.
  • Impulser un nouveau processus de co-élaboration démocratique des projets d’infrastructures.

 

7. A l'offensive pour changer l'Europe

INVESTIR DANS LE DEVELOPPEMENT COMMUN

  • Une conférence annuelle pour la restructuration des dettes des États, annulation partielle et révision des conditions de remboursement
  • Action pour l'abrogation du traité budgétaire
  • Création d'un fonds européen de développement solidaire et écologique abondé par la BCE
  • Initiative de la France pour un sommet européen engageant une révision complète de la politique économique et monétaire contenue dans les traités, des statuts et missions de la BCE, les critères du crédit...
  • Organisation du « Cop » fiscale pour lutter contre l'évasion et la fraude fiscale.

 

L’HUMAIN AU CŒUR DES POLITIQUES EUROPENNES

  • Organisation d'un sommet social européen avec les représentants du monde du travail pour obtenir l'abrogation de la directive des travailleurs détachés, la mise en place de visas sociaux et environnementaux pour les entreprises souhaitant entrer sur les marchés européens.
  • Préserver de la concurrence les secteurs répondant aux besoins humains élémentaires (logement, santé, transports, protection des éco-systèmes).
  • Refonte de la PAC avec comme ambitions la sécurité et la souveraineté alimentaire, une agriculture paysanne non soumise aux logiques productivistes, la garantie de prix rémunérateurs et d'une nourriture de qualité, saine et variée, accessible au juste prix.

 

UNE EUROPE DES PEUPLES ET DES NATIONS, LIBRES, SOUVERAINS ET ASSOCIES

  • Garantir les choix souverains des peuples contre les coups d'Etat financiers et austéritaires de l'Europe.
  • Lancement d'une consultation nationale inédite en vue de la rédaction d'un nouveau traité avec les forces politiques, les élus locaux, les syndicats, les ONG, monde associatif, projet de nouveau traité européen qui serait soumis par référendum aux français et qui constituerait le mandat de la France pour la scène européenne.
  • Vote au Parlement d'un mandat de l'exécutif pour chaque sommet européen.

 

L’EUROPE MOTEUR DU CHANGMENT MONDIAL

  • Abandon des négociations TAFTA, CETA, TISA et ouverture d'une réflexion pour des traités internationaux de maîtrise des échanges pour le développement de biens communs partagés.
  • Tenue d'une conférence européenne pour la paix et le désarmement, pour faire de l'Europe un espace libéré de l'emprise de l'OTAN, exempt d'armes nucléaires, pour diminuer et contrôler la vente d'armes.            
Présidentielles, Législatives: les propositions et sujets de mobilisation portés par les communistes
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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 18:04
Intervention des élus communistes brestois pour la défense du service public postal

En 13 ans, 100 000 emplois supprimés à la Poste, soit 30% des effectifs. Qui dit mieux?  Le plus vaste plan social qu'ait connu la France sur la période. 124 000 jours de grève en 2015. Un management néo-libéral qui ressemble fortement à celui qui avait cassé les salariés de France Télécom, surtout depuis que l'entreprise publique est devenue société anonyme en 2010 par la grâce de Sarkozy. Aujourd'hui, les fonctionnaires ne représentent plus que 50% de l'effectif total. A France Télécom comme à la Poste, les suicides ne sont que la face émergée de l'iceberg. D'autres indicateurs reflètent le mal-être des facteurs, tels que le taux d'absentéisme dans le groupe, 5°% supérieur à la moyenne des entreprises privées. Et pourtant, l'Etat détient encore 74% du Capital.

C'est donc lui qui conduit activement cette politique de casse du service public, car La Poste remplit bien sa fonction de machine à cash, la seule qui lui semble dévolue depuis la libéralisation: au total, le groupe a versé 171 millions d'euros de dividendes à l'Etat l'année dernière, soit autant qu'en 2014.

Usagers des services publics, militants, personnels, syndicalistes, élus locaux, beaucoup se battent pour la défense d'un service postal de proximité, le maintien des bureaux de poste, c'est le cas des élus communistes brestois qui ont présenté un voeu au Conseil Municipal de Brest afin d'éviter une nouvelle transformation du bureau du phare de l'Europe, des nouvelles réductions de postes en présence des usagers, voeu qui a été adopté à l'unanimité du Conseil Municipal.   

 

Vous trouverez ci-joint le vœu qui a été présenté par le groupe communiste durant le conseil municipal de 8/12/16. Il a trait à la défense du Service Postal sur la Région de Brest et se prononce contre la fermeture programmée du bureau de Poste du Phare de l’Europe. Thème d’actualité d’autant qu’on est dans une semaine de mobilisation nationale

 

Suite au travail politique mené par les élu-e-s communistes en interne auprès des autres groupes, ce vœu a été voté à l’unanimité par le Conseil du Municipal. Les élu-e-s s’en félicitent !

 

Ce vœu est un outil de pression démocratique et un point d'appui afin d’éviter une nouvelle transformation du bureau du Phare de l’Europe si elle était décidé par la direction de la Poste. Des emplois seraient perdus ce serait une nouvelle dégradation du service public postal.

 

Intervention des élu-e-s communistes : Vœu sur la défense du Service public postal local.

 

Monsieur Le Maire,

Chers collègues,

Le Groupe des élu-e-s communistes a souhaité soumettre un vœu au vote de cette Assemblée concernant la défense du service public postal. Ce vœu fait écho à une certaine actualité car cette semaine est une semaine de mobilisation nationale contre la fermeture des bureaux de Poste

Sur le plan national, en ce moment même, l’AMF, l’Etat et le Groupe La Poste négocie un contrat de présence postale sur les territoires pour les années 2017-2020. Le résultat des négociations à la fin du mois de septembre était inquiétant.

L’AMF a d’ailleurs décidé de prolonger ces négociations en raison des  points de tension qui apparaissent.

Rappelons-le, le Groupe a supprimé presque 8000 EPT en raison de restructurations, de réorganisations répétitives. La stratégie mise en place actuellement est préjudiciable tant pour les intérêts des salariés que pour ceux des usagers.

Revenons sur les enjeux locaux et la nécessité d’un Service Public Postal de qualité. A Brest, on observe d’ores et déjà les effets de la stratégie du Groupe la Poste. Sur 13 bureaux, 2 bureaux ont déjà changé de statuts (Le Port et les 4 Moulins), un 3ème est menacé, celui du Phare de l’Europe, possiblement transformé en relais commerçant.

Il faut rappeler l’absolue nécessité d’un tel service public de proximité pour tous. Le type de partenariat qui concerne le Bureau de la Poste du Phare de l’Europe ne permet pas une qualité de service public équivalente et pose question de l’avenir du personnel.

Au sens des élu-e-s communistes, nous sommes complétement en phase avec les Brestois et les brestoises qui ont manifesté, par voie de pétition, leur attachement à un service public postal de qualité.

Des villes comme Paris, Allonnes, Le Mans, Bagneux se sont déjà saisies de ce combat de préservation du service public postal local en faisant voter ce type de vœu.

Le monde change et la Poste doit changer, mais dans quel sens?

Nous ne sommes pas de celles et ceux qui ont les yeux fixés sur le rétroviseur, bien au contraire, nous pensons que le service public postal a un avenir. Nous en sommes certains.

Il faut maintenant que l’AMF négocie un nouveau contrat de présence postale, tourné vers l’emploi  et le développement de service public postal de proximité. Nous souhaitons donc que le Conseil Municipal, réuni aujourd’hui, s’associe au vote de ce vœu. Ainsi, il se prononcera contre la fermeture du Bureau de Poste du Phare de l’Europe et participera à ce large mouvement de défense d’un service public postal local de qualité.

Je vous remercie,

Jacqueline Héré 

 

 

 

 

Jacqueline Héré, présidente de groupe des élus communistes brestois

Jacqueline Héré, présidente de groupe des élus communistes brestois

Voeu des élu-e-s communistes de Brest :


Défendre et développer un service public postal de qualité et de proximité, pour toutes et tous.
Le 15 novembre 2016, à Brest,

Présenté par le groupe des élu-e-s communistes,

Le Conseil municipal, réuni dans sa séance du 8 décembre 2016,


1/ Constatant, sur le contrat tripartite de présence postale territoriale 2017-2020 et sur la présence du groupe postal à Brest :

- Que ce contrat, fixant la présence postale sur les territoires, est en cours de discussion entre l’Etat, la Poste et l’AMF. Qu’il a pour objectif affiché, au nom de « l’adaptation du réseau aux contraintes économiques » de fermer de nombreux bureaux de postes et ainsi de faire perdurer les suppressions d’emplois au groupe La Poste.
- Qu’avec ce contrat, il s’agit de passer d’un réseau où les bureaux de poste étaient largement majoritaires, jusqu’en 2014, à un réseau largement dominé par des « partenariats » type relais-commerçant ou géré par des associations bénévoles.
- Que le bureau de l’AMF sensible aux mobilisations des postiers, de leurs organisations syndicales, des élus, des usagers et à l’interpellation des élu-e-s communistes a refusé de signer le contrat en l’état et reporté sa décision au mois de décembre.
- Que précisément le territoire de Brest est concerné par ces mesures. En effet, le service postal brestois est impacté et se transforme déjà : les bureaux de poste du Port de Brest et des 4 Moulins, durant le mois d’octobre, ont fermé, changé de statut, pour être hébergé chez un commerçant concernant celui du Port et sous le statut « La Poste Relais » pour les 4 Moulins.
- Que, le Bureau de Poste du Phare de l’Europe à Brest est également concerné par ce type de changement de statut car il est prévu qu’il ferme pour être remplacé par un relais-commerçant.

2/ Considérant,

- Que compte tenu des impacts cités, cette évolution globale et locale sur la région brestoise (Bureau du Port, des 4 Moulins et de l’Europe) du service public postal est plus que préoccupante autant pour les salariés que pour les usagers brestois.
- Que si ce contrat est signé tel quel, en particulier dans les moyennes et grandes villes urbaines et aussi dans les communes rurales, cela augurerait une fois de plus de nouvelles fermetures de bureaux de poste, de nouvelles transformations, dont la Ville de Brest, les salariés et les habitants brestois ont déjà à subir les conséquences.
- Que dans une société de plus en plus divisée, sous tension, générant nombre d’inégalités, nos concitoyens ont plus que jamais besoin de protections, de solidarités donc plus de Services Publics de qualité et de proximité.

En conséquence, le Conseil Municipal demande à l’Association des Maires de France, de négocier l’élaboration d’un nouveau contrat de présence postale 2017-2020 avec l’Etat et la Poste, tourné vers l’emploi, le développement des services publics de proximité, le renforcement d’un maillage territorial des services publics postaux.
Le Conseil Municipal de Brest affirme son soutien au développement et à la défense d’un service public postal de qualité, de proximité, pour toutes et tous, sur la région de Brest.
Que de ce fait, le Conseil Municipal de Brest se prononce contre la transformation du bureau postal du Phare de l’Europe en relais commerçant.

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 17:41

On le voit quand on connaît la hausse importante du recours aux Restos du Coeur, au Secours Populaire, au Secours Catholique, à la Croix rouge, à Saint Vincent de Paul ou à d'autres associations qui distribuent repas et vêtements ces dernières années, mais l'INSEE le confirme: en 2015, 8,8 millions de personnes vivaient en France sous le seuil de pauvreté (60% du revenu médian, soit 1008 euros par mois pour une personne seule). Soit 14,3% de la population contre 14,1% en 2014. Et 13% avant la crise de 2008. En cause, la hausse du nombre de chômeurs pauvres, liée à l'explosion du chômage de longue et très longue durée. 

52% seulement des demandeurs d'emploi perçoivent une allocation (Assedic ou Etat).  

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 15:01

Fédération CGT des Services publics

Les ATSEM seront en lutte le 14 décembre 2016

mardi 13 décembre 2016

Accéder à l’École est un droit universel pour chaque enfant. Ce droit doit être préservé et développé afin que chaque enfant puisse accéder, dans un lieu accueillant et apaisant, à la connaissance et aux apprentissages afin de s’émanciper.

Depuis plusieurs années, les Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) se battent pour faire reconnaître leur qualification, et gagner l’amélioration de leur condition de travail.

Ces personnels ne bénéficient d’aucune reconnaissance, que ce soit en termes de niveau de rémunération, de déroulement de carrière, du niveau de pénibilité, alors même que des nouvelles missions liées à l’évolution des rythmes scolaires sont venues créer une surcharge de travail conséquente pour des personnels déjà débordés.

Le tout conduit à une souffrance professionnelle liée à la perte de sens du travail (consignes contradictoires, logique gestionnaire, surcharge de travail, perte de la qualité des missions auprès des enfants).

D’une commune à l’autre, les missions, les horaires, les conditions de travail, ne sont pas les mêmes, mais partout la colère grandit ! Devant le manque de considération de notre profession, tant de nos employeurs locaux que du Ministère qui au travers des différentes réformes ont méprisé ce cadre d’emploi, la résignation n’est pas à l’ordre du jour, au contraire, le climat est combatif ! Le fait que le cadre d’emploi des ATSEM soit composé à 99% de femmes n’en serait-il pas la raison ? À qualification égale, nous sommes loin de l’égalité de traitement avec des filières plus masculines.

Loin de la stigmatisation et des menaces contre les agents publics proférées par des candidats à la prochaine élection présidentielle, la réalité appelle des réponses de progrès !

Suite à nos différentes actions revendicatives, à la demande de la CGT, le Conseil Supérieur de la Fonction Publique fait l’objet d’une saisine sur les déroulements des carrières des ATSEM. Cette démarche est portée pleinement par la CGT qui exige plus que jamais une valorisation forte et rapide de la reconnaissance du cadre d’emploi.

Le 14 décembre prochain, le dossier avec les revendications des syndicats, passe pour avis au Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT). Ensuite il doit être présenté à la Ministre de la Fonction publique à une date qui n’est pas encore déterminée.

Par la grève et dans de multiples rassemblements, nous appelons les ATSEM à faire entendre leurs revendications pour exercer les missions auprès du public :

-  L’affectation d’une ATSEM par classe ;
 - La clarification des missions des ATSEM ;
 - La résolution du problème de double hiérarchie (éducation nationale – collectivité territoriale) ;
 - Formation professionnelle tout au long de la carrière et le rétablissement à 1% de la cotisation CNFPT ;
 - Un déroulement de carrière sur la catégorie B ;
 - La reconnaissance de la pénibilité : catégorie active pour tous ;
 - La reconstruction de carrière : lors des transpositions des accords JACOB, les ATSEM ont toutes vu leur ancienneté remise à zéro ;
 - Que les collectivités ne suppléent pas à l’éducation nationale qui doit assurer son rôle (remplacement enseignant, AVS) ;
 - La titularisation des précaires ;
 - La mobilisation des moyens financiers nécessaires au bon fonctionnement des collectivités territoriales ;
 - Le respect des principes statutaires en matière de formation et de pénibilité, à l’inverse de la logique portée par les projets de Compte personnel de formation et de Compte personnel d’activité ;
 - Le minimum Fonction publique à 1 800€ brut mensuels, le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat accumulées depuis 2000, le rétablissement de l’avancement d’échelon à la durée minimale, la revalorisation des grilles et la juste reconnaissance des qualifications, à l’opposé de ce qu’impose le protocole minoritaire PPCR dont nous demandons l’annulation.

Une demande de rendez-vous est formulée auprès du Ministère de la Fonction publique.

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 12:22

"L'humanité semble s'être totalement effondrée à Alep" où de multiples sources signalent des assassinats de civils par les forces pro-gouvernementales syriennes, ont déclaré mardi des porte-parole de l'Onu à Genève.
Rupert Colville, porte-parole du Haut Commissaire de l'Onu pour les droits de l'homme, a exprimé son "appréhension la plus viscérale" pour le sort des milliers de civils qui seraient toujours dans cette "enclave infernale de l'est d'Alep assiégé", redoutant pour leur sort.
"Au total, en date d'hier soir (lundi), nous avons reçu des informations sur l'assassinat par les forces
pro-gouvernementales d'au moins 82 civils dont onze femmes et treize enfants dans quatre quartiers différents", a-t-il poursuivi, ajoutant que ces civils auraient été abattus en tentant de fuir ou chez eux.
Le gouvernement syrien, a-t-il ajouté, doit protéger tous les civils et tous les combattants qui se rendent, qui déposent leurs armes ou qui ne sont plus en état de combattre.
Pour Jens Laerke, porte-parole du Buraeu de coordination des affaires humanitaires de l'Onu, la situation s'apparente à "un effondrement total de l'humanité à Alep".

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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 06:36
Trois ans après leur licenciement, les ex-Gad reclassés dans la précarité
 PAR RACHIDA EL AZZOUZI

C’était un des plans de licenciement les plus violents et médiatiques du quinquennat Hollande, qui donnera naissance à un mouvement social improbable : les Bonnets rouges. L’abattoir porcin de Gad dans le Finistère était liquidé, laissant sur le carreau 900 ouvriers dans une Bretagne ébranlée par la crise de l’agroalimentaire. Trois ans plus tard, la majorité a été reclassée dans la précarité.

 

C'était une journée aux frontières de la dépression, une de plus. La semaine de ses 37 ans. Il faisait froid, déjà l’hiver, elle avait marché une heure sous le crachin pour conduire sa fille à l’école. De retour dans le pavillon, seule, trempée, elle s’était résolue à allumer le chauffage tout en redoutant la facture. La télé en fond sonore, les bottines encore aux pieds, elle tombait de sommeil sur le canapé en faux cuir acheté à crédit avec Sofinco. « Fatiguée de tout. » Et la perspective de fermer les yeux – elle qui ne dort plus la nuit – la soulageait un peu. Elle allait ne plus penser. Ne plus ressasser : le papier peint qui se décolle, le frigo vide, le découvert, les 20 euros pour finir le mois, le loyer qu’elle ne sait plus payer en une fois, l’ex qui n’a versé aucune pension alimentaire depuis la séparation, les Restos du Cœur qui disent qu’elle n’est pas éligible aux colis alimentaires, l’assistante sociale aux abonnés absents, l’aîné qui fait son caïd, sèche le collège et ce permis de conduire qui ne vient toujours pas « alors qu’[elle] n’est pas plus con qu’un autre ».

Trois ans que Christelle Becam mise son avenir sur ce passeport pour l’emploi dans une contrée rurale où « sans voiture, sans permis, tu n’as aucune chance ». En vain. Elle a claqué plus de 2 000 euros dans une cinquantaine d’heures de conduite et dans cinq examens qu’elle a ratés à chaque fois. « À cause du stress, du chômage qui m’a fait perdre toute la confiance en moi », dit-elle en détournant son regard cerné par les tourments. Trois ans qu’elle n’a pas repris le chemin du travail. Trois ans qu’elle sent« la société » s’éloigner d’elle. Trois ans qu’elle se réduit à un numéro d’allocataire, une étiquette sur le front : chômeuse longue durée. Depuis que Gad, l’abattoir de cochons, fleuron de Lampaul-Guimiliau, sur la route des enclos paroissiaux dans le Nord-Finistère, a fermé, la laissant sous le calvaire, elle et 888 salariés. C’était le 11 octobre 2013, leur « 11-Septembre ». Un nouveau drame social après les “Doux”, “Tilly-Sabco” dans cet extrême Ouest ébranlé par la fin du « miracle agricole breton » – où l’agroalimentaire, le principal employeur, dévisse et plonge dans l’angoisse du lendemain des milliers de familles dans un rayon de quelques kilomètres.

 

Trois ans après leur licenciement, les ex-Gad reclassés dans la précarité (Rachida El Azzouzi pour Médiapart, 12 décembre 2016)

Après huit mois de procédure devant les tribunaux, l’abattoir était liquidé sur l’autel de la crise porcine, du dumping social allemand et de la mauvaise gestion de l’actionnaire majoritaire, la coopérative légumière Cecab. Pas de repreneur. Celui de Josselin, dans le Morbihan, 755 CDI, où une centaine d'intérimaires roumains travaillaient pour moins de 600 euros, était préservé. Le début de trois semaines à haute tension où la France découvrait l'exaspération qui monte autour des travailleurs européens low-cost et assistait à cette séquence terrible, dix jours plus tard, lorsque la classe ouvrière et ses syndicats s’entredéchiraient à coups de poing. C'était à la sortie de l'abattoir de Josselin, bastion de la CFDT. Les Gad de Lampaul-Guimiliau, citadelle acquise à FO comme beaucoup d'abattoirs bretons, qui réclamaient de meilleures indemnités de licenciement, étaient venus bloquer le site. « En représailles », la direction du site a envoyé 400 Gad Josselin au front forcer le barrage… Les Gad du Finistère étaient venus « ouvrir les yeux »de leurs camarades du Morbihan, « les prochains sur le trapèze », assuraient-ils. Et ils ne se sont pas trompés. Un an plus tard, l’abattoir du Morbihan était sur la sellette, placé en liquidation. Contraint et forcé par l’État qui le menaçait d’une très grosse amende pour pratiques illicites auprès de ses fournisseurs, le groupe Intermarché reprendra le site pour l'euro symbolique mais pas tous les salariés : 225 prendront la porte, les autres garderont leur emploi mais au prix de conditions de travail devenues encore plus infernales…

Entretemps, les Gad de Lampaul-Guimiliau auront été l’étincelle d’une jacquerie improbable : les « Bonnets rouges », une fronde hétéroclite exclusivement bretonne lancée par les paysans et les ouvriers de l’agroalimentaire alliant exploités et exploiteurs, prolos et patrons que l’extrême droite viendra rattraper. Soudés pour l’emploi et contre l’écotaxe – taxe aux multiples rebondissements finalement enterrée, qui devait dissuader les poids lourds d’emprunter les routes nationales et qui a coûté des millions à l’État –, les « Bonnets rouges » feront trembler et plier l’exécutif avec fracas et pas mal de dégâts en quelques semaines à l’automne-hiver 2013. Avant de disparaître quelques mois plus tard « lorsque certains ont voulu prendre le pouvoir », lâche Olivier Lebras, l’ancien syndicaliste FO et visage médiatique des Gad. Il vise le maire de Carhaix, le régionaliste (candidat à la présidentielle) Christian Troadec (relire ici notre dossier) et il regrette avec le recul d’avoir défilé avec Guillaume Roué à la tête de Prestor (groupement de producteurs de porcs bretons), « tout de même l’un des anciens actionnaires de la Cecab, un de ceux qui nous ont licenciés »

 

Trois ans après leur licenciement, les ex-Gad reclassés dans la précarité (Rachida El Azzouzi pour Médiapart, 12 décembre 2016)

Christelle n’a jamais coiffé le bonnet rouge à Quimper ou Carhaix. Bretonne de Landivisiau, la « ville » (8 000 âmes) la plus proche de Lampaul-Guimiliau (2 000 âmes), elle « ne se sentait pas de défiler avec ceux qui l’exploitent ». Elle a suivi la fronde à la télé, paralysée par sa dégringolade dans l’abîme du chômage. Dans le coin, sous les ors officiels, on dit que le « taux de reclassement » des Gad est « bon », « satisfaisant »,« meilleur que les Doux » où, sur un millier de salariés sacrifiés, moins d’une centaine sont de retour sur le chemin d’un emploi durable. « C’est facile d’être meilleur que le dernier, mais il n’y a rien de glorieux ! Sur les 889 licenciés Gad, 549 auraient officiellement retrouvé du travail mais les pouvoirs publics mélangent tout, les CDI, les contrats de plus de six mois, les formations longues ou qualifiantes », souffle, rageur, Olivier Lebras.

Il a ses propres chiffres, plus proches de la réalité d’un bassin d’emploi (Morlaix) éventré par les fermetures d’usine en série où, en quatre ans, le taux de chômage a bondi (8,8 % en 2012, 10 % en 2014 et 2015, 9,5 % aujourd’hui selon Pôle emploi). Des chiffres très loin des belles paroles de François Hollande et ses ministres qui répétaient, à chaque vague de licenciements dans ce bastion socialiste qui explose de détresse : « L’État prendra ses responsabilités pour qu’aucun ne soit abandonné sur le bord de la route. » « Un tiers a retrouvé du travail, poursuit l'ancien syndicaliste, en CDI ou en contrat de plus de six mois, soit des CDD, pas forcément renouvelés. Et ce sont ces derniers contrats qui sont majoritaires. Les autres, soit 600 personnes, ont basculé dans la précarité, grande ou extrême. La moitié alterne emploi et chômage. Mais il faut bien distinguer travail et emploi. Beaucoup ont pris des boulots de merde, loin de leur famille, pour s’en tirer. L'autre moitié a définitivement disparu des radars, intraçable, invisible. Ceux-là ne retravailleront jamais. On en récupérera peut-être dix. »

Trois ans après leur licenciement, les ex-Gad reclassés dans la précarité (Rachida El Azzouzi pour Médiapart, 12 décembre 2016)

« Revoir les Gad qui n’ont pas de boulot ? Qu’est-ce qu’on va leur dire ? Chacun pour sa gueule »

Christelle fait partie de ce dernier groupe, quelque 300 reclassés dans une précarité qui s’aggrave chaque jour qui passe. Gad, c’était « sa vie ». Un métier ingrat, difficile mais la garantie d’un CDI jusqu’à la retraite, d’un crédit du banquier les yeux fermés. Entrée à l’aube de la vingtaine « par la petite porte de l’intérim », après des années d’errance à cause d’un décrochage scolaire à 16 ans, elle pensait « mourir avant l’usine », un des abattoirs les plus performants d’Europe, un empire paternaliste en plein bourg, 1 000 emplois pour 2 000 habitants, 22 hectares, 43 000 mètres carrés de bâtiment, aujourd’hui livrés aux moisissures et à la mousse. Gad, c’était une histoire de famille. Mickael, le père de ses deux enfants, y travaillait. Xavier, son nouveau compagnon. Son frère et sa sœur. Deux de ses cousins. Plusieurs de ses copines. Elle allait à l’usine en covoiturage :« Il y avait toujours un Gad pour conduire ceux qui n’ont pas le permis. » Ses parents, des ouvriers retraités, ont pris « un coup sur la tête » quand ils ont récupéré leurs trois enfants licenciés. Christelle pense que le cancer qui a tué leur mère il y a un an vient de là. Son père, un ancien coffreur, passe souvent la voir. Elle l’aide à remplir ses papiers. Et lui, quand sa petite retraite le permet, laisse un chèque à sa fille « dans le rouge ».

Christelle n’a « plus de matelas ». Elle a épuisé sa prime de licenciement, 13 000 euros pour 13 ans d’ancienneté, pour boucher les découverts. Elle l’avait placée sur un livret sauf quelques milliers d’euros pour acheter une nouvelle télé, une machine à laver, payer ce permis de conduire et des vacances aux enfants l’été après le licenciement, une semaine tout près de la maison, à 700 euros, à Saint-Pol-de-Léon, avec mer et piscine, dans un camping quatre étoiles, « le luxe pour se remettre de la misère ». Depuis le début de l’année, elle survit avec l’ASS, l’allocation de solidarité spécifique, versée aux chômeurs en fin de droits, 504 euros net par mois auxquels s’ajoutent 129 euros d’allocations familiales pour les deux enfants, 129 euros pour l’aîné reconnu handicapé, 400 euros d’aide au logement qui ne couvre pas son loyer de 700 euros. L’ASS, c’est moitié moins de revenus qu’en 2015, quand elle touchait l’ARE, l’allocation d’aide au retour à l’emploi, 1 000 euros net et trois fois moins qu’en 2014 quand elle bénéficiait de l’ASP, l’allocation de sécurisation professionnelle, l’indemnité qui accompagne le CSP (contrat de sécurisation professionnelle), le dispositif censé faciliter « le retour rapide à l’emploi durable » des licenciés économiques grâce à un suivi plus poussé (en théorie).

« Heureusement, il y a Xavier », un ex-Gad avec lequel elle vient de se mettre en couple.« Sans lui, je plongerais », dit-elle. Xavier participe aux courses, à quelques factures mais il est lui aussi « étranglé » : il a un dossier de surendettement en cours, 150 euros par mois pendant cinq ans, il rembourse des crédits à la consommation. En ce moment, il travaille chez son frère maraîcher, « pas un patron qui t’esclavagise », 80 heures par mois pour compléter ses allocations chômage, 1 000 euros mensuels cumulés. Il arrive bientôt en fin de droits, « essaie de ne pas paniquer ». Il a cherché partout, rien trouvé. C’est la première fois, à 40 ans, qu’il se retrouve chômeur. Il a toujours travaillé. Depuis ses 18 ans. Christelle a pensé faire les saisons sur ses conseils mais sans permis, sans voiture… Elle avait trouvé un petit boulot dans une usine pas très loin, mais c’était en soirée et elle n’avait personne pour garder les enfants. Sa sœur a fini par retrouver un CDI, à la base navale de Landivisiau, son frère enchaîne depuis trois ans tous les types de contrat sauf le CDI. Elle, rien.

« Pourquoi les autres retrouvent du travail et pas moi ? Et si les gens qui me regardent comme si je n’étais qu’une feignasse avaient raison ? », se demande-t-elle cet après-midi de novembre, en roulant frénétiquement des cigarettes sur la table du salon et en culpabilisant d’avoir beaucoup grossi sous le poids des heures et des jours livrés à l’inactivité. Elle « a l’impression qu’on la dévisage », dans la rue, à l’école… Sur Facebook, des copines qui gagnent à peine le Smic tapent sur les chômeurs, « tous des assistés qui ont droit à toutes les primes, aux cadeaux de Noël, aux vacances gratuites, nous à rien ». Christelle se sent « visée », « blessée » alors qu’« avant », du temps de Gad, elle était du genre à « liker » et à partager leurs « post ». Même son amie Virginie, qui a fait des CDD chez Gad, aujourd’hui femme au foyer pour s’occuper de son fils handicapé, râle après « les chômeurs-assistés » quand elle vient boire le café ou lui proposer ses bons plans pour acheter des œufs, des fruits, des légumes, des vêtements à très bas prix.« Faut pas généraliser. Nous ne sommes pas des assistés, nous », coupe net Xavier qui connaît un ancien Gad, « vraiment assisté qu’il faudrait radier ».

« Eux », « nous ». « Les travailleurs », « les assistés ». En quelques années, les discours popularisés par la droite et repris par une partie de la gauche sur « le chômeur-fraudeur-qui-se-la-coule-douce-et-abuse-de-l’argent-public », sur « le cancer de l’assistanat », sur « les salauds de pauvres » ont ravagé la société française et dressé les précaires les uns contre les autres. Le « tous ensemble » des Gad pendant les manifestations de 2013 a laissé place, trois ans plus tard, au « chacun pour sa peau ». « Revoir les Gad qui n’ont pas de boulot ? Qu’est-ce qu’on va leur dire ? Chacun pour sa gueule. C’est la loi du talion. Et puis, s’ils ne travaillent pas, c’est parce qu’ils ont un poil dans la main et se complaisent dans le système », lance David Stephan qui cite en exemple Patrice, le frère de sa femme Stéphanie, un ex-Gad, 57 ans, bientôt au RSA, qui n’a pas retravaillé depuis trois ans, ainsi que l’une de ses voisines « qui fait la difficile et refuse toutes les offres de Pôle emploi ».

 

« Va justifier deux, trois ans d’immobilité sur un CV »

On avait suivi David et Stéphanie au soir du couperet. Couple Gad pris de vertige à l’annonce de la fermeture de l’abattoir et du monde à reconstruire, ils avaient raconté la violence du licenciement, le désespoir et la colère qui les poussaient à voter Front national pour « se faire entendre ». On les retrouve trois ans plus tard au même endroit avec Falco, leur chien, dans l’un des derniers bistrots de Lampaul-Guimiliau, à cinq minutes à pied de l’usine et dix de leur pavillon. Ils l’ont construit en 2010 pour 150 000 euros dans un quartier où toutes les maisons se ressemblent et donnent sur les vaches et les champs du Léon : 17 ans de crédit, 700 euros de mensualités. Stéphanie, 48 ans, était certaine que le malheur suivant le licenciement serait la vente de la maison mais David, même âge, avait juré : « Jamais ! J’en sauverai au moins un de nous deux, du chômage. »

Finalement, les deux s’en sont sortis – elle a décroché un CDI, 35 heures par semaine, tantôt du matin, tantôt du soir, à la maison de retraite de Landivisiau où elle fait la plonge et le service en salle ; il est cariste intérimaire ultra-flexible chez Adecco mais en CDI, « les trois lettres magiques », « la sécurité de l’emploi », « ce n’est plus à moi de chercher du travail mais à l’agence d’intérim sinon ils doivent me payer les intermissions au Smic ». Le statut (né en mars 2014) est encore très méconnu, mais il convient bien à David : « Je ne suis plus un intérimaire lambda et ça ne me déplaît pas de changer de boîte, de collègues. Je m’intègre partout et en général, on me redemande. De toute façon, ils ne peuvent pas m’envoyer plus loin que dans un rayon de 50 kilomètres de chez moi. » Ils ont signé chacun leur CDI le même jour, le 9 novembre 2015, acheté une deuxième voiture, eux qui allaient à l’usine en marchant main dans la main – « pas le choix » – et ils n’ont plus très envie de ressasser le passé.

« Le deuil est fait », assure Stéphanie qui y a laissé ses deux poignets, opérés tous deux du canal carpien à force de gestes répétitifs à la boyauterie, « le pire et le plus sale service de l’abattoir, mais la meilleure ambiance de l’usine ». Avec son frère Patrice, elle évite le sujet « chômeur-assisté », « trop délicat ». Comme son mari, elle voudrait « qu’il se bouge un peu » mais en même temps, elle se dit qu’à 57 ans, il est « cramé par son âge », condamné au chômage longue durée comme des millions d’autres « seniors » en France, bannis par les patrons, oubliés des politiques. Sa sœur, 52 ans, ex-Gad aussi, s’en sort mais difficilement, « pas à cause de son âge mais parce que le CDI n’existe plus dans la fonction publique ». Elle enchaîne les CDD à la blanchisserie de l’hôpital de Morlaix. Pour la première fois depuis « le drame », le couple s’est offert des vacances dans le sud de la France cet été, quinze jours à Argelès-sur-Mer « dans la masse des vacanciers, nous, les licenciés de Gad et ce n’étaient pas des vacances forcées ».

Ils ont trinqué à leur abnégation dans l’adversité. « Ce n’est pas la cellule de reclassement ni Pôle emploi qui nous ont trouvé du boulot, c’est nous-mêmes ! Ils n’ont servi à rien. Le CSP [contrat de sécurisation professionnelle, qui maintient la quasi-totalité du salaire la première année], c’est du foutage de gueule, ça sert à maquiller les chiffres du chômage, à nous envoyer dans des formations bidons et c’est un système pervers à double tranchant. Tu en sors si tu trouves un boulot de deux jours comme un de plus de six mois. C’est pour cela que beaucoup sont restés à ne rien faire la première année puis les suivantes et qu’ils se retrouvent aujourd’hui au RSA », fulmine David.

« Trop de Gad ont été mal accompagnés. D’où la casse. Les conseillers des cellules de reclassement étaient essentiellement des précaires, intérimaires, CDD, qui valsaient du jour au lendemain, ne connaissaient même pas le bassin d’emploi et n’avaient rien à offrir ou alors des offres inadaptées. Ils ont fait passer des permis de caristes à tout-va engraissant ECF, alors que les patrons veulent les certificats mais surtout des gars avec de l’expérience. Surtout, ils ont été incapables d’orienter les plus vulnérables, les plus paumés, qui n’ont connu que l’abattoir dans leur vie, du lundi au vendredi, avec les mêmes gestes répétitifs, soit la majorité », renchérit José Breton, 47 ans dont dix chez Gad.

Ancien délégué CFDT, il dénonce le « business du chômage qui ne sert qu’à engraisser des cabinets privés de reclassement et à reclasser les gens dans la misère ». Ici, Altedia et Aventia. « Des millions d’euros sont dépensés pour ce qu’ils osent appeler “des plans de sauvegarde de l’emploi” pour assurer une “sortie positive” aux licenciés économiques mais c’est une grande arnaque. » Ces sociétés, critiquées depuis leur apparition à la fin des années 1990 mais qui continuent de fleurir, sont même – et c’est bien connu – moins performantes que le public. Régulièrement, la Cour des comptes les épingle. La dernière fois, c’était en juillet 2014. José Breton trouve aussi « le système mal fait » :« T’as une super prime de licenciement, quasi 100 % de ton salaire la première année, ça t’encourage à rester chez toi, à t’encroûter dans le chômage. Va justifier ensuite deux, trois ans d’immobilité sur un CV. »

Lui, il a rebondi « très vite », « sans l’aide de personne », fait des ménages dans des immeubles, ramassé des choux, des algues… pour « se prouver qu’il y avait du boulot »,« sauver sa peau ». Parce qu’il avait « l’expérience du licenciement », qu’il ne voulait pas« rechuter ». 2003, l’usine de saumon fumé Narvik à Landivisiau, 500 personnes et lui sur le carreau : « Je suis rentré chez moi. J’ai tiré les volets. Pendant des semaines, je suis resté dans le noir et je ne me suis plus levé tellement je me sentais inutile à la société. »Il travaille aujourd’hui « dans le beurre de luxe », « un métier bien moins éprouvant que l’abattoir, bien plus intéressant », 1 250 euros net par mois, pour le Ponclet, un patron trentenaire sorti d’HEC revenu aux racines et aux bottes en caoutchouc qui lui a fait signer un CDI au bout de deux jours : « On fabrique du beurre pas pasteurisé, à la main, avec du lait bio qu’on va chercher à la ferme tous les matins, en petite quantité, 200 kilos par semaine, 18 euros les 100 grammes, pour les grands cuistots. »

« Chez Gad, tout le monde était employable. Il y avait des postes dits "compassionnels" »

José est resté en contact « avec quelques Gad qui ont réussi » – « les autres ont trop honte de leur situation et vivent repliés ». Il revoit Joëlle Crenn par exemple, l’ex-présidente de l’association de soutien aux Gad, aujourd’hui dissoute, « Sauvons Lampaul », une battante à l’énergie communicative qui a bravé les épreuves, élevé seule son enfant à la mort de son mari. À 54 ans, elle signe une reconversion réussie à Bodilis dans la banlieue de Landivisiau – « parce qu’[elle] avait un projet bien ficelé ». Son restaurant-bar-crêperie-dépôt de pain « L’Hermine », dans une ancienne grange rachetée et retapée par la mairie, sur un axe ultra fréquenté où « il n’y avait rien », ne désemplit pas. Entre 70 et 80 couverts les midis, principalement des ouvriers et des agriculteurs. Deux ans après l’ouverture, elle emploie déjà quatre salariés, « soit deux temps complets et demi au smic », « que des femmes et personne de chez Gad » : « J’avais besoin de tourner la page », dit-elle presque en s’excusant. Gad, c’est dix-sept ans de sa vie dont dix dans un atelier exclusivement masculin, la découpe. Dès 2010, elle a commencé « à sentir la fin », créé une micro-entreprise de crêpes à domicile tout en continuant l’usine. C’est grâce au pécule amassé avec sa crêperie itinérante et à sa prime de licenciement – 17 000 euros – qu’elle a lancé son affaire. La banque n’a pas voulu lui faire de prêt parce qu’elle est rescapée d’un cancer…

« On parle des licenciements quand ils surviennent. Mais les difficultés, c’est après, quand il n’y a plus de raffut médiatique. Ici, on est au fin fond de la terre des bouseux. Tout le monde nous a oubliés », tempête Joëlle. Défilent sur son portable des « selfies » avec Emmanuel Macron et François Hollande. Le premier est venu s’excuser pour ses propos choquants sur les « illettrées de Gad ». Il avait stigmatisé les « femmes » de l’usine, « pour beaucoup illettrées » et à qui on ne peut pas demander « d’aller travailler à 50 ou 60 kilomètres », faute de permis de conduire, au micro d’Europe 1 lors de sa première interview de ministre de l’économie en septembre 2014. Le second, elle l’a rencontré à l’Élysée. Il l’avait invitée à représenter la Bretagne pour la journée des femmes le 8 mars 2015. Elle avait réussi à le coincer deux minutes pour lui parler d’une affaire qui la minait, les cinq collègues non syndiqués de Lampaul-Guimiliau poursuivis pour avoir injurié sur les réseaux sociaux Patrick Piguel, le délégué CFDT de Josselin à l’époque où les salariés des deux sites s’étaient battus devant les caméras et les gendarmes. Le président de la République lui a répondu qu’il ne pouvait s’en mêler, que c’était une affaire de syndicats. Quelques mois plus tard, elle a manqué s’étouffer quand elle a découvert que c’était son fils Thomas Hollande, l’avocat du syndicaliste CFDT

« Cela a choqué tous les Gad qui avaient voté Hollande et fini de les dégoûter de la politique », raconte Joëlle. Prise par sa nouvelle vie, elle croise peu d’anciens mais garde le lien sur Facebook ou lors des « cafés commères » de plus en plus rares, ces rendez-vous où les Gad prennent des nouvelles les uns des autres, autour d'un café et de gâteaux maison. Certains lui ont renvoyé dans la figure que « c’était facile pour elle », « qu’avoir été présidente de Sauvons Lampaul l’avait rendue célèbre et aidée à financer son projet », d’autres l’ont même carrément accusée d’avoir piqué dans la caisse de l’association pour lancer son affaire. « Des mauvaises langues jalouses de sa réussite », balaie Laurent, 45 ans dont seize chez Gad, qui grâce aux appels réguliers de Joëlle et d’une poignée d’anciens « sort de [sa] solitude, de [son] exclusion ». Il vit dans un petit logement social à Guimiliau et refuse de s’installer à Brest avec sa copine, tant qu’il n’aura pas un CDI : « Je ne veux pas être un squatteur, lui dire bonne journée le matin quand elle part et n’avoir rien à lui raconter le soir quand elle rentre. » Reconnu travailleur handicapé en 1992 après un grave accident de moto qui l’a plongé dix-neuf jours dans le coma, il ne peut postuler à toutes les offres. En trois ans, il a fait une nuit à l’usine de crêpes Wahou mais, dépassé par la vitesse de la chaîne, il a craqué puis il a fait un mois chez Gifi mais fini sur les rotules. À chaque fois, à cause de son handicap : « Je suis un bon ouvrier, mais je me fatigue vite. »

Ils sont des dizaines de Gad comme lui à être frappés par la double peine et à témoigner de l’un des échecs cuisants du quinquennat Hollande : l’explosion du nombre de personnes handicapées au chômage, + 65 % en cinq ans dans l’indifférence générale.« Chez Gad, tout le monde était employable. Il suffisait d’avoir deux bras, deux jambes. Il y avait des postes dits “compassionnels” pour des gens que personne n’emploierait ailleurs car ils présentent un âge avancé, des pathologies, des handicaps, des problèmes d’alcoolisme ou même psy. » France Marchand est la psychologue qui a suivi les Gad des mois avant et après leur licenciement dans le cadre de la « cellule de soutien » mise en place par la coopérative légumière. Elle a découvert l’univers des abattoirs, « des familles entières respirant Gad », des hommes et des femmes broyés par l’usine et ses TMS (troubles musculo-squelettiques), qui avaient pour certains totalement perdu l’usage de l’écriture, ne savaient plus compter, lire… Elle n’en voit aujourd’hui plus que deux ou trois défiler dans son cabinet et se demande ce que tous les autres sont devenus, consciente que les lendemains sont très sombres pour une majorité dans cette pointe de terre sauvage entre la mer et les monts d’Arrée qui ne sera bientôt plus, craint-elle, qu’un « désert à touristes ». Quand un de ses patients se plaint trop de son travail, elle assène : « Vous, vous avez un boulot, pas comme les Gad. »

Jean-Marc Puchois, le maire divers droite de Lampaul-Guimiliau, a « l’espoir que le ciel redevienne bleu ». Traumatisé par les usines du Nord devenues friches, ce ch’ti devenu breton par alliance se démène pour qu’une partie de l’abattoir revive sous un autre projet dans les prochains mois. « Ce ne sera pas 1 000 emplois mais quelques-uns », prévient-il. Il pense pouvoir les « réserver » à des anciens Gad, les plus éloignés de l’emploi, « des gens de [sa] génération entre 55 et 60 ans, un âge impossible pour retrouver du travail, dans la mouise, proche du RSA ». De toutes les mobilisations, y compris « bonnet rouge », cet ancien navigant dans la marine, qui a pris un congé sabbatique en 2008 pour se lancer en politique, n’imaginait pas être au cœur d’une telle« guerre pour l’emploi ». Il y a laissé sa santé, son couple, au point d’hésiter à rempiler pour un deuxième mandat. Finalement, il est retourné au front, a remporté la mairie, 76,5 % des voix et aussi, quelques mois plus tard, un fauteuil au département. Il est chargé de l’insertion économique, sur la liste LR, et il assiste impuissant à l’explosion du chômage, de la misère – + 25 % de RSA ces dernières années dans le Finistère –, et à la montée, scrutin après scrutin, du Front national dans une terre ouvrière, de gauche, jusque-là épargnée. Il en parle souvent avec Olivier Lebras, l’ancien porte-voix des Gad devenu « un ami » et… un homme politique.

 

« Beaucoup sont tentés par l’abstention ou le FN. Gauche-droite, ils ont donné »

L’ouvrier, corps vrillé par dix-huit années à la chaîne, à découper des carcasses de porc, en horaires décalés, fils de paysan, jamais encarté sauf à FO, belle gueule médiatique, s’est lancé dans l’arène à l’aube de la quarantaine et après sa première grande lutte sociale. Pas spontanément. On est venu le chercher. D’abord la maire PS de Saint-Thégonnec, la commune à moins de dix minutes de l’usine où il vit avec sa femme et leurs enfants, à l’occasion des municipales. Il est devenu son adjoint chargé de l’environnement. « J’ai accepté en me disant que cela m’occuperait et que l’indemnité d’adjoint de 500 euros serait mon RSA amélioré, tant j’étais persuadé de ne jamais retrouver d’emploi, surtout avec mon passé de syndicaliste. Le DRH d’une banque m’avait prévenu :‘‘C’est un énorme handicap, votre capacité à mener des troupes fera peur à tout potentiel employeur.” » Quelques mois plus tard, les écolos lui ont proposé la tête de leur liste aux régionales. Il a décliné, « parti trop compliqué, trop divisé ». Puis Christian Troadec l’a contacté pour une liste régionaliste. Il a décliné aussi : « trop mégalo ». Puis le bras droit de Jean-Yves Le Drian, l’homme fort de l’exécutif breton, baron socialiste, cumulard assumé ministre de la défense, très proche de François Hollande, l’a dragué. Pas pour être tête de liste PS mais dernier de leur liste. « Un souhait des bases militantes d’avoir un ouvrier qui a mené une lutte », a-t-il argumenté. Olivier Lebras a accepté.

Trois ans après leur licenciement, les ex-Gad reclassés dans la précarité (Rachida El Azzouzi pour Médiapart, 12 décembre 2016)

Le voilà aujourd’hui conseiller régional, indemnisé 1 800 euros par mois, membre de la commission « emploi et formation », en charge de décliner localement le plan « 500 000 formations », rustine gouvernementale pour tenter de sortir de l’ornière les chômeurs de longue durée et dire « on a essayé ». Des journalistes de Paris l’appellent pour faire le portrait de « l’Édouard Martin breton », d’autres pour connaître son point de vue sur la candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle et le fait qu’il ait débauché le chef du groupe socialiste en Bretagne, le député Richard Ferrand, qui veut quand même être candidat PS aux prochaines législatives. Olivier Lebras, qui se définit « à la gauche du PS et à la droite de Mélenchon », a conscience « d’être à contre-courant », de s’engager aux côtés des socialistes quand tout le monde, à commencer par les classes populaires, les fuit. Il aurait pu être permanent à 2 500 euros par mois chez FO comme Nadine Hourmant, l’ancienne déléguée syndicale des Doux avec laquelle il a écumé les plateaux télé à l’époque de l’« hyper-médiatisation ». Mais il voulait « faire entendre une parole ouvrière ». « Cela ne veut pas dire que je cautionne la politique de Hollande, que je vais aller voter à la primaire du PS en ruine, encore moins donner ma voix au PS à la présidentielle. Je suis très déçu moi aussi », se défend-il.

Nombre de Gad lui ont tourné le dos. Définitivement. Certains très violemment, le traitant de « traître », « collabo », « arriviste », « opportuniste », changeant de trottoir, refusant de lui serrer la main lorsqu’ils le croisent, l’incendiant sur Facebook. Parce que « Nono » a rejoint Le Drian, considéré par les Gad de Lampaul-Guimiliau comme le fossoyeur de leur abattoir au profit de celui du Morbihan, son fief électoral. Parce que les ministres bretons (ou ex) de la “hollandie”, Le Drian, Lebranchu, Le Foll, Urvoas, Hamon, « n’ont pas bougé le petit doigt » pour sauver leur usine. Parce qu’ils voient des entreprises bretonnes de l’agroalimentaire faire travailler des Roumains, des Polonais, même des Chinois, jurent-ils, gérés par des agences d'intérim planquées en Roumanie, à Malte ou Guernesey. Parce qu’ils ne veulent plus aussi entendre parler du PS. Tout simplement. « Beaucoup sont tentés par l’abstention ou le FN. Gauche-droite, ils ont donné, ne font plus confiance », constate l’ancien syndicaliste « pas surpris ». Au conseil régional de Bretagne, il y a depuis les dernières élections douze élus frontistes. L’une d’entre elles, au printemps dernier, a condamné l’abattage halal dans les abattoirs bretons qui seraient « soumis à la charia ». Olivier Lebras, qui porte le costume pour se fondre dans l’hémicycle et « ne pas faire ouvrier en baskets », a vu rouge. Il a insisté auprès de son groupe pour lui répondre et dénoncé « des propos méprisants » :« L’abattage halal, c’est 2 000 emplois ici. Comment peut-on se réclamer du peuple et vouloir le mettre au chômage ? » Tonnerre d’applaudissements. SMS de Le Drian le félicitant.

Olivier Lebras n’est pas dupe : il est conscient d’être « la caution » d’une gauche qui a rompu avec les siens, les ouvriers, le peuple. Il a appris à être à l’aise à l’oral et à l’écrit, signé un livre, Le Visage des Gad, avec une sociologue du coin. « Quand on vient du monde ouvrier, on a tendance à se rabaisser, à raser les murs, à se dire “on parle pas aussi bien qu’un médecin ou un avocat”. » Il a conservé un emploi aussi. Un CDD à mi-temps après des mois d’intérim, 700 euros par mois, comme agent de sûreté à l’aéroport de Brest, en horaires décalés, lui qui avait promis à sa femme que c’était fini, les trois-huit. Il aurait pu se contenter de ses indemnités mensuelles d’élus, 2 300 euros cumulés, c’est déjà bien plus que son salaire d’ouvrier smicard, mais il tient à rester ancré dans le réel. Certains de ses nouveaux collègues ne comprennent pas qu’« il fasse de la politique et prenne le boulot d’un autre qui en a besoin ». Cela lui glisse sur la cravate.

Il sait ce que c’est le monde du travail, du chômage. « Se prendre cinq ou six portes dans la figure, rentrer brisé, le soir, de ne pas avoir été pris, avec ta femme qui te demande “alors chéri, cet entretien ?” » Voir des collègues basculer dans l’alcoolisme, divorcer (une soixantaine). Enterrer l’un d’eux qui s’est suicidé « à cause de tout ça ». « Il y a eu au moins cinq suicides chez Gad depuis la fin de l’usine. » Le premier, c’était Jo, un collègue de la triperie, de toutes les manifs, en décembre 2013. Le soir même de la visite de Michel Sapin, alors ministre du travail, où il s’était rendu avec d’autres salariés. C’était l’un des premiers Gad à retrouver un boulot, il devait attaquer le lendemain chez un légumier. On l’a retrouvé pendu à un arbre. Derrière lui, une femme, deux enfants et un pavillon à crédit. Christelle s’en souvient « très bien ». La nouvelle l’avait « pétrifiée ». Elle a vu jeudi sa conseillère Pôle emploi. Elle commence lundi « un travail » à l’ART, l’« association recherche travail » à Landivisiau. C’est du bénévolat« pour reprendre goût à l’activité ». Trois heures par jour, du lundi au vendredi, à destination de six chômeurs longue durée dont deux anciens Gad. On lui a dit aussi que ce n’était pas normal que la cellule de reclassement n’ait pas pris en charge financièrement son permis de conduire et que « la puissance publique » devait réparer cela. Joëlle Crenn, l’ancienne présidente de « Sauvons Lampaul », qui est passée boire un café, va même appeler la députée des environs Chantal Guittet pour mettre un coup de pression… un de plus.

Trois ans après leur licenciement, les ex-Gad reclassés dans la précarité (Rachida El Azzouzi pour Médiapart, 12 décembre 2016)
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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 06:35
Présidentielles et législatives 2017: les principales propositions du PCF: "Un pacte d'engagements communs pour la France"

Présidentielles et législatives 2017

Les principaux engagements et propositions portées et mises en débat par le PCF:

"Un pacte d'engagements communs pour la France"

 

1. Prendre le pouvoir sur la finance et partager les richesses

 

- Taux de remplacement de 75 % minimum pour les retraites

- Renégociation de l'indemnisation chômage avec comme objectif 80 % du salaire brut perçu au cours de l'activité antérieure.

- Revalorisation de 23% du SMIC (1800 euros brut, 1700 euros net en fin de mandat) et augmentation en conséquence des salaires de chaque premier niveau des grilles de classification des différentes branches, dans le privé comme dans le public.

- Encadrement des rémunérations dans les entreprises (échelle de 1 à 20). Suppression des stock options et interdiction des parachutes dorés.

- Transparence des avantages en nature dans la haute fonction publique et chez les hauts cadres des entreprises privées et publiques.

- Suppression du CICE et une réforme de l'impôt sur les société autour du principe de la modulation de l'impôt en fonction de la taille de l'entreprise et de l'affectation des profits

- Doublement de l'ISF et une réforme de l'impôt sur le revenu visant à renforcer nettement sa progressivité. Taxation à 100 % au dessus des 400 000€ nets de revenus par an (moins de 0,1 % de la population française concernée)

- Pôle public bancaire autour de la caisse des dépôts et consignations, de la banque publique d'investissement, de la banque postale, des banques mutualistes, avec nationalisation de BNP Paribas et de la Société Générale.

- Le droit pour les représentants des salariés de suspendre les plans de licenciement et d'imposer le financement par les banques de propositions alternatives.

- Fonds régionaux publics d'investissement finançant des projets en fonction de critères d'entreprises économiques, sociaux, écologiques

- Suppression du verrou de Bercy en matière de lutte contre la fraude fiscale

- Taxation au prorata des flux de clics reçus des plate-formes numériques (Airbnb, Uber, Google, Facebook).

 

 

2. De la nouvelle République au renouveau de la politique

 

- Sortir du présidentialisme et redonner la primauté au Parlement : supprimer le domaine réservé du Président de la République (c'est à dire les pouvoirs exécutifs qu'il exerce et la présidence du Conseil des Ministres), dissocier élection présidentielle et législative. Maîtrise de l'ordre du jour du Parlement par les parlementaires. Contrôle organisé de l'action du gouvernement par le Parlement. Suppression du 49-3 et des dispositifs qui restreignent les pouvoirs du Parlement.

- Stricte limitation du cumul et du renouvellement des mandats.

- Instauration de la proportionnelle à toutes les élections avec obligation de parité.

- Transformation du Sénat en une chambre composée de citoyens et d'élus locaux.

- Un statut protecteur pour les lanceurs d'alerte.

- Renforcement du contrôle des conflits d'intérêt

- Initiative législative et référendaire (nombre significatif réparti sur le territoire) et droit pétitionnaire pour les citoyens.

- Nouveaux pouvoirs d'intervention pour les fonctionnaires et usagers des services publics et pour les travailleurs dans l'organisation du travail comme sur les choix de gestion dans les entreprises (droit de veto suspensif des élus du personnel en cas de fermeture ou de délocalisation d'activité avant d'examiner les propositions des salariés, facilitation de la reprise des entreprises en coopératives par les salariés).

- Reconnaissance de la citoyenneté de résidence, droit de vote des résidents étrangers aux élections locales

- Levée d'interdiction de travailler des demandeurs d'asile et régularisation des sans-papiers

- Amnistie des militants syndicaux

- Refonte des politiques de lutte contre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie, l'homophobie

- Droit d'adoption pour les LGBT, étendre la PMA à tous les couples de femmes.

- Lutte contre les contrôles aux faciès, contre toutes les discriminations.

- Conforter la commune comme le niveau essentiel de la vie démocratique

- Rétablir la clause de compétence générale à tous les niveaux de collectivités et promouvoir la libre coopération entre collectivités autour de projets partagés.

- Fixer à la région l'ambition de contribuer à un nouveau mode de développement économique, agricole et urbain.

- Organiser la participation citoyenne au fonctionnement de toutes les collectivités territoriales (droit d'initiative, structures de participation, budget participatif, référendum local).

- Donner la priorité aux peines alternatives telle que la contrainte pénale pour les courtes peines et à l'aménagement des peines (suppression des peines planchers, aménagement obligatoire des peines de moins de trois ans...).

- Adopter une loi contre les concentrations dans la presse, les médias et l'audiovisuel pour les libérer des logiques financières.

 

3. Investir pour demain

 

- Abrogation de la loi travail et adoption d'une loi de sécurisation de l'emploi et de la formation permettant à chaque salarié d'alterner les périodes d'emploi et les périodes de formation choisie sans perte de revenu et sans passer par le chômage ; reconstruction d'un grand service public de la formation continue.

- Refonte du droit du travail comprenant notamment le rétablissement de la hiérarchie des normes et l'instauration de nouveaux pouvoirs des travailleurs sur l'organisation du travail comme sur les choix de gestion, le doublement des effectifs de l'inspection du travail.

- Négociations pour la réduction du temps de travail avec l'objectif du passage aux 32 heures hebdomadaires.

- Limitation stricte du nombre d'intérimaires et de contrats précaires par entreprise à 5 % des effectifs dans les grandes entreprises et 10 % dans les PME : le CDI doit redevenir la norme des contrats d'embauche.

- Supprimer les mesures d'extension du travail du dimanche.

- Revenu minimal pour les jeunes de 18 à 25 ans.

- Gratuité de l'éducation et des transports pour les jeunes, accès renforcé au logement social

- Dans l'éducation nationale : revalorisation des salaires et des métiers, plan pluri-annuel de création de postes, création d'un dispositif de pré-recrutement des enseignants sous statut de la fonction publique.

- Rétablissement d'une carte scolaire contraignante et démocratiquement construite, sectorisation de l'enseignement privé.

- 1 % du PIB réparti entre l'Etat et les collectivités locales pour la culture.

- Abrogation des lois liberticides sur la surveillance administrative numérique de masse.

 

4. L'égalité Femmes-Hommes maintenant

 

- Créer un ministère de plein droit avec un budget dédié multiplié par 10 : comment accepter que les femmes continuent à gagner 23 % de moins que les hommes à poste équivalent, que cet écart monte à 47 % pour les retraits, que 216 000 femmes déclarent être victimes de violences conjugales chaque année ?

- Une éducation qui lutte contre les stéréotypes et les inégalités de genre dans la réussite scolaire.

- Garantir l'égalité salariale, lutter contre les temps partiels subis en garantissant un plancher minimal de 24 heures hebdomadaires et en mettant fin aux dérogations à cette obligation.

- Plan de rattrapage des retraites des femmes.

- Créer un service public de la petite enfance de la naissance à 5 ans avec possibilité d'entrer en maternelle à 2 ans pour les enfants dont les parents le souhaiteraient.

- Inscrire dans la constitution le droit à l'IVG comme droit fondamental des femmes. Augmentation des moyens humains et financiers qui sont consacrés à l'Interruption Volontaire de Grossesse.

- Assurer la gratuité et la meilleure accessibilité des moyens contraceptifs

- Interdiction de la GPA (Gestation pour Autrui)

 

 

5. Une France protectrice et solidaire

 

- Un plan d'urgence contre l'exclusion et la grande pauvreté : suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, interdiction des coupures d'énergie et d'eau, des expulsions locatives et de la privation de restauration scolaire pour cause de précarité.

- Renforcement du maillage des services publics, en particulier dans les territoires suburbains et ruraux.

- Gestion démocratique et participative des services publics avec élus, personnels, usagers.

- Fin de la baisse de dotations aux collectivités locales qui doivent retrouver progressivement des ressources fiscales autonomes.

- Construction de 200 000 logements par an et renforcement de la loi SRU.

- Augmentation de la taxe sur les logements vacants et les résidences secondaires.

- Renforcement de l'encadrement des loyers

- Reconquérir la prise en charge à 100 % des soins par la Sécurité Sociale en commençant par la prise en charge à 80 % pour tous et à 100 % pour les jeunes de moins de 25 ans.

- Garantir le droit à la retraite à 60 ans à taux plein.

- Abrogation des lois Bachelot et Touraine pour la santé et l'hôpital public.

- Suppression de la tarification à l'activité.

- Développement des centres de santé de proximité.

- Création d'un pôle public du médicament.

- Adoption d'une nouvelle loi cadre sur le handicap qui prenne en charge l'accessibilité du bâti, l'accompagnement et l'accueil à l'école publique, l'intégration professionnelle et qui prévoie un revenu de remplacement équivalent au SMIC pour des personnes qui seraient dans l'incapacité de travailler.

- Création d'un service public de l'autonomie pour les personnes âgés.

- Abrogation des lois de libéralisation du rail, de la loi Macron.

- Nationalisation des autoroutes.

- Promouvoir une politique de paix, agir pour le désarmement nucléaire, la dissolution de l'OTAN, la reconnaissance de l'Etat Palestinien. Faire reculer les logiques de privatisation, de libre-échange, d'exploitation des peuples du sud.

- Respect absolu de la convention de Genève sur les réfugiés politiques et création de deux statuts spécifiques pour les réfugiés économiques et les réfugiés climatiques.

- Abrogation des règlements Dublin qui organisent l'Europe forteresse, les déplacements mortels des migrants.

- Régularisation des sans-papiers et refonte de la politique des visas en France.

- Engager un plan d'aide et d'accueil des réfugiés à hauteur de 4 milliards d'euros dont au moins de 2 milliards pour les collectivités.

- Relancer l'aide publique au développement avec le respect des promesses la portant à 0,7 % du PIB et monter progressivement cette aide à 1 %.

 

 

6. Produire autrement et protéger la planète

 

- Moratoire immédiat sur les licenciements, les fermetures de site, les cessions ou externalisations de sites ou de services, les délocalisations.

- Élaborer un plan de développement d'une vingtaine de filières industrielles stratégiques pour une nouvelle industrialisation. 1 million d'emplois seront créés dans les filières d'avenir : énergie, et notamment les énergies renouvelables, l'automobile propre, transports urbains et ferroviaires, rénovation thermique des bâtiments, aérospatiale, réparation navale, agriculture paysanne, économie circulaire et des matières recyclées.

- Favoriser le développement du modèle coopératif.

- Agir pour créer des groupes publics européens en matière d'énergie, de transport, de télécommunications, de recyclage et de traitement des déchets, de médical, d'aérospatiale.

- Transférer le transport des marchandises vers le fret ferré, développer le ferroutage et les voies navigables.

- Favoriser les circuits courts agricoles comme industriels (produire local, relocaliser).

- Création d'un pôle public de l'énergie.

- Un engagement fort dans la recherche (captage des CO2, stockage de l'électricité, sûreté nucléaire) et la création de filières nationales.

- Interdiction de l'exploitation des gaz de schistes.

- Service public national déconcentré de l'eau et des déchets pour accompagner les compétences des collectivités dans la création de régies publiques démocratiques ou de sociétés coopératives d'intérêt collectif de l'eau et de la gestion des déchets.

- Encadrement des marges de la grande distribution sur les produits agricoles. Prix minimum garanti aux agriculteurs. Conférence annuelle avec des négociations interprofessionnelles par production.

- Création d'un fonds de soutien à l'agriculture paysanne aux filières relocalisés, courtes, vivrières, de proximité et écologiques.

- Une agriculture sans OGM, autonome en ressources non renouvelables et participant à la santé publique et à la lutte contre le réchauffement climatique.

- Interdire toute appropriation de la biodiversité, la brevetabilité du vivant.

 

7. A l'offensive pour changer l'Europe

- Une conférence annuelle pour la restructuration des dettes des États, annulation partielle et révision des conditions de remboursement

- Action pour l'abrogation du traité budgétaire (TSCG négocié par Merkel et Sarkozy, ratifié sans mandat par Hollande)

- Création d'un fonds européen de développement solidaire et écologique abondé par la BCE

- Initiative de la France pour un sommet européen engageant une révision complète de la politique économique et monétaire contenue dans les traités, des statuts et missions de la BCE, les critères du crédit...

- Organisation du « COP » fiscale pour lutter contre l'évasion et la fraude fiscale.

- Organisation d'un sommet social européen avec les représentants du monde du travail pour obtenir l'abrogation de la directive des travailleurs détachés, la mise en place de visas sociaux et environnementaux pour les entreprises souhaitant entrer sur les marchés européens.

-Préserver de la concurrence les secteurs répondant aux besoins humains élémentaires (logement, santé, transports, protection des éco-systèmes).

- Refonte de la PAC avec comme ambitions la sécurité et la souveraineté alimentaire, une agriculture paysanne non soumise aux logiques productivistes, la garantie de prix rémunérateurs et d'une nourriture de qualité, saine et variée, accessible au juste prix.

- Garantir les choix souverains des peuples contre les coups d'Etat financiers et austéritaires de l'Europe.

- Lancement d'une consultation nationale inédite en vue de la rédaction d'un nouveau traité avec les forces politiques, les élus locaux, les syndicats, les ONG, monde associatif, projet de nouveau traité européen qui serait soumis par référendum aux français et qui constituerait le mandat de la France pour la scène européenne.

- Vote au Parlement d'un mandat de l'exécutif pour chaque sommet européen.

- Abandon des négociations TAFTA, CETA, TISA et ouverture d'une réflexion pour des traités internationaux de maîtrise des échanges pour le développement de biens communs partagés.

- Tenue d'une conférence européenne pour la paix et le désarmement, pour faire de l'Europe un espace libéré de l'emprise de l'OTAN, exempt d'armes nucléaires, pour diminuer et contrôler la vente d'armes.

Présidentielles et législatives 2017: les principales propositions du PCF: "Un pacte d'engagements communs pour la France"
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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 06:30
Entretien de l'Humanité avec Pierre Laurent: vendredi 9 décembre 2016: "Une campagne des communistes offensive et libre"

Entretien de L'Humanité avec Pierre Laurent, vendredi 9 décembre 2016

 

Manuel Valls, désormais candidat à la primaire du PS, estime après avoir divisé la gauche, qu'il faut la rassembler. Le combat face à la droite et à l'extrême-droite peut-il justifier cette union?

Pierre Laurent: Manuel Valls prend les Français pour des imbéciles. Son discours de candidature d'Evry est point par point le contraire de la politique qu'il a menée comme premier ministre. En vérité, il n'a pas changé. Il tente seulement, comme Macron, de reprendre le flambeau après le renoncement de François Hollande. Mais qui peut oublier que c'est la politique qu'ils ont conduite ensemble qui l'empêche de se représenter. Ce désaveu terrible jette les forces socialistes dans un grand désarroi et une division maximale. Valls et Macron ont été les deux inspirateurs du quinquennat, imposant par le 49-3 la loi Macron pour l'un, la loi El Khomri pour l'autre. Leur candidature est une impasse. La seule manière de faire face à la droite et à l'extrême-droite, c'est de rassembler les Français sur un nouveau projet de gauche, de progrès social, de redressement national et de transformation de l'Europe. C'est ce projet que nous entendons porter dans la présidentielle. 

Le PCF a décidé d'appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon tout en menant une campagne autonome. En quoi consistera-t-elle?

Pierre Laurent:  Autonome, ça signifie offensive et libre. Le PCF va mettre au service de cette campagne tout ce qu'il a de meilleur: ses idées et son projet, sa proximité avec les citoyens dans de très nombreux territoires et l'expérience de ses élus, sa capacité à rassembler des forces citoyennes, sociales et politiques très larges à gauche. Notre fil conducteur, c'est de montrer aux Français que, contrairement à ce qu'on leur raconte tous les jours, une politique de progrès est non seulement possible, mais qu'elle est la seule voie pour redresser le pays. C'est au débat de projets que nous appelons. Prenons l'exemple des frères Bocquet, comme on les appelle. Ces deux parlementaires communistes, avec leur livre Sans domicile fisc, parcourent la France pour démontrer qu'on peut récupérer 80 milliards d'euros qui échappent chaque année à l'impôt à cause de l'évasion fiscale. C'est l'équivalent du déficit budgétaire annuel de la France, ou de ce qu'il faut pour augmenter le SMIC à 1700 euros et remettre à niveau l'ensemble des grilles de salaires. Cet argent existe mais il est confisqué par les multinationales. C'est sur ces solutions que nous rassemblerons pour porter le plus haut possible le score de Jean-Luc Mélenchon et de nos candidats aux législatives.

Avez-vous rencontré Jean-Luc Mélenchon? Peut-il y avoir travail commun? 

Pierre Laurent: Le travail commun avec toutes les forces disponibles sera au coeur de notre campagne parce que nous voulons construire le rassemblement le plus fort possible. J'ai parlé avec Jean-Luc Mélenchon mardi et nous sommes convenus d'une rencontre dans les jours à venir. Il a publié son programme, l'Avenir en commun, et nous avons publié nos propositions, dans la France en commun. Ces efforts doivent s'additionner pour provoquer un grand débat populaire sur les solutions à même de sortir le pays de la crise.

Face à François Fillon et à Marine Le Pen, quel message entendez-vous porter? 

Pierre Laurent: Chacun vient de prendre conscience que le programme de François Fillon serait un véritable massacre social et signifierait probablement la fin de la Sécurité sociale avec la généralisation des assurances privées inégalitaires. François Fillon veut imposer une société très brutale de la façon la plus autoritaire qui soit, en gouvernant par ordonnances. Mais il n'est pas le seul danger. Marine Le Pen veut se présenter comme la candidate qui protégerait les Français contre l'ultralibéralisme de François Fillon. C'est une imposture quand on sait qu'elle porte au pinacle le multimilliardaire Donald Trump. En réalité, son programme est du même acabit. Derrière le verbiage antisystème, c'est toujours la dénonciation du pauvre, du chômeur, de l'assisté, de l'immigré, mais jamais du vrai responsable de la crise, le pouvoir financier. Seul notre programme s'attaque aux vrais profiteurs du système capitaliste.

Quelles propositions concrètes le PCF compte t-il porter dans la campagne?     

Pierre Laurent: Des propositions dont nous montrerons à chaque fois qu'elles sont réalisables. Créer un million d'emplois dans les filières industrielles et écologiques d'avenir, c'est possible en réorientant les profits du CAC 40 et le CICE. Rien que le CICE représente chaque année le financement de 400 000 à 500 000 emplois. Les banques, qui continuent de soutenir les marchés financiers, le système des paradis fiscaux, les stratégies des multinationales, détournent elles aussi des masses considérables d'argent du financement de l'emploi. Nous proposons aussi de réduire le temps de travail, en utilisant de manière positive les possibilités ouvertes par la révolution numérique. Pour lutter contre les inégalités, nous proposons d'abaisser la TVA pour les produits de première nécessité en doublant le rendement de l'ISF. Nous proposons de faire de l'égalité salariale femme-homme une grande cause nationale. Nous voulons une nouvelle sécurité d'emploi et de formation qui éradiquerait la précarité et le chômage pour le plus grand nombre. C'est en ouvrant un débat populaire sur ces propositions que nous serons capables de rouvrir l'espoir que le quinquennat de François Hollande a réduit à néant pour des millions de Français.

(...) 

    

 

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