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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 05:51

Avec la perspective d'une nouvelle loi sur la transformation de l'économie, le gouvernement d'Édouard Philippe pourrait bien procéder à de nouvelles privatisations dans la droite ligne de la loi Macron et des politiques libérales précédentes.

 

Attention, sabordage en vue. En 2018, Emmanuel Macron et son gouvernement pourraient bien préparer une nouvelle loi sur « la transformation de l'économie ». Et son cortège de privatisations. C'est en tout cas ce qui se dit dans les couloirs du ministère de l'Économie et des Finances et que relève le Monde des 13 et 14 août. Bruno Le Maire, locataire de Bercy, souhaiterait en effet étendre sa loi-cadre censée aider les petites et moyennes entreprises (TPEPME) à « toutes les sociétés, quelle que soit leur taille ». Avec un calendrier mené tambour battant comme le reste des mesures de ce gouvernement de la République en marche (LREM). Parlementaires, patrons et organisations de salariés seraient consultés en automne prochain, tandis que des start-up et des sociétés de conseil devraient collaborer avec le ministère de l'Économie pour « élaborer des propositions ». Le texte devrait quant à lui être transformé en projet de loi dans la foulée (premier trimestre 2018) par Bruno Le Maire et Benjamin Griveaux, son secrétaire d'État.

 

DÉRÉGULATIONS TOUS AZIMUTS

Cette annonce de dérégulations tous azimuts n'est pas une surprise venant d'un gouvernement choisi sur mesure par Emmanuel Macron. Avant d'occuper les bureaux de Bercy sous le quinquennat Hollande, celui-ci avait déjà pointé les secteurs publics de l'économie et les acquis sociaux à démanteler lorsqu'il a rédigé le rapport de la commission Attali en 2008. Aux manettes de l'économie française de 2014 à 2016, il s'est empressé de joindre le geste à la parole en libéralisant le transport interurbain par autocar et en dérégulant le travail du dimanche. Avec la promesse de créer 22 000 emplois et de décupler la croissance dans les commerces désormais ouverts tout le week-end, on allait voir ce qu'on allait voir. Las, deux ans après la promulgation de la loi Macron à coup d'article 49-3, il serait pourtant bien hasardeux de défendre ces mesures pour justifier de poursuivre dans cette voie. L'horizon des 22 000 emplois créés s'éloigne de plus en plus avec à peine 1 500 nouveaux postes comptabilisés par les services ministériels.

Les alléchants prix bas affichés pour concurrencer le rail se sont bien vite heurtés au mur de la rentabilité économique, qui a conduit deux sociétés de bus (sur les cinq présentes au moment de la libéralisation) à mettre rapidement la clé sous la porte. Quant au travail du dimanche, même les économistes libéraux étaient forcés d'admettre que son effet sur le chiffre d'affaires des commerçants était insignifiant, les dépenses de consommation se répartissant sur une durée plus longue sans pour autant augmenter.

 

CONTINUITÉ IDÉOLOGIQUE

Sans efficacité prouvée, pourquoi alors s'obstiner à privatiser si ce n'est par continuité idéologique ? La réponse est sans doute à chercher dans ces libéralisations qui se profilent avec cette future loi sur la transformation de l'économie prévue pour l'an prochain. Une idée fixe d'Emmanuel Macron, qui, après avoir sorti discrètement par la fenêtre son projet #noé (« nouvelles opportunités économiques ») destiné à favoriser l'entreprise et mort-né face à la mobilisation contre la loi travail, s'apprête à le faire revenir par la porte. Plus ravageur encore puisque, en juillet dernier, dans une réponse à la question écrite de la sénatrice Fabienne Keller (LR), Bruno Le Maire annonçait déjà que le gouvernement allait « céder les participations de l'État dans un certain nombre d'entreprises publiques », avec des mesures prises, selon lui, dès le mois de septembre. Même si les secteurs concernés ne sont pas tous connus pour l'instant, des risques pèsent sur des activités comme les réseaux téléphoniques ou encore l'aviation civile. Là encore, on peut y voir la poursuite de mesures déjà prises sous le mandat de François Hollande puisque, dans la loi qui portait son nom, Emmanuel Macron avait déjà procédé à l'ouverture du capital d'aéroports régionaux tels que Toulouse, Nice ou Lyon. Au prétexte de dégager des fonds à hauteur de 10 milliards d'euros pour financer de « l'innovation », le gouvernement pourrait céder aux appétits de Vinci, qui lorgne depuis longtemps sur Paris Aéroport (anciennement Aéroports de Paris), dont la société est déjà actionnaire à hauteur de 8 %.

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 05:49

Nicolas Pluet Militant communiste à La Ciotat

 

Le Jour du dépassement correspond au moment où l'humanité a consommé l'ensemble des ressources naturelles renouvelables que la terre peut générer en une année. En 2017, le jour du dépassement tombe le 2 août. Il faudrait donc 1,7 planète pour couvrir les besoins de l'année. Selon la même méthode d'estimation, par l'ONG états-unienne Global Footprint Network, en 2007, c'était le 19 août ; en 1997, le 2 octobre ; en 1987, le 25 octobre ; en 1977, le 13 novembre ; en 1971, le 24 décembre. L'humanité, en 1971, s'engageait dans la logique du dépassement...

Cette course au gouffre pose à toute l'humanité un problème majeur et nous alerte tous. Mais le silence quasi général sur quelques questions essentielles est atterrant. Combien faudrait-il de planètes dans un monde où nous en aurions fini avec les scandales les plus gigantesques ?

• Les 500 millions d’individus les plus riches vivant sur la terre (soit 7 % de la population) sont responsables d’environ la moitié des émissions mondiales de CO2, alors que les 50 % les plus pauvres ne produisent que 7 % des émissions. Et on estime que 90 % des personnes concernées par les désastres « naturels » liés au réchauffement habitent dans des pays ou régions pauvres…

• 2016 : les huit personnes les plus riches du monde ont plus que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Combien de milliers de planètes faudrait-il pour généraliser le niveau insensé de leur gaspillage ?

• 2014 : 80 % de la population mondiale se contente de 5,5 % des richesses.

• Les échanges mondiaux de marchandises ont été multipliés par 200 depuis 1950, quand le PIB mondial n’était multiplié que par 7. Objectif : mettre en concurrence les peuples, à qui acceptera le salaire le plus bas.

Conséquences : surexploitation, profits, ruine des paysanneries, profits, explosion des transports internationaux, profits, explosion des émissions de CO2, profits.

• 1 680 milliards de dollars dans le monde en 2011 pour les armements. Deux fois plus qu’en 2002. Pour quelle utilité sociale ? Avec quels risques ? Avec quel impact sur la planète ?

• La durée de vie des équipements diminue, alors que les techniques sont plus fiables. L’obsolescence programmée multiplie les profits mais pèse sur la planète.

• La débauche mondiale de dépenses publicitaires s’accélère. En 2017, on en est à 500 milliards de dollars. Pour quelle utilité sociale ? Avec quel impact sur la planète ?

• Monsanto et d’autres nous inondent de pesticides. Le coût est triple : celui de leur production (environ 40 milliards de dollars dans les années 2000), celui des victimes humaines et animales, celui de la réparation. La fusion avec le géant Bayer laisse prévoir bien pire.

• L’hypertrophie de la finance (73,5 fois le PIB mondial en 2007) est l’outil principal de ces pillages et de ces dérives mortelles pour l’humanité et la planète.

Alors, décroissance ? Résolument oui ! Mais pour qui ? Et pour quoi ? Faisons décroître les richesses obscènes et les gaspillages des riches. Chez nous aussi. Une petite du patrimoine. Si toute la population française disposait de la même richesse que la tranche intermédiaire (le 5e décile), la situation de 40 % de la population s'améliorerait. Elle s'améliorerait même énormément pour les plus pauvres ; les riches seraient beaucoup moins riches et, globalement, la décroissance serait de 55 %... À l'échelle du monde entier, même logique, mais des marges encore plus grandes, car les 10 % les plus riches disposent de

Décroissance pour les industries d'armement ? Oui ! Beaucoup et vite ! Décroissance pour l'hypertrophie de la mondialisation capitaliste et ses dégâts croissance du gâchis d'équipement par des équipements durables et réparables. Décroissance massive de la production des pesticides. Décroissance de la publicité, pour aller vers une simple information. Laisser l'essentiel des réserves de charbon, de pétrole et de gaz dans le sous-sol ? Oui, en commençant par réduire les consommations des pillages et des gâchis.

Posons ces questions en fonction de l’intérêt des classes sociales qui vivent de leur travail. Les possibilités d’actions unies deviendront immenses. Mettons en lumière que ces objectifs supposent de dépasser le système capitaliste pour en sortir enfin. C’est un chemin nouveau et indispensable.

À ceux qui font – très justement – observer que l’URSS en son temps fut responsable de considérables gâchis écologiques, n’ayons pas d’hésitation à dire que l’URSS fut surtout une forme de capitalisme d’État où le pouvoir n’était pas dans les mains du peuple. La très rapide reconversion des grands dirigeants russes vers le capitalisme mondialisé le prouve sans équivoque.

Demandons aux organisations qui sont capables d’évaluer le jour du dépassement de se poser les questions en ces termes, pour affiner leurs évaluations. La conclusion serait sans doute que, au prix de ces décroissances socialement sélectives, une planète devrait suffire au bon

 

« L'EMPREINTE ÉCOLOGIQUE » COMPTABILISE LA PRESSION EXERCÉE PAR LES HOMMES SUR LES RESSOURCES NATURELLES.

 

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 05:47

La série « Macron, première saison » s’achève. Voici le président rattrapé par le réel : une politique ancrée à droite ; des mesures impopulaires ; l’absence de relais politiques. Le chef de l’État va mettre les mains dans le moteur. C’est le moment où l’on se les salit et où l’on se fait pincer les doigts.

Emmanuel Macron a choisi de devancer Jean-Michel Blanquer. On sait le grand projet du ministre de l'éducation : accueillir en chansons et en musique les élèves du primaire et du secondaire dans tous les établissements, lors de la rentrée scolaire du lundi 4 septembre. Ce sera gai, positif, motivant et convivial en diable, a fait valoir le ministère, enjoignant aux enseignants, parents d'élèves et chefs d'établissement de rejouer la fête de la musique. À la veille de ce week-end de rentrée politique, où La France insoumise mobilise des milliers de partisans à Marseille, où les Verts rêvent résurrection à Dunkerque et où la droite se rencontre, le pouvoir se mobilise également pour parler, et parler beaucoup, afin de chanter les louanges de sa politique.

Mais l’« Hymne à la joie », qui accompagna les premiers pas d'Emmanuel Macron, place du Louvre le 7 mai, est bel et bien terminé. Après Beethoven, c'est un peu Gaston Ouvrard version « Je ne suis pas bien portant » que l'on croit entendre, tant le mirage Macron se dissipe. Fini, les postures gaulliennes, la « voix retrouvée » de la France dans le monde, les poignées de main viriles avec Donald Trump. Revoici la politique au quotidien, ses contraintes et chausse-trappes, ses réformes, ses équations budgétaires. Et revoici les réalités sociales d'un pays fracturé, marqué par un chômage de masse que confirment les chiffres de juillet : augmentation de 35 000 du nombre de chômeurs de catégorie A ; 6 millions de demandeurs d'emploi, catégories A, B et C, selon les chiffres de Pôle emploi publiés jeudi.

La griserie élyséenne achevée, le président de la République se trouve confronté à une triple difficulté : une politique économique clairement ancrée à droite ; des mesures impopulaires ; une absence spectaculaire de relais politiques efficaces capables d'expliquer, de faire la pédagogie de l'action du pouvoir.

D'où la volte-face présidentielle. Le 15 mai à Berlin, Emmanuel Macron déclarait pour ne pas répondre à une question de journaliste qu'il était bien résolu à ne jamais parler de politique intérieure depuis l'étranger. Il vient de faire exactement l'inverse mercredi et jeudi, à l'occasion d'un déplacement en Europe centrale, faisant montre par ses arguments d'une fébrilité certaine.

« La France n'est pas un pays réformable, les Françaises et les Français détestent les réformes (...), c'est un peuple qui déteste cela. Il faut lui expliquer où on va, et il faut lui proposer de se transformer en profondeur... », a-t-il dit jeudi à Bucarest. « La France est redevenue une société de statuts », a répété le président. Un pays arcbouté sur le statu quo et les rentes de statut… C'est une vieille antienne, qui fut par exemple utilisée longuement par Alain Juppé en 1995 quand il dut battre en retraite face aux mobilisations sociales… L'argument est un classique de la droite, qui a toujours expliqué sa difficulté ou ses échecs à mener des « réformes » – les fameuses « réformes structurelles » voulues par les néolibéraux – par on ne sait trop quel irréductible caractère gaulois !

Emmanuel Macron prend acte à son tour. Mais il s'est bien gardé de commenter, de corriger, de donner un signe sur ce qui constitue désormais son principal problème politique : l'ancrage à droite de sa politique et de ses choix économiques. Quasi-suppression de l'ISF, allègement de la fiscalité sur les revenus financiers, diminution de l'APL, rabotage des budgets (ceux de l'université, de la santé, de la défense), limitation ou fin des contrats aidés – et en particulier des contrats d'avenir à destination des jeunes –, hausse de la CSG partiellement compensée par la baisse des cotisations sociales… À ses choix budgétaires, qui soignent les fortunés et frappent les plus faibles mais aussi les classes moyennes (lire ici l'article de Martine Orange), s'ajoutent les ordonnances réformant le code du travail pour mieux « flexibiliser » donc précariser plus encore le salariat, et s'annonce un bouleversement de l'assurance chômage.

Le « et droite et gauche », le « en même temps et en même temps », mantra du candidat Macron, a donc disparu avec les premiers choix de politique économique du pouvoir (lire ici l'article de Romaric Godin). À tel point qu'au-delà des avertissements du revenant François Hollande, des interrogations naissent au sein même de la majorité présidentielle. François Bayrou, dans Le Point, s'inquiète de « l'atmosphère suscitée par la hausse de la CSG et, en même temps, certains avantages fiscaux pour les plus favorisés », en estimant que ces orientations ont « fâché une partie des retraités et des fonctionnaires ». Et de tancer directement le pouvoir en place : « L'opinion ne voit pas clairement la direction, le but que l'on se fixe. »

Sorti de sa retraite, Alain Juppé, dont l'ancien bras droit Édouard Philippe est aujourd'hui à Matignon, estime qu'il n'est plus temps d'attendre de voir et que le macronisme n'est qu'une « mousse » communicationnelle. La droite pourrait pourtant se réjouir, non seulement de voir certains des siens (Bruno Le Maire, Gérald Darmanin et le premier ministre) porter la politique économique du nouveau pouvoir, mais aussi de prendre acte qu'aucun signe n'a à ce jour été donné, aucune mesure prise, à destination de cet électorat de centre-gauche ou socialiste qui a élu Emmanuel Macron.

Panne de communication, faiblesse politique

Car c'est aujourd'hui le problème d'Emmanuel Macron : il a conquis le pouvoir par le centre et il l'exerce par la droite, dans une version presque giscardienne qui efface toutes les promesses de renouveau, d'innovation politique et de solidarité qu'avait cru entendre une large partie de son électorat. Le bricolage budgétaire conduit par le ministre Darmanin, plutôt qu'un vrai collectif budgétaire qui aurait permis d'afficher des perspectives, achève de lever les éventuels espoirs pour leur substituer une austérité pas même assumée. Tout comme le verrouillage organisé du parti LREM, via l'adoption de statuts, a renoué avec la vieille politique.

Face à ses premières difficultés, le chef de l'État brandit un autre vieil argument : après la France « non réformable », celui du déficit d'explication. « Il faut expliquer où on va », a martelé Emmanuel Macron depuis la Roumanie. À l'Élysée, l'entourage présidentiel s'inquiétait déjà de la façon dont la loi sur la modernisation de la vie politique n'avait pas su être expliquée, vantée et vendue à l'opinion. Quant à la première session parlementaire, elle a mis en scène un groupe parlementaire LREM certes surpuissant numériquement mais faible politiquement, laissant les députés de La France insoumise donner le tempo et occuper les tribunes.

De Gaulle pouvait camper dans les azurs élyséens parce qu'il s'appuyait sur un parti de grognards (l'UNR), sur un solide premier ministre (Pompidou) et sur des parlementaires de choc (Alexandre Sanguinetti, par exemple). Emmanuel Macron, à l'issue de sa marche césarienne vers le pouvoir, découvre ce qu'est la solitude. Le ministre Darmanin s'enferre dans le grotesque pour défendre la baisse des APL, jusqu'à demander aux propriétaires de baisser les loyers. Avant lui, c'est la députée Claire O'Petit, passée en quinze ans du PS à l'UDF puis au MoDem, qui s'était distinguée par cette brillante saillie : « Si à 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer parce qu’on vous enlève cinq euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? » Une sorte de remake du Jacques Séguéla de : « Si à 50 ans t’as pas une Rolex, t'as raté ta vie »

On ne le répétera jamais assez : pour la rentrée, il faut se pré-pa-rer ! pic.twitter.com/MrQJuQqYsd

— Brut FR (@brutofficiel) 24 août 2017

Et voilà qu'Édouard Philippe, envoyé en mission d'urgence pédagogique sur BFM jeudi matin, se prend à son tour les pieds dans le tapis, bafouillant, ne sachant que répondre à certaines questions de Jean-Jacques Bourdin. Le premier ministre revendiquait volontiers en juin un rôle d'exécutant scrupuleux de la politique du président de la République. Il n'est pourtant ni directeur de cabinet, ni « collaborateur », comme aurait dit Sarkozy, mais chef de gouvernement, donc chargé d'expliciter les enjeux du projet politique du pouvoir, le calendrier et les raisons des réformes. Édouard Philippe n'y est jusqu'alors jamais parvenu, exposant ainsi un peu plus Emmanuel Macron.

D'où le grand retour de la parole présidentielle… et des indiscrétions élyséennes ! D'Autriche et de Roumanie ont été distillées les confidences. Le président a reçu quelques journalistes pour parler en « off », un exercice qu'il s'était juré de ne pas pratiquer après les incessants bavardages de François Hollande. L’Élysée revoit sa stratégie de communication, annonce-t-on. Le président pourrait même parler dès la semaine prochaine. Et plus si affinités. Oui, apprend-on, Emmanuel Macron réfléchit à une intervention publique régulière, une ou deux fois par mois, peut-être par voie radiophonique.

L'exercice n'a pas comme seul précédent les conversations au coin du feu du général de Gaulle et de Michel Droit (« Droit, journaliste, homme de lettres, de cinq dirons-nous », a écrit Serge Gainsbourg). Laurent Fabius, quand il était « le plus jeune premier ministre de la France », a également tenté l'exercice en 1984 et 1985, sous la forme d'un entretien hebdomadaire avec Jean Lanzi sur TF1… Cela s'appelait « Parlons France » et la propagande fut si vite oubliée ou ridiculisée qu'elle n'empêcha pas la défaite électorale du pouvoir socialiste en 1986.

Dans le cas d'Emmanuel Macron, l'argument de la panne communicationnelle et d'un premier ministre ne pouvant se défaire d'un costume gris-énarque-techno cache un problème politique plus grave : celui de la faiblesse politique de ce pouvoir et de la fragilité de ses bases. Où sont les poids lourds, quelles sont les grandes voix identifiées, qui sont celles ou ceux à même de relayer autrement que par la novlangue technocratique le projet présidentiel ? Qui sont celles ou ceux à même de transformer une dynamique électorale victorieuse en une force politique organisée ?

Les mobilisations de septembre

Jamais un gouvernement n'aura été aussi absent du débat public, avec des ministres – à l'exception de celui de l'éducation – muets ou cantonnés dans d'étroites explications sectorielles. Les statuts de l'ensemble des salariés sont en passe d'être bouleversés et la ministre du travail Muriel Pénicaud n'a jamais délivré un long entretien ou accepté une confrontation ou un débat sur le contenu des ordonnances réformant le code du travail. A-t-on entendu la ministre de la défense, malgré la coupe du budget de la défense et le limogeage du chef d'état-major des armées, première crise politique du quinquennat ? Sait-on à quoi s'occupe la ministre de la culture ou le secrétaire d'État au numérique ? Le ministre de l'agriculture a-t-il seulement un projet (pour rappel, la liste du gouvernement peut être consultée ici) ?

Dans le même registre, la première session parlementaire a montré l'absence de relais politiques efficaces au sein des groupes parlementaires (LREM et MoDem) de la majorité présidentielle. Les absences ou fausses manœuvres du président de groupe LREM Richard Ferrand, par ailleurs visé par une enquête préliminaire et empêtré dans des affaires immobilières, ont été critiquées jusque dans son propre camp.

Le discours d'Emmanuel Macron, jeudi à Bucarest. Défense et explication de son projet commencent à 19'38" :

Discours d'Emmanuel Macron à la communauté française en Roumanie © Présidence de la République

La prochaine session parlementaire ne débutant que le 3 octobre (voir calendrier ici), les députés du président auront peut-être le temps de se mettre en ordre de marche d'ici là. Mais c'est moins un Parlement à sa main qui inquiète en cette rentrée l’Élysée que les mouvements sociaux qui pourraient surgir dès ce mois de septembre. La manifestation du 12 septembre, initialement appelée par la seule CGT contre les ordonnances et la réforme du code du travail, pourrait prendre une tout autre dimension au vu de l'addition de mesures impopulaires. La rentrée universitaire commence dès le début septembre et l'inconnue étudiante est toujours une menace pour le pouvoir.

L'autre échéance est celle du 23 septembre, avec le « rassemblement populaire contre le coup d'État social » appelé par Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise. « On souhaite qu'il y ait des dizaines de milliers de personnes dans la rue, à Paris, qui viennent de toute la France », a déclaré vendredi Manuel Bompard, un des responsables de FI, à l'ouverture des journées de Marseille. Les Insoumis veulent faire de ce jour « un test national ». D'ici là, le président de la République aura parlé sous diverses formes au pays, assure l’Élysée. Emmanuel Macron pourra alors lui aussi tester ce que pèse désormais la parole présidentielle.

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 06:45
Béziers. Un carton rouge à Robert Ménard
OLIVIER MORIN
LUNDI, 21 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
près de 150 manifestants qui ne sont pas passés inaperçus samedi... Anouchka Comushian
près de 150 manifestants qui ne sont pas passés inaperçus samedi... Anouchka Comushian
 

Rassemblés pour leur camp d’été, les jeunes communistes en ont profité pour mener une démonstration publique dans la ville dirigée par le maire d’extrême droite.

«Si j’avais 20 ans, je serai derrière la banderole avec ces jeunes », s’exclame une retraitée qui interrompt sa promenade dans Béziers, intriguée par un rassemblement massif de jeunes, drapeaux rouges déployés. Ce samedi, ils sont près de 150 militants du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) dans les rues de la ville dirigée par le maire d’extrême droite Robert Ménard. Un rassemblement, en marge du camp d’été organisé par le mouvement, pour alerter sur la destruction du Code du travail engagée à coups d’ordonnances par le gouvernement. « Avec le soutien du maire de Béziers et de sa femme (Emmanuelle Ménard – NDLR), élue récemment députée », précise Aimé Couquet, élu d’opposition (PCF) venu apporter son soutien au rassemblement. À deux pas de la place Jean-Jaurès en travaux, sous les oriflammes au graphisme des années 1930 encore en place annonçant les festivités du 15 août, le conseiller municipal rappelle qu’au printemps 2016, Robert Ménard s’est déclaré « pour la loi travail ».

le MJCF entend démasquer les mesures racistes des élus

Une position qui rend perplexe certains habitants. Fannie, qui se décrit comme « biterroise d’origine », parcourt le tract qu’un jeune communiste vient de lui donner. Tout en déclarant « ne pas faire de politique », celle-ci se félicite des « résultats » obtenus par Robert Ménard dans la ville… mais reste sans voix quand elle apprend que ce dernier s’accommode bien de la loi travail. Quant à Emmanuelle Ménard, devenue députée en juin dernier, elle ne se cache pas avoir une « attitude constructive vis-à-vis des réformes dont le pays a besoin », arguant, dans un entretien au Figaro, que « les entreprises n’en peuvent plus » et qu’« une réforme du Code du travail est nécessaire ». « S’il n’y avait pas eu la loi sur le cumul des mandats, c’est Robert Ménard qui serait député maire », souligne Aimé Couquet pour qui l’édile d’extrême droite l’est déjà, « par délégation ». Il ajoute que c’est bien « à la réunification des droites » que travaille le couple Ménard. Lui-même en a fait l’expérience au conseil municipal lorsqu’à sa proposition de motion pour dénoncer les coupes budgétaires aux collectivités ou encore à celle dénonçant la casse des droits des travailleurs, il s’est vu opposer le refus du maire. « La gestion de la ville par Ménard, c’est du tape-à-l’œil… Voire du trompe-l’œil ! » estime Aimé Couquet.

À la tête des jeunes militants qui, tout en se dirigeant vers l’esplanade du théâtre, s’arrêtent pour discuter avec la population en distribuant des tracts, Camille Lainé, secrétaire générale du MJCF, explique que, si les élus d’extrême droite s’illustrent fréquemment par des positions et des mesures racistes et xénophobes, ils n’en sont pas moins des libéraux « qui défendent des politiques favorables au capital ». Un positionnement que le MJCF entend démasquer à travers l’action menée à Béziers et dans les débats de son camp d’été, qui se tient à Coursan (Aude), à quelques kilomètres. Avec des délégués venant de 25 départements différents, l’initiative, qui allie formation politique, éducation populaire et droit aux vacances, veut être un catalyseur des luttes en faveur de la jeunesse. « La journée de mobilisation du 12 septembre contre les ordonnances de Macron et la loi travail XXL ainsi que la Fête de l’Humanité seront des temps forts de la rentrée pour aller à l’offensive », annonce Camille Lainé, en écho aux tracts qui appellent à se rendre aux deux initiatives. De retour au parc Louis-Aragon de Coursan, qui accueille les 150 participants, l’heure est à la discussion avec les militants locaux et au partage d’expériences.

Une extrême droite aux multiples facettes...

Parmi les jeunes communistes présents, certains, venus du Nord ou encore du Gard, évoquent une extrême droite aux multiples facettes. Des cinq députés FN élus dans le bassin minier du Pas-de-Calais aux mairies conquises par l’extrême droite dans les départements méridionaux, les militants décrivent tous une violence à l’égard des chômeurs, des précaires et des réfugiés qui, « si elle s’exprime différemment en prenant parfois des accents sociaux », n’est en fait qu’une droite libérale, « le mépris et la violence en plus », s’accordent-ils à dire.

Nicolas Cossange, secrétaire départemental de la fédération PCF de l’Hérault et habitant de Béziers, décrit une extrême droite locale qui s’impose « avec peu de militants », mais qui mène une « véritable bataille idéologique sur le temps long ». Et tant pis si l’honnêteté est laissée au placard. Dans les rues de Béziers, qui s’apprête à commémorer sa libération du joug nazi durant la Seconde Guerre mondiale, des panneaux montrent un résistant portant un brassard FTP (Francs-tireurs et partisans) et annoncent la Fête de la Libération qui veut honorer ceux qui « ont versé leur sang pour le peuple de Béziers ». Une reproduction d’affiche historique de 1945. Sauf que sur l’originale était inscrit : « Ceux qui ont versé leur sang pour le peuple de Paris… » Les rabougrissements identitaires de l’extrême droite ne semblent pas avoir de limites.

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 06:35
Le Medef remercie Macron et lui tresse des lauriers (Robert Clément)

Le Medef remercie Macron et lui tresse des lauriers !
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Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, PDG d’Oliviers & Co, confirme qu’il y a un effet Macron indéniable, il est jeune, probusiness et donne une image attractive de la France, concède-t-il. Sur le paquet fiscal, entre la flat tax, la réforme de l’ISF et la baisse du taux d’impôt sur les sociétés, le gouvernement envoie des signaux positifs aux entrepreneurs, en leur disant 'vous êtes les bienvenus chez nous, investissez!' Sur le Code du travail, les différents chapitres des ordonnances sont de nature à lever les freins à l’embauche. Mais c’est sur la capacité à baisser les dépenses publiques pour diminuer les prélèvements et rendre nos entreprises compétitives que l’on analysera la réussite du quinquennat."

(Robert Clément, sur sa page Facebook) 

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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 06:27
Avec Macron, le spectre de futures privatisations
OLIVIER MORIN
MERCREDI, 16 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
Bruno Le Maire (à droite) annonçait en juillet dernier que le gouvernement allait « céder les participations de l’État dans un certain nombre d’entreprises publiques ». Photo Thomas Samson/AFP Photo
 

Avec la perspective d’une nouvelle loi sur la transformation de l’économie, le gouvernement d’Édouard Philippe pourrait bien procéder à de nouvelles privatisations dans la droite ligne de la loi Macron et des politiques libérales précédentes.

Attention, sabordage en vue. En 2018, Emmanuel Macron et son gouvernement pourraient bien préparer une nouvelle loi sur « la transformation de l’économie ». Et son cortège de privatisations. C’est en tout cas ce qui se dit dans les couloirs du ministère de l’Économie et des Finances et que relève le Monde des 13 et 14 août. Bruno Le Maire, locataire de Bercy, souhaiterait en effet étendre sa loi-cadre censée aider les petites et moyennes entreprises (TPE-PME) à « toutes les sociétés, quelle que soit leur taille ». Avec un calendrier mené tambour battant comme le reste des mesures de ce gouvernement de la République en marche (LREM). Parlementaires, patrons et organisations de salariés seraient consultés en automne prochain, tandis que des start-up et des sociétés de conseil devraient collaborer avec le ministère de l’Économie pour « élaborer des propositions ». Le texte devrait quant à lui être transformé en projet de loi dans la foulée (premier trimestre 2018) par Bruno Le Maire et Benjamin ­Griveaux, son secrétaire d’État.

Dérégulations tous azimuts

Cette annonce de dérégulations tous azimuts n’est pas une surprise venant d’un gouvernement choisi sur mesure par Emmanuel Macron. Avant d’occuper les bureaux de Bercy sous le quinquennat Hollande, celui-ci avait déjà pointé les secteurs publics de l’économie et les acquis sociaux à démanteler lorsqu’il a rédigé le rapport de la commission Attali en 2008. Aux manettes de l’économie française de 2014 à 2016, il s’est empressé de joindre le geste à la parole en libéralisant le transport interurbain par autocar et en dérégulant le travail du dimanche. Avec la promesse de créer 22 000 emplois et de décupler la croissance dans les commerces désormais ouverts tout le week-end, on allait voir ce qu’on allait voir. Las, deux ans après la promulgation de la loi Macron à coup d’article 49-3, il serait pourtant bien hasardeux de défendre ces mesures pour justifier de poursuivre dans cette voie. L’horizon des 22 000 emplois créés s’éloigne de plus en plus avec à peine 1 500 nouveaux postes comptabilisés par les services ministériels. Les alléchants prix bas affichés pour concurrencer le rail se sont bien vite heurtés au mur de la rentabilité économique, qui a conduit deux sociétés de bus (sur les cinq présentes au moment de la libéralisation) à mettre rapidement la clé sous la porte. Quant au travail du dimanche, même les économistes libéraux étaient forcés d’admettre que son effet sur le chiffre d’affaires des commerçants était insignifiant, les dépenses de consommation se répartissant sur une durée plus longue sans pour autant augmenter.

Continuité idéologique

Sans efficacité prouvée, pourquoi alors s’obstiner à privatiser si ce n’est par continuité idéologique ? La réponse est sans doute à chercher dans ces libéralisations qui se profilent avec cette future loi sur la transformation de l’économie prévue pour l’an prochain. Une idée fixe d’Emmanuel Macron, qui, après avoir sorti discrètement par la fenêtre son projet #noé (« nouvelles opportunités économiques ») destiné à favoriser l’entreprise et mort-né face à la mobilisation contre la loi travail, s’apprête à le faire revenir par la porte. Plus ravageur encore puisque, en juillet dernier, dans une réponse à la question écrite de la sénatrice Fabienne Keller (LR), Bruno Le Maire annonçait déjà que le gouvernement allait « céder les participations de l’État dans un certain nombre d’entreprises publiques », avec des mesures prises, selon lui, dès le mois de septembre. Même si les secteurs concernés ne sont pas tous connus pour l’instant, des risques pèsent sur des activités comme les réseaux téléphoniques ou encore l’aviation civile. Là encore, on peut y voir la poursuite de mesures déjà prises sous le mandat de François Hollande puisque, dans la loi qui portait son nom, Emmanuel ­Macron avait déjà procédé à l’ouverture du capital d’aéroports régionaux tels que ­Toulouse, Nice ou Lyon. Au prétexte de dégager des fonds à hauteur de 10 milliards d’euros pour financer de « l’innovation », le gouvernement pourrait céder aux appétits de Vinci, qui lorgne depuis longtemps sur Paris Aéroport (anciennement Aéroports de Paris), dont la société est déjà actionnaire à hauteur de 8 %. 

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 08:25
No pasaran!

Une croix gammée a été peinte sur la stèle d'un mémorial du camp tzigane de Saliers, un camp de concentration longtemps oublié en Camargue, près d'Arles. Il avait été inauguré en février 2006.De 1942 à 1944, le régime de Vichy avait organisé et géré ce camp de détention pour les Gitans, Tziganes et Roms.

Quand le racisme imbécile aux conséquences meurtrières bien connues se sent pousser des ailes.  

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 08:09
Sébastien Jumel était l'invité de RTL le 17 août: il est revenu sur la suppression des Contrats Aidés pour des motifs d'économie et ses conséquences

Sébastien Jumel était l'invité de RTL le 17 août: il est revenu sur la suppression des Contrats Aidés pour des motifs d'économie et ses conséquences

http://www.rtl.fr/actu/politique/emplois-aides-c-est-une-double-peine-pour-la-vie-associative-estime-sebastien-jumel-7789739771

"Beaucoup de salariés seront pénalisés, souvent les plus précaires et les plus fragiles." Sébastien Jumel, député communiste de Seine-Maritime, fustige la décision du gouvernement de mettre fin aux emplois aidés. Ces contrats en partie financés par l'Étatpour favoriser l'insertion professionnelle des personnes les plus exclues du marché du travail, sont jugés par la ministre du Travail Muriel Pénicaud comme "coûteux" et "pas efficaces" dans la lutte contre le chômage.

Sébastien Jumel s'inquiète pour les associations, qui bénéficient le plus de ces emplois aidés. "Nombre d’associations ne savent pas comment appréhender la rentrée", explique-t-il au micro de RTL. Il prend l'exemple de La Réunion où les maires des 24 communes ont manifesté contre ce projet la semaine dernière et où la rentrée va "être décalée".

"Il est un fait que pour la vie associative et les publics les plus fragilisés et les plus loin de l'emploi ces emplois aidés étaient un véritable tremplin", résume-t-il.

"Une double-peine pour la vie associative"

Pour le député communiste, la fin des emplois aidés vient s'ajouter à la baisse de la dotation des collectivités territoriales destinée à économiser 13 milliards d'euros sur 5 ans. Une mesure annoncée par le gouvernement au début du mois d'août. "Je pronostique la mort des communes à la faveur de ce mauvais projet", avance-t-il, s'indignant de cette "double-peine pour la vie associative", dont la baisse des subventions est attendue. 

"J'ajoute que la droite en majorité dans les régions vient de remettre en cause les emplois tremplins", continue Sébastien Jumel. En Île-de-France, ces contrats également destinés à encourager l'insertion professionnelle ont vu leur budget réduit de 5 millions à 500.000 euros. 

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 07:07
Lettre ouverte au Président de la République. Revenez sur l’annulation des crédits « politique de la ville » du budget 2017 de l’État
VENDREDI, 11 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
L'annonce de l'annulation soudaine et immédiate des 46,5 millions d'euros de crédit dédiés à la politique de la ville fait réagir nombre d'élus locaux. (Photo AFP)

Cinquante maires sont les premiers signataires d'une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron dans les pages de l'Humanité. 

Monsieur le président de la République,

Élus communaux et intercommunaux, nous sommes stupéfaits et atterrés par l’annonce de l’annulation des 46,5 millions d’euros de crédits du programme 147 du budget 2017 de l’État non encore engagés au 1er juillet, destinés aux programmes d’actions des associations intervenant, dans le cadre des « contrats de ville », en faveur des populations les plus fragiles du pays résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Ces actions concourent à rétablir l’égalité républicaine par la fraternité solidaire de la nation, s’appuyant sur une stratégie de « cohésion des territoires » à laquelle vous avez choisi de dédier un ministère. Elles se déclinent en programmes vers l’économie et l’emploi, la formation, la lutte contre l’illettrisme, l’éducation scolaire et des temps libres, l’accès aux sports et à la culture, la solidarité, la prévention sanitaire et la santé, le vivre-ensemble dans la cité, les mobilités, la vie sociale de l’habitat, la prévention de la délinquance et des radicalisations, l’accès à la justice et au droit, l’aide aux victimes, la citoyenneté, notamment celle des conseils citoyens, et la démocratie de proximité.

En plein milieu d’exercice budgétaire, les conséquences du décret 2017-1182 du 20 juillet du ministre de l’Action et des Comptes publics, conduisant à la perte de 11 % des crédits découlant de l’engagement contractuel de l’État, peuvent être catastrophiques pour la survie des associations qui garantissent la cohésion sociale, pour les bénéficiaires de leurs actions, et plus globalement pour les 5 millions d’habitants des QPV, ainsi que, par voie de conséquence, pour les populations des territoires urbains qui les abritent.

Elles risquent en outre d’entraîner, dans certains territoires, un désengagement de collectivités cosignataires des « contrats de ville » qui accroîtra le danger de rupture grave du climat urbain.

Nous sommes d’autant plus préoccupés que, outre le programme 147, le même décret annule dangereusement les crédits de nombre d’autres missions de l’État indispensables à la prévention de la fracture sociale : l’embauche dans les petites et moyennes entreprises (– 80 millions d’euros), l’intégration et l’accès à la nationalité française (– 40,5 millions d’euros), la police nationale, dont les réservistes volontaires (– 110 millions d’euros), les concours financiers aux communes, dont la « dotation politique de la ville » destinée à soutenir les villes pauvres abritant des populations pauvres (– 209 millions d’euros), l’amélioration de l’habitat (– 130,5 millions d’euros), l’accès au droit et à la justice (– 10 millions), la protection judiciaire de la jeunesse (– 16,8 millions d’euros), l’égalité entre les femmes et les hommes (– 7,5 millions d’euros), la prévention, la sécurité sanitaire et l’offre de soins (– 24,5 millions d’euros), les politiques sanitaires, sociales, du sport, de la jeunesse et de la vie associative (– 69,7 millions d’euros), les services de transport (– 194,7 millions d’euros), la démocratisation de la culture (– 39 millions d’euros).

En cette année 2017, où l’État a chargé le commissariat général à l’Égalité des territoires (CGET) de célébrer le 40e anniversaire de la politique de la ville, nous tenons à vous rappeler que, la seule année, 2005, en quatre décennies où les quartiers populaires ont eu à subir pareil désengagement de la puissance publique, a été celle qui les a vus s’enflammer et connaître les violences urbaines sans précédent qui demeurent dans les mémoires.

Nous vous demandons donc solennellement de faire revenir dans l’urgence le gouvernement sur sa décision d’annulation de ces crédits indispensables à l’équilibre républicain des territoires.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

Les signataires :

Gérard Allard, maire de Rezé, Marie-Hélène Aimable, maire de Bagneux, Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, François Asensi, maire de Tremblay-en-France, Françoise Baud, maire de Valenton, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Jean-Pierre Bosino, sénateur maire de Montataire, Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine, Patrick Braouezec, conseiller municipal de Saint-Denis, Damien Carême, maire de Grande-Synthe, Alain Cazabonne, maire de Talence, Gérard Cosme, maire du Pré-Saint-Gervais, Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers, Patrick Douet, maire de Bonneuil-sur-Marne, Driss Ettazaoui, conseiller municipal d’Évreux, Patricia Fernandez-Pédinielli, maire de Port-de-Bouc,Michel Fourcade, maire de Pierrefitte-sur-Seine, Patrick Jarry, maire de Nanterre, Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine, Bertrand Kern,maire de Pantin, André Laignel, maire d’Issoudun, Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, Gilles Leproust, maire d’Allonnes, Jean-Michel Longueval, maire de Bron, Françoise Marhuenda, maire des Ulis, J ean-Louis Marsac, maire de Villiers-le-Bel, Christian Métairie, maire d’Arcueil, André Molino, maire de Septèmes-les-Vallons, Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre, Michèle Picard, maire de Vénissieux, Marie-Line Pichery, maire de Savigny-le-Temple, Gilles Poux, maire de La Courneuve, Bernard Pasciuto, maire de Cournon-d’Auvergne, François Pupponi, député maire de Sarcelles , Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge, Philippe Rio, maire de Grigny, Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles, Christophe Rouillon, maire de Coulaines, Laurent Russier, maire de Saint-Denis, Nicolas Sansu, maire de Vierzon, Renzo Sulli, maire d’Échirolles, Azzédine Taïbi, maire de Stains , Rodolphe Thomas, maire d’Hérouville-Saint-Clair, Frédéric Vigouroux, maire de Miramas, Jean-Claude Villemain, maire de Creil, Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer, Gérard Weyn, maire de Villers-Saint-Paul.

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18 août 2017 5 18 /08 /août /2017 06:16
PCF: cachez ces trois lettres que je ne saurais voir, dont je ne saurais parler, qu'il faut faire oublier...
PCF: cachez ces trois lettres que je ne saurais voir, dont je ne saurais parler, qu'il faut faire oublier...

Merci France 2 d'avoir réussi à taire pendant tout le reportage sur la vente directe de fruits et légumes à Bastille à l'initiative du Modef et du PCF, jusqu'au nom même du PCF dont les militants étaient à pied d'oeuvre depuis l'aube un peu partout en France ce matin. 

Merci à France Inter d'avoir fait un reportage de 2 minutes sympathiques sur des paysans vendant à prix coûtant leurs fruits et légumes place de La Bastille, et des acheteurs solidaires contents de cette opération "La Campagne à Paris" en omettant le fait que le PCF et le MODEF organisaient l'opération, avec notamment des paysans syndiqués du Tarn-et-Garonne, une opération qui se faisaient sur plusieurs dizaines de sites, en région parisienne notamment. 

Merci à C NEWS, à B FM TV à l'AFP qui se sont ingénié à occulter le Parti Communiste sur cette opération qu'ils ont pourtant relaté avec un point de vue singulièrement choisi pour ne témoigner que d'une partie de l'événement. 

Les communistes sont occultés de tout média: dans zone interdite sur M6, on parle des festivals de France en parlant des vieilles Charrues comme le plus gros festival et en oubliant complètement la fête de l'Humanité.

Dans l'émission C dans l'air sur la 5 avant-hier dont l'objectivité est bien connue, le débat portait en partie sur la descente de Macron dans les sondages: pas d'allusion au PCF comme force oppositionnelle (à l'assemblée notamment), seule la FI est présentée comme parti d'opposition au gouvernement, la seule, sur la loi travail, à avoir fait des interventions pertinentes. La CGT est citée tout en soulignant qu'elle n'a pas le pouvoir politique de la FI...   

Quand va t-on citer le PCF? 

Pour reprendre les propos d'Arno Klarsfeld sur les communistes ennemis de l'Etat d'Israël au moment de la venue de Netanyahou à l'invitation de Macron à Paris, pour rappeler que nous soutenons la démocratie bolivarienne de Maduro, pour parler des "trésors cachés du PCF" à colonel Fabien... Mais surtout rien qui témoigne d'une mobilisation militante forte, d'une combattivité des élus sur des sujets de politique nationale. 

Le PCF n'existe plus médiatiquement, et pourtant il est le premier parti de gauche en nombre d'adhérents, il compte 56 000 adhérents à jour de cotisation, des milliers d'élus, cent ans d'histoire, un groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale. Cela occulte tout ce que la société française doit au PCF et aux luttes des travailleurs: grands services publics, Sécurité Sociale, droit du travail, culture et loisirs pour tous, combat contre le fascisme, le racisme et le colonialisme, pour l'émancipation des dominés et des exploités.  

L'an passé, à la fête de l'Huma, les médias n'en avaient que pour les bons mots de Mélenchon: c'était quand même pas les quelques centaines de militants du Parti de Gauche qui organisaient la fête de l'Huma! 

Cela pose la question sans doute de notre mode d'apparaître et de notre force électorale. 

Cela traduit l'anti-communisme persistant d'une grande partie des médias. 

Cela pose avec plus de force les exigences d'un service public d'information respectueux de la diversité et réellement dégagé des puissances financières, ayant des missions d'éducation populaire fondées sur des valeurs démocratiques.  

Heureusement qu'il y a encore  l'Huma , même si le nombre de lecteurs s'amenuise et si la survie du journal tient du jeu d'équilibriste, voire du "miracle permanent"...  Si vous ne lisez pas L'Humanité vous ne saurez jamais qu'hier 1000 militants du PCF ont tenu une centaine de points de vente pour vendre 17 tonnes de denrées alimentaires à prix modique. Pourtant les drapeaux et badges du PCF sont bien visibles, mais l'AFP les à ignorés.

Mélenchon va t-il vouloir la racheter elle aussi comme "La Marseillaise" pour s'offrir le journal de Jaurès comme il convoitait le siège de Jaurès à l'Assemblée?  

 

Les points de vente solidaire de fruits et légumes le 17 août dans de nombreuses villes d’Ile de France
MERCREDI, 16 AOÛT, 2017
HUMANITE
Chaque année, au coeur de l'été, la vente solidaire de plusieurs tonnes de fruits et légumes nourrit le débat à l'initiative du PCF et du Modef. (Capture d'écran)

La vente solidaire de fruits et légumes organisée annuellement et conjointement par le PCF et le Modef (Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux), c’est jeudi et c'est « pour le pouvoir d'achat, des prix justes et une agriculture rémunératrice responsable ». La liste de tous les points de vente. 

« L'ouverture des États généraux de l'alimentation a eu lieu en grandes pompes, avec une volonté de grand battage médiatique. Pour diversion ? Les dernières décisions gouvernementales ne laissent en effet entrevoir aucune volonté de répondre à la nécessaire augmentation du pouvoir d'achat des citoyens. Elles ne s'attaquent pas plus aux chantiers urgents de la rémunération du travail paysan et des salarié-e-s. », juge le Parti communiste français dans un communiqué qui annonce l’initiative qui se déroule jeudi 17 août toute la journée.

Il s’agira de proposer des fruits et légumes directement du producteur au consommateur, dans des dizaines de villes d’Ile de France (voir liste des points de vente ci-dessous). « Moins cher pour les consommateurs, plus rémunérateur pour les producteurs, le circuit court à prix juste, la population est invitée à en discuter... et à en bénéficier », commente le PCF dont une délégation sera reçue à 11h à Matignon.

Une initiative identique aura aussi lieu  les 1er et 2 septembre dans le Territoire de Belfort, dans le Jura, les 22, 23 et 24 septembre en Isère…

Les points de vente solidaire en Ile de France de ce jeudi 17 août

Paris

8h. Place de la Bastille

Hauts-de-Seine

Bagneux. 10h rond-point de la Fontaine Gueffier.

Gennevilliers.  9h30 parking Victor Hugo.  10h45 Place du marché du Luth.  12h Ferme de l'horloge. 14h45, Grésillons face à l'Espace. 16h mairie.

Nanterre.  9h, Petit Nanterre (5 allée des Iris).  11h : Esplanade Charles de Gaulle.

Val de Marne

Alfortville. 10H30 PCF, 1 Square Véron.

Boissy Saint Léger. 10h, Halle Griselle, rue Gaston Roulleau.

Bonneuil-sur-Marne.  10h : pharmacie de Fabien, laboratoire de Verdun, République (place des Libertés). 12h, mairie.

Champigny-sur-Marne. 10h : place Rodin et MPT  Gagarine. 12h : Mairie. 14h30 : parking avenue de Coeuilly. 14h30 gare des Boullereaux. 17h au Maroc (centre Jean Villar).

Chevilly-Larue. 18H30 : Maison pour tous ( 23 rue du Béarn ). 19H15 Quartier Anatole France.

Choisy le Roi. 16h30 place Jean Jaurès (Marché)

Fontenay sous Bois. 10H Hôtel de Ville.

Gentilly. 12H parvis du gymnase Carmen Lerou. 17H30 Mairie.

Ivry-sur-seine. 9h, Mairie.

Kremlin-Bicêtre. 17h45, 48 avenue Charles Gide (piscine).

La Queue-en-Brie. 9h30 Mairie, avenue Martier (Parking du centre commercial)

Nogent-Le Perreux. 10h, angle des rues Losserand et Anquetil.

Orly Ville. 10h, Espace Gérard Philipe.

Orly aéroport. 10h, section PCF de l’aéroport, 2 rue Georges Baudelaire.

Valenton. 18h, place du marché.

Villejuif. 10h, face à la Mairie. 17h, Marché Auguste Delaune.

Villeneuve-Le-Roi. 10 h, cité Paul Bert, cité Raguet Lépine.

Vitry-sur-Seine. 11h, Hôtel de Ville. 14h, Section PCF place de l’église. 18h Cité Colonel Fabien et

Place du 8 mai.

Seine Saint-Denis

Bagnolet. 10h30 Place du 17 octobre 1961, 78 rue Robespierre. 12h Hôtel de Ville. 17h30 Centre de santé rue Sadi Carnot.

Bobigny. 10h Espace citoyen 160 Avenue Jean Jaurès.

Drancy. 18h Quartier Salengro, ancien marché.

Epinay. 18h30 Section PCF 39 avenue de la Marne.

La Courneuve. 18h Franprix centre ville.

Le Blanc-Mesnil. 17h30 Section PCF 8b rue Claude Terrasse

Montreuil 17h. Section PCF 10 rue Victor Hugo, La Noue (Barrière de l'AFUL), Morillons (Leader Price) Bel Air (Château d'eau).

Noisy-le-Sec. 17h30 Maison des communistes 27 rue Henri Barbusse.

Pantin. 17H30 Ciné 104 Avenue Jean Lolive.

Pierrefitte 10h, Place de la mairie.

Saint-Denis.  18h, Floréal (promenade de la basilique). Francs-Moisins (La Poste), Square Fabien. 18h30 Place du 8 mai 1945.

Saint-Ouen. 17h vieux Saint-Ouen, boulangerie du haut. 18h30 Docks, parvis des bateliers et Place de la mairie.

Stains. 10h, 38 rue Paul Vaillant-Couturier.

Villepinte. 16h Quartier Pasteur (Espace Prévert) et quartier Fontaine Mallet (face pharmacie). 

Alimentation. Paysans et citoyens n’avalent plus les salades du libéralisme
OLIVIER MORIN
JEUDI, 17 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
Paris, 18 août 2016. « Cinq/euros, c’est le montant de la baisse des APL que défend le gouvernement. Cinq euros, cela peut permettre l’accès de temps en temps à une cagette de fruits ou de légumes de qualité pour bien se nourrir. » B. Arbesu
 

La vente de fruits et légumes organisée aujourd’hui par le Modef et le PCF en Île-de-France démontre que des prix justes pour les consommateurs et les producteurs sont possibles. À condition d’en finir avec les dérégulations de la politique européenne agricole.

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