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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:23

COMMUNIQUÉ DE PRESSE 


4ème paquet ferroviaire: le PCF s’oppose à la libéralisation du rail

En dépit des protestations massives adressées aux eurodéputés par les syndicats, et faisant fi du rejet grandissant de cette UE qui livre aux marchés nos besoins élémentaires, le Parlement Européen a adopté le volet politique du 4ème paquet ferroviaire ce matin en séance plénière.

Ne nous y trompons pas : la libéralisation et la privatisation du rail n’ont jamais entrainé plus d’efficacité et d’accessibilité dans les transports. Au contraire, le modèle anglo-saxon ce sont des augmentations de prix, une qualité de transport chaque jour moindre, un abaissement des conditions de travail pour les cheminots et de lourdes conséquences sur l’environnement.

Notre groupe (GUE-NGL) au Parlement européen a déposé deux motions de rejet sur les deux volets concernant l’ouverture du marché des services nationaux de transport de voyageurs par chemin de fer.

Nous poursuivons le combat pour que ce paquet ne soit pas mis en œuvre !Nous refusons la mise en concurrence d’un secteur stratégique pour l’économie française. L’accès aux transports doit être considéré comme un droit fondamental et un service public permettant de garantir la mobilité.

La vieille méthode libérale consistant à privatiser les profits et à ne laisser à l’État que la gestion de la partie déficitaire pour répondre aux prédations des grandes entreprises a fait son temps ! Mobilisons-nous contre la libéralisation du rail en France et en Europe !

Parti communiste français 
14 décembre 2016

4ème paquet ferroviaire: le PCF s'oppose à la libéralisation du rail
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:20
Comment Pierre Gattaz se sucre sur l’argent public
THOMAS LEMAHIEU
MARDI, 1 JUILLET, 2014

En quelques années, Radiall, l’entreprise dirigée par le patron des patrons, a réduit à néant, ou presque, sa contribution fiscale en France, tout en bénéficiant des crédits et en multipliant les dividendes. De quoi susciter une vraie bronca, loin du faux bras de fer avec le gouvernement.

François Hollande tend la main et le patronat arrache le bras. Les épisodes se suivent et se ressemblent. À une semaine de la conférence sociale, le Medef rassemble toutes les autres organisations patronales pour exiger, en plus des 35 milliards d’euros de cadeaux sociaux et fiscaux baptisés « pacte de responsabilité », une série de moratoires sur des mesures comme le compte pénibilité qui, selon lui, mettent la « compétitivité » en péril. Hier matin, sur Europe 1, Pierre Gattaz est allé jusqu’à menacer de boycotter le grand rendez-vous annuel entre le gouvernement et les partenaires sociaux, programmé la semaine prochaine. « Il y a une proposition ou un projet de loi antiéconomique tous les quinze jours, avec toujours plus de contrainte, de fiscalité, ce n’est plus possible », se plaint le patron des patrons. Alors qu’à l’Assemblée de plus en plus de députés socialistes rentrent dans la « fronde » contre l’absence de toute contrepartie dans le pacte de responsabilité, cette surenchère patronale commence à susciter l’embarras jusque dans les rangs du gouvernement. « Il faut bien comprendre que nous sommes les seuls à pouvoir créer de l’emploi et de la richesse, se vante encore Pierre Gattaz. L’entreprise va très mal en France depuis des mois, des années. Il faut baisser la charge fiscale et instaurer un climat de confiance. »
 
L’Humanité lève le voile sur les pratiques comptables du patron du Medef Avec nos révélations issues des rapports comptables officiels d’un groupe français pour le moins emblématique, Radiall, l’embarras pourrait bien s’accroître encore dans la majorité. Car, derrière les envolées rituelles sur « l’enfer fiscal » qu’est la France, selon le Medef, l’Humanité lève un coin du voile sur les pratiques comptables et financières qui permettent de réduire à néant, ou presque, son imposition dans l’Hexagone. À travers le mécanisme d’optimisation fiscale dit des prix de transfert, l’entreprise dirigée par Pierre Gattaz affecte une bonne partie des marges réalisées sur les ventes des connecteurs qu’elle produit dans ses usines françaises pour l’aéronautique ou les télécoms à des filiales à l’étranger. Ce qui, en une poignée d’années, a permis au groupe de réduire de 25 % à 3 % la part de ses impôts payés en France. Dans la comptabilité du groupe, qui a réalisé un bénéfice de près de 25 millions d’euros l’année dernière, la « charge fiscale » en France culmine à 202 000 euros. Et cela, au moment où Radiall bénéficie des largesses fiscales du gouvernement : l’entreprise a touché 876 000 euros de crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), un cadeau accordé aux entreprises sans aucun contrôle, ni aucune contrepartie. Et, dans le même temps, la famille Gattaz qui contrôle le groupe fait valser les dividendes : ils ont presque doublé entre 2010 et 2014 pour s’établir à 2,8 millions d’euros.
 
Au printemps dernier, Pierre Gattaz avait soulevé l’indignation en affirmant que les fonds publics issus du pacte de responsabilité pourraient tout à fait finir dans les poches des actionnaires... Là, chacun peut le constater avec nos informations sur sa propre entreprise, il ne se contente plus de le dire, il le fait ! Les masques tombent.
 
Ce sont quelques lignes, trois à peine sur des milliers, dans le rapport financier annuel 2010 de Radiall. Elles sont signées par Yvon Gattaz, cofondateur, avec son frère, de l’entreprise familiale, ex-dirigeant du CNPF de 1981 à 1986. En tant que président du conseil de surveillance, il fixe, avant de passer la main à son fils, Pierre Gattaz, chez Radiall, mais aussi, en quelque sorte, au Medef, le cap pour les années suivantes. Parmi les « axes » du « plan d’action », le patriarche réclame, en particulier, de « finaliser les nouvelles procédures de comptabilisation des prix de revient industriels et d’évaluation des prix de transfert » et de « mettre en place des procédures homogènes sur les différents sites du groupe ». Ce sont quelques lignes, trois à peine, qui disparaîtront dans les éditions ultérieures des comptes annuels de Radiall, mais, derrière le langage crypté, la référence directe aux « prix de transfert » explique comment une entreprise emblématique qui emploie les deux tiers de ses effectifs permanents en France et qui y réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires peut en quelques années choisir de transférer la majeure partie de la plus-value, et donc de ses profits, à ses filiales dans le monde entier, réduisant ainsi à la portion congrue son taux d’imposition avant de les renvoyer sous forme de dividendes à la maison mère française. Mais ne brûlons pas les étapes! Fondé en 1954, Radiall est, selon une expression chérie dans la famille propriétaire, une entreprise de taille intermédiaire, entre PME et CAC 40, spécialisée dans la connectique pour l’aéronautique et les télécoms. Une espèce rare en France, à la fois bien implantée avec plusieurs sites industriels dans le pays (Château-Renault, Isled’Abeau, Voreppe, Dole) et complètement mondialisée pour ses marchés.
 
En 2013, le groupe dirigé par Pierre Gattaz emploie 1 153 salariés permanents et 209 intérimaires dans l’Hexagone, contre 625 permanents et 762 précaires dans le reste du monde. Au-delà de l’ouverture d’usines au Mexique ou en Chine, avec « transferts de production », justifiée dans l’un des derniers rapports annuels par « de fortes pressions sur les prix », le groupe dispose surtout de «bureaux de vente » à l’étranger: c’est le cas en Allemagne, aux Pays-Bas, en Suède, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Brésil, en Inde, au Japon et à Hong Kong.
 
La part des impôts sur les bénéfices payée en France passe de 25 % à 3% Après quelques années difficiles lors de l’éclatement de la crise financière mondiale, Radiall voit son chiffre d’affaires global augmenter de 27 % entre 2010 et 2013, et ses profits explosent pour s’établir l’année dernière juste en dessous de 25 millions d’euros (+ 167 % par rapport à 2010). Pendant ces quatre années, la part du chiffre d’affaires réalisée par les unités françaises de Radiall reste à peu près stable, aux alentours de 70 % du chiffre d’affaires global mais, en revanche, celle des profits imputés à la France dans les profits totaux diminue fortement: selon les présentations comptables de Radiall, la part du résultat opérationnel France passe de 46 % du total en 2010 à 15 % en 2013.
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:16

Militants CGT "terroristes" : le parquet réclame la condamnation de Pierre Gattaz

 

Le patron du Medef avait comparé les militants CGT à des "terroristes" et des "voyous". La CGT réclame 10 000 euros de dommages et intérêts.

 

Pierre Gattaz pourrait être condamné pour ses propos tenus pendant le conflit sur la loi travail. Le patron du Medef avait alors comparé des militants CGT à des « terroristes » et des « voyous ». Jeudi 15 décembre, le parquet de Bobigny a demandé sa condamnation pour diffamation. « Assimiler des syndicalistes à des voyous et des terroristes, dans le contexte actuel, en France, est quelque chose qui n'est pas digne et n'a pas sa place dans le débat social », a estimé le procureur, Loïc Pageot, appelant le tribunal à condamner Pierre Gattaz, absent lors de l'audience, sans toutefois préconiser de peine.

 
 

 

Fin mai, alors que la fronde contre la loi El Khomri s'apprêtait à entrer dans son quatrième mois, le patron des patrons avait appelé le gouvernement dans les colonnes du quotidien Le Monde à « ne pas céder au chantage, aux violences, à l'intimidation, à la terreur », ajoutant que c'est « visiblement » « la conception du dialogue social » de la CGT. « Faire respecter l'État de droit, c'est faire en sorte que les minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes ne bloquent pas tout le pays », avait-il déclaré.

« Le mot terroriste n'est pas interdit »

L'avocat de la centrale, Emmanuel Gayat, a déploré lors de l'audience que le mot « terroriste » « soit accolé à une organisation de salariés, dans un contexte d'état d'urgence, alors que tout le monde sait ce qu'est un terroriste aujourd'hui ». « Étonné » par les réquisitions du parquet, Me Jean Veil, l'un des avocats du prévenu, a affirmé que « l'intention de Mr Gattaz n'était évidemment pas de comparer les militants CGT à des djihadistes ». « Le mot terroriste n'est pas interdit », a-t-il lancé au tribunal.

« Je ne comprends pas que la CGT pousse des cris de jeune fille outragée quand on lui dit qu'elle a des méthodes de voyous ou de terroristes, elle qui nous parle dans ses tracts de patrons voyous, voire de patrons djihadistes », a de son côté plaidé son collègue Dominique de Leusse. La CGT, qui a assigné le patron du Medef en justice, lui réclame 10 000 euros de dommages et intérêts.

Les propos de Pierre Gattaz dans L e Monde avaient suscité une avalanche de réactions indignées, dans la classe syndicale comme politique. Le patron des patrons était lui-même revenu sur ses déclarations, reconnaissant que « le mot terroriste était inadapté dans ce contexte ». Le tribunal rendra son jugement le 16 février.

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:04
Le visa d'exploitation du film La Vie d'Adèle a été annulé par la justice. En cause, des "scènes de sexe réalistes de nature à heurter la sensibilité du jeune public". Photo : Pathé

Le visa d'exploitation du film La Vie d'Adèle a été annulé par la justice. En cause, des "scènes de sexe réalistes de nature à heurter la sensibilité du jeune public". Photo : Pathé

"La Vie d'Adèle" perd son visa d'exploitation
L'HUMANITÉ
MERCREDI, 9 DÉCEMBRE, 2015

Saisie par une association catholique réputée proche de l'extrême-droite, la justice a annulé le visa d'exploitation du film d'Abdellatif Kechiche, palme d'Or au festival de Cannes en 2013.

Dans une décision rendue publique mercredi, la cour administrative d'appel de Paris a demandé à la ministre de la Culture Fleur Pellerin de "procéder au réexamen de la demande de visa" du film dans un "délai de deux mois". La cour a estimé que La Vie d'Adèle: chapitres 1 et 2, long-métrage d'Abdellatif Kechiche avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos sorti en 2013, qui raconte une passion amoureuse entre deux jeunes femmes, comporte "plusieurs scènes de sexe présentées de façon réaliste, en gros plan" qui sont "de nature à heurter la sensibilité du jeune public". De ce fait, la ministre "ne pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation" au regard de la loi "accorder un visa d'exploitation (autorisation administrative nécessaire pour une diffusion en salle de cinéma) comportant une interdiction limitée aux mineurs de 12 ans", assortie de messages d'avertissement, ajoute-t-elle. Comme pour le film de Gaspar Noé, Love, en août dernier, le ministère de la Culture a immédiatement annoncé son intention d'introduire un recours devant le Conseil d'Etat.

Chez Bonnet et consorts, la " lumière " tire sur le brun

La justice avait été saisie par l'association Promouvoir, proche des milieux catholiques traditionalistes d'extrême-droite et de son avocat et cofondateur, André Bonnet, ancien responsable du MNR de Bruno Mégret, qui estimait que le film aurait dû être interdit aux moins de 18 ans. L'association Promouvoir, créée en 1996, avait été déboutée en première instance, en septembre 2014, par le Tribunal administratif de Paris de sa demande d'annulation du visa d'exploitation du film. Procédurier accompli, André Bonnet n'en est pas à son coup d'assai. Il s'était déjà attaquée avec succès à Baise-moi de Virginie Despentes et de Coralie Trinh Thi, à Ken Park, de Larry Clark, à Nymphomaniac, de Lars von Trier ou encore à la Fnac d'Avignon, coupable selon lui d'avoir disposé dans ses bacs " des BD avec des fellations en gros plans juste à côté des albums de Boule et Bill ". Au magazine Premiere, André Bonnet expliquait l'objet de son association : « défendre la dignité de la personne humaine et protéger les mineurs, à travers la "promotion des valeurs judéo-chrétiennes" »...

Dans un communiqué, l'ARP, la société des auteurs-réalisateurs-producteurs a réagit vivement à la décision de la justice : "Nous ne pouvons nous satisfaire de voir la culture et la liberté de création soumises au joug des tendances moralistes" (...), une décision qui "donne raison aux arguments honteux d'une association résolument obscurantiste".

Pour le plaisir, la bande annonce du film d'Abdellatif Kechiche, palme d'or au Festival de Cannes 2013 :

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 07:01
Champion du 49.3, Manuel Valls propose (sans rire) de le supprimer

Sur France Inter, le désormais candidat à la primaire de la gauche a expliqué que cette arme est "devenue dépassée et apparaît comme brutale".

 

Manuel Valls devient-il un frondeur ? Premier ministre, il a utilisé à plusieurs reprises le 49.3 pour imposer, notamment, la loi travail. Candidat à l'élection présidentielle, il propose de « supprimer purement et simplement » le 49.3, « hors texte budgétaire ».

« Je connais parfaitement les effets pervers du 49.3. Dans la société de la participation dans laquelle nous vivons, son utilisation est devenue dépassée et apparaît comme brutale. Je proposerai, hors texte budgétaire [...], de supprimer purement et simplement le 49.3 », a déclaré l'ancien Premier ministre sur France Inter. Manuel Valls a par ailleurs ouvert la porte à un référendum pour entériner la réforme constitutionnelle nécessaire à une telle mesure. « Il faudra engager très vite cette réforme. À la rentrée 2017, avec le Parlement, soit à travers le Congrès, soit en consultant directement le peuple, et c'est sans doute la bonne solution », a-t-il affirmé.

LIRE aussi : Vincent, Arnaud, Manuel, Benoît et les autres

Plusieurs fois utilisé

L'article 49.3 de la Constitution permet au Premier ministre d'engager sa responsabilité devant l'Assemblée nationale sur un texte de loi. Le projet de loi est considéré comme adopté sauf si une motion de censure, déposée dans les 24 heures, est votée par l'Assemblée. La motion de censure est débattue au plus tôt 48 heures après son dépôt, et si elle est approuvée par la majorité absolue des députés, le gouvernement doit démissionner. L'article 49.3 ne peut être utilisé que sur un projet de loi budgétaire et un seul autre type de texte durant la session parlementaire. Mais une fois que le Conseil des ministres a autorisé le Premier ministre à y recourir, celui-ci peut le dégainer à chacune des lectures successives du projet de loi devant l'Assemblée.

Une proposition jugée « très bonne » par la sénatrice PS de Paris Marie-Noëlle Lienemannsur LCP. « La question est de savoir s'il n'est pas meilleur de prendre quelqu'un qui l'avait prévu, plutôt que des gens qui constatent a posteriori que leur stratégie n'était pas la bonne », a-t-elle critiqué. Stéphane Le Foll, sur RMC-BFMTV, a également réagi. « Restreindre l'utilisation du 49.3 me paraît une bonne solution. Manuel Valls qui veut le supprimer me surprend », a-t-il déclaré. « Après avoir usé et abusé du 49-3 @manuelvalls lancé dans la primaire veut le supprimer. De qui se moque-t-on ? » a réagi sur Twitter le député LR Éric Ciotti.

 

À la tête du gouvernement, Manuel Valls y a eu recours pour faire adopter le projet de loi Macron sur la croissance en 2015 et le projet de loi El Khomri sur la réforme du Code du travail en 2016.

La duplicité qui atteint ses sommets: champion du 49-3, Manuel Valls propose (sans rire) de le supprimer sur France Inter (Le point avec l'AFP)
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 06:27
Assa Traoré (au centre) la sœur d'Adama, mort le 19 juillet, accompagné de Youssouf et de Bagui, le 22 novembre 2016 devant la mairie de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise).

Assa Traoré (au centre) la sœur d'Adama, mort le 19 juillet, accompagné de Youssouf et de Bagui, le 22 novembre 2016 devant la mairie de Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise).

Le procès « hors norme » des frères Traoré

MARIE BARBIER
JEUDI, 15 DÉCEMBRE, 2016
L'HUMANITE
 
Jugés mercredi pour menaces et violences contre personnes dépositaires de l’autorité publique, les deux frères d’Adama Traoré, mort en juillet lors d’une interpellation par la gendarmerie, ont été reconnus coupables. Outre les huit mois de prison ferme et l’interdiction de séjour à Beaumont-sur-Oise pour Bagui, les deux frères doivent payer 7390 euros d’intérêts civils aux forces de l’ordre.
L’ironie est d’une terrible cruauté : dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 décembre, Bagui Traoré, grand frère d’Adama Traoré, mort asphyxié le 19 juillet dernier face contre terre et menottes dans le dos dans la cour de gendarmerie de Persan (Val d’Oise), a été condamné à verser 5 740 euros de dommages et intérêts aux six policiers municipaux et deux gendarmes parties civiles dans son procès. Parmi eux, le commandant de la brigade de gendarmerie de Persan… Reconnu coupable d’outrages, menaces et violences contre personnes dépositaire de l’autorité publique, Bagui Traoré écope aussi d’une peine de huit mois ferme, assortie d’une interdiction de séjour à Beaumont-sur-Oise, commune où se trouve une grande partie de sa famille, dont sa mère avec qui il habite.
 
Cette condamnation aurait pu enflammer le quartier de Boyenval à Beaumont-sur-Oise, qui a déjà vécu plusieurs nuits d’émeutes depuis la mort d’Adama. Mais le sourire de Bagui a préservé la paix sociale ; un sourire éclatant et lumineux lorsqu’il a su que son petit frère Youssouf, depuis trois semaines à ses côtés en détention provisoire à la prison d’Osny, écopait, lui, de trois mois de prison sans maintien en détention. « Vous êtes libre ce soir », a signifié la présidente du tribunal au jeune homme de 22 ans, père d’une fillette de huit mois, reconnu coupable des seuls faits de menaces et outrages. Youssouf est aussi condamné à verser 1 650 euros d’intérêts civils aux forces de l’ordre. A eux deux, les frères Traoré doivent donc 7 390 euros aux deux gendarmes et six policiers municipaux. « J’m’en fous de moi, c’est lui qui compte », lançait Bagui à travers son beau sourire au public resté nombreux dans la salle d’audience jusqu’à cette heure tardive de la nuit.
 
Le procès des deux frères Traoré, qui s’est tenu hier devant le tribunal de Pontoise (Val d’Oise), était bien « hors norme » comme l’a qualifié l’avocate des policiers et gendarmes, Me Caty Richard, dans sa plaidoirie. « Une procédure de comparution immédiate malheureusement simple et ordinaire », pour le procureur adjoint de Pontoise, Francois Capin-Dulhoste, qui oublie que jamais les personnes poursuivies pour de tels faits n’ont droit à une audience fleuve de onze heure, avec huit parties civiles présentes au procès (et en uniforme s’il vous plait), onze témoins cités par la défense et autant entendus durant l’enquête...
 
Les faits remontent au 17 novembre 2016, aux alentours de 20h45. La maire UDI de Beaumont sur Oise, Nathalie Groux, souhaite mettre au vote du conseil municipal une prise en charge par la municipalité des frais de justice pour sa plainte en diffamation contre Assa Traoré. Cette dernière, accompagnée de sa famille et de ses soutiens, décide de venir assister à la séance. Une « provocation » pour le procureur adjoint. « Vous pensiez sérieusement que vous seriez autorisés à assister au conseil municipal avec la cinquantaine de personnes qui vous accompagnait ? » lance-t-il à Assa Traoré, venue déposer à la barre comme témoin. « Vous pensez que ce n’est pas normal que j’assiste au conseil municipal ?, lui répond, sans se départir de son calme olympien, la sœur d’Adama. On a le droit d’y assister, comme tout citoyen. Surtout sur une question qui nous concerne directement, puisqu’il s’agit de nos impôts. Je n’ai jamais demandé à ce que tout le monde puisse entrer. »
Pour vérifier cette affirmation, la présidente du tribunal a passé des heures a demandé aux onze témoins cités par la défense comment ils avaient eu l’information, au cas où la famille Traoré aurait eu l’outrecuidance de pousser les Beaumontois à s’intéresser à la vie politique locale... A une maman venue avec ses enfants :
- Vous pensiez que vous pourriez rentrer dans la mairie avec vos enfants, la poussette, etc ?
- Bah oui.
- Ça aurait été un peu difficile…
- Ma grande étudie la démocratie locale en ce moment à l’école, je me suis dit que ce serait instructif…
La fillette et son petit frère de huit mois gazés par les policiers municipaux n’ont sans doute pas apprécié le cours d’éducation civique… Car les choses dégénèrent rapidement. Pour l’occasion, tous les effectifs municipaux – six policiers dont deux maitres chiens – sont mobilisés, accompagnés de gendarmes en renfort. « Il y avait, en tout, 47 membres des forces de l’ordre, a calculé l’avocate des frères Traoré, Me Noémie Saidi-Cottier. Contre une quarantaine de personnes, avec des poussettes et des personnes âgées. » « Une foule hostile » d’après les policiers. Des gens « excédés » de se voir refuser l’entrée de la salle du conseil, disent les témoins, qui reconnaissent que les « insultes ont fusées ». Bagui Traoré aurait alors insulté et menacé des agents puis donné un coup de poing à une policière municipale. Devant le tribunal, il nie avec véhémence : « J’ai rien fait de tout ça. » Confronté aux policiers et gendarmes, il finit par exploser : « Ils portent les couleurs de la France et ils mentent devant vous ! Y avait tout le quartier ce soir-là, pourquoi y a que nous ici ? C’est un complot. Ils savent qu’ils vont avoir des problèmes juridiquement, après la mort de mon frère, c’est pour ça qu’ils s’en prennent à nous. Quand on a été emmenés en prison, un gendarme nous a dit : ‘Vous êtes ici parce que votre sœur fait trop de bruit’».
 
A au moins trois reprises, policiers municipaux et gendarmes font usage de leurs grenades lacrymogènes - sans les deux sommations obligatoires. « Pour se protéger », se justifient-ils à la barre. Mais leurs dépositions sur les faits sont floues et contradictoires. La policière s’est pris un « coup de poing » ? Elle n’a pas vu son agresseur. Pourquoi, alors, porter plainte contre Bagui ?, s’étonne Me Bouzrou. « Un collègue m’a dit que c’était lui. » Ce collègue en question se trouvait pourtant à plusieurs mètres de la mêlée, au milieu des gaz lacrymogènes et a tenu à modifier sa propre déposition le surlendemain des faits... L’autre policière qui s’est fait cracher dans le dos ? Elle n’a pas vu les faits, mais a « très bien entendu » et c’est le même policier municipal qui assure que Bagui est l’auteur du crachat. La policière municipale qui a utilisé sa « gazeuse » ? Elle voulait « protéger » son collègue victime de coups de pied, alors que lui-même reconnaît qu’il n’a subit aucune violence. Quant au maître chien qui a déposé plainte contre X pour violences, il a été mordu par son propre berger allemand…
 
« C’est une enquête pourrie, minable, bidon ! », tonne Me Yassine Bouzrou qui met en cause l’absence de perquisition, d’auditions des élus de l’opposition et les « déclarations évolutives » des forces de l’ordre. « Le doute profite aux prévenus » rappelle –t-il au tribunal. « Il n’y a rien de tangible, aucun élément probant », renchérit sa consœur Me Noémie Saidi-Cottier, qui rappelle que Bagui Traoré, condamné douze fois, dont sept quand il était mineur, s’est amendé depuis sa sortie de prison en 2013 : « Il est devenu père, gagne sa vie, aide sa mère, il est parfaitement inséré. »  Depuis la mort de son frère Adama, « il fait des cauchemars terribles, prend des médicaments ». « Il l’a vu recousu et ne s’en remet pas. »
 
Mais pour le procureur adjoint Francois Capin-Dulhoste, la défense, en faisant citer onze témoins à l’audience, a « enfumé cette procédure » avec un « show à l’américaine ». Il requiert six mois de prison contre Youssouf, dix pour Bagui, avec interdiction de séjour à Beaumont pour les deux frères et maintien en détention. « Ça suffit, les amalgames sont insupportables, martèle t-il. Ce ne sont pas des prisonniers politiques ! » Dans sa plaidoirie, l’avocate Noémie Saidi-Cottier lui répond : « Ce n’est pas un complot que nous craignons aujourd’hui, c’est une erreur judiciaire. » Elle n’a visibl ement pas été entendue. 
 
 
 
journaliste
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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 06:08
15 décembre 1941: Gabriel Péri et Lucien Sampaix liquidés par les nazis avec la complicité du gouvernement de Vichy

A partir de 1930, Maurice Thorez devient secrétaire général du Parti Communiste. Cachin défend avec lui la ligne du Front Unique, du Front Populaire contre les forces de la bourgeoisie et le fascisme montant. A cette époque, les communistes étaient « unitaires pour deux » (Maurice Thorez), L'Humanité, avec une diffusion de 430 000 exemplaires, était le journal politique le plus lu en France.

L'Humanité est supprimée par le gouvernement Daladier en 1939 suite au pacte de non agression germano-soviétique. Gabriel Péri, chef de la rubrique de politique étrangère à l'Humanité, est fusillé en décembre 1941.

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 12:00
300 personnes ont répondu le 14 décembre à Brest à l'appel du "Collectif Paix au Moyen Orient", 
soutenu par :  l'Université Européenne de la Paix, ATTAC, Solidaires, le Mouvement de la Paix,
 4ACG (Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre), Ensemble! , le PCF, EELV, l'UDB pour exiger l'arrêt des bombardements à Alep en Syrie comme à Mossoul ... 
 

Le Télégramme de Brest - 15 décembre 2016 :

Rassemblés pour la paix en Syrie
 
 
Le collectif « Paix au Moyen-Orient », formé il y a une quinzaine de jours, appelait hier soir à un rassemblement au monument aux morts, place Général-Leclerc. Environ 200 personnes étaient présentes pour manifester leur indignation et leur solidarité avec le peuple syrien, exiger l'arrêt immédiat des bombardements des populations civiles, l'ouverture de corridors humanitaires et réclamer l'ouverture d'un sommet de l'ONU afin de trouver une issue politique au conflit. Une minute de silence a été observée, avant qu'un réfugié syrien ne prenne la parole pour expliquer la situation actuelle. (Photo Nicolas Ollier) Chez vous Accédez à toute l’actualité de votre commune 

© Le Télégramme - Plus d’information sur http://www.letelegramme.fr/fin istere/brest/rassembles-pour- la-paix-en-syrie-15-12-2016- 11332242.php
Photo Le Télégramme

Photo Le Télégramme

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 10:02
La chute d’Alep ne résout rien

14 décembre 2016 Par René Backmann

Présentée comme une victoire décisive par Damas et ses alliés, la prise de l’ancienne capitale économique de la Syrie est un revers majeur pour la rébellion. Mais elle n’ouvre aucune perspective nouvelle pour la solution du conflit. Bachar al-Assad demeure au pouvoir mais il gouverne un régime et un pays en ruine.

 

près un mois de bombardements et de pilonnages dévastateurs par le régime de Damas et ses alliés, la chute des quartiers insurgés d’Alep n’est plus aujourd’hui qu’une question de jours, sinon d’heures. Seules quelques poches tenues par la rébellion résistent encore dans la deuxième ville de Syrie, ancienne capitale économique du pays, qui comptait au début de la guerre près de 3 millions d’habitants avant d’en perdre la moitié au fil des combats et des destructions.

Menée surtout par l’aviation russe, l’offensive finale, déclenchée le 15 novembre 2016, contre les secteurs tenus par la rébellion a donné le coup de grâce à une ville en ruine, dont les derniers habitants affamés et épuisés par quatre ans de pénuries, de terreur et d’épreuves, n’avaient plus depuis longtemps ni hôpitaux, ni centres de santé, ni marchés, ni écoles. La plupart de ces objectifs civils ont été détruits, au mépris des lois de la guerre, comme une bonne partie des vestiges historiques de cette citée millénaire, par les bombes, les roquettes et les obus.

Depuis le début de la guerre, en mars 2011, c’est le pire revers infligé aux rebelles par le régime qui contrôle désormais, avec Damas, Homs, Hama et Lattaquié, les cinq principales villes du pays. Effroyable victoire pour Bachar al-Assad. Car le dictateur demeure au pouvoir, mais il gouverne un régime et un pays en ruine où les combats ont fait plus de 300 000 morts et où la moitié des 23 millions d’habitants ont choisi l’exil à l’intérieur ou à l’étranger.

La chute d’Alep sous un déluge de feu signifie-t-elle la fin de la guerre en Syrie ? Non. Il s’en faut même de beaucoup. Certes, elle permet à Damas et à ses alliés russes et iraniens de conforter leur contrôle sur la partie occidentale du pays et d’imposer, au moins à court terme, leur scénario face aux pays qui soutiennent l’opposition. Sans doute aussi ce succès militaire, amplifié par les dérobades américaines et les hésitations européennes, conforte-t-il le jeu de Moscou face aux Occidentaux et leurs alliés du monde arabe. Mais résout-il la « question syrienne » ? Non.

La chute d'Alep ne résout rien ( René Backmann, Médiapart- 14 décembre)

Pour l’heure, il débouche de fait sur une perspective en apparente contradiction avec les projets du Kremlin pour la Syrie. Dans le document sur la politique étrangère de la fédération de Russie, signé par Vladimir Poutine, le 30 novembre, puis dans les 7 minutes – sur 70 – consacrées à la politique étrangère dans le discours prononcé le lendemain devant l’Assemblée fédérale, le président russe a insisté sur la nécessité de préserver « l’unité, l’indépendance et l’intégrité territoriale » de la Syrie. Or c’est sur une Syrie géographiquement coupée en deux, en attendant pire, que débouche la stratégie suivie, depuis le début de leur intervention directe, en septembre 2015, par les militaires russes.

À l’ouest, le littoral méditerranéen, les deux bases russes – Tartous pour la marine, Hmeimim pour l’aviation – et les villes principales : la « Syrie utile » des géographes, où est concentrée la majorité de la population. Il ne reste plus au régime et à ses alliés qu’à conquérir, entre Alep et Lattaquié, la province d’Idlib pour constituer, dans cette partie du pays, un territoire homogène. À l’est, jusqu’à la frontière irakienne, la partie la moins peuplée et la plus déshéritée du pays – à l’exception de la riche vallée de l’Euphrate – qui échappe à l’autorité du régime syrien.

Géographique à l’origine, cette division est aujourd’hui stratégique. L’ouest est désormais en grande partie sous le contrôle de Damas et de ses alliés. L’est, depuis 2013, est l’une des provinces de « l’État islamique » (Daech) proclamé par Aboubakr al-Baghdadi, qui a désigné la plus grande ville de la région, Raqqa, « capitale » officieuse de son califat. À l’ouest, Damas et ses alliés bombardent et massacrent pour sauver le régime face à une rébellion composite au sein de laquelle coexistent – ou s’affrontent – une minorité de partisans d’une Syrie démocratique et une multitude de groupes salafistes ou djihadistes, soutenus par les monarchies du Golfe, qui entendent créer un État islamique.

À l’est, la coalition occidentale antiterroriste qui ne dispose pas de composante terrestre, à l’exception de groupes armés kurdes et localement, d’éléments de l’Armée turque, concentre ses frappes aériennes contre les positions de Daech, ses postes de commandement, ses entrepôts logistiques ou ses cadres, comme les quatre dirigeants, impliqués, selon les sources officielles, dans les attentats de Paris, tués au début du mois à Raqqa par des raids de drones ou d’avions de combat.

En fait, deux guerres, au moins, se déroulent parallèlement aujourd’hui en Syrie. « La partition de la Syrie se profile », constatait la semaine dernière, dans un entretien avec Europe 1, le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Le risque de dislocation du pays est d’autant plus grand que les protagonistes n’ont ni les mêmes objectifs, ni les mêmes moyens, ni les mêmes calendriers.

« Ni les Russes, ni les Iraniens n’ont l’intention de s’engager dans la reconstruction de la Syrie »

Moscou est entré en guerre pour soutenir un vieil allié en très mauvaise posture, pour affirmer sa présence en Méditerranée et son statut de grande puissance, mais aussi pour faire payer aux Occidentaux la mauvaise manière dont la Russie avait été victime en 2011 en Libye, où les Occidentaux étaient allés bien au-delà du mandat originel approuvé par le Kremlin. Mais après avoir instauré, sur le terrain, un rapport de force favorable au régime de Damas en vue d’une inévitable négociation, qui sait si la Russie acceptera de maintenir en Syrie le même dispositif militaire. « C’est même le contraire qui est probable, estime le politologue Andrei Gratchev, ancien porte-parole de Mikhaïl Gorbatchev et excellent connaisseur de la politique russe. Poutine n’a pas l’intention de devenir l’otage d’Assad, de risquer un enlisement aussi périlleux que celui de ses prédécesseurs en Afghanistan et de s’installer dans un nouveau conflit Est-Ouest. D’autant que l’opération syrienne a déjà coûté très cher à la Russie dont la situation économique n’est pas rassurante. » C’est peut-être en vue d’une réduction de son engagement militaire, voire à terme d’un retrait de son contingent que Moscou a entrepris de discrètes conversations, en Turquie, avec certains courants de l’opposition syrienne tout en acheminant en Syrie près de 5 000 soldats tchétchènes, très aguerris.  

Quant à l’autre allié majeur de la Syrie, l’Iran, il n’offre pas davantage de garanties, en matière de soutien durable que la Russie. Officiellement entré en guerre pour manifester sa solidarité avec l’un des rares pays arabes qui l’avaient soutenue lors de ses confits avec l’Irak, la République islamique cherchait aussi, à affirmer, face à l’Arabie saoudite, son rôle de puissance régionale. Mais elle entendait peut-être surtout assurer la pérennité de « l’arc chiite » qui lui permet de maintenir un lien logistique vital, avec ses alliés libanais du Hezbollah, et préserver leur capacité militaire face à Israël.

C’est avec ces objectifs que Téhéran s’est engagé dans la guerre où sa contribution a été aussi décisive que celle de la Russie. Ce sont, depuis le ciel les bombardiers russes, mais au sol, les experts militaires iraniens, et les contingents de combattants étrangers, formés, encadrés et armés par Téhéran, qui ont permis à l’armée syrienne, incompétente et épuisée, de reconquérir et de tenir le terrain perdu. Fort de près de 20 000 hommes, ce corps expéditionnaire de « volontaires » chiites comprend, selon Ziad Majed, professeur à l’Université américaine de Paris, spécialiste du conflit syrien, « les combattants du Hezbollah libanais, la milice irakienne du Harakat Hezbollah Al-Nujaba et la “Brigade des fatimides” composée de Hazaras afghans et d’une minorité de Pakistanais, encadrés par des Gardiens de la révolution iraniens ».

L’armée syrienne serait-elle en mesure, seule, de conserver le terrain conquis par ses alliés ? On peut en douter, surtout après ce qui vient de se dérouler à Palmyre où la garnison syrienne qui tenait la ville depuis sa reprise, il y a neuf mois, s’est enfuie au début de la semaine face à une attaque de « l’État islamique », abandonnant la population, mais aussi une partie de ses blindés et de son artillerie. Or l’Iran semble aujourd’hui estimer que la préservation de l’accord sur le nucléaire, conclu avec les cinq membres du Conseil de sécurité plus l’Allemagne, et les perspectives de développement qui en découlent, sont sa priorité en matière de politique internationale, ce qui pourrait l’amener à limiter sa contribution au conflit syrien. Voire à retirer à terme ses conseillers, tout en laissant sur place une partie de ses milices.

« Ni les Russes, ni les Iraniens, explique un diplomate bon connaisseur du dossier, n’ont les moyens ni l’intention de s’engager dans la reconstruction de la Syrie, dont l’économie est en ruine, comme une bonne partie de ses villes. La misère, l’instabilité, la désintégration de l’État, la prolifération des groupes armés, la défaite des rebelles modérés face aux islamistes les plus radicaux, la haine née de cette guerre sauvage et des atrocités perpétrées par l’armée, créent un terrain idéal pour les extrémistes. Vers quel protecteur se tournera, par exemple, la communauté sunnite, déjà amputée de 6 millions de membres qui ont choisi l’exil, lorsqu’elle comprendra que les promesses de l’Arabie saoudite, désormais enlisée au Yémen, étaient vaines ? »

Question d’autant plus inquiétante que le camp de la rébellion, comme vient de le confirmer la bataille d’Alep, n’est pas seulement très inférieur en nombre et en armement, mais aussi gravement affaibli par ses désaccords idéologiques et ses querelles locales, qui ont même viré récemment à l’affrontement ouvert.

La passivité de Barack Obama et des diplomaties occidentales qui ont, de fait, sacrifié la révolte des Syriens contre la dictature à l’incertaine guerre contre le terrorisme, la victoire, à l’élection présidentielle américaine de Donald Trump, favorable à un rapprochement avec Moscou sur le dossier syrien, puis la chute d’Alep sont autant de facteurs qui pourraient inciter Bachar al-Assad à négocier en position de force. Mais le dictateur syrien, fort de ces atouts, peut aussi, comme il l’a fait jusqu’à présent, au prix du massacre de ses compatriotes et de la destruction de son pays, s’obstiner à refuser toute véritable négociation. Au risque de voir la Syrie écartelée par ses haines communautaires, livrée aux rapines de ses seigneurs de la guerre et aux ambitions de ses voisins. Au risque aussi de voir toute la région sombrer dans une instabilité encore plus redoutable que celle qui règne aujourd’hui.

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15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 09:37

Les trois sections du Parti Communiste (Cap Sizun, Pays Bigouden, Douarnenez), l'asso Front de Gauche Pays Bigouden et Ensemble sont parties prenantes et à l'initiative avec des citoyens de la constitution de ces collectifs citoyens pour construire un projet législatif dans la 7e circonscription du Finistère et donner un député vraiment à gauche à la circonscription.  

Voici le texte de l'appel commun de ces collectifs citoyens du Cap, de Douarnenez, du Pays Bigouden.  

Les chômeurs chôment toujours. Des millions de gens ne peuvent pas se nourrir convenablement et/ou se soigner et/ou se chauffer…Quelques autres s’accaparent des milliards de dividendes et fuient l’impôt .

Hollande ne s’est pas attaqué à la Finance : il l’a servie . Valls et Macron l’ont secondé pour « libéraliser » comme ils disent, avec la Loi Macron, pour affaiblir les salariés avec la loi El Khomri, pour continuer l’asphyxie de l’hôpital avec la loi Touraine, etc…

Leur bilan est si mauvais que Hollande ne peut pas se représenter (comme la députée de notre circonscription d’ailleurs).Ces politiques contraires aux fondamentaux de la gauche désorientent tout le peuple de gauche et nourrissent l’abstention. La droite se voit déjà triomphante, pour casser à coups d’ordonnances, la sécurité sociale et les services publics (500 000 emplois supprimés) .L’extrême-droite se prépare à tirer les marrons du feu à coup de démagogie et provocations .

URGENCE ! Il faut arrêter la casse annoncée ! Il faut INVENTER des bases nouvelles, sociales, économiques, écologiques, démocratiques, en France et en Europe .

L’économie doit être mise au service de l’homme et non l’homme au service de l’économie : pour l’emploi, la recherche, la transition énergétique, la lutte contre les inégalités ...La santé, l’éducation, la culture, l’environnement ne sont pas des marchandises mais des biens communs.

Nous avons, vous avez votre mot à dire. Dans la cité, dans l’entreprise, dans les institutions : nous devons pouvoir participer aux décisions. Ce régime hyper-présidentiel n’est pas bon, il rappelle trop l’Ancien Régime où le Roi protégeait les Privilèges .Ce régime transforme les députés en godillots du Président .Les députés doivent redevenir nos députés, avec un mandat que nous leur fixons, et rendre des comptes devant ceux et celles qui les ont élus.

C’est pourquoi, nous, simples citoyens, membres d’associations, syndicalistes ,membres d’organisations politiques, nous avons l’ambition de construire un projet pour la 7ème circonscription (Douarnenez, Pays bigouden, Cap Sizun) et de présenter une candidature commune pour ces élections législatives (que nous considérons au moins aussi importantes que l’élection présidentielle).

Devant l’urgence et la gravité de la situation du pays, l’émiettement de la gauche alternative et écologique serait suicidaire, inefficace .Nous en appelons à la responsabilité des forces politiques qui, dans notre circonscription, partagent avec nous l’attente d’un changement radical de politique. Cette candidature citoyenne a l’ambition de devenir l’unique candidature de la gauche alternative et écoloqique. Comment ? Par la volonté librement consentie de dépasser nos désaccords de détail, pour construire avec l’essentiel qui nous rassemble, en nous enrichissant de nos différences.

En clair nous voulons de l’INNOVATION, de l’efficace, du juste, de l’humain. Qu’ainsi le vote utile soit le nôtre.

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