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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 07:02
Sébastien Jumel, à gauche, avec Pierre Darhéville et Elsa Faucillon, trois députés communistes brillants et combatifs

Sébastien Jumel, à gauche, avec Pierre Darhéville et Elsa Faucillon, trois députés communistes brillants et combatifs

«Je ne veux pas faire de critique implicite, je ne suis pas là pour commenter tous les faits et gestes de Jean-Luc Mélenchon» mais «la mobilisation sociale ne se décrète pas», a dit le député de la Seine-Maritime lors de l’émission «Questions d’info» LCP-Le Monde-franceinfo-AFP.

«Les syndicats s’y essaient avec force, avec sérieux, avec esprit de responsabilité, il leur appartient de continuer à travailler aux convergences nécessaires à bâtir pour faire grandir la mobilisation. Et nous, notre responsabilité politique, c’est de donner de la perspective, de l’espoir, un prolongement alternatif au mouvement social. Souvent, le mouvement social a du mal à émerger lorsque l’alternative politique a du mal à émerger elle-même», a poursuivi l’ancien maire de Dieppe.

«Quand on a affaire à un gouvernement aussi brutal», «multipliant les humiliations de classe, il n’y a pas de place pour la polémique dans l’opposition (...) On a des relations de travail efficaces avec les parlementaires (LFI), avec François Ruffin, avec Clémentine Autain, avec l’ensemble des parlementaires», a relevé M. Jumel.

«J’ai dit à Jean-Luc Mélenchon avec le sourire que j’étais trop insoumis pour être +Insoumis+. Je suis né dans un berceau de l’anarcho-syndicalisme, indiscipliné chez les communistes et trop insoumis pour être +Insoumis+», a expliqué l’élu.

«Les journalistes, et je ne les stigmatise pas en disant ça, ont considéré qu’il y avait une opposition à Macron. Non, il y a des oppositions, elles ont vocation à s’additionner, à multiplier leurs forces», selon lui.

«J’entends et je comprends que LFI va avoir un débat interne» sur la laïcité, a-t-il par ailleurs noté. «Pour ce qui nous concerne, les communistes, cette question est tranchée depuis longtemps: nous considérons qu’il y a vocation à ne stigmatiser aucune religion» et «que les religions soient dans la sphère privée ».

Quant à Benoît Hamon, «l’appel du Texas, c’est quand même pas l’appel du général De Gaulle à Londres», a ironisé M. Jumel en réféfrence à son appel depuis Austin (Etats-Unis) à une «alliance internationale» des «progressistes». «Benoît Hamon peine à crédibiliser son mouvement».

Libération, 9 novembre 2017

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:55
A Marseille, la Gauche Unie Européenne se réunit pour un forum des alternatives ces vendredi 10 et samedi 11 septembre: cette manifestation européenne de rencontre des gauches anti-libérales se terminera par un grand concert de soutien aux migrants aujourd'hui

400 participants et 100 partis représentés au forum européen de Marseille, organisé par le PCF, pour tracer des perspectives de convergence en Europe.

A Marseille, un Forum des gauches européennes pour mesurer "l'urgence de se rassembler" 

Marseille accueille vendredi et samedi un Forum européen à l'initiative du Parti de la gauche européenne, l'occasion pour les 400 participants de 30 pays attendus de travailler à "rassembler les forces de gauche dans leur très grande diversité", espère le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.

Côté français, si des membres du PCF, du Parti de Gauche, d'EELV, du PS ou du mouvement de Benoît Hamon sont attendus, aucun membre de La France Insoumise ne devrait prendre part au rassemblement --même si le chef de file du mouvement et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc Mélenchon est lui-même présent à Marseille ce week-end.

Évoquant la volonté de "faire face à la fuite en avant libérale" à l’œuvre selon lui en Europe et de "résister à la montée des extrêmes droites", Pierre Laurent a assuré que "tous ceux qui dans la gauche française [partageaient] cet objectif [étaient] les bienvenus, Jean-Luc Mélenchon évidemment le premier".

"Le défi de rassembler les forces de gauche est en réalité un défi qui existe dans l'ensemble de l'Europe. Il y a beaucoup de forces de gauche en Europe mais elles sont aujourd'hui à nos yeux trop dispersées. Face à l'urgence de la menace des droites et des extrêmes droites en Europe, nous avons le devoir de nous rassembler", a poursuivi M. Laurent lors d'un point presse.

"Si le Forum de Marseille peut aider les gauches françaises à reprendre au plus vite le travail de leur convergence et de leur unité, j'en serais le premier heureux", a-t-il ajouté.

"Il faut retrouver le sens du progrès social. L'Europe a été construite soi-disant pour faire une zone de prospérité, de développement social. On sait aujourd'hui que c'est l'inverse: L'Europe connaît de très graves inégalités, des précarités et des chômages massifs, et des politiques de déréglementation sociale, comme les ordonnances Macron en France qui détruisent les droits sociaux", a encore ajouté Pierre Laurent.

"Nous voulons un autre mode de développement pour l'Europe, qui soit un mode de développement social et écologique", a-t-il aussi poursuivi, annonçant également des manifestations organisées en soutien avec les migrants, sur le Vieux-Port de Marseille et dans l'enceinte même du Forum, avec un concert.

Le Forum, qui devrait être le premier d'une série de rassemblements organisés annuellement, sur le modèle du Forum de Sao Paulo en Amérique latine et dans les Caraïbes, rassemblera quelque 400 participants --membres de partis politiques, d'associations ou de syndicats.

#MEF17

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:30
photo Le Télégramme

photo Le Télégramme

9 h 49. Le TGV passe en gare de Morlaix mais ne s'arrête pas. Une erreur, selon des cheminots CGT qui étaient rassemblés hier matin, sur le quai, afin d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur une situation que les militants jugent « ubuesque ». 

C'est à l'initiative du syndicat des cheminots et de l'Union locale CGT qu'un rassemblement a eu lieu, hier matin, sur le quai de la gare, afin de dénoncer « une situation ubuesque ». En parallèle de la distribution d'un journal « 24 pages », qui balaye les grands enjeux du rail, de la situation des TER à la tarification, de la sous-traitance à la suppression de lignes ou de dessertes, les militants voulaient attirer l'attention des pouvoirs publics à l'occasion du passage du TGV Paris-Brest, « qui passe à 9 h 49, mais ne s'arrête pas » en gare de Morlaix.

« Plus de train entre 8 h 36 et 11 h 06 »


Jean-Yvon Ollivier et Loïc Le Gall, responsables des cheminots CGT, expliquent : « Le pays de Morlaix et la nouvelle gare ne bénéficient pas de la nouvelle ligne TGV. C'est le seul cas sur la ligne Nord-Bretagne. C'est un comble, après les investissements qui ont été réalisés ici ! ». Ils ajoutent : « Le train qui a quitté Montparnasse à 7 h ne s'arrête plus à Morlaix ; il n'y a donc plus de train entre 8 h 36 et 11 h 06. C'est dommage, car cela fait de fait une correspondance vers Brest en moins ! ». « Quelle importance cela a-t-il pour les voyageurs en provenance de la capitale ou de Rennes d'arriver deux à trois minutes plus tard à Brest ? », interrogent de leur côté les Morlaisiens. Et les responsables des cheminots CGT d'ajouter : « Pour l'économie locale, il nous semble important de pouvoir arriver à Morlaix avant 11 h 06 ». Nota : Le fameux train est passé hier matin devant eux avec 19 minutes de retard !
 

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:00
manifestation contre CETA à Brest au printemps 2016

manifestation contre CETA à Brest au printemps 2016

Le 18 novembre, journée de mobilisation sur tout le territoire!
      
Le CETA, "conçu à l'écart du processus démocratique" selon Emmanuel Macron, présente des risques importants pour des aspects essentiels de nos vies. Le CETA est entré en application provisoire le 21 septembre dernier, mais il n'est pas trop tard pour le stopper car il n'a pas été ratifié en France. Ratifié, il ouvrirait grand la porte à de nombreux traités similaires.
 
Le vendredi/17 à 20 H30 : conférence de Frederic Viale sur les conséquences du CETA  au Cheval Blanc Plourin les Morlaix
 
Le samedi 18 à 11  H manifestation à Morlaix place des otages (devant la mairie) 
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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 20:04
photo Pierre-Yvon Boisnard: intervention de Claude Bonnard pour la défense du monde associatif

photo Pierre-Yvon Boisnard: intervention de Claude Bonnard pour la défense du monde associatif

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

photo Pierre-Yvon Boisnard

communiqué d'appel à cette mobilisation du 10 novembre 2017 à Morlaix pour la défense du monde associatif mis à rude épreuve par la politique de Macron, l'austérité et la suppression des emplois aidés

communiqué d'appel à cette mobilisation du 10 novembre 2017 à Morlaix pour la défense du monde associatif mis à rude épreuve par la politique de Macron, l'austérité et la suppression des emplois aidés

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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 19:36
11 novembre 1940, les étudiants manifestent place de l'étoile conte l'occupation nazie et Vichy

11 novembre 1940, les étudiants manifestent place de l’Étoile !

Lu sur la page Facebook de Robert Clément 
 

La manifestation du 11 novembre 1940 et son retentissement, par Francis Cohen
Pour bien comprendre la manifestation des lycéens et étudiants sur les Champs Elysées le 11 novembre 1940, il faut se reporter en pensée à la situation d’alors.
Cinq mois ne s’étaient pas écoulés depuis l’entrée des troupes allemandes à Paris. La stupeur, le désarroi, la confusion qui avaient frappé la grande majorité de la population commençaient à peine à se dissiper. L’occupation n’avait pas encore révélé ses méfaits.
Les actes de résistance avaient commencé. Des petits groupes se formaient, mais on ne peut pas parler alors de mouvement organisé sur une grande échelle. De Gaulle était encore peu connu, contesté. Les premiers résistants (qui ne se désignaient pas encore sous ce nom) étaient inspirés par deux courants de pensée principaux, qui allaient peu à peu se rencontrer. Le premier, d’inspiration souvent nationaliste, voulait simplement (ce qui était déjà beaucoup!) continuer la guerre et se nourrissait de sentiments patriotiques et anti-allemands. Le second, nettement plus nombreux, était antifasciste, démocrate et républicain. C’est à ce second courant que se rattache l’action des communistes.
Le climat a l’université
Les universitaires, enseignants, étudiants et lycéens des grandes classes constituaient un milieu limité, particulier. L’antihitlérisme, le soutien au Front Populaire et à l’Espagne Républicaine y avaient laissé des traces profondes, malgré le munichisme de certains. Dans les lycées des beaux quartiers, le nationalisme, voire le militarisme, étaient endémiques.
Les révocations d’enseignants communistes, «franc-maçons» (lisez républicains) et juifs commençaient. Les nazis cherchaient à gagner les intellectuels en multipliant les conférences et les écrits de ceux d’entre eux, rares à vrai dire, qui adhéraient à l’idéologie hitlérienne.
Notre action d’étudiants communistes se déroulait dans ce climat. Nous dénoncions les atteintes à la culture française et, comme les autres communistes le faisaient dans leurs secteurs, nous défendions les revendications immédiates des étudiants (organisation et études, situation matérielle) qui les mettaient en conflit avec les autorités. Nous étions peu nombreux, mais très actifs. Nous agissions par tracts, journaux, papillons, bouche à oreille.
De leur côté, les universitaires communistes, non moins actifs, préparaient, entre autres, la sortie du journal clandestin l’ «Université Libre», dans un esprit de défense de la culture et de l’indépendance de la France, en diffusant notamment un Appel du PCF aux intellectuels.
L’arrestation de Paul Langevin
Deux événements marquants allaient se produire à la fin octobre 1940. Le premier était d’ordre général: c’était l’entrevue de Montoire entre Pétain et Hitler, le 24. Les choses commencèrent à s’éclairer: le mot et la notion de collaboration étaient lancés.
Le second allait secouer le Quartier Latin: l’arrestation le 30 octobre, par des officiers allemands, du professeur Langevin. Aussitôt, des tracts appelèrent à la protestation et à la manifestation. Ils émanaient des étudiants communistes et d’un Comité de Défense des Professeurs et Etudiants de l’Université de Paris qui s’était constitué clandestinement et réunissait des universitaires de tendances très diverses. Un appel fut lancé à manifester au Collège de France le 8 novembre, au moment où Langevin aurait dû faire son cours. Le 8, à 16 heures, dans un quartier envahi par les forces policières françaises et sillonné par des automitrailleuses allemandes, un grand nombre d’universitaires et d’étudiants se retrouvèrent et se massèrent silencieusement devant le Collège de France. En même temps, plusieurs dizaines d’enseignants et chercheurs s’introduisaient dans l’amphithéâtre où Langevin aurait dû être et écoutaient une brève allocution de Frédéric Joliot-Curie. La manifestation se conclut par un cortège d’une trentaine d’étudiants communistes qui parcourut le Quartier en criant «Libérez Langevin» et en chantant «La Marseillaise».
Du 8 au 11 novembre
La radio de Londres avait donné le conseil d’aller aux monuments aux morts le jour du 11 novembre. Le PCF avait lancé un mot d’ordre analogue. Sur cette base, était apparue l’idée d’aller silencieusement fleurir la tombe de l’Inconnu. Cette idée rencontrait le désir de manifester son patriotisme. Elle circula, fut reprise par des petits groupes plus ou moins structurés dans les facultés et les lycées, et atteignit de nombreux individus isolés.
Quant à nous, au début, nous n’étions pas partisans d’une manifestation à l’Etoile, craignant les provocations et les réactions des jeunes devant la répression violente que nous prévoyions. Nous préférions donner la consigne de manifestation devant les monuments au morts des établissements d’enseignement, où il nous semblait plus facile et plus sûr de rassembler les élèves et étudiants.
C’est au soir du 8 novembre, devant le succès de la manifestation pour Langevin, et aussi à cause des échos qui nous parvenaient sur l’accueil à l’idée de la marche à l’Etoile, que nous avons révisé notre position et nous nous sommes ralliés à cette idée. Nous avons consulté la direction du Parti, qui nous a donné son accord. François Lescure, qui était à la fois le représentant légal de l’Union Nationale des Etudiants à Paris et membre (avec Suzanne Djian et moi-même) du «triangle» de direction de l’Union des Etudiants et Lycéens Communistes illégale, a aussitôt fait adopter ce point de vue par le petit groupe des militants qui travaillaient autour de l’U.N.E. et des oeuvres sociales universitaires. Des tracts et des papillons ont été multipliés dans ce sens, le bouche à oreille mis en action.
La manifestation et son retentissement
Le résultat convergent de tous ces efforts organisés et des participations spontanées, individuelles et collectives, dépassa les attentes des antihitlériens et les craintes des nazis. Des milliers d’étudiants et surtout de lycéens se retrouvèrent l’après-midi du 11 novembre sur les Champs Elysées.
Certes, les quelque soixante jeunes filles et jeunes gens qui étaient alors explicitement membres de l’organisation communiste étudiante clandestine ne pouvaient pas former la masse des défilés. Mais ils constituaient la seule force organisée, agissant dans le cadre d’une force politique d’échelle nationale.
La police française était massivement présente. Il y eut intervention des forces allemandes, dont les véhicules blindés dispersèrent la foule. Il y eut des coups de feu, des blessés, des arrestations (environ 150 d’après diverses sources).
Le mythe de la correction allemande, le caractère idyllique de la toute neuve «collaboration» volaient en éclat.
En même temps, diverses composantes de ce qui allait devenir la Résistance Nationale s’étaient retrouvées, ou du moins avaient découvert qu’elles avaient quelque chose de fondamental en commun.
Pour une part, l’effet d’intimidation a pu jouer sur certains qui n’étaient pas préparés à se trouver en face d’une répression sanglante. Les conseils d’attentisme ont pu en être confortés. Mais c’est fort loin d’avoir été le résultat essentiel. Au contraire, c’est la détermination des patriotes et des antifascistes qui s’est trouvée renforcée. L’opinion publique a eu la révélation à la fois de l’existence de gens et de groupements prêts à manifester et du véritable visage de la «collaboration» naissante. C’est à juste titre que cette date est restée dans l’histoire comme un jalon capital dans le développement du mouvement de la Résistance.
 

(*) Une étude plus détaillée de ces événements, dont des éléments ont été repris ci-dessus, a paru sous la signature de Francis Cohen dans le numéro de janvier 1988 du Bulletin du Musée de la Résistance Nationale, «Notre musée» (88, rue Max Dormoy-94000 Champigny. Tél. 46.72.40.99.)
Francis Cohen

 

Lire aussi: 

Les communistes français dans la résistance avant l'invasion de l'URSS en juin 1941: relisons Albert Ouzoulias et ses "Bataillons de la jeunesse"

une conférence importante de Léon Landini prouvant que, quoiqu'en disent les révisionnistes, la résistance communiste a débuté bien avant le printemps 1941

 

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 05:41
Un discours important de Pierre Laurent sur la révolution d'Octobre et l'avenir du communisme (samedi 4 novembre, à l'occasion du mois d'initiatives sur la Révolution d'Octobre organisées par le PCF)

Article de l'Humanité du 6 novembre sur le discours de Pierre Laurent

« Rêvolutions »/1917-2017 : DISCOURS DE PIERRE LAURENT

La ré-invention du Parti communiste est la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire (Pierre Laurent)

Vous trouverez, ci-dessous et en pièce-jointe, le discours prononcé par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, samedi 4 novembre, à l'occasion de la clôture du mois d'initiatives autour de la Révolution (1917-2017).

Ce discours important porte à la fois sur le sens, la visée communiste, et sur l'actualité des combats communistes.

 

Chers amis, chers camarades,

En plein conflit mondial, il y a cent ans, le 20ème siècle s'est ouvert par une immense promesse : la Révolution d’Octobre.

Une révolution qui revendique « le pain, la paix, la dignité », dans une Russie tsariste en pleine décrépitude, qui tente de faire triompher l'appropriation sociale des travailleurs dans un monde capitaliste et impérialiste en pleine expansion et en pleine guerre.

Cette promesse d'octobre 1917, la magnifique exposition d'affiches disponible en cet Espace Niemeyer, les nombreuses conférences et débats qui se sont tenus, l'ont à la fois illustrée et fait revivre, en ont éclairé la portée.

- Je remercie Alain Gesgon, Lydia Samarbakhsh, Frédéric Genevée, Corentin Lahu, Marie-Pierre Boursier, l'ensemble des camarades bénévoles du PCF, qui, par leur présence et leur engagement ont assuré le succès de ce mois d'initiatives-

Ces 3 semaines autour de la Révolution russe de 1917 ont permis de réévaluer ce moment de l'histoire et de l'aventure révolutionnaire humaine. Elles nous conduisent depuis deux jours à réfléchir à l'actualité de l'idée de révolution aujourd'hui, pour mieux repenser les chemins de nouvelles révolutions.

On appelle souvent révolution en politique des moments d'accélération, de précipitation de l'histoire.

Ces trois semaines de réflexion nous auront aussi servi à prendre conscience des temps longs dans lesquels elles s'inscrivent.

 

Les journées d'octobre 1917 en Russie, ou celles de juillet 1789 en France, cristallisent des processus profonds, au cours desquelles se renforce et s'exprime la conscience populaire et politique de la nécessité de bouleverser les rapports sociaux.

Nous vivons une telle période, où se cherchent les voies de nouvelles révolutions des rapports sociaux.C'est pourquoi, pour nous communistes et révolutionnaires du 21ème siècle, ces 3 semaines furent aussi une invitation à réinventer, dans les conditions et les rapports de force d'aujourd'hui, les transformations révolutionnaires dont la France, mais aussi notre monde ont besoin.

Le capitalisme mondialisé est à la fois hyper puissant et dominateur, mais désormais miné par des contradictions dont l'ampleur le rende incapable d'assurer l'avenir et même à terme la survie de l'Humanité.

La révolution russe, son accélération en octobre 1917, ne nait pas de rien ; elle n'est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle plonge ses racines dans le développement du mouvement ouvrier et de la pensée de Marx, tout au long du 19ème siècle et dans celle de Lénine au début du 20ème.

 

Pour retrouver la portée qu'elle eut en France et en Europe, il faut entendre les âpres luttes de classes du 19ème siècle, les révoltes ouvrières si durement réprimées. Il faut entendre la révolte des canuts à Lyon, leur chanson « c'est nous les canuts, nous sommes tout nus... ».

Il faut entendre les prolétaires français partant « à l’assaut du ciel » selon la formule de Marx, à deux pas d’ici, avec la Commune de Paris.

72 jours d’héroïsme éblouissants .

72 jours conclus par la semaine sanglante avec l’écrasement de la Commune et près de 10 000 morts.

Dix semaines dont les révolutionnaires de toute l'Europe tireront beaucoup de leçons.

Pour entendre 1917, il faut avoir en tête Fourmies, ce 1er Mai 1891, sa manifestation pacifique pour demander la journée de 8 heures et la réponse implacable de la bourgeoisie qui voit là une insupportable atteinte à sa domination rapace, jusqu'à tuer de nombreux manifestants dont le plus jeune avait 11 ans et le plus âgé 30.


C’est dans ce monde-là que surgit 1917, dans ce monde où la machine de guerre des rivalités impérialistes se déploie à toute force, indifférente à la boucherie humaine qu'elle déchaîne, broyant les hommes et la nature et où, en 3 ans, plus de deux millions d'hommes trouvent la mort sur le seul Front oriental.

Face à ce système, l'idée socialiste que Balzac, déjà, avant Marx, nommait « communisme », progresse. Mais nulle part, à l'échelle nationale, elle ne parvient à l’emporter depuis la glorieuse mais si cruellement éphémère Commune de Paris.

Et surgit 1917.

En février, le peuple russe balaie le tricentenaire tsariste et, en octobre, en quelques jours, il fait basculer l’histoire du monde.

 

« La cause pour laquelle le peuple a lutté : proposition immédiate de paix démocratique, abolition du droit de propriété sur la terre des propriétaires fonciers, contrôle ouvrier de la production, création d’un gouvernement des Soviets, cette cause est assurée » dira le Comité Révolutionnaire dans sa déclaration du 25 octobre à 10 heures.

Dès le 26, c’est le Décret sur la paix face à la boucherie impérialiste de la Première Guerre mondiale .

Puis le 27, un projet de règlement sur le contrôle ouvrier qui donne aux ouvriers la maîtrise de l’entreprise.

La révolution s’étend dès lors tous azimuts.

Elle ébranle jusqu’au tréfonds les logiques impérialistes d'asservissement des peuples et, par là même, les fondements du colonialisme comme instrument de domination des plus grandes puissances.

Le décret sur la paix est plus clair que jamais :

« Si une nation est maintenue par la force dans les frontières d’un État donné, si, malgré le désir exprimé de sa part [...], on ne lui accorde pas le droit de trancher par un vote libre, sans la moindre contrainte, après l’évacuation totale de l’armée de la nation à laquelle elle est rattachée [...] la question des formes de son existence politique, alors son rattachement est une annexion, c’est-à-dire une conquête et un acte de violence »


Et bientôt, librement, la Finlande devient indépendante. Faut-il rappeler qu’au même moment, on razziait dans l’Empire français pour envoyer en première ligne les troupes coloniales ?

La Révolution d’Octobre, parce qu’elle touche au cœur du capital, parce qu’elle s’attaque en même temps à mille dimensions de l’aliénation et de l’exploitation, doit, dès sa naissance, faire face à une lutte des classes internationale féroce.

Tout est fait pour écraser ce spectre rouge qui hante l'Europe, annoncé par le « Manifeste du parti communiste » de Marx et Engels et qui cherche alors les voies de son incarnation mondiale dans le chaos de la guerre mondiale et d’un capitalisme éruptif.

Comment Octobre, malgré la propagande de guerre, aurait-il pu, dès lors, échouer à trouver le large écho mondial qu’il rencontra effectivement ?

Comment Marcel Cachin, directeur de L’Humanité, qui avait 2 ans au moment de l’écrasement de la Commune et 22 au moment de Fourmies, pouvait-il ne pas applaudir devant la jeune République des Soviets défrichant des territoires nouveaux dans l’histoire de l’humanité ?

Comment ne pas soutenir de toutes ses forces la promesse généreuse et fougueuse de ce « pays adolescent » pour citer Maïakovski ?

Ce pays qui semble donner des contours de chair à ce qui n’était qu’une sorte de rêve...

Bien sûr, aujourd'hui nous connaissons la suite, la logique de guerre imposée par les forces impérialistes coalisées, les tentatives de réforme de la Nouvelle Politique Economique (NEP) pour sortir de la crise et de la famine, la mort de Lénine, les promesses non abouties et puis, malgré l'essor économique, le processus émancipateur qui s'enlise dans un système contre- révolutionnaire, répressif, dictatorial et inhumain : le stalinisme.

C'est le paradoxe du grand souffle de 1917.

Il aura généré des processus révolutionnaires et anti-colonialistes qui auront balayé tout le siècle.

Il placera encore l'Union Soviétique, pourtant déjà saignée par les purges staliniennes, à la tête de la lutte contre le nazisme, prolongeant un temps son prestige de la libération.

Mais il aura inexorablement dégénéré vers un système stalinien monstrueux dont l'URSS ne se relèvera finalement jamais.


 

Nous n'oublions rien de cette histoire, ni le souffle de 1917, ni la puissance irrésistible d’un peuple qui décide de prendre en mains son destin ; ni l'impasse d'un système qui nie le pouvoir démocratique de ce peuple.

Pour nous, communistes français, la leçon a été longue et douloureuse à tirer. Mais elle est tirée définitivement.

Il n'y a pas de processus révolutionnaire abouti sans un développement ininterrompu de la démocratie, dans tous les domaines. Aussi âpre soit le chemin, la démocratie, l’action et la maîtrise consciente du processus politique par le peuple n’est pas négociable .

C'est la condition de la réussite.

est un fondement et une condition de notre projet politique.

En 1973, Georges Marchais (dont une exposition, qui succédera à celle-ci et sera inaugurée le 27 novembre, rappellera l’apport qui fut le sien, à l'occasion du 20ème anniversaire de sa disparition), publia un essai, « Le Défi démocratique » qui agira ensuite telle une onde de choc pour le PCF.

Ce défi démocratique était lancé, expliquait-il, tout à la fois à la société et au Parti communiste.

Il s’agissait de trouver une réponse neuve à une situation elle-même inédite, celle d’une crise globale et durable qui ne faisait que commencer.

Sa conviction était que cette réponse serait un progrès continu de la démocratie. La démocratie comme but et comme moyen de la révolution.

Cette réponse, nous la faisons nôtre aujourd'hui, avec une force renouvelée.

Nous la faisons nôtre dans l’échange et le travail commun avec chacune et chacun de ceux qui ne se résignent pas à un monde et à une société de plus en plus injustes et inégaux, avec chacune et chacun de ceux qui veulent décider de leur propre destin pour que les solutions à ce monde en crise soient imaginées, construites, réalisées par eux, dans le partage et la démocratie.

Oui, nous l'affirmons plus fort que jamais :

Nous ne combattrons jusqu'à la racine ce système capitaliste, où les richesses et les pouvoirs sont concentrés comme jamais. Nous ne le dépasserons pour une nouvelle logique de développement humain que si la démocratisation, la diffusion et l'extension des pouvoirs dans les mains du plus grand nombre est continue, que si se substituent aux logiques actuelles une utilisation solidaire et partagée des immenses richesses créées aujourd'hui par le travail et les savoirs.

Le capitalisme n'étendra plus les droits humains.

Il tente chaque jour désormais de les restreindre pour perpétuer sa domination.

L'émancipation humaine sera désormais indissociablement sociale, féministe, démocratique, écologiste et pacifiste.

Tel est donc notre cap : l'extension continue et planétaire des droits humains par la démocratie, pour le progrès social solidaire, l'avenir écologique, la liberté féministe, le refus de tout racisme, pour la maîtrise partagée des richesses et des savoirs et le droit à la paix.

Le 21ème siècle est le siècle qui, le premier, va se confronter, à l'échelle de la planète toute entière, à la question du post-capitalisme.

Le système capitaliste s’est mondialisé et a acquis, à la fin du 20ème siècle, une hégémonie politique provisoire.

Mais on sent bien qu’il se montre de plus en plus incapable de répondre aux nombreux défis contemporains, qu’il s’agisse de la justice et de l’égalité dans la mondialisation, des enjeux écologiques, de la nécessité d’un usage collaboratif du numérique ou encore de la qualité du travail avec des salariés qui sont de plus en plus formés grâce au progrès de l’éducation.

Le système capitaliste mondialisé n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine.

Le monde craque et le monde souffre. Il est entravé, dans ses développements, par les logiques de la rentabilité financière à outrance et par l’exacerbation de la concurrence alors qu’il faudrait développer la coopération et le partage.

L'heure est venue d’œuvrer concrètement au dépassement de ce système.

A l’heure du réchauffement climatique et des dégradations environnementales menaçant l’espèce humaine tout entière, qui ne voit que le capitalisme freine avec toute son énergie les révolutions écologiques nécessaires, comme l'atteste encore ces jours-ci l'affaire du glyphosate ?

A l'heure de la prolifération du terrorisme, né dans les plaies de la guerre, des inégalités, des prédations néo-coloniales, qui ose nommer la racine du mal, ce monde déréglementé, brutal, foncièrement inégal ?

A l’heure des trafics en tous genres, touchant tous les continents, qui est prêt à s’attaquer aux spéculations et spoliations financières qui nourrissent ces trafics au lieu de permettre le développement de l’humanité ?

Qui est décidé à s’attaquer à la privatisation des richesses du travail humain par le système bancaire et financier, aux 80 milliards d'€uros d’évasion fiscale soustraits à la France, aux 1 000 milliards d'€uros soustraits de l’UE (3 fois le budget de la France !), aux 14 000 milliards d'€uros (près de 50 fois le budget de la France, la 6e puissance mondiale !) qui grenouillent dans les paradis fiscaux ?

Cette terrible contradiction entre des possibilités inouïes de répondre aux besoins humains et un monde tiré en arrière par la rapacité des multinationales et l'obésité de la finance génère désormais un chaos et une instabilité politiques chroniques.

Les crises politiques frappent, presque successivement, tous les pays d'Europe, comme on l'on voit dernièrement en Espagne, avec aussi un sinistre retour au premier plan des extrêmes droites, notamment en Allemagne avec l'entrée au Bundestag des néo-nazis.

Ceux qui tiennent le manche l’ont bien compris, à commencer par le Président Macron qui n’a pas intitulé par hasard son livre de campagne « Révolution », et parle à propos de l'Europe d'une nécessaire « refondation ».

Les tenants de la classe possédante savent que le statu quo est impossible.

Mais leur révolution, c'est celle du Guépard de Visconti : « il faut que quelque chose change pour que tout continue comme avant ».

En réalité, nous vivons bien le temps des révolutions.

Les savoirs explosent, la productivité du travail est exponentielle et la révolution numérique bouleverse la donne.

L'ordre ancien craque car il paraît fou de n'utiliser ces immenses potentiels qu'au service d'une minorité mondiale de plus en plus restreinte mais de plus en plus indécemment riche et puissante.

Enfermé dans les logiques capitalistes, le monde, avec les immenses pouvoirs que donnent à ceux qui les détiennent les possibilités créatrices du 21ème siècle, devient dangereux.

Tout appelle à de nouveaux rapports sociaux et c'est cette révolution contre laquelle les tenants du système capitaliste s'arc-boutent.

La révolution, les révolutions deviennent dès lors l'objet d'une bataille d'idées intense et renouvelée.

Macron et les siens en ont conscience. Les révolutions, leur sens, se gagnent dans les têtes, dans la conscience politique de tout un chacun.

Cette conscience, ils la travaillent, là aussi avec une puissance médiatique qui a changé d'échelle. Ils essaient de la modeler pour leurs propres objectifs. Il leur faut imposer à tout prix l'idée que l'organisation normale de toute société suppose « des premiers de cordée » et l'immense masse des autres, « ceux qui ne sont rien » qui sont donc destinés à suivre les premiers.

Mais Monsieur Macron, qui étaient les premiers de cordée dans la Russie de septembre 1917 ?

Qui d'autres, sinon les oligarques tsaristes, les propriétaires des terres qui exploitaient les moujiks !

Karl Marx, dans cette extraordinaire anticipation, avait une fois de plus vu juste :

« Le capital [...] est en fait, dans son mouvement pratique, aussi peu déterminé par la perspective d’un pourrissement futur de l’humanité [...] que par l’éventuelle chute de la Terre sur le soleil. Dans toute escroquerie financière, chaque actionnaire sait que la tempête arrivera un jour, mais chacun espère qu’elle tombera sur la tête de son voisin après que lui-même aura recueilli la pluie d’or et l’aura mise en sécurité. Après moi, le déluge : telle est la devise de tout capitaliste ».

Alors, pour éviter le déluge, nous sommes devant un choix.

Car si la révolution qui pourrait libérer la société de ces entraves est vraiment à l’ordre du jour du 21ème siècle, cela ne veut pas dire qu’elle adviendra.

Si cette révolution des rapports sociaux ne se produit pas, nous pouvons au contraire aller vers un monde de plus en plus brutal, violent et inégalitaire, un monde où la domination de puissances multinationales risque de devenir extrêmement pesante, s'insinuant dans tous les choix de nos vies quotidiennes et dans le contrôle de nos libertés.

Une chose est sûre, les choses ne resteront plus en l’état.

Le monde est entré dans une instabilité très profonde.

A nous d'en faire émerger le meilleur et non le pire.

Le Parti communiste aborde ces défis de manière offensive.

Plus que jamais, nous n'entendons pas rester spectateurs des évolutions et révolutions en cours.
Nous entendons être des acteurs utiles à notre peuple pour qu'il prenne en main son destin.

L’humanité a les moyens à peu près de tout faire mais elle ne peut pas tout se permettre.

Mais qui alors va choisir ?

Qui se donnera les moyens de choisir ?

Qui décide ce que l’entreprise doit produire, où elle doit produire, de quelle façon, par quelles méthodes, en utilisant quelles matières premières, quelles énergies ?

Ces décisions sont aujourd’hui aux mains des seuls représentants des actionnaires. Et on sait qu’ils n’ont qu’un cap : les dividendes.

Est-ce raisonnable ? Est-ce humainement tenable ?

Un immense mouvement pour la démocratie doit permettre aux salariés, aux chercheurs, aux agriculteurs, aux citoyens, aux habitants de quartiers, aux locataires, aux jeunes, aux étudiants et lycéens, aux usagers des services publics… de maîtriser les lieux de pouvoir ou d’en créer de nouveaux.

De nouvelles formes de démocratie et d'appropriation sociale, participatives, coopératives, délibératives, doivent étendre considérablement le champ actuel des pouvoirs populaires.

Comment travailler, au service de quels objectifs, dans l'intérêt de qui ?

Comment produire, consommer, faire société dans la ville et sur tout le territoire ?

Comment s'émanciper individuellement dans la solidarité du développement de tous ?

Chacune de ces questions a droit à une réponse démocratique à mille lieux de la confiscation et de l'opacité de la plupart des pouvoirs aujourd'hui.

Le communisme, pour nous, c'est précisément le mouvement continu de cette émancipation humaine contre toutes les dominations, toutes les aliénations.

C'est un mouvement continu de conquête démocratique.

Le communisme est avant tout un processus pour une mise en commun des capacités humaines et des ressources naturelles démocratiquement décidée, progressivement construite et sans cesse renouvelée.

L'invention d'une nouvelle République, d'un nouvel âge de la démocratie est au cœur de notre projet communiste.

Dans le monde interdépendant qui est le nôtre, cette bataille des pouvoirs se mène à toutes les échelles, locale, nationale, européenne, mondiale.

La révolution aujourd'hui est multiforme et elle ne se résume pas à la seule conquête du pouvoir d'Etat, aussi important soit cet enjeu, à la condition de repenser ainsi très profondément la formation de l'état.

Nous voulons, partout et en toutes circonstances, susciter, encourager les mouvements pour des conquêtes citoyennes, concrètes, immédiates.

En construisant des services publics, en créant la Sécurité sociale, les colonies de vacances, le tourisme social, la politique du logement social…, les communistes ont œuvré à la révolution contre les pouvoirs du capital.Aujourd'hui, ce sont toutes les pratiques et les expérimentations sociales, démocratiques, écologiques qui sont les terrains de ces luttes.Nous voulons rendre notre communisme plus quotidien, plus concret, mieux ancré dans les contradictions de l'époque.


Nous devons nous-mêmes construire des pouvoirs sur les moyens considérables que nous offrent les technologies numériques.

 

Nous voulons, en multipliant les initiatives de solidarités concrètes, les espaces citoyens de délibérations, les fabriques solidaires, libérer toutes les énergies démocratiques, leur donner sens et possibilité de s’associer.

En un mot, nous voulons faire le pari d'un nouveau progrès humain en chemin contre les logiques qui en entravent le développement.

Pour plagier Saint Just, nous affirmons que le progrès social et écologique est une idée neuve en France et en Europe !!!

 

C'est pourquoi, par exemple, nous venons de décider de tenir, face à l'offensive anti-sociale de Macron, des Etats Généraux du progrès social, le 3 février 2018.

Car notre résistance n'est pas défensive, elle est porteuse de projet.

Nous allons, dans les jours qui viennent, mettre à disposition des Cahiers du progrès social pour soumettre nos propositions, recueillir celles des citoyen-ne-s, des salarié-e-s, acteurs associatifs, culturels, économiques…

Ensuite, nous organiserons une première étape nationale de cette campagne, le 3 février prochain, par la tenue d'états généraux du progrès social, ouverts à tous les citoyen-ne-s et à toutes les forces qui partagent cette démarche.

Ils seront un lieu où se mêleront les témoignages des luttes, l’expression des revendications, mais aussi et surtout les propositions et la construction de solutions.

Un lieu aussi où d'autres étapes de cette campagne pourront être proposées pour porter, par la mobilisation populaire, les mesures indispensables à une révolution sociale.

Faire révolution aujourd'hui, c’est donc pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des individus, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie.

La révolution du 21ème siècle, nous la concevons comme un processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes.

En effet, quelle que soit la poussée révolutionnaire, émancipatrice ou démocratique, où qu'elle se produise, elle a besoin d'une dimension internationale pour tenir dans la durée.

Sinon, les logiques de la mondialisation et la puissance de concentration du capital financier deviennent des obstacles difficilement surmontables. Voilà pourquoi, nous nous attelons à la construction de convergences des luttes solides et durables entre forces européennes comme nous le ferons les 10, 11 novembre lors du Forum européen de Marseille.

La question écologique, la question de la paix, oui une nouvelle fois de la paix quand tant de menaces pèsent à nouveau, la lutte contre le pouvoir des transnationales sont des enjeux majeurs de cette lutte mondiale.

Le combat féministe, la conquête d’une égalité pleine et entière des femmes est assurément aussi l’un des chemins les plus puissants de la nécessaire révolution des rapports sociaux au 21ème siècle.

Nous n'oublions pas qu'en Octobre 1917, lorsque le « gouvernement ouvrier et paysan » est mis en place, Alexandra Kollontaï fait partie de ce gouvernement.

C’est la première femme ministre au monde.

En France, à cette époque, les femmes n’ont même pas le droit d’avoir un compte bancaire à leur nom !

Et le PCF, près de 10 ans plus tard, sera poursuivi en justice pour avoir présenté des femmes aux élections municipales !

Ce combat, les femmes qui prennent aujourd'hui la parole contre les violences sexuelles nous le rappellent avec force, est très largement devant nous.

C’est la conjugaison de tous ces mouvements, leur capacité à trouver du sens en commun qui feront ou non un processus révolutionnaire.

C’est pour mener ce combat avec une efficacité repensée que le Parti communiste veut changer, mener à bien le processus de sa propre révolution.

Les communistes fixeront dans quelques jours l'ordre du jour de leur Congrès, lors de l'assemblée des animatrices et animateurs de section qui se tiendra à la Cité des Sciences de la Villette, le 18 novembre prochain.

La ré-invention du Parti communiste, pour en faire une force capable d'affronter ces défis, est la condition de sa fidélité à son idéal révolutionnaire.

Ce chantier, ces chantiers, nous allons les engager avec confiance et détermination.

Chers amis, chers camarades,

Cent ans après 1917, nous n'irons pas prendre d’assaut ce soir le central téléphonique et le Palais de l’Élysée.

Après 1789, 1871, 1917, 1945 puis 1968, c'est une autre révolution qui est à l'ordre du jour de l'humanité, de nouveaux chemins de révolution que nous avons à ouvrir ensemble.

En 2017, face aux défis gigantesques qui s'additionnent, il est temps qu'une implication populaire durable, et non seulement insurrectionnelle, pousse et prolonge dans tous les domaines, par la conquête citoyenne permanente, les processus révolutionnaires qui cheminent et se cherchent.

Cette implication, c'est ce que nous nommons « Le communisme de nouvelle génération ». et c'est à la penser que nous aurons consacrés avec bonheur ce mois de débats.


Pierre Laurent, secrétaire national du PCF,

Paris, le 4 novembre 2017.

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9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 05:20
Une plaque sur l'ancienne corderie de la Madeleine (brasserie Coreff ensuite) pour rendre hommage aux Tirailleurs Sénégalais ayant séjourné à Morlaix en 1944 et aux martyrs de Thiaroye: participez à la souscription citoyenne!

L'inauguration de la plaque se fera le lundi 4 décembre vers 18h.

 

L'auteur du livre "Thiaroye 1944", Martin Mourre sera présent ainsi évidemment que Anne Cousin. 

 

Thiaroye 1944

 

Martin Mourre, Thiaroye 1944. Histoire et mémoire d'un massacre colonial, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2017, 240 p., préface d'Elikia M'Bokolo, postface de Bob B. White, ISBN : 978-2-7535-5345-3.

Notice publiée le 04 mai 2017

Présentation de l'éditeur

Ce livre prend pour objet les représentations d'un massacre colonial, la répression sanglante de tirailleurs sénégalais, ces soldats ouest-africains de l'Empire français, survenue au camp de Thiaroye, à proximité de Dakar, le 1er décembre 1944. Plus de soixante-dix ans après les faits, cet événement reste un sujet de controverse historiographique. Ce qui a longtemps été considéré par l'armée française comme une mutinerie, apparaît plutôt comme une tuerie organisée par les officiers coloniaux présents à Dakar.
C'est ce que démontre un long et patient travail sur les archives de ce drame. De plus, cet ouvrage retrace les réappropriations passées et actuelles de cet événement au Sénégal, à travers diverses temporalités permettant de lire la trajectoire de la nation sénégalaise postcoloniale en suivant la mobilisation d'imaginaires historiques. Aujourd'hui, au Sénégal, les représentations attachées à l'événement du 1er décembre 1944 apparaissent comme un des paradigmes de la mémoire coloniale.
Décrire ces usages du passé sur plusieurs décennies permet alors d'envisager l'articulation entre des mémoires dominantes – officielles ou non –, des formes particulières de rappel du passé et le rôle de ce passé dans certaines dynamiques identitaires.

Auteur

Martin Mourre

Martin Mourre est docteur en histoire de l’École des hautes études en sciences sociales et en anthropologie à l’université de Montréal. Ses recherches portent principalement sur l’histoire politique et mémorielle du Sénégal au XXe siècle. Il s’intéresse également à une sociohistoire des armées ouest-africaines depuis l’époque coloniale jusqu’à aujourd’hui.

Une plaque sur l'ancienne corderie de la Madeleine (brasserie Coreff ensuite) pour rendre hommage aux Tirailleurs Sénégalais ayant séjourné à Morlaix en 1944 et aux martyrs de Thiaroye: participez à la souscription citoyenne!

 

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http://www.editions-harmattan.fr/catalogue/couv/f/9782296550018f.jpg
 

RETOUR TRAGIQUE DES TROUPES COLONIALES

Morlaix-Dakar, 1944
Anne Cousin
Préface de Anne Guillou

 

On estime à 31000 le nombre de morts issus des colonies dont 14000 tirailleurs sénégalais. Fin 1944, l'armée de libération "blanchit" ses troupes, les Africains sont rapatriés. 2000 tirailleurs vont embarquer de Morlaix à bord du Circassia pour Dakar. Un vent de révolte va souffler. Certains refusent de partir en l'absence du règlement de leurs soldes. Ceux qui arrivés à Dakar feront valoir leurs droits seront payés avec des balles.

 

Lire aussi: 

Comment les autorités françaises ont spolié, humilié, massacré les tirailleurs Sénégalais parqués à Morlaix à l'automne 1944.

Tirailleurs sénégalais: la patrie bien peu reconnaissante (L'Humanité, 30 décembre 2016)

 

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 14:11
Contre la politique du Président des riches, tous dans la rue le 16 novembre!

Contre la politique du Président des riches, tous dans la rue le 16 novembre !

 

Face à la politique d'Emmanuel Macron et de son gouvernement, faisons-nous entendre ! Refusons la casse du code du travail avec les ordonnances. Dénonçons les dispositions inégalitaires votées dans le budget (ISF, APL, réforme impôt sur les hauts revenus...) qui viendront enrichir les plus fortunés. Mobilisons-nous pour l'hôpital public et et les services publics lourdement menacés.

 

Rendez-vous le jeudi 16 novembre

Une autre utilisation de l'argent est possible, les communistes proposent :

Reprendre l'argent :

  • Suppression de la réforme de l'ISF : +3,2 Mds d'euros

  • Suppression de la taxe unique à 30 % et de la baisse de la taxe sur les transactions financières : 4 Mds d'euros

  • Suppression de la baisse de l'impôt sur les sociétés : +1,2 Mds d'euros

  • Suppression du CICE : +28 Mds d'euros

  • Plan de lutte contre l'évasion fiscale : 7 Mds d'euros

Répondre aux besoins humains :

  • 28 Mds d'euros pour le pouvoir d'achat : annulation augmentation de la CSG, baisse de la TVA sur les produits de 1ere nécessité, rétablissement de la demi-part des veuves et veufs

  • 6,5 Mds pour l'hôpital public et la Sécurité sociale

  • 5 Mds en faveur de l'école publique et de l'éducation

  • 3 Mds pour les collectivités locales et les services publics

  • 2,5 milliards d'euros pour le logement

 

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8 novembre 2017 3 08 /11 /novembre /2017 07:29
Les députés communistes engagés contre l'évasion fiscale

Depuis de nombreuses années, les députés communistes font des propositions pour lutter contre l’évasion fiscale qui n’ont jamais été retenues par les Gouvernements en place. Ainsi, dans le cadre du budget pour 2018, ont-ils porté et défendu des amendements visant à récupérer 30 à 40 milliards d’euros sur 5 ans. Ces propositions ont tous été rejetées par la majorité, et pour cause, il ne s’agit pas d’une priorité pour l’exécutif. Sous la majorité précédente, les députés ont voté, à une très large majorité, une résolution de notre groupe appelant le Gouvernement français à initier une « COP de la finance mondiale », sur le modèle de la conférence sur le climat. Depuis, malgré ce vote de la représentation nationale, l’exécutif n’a toujours pas pris d’initiatives auprès des Nations-Unies pour combattre les dérives de la finance mondiale, de la fraude et de l’évasion fiscale. Nous attendons désormais, comme la majorité de nos concitoyens, que le Gouvernement prenne ses responsabilités pour agir enfin en faveur du plus grand nombre et non une poignée de privilégiés

Les députés communistes engagés contre l'évasion fiscale
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