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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 06:46
Santé. Le syndrome France Télécom gagne l’hôpital
SYLVIE DUCATTEAU
JEUDI, 9 NOVEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
Les professionnels dénoncent depuis plusieurs années les grandes difficultés à exercer leur métier, en raison de la politique de santé et du management qui en découle. Robert Pratta/Reuters
Les professionnels dénoncent depuis plusieurs années les grandes difficultés à exercer leur métier, en raison de la politique de santé et du management qui en découle. 

Les suicides de personnels hospitaliers s’additionnent dans les services de l’hôpital public. La semaine dernière, un neurochirurgien a mis fin à ses jours au CHU de Grenoble.

France Télécom, devenue Orange, a été la première entreprise du CAC 40 contrainte à s’expliquer devant un tribunal pour harcèlement moral. Entre 2008 et 2009, 35 salariés de l’entreprise s’étaient donné la mort. L’un d’eux avait laissé une lettre : « Je me suicide à cause de mon travail. C’est la seule cause. » Comme en écho, les suicides s’additionnent dans les hôpitaux soumis à des réorganisations express, aux sous-effectifs. Et au désengagement de l’État : 1,7 milliard « d’économies » sont inscrites au PLFSS 2018.

« Le suicide est un acte extrêmement complexe qui ne peut pas se réduire au travail. Je m’y refuse en tout cas. Ce que je peux dire, c’est qu’il y a beaucoup de souffrances autour de moi. Pour se préserver certains deviennent cyniques, d’autres se désengagent, explique le docteur Bruno Caron. Les plus investis font des burn-out. » Ce psychiatre est l’un des initiateurs d’une lettre à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, signée par plus de 800 praticiens hospitaliers de la région Rhône-Alpes. Ils dénoncent la « dégradation du service public hospitalier » et « les grandes difficultés rencontrées par les professionnels de santé, pour exercer leur métier, en raison de la politique de santé depuis plusieurs années et du management qui en découle ». Une cinquantaine de médecins hospitaliers du CHU de Grenoble sont signataires de cette lettre. Là, justement, où, la semaine dernière, un neurochirurgien a mis fin à ses jours dans le bureau jouxtant le bloc opératoire où il travaillait depuis 2013. Son service faisait l’objet d’une réorganisation depuis trois ans. Tout n’allait pas bien. « Des axes de progression ont été identifiés. Un plan d’action sera présenté à la fin du mois de novembre », nous a expliqué, dans un courriel laconique, Hélène Sabbah, la secrétaire générale de l’établissement. Le CHU se refuse par ailleurs à toute déclaration concernant le suicide du médecin, « par respect pour sa famille. Sa mère, en particulier », nous a-t-on précisé. Des difficultés personnelles sont évoquées par ses collègues. L’un d’eux s’interroge toutefois. « Se suicider sur son lieu de travail n’est pas anodin. Le bloc est emblématique de la souffrance de beaucoup d’entre nous (…). Nous avons l’impression que désormais l’argent prime sur tout. »

« La question financière a pris le pas sur l’objectif de santé »

À Toulouse, en 2016, cinq agents du CHU se sont donné la mort en 19 jours. Selon le rapport du cabinet d’experts Addhoc Conseil, mandaté par le CHSCT du CHU de Toulouse, présenté le 25 octobre dernier, trois facteurs ont pu concourir à ces drames. D’abord, l’impact des réorganisations, comme à Grenoble, le CHU de Toulouse avait été soumis à un plan de retour à l’équilibre financier pour éponger un déficit de 30 millions d’euros. « La question financière a pris le pas sur l’objectif de santé », indique le rapport. En second lieu, un nouvel outil de gestion des effectifs, ou plutôt des sous-effectifs, a été mis en place dans tous les services. Or, ce dernier non seulement n’intègre plus les congés maternité, mais confond les motifs d’absence. Ce qui génère des dysfonctionnements. À Grenoble, la direction comptabilise désormais le « temps de perdu », qui fait l’objet d’une fiche spécifique du « benchmark ». Les experts de Toulouse notent que « les services fonctionnent grâce au surinvestissement du personnel ». Et d’ajouter que « l’administration a pris le pas sur le soin et le médical, avec pour seul objectif le retour à l’équilibre financier ». Les experts demandaient un moratoire sur les réorganisations. « La direction leur a opposé un refus catégorique. Or, le développement de l’ambulatoire nous impose de faire en un jour ce que nous faisions en trois », déplore Julien Terrié, membre du CHSCT du CHU toulousain.

Philippe Martinez : « L’hôpital, un lieu où l’humain devrait être la règle d’or »

La souffrance au travail, réalité incontestable dans notre pays, peut avoir des conséquences dramatiques, comme en témoigne l’augmentation du nombre de suicides au travail. On la mesure d’autant mieux quand le métier des salariés consiste précisément à s’occuper de soigner des êtres humains, qu’il s’agisse de l’hôpital public, mais aussi du privé. Avec des moyens restreints ou défectueux, un manque de personnel évident, c’est la logique financière qui sévit dans des lieux où l’humain devrait être la règle d’or. La santé publique n’est pas une dépense mais un investissement. C’est le signe d’une société moderne. L’efficacité, ça ne se mesure pas avec des histogrammes ou des camemberts, surtout en matière de santé publique. Ainsi comment peut-on arbitrairement définir un temps maximum à passer avec des patients sans prendre en compte leur pathologie, leur situation sociale ou familiale ? C’est cette logique qui explique l’augmentation des arrêts de travail de salariés poussés à bout. Pourtant, les critiques contre les fonctionnaires perdurent sur le refrain du « fainéant »… d’où la mise en place d’un jour de carence pour faire la chasse aux malades. Ce sont les salariés qu’il faut écouter pour soigner le travail, leur rendre la liberté de bien travailler avec les moyens et les effectifs nécessaires.

Journaliste
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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 06:35
Les membres du Comité de défense des usagers de l'hôpital public en pays de Morlaix, lors de leur assemblée générale. (photo Le Télégramme)

Les membres du Comité de défense des usagers de l'hôpital public en pays de Morlaix, lors de leur assemblée générale. (photo Le Télégramme)

Le Comité de défense des usagers de l'hôpital public en pays de Morlaix s'est réuni, en assemblée générale, mardi, au Centre Gallouédec, à Saint-Martin-des-Champs. Les discussions ont porté sur les différentes réformes qui ont mis l'hôpital public « sous le joug des logiques comptables du libéralisme, avec toutes ses conséquences : économies budgétaires, diminution du nombre de soignants et de salariés du secteur hospitalier en général, réduction du nombre de lits, concentration de l'offre de soins, éloignement des usagers des structures de soins ».

Rencontre avec Sandrine Le Feur aujourd'hui


Les adhérents craignent que « la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT), qui voit le CHPM de Morlaix dépendre de l'établissement support de Brest, ne conduise à remettre en cause le maillage territorial avec la disparition progressive de certaines spécialités ». Les récentes dispositions de la loi de financement de la sécurité sociale attisent leurs craintes. À Roscoff, la réforme du financement des activités des soins de suite et de réadaptation a mis en cause l'existence du centre de Perharidy. Dans les Ehpad, les personnels sont sollicités comme jamais, les « burn out » fréquents. « À l'hôpital de Morlaix, la diminution de l'offre de soins en service psychiatrique, la fermeture de 55 lits durant l'été et même la sélection des patients au service de consultation de cardiologie pose problème ». C'est le sens des courriers déjà adressés par le comité à Sandrine Le Feur, députée, et l'objet de l'entrevue obtenue avec elle, aujourd'hui, à 15 h.
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/hopital-les-reformes-en-debat-13-11-2017-11738470.php#MZCUysWeOcR1fjuB.99

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 20:21
Jack Ralite en 2009 à Brest - photo Jean-Marc Nayet

Jack Ralite en 2009 à Brest - photo Jean-Marc Nayet

L'Humanité, 12 novembre 2017: 

L'ancien ministre communiste Jack Ralite est décédé à l'âge de 89 ans, a annoncé dimanche Meriem Derkaoui, maire de la ville d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) qu'il a dirigée de 1984 à 2003.

"C'est avec une grande tristesse et une profonde émotion que nous apprenons le décès à l'âge de 89 ans de Jack Ralite ce dimanche 12 novembre. Son état de faiblesse avait conduit à son hospitalisation il y a deux semaines", écrit la maire sur le site internet de la ville. M. Ralite fut notamment l'un des ministres communistes du gouvernement de Pierre Mauroy de 1981 à 1984.

Né le 14 mai 1928 à Chalons-sur-Marne (Marne), Jack Ralite avait adhéré au PCF en 1947. Journaliste à l'Humanité puis à L'Humanité-Dimanche, cet autodidacte passionné de culture est élu pour la première fois au conseil municipal d'Aubervilliers en 1959. Il devient ensuite premier adjoint au maire puis maire en 1984. En novembre 2002, il avait annoncé qu'il abandonnerait son mandat au printemps 2003 pour laisser la place à un maire plus jeune, restant alors conseiller municipal jusqu'en 2008.

Député de Seine-Saint-Denis de 1973 à 1981, Jack Ralite avait démissionné de son mandat parlementaire en juillet 1981 pour entrer dans les gouvernements Mauroy comme ministre de la Santé (1981-1983) puis comme ministre délégué chargé de l'Emploi (1983-1984). Depuis 1995 et jusqu'en 2011, Jack Ralite, conseiller régional d'Ile-de-France de 1986 à 1992, avait été sénateur de Seine-Saint-Denis.

Jack Ralite, spécialiste des questions culturelles au PCF, a été membre du comité central, puis national de 1979 à 2000. Ce passionné de culture, notamment de théâtre, a été administrateur du Théâtre national de la colline (TNC). Il a été également administrateur de l'établissement public de la Cité de la Musique (1996-2006).

Jack Ralite était aussi membre du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, du Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire, et du conseil politique de la fondation Agir contre l'exclusion, lancée par l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry.

a réagi sur Twitter la sénatrice CRC de Seine-Saint-Denis Eliane Assassi.

"Tristesse et émotion à l'annonce du décès de J.Ralite. (...) Il était passionnément engagé pour la culture, exigeante et populaire. Attaché à la Gauche rassemblée, il défendait la banlieue avec sensibilité", a réagi Stéphane Troussel, président du département de la Seine-Saint-Denis.

A Aubervilliers, dès ce dimanche, "les drapeaux seront mis en berne et un hommage lui sera rendu dans les prochains jours", a précisé Mme Derkaoui.

Anicet Le Pors à Jack Ralite
DIMANCHE, 12 NOVEMBRE, 2017

La tristesse du départ de Jack ne saurait dépasser le sentiment qu’une vie flamboyante vient d’achever sa trace dans notre époque.

La trace de Jack c’est celle d’un homme du peuple qui aura témoigné des plus beaux sentiments. Un ami commun  m’avait dit un jour : « quand il parle des fleurs s’envolent de sa bouche ».

Chacun connaît l’homme de culture, mais ce n’était pas seulement celle d’un érudit des plus grands auteurs, des plus hautes créations de l’esprit, c’était aussi le grand frère des artistes et des femmes et des hommes de la pensée militante en même temps que rationnelle et romanesque.

Nous avons vécu ensemble l’avènement de la gauche au pouvoir au cours des années 1970 et notre entrée au gouvernement en 1981 avec Marcel Rigout et Charles Fiterman. Cette expérience a renforcé une amitié demeurée vivace, jusqu’aux plus simples attentions : l’appel de Jack tous les 1er janvier dans l’après midi pour nous souhaiter une bonne année. Je disais à Jack, il y a peu, que je m’étonnais qu’il ait si peu écrit sur son combat pour la culture et sur les multiples facettes de sa vie.

Il m’avait répondu qu’il en était bien conscient mais que la masse de ses activités ne lui en avait pas laissé le temps. Il disait « Ma vie me brule le temps ». Il avait cependant décidé de s’atteler à ce travail  dont il me disait qui était déjà bien avancé et qu’il pensait pouvoir achever d’ici six mois.

Comme tout au long de sa vie sans doute, le temps lui aura manqué pour accomplir l’immensité de ses projets et de ses rêves. Assurément Ils resteront dans les nôtres.

Le message de Mériem Derkaoui, maire d'Aubervilliers

C’est avec une grande tristesse et une profonde émotion que nous apprenons le décès à l’âge de 89 ans de Jack Ralite ce dimanche 12 novembre.

Son état de faiblesse avait conduit à son hospitalisation il y a deux semaines.

Mes premières pensées vont à ses enfants Sophie, Pascal, Daniel et Denis, à son gendre Pascal Beaudet, à sa famille et ses proches qui l’ont côtoyé tout au long de sa vie.

Ministre de la santé de 1981 à 1983 puis Ministre délégué à l’Emploi de 1983 à 1984,  il fut également député et sénateur de la Seine-Saint-Denis.

Aujourd’hui, Aubervilliers une ville « rude et tendre » comme il aimait la qualifier, perd un grand homme. Il en a été le maire de 1984 à 2003 et il y aura vécu jusqu’à la fin de sa vie.

À jamais, Jack Ralite aura marqué Aubervilliers de son empreinte.

Connu pour avoir promu inlassablement la culture, il a fait de celle-ci un outil d’émancipation humaine qui participe au rayonnement de la banlieue.

L’homme ne manquait ni d’idées ni d’énergie, c’était un infatigable militant politique.  Son autorité morale et son intransigeance quant au respect de l’égalité et de la dignité humaine forçaient le respect et l’admiration. Jack Ralite va manquer à Aubervilliers, au monde de la culture et à la pensée en général.

Dès aujourd'hui, les drapeaux de la mairie sont mis en berne et un hommage lui sera rendu dans les prochains jours.

Mériem Derkaoui

Maire d'Aubervilliers

 

Charles Silvestre, Vice-président des Amis de l’Humanité
Jack et Edmonde : chapeau les artistes ! Jack Ralite était à lui tout seul, et sans forfanterie, un rendez-vous des amis de l’humanité. Pas étonnant que les Amis de l’Humanité, avec un grand A et un grand H,  l’aient retrouvé à tous les tournants d’un parcours des vingt dernières années selon cette forte définition de l’artiste franco-américain Robert Filliou : « l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ».
Toujours là. Toujours à l’écoute. Toujours prêt à dire. Parce qu’il faut aussi dire. Dire à chacun et dire à tous. A chacun, ne serait-ce qu’au téléphone, dans l’intimité de l’aube naissante, dire à tous sous un chapiteau en plein vent et sous la trombe d’eau à la fête de l’Humanité.
C’est là que la Résistance connut un retour de flamme. Sur la même scène, dans une totale complicité : une dame qui, à vingt ans, transportait clandestinement, à Marseille, des armes à la barbe de l’occupant ; un monsieur se souvenant de ses quatorze ans où, écolier, avec sa classe, il se dressa contre l’arrestation de son maître. Fiers de s’être insurgés, fiers d’être toujours là ensemble. C’étaient Edmonde Charles-Roux, disparue l’an dernier et Jack Ralite, parti ce dimanche de novembre. Ils n’ont raté, ni leur entrée dans la vie, ni leur sortie. Chapeau les artistes !

 

Pierre Musso, Philosophe.

Quelle immense tristesse, quel triste dimanche de novembre, notre ami Jack, est parti rejoindre ses amis Vitez et Vilar, Ferrat et Aragon et tous les grands aux cieux de la culture et de la création, eux qui l’avaient tant inspiré et qu’il aimait tant citer. Jack ce fut notamment le fondateur et l’animateur des Etats Généraux de la Culture lancés il y a tout juste 30 ans pour dire que « la culture se porte bien pourvu qu’on la sauve ». Triste anniversaire ! Il nous laisse en héritage son  combat inlassable en faveur de « l’élitisme pour tous » inauguré par Diderot et pour que « le peuple n’abandonne jamais son imaginaire au monde des affaires ». La création fut toujours son étoile et reste la nôtre. Salut l’ami !

Photo Ouest-France

Photo Ouest-France

Article du Ouest-France, 27 septembre 2013 à l'occasion d'une venue de Jack Ralite dans le Finistère :

 

https://www.ouest-france.fr/le-combat-de-jack-ralite-pour-la-culture-307697

Jack Ralite a été ministre de la Santé puis de l'Emploi dans les gouvernements Mauroy, de 1981 à 1984. Mais le sénateur communiste est avant tout un spécialiste de la culture. Journaliste à L'Humanité, il fut d'ailleurs responsable de la rubrique culture.

Samedi, matin, au centre d'art Passerelle, ils étaient plus de 300 à être venus l'écouter. À 80 ans, l'homme parle toujours avec fougue de son combat pour la culture. L'argumentaire s'appuie constamment sur les écrivains et surtout les poètes. Il cite Aragon, souvent, Jean Vilar, «  mes pilotis, car pour faire une maison, il faut des pilotis ».

Sur la table devant lui, des chemises bourrées de feuillets. Jack Ralite sait l'importance de l'écrit, des mots justes. Il dénonce « une offensive contre la langue, un crime contre la pensée. Pour avoir l'air moderne, on invente des mots, comme gouvernance pour gouvernement. C'est un trafic de la langue ».

Il parle de l'audience, « une vraie question qu'il ne faut pas éluder ». Il discourt longuement sur les rapports entre le politique et le culturel. « La différence entre un politique et un artiste, c'est que le second n'a pas besoin de majorité ! » Il s'emporte contre le contrôle sur la culture au nom de l'utilité : « Comment peut-on savoir que l'inconnu est utile. On a besoin d'inconnu. »

Il s'indigne d'apprendre que le théâtre de Morlaix aura 40 % de subvention en moins : « On va vers la survie, puis la mort. » Il dénonce la tendance à tout mesurer à l'aune de la finance : « On veut que chaque équipement devienne une entreprise. »

Sa longue vie lui permet de dresser un constat peu rassurant : « La culture populaire en a pris un coup. Et la culture élitaire aussi. »

À propos du travail et de la culture, il constate : « D'un côté, il y a Sarkozy et son stakhanovisme. De l'autre, il n'y a rien. La Gauche a oublié de parler du travail ! »

Le vieux militant émeut son auditoire lorsqu'il évoque l'éveil à la culture. « Il n'y a pas d'autoroute pour aller à la création. Il n'y a que des venelles. »

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 20:12
Hommage à Jack Ralite, un ministre tourné vers la culture (Fabienne Arvers, Les Inrocks, 31/08/2015)
L’ancien ministre communiste Jack Ralite s’est éteint ce dimanche 12 novembre, à l’âge de 89 ans. Pour lui rendre hommage, nous republions cet article où Karelle Ménine retrace son combat pour une politique culturelle digne de ce nom.

A lire comme à écouter Jack Ralite, on songe aux pages superbes du Marbrier de Carrare de Charles Péguy : tailler dans l’excès de matière qui enveloppe la forme, la sculpter par soustractions successives, être l’artisan au geste humble et sûr… Et ne pas craindre de se répéter, de s’en tenir à la poutre maîtresse d’une pensée architecturée par la mise en tension du poétique et du politique, s’en remettant à leur dénominateur commun, seul à même de les harmoniser : la croyance en l’homme.

Un homme politique partisan de la culture ? C’est l’exception qui confirme la règle : en cinquante ans de vie politique, Jack Ralite n’aura jamais dévié d’un pouce de ses convictions, lesquelles s’enracinent dans une filiation historique où se croisent et finalement se mêlent figures politiques (Robespierre) et artistiques (Louis Aragon, Victor Hugo, René Char, Saint-John Perse, Merce Cunningham, Jean Vilar, Julien Gracq…).

Dans son livre La Pensée, la Poésie et le Politique – Dialogue avec Jack Ralite, Karelle Ménine scinde à parts égales des entretiens réalisés en 2014 et des textes ou des prises de parole publiques s’étalant de 1966 à 2014. Journaliste de profession, homme politique par passion, communiste lucide et rêveur impénitent, Jack Ralite rétorque que “communisme est un mot extraordinaire” lorsque Karelle Ménine constate que c’est aujourd’hui “un mot blessé”.

La culture, indispensable levier pour ériger une communauté humaine

Il poursuit : “Moi, j’écris le mot ‘communisthme’, comme un isthme, parce que c’est exactement ça. Aucune des idées contenues dans le communisme n’a jamais été appliquée, cela reste donc une aventure à mener. Et puis j’ai pris le chemin du communisme depuis mon passage en prison (durant l’Occupation – ndlr), sans en avoir conscience, mais vivant comme témoin et victime de sa signification profonde. C’était alors un sentiment indicible, une connaissance en actes. Parcourant mon histoire personnelle, ce n’est pas parce que d’autres détournent ce mot qu’il faut se laisser détourner, et ce n’est pas parce qu’il y a du désaccord qu’il doit y avoir du désamour. En vérité, j’ai une fidélité inaltérable pour l’ouvrier-menuisier communiste de Vitry-sur-Seine qui, en déportation, a refait le chapelet de l’abbé, arraché par les nazis…”

Successivement maire-adjoint d’Aubervilliers de 1959 à 1984, député de Seine-Saint-Denis de 1973 à 1981, ministre de la Santé (de 1981 à 1983) et de l’Emploi (de 1983 à 1984), maire d’Aubervilliers de 1984 à 2003, sénateur de la Seine-Saint-Denis de 1995 à 2011, Jack Ralite a toujours fait de l’art et de la culture un cheval de bataille, indispensable levier pour ériger une communauté humaine. C’est le seul homme politique que l’on croise aussi souvent dans les rangs du public, spectateur aux visées émancipatrices qui aime à citer Diderot : “Méfiez-vous de celui qui veut mettre de l’ordre. Ordonner, c’est toujours se rendre le maître des autres en les gênant.”

Un acteur inlassable de la défense des artistes

Depuis son compagnonnage avec Jean Vilar au Festival d’Avignon dans les années 60, il est un acteur inlassable de la défense des artistes, fondant en 1987 les Etats généraux de la culture. Je garde en mémoire ce récit qui le résume, paru dans le supplément du Festival d’Avignon 2014 des Inrockuptibles, qui retraçait les événements s’étant déroulés au cours du Festival de1968. Une démonstration saisissante de la façon dont la pensée se traduit en actes quand le politique tient son rôle de soutien irréductible en faveur de la liberté d’expression et des artistes.

“Je voudrais rappeler une chose qu’a faite le PC à Avignon et dont les comptes rendus de l’époque ne parlent pas beaucoup. La droite voulait faire des mauvais coups à cet étonnant homme de théâtre qu’était Julian Beck. Il faut dire qu’il s’y prêtait… Il logeait depuis un mois dans une école et ne parlait pas de politique à ce moment-là. Le soir, comme ils vivaient quasiment nus, vous imaginez ce que les journaux en pensaient. Ça ressemble beaucoup à ce qui se dit aujourd’hui sur le mariage pour tous. Il y a une similitude de pensée. On voyait ces gars d’une droite bien dure, le crâne rasé et, personnellement, j’étais très inquiet. Alors, j’ai fait une réunion à la cellule des cheminots communistes. Eux, le Festival, ils s’en foutaient un peu. Mais peut-être ne s’en foutaient-ils pas autant que leur silence ou leurs sourires nous le laissaient croire."

"Je leur ai dit : ‘Je sais bien que vous n’êtes pas de grands adeptes du Festival. Mais il y a au moins une chose pour laquelle vous êtes, c’est les libertés. Alors, nous, on se bat contre Julian Beck, mais pour pouvoir se battre contre lui, encore faut-il qu’il existe ! Et moi, je serais cheminot communiste, je considérerais qu’il est de notre devoir de faire un service d’ordre pour le protéger autour de l’école où il vit.’ Et ils l’ont fait. Ils étaient quatre ou cinq tous les soirs et c’était capital : des gars qui vont garder un homme pour qu’il soit intègre afin de pouvoir polémiquer avec lui le lendemain !”

Un combat inscrit dans la durée, qui lui permet de conclure sans mâcher ses mots : “Avec les cinquante ans du ministère de la Culture, (on est) passé d’une grande politique publique nourrie du Front populaire et de la Libération, à une communication culturelle, puis une marchandisation culturelle, ensuite une financiarisation culturelle, enfin à une mise sous tutelle des affaires de l’esprit par l’esprit des affaires.” C’était en 2009, dans un article paru dans L’Humanité. Le constat reste valable en 2017.

La Pensée, la Poésie et le Politique – Dialogue avec Jack Ralite (Les Solitaires Intempestifs), 219 pages, 14,50 €

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 19:36
Forum européen de Marseille: le rendez-vous des gauches européennes organisé par le PCF
Forum européen de Marseille: le rendez-vous des gauches européennes organisé par le PCF

Deuxième dépêche AFP sur le Forum européen de #Marseille 
"Après le forum de Marseille, les gauches européennes se donnent rendez-vous en 2018" Marseille,

FRANCE | AFP | 12/11/2017

Plusieurs partis européens de gauche réunis à Marseille vendredi et
samedi ont conclu à la nécessité de se rassembler de manière
permanente, sur le modèle du Forum de Sao Paulo, et ont décidé de se
retrouver en 2018.
"L'idée est de développer un espace pour le débat, la coopération et
la coordination parmi les diverses forces qui croient en un besoin
urgent de travailler des objectifs communs et de conduire des campagnes
publiques sur des problématiques-clés pour les Européens", selon la
déclaration finale adoptée par le Forum.
"Dans ce sens, nous nous inspirons du Forum de Sao Paulo. Nous nous
engageons dès lors à organiser un deuxième Forum européen des partis
de gauche, écologistes et progressistes, qui se tiendra en 2018".
Les gauches européennes veulent "approfondir le travail réalisé cette
année et atteindre une participation plus large".
Le Forum de Marseille a rassemblé quelque 400 participants - membres de
partis politiques, d'associations ou de syndicats à l'appel du parti de
gauche européen.
Côté français, si des membres du PCF, du Parti de Gauche, d'EELV, du
PS ou du mouvement de Benoît Hamon étaient attendus, le chef de file
de la France Insoumise et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc
Mélenchon n'était pas présent.
Né en 1990, le Forum de Sao Paulo réunit des centaines d'organisations
de gauche, principalement latino-américaines.

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 19:17
Jack Ralite en 2009 à Brest- photo Jean-Marc Nayet

Jack Ralite en 2009 à Brest- photo Jean-Marc Nayet

Jack Ralite : un homme libre, un homme sans frontières, qui ne se laissait dicter sa pensée par personne. 

"Chacun est un être singulier, le rêve c'est que ce singulier soit  imbibé du collectif, ce collectif étant lui-même imbibé de tous les  singuliers". 
Jack Ralite 

La disparition de Jack Ralite est un choc, même si nous nous étions préparés à cette issue depuis plusieurs jours. Nous perdons un communiste et un homme politique d'envergure, un des meilleurs défenseurs de la culture, un homme qui a exercé les plus hautes  responsabilités au niveau de l'État, de son parti, le PCF, de sa ville, Aubervilliers. Jack Ralite,  a été un des dirigeants communistes les plus  respectés : bien sûr dans son Parti, auquel il est resté fidèle toute  sa vie,  dans toute la Gauche et chez les écologistes mais aussi à  droite. Dans tous les lieux où il a exercé sa présence, il a fait  partager ses idées. Ce fut le cas au gouvernement Mauroy, à l'assemblée nationale, à la Région Île de France, au Sénat – ou à Aubervilliers dont  il fut le maire, et aussi chez les créateurs, qu'ils soient écrivains, acteurs, metteurs en scène, cinéastes, philosophes, sociologues, ou médecins, chercheurs... 

Jack était un homme libre, un homme sans frontières, qui ne se laissait dicter sa pensée par personne. 

Jack Ralite était considéré comme l'ami des gens de culture et considéré  par eux comme l'un des leurs. Avec « les états généraux de la culture » qu'il a fondés, il a combattu pour l'exception culturelle, les droits d'auteurs, .. . . 

Comme beaucoup, j'ai toujours été frappé par sa culture, son amour des  mots, sa passion pour chercher le nouveau, mettre à jour les absurdités de ce monde. A chaque fois que je le croisais, il conseillait une lecture, une pièce de théâtre. Tel l'abeille il aimait butiner d'une œuvre à une autre, écrivant sur des bouts de papiers une pensée, une citation, une question..  Travailleur infatigable, Jack Ralite lit et relit des passages entiers de Saint-John Perse, de Bernard Noël, de  Julien Gracq, de René Char, de Mahmoud Darwich, de Neruda et d'Aragon,... C'est dans ces moments-là que se passe l'indispensable rencontre entre le politique et le poétique. De cette rencontre avec des œuvres, des  auteurs     naissait sa pensée, pleine de fulgurances, ouvrant des chemins encore en jachère alimentant sans cesse notre propre réflexion sur l'art et la politique, la liberté du créateur, le théâtre, la beauté des choses. 

Il a été de tous les combats pour la liberté de création en France comme dans le monde. 

Encore aujourd'hui, il m'arrive de relire ses interventions au Sénat. Orateur hors pairs, il mettait par sa verve, ses arguments et par toujours quelques citations bien choisies, le public et ses adversaires  politiques dans la poche. Il les subjuguait.  Parce qu'il mettait sa culture, la culture au service des gens, de sa propre pensée. 

Dans un de ses derniers textes paru le 1er mars 2017 dans son journal l’Humanité, il écrivait avec 
Meriem Derkaoui, maire d'Aubervilliers, Lucien Marest ancien responsable du secteur Culture du PCF,  : 

« les œuvres sont intransigeantes et ce qui peut aussi améliorer leur  appropriation par le plus grand nombre, c'est d'abord le recul des inégalités sociales et ­territoriales qui ont tendance à ­exploser en  ces temps où la précarité, le chômage de masse, les bas salaires, le culte de la violence, l'idéologie ­asservissante du divertissement rendent difficile et quelquefois impossible une nouvelle rencontre 
entre le peuple et la culture. » 

  Cela « résume » pour moi, l'action de  Jack Ralite. 

Il aimait sa ville, Aubervilliers. Et les habitant.e.s le lui rendaient  bien. Il voulait le meilleur pour les habitant.e.s . Il a été un des artisans de la décentralisation culturelle. Il est à l'initiative de la  création à Aubervilliers du premier centre dramatique national de la décentralisation ouvert,  le théâtre de la Commune, dirigé par Gabriel Garran. 

Les habitant.e.s, il les considérait comme des « experts du quotidien ». Parce qu'ils étaient des experts , il fallait écouter, entendre leurs détresses, leurs souffrances, mais aussi leurs espoirs, 
leurs revendications. Il les portait avec fidélité dans chaque hémicycle, chaque tribune où il pouvait se faire entendre. Son combat contre les injustices, contre les inégalités nous les faisons nôtres. 

Nous faisons nôtre cette conviction que le système capitaliste a fait son temps, et qu'il y a besoin d'inventer, de créer un nouveau monde qui respecte chaque être vivant. 

Jack était un passeur, un passeur d'idées, un passeur d'actions, un passeur de mots. Nous prenons avec fierté le passage de témoin qu'il nous a transmis. 

Dans sa ville, il a su passer le relais à Pascal Beaudet, et à Meriem Derkaoui qui à leur façon poursuivent son action. 

Aux habitant.e.s d'Aubervilliers, à sa maire et ses élu.e.s, aux  artistes, aux femmes et hommes de culture, aux communistes, à ses proches, à ses ami.e.s, à sa famille, à Denis, Sophie, Pascal et leur 
maman Monique, je présente toutes mes condoléances, et celles du PCF, toute mon amitié, et ma solidarité. 


Pierre Laurent 
secrétaire national du PCF 


Paris, 12 novembre 2017

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 18:38
photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

Notre camarade Valère Staraselski, auteur de plusieurs livres sur Aragon,  était présent à Morlaix ce samedi 11 novembre à la librairie Dialogues pour dédicacer son dernier ouvrage sur la Fête de l'Humanité et son roman sur le passé de la Pologne pendant l'occupation nazie, "Le Parlement des cigognes". 

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Résumé de l'éditeur - pour "Le Parlement des Cigognes"

Le Cherche Midi 

Cracovie, au cœur de l'Europe : durant la visite d'une galerie de peintures, de jeunes français rencontrent un vieillard insolite portant nœud papillon en laine et canne à pommeau. Il se tient immobile devant un tableau représentant des cigognes. Qui est cet homme si irradiant d'énergie ?

Au travers d'un récit bouleversant, le vieil homme témoigne de son expérience dans un pays jadis asservi par les nazis. Il livre cette part de vérité sans laquelle il n'est pas de liberté possible. Cette vérité irréparable que l'on porte en soi pour toujours.

Une poignante leçon d'histoire.

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Plusieurs adhérents de la section PCF de Morlaix ont pu échanger avec Valère au cours d'un moment chaleureux. 

La Fédération du Finistère du PCF devrait inviter Valère Staralselski pour une conférence-débat sur Louis Aragon au début de l'année 2018. 

Voici quelques photos prises par Jean-Luc Le Calvez.  

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

photo Jean-Luc Le Calvez 11 novembre 2017 - dédicace Valère Staraselski à Dialogues Morlaix

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 18:04
Parti communiste. « Casse des services publics : partout on déshumanise » (Ouest-France, 12 novembre 2017)

http://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/parti-communiste-casse-des-services-publics-partout-on-deshumanise-12-11-2017-11737436.php

Dans un communiqué, la fédération du Finistère du Parti communiste français, s'élève « contre la casse des services publics dans le Finistère, [...]notre patrimoine commun, des outils de vie quotidienne et d'aménagement du territoire qui sont en danger ».

Le Parti communiste affirme « tout particulièrement (sa) solidarité avec le mouvement des postiers et facteurs en grève, parfois depuis une semaine, à Carhaix, Briec, Quimperlé. Les annonces sur un déplacement du centre de tri de Brest à Rennes nous inquiètent aussi fortement.

Nous soutenons les revendications des cheminots de la gare de Quimper qui luttent contre la réduction des horaires d'ouverture et la suppression des postes de guichets en gare de Quimper et Châteaulin.

Partout, on déshumanise, gare après gare, l'accueil des usagers du train. La presque totalité des cheminots de la gare de Quimper se sont mis en grève, deux vendredis consécutifs, afin d'empêcher ces mesures et le conflit est toujours en cours.

C'est, plus largement, également tous les fonctionnaires (santé, maisons de retraite, éducation, services sociaux...) qui sont confrontés aux réductions massives de postes (emplois aidés...) et moyens financiers alors que les besoins n'ont jamais été aussi grands ».

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 15:59
Grève à la Poste, chez les Cheminots, interpellations des personnels de la santé, des finances publiques, multiplication des mouvements de luttes des fonctionnaires pour la défense des services publics dans le Finistère: communiqué du PCF 29

A Brest, le 10 novembre 2017 

 

Communiqué du Parti Communiste Français, Fédération du Finistère:

 

Casse des services publics dans le Finistère, cela ne peut plus durer! 

 

La Fédération du Parti Communiste Français du Finistère apporte son soutien aux travailleurs et à leurs syndicats qui luttent et résistent contre la casse de leurs emplois, leurs conditions de travail et la réduction des services publics à la population. Les usagers sont souvent de la partie aussi pour défendre ces services publics, à travers la création de comité de défense des hôpitaux de proximité, du rail, des services postaux, car c'est notre patrimoine commun, des outils de vie quotidienne et d'aménagement du territoire qui sont mis en danger. 

 

En ce moment, nous  affirmons tout particulièrement notre solidarité avec le mouvement des postiers et facteurs en grève, parfois depuis une semaine, à Carhaix, Briec, Quimperlé.  Les annonces sur un déplacement du centre de tri de Brest à Rennes nous inquiètent aussi fortement.  

 

Nous soutenons les revendications des cheminots de la gare de Quimper qui luttent contre la réduction les horaires d'ouverture et la suppression des postes de guichets en gare de Quimper et Châteaulin. 

 

A Quimper, les horaires d'ouverture aux guichets se réduisent considérablement: 3 guichets sont ouverts en semaine au lieu de cinq actuellement et tous les guichets seraient fermés le dimanche. C'est inacceptable. Partout, on déshumanise gare après gare l'accueil des usagers du train. La presque totalité des cheminots de la gare de Quimper se sont mis en grève 2 vendredi consécutifs afin d'empêcher ces mesure et le conflit est toujours en cours. 

 

De même, nous avons des grosses inquiétudes sur le remplacement des TGV par des TER sur la ligne Rennes-Quimper alors que les trafics doivent augmenter et que les efforts et investissements ont été fait en grande partie par les bretons.

 

Nous affirmons également aussi notre soutien total aux agents des Finances Publiques qui luttent et souffrent face à la réduction de leurs moyens alors que la fraude fiscale n'a jamais été aussi grande, comme le montrent les tristes exemples des Panama et Paradise papers, symptôme du fonctionnement ordinaire d'un capitalisme rapace. Là aussi, les guichets sont de plus en plus fermés, des jours entiers, pour les usagers des centres de Finances Publiques et les Trésoreries locales ferment les unes après les autres, avec une perte sèche par rapport à leurs activités de conseil et de proximité. 

 

C'est plus largement, également tous les fonctionnaires (Santé, Maisons de retraite, Education, Services sociaux...) qui sont confrontés aux réductions massives de postes ( emplois aidés... ) et moyens financiers alors que les besoins n'ont jamais été aussi grands.

 

Le choix du moins-disant social, de la privatisation et d'une société fondée essentiellement sur le marché contre le service public a été clairement fait par Macron, et il le mettra en oeuvre de manière encore plus violente probablement que ses prédécesseurs Messieurs Chirac, Sarkozy et Hollande. 

 

Face à ces régressions tout azimut qui transforment en profondeur notre société en laissant la part belle au business contre les intérêts du peuple, à la compétition, au libre jeu des inégalités, contre les objectifs d'intérêt général portés par les services publics, les communistes sont solidaires et dans l'accompagnement de toutes les luttes, de toutes les tentatives pour inverser le cours des choses, car le service public est un choix de civilisation et l'héritage de conquêtes sociales et démocratiques auxquelles nous avons amplement contribué.  

 

Non, à l'évidence, ce qui est moderne, ce n'est pas le néo-libéralisme, ce n'est pas de tout livrer aux appétits marchands, de tout déréguler, de tout mettre en concurrence, avec à la clef, un abandon de territoires et de populations entières, particulièrement dans notre Pen-ar-Bed, et dans nos zones rurales. 

Grève à la Poste, chez les Cheminots, interpellations des personnels de la santé, des finances publiques, multiplication des mouvements de luttes des fonctionnaires pour la défense des services publics dans le Finistère: communiqué du PCF 29
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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:55
Hervé Hamon

Hervé Hamon

J'ai sous les yeux le rapport annuel du Secours catholique sur la pauvreté en France. Autant dire que j'aimerais mieux lire Conrad ou Melville. D'autant que Véronique Fayet, présidente de l'association, n'y va pas de main morte. Première observation : ça dure. D'année en année, notre pays abrite - si j'ose écrire - 9 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, soit 1.015 euros par mois. La moitié sont actives, c'est-à-dire qu'elles touchent des salaires de misère. Beaucoup de familles monoparentales (un ménage sur trois), mais aussi des couples avec enfants. Et puis des « seniors », surtout des femmes veuves ou séparées. La pauvreté des étrangers pèse lourd. Sans papiers, réfugiés en attente d'un statut. Et même Européens, essentiellement Roms. Or, contrairement à la rumeur, insiste Véronique Fayet, ces derniers ont très peu recours aux aides, moins d'un tiers touchent le RSA alors qu'ils y auraient droit. Seconde observation. Cette pauvreté ne recule pas, et nous nous y habituons, nous en prenons plus ou moins acte. Non seulement une aile de la classe politique, des faiseurs d'opinion, crache sur les salauds de pauvres, dénonce leurs « abus », etc., mais, dit sans ambages Véronique Fayet, nos gouvernants pratiquent « une sorte de politique anti-pauvres » : baisse des allocations logement, suppression brutale de 200.000 contrats aidés, sans aucune concertation, accueil plus que parcimonieux des réfugiés et stigmatisation des exilés climatiques. Pendant ce temps-là, les « paradise papers » révèlent que l'optimisation fiscale n'est pas une déviance mais une méthode. Tous ces yachts planqués à Malte. Tous ces bénéfices nichés sous les cocotiers... En mai 68, on criait déjà « Enragez-vous ! ».
 

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