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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 07:34

La fin du chemin.

 

Dans « Voyage avec Charley », Steinbeck raconte son parcours avec son chien à travers les Etats-Unis, en 1962.

Et pour expliquer son état d'esprit, il évoque le mot espagnol : vacilando.

«  L'espagnol possède un mot dont je ne trouve pas l’équivalent en anglais. C’est le verbe VACILAR, participe présent VACILANDO. Cela ne signifie nullement vaciller, hésiter. Si quelqu’un est vacilando, c’est qu’il va quelque part sans se soucier d’y arriver ou non, bien qu’il se soit fixé un but . »

Ce passage m'avait frappée à sa lecture et j'ai souvent depuis voyagé dans cet esprit.

Maintenant que je dois présenter « La fin du chemin », je me rends compte que c'est aussi comme ça que je l'ai écrit.

Je suis tombée par hasard sur le milieu des anciens indépendantistes bretons, en cherchant des réponses sur un autre sujet. J'ai écouté, j'ai cherché plus, j'ai tiré un fil qui m'a emmenée dans une maison, puis dans une autre. J'étais curieuse de tout, comme à l'étranger. Je ne savais pas exactement ce que je cherchais. Si. Je cherchais à comprendre. J'entendais un discours que je n'avais jamais entendu, sous-tendu par des idées que je ne partageais pas. Et même, pas du tout.

Qui composait ce milieu indépendantiste avant la guerre ? Qu'avait-il fait pendant la guerre ? Que sont devenus ces gens après la guerre ? Qu'est-ce qui fait qu'on est prêt à risquer sa vie pour un pays, pour une idée ?

J'ai découvert qu'il n'y avait pas de réponse monolithique. Que même dans un contexte radical se développent des nuances, des histoires. Cette période violente a créé des destins étonnants et romanesques : prises de risques, faux-papiers, exils, condamnations à mort, évasions.

C'est une recherche et une écriture qui se sont faites en Bretagne, à propos de la Bretagne. Mais bizarrement, la Bretagne physique, la Bretagne bleue de Xavier Grall, la Bretagne des grèves, des genêts, de l'odeur d'iode, des maisons de granite, de l'odeur des crêpes, cette Bretagne-là n'apparaît pas dans les paroles des militants. Ils ne m'ont jamais parlé des talus que j'aime tant. Ils ont parlé de leur combat. Ils ont parlé d'engagement.

Pour faire naître les évocations que j'attendais, il a fallu que je parle à des artistes : Per-Jakez Helias, Yvon Le Men, Gilles Servat, Michel Le Bris.

Et ces mondes ne se rencontrent pas.

Entre les deux, j'ai été éclaboussée de récits et d'images et j'ai tenté de retranscrire une petite mesure de la complexité des situations et des humanités qui leur faisaient face.

 

Maryse Le Roux, dimanche 22 octobre 2017

 

"La fin du chemin" de Maryse Le Roux - un très bel essai sur le mouvement indépendantiste breton à paraître cette semaine, accompagné d'une présentation historique d'Ismaël Dupont sur le mouvement nationaliste breton jusqu'à 1945 (Skol Vreizh, 18€)
"La fin du chemin" de Maryse Le Roux - un très bel essai sur le mouvement indépendantiste breton à paraître cette semaine, accompagné d'une présentation historique d'Ismaël Dupont sur le mouvement nationaliste breton jusqu'à 1945 (Skol Vreizh, 18€)

Disponible aujourd'hui, et dans quelques jours, dans toutes les bonnes librairies bretonnes. 

"La fin du chemin" est un essai sur l'engagement et le nationalisme breton avant, pendant, et après la seconde guerre mondiale. 

Je serai avec Maryse Le Roux au Salon du livre de Carhaix pour présenter et vendre le livre les samedi 28 et dimanche 29 octobre, au salon du livre de Plestin les Grèves le 12 novembre, à la fête de l'Humanité Bretagne des 25 et 26 novembre.

Pour ma part, mon texte de 70 pages est le premier aboutissement, sous forme abrégée, d'un travail passionnant de recherche, de lecture et d'écriture de 2 ans et demi.

J'ai écrit une chronologie marquant de manière synthétique la diversité, les contradictions et les évolutions du mouvement nationaliste et régionaliste breton entre le XIXe siècle et 1946, ainsi que les notices biographiques des nationalistes parfois gravement compromis pendant la seconde guerre mondiale que Maryse Le Roux a rencontrés dans les années 1990, avant d'en tirer un magnifique essai littéraire plaçant l'histoire et la politique à hauteur d'hommes et de femmes, qui cherche à comprendre plutôt qu'à juger et qui contient aussi une très belle galerie de portraits.

Ce livre est publié chez Skol Vreizh et à vendre 18€.

Ismaël Dupont 

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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 07:30
Lettre collective d'élus finistériens au président de la République pour une intervention de la France pour la libération de notre compatriote Salah Hamouri emprisonné en Israël

Ce vendredi 27 octobre, 110 élus du Finistère, maires (15), sénatrice (1), conseillers départementaux (4), conseillers régionaux (3), président de communauté d'agglomération (1), adjoints au maire et/ou vice-présidents de communauté (23), conseillers communautaires et/ou municipaux (65) ont signé cette lettre pour demander au président Macron d'intervenir fortement et urgemment pour la LIBERATION DE SALAH HAMOURI!  

 

Lettre ouverte à

Monsieur le Président de la République

55, rue du Faubourg Saint-Honoré

75 008 PARIS.

Demande d'intervention de la France pour la libération de notre compatriote Monsieur Salah Hamouri emprisonné en Israël.

Monsieur le Président de la République,

Nous avons l'honneur d'attirer votre attention sur la situation de notre compatriote Monsieur Salah Hamouri, 32 ans, avocat spécialisé dans la défense des Droits de l'Homme, emprisonné en Israël depuis le 23 août dernier sans qu'aucun motif ne lui ait été signifié, ni à ses avocats.

Un tribunal israélien a décidé il y a quelques jours son maintien en « détention administrative » pour une durée de 6 mois renouvelable sans aucune inculpation ni jugement. Il s'agit là d'une procédure héritée du mandat britannique sur la Palestine au début du siècle dernier qu'appliquent les autorités de Tel-Aviv et qui peut conduire à des internements administratifs par périodes de 6 mois renouvelées indéfiniment sans aucun jugement.

L'arbitraire a déjà marqué la vie de ce jeune avocat franco-palestinien demeurant à Jérusalem. Il a dû subir en effet, alors qu'il était étudiant, de 2005 à 2011, 7 longues années de prison reposant sur des accusations infondées, les faits qui lui étaient reprochés n'ayant jamais, et pour cause, été établis. Le Président Nicolas Sarkozy et le Ministre des Affaires Etrangères de l'époque, Monsieur Alain Juppé, prenant acte de cette absence totale d'éléments à charge, étaient intervenus auprès du gouvernement israélien pour obtenir sa libération. Dans un communiqué le Ministère des Affaires Étrangères s'était même « réjoui » de cette libération.

L'acharnement contre Monsieur Salah Hamouri, qui vise à travers lui la lutte légitime du peuple palestinien pour le respect de ses droits et de sa liberté, pour le respect des décisions de l'ONU, n'a que trop duré.

Aujourd'hui face à un tel arbitraire notre compatriote ne peut compter que sur les autorités françaises pour retrouver la liberté.

Nous nous permettons de vous indiquer que de très nombreuses associations, la Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, l'Union Juive pour la Paix, le Syndicat des Avocats de France, l'Association France-Palestine Solidarité, entre autres, réclament la libération immédiate de Monsieur Salah Hamouri. De même que des personnalités aussi diverses que MM. Michel Warschawski (historien israélien, fils de l'ancien Grand Rabbin de Strasbourg), Pierre Joxe (ancien ministre), Christiane Hessel (veuve de M. Stéphane Hessel), Jean Ziegler (vice-président de la commission des Droits de l'Homme de l'ONU), Rony Brauman (fondateur de Médecins sans Frontières), Michel Tubiana (Président d'honneur de la LDH), Richard Falk (professeur de droit international aux USA), ainsi que des députés, des sénateurs, des syndicalistes, des intellectuels, des journalistes, des artistes...Des conseils municipaux, départementaux ont également adopté des vœux en ce sens.

Nous vous demandons par conséquent, Monsieur le Président de la République, d'agir au plus vite et avec fermeté, de faire entendre la voix de la France pour exiger la libération de l'un des siens comme vous avez su le faire pour obtenir la libération des prisons turques du journaliste Monsieur Loup Bureau.

Dans l'attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de notre considération distinguée.

 

110 élus finistériens ont co-signé pour l'instant cette lettre au président Macron:

Solène André, conseillère municipale à Plouégat-Guerrand

Patrick Appéré, élu L'Autre Gauche-BNC à Brest

Patrick Asselbourg, adjoint au maire PCF à Plourin-les-Morlaix

Isabelle Assih conseillère départementale PS de Quimper

Stephane Audic conseiller municipal M 17 17 à Roscoff 

Claude Bellec conseillère municipale déléguée PCF de Brest

Djelloul Benhenni conseiller municipal à Rosporden  

Bertrand Bergeot conseiller municipal à Carhaix

Michèle Beuzit maire de Lannéanou

Maryvonne Blondin sénatrice PS

Alain Bodilis, élu à Plounéour Menez

Josselin Boireau, conseiller municipal de Saint-Thégonnec, EELV

Jacques Boeuf, conseiller municipal, initiative citoyenne, Douarnenez

Claudie Bournot Gallou adjointe PCF au Relecq Kerhuon

Gwenegan Bui conseiller régional PS 

Daniel Caillarec, premier adjoint à Motreff

Jean-Marie Cloarec adjoint au maire Front de Gauche Rosporden/Kernevel

Jean-Pierre Cloarec, conseiller municipal à Morlaix (coopérative citoyenne) 

Patrick Cochennec conseiller municipal à Cleden Poher

Christian Corre, conseiller municipal à Plourin-les-Morlaix

Michel Creignou, adjoint au maire de Guisseny

Jean-François Croguennec, adjoint au maire, Pleyber-Christ

Jean-Claude David conseiller municipal Plourin-les-Morlaix

Thierry Desmarres adjoint EELV à Plougasnou

Martine Dilasser, élue à Pleyber-Christ, conseillère communautaire

Ismaël Dupont élu PCF-Front de gauche à Morlaix et Morlaix-Communauté

Maxime Euzen, conseiller municipal à Plourin-les Morlaix, M 1717 

Jade Eveline, conseillère municipale Initiative Citoyenne, Douarnenez

Michel Fer adjoint au maire Pleyber-Christ

Roselyne Filipe, élue L'Autre Gauche-BNC à Brest

Sylvaine Frenay, conseillère communautaire Quimper Bretagne Occidentale, la Gauche Gabéricoise (Ergué-Gabéric)

Hervé Gouédard, élu PS à Morlaix

Gilbert Gramoullé, conseiller municipal et communautaire PS de Quimper 

Astrid Gaugain élue municipale EELV de Bénodet

Anne Gouérou conseillère municipale Quimper

Jean-Louis Griveau, conseiller municipal Ensemble de Douarnenez 

Paul Guegueniat, conseiller délégué à Saint-Yvi, UDB

Eric Guellec conseiller municipal PCF à Brest vice-président Brest Métropole

Yannick Guéméné, élu à Plouégat Guerrand, commission aménagement de Morlaix-Communauté

Gérard Guen, adjoint au maire à Botmeur

Marie Gueye, vice présidente du Conseil Département PS chargée de la jeunesse

Matthieu Guillemot, NPA, conseiller municipal de Carhaix et conseiller communautaire à Poher Communauté 

Jacqueline Héré adjointe PCF à Brest

Roger Héré, conseiller municipal PCF Front de Gauche Plouigneau

Joël Huet, adjoint au maire, Pleyber-Christ

Joëlle Huon conseillère départementale PS, conseillère municipale à Plouigneau

Jean-Luc Kerdoncuf, conseiller municipal de Plouguerneau (UDB)

Julien Kerguillec, conseiller municipal France Insoumise à Pleyber-Christ

Anne-Marie Kervern, adjointe au maire de Brest, UDB

Emilie Kuchel adjointe au maire PS à Brest 

Fréderic Inizan, conseiller municipal, Pleyber-Christ

Roland Jaouen, Conseiller Municipal Plonéour-Lanvern, France Insoumise

Jean-Pierre Jeudy, Maire honoraire de Carhaix

Charles Kermarec, élu L'Autre Gauche-BNC à Brest

Jeremy Lainé, Adjoint PCF à Guimaëc 

Danièle Larhantec adjointe au maire de Pleyber-Christ

Etienne Le Bellec, conseiller municipal PCF au Guilvinec

Daniel Le Bigot, conseiller municipal EELV de Quimper

Madeleine Le Bihan adjointe au maire de Rosporden

Yannick Le Bleis, conseiller municipal à Ergué Gaberic, La Gauche Gabéricoise

Olivier Le Bras, élu à St Thégonnec, conseiller régional PS

Karen Le Corre, conseillère municipale d'Ergué-Gaberic

Pierre Le Goff, maire de Guimaëc

José Le Guelaff, maire de Motreff

Yvette Le Guen, élue l'Autre Gauche-BNC à Brest

Jean-Michel Le Lorc'h conseiller municipal délégué PCF à Brest

Karen Le Moal adjointe au maire Front de Gauche Rosporden Kernevel

Eric Léon Conseiller municipal à Plouégat-Guerrand

Pierre-Yves Liziar, élu PCF au Relecq Kerhuon 

Jean-Michel Lucas, conseiller municipal et communautaire de Landeleau, FI

Isabelle Mazelin, adjointe PCF à la culture au Relecq Kerhuon

Pierre-Yves Moal Maire de Locmélar (UDB)

Yves Moisan, maire PS de Plouézoc'h, vice-président de Morlaix Communauté

Isabelle Montanari adjointe au maire PS à Brest

Pierig Morvan Conseiller municipal PCF-Front de Gauche Rosporden/Kernevel

Yohann Nedelec, Maire du Relecq-Kerhuon  

Françoise Nioche Conseillère municipale (PCF) de Rosporden Kernével 

Robert Nioche membre du conseil consultatif de Kernevel 

Sarah Noll, élue à Morlaix et Morlaix-Communauté (coopérative citoyenne) 

Ludovic Quelennec, conseiller municipal à Kerlaz, membre du PCF

Paul Quémener Maire de Berrien 

Jean-Michel Parcheminal maire de Plounéour Menez

Robert Paul, conseiller municipal Initiative citoyenne, Douarnenez

André Paulus conseiller municipal PCF à La Feuillée

Françoise Pencalet, conseillère municipale et communautaire - groupe Initiative citoyenne à gauche de Douarnenez

Guy Pennec, maire PS de Plourin

Véronique Pereira Maire du Cloître St Thégonnec 

Sorence Pierret, conseillère municipale Ensemble de Douarnenez

Thierry Piriou, maire PS de Pleyber-Christ, président de la communauté d'agglo de Morlaix-Co

Patrice Porodo conseiller municipal Front de Gauche Rosporden/ Kernevel

Guy Pouliquen maire PS de Locquénolé, vice-président de la communauté d'agglo Morlaix-Co 

Piero Rainero, conseiller municipal PCF à Quimper

Jacques Rannou, maire-délégué PCF de Kernevel 

Larry Réa, conseiller délégué PCF au Relecq Kerhuon

Alain Rebours, conseiller municipal Ensemble à Plounéour-Menez

Anita Richard conseillère municipale PCF à Kernevel-Rosporden

Gilles Rivière conseiller municipal PCF de Châteauneuf du Faou

Sylvie Rodde, conseillère municipale, Pleyber-Christ

Valérie Scattolin, élue Front de Gauche à Morlaix

Pascal Segalen, conseiller municipal PCF au Relecq Kerhuon

 
Mathieu Stervinou, conseiller municipal PS de Quimper 
 
Jean-Marc Tanguy, conseiller départemental PS, élu municipal et communautaire de Quimper
 
Mélanie Thomin, conseillère municipale de Quimper, PS
 
Christian Troadec, maire de Carhaix, conseiller départemental  

Hugues Tupin, conseiller municipal PCF de Douarnenez

 
Emile Turlan, conseiller municipal à Landivisiau  

Jean-Paul Vermot, conseiller départemental PS, élu à Morlaix et Morlaix Communauté 

Laurence Vignon conseillère municipale PS de Quimper

Jocelyne Vilmin, conseiller déléguée au Relecq-Kerhuon

Sylvaine Vulpiani, conseillère régionale PS 

 

Cette lettre et cette initiative ont été initiées par Piero Rainero, conseiller municipal PCF à Quimper, militant de la solidarité avec les Palestiniens de longue date. La lettre sera remise en préfecture d'ici quelques jours et sera évidemment envoyée également à Emmanuel Macron.  

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27 octobre 2017 5 27 /10 /octobre /2017 06:55
Renégociation du CETA: les engagements de Macron déchirés et piétinés (Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF)

Renégociation du CETA : "Les engagements de Macron déchirés et piétinés" (PCF)


Il y a décidément un sérieux problème de transparence dans la manière dont le gouvernement va "accompagner" la mise en œuvre du CETA. Contrairement aux engagements pris lors de la campagne présidentielle par le candidat Macron, l'exécutif ne renégociera pas le traité de libre échange entre l'UE et le Canada. Pour mettre en oeuvre "une sorte de veto climatique" comme l'annonce Nicolas Hulot, le plus sûr est de ne pas ratifier le CETA car le gouvernement ne fera pas bouger le texte d'une virgule.

En septembre, la commission chargée d'établir un bilan des conséquences prévisibles de ce traité, notamment sur la santé, le climat et l'environnement, a rendu un rapport très critique. Les engagements d'Emmanuel Macron à "tirer toutes les conclusions du rapport" et à " faire modifier" le CETA sont aujourd'hui déchirés et piétinés.
L'une des manipulations du macronisme consiste à vouloir faire croire, sur les enjeux européens, à une "refondation" prenant en considération la crise démocratique ouverte en 2005 et le rejet des politiques menées par l'UE. Il n'en est rien. Avec cette capitulation sur le CETA, après la douche froide sur les travailleurs détachés, Emmanuel Macron inscrit son action dans le prolongement de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

Pour le CETA, au regard d'enjeux cruciaux et alors que notre peuple a fait par le passé la preuve de sa capacité d'expertise et de discernement, seul un grand débat national, conclu par un référendum, peut décider de la position de la France. Un nombre considérable de forces, politiques syndicales, associatives et citoyennes, peuvent converger et faire grandir cette exigence démocratique.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF,
Paris, le 25 octobre 2017.

Renégociation du CETA: les engagements de Macron déchirés et piétinés (Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF)
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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 05:53

Pierre Laurent SECRÉTAIRE NATIONAL DU PCF

STÉPHANE SAHUC ET CÉDRIC CLÉRIN

 

Notre société a besoin des idées communistes, la France a besoin du PCF, de ses idées et de son expérience, la gauche a besoin de la culture communiste.

 

 

Face au « président des riches », contre la tentative affichée de transformer le pays au service du capital, la résistance s'organise. L'alternative passe par la construction d'un nouveau projet, nous dit Pierre Laurent, qui lance la préparation d'un congrès extraordinaire pour réinventer le Parti communiste, « le placer à l'offensive ».

 

HD. Six mois après l'élection présidentielle, quel premier bilan tirez-vous de l'action du président et de son gouvernement ? Et que pensez-vous de son intervention du 15 octobre sur les deux piliers de la « révolution macronienne » : « libérer ; protéger » ?

PIERRE LAURENT. Sous couvert de pédagogie, il a affiché toujours la même arrogance. Il ne répond à aucune inquiétude du pays. Or on connaît aujourd'hui la réalité de la révolution qu'annonçait Macron. C'est une révolution libérale qui vise à libérer les plus fortunés et le capital financier de toutes les entraves. C'est une politique qui vise à encourager toujours plus l'accumulation de profits en exploitant plus durement le travail de l'immense majorité et en tapant très durement sur toutes les politiques publiques qui servent à faire du service public pour tous. Que ce soit les ordonnances pour casser le Code du travail, la mise en pièces de l'APL et la politique de logement social, les nouveaux cadeaux à ceux qui payent l'ISF, jusqu'à la scandaleuse décision de retirer l'État du capital d'Alstom pour le livrer aux actionnaires privés de Siemens, on est, dans tous les domaines, dans une politique de démolition du modèle social. C'est la généralisation de la précarité sociale et c'est open bar pour tous les profiteurs et les actionnaires. Cette politique ne relancera en rien l'activité économique et elle va creuser les inégalités. Ceux qui vont profiter de cette politique se moquent totalement de répondre aux besoins nationaux et aux urgences sociales de développement.

 

HD. Mais Emmanuel Macron affirme avoir été élu pour cela...

PIERRE LAURENT. Cet argument ne tient pas. Macron a certes annoncé ses projets mais en en maquillant les conséquences. C'est pour cette raison que des millions de gens aujourd'hui, y compris parmi ceux qui ont voté pour lui, découvrent la réalité de sa politique. Qui avait compris qu'il servirait avec une telle indécence les plus fortunés ? Il y a eu tromperie. De plus, une élection présidentielle, ce n'est pas la suspension de la démocratie pendant cinq ans. Macron a le droit de mettre sur la table des projets, mais quand ces projets entraînent une opposition majoritaire dans l'opinion, parmi les organisations syndicales, parmi les acteurs du logement social... il doit en tenir compte. Or la réponse, c'est le passage en force. Aucune élection ne donne ce droit. Le débat d'alternative entre projets différents, qui est l'essence de la démocratie, n'est pas suspendu par une élection.

Ce qui est frappant d'ailleurs, c'est que, si peu de temps après l'élection, le pouvoir soit mis en difficulté. Preuve que sa politique ne crée pas une adhésion majoritaire dans le pays. Nous sommes au début d'une contestation sociale multiforme qui va se développer sur tous les terrains.

 

HD. Quel rôle peut jouer le PCF dans cette contestation ?

PIERRE LAURENT. Le PCF a un très grand rôle à jouer. Nous sommes déjà présents avec nos militants, nos élus, nos parlementaires sur tous les fronts de mobilisation. Nous jouons un rôle actif pour révéler les mauvais coups du gouvernement. Mais nous voulons franchir une étape. Ces protestations sociales portent l'aspiration à une autre société. Pour Macron, la société de demain est une société de précarité dans laquelle les êtres humains sont réduits à se plier aux exigences du marché dans tous les domaines. Nous, nous voulons remettre au centre l'humain d'abord. Pour cela, nous venons de décider de tenir, le 3 février prochain à Paris, des états généraux du progrès social. Nous voulons démontrer que ceux qui sont mobilisés dans le pays ont des idées pour construire un nouveau type de progrès social, qui sache faire de la solidarité, créer de l'emploi en produisant autrement, allier le développement industriel et l'ambition écologique, et qui, pour cela, fasse reculer, en tous domaines, les prélèvements indus du capital.

Ce dont notre société crève, c'est des coûts du capital, cet argent créé par la richesse du travail et soustrait à la collectivité nationale pour nourrir des logiques de rentabilité à court terme. Nous présenterons nos propositions dans des cahiers du progrès social et nous ouvrirons ces cahiers aux propositions venues des citoyens pour faire converger tout cela sous la forme de nouveaux projets de loi. Nous voulons faire émerger un contre-projet face au désastre Macron.

 

HD. Et vous pensez que cela peut empêcher Macron d'aller au bout de son projet libéral ?

PIERRE LAURENT. Je pense que c'est possible. J'ai conscience que le niveau de confrontation dans lequel nous entrons est très élevé. La volonté du président, c'est, dès la première année de son quinquennat, de casser tous les piliers de notre modèle social. Face à cela, je crois que les communistes ne doivent fixer aucune frontière au rassemblement qu'il convient de construire. Dans les collectivités locales, des élus de toutes sensibilités peuvent converger pour demander d'arrêter le massacre des budgets publics. Face à ce qui se passe dans l'industrie, des femmes et des hommes de tous horizons peuvent dirent non au bradage d'un atout industriel aussi important qu'Alstom.

Mais, pour gagner, il convient aussi de faire grandir des objectifs alternatifs à ceux du gouvernement. Démonter qu'une autre politique est la condition pour lever des forces majoritaires. Il nous faut isoler au maximum le gouvernement. Car ce qui se joue c'est « projet de société libérale contre projet de société solidaire ».

 

HD. Mais cette vision des choses ne fait-elle pas débat notamment avec la France insoumise (FI) autour de leur stratégie basée sur le populisme et le dégagisme ? Et le résultat de la dernière séquence ne donne-t-elle pas raison à la FI ?

PIERRE LAURENT. Je suis certain que les électeurs de J.-L. Mélenchon et ceux de la FI et du PCF n'ont pas cherché à donner raison aux uns ou aux autres. Ceux qui ont utilisé ces bulletins ont dit de manière convergente qu'ils ne voulaient pas de cette société et qu'ils voulaient tourner le monde politique actuel vers un autre avenir. Les communistes ont été partie prenante de cette montée en puissance. Preuve en est, aux législatives comme aux sénatoriales, les électeurs ont dit qu'il fallait des groupes communistes. D'ailleurs ces électeurs nous demandent de converger pour travailler aux étapes suivantes.

La question qui se pose est autre : comment allons-nous construire les étapes suivantes, résoudre la question de l'alternative au pouvoir d'Emmanuel Macron ? Et là, nous avons effectivement un débat. La logique dégagiste, populiste a été poussée en avant lors de l'élection présidentielle par des candidats aux programmes totalement contradictoires comme Jean-Luc Mélenchon mais aussi Macron ou Le Pen. Donc, pour construire l'alternative, cette logique ne peut plus suffire. Maintenant, il s'agit de transformer la volonté de changer le système politique en un projet politique alternatif positif. Je crois que la convergence doit se construire sur du projet. Je crois également que nous devons cultiver le caractère démocratique de la vague qui monte dans le pays, c'est-à-dire donner le maximum de possibilité à l'initiative populaire de terrain, décentralisée. La réponse populiste ne peut tenir lieu de bonne réponse à ce besoin. Cette conception de la démarche politique à construire, nous la versons au débat non pas comme un objet de polémique, mais comme une contribution politique que nous considérons utile à la période.

 

HD. La FI semble chercher avant tout à être les meilleurs opposants...

PIERRE LAURENT. C'est une bonne chose de disputer la place d'opposant à la politique gouvernementale. Je vois bien au Sénat la manœuvre qui est celle de la droite et de Gérard Larcher qui osent se présenter comme le meilleur contre-pouvoir, alors même que la droite a voté comme un seul homme les ordonnances Macron. Des forces vont essayer de duper les gens. Il est donc très important de démontrer que l'opposition véritable se situe, non pas du côté d'une force politique, mais du côté de la gauche, du côté du camp qui prend partie pour le travail contre le capital. Nous devons porter d'une même main le drapeau de la résistance et du projet alternatif.

 

HD. Pourquoi un congrès « extraordinaire » du PCF ?

PIERRE LAURENT. J'ai parlé de la nécessité détenir un congrès extraordinaire parce que, dans une période aussi inédite que celle que nous vivons, la nécessité de la relance politique de notre projet communiste est très grande. Les responsabilités qui sont les nôtres sont énormes et il n'est pas si facile de les relever. Donc nous devons nous reposer toutes les questions fondamentales pour procéder à notre propre révolution politique pour nous placer à l'offensive. Nous avons décidé quelque chose d'inédit : commencer par une consultation directe de nos adhérents qui a pour objet de déterminer les thèmes et les méthodes de travail du congrès. Les communistes veulent un congrès différent, qui ne répète pas les mêmes débats, qui nous aide à approfondir des questions nouvelles, qui fait le bilan de notre action et ouvre la voie à des expérimentations nouvelles. Nous voulons inventer de nouveaux modes de débat collectif, construire des chantiers qui allient réflexions et actions concrètes.

Notre objectif est de parvenir au congrès non pas seulement avec des intentions de changements, mais avec des résultats concrets, palpables, sur la transformation de nos structures, sur les nouveaux réseaux d'actions que nous voulons mettre en place, sur un nouveau fonctionnement de notre direction, sur de nouveaux outils de communication, sur une nouvelle plate-forme numérique de mise en réseau des communistes... Nous allons nous atteler à tous ces chantiers avec l'objectif de construire une force communiste capable d'affronter les défis d'aujourd'hui. Nous n'allons pas refaire le congrès d'il y a dix ans pour savoir s'il faut un Parti communiste, cette question a été tranchée. Notre débat doit définir les transformations nécessaires pour que le Parti communiste joue pleinement son rôle.

 

HD. Cent ans après la révolution d'Octobre, n'est-on pas arrivé au bout d'un cycle ?

PIERRE LAURENT. Oui, nous sommes dans une époque politique nouvelle. À époque nouvelle, parti nouveau. Nous sortons de quarante ans d'union de la gauche et entrons dans une nouvelle période avec de nouveaux adversaires à affronter et de nouveaux partenaires à venir, donc notre rôle doit être réévalué. Mais je crois que cette volonté de réinvention ne nous conduit absolument pas au renoncement au projet communiste. Nous célébrons le 100e anniversaire de 1917, qui est une des racines du PCF, mais le PCF a des racines qui plongent encore plus loin dans l'histoire du pays : Révolution française, Commune de Paris, refus de la guerre 14-18... La crise du système capitaliste actuelle, d'une ampleur inédite, nous ramène aux anticipations de Marx sur le nécessaire dépassement du système capitaliste. Mais, pour être pleinement communiste, elle nous oblige à penser les conditions contemporaines de ce dépassement.

Notre congrès doit avoir sur cette question une ambition maximale. C'est une occasion qu'il ne faut pas rater. Notre société a besoin des idées communistes, la France a besoin du PCF, de ses idées et de son expérience, la gauche a besoin de la culture communiste. Nous avons la responsabilité de mettre ses idées à la hauteur des questions posées à la société française. Si nous n'y parvenons pas, ce n'est pas le PCF lui-même qui sera en difficulté, c'est la société française. Nous n'avons pas à avoir peur de notre ombre, soyons audacieux, car nous en sommes capables.

 

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 05:40
Simulation officielle réalisée par les services de l'État et diffusée publiquement par le gouvernement pour vanter sa réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune.

Simulation officielle réalisée par les services de l'État et diffusée publiquement par le gouvernement pour vanter sa réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune.

Le gouvernement refuse de rendre public l'impact des mesures fiscales sur les 100 Français les plus riches, malgré l'appel des parlementaires de gauche. Les premières projections, accablantes, pourraient avoir un effet « déflagratoire » sur l'opinion.

Quel est le métal qui dénature le moins le goût des aliments ? C'est l'or. Du coup, le gouvernement a décidé d'intervenir. Il est urgent que les plus riches disposent des bons couverts. Ce serait trop bête de gâcher la saveur du caviar. Caricatural ? Pas vraiment, puisqu'au moment où l'exécutif serre la ceinture du plus grand nombre, plus de 4,5 milliards d'euros vont être offerts aux plus fortunés, en remplaçant l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par un impôt sur la fortune immobilière (IFI), en plus de créer un prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30 %. À qui profitera cette ristourne sans précédent ? Cette question a été posée hier en une de Libération, via l'appel « Impôts des riches, dites-nous la vérité ! ». Cent vingt parlementaires l'ont signé (des socialistes, l'ensemble des communistes et des insoumis, un « constructif ») pour réclamer au gouvernement de rendre public l'impact de ces mesures pour les « 100 Français les plus riches », et l'ensemble des plus aisés.

 

DES AMENDEMENTS COMMUNISTES POUR LA TRANSPARENCE FISCALE

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a d'ores et déjà refusé. « Il n'est pas question de remettre en cause le secret fiscal », a-t-il botté en touche, avant de lâcher : « Nous allons rendre 400 millions d'euros aux 1 000 premiers contributeurs à l'ISF. » Soit un tout petit peu plus que ce que l'État va prendre par an avec la baisse des APL... S'il y a déjà de quoi comprendre que les plus démunis vont vider leurs poches pour les fortunés, Bruno Le Maire s'est bien gardé de préciser l'impact qu'auront ces mesures sur les 100 premières fortunes françaises. Et pour cause : les notes internes sur le sujet réalisées par la Direction de la législation fiscale (DLF) auraient « un effet déflagratoire sur l'opinion », si elles étaient publiées, estime un haut fonctionnaire de Bercy dans le Canard enchaîné.

Reste que la question de la transparence sera bientôt en débat à l'Assemblée nationale. Les députés communistes ont, en outre, déposé des amendements visant à rendre publiques « les catégories de bénéficiaires des dix principales niches sociales et fiscales », à la fois pour l'impôt sur le revenu et pour l'impôt sur les sociétés.

Vincent Eblé, président PS de la commission des Finances au Sénat, a écrit à Bruno Le Maire, afin d'obtenir « le détail de la réforme pour les très hauts patrimoines et très hauts revenus ». L'élu attend une réponse d'ici une semaine, sans quoi il se rendra luimême à Bercy, selon Public Sénat.

Si aucune simulation n'a été réalisée pour les très hauts revenus, l'ambition globale d'Emmanuel Macron transpire déjà allègrement. Le gouvernement lui-même, dans des documents publics et officiels, vante l'exemple d'un contribuable ayant payé 108690 euros d'ISF en 2017, et qui ne paiera plus rien au titre de l'IFI (voir document). « Nous défendons l'allégement massif de la fiscalité du capital. Je le revendique haut et fort. C'est la seule politique qui n'a pas été essayée en France », a insisté Bruno Le Maire. La philosophie est simple : l'exécutif argumente qu'en donnant aux riches, les riches relanceront le pays. Les députés Modem, membres de la majorité, ont même annoncé vouloir rendre « à l'économie ce qui peut potentiellement y retourner ». « Il n'est pas du tout prouvé que cet argent reviendra.

 

LE PFU COÛTERA PRÈS DE 2 MILLIARDS D'EUROS À L'ÉTAT

Rien n'est prévu en cas contraire, s'indigne le député PCF Jean-Paul Dufrègne. Le Cice, versé sans conditions aux entreprises, n'a créé que 100000 emplois pour un coût de 20 milliards d'euros par an. L'exécutif se moque du monde.

Il offre des cadeaux sans garantie, gomme la progressivité de l'impôt avec le PFU (prélèvement forfaitaire unique), et s'attaque à la taxe sur les transactions financières pour récupérer les spéculateurs londoniens après le Brexit. » L 'Observatoire des inégalités a, lui, calculé qu'une personne « dont les revenus financiers annuels s'élèvent à 400000 euros verra son impôt baisser de 96000 euros en 2018 » avec le PFU. Et pour « 400000 euros de revenus versés en dividendes, le gain serait de 60000 euros ». Ce dispositif coûtera près de 2 milliards d'euros à l'État, soit deux fois le budget qu'il consacre à la jeunesse, à la vie associative et au sport. « Les gains que nous dévoilons s'appliquent à une toute petite frange de la population, quelques dizaines de milliers, quelques centaines pour les plus grandes fortunes », précise l'Observatoire. À croire que, pour Macron, la relance de l'économie et l'avenir du pays tiennent vraiment dans les mains de quelques-uns : ces fameux premiers de cordée. « Cette mesure est l'illustration de l'hypocrisie d'un discours qui met en avant la réussite personnelle par le travail et qui, en pratique, privilégie la rente. Qui taxe davantage le salaire que la spéculation boursière », déplore l'Observatoire. Et ce n'est pas fini. Selon une simulation à horizon 2020 du cabinet Fidal pour les Échos, cette fiscalité provoquera un «gain massif pour les détenteurs d'actifs financiers. (...). Sur les rémunérations élevées, l'effet est monumental. Le PFU est pour certains plus avantageux que la suppression de l'ISF ». Encore un peu, et les plus riches pourront se demander quel goût ont les diamants.

 

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 05:31

Entretien avec Eddie Jacquemart, président de la CNL-Confédération nationale du logement sur la réforme de l'APL et des loyers HLM. Pour lui "cette réforme cachée de monsieur Macron vise à réorganiser le marché immobilier en marché financier au détriment du droit au logement pour tous".

 

L'Humanité.fr : Pourquoi la Confédération nationale du logement CNL appelle à la mobilisation générale de tous les locataires (parcs privés comme publics) ?

Eddie Jacquemart : "La situation est très grave. On a à faire à une réforme du logement social inédite.  Le gouvernement avait dans ses cartons ce projet ultralibéral qu’il s’est bien gardé de révéler lors des élections. Cette réforme était bien préparée, sans concertation avec les acteurs du logement social et privé encore moins avec les associations de locataires. Jamais un gouvernement n’a osé aller aussi loin et aussi vite sur la réforme du logement social dans notre pays.

Le but est la privatisation du logement public. Pourquoi ? Parce que pour monsieur Macron, les HLM sont un rempart à sa politique générale. Les HLM c’est quoi : le bien public, le bien commun, le progrès social, l’amortissement à la crise du logement. Cette réforme ne propose rien pour résoudre cette crise car il y a des gens qui sont dans une situation compliquée, qui sont mal logés ou logés trop cher, logent dans des taudis, dans la rue, dans leurs véhicules alors qu’ils ont un emploi… Tout ces gens auraient besoin d’un logement digne.

Il faut bien insister : cette réforme concerne tous les locataires du parc social comme privé par ricochet.

C’est pourquoi la CNL a appelé dès juillet à la mobilisation générale."

 

L'Humanité.fr : Les locataires du privé semblent abandonnés dans ce conflit qui mobilise surtout les locataires et les acteurs du parc public HLM ?

Eddie Jacquemart : "Pas du tout car ils ont de quoi être inquiets. Aujourd’hui dans ce secteur du logement nous avons des situations dramatiques : des propriétaires voyous, des marchands de sommeil qui louent des taudis à prix d’or alors qu'il existe une loi sur le logement-decent, des loyers trop chers notamment dans les zones tendues des grandes villes où ils doivent être plafonnés, la spéculation etc.

Or la réforme ne remet pas en cause ces pratiques, le non respect de la loi. Au contraire elle attaque le logement social qui est le seul  amortisseur à la crise du logement.

C’est pourquoi les locataires du privé comme les accédants à la propriété doivent se mobiliser avec les locataires du public, avec la CNL. Qu’est-ce qui se trame au fond : le marché de l’immobilier vu par monsieur Macron est en train d’être réorganisé : on passe d’un marché immobilier à un marché financier.

Ca ne va pas dans le sens du droit fondamental au logement pour tous."

 

L'Humanité.fr : Le point fort de cette mobilisation a eu lieu le 14 octobre devant les mairies. quel bilan tirez-vous de ce rassemblement et quelle suite ?

Eddie Jacquemart : "La mobilisation du 14 octobre devant les mairies fut importante et a unifié les associations de locataires, les syndicats de salariés et les bailleurs sociaux qui se sont regroupés au sein d'un collectif VIVE L'APL

Elle s’est poursuivie le 17 octobre avec la mobilisation des OPH-Offices publics de l'habitat et des élus locaux qui ont lancé une pétition SAUVONS LE LOGEMENT SOCIAL depuis le congrès HLM de Strasbourg.

Nous avons interpelé les parlementaires et tout particulièrement les député(e)s LRM à l’Assemblée nationale puisque le budget 2018 est actuellement débattu notamment l’article 52 du PLF-Projet de Loi de Finances qui prévoit bien la réforme de l’aide au logement (tant pour les locataires du privé que du public) et de la politique des loyers dans le parc social. Nous demandons le retrait de cet article car nous tenons à défendre un modèle français du logement.

L'Humanité.fr : Vous menez aussi des actions sur le terrain juridique ?

Eddie Jacquemart : "Nous avons effectivement exercé un recours auprès du Conseil d’Etat (pièce jointe) pour faire invalider le décret du 28 septembre 2017 officialisant la baisse de 5 euros des aides au logement (APL, ALS,ALF).

Cette baisse concerne  6,5 millions de ménages les plus fragiles. C’est la chasse aux pauvres que monsieur Macron organise. C’est honteux.

Vous savez, pour les personnes les plus modestes, cinq euros c'est un repas, les céréales pour le petit-déjeuner des enfants, le poulet, du lait. C'est pour ça qu'en plus de vouloir annuler ce décret, nous souhaitons que le Conseil d'Etat suspende son application, en urgence. Et nous attendons une audience pour que cette urgence s'exprime.

En prenant 5 euros ça veut dire aussi qu’on ne revalorise pas les aides au logement dont l’APL.

Non les gens ne profitent pas des APL, ils en ont besoin pour se loger tant dans le parc privé que public. Et ils sont de plus en plus nombreux à rencontrer des difficultés pour se loger."

L'Humanité.fr : Les bailleurs privés, les mairies rechignent à appliquer la loi Alur du 24 mars 2014 sur l’encadrement des loyers dans les villes de plus de 50 000 habitants - seules Paris et Lille avant son invalidation par le Tribunal-administratif , ont pris un arrêté pour le mettre en place). C’est quoi qui ne fonctionne pas et que faire selon vous ?

Eddie Jacquemart : "Sur l’encadrement des loyers, la CNL est pour car ce principe va vers la régularisation des loyers trop élevés dans certaines zones. A Paris, cet encadrement a eu des effets positifs à la relocation. Je voudrais rappeler que l’encadrement des loyer n’est pas une expérimentation comme les gouvernements successifs le laissent croire, c’est une loi qui date du 24 mars 2014 voté par le Parlement dont il faut exiger l’application plutôt que de s’en prendre au logement public.

Nous allons plus loin en exigeant la mise en application réelle et non dans le texte d’un répertoire des loyers contrôlé par les mairies concernées.

Dire aux locataires, ne vous inquiétez pas on baisse l’APL mais on demande dans le même temps aux bailleurs de baisser les loyers... c’est un gros mensonge."

 

L'Humanité.fr : Vous demandez la mise en place d’Etat généraux du logement. Pour déboucher sur quoi, un énième constat sans suite (comme la généralité des Etats généraux) et après ?

Eddie Jacquemart : "Nous demandons des états généraux du logement pour qu'ait lieu une vraie concertation entre le gouvernement et les acteurs du logement, sociaux comme privés. Car aujourd’hui cette concertation n’existe pas. La preuve par cette réforme de l’aide au logement et des loyers HLM.

Nous disposons d'un manifeste avançant des propositions de la CNL que nous sommes prêts à mettre sur la table.

Bien évidemment et vous avez raison, il ne doit pas s’agir d’états généraux sans suite. Ils doivent déboucher sur un plan d’urgence car il y a une crise du logement qu’il faut régler tout de suite. Et ce plan d'urgence exige de conserver notre modèle français de logement social."

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 07:17
Les chômeurs n'ont pas besoin de "flicage". Ils ont besoin d'un emploi! (PCF)
Les chômeurs n'ont pas besoin de "flicage". Ils ont besoin d'un emploi! (PCF)
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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 07:12
Intervention d'Ismaël Dupont (photo de Dominique Gontier)

Intervention d'Ismaël Dupont (photo de Dominique Gontier)

Rassemblement pour Salah Hamouri, 24 octobre - photo François Rippe

Rassemblement pour Salah Hamouri, 24 octobre - photo François Rippe

Rassemblement pour Salah Hamouri, 24 octobre, Quimper - photo Joseph Korda

Rassemblement pour Salah Hamouri, 24 octobre, Quimper - photo Joseph Korda

Intervention de Piero Rainero ce 24 octobre devant la Préfecture à Quimper - Rassemblement pour Salah Hamouri (photo Dominique Gontier)

Intervention de Piero Rainero ce 24 octobre devant la Préfecture à Quimper - Rassemblement pour Salah Hamouri (photo Dominique Gontier)

Intervention de Piero Rainero ce 24 octobre devant la Préfecture à Quimper - Rassemblement pour Salah Hamouri (photo Dominique Gontier)

Intervention de Piero Rainero ce 24 octobre devant la Préfecture à Quimper - Rassemblement pour Salah Hamouri (photo Dominique Gontier)

Isabelle Mazelin, adjointe communiste à la culture au Relecq Kerhuon au premier plan, des militants de l'ACAT et de Amnesty International, Christine, Christine et Marie-Hélène à l'arrière plan (photo Dominique Gontier)

Isabelle Mazelin, adjointe communiste à la culture au Relecq Kerhuon au premier plan, des militants de l'ACAT et de Amnesty International, Christine, Christine et Marie-Hélène à l'arrière plan (photo Dominique Gontier)

Défilé pour la libération de Salah Hamouri à Quimper - 24 octobre, photo François Rippe

Défilé pour la libération de Salah Hamouri à Quimper - 24 octobre, photo François Rippe

Défilé pour la libération de Salah Hamouri à Quimper - 24 octobre, photo François Rippe

Défilé pour la libération de Salah Hamouri à Quimper - 24 octobre, photo François Rippe

130 manifestants pour Salah Hamouri ce mardi soir, 24 octobre, à Quimper devant la préfecture. 

Ce rassemblement soutenu par 17 associations, partis et syndicats ( était aussi une réponse au Préfet du Finistère qui a scandaleusement opposé une fin de non-recevoir à une délégation d'élu-es. 109 élu-es qui, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, demandent une intervention déterminée du gouvernement français pour la libération de Salah Hamouri ( *ARAC, LDH Quimper, ATTAC, AFPS, ACAT, Mvt de la Paix, MRAP 29, Amnesty International 29, Collectif « Liberté pour Salah » du Pays de Morlaix, Solidaires 29, FSU 29, Cgt Brest, EELV, UDB 29, PCF 29, Ensemble 29, NPA 29… ). 

C'était le 63e jour de détention de Salah Hamouri

Piero Rainero, élu PCF à Quimper, a pris la parole pour lire la lettre qu'il a écrite au président Macron pour la libération de Salah Hamouri et qu'ont co-signé 108 élus du Finistère.

Suite aux interventions d'Ismaël Dupont, de Piero Rainero, de François Rippe pour l'AFPS Morlaix et le Comité "Liberté pour Salah Hamouri" de Morlaix, et Claude Léostic, présidente de la plateforme nationale des ONG pour la Palestine, nous avons pu défiler dans le centre-ville de Quimperavec les slogans "Liberté pour Salah Hamouri", "Liberté pour Salah Hamouri et tous les prisonniers politiques palestiniens".

Intervention Ismaël Dupont pour la libération de Salah Hamouri- 24 octobre 2017, manifestation à Quimper devant la préfecture.  
Un grand merci à vous d'être présents aujourd'hui pour ce rassemblement décidé il y a 10 jours pour obtenir la libération de notre compatriote franco-palestinien Salah Hamouri.
Un rassemblement soutenu au niveau départemental par 19 organisations, et nous nous félicitons de cette large convergence : l'ARAC, la LDH Quimper, ATTAC, l'AFPS, l'ACAT (association des chrétiens contre la torture), le Mouvement de la Paix, le MRAP 29, Amnesty International, le collectif "Liberté pour Salah du Pays de Morlaix", Solidaires 29, la FSU 29, la CGT de Brest, l'UDB, Ensemble, le NPA, le PCF, EELV
Nous aurions souhaité organiser ce rassemblement à l'occasion d'une réception en préfecture d'une délégation pluraliste représentant l'ensemble des 109 élus signataires de la lettre au président Emmanuel Macron pour qu'il agisse fortement et rapidement pour la libération de Salah Hamouri, lettre initiée par notre camarade Piero Rainero, élu d'opposition à Quimper et militant de la cause palestinienne depuis longue date.
Mais le préfet en a décidé autrement en refusant de nous recevoir au motif que cette rencontre et cette démarche relèverait de la cellule diplomatique du préfet de région !
109 élus du département qui demandent à pouvoir rencontrer le représentant de l'Etat pour lui exprimer leur préoccupation sur la situation des droits de l'Homme en Israël-Palestine et le sort d'un ressortissant et on leur adresse une fin de non-recevoir.
Cela ne laisse pas augurer malheureusement d'une action vraiment forte de l'Elysée et du gouvernement pour la libération de Salah Hamouri, surtout que la France et Paris s'apprêtent à célébrer les 70 ans de la création de l'Etat d'Israël en passant au second plan la négation des droits du peuple palestinien et sa dépossession.
Nous voyons un signe de préoccupation partagée pour le sort de Salah Hamouri et des droits bafoués des Palestiniens dans le fait qu'en un mois, nous ayons pu recueillir plus de 100 signatures d'élus de toutes les familles de la gauche, et ceci grâce au travail de nombreuses personnes qui nous ont servi de relais pour populariser cette lettre-pétition : des militants de l'AFPS Morlaix, du PS et du M1717, de l'ADECR, et d'autres élus de l'UDB, France Insoumise, d'EELV, de BNC. 
Il nous a été plus difficile d'obtenir des signatures d'élus de droite alors que nous avons cherché à le faire car la cause des droits de l'homme et du droit international n'est pas à confisquer ni à défendre exclusivement dans un bord politique, mais le vœu que j'ai présenté auprès des 52 élus de Morlaix-Communauté pour la libération de Salah Hamouri, un vœu largement appuyé sur la lettre-pétition de Piero Rainero adressée à Emmanuel Macron, a été voté à l'unanimité le 9 octobre, le jour même de la reception d'Elsa Lefort-Hamouri et de Jean-Claude Lefort à l'Elysée pour le comité de soutien à Salah Hamouri.
Nous allons continuer à faire vivre cette lettre-pétition et à chercher à nous adresser au plus grand nombre d'élus possible du département, et nous avons déjà suggéré à nos amis élus et militants dans d'autres départements bretons de se saisir de cette lettre-pétition.
Dans le Finistère, ce sont 15 maires en exercice PS, Régionaliste -UDB, écologiste, Front de Gauche, PCF qui ont signé cette lettre à Macron pour la libération de Salah Hamouri : les maires du Relecq Kerhuon, de Carhaix, de Plourin-les-Morlaix, Plounéour Menez, Pleyber-Christ, Guimaëc, Lannéanou, Locquénolé, Plouézoch, Le Cloître-St Thégonnec, Berrien, Motreff, Locmélar, Kernével. Plus Jean-Pierre Jeudy, maire honoraire de Carhaix.
Un président de communauté d'agglomération, Thierry Piriou à Morlaix-Co, est également signataire.
Cette lettre pétition a aussi été signée par 5 conseillers départementaux : 4 PS Isabelle Assih, Marie Gueye, Jean-Paul Vermot, Jean-Marc Tanguy, et 1 régionaliste Christian Troadec. Par une sénatrice : Maryvonne Blondin (PS). Et 3 conseillers régionaux PS : Gwenegan Bui, Olivier Le Bras, Sylviane Vulpiani
Merci à tous ces élus de s'être engagés pour que l'avocat Salah Hamouri soit libéré, pour que cesse l'arbitraire et l'impunité de l’État israélien, qui pratique la détention administrative, l'emprisonnement sans motifs officiels et sans procès sans aucun autre contrôle que son bon vouloir.
Le crime de Salah Hamouri : être né franco palestinien, avoir grandi en Palestine, vouloir y vivre avec sa famille, refuser l’occupation et n’avoir jamais caché son engagement auprès des prisonniers politiques palestiniens.
A 15 ans, Salah Hamouri a été blessé par balle au cours d'une manifestation, à 16 ans, il est à nouveau arrêté et emprisonné pour 6 mois, à 19 ans il écope de 5 mois de détention administrative. A 20 ans, en 2004, il est arrêté à nouveau, accusé sans preuve ni justification de vouloir attenter à la vie d'un rabbin d'extrême-droite, arrêté surtout en tant que sympathisant du FPLP, la gauche laïque et anti-colonialiste palestinienne. Il va purger 7 ans de prison et sera finalement libéré en 2011, grâce à l'effort de solidarité en France et à un échange avec le prisonnier du Hamas, le soldat israélien Guilad Shalit.
Depuis 2011, Salah Hamouri a effectué des études de droit compliquées par les complications perverses que les autorités israéliennes lui inflige pour se rendre depuis Jérusalem en Cisjordanie où se trouve son Université.
En 2014 il s'est marié avec Elsa Lefort, la fille de l'ancien président de l'AFPS et de son comité de soutien. Elsa depuis qu'elle est enceinte est interdite de séjour en Israël et Salah Hamouri se voit privé de la présence de sa compagne et de son jeune enfant.
Le 23 août, la soldatesque israélienne a débarqué de nuit dans l'appartement de Salah Hamouri et l'a enlevé, sur ordre du ministre d'extrême-droite Avigdor Libermann. Salah a été condamné à 6 mois de détention administrative le lundi 19 septembre, sans accusation notifiée, sans accès à son dossier secret, sans avoir droit à être procès équitable. 6 mois qui peuvent être renouvelés sans problème, indéfiniment, et sans procès, selon la loi israélienne...
Et sans que le président Emmanuel Macron ni son ministre des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian ne semblent avoir exigé fermement jusqu'ici la libération de Salah Hamouri.
Tous ensemble, continuons à faire connaître cette situation inique du point de vue du droit international et des droits de l'homme, continuons dans nos communes, nos organisations, notre entourage à faire connaître la situation de Salah Hamouri. Ne laissons pas s'installer un mur de silence, d'indifférence et d'oubli.
Merci à tous. On ne lâche rien !
C'est maintenant Piero Rainero qui va prendre la parole pour nous lire la lettre à Emmanuel Macron, avant que François Rippe et Claude Léostic ne s'expriment à leur tour.  

 

 

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 07:05
photo Gilles Troel, Le Télégramme

photo Gilles Troel, Le Télégramme

Réunis samedi à l'occasion de l'assemblée générale départementale du Parti communiste français, une soixantaine de responsables ont débattu au cours d'une matinée de travail dans la salle socioculturelle de Ploujean. Ismaël Dupont, secrétaire départemental, explique : « Cette rencontre se veut être une journée de débat afin de préparer le congrès de Paris qui aura lieu en 2018 ». Pas de tribune et pas de grands discours, c'est sur des chaises installées en cercle que, tour à tour, les intervenants ont abordé les grands sujets de société et d'actualité : la démocratie, le capital, les multinationales, la conscience ouvrière... Ismaël Dupont précise : « Nous voulons contrer l'offensive néolibérale de Macron mais aussi toute dérive vers le populisme, nous ne devons pas être des diviseurs mais des rassembleurs et appeler à l'unité tout en développant nos propositions ». Il ajoute : « Avec 850 militants dont 90 nouveaux encartés depuis trois ans, le PCF reste un des premiers partis de France même si notre influence électorale a diminué notamment lors des dernières législatives ».

« Pas simple de faire entendre nos idées... »


Un militant affirme : « Entre les propos méprisants de Macron et les petites phrases de Mélenchon, ce n'est pas toujours simple de faire entendre nos idées et nos propositions ! ». Un autre affirme : « Nous travaillons pour rester une force de transformation de la société ». Ismaël Dupont conclut : « Nous souhaitons un front uni pour la recomposition de la gauche, sur des sujets comme l'Europe ou les langues régionales ».
 

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 05:44

 

À quelques jours du débat à l'Assemblée nationale sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, s’est exprimé, hier, dans les colonnes du Journal du Dimanche. À en croire des sources élyséennes, Agnès Buzyn serait « l’atout social » du nouveau pouvoir, « la ministre de l’humain » pour faire un peu oublier le président des riches.

L’opération de communication n'est pas vraiment réussie quand, au fil de l’entretien, on fait l’addition des coups, très durs, portés à notre système de santé, déjà au plus mal par des politiques ne privilégiant qu’une approche comptable au nom de l'austérité budgétaire.

Au sujet du "déficit" de la sécurité sociale, le chiffre de 30% des dépenses non pertinentes est une agression caractérisée contre le monde hospitalier dont est issue la ministre. Cette affirmation, sans la moindre démonstration, vise à culpabiliser les personnels hospitaliers qui dépenseraient sans compter et les usagers qui consommeraient de manière déraisonnable. C’est insultant au regard de la réalité des services hospitaliers.

Aujourd'hui, l'hôpital public ne tient qu'au dévouement des personnels.

L'augmentation du forfait hospitalier est assumée par Agnès Buzyn sans rien dire des recettes de la sécurité sociale et notamment des dettes patronales.

La promesse du 100% pour les lunettes est assortie de la mobilisation des complémentaires ce qui risque d'en compliquer la réalisation. Silence radio sur la désertification médicale. Le modèle social français est aussi attaqué directement par la remise en cause de l'universalité de la politique familiale. Un rideau de fumée pour essayer de faire oublier un bouclier fiscal de 5 milliards d’euros pour les plus riches qui ne toucheraient plus que quelques dizaines d’euros d’allocations familiales. Enfin, concernant les vaccinations, la ministre n’évoque pas les laboratoires pharmaceutiques et les profits énormes qu'ils réalisent.

Si Agnès Buzyn veut devenir la ministre de gauche du nouveau pouvoir, il lui faut présenter un tout autre PLFSS, celui qui donnerait les moyens budgétaires à l'hôpital public, qui ne devrait plus être géré comme une entreprise, qui aurait l’objectif du système solidaire 100% sécu afin d’en finir avec la marchandisation de la santé et de l’ensemble de la protection sociale.

Nos parlementaires présenteront des propositions précises à madame la Ministre. À ce stade, elle n’est qu’un atout supplémentaire à la démolition de notre modèle social, et, en l’occurrence, de ce que notre pays a su faire de plus beau et de plus universel quand il fallait, en 1945, reconstruire un nouveau monde.

 

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